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Revue de la Fédération des Détaillants en Chaussures de France Février 2016 - numéro 23

La solution « Réassortiments » T

out d’abord, au nom de tout le Conseil Fédéral de la FDCF, je vous adresse tous nos vœux les plus optimistes pour cette nouvelle année ! Mais le plus important est que vous et vos proches soyez bien portants. Professionnellement, nous serons encore cette année à vos côtés pour vous aider dans vos démarches administratives et pour défendre la profession. J’espère que nous serons efficaces et que vous pourrez vous consacrer surtout à l’aspect commercial et gestionnaire de vos entreprises. Aujourd’hui, les choses ont bien changé pour les chausseurs. Les fabricants sont en train d’envahir la toile et de créer des E-boutiques qui nous concurrencent directement. Ils résistent difficilement à cet aspect économique. Ils Le président Philippe DAQUAI peuvent en effet cumuler sur leurs sites leurs marges avec celles de la distribution et gagner sur les frais de commercialisation (forces de vente). Depuis quelques années, les pure-players sont rentrés dans une spirale de prix cassés pour apparaître favorablement sur les sites de comparateurs de prix et attirer les consommateurs. Ces derniers revendent sur des places de marché les produits dont ils se lassent. Des escrocs, de plus en plus nombreux, montent des opérations qui permettent d’enregistrer des commandes avant de disparaître sans jamais rien livrer (voir les émissions de Julien Courbet sur RTL chaque matin). Tout cela semble se faire dans une certaine impunité. Les détaillants passent beaucoup de temps et investissent pour faire vivre leur boutique en ligne avec des résultats de moins en moins convaincants. Pourtant, difficile d’être performant sans être présent sur les réseaux sociaux. Les marques proposaient dès le mois de novembre pour la saison d’Hiver 2015/16 des offres de plus en plus nombreuses de réassortiment à - 30 %, voire - 40 % ou - 50 %. Pour sauvegarder les marges mises à mal par les opérations du type « Black Friday », les promotions en pleine saison et les soldes (que nous avons réussis à maintenir au 6 janvier, certains demandaient qu’ils soient avancés après Noël !), la raison nous pousse à acheter en début de saison la moitié de nos besoins et de compléter avec ces opportunités de réassorts. Ceux d’entre nous qui ont choisi cette voie semblent s’en sortir mieux. La profession et l’ensemble de la filière pourront-ils se maintenir encore longtemps si tous les détaillants limitent fortement leurs achats lors des commandes initiales et si les fabricants bradent des stocks de plus en plus tôt ? Le commerce, et surtout les façons de l’exercer, sont en train de muter. Le consommateur n’est pas encore conscient que sa façon de consommer aujourd’hui aura des conséquences sur la société de demain. Emile Wakselman, alias « Mister Walk», secrétaire général adjoint FDCF qui exploite un vaste magasin Mephisto à Paris 14e, s’exprime fin novembre dans le quotidien Le Parisien.

Ne pas baisser les bras !

L

es chiffres dévoilés par le panel de détaillants de Michel Fourneyron Consulting sont sans équivoque : le bimestre novembre-décembre, sinon le dernier trimestre de 2015, a mis fin aux illusions d’une année positive. Pour nos confrères Parisiens, c’est pire encore ! La séquence des soldes d’hiver se présente plutôt bien, mais il faut que cela dure. A quel prix !… Un stock plus que gonflé et des remises toujours plus importantes. En plus de ce mauvais climat d’affaires, les tracasseries de plus en plus nombreuses pèsent sur notre dos : les ouverture dominicales à foison, la sécurisation de nos caisses enregistreuses, la Complémentaire Santé obligatoire… N’en jetez plus, la coupe est pleine ! Malgré l’adversité, nous ne devons pas baisser les bras. Nous sommes, certes, un petit syndicat professionnel mais fort d’une réelle représentativité comparée à celle d’autres syndicats de l’équipement de la personne. Nous sommes épaulés par la Confédération des commerçants De France (CDF) qui regroupe de nombreuse branches – nous en sommes l’une des composantes les plus actives. Merci chers détaillants de votre confiance envers votre syndicat qui se traduit cette année par une petite centaine de nouveau adhérents ! Jean-Pierre GONET, secrétaire général de la FDCF

Sommaire 2 La CDF sur de nombreux fronts 4 Logiciel anti-fraude pour la TVA 5 Les ZTI vont fragiliser les détaillants 6 Complémentaire Santé 7 Que retenir de cette année 2015 ? 8 Alain Madec - Témoignage Protection juridique

www.chaussure.org


La Confédération des com sur de nombreux fronts Francis Palombi, bien connu dans le milieu des chausseurs, détaille ici les principaux dossiers sur lesquels travaille la CDF qu’il préside.

