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Interview « Les produits agro-alimentaires marocains doivent se diversifier et monter en gamme » Nathalie Barbe, Directrice du CETIA et de la FENAGRI

N°51

15 Janvier - 15 Février 2013

30 DH

FOCUS Spécial Halieutis

Etat des lieux du secteur

RESSOURCES

PROCESS

MARCHES

ENTREPRISE DU MOIS

Engrais et pesticides biologiques Une solution d’avenir ?

Fortification Solution de lutte contre la carence en micronutriments

Thé, infusion et compagnie Un marché florissant

Tracopom Une jeune entreprise qui voit grand


L’Interview

Nathalie Barbe, Directrice du CETIA et de la FENAGRI

Les produits agroalimentaires marocains doivent se diversifier et monter en gamme Nommée à la tête du CETIA en 2011, Nathalie Barbe caresse un objectif : faire connaître le Centre, jeune établissement créé en 2000, dont le rôle principal est d’aider les entreprises agroalimentaires à devenir plus compétitives. Interrogée par la même occasion sur les missions de la FENAGRI qu’elle dirige aussi, Mme Barbe nous récapitule les différentes actions de la Fédération menées à ce jour.

FOOD Magazine Quelles actions prioritaires avezvous menées après votre nomination en tant que Directrice Générale de la FENAGRI ? Nathalie Barbe La FENAGRI (Fédération nationale de l’agro-alimentaire) complète les actions des fédérations sectorielles (jus, conserves, sucre, lait, …) en couvrant les problématiques transversales (logistique, innovation, fiscalité …). Elle est un lieu d’échanges et de réflexion sur les enjeux actuels et à venir. Elle représente le secteur dans de nombreuses réunions institutionnelles, diffuse l’information synthétique à ses adhérents et sollicite leurs réactions ou prises de position afin de pouvoir mieux défendre leurs intérêts. Ma priorité est de faire circuler rapidement l’information et de favoriser le travail en collectif. A partir du mois de juillet 2012, la FENAGRI et le CETIA ont travaillé conjointement sur l’élaboration d’une base de données des entreprises agroalimentaires du Maroc.

La FENAGRI l’avait fait en 2006, et donc cela nécessitait une mise à jour. C’est un travail long et difficile de croisement des données de l’OMPIC, du Ministère de l’Industrie, de la FENAGRI et du CETIA, et de leur qualification. En septembre 2012, avec l’appui de la CGEM, la FENAGRI a constitué une task force agro-alimentaire. Son objectif est de réfléchir aux difficultés rencontrées par les industriels du secteur dans leur développement et de faire des recommandations (transversales aux différentes branches sectorielles de l’agro-alimentaire) à partir des éléments factuels réunis. La task force a sollicité la signature d’un contrat programme entre Etat et FENAGRI. Compte tenu des défis de l’agro-alimentaire, deux ministères seraient signataires du contrat : le Ministère de l’Industrie et le Ministère de l’Agriculture. Lors de la réunion CGEM - MEDEF du 12 décembre 2012, M Amarâ a annoncé la signature de ce contrat programme lors des prochaines Assises de l’industrie. Nous y travaillons activement.

La FENAGRI a envoyé aux ministères, début décembre, un projet de contrat programme. Il est actuellement à l’étude. Quelles commissions organisezvous au sein de la FENAGRI ? La FENAGRI s’appuie sur neuf commissions qui réunissent des représentants d’entreprises de toute taille et de tout secteur d’activité. Les adhérents y expriment leurs besoins : Fiscalité, Commerce Extérieur & sous facturation, Normalisation et réglementation, Ressources Humaines, Recherche & Développement, Logistique, Coordination Ministères de l’Agriculture et de l’Industrie, ANPME, Environnement / énergie. Ces intitulés reflètent les principaux dossiers sur lesquels travaille la FENAGRI actuellement.

Suite pages 22-23 FOOD MAGAZINE N° 51 15 Janvier - 15 Février 2013

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FOCUS

Spécial Halieutis Etat des lieux du secteur Accords de pêche, stratégie Halieutis, développement de l’aquaculture et organisation de la commercialisation des produits de la mer : à la veille du salon Halieutis, voici un bilan d’étape sur ces sujets.

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RESSOURCES

Engrais et pesticides biologiques Une solution d’avenir ? Entre préservation de l’environnement et recherche de productivité, la balance a longtemps penché pour la seconde au détriment de la première. Aujourd’hui, le développement d’une agriculture durable, conciliant environnement, développement des revenus des agriculteurs et sécurité alimentaire passe également par une rationalisation de l’utilisation des intrants chimiques conventionnels, voire leur substitution par des intrants biologiques. L’implantation d’une unité de production à Meknès pourrait bien donner un nouvel élan à ce secteur.

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PROCESS

Fortification en vitamines et minéraux Solution de lutte contre la carence en micronutriments Appelée aussi la « faim cachée », la carence en micronutriments est un problème de santé publique qui touche plusieurs populations dans le monde. Afin d’y remédier, la fortification des aliments en vitamines et minéraux représentent une solution qui implique les pouvoirs publics tout comme les industriels.

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L’ENTREPRISE DU MOIS

Tracopom Une jeune entreprise qui voit grand Née en 2009, Tracopom est une petite unité industrielle spécialisée principalement dans la production de frites fraîches. Aujourd’hui, du haut de ses 3 ans, cette PME, gérée par trois associés et coachée en permanence par un consultant technique, échafaude déjà des plans, comme nous l’explique son Directeur Général Rachid Laridi.

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N° 51 • 15 Janvier / 15 Février 2013

L’INTERVIEW

3 Nathalie Barbe, Directrice du CETIA et de la FENAGRI

Edito Florence CLAIR Rédactrice en chef

5 Editorial

6 Agenda L’ACTU 8 17 19 20 21

Maroc Monde Tableau de bord Veille réglementaire Veille R&D

SALON

24 Halieutis

PROCESS

40 Equipements : Cuisson des produits carnés (1ère partie) 42 Emballage : Operculage 44 Logistique : Amélioration continue (2ème partie) 48 Nouveautés : Solutions Fournisseurs

QUALITE

50 QHS : Hygiène des locaux

MARCHES 52 54 55 56 57 58

Produit : Thé Lancements Maroc Lancements Monde Lancements : Les tendances décryptées Nutrition Droit de la consommation

64 FOOD Mondain 66 Délices d’initiés 43 Petites annonces 63 Bulletin d’abonnement

Des bonnes résolutions à concrétiser Alors que depuis fin 2012 les marchés montrent des signaux encourageants et laissent augurer la fin de la crise financière, nous sommes encore – malheureusement – bien loin de la fin de la crise économique. Pour autant, il est urgent, contrairement à l’adage, de ne pas attendre mais de continuer à investir pour l’avenir, histoire de ne pas subir de retard à l’allumage. C’est en tout cas la politique menée par le Maroc au niveau sectoriel. Ainsi, dès 2010 et pour les 10 ans à suivre, la stratégie Halieutis a doté le secteur des produits de la mer d’objectifs très ambitieux en termes de production, d’exportation, de chiffre d’affaires, etc. Mais comment les atteindre, compte-tenu des retards enregistrés et alors que nous sommes déjà en 2013 ? Ce fleuron de l’agro-industrie marocaine à l’export est en effet passé par une première partie de décennie particulièrement difficile avec une raréfaction des ressources en 2011 et une chute des exportations. Même si ces dernières reprennent des couleurs depuis quelques mois, le mal est fait et il faudra reconquérir les parts de marchés perdues. D’autres retards sont déplorés, notamment au niveau de l’appel d’offre permettant l’accès aux ressources pour de nouveaux projets industriels intégrés, qui se fait toujours attendre, au grand dam des professionnels. L’aquaculture, l’un des piliers du plan Halieutis, n’a pas encore pris son élan – le premier appel à manifestation d’intérêt vient d’être lancé. Quant aux aspects compétitivité et innovation, l’offre marocaine souffre toujours face à la concurrence internationale. Enfin, il faudra également veiller à ne pas négliger le maillon final : la commercialisation. D’autres filières comme l’huile d’olive, qui ont bénéficié d’une politique volontariste dans l’investissement productif, en ont fait les frais : elles se sont retrouvées avec une production sur les bras sans acheteur en face. En attendant, réaliser ces objectifs, c’est tout le mal que l’on peut souhaiter aux entreprises opérant déjà dans le secteur et aux nouvelles qui se jetteront à l’eau ! Toute l’équipe de Silvestri Media se joint à moi pour vous souhaiter une excellente année 2013 !


Agenda • Salons Sécurité Expo (Casablanca, Maroc) 23 au 26 janvier 2013 3ème édition du Salon International de la Sécurité et de la Protection des Personnes et des Biens.

Directeur Directeurde de publication publication Adel Adel AMOR a.amor@foodmagazine.ma a.amor@foodmagazine.ma Rédacteuradministratif en chef  Responsable CLAIR ZohraFlorence BENMESSAOUD Direct :: +212 +212 522 54 47 47 20 Direct 22 54 22 f.clair@foodmagazine.ma z.benmessaoud@foodmagazine.ma Journalistes

 Responsable la rédaction Sihamde HAMDI Abdelaziz MEFTAH Direct : +212 522 54 47 21 Direct : +212 22 54 47 21 s.hamdi@foodmagazine.ma a.meftah@foodmagazine.ma

Sirha 2013 (Lyon, France) 26 au 30 janvier 2013 16ème rendez-vous mondial de l’hôtellerie et la restauration qui abritera le concours Bocuse d’Or et la Coupe du Monde de la Pâtisserie.

Sarah OUSAID

Direct : +212 47 29 Rédacteur en 522 chef54adjoint s.ousaid@foodmagazine.ma Florence CLAIR Direct : +212 22 54 47 20 Meriem EL HASSOUNI f.clair@foodmagazine.ma Direct : +212 522 54 47 22

m.elhassouni@foodmagazine.ma

Ont participé à ce numéro AttachéeBOUHLAL de direction  Yasser SalimaCHAKOR AKHSASS Salah Direct : +212 522 54 47 27 Catherine CORNE AMRANI contact@foodmagazine.ma Nabila LAHLOU Driss TERRAB Ont collaboré à ce numéro Marcel ZARDONI Linda BELABED

ISM 2013 (Cologne, Allemagne) 27 au 30 janvier 2013 43ème édition du salon international de la confiserie.

Direct : +212 22 54 47 23 Comptabilité m.zlourhi@foodmagazine.ma Abdelaziz TOUHAM

Mostafa BENgraphique CHARFA Conception Direct : +212 22 54 47 24 Othman EL MAHFOUDI m.bencharfa@foodmagazine.ma Direct : +212 522 54 47 26 o.elmahfoudi@foodmagazine.ma

Stagiaire Kawtar SABIR Publicité

Mostafa BEN CHARFA DirectComptabilité : +212 522 54 47 24 m.bencharfa@foodmagazine.ma Abdelaziz TOUHAM Ahmed SEKKAT Conception graphique Direct : +212 522 54 47 28 Yassine NASSIF a.sekkat@foodmagazine.ma Samir AHCHOUCH Direct : +212 22 54 47 26 s.ahchouch@foodmagazine.ma

Imprimerie IMPRIMAHD Casablanca Imprimerie Rotaco - Casablanca

FOOD MAGAZINE Distribution Maroc : Sapress Une publication de

FOOD MAGAZINE Une publication de Dossier de presse 15/08 Silvestri Media Dépôt légal 0046/2008

L'info et + … .AVENUE DES F.A.R ,119 Dossier de presse Espace Sofia B115/08 Dépôt légal 0046/2008 CASABLANCA 20 000 ISSN : 2028-0335 Tél. : +212. 22 54 47 ,119 27 AVENUE DES F.A.R Fax :Espace +212 .22 44 B1 14 05 Sofia contact@foodmagazine.ma CASABLANCA 20 000 Tél. : +212 522 54 47 27 www.foodmagazine.ma Fax : +212 522 44 14 05 Ce numéro a été tiré à contact@foodmagazine.ma 10.000 exemplaires www.foodmagazine.ma

Crédit photo de couverture : © seb hovaguimian - Fotolia.com

Franck CERDAN Publicité Franck DAUTRIA Morad ZLOURHI Driss HERRATI

Morocco Franchise Forum & Expo (Rabat, Maroc) 1er et 2 février 2013 Salon international de la franchise au Maroc.

Halieutis 2013 (Agadir, Maroc) 13 au 17 février 2013 La ville d’Agadir s’apprête à accueillir en février le salon Halieutis dans sa 2ème édition. Dédiée aux métiers de la pêche maritime, de l’aquaculture et de la valorisation des produits de la mer, cette manifestation internationale table cette année sur des dizaines de milliers de visiteurs et plus de 300 exposants, avec la participation de 30 pays partenaires. Etalé sur 16.000 m2, Halieutis abrite 7 pôles : Flottes & Engins, Valorisation & Process, Ressources, Formation, International, Institutionnels et Animation. Le salon sera inauguré officiellement le 13 février et ouvert au grand public les deux derniers jours. A vos agendas !

Fruit Logistica 2013 (Berlin, Allemagne) 6 au 8 février 2013 21ème édition du salon international du marketing des fruits et légumes. Solaire Expo (Marrakech, Maroc) 13 au 16 février 2013 2ème édition du rendez-vous africain B to B sur l’énergie solaire. BioFach (Nuremberg, Allemagne) 13 au 16 février 2013 Salon leader mondial des

produits biologiques. SIMA (Paris, France) 24 au 28 février 2013 75ème édition du salon mondial des fournisseurs de l’agriculture et de l’élevage. Gulfood 2013 (Dubaï, Emirats Arabes Unis) 25 au 28 février 2013

17ème grand rendez-vous du secteur de l’agroalimentaire et des boissons au Moyen Orient et de l’Afrique du Nord. Le salon abritera la Conférence Internationale de Dubaï sur la salubrité des aliments. Sisab Portugal 2013 (Lisbonne, Portugal)  25 au 27 février 2013 18ème édition du salon international des produits agroalimentaires et des boissons. Ethnic Foods Europe 2013 (Bruxelles, Belgique) 12 et 13 mars 2013 3ème édition du salon européen des produits alimentaires et des boissons ethniques, tenu conjointement avec les salons Ethnic Private Label et Ethnic Foods Ingredients.

• Colloques « Les risques alimentaires émergents : anticipons ! » (Beaune, France) 7 février 2013 2ème session : les nanomatériaux, les composés néoformés, l’interaction emballage-aliment. Assises de l’Industrie (Tanger, Maroc) 20 février 2013 3ème édition qui réunira plus de 1.000 invités, dont l’objectif est de s’informer sur les réalisations atteintes par le Pacte National pour l’Emergence Industrielle et sur les prochaines étapes. Convention France Maghreb 2013 (Paris, France) 28 février au 1er mars 2013 11ème édition sous le thème : « France-Maghreb, quels projets d’avenir pour 2013 ? »

Nos Annonceurs Comaner.............................................................................11 Cosumar...............................................................................2 Crédit Agricole................................................................... 68 Cremai...................................................................................7 Djazagro...............................................................................9 Kane ya makane............................................................... 65 Kerix................................................................................... 19 Isolab.................................................................................. 29

Les Celliers de Meknès................................................... 67 Qualimag........................................................................... 15 Mamouth Industries.......................................................... 45 Silvestri Media...................................................... 25, 35, 49 Stagiaires.ma.................................................................... 31 Steriflow............................................................................. 13 Swing Events..................................................................... 47


L’Actu Assises Nationales du Management et de l’Excellence Mohammed Fikrat « Manager 2012 »

• Produits de la pêche Selon l’Office National des Pêches, les débarquements de produits de la pêche se sont élevés à 995.454 T à fin novembre 2012, soit une hausse de 22% par rapport à fin novembre 2011. En valeur par contre, les débarquements stagnent à 4,5 Mrd DH. Les quantités de sardines ont notamment augmenté de 35%. Sur l’ensemble des débarquements, un peu plus de 134.000 T étaient destinées à la conserve (+30% vs 2011), 276.500 T à la congélation (+15%) et 188.000 T à l’industrie de farine et huile de poisson (+16%). • CRI de Casablanca Au cours du 1er semestre 2012, le Centre Régional d’Investissement du Grand Casablanca a enregistré un record de création d’entreprises. Ces dernières se sont élevées à 3.911, soit +18% par rapport au 1er semestre 2011. Quant aux investissements, ils ont atteint 4,5 Mrd DH, dont 2,5 Mrd pour le secteur industriel, en tête. • TPME En partenariat avec l’ANPME, Bank Al-Maghrib et la CGEM ont décidé de créer l’Observatoire national des Toutes Petites et Moyennes Entreprises (TPME) au Maroc. L’objectif est de centraliser toutes les données sur l’environnement de ces entreprises afin d’évaluer leur accès au financement bancaire et aux différents dispositifs d’accompagnement.

