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N O 35, 20 JUIN 2014

ÉDITION FR ANÇAISE

Fédération Internationale de Football Association – Depuis 1904

RUSSIE FABIO CAPELLO AVEC ENVIE CROATIE DAVOR SUKER BÂTISSEUR CÉLÈBRE CHILI PASSAGE À L’OFFENSIVE

Brésil 2014

LA MÉTROPOLE MANAUS W W W.FIFA.COM/ THEWEEKLY


DANS CE NUMÉRO

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Amérique du Nord et centrale 35 membres www.concacaf.com

Dans la jungle… Nature luxuriante, hospitalité courtoise et football de haut niveau, tels sont les traits caractéristiques de Manaus pendant la Coupe du Monde. Thomas Renggli s’est rendu sur place pour nous raconter l’histoire d’une ville où la chaleur est omniprésente.

Amérique du Sud 10 membres www.conmebol.com

Sepp Blatter : Un grand spectacle offensif Le Président de la FIFA a apprécié les premiers matches du tournoi, particulièrement riches en buts. Il félicite au passage les entraîneurs qui osent prendre des risques et assure que “le meilleur reste à venir” !

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I nstantanés du Brésil Quatre regards personnels sur la Coupe du Monde, quatre moments qui ont marqué la rédaction : cartes postales de la Coupe du Monde.

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“J’aimerais pouvoir encore influencer le cours du match” Dès qu’il aperçoit un ballon, Davor Suker a des fourmis dans les jambes. Dans un long entretien, le président de la Fédération croate de football revient sur son parcours de joueur et sur les ambitions de la Croatie au Brésil.

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Chili Alexis Sanchez a été l’un des artisans de la victoire 2:0 du Chili sur l’Espagne, qui a scellé l’élimination des champions du monde en titre.

La métropole Manaus La photo de couverture montre une Brésilienne en train de faire la fête. L’euphorie s’est emparée du pays de la Seleção.

Coupe du Monde 2014 : Groupes A à C Groupe A

The FIFA Weekly Magazine App Le FIFA Weekly, magazine de la FIFA, paraît chaque vendredi en cinq langues pour votre tablette.

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Groupe B

Groupe C

Brésil

Espagne

Colombie

Croatie

Pays-Bas

Grèce

Mexique

Chili

Côte d’Ivoire

Cameroun

Australie

Japon

Getty Images

Guillaume Horcajuelo / EPA


L A SEMAINE DANS LE MONDE DU FOOTBALL

Europe 54 membres www.uefa.com

Afrique 54 membres www.cafonline.com

Asie 46 membres www.the-afc.com

Océanie 11 membres www.oceaniafootball.com

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Russie Les huitièmes de finale restent l’objectif de Fabio Capello, malgré des débuts en demi-teinte.

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Allemagne Thomas Müller a pratiquement écrasé le Portugal à lui seul, avant de fêter l’exploit dans les vestiaires avec la Chancelière Angela Merkel.

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Nigeria Stephen Keshi est connu pour sa rigueur et son sens de la discipline. Après le nul vierge concédé à l’Iran, son équipe a plus que jamais besoin de ces qualités.

Coupe du Monde 2014 : Groupes D à H Groupe D

Groupe E

Groupe F

Groupe G

Groupe H

Uruguay

Suisse

Argentine

Allemagne

Belgique

Costa Rica

Équateur

Bosnie-Herzégovine

Por tugal

Algérie

Angleterre

France

Iran

Ghana

Russie

Italie

Honduras

Nigeria

États-Unis

République de Corée

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À DÉCOUVERT

Au cœur de l’Amazonie Manaus, ville hôte de la Coupe du Monde, déclare son amour pour le football.

Dans la jungle du football

R

umble in the Jungle! Quatre matches de groupe sont ­organisés au cœur de la jungle brésilienne, à Manaus. Qu’en est-il exactement de cette ville mystérieuse, entourée de légendes ? Thomas Renggli a arpenté les rues de cette métropole unique en son genre et découvert la gentillesse de ses habitants.

D Ivan Canabrava / Reuters

ans son billet hebdomadaire, le Président de la FIFA évoque les températures élevées qui règnent au pays du Joga bonito : “On a beaucoup entendu dire que la chaleur et les conditions de jeu particulières au Brésil pourraient avoir une influence négative sur les performances. C’est tout le contraire que nous découvrons actuellement”, souligne Sepp Blatter.

L’

Italien Fabio Capello et son équipe de Russie sont sous pression. Malgré des débuts en demi-teinte, le sélectionneur croit en ses hommes. À l’occasion d’un entretien, il parle de l’avenir du football russe.

J

etons un œil dans les coulisses de la Coupe du Monde. Motivée par le réveil de l’ancien champion du monde de Formule 1 Michael Schumacher, l’Allemagne a ­entamé cette Coupe du Monde tambour battant, en corrigeant le Portugal 4:0. De son côté, le Chili a déjà validé son billet pour les huitièmes de finale. Le Grec Theofanis Gekas e ­ spère quant à lui profiter de ce tournoi pour décrocher un dernier gros contrat. Enfin, le Nigeria se retrouve dos au mur.

P

our l’équipe d’Espagne, il est trop tard pour redresser la barre. La tenante du titre a entériné son élimination de la Coupe du Monde après seulement deux matches. De quoi sera fait l’avenir de la Furia Roja ? À suivre… Å Sarah Steiner

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MANAUS

Dans la jungle, terrible jungle De toutes les villes accueillant la Coupe du Monde, aucune n’a suscité autant de polémiques que Manaus. Située en plein cœur de l’Amazonie, elle n’est pourtant pas dépourvue de charme. Excursion dans la forêt vierge brésilienne.

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imago

MANAUS

De l’eau ! L’Italien Daniele De Rossi se rafraîchit. T H E F I FA W E E K LY

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MANAUS

Douche froide Wayne Rooney et les Anglais n’ont pu éviter la défaite à Manaus.

Terrain aquatique Football à Ponta Negra, près de Manaus.

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ne Coupe du monde à Manaus ? Âmes sensibles, s’abstenir. Jouer au football dans la forêt amazonienne… autant s’offrir une séance de sauna en compagnie d’un groupe de bûcherons ou effectuer un stage dans une fonderie. Mais les sportifs ne sont pas les seuls pour qui une visite dans cette métropole de deux millions d’habitants se révèle être une expérience haute en couleur – et en sueur. Le paysage à lui seul possède ce quelque chose de magique qui laisse augurer un séjour extraordinaire. L’arrivée en avion est à couper le souffle. Depuis le ciel, l’Amazone ressemble à un océan qui s’étend en pleine jungle. Les supporters anglais ne se laissent pas impressionner et en descendant de la carlingue, ils chantent en chœur “Football is coming home”, l’hymne des Three Lions. Dans la forêt tropicale, les dangers sont cependant tout autres que dans les rues de Londres ou de Manchester. Les guides locaux préviennent les touristes de se méfier des cro-

Cheveux mouillés La température redescend temporairement.

Barren Staples/Reuters, Guillermo Arias/Keystone, Pio Figueiroa (2)

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Thomas Renggli, à Manaus


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codiles et de leurs dents, des araignées et de leur venin, ou encore des piranhas et de leur appétit. Le vaccin contre la fièvre jaune est également fortement recommandé, tandis que le risque d’attraper la malaria est bien plus élevé que dans le reste du pays. Une fois ces considérations médicales passées – et à condition de ne pas avoir à se concentrer sur un match contre Pirlo, Balotelli et consorts –, on découvre à Manaus une facette pour le moins étonnante de la Coupe du Monde et du Brésil. Par rapport à Rio de Janeiro, métropole mondaine et avide de célébrité, la plus grande ville d’Amazonie semble sortie d’un autre monde. Ses habitants font preuve d’une gentillesse empreinte de discrétion, bien loin de l’exubérance dont le reste de la population brésilienne est volontiers taxé. Ici, tout semble se passer dans le calme, presqu’au ralenti. Les Indiens accueillent leurs invités cordialement, avec timidité, comme s’ils voulaient s’excuser que la vie chez eux n’aille pas à 100 à l’heure. Comme Ali contre Foreman Rumble in the Jungle, c’est le nom donné au combat légendaire entre George Foreman et Mohamed Ali, mais aussi au premier match dis-

Andrea Pirlo inflige une leçon d’efficacité aux Anglais sous 32 degrés. puté dans l’Arena Amazônia de Manaus. Cette fois-ci, il n’est pas question de boxe, mais de football. L’Angleterre contre l’Italie, Rooney contre Pirlo. Le “vieil” Italien, 35 ans, sort vainqueur. Pirlo, aux faux airs de naufragé avec sa barbe qui lui mange le visage, inflige une véritable leçon d’intelligence et d’efficacité aux Anglais. Sous 32 degrés et avec 90 pour cent d’humidité, il ne fait pas un pas de trop, gère sa

dépense d’énergie et imprime tout de même à lui seul le rythme du match. Les quatre autres équipes qui doivent encore venir à Manaus (les États-Unis, le Portugal, le Honduras et la Suisse) peuvent prendre exemple sur sa prestation pour savoir comment jouer – et bien jouer – dans ces conditions extrêmes. Lorsque, dans le temps additionnel, le stratège azzurro envoie le ballon sur la barre transversale d’un maître coup-franc, les Anglais puisent depuis longtemps déjà dans leurs réserves et cherchent vainement un second souffle. “Beaucoup de nos joueurs se sont retrouvés perclus de crampes, nous allons devoir étudier le problème”, indique le sélectionneur Roy Hodgson au sujet des difficultés physiques de ses troupes. Au contraire de celles-ci, Hodgson sait s’accommoder de la chaleur étouffante. Si ses joyaux Sterling, Welbeck et Sturridge attaquent tous azimuts et courent dans tous les sens dès le coup d’envoi, le technicien de 66 ans s’assoit bien sagement à l’ombre et ne se départ pas de son flegme légendaire pendant que ses assistants s’époumonent devant le banc de touche. Son collègue italien se montre beaucoup plus actif de l’autre côté. Cesare Prandelli, qui a notamment préparé son équipe dans un sau-

Comme au camping Le logo brésilien est présent lui aussi.

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Petite pause Le capitaine italien Andrea Pirlo.

Drapeaux pare-soleil Dans les rues de Manaus.

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na à Florence, est toutefois lui aussi marqué par le climat : “Nous avons dû baisser le pied pour retrouver nos forces. Heureusement, les arbitres ont été assez sages pour interrompre le match de temps en temps afin que les joueurs puissent s’hydrater. Mais jouer au football dans ces conditions est terrible.” Même Mario Balotelli, sans doute la plus grand tête brûlée présente sur la pelouse, partage l’avis de son entraîneur : “J’ai souvent joué quand il faisait chaud, mais jamais à ce point-là. Si les conditions étaient toujours celles-là, il faudrait introduire des temps morts.” Quelles températures sont donc tolérables dans le sport ? Le football ne propose aucune règle écrite. Les amateurs à la mémoire d’éléphant se souviennent peut-être d’un Autriche -Suisse disputé sous un soleil de plomb lors de la Coupe du Monde 1954, à Lausanne. Dans le stade olympique de la Pontaise, les deux formations doivent alors faire face à un thermomètre affichant 40°C. Le portier autrichien, Kurt Schmied, attrape une insolation dès la première mi-temps. Mais comme les remplacements ne sont pas encore autorisés à l’époque, il doit garder sa place. Comme en transe, c’est un Schmied titubant entre ses poteaux qui voit les

Couleurs locales Deux commerçants attendent la clientèle.