Salon des maires, colloque de nos fédérations etc). Nous avons établi une collaboration particulièrement intense avec votre fédération aux côtés de votre président, Philippe Daquai. Je profite de m'adresser à vous pour vous exposer un peu plus en détails les principaux dossiers sur lesquels nous travaillons : l L'organisation

et la réorganisation des centres-villes

Martine Pinville, secrétaire d'État chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Economie sociale et solidaire, et Francis Palombi.

C

hers détaillants, chères détaillantes, chers collègues. Je vous présente la Confédération des commerçants De France (CDF) que je préside depuis avril 2014 et, comme vous le savez, je suis un ancien de la chaussure pour avoir dirigé pendant plusieurs années le groupement ANWR-Garant France auquel beaucoup d'entre vous adhèrent. La Confédération représente une structure professionnelle destinée à rassembler des fédérations de commerçants indépendants des secteurs alimentaires et non alimentaires. Nous représentons actuellement 14 fédérations (dont la Fédération des Détaillants en Chaussures de France), soit 200 000 entreprises, 400 000 points de vente, 800 000 salariés, essentiellement des Très Petites Entreprises (TPE). Nos principales missions sont tout d'abord d'accompagner nos fédérations par rapport à des dossiers politiques, les relayer auprès des principaux ministères en lien avec notre activité. Nous sommes à l'écoute des structures adhérentes sur tout aspect juridique, assistés par nos avocats. Nous négocions également au profit des adhérents de nos fédérations des contrats de partenariat à des conditions préférentielles (ex: imprimerie, éclairage, fidélisation, assurance, géomarketing). Nous sommes une source d'information concernant les dossiers du commerce. Nous établissons le lien avec des organisations patronales telles que la CGPME, au sein de laquelle nous participons activement à travers l’UNPMC (branche commerce). Nous sommes également en relation avec les chambres de commerce et d'industrie. Nous participons à des rassemblements et des colloques professionnels en lien avec d'autres structures (Assises du centre-ville,

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avec la proposition de mise en place d'une structure qui rassemblerait dans les villes qui le souhaitent l'ensemble des entreprises afin de représenter une véritable force d'action et de représentation vis-à-vis des collectivités locales et des acteurs du commerce (CCI, Chambre de métiers et de l’artisanat, etc). Sur ce dossier, nous travaillons avec des pays étrangers comme le Québec, la Belgique, l'Allemagne. Nous animons un groupe de travail avec juristes, politiques, organisations professionnelles pour implanter cette structure en France. Nous participerons à un colloque international au printemps prochain proposé et organisé par la Ville de Montréal portant sur la modernisation du service au public et les sociétés de développement commercial (SDC). Sur ce dossier, nous travaillons également en étroite collaboration avec le Ministère du Commerce. l La réglementation des prix. Comme vous le savez, depuis le décret du 11 mars 2015, la France a mis en conformité son droit commercial avec le droit européen (Directive sur les Pratiques commerciales déloyales de 2005). Il s'agit d'une mesure qui a libéralisé le choix du prix de référence, la seule obligation étant de pouvoir prouver la loyauté du prix de base servant à la promotion. Pour les indépendants, nous pensons que cela est une bonne mesure étant donné que ces derniers utilisent le plus souvent le premier prix pratiqué. Nous vous précisons par ailleurs que le principe d'interdiction de vendre à perte est également dénoncé par la jurisprudence européenne. Concernant les soldes, étant donné l'évolution du commerce, les promotions permanentes, les ventes privées, le e-commerce et les modifications exposées ci-avant, nous serions tentés de remettre en cause le système de soldes à deux périodes par an à des dates décidées par les pouvoirs publics. Nous pensons que cette formule

UNE QUESTION, UNE PRÉCISION, UN CAS PARTICULIER ? Contactez le secrétariat de la FDCF, par mail de préférence.


