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ANTONIA DE RENDINGER, ALIVE AND KIDDING L’HUMORISTE QUI MONTE A FAIT UNE HALTE AU LUXEMBOURG ET NOUS A GÉNÉREUSEMENT ACCORDÉ DE SON TEMPS EN ACCEPTANT DE LEVER LE VOILE SUR LA FEMME QUI SE CACHE DERRIÈRE LES ÉCLATS DE RIRE ET DE BONHEUR QU’ELLE DÉCLENCHE. ALIX BELLAC

« J’AIME CONSTATER L’ASPECT THÉRAPEUTIQUE DE L’HUMOUR AUPRÈS DES SPECTATEURS  »

Son parfum Diorella de Dior et le café fraîchement moulu.

j’adore manger... je pourrais passer ma vie à boulotter. Je ne résiste pas devant une boîte de très bons chocolats ni devant du saucisson corse.

Il y a eu le savoureux « homme idéal » au Marrakech du rire (précipitez-vous sur YouTube), mais aussi « l’épilation » ou le remake de la dictée de Pivot où elle se présente hallucinamment grimée dans « On ne demande qu’à en rire ». Et puis des seules en scène ciselés pour embarquer des salles entières. Mais Antonia de Rendinger, c’est bien plus qu’une humoriste de talent à l’ascension prometteuse. Après deux heures d’une discussion à bâtons rompus, on doit bien se rendre à l’évidence, elle est la bonne copine que l’on chérit et que l’on ne voudrait même pas partager. Parce qu’elle n’est pas qu’irrésistiblement drôle, Antonia. Elle est intéressante, émouvante, endurante. Humoriste certes, mais également épouse et mère investie, artiste de doublage pour Arte et créatrice de spectacles clé en main pour les entreprises qui font appel à ses services. Quel est le secret pour faire rentrer tout cela dans une journée lambda ? À l’écouter, on devine la solide éducation qui lui permet aujourd’hui d’avancer toute en humilité et labeur. Et de fait, l’artiste ne débarque pas de nulle part: diplômée en ethnologie et lettres modernes et titulaire d’un DEA de sociologie, on se contenterait de légèrement moins pour amuser la galerie, mais c’était sans compter sur un mental éduqué à l’exigence. « Moi Jeu » est son troisième spectacle

après « Itinéraire d’une enfant ratée » et « Travail Famille Poterie ». Comme pour les précédents spectacles, elle a consciencieusement rodé ses sketchs dans de petites salles et sous la houlette de son metteur en scène, le magnétique Olivier Sitruk. « Ce spectacle est le plus explosif des trois » précise-t-elle. « Je me réjouis chaque fois de l’accueil enthousiaste du public et suis consciente de la chance que j’ai: « jouer » comme une gamine, devant des anonymes et sentir l’aspect curatif de l’humour. Quand je rentre sur scène, je viens cueillir le public. Et la magie opère également sur moi puisqu’à chaque fois j’ai l’impression de dire mon texte pour la première fois ». Et d’ajouter: « sur scène, je suis dans un état second, ce n’est plus moi qui prend la parole ». Antonia ponctue d’ailleurs son propos d’une anecdote savoureuse : « récemment, j’ai joué une soirée durant avec une punaise plantée dans le pied. Je la sentais, mais j’étais comme anesthésiée. Tiens… d’ailleurs... je ne suis pas sûre d’être à jour dans mes vaccins ! » plaisante-t-elle, espiègle. Forcément espiègle. Antonia clôt ainsi notre entretien: « j’ai hâte de lire le portrait de cette femme que je ne connais pas (elle, ndlr.) ». Et bien je vais vous dire, chère Antonia: cette femme-là, vivante, vibrante, drôle et attachante, c’est… la femme idéale !

58 / #MAGAZINE

Sa musique préférée Le requiem et la messe du couronnement de Mozart.

Son livre préféré  Les œuvres complètes d’Irène Nemirowsky. Une merveille...

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Femmes Magazine 185 is out!

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