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REVUE DE PRESSE · Presse, TV, Radios nationales · · Web national · · Presse, Web, Radios locales ·


ENTREVUES BELFORT - FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM 1 Boulevard du Cardinal Richelieu 90 000 Belfort - France - 03 70 04 80 90

· Chargée de Communication · Elsa Lançon communication@festival-entrevues.com

· Attachée de Presse · Catherine Giraud catgiraud@gmail.com


SOMMAIRE PRESSE, TV, RADIOS NATIONALES 3 Ciné+ page 3 CNC page 4 Ecran Total pages 5-6 France Culture pages 7-15 Grazia page 16 La Croix pages 17-19 Le Monde pages 20-27 L’Humanité page 28 Les Cahiers du Cinéma pages 29-33 Les Lettres Françaises pages 34-35 Médiapart pages 36-37 Oüi FM page 38 Septième Obsession page 39 Télérama pages 40-47

WEB NATIONAL

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Accréds Chaos Reigns Critikat.com Critiquefilm.fr East Asia Film de Culte Toute la Culture.com

pages 49-50 page 51 pages 52-55 pages 56-65 pages 66-70 pages 71-81 pages 82-87

PRESSE, WEB, RADIOS LOCALES Belfort Mag La République du Centre L’Est Républicain Radio Flux4 France Bleu Belfort-Montbéliard Grand Belfort.fr Novo Sparse.fr Vosges Matin

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89 pages 89-90 pages 91-92 pages 93-96 pages 97-101 pages 102-104 page 105 pages 106-114 pages 115-116 pages 117

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PRESSE, TV, RADIOS NATIONALES

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Avec Guillaume Massart, réalisateur de « LA LIBERTE »

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Mention de la programmation « Cinéma et histoire »

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PRESSE, WEB, RADIOS LOCALES

BELFORTMAG

le magazine de LA VILLE DE BELFORT | www.ville-belfort.fr

NOVEMBRE DÉCEMBRE

2 0 1 7 NUMÉRO 278

BELFORT FÊTE LE CINÉMA AU 3 DÉCEMBRE DU 25 NOVEMBRE

LE KID DE CHARLIE CHAPLIN (1921) © ROY EXPORT S.A.S

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chand d’art qui a notamment permis au cubisme de se développer, et elle rappelle également une amitié et une collaboration professionnelle de 20 ans entre les deux hommes, Maurice Jardot et Daniel-Henry Kahnweiler de 1957 à la mort de ce dernier en 1979.

Des collections sous un jour nouveau. En 1997 puis en 2002, Maurice Jardot donne un magnifique ensemble d’œuvres d’art moderne à la Ville de Belfort : Matisse, Léger, Picasso, Masson, Laurens et beaucoup d’autres figurent ainsi à la « Donation Maurice Jardot – Cabinet d’un amateur en hommage à Daniel-Henry Kahnweiler », rue de Mulhouse. Cette collection est dédiée à la mémoire du mar-

La première raison de ce nouvel accrochage des collections est de protéger les œuvres car la lumière les affadit. Ensuite, il semble important de solliciter à nouveau la curiosité du visiteur pour modifier son regard sur des œuvres. Des rapprochements étonnants sont ainsi proposés entre Fernand Léger et deux artistes rarement exposés : Suzanne Roger, une de ses élèves, et André Beaudin, proche du cubisme. Un lien intime est également tissé, pour la richesse de leurs couleurs

et l’harmonie musicale de leurs toiles, entre Matisse et Eugène de Kermadec. La collection de Maurice Jardot est également une inépuisable source de découverte et d’apprentissage : sa sélection d’œuvres repose sur un regard acéré, qui lui permet de proposer un panorama solide de la création moderne en France, de Matisse à Picasso. Il semblait donc utile de rappeler la cohérence des recherches du collectionneur, en regroupant les œuvres par courants esthétiques ou par affinités. Enfin, il faut le souligner  : la collection léguée par Maurice Jardot est prévue pour faciliter ces rotations d’œuvres, elle permet de ménager des surprises et des renouvellements. Quoi de plus naturel que de proposer une nouvelle respiration à cette collection, afin de montrer ou de rappeler au public la richesse et CULTURE la variété du fonds permanent ?

NOUVEL ACCROCHAGE DU MUSÉE D'ART ENTREVUES FÊTE TOUS LES CINÉMAS MODERNE DONATION MAURICE JARDOT

La 32e édition du festival EntreVues a lieu cette année du 25 novembre au 3 décembre. Venez rencontrer les cinéastes qui feront le cinéma de demain. L’édition 2017 accueille Saïd Ben Saïd, le producteur des derniers films de Brian de Palma, David Cronenberg, Paul Verhoeven ou Philippe Garrel : il nous fera vivre son festival rêvé. La réalité virtuelle débarque à EntreVues :

des casques seront à disposition pour vivre une expérience cinématographique en réalité virtuelle et une sélection de films sur le sujet sera présentée (Strange Days de K. Bigelow, Des collections sous Serious Games de H. Farocki…). un jour nouveau. En 1997 puis en 2002, Maurice Jardot donne un magnifique ensemble d’œuvres d’art moderne à la Ville de Belfort : Matisse, Léger, Picasso, Masson, Laurens et beaucoup d’autres figurent ainsi à la « Donation Maurice Jardot – Cabinet d’un amateur en hommage à Daniel-Henry Kahnweiler », rue de Mulhouse. Cette collection est dédiée à la mémoire du mar-

chand d’art qui a notamment permis au cubisme de se développer, et elle rappelle également une et une collaboPlongezamitié dans votre petit écran : ration professionnelle de grands réalisateurs (Chabrol, de Akerman…) 20 ans entre les Godard ou ont réalisé hommes, Maurice des filmsdeux majeurs pour la téléviJardotespace et Daniel-Henry sion française, de création Kahnweiler  1957du à insoupçonné pour le de cinéma mortVenez de ce dernier monde la entier. découvrir en 1979. ces pépites, parfois inédites.