Fabrice Coffrini/Afp, Bruno Kelly/Reuters, Reinaldo Coddou H./fotogloria, Pio Figueiroa

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Suisses trouver le chemin des filets à trois reprises en huit minutes. Il ne vient à personne l’idée d’offrir une petite pause rafraîchissement au joueur en souffrance. Au lieu de cela, le masseur autrichien se rend derrière le but et tente de “refroidir” son gardien avec une éponge et de l’eau. La Nati finit par s’essouffler et l’Autriche égalise en l’espace de quatre minutes. En fin de match, le dernier rempart suisse Roger Bocquet s’effondre sur le terrain. Les visiteurs s’imposent alors 7:5. Il s’agit jusqu’à ce jour du match le plus prolifique de l’histoire de la Coupe du Monde. Ce record ne devrait pas être battu au Brésil, football dans la jungle ou pas. Une gentillesse remarquable, mais pas de routes “À Manaus, il fait toujours 40 degrés. Mais la chaleur est tout de même bien plus appréciable que le froid”, estime Quanita à l’aéroport. Pendant le tournoi, la jeune femme de 22 ans travaille avec sa mère à l’accueil des visiteurs étrangers. Elle accompagne ces derniers depuis le terminal des arrivées jusqu’à l’arrêt de bus. Il s’agit là d’un service quelque peu superflu, étant donnés les nombreux panneaux

Les Italiens se sont préparés au climat de Manaus dans un sauna à Florence. d’indication et la taille modeste de l’aéroport. Mais Quanita se charge de sa mission avec une gentillesse telle que l’on prolongerait volontiers son séjour jusqu’à la fin de la compétition, au moins. Une bonne moitié de la planète était autrefois incapable de résister au charme sauvage de Manaus. Durant la fièvre du caoutchouc à la fin

du 19ème siècle, la ville comptait parmi les plus riches au monde et disposait de liaisons maritimes directes avec Liverpool et New York. Aujourd’hui, il n’est plus possible de la rejoindre qu’en avion ou par bateau. Aucune route ni voie de chemin de fer n’y mène. La seule voie terrestre en asphalte prend la direction du Venezuela. “Nous sommes comme sur une île, ici”, explique Elder. “Je suis né à Manaus, j’y ai grandi. Je ne suis jamais allé à Rio de Janeiro.” En discutant avec cet employé de bureau de 26 ans, on comprend pourquoi la Coupe du Monde est organisée dans cet endroit mystique. En temps normal, le monde ne vient pas à Manaus, c’est Manaus qui doit inviter le monde. D’un point de vue économique, cela se traduit par des avantages fiscaux pour les grandes entreprises : Sony, Samsung, Honda ou encore Yamaha ont ainsi des usines dans les environs. Cela permet à la population de bénéficier d’une certaine sécurité de l’emploi et d’un certain niveau de vie. En centre-ville, tout s’achète hors-taxes. En raison de l’isolement de la ville, le coût de la vie demeure toutefois plus élevé que dans le reste du Brésil. Manaus détone dans le paysage footballistique. Mais pour les visiteurs curieux, cela n’a

L’opéra Caruso n’y a chanté que dans le film “Fitzcarraldo” de Herzog.

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Only eight countries have ever lifted the FIFA World Cup Trophy.

Yet over 200 have been winners with FIFA. As an organisation with 209 member associations, our responsibilities do not end with the FIFA World Cup™, but extend to safeguarding the Laws of the Game, developing football around the world and bringing hope to those less privileged. Our Football for Hope Centres are one example of how we use the global power of football to build a better future. www.FIFA.com/aboutfifa


MANAUS

Michael Regan/The FA/via Getty Images

rien de négatif. Parmi tous les sites de la Coupe du Monde, aucun n’est plus enthousiasmant ni plus étonnant que cette métropole tropicale, où les eaux claires du Rio Solimões rejoignent les eaux sombres du Rio Negro pour former le majestueux fleuve Amazone. Du temps de sa splendeur, Manaus ne faisait pas dans la demi-mesure. Le plus bel exemple en est peut-être le Teatro Amazonas, l’opéra qui accueillait autrefois les plus grands ténors. Une grande partie des matériaux utilisés pour la construction vient d’Europe. Les carreaux du dôme ont été importés depuis l’Allemagne, les pavés de l’esplanade depuis le Portugal. Les balustrades en métal et les peintures murales sont issues de l’artisanat italien. Aujourd’hui, le monument ressemble à un vestige d’une époque révolue. Dans les rues, l’ambiance de l’opéra semble bien loin. Seul règne le spectacle du quotidien, rythmé par les innombrables échoppes de rues proposant mille et une choses utiles et moins utiles, des bananes aux jeans en passant par les jouets en plastique. L’Angleterre dans la jungle Sur la pelouse de l’Arena Amazônia, presque aussi inégale que le sol de la forêt amazonienne, Pirlo et les siens récitent leur partition bien huilée. Les milliers de fans anglais assistent impuissants à cette véritable représentation artistique, de plus en plus trempés de sueur. Sur leurs nombreux drapeaux, les inscriptions laissent suggérer que la moitié du royaume a fait le déplacement : Wigan, Tranmere, Lemington, Ellesmere Fort, Stoke (“Forgive me Delilah” ou “Stokies Here, Stokies There”), Wigston (“Where you’re smiling”), Sheffield United (“Blades up the Amazon”)… Les supporters semblent toutefois souffrir autant de la chaleur que leurs idoles sur le terrain. Le “God save the Queen” ne retentit qu’une seule fois, entonné à pleins poumons après l’égalisation de Sturridge. Le seul souci médical à déplorer n’est cependant pas l’œuvre du soleil. Ce but fait tellement bondir de joie le kinésithérapeute Gary Lewin que celui-ci s’en disloque la cheville et doit être transporté sur une civière. Cela aurait pu également lui arriver sous le crachin anglais. Manaus sera le centre du monde du football à deux reprises encore pendant cette phase de groupes : ce dimanche pour États-Unis - Portugal et mercredi prochain pour Suisse - Honduras. Les fans quitteront alors la ville aussi vite qu’ils y sont arrivés. La jungle reprendra ses droits, comme elle le fait toujours lorsqu’on n’y prend pas garde, à l’image de ce qui est arrivé à la Transamazonica, un projet de voie rapide. La route était pourtant presque terminée, mais elle est aujourd’hui déjà recouverte d’un tapis de plantes vertes.

Crampes Les Italiens Giorgio Chiellini (à g.) et Claudio Marchisio viennent en aide à l’Anglais Raheem Sterling.

Le seul souci médical à déplorer n’est pas l’œuvre du soleil. Rumble in the Jungle. En ce 30 octobre 1974 à Kinshasa, Mohamed Ali envoie Foreman au tapis au huitième round et récupère la ceinture mondiale. Il refusera ensuite toute revanche. Dans le cas de l’Italie et de l’Angleterre, ce genre de discussion ne devrait pas avoir lieu. Les deux anciens champions du monde se retrouveront au plus tôt le 13 juillet

prochain à Rio de Janeiro, pour la finale, s’ils parviennent à aller jusque-là. Mais ils ne disputeront probablement plus jamais de match international à Manaus. Malheureusement. Å

Matches de groupes de l’Angleterre Italie (1:2), Uruguay (19.6), Costa Rica (24.6) T H E F I FA W E E K LY

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DANS LES COULISSES

Gagner pour Schumi Sarah Steiner travaille à la rédaction de The FIFA Weekly.

victoire avec l’équipe dans les vestiaires. Vêtue de blanc et de rouge, elle était parfaitement assortie au maillot de la Mannschaft. Une photo de Podolski et Merkel circule maintenant sur Internet. L’euphorie allemande est sans borne et un nouveau “conte d’été” semble à portée de main.

Le football peut parfois devenir secondaire, même juste avant une rencontre importante de Coupe du Monde. À quelques heures de sa première apparition dans le tournoi, contre le Portugal, l’équipe d’Allemagne a reçu une bonne nouvelle : Michael Schumacher est sorti du coma. Le recordman de Formule 1, victime d’une grave chute lors d’un accident de ski en décembre dernier, se trouvait depuis lors à l’hôpital de Grenoble. Schumi, âgé de 45 ans, a été transféré en Suisse pour sa rééducation.

Le slogan allemand, “Un pays, une équipe, un rêve”, devient réalité. Les équipes concurrentes, quant à elles, sont persuadées que cette Allemagne peut aller très loin. Diego Maradona s’est exprimé à la télévision vénézuélienne : “L’Allemagne a frôlé la perfection.” Lionel Messi est convaincu que “l’Allemagne a été ce qu’il y a eu de mieux jusqu’à maintenant dans le tournoi”. Quant à la chanteuse de R&B Rihanna, elle a indiqué sur Twitter : “L’Allemagne est terriblement forte.”

Les footballeurs allemands ont été très heureux de l’apprendre. Lukas Podolski a déclaré : “Quelle formidable nouvelle ! Bon rétablissement Schumi ! Ça m’a fait tellement plaisir d’entendre ça.” L’équipe espère que Michael pourra éventuellement assister à l’un ou l’autre de ses matches. “Si nous remportions le titre, nous contribuerions un peu à son bonheur”, a ajouté Podolski.

La Mannschaft elle aussi croit en ses capacités. Toutefois, les joueurs s’entraînent en toute modestie. “Nous avons bien débuté, mais il n’y a pas de quoi s’enflammer”, a rappelé le manager Oliver Bierhoff. Müller, auteur de trois buts, a ajouté : “Nous ne devons pas nous sentir supérieurs aux autres. Tout recommencera à zéro lors de la prochaine rencontre.”

L’information a effectivement stimulé les Allemands : ils ont écrasé le Portugal 4:0, dans le “groupe de la mort” (groupe G). Thomas Müller a montré le chemin de la victoire à son équipe en inscrivant un triplé. Cristiano Ronaldo et ses coéquipiers n’ont rien pu faire contre la supériorité allemande.

La route est encore longue, mais l’objectif est clair, tant pour la Mannschaft que pour Schumi. Å

La Chancelière Angela Merkel a suivi les événements depuis les tribunes et a fêté la

Matches de groupes de l’Allemagne Portugal (4:0), Ghana (21.6), États-Unis (26.6)

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¡Chi, chi, chi! ¡Le, le, le! Jordi Punti est écrivain et auteur de nombreux articles sur le

Football et politique “Une victoire 4:0 ! Quel départ magnifique ! Et voici, comme promis, le ‘selfie’ avec la Chancelière !”, a posté Lukas Podolski sur Twitter. 14

Chili

football dans les médias espagnols.