merçants De France est contraignante selon la situation géographique des commerçants, d'autant que les soldes pour les indépendants sont trop tôt, notamment en été. Cela entraîne une perte de marge considérable et une perte de recette 10/15 jours avant le début des soldes. Arrêtons de ramasser les miettes du grand commerce. Nous ne devons pas nous associer à la politique des grands groupes, qui pratiquent en plus dans certains cas des faux soldes. l L’urbanisme commercial. Avec la mise en place de la loi Pinel, nous constatons certaines avancées qui tendent à maîtriser davantage la création de nouvelles surfaces commerciales, notamment en périphérie. Elles permettent aux collectivités locales de se doter d'outils pour revitaliser les centres-villes. La loi donne davantage de pouvoir de consultation aux structures de commerçants (mais avec quels moyens ?!). Avec la mise en place de ces mesures, hélas ! nous ne rattraperons pas les dégâts occasionnés et force est de constater que, bien souvent, maires et promoteurs n’ont vu que leurs intérêts, sans mesurer les graves conséquences sur nos centres-villes. l Le Collectif national de contrôle des centres de marques. Au travers de cette structure que je préside également depuis un an, auquel adhère également votre fédération, en collaboration avec notre avocat, Maître Doueb, nous apportons une veille permanente sur des créations de villages, de centres de marques, outlets, une forme de commerce qui, dans certains cas, s'avère être une concurrence très dangereuse pour les commerçants de centre-ville et qui, de plus, font parfois l'objet de pratiques déloyales (ex : fabrication spécifique de marchandises pour ces centres, qui n'ont jamais été vendues en magasin en prix normal et de qualité moindre, sous l'égide de la marque). Nous ne manquerons pas d’évoquer ce dossier sensible lors de notre rencontre prochaine avec le service de la DGCCRF destiné aux contrôles de ces centres.

d'une dérégulation sociétale. Nous avons aussi été consultés sur les ouvertures des commerces au sein de gares. Là encore nous constatons une nouvelle forme de concurrence pour nos commerces de proximité. Jusqu’où irons-nous ? l L'utilisation des techniques Internet. Cela s'avère incontournable, y compris pour les indépendants que vous représentez. Nous sommes en train de rencontrer des prestataires avec lesquels vous pourrez intégrer le e-commerce, le mcommerce (smartphone) au sein de vos structures. Par ailleurs, nous sommes préconisateurs afin que les collectivités locales et les CCI mettent en place dans les centres-villes des plateformes Internet, pour favoriser, pourquoi pas, la naissance de drives de centre-ville destinés à être utilisés par les commerçants de proximité, en vue de s’adapter aux nouvelles habitudes d’achats des consommateurs. J'espère que ces quelques lignes vous rassureront quant à notre souhait de soutenir activement le commerce indépendant et les nombreux projets de la Confédération. Nous sommes avec vous, derrière vous ! Par l'intermédiaire de votre fédération, nous restons à votre entière disposition pour répondre à vos besoins éventuels. Francis PALOMBI, Président de la CDF

Interview de Francis Palombi sur RTL le 19 novembre 2015 Le président Francis Palombi est intervenu le 19 novembre 2015 sur RTL en direct pour évoquer la situation des commerçants indépendants suite aux attentats de Paris et répondre aux questions des auditeurs. La vie doit reprendre et les consommateurs ne doivent pas céder à une psychose. Ils doivent se sentir en sécurité chez leurs commerçants indépendants. La France traverse une période de deuil et non pas de peur ; l'activité va progressivement reprendre.

l Les

ouvertures dominicales, les zones touristiques internationales (ZTI) et les commerces dans les gares. Après de long mois de discussion, nous constatons que bien que nous ayons été consultés pour apporter nos propositions et critiques, le gouvernement a finalement libéralisé les ouvertures dominicales, notamment à Paris au sein des zones touristiques internationales, décidées arbitrairement par les ministères de tutelle. On peut considérer que, sur ce point, les indépendants que nous représentons ont subi un échec. Il est pratiquement impossible pour une TPE de s'installer dans ces zones. Dans le cadre de la délimitation, on constate des injustices en termes de périmètre (ceux qui sont dans la zone ou en dehors), ce qui entraînera des dévalorisations ou des survalorisations des loyers, des compensations salariales insoutenables pour les indépendants, sans parler

Francis Palombi dans les studios de RTL.

