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SANTÉ /

abusivement augmentent la production d’œstrogènes. Pour un régime bien mené, consultez une diététicienne…

Hormones de substitution ou non ?

Elles ont déjà généré beaucoup d’angoisses, car régulièrement accusées d’augmenter le risque de cancer du sein. Ce qui est vrai… mais bien moins que l’alcool et l’obésité ! Alors ? On s’informe, on en parle avec son gynécologue lequel établira ses prescriptions au cas par cas et en fonction de chaque histoire/facteurs de risques, etc.

Lors d’une mastectomie, combien de temps attendre avant une reconstruction du sein ?

Il existe deux types de chirurgie : quand la glande mammaire, l’aréole et la zone péri-aréolaire doivent être complètement excisées (mastectomie). Ou que seule(s) la ou les tumeurs doivent être ôtées. En cas de mastectomie totale, l’éventuelle reconstruction est d’ores et déjà prévue dès le diagnostic et la mise en place des premiers traitements, en préservant l’enveloppe cutanée. Lors des tumorectomies, la glande restante est remodelée afin d’éviter les déformations et asymétries. Eh oui! Le côté esthétique est aussi devenu une priorité pour les cancérologues, qui l’évoquent généralement dès la mise en route des thérapies.

Si on ne veut pas de prothèse artificielle lors de la reconstruction, existet-il d’autres possibilités ? Oui! Afin d’éviter la pose d’un corps étranger et d’acquérir une apparence la plus naturelle possible, les reconstructions post-mastectomies sont parfois réalisées avec les propres tissus de la patiente (peau, muscle, excès de graisse… ). Ceux-ci sont prélevés au niveau du dos, de l’abdomen ou autre zone avant d’être transférés, transplantés et modelés au niveau du sein. Ce dernier, même opéré et reconstruit, évolue alors et vieillit comme le sein « sain ».

Vais-je mourir ?

Même si le cancer du sein est en augmentation, il se guérit bien mieux qu’auparavant. Avec un taux de survie à cinq ans de 88 %. Et ce, grâce aux traitements plus efficaces, mais aussi aux dépistages réguliers et précoces.

Pourquoi dois-je subir une mastectomie alors que ma voisine a une chimio ?

Chaque tumeur est différente et sa thérapie va dépendre de nombreux éléments : sa taille, la localisation, sa biologie, son évolution… N’imaginez pas non plus qu’un geste chirurgical important (comme l’ablation totale d’un sein) signe un cancer plus grave que s’il est traité par chimio ou radiothérapie. De nouveau, tout dépend du type de tumeur…

On évoque des traitements allégés… Faut-il trembler si la thérapie se montre insuffisante ?

Non! Les cancérologues disposent de médicaments efficaces, mais ils visent désormais la diminution des doses et/ ou des durées d’administration des chimios et radiothérapies. Et donc de leur agressivité ainsi que de leurs effets secondaires. Ce qui se réalise après de longues études et observations réalisées auprès de milliers de patientes pendant des années.

Vais-je perdre tous mes cheveux ?

Si le suivi prévoit une chimiothérapie, ce sera hélas ! Le cas… Les cils et les sourcils vont également tomber après deux ou trois séances. Une étape très compliquée à vivre, mais heureusement, les poils repoussent dès la fin du traitement.

Je ne suis pas trop jeune pour en souffrir ?

Plus on vieillit, plus on est susceptible de développer un cancer du sein. Même si on en retrouve également chez les femmes à partir de la trentaine, voire de la vingtaine.

Le dépistage systématique est parfois remis en question. Faut-il quand même s’y coller ?

C’est le « Programme Mammographie » au Luxembourg : il s’agit d’un dépistage gratuit par mammographie (radiographie des seins) réalisé tous les deux ans chez les femmes âgées entre 50 et 70 ans. Et ce, dans le cadre d’un programme de santé publique. S’il est positif, d’autres examens (échographie, ponctions, biopsies) sont demandés. 105 / #WELLNESS

L’avantage, c’est que les centres agréés disposent d’appareils de qualité, contrôlés régulièrement. Les clichés sont étudiés par deux radiologues. Ses détracteurs lui reprochent le risque de faux positifs (tumeurs détectées à tort, exigeant des examens complémentaires) et faux négatifs (pathologies non détectées). Mais également de surdiagnostic (soit, le repérage d’une tumeur qui ne se serait peut-être jamais développée). Enfin, même faible, l’exposition aux rayons peut entraîner un risque de cancer. Qu’en conclure ? Les statistiques sont formelles : en dépit de ses inconvénients, ce dépistage permet de repérer des pathologies à un stade très précoce. Et donc d’entamer une thérapie plus rapide, plus efficace et surtout plus aisée à supporter. D’autres infos sur le cancer du sein et les programmes de dépistage : www.sante.public.lu.

Pourquoi Angelina Jolie a-t-elle choisi de se faire enlever les deux seins ?

L’actrice présente un gène BRCA2, qui élève fortement le risque de cancer du sein et des ovaires. Circonstance aggravante : dans ces cas-là, l’affection est toujours sévère et de progression extrêmement rapide. Une ablation préventive des deux seins reste une manière de l’éviter. Ce n’est néanmoins pas l’unique solution : des méthodes de surveillance accrue permettent un diagnostic précoce. Ici aussi, les consultations en oncogénétique éclairent quant au danger réel de développer la maladie.

Des (r)évolutions incessantes On n’évoque plus un cancer du sein… mais plusieurs formes, avec de nombreux soustypes. Autrement dit, des tumeurs non identiques qui se traitent de manière différente en prenant compte de différents aspects: chaque patiente, ses caractéristiques génétiques, sa manière de métaboliser les médicaments, etc. Voici en effet l’une des grandes avancées intéressantes dans le domaine de la cancérologie : la « Precision medicine » ou la personnalisation de la médecine favorisant des approches plus individualisées.

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