et l’harmonie musicale de leurs toiles, entre Matisse et Eugène de Kermadec. La collection de la Maurice JarWalt Disney, Kiki petite sordot est également une inépuicière d’Hayao Miyazaki…) et des sable source de découverte et animations (concours de dessins d’apprentissage : sa sélection et de nouvelles) seront organid’œuvres sur un regard sées. Ils repose présenteront même acéré, qui lui permet deEnfin, proposer des séances en salle. ne un panorama de la créapas manquer solide le magnifique cition moderne France, deavec Mané-concert, enen partenariat tisse à Picasso. semblait donc l’Orchestre VictorIl Hugo de Bourutile deFranche-Comté, rappeler la cohérence gogne sur The des de recherches du collectionKid Charlie Chaplin. Ce sera neur, l’occasion en regroupant les œuvres aussi de découvrir ou par courantsplus esthétiques ou par redécouvrir de 20 films du affinités.comique Charlie Chaplin. célèbre

La première raison de cea Le festival EntreVues Junior accrochage des comme nouvel thématique cette année proté« Je suiscollections un héros ».est Lesdeenfants ger les œuvres les seront au cœurcar delalalumière programaffadit. semble impormation Ensuite, (Merlin ill’enchanteur de tant de solliciter à nouveau la curiosité du visiteur pour modifier Enfin, il faut le souligner  : la collection léguée par Maurice son regard sur des œuvres. BELFORTMAG | NOVEMBRE-DÉCEMBRE 2017 | NUMÉRO 278 | 23 Jardot est prévue pour faciliter Des rapprochements étonnants ces rotations d’œuvres, elle persont ainsi proposés entre Fer- met de ménager des surprises nand Léger et deux artistes et des renouvellements. Quoi rarement exposés : Suzanne Ro- de plus naturel que de proposer ger, une de ses élèves, et André une nouvelle respiration à cette Beaudin, proche du cubisme. Un collection, afin de montrer ou de lien intime est également tissé, rappeler au public la richesse et pour la richesse de leurs couleurs la variété du fonds permanent ?

ENTREVUES FÊTE TOUS LES CINÉMAS

La 32e édition du festival EntreVues a lieu cette année du 25 novembre au 3 décembre. Venez rencontrer les cinéastes qui feront le cinéma de demain. L’édition 2017 accueille Saïd Ben Saïd, le producteur des derniers films de Brian de Palma, David PAGECronenberg, 90 Paul Verhoeven ou Philippe Garrel : il nous fera

des casques seront à disposition pour vivre une expérience cinématographique en réalité virtuelle et une sélection de films sur le sujet sera présentée

Plongez dans votre petit écran : de grands réalisateurs (Chabrol, Godard ou Akerman…) ont réalisé des films majeurs pour la télévision française, espace de création insoupçonné pour le cinéma du monde entier. Venez découvrir ces pépites, parfois inédites. Le festival EntreVues Junior a comme thématique cette année « Je suis un héros ». Les enfants

Walt Disney, Kiki la petite sorcière d’Hayao Miyazaki…) et des animations (concours de dessins et de nouvelles) seront organisées. Ils présenteront même des séances en salle. Enfin, ne pas manquer le magnifique ciné-concert, en partenariat avec l’Orchestre Victor Hugo de Bourgogne Franche-Comté, sur The ENTREVUES 2017Ce- REVUE Kid de Charlie Chaplin. sera DE PRESSE aussi l’occasion de découvrir ou


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interview en direct de ANNA TARASSACHVILI (programmation) interview en direct de ANNA TARASSACHVILI (programmation)

lundi 27 novembre à 17h30 cadre de l'agenda lundi 27 novembre à 17h30 dans dans lele cadre de l'agenda (durée : deux deuxminutes) minutes) (durée : deuxfois fois deux

Interview en direct de ELSA LANCON (communication) interview en direct de ANNA TARASSACHVILI (programmation)

lundi 27 novembre à 17h30 dans le cadre l'agenda de l'agenda vendredi 3 novembre à 7h10 dans ledecadre (durée : deux fois deux minutes) (durée : deux minutes)

Interview en direct de LILI HINSTIN (directrice artistique) interview en direct de ANNA TARASSACHVILI (programmation)

lundi 27 novembre à 17h30 dans le cadre l'agenda de l'agenda lundi 27 novembre à 17h30 dans ledecadre (durée : deux fois deux minutes) (durée : trois minutes)