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Le point sur :

TVA : un logiciel anti-fraude bientôt obligatoire pour les commerçants La loi de finance pour 2016 a été adoptée définitivement mi-décembre 2015. Elle comporte un article sur les logiciels de caisse. Celui-ci est intégré au Code général des impôts.

D

orénavant, toute personne assujettie à la TVA doit, lorsqu’elle enregistre les règlements de ses clients au moyen d’un logiciel de comptabilité ou de gestion ou d’un système de caisse, utiliser un logiciel sécurisé. Ce logiciel doit être inaltérable et doit conserver l’archivage des données en vue du contrôle de l’administration fiscale. Le modèle du logiciel sera fixé par l’administration et le commerçant doit être en mesure de fournir le certificat délivré par un organisme accrédité. En cas de manquement, l’amende prévue est de 7 500 euros et le délai pour la mise en conformité est de 60 jours à compter de la remise ou la réception du procès-verbal. La loi n’entrera en vigueur que le 1er janvier 2018, mais l’information immédiate permet de préparer la mise en conformité avant la date butoir. C'est le problème des logiciels de gestion informatisée qui doivent être indexés. Ceux de la chaussure sont conformes à ces normes. La CGPME s'est beaucoup exprimée sur ce texte qui fait passer tous les

Comment peut-on accepter d'être désignés par notre gouvernement comme des fraudeurs en puissance ? Cela fait longtemps que nous acceptons le règlement par carte bancaire pour des sommes ridicules (exemple : une boîte de cirage). Nous gardons peu d'espèces en magasin en raison des risques (fausse monnaie, vols, erreurs rendu monnaie, danger agression...). Nous sommes désignés à la vindicte populaire, le commerce de détail est malhonnête. De qui se moque-t-on ?! On se trompe de cible. Des valises de billets, je n'en ai encore jamais vues dans mon commerce ! Et pourtant, il en circule. On sait que de gros échanges se font bien souvent, mais pas dans le commerce de quartier. En 2018, il faudra encore s’équiper d'un système, qui ne répondra peutêtre pas à nos besoins mais qui remplira les obligations réglementaires. On a l'habitude. Tout devient de plus en plus compliqué, le système devient privateur de liberté et fait obstacle à la libre entreprise et au développement. Une détaillante de Vendôme

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petits commerçants pour de très gros fraudeurs en puissance. Nous avons été désignés à la vindicte publique. On s'attaque aux petits pour faire croire que le gouvernement s'attaque aux problèmes de fraude, mais pas grand chose n'est fait contre les multinationales, les entreprises du CAC 40 ou des entreprises sur Internet qui se dispensent de toutes les obligations légales avec une impunité inadmissible...  Ph. Daquai

Soldes : les dates fixées pour 2016 ne conviennent pas à tout le monde Les soldes d’hiver se tiendront du 6 janvier jusqu’au 16 février, suivant la logique adoptée un an plus tôt. De même que les soldes d’été, fixés du 22 juin au 2 août. Décision prise au grand dam de certains professionnels, dont la Fédération du Prêt à Porter Féminin. « On fera le point ! » répétait en boucle Martine Pinville, fraîchement nommée secrétaire d’Etat au Commerce, à l’ouverture des soldes de juin dernier, esquivant ainsi toute question sur une remise en question des dates des soldes. Six mois plus tard, aucune discussion ne semble avoir atteint les professionnels du commerce, qui se sont vu communiquer un calendrier reproduiLe président Philippe Daquai et Martine Pinville, secré- sant à l’identique taire d'État chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la celui de l’an passé, Consommation et de l'Economie sociale et solidaire. ajoutant aux quatre semaines historiques les deux additionnelles issues des feu « soldes flottants ». « Nous savons que les soldes arrivent au moment où la consommation saisonnière se met à frémir : une régulation à contretemps, qui prive les commerçants de marge », déplore une nouvelle fois Daniel Wertel, président de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin. « Les soldes ne sont ni une fête ni une période économique faste. Les soldes, c’est l’élimination des invendus de la saison. Ce calendrier ne permet plus d’établir de stratégie commerciale juste. »


Les ZTI vont fragiliser les détaillants La FDCF a fait savoir son désaccord au sujet des Zones Touristiques Internationales (ZTI) à Paris et en province. Cela va très nettement fragiliser les commerçants indépendants qui ne pourront s'organiser pour ces ouvertures tous les dimanches et jusqu'à minuit, encore moins quand ils seront dans l'obligation d'ouvrir, dans les centres commerciaux. Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, et Myriam El Khomri, ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social, ont sollicité notre avis… de pure forme. À voir.