Les autobus qui transportent les joueurs pendant la Coupe du Monde arborent des slogans d’encouragement personnalisés, choisis dans le cadre d’un vote des internautes sur le site web de la FIFA. “¡Chi, chi, chi! ¡Le, le, le! ¡Viva Chile!”. Tel est le message que les fans de la Roja ont choisi et que les joueurs peuvent lire chaque fois qu’ils prennent la direction du stade. Un peu maigre pour un pays qui connaît par cœur les vers de Pablo Neruda… Pourtant, ce slogan, qui est aussi l’un des chants les plus populaires des tribunes chiliennes, reflète toute l’humilité et la joie avec lesquelles ce pays aborde cette Coupe du Monde. Pris en sandwich entre la Cordillère des Andes et l’Océan Pacifique, compressé par l’ampleur géographique et footballistique de son imposant voisin argentin, le Chili est un petit pays qui a parfois manqué de pragmatisme dans ses campagnes mondialistes. Pour comprendre, il faut peut-être remonter à la Coupe du Monde qu’il a organisée en 1962 et à cette demi-finale perdue 4:2 contre le Brésil de Garrincha et Vavá. Vécu comme un acte héroïque, ce résultat laissait présager de grandes victoires, mais il n’a finalement été qu’une source de frustrations répétées. À Brésil 2014, fort de l’expérience toute fraîche de l’édition sud-africaine, le Chili semble plus apaisé. En 2010, l’équipe dirigée par Marcelo Bielsa s’était inclinée en huitièmes, encore face au Brésil (3:0). Cette deuxième qualification consécutive a apporté aux Andins la stabilité qui leur faisait défaut. Pour ainsi dire, elle les a installés dans la classe moyenne du football sud-américain. Cet ancrage tient à plusieurs facteurs. Le principal a pour nom Jorge Sampaoli. Fidèle au style de son compatriote argentin Bielsa, apôtre d’un football offensif et basé sur le toque, Sampaoli est un entraîneur débordant d’énergie. Amoureux du jeu collectif, il a su transmettre son enthousiasme à ses protégés. “J’ai hérité d’une équipe pleine d’envie, a-t-il déclaré après son intronisation. C’est un groupe très solide qui s’est rebellé dans l’adversité, qui a encaissé des critiques, avec des joueurs pas simples à gérer.” Parmi les dossiers chauds résolus par Don Sampa figure la récupération du magicien Jorge Valdivia, toujours

Instagram

Allemagne


DANS LES COULISSES

Malchance L’attaquant grec Theofanis Gekas touche du bois.

Quinn Rooney / Getty Images

ébranlé par le scandale du Bautizazo [en 2011, cinq internationaux, parmi lesquels Valdivia, avaient été sanctionnés pour être rentrés trop tard sur le lieu de stage de la sélection]. D’une superbe frappe, l’ex-paria a signé le deuxième but du Chili lors de sa victoire 3:1 face à ­l’Australie, ainsi que son retour en grâce. Sampaoli a également su équilibrer son effectif, dans lequel on trouve surtout des joueurs expatriés mais aussi les têtes d’affiche du championnat local. La légion étrangère est essentiellement composée de footballeurs de premier plan qui évoluent dans de grands clubs, où ils sont souvent cantonnés à des seconds rôles. En sélection, ces hommes sont obligés de prendre davantage de responsabilités. Le cas le plus parlant est celui d’Alexis Sánchez, le Niño maravilla, qui a réalisé une bonne saison au FC Barcelone, mais toujours dans l’ombre des Messi, Neymar et autres Iniesta. En sélection, il devient la pièce maîtresse du dispositif offensif, à grand renfort de passes décisives et de buts. En ouvrant le score face à l’Australie, le Blaugrana est devenu le quatrième meilleur réalisateur de l’histoire de la sélection chilienne, derrière les trois mythes que sont Marcelo Salas, Iván Zamorano et Carlos Caszely. Les situations de Valdivia à Palmeiras, de Mauricio Isla et d’Arturo Vidal à la Juventus, ou encore du gardien Claudio Bravo à la Real Sociedad sont comparables.

Pour l’heure, la seule épine dans le pied de Sampaoli, c’est justement Vidal. Au Chili, on parle même de “telenovela” (feuilleton) Le milieu de terrain turinois est arrivé au Brésil après avoir récupéré juste à temps d’une blessure au ménisque, mais le sélectionneur ne veut pas trop le solliciter. Face à l’Australie, il l’a remplacé à l’heure de jeu, chose que l’intéressé n’a visiblement pas appréciée. Pendant ce temps, les Chiliens chantent “Chi, chi, chi ! Le, le, le !” en espérant que leur équipe accèdera au deuxième tour, où elle aura des chances de croiser la route de son grand ennemi en Coupe du Monde : le Brésil. Å

Matches de groupes du Chili Australie (3:1), Espagne (2:0), Pays-Bas (23.6.)

Grèce

Ces joueurs qui se trompent de tournoi Sven Goldmann est spécialiste du football au quotidien Tagesspiegel de Berlin. Il suit actuellement la Coupe du Monde au Brésil.

Theofanis Gekas a un jour expliqué pourquoi, alors qu’il jouait en Bundesliga, il n’avait pas envie d’apprendre l’allemand : “Je suis payé pour marquer des buts, pas pour parler.” L’art de marquer des buts, il le maîtrise toujours aussi bien à 34 ans, suffisamment en tout cas pour que le sélectionneur de la Grèce, le Portugais Fernando Manuel Costa Santos, ait fait appel à lui pour la Coupe du Monde. Au camp de base des Grecs à Aracaju, dans le nord-est du Brésil, l’attaquant se montre une nouvelle fois peu bavard. Il aurait pourtant une mésaventure à raconter. C’est en effet Theofanis Gekas qui, lors du premier match de groupe des siens – perdu 3:0 contre la Colombie –, a eu l’opportunité de faire basculer la rencontre. À ce moment-là, le tableau d’affichage indique encore 2:0. Difficile de savoir comment notre joueur taciturne rate une T H E F I FA W E E K LY

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DANS LES COULISSES

occasion pareille. Il se trouve à cinq mètres du but vide, le ballon arrive sur lui à une hauteur idéale… et Gekas l’envoie du crâne sur la transversale. Le match est fini pour lui, le sélectionneur le remplace dans la foulée. Fernando Santos ne mâche pas ses mots à l’issue du match. “Certains joueurs semblent avoir oublié dans quelle compétition ils se trouvent”, fulmine-t-il. L’opportunité manquée de Belo Horizonte est devenu le sujet de conversation numéro un des Grecs à Aracaju. Si Gekas n’a jamais tout à fait été un titulaire indiscutable en sélection, c’est certainement dû à son style quelque peu déroutant. Sur un terrain de football, il se fait assez rarement remarquer, ne réalise pas de dribbles spectaculaires et fait également rarement briller ses coéquipiers. Il ne court pas beaucoup et n’aime pas transpirer. Un tel élément n’apporte quelque chose à une équipe que s’il a un talent particulier à mettre au service de celle-ci. Dans le cas de Gekas, c’est, en principe, son efficacité devant le but. Le Grec a joué pour cinq clubs différents au cours des deux dernières années : l’Eintracht Francfort, Samsunspor, Levante, Akhisar Belediyespor et enfin Konyaspor. On ne peut pas dire qu’il s’agisse de formations de premier plan. La Coupe du Monde constitue une scène de choix pour s’illustrer. Pour Gekas, c’est le dernier gros contrat de sa carrière qui se joue au Brésil. Å

Anesh Debiky / Afp

Matches de groupes de la Grèce Colombie (0:3), Japon (19.6), Côte d’Ivoire (24.6)

Nigeria

Une aventure ordonnée Alan Schweingruber est rédacteur à The FIFA Weekly et se trouve actuellement au Brésil pour la Coupe du Monde.

Un sélectionneur national a besoin de soutien. Il doit en effet former une équipe capable d’atteindre des objectifs sur le long terme. S’il a un bon contrat et que le succès et la sympathie sont au rendez-vous, le coach conserve son poste plusieurs années. Comme Vicente del Bosque qui entraîne l’Espagne depuis 2008. Son homologue Stephen Keshi doit certainement aimer l’aventure. En 2011, il s’est dit prêt à reprendre les rênes de l’équipe nationale du Nigeria. Les événements marquants du passé de cette sélection ne l’en ont pas dissuadé. La fédération a pourtant renvoyé six entraîneurs en quatre ans, dont Bergi Vogts (Allemagne) ou Lars Lagerbäck (Suède). Keshi ne fait pas non plus l’unanimité. Il y a sans cesse eu des désaccords ces dernières années. Ses dirigeants ont déjà voulu le remercier. Plus tard, Keshi a également menacé de démissionner. Mais en remportant la Coupe d’Afrique des Nations en 2013, l’ancien défenseur de 52 ans s’est fait une petite place dans l’histoire du Nigeria. La victoire a redonné de l’espoir et créé de nouvelles attentes. La plus grande nation d’Afrique, trois fois plus peuplée que l’Angle-

terre avec environ 160 millions d’habitants, veut remporter la Coupe du Monde. L’équipe nigériane apprécie la sévérité, or Keshi est connu pour la discipline et l’ordre. Il prend parfois des décisions qui ne plaisent pas à tout le monde au premier abord. Quand Elderson Echiejile contracte une légère blessure musculaire avant la compétition, les supporters s’attendent à ce qu’il revienne vite. Mais Keshi décide de se passer des services du défenseur de l’AS Monaco et le remplace dans le groupe par Ejike Uzoenyi. “Le temps presse”, explique Keshi en rejetant l’argument selon lequel la blessure aurait pu être soignée au bout de deux semaines (l’Allemand Sami Khedira y serait certainement arrivé en 48 heures). Dans le camp de base nigérian au Brésil, le rêve de victoire est pour le moment relégué au second plan. Après le match nul 0:0 empreint de nervosité contre l’Iran, Keshi et son équipe vont devoir batailler ferme pour atteindre le tour suivant. L’entraîneur est le mieux placé pour savoir comment y parvenir : en 1994, il a été premier de sa poule avec le Nigeria, avant de céder lors des prolongations en huitièmes de finale face à l’Italie. Å

Matches de groupes du Nigeria Iran (0:0), Bosnie-Herzégovine (21.06), Argentine (25.06)

Décidé Stephen Keshi veut montrer de quoi l’équipe du Nigeria est capable. T H E F I FA W E E K LY

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LE DÉBAT

L’envie de marquer Le Hollandais volant Robin van Persie marque le but de l’égalisation à 1:1 contre l’Espagne (5:1) grâce à un plongeon spectaculaire.

Perikles Monioudis

L

es médias craignaient que le match ­d’ouverture de la Coupe du Monde de football ne soit une fois encore ennuyeux. En e ­ ffet, la première rencontre se termine traditionnellement par un nul vierge de tout but ou par une victoire sur le plus petit des écarts – mais pas à la Coupe du Monde 2014 au Brésil.

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Des débuts offensifs Les spectateurs présents à São Paulo ont carrément droit à quatre buts : trois du pays hôte, le Brésil, et un de la Croatie, qui a même mené au score. Le lendemain, des Néerlandais déchaînés gagnent 5:1 contre les champions du monde espagnols et les Chiliens trouvent trois fois le chemin des filets contre l’Australie pour une victoire 3:1. Le jour suivant, la Colombie (face à la Grèce) et le Costa Rica (face à l’Uruguay) marquent également à trois reprises, tout comme les Français lors de leur premier match contre le Honduras, là encore un jour plus tard. Le 4:0 des Allemands contre Cristiano Ronaldo et les Portugais prouve lui aussi que les équipes abordent leur entrée en matière dans la compétition de façon offensive et veulent se qualifier le plus vite possible pour les huitièmes de finale. Et après ? Les deuxièmes matches peuvent être différents. Le Brésil, par exemple, malgré sa victoire lors du premier affrontement, n’a jamais pu trouver

la faille contre le Mexique et son gardien Guillermo Ochoa, en grande forme. Neymar et compagnie ont ainsi été contraints au 0:0. Le sélectionneur national, Felipe Scolari, a ensuite déclaré qu’après une première victoire, il fallait enchaîner avec une deuxième pour (presque) s’assurer la qualification pour le tour suivant. La Seleção n’y est pas parvenue, même si elle a développé un jeu offensif. Mais après ces débuts fulgurants et un plaisir de jouer manifeste, il ne semble toutefois pas très réaliste de penser que les équipes vont à présent décider de lever le pied, à la plus grande joie des amateurs. Le spectacle continue ! Å

Les débats de The FIFA Weekly Qu’est-ce qui vous interpelle ? De quels sujets aimeriez-vous discuter ? Envoyez vos propositions à : feedback-theweekly@fifa.org

Fabrizio Bensch / Reuters

Les Pays-Bas infligent une débâcle 5:1 à l’Espagne, tenante du titre, et l’Allemagne écrase le Portugal 4:0. Un début de Coupe du Monde placé sous le sceau du plaisir !