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L’Association de la Qualité et du Management (AQM) a organisé le 20 décembre dernier à Casablanca ses 4èmes Assises Nationales du Management et de l’Excellence, sous le thème « Du management QSE à la RSE : Chemin incontournable d’un Maroc compétitif ». Plus de 130 participants ont assisté aux différentes conférences et ateliers, animés par des experts nationaux et internationaux. Les prix du « Manager 2012 » ont été remis à des personnalités ayant promu les systèmes de management QSE et RSE. Le Comité de Direction de l’AQM a désigné à l’unanimité 3 lauréats : Mohammed Fikrat, PDG du Groupe Cosumar, pour ses actions dans la mise à niveau de l’industrie sucrière au Maroc à travers la généralisation des certifications ISO 9001, ISO 14001 et OHSAS 18001, mais aussi la labellisation RSE de la CGEM de l’ensemble des filiales de Cosumar ; Aziz Qadir, Past président de la Commission RSE de la CGEM, pour le travail qu’il a fait pour la promotion du label RSE ; et enfin un prix « coup de cœur », décerné à Driss Bouami, Directeur de l’Ecole Mohammedia des Ingénieurs. Depuis sa création en 2000, l’AQM a pour mission de contribuer au développement des PME/ PMI/TPE et des Associations Professionnelles. Elle compte aujourd’hui environ 270 membres et est présidée par Kamal Fahmi.

Zones industrielles de Sidi Bernoussi Nouveau siège pour l’association Izdihar Le 19 décembre 2012, l’Association des Opérateurs Economiques des Zones Industrielles de Sidi Bernoussi (Izdihar) a inauguré son nouveau siège, situé sur le boulevard Chefchaouni, en présence notamment de Mohamed Ali Haboucha, Gouverneur de la préfecture des arrondissements de • De g. à dr. : le Gouverneur de la préSidi Bernoussi, et des industriels. Ce nouveau siège, à la fecture de Sidi Bernoussi et M’hamed Younes Lahlou, Président de Izdihar et portée symbolique importante, permettra de renforcer la Président du groupe Yomar. proximité avec les opérateurs de la zone et d’être plus efficace dans la mise en œuvre de ses programmes de développement économique et social. Selon Siham El Khaddar, Directrice déléguée de l’Association Izdihar, « ce nouveau siège permet d’assurer une présence constante pour assurer au mieux et en permanence conseils et accompagnements, mais aussi de mettre en place un programme d’intervention médicale assez pratique. » Ainsi, le nouveau siège d’Izdihar intègre un espace de stationnement permanent pour une ambulance para-médicalisée et un poste de secours. Rappelons qu’Izdihar, créée en 1997, œuvre pour le renforcement et la réhabilitation infrastructurelle et sécuritaire de la région. 650 entreprises de tous les grands secteurs d’activité en sont membres. Les ZI de Sidi Bernoussi génèrent un chiffre d’affaires de 67 Mrd DH, soit 8,21% du PIB national et 30% du PIB de la Région du Grand Casablanca.

Imtiaz Annonce des résultats 2012 L’Agence Nationale pour la promotion de la Petite et Moyenne Entreprise (ANPME) vient d’annoncer les résultats des deux éditions 2012 du programme Imtiaz. Parmi les 61 entreprises ayant présenté des projets de développement, le comité public-privé a retenu 36 projets, dont 9 relevant du secteur agroalimentaire, pour un investissement global de près de 897 millions de Dirhams. Ces projets devraient générer, sur les 5 prochaines années, un chiffre d’affaires additionnel de 8 milliards de Dirhams et créer 1.967 nouveaux emplois. Une contribution en matière d’impôt sur les sociétés de près de 510 millions de Dirhams, soit près de 4 fois la prime octroyée de près de 141 millions DH, est également apportée.

FOOD MAGAZINE N° 51 15 Janvier - 15 Février 2013


Maroc France-Maroc Une Journée de l’agroalimentaire en 2013 Le 13 décembre 2012 à Rabat, à l’occasion de la 11ème Rencontre de Haut Niveau (RHN) franco-marocaine, les Chefs de gouvernement des deux pays se sont félicités des nombreux partenariats conjoints, notamment dans le secteur agricole. Rappelons que la France finance un programme d’appui 2012-2016 au pilier II du Plan Maroc Vert dans le Nord du Royaume, via un prêt de 50 millions € et une subvention de 300.000 €. Les Ministères de l’Agriculture des deux parties ont également conclu ces dernières années plusieurs partenariats institutionnels dans divers domaines comme la formation, la recherche, la coopération sanitaire… A l’occasion de la RHN, la France et le Maroc ont souhaité donner une nouvelle impulsion à ces échanges avec la signature d’un accord cadre visant le développement de la coopération bilatérale dans plusieurs domaines tels que la sécurité sanitaire et phytosanitaire, la gestion des ressources humaines et publiques, la formation professionnelle. Enfin, Messieurs Benkirane et Ayrault ont convenu de la tenue d’une Journée franco-marocaine de l’agroalimentaire au Maroc en 2013. Cet événement sera consacré au commerce et aux investissements agroalimentaires impliquant les deux pays.

Maghreb Startup Initiative 2012 Un projet sur les biopesticides primé Compétition sur business plan visant à promouvoir l’auto-emploi en ciblant exclusivement les jeunes por- • Les lauréats, avec Hicham Lakhtar au centre. teurs de projets innovants dans les trois pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), la Maghreb Startup Initiative a récompensé cette année 5 projets. Le 3ème prix, doté de 40.000 DH, a été attribué à Hicham Lakhtar pour son projet Fbiolak, axé sur la production de bio-pesticides fongiques. Les prix ont été remis le 12 décembre dernier. La compétition avait recueilli 325 candidatures, dépassant largement son objectif initial de 100 dossiers. Un engouement inattendu reflétant la vitalité créatrice de la jeunesse marocaine dans les domaines ciblés par le concours (biotechnologies, économie verte, énergie, service IT). Initié par Education For Employment (EFE), la Maghreb Startup Initiative s’inscrit dans le cadre de l’US - New Beginning North Africa Partnership For Economic Opportunity (PNB-NAPEO), qui associe le secteur privé et la société civile au Maghreb et aux Etats-Unis afin d’appuyer l’éducation des jeunes et multiplier les opportunités économiques au Maghreb. Cet événement sera désormais reconduit chaque année, sous le nom de « Morocco Startup Initiative ».

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L’Actu

Maroc Secteur des fruits et légumes Première rencontre à Madrid

Aziz Akhannouch, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime et son homologue espagnol Miguel Arias Canete, ont lancé le 14 décembre dernier à Madrid, la première rencontre du comité mixte maroco-espagnol des professionnels du secteur des fruits et légumes. Une rencontre qui vise à construire les ponts d’une communication permanente entre les opérateurs des deux bords, dans l’objectif de faciliter leur cohabitation sur le marché commun de l’Union Européenne. Enfin, lors de son intervention, M. Akhannouch a déclaré que, « l’environnement socio-économique, connaît actuellement d’importantes mutations qui imposent aux deux parties la mise en place d’un processus de concertation, et de dialogue permettant de dépasser les difficultés conjoncturelles qui peuvent surgir d’une période à l’autre, et asseoir un véritable partenariat pour le moyen et long terme. »

Nouveau Fanta Un lancement dansant ! A Casablanca, le Morocco Mall a été le théâtre d’un évènement particulier le 16 janvier 2013. A l’occasion du lancement du nouveau Fanta avec sa formule plus fruitée et au goût orangé plus prononcé, CocaCola Maroc a organisé un Flashmob à la Gangnam Style, le plus grand au Maroc. En effet, pas moins de 200 danseurs professionnels y ont pris part, incitant le jeune public présent à participer à la danse. « Nous souhaitons, à travers ce grand Flashmob unique, partager des moments exceptionnels avec des milliers de fans de la marque Fanta. Cet évènement connaîtra une mobilisation très large et le rassemblement de toutes les générations dans une ambiance festive et fun, leur permettant de vivre des moments de joie, d’être spontanés et de voir la vie en couleurs à travers la danse et la musique », a déclaré Farah Chraibi, Flavors Brand Manager de Coca-Cola Maroc.

Carrefour Market 39ème magasin Le groupe Label’Vie vient d’ouvrir son 39ème supermarché Carrefour Market, le 20 décembre 2012 à Casablanca, avenue La Résistance. D’une superficie de 800 m2, ce supermarché a nécessité un investissement de 44 millions de Dirhams, et emploie 50 personnes.

Pêche crevettière Plan d’aménagement finalisé pour 2013 Le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime vient de finaliser la dernière mouture du plan d’aménagement de la pêcherie crevettière au titre de la campagne de pêche 2013. Cette nouvelle mouture vient reconduire certaines mesures déjà adoptées par le premier plan d’aménagement mis en place en 2011, mais aussi renforcer ce dernier avec d’autres mesures en vue de mieux l’adapter à la réalité de l’exploitation de cette pêcherie. Ce plan d’aménagement vise à garantir le redressement du stock de crevettes et à assurer une exploitation rationnelle et durable. Les principales mesures concernent la protection de la ponte des crevettes dans des zones et des périodes précises ainsi que la protection des juvéniles pendant les périodes de recrutement des jeunes crevettes. A noter que cet arsenal de mesures, prévu pour la campagne 2013 et qui se place dans le contexte de la durabilité annoncée par la nouvelle stratégie du secteur de la pêche « Halieutis », sera consolidé par d’autres mesures en 2014 en vue de renforcer le plan d’aménagement.

ANPME Rétrospective 2012 L’Agence Nationale pour la Promotion de la Petite et Moyenne Entreprise (ANPME) a tenu son Conseil d’Administration le 26 décembre 2012, qui a porté sur l’examen du bilan des activités de l’Agence durant l’année 2012, sur le programme d’action 2013 et sur les budgets d’investissement et de fonctionnement au titre de l’année 2013. Ainsi, durant 2012, l’ANPME a procédé à la signature de plusieurs conventions, dont celles avec la Fédération Nationale du Tourisme (FNT) pour le lancement des programmes « Moussanada Syaha » et « Imtiaz Syaha », et lancé deux éditions du programme Imtiaz. Par ailleurs, l’ANPME a accompagné 468 entreprises dans le programme Moussanada, notamment dans des structures opérant dans la qualité & labellisation, et lancé une nouvelle Offre Moussanada en mai 2012 avec 12 packs de services (Développement durable, Qualité et labellisation, Innovation et développement technologique, etc.). Par ailleurs, INMAA et TATWIR ont été mis en œuvre, au côté d’autres programmes. L’ANPME a également coordonné Europe Entreprise Network Maroc, à la suite de l’adhésion du Maroc à ce réseau dont les activités portent sur l’information, le partenariat commercial et technologique et les programmes de financement pour la R&D et l’innovation entre autres. De plus, l’Agence a mis en place plusieurs instruments et démarches pour évaluer l’impact de son action auprès des PME, dont un baromètre qui a montré une amélioration des indicateurs de ventes, d’emploi et d’investissement des PME bénéficiaires des programmes. En ce qui concerne le plan d’action 2013, il porte sur la poursuite de l’accompagnement des entreprises dans le cadre des différents programmes d’appui gérés ou co-pilotés par l’ANPME. Enfin, rappelons qu’un nouveau cadre contractuel Etat/ANPME (2013-2020) a été élaboré afin d’ouvrir de nouvelles perspectives pour l’action de l’Agence.

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L’Actu MEDZ Signature d’une convention avec l’AFD

ONSSA Accréditation des laboratoires selon ISO/CEI 17025

Une convention de prêt a été signée par Abdellatif Hadj Hamou, Président du Directoire de MEDZ, et Dov Zerah, Directeur Général de l’Agence Française de Développement (AFD), le 12 décembre • De dr. à g : Hadj Hamou, Président du didernier. D’une enverectoire de MEDZ, et Dov Zerah, Directeur loppe de 150 millions Général de l’AFD. d’Euros, ce prêt bénéficie au programme d’investissement 2007-2015 de MEDZ pour la réalisation de plateformes industrielles intégrées. Il sera sécurisé par la garantie de la Caisse de Dépôt et de Gestion. Par ailleurs, un protocole d’accord a également été signé. Il a pour objet le parrainage de partenariats entre les technopôles marocaines et les pôles de compétitivité français. Cet accord s’inscrit dans le cadre de la montée en gamme des P2I, gérées par MEDZ, et de la subvention de 500.000 Euros, accordée par l’AFD à MEDZ.

Les laboratoires régionaux d’analyses et de recherches d’Agadir, de Casablanca, de Fès, de Marrakech, d’Oujda et de Tanger, et le Service du Contrôle et des Expertises relevant de l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA), ont été accrédités conformément aux critères de la norme NM ISO/CEI 17025:2005, par le Service Marocain d’Accréditation du Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies. En effet, cette accréditation confirme l’engagement de l’ONSSA pour la démarche qualité dans laquelle il s’est engagé depuis sa création en 2010 et permettra de pérenniser ce processus d’amélioration continue visant la mise à niveau et la modernisation de ses entités d’inspection et d’analyses qui font de l’ONSSA l’autorité compétente crédible pour le contrôle des produits alimentaires tout au long de la chaîne alimentaire.

Condoléances Toute l’équipe de FOOD Magazine présente ses sincères condoléances à Nabil Guennouni, Directeur Général d’Isolab, et à ses proches, suite à la disparition de son père, Haj Ahmed Guennouni.

Nespresso Se met au service de l’art Nespresso a annoncé son engagement aux côtés de l’exposition Nature et CultureAnimaux du Maroc, qui se tient au Jardin zoologique de Temara du 9 au 31 janvier 2013 et dans laquelle sont exposées les œuvres de l’artiste Caroline Fulton. Nespresso a choisi d’apporter son soutien à cette artiste qui, au travers de cette exposition, dédie une série de peintures aux animaux du Royaume du Maroc pour un résultat à la fois esthétique, intriguant et instructif. Véritable ode à la faune et flore marocaine, cette exposition invite également à réfléchir sur le patrimoine animalier du Maroc en orientant la réflexion sur les moyens de combiner les éléments culturels humains et les animaux qui vivent à proximité de ces derniers. Enfin, cette exposition inclut également une démarche associative liée à la préservation du patrimoine animalier du Maroc et de son environnement naturel.

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Produits agricoles Rétablissement des prix à la normale Un rétablissement à la normale des prix des produits agricoles est fort prévisible dès le 15 janvier courant, avec l’augmentation des températures au-delà de 9 degrés et le retour à la production normale de la période. En effet, la principale cause de la hausse du prix des tomates et des pommes de terre, a été la baisse de la température qui a diminué l’offre de ces produits. Entre le 1er et le 15 décembre, le prix de la tomate est ainsi passé de 3 à 7 DH/kg, avant de redescendre à 5 DH au 3 janvier 2013. Quant à la pomme de terre, les prix ont augmenté de près de 50% au cours du mois de décembre suite à la baisse de l’offre. Toutefois, le retour des prix à la normale se fera dans les prochaines semaines. Pour l’oignon, les prix sont stables et affichent les mêmes niveaux que ceux de 2011. Par contre, les viandes rouges et les viandes blanches restent aux mêmes niveaux que ceux de 2011 voire inférieurs. Enfin, les céréales et légumineuses affichent les mêmes niveaux de prix observés en 2011 à l’exception du pois chiche dont la production de la campagne 2011/2012 a baissé à cause de la vague de froid du printemps 2012.