Interview en direct de MICHELE DEMANGE (secrétaire générale) interview en direct de ANNA TARASSACHVILI (programmation)

lundi 27 novembre à 17h30 dans le cadre l'agenda de l'agenda jeudi 23 novembre à 18h10 dans ledecadre (durée : deux fois deux minutes) (durée : deux fois deux minutes)

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Saïd Ben Saïd 12.2017 —— 01.2018

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f est i va l

e n t re vue s

La culture n'a pas de prix

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Avec sa Fabbrica, le festival international du film EntreVues Belfort offre de découvrir une histoire intime du cinéma par le biais d’un invité, soit cette année le producteur Saïd Ben Saïd – via ses collaborations professionnelles, ses amitiés artistiques et sa formation cinéphilique. Après avoir permis des incursions dans les univers et affinités électives de comédien (Melvil Poupaud) ou de réalisateurs (Jacques Doillon, Tony Gatlif ), c’est le « festival rêvé » d’un producteur, Saïd Ben Saïd, que La Fabbrica propose. Né en Tunisie en 1966, Saïd Ben Saïd

arrive en France à l’âge de dix-huit ans pour suivre des études, et commence rapidement à construire sa culture cinéphilique, assistant aux cours du soir du critique de cinéma Jean Douchet, lisant les Cahiers du cinéma. Ayant échoué au concours d’entrée de l’École nationale supérieure des métiers de l’image et du son (Fémis), le jeune homme travaille en 1994 chez M6, avant de se retrouver chez UGC. Il y découvre le métier de producteur, et y reste jusqu’en 2010, année où il fonde sa propre société, SBS production. Depuis, SBS a affirmé son goût pour les cinémas indépendants européen et américain, en produisant des réalisateurs tels Roman Polanski (Carnage, 2011), Philippe Garrel (La Jalousie, 2013), Brian De Palma (Passion, 2012), David Cronenberg (Maps To The Stars, 2014), Pascal Bonitzer (Tout de suite maintenant, 2016), ou encore Paul Verhoeven (Elle, 2016, qui a notamment reçu deux Césars). Étonnant par son mélange de sagacité et de tempérance – derrière lesquels pointe un esprit piquant – Saïd Ben Saïd évoque à quelques jours d’EntreVues son métier de producteur, sa formation, ses positions.

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B e l fo rt

le cinéma au présent

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Parmi les invités de La Fabbrica figure le critique de cinéma Jean Douchet, pourquoi lui ? Jean Douchet est quelqu’un qui a beaucoup d’importance pour moi. Il compte dans mon itinéraire personnel, dans la mesure où il m’a appris à regarder les films autrement. Avant d’assister à ses cours à la Cinémathèque française et ailleurs, j’ai regardé des milliers de films, mais cela s’arrêtait aux listes des œuvres vues et préférées. Avec Douchet, j’ai appris à avoir un regard et un jugement. Je continue à le voir régulièrement aujourd’hui, il fait partie des personnes à qui je montre en premier les films que je produis, et il fait même une petite figuration à la fin de Elle de Paul Verhoeven. Il a été tout aussi important pour moi que Philippe Sollers l’a été dans la littérature. C’est un maître donc un exemple, un modèle et un facteur d’entraînement. Pourquoi Philippe Sollers est-il important pour vous ? Son ouvrage La Guerre du goût [recueil d’articles et sorte de synthèse du travail critique de Sollers sur plusieurs années, ndlr] a beaucoup compté pour moi et

m’a donné envie de lire La Correspondance de Voltaire, Les Mémoires de Saint-Simon, À la recherche du temps perdu, etc. Ce sont des livres qui m’ont non seulement appris à comprendre les règles du jeu social et ses ressorts profonds mais aussi à devenir un peu moins inhumain avec moi-même. La littérature, encore plus que le cinéma, murît l’esprit, élargit l’expérience et aide à vivre. Dans le programme d’EntreVues, Lili Hinstin évoque le fait qu’un producteur « rêve » un film. Est-ce une position qui vous paraît juste ? Rêver un film, oui, pourquoi pas. On pourrait dire que lorsqu’on produit un film, il y a celui qui s’impose à vous visuellement quand vous le développez en tant que producteur. Puis il y a le film à l’arrivée, forcément un peu différent de ce que vous imaginiez. Peut-être que plus il s’approche de ce que vous aviez en tête, plus la collaboration avec le cinéaste est féconde ... En tant que producteur, qu’est ce qui guide vos choix ? Mes choix sont toujours des choix

— Ce qui m’importe, ce sont les films sur lesquels je suis en train de travailler. Mes choix sont toujours des choix de cinéastes. —