LE DÉBAT

LE BILLET DU PRÉSIDENT

Les utilisateurs de FIFA.com reviennent sur la première semaine de la Coupe du Monde : Félicitations au Chili ! Les Chiliens ont négocié le match contre les champions du monde espagnols avec un brio exceptionnel ! SArbabAhmed, Pakistan

Des buts magnifiques, des joueurs magnifiques et une équipe qui n’abandonne jamais. Nous serons de retour au plus haut niveau en 2018 et les autres équipes n’auront qu’à bien se tenir. Bravo les Australiens, vous avez fait du bon travail ! skycrazy, Australie

“Bravo au Chili !”

Bravo au Chili pour ce succès. Toutefois, il est encore trop tôt pour se reposer sur ses lauriers. Cette qualification pour les huitièmes de finale n’est pas une fin en soi. Maintenant, il va falloir battre les Pays-Bas pour éviter le Brésil au prochain tour. En effet, la Seleçao terminera certainement en tête de son groupe. steve201081, Inde

C’est la fin d’un âge d’or, mais espérons que ce soit aussi le début d’une nouvelle ère, Ghana Vous êtes vraiment de grands champions et j’ai encore toute confiance en vous. Je suis sûr que vous allez tout donner contre l’Australie pour quitter le tournoi la tête haute. Les gens sont inquiets et on entend déjà dire que le tiki-taka est mort. Moi, je pense que nous allons vite assister à l’avènement d’une nouvelle génération dorée. Je m’attends à retrouver une Espagne encore plus forte à l’Euro 2016. Enfin, merci pour tout, les gars ! Je n’oublierai jamais le football brillant et spectaculaire que la Roja nous a offert ces dernières années. luckyfish81, Malaisie

Je suis vraiment déçu pour l’Australie, elle aurait mérité d’aller plus loin. Les Australiens ont clairement dominé la première période. Quel dommage qu’ils ne puissent pas compter sur le génie d’un van Gaal. Il ne faisait aucun doute que les Pays-Bas reprendraient le dessus après la pause. Amis Australiens, vous avez affronté les futurs champions du monde et vous leur avez donné du fil à retordre. Je vous tire mon chapeau ! J’espère que pour vous, la Coupe du Monde s’achèvera par une victoire contre l’Espagne et que nous vous reverrons en 2018. dutchy1975, Grande-Bretagne

Le spectacle au rendez-vous

Vous n’avez pas gagné, mais l’Afrique peut être fière de vous. Vous avez bien joué et vous n’avez vraiment pas à rougir de votre prestation. Le Ghana va battre l’Allemagne et le Portugal pour accéder aux huitièmes de finale. YeyeEagles, États-Unis

Les Fennecs, prenez exemple sur l’Australie ! Sur le Costa Rica ou le Chili contre l’Espagne ! La meilleure défense est l’attaque ! Lâchez-vous, exprimez-vous ! Soyez vousmêmes ! Comme dans vos championnats respectifs ! On veut du foot ! On veut de la niaque et du combat !!! wahrane, France

“La meilleure défense est l’attaque !”

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oga bonito  ! Avant le coup d’envoi de la Coupe du Monde, chacun avait sa petite idée sur ce que cette expression recouvrait. Aujourd’hui, nous découvrons le beau jeu dans toute sa splendeur : du spectacle offensif, de la variété et de l’audace. On a beaucoup entendu dire que la chaleur et les conditions de jeu particulières au Brésil pourraient avoir une influence négative sur les performances. C’est tout le contraire que nous découvrons actuellement. Les sélectionneurs sont disposés à prendre des risques et à laisser libre cours au talent de leurs joueurs les plus créatifs. La rigueur tactique reste au vestiaire. Contrairement à ce que nous avons vu il y a quatre ans en Afrique du Sud, les équipes jouent pour gagner et ne veulent pas se contenter d’un match nul. Il n’y a pas de calcul. À elle seule, la tête de Robin van Persie contre l’Espagne valait le voyage au Brésil. Voilà le (seul) genre de plongeons que nous voulons voir au cours des prochaines semaines. Cette évolution offensive doit aussi beaucoup à la composition des équipes et aux progrès techniques. On ne peut pas museler des talents comme ceux de Neymar, Messi, van Persie, Robben ou Müller. Nous assistons à l’avènement d’une génération de joueurs de plus en plus complets. Les buteurs d’aujourd’hui ne sont plus de simples finisseurs, ils participent activement au jeu offensif de leur équipe. En tout, 41 buts ont été marqués au cours des 12 premiers matches, soit 3,42 par rencontre en moyenne. Si les joueurs maintiennent ce rythme jusqu’en finale, le total s’élèvera à 219 buts, ce qui constituerait un record. La première semaine de cette Coupe du Monde brésilienne a dépassé toutes nos attentes. Et le meilleur reste à venir ! Viva Brazil !

Votre Sepp Blatter T H E F I FA W E E K LY

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First Love

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Lieu : Oran, Algérie Date : 4 avril 2013 Heure : 18h28

Nick Hannes / laif

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TRIBUNE

F I F A S 11

Les joueurs les plus expérimentés en Coupe du Monde

Une petite fille prénommée Fifa Thomas Renggli

A

u Brésil, quelques mots de portugais suffisent à vous ouvrir quasiment toutes les portes  : le matin, autour du buffet du petit-déjeuner, un simple Bom dia (“Bonjour”) est la garantie de commencer la journée avec un sourire. Ceux qui préfèrent les formules courtes opteront pour un Oi (“Salut”) ou lanceront un Saude (“Santé”) au moment de lever leur verre. Quant à Obrigado (“Merci”), il est quasiment adapté à toutes les situations. Il n’est en revanche pas indispensable de maîtriser le portugais pour écouter un match à la radio, tant les reporters brésiliens font preuve d’émotion dans leurs commentaires. Seules les passes en retrait en direction du gardien ou les touches en faveur d’une équipe dans sa propre moitié de terrain sont annoncées sur un ton pour ainsi dire normal. Par contre, à mesure que le ballon s’approche des cages adverses, le volume sonore du commentateur va crescendo. Si les joueurs avancent vers la surface de réparation, on frise alors l’hystérie et en cas de but, il est recommandé d’avoir des bouchons d’oreille à portée de main, ou bien de baisser le volume de sa radio : Goooooooooooool!!! L’intensité et le rythme varient en fonction de la nationalité et du nombre de voyelles présentes dans le nom des équipes sur le terrain. Si le niveau sonore reste raisonnable quand il s’agit de la Bélgica, on atteint en revanche des records avec le Cooooostaaaaa Riiiiicaaaaa. En même temps, qui se serait attendu à voir la Sele d’Amérique centrale marquer plus d’un but lors de cette Coupe du Monde ? Il semblerait que dès le baptême, les parents brésiliens pensent à la possibilité que leurs re-

jetons de sexe masculin deviennent un jour les acteurs d’une rencontre sportive : Marcelinho, Paulinho, Ronaldinho, Robinho, tous ces noms font en effet le bonheur des journalistes sportifs, tandis que les Zico, Cafu et autres Pelé semblent avoir été prédestinés à devenir des héros du ballon rond. À l’inverse, les personnes à l’origine du choix de Hulk n’ont manifestement pas été conscientes de la responsabilité qui leur incombait, préférant s’appuyer sur le droit brésilien selon lequel tout prénom est autorisé dans la mesure où celui-ci est employé dans le langage courant ou figure dans le dictionnaire. On trouve par exemple au Brésil un homme prénommé Oceano Indico Pacifico. Dans les familles germanophiles, le prénom Müller rencontre un succès certain (même si cette tendance pourrait s’inverser au fil de la Coupe du Monde). Quant aux adeptes de numérologie, leur choix se porte davantage sur les chiffres. Um Dois Três n’est ainsi pas le titre d’une émission de la télévision scolaire brésilienne, mais bel et bien un prénom masculin. Dans neuf mois au plus tard, les Brésiliens devront à nouveau faire preuve de créativité. En effet, comme chaque année au mois de novembre en raison du carnaval, on peut s’attendre en avril 2015 à un baby-boom au Brésil. Les habitants appellent les heureuses répercussions de ces journées (et nuits) enflammées les bébés de la Copa. Et selon un sondage réalisé sur la plage de Copacabana, Fifa serait actuellement en tête des prénoms féminins à la mode. Å

La rubrique hebdomadaire de la rédaction de The FIFA Weekly

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Lothar Matthäus : 25 matches Équipes : RFA, Allemagne Temps de jeu : 2047 minutes Période : 1982 – 1998

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Paolo Maldini : 23 matches Équipe : Italie Temps de jeu : 2217 minutes Période : 1990 – 2002

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Uwe Seeler : 21 matches Équipe : RFA Temps de jeu : 1980 minutes Période : 1958 – 1970

Diego Maradona : 21 matches Équipe : Argentine Temps de jeu : 1938 minutes Période : 1982 – 1994

Wladyslaw Zmuda : 21 matches Équipe : Pologne Temps de jeu : 1807 minutes Période : 1974 – 1986

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Grzegorz Lato : 20 matches Équipe : Pologne Temps de jeu : 1800 minutes Période : 1974 – 1982

Cafu : 20 matches Équipe : Brésil Temps de jeu : 1638 minutes Période : 1994 – 2006

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Berti Vogts : 19 matches Équipe : RFA Temps de jeu : 1770 minutes Période : 1970 – 1978

Wolfgang Overath : 19 matches Équipe : RFA Temps de jeu : 1764 minutes Période : 1966 – 1974

Ronaldo : 19 matches Équipe : Brésil Temps de jeu : 1623 minutes Période : 1998 – 2006

Mirsolav Klose : 19 matches Équipe : Allemagne Temps de jeu : 1511 minutes Période : 2002 – 2010 Source : FIFA (Coupe du Monde de la FIFA, Le kit statistique : Les Plus, 12.05.2014) T H E F I FA W E E K LY

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RUSSIE

Cri de joie Aleksandr Kerzhakov après son but du 1:1 lors du match de groupe contre la République de Corée.

Le géant endormi Thomas Renggli, à Rio de Janeiro

C

ent quarante millions d’habitants, neuf fuseaux horaires et encore plus d’ethnies rassemblées sur son territoire  : située entre l’Europe occidentale et l’Extrême­Orient, la Russie est un pays aussi varié, aussi insondable et aussi fascinant qu’un continent entier. Sur le plan politique, la Russie a les exigences d’une grande puissance, sur le plan sportif, elle emprunte le même chemin. Après les Jeux olympiques de Sotchi, la Coupe du Monde 2018 est le prochain grand rendez-vous noté sur son agenda. En ce moment, à Rio de Janeiro, la Fédération russe de football présente ses particularités culturelles et culinaires à la “Maison de la Russie”. 24

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D’ici quatre ans, le plus grand pays du monde va essayer de se montrer à la hauteur de toutes les attentes footballistiques et de mettre sur pied une équipe nationale capable de prétendre au plus convoité des trophées. Au Brésil, lors de son entrée en lice, la Sbornaja n’a pas vraiment été en mesure de relever le défi. Face à de coriaces Sud-Coréens, elle n’a jamais réussi à prendre les choses en main et a même failli s’égarer après une erreur lourde de conséquences du gardien Igor Akinfeev. Le sélectionneur Fabio Capello, en revanche, s’est montré à la hauteur en réagissant immédiatement. À la 71ème minute, il a fait entrer Aleksandr Kerzhakov, le meilleur buteur russe des qualifications, et cinq minutes plus tard, l’attaquant trouvait le chemin des filets. “Kerzhakov est un joueur fantastique, capable

de marquer à tout moment”, a commenté Capello, reconnaissant envers son sauveur. “Ça n’a pas été facile pour notre équipe après le but adverse. Mais mes joueurs ont bien réagi. Vue sous cet angle, notre prestation est satisfaisante.” Cet “angle”, c’est celui du point gagné grâce au nul. Sous un autre angle, on peut retenir de ce premier match que l’équipe doit encore progresser si elle ne veut pas faire ses valises dès la fin de la phase de groupes comme lors de ses trois précédentes participations à la Coupe du Monde, en 1990, 1994 et 2002. Avant les duels contre la Belgique (dimanche) et l’Algérie (jeudi), Capello aura essentiellement deux questions à se poser : peut-il se permettre de laisser son buteur sur le banc des remplaçants ? Et une rotation ne serait-elle pas néces-

Felipe Dana / Keystone

À la Coupe du Monde 2014, la Russie évolue dans l’ombre des favoris. Son nul 1:1 contre la République de Corée révèle un certain potentiel de progression.


