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N O 28, 2 MAI 2014

ÉDITION FR ANÇAISE

Fédération Internationale de Football Association – depuis 1904

BRÉSIL LE TRAUMATISME DE 1950 HODGSON L’ANGLETERRE SAIT OÙ ELLE VA BLATTER PLUS DE BUTS GRÂCE AU FAIR-PLAY

Les Uruguayens Ghiggia, la légende vivante

W W W.FIFA.COM/ THEWEEKLY


DANS CE NUMÉRO

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Amérique du Nord et centrale 35 membres www.concacaf.com

 U ruguay En règle générale, un pays de 3,3 millions d’habitants ne pèse pas lourd sur la scène mondiale. Mais l’Uruguay n’est pas comme les autres. Grâce à un système de formation performant, la Celeste a remporté deux titres mondiaux et tient toujours tête aux grandes nations. Soixante-quatre ans après, les Uruguayens reviennent sur les terres de leur dernier triomphe en Coupe du Monde.

Amérique du Sud 10 membres www.conmebol.com

Mexique Magie et sorcellerie : Quelle influence les forces surnaturelles exercent-elles sur les matches et les fans de Primera División mexicaine ?

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 S epp Blatter En dépit de nombreuses modifications dans les Lois du Jeu depuis 25 ans, le nombre de buts par match ne cesse de baisser. “Il existe une formule magique pour rendre le football encore plus spectaculaire”, assure le Président de la FIFA. “Elle est à la fois simple et très compliquée. Elle tient en un mot : fair-play.”

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 G ünter Netzer L’ancien meneur de jeu ne comprend pas les sempiternelles critiques dont font l’objet les matches amicaux. “Pour un sélectionneur, les rassemblements sont d’une extrême importance. Les clubs doivent l’accepter.”

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Finale de la Coupe du Monde 1950 La Coupe Jules Rimet était promise au Brésil... jusqu’à ce que l’Uruguayen Ghiggia donne la victoire (2:1) à son équipe.

Coupe du Monde 2014 : Groupes A à C

Les Uruguayens Alcides Ghiggia (23 ans) pose en tenue d’époque. Ce cliché de Bob Thomas a été publié en 1950. La même année, Ghiggia inscrivait le but de la victoire dans le match décisif de la Coupe du Monde, à Rio.

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Groupe B

Groupe C

Brésil

Espagne

Colombie

Croatie

Pays-Bas

Grèce

Mexique

Chili

Côte d’Ivoire

Cameroun

Australie

Japon

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Cover: Albert Gea / Reuters

Groupe A


L A SEMAINE DANS LE MONDE DU FOOTBALL

Europe 54 membres www.uefa.com

Afrique 54 membres www.cafonline.com

Asie 46 membres www.the-afc.com

Océanie 11 membres www.oceaniafootball.com

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Nam Taehee Le “Messi coréen” s’est exilé en Europe à l’âge de 16 ans. Aujourd’hui, le joueur de Lekhwiya espère être du voyage au Brésil.

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Roy Hodgson Le sélectionneur de l’Angleterre veut surfer sur la vague d’enthousiasme qui secoue son pays.

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Fuir la RDA En 1983, Falko Götz a décidé de profiter d’un déplacement de son club pour quitter définitivement le pays. Il nous raconte son histoire.

Coupe du Monde 2014 : Groupes D à H

Inhalt: Getty Images (4)

Groupe D

Groupe E

Groupe F

Groupe G

Groupe H

Uruguay

Suisse

Argentine

Allemagne

Belgique

Costa Rica

Equateur

Bosnie-Herzégovine

Por tugal

Algérie

Angleterre

France

Iran

Ghana

Russie

Italie

Honduras

Nigeria

USA

République de Corée

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EVERY GASP EVERY SCREAM EVERY ROAR EVERY DIVE EVERY BALL E V E RY PAS S EVERY CHANCE EVERY STRIKE E V E R Y B E AU T I F U L D E TA I L SHALL BE SEEN SHALL BE HEARD S H A L L B E FE LT

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À DÉCOUVERT

À la découverte de l’Uruguay

L

Andres Stapff / Reuters

es bonnes raisons de visiter l’Uruguay ne manquent pas : l’architecture, le climat, les gens… et aussi les rêves d’enfant. Ces derniers ne s’expliquent pas. Sven Goldmann, à qui nous devons notre dossier de la semaine, a écrit à la rédaction : “Je suis tombé amoureux de l’Uruguay quand j’étais petit. Je trouvais ce nom tout à fait extraordinaire et mon imagination a fait le reste. Ensuite, j’ai voulu savoir si la réalité était à la hauteur.” Après plusieurs séjours sur place, il nous revient avec un reportage et des images magnifiques, qui s’articulent autour d’une question centrale : comment ce petit pays qui ne compte que 200 000 licenciés parvient-il à rivaliser avec les poids lourds du football mondial ? L’article s’achève sur l’évocation d’un jeune ailier, auteur du but qui a offert à la Celeste sa deuxième

c­ ouronne mondiale en 1950 : Alcides Ghiggia. Cette figure de légende orne logiquement la couverture du présent numéro.

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oixante-quatre ans plus tard, Ghiggia est l’unique survivant de l’équipe sacrée au Brésil en 1950. Il a aujourd’hui 87 ans. Le but inoubliable inscrit face au Brésil ne s’effacera jamais de la mémoire collective, comme vous le confirmera notre rubrique historique. Le 16 juillet 1950, tout était réuni pour que la Seleçao décroche son premier titre mondial. Mais en football, rien n’est jamais écrit d’avance.

E

n revanche, tout s’est passé comme prévu pour Falko Götz. Un jour de 1983, le milieu de terrain a décidé de profiter d’un déplacement de son club à Belgrade pour quitter

définitivement la RDA. Une simple course en taxi a changé la vie de ce champion, ancien vainqueur de la Coupe UEFA avec le Bayer Leverkusen. Tout le suspense d’un roman d’espionnage en une seule page.

L’

organisation tactique de plus en plus rigoureuse et les progrès réalisés par les athlètes sur le plan physique ont contribué à la baisse régulière du nombre de buts par match ces dernières années. Selon Sepp Blatter, les Lois du Jeu ne sont pas en cause. “La solution consiste à protéger le jeu”, écrit le Président de la FIFA dans son éditorial. “La responsabilité échoit avant tout aux footballeurs eux-mêmes. Le fair-play peut rendre le jeu encore plus spectaculaire.” Å Alan Schweingruber

Montevideo, juin 2010 Une famille fête à sa manière la qualification de l’Uruguay pour les quarts de finale de la Coupe du Monde. T H E F I FA W E E K LY

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Natacha Pisarenko / Keystone / AP

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Symphonie en bleu ciel L’Uruguay ne cesse de déjouer les pronostics en produisant toujours des footballeurs exceptionnels. Quel est le secret de ce petit pays ?

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Sven Goldmann

eurs maillots sont aussi bleus que le ciel du Brésil dans quelques semaines, lorsque la Coupe du Monde fera vibrer tout le pays, de Manaus à Porto Alegre. Quatre étoiles trônent fièrement sur l’écusson. Cette particularité agace certains puristes, qui soulignent que l’Uruguay n’a soulevé le Trophée Jules Rimet qu’à deux reprises, en 1930 et en 1950. Oscar Washington Tabárez a l’habitude des questions sur ces astres surnuméraires ; il y répond pourtant toujours avec la même courtoisie. “Chez nous, on compte aussi les deux victoires aux Jeux Olympiques de 1924 et 1928”, explique le Maestro de Montevideo. Avant le lancement de la Coupe du Monde, le tournoi olympique faisait figure de championnat du monde officieux et les Uruguayens ne se privent pas de rappeler qu’ils ont, à la surprise générale, remporté une compétition qui semblait promise aux Européens. Depuis huit ans, Oscar Washington Tabárez dirige la Celeste, qui doit évidemment son nom à ses maillots bleu ciel. Techniquement, le natif de Montevideo est même installé sur le banc de la sélection depuis 1988 et les qualifications pour Italie 1990. Toutefois, l’élimination de son équipe dès les huitièmes de finale l’avait poussé à aller voir ailleurs. Cette longue

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parenthèse a notamment été ponctuée par un bref passage d’un an à la tête de l’AC Milan. L’échec de l’Uruguay face à l’Australie (Madre de Dios, l’Australie !) aux portes d’Allemagne 2006 a finalement précipité le retour aux commandes de celui qui allait devenir un héros national. Tabárez restera à jamais l’homme du miracle sud-africain, celui qui a mené l’Uruguay en demi-finale de l’épreuve suprême. La défaite face aux Pays-Bas n’a pas suffi à ternir son image. Le sélectionneur uruguayen s’est délecté de ce succès, mais il espère aujourd’hui renouveler l’exploit. Son équipe se sait désormais attendue au tournant. Avec Edinson Cavani et Luis Suárez, elle possède deux des buteurs les plus convoités de la planète football. Cet été, les deux hommes pourraient s’imposer comme les fers de lance de la meilleure attaque de la Coupe du Monde. Le triomphe de 1950 Tabárez a récemment fêté son 67ème anniversaire. Il n’était qu’un enfant lorsque les Uruguayens ont ramené pour la dernière fois le Trophée suprême de l’autre côté du Rio de la Plata. C’était à l’époque de la première Coupe du Monde organisée au Brésil. En ce temps-là, il n’y avait pas de finale ; les quatre derniers prétendants au titre s’étaient retrouvés pour un tour final. À l’heure d’aborder le dernier match, le Brésil savait qu’un nul lui suffirait pour remporter le titre.

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L’homme providentiel Oscar Tabárez entraîne l’Uruguay depuis huit ans ; il a donc supervisé la victoire contre l’Argentine en octobre 2013, dans les qualifications pour la Coupe du Monde

Les éditions spéciales étaient déjà sous presse lorsque le “petit” Alcides Ghiggia a donné la victoire (2:1) à l’Uruguay, plongeant tout un pays dans une dépression dont la seule évocation suffit encore aujourd’hui à arracher des soupirs aux supporters. Les Brésiliens ont même inventé un nouveau mot pour décrire la plus terrible des défaites : le Maracanaço. Aujourd’hui encore, les Uruguayens s’en étonnent un peu. Oscar Washington Tabárez n’est pas du genre à vivre dans le passé. Comme tous ses compatriotes, il est fier de son passé, mais il rappelle volontiers que la fierté ne marque pas de but, qu’elle ne suffit pas à gagner des matches. Il n’avait que trois ans à l’époque du fameux Maracanaço. Sans doute se souvient-il à peine de l’enthousiasme de ses parents au récit des exploits des Alcides Ghiggia, Juan Schiaffino et autres Obdulio Varela. Le secret du succès : Alto Rendimento Les Uruguayens se sont fait une spécialité de tenir la dragée haute à leurs grands voisins. Il y a trois ans, le quart de finale de la Copa America à Santa Fe a sonné le glas de la carrière de Sergio Batista à la tête de l’équipe d’Argentine. En finale, la Celeste n’a eu aucun mal à se défaire du Paraguay (3:0). Qualifiés pour la Coupe des Confédérations, les Uruguayens ont livré une farouche résistance à la Seleçao, avant de s’incliner (2:1) dans les derniers instants de la partie. “Mes félicitations à l’Uruguay. Cette équipe nous a vraiment compliqué la tâche”, avait confié Luiz Felipe Scolari à l’issue de la rencontre. Quand on connaît la rigueur du sélectionneur brésilien, un tel compliment vaut de l’or.

Le miracle sud-africain Vainqueur du Ghana en quart de finale de la Coupe du Monde 2010 (photo prise juste avant la prolongation), l’Uruguay s’esr hissé dans le dernier carré.