de cinéastes. Disons qu’il y a d’abord l’envie de travailler avec un cinéaste. Ensuite, il faut trouver un projet – un roman à adapter, une pièce de théâtre, un film dont on peut faire un remake, etc. – qui soit proche de sa sensibilité, puis un système de production adapté et rentable. J’aurais envie, par exemple, de travailler avec Bennett Miller, cinéaste dont j’admire beaucoup le travail et dont je vais montrer un film à Belfort (Le Stratège – Moneyball, 2011). Mais tout cela est vraiment théorique, puisque Bennett Miller n’a absolument pas besoin d’un producteur français pour faire ses films, leur financement se montant facilement aux Etats-Unis. Néanmoins, si ce n’était pas le cas, j’essaierais de lui proposer des projets, comme je l’ai fait avec Paul Verhoeven (Elle, 2016), Brian De Palma (Passion, 2012), et d’autres cinéastes avant eux. Concernant les cinéastes américains, ceux que je vais solliciter ont, de façon soit conjoncturelle, soit structurelle, des difficultés à monter leur projet. Et donc j’essaie d’arriver avec quelque chose au bon moment. Après, si je prends le cas de Paul Verhoeven, c’est quelqu’un qui n’avait pas de problèmes pour faire des films aux Etats-Unis. Mais il est très exigeant sur les scripts qu’on lui propose. Verhoeven est un cinéaste dont les projets, de façon générale, ne répondent pas uniquement aux lois du marché, tout en étant évidemment très ouvert sur le public. Et je pourrais dire la même chose de Peter Weir ou de Brian De Palma. Ce sont des cinéastes dont l’ambition est de réaliser des films originaux et singuliers s’adressant au plus grand nombre. Avez-vous beaucoup de projets qui ne voient pas le jour ? Bien sûr, il y a beaucoup plus de projets qui ne voient pas le jour que de projets qui finissent par être produits. Par exemple, le premier film de Garrel que je devais produire était La Lune crevée, d’après une nouvelle de Stendhal San Franceco a Ripa, mais je n’ai pas pu le financer car le projet n’obtint pas l’avance sur recettes et le devis était beaucoup trop élevé pour se lancer dans cette entreprise sans aide publique. Philippe eut alors envie de tourner un film sur son père qui venait de mourir. C’est comme ça que le projet de La Jalousie est né. Le scénario fut écrit en deux mois et réalisé en vingt jours à Paris en noir et blanc avec une équipe réduite. Cela est

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Lorsque vous avez commencé à produire des films, vous projetiez-vous sur le long terme en tant que producteur ? Lorsque j’ai commencé à produire des films, je me rappelle qu’il y avait un producteur très installé qui me disait, peut-être parce qu’il me trouvait cinéphile et qu’il ne comprenait pas ce que je faisais à UGC, « est-ce que tu continues de te prendre pour un producteur ? » Cela m’avait un peu vexé mais je me dis aujourd’hui qu’il avait raison : c’est une très bonne définition du métier que je fais, «  me prendre pour un producteur ». Qu’est ce que c’est « se prendre pour un producteur » ? [Rires] Il faudrait le lui demander. Mais c’est une formule qui, je trouve, me va bien. Avant de faire ce métier, aviez-vous des modèles d’un ou de producteurs en tête ? Que défendaient-ils ? Oui, bien sûr. Quand on commence à

C’est-à-dire ? Ce sont deux cinéastes qui ont depuis longtemps une notoriété internationale et qui ont compris avant tout le monde que le marché du film d’auteur devenait mondial, grâce à l’accélération de la communication entre les pays. À quel moment s’est formulé pour vous le choix d’aller vers la production de films ? J’ai eu beaucoup de chance. Ma grande chance a été d’être recruté par UGC et de produire des films pour eux. C’est une chance à plusieurs titres, la première étant que j’ai fait ce métier que j’aime dans de très bonnes conditions, puisque j’étais salarié ; la deuxième étant que j’ai pu faire les films que j’avais envie de faire. Après, je n’ai pas fait uniquement les films que je voulais : par exemple, si j’ai pu produire les films d’André Téchiné, j’ai également produit Lucky Luke ou Francis Weber. Mais c’est le moment où j’ai beaucoup appris de ce métier (je me suis également occupé des ventes internationales pour UGC). Et au moment où une dizaine d’années après je suis devenu mon propre patron, je savais ce que je voulais être : un producteur français dont la géographie serait celle du cinéma indépendant international. Vous avez créé en 2014 une filiale dédiée à la distribution, SBS distribution. Comment cela s’articule-t-il avec votre métier de producteur ? La production et la distribution sont deux métiers totalement distincts. Ça

n’a rien à voir, ce ne sont pas les mêmes démarches et il est très difficile d’être un bon producteur en même temps qu’un bon distributeur. Je suis devenu distributeur par obligation : lorsque personne ne veut des films que vous produisez, ou que vous n’obtenez pas l’argent que vous souhaitez, vous êtes obligé de le faire vous-même. Pour autant, je ne distribue pas systématiquement les films que je produis. Mais il faut que mentalement je sois capable d’un dédoublement pour en devenir le distributeur. Après, c’est à double tranchant : il est très rare que le marché se trompe. L’appréciation des distributeurs sur le nombre d’entrées est très souvent juste. Quand vous montrez un projet à un distributeur et que lui vous dit que cela va faire beaucoup moins d’entrées que ce que vous pensiez, neuf fois sur dix, il a raison. C’est-à-dire que vous pouvez ensuite décider de distribuer le film, mais il est rare que vous ayez raison...