RUSSIE

Alexey Filippov / Keystone

Aigle à deux têtes et couvre-chef en fourrure Des fans russes à Cuiaba.

saire au poste de gardien  ? Avant même son ­erreur capitale face à la Corée du Sud, Akinfeev apparaissait davantage comme un danger a mbulant que comme une assurance tous ­ risques, relâchant pratiquement toutes les balles. H ­ eureusement, Capello a hérité de sa période à la tête de la sélection anglaise une certaine ­expérience en matière de portiers aux gants glissants. L’Italien a pourtant envie de parler de choses plus agréables pendant son séjour au Brésil : “Notre équipe possède un niveau technique élevé et de grandes qualités dans le jeu. Nos atouts, ce sont la créativité et l’inspiration.” Les huitièmes de finale constituent l’objectif minimal pour le sélectionneur, même après le départ en demi-teinte de ses troupes. Il justifie ses ambitions en rappelant les bons résultats obtenus pendant la campagne de qualification. Après avoir manqué les éditions 2006 et 2010 de la Coupe du Monde, la Russie s’est qualifiée pour Brésil 2014 en terminant en tête de son groupe et a envoyé le Portugal en barrage. Lors de son match à domicile contre ce dernier, à Moscou, la Sbornaja l’avait emporté 1:0, grâce à un but de Kerzhakov. “Le fait que nous ayons laissé derrière nous l’une des équipes les plus fortes d’Europe reflète nos progrès”, estime ­Fabio Capello.

Le championnat constitue la base de l’essor du football russe. Pas de légionnaires C’est le championnat national qui constitue la base de l’essor du football russe, sur le plan financier, logistique et structurel. Économiquement parlant surtout, la Premier-Liga fait déjà partie des plus grands championnats à l’échelle internationale. Ce n’est pas un hasard si la Fédération russe a envoyé à la Coupe du Monde la seule sélection dont tous les joueurs évoluent au pays. Dans le football r­ usse, les roubles (ou les pétrodollars) circulent si vite que même les plus grands clubs ­européens ne peuvent pas s’aligner.

Les rapports de force au sein de l’élite font un peu penser à ceux de l’ex-Union soviétique : 1. CSKA Moscou. 2. Zenit Saint-Pétersbourg. 3.  Lokomotiv Moscou. 4. Dynamo Moscou. Parmi les grosses écuries traditionnelles, seul le Spartak Moscou a livré une saison décevante et n’a pas réussi à décrocher mieux que la 6ème place. C’est la nouvelle aristocratie financière qui tire les ficelles. Au premier plan, on retrouve – comme par le passé – de grands consortiums commandés par l’État : le Lokomotiv est soutenu par la société de chemins de fer Rossijskie (RZD), le Zenit par Gazprom, le Dynamo par la banque VTB, le Spartak par le producteur de pétrole Lukoil. Il n’y a qu’au CSKA, l’ancien club de l’Armée Rouge, que la situation est un peu plus floue. Le propriétaire de Chelsea Roman Abramovitch s’est d’abord engagé, puis l’entreprise de pétrochimie Bashneft, située en Bachkirie, a versé des millions à son tour. Depuis cette année, le club déclare qu’il s’autofinance. Ces dires laissent toutefois libre cours à diverses interprétations. Le propriétaire actuel du club, Evgeni Giner, est un proche d’Abramovitch. Le Crésus du football russe Le multimilliardaire est cependant censé se tenir momentanément à l’écart des affaires de T H E F I FA W E E K LY

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“Le respect me rend heureux” Fabio Capello a remporté quasiment tous les titres possibles et imaginables du football de clubs. Aujourd’hui âgé de 68 ans, l’Italien espère remporter de nouveaux succès avec l’équipe de Russie.

Nom Fabio Capello Date et lieu de naissance 18 juin 1946, San Canzian d’Isonzo (Italie) Parcours en tant que joueur Ferrara, AS Rome, Juventus, AC Milan Parcours en tant qu’entraîneur AC Milan, Real Madrid, AS Rome, Juventus, Angleterre, Russie

parfois besoin de trouver les mots justes. Pour insuffler un peu de fraîcheur à l’équipe, par exemple. Heureusement, certains joueurs parlent anglais ou espagnol. Et lorsqu’il s’agit de questions d’ordre personnel, il m’arrive de faire appel à un ami.

Avez-vous le sentiment que la population vous respecte ? Oui, énormément. Et je lui en suis reconnaissant, cela me rend très heureux. On sent déjà l’excitation à l’approche de la Coupe du Monde 2018, qui se déroulera en Russie.

Principaux succès Quadruple champion d’Italie (en tant que joueur), quintuple champion d’Italie, double champion d’Espagne, vainqueur de la Ligue des Champions (en tant qu’entraîneur)

Avez-vous le temps de visiter le pays ? La Russie possède de nombreuses facettes. J’ai déjà visité plusieurs villes et je suis impressionné par ce que j’ai vu. Le pays est en plein développement, dans différents domaines.

Quelle importance revêt pour vous la Coupe du Monde de manière générale ?

Monsieur Capello, où se situe aujourd’hui l’équipe de Russie ? Fabio Capello : La moyenne d’âge de mon équipe est l’une des plus élevées de cette Coupe du Monde. Mais nous possédons un très bon niveau technique. Mes joueurs peuvent également gagner grâce à leur créativité. Ils pratiquent un très bon football.

Vous travaillez en Russie depuis deux ans. Quel a été le plus grand défi que vous ayez eu à relever ? Lorsque j’ai commencé mon travail, les supporters étaient fâchés après les joueurs. La piètre performance de l’équipe lors du Championnat d’Europe en Pologne et en Ukraine avait laissé des traces. L’une de mes missions a été d’aider les gens à aller de l’avant. Nous voulions construire quelque chose ensemble. Et au cours de ces deux dernières années, nous y sommes parvenus.

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Nous avons écopé d’un groupe difficile lors de la phase de qualification, avec le Portugal, mais nous avons tiré notre épingle du jeu et, pour la première fois depuis 2002, nous voilà de nouveau en Coupe du Monde.

D’autres équipes étaient également ­intéressées par vos services. Pourquoi avoir choisi la Russie ? J’avais envie de vivre quelque chose de nouveau. La langue, le pays, le style de vie, tout cela est passionnant. Voilà pourquoi j’ai opté pour ce pays.

Vous ne maîtrisez pas le russe. Est-ce un handicap ? La barrière de la langue pose en effet quelques difficultés. Pendant les camps d’entraînement, je travaille toujours avec des interprètes. Mais ce n’est pas toujours facile de faire passer le message. On a

Chaque Coupe du Monde est unique. C’est un tournoi fantastique. Pour réussir, toutes les conditions doivent être réunies. La forme physique des joueurs, la finesse tactique … Mais pour moi, le plus important, c’est l’aspect psychologique. Si les joueurs ne sont pas prêts à 100 pour cent à donner le meilleur d’eux-mêmes, alors la compétition sera difficile.

Quel rôle joue la phase de préparation ? Cette étape est décisive. Cela commence par le choix du camp de base. Avant de prendre ma décision, je tiens absolument à voir les terrains, les villes et même les hôtels et à évaluer quelles sont les opportunités en matière d’entraînement. Propos recueillis par Alan Schweingruber


RUSSIE

Kirill Kudryavtsev / Afp

la fédération. Par le biais de sa National Academy of Football, Abramovitch a auparavant investi quelque 150 millions d’euros dans le système. Il a financé ainsi 130 nouveaux terrains de football et amélioré la formation des jeunes talents. Il a par ailleurs participé au salaire (de cinq millions d’euros nets par an) de l’ancien sélectionneur de la Russie, Guus Hiddink. La nomination du Néerlandais à ce poste en 2006 a constitué l’un des événements les plus décisifs de l’histoire du football russe, marquant une rupture avec les entraîneurs locaux et une ouverture vers de nouveaux systèmes et des idées neuves. La Russie n’a pas lésiné sur les moyens : avec une rémunération annuelle de 8,29 millions d’euros, Capello est le sélectionneur le mieux payé de tous ceux présents à la Coupe du Monde. Le capitalisme s’est imposé depuis longtemps dans le football russe. Même dans le fonctionnement de son championnat, la fédération s’inspire de l’Occident. Jusqu’en 2010, la saison se déroulait de mars à novembre. Puis le format a été adapté. Cette année, le titre a été remis en mai, pour la seconde fois. Ce n’est que de cette manière que les clubs russes peuvent espérer rivaliser avec leurs concurrents du top 5 continental dans les compétitions européennes, en désignant leur champion à la même période. Le sujet qui tient actuellement en haleine la politique internationale – les rapports de la

Russie avec l’Ukraine – a également un impact majeur sur le football local. Du temps de l’Union soviétique, le Dynamo Kiev occupait le devant de la scène. Dans la sélection soviétique finaliste du Championnat d’Europe 1988, la ­majorité des joueurs venaient d’Ukraine, pour seulement trois Russes. Depuis, les rapports de force ont changé. La Russie a pris le dessus sur sa voisine dans le domaine footballistique. Le CSKA Moscou (en 2005) et le Zenit Saint-Pétersbourg (en 2008) se sont distingués en remportant la Ligue Europa. L’équipe nationale a elle aussi failli frapper un grand coup il y a six ans. Avec des joueurs ­d’exception comme Arshavin, Pavlyuchenko ou Zhirkov, l’Euro 2008 avait presque déjà un air de Brésil. Leur festival de buts ne s’est arrêté qu’en demi-finale contre l’Espagne, future ­gagnante du tournoi. En Amérique du Sud, Capello mise sur quatre éléments qui ont pris part à cette compétition : Zhirkov, Ignachevitch, Berezutskiy et Akinfeev. Mais les grands noms ne sont plus là et lors d’un match de préparation pour la Coupe du Monde contre le Maroc (2:0), le capitaine Roman Shirokov a été victime d’une blessure au genou qui l’a forcé à déclarer forfait pour la phase finale. Malgré ce coup dur, Capello reste ­optimiste : “Quand j’ai pris mes fonctions en 2012, les gens étaient frustrés à cause de

l’élimination de la Russie à l’Euro. Il était très important que je commence par les aider à tourner la page avant de regarder vers l’avant et d’ouvrir un nouveau chapitre. Nous y sommes parvenus”, explique-t-il. La barrière linguistique Pour aider les Russes à surmonter le passé, l’Italien, lui, a dû trouver un moyen de surmonter la barrière linguistique. Comme il ne parle pas russe, il communique avec ses hommes dans les vestiaires par le biais d’interprètes : “C’est la plus grande difficulté. Les émotions et les ­sentiments ne sont pas évidents à traduire”, souligne-t-il. Le technicien, qui a enchaîné les ­trophées à la tête de différents clubs, notamment le Real Madrid et, surtout, l’AC Milan, semble avoir trouvé comment toucher ses joueurs. Il y a de toute façon une chose qu’il sait d’expérience : du moment qu’il fait entrer le bon footballeur sur le terrain, sa faculté à communiquer n’est pas remise en cause. Car en football, les buts signifient bien plus que les mots. Å