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RAPPEL IMPORTANT :

A

compter du 1er janvier 2016, la Complémentaire Santé collective est obligatoire et doit être proposée à tous les salariés. La Fédération a négocié un accord avec les représentants des salariés dans le cadre de la commission paritaire. Cet accord a été étendu par arrêté le 21 décembre 2015 et publié au Journal Officiel du 24 décembre. Les dispositions de cet accord sont obligatoires pour tous les employeurs et les salariés qui relèvent du champ d’application de la convention collective nationale des détaillants en chaussures. L’accord conclu recommande l’organisme assureur HUMANIS.

Les détaillants sont libres de choisir un autre organisme. Ils peuvent aussi choisir une mutuelle dont les garanties sont supérieures à celles négociées par la branche. Dans ce cas, il faut mettre en place la Complémentaire Santé par une Décision Unilatérale de l’Employeur (DUE). Cependant, il faut être vigilant sur le contenu des contrats passés car ils doivent respecter les termes de l’accord de branche passé avec HUMANIS. Différents points doivent répondre aux conditions suivantes : - La participation de l’employeur doit être à hauteur de 50 % de la cotisation, les autres 50 % à la charge du salarié. - La couverture est collective : prévue pour l’ensemble des salariés. - Le contrat est obligatoire pour tous les salariés sauf pour les cas de dispense. - Le contrat doit respecter le socle de garanties minimales, c’est-à-dire le panier de soins minimal prévu par la loi. Que doit comporter le panier de soins minimal ? Il concerne les garanties suivantes : - La prise en charge de la totalité du forfait journalier hospitalier. - Les frais dentaires à hauteur de 125 % du tarif conventionnel pour les prothèses et l’orthodontie. - Les frais d’optique forfaitaire par période de 2 ans (tous les ans pour les enfants et en cas de changement de la vue). La prise en charge est fixée à 100 euros pour une correction simple. Quels sont les cas de dispense ? Notre accord prévoit les cas suivants : - Les salariés à temps partiel et apprentis dont l’adhésion au système de garanties les conduirait à s’acquitter d’une cotisation au moins

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égale à 10 % de leur rémunération brute. - Les salariés bénéficiaires de la CMU-C en application de l'article L. 861-3 du code de la sécurité sociale ou de l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé en application de l'article L. 863-1 du même code. La dispense prend fin dès que le salarié ne bénéficie plus de cette couverture ou ne perçoit plus cette aide ; - et apprentis bénéficiaires d'un contrat de travail à durée déterminée ou d’un contrat de mission d'une durée inférieure à 12 mois, même s'ils ne bénéficient pas d'une couverture individuelle souscrite par ailleurs. - Les salariés et apprentis bénéficiaires d'un contrat de travail à durée déterminée ou d’un contrat de mission d'une durée au moins égale à 12 mois, à condition de justifier par écrit en produisant tous documents attestant qu'ils sont déjà couverts à titre individuel pour le même type de garanties. - Les salariés déjà couverts par une assurance individuelle frais de santé au moment de la mise en place des garanties ou de l'embauche si elle est postérieure. La dispense ne peut jouer que jusqu'à l'échéance du contrat individuel. - À condition d'en justifier chaque année, les salariés qui bénéficient par ailleurs pour les mêmes risques, y compris en tant qu'ayants droit, d'une couverture collective relevant d’un dispositif de prévoyance complémentaire conforme à un de ceux fixés par l’arrêté du 26 mars 2012 (notamment salariés à employeurs multiples ou en qualité d'ayants droit affiliés à titre obligatoire). En application de la législation en vigueur, aucun autre cas de dispense ne pourra être accordé.

Informations pratiques Si vous optez pour le choix d’HUMANIS, et si vous n’avez pas reçu le bulletin d’adhésion de cet organisme, il suffit d’aller sur leur site internet, cliquer sur l’onglet complémentaire santé, puis sur conventions collectives, puis rechercher celle des détaillants en chaussure. Vous accédez ainsi au contrat d’adhésion et au bulletin d’adhésion pour les salariés. Par ailleurs, pour avoir les coordonnées des représentants locaux d’HUMANIS pour vous informer, cliquer sur l’onglet solutions santé, puis sur la rubrique nous trouver, puis sur implantation géographique.