e n t re vue s

Dans une interview vous évoquez Verhoeven, Roman Polanski, De Palma, ce dernier étant selon vous « un cinéaste de tournage ». Le scénario et le montage l’excitant moins, vous dites, en tant que producteur, devoir « le motiver » lors de l’écriture du scénario. Chaque collaboration avec un réalisateur implique-telle de trouver un rapport spécifique ? Évidemment, les rapports sont forcément différents d’un réalisateur à l’autre. Personnellement, j’essaie de m’impliquer pendant l’écriture du scénario et le déroulement du montage en ayant un dialogue avec les cinéastes avec qui je travaille pendant ces étapes. Je me suis très bien entendu avec De Palma que le scénario, à proprement parler, n’intéressait pas beaucoup. Lorsqu’il est venu à Paris écrire Passion, je le voyais régulièrement et il ne parlait que du découpage. Lorsqu’il écrit, il est déjà en train de tourner son film. Ce qui le passionne, c’est la place et le déplacement des comédiens dans l’espace, le nombre de plans à tourner pour une scène, leur grosseur, etc. J’ai rarement vu une telle virtuosité. Son plus grand film demeure pour moi Carlito’s Way qui est incroyablement riche et surprenant de bout en bout.

travailler, forcément on se construit des filiations. Un producteur que j’admirais beaucoup lorsque j’ai débuté s’appelle Jeremy Thomas. Il m’intéressait, d’abord, car il a notamment produit Bernardo Bertolucci, Nagisa Ōshima, Nicolas Roeg, David Cronenberg, etc. Et puis il faisait exactement ce que je voulais faire, c’est-à-dire construire des liens entre l’Amérique, l’Angleterre – son pays –, l’Allemagne et la France. Il avait réussi à tisser des liens entre les cinémas indépendants américain et européen. Cette façon de travailler m’a aidé à trouver ma propre voie et à la construire. Mais d’autres personnes, pas forcément producteurs, m’ont servis d’exemples. Je pourrais citer Barbet Schroeder, Olivier Assayas, qui sont de très bons cinéastes et qui travaillent aussi, d’une certaine façon, comme des producteurs.

Quels sont vos premiers souvenirs de films marquants enfant ? J’ai vu beaucoup de films marquants, mais il n’y a pas pour moi de film fondateur, ni de souvenir d’un point zéro de cinéma. Enfant, j’allais avec mon père voir des westerns au cinéma à Tunis. Après, comme ça, j’ai le souvenir d’une projection de Spartacus de Stanley Kubrick au cinéma le Carthage, vers l’âge de dix ans. Avant de venir en France j’ai vu énormément de films, et lorsque je suis arrivé ici à l’âge de dix-huit ans, j’ai commencé à les regarder différemment, à lire des revues – notamment Les Cahiers du cinéma –, à écouter Douchet en parler, etc. Longtemps, il n’y a eu que le cinéma dans ma vie, et puis, tout en restant très cinéphile, j’ai commencé à consacrer du temps à la peinture, à la lecture, à la musique, à l’amélioration de moi-même… Parmi les films que vous avez produits, vous dites ne pas avoir de préférés ? Oui, je manque totalement de recul et de lucidité sur les films que j’ai produits. Je n’en parle donc pas. En général, ce qui compte pour moi, toujours, c’est le présent. Le passé ne m’intéresse absolument pas – c’est fait, terminé – et j’ai du mal à me projeter dans l’avenir. Ce qui m’importe, ce sont les films sur lesquels je suis en train de travailler. Par Caroline Châtelet photos : Olivier Roller

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devenu par la suite le cahier des charges des deux autres longs-métrages que nous avons faits ensemble, L’Ombre des femmes et L’Amant d’un jour.

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Un demi sièc l e de bo n télévi ENTREVUES 2017 - REVUE DE PRESSE


le onne v i s io n Lorsque dans les années 1970 les premières cassettes vidéo firent leur apparition, François Truffaut, amoureux par excellence de la salle obscure – en témoignent les nombreuses mises en abyme de celle-ci au cœur de ses films – découvrit et reconnu l’intérêt de ces petites boîtes noires du cinéma, empreintes mises à la portée de tous. Un cadre et des conditions de visionnage radicalement différentes, qui permirent pourtant à de nouvelles formes d’analyses critiques d’émerger et à une autre génération de cinéastes cinéphiles (et cinévores) de naître. Toutefois, un objet distinct de la VHS au surgissement antérieur a rendu possible le cinéma à domicile, représentant déjà non seulement un moyen de transmission innovant, mais surtout un processus de création original. Il s’agit de leur médium de diffusion commun, qu’on l’utilise comme récepteur ou lecteur : l’écran de télévision. À propos de son développement populaire, plus précoce aux Etats-Unis qu’en France, on situe une des manifestations historiques des formes qu’on lui dédie, et qui lui sont propres, dans les années 1950. Les premières notes d’une marche funèbre accompagnaient alors une silhouette bedonnante et légèrement inquiétante, reconnaissable entre toutes, celle d’un des modèles de Truffaut introduisant chaque épisode de l’émission à son nom, Alfred Hitchcock présente. Créateur d’une épopée du crime interminable, l’anglo-américain préfigure de la sorte la fameuse série, au sens donné à l’exercice encore aujourd’hui, court (ou, désormais, parfois moyen voire long) métrage et histoires chocs à la clef. Si l’argument de vente réside principalement dans leur suspense, l’apposition d’un cachet du réalisateur sur le film qu’il donne à voir ensuite devient un prétexte attirant, exporté outre-Atlantique quelques temps après. C’est en effet la pastille Jean Renoir vous présente (ici Le testament du docteur Cordelier), basée sur un principe similaire, qui ouvrira chronologiquement la rétrospective donnée par le festival EntreVues. En parcourant l’« Histoire secrète du cinéma à la télévision française », la « transversale » traite de cet entrecroisement d’univers, tendant d’ailleurs de plus en plus à se confondre – si l’on pense par exemple aux plateformes gérant actuellement la diffusion et la production d’œuvres destinées tant aux petits écrans qu’aux plus grands. Avant, donc, que cette synergie commerciale tende à indif-