Concours Nescafé Dance Crew Trois gagnants désignés A l’issue du concours Nescafé Dance Crew, réalisé par Nescafé, trois vainqueurs ont été désignés. En plus de remporter la somme de 5.000 Dirhams chacun, les gagnants ont été invités à une résidence artistique de cinq jours avec le coach Redouane Jamai, membre fondateur du groupe Salama Crew. Durant trois jours, les trois jeunes espoirs de la danse ont préparé une chorégraphie pour le dernier clip de Masta Flow. Un programme 100% danse avec 6 heures de coaching par jour.


Maroc La symphonie de la bonne humeur Nouvelle campagne de communication de La Vache Qui Rit La Vache Qui Rit a lancé une nouvelle campagne de communication intitulée « la symphonie de la bonne humeur ». Alliant humour et musique, le film publicitaire est déjà diffusé sur les écrans TV marocains. Il est également appuyé par un dispositif pluri-média comportant la radio, le web et l’affichage. L’orchestre symphonique de la publication est composé de 60 instrumentistes et de 11 musiciens populaires marocains.

Elevage Akhannouch annonce des dispositions Etant donné les difficultés vécues dans le secteur de l’élevage, à la suite de la flambée des prix des matières premières sur les marchés mondiaux, le Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime a annoncé, en marge de la 15ème édition du salon Dawajine, les dispositions prises par le Gouvernement dans le cadre de la loi de finances 2013. Elles concernent : - la réduction des droits d’importation à 2,5% pour les matières premières qui n’étaient pas encore assujetties à ce taux ; - l’harmonisation de la TVA au taux de 7%, aussi bien en amont qu’en aval de l’industrie provendière ; - l’autorisation d’incorporation du blé fourrager dans la fabrication des aliments composés. Par ailleurs, l’Association des Fabricants d’Aliments composés (AFAC) et l’Association Nationale des Producteurs des Viandes de Volailles (APV) ont pour leur part tenu une réunion sous l’égide de la FISA (Fédération Interprofessionnelle du Secteur Avicole), afin de réviser : la baisse, les prix des aliments composés destinés à l’alimentation des animaux.

Bourchanin Roger Federer ambassadeur Moët & Chandon La célèbre maison de champagne Moët & Chandon, distribuée au Maroc par Bourchanin, vient d’annoncer que le non moins célèbre tennisman Roger Federer était désormais son nouvel ambassadeur. Ces deux icônes mondiales partagent les mêmes valeurs d’excellence, d’élégance et de générosité. « Etre ambassadeur de la marque Moët & Chandon est plus qu’un honneur pour moi, c’est une invitation à faire partie d’une tradition très glamour », s’enthousiasme Roger Federer, qui tiendra une place centrale dans la prochaine campagne publicitaire de la marque, qui sera dévoilée en mars 2013. « En tant que champagne de toutes les victoires et supporter engagé des grands tournois de tennis internationaux, nous sommes extrêmement fiers d’accueillir Roger Federer en qualité d’Ambassadeur international de la Maison Moët & Chandon », souligne de son côté Stéphane Baschiera, Président de Moët & Chandon.

La Semaine Verte Internationale de Berlin Deuxième participation du Maroc Le Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, Aziz Akhannouch, prend part, à la tête d’une délégation de responsables et de professionnels, à la 78ème édition de La Semaine Verte Internationale de Berlin, qui se tient du 18 au 27 janvier 2013 à Berlin en Allemagne. La participation du Maroc à cette édition est réalisée autour du thème « Le Maroc visite l’Europe », et est marquée par l’exposition d’une multitude de produits représentant aussi bien les terroirs marocains que l’industrie agroalimentaire et les fruits et légumes du Maroc. Le Maroc occupera un pavillon de plus 500 m2 qui accueillera 17 coopératives agricoles des produits du terroir et 11 exposants du secteur des fruits et légumes. Enfin, cette deuxième participation s’inscrit dans le cadre de la stratégie volontariste du Plan Maroc Vert, basée sur une vision claire de développement et de promotion de l’offre marocaine en produits agricoles. FOOD MAGAZINE N° 51 15 Janvier - 15 Février 2013

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L’Actu

3èmes Assises Nationales de l’Exportation Promotion de l’exportation Malgré une augmentation des exportations au cours de ces 10 dernières années, le Maroc tire la sonnette d’alarme quant à la balance économique. C’est dans ce cadre que se sont tenues, le 11 décembre 2012 à Skhirat, les 3èmes Assises Nationales de l’Exportation, dans le cadre du Forum Marocain du Commerce International, afin de faire le point sur les réalisations et les défis stratégiques, apporter une réponse aux problématiques liées à la mise en place des stratégies sectorielles et optimiser leurs apports pour l’économie marocaine. Siham HAMDI de développement du comconstituer une réponse aux défis du merce extérieur. En effet, développement économique et social. l’état d’avancement des Le point sur les stratégies mesures de développesectorielles ment des différentes straParmi les défis stratégiques du tégies sectorielles et la proRoyaume figurent notamment la Vimotion de l’export ont été sion 2020, anciennement Vision 2010, au cœur de cette rencontre pour le secteur touristique, le Pacte qui a mis l’accent sur les National pour l’Emergence Indusétapes de redressement trielle, le Plan Maroc Vert et le Plan du commerce extérieur Halieutis dans les secteurs de l’agriet sur les parts de marché culture et de la pêche maritime, sans gagnées à l’international. oublier d’autres réalisations pointues L’aggravation du solde de liées à d’autres secteurs, telles que la la balance commerciale • De g. à dr. : Mohamed Tazi, ex-Président de l’ASMEX, Abdelilah Benkirane, Chef du Gouvernement, Abdelkader Stratégie Maroc Numeric, la Stratédu pays qui n’a cessé de Amara, Ministre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles gie Logistique, le Plan des Energies se dégrader depuis vingt Technologies, et Miriem Bensalah, Présidente de la CGEM. Renouvelables, etc. ans, globalement avec rganisé par l’Association L’accent a été également mis sur l’imtous les pays et pour presque tous les Marocaine des Exporportance d’une mobilisation gouversecteurs, a également été largement tateurs (ASMEX) et le nementale pour la cohérence de ces débattue. Département du Comstratégies, tout en assurant l’efficience L’objectif apporté par le FOMACI est merce Extérieur, le Forum Marocain de l’utilisation des fonds destinés à principalement lié à la cohérence du Commerce International (FOMACI) et à la convergence des différentes mesurer leur efficacité, à travers des a connu la participation d’un grand outils de veille et d’instruments de stratégies sectorielles prometteuses nombre d’entreprises marocaines suivi et d’évaluation. lancées par le Maroc, en vue de opérant dans les différents secteurs industriels, dont l’agroalimentaire, et Les panels FOMACI de différentes institutions actives dans Les 3èmes Assises de l’export ont été l’occasion de débattre sur un certain nomle domaine. Le Forum a été tenu en bre de thématiques dans trois panels animés par des représentants gouverprésence de Abdelilah Benkirane, nementaux, institutionnels et entrepreneuriaux. Ces thématiques ont d’abord Chef du Gouvernement, de Abdelkaporté sur le déficit commercial et la croissance économique des importations, der Amara, Ministre de l’Industrie, du un problème qui réside aujourd’hui dans l’accroissement plus rapide des Commerce et des Nouvelles Technoimportations marocaines, non seulement dû à l’ouverture du Royaume, mais logies, de Miriem Bensalah, Présidenaussi aux achats incompressibles, principalement l’énergie et les produits te de la Confédération Générale des alimentaires de première nécessité. Des importations qui ont connu un taux Entreprises Marocaines (CGEM) et de de croissance moyen de 16,6 % au cours de ces 10 dernières années, contre Mohamed Tazi, ex-Président de l’AS10,6% de croissance pour les exportations sur la même période. D’autre part, MEX, ainsi que de certains diplomates le 2ème panel a mis l’accent sur la compétitivité des exportations et de l’écoétrangers et instances internationales. nomie nationale, un aspect qui fait face à la problématique liée à la balance

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Présentation du bilan

Véritable manifestation d’envergure majeure, le FOMACI a été organisé afin de présenter le bilan des activités

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commerciale malgré l’augmentation des exportations. Enfin, la dynamique et la convergence des politiques de promotion ont été évoquées lors du dernier panel des 3èmes Assises de l’exportation, en relation avec le renforcement de la part du Maroc dans les marchés cibles.


Maroc Mycotoxines Première journée nationale Le 15 décembre 2012 a été la première journée nationale organisée à Rabat par la Société Marocaine de Mycotoxicologie (MSM) sous le thème « Mycotoxines et Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires ». Au Maroc, pays méditerranéen à climat chaud favorisant la croissance des moisissures, des études ont démontré la présence de mycotoxines dans l’alimentation humaine et animale. Mettant l’accent sur le danger que représentent ces toxines, les différents participants de la journée recommandent pour la MSM de mettre en place un Réseau Marocain sur les Mycotoxines (RMM) comme plate-forme d’ échange, d’organiser annuellement une Journée Scientifique nationale thématique et une manifestation Internationale sur les Mycotoxines, de créer un prix de la MSM pour encourager la recherche scientifique sur les mycotoxines au Maroc, de publier un Bulletin de la MSM et enfin, de créer un fond de recherche et de promotion des travaux en mycotoxicologie. Pour les pouvoirs publics, les intervenants recommandent de mettre à jour et adopter le projet marocain de Réglementation sur les Mycotoxines, lutter contre le commerce du pain moisi et de toute commodité sujette aux moisissures, instaurer un Programme National pour l’étude de l’impact et de la prévalence des mycotoxines sur les animaux et l’Homme, améliorer le système de contrôle national des mycotoxines, et contribuer à la création d’une base de données nationale sur les moisissures et les mycotoxines. Enfin, les organisateurs de cet évènement ont tenu à rendre hommage à Abdelrhafour Tantaoui-Elaraki, Président et initiateur de l’association MSM.

Devcom Maroc 2ème édition réussie Organisé par la CFCIM, la 2ème édition du Devcom Maroc s’est tenue à Casablanca les 11 et 12 décembre 2012. Dédié aux décideurs du Développement Commercial, du Marketing et de la Communication, ce Business Forum constitue un lieu d’échanges conçu pour tous les niveaux du management de l’entreprise, et se propose d’apporter aux entreprises marocaines des solutions concrètes et des conseils pratiques orientés 100% résultats. Avec 4.000 visiteurs drainés cette année, Devcom Maroc 2012 a été ponctuée d’animations dynamiques avec 250 Speed-Démos récompensées par les Trophées et Prix Devcom Maroc, 40 conférences réparties en 5 forums thématiques. Dans ce cadre, Leila Moumou, Head of Category Channel Sales Development chez Nestlé Maroc, a défini la notion de Trade Marketing (TM) et expliqué son rôle qui est la gestion d’une catégorie de produit au sein d’une entreprise agroalimentaire. En effet, la mission du Responsable TM consiste à convertir la connaissance et la maitrise du consommateur et/ou shopper, du canal et des clients en des plans commerciaux actionnables et des solutions efficaces.

Contenants Normalisés pour palangriers et chalutiers Coup d’envoi Dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie Halieutis, Aziz Akhannouch, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime a inauguré, le 15 janvier dernier, l’unité de gestion des contenants normalisés de Casablanca. Il a ainsi donné le coup d’envoi à la généralisation de l’utilisation des contenants normalisés, par les bateaux palangriers et chalutiers dans l’ensemble des ports du Royaume. Ce démarrage très attendu au port de Casablanca est une étape-clé dans le processus de généralisation de l’usage des contenants normalisés aux autres ports de pêche du Royaume. Cette phase donne au processus une dimension nouvelle avec la généralisation, dans un délai d’un mois, de l’utilisation des contenants normalisés (palangriers et chalutiers), dans la région Atlantique Nord et la région Méditerranéenne. Notons que les trois modèles de contenants (sardiniers, palangriers et chalutiers) sont fabriqués en plastique alimentaire répondant à des normes de qualité, notamment en matière de résistance aux ultraviolets, aux variations de températures (de - 25°C à +70°C) ainsi qu’à l’attaque des produits de nettoyage. Ces contenants sont également dotés d’un système de drainage qui permet d’évacuer les différents liquides vers l’extérieur de la caisse. De plus, ils préservent mieux la qualité organoleptique des produits et évitent de transmettre aux produits de la pêche des substances nocives pour la santé. FOOD MAGAZINE N° 51 15 Janvier - 15 Février 2013

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L’Actu

Maroc

Forum International de l’huile d’olive Partage d’expériences méditerranéennes Organisée par l’Agro-pôle Olivier ENA Meknès en collaboration avec l’Union pour le développement de l’Olivier de Meknès (UDOM), la 2ème édition du Forum International de l’huile d’olive s’est tenue à Meknès le 18 décembre dernier sous le thème : « Organisation professionnelle oléicole : Expériences méditerranéennes et enjeux pour la compétitivité de la Filière de l´Huile d´Olive ». Compte-rendu. Sarah OUSAID, en collaboration avec Noureddine OUAZZANI

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vec l’accroissement actuel que connait la production d’huile d’olive à l’échelle mondiale (en 2011/12, elle a atteint 3.408.500 T, son maximum historique selon le COI), l’intérêt pour les produits oléicoles s’accentue davantage en incitant plusieurs pays producteurs à améliorer leur production. Ceci dit, les efforts des intervenants du secteur oléicole doivent porter sur l’organisation professionnelle, chantier

• Dr Noureddine Ouazzani, Directeur de l’Agro-pôle Olivier de Meknès.

prioritaire pour une meilleure compétitivité de l’huile d’olive sur le marché local et international.

Des points pour le coopératisme oléicole

Menées par des experts et des représentants de la profession oléicole espagnole, française, italienne et marocaine, les différentes interventions ont souligné que le coopératisme oléicole a contribué fortement à faire de certains pays comme l’Espagne un pays leader du secteur oléicole international. En effet, le coopératisme

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oléicole a vu le jour dans les années 50 dans la majorité des zones oléicoles espagnoles grâce à un climat d’encouragement qui a incité un grand nombre d’oléiculteurs à l’adhésion aux coopératives oléicoles. Aujourd’hui, le coopératisme oléicole en Espagne joue un rôle décisif dans la concentration de l’offre et l’équilibre du marché de l’huile d’olive au niveau international puisque ces coopératives rentrent dans des alliances avec les grands groupes de l’huile d’olive pour mener une politique commune de commercialisation à l’international. Cette dynamique a aussi eu des retombées sur le secteur de valorisation des sous-produits de l’olivier. Par ailleurs, force est de constater l’importance des moyens financiers mobilisés pour la promotion et le développement de la filière oléicole des principaux pays oléicoles méditerranéens : le budget de l’Interprofession de l’huile d’olive en Espagne est de 15 millions d’Euros financé à 65% par le gouvernement espagnol et l’UE. En France, 2,3 millions d’Euros sont mobilisés pour le développement et la promotion de la consommation de l’huile d’olive.