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Une fois de plus, le monde du football est resté perplexe devant le récit offert par les joueurs en bleu ciel. Comment font-ils ? Comment un petit pays qui compte à peine 200 000 licenciés répartis dans 1 000 clubs peut-il jouer les premiers rôles sur la scène mondiale ? Pour le savoir, il faut se rendre à Centro de Alto Rendimento, le centre technique de la Fédération uruguayenne de football. Ce

Getty Images (3)

En concentrant ses efforts sur la formation, l’Uruguay a réussi à soutenir la concurrence des grandes nations.


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Fotogloria (2), Getty Images

site regroupe cinq terrains d’entraînement et toutes les installations indispensables, à quelques minutes à peine de l’aéroport international Carrasco de Montevideo. En ce moment, l’ambiance est à l’orage dans les locaux de la fédération. Les dirigeants sont en colère, car le président de la République José Mujica ne veut plus payer les déploiements de forces de l’ordre pour encadrer les débordements des hooligans uruguayens. En attendant, les choses suivent leur cours à Alto Rendimento. C’est ici que la Celeste peaufinera sa préparation pour l’épreuve suprême. Suárez, Cavani et Forlán ont grandi ici. Ils s’y montrent pourtant rarement depuis qu’ils ont fait fortune à l’étranger. Oscar Washington Tabárez, lui, est là presque chaque semaine. Rares sont les sélectionneurs de grandes nations à observer avec autant d’attention les exercices des jeunes espoirs de 15-16 ans. L’Uruguay dispose d’un réservoir de talent limité. Les dirigeants ont donc appris à détecter très tôt les meilleurs éléments, afin de se concentrer sur leur formation. La situation géographique du pays, coincé entre l’Argentine et le Brésil, s’est muée en un véritable avantage, d’autant que toute l’activité footballistique est pratiquement concentrée dans une seule ville. La Primera Division uruguayenne est une sorte de championnat de Montevideo amélioré. Quatorze des 16 clubs de l’élite sont issus de la capitale. Dans l’intérêt de toutes les parties, les principaux acteurs du championnat laissent leurs meilleurs éléments s’entraîner trois fois par semaine à Alto Rendimento. La convoitise des clubs étrangers C’est là que l’Uruguay prépare son avenir. Les internationaux se connaissent depuis leur plus jeune âge, même s’ils ont grandi dans des équipes rivales. Cette concentration des espoirs les plus prometteurs a permis à la Celeste de rester compétitive. Cependant, toute médaille a son revers : les jeunes internationaux sont suivis de près par les grands clubs du monde entier. Pour préparer les grandes compétitions, les sélectionneurs sont souvent obligés de rapatrier leurs joueurs par avion. La sélection U-20, battue en finale de la Coupe du Monde par la France en 2013, compte déjà six expatriés, dont Nicolás López. Le meilleur buteur de la dernière Copa America est considéré comme le grand espoir du football uruguayen. Malgré son jeune âge, il évolue déjà en Serie A, à l’Udinese. Le destin d’un pays comme l’Uruguay est de voir ses meilleurs éléments partir aux quatre coins du monde. “Nous ne sommes pas souvent ensemble, mais nous avons toujours plaisir à nous retrouver”, assure Diego

87 ans L’Uruguayen Alcides Ghiggia est le dernier survivant de l’équipe championne du monde en 1950. L’image du milieu le montre célébrant son fameux but victorieux (2:1) contre le Brésil.

Champion du monde L’Uruguay pose avant le match décisif, le 16 mai 1950 à Rio.

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Forlán. Il y a quelques semaines, le héros de la Coupe du Monde 2010 a fait le déplacement depuis le Japon pour participer à un match amical contre l’Autriche.

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Le héros du Maracanã a 87 ans Andrade a été la première star mondiale de l’histoire du football. Incidemment, il était noir. En Europe, certains ont eu du mal à accepter l’évidence. Grâce au football, l’Uruguay a donc pris de l’avance sur son temps. Mais les Sud-américains ont aussi fait les frais de l’arrogance européenne. En 1930, le pays a fêté le centième anniversaire de son indépendance en organisant la première Coupe du Monde. Seules quatre nations européennes ont fait le déplacement. De grands pays de football comme l’Allemagne, l’Italie ou l’Angleterre ont refusé de traverser l’Atlantique, alors que les dirigeants uruguayens avaient fait construire pour l’occasion le plus grand stade du monde de l’époque.

Enrique Marcarian/Reuters (3)

Ensemble Qu’estce qui rend une Coupe du Monde inoubliable ? Peut-être les célébrations des joueurs, comme celles des Uruguayens Forlán et Suárez, par exemple.

L’invention des redoublements de passes Personne ne s’attarde en Uruguay, où le championnat est jugé peu compétitif. Depuis des décennies, deux grands clubs de Montevideo, le Nacional et Peñarol, exercent une domination sans partage. Toutefois, l’époque de leur gloire continentale est révolue. En 1961, le second remportait la Coupe Intercontinentale contre le Benfica d’Eusebio, avant de renouveler l’exploit cinq ans plus tard aux dépens du Real Madrid. Depuis, Peñarol a encore soulevé une fois la Copa Libertadores en 1987, avec Tabárez. Si l’Uruguay a réussi à se faire une petite place entre les géants argentin et brésilien, il le doit avant tout au football. “Beaucoup de gens ont entendu parler de l’Uruguay pour la première fois lors de la Coupe du Monde 2010, grâce à nous”, confirme le sélectionneur. La situation ne date pas d’hier. Pendant les Jeux Olympiques de 1924, le public a découvert avec admiration cette équipe au jeu incroyablement technique. À l’époque, les redoublements de passes et les combinaisons impliquant plus de trois joueurs étaient encore inconnus. Il y avait aussi les dribbles chaloupés du dandy José Leandro Andrade qui, pendant le tournoi, s’est également produit comme chanteur et danseur dans un spectacle intitulé Les pauvres Nègres cubains. L’écrivain Henry de Montherlant a été l’un des premiers conquis : “Voilà à quoi ressemble le vrai football. Comparé à ce que nous avons vu, le jeu que nous connaissions jusque-là et que nous pratiquions n’était rien de plus qu’un passetemps d’écoliers.”


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Situé dans le Parque Batlle, le stade Centenario est considéré comme un monument national. Ici, personne n’a oublié la victoire 4:2 sur l’Argentine en finale de l’édition inaugurale du grand rendez-vous mondial. Aujourd’hui, l’enceinte n’est plus en mesure d’accueillir 100 000 personnes, comme du temps de sa grandeur, mais le lieu reste chargé d’histoire. Les virages ont été baptisés Olimpica, Colombes, America et Amsterdam, du nom des grandes victoires de la Celeste. L’Uruguay est resté invaincu pendant 20 ans en Coupe du Monde. Il doit cet étonnant record à son refus de se rendre en Italie en 1934 et en France quatre ans plus tard, pour

“Beaucoup de gens ont entendu parler de l’Uruguay pour la première fois lors de la Coupe du Monde 2010.” Oscar Washington Tabárez

SZ Photo/Spaarnestad,Getty Images (2)

protester contre le boycott des Européens en 1930. Pour son grand retour en 1950, la Celeste s’est offert une page d’histoire en dominant le Brésil 2:1 dans le match décisif. Auteur du but de la victoire, Alcides Ghiggia n’a pas boudé son plaisir. “Avec le Pape et Frank Sinatra, je suis la seule personne au monde qui a réduit le Maracanã au silence.” Alcides Ghiggia est aujourd’hui âgé de 87 ans. Il est l’unique survivant de l’équipe sacrée en 1950. La FIFA l’a invité à assister à la Coupe du Monde brésilienne cet été, si sa santé le lui permet. Le 13 juillet prochain, il pourrait donc retrouver le stade mythique qu’il avait réduit au silence 64 ans auparavant. Å

É q u i p e d ’U r u g u a y

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ntre 1924 et 1930, l’équipe nationale a remporté cinq grands titres en six ans : les Tournois Olympiques de Football à Paris et Amsterdam, la première Coupe du Monde en 1930 et les Copas América 1924 et 1926. En 1950, ce petit pays de 3,3 millions d’habitants a fêté son second triomphe mondiale. Son succès face au Brésil dans le match décisif est entré dans la légende. La Celeste a pris part à 11 éditions de la Coupe du Monde sur 19. En 2010, les hommes d’Oscar Tabárez ont créé la surprise en terminant à la quatrième place.

Le roi du dribble L’Uruguayen José Leandro Andrade a fait le spectacle pendant les Jeux Olympiques de Paris (1924) et la Coupe du Monde 1930 organisée dans sa patrie. Homme à tout faire Déjà connu pour ses talents de chanteur et de danseur, le footballeur Andrade s’exerce au métier de barman dans un établissement d’Amsterdam (ci-dessous). Ses coéquipiers profitent du spectacle.

Pour en savoir plus sur la Coupe du Monde 1950, rendez-vous page 30. T H E F I FA W E E K LY

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Rigueur tactique et traits de génie L’équipe d’Uruguay d’aujourd’hui : l’élégance d’autrefois a cédé la place au productivisme moderne. Sven Goldmann

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a Celeste uruguayenne du début du troisième millénaire est une équipe dont le style n’a pas grand-chose à voir avec le football sud-américain tel qu’on se le représente. Les plus critiques d’entre nous trouvaient déjà qu’il y a quatre ans, en ­A frique du sud, l’Uruguay avait pratiquement organisé son jeu en oubliant le milieu de terrain : à l’arrière, la défense était compacte, Diego Forlán et Luis Suárez s’illustraient à l’avant. La force de l’Uruguay repose sur sa capacité à concilier rigueur tactique et qualités individuelles. Diego Forlán est à l’aube de son 35ème anniversaire, joue au Japon depuis quelques mois et n’est plus le premier choix en équipe nationale. Mais Edinson Cavani, lui, réalise une excellente saison aux côtés de Zlatan Ibrahimovic au Paris Saint-Germain et Luis Suárez, à Liverpool, a encore progressé. “Actuellement, c’est le meilleur footballeur du monde”, dit le capitaine de Liverpool Steven Gerrard à propos du buteur. La Football Supporters Federation a même élu le redoutable et impétueux Luis Suárez meilleur joueur de Premier League de l’année 2013, en dépit des nom-

breux cartons rouges dont il a écopé et d’une affaire de racisme impliquant le Français Patrice Evra (Manchester United) qui a marqué les esprits et dans laquelle le président uruguayen José Mujica en personne est intervenu. Dans le tournoi de qualification sud-américain pour la Coupe du Monde, Suárez a signé onze réalisations, soit une de plus que l’Argentin Lionel Messi. Sans ces buts, il aurait été difficile pour les Uruguayens de décrocher leur billet pour la phase finale. Une fois encore, leur participation sera restée incertaine jusqu’au bout. Ce n’est que grâce à un intense sprint final qu’ils ont fini à la cinquième place, ce qui leur a permis de se qualifier pour deux matches de barrage contre la Jordanie. Le bilan de ces deux rencontres est contrasté et montre à quel point les attentes du pays restent élevées, mais aussi à quel point l’équipe nationale conserve la faveur du public. En réalité, dès la victoire 5:0 du match aller à Amman, l’issue du barrage était évidente, même s’il a fallu attendre la fin du match retour pour qu’elle soit entérinée. Les 55 000 fans présents au Centenario de Montevideo ont célébré un nul vierge logique au vu de la partition rendue. Å Corbis

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Les pièces maîtresses Comme la jeune équipe de Belgique, l’Uruguay fait plutôt figure d’outsider dans la course au titre mondial. Mais pourquoi ne pas parier sur une formation dont l’attaque est peut-être la meilleure au monde ? Les attaquants Luis Suárez (Liverpool) et Edinson Cavani (Paris Saint-Germain) comptent en effet parmi les plus dangereux devant le but à l’heure actuelle. Ce sont les pièces maîtresses de la Celeste. Quant au chouchou du public Diego Forlán, troisième fine gâchette, il a perdu sa place de titulaire en sélection uruguayenne, mais cela ne devrait pas l’empêcher de jouer partiellement au Brésil, ce qui marquera sa troisième Coupe du Monde. T H E F I FA W E E K LY