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Be lfort Bukowski et Schroeder — ©Les Films du Losange

férencier les procédés, on considère le document télévisuel comme l’aboutissement d’une écriture spécifique. « La télévision, c’est un téléobjectif, tandis que le cinéma, c’est du grand-angle », affirme David Lynch, inaugurant avec Twin Peaks, en 1990, un nouveau genre de série noire. Précédant l’auteur le plus échevelé d’Hollywood ou lui emboîtant le pas, d’autres grands noms issus du septième art ont manifesté leur intérêt pour la circularité et l’extensivité du format sériel. Avec plus ou moins de succès ; citons pêle-mêle Bergman, Pialat, Fassbinder, Soderbergh ou Dumont. Des relations qui se démocratisent, bien que restant ponctuelles et singulières, telles qu’elles s’entretenaient durant les années 1970, prolifiques au demeurant. Documentaires ou fictions, ensembles ou segments, l’exploration thématique trouve naturellement sa place dans les salons, même si leurs réalisateurs doivent dévier, un peu secrètement, de leurs parcours. Jean-Luc Godard disait en substance et en ronchonnant que le cinéma uniquement « fabrique des souvenirs » et voyait une seule et inhérente consommation culturelle aux programmations cathodiques. Il s’y met tardivement, après Georges Franju, Claude Chabrol, Agnès Varda ou Jacques Rozier, cinq cinéastes présents au sein de la sélection. Au côté, entre autres raretés, d’une captation exceptionnelle qui vient démentir de surcroît ce constat amer. Pendant de courtes nuits californiennes, à l’occasion de leur collaboration pour l’autobiographique Barfly au début des années 1980, Barbet Schroeder a saisi sur le vif une figure majeure de la littérature américaine et de la pop culture  : Charles Bukowski. Durant quatre heures de vidéo, il rit, jure, boit, fume, aborde son passé, et maudit le monde, à commencer par lui. Un matériau fascinant taillé pour une télévision idéale, loin de toute commande et dont la durée n’obéit qu’à une contrainte intellectuelle. En l’occurrence, les Tapes de Schroeder répondent à l’idée que l’on peut se faire d’une télévision également exigeante : une proximité touchante avec le sujet et l’approfondissement d’un rapport à l’auteur. N’en déplaise à Godard, une discussion les yeux dans les yeux avec un Bukowski en short, verre de piquette à la main, est difficile à oublier. Par Antoine Ponza

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Lieu d’un cinéma d’exception, de la toute neuve réalité virtuelle à l’Hollywood d’avant la censure, le festival EntreVues porte aussi son regard sur la « petite lucarne » et met en lumière ses liens tissés avec des réalisateurs francophones.

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Un pistolet dans Il fut un temps de légèreté dans les productions hollywoodiennes. Retour en 6 films et hommage aux actrices qui ont incarné la liberté.

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FEMME FAtALE « Une femme, belle comme vous êtes, peut obtenir tout ce qu’elle veut dans ce monde, à cause du pouvoir qu’elle possède sur les hommes. Mais vous devez vous servir d’eux, et non les laisser se servir de vous. » Cette réplique tirée de Baby Face résume à elle-seule la figure féminine déployée dans les films de cette période. Une femme déchue mais forte, parfaitement apprêtée mais furieusement insolente, indépendante sexuellement mais à l’écoute de son plaisir – et qui, en pur produit de la crise économique, est forcée d’user de ses charmes pour arriver à ses fins. Très rapidement, le public vénère ces nouvelles idoles –  il faut dire que le

Par Aurélie Vautrin

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À l’époque, pas de cabinet pour réguler les studios ni contrôler le contenu des productions. C’est donc une douce anarchie qui régit Hollywood, et qui donne lieu à des dizaines de long-métrages très caractéristiques de cette période. Car si une fois le code installé, un baiser ne devait jamais durer plus de trente secondes Rolex en main, les films pré-code contenaient leur lot de scènes érotiques ou carrément sexuelles, hétéro comme homo, de corps dénudés, de dialogues osés, amplifiées par une débauche de violence souvent gratuite mais parfaitement assumée. Là où Hitchcock devra par la suite la jouer fine avec multiples métaphores et autres suggestions, quelques années auparavant, William Heise et ses confères s’en donnent à cœur joie. Du sexe, de la baston, de l’alcool à foison, de la drogue plein les tiroirs, un libertinage affiché, des hommes politiques moqués en place publique – et des femmes farouchement indépendantes, souvent à moitié nues mais seulement en l’ayant décidé. Ce sont justement à ces figures féminines que le festival EntreVues a voulu rendre hommage avec la projection de six films rares, signés Ernst Lubitsch, Alfred E. Green ou encore George Cukor, des longs métrages qui réinventent l’image des femmes, de la femme, alors incarnée à l’écran par Barbara Stanwyck, Mae West, Joan Crawford, Kay Francis ou Clara Bow.