Une priorité pour le Maroc

Dans le cadre du Plan Maroc Vert qui table sur la mise à niveau et le développement de la filière oléicole, l’organisation professionnelle s’impose plus que jamais dans l’objectif de permettre à cette filière de tirer plein profit des opportunités offertes par l’ouverture sur l’économie mondiale, notamment la création de nouveaux débouchés et l’amélioration des conditions d’accès à

l’export... Dans le cadre de la loi n°0312 relative aux interprofessions agricoles et halieutiques, l’interprofession marocaine de l’olivier a vu récemment le jour, rassemblant les opérateurs des filières « huile d’olive » et « olive de table ». Dans le cadre du programme Millenium Challenge Corporation (MCC), le Département de l’Agriculture vise à élaborer une nouvelle feuille de route axée sur le développement de la production et de la qualité selon un modèle intégré. Notons parmi ces choix stratégiques l’adoption d’un modèle contractuel spécifique pour l’agrégation des petits producteurs autour de Groupements d’Intérêt Economique (GIE). Cette organisation permet de bénéficier de la valeur ajoutée du regroupement et de valorisation de la production ainsi que de sa commercialisation, de garantir une production de qualité répondant aux normes sanitaires en vigueur et d’assurer par conséquent la durabilité des activités initiées par le Projet Arboriculture Fruitière (PAF). Pour sa part, l’Etat appuiera les GIE par la mise en place d’unités de valorisation et de conditionnement performantes à travers des financements octroyés dans le cadre de projets tels le PAF et des aides consenties dans le cadre du Fonds de Développement Agricole (FDA). Classé parmi les dix premiers producteurs d’huile d’olive dans le monde, le Maroc, s’appuyant sur le dynamisme créé entre les acteurs publics et privés, œuvre ainsi pour un avenir meilleur pour sa filière oléicole.


Monde ISO Publication de l’étude annuelle

SIMA-SIMAGENA 2013 International par excellence !

L’ISO, Organisation internationale de normalisation, vient de publier son étude annuelle sur la certification des systèmes. Pour la première fois, les résultats, par année et par pays, sont téléchargeables gratuitement sur le site web de l’ISO. Ainsi, en 2011, le nombre de certifications ISO 22000 a augmenté de 8% par rapport à 2010 : 19.980 certificats ont été dénombrés dans le monde en 2011, dont 637 en Afrique et 46 au Maroc.

Pour sa 75ème édition, le salon SIMA-SIMAGENA qui se tiendra du 24 au 28 février 2013 à Paris se veut encore plus international. Placé sous le thème de « l’agriculture mondiale performante et durable », c’est le rendez-vous de l’ensemble des acteurs du monde agricole. Cette année, la présence d’exposants internationaux a augmenté de 12% avec plus de 41 pays représentés. Une hausse du nombre de visiteurs est également attendue, en provenance de plus de 120 pays. Lors de l’édition 2013, l’Algérie, la Chine et le Kazakhstan seront mis à l’honneur tandis que de nombreux événements et animations à destination des visiteurs ou des exposants (rencontres internationales, conférences techniques et ateliers pratiques, open-shows, échanges Ubifrance, rencontres du Climmar…) ponctueront les 5 jours du salon.

Crudi Une orange pour McDonald’s France ! Partenaires depuis 30 ans, Crudi a conçu pour McDonald’s France un nouveau produit innovant dans la lignée des fruits à croquer : la P’tite Orange. Faisant appel à une nouvelle technologie mise en place au sein de son site à Torreilles, Crudi a préparé des quartiers d’orange non pelées conservant toute leur fraîcheur et leur teneur en vitamine C. Pour cela, le fabricant a sélectionné la meilleure variété d’orange de bouche, majoritairement cultivée en Espagne, afin que le produit fini soit juteux, frais, plein de saveur et pratique à consommer. Ainsi, la P’tite Orange est une solution ludique pour consommer ce fruit de saison qu’est l’orange : la découpe en quartiers avec la peau permet de détacher et déguster la pulpe de l’orange très facilement ! Notons que la P’tite Orange sera incluse dans les menus enfants Happy Meal ou vendue à la pièce, à partir du 9 janvier 2013, dans les restaurants de McDonald’s France.

Gulfood Surface record Le salon international de l’alimentation et de l’industrie hôtelière, qui se tiendra du 25 au 27 février 2013 à Dubaï, affiche désormais complet, avec une croissance de 13% de sa surface. Cette dernière est portée à près de 114.000 m2, incluant un hall temporaire qui a permis de satisfaire une bonne partie des demandes en attente. De nouveaux pavillons nationaux feront ainsi leur apparition : Equateur, Lituanie et Oman. L’augmentation de surface donnera également plus d’espace aux fournisseurs de machines et d’ingrédients. L’édition 2013, placée sous le thème « International Flavours, World Class Business », constituera la plus grande plate-forme alimentaire de la région. Pour rappel, en 2012, Gulfood avait accueilli 3.816 exposants et 68.681 visiteurs professionnels, dont 61% d’internationaux.

Clin d’oeil Les bouteilles d’eau en plastique bannies ! La ville de Concord (Massachusetts, Etats-Unis) est devenue la première à interdire la vente de bouteilles d’eau en plastique de moins d’un litre, et ce depuis le 1er janvier. A l’origine de cet arrêté municipal qui prévoit une amende pouvant aller jusqu’à 50 Dollars, une octogénaire dénonçant depuis 3 ans la pollution créée par ces petites bouteilles : les Américains en consomment plus de 50 milliards d’unités par an, dont seulement 23% sont recyclées d’après le mouvement « Ban the Bottle », qui a soutenu ce projet.

Fromage à 1% MG de Dukan Primé aux Trophées LSA de l’innovation 2012 Pour la 33ème édition des Trophées LSA de l’innovation, le magazine LSA et ses partenaires ont choisi d’octroyer le prix de l’innovation dans la catégorie Crémerie – Ultrafrais au premier fromage élaboré par le groupe Dukan. Fabriqué et affiné dans le Dauphiné, le St Pierrelin est proche du St Marcellin dans sa texture et son goût mais ne contient que 1% de matière grasse alors que son aîné en comporte 50% sur extrait sec et 25% sur la masse totale. C’est une véritable révolution dans l’art fromager. Disponible depuis avril 2012 dans plusieurs enseignes françaises de la grande distribution, le St Pierrelin est l’un des 41 produits récompensés par des Trophées LSA de l’Innovation, qui distinguent chaque année les produits et concepts jugés les plus pertinents et opportuns. FOOD MAGAZINE N° 51 15 Janvier - 15 Février 2013

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L’Actu Cours des matières premières (en Dollars/Tonne) Prix internationaux du cacao, du jus d’orange et du café

Prix internationaux du blé, du soja, de l’huile de palme et du sucre

Tableau de Bord

Baromètre des exportations Après 3 mois de campagne, les exportations de produits de la mer confirment leur bonne santé par rapport à la même période de la campagne 2011/2012. Si les exportations de produits végétaux transformés sont toujours en baisse, la courbe semble s’infléchir, la différence passant de -19% à fin août 2012 à -11% à fin septembre 2012. Les exportations au 30 septembre 2012 ont ainsi atteint : • 58.029 T pour les produits végétaux transformés (t -11% par rapport à la campagne précédente) • 110.904 T pour les produits de la pêche (s +47%) Tendances des exportations 2012/2013 de produits végétaux transformés (évolution en volume par rapport à la campagne 2011/2012, cumul au 30 septembre 2012, soit 3 mois de campagne) Par produit Conserves de légumes s +21% Conserves d’olives t -14% Conserves de fruits t -46% Huiles végétales t -70% Par marché Maghreb s +47% Union Européenne s +4% Autre Afrique t -40% ALENA t -55%

Prix internationaux des produits laitiers

Tendances des exportations 2012/2013 de produits de la pêche (évolution en volume par rapport à la campagne 2011/2012, cumul au 30 septembre 2012, soit 3 mois de campagne)

(Source : USDA)

Par produit Farine et huile de poisson s +166% Conserves de sardines s +35% Produits congelés s +42% Semi-conserves t -4%

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Par marché Union Européenne s +44% PECO s +31% Autre Afrique s +15% Océanie t -55% (Source : EACCE)


eille Réglementaire

L’Actu

Veille Réglementaire

Maroc

Arrêté du Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime n°3552-12 du 16 hija 1433 (1er novembre 2012) autorisant l’inscription de nouvelles variétés de pomme de terre de saison, de pomme de terre de transformation, de melon, de tomate déterminée de marché de frais, de tomate industrielle, de luzerne, de petit pois, de blé dur, de blé tendre, d’orge, de triticale, d’avoine, de maïs, de riz, de tournesol et de betterave à sucre au catalogue officiel des espèces et des variétés de plantes cultivables au Maroc (BO n°6106 du 06/12/2012). Les variétés précitées sont inscrites au catalogue officiel des espèces et des variétés de plantes cultivables au Maroc. Cette inscription est valable pour une durée de 10 ans, et peut être renouvelée pour des périodes de 5 ans à condition que la demande soit formulée auprès du comité national de la sélection des semences et des plants, au

plus tard 2 ans avant l’expiration de la date de l’inscription initiale ou du dernier renouvellement d’inscription. Liste des pesticides à usage agricole homologués au Maroc Arrêtée le 14 décembre 2012 par l’Office National de Sécurité Sanitaire des Aliments, cette liste comprend les différents pesticides pouvant être utilisés pour le traitement des cultures. Classés selon plusieurs catégories (insecticide, herbicide, fongicide, etc.), ces pesticides sont destinés à différents types de traitements (au niveau des parties aériennes, du sol, etc.) pour différents produits. La liste mentionne également la teneur et le délai d’emploi avant récolte (DAR) de chaque produit. Droits d’importation de produits agricoles (selon le Dahir n° 1-12-57 du 14 safar 1434 (28 décembre 2012) portant promulgation de la loi de finan-

ces n° 115-12 pour l’année budgétaire 2013 (BO n°6113 bis du 31/12/2012)). • A compter du 1er janvier 2013, est fixé à 2,5% le droit d’importation applicable au blé dur relevant de la position tarifaire n°1001.10.90.90 du tarif des droits de douanes sans préjudice de l’application des dispositions de l’article 13 du code des douanes et impôts indirects ; • Est suspendue la perception du droit d’importation applicable au blé tendre relevant de la position tarifaire n° 1001.90.90, du tarif des droits de douanes pour la période du 1er janvier au 30 avril 2013, sans préjudice de l’application des dispositions de l’article 13 du code des douanes et impôts indirects ; • Est prorogé jusqu’au 31 décembre 2014, le bénéfice du droit d’importation minimum de 2,5% accordé aux veaux relevant de la position tarifaire 0102.90, prévu par l’article 4 (2°) de la loi de finances n°48-09 pour l’année budgétaire 2010.

Union Européenne

Bisphénol A : interdiction adoptée Interdit depuis mars 2011 dans la production des biberons, le Bisphénol A (BPA) sera désormais interdit, dès 2013, dans les contenants destinés aux enfants de moins de 3 ans. Ces produits ne seront plus commercialisés à compter de 2013. Par ailleurs, les contenants alimentaires fabriqués à partir du BPA seront également interdits dès le 1er janvier 2015. Règlement (UE) n° 1183/2012 de la Commission du 30 novembre 2012 portant modification et rectification du règlement (UE) n° 10/2011 concernant les matériaux et objets en matière plastique destinés à entrer en contact avec des denrées alimentaires. L’annexe I du règlement (UE) n° 10/2011 est modifiée conformément à l’annexe du présent règlement. Par ailleurs, les matériaux et objets en matière plastique qui ont été mis sur le marché légalement avant le 1er janvier 2013 et qui ne sont pas conformes au présent règlement peuvent continuer à être mis sur le marché jusqu’au 1er janvier 2014. Ils peuvent rester sur le marché jusqu’à épuisement des stocks.

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Règlement d’exécution (UE) n° 788/2012 de la Commission du 31 août 2012 concernant un programme de contrôle, pluriannuel et coordonné, de l’Union pour 2013, 2014 et 2015, destiné à garantir le respect des teneurs maximales en résidus de pesticides dans et sur les denrées alimentaires d’origine végétale et animale et à évaluer l’exposition du consommateur à ces résidus. Au cours des années 2013, 2014 et 2015, les États membres prélèvent et analysent des échantillons pour les combinaisons de pesticides et de produits établies à l’annexe I. Le nombre d’échantillons à prélever pour chaque produit est fixé à l’annexe II. Le lot à échantillonner est choisi de manière aléatoire, et la procédure de prélèvement, y compris le nombre d’unités, doit être conforme aux dispositions de la directive 2002/63/CE. Les échantillons sont soumis aux analyses conformément aux définitions des résidus figurant dans le règlement (CE) n° 396/2005. Les États membres communiquent les résultats des analyses d’échantillons effectuées en 2013, 2014 et 2015 respectivement pour le 31 août 2014, 2015 et 2016.

Le règlement (UE) n° 1274/2011 est abrogé. Il demeure toutefois applicable aux échantillons analysés en 2012. Le présent règlement entre en vigueur le 1er janvier 2013. Règlement (UE) n°1151/2012 du Parlement Européen et du Conseil du 21 novembre 2012 relatif aux systèmes de qualité applicables aux produits agricoles et aux denrées alimentaires. Dans l’objectif d’aider les producteurs de produits agricoles et de denrées alimentaires à communiquer aux acheteurs et aux consommateurs les caractéristiques des produits et leurs propriétés de production, le présent règlement énonce des mesures relatives à la promotion des activités agricoles et de transformation, ainsi que des modes de production associés. Il établit des systèmes de qualité permettant l’identification et, le cas échéant, la protection des dénominations et des mentions. Il définit par ailleurs les exigences liées, entre autres, aux appellations d’origine protégées et aux indications géographiques protégées, ainsi qu’à l’utilisation des dénominations.


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Si les protéines sucrées représentent une alternative aux édulcorants de synthèse, leur coût de production élevé allié aux faibles rendements d’extraction constitue le principal frein qui entrave leur développement. En fait, la brazzéine est une molécule qui provient du fruit d’un arbuste grimpant de l’Afrique de l’Ouest, Pentadiplandra braezzeana. Elle possède un goût très proche de celui du sucre et est de 500 à 2.000 fois plus sucrée que le saccharose, sans amertume ou autres arrière-goûts désagréables. Présente dans le fruit sous deux formes (l’une possédant un pouvoir sucrant encore plus intense), cette protéine possède une résistance au pH et aux températures élevées, ce qui en fait une candidate de choix pour des applications de type boissons ou aliments consommés chauds. Les chercheurs du Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation (CSGA) de Dijon ont utilisé une levure, Pichia pastoris, pour produire les deux formes de brazzéine en plus grandes quantités que celles qui existent à l’état naturel. Les vecteurs élaborés ont été construits de façon à provoquer la sécrétion de la brazzéine directement dans le milieu de culture, simplifiant ainsi le procédé de purification. De plus, les chercheurs ont montré qu’elles étaient capables d’activer les récepteurs humains du goût sucré in vitro, et leur pouvoir sucrant a été confirmé par un jury d’analyse sensoriel.

© Ligne-en-Ligne.com

La brazzéine Protéine sucrée produite par fermentation

AusFestival Pineapple Ananas à l’arôme de noix de coco !

Ce n’était surement pas un ananas au goût de noix de coco que les chercheurs du Département d’Agriculture du Queensland en Australie voulaient mettre au point au cours de leurs 10 années de recherche… Et pourtant ! Bâptisée AusFestival, cette nouvelle variété d’ananas à l’arôme de noix de coco est décrite comme sucrée, légèrement acide et très juteuse. Surnommé Ananas Pina Colada, AusFestival permettra au consommateur de préparer la célèbre boisson Pina Colada sans avoir à mélanger les fruits ! Les premières récoltes seront disponibles sur le marché dans les deux prochaines années.