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La Coupe du Monde vécue par les malvoyants Au Brésil, des bénévoles commenteront les matches spécialement pour les aveugles et les déficients visuels, dans le cadre d’un projet amené à se poursuivre après le tournoi. Alexandre Cossenza

“P

Getty Images

our qu’une personne malvoyante puisse vivre un match pleinement, elle doit comprendre précisément ce qui se passe sur le terrain et autour.” C’est par ces mots que Joyce Cook, directrice générale du Centre pour l’accès au football en Europe (CAFE), a donné le coup d’envoi d’un projet innovant dans le cadre de la Coupe du Monde. Mobilisés pour offrir une meilleure expérience dans les stades aux personnes aveugles ou atteintes de troubles de la vision, la FIFA et le COL proposeront sur quatre sites un service d’audio-description révolutionnaire. L’audio-description s’apparente aux retransmissions radio, à ceci près que l’accent y est mis sur l’expérience vécue dans le stade. Le narrateur insiste donc sur un certain nombre d’informations visuelles importantes, comme le langage corporel, les expressions des visages, l’environnement, les touches, les tenues, les couleurs et tout autre renseignement utile pour mieux appréhender l’ambiance qui règne dans l’arène. “Le service d’audio-description explique la façon dont les supporters se comportent, les détails amusants, les courses des arbitres… Toutes ces choses qui ne nous paraissent pas importantes, car elles sont sous nos yeux”, rappelle Anderson Dias, président d’Urece Esporte e Cultura para Cegos, une ONG qui travaille avec la FIFA sur des projets spécialement destinés aux personnes malvoyantes. L’audio-description sera disponible en portugais dans quatre stades : Belo Horizonte (Estádio Mineirão), Brasília (Estádio Nacional de Brasília), Rio de Janeiro (Estádio do Maracanã) et São Paulo (Arena de São Paulo). Il y aura deux intervenants par match et la narration sera retransmise directement dans les écouteurs. Les personnes aveugles ou malvoyantes peuvent s’installer n’importe où dans le stade. Un projet pour le futur Au-delà de son caractère novateur, ce projet se distingue par sa volonté de s’inscrire sur le long

terme. À l’issue de la Coupe du Monde 2014, les équipements installés dans les stades seront offerts à des associations locales, dans le cadre du programme d’héritage. “L’héritage humain que nous laissons constitue la plus belle part de cette initiative. Désormais, ces volontaires sauront comment faire vivre un événement à des personnes aveugles ou malvoyantes”, précise Paula Gabriela Freitas, responsable de l’équipe de développement durable de la FIFA au Brésil. “Les Brésiliens qui ont travaillé avec nous pourront à l’avenir proposer ce type de service lors de matches ou d’événements sportifs, mais aussi à

l’occasion d’autres manifestations culturelles.” Joyce Cook semble sur la même longueur d’ondes et affiche même des objectifs encore plus ambitieux. “Nous souhaitons voir tous les stades et toutes les enceintes sportives se doter d’un tel système. Ça doit devenir normal. Les aveugles et les personnes malvoyantes ont toute leur place dans les événements sportifs. Avec le service d’audio-description, ils peuvent profiter pleinement de cette expérience.” Les personnes atteintes de déficiences visuelles représentent 12 % de la population mondiale : on recense 840 millions de malvoyants, dont 285 millions d’aveugles ou de personnes atteintes de graves troubles visuels. Pour le moment, rares sont les enceintes brésiliennes équipées de façon à proposer de tels services aux personnes aveugles ou malvoyantes qui souhaitent assister à des événements sportifs en direct, comme un match de football par exemple. Å

Une expérience qui passe par tous les sens Au Brésil, les aveugles pourront suivre les matches grâce à l’audio-description. T H E F I FA W E E K LY

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LE S CHAMPIONN AT S À L A LOUPE

VU DES TRIBUNES

Danse albanaise Skenderbeu fête son titre de champion en 2013.

Les éternelles sirènes de l’étranger Nicola Berger nous parle du football albanais.

L’Albanie est un haut lieu du football. En principe. Dans les cafés de la capitale Tirana, par exemple, on peut ainsi parler pendant des heures de la disparition du trequartista. Et on peut bien sûr parier une fortune sur tous les matches possibles et imaginables. Le football est également roi dans cet État des Balkans – et constitue depuis longtemps l’un des produits d’exportation les plus importants du pays. Quand les stars nationales, tel que Lorik Cana (30 ans, Lazio de Rome), sont sur le terrain, la nation se ­rassemble devant son écran. Si l’intérêt pour les plus grands championnats mondiaux est grand, il est plus mesuré lorsqu’il s’agit de la Kategoria Superiore nationale. Aucune équipe ne parvient à 16

attirer plus de 4 000 supporters. Seuls deux clubs, Flamurtari et le champion Skënderbeu, jouent régulièrement devant plus de 3 000 spectateurs. Les problèmes du football albanais sont multiples et trouvent en partie leur origine dans l’organisation interne. Actuellement, le championnat doit se terminer avec 11 formations au lieu de 12 suite à l’exclusion à la mi-mars du KS Bylis Ballshi. Son président, Besnik Kapllanaj, avait attaqué à coups de matraque un délégué du club KF Laçi au terme d’une rencontre qui s’était soldée par un nul blanc. Il a été suspendu à vie. Gianni De Biasi (57 ans, ancien joueur de l’Udinese et du Levante) envisage tout de même un bel avenir pour le championnat albanais. L’Italien, à la tête de l’équipe d’Albanie depuis trois ans, déclare : “Le football albanais a beaucoup progressé ces dernières années. Nous sommes sur la bonne voie, les bases ont été jetées et les joueurs reçoivent une excellente formation tactique.” Mais la Kategoria Superiore risque de ne pas trop en profiter. Tous ceux qui le peuvent T H E F I FA W E E K LY

partent à l’étranger, où les rémunérations et les infrastructures sont d’un niveau nettement supérieur. Au sein de l’équipe nationale, les joueurs qui évoluent dans le pays sont depuis longtemps considérés comme des spécimens en voie de disparition. Même le KF Skënderbeu, champion d’Albanie, ne compte que deux membres de l’équipe nationale dans ses rangs : le défenseur Arapi et le deuxième gardien Shehi. Cela ne ternit en rien le succès de cette équipe qui porte le nom d’un souverain et combattant pour la liberté du 15ème siècle. Mercredi dernier, ils ont remporté leur troisième titre consécutif après un nul 3:3 contre Kukesi. La question est maintenant de savoir quel écho ce triomphe rencontrera en Albanie. Å

LSA / Jurgen Dino

Kategoria Superiore albanaise


Première division mexicaine

Sorciers et sortilèges Jordi Punti est écrivain et auteur de nombreux articles sur le football dans les médias espagnols.

Le Mexique est un pays de superstitions et de sorcellerie, de fantômes et de croyances surnaturelles. Et s’il est un lieu qui se prête à ce genre de pratiques, ce sont bien les stades de football. L’un des sorciers les plus connus du pays est Antonio Vázquez Alba, surnommé el Brujo Mayor (le grand sorcier). Ce bonhomme affublé d’une longue barbe blanche est parfois invité au stade Azteca pour évacuer les énergies négatives, le but étant de favoriser le destin de l’équipe nationale. Dans la compétition préliminaire pour Brésil 2014, le Brujo Mayor a mené à bien un rituel ésotérique pour “décréter” le succès du Mexique sur la Nouvelle-Zélande, dont les joueurs, disait-il, portent des tatouages et des “symboles magiques qui leur donnent un surplus de force et de puissance face à leurs adversaires”. Parmi les différentes amulettes utilisées pour la cérémonie, il y avait un pied

de coyote, un sphinx réalisé avec cent mains et un vieux ballon magnétisé. Les superstitions et le mauvais œil touchent joueurs, supporters, stades et rivalités historiques. En 1997, la finale du Tournoi d’hiver oppose Cruz Azul et Club León CF. Très disputées, les deux rencontres n’accouchent que de deux buts, un de chaque côté. Dans les prolongations organisées à la fin du second choc, un terrible tacle du gardien de León, Comizzo, sur l’attaquant Hermosillo donne lieu à un penalty. Le buteur se fait justice lui-même, offrant ainsi la victoire aux siens grâce au but en or. L’année suivante, une légende commence à circuler selon laquelle un sort pèserait désormais sur ces deux équipes, coupables d’avoir proposé un spectacle désastreux. Ni l’une ni l’autre n’obtient de bons résultats cette année-là. Les choses s’aggravent cinq ans plus tard, en 2002, avec la relégation du Club León en 2ème division. Ses fans décident alors de condamner Cruz Azul à ne plus remporter le moindre titre jusqu’à ce que sa dernière victime remonte dans l’élite et remporte le championnat perdu en 1997. Fariboles, direz-vous ! Comme les supporters de Cruz Azul dans un premier temps. Mais

Il y a quelques mois, le tournoi d’Ouverture 2013 sacre le Club León. La Fiera, entraînée par Gustavo Matosas et soudée autour de son leader Rafael Márquez, bat en finale l’América avec beaucoup de sécurité. La première moitié du sortilège de 1997 s’étant vérifiée, il faut attendre la seconde. Or, la semaine dernière, Cruz Azul a décroché la première place de la phase de poules du Clôture 2014, ce qui en fait le favori pour la finale. Sous les ordres de Luis Fernando Tena, l’équipe de la capitale réalise jusqu’à aujourd’hui l’une des meilleures saisons de son histoire. Si elle a fini en tête du championnat, c’est grâce à un football puissant, agressif et collectif. Il y a quelques jours, le 23 avril, elle a remporté la finale de la Ligue des Champions de la Concacaf face à Toluca, assurant ainsi sa présence à la prochaine Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Le dernier sacre de Cruz Azul en Ligue des Champions remonte justement à … 1997. Et qui entraînait l’équipe à cette époque ? Tena. Quand je vous dis que c’est étrange ... Pendant les festivités, les joueurs de Cruz Azul ont lancé un message à leurs fans : “Maintenant on veut le doublé !” L’ambition est légitime mais gare au destin, dont les caprices ont voulu que Cruz Azul affronte lors de la première journée de la phase finale nul autre que le Club León ... À vos marmites ! Å

Victor Straffon / A FP

Doublé en vue Cruz Azul, représenté ici par Mariano Pavone (à gauche) rencontre León et Rafael Márquez en play-offs.

avec le temps, de plus en plus de monde finit par croire à ce sortilège. Car Cruz Azul ­d ispute cinq finales de championnat sans en gagner aucune et le Club León ne retrouve la 1ère division que dix ans plus tard, lors de l’Ouverture 2012. Sa remontée est fulgurante, puisque le club finit sur la troisième marche du podium cette saison-là. Mais c’est l’année en cours qui nous intéresse le plus. Amis sorciers, à vos potions !

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Nom Roy Hodgson Date et lieu de naissance 9 août 1947, Croydon (Angleterre) Principaux clubs et pays entraînés

Jonne Roriz / Getty Images

Malmö, Suisse, Inter Milan, Blackburn Rovers, FC Copenhague, Udinese, Finlande, Liverpool, Angleterre (depuis 2012) Principaux succès Quadruple champion et double vainqueur de la Coupe de Suède, Champion du Danemark

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L’ I N T E R V I E W

“Hâte d’entrer dans le vif du sujet” Outsider plutôt que favorite : comment l’Angleterre appréhende-t-elle son nouveau statut ? “Les gens sont enthousiastes”, explique le sélectionneur Roy Hodgson. “Cette énergie va nous pousser à donner le meilleur de nous-mêmes.”