Matches de groupes de la Russie République de Corée (1:1), Belgique (22.6), Algérie (26.6)

Étirements à São Paulo Capello dirige l’entraînement de la Sbornaja. T H E F I FA W E E K LY

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EVERY GASP EVERY SCREAM EVERY ROAR EVERY DIVE EVERY BALL E V E RY PAS S EVERY CHANCE EVERY STRIKE E V E R Y B E AU T I F U L D E TA I L SHALL BE SEEN SHALL BE HEARD S H A L L B E FE LT

Feel the Beauty

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INS TAN TANÉ S DE L A COUPE DU MONDE

U

n coup de sifflet, c’est un coup de sifflet. Mais le coup de sifflet final du match de l’Espagne, tenante du titre mondial, contre le Chili, qui s’est achevé sur une défaite 0:2 pour la première, signifiait peut-être plus que la fin d’une rencontre de poule de la Coupe du Monde 2014. Il marquait peut-être aussi la fin d’une époque pour l’équipe d’Espagne qui a séduit la planète football pendant des années avec son tiki-taka. Que va devenir la Furia Roja, après son élimination dès la phase de groupes de Brésil 2014 ? Lorsque l’arbitre américain siffle la fin du match avec la verve qui le caractérise, après six minutes de temps additionnel, cette question est sur toutes les lèvres. Une seule chose est sûre : c’est une équipe autre que l’Espagne qui montera sur le trône mondial le 13 juillet. Les noms des joueurs sur les maillots espagnols vont sans doute changer. Car la fin d’un match marque parfois aussi le début d’une nouvelle ère : celle d’une nouvelle équipe d’Espagne, peut-être celle d’une nouvelle interprétation du tiki-taka, en tout cas celle d’un nouveau champion du monde. Å Perikles Monioudis

Andres Kudacki/Keystone

“M

essi” part balle au pied et tente un dribble. “Ronaldo” arrive dans son dos, suivi de près par “Müller”. Un autre “Messi” se lance à son tour dans la bataille. Il arrache le ballon au premier “Messi” et temporise. “Müller” intervient et, immédiatement, “Ronaldo” se met à pleurer : il a reçu un coup. Le match risque de sombrer dans le chaos et aucun arbitre ne se profile à l’horizon pour ramener le calme. Un cri de joie retentit alors : “Oui !! Müller !” “Müller” se retourne, visiblement interloqué. Pourquoi diable l’acclame-t-on ? Depuis quand les fautes suscitent-elles l’enthousiasme ? “Ronaldo” pleure toujours … Les pères de ces champions miniatures comprennent enfin la gravité de la situation. Les téléphones portables qui retransmettaient le match Allemagne-Portugal retournent discrètement dans les poches. Le petit “Müller” fautif est réprimandé  ; le petit “Ronaldo” est consolé. Quand les pères oublient leurs enfants au profit des stars, le doute n’est plus permis : la Coupe du Monde a commencé. Å Sarah Steiner

S

i la Coupe du Monde se transforme en défilé de mode, les stars du football ne sont pas les seules responsables. Depuis longtemps, certains supporters se prennent pour des top-modèles. Arborer les couleurs de son équipe ou le drapeau de son pays est monnaie courante cette année. Chaque soir, on peut admirer de véritables artistes sur la Rua Ronald de Carvalho à Rio de Janeiro, non loin de la célèbre plage de Copacabana. Là, de solides gaillards portant des maillots XXL floqués au nom de Lionel Messi abordent joyeusement de jeunes Brésiliennes vêtues à la façon de Neymar. Les amateurs de mode se retrouvent à travers cette passion pour le déguisement. Depuis la Coupe du Monde 2006, on n’hésite plus à jouer avec les symboles : chacun peut donc, le temps d’une soirée, se prendre pour Messi. Le public a retrouvé ses stars. À Rio, le carnaval a aussi lieu en hiver. Å Roland Zorn

À

Rio de Janeiro, pendant la Coupe du Monde, on peut assister aux fêtes les plus “chaudes” de la saison “froide” : le soleil dans les yeux, les pieds dans le sable et le célèbre Pain de Sucre à l’horizon. Rêves de Coupe du Monde sur une plage de rêve. Un vendeur ambulant propose des caipirinhas, des supporters néerlandais parlent de Robben, de van Persie et de la bière. Ils ne ménagent pas leur souffle pour faire oublier l’interdiction des vuvuzelas. Tout le monde cède à l’euphorie ambiante. Plus question de noir ou de blanc, le jaune sera la couleur de l’été ! Le Brésil fête Neymar, le retour du joga bonito et sa sixième couronne mondiale, avec un peu d’avance. Les paroles de l’hymne brésilien s’affichent sur écran géant, la fameuse “fille d’Ipanema” est partout et l’arbitre japonais siffle juste. Le bonheur est contagieux à Copacabana. Sur cette page idyllique, la Coupe du Monde ressemble à une fête d’anniversaire, un karaoké géant et un carnaval. Pour un passionné de football, une telle expérience n’arrive qu’une fois dans la vie. Å Thomas Renggli T H E F I FA W E E K LY

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Nom Davor Suker Date et lieu de naissance 1er janvier 1968, Osijek (Yougoslavie) Poste Attaquant Taille 1,83 m Carrière 1984–1989 Osijek 1989–1991 Dinamo Zagreb 1991–1996 FC Séville 1996–1999 Real Madrid 1999–2000 Arsenal 2000–2001 West Ham United 2001–2003 1860 Munich Sélection nationale 1990–1991 Yougoslavie 1992–2002 Croatie Titres, disctinctions

Igor Kralj / Keystone

1996 Meilleure équipe du Championnat d’Europe 1997 Championnat d’Espagne (Real Madrid) 1998 Ligue des Champions (Real Madrid) 1998 Soulier d’Or adidas de la Coupe du Monde 1998 2ème du Ballon d’Or 2004 Entrée dans la liste des 100 meilleurs joueurs de la FIFA

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L’ I N T E R V I E W

“J’aimerais continuer à influencer le cours du match” Devenu président de la Fédération croate de football, l’ancien attaquant Davor Suker faisait partie de l’exceptionnelle génération qui a terminé troisième de la Coupe du Monde 1998 en France. Quel regard cet homme de 46 ans pose-t-il aujourd’hui sur son parcours et sur le football ?

Monsieur Suker, vous êtes l’actuel président de la Fédération croate de football. Quel est l’objectif de votre équipe pour cette Coupe du Monde ? Davor Suker : Notre sélection est composée

de joueurs qui aiment avant tout jouer au football. Nous voulons donc profiter au maximum de cette Coupe du Monde ainsi que de la qualité des infrastructures et de l’organisation. Et nous voulons proposer au public du beau jeu.

Qu’entendez-vous par là ? Nous sommes fiers de participer à cette Coupe du Monde et nous sommes fiers de tous les supporters qui savent apprécier le beau football. La Croatie est un pays qui aime le sport. C’est important pour notre manière de jouer, c’est ce qui nous aide à rester parmi les meilleures équipes mondiales.

Lors du match d’ouverture contre le Brésil, le jeu de votre équipe était en effet loin d’être destructeur, malgré votre défaite 1:3. Qu’avions-nous à perdre ? Nous avions tout à gagner en nous présentant sous notre meilleur jour. L’enjeu sera bien plus grand lors de nos rencontres face au Cameroun (4:0) et au Mexique. Mes joueurs vont se donner à 150 pour cent.

Vous aviez la même philospohie quand vous étiez joueur. Lors de la Coupe du Monde 1998, vous avez terminé à la troisième place et décroché le Soulier d’Or adidas. Quelle est aujourd’hui votre relation avec les joueurs de la sélection croate ? Ma génération a signé la plus belle performance de notre pays en Coupe du Monde. Mais j’espère que l’équipe actuelle ira aussi loin, sinon plus. Nous avons dans nos rangs des joueurs très talentueux et Niko Kovac est un très bon sélectionneur, toutes les conditions sont donc réunies pour faire un bon

tournoi. Peut-être qu’en 1998, les joueurs ont vu nos matches et ont vécu cette extraordinaire année du football croate. C’est à présent à Modric, Rakitic, Srna et Mandzukic de montrer de quoi ils sont capables. C’est une chance inouïe d’avoir des joueurs de cette qualité et d’écrire avec eux une page de notre histoire.

Voilà pour la grande histoire, mais comment vit-on cela au quotidien ? Qu’est-ce qui manque le plus à un grand buteur comme vous après avoir raccroché les crampons ? Quand je regarde un match, je brûle de pouvoir intervenir. J’aimerais m’exprimer sur le terrain. Et j’aimerais continuer à influencer le cours du match. J’ai toujours été un passionné de football. Aujourd’hui, je suis assis dans les tribunes, sur le siège du président. J’aide le football d’une autre manière, je m’occupe de sa promotion, et je travaille dur pour ça. Je m’engage aux côtés des sélections U-15, U-17, U-19 etc. pour qu’elles se qualifient pour les Coupes du Monde et les Championnats d’Europe.

entre cinq et dix millions d’habitants de réduire leur championnat à dix équipes.

Quels sont selon vous les autres points névralgiques ? Il est essentiel d’apprendre aux jeunes à travailler en équipe. Et de préserver une certaine continuité. Les différentes transitions entre les équipes U-17, U-19, U-21 et la sélection nationale sont toutes encadrées par des spécialistes. Cela permet aux joueurs et aux équipes d’être accompagnés à tous les stades de leur développement.

Cela vaut également pour les équipes féminines ? Oui. Nous investissons actuellement dans les sélections U-17 et U-19 ainsi que dans l’équipe nationale A. Nous avons également un nouveau quartier général et nous prévoyons de créer un centre d’entraînement pour nos sélections. Là aussi, nous recevons l’aide généreuse de l’UEFA et de la FIFA. Notre nous attellerons ensuite à la construction de quatre centres régionaux.

Avec succès. Nous sommes très fiers que notre équipe U-17 se soit qualifiée pour ces deux grands tournois et que nos U-18 et U-20 participent à la Coupe du Monde. Nous investissons beaucoup dans les jeunes joueurs, nous organisons de nombreuses rencontres pour eux. Nous n’avons pas de grosses infrastructures, mais l’Union européenne, l’UEFA et la FIFA nous aident énormément. Je tiens d’ailleurs à remercier la FIFA. Notre prochain objectif est d’améliorer ces infrastructures.

D’un point de vue purement objectif, y a-t-il dans cette Coupe du Monde une équipe pour laquelle vous auriez aimé jouer en raison de la qualité de ses joueurs ? (rires) Je rêverais de pouvoir porter les couleurs de mon pays. Je serais même prêt à payer pour être sur le terrain avec les garçons ! Propos recueillis à São Paulo par Perikles Monioudis

Vous avez également procédé à des réformes structurelles. Exact. En ramenant à dix, au lieu de 16, le nombre de clubs évoluant dans l’élite, nous avons doublé le nombre de spectateurs. Je conseille d’ailleurs à tous les pays comptant

Matches de groupes de la Croatie Brésil (1:3), Cameroun (4:0), Mexique (23 juin) T H E F I FA W E E K LY

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LE MIROIR DU TEMPS

T

H

E

N

Chaussure de football adidas à crampons vissés

Coupe du Monde 1954

Adidas

Le “Miracle de Berne” : contre toute attente, l’équipe de RFA s’impose en finale face à la Hongrie. Ces toutes nouvelles chaussures de football – ci-dessus, le soulier gauche de Fritz Walter – contribuent grandement à la stabilité des joueurs allemands sur le terrain boueux du stade.