© AMOP 2009

Aliments marinés Nouveau procédé

En France, des chercheurs du Centre de coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (Cirad) Montpellier ont mis au point un procédé d’imprégnation de produits alimentaires par douchage permettant un traitement en continu optimisé. Brevetée par le Cirad, la technologie inclut un système de circulation et de reconcentration de la solution de marinage qui améliore les transferts de solutés et permet de traiter une grande quantité de produits. Ce procédé présente plusieurs avantages : - La mise en contact de la solution de traitement avec les produits à traiter assure un traitement rapide, homogène et à température maîtrisée des produits exposés. - La quantité de solution de traitement mise en œuvre est plus faible. - La solution de traitement est en permanence filtrée et reconcentrée en solutés. - Le traitement par douchage est plus facile à réaliser que les traitements classiques par immersion : il nécessite des installations très simples, s’effectue dans des temps courts, en continu. - Les produits à traiter sont disposés de façon originale en monocouche sur des claies ajourées, empilées les unes sur les autres. - La qualité organoleptique du produit mariné par cette technique est supérieure. Destiné à être utilisé dans l’industrie agroalimentaire pour la fabrication d’aliments marinés tels les anchois ou sardines en filets, ce procédé peut aussi être mis en œuvre pour l’élaboration de produits salés et séchés simultanément par douchage d’une solution eau/sel/sucre.

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L’Interview

Suite de la page 3

avec eux sur ce qui n’est pas compris ou argumenter sur ce qui semble inapplicable. Ces aller et retour avec les professionnels me semblent la condition nécessaire pour que la réglementation soit mise en œuvre ultérieurement. Si cette démarche prend un peu de temps, elle permet de construire un consensus.

Quels sont aujourd’hui les résultats de l’application de la loi 28-07 par les entreprises agro-alimentaires après la signature notamment de la convention de partenariat entre la FENAGRI et l’ONSSA ? La loi a été publiée en mars 2010, un décret d’application a été publié en septembre 2011. Nous attendons la publication de trois arrêtés qui vont définir notamment le contenu du dossier d’agrément ou d’autorisation que devront constituer les entreprises. Les grandes entreprises se sont formées au contenu de la loi et du décret. Force est de constater que les PME ne se sont pas, ou très peu, formées aux nouvelles dispositions réglementaires alors que des formations spécifiques leur ont été proposées notamment au CETIA. La FENAGRI a signé une convention fin 2011, avec l’ONSSA, le Ministère de l’Industrie et l’ANPME afin d’accélérer la circulation d’informations entre les signataires et faciliter ainsi la mise en application de la loi. Des réunions ont lieu tous les 4 à 6 mois. L’association des parties prenantes (et notamment des industriels) est encore récente et la FENAGRI reste vigilante pour obtenir à temps les projets de textes réglementaires et normatifs. Elle doit les obtenir avec suffisamment d’anticipation pour lui permettre d’informer les industriels et échanger

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Qu’en est-il des guides de bonnes pratiques sanitaires ? Ces guides, prévus par la loi 28-07, doivent être rédigés par les professionnels qui définissent ainsi les bonnes pratiques actuelles de la profession. Ils se réunissent et se mettent d’accord ensemble sur là où se situe la « ligne rouge ». L’industriel qui ne respecte pas ce niveau d’exigence n’est pas un bon professionnel. Le CETIA a engagé des démarches auprès de différentes branches sectorielles pour les informer de cette disposition prévue par la loi. Dans d’autres pays, les centres techniques rédigent ces guides de bonnes pratiques (GBP) pour les professions. Nous sommes actuellement confrontés au Maroc à l’impossibilité de faire co-financer par l’Etat des actions collectives qui bénéficient à l’ensemble des industriels d’un même secteur. Cette absence de financement freine considérablement la rédaction de ces guides. Seules les grandes entreprises ont les moyens de financer l’animation de ce groupe de travail alors même qu’elles sont pour la plupart certifiées au niveau international et appliquent donc déjà les standards de production internationaux. La démarche vise à constituer des groupes d’entreprises, par secteur, pour rédiger ensemble un document qui servira de base aux contrôles effectués par les agents de l’ONSSA. C’est selon moi une première étape dans la mise à niveau des entreprises. Il est nécessaire de parvenir à obtenir 40% du financement de ces études par l’Etat afin d’inciter les entreprises à travailler ensemble, ce qui n’est pas encore, spontanément, dans l’habitude des entreprises. Ces GBPS seront amenés à évoluer dans le temps dans le cadre d’améliorations continues.

La FENAGRI et le CETIA viennent organiser leur 2ème comité d’orientation stratégique. Quelles en sont les conclusions ? Dans la continuité du COS de 2011 qui avait pour thème la prospective (quelle industrie agro-alimentaire en 2020 au Maroc ?), nous avons choisi en 2012 le thème de l’ « innovation et de l’alimentation ». Je souligne un point important : les fédérations professionnelles, telles que la FENAGRI, ne dispose que de très peu de moyens. La mise en œuvre de nos idées ne peut se faire qu’avec l’accord de sponsors. Cela nécessite d’être convaincant et de multiplier les contacts ce qui permet de mieux faire connaître la fédération mais cela consomme aussi beaucoup de temps et d’énergie qui pourraient être investis dans d’autres projets. Le COS a permis aux participants de l’amont et de l’aval de la filière de se rendre compte de ce qu’ils pouvaient partager en matière d’innovation : veille des produits innovants et donc des signaux faibles qui seront à la base des produits de demain. Les produits agro-alimentaires marocains doivent se diversifier et monter en gamme. Les chercheurs marocains qui travaillent sur des thèmes touchant à l’agro-alimentaire doivent être identifiés et des échanges organisés régulièrement avec les industriels. Si les grands groupes marocains de l’agro-alimentaire font de la R&D, les PME n’y sont pas encore. Or, dans le contexte de mondialisation, le maintien des parts de marché est conditionné par l’innovation (recette, packaging, transport, service rendu aux consommateurs). D’autres pays du Maghreb sont plus innovants en agro-alimentaire que le Maroc … D’autre part, quelles sont à ce jour les principales missions du CETIA et les services proposés aux industries agro-alimentaires ? Le CETIA a pour mission d’aider les entreprises du secteur à gagner en compétitivité. Il s’adresse en priorité aux PME qui ne peuvent pas internaliser des compétences telles que la veille normative, réglementaire et technologique, la formation, l’analytique, l’appui technique à l’amélioration


Nathalie Barbe, Directrice du CETIA et de la FENAGRI

des techniques ou des produits. Le CETIA permet donc de mutualiser ces compétences. Le CETIA dispose de trois laboratoires (physico-chimie, microbiologie et analyses sensorielles) et d’une halle technologique. Les équipements dont dispose le CETIA remontent au début des années 2000 et certains sont devenus obsolètes et nécessitent d’être renouvelés. La réglementation a évolué et les exigences se sont renforcées. Les laboratoires d’analyse doivent être accrédités selon la norme ISO 17025 pour répondre aux besoins des industriels. C’est déjà le cas pour le laboratoire de physicochimie. Je souligne que dans la plupart des pays, les CTI font des analyses afin d’avoir une bonne connaissance des produits. Ces données permettent alors de proposer aux industriels des prestations pour améliorer leurs produits par rapport à la concurrence et de se positionner sur les travaux de pré-normalisation afin de défendre les intérêts des industriels nationaux. Ce type de missions n’est pas confié au CETIA pour l’instant. Les PME sont encore malheureusement peu clientes du CETIA : nous nous efforçons de mieux faire connaitre le CETIA, ses équipements et ses missions mais je crois que les PME n’ont pas encore le réflexe et les moyens de faire appel à de l’expertise extérieure et de la financer. Comment le CETIA contribue-t-il au développement durable ? A mon arrivée, j’avais envisagé de positionner le centre sur ce thème en participant à un projet lancé

par l’ADEREE sur la performance énergétique des process industriels. Le catalogue formation du CETIA propose un thème intitulé « la réglementation en matière de protection de l’environnement droit et obligation de l’industriel agro-alimentaire ». Ce thème n’est pas demandé par les industriels. Début 2011, le Ministère de l’Industrie a équipé le CETIA d’une unité de régénération des gaz CFC. Une partie de ces gaz sont interdits à la production au niveau mondial compte tenu de leur impact sur la couche d’ozone. Les Etats signataires de la convention de Montréal sont invités à constituer des stocks de ces gaz. A chaque opération de maintenance ou de changement de technologie, le CETIA devrait être sollicité pour récupérer ces gaz afin d’éviter qu’ils ne s’échappent dans l’atmosphère. Pour l’instant, le CETIA n’est pas sollicité peut-être parce que la réglementation marocaine n’est pas connue. Quels sont les projets du Centre ? Le nouveau laboratoire de microbiologie du CETIA est en train de voir le jour (100 m2 au lieu de 24 m2) avec le respect des standards internationaux. Nous visons l’accréditation selon la norme ISO 17 025 pour répondre aux exigences de la loi 28-07. Le Ministère de l’Industrie a réalisé en 2012 une importante étude intitulée « plan de développement des CTI ». Cette étude devrait déboucher sur une mise à niveau des équipements de la halle technologique du CETIA et des moyens humains. L’objectif est d’aider les entreprises (plus particulièrement les PME) dans leurs projets

de R&D et de réaliser des missions d’intérêt général confiées par les ministères pour le bénéfice d’un collectif d’entreprises. Le CETIA devrait prochainement signer un nouveau contrat d’objectifs pour la période 2013-2017. Compte tenu du positionnement du CETIA, il est important que ce nouveau contrat soit signé par les deux Ministères (de l’Industrie et de l’Agriculture). Les équipements et compétences du CETIA peuvent aider à la mise à niveau des entreprises agro-alimentaires et des coopératives agricoles. Nous proposons aux industriels en ce début 2013 une nouvelle prestation de validation des dates limites de consommation des produits alimentaires. Une cellule de vieillissement nous permet de réaliser des tests accélérés de vieillissement et de suivre la qualité physico-chimique, microbiologique et sensorielle des produits pendant la durée de vie du produit. Quelle est la procédure que doivent suivre les IAA pour pouvoir faire de la R&D au niveau du CETIA ? Le mieux est de prendre contact avec l’équipe du CETIA. Nous analysons ensemble les besoins de l’industriel et proposons des solutions : appui technique in situ dans l’entreprise ou essais au niveau de la halle technologique du CETIA. Le CETIA recherche également les aides dont l’entreprise peut bénéficier pour son projet de R&D au niveau du Centre Marocain de l’Innovation notamment.

Propos recueillis par Siham HAMDI

Parcours

Diplômée de l’ENITIAA (Ecole Nationale des Ingénieurs des Techniques de l’AgroAlimentaire) et de l’ENGREF (Ecole Nationale du Génie Rural et des Eaux et Forêts), Nathalie Barbe a un parcours diversifié. Pendant 9 ans, elle a travaillé en directions départementales puis régionales du Ministère de l’Agriculture français à la mise en œuvre de la réforme de la Politique Agricole Commune de 1993 et à l’animation de la politique publique d’aides aux industries agro-alimentaires et de transformation du bois. Elle rejoint le siège de l’Office National des Forêts à Paris en 2004 pour moderniser les modes de vente et les relations commerciales avec les industriels. Le Directeur Général du centre technique français du bois et de l’ameublement (Institut technologique FCBA) lui propose un poste d’adjoint qu’elle occupera pendant 5 ans avant de s’expatrier au Maroc début 2011. Sa carrière s’internationalise alors avec le poste de Directeur du CETIA et de la FENAGRI.

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Salon

Maroc

Salon Halieutis

Le rendez-vous biennal des professionnels du secteur halieutique

HALIEUTIS

Le Salon Halieutis s’apprête à tenir sa seconde édition du 13 au 17 février prochains à Agadir. Organisée par l’Association du Salon Halieutis, sous l’égide du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, ce deuxième rendez vous professionnel se tiendra sous le thème « quelle valorisation pour une meilleure compétitivité ». Meriem EL HASSOUNI

«

Nous tenons à travers cette deuxième édition, à débattre des intérêts et des enjeux de la filière en se posant un questionnement autour de la valorisation adéquate des produits de la mer pour une meilleure compétitivité de la filière pêche marocaine », a souligné Amina Figuigui, Présidente de l’association du Salon, lors d’une conférence de presse tenue à cet égard le 7 janvier 2013, à Casablanca. Cette deuxième édition sera marquée par la présence de 300 exposants marocains et étrangers représentant plus de 35 pays partenaires, dont le Canada et la Russie, et une forte présence des Espagnols avec une vingtaine de stands.

Un programme riche pour les opérateurs du secteur Par ailleurs, un important programme scientifique est prévu à travers des conférences animées

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par des experts Un taux de fidélité nationaux et important internationaux. « 90% des stands sont commerCe programme cialisés et le taux de fidélité des comprendra des entreprises présentes se situe à thèmes d’actuala hauteur de 80% », déclare pour lités qui intéressa part Abdelfettah Zine, Commissent les opérasaire du Salon Halieutis. Sur une teurs du secteur superficie globale de 5 ha, 16.000 et de la recherm 2 ont été aménagés pour abriter che, tels que les six pôles du salon (ressources les nouvelles halieutiques, flottes et engins de technologies, pêche, valorisation et process, l’aquaculture, la institutionnels et régions et pôle invalorisation des ternational) et recevoir les 60.000 produits… Il y a visiteurs attendus. Rappelons que lieu aussi de rappeler que ce salon la première édition avait enregistré est au service des opérateurs du la participation de 211 exposants secteur et a pour ambition d’être issus de 32 pays et accueilli plus une plateforme d’échange et de de 40.000 visiteurs. mise en relation entre les opérateurs nationaux et internationaux. Parmi les objectifs de cet événement, citons la consolidation de la position du Royaume auprès de la communauté halieutique internationale, la valorisation des produits de la mer et l’amélioration de la compétitivité de la filière marocaine. A noter que le salon sera entièrement dédié aux professionnels du secteur pendant les deux premiers jours afin d’assurer les meilleurs conditions de mise en contact entre les professionnels et constituer un environnement propice aux rencontres d’affaire. Les trois • De g à dr : Abdelfattah Zine, Commissaire du Salon derniers jours seront ouverts Halieutis, et Amina Figuigui, Présidente de l’association du Salon. également au grand public.


Focus • Stratégie Halieutis : des retards enregistrés • Accord de pêche Maroc-UE : délicate renégociation • Aquaculture : beaucoup reste à faire ! • Commercialisation : les exportations reprennent enfin et l’organisation du marché intérieur prend forme

Spécial Halieutis

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© seb hovaguimian - Fotolia.com

PRODUITS DE LA MER

Etat des lieux du secteur

Plan Halieutis

Aquaculture

Le point sur la stratégie

Une ambition à confirmer

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page 27

page 30

Accord de pêche Maroc-UE Des négociations en perspectives

page 33


Produits deFocus la mer

Plan Halieutis

Le point sur la stratégie Puissance halieutique mondiale, le Maroc a mis en place le Plan Halieutis en 2009, avec l’ambition de développer le secteur halieutique et d’en faire un moteur de croissance durable pour l’économie nationale.

L

e secteur de la pêche au Maroc s’est doté en 2009 d’une stratégie de développement intégrée du secteur halieutique à l’horizon 2020. Objectif : moderniser et améliorer le secteur de la pêche, valoriser la richesse halieutique marocaine, mais aussi tripler le PIB du secteur d’ici 2020. Une stratégie qui a déclenché l’organisation du salon international Halieutis, dédié aux métiers de la pêche maritime et de l’aquaculture et à la valorisation des produits halieutiques, dont la 2ème édition est prévue cette année du 13 au 17 février à Agadir.

Les grands axes Halieutis

Fondée sur un certain nombre d’objectifs, parmi lesquels figurent principalement la mise à niveau et la modernisation des différents segments du secteur de la pêche et le triplement du PIB du secteur jusqu’à plus de 21 milliards de Dirhams d’ici 2020, la stratégie Halieutis repose de manière intégrée sur trois axes majeurs :

Siham HAMDI - une exploitation durable des ressources pour les générations futures ; - la performance du secteur en l’outillant et en l’organisant pour une qualité optimale, et ce du débarquement à la commercialisation ; - l’amélioration de la compétitivité en présentant les produits de qualité et compétitifs sur des marchés au niveau national et international. Ces axes sont consolidés autour de 16 projets stratégiques réfléchis sur les principes du développement durable, parmi lesquels figurent cinq projets-phares concernant l’aménagement des pêcheries sur la base de quotas, la considération de l’aquaculture comme un moteur de croissance majeur, le développement des infrastructures et des équipements de débarquement... en plus de la garantie de la traçabilité tout le long de la chaîne de valeur, du renforcement des compétences et l’encouragement vers une interprofession, ainsi que la mise en place d’une gouvernance publique forte pour moderniser le secteur.