Roy Hodgson, quelle est la première Coupe du Monde de football dont vous vous rappelez ? Roy Hodgson : Je crois que c’est celle de 1958. Mais c’est probablement dû au fait que je vivais en Suède à cette époque. Je n’ai malheureusement pas vu grand-chose de la compétition. Je ne me souviens même plus si nous avions déjà la télévision. En 58, j’avais onze ans et je ne pensais qu’au football. Par la suite, j’ai appris beaucoup de choses au sujet de cette Coupe du Monde suédoise, d’autant plus qu’Orvar Bergmark, qui a été le joueur le plus capé du pays avec 94 sélections, est devenu un bon ami. J’ai également eu beaucoup de collègues entraîneurs qui ont participé au tournoi en tant que joueurs, par exemple Bengt Gustavsson et Agne Simonsson. Je me souviens à peine de la Coupe du Monde 1962 au Chili. En revanche, celle de 1966 en Angleterre est encore bien présente dans ma mémoire.

Quelques souvenirs gardez-vous de l’édition 1966 ? Avez-vous assisté à des matches ? Non. À part à Wembley, la plupart des rencontres n’avaient pas lieu à Londres. Je n’avais pas les moyens de m’offrir le transport et les billets. Mais j’ai vu beaucoup de matches à la télévision. Je m’en rappelle encore, surtout de ceux de l’Angleterre. J’ai encore en tête chaque moment, chaque décision litigieuse.

Quelles équipes ou quels joueurs ont marqué votre esprit plus récemment ? Je ne sais pas si je vois encore les matches avec les yeux d’un fan, parce que mon métier est très prenant. Je peux regarder tel ou tel match, le trouver très agréable à suivre, mais ne pas en garder grand-chose en mémoire. En revanche, je me souviens très bien de la Coupe du Monde 1994, car j’étais le sélectionneur de la Suisse. Les matches contre les États-Unis et la Roumanie ont eu lieu dans un stade au toit fermé et à la pelouse rétractable. À l’époque, c’était révolutionnaire. De plus, la chaleur et l’humidité dans le Silverdome de Detroit étaient étouffantes.

Qu’est-ce qui, selon vous, rendra Brésil 2014 si particulier ? On pourrait se contenter de dire que le

Brésil et la Coupe du Monde de football sont faits l’un pour l’autre, parce que tout le monde là-bas aime le foot. Nous avons tous en tête les images de ces gens qui tapent dans un ballon sur la plage de Copacabana. Mais il n’y a pas que ça. Il ne faut pas oublier les extraordinaires footballeurs brésiliens qui ont joué et jouent partout à travers le monde. Il y a tellement de choses à découvrir dans ce pays. Je pense notamment au carnaval, à la musique, à la samba et aux nombreuses cultures.

Jusqu’à présent, les six Coupes du Monde disputées au Mexique ou en Amérique du Sud ont été remportées par des équipes sud-américaines. Est-ce le fruit du hasard ou d’autres facteurs rentrent-ils en ligne de compte ? Soyons honnêtes, le fait d’évoluer à domicile représente un avantage non négligeable. Souvenons-nous de la France en 1998. En 2006 également, l’Allemagne a dépassé les attentes. Personne ne pensait qu’elle terminerait troisième avant le début de la compétition. Mais je crois également que jouer sur son propre continent n’est plus si avantageux. Les sélections européennes sont plus fortes et pourront mieux s’adapter au climat, tandis que la plupart des internationaux sud-américains évoluent en Europe.

Avec vos adjoints, vous préparez cette Coupe du Monde depuis deux ans. Dans quel état ­d’esprit êtes-vous ? Nous avons hâte d’entrer dans le vif du sujet. Nous portons une lourde responsabilité, mais tout le pays est dans un excellent état d’esprit. Les gens nous soutiennent. Ils sont enthousiastes et ils croient en nous. Du point de vue de notre équipe, c’est extrêmement positif. Toute cette énergie va nous pousser à donner le meilleur de nous-mêmes. En ce moment, nous nous trouvons dans une position très favorable. Tous les ingrédients sont réunis pour que nous nous montrions sous notre meilleur jour. Que demander de plus ? On peut toujours adopter un profil bas, on peut avancer masqué, on peut bomber le torse. Quoi qu’on dise, on n’empêchera pas les gens de parler. Mais au bout du compte, les faits sont là : nous avons au moins trois matches à T H E F I FA W E E K LY

disputer. Bien entendu, nous aimerions aller plus loin.

Il reste encore deux journées en Premier League. Cela vous rend-il nerveux ? Non, absolument pas. Je sais depuis longtemps déjà ce que je veux faire avec ce groupe. Au cours des dernières semaines, ma conception de l’équipe s’est très largement affinée. Mais je me doute que votre question concerne plutôt les éventuelles blessures. Nous espérons évidemment être épargnés. Malheureusement, il s’agit là d’un domaine sur lequel nous n’avons aucune influence. Il donc inutile de se faire du souci.

Sir Alex Ferguson a toujours affirmé que l’expérience était sa plus grande force. Compte tenu de tout ce qui peut arriver pendant une Coupe du Monde, votre expérience peut-elle faire la différence ? Pour un entraîneur, l’expérience est très importante car elle permet de remettre les choses en perspective. Elle vous évite de vous enflammer après un bon résultat ou de vous laisser abattre après une défaite. Si vous êtes passionné, dynamique et enthousiaste et que vous ajoutez votre vécu à tous ces atouts, vous êtes déjà bien parti. Dans ce cas-là, vous êtes sur la bonne voie. En revanche, si l’expérience vous a rendu cynique ou hésitant, si elle a eu raison de votre passion ou de votre enthousiasme, elle peut être perçue comme un désavantage. Si vous voulez entraîner une équipe nationale de bon niveau, il faut savoir que vous aurez besoin de qualités comme le dynamisme, l’enthousiasme, le charisme, la motivation ou encore l’empathie. Mais tout cela, vous pouvez également l’avoir en début de carrière. José Mourinho et Sir Alex Ferguson ont eux aussi remporté de nombreux titres dans leur jeunesse. Le plus important est de trouver le bon équilibre. C’est ça qui fait la différence. Å Propos recueillis par Martin O’Boyle

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First Love


Lieu : Finima, Bonny Island, Nigeria Date : 5 juin 2006 Heure : 14h32

Ed Kashi / VII

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LE DÉBAT

Encerclé Andres Iniesta (au centre) en difficulté face à la Squadra Azzurra.

Au cours des 25 dernières années, plusieurs ­modifications apportées aux Lois du Jeu ont ­favorisé l’offensive. Pourtant, le nombre de buts par match diminue toujours. Face à l’organisation et au physique des joueurs, le règlement s’avère en effet inefficace. Thomas Renggli

“L’

attaque reste la meilleure défense”, entend-on souvent. Ou bien : “Pour gagner, il faut marquer davantage de buts que son adversaire.” Mais Karl Rappan, entraîneur de football autrichien exilé en Suisse, reste sourd à ces conceptions romantiques. Son credo : “Quand on n’encaisse pas de but, on ne peut pas perdre.” Dans les années 30, il invente ainsi la tactique dite du “verrou suisse”. Certes, sous son égide, la Nati n’est jamais devenue championne du monde, mais ce système a marqué des générations entières de footballeurs. L’Argentin Helenio Herrera s’inspire de la passe longue de son collègue, perfectionne sa stratégie défensive et révolutionne le monde du football en introduisant le catenaccio à l’Inter Milan dans les années 60. Sous ses ordres, les Nerazzurri remportent trois championnats d’Italie, deux Coupes d’Europe des Clubs Champions ainsi qu’une Coupe Intercontinentale. 22

Cette révolution remet en question tous les systèmes tactiques et met fin au règne des libres-penseurs offensifs. “Offense wins games, defense wins championships” (“l’attaque permet de gagner des matches, la défense des championnats”). Cette vérité issue du football américain s’est depuis longtemps imposée dans le football (européen) : jusqu’en 1990, le nombre moyen de buts marqués lors de la phase finale de la Coupe du Monde n’a cessé de baisser (lire “Le Billet du Président”). En réformant les Lois du Jeu, on a tenté de freiner cette tendance en protégeant les joueurs offensifs  : depuis 1990, être “sur la même ligne” que le dernier défenseur n’est plus considéré hors-jeu ; depuis 1992, le gardien n’a plus le droit de se saisir à la main des passes qui lui sont adressées en retrait et depuis 1993, les fautes commises par le dernier défenseur sont sanctionnées par un carton rouge. En 1994 est venue s’ajouter à ces mesures la règle des trois points. Les victoires pèsent ainsi davantage que les matches nuls, T H E F I FA W E E K LY

Les débats de The FIFA Weekly Qu’est-ce qui vous interpelle ? De quels sujets aimeriez-vous discuter ? Envoyez vos propositions à : feedback-theweekly@fifa.org

Markus Ulmer

Verrou et statistiques

afin d’encourager les équipes à opter pour un système plus offensif. Au regard de l’évolution tactique et physique du football, ces mesures règlementaires ont cependant un impact limité. Les joueurs ont conscience de l’importance du premier but. Cette situation pèse sur les orientations tactiques et freine la prise de risque. Selon les statistiques, une équipe qui ouvre le score lors d’un grand tournoi l’emporte dans 70 pour cent des cas. Dans 16 pour cent des situations, elle décroche le nul et seules 14 pour cent des rencontres se soldent par une défaite. Mais l’amélioration de l’organisation des équipes, l’équilibre des groupes dans les grandes compétitions et l’optimisation de la formation ont une influence plus grande encore. Dans le domaine défensif, la règle interdisant la passe en retrait a été un véritable coup de fouet en matière d’amélioration de la qualité du jeu : elle oblige les défenseurs et les gardiens à avoir recours à une solution constructive, ce qui, indirectement, favorise leur formation technique. Au cours des 40 dernières années, le football a connu un développement considérable, il est devenu plus esthétique, plus rapide, plus dynamique. Quand on regarde un match des années 70, on a souvent l’impression que les images défilent au ralenti. Tout ceci nous amène à la conclusion suivante : le nombre de buts marqués est loin d’être le seul critère d’attractivité du football. Å


LE DÉBAT

LE BILLET DU PRÉSIDENT

The F IFA Week ly a la ncé le débat su r F IFA .com : Q uel le règ le pou r ra it aug menter le nombre de buts pa r match ?

Il faut supprimer la règle du hors-jeu et introduire à la place un règlement avec différentes zones, comme c’est le cas au hockey. L’équipe doit par exemple toujours avoir un ou deux joueurs dans le camp adverse et ne pas avoir plus de sept joueurs en même temps dans la surface de réparation. Aujourd’hui, les équipes qui n’ont aucune chance face à des adversaires avec une stratégie offensive (comme le Brésil, l’Espagne, l’Argentine, la Colombie etc.) jouent avec cinq voire six défenseurs et misent toutes leurs chances sur les contres (c’est le cas du Ghana, de l’Allemagne etc.). Ça rend la partie extrêmement pénible. Je suis persuadé qu’on verra ce schéma se reproduire pendant la Coupe du Monde. jeapaisa (États-Unis)

Il serait intéressant que le nombre de buts marqués corresponde au nombre de points engrangés par chacune des équipes. Les joueurs auraient ainsi intérêt à gagner avec le plus grand écart possible pour se hisser en tête du classement et il y aurait automatiquement davantage de buts par rencontre. Pablo.G.C. (Costa Rica)

Ce n’est pas la règle du hors-jeu en soi qui empêche les joueurs de marquer ; ce sont les arbitres qui annulent les buts sans raison. La solution ? Il faudrait que le quatrième arbitre puisse avoir recours à la vidéo pour analyser les situations litigieuses. TruSake (États-Unis)

L’utilisation d’un chronomètre, comme au basket, dissuaderait les joueurs de ralentir le jeu en envoyant le ballon en touche ou en restant allongé par terre pour une blessure de rien du tout. Le temps de jeu effectif serait ainsi davantage en adéquation avec la réalité, ce qui augmenterait le nombre d’occasions et de buts marqués.