Que retenir de cette année 2015 ? Comme à chaque fois et l’astuce est facile, c’est la météo qui a fait la pluie et le beau temps. Découpons les résultats en 3 étapes. À fin février, on constatait un léger retard de 1 %. La saison Printemps-Été de son côté est ressorti avec – 1 %. Les 4 mois d’automne ont accusé un recul de 2,7 %. Par le jeu du poids des mois, l’année accuse au final un recul de 1,6 %. 3 mois ont forgé le résultat. Sur un plan négatif : Mars avec - 15 % et Novembre – 20 % en sont les principaux responsables. Sur un plan positif : seul septembre avec + 25 % mérite d’être signalé. Michel FOURNEYRON, consultant/Formateur Indépendant

Cinq témoignages très réalistes 1/ Je ressens une débâcle où tous les mois, c’est la chute libre. Dans ma rue piétonne qui était considérée comme la meilleure de la ville. Ont fermé cet été, ARMAND THIERRY, IKKS, BREAL, PAP féminin (dépôt de bilan), etc. Par contre, s’installent des vendeurs arabes avec des produits d’Aubervilliers, des copies défiant toute concurrence. Cette rue est devenue en peu de temps un cimetière. J’en fais partie mais pour combien de temps ? J’ai voulu négocier mon loyer de 2 000 € par mois pour 48 m² de surface de vente, mais le propriétaire a refusé. Le magasin a été réagencé l’année dernière. Le magasin est tout beau, avec un assortiment de 70 à 160 € avec des marques connues du marché. Que puis-je faire à ce jour ? Arroser les clients de SMS, de mails ? Ils en sont saturés. Dois-je faire constamment des promos comme les succursalistes ? Mais là je vais peut-être faire du CA au détriment de la marge, dont j’ai besoin pour payer mes charges. Ma trésorerie s’effrite de jour en jour. Je ne sais quoi penser ? 2/ À force d’obliger les clients à acheter le plein hiver au mois d’août, ils n’achètent plus rien les mois suivants… Il y a encore 10/15 ans, nous vendions à la rentrée des Charles IX, des souliers bas, des ballerines ; au mois de novembre-décembre, les bottes et les montants. Conclusion : nous avons perdu la vente de la paire dite de rentrée !!!... Un passage de moins de la cliente est égal à une paire en moins, multiplié par le nombre… Je vous laisse calculer. La grande distribution nous a poussés à rentrer dans cette course effrénée dans laquelle le consommateur ne se retrouve plus. Mais cela va être difficile de faire marche arrière maintenant ! 3/ Sept mois que ça baisse. Que faut-il penser ? … Quand on a deux ou trois enfants, on ne vient guère chez le spécialiste enfant… Les chaussures à plus de 100 euros pour l’hiver auront du mal à passer.

4/ La douceur en début de mois de décembre par rapport à une période de froid début décembre 2014 est la principale cause de la baisse du chiffre d’affaires. On a pu aussi ressentir un manque de dynamisme et d’envie pour les fêtes au cours de la première quinzaine du mois, effet secondaire des attentats de novembre, beaucoup trop relayés au quotidien par la presse. Activité normale la deuxième quinzaine du mois, mais sans rattrapage du retard pris en début de mois. 5/ Ce qui nous fait une saison avant soldes avec 4 % de mieux. Merci Monsieur Septembre ! Bien sûr, ils attendent tous les Soldes, ça devrait cartonner quel que soit le temps, à condition d'être prêts, tout se fait la 1ère semaine.