Quelques chiffres forts du Plan Halieutis à l’horizon 2020 PIB du secteur (Pêche, aquaculture et industrie)

page 34

Emploi direct à Terre (Industrie et aquaculture)

115.000

Poids de l’informel (% du CA du secteur)

< 15 %

Exportations des produits halieutiques

3,1 milliards de Dollars US

Part du marché mondial (en volume, en % du marché adressé)

5,4 %

Production halieutique (Milliers de tonnes)

1.660

Importations de matière première pour l’industrie

130.000 T

Durabilité de la ressource - Espèces capturées sous quota

95 %

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Source : Département de la Pêche Maritime

Marché des produits de la pêche Rythme accéléré pour le marché local

21,9 milliards de Dh

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Focus

Produits deFocus la mer Une stratégie, des outils

• Amina Figuigui, DG de l’Office National des Pêches, et Aziz Akhannouch, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime, lors d’une présentation de la Stratégie Halieutis.

Halieutis : l’état actuel

Trois ans après son lancement, quel est à ce jour l’état du Plan Halieutis ? La stratégie Halieutis a été constamment et bien défendue par le Ministre de l’Agriculture et de la Pêche Maritime. Reste cependant le résultat de l’appel d’offre relatif aux nouveaux projets intégrés, qui tarde à voir le jour. Avec ce dernier appel d’offre, le secteur de la pêche et des industries de la pêche pourraient voir naître plusieurs investissements et créer les emplois escomptés. Par ailleurs, certaines commissions

devraient voir le jour. « En tant que fédération, la FENIP doit être nécessairement consultée, pour recueillir des avis et discuter. Chose qui manque maintenant », renchérit Hassan Sentissi. Malgré tout cela, « je reste ambitieux, et je souhaiterais que nous réaliserons plusieurs milliards de Dollars à l’export. Si nous travaillons de manière claire et transparente, nous garantirons 700.000 ou 800.000 emplois directs et indirects, et 3 milliards de dollars d’exportations », conclut M. Sentissi.

Source : Département de la Pêche Maritime

Les grands axes de la Stratégie Halieutis

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La stratégie Halieutis repose sur cinq outils clés. En effet, le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime a mis en place ces cinq éléments, destinés à exécuter la stratégie du secteur et à la réussir. Ils consistent en : • un Comité National de la Pêche, ayant pour objectif de définir la politique d’aménagement des pêches maritimes, de suivre la mise en œuvre et d’en évaluer les impacts ; • un fonds pour l’ajustement et la modernisation de l’effort de pêche. Cet instrument financier est dédié à la restructuration de la flotte de pêche au Maroc ; • une Agence Nationale pour le Développement de l’Aquaculture pour le développement et la promotion de l’activité aquacole, avec l’appui des professionnels du secteur ; • un Centre de Valorisation des Produits de la Mer, véritable outil de veille technologique, d’innovation produit et de promotion commerciale des produits de la mer ; • un observatoire de l’emploi du secteur halieutique, pour la gestion proactive des besoins en ressources humaines.


Focus Aquaculture

Une ambition à confirmer Alors qu’au niveau mondial l’aquaculture a connu une croissance fulgurante et fournit désormais quasiment la moitié du poisson consommé dans le monde, elle reste embryonnaire au Maroc. Avec le Plan Halieutis et une Agence dédiée, ce secteur s’est vu doter d’objectifs ambitieux. Comment pourront-ils être atteints et le seront-ils ? Eléments de réponses. Florence CLAIR

© Aqua M’diq

Dakhla à partir des années 2000. « La production annuelle marocaine d’huîtres avoisine les 300 T, avec plus de 95% venant de Dakhla », estime Rachid Kandy, Directeur de Cultimer et Vice-Président de l’Association Marocaine d’Aquacutlure. Selon ce conchyliculteur basé à Dakhla depuis une dizaine d’années, la stagnation de la production est le fait d’un manque de débouché – limité essentiellement au marché local – et d’une hausse des prix suite à un problème zootechnique causant une mortalité des huîtres à l’échelle mondiale depuis 2008.

Objectif : 200.000 T en 2020 !

S

i la truite arc-en-ciel est élevée en eau douce dans le Royaume depuis le début du 20ème siècle, l’histoire de l’aquaculture marine marocaine ne débute que dans les années 50, avec l’élevage d’huîtres à Oualidia. Deuxième étape en 1985 avec la création de la Société Marocaine d’Ostréiculture et de Pisciculture (Marost), qui produit une gamme assez diversifiée avant de se recentrer sur le loup bar et la daurade, dans la lagune de Nador. Plusieurs autres sociétés sont créées dans les années 90. On parle désormais d’aquaculture moderne et la production nationale tourne en moyenne à 1.100 T par an entre 1993 et 2005, essentiellement constituée de loups et de daurades. Mais, suite à la cessation d’activité de Marost en 2006, la production aquacole nationale chute à moins de

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400 T (voir graphique). « Personne n’a comblé le déficit de production du fait d’un manque d’intérêt des investisseurs pour cette activité peu rentable et très technique. De plus, l’essentiel de la production de Marost était destinée à l’export, un débouché qui s’est vite tari… », se souvient Céline Paul, Directrice d’Aqua M’diq, seule société piscicole restant encore en activité. Cette filiale de l’écloserie française Aquastream, « n’était exploitée qu’à 15% de ses capacités. Elle a atteint son cycle de routine en 2011 pour produire 200 T/an de loup bar », précise Mme Paul. Seule l’ostréiculture s’est maintenue bon an mal an, malgré des problèmes environnementaux à Oualidia, qui devraient être bientôt résolus grâce au nouveau plan d’action intégré et de développement durable. Cette activité s’est par contre bien développée dans la lagune de

En 2010, les pouvoirs publics décident de donner un nouvel élan à la filière produits de la mer en général et au secteur aquacole en particulier avec le lancement de la stratégie Halieutis, suivie de la création de l’Agence Nationale pour le Développement de l’Aquaculture (ANDA) en 2011. Les objectifs annoncés sont pour le moins ambitieux : atteindre en 2020 une production aquacole de 200.000 T, soit 11% de la production halieutique marocaine totale. Le chiffre d’affaires du secteur, essentiellement à l’export, devrait se porter à 5 Mrd DH, contre 7,1 M DH en 2010. De plus, l’aquaculture s’inscrit dans une stratégie de développement durable en permettant de réduire la pression exercée par la pêche en mer sur les stocks naturels.

Des obstacles majeurs à surmonter

Or, pour les professionnels, si cet objectif a le mérite d’exister, il semble difficilement réalisable dans les conditions actuelles. Pour M. Kandy,


Produits deFocus la mer piscicoles et conchylicoles. Les professionnels ont jusqu’au 31 janvier 2013 pour déposer leurs dossiers. D’autres zones feront ensuite l’objet d’une procédure similaire. Autre difficulté majeure pour les aquaculteurs, le cadre peu incitatif aux investissements. Céline Paul

énumère les principaux obstacles rencontrés : « les sources de financement inexistantes, un marché peu développé, les équipements à importer, les frais de douanes excessifs, le manque de personnel spécialisé. » Et d’ajouter : « l’aquaculture est une activité encore innovante au Maroc,

Evolution de la production aquacole marocaine par espèce (en tonnes)

Source : Département de la Pêche Maritime

« l’objectif assigné pour la filière aquaculture de se hisser à 200.000 T à l’horizon 2020 est à mon avis utopique, ceci juste en prenant en compte la capacité de production des sites potentiels. » En effet, malgré ses 3.500 km de côtes, le Royaume dispose de relativement peu de sites exploitables pour l’aquaculture. Une des premières missions de l’ANDA, avec l’appui scientifique de l’INRH, a consisté en l’identification des sites adaptés pour accueillir de nouveaux projets. Ainsi, « en 2009, sur demande du Département de la Pêche Maritime, l’INRH a réalisé une étude complète de la zone Fnideq Oued Laou. Cette étude a permis l’élaboration d’un plan d’aménagement aquacole qui identifie la zone potentielle à l’aquaculture entre Cap Mazari-Cap Targha », explique Anass Karzazi, Chef du Service de la Promotion et de la Communication de l’ANDA. Sur cette zone, un premier appel à manifestation d’intérêt a été lancé fin septembre 2012 pour la sélection des meilleurs projets

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qui demande beaucoup de technicité et d’investissement. Mais il n’y a aucune volonté réelle pour aider les investisseurs à s’installer. » Consciente de la nécessité de promouvoir l’investissement, l’ANDA compte donc proposer un dispositif incitatif structuré et compétitif. « Ce dispositif devra notamment prendre en considération les avantages au niveau du foncier, de la fiscalité, de la réglementation des changes, des droits de douane, etc. », indique M. Karzazi. De plus, l’ANDA publiera des guides destinés aux investisseurs et se positionnera comme un guichet unique pour l’accompagnement des investisseurs dans leurs dossiers et formalités. Enfin, pour regrouper les dispositions réglementaires actuellement éparpillées, un cadre juridique dédié sera élaboré. Son étude est en cours d’achèvement. Ensuite, « en concertation avec les différents intervenants du secteur, un projet de cadre juridique sera présenté vers la fin 2013 », avance M. Karzazi.

Nécessaire réflexion sur la compétitivité et la commercialisation

Ce cadre incitatif est d’autant plus nécessaire que la production nationale souffre de concurrence en provenance d’Europe ou de Turquie, des pays beaucoup plus compétitifs que le Maroc, notamment grâce aux aides publiques européennes. Les opérateurs attendent des mesures pour protéger la production nationale, notamment face aux impportations. « L’ANDA peut insuffler une nouvelle dynamique au secteur halieutique, notamment en confortant

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l’appareil productif existant et en ayant une politique de soutien et d’accompagnement des projets aquacoles déjà présents et futurs », estime M. Kandy. Afin d’améliorer la compétitivité, une étude vient d’être lancée pour la faisabilité d’une écloserie marine nationale. « Ce projet vise à sécuriser l’approvisionnement des fermes aquacoles en alevins et naissains durant toute l’année et d’améliorer la compétitivité des opérateurs privés nationaux par l’offre d’un alevin ou naissain de qualité, produit localement à prix réduit », souligne M. Karzazi. De plus, les risques sanitaires et les procédures administratives seront ainsi réduits. Autre critère de compétitivité : trouver un aliment local performant et de bon rapport qualité/prix. S’il existe actuellement une poignée d’usines d’aliments pour poisson au Maroc, cette filière doit être développée afin d’accompagner la croissance de la filière aquacole. Pour finir, le facteur humain ne doit pas être négligé, d’autant plus que « la formation professionnelle constitue un des maillons faibles de la filière au Maroc et un des chantiers auxquels l’ANDA réserve une attention particulière », déclare M. Karzazi. En effet, tous les instituts de formation sont actuellement tournés vers la pêche. A ce jour, seule une licence professionnelle en « Pêche et Aquaculture » est proposée à la Faculté de Larache depuis septembre 2011. L’ANDA prévoit d’ailleurs d’organiser en 2013 des séminaires pour le partage d’information, la vulgarisation des techniques d’élevage et de valorisation, les normes sanitaires, etc. Quant à l’export, il est difficile voire impossible pour l’instant. A titre d’exemple, les ostréiculteurs n’ont pas d’accès à de nouveaux marchés, le

retrempage des huîtres marocaines dans les eaux de l’UE n’étant pas autorisé. Quant aux Etats-Unis, il n’y a pas d’agrément FDA pour l’export d’huîtres surgelées. « Il faut faire du lobbying pour agréer nos zones de production, ce qui permettra aux ostréiculteurs de ne plus se focaliser sur le marché local, très restreint », souhaite M. Kandy. Sur le marché local, les produits aquacoles souffrent également d’un manque de visibilité, car ils sont vendus frais entiers, aux grossistes ou aux grandes surfaces, et donc sans marque commerciale propre. Un phénomène qui touche plus largement tous les produits de la mer. D’ailleurs, le Département de la Pêche Maritime a lancé une étude, actuellement en cours de finalisation, visant l’élaboration d’une stratégie nationale en matière de labellisation des produits de la mer. Anas Karzazi cite un exemple : « les huîtres de Dakhla s’offrent comme une intéressante opportunité de labellisation destinée principalement au marché national et se basant sur l’origine géographique des huîtres et leurs spécificités d’élevage et de conditionnement. » Bref, beaucoup d’études sont en cours… Les professionnels attendent désormais des résultats concrets. En effet, il n’y a pas de temps à perdre si l’on veut atteindre, ou tout du moins approcher, les objectifs initiaux. « Nous sommes déjà en 2013, il ne nous reste pas beaucoup de temps pour passer de 500 T à 200.000 T. Ce secteur peut être très profitable pour le pays, mais il faut avancer », prévient Hassan Sentissi, Président de la Fenip.

Source : ANDA

© Cultimer

Focus


Produits deFocus la mer

Accord de pêche Maroc-UE

Des négociations en perspectives Les négociations sur l’accord de pêche Maroc-Union Européenne ont repris en novembre 2012 à Rabat entre les représentants des Etats membres de l’UE et les représentants du Maroc, avec à la clé une feuille de route pour fixer le calendrier et les volets à négocier. Meriem EL HASSOUNI

R

appelons que le 14 décembre 2011, le Parlement européen avait décidé la non prorogation de l’accord de pêche avec le Royaume du Maroc. L’ancien accord concédait 119 licences de pêche à la flotte européenne en majorité espagnole. A l’issue de ce rejet, des négociations ont été reprises entre les deux parties pour la remise à flots de cet accord, avec un premier round de pourparlers devant mener à la reconduction d’un nouveau protocole.

Contours d’un nouvel accord de pêche

Etant le socle de la relation entre l’UE et le Maroc dans le secteur de la Pêche, ledit protocole s’insère dans le cadre de l’accord de partenariat de pêche qui régit, entre autres, les principes, règles et procédures de coopération économique, financière, technique et scientifique. Il définit les conditions d’accès des navires communautaires aux zones de pêche marocaines, les modalités de contrôle des prises et les partenariats entre entreprises. Par ailleurs, certaines voix s’élèvent pour dire que l’ancien accord a engendré une « surexploitation » des pêcheries et une baisse constante des

ressources halieutiques du Maroc. Au cas où une reconduction de l’accord s’avèrerait inévitable, « il faut essayer de trouver un consensus avec l’UE, loin de toute exploitation directe de nos ressources », déclare Hassan Sentissi, Président de la Fédération Nationale des Industries de Transformation et de Valorisation des Produits de la Pêche (FENIP). Ajoutant que, « avec la politique des Ministères qui se sont succédés, une certaine restructuration a été faite surtout au niveau du plan d’aménagement de la pêche au poulpe. » Un plan d’aménagement s’avère nécessaire aussi pour la pêcherie crevettière, pour éviter l’effondrement de la ressource, « le plan d’aménagement est en cours pour sortir de cette impasse », souligne M. Sentissi. D’autant plus que le Maroc est lié par d’autres accords avec la Russie et le Japon, d’où l’insistance des professionnels à orienter le prochain protocole vers plus de valorisation à terre, et non d’une exploitation directe des stocks. « Je serais d’accord pour la reconduction de l’accord, mais avec d’autres spécificités. Entres autres, conduire les opérateurs espagnols et portugais dans le secteur de la pêche à délocaliser leur usines au Maroc. Ainsi, les navires espagnols devront débarquer leurs captures dans les ports marocains. Enfin, la révision des primes devrait être orientée à la hausse », affirme M. Sentissi. D’autre part, le continent africain, avec ses dizaines de milliers de Km de côte maritime, dispose de plates-formes très riches en poisson, mais ne possède pas de bateaux de pêche performants, « Il faut un ou deux chantiers navals au Maroc pour l’Afrique. Ces pays ont besoin de bateaux, et à ce moment là, ils pourront exporter vers l’UE », conclut-il.