L’ancienne North American Soccer League avait introduit une ligne tracée à 35 yards afin de résoudre le problème du hors-jeu. Une fois cette ligne dépassée, le joueur ne pouvait plus se trouver en situation de horsjeu et l’arbitre ne pouvait plus interrompre l’action, même si le joueur se trouvait devant le dernier défenseur. chimike9607 (États-Unis)

“Il faut ­supprimer la règle du hors-jeu.” On devrait laisser les règles telles qu’elles sont. Par contre, je suis pour qu’on agrandisse la taille du but. De cette façon, les tirs qui touchent le poteau ou la barre latérale atterriraient dans les filets. Cela inciterait également les joueurs à tenter leur chance de plus loin. danpentke (Canada)

Pour augmenter le nombre de buts par match, il faudrait exclure immédiatement les joueurs qui commettent une faute et accorder un penalty à l’équipe adverse à chaque fois que le joueur qui attaque n’a plus que le gardien comme adversaire devant lui, peu importe que l’action ait lieu dans la surface de réparation ou en dehors.

La suppression de la règle du hors-jeu, ou du moins son ajustement, se traduirait par une hausse du nombre de réalisations par rencontre. De nombreux buts sont annulés par le juge de touche alors que le joueur n’était pas hors-jeu. L’erreur est humaine et fera toujours partie du sport. En introduisant la technologie sur la ligne de but à l’occasion de la prochaine Coupe du Monde au Brésil, la FIFA a, selon moi, fait un grand pas en avant. Il ne nous reste plus qu’à réformer la règle du hors-jeu et alors je suis sûr que nous verrons davantage de buts.

jamel.belaid (Algérie)

mfonjohn (Nigeria)

Hassan Ghenaw (Libye)

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Plus de respect pour plus de buts

En

comparant les moyennes de buts par match des différentes Coupes du Monde, on obtient des résultats intéressants. Après l’apogée suisse de 1954 (5,38 buts par match), la tendance à la baisse s’est confirmée jusqu’en 1990 (2,21). Suite à l’introduction de la victoire à trois points, la moyenne est remontée à 2,71 lors de l’édition 1994 aux États-Unis. Depuis cette époque, les chiffres sont repartis à la baisse. En Afrique du Sud, la Coupe du Monde a retrouvé son niveau le plus bas, avec 2,27 buts par match. Comment inverser cette courbe ? Faut-il agrandir les buts ? Ou supprimer le hors-jeu ? Non. De telles modifications des Lois du Jeu bouleverseraient la nature même du football et ne me semblent pas justifiées. La solution consiste à mieux protéger le jeu (et les joueurs à vocation offensive). Les arbitres peuvent jouer un rôle important dans cette entreprise, en appliquant de manière plus stricte les règlements existants. Toutefois, cette responsabilité échoit avant tout aux footballeurs eux-mêmes. Ils tiennent le destin du jeu entre leurs mains (ou plutôt entre leurs pieds). Il ne tient qu’à eux d’ouvrir le jeu en faisant preuve de plus de sérieux et d’un plus grand respect envers leurs adversaires. Les actes d’antijeu comme les tirages de maillot ou les obstructions cassent le rythme du match. Les arbitres ne peuvent pas voir tout ce qui se passe, surtout sur les corners et les coups francs. Il existe une formule magique pour rendre le football encore plus spectaculaire. Elle est à la fois simple et très compliquée. Elle tient en un mot : fair-play !

Votre Sepp Blatter 23


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Balle au pied Nam Taehee aux Jeux Olympiques 2012.

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La Coupe du Monde, un rêve d’enfant

“U

n voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas”. Les paroles de Lao-Tseu sont devenues le mot d’ordre du Sud-Coréen Nam Tae-hee lorsqu’il a décidé de quitter sa famille à l’âge de 16 ans pour partir à la conquête des championnats étrangers. En 2007, alors qu’il était lycéen à Séoul, il s’est expatrié en Angleterre pour rejoindre le centre de formation de Reading. Mais pour des raisons administratives, il a traversé la Manche un an plus tard pour signer son premier contrat professionnel à Valenciennes, où il a su s’adapter malgré la barrière de la langue. Nam a joué trois saisons dans le championnat de France. Il a livré son premier match en août 2009 face à Nancy, devenant à 18 ans le plus jeune joueur asiatique à fouler les pelouses de Ligue 1. “J’ai beaucoup appris en France, aux côtés de bons joueurs et d’un entraîneur très expérimenté”, commente le milieu offensif. En manque de temps de jeu, le Coréen a fait ses valises pour le Qatar en 2012 pour Lekhwiya. Il n’a pas tardé à s’imposer dans l’émirat, terminant deuxième du championnat la saison dernière tout en brandissant la Coupe du Prince héritier, avant d’être couronné champion cette saison. Mais l’envie de mettre les voiles le titille à nouveau : “J’y ai évolué trois saisons et je pense qu’il est temps de retourner en Europe pour relever un nouveau défi”.

Stuart Franklin (FIFA via Getty Images)

Nam Taehee tient absolument à être du voyage au Brésil avec la République de Corée. “Je rêve depuis douze ans de disputer une Coupe du Monde.”

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Mohammed Hallal

Réussite olympique En 2012, il a retrouvé l’Angleterre mais avec la République de Corée cette fois, pour participer au Tournoi Olympique de Football Masculin de Londres. Nam et ses coéquipiers y ont franchi la phase de groupes pour la seconde fois de leur histoire, avant de décrocher une médaille de bronze historique. “Le tournoi olympique est difficile, mais nous avons réalisé de bons matches. Nous avons appris à jouer ensemble. Nous avons aussi su faire preuve de combativité face à des équipes prestigieuses”, se souvient-il. “C’était génial d’obtenir cette médaille de bronze. Je me souviens encore du match face à la Grande-Bretagne, remporté aux tirs au but. Ce tournoi restera à jamais gravé dans ma mémoire.” Pour se qualifier pour la Coupe du Monde les choses furent moins aisées. La République de Corée a obtenu son sésame en arrachant la deuxième place du Groupe A à l’Ouzbékistan, grâce à une meilleure différence de buts. Pour Nam, ces difficultés s’expliquent par la hausse générale du niveau de jeu à travers le continent asiatique. “La chance a été de notre côté à plusieurs reprises. Malgré tout, je pense que 25


game onor game over

all in or nothing

adidas.com/worldcup Š 2014 adidas AG. adidas, the 3-Bars logo and the 3-Stripes mark are registered trademarks of the adidas Group.


RÉPUBLIQUE DE CORÉE

Nom Nam Taehee Date et lieu de naissance 3 juillet 1991, Jinju (République de Corée) Poste Millieu de terrain Parcours en club 2008–2009 Reading 2009–2012 Valenciennes 2012 Lekhwiya Parcours en équipe nationale 11 matches, 0 buts

nous méritons notre qualification. Nous avons montré de belles choses ces derniers temps et j’espère que nous continuerons sur cette lancée.” Un rêve d’enfant Trois défis de taille attendent les Sud-Coréens au Brésil, avec la Belgique, la Russie et l’Algérie au premier tour. Pour Nam, “ce groupe n’est pas facile et les pronostics ne sont pas favorables. Nous pouvons nous qualifier si nous montrons notre vrai visage. Le match contre la Russie sera le plus important car c’est le premier. Ensuite, nous verrons comment jouer face à la Belgique et à l’Algérie, qui sont aussi deux belles équipes. Je parle tous les jours avec Madjid Bougherra (son coéquipier en club) de la Coupe du Monde. Notre entraîneur, Eric Gerets, est Belge. Il discute aussi avec nous de la compétition et des chances de chaque équipe.” Même s’il n’est pas sûr de participer à la phase finale, Nam se veut optimiste. “J’ai suivi Corée/Japon 2002 alors que j’étais enfant et depuis, je rêve de participer à la Coupe du Monde. J’espère avoir l’occasion de disputer un jour cette grande compétition”, conclut-il. Pour un voyageur aguerri, un séjour au Brésil est une occasion à ne pas manquer... Å

Ambitieux Nam engagé dans un duel aérien sous les couleurs de Lekhwiya.

La République de Corée en Coupe du Monde Groupe: H Programme: 7 juin, Cuiabá: Russie – République de Corée; 22 juin, Porto Alegre: République de Corée – Algérie; 26 juin, São Paulo: République de Corée – Belgique

AFP

Sélectionneur: Hong Myungbo Stars: Son Heungmin (Bayer Leverkusen), Koo Jacheol (Mayence), Lee Chungyong (Bolton Wanderers), Shinwook Kim (Ulsan Hyundai), Lee Keunho (Sangju Sangmu)

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A FIFA World Cup in Brazil is just like Visa: everyone is welcome.

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TRIBUNE

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Meilleurs buteurs de la Coupe du Monde

Le long de la ligne de touche Perikles Monioudis

P

our les jeunes joueurs que nous étions, le football se composait de trois volets. Le plus beau côté de ce sport, c’était bien entendu le football lui-même : le fait de jouer, les entraînements et les matches. En été, la chaleur étouffante ; en hiver, les rencontres sous la pluie, pleines de charme sous la lumière des projecteurs ... La nuit n’existait plus car le jeu avait le pouvoir d’allonger le jour de 90 minutes (voire davantage). Mais deux autres occupations accompagnaient également le football. La première était de suivre les rencontres dans le stade et, plus souvent encore, à la télévision. Soirée de coupe d’Europe après soirée de coupe d’Europe. Les nuits inoubliables, faites de grandes victoires et de grandes défaites. Tout ce que les footballeurs pouvaient connaître, à leur échelle, sur le terrain : une poignée de main de réconciliation après une faute tactique, une remise en jeu jouée sur l’adversaire parce que le jeune juge de ligne s’était trompé. La deuxième occupation consistait à rendre des services sur la touche. En tant que jeunes joueurs, nous devions, tous les dimanches, prendre le drapeau à tour de rôle et aider l’arbitre lors des rencontres de l’équipe fanion. Si le ballon s’approchait de la ligne de touche, nous devenions très attentifs car nous ne voulions rien rater et surtout pas prendre une mauvaise décision, même si, au final, celle-ci n’avait que peu d’importance. Ce genre de pensées permettait de se soulager d’un poids. En effet, l’exercice requérait tout de même une certaine concentration. Quand le ballon sortait, nous avions souvent oublié, malgré toute notre attention, quelle était la dernière équipe à l’avoir touché. Cela peut sembler bizarre mais, pour couronner le tout, le signal avec le drapeau

n’était pas du tout simple à donner. Il fallait en effet le lever dans la direction où le jeu allait se poursuivre et pas vers la partie de terrain de l’équipe qui avait mis le ballon en touche. C’était contraire aux réflexes que nous apprenions à dompter avec le temps. Bien sûr, nous avions compris qu’il existait une différence entre ce que l’on percevait de la touche et ce qu’on vivait sur le terrain. Dans le duel, nous savions presque toujours à coup sûr qui devait effectuer une rentrée de touche, même si de temps à autre nous avions la mauvaise habitude de vouloir ravir la remise en jeu à l’adversaire en se saisissant du ballon et en le lançant au mépris de toute justice. Parfois, nous étions plutôt contents à chaque seconde qui s’écoulait sans incident. Surtout lorsque nous menions de peu et que le match arrivait à son terme. En tout cas, chacun savait pertinemment quelle équipe méritait une rentrée en jeu, ce qui n’était pas toujours le cas sur le bord du terrain. Notre certitude absolue s’envolait dès que nous quittions les rangs des joueurs pour rejoindre ceux du trio arbitral. Cela nous donnait une idée du rôle épuisant que devait exercer l’arbitre sur le terrain : un véritable commando suicide. Il ne devait pas seulement faire attention aux lignes ou indiquer timidement un hors-jeu ; il dirigeait le jeu. Mais tout cela dépasse l’entendement des jeunes. Å