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T H E F I FA W E E K LY


LE MIROIR DU TEMPS

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Chaussure de football adizero f50 Messi

Coupe du Monde 2014

Adidas

Le miracle ultra-léger : ce modèle de chaussure aux couleurs de l’Argentine et qui porte le nom du quadruple Joueur Mondial Lionel Messi ne pèse que 165 grammes.

T H E F I FA W E E K LY

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LE CL ASSEMENT FIFA

→ http://fr.fifa.com/worldranking/index.html

Classement ÉquipeÉvolution Points

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 23 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 52 54 55 56 57 57 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77

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Espagne Allemagne Brésil Portugal Argentine Suisse Uruguay Colombie Italie Angleterre

0 0 1 -1 2 2 -1 -3 0 1

1485 1300 1242 1189 1175 1149 1147 1137 1104 1090

Belgique Grèce États-Unis Chili Pays-Bas Ukraine France Croatie Russie Mexique Bosnie-et-Herzégovine Algérie Danemark Côte d’Ivoire Slovénie Équateur Écosse Costa Rica Roumanie Serbie Panamá Suède Honduras République tchèque Turquie Égypte Ghana Arménie Cap-Vert Venezuela Pays de galles Autriche Iran Nigeria Pérou Japon Hongrie Tunisie Slovaquie Paraguay Monténégro Islande Guinée Sierra Leone Norvège Cameroun Mali République de Corée Ouzbékistan Burkina Faso Finlande Australie Jordanie Libye Afrique du Sud Albanie Bolivie Salvador Pologne République d'Irlande Trinité-et-Tobago Émirats arabes unis Haïti Sénégal Israël Zambie Maroc

1 -2 1 -1 0 1 -1 2 -1 -1 4 3 0 -2 4 2 -5 6 3 0 4 -7 -3 2 4 -12 1 -5 3 1 6 -2 -6 0 -3 1 -2 1 -3 5 3 6 -1 17 0 -6 2 -2 -6 1 -9 -3 1 -2 0 4 1 1 3 -4 3 -5 4 -11 3 3 -1

1074 1064 1035 1026 981 915 913 903 893 882 873 858 809 809 800 791 786 762 761 745 743 741 731 724 722 715 704 682 674 672 644 643 641 640 627 626 624 612 591 575 574 566 566 565 562 558 547 547 539 538 532 526 510 498 496 495 483 481 474 473 470 460 452 451 444 441 439

T H E F I FA W E E K LY

Rang

01 / 2014

02 / 2014

03 / 2014

04 / 2014

05 / 2014

06 / 2014

1 -41 -83 -125 -167 -209

78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 90 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 110 112 113 114 115 116 116 118 119 120 120 122 123 124 125 126 127 128 129 130 131 132 133 134 134 136 137 137 139 140 140 142 143 144

1ère place  

Hausse du mois  

Bulgarie Oman ARY Macédoine Jamaïque Belarus Azerbaïdjan RD Congo Congo Ouganda Bénin Togo Gabon Irlande du Nord Arabie saoudite Botswana Angola Palestine Cuba Géorgie Nouvelle-Zélande Estonie Zimbabwe Qatar Moldavie Guinée équatoriale RP Chine Irak République centrafricaine Lituanie Éthiopie Kenya Lettonie Bahreïn Canada Niger Tanzanie Namibie Koweït Liberia Rwanda Mozambique Luxembourg Soudan Aruba Malawi Vietnam Kazakhstan Liban Tadjikistan Guatemala Burundi Philippines Afghanistan République dominicaine Malte St-Vincent-et-les-Grenadines Guinée-Bissau Tchad Suriname Mauritanie Sainte-Lucie Lesotho Nouvelle-Calédonie Syrie Chypre Turkménistan Grenade

-5 3 0 0 1 2 4 7 0 10 1 -2 -6 -15 -1 1 71 -5 7 14 -5 -1 -5 -2 11 -7 -4 1 -2 -6 -2 0 -5 0 -10 9 6 -7 3 15 -4 -7 -3 35 0 -7 -6 -11 -5 -3 -3 11 -2 -5 -4 -7 50 31 -5 2 -4 2 -2 -6 -12 13 -8

Baisse du mois

425 420 419 411 397 396 395 393 390 386 383 382 381 381 375 364 358 354 349 347 343 340 339 334 333 331 329 321 319 317 296 293 289 289 284 283 277 276 271 271 269 267 254 254 247 242 241 233 229 226 221 217 215 212 204 203 201 201 197 196 196 194 190 190 189 183 182

144 146 147 148 149 149 151 152 153 154 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 164 166 167 168 169 170 171 172 173 174 175 176 176 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 190 192 192 192 195 196 196 198 198 200 201 202 202 204 205 206 207 207 207

Madagascar RDP Corée Maldives Gambie Kirghizistan Thaïlande Antigua-et-Barbuda Belize Malaisie Inde Singapour Guyana Indonésie Porto Rico Myanmar Saint-Kitts-et-Nevis Tahiti Liechtenstein Hongkong Pakistan Népal Montserrat Bangladesh Laos Dominique Barbade Îles Féroé São Tomé-et-Principe Swaziland Comores Bermudes Nicaragua Chinese Taipei Guam Sri Lanka Îles Salomon Seychelles Curaçao Yémen Maurice Soudan du Sud Bahamas Mongolie Fidji Samoa Cambodge Vanuatu Brunei Timor oriental Tonga Îles Vierges américaines Îles Caïmans Papouasie-Nouvelle-Guinée Îles Vierges britanniques Samoa américaines Andorre Érythrée Somalie Macao Djibouti Îles Cook Anguilla Bhoutan Saint-Marin Îles Turks-et-Caicos

45 -9 6 -14 -3 -6 -9 -8 -8 -7 -8 -5 -5 -9 14 -7 -4 -12 -5 -5 -5 22 -5 5 -6 -9 -7 -5 5 10 -6 -8 -6 -7 -6 -8 -5 -5 -4 -4 16 0 0 -6 -6 0 -10 -1 -1 -1 -1 -1 -1 -1 -1 -1 -1 0 0 0 0 0 0 0 0

182 175 171 166 163 163 158 152 149 144 141 137 135 134 133 124 122 118 112 102 102 99 98 97 93 92 89 86 85 84 83 78 78 77 73 70 66 65 61 57 47 40 35 34 32 28 28 26 26 26 23 21 21 18 18 16 11 8 8 6 5 3 0 0 0


Nom

LE TOURNANT

David Da Costa

“Ça se passe dans la tête à 80 pour cent”

Date et lieu de naissance 19 avril 1986, Zurich (Suisse) Poste Gardien de but Clubs 2005–2008 FC Zurich U-21 2007–2008 Chiasso 2008–2009 Concordia Bâle 2009–2010 Chiasso, Wohlen 2010–2012 FC Thoun Depuis 2012 FC Zurich

Fan devenu joueur, talent indiscipliné devenu gardien numéro un : le Suisso-Portugais David Da Costa est passé par toutes les étapes de la vie de footballeur.

Maurice Haas / 13 Photo

M

on attachement à mon employeur est beaucoup plus fort que chez la plupart des gens. Enfant, j’étais un très grand fan du FC Zurich, dont je ne manquais pratiquement aucun match à domicile. Jouer moi-même un jour au plus haut niveau pour ce club était un rêve. Je l’ai réalisé. J’en suis fier – et mes collègues aussi sont fiers du parcours que j’ai effectué. Cette situation me met une pression supplémentaire, car je ne veux surtout pas décevoir les spectateurs. Je sais très bien ce que les fans ressentent. Je leur accorde donc toujours du temps, j’essaie de répondre à toutes les demandes d’autographe ou de photo. J’ai été à leur place par le passé. Aujourd’hui encore, j’ai chez moi des autographes de personnes qui sont devenues plus tard mes entraîneurs ou mes coéquipiers. Malgré mon affection pour le public, j’ai dû apprendre à m’en détacher. Je suis en effet un joueur professionnel, je suis par conséquent devenu un modèle. Mais je suis aussi quelqu’un de franc, je dis ce que je pense. Il est d’ailleurs arrivé que cela me mette dans l’embarras. Il y a eu plusieurs tournants dans ma carrière. Mon premier transfert, du FC Zurich à Chiasso en Challenge League – la deuxième division suisse – a été un événement-clé. En fait, je n’avais pas envie de partir. Mais mon agent m’a donné un coup de pied dans le derrière, si l’on peut dire. Ma famille aussi m’a incité à franchir ce cap. Je leur en suis aujourd’hui reconnaissant. On ne se rend compte à quel point on est bien chez soi que lorsqu’on en est loin. S’il est plus agréable de cuisiner, de faire la lessive et de passer l’aspirateur chez soi qu’ailleurs, c’est vrai aussi pour le sport. J’ai réalisé que le talent seul ne suffisait pas pour faire une belle carrière. Stefan Knutti, mon ancien entraîneur des gardiens, disait toujours  : “Ça se passe dans la tête à 80  pour cent, le talent ne compte que pour 20 pour cent.” J’ai appris à renoncer à beaucoup

de choses, les fêtes, les sorties, la mauvaise alimentation. Je me suis rendu compte que j’avais fait n’importe quoi dans pas mal de domaines, que je n’avais pas fait preuve du sérieux et de la rigueur qu’un sportif professionnel doit montrer dans sa vie quotidienne. À présent, je suis conscient qu’il suffit de peu de chose pour mettre fin à une carrière. Plus jeune, j’ai joué dans les équipes nationales juniors de Suisse. Les entraîneurs ne voyaient cependant pas forcément en moi un futur professionnel, mais plutôt un joueur qui ne pensait qu’à faire des bêtises. Je rêve d’entrer un jour sur le terrain en portant le maillot d’une équipe nationale A, que ce soit celle de Suisse ou du Portugal. Depuis le triomphe du FCZ en Coupe de Suisse, je sais que les rêves peuvent devenir réalité. Je vais donc continuer à aller de l’avant. Même quand on est gardien de but, on peut se montrer offensif ! J’ai vécu un autre moment-clé de ma carrière lors d’un match avec le FC Wohlen au printemps 2010. Nous nous apprêtions à affronter le FC Thoune et nous avions à peine onze joueurs valides. L’entraîneur a donc voulu me titulariser en attaque. Puis notre premier gar-

dien s’est blessé et je me suis retrouvé dans le but. J’ai fait un super match, ce qui m’a valu de signer un contrat avec le FC Thoune et ainsi de découvrir la Super League suisse. Le troisième tournant de ma vie a sûrement été le début de ma relation avec mon épouse Daniela. Nous nous sommes rencontrés en 2006. Il y a un an, nous sommes devenus parents d’un petit garçon. Avec l’arrivée de Nelio, tout a changé pour moi, encore une fois. Maintenant, je vais me coucher à onze heures du soir plutôt qu’à une heure du matin. Après les matches, je vais faire une balade avec la poussette, c’est un bon moyen de récupérer. Je suis aussi devenu moins fêtard. Après notre titre de champions en 2007, nous avions fait la fête jusqu’à neuf heures du matin. Après notre victoire en Coupe de Suisse, je suis rentré chez moi dès six heures et demie… Å Propos recueillis par Thomas Renggli

Dans la rubrique “Le Tournant”, de grands noms du football reviennent sur les moments qui ont marqué leur vie. T H E F I FA W E E K LY

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Š 2014 adidas AG. adidas, the 3-Bars logo and the 3-Stripes mark are registered trademarks of the adidas Group.