contexte s’y prête à merveille : nous sommes en pleine révolution technologique, avec l’arrivée du parlant, de la radio, des médias et du concept même de « star-system ». Finalement, il y a dans le cinéma de cette époque quelque chose d’un esprit pionnier, clairement irrévérencieux, frontal, direct, certes, mais qui offrit une liberté de création sans précédant. Car même si la plupart des productions finissaient par une élégante pirouette où la « garce » rentrait finalement dans le rang en acceptant le grand amour et le mariage plutôt que l’argent et le pouvoir, les hommes y sont bel et bien des seconds crochets bien loin de la figure éternelle du Mâle que l’on connaît. Une pointe de moralité bien-pensante que ne suffira jamais à l’église catholique, qui, choquée par tant d’indécences, finira par faire plier les studios avec un code de bonne conduite poussé à l’extrême, qui musela les studios pendant trois décennies. Laissant ainsi le champ libre à un cinéma de l’ambiguïté, de la suggestion, et, finalement, en ce sens, peut-être plus érotique encore. Mais ceci est une autre histoire…

Mae West et Cary Grant dans I’m no Angel de Wesley Ruggles (1933)

AnARCHIE VAInCRA

HOLLYWOOD AVAnt LA CEnSURE, six séances présentées par six historiens, en collaboration avec Adrienne Boutang (maîtresse de conférences en cinéma dans le département d’anglais de l’Université de Bourgogne Franche-Comté) et Marie Frappat (maîtresse de conférences en études cinématographiques à l’université Paris Diderot – Paris 7)

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Aussi loin que l’on s’en souvienne, le scandale a toujours fait partie intégrante de l’histoire d’Hollywood. Neuf lettres affichées crânement en haut d’une colline, terre de tous les possibles où les rêves flirtent avec les cauchemars, les illusions avec les pilules et l’espoir avec la poudre blanche (et même noire parfois). Et ce n’est pas la situation actuelle qui viendra contredire l’idée qu’il y a toujours plus ou moins eu quelque chose de glaçant sous le soleil brûlant de Californie. À l’heure où les langues se délient, les réputations se disloquent et les têtes tombent, à l’heure où l’Amérique pudibonde oscille entre images sans équivoque et puritanisme affiché, le festival EntreVues nous propose une rétrospective sur la représentation des femmes dans l’Hollywood du « pré-code », cette (toute) petite période du début des années 30, entre l’avènement du parlant et la mise en place du fameux code Hays – qui, par la suite, instaura une dictature façon auto-censure et força les réalisateurs à rivaliser d’inventivité pour contourner ces règles imposées par les ligues de vertus. 19291934, un âge d’or sinon doré, donc, où les Studios, en roue libre, faisaient tournoyer avec fierté le vent de la provoc’ et de la liberté. « C’est un pistolet dans votre poche, ou vous êtes juste content de me voir ? » Pas (très) loin d’un siècle (!) plus tard, la réplique de Mae West dans Lady Lou de Lowell Sherman n’a pas vieilli d’un iota. Nous sommes en 1933, la crise de 1929 a considérablement sapé le moral de la middle-class américaine, fissurant par là-même la croyance en un système politique indéfectible. Le peuple rêve de légèreté, d’évasion, et, bien qu’appauvri par la Grande Dépression, se tourne vers les salles obscures pour oublier un temps la morosité ambiante.

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Marraine de cœur Jeanne Added a été choisie comme marraine du jury Eurocks One + One, dont le prix récompense un film « pour son esprit musical libre et novateur ». Deux adjectifs qui collent d’ailleurs très bien à la demoiselle également, avant tout curieuse et impatiente de rencontrer les cinq jeunes de 18 à 25 ans qui formeront cet étonnant jury.

Jeanne Added, c’est un look, une voix, un univers. C’est aussi une énergie folle sur scène, une prise de position fièrement affichée et une cool attitude qui rend l’échange furieusement spontané. On a beau lui parler au téléphone, on l’imagine très bien avec son inséparable basse sur le dos et les cheveux en bataille façon punk new-wave décoloré, et ce quelque chose qui pétille sans aucun doute dans son regard puisqu’on l’entend dans sa voix. « Je ne suis pas très à l’aise en général avec l’idée de faire partie d’un jury, ça me semble un peu étrange de juger de la qualité ou non d’une œuvre… En fait, si j’ai accepté, c’est parce que la demande émanait de Kem Lalot, le programmateur des Eurockéennes de Belfort, qui est le premier gros festival à m’avoir programmée, et auquel je suis donc très attachée… Et puis c’était surtout pour être avec ces cinq jeunes ! Discuter, échanger, sur la façon de percevoir un film ou une musique avec des gens qui sont maintenant bien plus jeunes que moi… L’idée me plaisait énormément. Je ne suis absolument pas habituée à ce genre de chose, jury dans un festival, encore moins un festival de cinéma… Ce sera un peu l’aventure, mais s’adapter fait aussi partie du plaisir. » Il suffit de jeter un œil à son parcours pour reconnaître qu’effectivement, dans le fait de s’adapter, Jeanne Added est plutôt douée. Formée à la musique classique, au jazz, au chant ly-