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Ronaldo, Brésil Buts : 15 Tournois : 1998, 2002, 2006

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Gerd Müller, RFA Buts : 14 Tournois : 1970, 1974

3

Just Fontaine, France Buts : 13 Tournois : 1958

4

Pele, Brésil Buts : 12 Tournois : 1958, 1962, 1966, 1970

5

Jürgen Klinsmann, Allemagne Buts : 11 Tournois : 1990, 1994, 1998

Sandor Kocsis, Hongrie Buts : 11 Tournois : 1954

7

Gabriel Batistuta, Argentine Buts : 10 Tournois : 1994, 1998, 2002

 eofilo Cubillas, Pérou T Buts : 10 Tournois : 1970, 1978

 iroslav Klose, Allemagne M Buts : 10 Tournois : 2002, 2006

 rzegorz Lato, Pologne G Buts : 10 Tournois : 1974, 1978, 1982

 ary Lineker, Angleterre G Buts : 10 Tournois : 1986, 1990

Source : FIFA (FIFA World Cup, Superlatives, Statistical Kit 5, 4.8.2010)

La rubrique hebdomadaire de la rédaction de The FIFA Weekly T H E F I FA W E E K LY

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HISTORIQUE

Maracanaço Au Brésil, tout était prêt pour la fête du siècle. Un match nul suffisait à la Seleção pour décrocher le titre mondial de 1950. Mais le destin en a décidé autrement. Dominik Petermann

J

ules Rimet lui-même, alors Président de la FIFA, ignore tout de la tragédie qui, quelques minutes plus tard, va s’abattre sur tout un pays. Il s’est pourtant bien préparé : son discours de remerciement a été traduit en portugais, le papier est soigneusement rangé dans la poche de son veston. Dans sa main droite, il tient le trophée qui porte son nom et qu’il s’apprête à remettre au champion du monde. Tout est prêt pour la cérémonie. Un bon quart d’heure avant le coup de sifflet final, Rimet quitte la tribune pour être sûr d’arriver à temps sur la pelouse. Le score du “match de groupe” décisif du tour final opposant le Brésil et l’Uruguay au stade Maracanã de Rio est de un partout. À ce moment précis, le Brésil, conformément au règlement du tournoi de l’époque, est assuré de remporter le titre. Mais nous y reviendrons. 30

Rimet est arrivé dans les couloirs du stade et s’apprête à gravir l’escalier conduisant à la pelouse lorsqu’un coup de sifflet retentit dans le stade. Puis le silence s’installe, un silence long et embarrassant. C’est l’arbitre qui a sifflé. Mais qu’a-t-il bien pu se passer ? Si cela avait été une faute, les supporters dans les tribunes auraient vraisemblablement protesté. Et il est encore trop tôt pour la fin du match. Il doit donc logiquement s’agir d’un but. Mais dans ce cas, pourquoi la foule ne laisse-t-elle pas exploser sa joie ? Rimet a probablement compris ce qui vient d’arriver : le coup de sifflet suivi de ce silence ne peut signifier qu’une seule chose, l’Uruguay a marqué et mène à présent 1:2. Comme Rimet, les spectateurs sont en état de choc. Sur le terrain, Alcides Ghiggia, l’ailier uruguayen, s’est une nouvelle fois frayé un passage sur la droite et a dribblé en direction du but adverse. Les Brésiliens connaissent cet enchaînement par cœur : Ghiggia commence par avancer T H E F I FA W E E K LY

15 jours sans sortir Cet après-midi-là, le football brésilien s’enfonce dans la crise la plus profonde de son histoire. Spécialement construit pour la Coupe du Monde 1950, le Maracanã n’a pas encore reçu sa dernière couche de peinture qu’il vit déjà sa première tragédie. On a prévu de le peindre à l’issue du dernier match dans un blanc éclatant, qui aurait dû être la couleur du champion du monde. Jusqu’alors, le Brésil a en effet joué tous ses matches en blanc. Mais ce maillot a fait son temps. Il est désormais considéré comme maudit. Et le stade restera gris, la couleur du béton. Le plaisir de jouer a lui aussi disparu. L’équipe fera vœu d’abstinence pendant près de deux ans. Les joueurs sont les plus durement touchés par cette expérience traumatique. Ademir déclarera plus tard : “J’avais besoin de disparaître. De partir loin pour tout oublier. J’ai pris ma famille avec moi et j’ai fui à Itacuruçá” (un village de pêcheurs situé à 94 km de Rio, ndlr.). Juvenal racontera qu’en rentrant après le match,

Getty Images (3)

Sous le choc Le Président de la FIFA de l’époque, Jules Rimet, remet à l’Uruguay le trophée qui porte son nom.

vers le but avant d’envoyer au dernier moment le ballon vers le centre sur une passe en diagonale. Barbosa, le gardien brésilien, a décidé de prendre les devants et laissé un peu d’espace au niveau du premier poteau afin de pouvoir intercepter la diagonale. Mais Ghiggia n’avait aucunement l’intention d’effectuer cette dernière. Il a shooté dans le ballon en direction du premier poteau. Barbosa s’est jeté à terre trop tard : le ballon a glissé sous son corps et atterri dans les filets. Il est battu. Dix minutes avant la fin du match, l’Uruguay mène donc 2:1. Lorsque retentit le coup de sifflet final, la tragédie devient réalité. Le Brésil perd la finale à domicile face à son petit voisin l’Uruguay. Le rêve d’un premier titre mondial part en fumée. Le Brésil, grande nation du football, est traumatisé. La Coupe du Monde vient de vivre l’un des moments les plus tragiques de son histoire, le Maracanaço. Dans la confusion, Jules Rimet met plusieurs minutes avant de localiser sur le terrain Obdulio Varela, le capitaine uruguayen, et de lui remettre le trophée. Cela se passe de manière quasi informelle ; dans les tribunes, personne ne fait attention à cet événement qui se déroule sans cérémonie, ni discours, ni fanfare. Le pays tout entier est occupé à sécher ses larmes. On cherche des explications et même, sous le coup de l’émotion, des coupables : “N’était-ce pas le poteau de Barbosa ? Il aurait dû arrêter ce ballon ! Ou bien l’équipe s’est-elle montrée trop confiante vers la fin du match ?” De nombreuses explications circulent à l’époque. Pour les uns, c’est la faute de la messe du matin qui aurait duré trop longtemps, pour d’autres, les discours que les élus locaux ont tenus avant le déjeuner auraient déconcentré les joueurs. Avant le match, le général Eurico Gaspar Dutra, alors président du Brésil, a en effet enjoint les joueurs à accomplir leur devoir en décrochant le trophée. La pression venue d’en-haut était-elle trop lourde pour les joueurs ?


HISTORIQUE

Pays organisateur En 1950, le Brésil joue en blanc.

Remise du trophée L’Uruguay champion du monde en 1950.

©2012 FIFA TM

Brésil 1950 L’affiche de la Coupe du Monde.

Brésil 2014 Références à l’affiche de 1950.

il ne voulait parler à personne. Il est resté enfermé chez lui pendant 15 jours. Quant à Zizinho, il fera des cauchemars pendant plusieurs jours : “Je n’arrêtais pas de rêver du match. Dans mon rêve, la rencontre n’avait pas encore commencé, nous entrions sur le terrain. Tout ce qui était arrivé n’était qu’un mensonge, un mauvais rêve. Le vrai match allait débuter.” Le capitaine Augusto vit une expérience similaire : “J’ai rêvé plusieurs fois de la rencontre. Mais tout était différent. Nous gagnions et je me voyais soulever le trophée. J’ai fait ce rêve à plusieurs reprises.” Le moins bien loti de tous reste le gardien Barbosa. Aux yeux de la population, c’est lui le principal responsable. Il peut à peine faire ses courses ou aller au cinéma sans se retrouver au centre d’une altercation. En 1993, Barbosa déclarera lors d’une interview télévisée  : “Dans notre pays, la peine maximale s’élève à 30 ans. Cela fait déjà 13 ans que je l’ai dépassée.” Il devra expier sa faute pendant encore sept ans avant de disparaître en l’an 2000, à l’âge de 79 ans. Nouveau règlement Dès le début, la Coupe du Monde 1950 au Brésil se présente sous de mauvais auspices. D’une part, le Comité organisateur brésilien souhaite que le tournoi se déroule selon un système de groupes et non par élimination directe, comme c’était le cas en 1934 et en 1938. Les quatre têtes de groupe doivent ainsi s’affronter lors d’un tour final. Le fait de multiplier le nombre de matches permet également d’augmenter les recettes. Le Comité fait savoir que dans le cas d’un refus de la part de la FIFA, le Brésil se verrait “malheureusement” dans l’obligation de refuser d’accueillir la manifestation. C’est donc en grinçant les dents que la FIFA accepte cette condition exceptionnelle qui entraînera la démission d’Henri Delaunay, artisan de la création de la Coupe du Monde et membre du Comité organisateur. À cela vient s’ajouter le désistement de trois équipes à la dernière minute. L’Écosse était disposée à effectuer le long voyage jusqu’au Brésil uniquement si elle terminait en tête de son groupe de qualification. Elle rate de peu son objectif lors de son dernier match face à l’Angleterre. La Fédération écossaise, qualifiée malgré tout du fait de sa seconde place, reste ferme et annule sa participation. La Turquie doit de son côté affronter l’Autriche lors du match décisif des qualifications. Mais les deux fédérations ne parviennent pas à se mettre d’accord au sujet de la date et surtout du nombre de rencontres. Tandis que la Turquie insiste pour qu’il y ait un match aller et un match retour, conformément à la recommandation du Comité organisateur de la Coupe du Monde, ­l’Autriche, elle, exige qu’il n’y ait qu’une seule confrontation. Faute d’accord, l’Autriche annule sa participation au tournoi. La Turquie est donc qualifiée d’office, mais en raison de problèmes financiers, la Fédération est dans l’incapacité de payer le voyage jusqu’au Brésil. Elle doit donc elle T H E F I FA W E E K LY

aussi annuler sa venue. Le Comité organisateur doit ainsi faire à deux revers sévères. Mais ce n’est pas terminé : l’Inde suivra le même chemin. Les rumeurs les plus folles circulent au sujet de ce désistement. La légende raconte que l’Inde aurait annulé sa participation après s’être vu interdire de jouer pieds nus. Mais la FIFA n’a jamais exprimé explicitement une telle interdiction. Lors d’une réunion d’organisation, elle s’est contentée de déclarer : “De l’avis du Comité organisateur, tous les joueurs devraient porter des chaussures. Il est toutefois notoire que dans certains pays, le football se pratique sans chaussures, principalement en Inde. Une lettre a été adressée à la Fédération indienne afin de lui rappeler l’existence de l’article 4 des Lois du jeu. Il y est stipulé que les chaussures font partie de l’équipement et que l’arbitre peut ainsi interdire à un joueur de jouer pieds nus.” De nombreux désistements Selon d’autres sources, l’Inde aurait tout simplement ignoré qu’elle était qualifiée. À l’origine, c’était la Birmanie qui devait représenter l’Asie lors de cette Coupe du Monde, mais celle-ci est contrainte de se désister à la dernière minute. Une “rébellion” a en effet éclaté dans le pays et les joueurs doivent prendre les armes. Les Philippines se retirent elles aussi de la compétition et l’Indonésie n’est pas (encore) membre à part entière de la FIFA. L’Inde se retrouve donc qualifiée sans avoir disputé le moindre match. Mais on raconte que les télégrammes de la FIFA seraient arrivés trop tard. Par la suite, malgré l’offre de la FIFA de payer les frais de déplacement, la Fédération indienne refuse de faire le voyage. Selon des sources indiennes, des “désaccords au sujet de la composition de l’équipe et le manque de temps pour s’entraîner” expliquent cette décision. La FIFA envoie une invitation de dernière minute à la France et au Portugal, mais essuie de nouveaux refus. Le nombre de participants est donc réduit à 13, au lieu des 16 initialement prévus. Plutôt que de répartir équitablement les équipes parmi les quatre groupes, le Brésil s’entête à vouloir respecter le tirage au sort effectué le 22 mai 1950. Conséquence : il y aura deux groupes composés de quatre équipes, un groupe de trois et un groupe avec seulement deux équipes. L’Uruguay tire le gros lot et affronte dans le Groupe 4 la seule Bolivie. Il se qualifie ainsi pour le tour final en ayant disputé un seul match, tandis que le pays organisateur, qui affiche deux duels de plus au compteur, connaît un parcours nettement plus éprouvant. Le Brésil devra attendre 64 ans avant de voir la Coupe du Monde revenir sur ses terres. Aujourd’hui, les couleurs de la Seleção s’inspirent de celles du drapeau brésilien (maillot jaune, short bleu et chaussette blanches). Ces couleurs semblent porter chance au Brésil puisqu’il a remporté pas moins de cinq titres mondiaux dans cette tenue. Å 31