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THE SOUND OF FOOTBALL

L’ O B J E T

Perikles Monioudis

L L’autre Seleção Hanspeter Kuenzler Si vous vous sentez seul à la maison, que le réfrigérateur est désespérément vide et que le beau jeu se fait exceptionnellement discret à la télévision, il n’y a qu’un remède  : la musique brésilienne !

Sion Ap Tomos

D

ans un pays où le football a droit de cité depuis long­ temps, il ne faut pas s’éton­ ner de voir les plus grands ar­ tistes consacrer leur talent à leur passion pour le ballon rond. Le site musical brésilien Vagalume a donc décidé de composer pour nous une Seleção musicale de très haute ­tenue. Il n’est pas nécessaire de connaître les moindres subtili­ tés de la langue portugaise pour naviguer sur ce site. Dès les premiers clics, on constate que l’on a affaire à un contenu clair, riche, divers et dyna­ mique, à l’image de la culture brésilienne.

Caju & Castanha se trou­ vent incontestablement à une extrémité du spectre musical. Depuis quarante ans, ce duo de Recife se consacre avec passion à un style de musique baptisé embolada. Accompagnés uni­ quement de tambourins, ils récitent ou improvisent des textes entre satire et critique sociale, mais toujours pleins d’humour. Le résultat n’est pas sans rappeler le rap jamaïcain ou les fameux griots d’Afrique occidentale. Caju & Castanha se sont penchés sur le cas du football à travers le titre “Fute­ bol No Inferno”, dans lequel il est évidemment question de ciel et d’enfer. Le groupe Skank est bien différent. Ce quatuor de Belo Horizonte s’était réuni à l’ori­ gine pour mêler le reggae des dancefloors, très en vogue à l’époque, aux mélodies typi­ quement brésiliennes. Depuis, les compositions ont évolué vers un style indie britannique,

ce qui a valu à Skank de se produire dans des festivals rock en Europe et aux ÉtatsUnis. Le titre “É Uma Partida de Futebol” nous propose une étonnante combinaison de ca­ lypso, de ska et de rock. Ici, tout est affaire de mé­ langes et d’influences. Chico Buarque, le maître de la chan­ son brésilienne, allie avec talent la bossa nova et le pia­ no-jazz sur l’hymne “O Fute­ bol”. Il y compare la perfor­ mance du football et le travail de l’artiste ou du compositeur. Dans “Futebol de óculos”, le groupe de pop brésilienne Pul­ lovers trace un parallèle entre le football et la séduction. Si vous vous sentez d’hu­ meur à chanter, les liens re­ groupés sur le site sous l’appel­ lation “Hinos de Futebol” mènent vers les hymnes offi­ ciels des grands clubs brési­ liens. Æ

e football n’a pas toujours été un sport ­socialement accepté et même encouragé. Autrefois, en Allemagne par exemple, cer­ tains sceptiques voyaient dans ce sport une “grossièreté”. Ceux-là auraient volontiers in­ terdit la “maladie anglaise”, afin de permettre aux jeunes de se consacrer à des disciplines plus nobles, comme la gymnastique synchro­ nisée. L’individualisme de ces mécréants de footballeurs n’était guère apprécié. À l’époque, le sport consistait surtout à imiter les gestes du gymnaste et à obéir à ses consignes. Même en Angleterre, le football avait ses détracteurs, comme le prouve la caricature reproduite ici (couverture du magazine L’Assiette au Beurre, 1902 ; collection de la FIFA). Celle-ci représente deux joueurs français, dont l’un dit à l’autre : “De sombres crétins, de gros­ siers personnages – voilà comment l’écrivain Kipling décrit ceux qui s’adonnent à la pra­ tique du football. En voilà un qui ne sera ja­ mais président du Racing.” Né en Inde en 1986, Rudyard Kipling est ­arrivé en Angleterre à l’âge de cinq ans. Il a reçu le Prix Nobel de littérature 37 ans plus tard. Son œuvre immense inclut notamment Le livre de la jungle, bien connu des enfants du monde entier. Kipling aurait difficilement pu être accusé de faire la promotion d’une société de castes, lui qui avait refusé d’être anobli. Pourtant, le football n’a jamais trouvé grâce à ses yeux. Comme le note avec esprit l’auteur du dessin, il n’est effectivement jamais devenu président du Racing Club de France, club omnisports fondé en 1882 à Paris. En ce temps-là, les gentlemen jouaient au ballon uniquement à la main. Par une curieuse ironie du sort, le Racing Club obtient, depuis quelques années, de bien meilleurs résultats au rugby qu’en football. Å

http://tinyurl.com/pf6ohrx T H E F I FA W E E K LY

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La Coupe du Monde de la FIFA™ est l’endroit où nous voulons tous être.


The FIFA Weekly Revue hebdomadaire publiée par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) Site Internet : www.fifa.com/theweekly Éditeur : FIFA, FIFA-Strasse 20, Case postale, CH-8044 Zurich Tél. +41-(0)43-222 7777 Fax +41-(0)43-222 7878

COUPE MYSTÈRE DE L A FIFA

Quatorze buts encaissés en deux matches de Coupe du Monde pour un gardien, aucun but adverse pour une équipe… À vous de jouer ! 1

Président : Joseph S. Blatter

Le gardien d’une équipe a participé à deux matches de Coupe du Monde au cours desquels il a encaissé 14 buts, ce qui ne l’a pas empêché de devenir champion du monde. Qui était l’entraîneur de cette équipe ? S

K

W

B

Secrétaire Général : Jérôme Valcke Directeur de la Communication et des Affaires publiques : Walter De Gregorio Rédacteur en chef : Perikles Monioudis Rédaction : Thomas Renggli (auteur), Alan Schweingruber, Sarah Steiner Conception artistique : Catharina Clajus

2

Que montre cette image ?

Service photo : Peggy Knotz, Andreas Wilhelm

A I O E

Production : Hans-Peter Frei Mise en page : Richie Krönert (responsable), Marianne Bolliger-Crittin, Susanne Egli, Mirijam Ziegler

3

Correction : Nena Morf, Kristina Rotach Collaborateurs réguliers : Sérgio Xavier Filho, Luigi Garlando, Sven Goldmann, Hanspeter Kuenzler, Jordi Punti, David Winner, Roland Zorn

La première pierre du siège de la FIFA à Zurich Le trophée de la Coupe du Monde Un mur de la tribune d’honneur du Maracanã Le trophée du Prix du Fair-play

Quel pays n’a pas encaissé un seul but adverse pendant une Coupe du Monde (à l’exception des tirs au but) ?

E

G

L

N

Ont contribué à ce numéro : Lucia Clemens (photos), Alissa Rosskopf Secrétaire de rédaction : Honey Thaljieh

4

Quel pays est un ancien vainqueur de la Coupe du Monde ?

Responsables de projet : Bernd Fisa, Christian Schaub Traduction : Sportstranslations Limited www.sportstranslations.com Impression : Zofinger Tagblatt AG www.ztonline.ch

D G N O

Un royaume au nord de… Une république à l’est de… Une île au sud de… Une union à l’ouest de…

Contact : feedback-theweekly@fifa.org La reproduction des photos et des articles, y compris sous forme d’extraits, est interdite, sauf accord de la rédaction et sous réserve de la mention “The FIFA Weekly, © FIFA 2014”. La rédaction n’a aucune obligation de publier des textes ou des photos non sollicités. La FIFA et le logo FIFA sont des marques déposées par la FIFA. Produit et imprimé en Suisse. Les opinions exprimées dans The FIFA Weekly ne reflètent pas nécessairement celles de la FIFA.

Solution de l’énigme de la semaine précédente : PASS Explications détaillées sur www.fifa.com/theweekly Inspiration et application : cus

Faites-nous parvenir vos réponses le mercredi 25 Juni 2014 au plus tard à feedback-theweekly@fifa.org Les personnes ayant correctement répondu à l’ensemble des énigmes parues depuis le 13 juin 2014 participeront en janvier 2015 à un tirage au sort pour tenter de gagner un voyage pour deux pour le Gala FIFA Ballon d’Or, qui aura lieu le 12 janvier 2015. Avant de participer, nous vous invitons à consulter les conditions générales, ainsi que le règlement du concours. Vous trouverez toutes les informations utiles à cette adresse : http://fr.fifa.com/mm/document/af-magazine/fifaweekly/02/20/51/99/fr_rules_20140613_french_french.pdf T H E F I FA W E E K LY

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D E M A N D E Z À T H E W E E K LY

LE SONDAGE DE L A SEMAINE

Quelles équipes du Groupe H se qualifieront pour les huitièmes de finale ?

Le revers 5:1 de l’Espagne contre les Pays-Bas puis l’élimination de la tenante du titre ont constitué la première grande surprise de la Coupe du Monde 2014. Un champion en titre avait-il déjà subi une défaite aussi lourde en Coupe du Monde ?

S. Lehmann, Küsnacht (Suisse) Non, jamais. Et c’est seulement la cinquième fois qu’un champion du

Belgique, Algérie, Russie et Corée du Sud : le Groupe H est peut-être le plus ouvert de ce premier tour. Vous avez un favori ? Qui terminera aux deux premières places ? Adressez vos réponses à : feedback-theweekly@fifa.org

monde commence le tournoi par une défaite, après l’Italie en 1950 (2:3 contre la Suède), l’Argentine en 1982 (0:1 contre

R É S U LTAT S D E L A S E M A I N E D E R N I È R E

la Belgique) et en 1990 (0:1 contre le Cameroun) et la France en 2002 (0:1 contre le Sénégal). La dernière fois que

Quelles équipes vont se qualifier dans le Groupe D ?

l’Espagne avait encaissé au moins cinq buts remonte à 51 ans : c’était le 13 juin 1963, à l’issue d’un match amical contre 55 %

Monde, elle n’a subi qu’une seule défaite plus sévère, en 1950, au Brésil également. Elle s’était alors inclinée 6:1 face

26 %

au pays hôte. (thr)

19 %

13

LA SEMAINE EN CHIFFRES

140

sélections figurent déjà sur le CV de Gianluigi Buffon. Une

Costa Rica et une autre équipe Italie, Angleterre Italie, Uruguay

68

est le chiffre préféré de Guillermo

blessure à la cheville a toutefois

Ochoa, le gardien du Mexique. Il est

empêché le portier italien de

floqué sur son maillot et symbolise

défendre les couleurs de l’Italie

également le jour de son premier

contre l’Angleterre. Il est

match en Coupe du Monde, le 13

maintenant de retour à l’entraî-

juin 2014. Face au Brésil dans le

nement et espère rejouer

équipe contre la Corée du Sud (1:1).

groupe A, ses nombreuses proues-

bientôt. Son remplaçant

Pas de victoire en guise de gâteau,

ses ont fini par écœurer les atta-

Salvatore Sirigu ne s’en fait

mais néanmoins une prestation

quants adverses. Le 13 juillet, jour

pas : “Soyons réalistes, il n’y a

satisfaisante : “Mes joueurs ont bien

de la finale, il fêtera son anniver-

pas de concurrence entre Gigi

réagi après l’ouverture du score. C’était

saire. Quel pourrait bien être

et moi. Il est plus qu’un

le meilleur cadeau d’anniversaire qu’ils

son vœu le plus cher ?

simple joueur.”

pouvaient me faire.”

ans, voilà l’âge atteint par Fabio Capello, le sélectionneur italien de la Russie, le jour du match de son

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l’Écosse à Madrid (6:2). En Coupe du


The FIFA Weekly Edition #35