Les eaux marocaines sont ouvertes à la Russie

En attendant l’aboutissement des négociations relatives au renouvellement de l’accord de pêche avec l’Union Européenne, le Maroc en a paraphé un nouveau avec la Russie. C’est le 6ème du genre. Cet accord qui s’étale sur 4 ans prend en considération les intérêts du Maroc en termes de préservation des richesses halieutiques et vise également la promotion du secteur. Il prévoit que la flotte russe sera composée de dix navires, autorisés à pêcher dans les eaux marocaines, en embarquant en permanence un observateur marocain scientifique. Par ailleurs, les navires doivent embarquer un effectif de 16 marins marocains contre 14 dans l’ancien accord. Les armateurs russes s’acquittent également d’une contrepartie financière représentant le droit d’accès à la ressource. Cette compensation financière annuelle, qui a été instaurée pour la première fois en 2011, a été augmentée de 100% et les redevances relatives aux captures de 40%. Les dix navires devraient effectuer une visite technique dans un port marocain pour contrôler leur conformité aux dispositions techniques de l’accord et vérifier le système d’installation et de fonctionnement de la balise permettant la surveillance par satellite de chaque navire. Ainsi, les marins et l’observateur scientifique devraient être embarqués avant l’entrée de ces navires dans les zones de pêche. Le renouvellement de cet accord a une profonde signification économique qui permettra de donner un nouveau caractère aux relations économiques bilatérales, outre leurs dimensions politiques à travers le développement qualitatif et la coopération multipartite. FOOD MAGAZINE N° 51 15 Janvier - 15 Février 2013

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Focus Marché des produits de la pêche

Rythme accéléré pour le marché local

Source : ONP

Tandis que la commercialisation des produits de la pêche sur le marché local connait un véritable coup de fouet, les exportations marocaines de ces produits restent encore à la traîne, fortement impactées par la médiocrité de la campagne précédente. Sarah OUSAID

M

enée par l’Office National des Pêches, la mission de l’organisation de la commercialisation des produits de la pêche s’articule autour de trois axes majeurs : les produits de la pêche issus de la première et de la deuxième vente et l’appui aux marchands ambulants.

Organisation du marché intérieur : un chantier qui avance !

Concernant les produits de la pêche issus de la première vente, l’année 2012 constitue une continuité du programme d’amélioration, de modernisation et de renforcement du réseau commercial à travers : - La mise à niveau des infrastructures de commercialisation existantes au niveau des ports de pêche, des points de débarquements aménagés et des villages de pêcheurs ;

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- La construction de halles au poisson « nouvelle génération » (NH), aux standards internationaux de qualité et d’hygiène (séparation des flux, maîtrise de la chaîne de froid…). En effet, en plus de Nador, Lâayoune, Mohammedia, Safi et Agadir, les villes d’El Jadida et Boujdour se sont ajoutées à la liste en 2012 suite à la construction de deux nouvelles halles. Dotée d’un budget de 30 MDH, la construction de la NH de Tan tan s’achèvera fin 2013. En phase de lancement, une NH à Dakhla et une à Tanger, avec des budgets respectifs de 25 et 45 MDH. - L’aménagement des villages de pêcheurs (VDP) et des points de débarquements aménagés (PDA). En partenariat avec l’Agence du Sud et le Ministère chargé de la Pêche Maritime, le programme de construction de 10 VDP est mené par l’ONP dans les Provinces du Sud, bénéficiant d’un investissement global de 915 MDH,

dont 72% est engagé à ce jour. Financée par la MCC (Millenium Challenge Corporation), la construction de 11 nouveaux PDA pour un montant global de 446 MDH s’achèvera courant 2013. Pour ce qui est des produits de la pêche issus de la deuxième vente, un partenariat entre l’ONP, les collectivités locales concernées et la MCC cible la mise en place d’un réseau de 8 marchés de gros (MG) au poisson à travers le Royaume à fin 2013, soit 5 MG à construire. Ainsi, chacune des villes de Meknès, Marrakech, Taza et Béni Mellal accueillera un MG, dont les travaux s’achèveront au cours du premier semestre de l’année 2013 au plus tard. Avec un budget de 45 MDH, l’ONP prévoit également le lancement de la construction en 2013 d’un MG au poisson à Tanger en 2013. In fine, « ces projets permettront une meilleure organisation de la commercialisation, un meilleur suivi de la traçabilité et de la qualité des produits de la pêche à l’intérieur du pays », affirme Najat Alam, Responsable Communication de l’ONP. Enfin, dans le cadre du programme de développement de la consommation du poisson à l’intérieur du pays, les marchands ambulants bénéficient d’un appui technique et financier de l’ONP en partenariat avec l’Agence de développement sociale (ADS) et l’INDH. Aussi, le programme de partenariat impliquant également la Wilaya du Grand Casablanca a permis de faire bénéficier 100 marchands ambulants de triporteurs à caissons isothermes durant la période 2010-2012. En 2013, le programme financé par la MCC permettra à 2.000 marchands ambulants de bénéficier d’un appui technique et financier à tra-


Produits deFocus la mer

Baisse des exportations

Selon les statistiques de l’Etablissement Autonome de Contrôle et de Coordination des Exportations (EACCE), les exportations des produits de la pêche en 2011/2012 ont régressé de 14% en quantité par rapport à la campagne précédente. Par ailleurs, cette baisse est moins importante que celle enregistrée lors de la période 2010/2011 (24%). En effet, suite à la crise d’approvisionnement en sardine survenue en 2011, cette campagne s’est caractérisée par une forte demande provenant de marchés autres que les pays européens. De plus, « la matière première a été plus ou moins abondante », affirme Hicham Bhaih, Responsable Export de Samara avant d’ajouter : « la production de nos conserves de poissons a évolué en 2012 dans un contexte très favorable marqué par la hausse de 60% en quantité et 80% en valeur.

Cette augmentation est expliquée par l’augmentation des volumes des débarquements de poissons pélagiques suite à l’amélioration des conditions climatiques et au non renouvellement de l’accord de pêche avec l’Union

Européenne ». Néanmoins, les exportations vers l’Union Européenne ont été sérieusement affectées par la crise économique, souffrant également de la concurrence des produits asiatiques.

Evolution des exportations par famille de produits

Source : EACCE

vers 19 provinces à l’échelle nationale. Le budget global alloué à cette opération s’élève à 18 MDH.

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Ressources

Engrais et pesticides biologiques Une solution d’avenir ?

les fertilisants organiques, sur le marché national. Quels sont donc ces intrants autorisés ? « En agriculture biologique, la fertilisation se fait principalement par les engrais organiques, le compost et la rotation • Application de Green Muscle sur criquets pèlerins. des cultures. Le maintien de la fertilité du sol a stratégie de relance du secrenforce les systèmes de défense teur agricole, le Plan Maroc naturels du sol et de la plante contre Vert, vise essentiellement les maladies et les ravageurs, et à augmenter la production en cas d’attaques, on utilise la lutte nationale et les revenus des agriculintégrée à base d’auxiliaires ou de teurs. Cependant, la préservation de produits bio (par exemple une bacl’environnement n’est pas oubliée à térie qui va attaquer le ravageur ou travers des incitations aux bonnes la maladie) », explique Hafsa Ramli, pratiques, à l’économie d’eau, etc. Gérante du cabinet La filière agriculture biologique a Aquabioconsulting. récemment signé un contrat-programme dédié avec des objectifs Pour ambitieux : passer de 5.000 ha l’agriculture cultivés à 40.000 ha d’ici 2020 (hors arganiers, PAM, cactus) et de 50.000 biologique, mais pas T produites à 400.000 T. seulement… Or, pour réaliser ces objectifs, un Mais, loin d’être certain nombre de difficultés doivent réservés exclusiêtre levées. Selon le Ministère de vement aux prol’Agriculture, les performances du ductions certifiées secteur de la production biologique bio, ces intrants restent aujourd’hui en deçà du nis’adressent plus veau souhaité en raison de plusieurs largement à tout contraintes, parmi lesquelles l’augprofil d’agriculteur, mentation des coûts de production qui peut en tirer de et la rareté des intrants autorisés, nombreux bénéfinotamment les bio pesticides et

L

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ces.Ainsi l’apport en matière organique lutte contre l’appauvrissement de ses sols et stimule la biodynamie naturelle. Du côté phytosanitaire, les phénomènes de résistance à certaines molécules chimiques et de présence de résidus sur les produits alimentaires sont évités. D’ailleurs, « ces intrants sont plus consommés par les producteurs exportateurs, qui doivent se conformer au niveau des exigences du pays importateur en termes de quantité de résidus dans la récolte. Ceci n’est possible qu’avec l’utilisation, surtout dans les derniers jours avant récolte, de produits biologiques », révèle Rachid Derdari, Directeur Technique & Marketing chez Agro Spray Technic. Enfin, ce sont des produits plus sûrs à épandre, puisqu’ils garantissent à la fois « la sécurité du consommateur et celle de l’utilisateur », ajoute Abdallah Kriem, Directeur des Ventes et Marketing de la société Ezzouhour.

Source : Eléphant Vert

Photo Eléphant Vert

Entre préservation de l’environnement et recherche de productivité, la balance a longtemps penché pour la seconde au détriment de la première. Aujourd’hui, le développement d’une agriculture durable, conciliant environnement, développement des revenus des agriculteurs et sécurité alimentaire passe également par une rationalisation de l’utilisation des intrants chimiques conventionnels, voire leur substitution par des intrants biologiques. L’implantation d’une unité de production à Meknès pourrait bien donner un nouvel élan à ce secteur. Florence CLAIR


Résoudre l’équation efficacité + disponibilité + compétitivité A l’inverse, les reproches adressés aux intrants biologiques sont connus. Pour M. Derdari, « sur le coût, l’efficacité et la disponibilité, les pesticides chimiques restent le choix incontournable. » Or, les fabricants s’efforcent de résoudre cette équation pour proposer des produits compétitifs, efficaces et disponibles, capables de remplacer, partiellement ou totalement, les produits chimiques. Aujourd’hui, pour Hafsa Ramli, la réponse est claire : « oui, on peut remplacer les fertilisants et pesticides conventionnels. » Et pour réduire le prix de ces intrants, quoi de mieux qu’une fabrication locale ? C’est le pari que vient de faire la fondation suisse Antenna Technologies, à travers l’implantation au Maroc de sa société Eléphant Vert. Cette dernière est en train de construire, au cœur de l’Agropolis de Meknès, la plus grande usine au monde dans la production de biofertilisants et biopesticides, et la première en Afrique. L’objectif est de mettre à disposition des agriculteurs marocains et africains des technolo-

gies souvent très coûteuses, mais qui leur permettraient d’augmenter leurs revenus tout en respectant l’environnement. « La recherche fondamentale a beaucoup d’innovations en tiroir, qui demandent juste un coup de pouce pour être accessibles », affirme ainsi Sébastien Couasnet, Directeur Général d’Eléphant Vert. Concrètement, l’idée • Larve de la teigne de chou couverte de Beauveria bassiana. d’Eléphant Vert est que leurs produits soient Eléphant Vert met en place une ‘‘clicompétitifs en n’augmentant pas le nique des plantes’’ : une quarantaine coût à l’hectare, voire en le réd’ingénieurs agronomes assureront duisant, par rapport aux produits l’accompagnement technique sur le conventionnels. De plus, ils doivent terrain, pour faire la démonstration in être efficaces visiblement et immésitu de l’efficacité des produits. « Les diatement, d’où un travail avec un gros producteurs sont conscients réseau de recherche international, et de l’intérêt économique. Quant aux disponibles, donc produits en quanpetits, ils vivent dans leur environnetité industrielle. L’usine de Meknès ment de travail et sont les premières devrait répondre à ces 3 exigences. victimes de la pollution. Ils sont donc Selon M. Couasnet, « nous pouvons ouverts et à l’écoute », assure M. diminuer le coût à l’hectare de 10 Couasnet. La gamme de produits à 20%, notre expérience au Sénésera commercialisée via les distrigal l’a prouvé. » Pour convaincre buteurs traditionnels dès le second et accompagner les agriculteurs, semestre 2013. A suivre !

Photo Eléphant Vert

Agriculture

Qu’est-ce qu’un engrais ou un pesticide bio ?

Aujourd’hui, plusieurs sociétés distribuent au Maroc des intrants biologiques, produits en Europe, Amérique du Nord, Japon… et importés. Ils sont élaborés à partir de différentes matières actives d’origine naturelle : « on trouve des produits à base d’extraits végétaux (huile de neem, huile de colza, huile de sésame…), des matières actives de nature bactérienne ou fongique obtenues par fermentation industrielle », indique M. Derdari. Leur fabrication se fait en fonction de l’utilisation à laquelle ils sont destinés et répond à des ‘‘recettes’’ précises. « Ce sont des mélanges de différents concentrés végétaux et marins. En moyenne 18 à 22 produits sont nécessaires à la fabrication », précise Jean-Baptiste Tassone, Gérant de JBT Bio. Chez Eléphant Vert, les biofertilisants sont fabriqués à partir de biomasse collectée dans la région de Meknès (déchets agricoles et agro-industriels, d’où le choix de cette région qui fournit ces matières premières en variété et en quantité suffisantes toute l’année), additionnée de bactéries selon un procédé breveté et trois fois plus rapide que le compostage. « Nous obtenons un vrai fertilisant organique riche en N P K (azote, phosphore, potassium), qui peut compléter la fertilisation conventionnelle et même améliorer l’efficacité et l’utilisation des éléments nutritifs », indique Sébastien Couasnet. Le titrage minimum en N P K est de 5-5-5 et une montée en gamme avec un produit en 8-5-5 est prévue au cours de l’année 2013. Un des avantages de travailler avec des micro-organismes est également de pouvoir proposer une gamme de produits personnalisés selon le type de culture et de sol. Quant aux biopesticides, ils sont également élaborés à partir de cultures de micro-organismes. Chaque pesticide a un mode d’action qui lui est propre. Généralement, il s’agit d’entomopathogènes qui inoculent une maladie spécifique à l’insecte ciblé. Le biopesticide peut aussi agir de façon mécanique, par suffocation du ravageur par exemple. D’autres, comme certains champignons, occupent le terrain – au sens propre- empêchant ainsi les variétés pathogènes de coloniser le sol. L’action est donc parfaitement ciblée et sans impact sur la santé humaine. « Nos biopesticides inoculent des maladies qui touchent uniquement le règne des invertébrés », souligne M. Couasnet. Autre avantage : « ils agissent en substitution totale pour un coût à l’hectare 3 fois inférieur. De plus, ce sont des agents biologiques vivants, dont la rémanence, et donc l’efficacité, est beaucoup plus longue. Ainsi, dans des conditions favorables, notre produit contre les criquets agit pendant 12 à 24 mois. Leur compétitivité est sans commune mesure », ajoute-t-il.

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Process

Fortification en vitamines et minéraux Solution de lutte contre la carence en micronutriments Appelée aussi la « faim cachée », la carence en micronutriments est un problème de santé publique qui touche plusieurs populations dans le monde. Afin d’y remédier, la fortification des aliments en vitamines et minéraux représente une solution qui implique les pouvoirs publics tout comme les industriels. Sarah OUSAID

L

a fortification des aliments est une opération qui consiste à ajouter des micronutriments dans des produits alimentaires au cours de leur fabrication. Cette addition peut concerner un ou plusieurs nutriments, naturellement présents ou non dans l’aliment en question. Au départ, la fortification en vitamines et minéraux touchait principalement les produits alimentaires de grande consommation, à savoir l’huile, la farine et le sel. Mais de nos jours, on voit apparaître sur le marché une panoplie de produits enrichis en ces micronutriments puisque tous les produits alimentaires

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peuvent être des vecteurs de vitamines et minéraux.