LE MIROIR DU TEMPS

T

H

E

N

Hertfordshire, Angleterre

1975

Bullspress / Mirrorpix

Les Anglais Kevin Keegan (à d.) et Emlyn Hughes (à g.) observent avec intérêt le geste de leur coéquipier David Johnson.

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T H E F I FA W E E K LY


LE MIROIR DU TEMPS

N

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Urbanización Cala Golf, Malaga, Espagne

2014

Andy Mueller / freshfocus

Coup d’envoi de l’entraînement : Shkelzen Gashi (Grasshopper Zurich) et ses coéquipiers.

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LE CL ASSEMENT FIFA Classement ÉquipeÉvolution Points

1 2 3 4 5 6 6 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 25 25 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 47 49 50 51 52 53 54 54 56 56 58 59 59 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 76

Espagne Allemagne Portugal Colombie Uruguay Argentine Brésil Suisse Italie Grèce

0 0 1 1 1 -3 3 -1 -1 3

1460 1340 1245 1186 1181 1174 1174 1161 1115 1082

Angleterre Belgique États-Unis Chili Pays-Bas France Ukraine Russie Mexique Croatie Côte d’Ivoire Écosse Danemark Égypte Bosnie-et-Herzégovine Suède Algérie Équateur Slovénie Serbie Roumanie Honduras Arménie Costa Rica Panamá République tchèque Iran Ghana Turquie Autriche Venezuela Cap-Vert Pérou Hongrie Nigeria Slovaquie Japon Pays de Galles Tunisie Cameroun Guinée Finlande Ouzbékistan Paraguay Monténégro République de Corée Norvège Islande Mali Australie Burkina Faso Libye Sénégal Jordanie République d'Irlande Afrique du Sud Émirats arabes unis Bolivie Salvador Albanie Sierra Leone Pologne Bulgarie Zambie Arabie saoudite Trinité-et-Tobago Maroc

1 -2 1 1 -4 1 1 1 1 -4 3 15 -1 2 -4 2 0 -5 2 -2 1 4 8 0 -6 -6 5 -3 -1 4 -2 -9 -3 -1 2 4 1 2 -5 0 2 6 2 5 -8 4 1 -6 -3 4 1 9 6 2 3 -2 -6 2 9 -16 1 1 -6 0 0 0 1

1043 1039 1015 1011 967 935 913 903 876 871 830 825 819 798 795 795 795 790 787 759 756 754 750 744 739 731 715 713 711 673 670 665 653 623 620 616 613 613 597 583 580 578 577 555 555 551 551 546 545 545 528 522 511 510 504 500 499 497 488 486 484 479 460 456 455 454 454

Rang

Nov 2013

Déc 2013

Jan 2014

→ http://fr.fifa.com/worldranking/index.html

Fév 2014

Mar 2014

Avr 2014

1 -41 -83 -125 -167 -209

78 79 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 106 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 122 122 124 125 126 127 128 129 129 131 131 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 143

1ère place  

Hausse du mois  

Israël Haïti ARY Macédoine Oman Jamaïque Belarus Irlande du Nord Azerbaïdjan Ouganda Gabon RD Congo Togo Cuba Botswana Congo Estonie Angola Qatar RP Chine Bénin Zimbabwe Moldavie Irak Éthiopie Niger Géorgie Lituanie Bahreïn Kenya République centrafricaine Koweït Lettonie Canada Nouvelle-Zélande Luxembourg Guinée équatoriale Mozambique Liban Vietnam Soudan Kazakhstan Liberia Namibie Malawi Tanzanie Afghanistan Guatemala Burundi République dominicaine Malte Chypre Suriname Rwanda Gambie Syrie Tadjikistan Grenade St-Vincent-et-les-Grenadines Nouvelle-Calédonie RDP Corée Lesotho Antigua-et-Barbuda Thaïlande Sainte-Lucie Malaisie Belize Philippines

T H E F I FA W E E K LY

-13 0 2 0 -2 0 2 6 -1 1 -4 0 3 4 -5 -1 2 6 2 -3 4 9 3 -1 2 -4 1 1 3 1 2 4 2 -21 8 6 1 1 9 5 9 -22 4 -7 -5 5 2 4 -15 7 -6 2 5 5 6 -12 -2 4 -18 -4 5 5 8 5 -1 -3 -13

Baisse du mois

450 446 443 418 414 404 400 398 395 386 380 374 371 369 367 366 347 336 333 332 329 325 324 319 315 303 293 289 284 284 283 273 272 271 266 261 252 251 242 241 235 234 233 227 226 226 224 215 212 204 201 197 197 190 190 188 184 181 174 172 159 158 156 155 153 152 152

145 145 147 147 149 150 151 152 153 153 155 156 157 158 159 160 161 162 163 164 164 166 167 168 169 170 171 172 173 174 174 176 177 178 179 180 181 182 183 184 184 186 187 188 189 190 191 191 191 194 195 195 197 197 199 200 201 202 202 204 205 206 207 207 207

Singapour Inde Kirghizistan Porto Rico Liechtenstein Guyana Indonésie Mauritanie Maldives Saint-Kitts-et-Nevis Aruba Turkménistan Tahiti Hong Kong Népal Dominique Pakistan Barbade Bangladesh Palestine Îles Féroé São Tomé-et-Principe Nicaragua Bermudes Tchad Chinese Taipei Guam Îles Salomon Sri Lanka Laos Myanmar Maurice Seychelles Curaçao Swaziland Yémen Vanuatu Fidji Samoa Comores Guinée-Bissau Bahamas Mongolie Montserrat Madagascar Cambodge Brunei Timor oriental Tonga Îles Vierges américaines Îles Caïmans Papouasie-Nouvelle-Guinée Îles Vierges britanniques Samoa américaines Andorre Érythrée Soudan du Sud Somalie Macao Djibouti Îles Cook Anguilla Bhoutan Saint-Marin Îles Turks-et-Caicos

4 7 -1 3 2 3 3 3 4 3 7 -14 -19 -13 1 -1 -3 -1 -1 3 -2 -1 1 1 1 1 2 -7 0 -2 -1 0 -1 0 0 5 -1 -1 -1 -1 -1 -1 0 0 1 -2 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0

144 144 143 143 139 137 135 127 124 124 122 119 116 111 107 103 102 101 98 91 91 86 84 83 80 78 77 75 74 73 73 67 66 65 64 60 55 47 45 43 43 40 35 33 32 28 26 26 26 23 21 21 18 18 16 11 10 8 8 6 5 3 0 0 0

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N E T Z E R L’ E X P E R T

L’ O B J E T

Les matches amicaux des équipes nationales ont-ils un intérêt ? Question de Serge Fontannaz, Paris (France)

Tourné vers l’avenir Netzer, alors âgé de 27 ans, photographié un an avant son transfert de Mönchengladbach au Real Madrid.

L

es matches amicaux des sélections nationales sont toujours sujets à discussion, malheureusement. Ils sont principalement décriés par les entraîneurs et les dirigeants de clubs, qui se plaignent de devoir libérer leurs meilleurs éléments en pleine saison. Cela casse le rythme et des piliers de l’équipe manquent à l’appel. Cette position peut certes se défendre, mais je n’arrive pas à la comprendre. Ces clubs doivent comprendre que, lorsqu’ils font signer un international, il y a des conséquences. Cela implique notamment de laisser partir un joueur en équipe nationale. Pour un sélectionneur, les rassemblements sont d’une extrême importance. Comment pourrait-il travailler correctement sans eux ? Comment pourrait-il construire quelque chose sur le long terme ? Contrairement à ce que beaucoup de personnes croient, les journées avant et après une rencontre amicale ne servent pas qu’à élaborer une tactique et un système de jeu. C’est aussi 36

l’occasion de passer du temps ensemble. Le sélectionneur peut avoir quelques conversations et résoudre certains problèmes entre quatre yeux. Les joueurs, eux, apprennent à se connaître et créent des liens. Il est illusoire de croire qu’une sélection ne peut se retrouver que pour les rencontres officielles et, comme par magie, avoir un rendement exceptionnel. Les matches de qualification contre des petites nations ont l’air faciles sur le papier. Mais si l’équipe n’est pas soudée, une défaite peut vite arriver et la qualification se retrouver compromise. Pour résumer, les matches amicaux des équipes nationales sont nécessaires. Il serait temps que tout le monde l’accepte enfin. Å

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le football, sans jamais oser le demander. Posez vos questions à Günter Netzer : feedback-theweekly@fifa.org T H E F I FA W E E K LY

Les remises en jeu sont les seules situations où les joueurs de champ sont autorisés à prendre le ballon en main. Dans tous les autres cas, ils reçoivent un carton jaune. C’est ce qui rend la rentrée de touche extraordinaire voire unique en son genre. En effet, le terrain est délimité. Dès que la balle franchit les contours de la pelouse, elle doit (toujours) être remise en jeu : sur la ligne de touche et à la main. La particularité de cette phase suscite relativement peu d’intérêt (ci-dessus, une statuette en bronze de C.B. Fry vers 1900, pièce de collection de la FIFA). D’ailleurs, les remises en jeu ou bien les joueurs et joueuses la pratiquant sont rarement photographiés. La rentrée en jeu ne fait pourtant pas seulement l’objet d’un point de règlement spécial, elle a également une conséquence particulière : elle ne peut pas être suivie d’un hors-jeu. Le ballon peut être adressé à tous les joueurs présents sur le terrain, quelle que soit leur position. Ainsi, la zone de jeu s’étend un instant. Mais seuls les attaquants et les renards des surfaces les plus talentueux, comme Pippo Inzaghi qui se trouvait toujours à la limite du hors-jeu voire au-delà, sont capables de profiter de l’occasion pour marquer. Lorsque ses coéquipiers lui faisaient une passe en profondeur au bon moment, l’Italien échappait à son garde du corps et s’élançait seul vers le but adverse. Une relation entre cet Inzaghi toujours “à la limite” et les remises en jeu s’était apparemment imposée : les adversaires se tenaient immédiatement sur leurs gardes. En soi, la rentrée de touche est un acte figé, mais l’attaquant flirtant avec le hors-jeu est capable d’exploiter cette situation externe au jeu. Pourtant, sans rentrée de touche, le jeu s’arrête aux limites du terrain. Å

Keystone / interfoto / Schinkel

Perikles Monioudis


LE TOURNANT

“On a fui par une allée secondaire” Le 3 novembre 1983, Falko Götz est l’un des rares sportifs est-allemands à réussir à fuir vers l’Allemagne de l’Ouest. En exil, l’attaquant a connu une carrière fulgurante.