Autres témoignages…

Premières réflexions sur les soldes - Ambiance assez laborieuse mais grâce à un envoi massif de SMS (5 000), avec une remise supplémentaire, on retrouve les niveaux de 2014, considérant que 2015 n'était pas significatif avec Charlie. Néanmoins, absence d'ambiance festive, l'impact festif des soldes étant terminé avec la profusion de promos et ventes privées tout au long de l'année. Urgence à réformer le système des soldes qui a fait son temps. - Actuellement : + 8 sur un - 9 l'an passé (attentats). - Pour l'instant les résultats sont bons même si nous n'avons pas rattrapé la chute de novembre. Nous voyons beaucoup plus de personnes âgées que d’habitude… Par contre, pour le Tamaris, c’est toujours aussi difficile (couple avec deux salaires modestes). Problèmes dûs particulièrement aux hausses de prix et d’impôts. - Excellent début de soldes, mais le mois n'est pas terminé ! Pour ma part je pratique - 20 % sur la collection de l'hiver en cours et - 30 % sur les modèles des autres années. Les prix, pour l'instant, passent et la marge n'est pas trop affaiblie. Je peux constater que nous recevons à 90 % des petits clients bien mal chaussés ; chaussures de m.... qui ont été achetées à la va-vite dans une grande surface quelconque. Compte tenu des intempéries et des températures, les parents commencent à réaliser leur erreur. Donc à nous de recommencer le même refrain : Il faut être riche pour acheter « pas cher »...

Le journal du Détaillant - Février 2016 - 7


Conséquences économiques des attentats chez les commerçants indépendants durant la semaine du 30 novembre au 6 décembre 2015. Résultats du sondage réalisé les 7 et 8 décembre 2015 Encore plus de 80 % des commerçants ont constaté une baisse de fréquentation de 10 à 50 %. La baisse de fréquentation est toutefois limitée de 10 à 30 % pour plus de 61 % des commerçants impactés. Concernant l’évolution du chiffre d’affaires, la tendance est similaire, avec encore plus de la moitié des commerçants principalement non alimentaires qui ont noté une baisse de leur chiffre d’affaires sur la semaine de 10 à 30 % et près de 3 commerçants sur 10 une baisse de 31 à 50 %. Le sondage envoyé aux fédérations adhérentes de la Confédération des Commerçants de France montre que 84 % des commerçants non alimentaires

ont noté que les attentats ont eu des conséquences négatives sur l’activité de leurs commerces entre le 30 novembre et le dimanche 6 décembre 2015. Ces résultats étaient de 94 % concernant la semaine suivant les attentats (du 13 au 20 novembre) et de 90 % du 20 au 29 novembre.

Témoignage Comme à votre habitude, vous avez expliqué de façon claire et compréhensible du plus grand nombre des choses très complexes. L'émission m'a beaucoup plu. J'ai beaucoup aimé en particulier ce que vous avez courageusement dit sur la vente de chaussures sur Internet en allant à l'encontre de la mode actuelle, du tout Internet. Je vous remercie une nouvelle fois pour tout ce que vous faites pour nous, détaillants en chaussures. Vos ouvrages sont une mine d'informations qui, j'espère, me permettront à mon petit niveau de démontrer que la chaussure n'est pas un produit comme un autre, qui se vend par correspondance. Madame Damou Fatima Alain Madec dans l’émission « La Quotidienne »  sur France 5, est intervenu sur le thème : Comment trouver chaussure à son pied.

Protection juridique : état des lieux début 2016 Depuis l’état des lieux du mois d’octobre sur la protection juridique dans le Journal du Détaillant, 3 nouveaux dossiers ont été transmis à l’organisme assureur : - Un détaillant à Arras a saisi l’assureur pour un conflit avec un salarié devant les Prud’hommes. - Un dossier d’un adhérent pour un litige concernant le bail avec son propriétaire à Cahors. - Un litige relatif aux nouvelles conditions de renouvellement du bail d’un détaillant à Saint Céret. Comme cela a été déjà précisé, la rapidité du traitement du dossier dépend des documents versés qui doivent être complets.

Depuis la mise en place de la protection juridique en juin 2015, c’est une dizaine de dossiers qui ont été présentés à l’assureur. N’hésitez pas à contacter notre bureau pour la mise en place de votre demande et profitez ainsi de ce service majeur de votre fédération. Plus d’informations sur notre site ainsi que dans le journal de juin. Assuré : L’entreprise, personne physique ou morale, adhérente de la FDCF et à jour de sa cotisation syndicale dans le cadre de son activité professionnelle. Assureur : DAS Assurances Mutuelles

Tél. : 01 42 06 79 30 / 01 42 06 79 40 - Fax : 01 42 06 52 09 Du lundi au vendredi de 9h00 à 17h00 fdcf@chaussure.org www.chaussure.org 46, boulevard de Magenta 75 010 Paris. Conception : Nicolas Petit - 05 53 62 55 15

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Imprimeur : Graphicentre - 35300 Fougères

Journal janvier 2016 def  
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