rique et au violoncelle, elle avait préféré briser les codes avec un premier album très rock, Be Sensational, qui l’avait alors propulsée sur le devant de la scène, en 2015, grâce notamment à Look at Them et A War is coming. Aujourd’hui, participer au festival EntreVues, c’est aussi l’occasion pour elle de se frotter au monde du cinéma, elle qui n’a pour le moment « que composé des musiques de spectacles ». N’empêche le 7e Art, Jeanne, elle aime bien ça, les films de Scorsese, de Cronenberg… Et si elle se dit bon public sans être cinéphile – « je ne suis pas assez pointue sur le sujet pour me définir comme ça… En même temps je ne suis pas plus pointue en rock qu’en ciné en fait ! » – pourtant, lorsqu’on l’interroge sur son dernier coup au cœur, c’est une perle du cinéma américain indépendant, Trust de Hal Hartey, qu’elle évoque. « Captivant, haletant, réjouissant… Ce film réunit tout ce qui est important pour moi : passer un bon moment tout en étant stimulé, provoqué en tant que spectateur. » Pas de tyrannie ni de dictature, elle sera une marraine à l’écoute, avide de rencontres et d’échanges. Le contraire nous aurait étonné. Par Aurélie Vautrin

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QUESTIONS À

Elizabeth Askren Jeune chef d’orchestre talentueuse née à New York, très impliquée dans des projets  d’éducation, elle a été invitée à Belfort en clôture d’Entrevues, le festival du film  international, pour accompagner en direct  « The Kid » de Chaplin.  Retour d’expérience…

1/ Comment dirige­t­on « The Kid »,  film culte muet de Charlie Chaplin,  dont il a signé le scénario, la réalisation, le montage et aussi la musique,  tout en utilisant la symphonie dite  « Pathétique » de Tchaïkovski ?

R ANCE

nt déjà  ac­ ’unanimité. anteur pour re  ou  d’un hanteur sur Forestier. sceptiques, es, ni chan­ évolué avec rmais  dans ds­parents, necte, il y a s enfants et rt. Les cinq 0 heures de e  après  un ohnny, l’ont longé en ce l’école  du  est devenu parents. Ses   musiques, sie et leurs  vrais spec­ e et mêlant ies. Le tout instants  de

partage qui font hurler, chanter et danser les pa­ rents avec les enfants. « Là, je m’éclate en scène. Les enfants sont un public sincère ; on ne peut les décevoir ni leur offrir un spectacle de façon déta­ chée. Si tu triches avec eux, ils le voient », confie le chanteur. Lui qui va chaque année à la Hellfest de Clisson (44), haut lieu du heavy metal, sait s’entou­ rer pour chaque nouveau CD d’artistes qui collent à ses  chansons.  Ainsi,  Olivia  Ruiz,  Zaz,  Tryo,  Grand Corps Malade ou Gaëtan Roussel pour « Enfantilla­ ges 3 ». Un CD récompensé par le prix Sacem de la catégorie « Répertoire jeune public » dont les titres parlent aux gamins tout en défendant, sans lour­ deur militante, l’environnement, la cause animale ou  la  citoyenneté.  Aldebert  s’est  même  fendu d’une  version  apaisée  de  la  Marseillaise,  « Aux âmes citoyens ». Il sourit, en avril prochain, il sera papa  d’une  petite  fille,  il  en  garde  jalousement secret le prénom.

Avec une baguette, et en faisant extrêmement  attention au rythme ! La difficulté est de faire  coïncider le vivant et le mort, les images fixes et les  images cinématographiques. « The Kid », comédie  dramatique muette de 1921, doit être  accompagnée au millimètre près.

2/ Comment est né ce projet ? « The Kid » en ciné­concert est une coréalisation  du festival Entrevues de Belfort et de l’orchestre  Victor­Hugo. Passionnée de musique moderne, je  suis régulièrement invitée en tant que chef et  intervenante dans des ateliers éducatifs. En France,  j’ai dirigé plusieurs orchestres et Jean­François  Verdier, le directeur de l’orchestre Victor­Hugo  Franche­Comté, m’a proposé cette collaboration  autour d’un film mythique.

3/ Pourquoi l’orchestre Victor­Hugo  s’est­il produit en petite formation ? Il était en formation de musique de chambre. Une  vraie concentration est en effet nécessaire pour  coller aux images et être fidèle à ce film qui mêle  des séquences dramatiques et de la tendresse.

/ Ludres (54), le 27 janvier à 16 h et 20 h  à l’espace Chaudeau ; Besançon (25) le 10 février à 16 h et 20 h à Micropolis ; Strasbourg (67) le 10 mars à 16 h et 20 h  au palais de la musique et des congrès ;  Dijon (21) le 30 mars au Zénith à 20 h ; Châlon­sur­Saône (71) le 31 mars à 16 h  et 20 h salle Marcel­Sembat ; Sausheim (68) le 1 er avril à 18 h 30 à l’Ed & N ;  Montbéliard (25) le 7 avril 2019 à 14 h 30  à l’Axone.

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Christine RONDOT

« ‘’The Kid’’, comédie dramatique muette de 1921, doit être accompagnée au millimètre près », explique Elizabeth Askren.

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