Mark Roberts

E

n 1974, ma famille s’installe à Berlin-Treptow. J’ai alors douze ans. À partir de ce moment, je le vois tous les jours : le Mur. Grand, haut, long. Je mets du temps avant de comprendre qu’il ne s’agit pas d’une protection. C’est du béton qui me sépare de ma liberté. La RDA me semble de plus en plus oppressante, en moi grandit le désir de la quitter. Je veux partir et je comprends rapidement que le football est ma seule chance de gagner l’Ouest. Je suis attaquant. Mes têtes sont efficaces, je suis robuste et surtout, j’ai de l’ambition. Les conditions sont loin d’être idéales, mais j’arrive à m’imposer au Dynamo Berlin, le club de la Stasi. À 19 ans, j’intègre l’équipe nationale espoir. Pour un habitant de la RDA, je vis bien : je gagne dix fois plus qu’un salarié moyen. Chez nous aussi, la Bundesliga est partout et fait rêver. Le samedi, je regarde avec ma famille l’émission “Sportschau”, qui résume chaque journée. Je rêve de jouer dans ce championnat et ce désir s’accentue le jour où un chasseur de têtes vient me parler alors que je suis en Suède avec l’équipe nationale. Je réalise que je ne pourrai jamais faire une grande carrière en restant en RDA. Plusieurs membres de ma famille vivent de l’autre côté du Mur. Cela me rend suspect aux yeux d’un gouvernement paranoïaque. Avec mon ami d’enfance et coéquipier Dirk Schlegel, je mets au point un plan pour m’enfuir. Mon père est sceptique. Il me conseille de commencer par faire mon trou dans le championnat est-allemand. En 1982, je me qualifie avec le Dynamo pour la Coupe d’Europe des Clubs Champions. Dirk et moi, nous savons que cela doit se faire lors d’un voyage à l’étranger. Nous jouons au Luxembourg contre la Jeunesse Esch. Je téléphone à un ami qui vit à l’Ouest, mais il ne peut pas nous fournir nos faux papiers à temps. En novembre 1983, nous jouons contre le Partizan Belgrade. Nous faisons le voyage à bord de l’avion de service d’Erich Mielke, le chef de la Stasi. La veille du match, nous allons en ville faire du shopping. Nos chaperons semblent fascinés par les magasins. En tout cas, ils relâchent

Nom Falko Götz Date et lieu de naissance 26 mars 1962, Rodewisch (RDA) Poste Milieu de terrain/attaquant Parcours Dynamo Berlin, Leverkusen, Cologne, Galatasaray, Sarrebruck, Hertha Berlin Principaux succès Triple champion avec le Dynamo Berlin (1981–1983) Vainqueur de la Coupe de l’Uefa avec Leverkusen (1988) Double champion avec Galatasaray (1993, 1994)

leur attention. Dirk et moi déambulons dans les rayons d’un magasin de disques et fuyons par une allée secondaire. Puis nous nous mettons à courir. Surtout ne pas se retourner. Nous arrêtons un taxi qui nous emmène à l’Ambassade d’Allemagne. On nous fait passer par Zagreb et Ljubljana pour arriver à Munich. Mais le plus dur est encore à faire. Il nous reste à passer la frontière à Jesenice. Si le pot-aux-roses est découvert, tout est terminé. J’ai conscience que cela signifierait pour moi la prison. En RDA, on ne plaisante pas avec ceux qui tentent de fuir à l’Ouest. Une nouvelle fois, c’est notre célébrité qui va nous sauver : le douanier est davantage intéressé par un autographe que par nos passeports. À ce moment-là, toute ma nervosité retombe. Je serais incapable de décrire le bonheur que j’ai ressenti, jamais plus je n’ai vécu une telle joie. Une fois arrivés à Munich, nous achetons un exemplaire du quotidien Bild pour connaître le résultat du match du Dynamo. Sur la première page, nous lisons le gros titre suivant  : “Deux joueurs de RDA en fuite. Où sont-ils ?”. T H E F I FA W E E K LY

Notre prochaine étape est le centre d’accueil de Giessen où Jörg Berger, un entraîneur qui a fui la RDA quelques années avant nous, nous met en contact avec le Bayer Leverkusen. Je signe un contrat avec un salaire de base de 5 000 marks. Je reçois 2 500 marks supplémentaires car la première année, je suis caissier au grand magasin Bayer. Je ne peux pas jouer car je suis suspendu pendant un an. Je fais mes débuts en Bundesliga le 3 novembre 1984, soit un an jour pour jour après ma fuite. J’entre en jeu durant un match à Bielefeld. À la maison, mes parents, pleins de fierté, me voient dans l’émission “Sportschau”. Ce jour-là, je sais avec certitude que nous avons fait le bon choix. Å Propos recueillis par Nicola Berger

Dans la rubrique “Le Tournant”, de grands noms du football reviennent sur les moments qui ont marqué leur vie. 37


The FIFA Weekly Revue hebdomadaire publiée par la Fédération Internationale de Football Association (FIFA)

COUPE MYSTÈRE DE L A FIFA

Site Internet : www.fifa.com/theweekly

Un œil, un brassard et le premier champion du monde sacré au Maracana – bonne réflexion !

Éditeur : FIFA, FIFA-Strasse 20, Case postale, CH-8044 Zurich Tél. +41-(0)43-222 7777 Fax +41-(0)43-222 7878

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Quelle équipe a été la première à être sacrée championne du monde au stade Maracana de Rio de Janeiro, à l’issue d’un tournoi mondial de la FIFA ?

Président : Joseph S. Blatter Secrétaire Général : Jérôme Valcke Directeur de la Communication et des Affaires publiques : Walter De Gregorio Rédacteur en chef : Perikles Monioudis

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S

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Rédaction : Thomas Renggli (auteur), Alan Schweingruber, Sarah Steiner Conception artistique : Catharina Clajus

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Service photo : Peggy Knotz

Quelle équipe s’est qualifiée aux tirs au but lors des trois Coupes du Monde suivantes ? O Argentine

I Italie

E Angleterre

A Allemagne

Production : Hans-Peter Frei Mise en page : Richie Krönert (responsable), Marianne Bolliger-Crittin, Susanne Egli, Mirijam Ziegler

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En quelle année un capitaine d’une équipe finaliste de la Coupe du Monde a-t-il porté pour la première fois un brassard ?

Correction : Nena Morf, Kristina Rotach Collaborateurs réguliers : Sérgio Xavier Filho, Luigi Garlando, Sven Goldmann, Hanspeter Kuenzler, Jordi Punti, David Winner, Roland Zorn Ont contribué à ce numéro : Nicola Berger, Alexandre Cossenza, Mohammed Hallal, Markus Nowak, Martin O’Boyle, Dominik Petermann, Andreas Wilhelm (photos) Secrétaire de rédaction : Honey Thaljieh Responsables de projet : Bernd Fisa, Christian Schaub Traduction : Sportstranslations Limited www.sportstranslations.com Impression : Zofinger Tagblatt AG www.ztonline.ch

M 1966

4

Les opinions exprimées dans The FIFA Weekly ne reflètent pas nécessairement celles de la FIFA.

K 1974

L 1978

Bonjour ! Je me trouve dans le hall d’entrée du Siège de la FIFA à Zurich et je m’appelle …

E Fuleco T Zakumi

Q Sepp Y Questra

Solution de l’énigme de la semaine précédente : STAR (explications détaillées sur www.fifa.com/theweekly). Inspiration et application : cus

Contact : feedback-theweekly@fifa.org La reproduction des photos et des articles, y compris sous forme d’extraits, est interdite, sauf accord de la rédaction et sous réserve de la mention “The FIFA Weekly, © FIFA 2014”. La rédaction n’a aucune obligation de publier des textes ou des photos non sollicités. La FIFA et le logo FIFA sont des marques déposées par la FIFA. Produit et imprimé en Suisse.

V 1970

Faites-nous parvenir vos réponses le 7 mai 2014 au plus tard à feedback-theweekly@fifa.org. Les concurrents qui auront correctement répondu à toutes les questions jusqu’au 11 juin 2014 participeront à un tirage au sort pour tenter de remporter deux billets pour la finale de la Coupe du Monde, qui aura lieu le 13 juillet 2014. Avant de participer, nous vous invitons à consulter les conditions générales, ainsi que le règlement du concours. Vous trouverez toutes les informations à : http://fr.fifa.com/aboutfifa/organisation/the-fifa-weekly/rules.pdf T H E F I FA W E E K LY

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DEM ANDE Z À L A F IFA !

LE SONDAGE DE L A SEMAINE

Quelle sera la première grande nation à être éliminée de la Coupe du Monde ?

Quelle est la ville qui a eu le plus de clubs qualifiés pour une même compétition européenne ? Siri Häkkinen, Tampere (Finlande) Réponse de Thomas Renggli : En 1996, quatre clubs de la capitale russe se sont qualifiés pour la Coupe de l’UEFA : le Spartak, le Dynamo, le Torpedo et le CSKA Moscou. Londres et Athènes sont les deux villes qui se rapprochent le plus de ce record. Trois clubs de la capitale anglaise ont joué en Coupe de l’UEFA en 1999, Arsenal, Tottenham et West Ham United, et trois équipes de la métropole grecque ont joué en Ligue des Champions en 2003, l’AEK, le Panathinaikos et l’Olympiakos. Ce dernier triplé d’une même ville était d’ailleurs une première dans le plus prestigieux des tournois européens.

En 2010, l’Italie et la France ont quitté l’Afrique du Sud à l’issue de la phase de groupes, sans avoir remporté un match. Qui connaîtra le même sort en 2014 ? Envoyez vos réponses à : feedback-theweekly@fifa.org R É S U LTAT S D E L A S E M A I N E D E R N I È R E

Qui sera le meilleur buteur de la Coupe du Monde au Brésil ? 25%

Suárez

23%

Messi

23%

Ronaldo

22%

Neymar Benzema

6%

Autres

1%

LA SEMAINE EN CHIFFRES

Munichois en demi-finale

0 5 Esteban Paredes pour le compte de Colo Colo, qui

parfaite pour l’équipe de

retour de la Ligue des cham-

l’a emporté 5:3 sur la pelouse de Nublense. Paredes

Koweït City, qui s’est

pions de l’UEFA 2013/14 est

a ainsi permis à son club de finir la saison en

imposée 21 fois pour cinq

également le plus lourd, toutes

beauté. Institution la plus titrée du Chili avec

matches nuls sur les

compétitions confondues,

30 championnats nationaux à son tableau de

26 journées que com-

depuis le 4:0 concédé face à

chasse, Colo Colo était déjà assuré de remporter

l’Arminia Bielefeld en 1979.

cette Clausura avant le week-end dernier.

au Bayern Munich la plus lourde défaite de son histoire sur la scène européenne et la plus grosse à domicile depuis 35 ans. Les Espagnols ont ainsi battu le précédent record en la matière, qui appartenait au Dinamo Zagreb, vainqueur 4:1 à Munich dans l’édition de 1963 de la Coupe des Villes de Foire. Ce revers subi par les

défaite en 26 matches : c’est le record sur lequel le nouveau champion du Koweït, Al Qadissiyah, a bouclé sa saison. Une victoire 1:0 sur Al Nasr a ponctué

buts en 47 minutes : c’est l’exploit réussi par

une campagne quasiment

T H E F I FA W E E K LY

porte le championnat du Koweït.

imago, Getty Images (4)

4

à 0 : le Real Madrid a infligé

The FIFA Weekly Edition #28  
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