Plusieurs voies, une seule fin

En industrie agroalimentaire, il existe différentes techniques de fortification des aliments en vitamines et minéraux. « Ces micronutriments sont mélangés avec les autres ingrédients avant de subir des opérations telles que la pasteurisation, l’extrusion ou la cuisson. Pour les procédés continus comme l’enrichissement de la farine, le microdosage est nécessaire pour assurer plus de précision », explique Lena Kampehl, M.Sc. Food – Research & Develop-

ment chez SternVitamin. Dans le cas des céréales extrudées, il est possible de mélanger le prémix avec la pâte (bon pour les minéraux) ou pour diluer les vitamines solubles dans la solution de revêtement. Si le nutriment n’est considéré comme fortifiant que s’il est stable dans l’aliment où il va être incorporé et conforme aux dispositions réglementaires, des interactions peuvent néanmoins se produire entre les micronutriments et les autres composants du produit. « Il faudrait donc avoir une très bonne connaissance de chacune des substances actives, car les interactions peuvent avoir un effet très négatif sur le goût, la texture, l’odeur ou l’apparence du produit fini », remarque Mme Kamphel. Dans le cas des vitamines en particulier, les pertes sont compensées lors de la formulation du produit par un surdosage précis. Que ce soit pour les boissons, la farine, les pâtes, les produits laitiers, les sucreries, les aliments pour bébé, la margarine ou les huiles comestibles, les fournisseurs travaillent en collaboration avec leurs clients afin de concevoir des mélanges « sur mesure » adapté à chaque industrie. Aussi, les difficultés technologiques sont pour la plupart éliminés. En termes de coût, l’addition de vitamines et minéraux ne semble pas impacter considérablement le prix de revient du produit fini. « Dans le cas de la farine, le coût additionnel du premix fer-vitamines est très faible


Ingrédients

Cas du Maroc et perspectives d’avenir

La fortification obligatoire concerne le sel et la farine. Pour l’huile de table et le lait (pasteurisé et UHT entier), il s’agit d’une fortification volontaire en vitamines A et D3,

opérée par les plus grands opérateurs industriels. Ainsi, la farine a été fortifiée avec 45 mg de fer élémentaire/kg de farine, incorporé dans un mélange préparé comprenant les vitamines B1 (4,5 mg/kg), B2 (2,79 mg/kg), pp (36,18 mg/kg) et l’acide folique (1,53 mg/kg). L’huile a été fortifiée en vitamine A (sous forme de rétinyl palmitate) à raison de 30 UI/g d’huile et en vitamine D3 à raison de 3 UI/g. Le sel a été fortifié en iode à raison de 30mg/kg±10mg/kg. Par ailleurs, de plus en plus d’entreprises suivent cette voie, ce qui expliquerait la demande croissante en micronutriments survenue depuis quelques années. « Aujourd’hui, on peut faire du surmesure dans le secteur laitier en concevant des gammes de produits pour les adolescents, juniors, séniors (3ème âge) ainsi que pour les personnes souffrant de problèmes d’obésité », affirme M. Alami. Une vision qui suit parfaitement la tendan-

ce internationale. « Les innovations comprennent des systèmes pour des groupes cibles spécifiques - par exemple les personnes âgées, les enfants ou les athlètes - et pour les consommateurs qui sont à la recherche d’un avantage particulier pour la santé », déclare Mme Kamphel.

© Ministère de l’Économie

rapporté au kg », nous apprend Jawad Alami de Fortrade. Pour les entreprises, la fortification en vitamines et minéraux est une valeur ajoutée pour les produits, qui sont plus bénéfiques pour le consommateur que leurs homologues standards. « C’est un argument marketing de plus en plus utilisé pour se distinguer de la concurrence », assure M. Alami. Notons par ailleurs qu’il n’y a aucun risque d’intoxication de vitamines et ou de minéraux provenant d’un aliment fortifié. Pour cela, il faudrait ingérer des centaines de kg ou de litres d’aliments fortifiés/jour/personne, chose pratiquement impossible.

5 questions à Hassan Aguenaou, Directeur de l’Unité Mixte de Recherche en Nutrition et Alimentation (URAC 39) et du Centre Régional de Nutrition pour l’Afrique associé à l’AIEA • Quel est le cadre qui régit l’enrichissement des aliments en vitamines et minéraux au Maroc ? C’est le référentiel législatif et réglementaire relatif à la fortification des denrées alimentaires par l’adjonction de vitamines et de minéraux, élaboré autour des principes fondamentaux adoptés par la commission du Codex Alimentarius. • Quels sont les produits concernés et comment ont-ils été sélectionnés ? Les premiers produits concernés par la stratégie de fortification sont les produits de large consommation. Afin de remédier au problème des carences en micronutriments sans avoir à changer les habitudes alimentaires de la population, il a été déterminé la quantité des aliments consommés par le citoyen (près de 300 g de farine, 32 g d’huile et 7 g de sel par jour). Sur cette base, il a été calculé la quantité de micronutriments à ajouter dans chaque aliment. • Quels sont les objectifs à atteindre et dans quels délais ? A l’horizon 2019, le gouvernement vise l’élimination des carences en vitamine A et en iode, une prévalence de l’anémie ferriprive de 20% chez les femmes enceintes (contre 37,2%), de 18% chez les enfants de moins de cinq ans (contre 31,5%), de 12% chez les hommes (contre 18%), et une prévalence des malformations du tube neural de 1,1/1000 naissances vivantes (contre 3,3/1000 naissances vivantes). • Comment la situation évolue-t-elle? La fortification de l’huile de table et du lait en vitamine A est une Success Story, car après leur introduction respective en 2002 et en 2006, la prévalence de la carence en vitamine A a régressé entre 1996 et 2008 de 41% à 22,3% chez les enfants de moins de 5 ans et de 10% à 6,9% chez les femmes en âge de procréer. Pour la farine, le fer (élémentaire) utilisé actuellement devrait absolument être substitué par une autre forme plus biodisponible (Fer EDTA et Fer Fumarate). • Quelles sont les difficultés rencontrées ? Le secteur de l’industrie du sel souffre d’une mauvaise structuration. Notons qu’un peu plus de 40% de la population seulement utilise du sel étiqueté comme iodé, dont uniquement 15 à 30% est conforme en teneur en iode. Par ailleurs, la farine fortifiée industrielle ne couvre que 50% des besoins au plus. Il faudrait que les minoteries industrielles absorbent les minoteries artisanales ou que ces dernières maitrisent le process de la fortification.

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Process

Cuisson des produits carnés 1 Flexibilité et performance

ère

partie

A

chaque profil de produit fini correspond une technique de cuisson adaptée, qui permettra d’obtenir les qualités organoleptiques, nutritionnelles, de texture mais aussi visuelles recherchées. « C’est le produit qui impose le type de cuisson et la technologie », avance Pierre Colin, spécialiste Process chez GEA CFS France

Marmites et cuiseurs

© Capic

La cuisson en marmite s’adresse généralement aux produits en milieu

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liquide ou pour une cuisson au bainmarie. « L’eau est alors chauffée par un bain d’huile ou de la vapeur contenus dans une double paroi, euxmêmes chauffés par des résistances électriques ou un brûleur gaz », indique Michaël Anty, Directeur Export chez Stale. Présentées généralement sous la forme de cuves rectangulaires, équipées d’un système de paniers et de palans pour lever ces derniers, les marmites sont également disponibles en version basculante, avec cuve hémisphérique et éventuellement bras racleur, adaptée à l’industrie des plats cuisinés. Chez Capic, la dernière innovation en la matière, qui sera présentée au CFIA Rennes 2013, est une gamme de marmites avec production de vapeur intégrée. Cette vapeur, produite à 110°C, est répartie sur toute la surface hémisphérique de la cuve, permettant ainsi un chauffage rapide et homogène.

Beaucoup moins chères qu’une cellule de cuisson, une marmite nécessite des temps de manutention plus longs. Mais, simple d’utilisation et robuste, elle reste un choix intéressant pour les temps de cuisson longs comme dans l’industrie charcutière, avec des capacités allant de 500 à 2.000 L et plus. Ce dernier secteur a également recours à des cuiseurs, qui fonctionnent selon le même principe que les marmites. « Les cuiseurs sont nécessaires lorsque l’industriel recherche une puissance thermique supérieure pour une montée en température courte, par exemple pour échauder les produits », souligne Gilles Velly, Responsable technico-commercial au Département industries agroalimentaires de Capic. Pour sortir facilement et fréquemment les produits, les paniers basculent grâce à des vérins pneumatiques, ce qui réduit par contre la capacité de chargement par rapport à une marmite.

Malaxeurs

Un malaxeur est une cuve en inox, de capacité variable et à pale fixe permettant un effet mécanique doux, ne faisant donc pas subir de contraintes de cisaillement aux produits comme dans le cas de cui-

© Lutetia

© GEA CFS France

Evolution naturelle pour les industriels des produits carnés à la recherche de valeur ajoutée et de diversification de gamme, la cuisson est l’étape suivante après celle de la découpe crue. Désormais, les fournisseurs étoffent leur offre et proposent des équipements toujours plus précis, performants et économiques. Tour d’horizon des principales solutions de cuisson. Florence CLAIR


seurs-mélangeurs équipés de bras tournants. En effet, c’est la cuve qui tourne et fait retomber les produits, assurant une homogénéité de la cuisson et évitant la coagulation en bloc des produits. Trois sources de chaleur sont possibles : aspiration d’eau chaude par le vide pour une cuisson par contact avec un liquide, injection de vapeur dans la cuve pour une cuisson par contact avec un gaz, ou utilisation d’une double enveloppe contenant un liquide chaud (eau, eau glycolée, vapeur) pour une cuisson par contact avec une surface chauffée. Enfin, selon Lutetia, ce mode de cuisson sous vide et à basse température permet d’améliorer les rendements, non seulement grâce au caractère multifonctionnel du malaxeur, mais aussi grâce à une meilleure liaison eau – protéine et une meilleure absorption des ingrédients en contact avec la viande, sans pertes. Selon François Deumier, Responsable Marketing du Département Technologie Alimentaire chez Lutetia, « le produit garde ainsi sa jutosité ». La cuisson de la viande est d’ailleurs l’une des applications les plus courantes pour les malaxeurs, qui permettent de décongeler les blocs ou morceaux IQF, puis de les saler, cuire, enrober éventuellement avec de la sauce et enfin refroidir. En effet, un autre avantage du malaxeur est qu’il peut réaliser plusieurs étapes à la suite dans la même enceinte.

Autoclaves

Outre les classiques produits appertisés (pâtés, plats cuisinés… stérilisés) conditionnés en sachets, barquettes, bocaux ou boites, les

autoclaves sont aussi des équipements polyvalents qui peuvent être utilisés pour cuire – et éventuellement pasteuriser par la même occasion – des produits carnés pré-emballés en sachets, boyaux ou films. Ces derniers peuvent être conditionnés en portions individuelles ou multi-portions, voire en pièces de viande entières, et conservés jusqu’à plusieurs semaines au frais. « C’est le développement de la cuisson sous vide sous l’impulsion de George Pralus dans les années 80 qui a mis en évidence l’intérêt de cette technologie », explique Jean-Pierre Pinot, Président de Steriflow. Avantages de l’autoclave : la cuisson à température modérée et maîtrisée (entre 50 et 100°C et plus, avec éventuellement conduite des opérations par sondes à cœur) améliore la qualité des produits, les pertes de poids sont limitées voire évitées et les qualités organoleptiques sont préservées. De plus, la surpression dans l’enceinte évite la déformation des emballages et le refroidissement peut être effectué dans le même autoclave, cette enceinte étant décontaminée périodiquement par un cycle à haute température. L’autoclave convient particulièrement aux besoins en produits élaborés de la restauration collective ou commerciale, avec par exemple des rôtis en cylindres de 12 cm de diamètre et jusqu’à 50 cm de long, des gigots d’agneau… « Les pièces en film ou poches sous vide sont cuites à des températures de 60 à 75°C pour conserver l’aspect saignant à cœur. Les durées de cuisson sont de plusieurs heures, suivies d’un refroidissement très rapide dans la même enceinte », précise M. Pinot. Autre exemple de produits : les mortadelles en boyaux artificiels ou les plats cuisinés en barquettes ou sachets individuels ou multi-portions. Dans ces cas, la cuisson se déroule à plus haute température et est associée à une pasteurisation.

© Steriflow

Cellules

Compactes et modulaires, les cellules de cuisson s’adaptent aux capacités de production, aux surfaces au sol disponibles, et sont évolutives.

© Lutetia

Equipements

Le système de ventilation permet une cuisson rapide et homogène. Jambons, épaules, pâtés, terrines, poulets, plats cuisinés sous vide… peuvent y être cuits à la vapeur, à l’air sec ou encore avec une combinaison des deux modes de cuisson selon le résultat souhaité. « La vapeur permet un transfert de chaleur beaucoup plus rapide car le milieu est humide. Ce mode de cuisson est notamment adapté aux produits cuits dans leur emballage définitif, comme par exemple le jambon de volaille », explique François Deumier. Il est également intéressant de commencer par une cuisson à sec afin d’obtenir un croûtage de surface, avant de terminer en cuisson humide pour limiter les pertes de produit. Il est ainsi possible de rôtir des poulets entiers. Autre intérêt des cellules dites « universelles », elles sont « capables de réaliser les fonctions d’étuvage-séchage-fumage (à froid ou à chaud) et cuisson (sèche ou humide) dans la même chambre », ajoute Michaël Anty. L’enchaînement des étapes est programmable. Enfin, les manipulations sont facilitées grâce aux chariots, équipés de grilles ou de moules multiples en inox. « Les cellules sont des équipements qui ont fait leurs preuves, avec des capacités allant de 1 à 10 chariots industriels de 2 m3 et des chargements de 400 à 500 kg par chariot. Pour les capacités de production plus réduites, nous proposons des cellules plus petites avec des chariots équipés de grilles de 600 x 800 mm sur 6 niveaux », complète M. Velly. FOOD MAGAZINE N° 51 15 Janvier - 15 Février 2013

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Process

Operculage La protection assurée Le monde de l’emballage des produits alimentaires est large. L’operculage constitue une part importante du secteur, exploitée pour le conditionnement de divers aliments. Voici un tour d’horizon de ce mode de conditionnement et des dernières innovations en la matière. Siham HAMDI ne veut pas que l’opercule dépasse, en haute pression pour certains types de contenants fabriqués en aluminium ou en céramique, etc. », explique André Lardic, Responsable Commercial de Guelt.

© Mecapack - Idpack

Les équipements d’operculage

L

e recours à l’operculage a débuté il y a quelques décennies, tout d’abord avec le lancement des yaourts en pot en plastique. Mais son industrialisation a commencé au début des années 80. Aujourd’hui, outre les yaourts, divers produits alimentaires, comme les plats cuisinés, les barquettes de viande ou de poisson, les fruits et légumes 4ème et 5ème gamme, etc. sont soumis à l’operculage.

Principe et technique

Dans l’industrie alimentaire, les barquettes, qu’elles soient thermoformées ou injectées, sont les emballages qui se prêtent le plus à l’operculage. Le principe de cette technique consiste en un élément clé : la soudure thermique, qui tient compte des facteurs temps/pression. En effet, en fondant le soudant du film et de la barquette, une liaison étanche est créée, ce qui empêche l’atmosphère modifiée créée dans la barquette de s’échapper. C’est ainsi que l’opercule garantit la protec-

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FOOD MAGAZINE N° 51 15 Janvier - 15 Février 2013

tion du produit alimentaire. « Il est possible de réaliser la soudure de différentes façons : par-dessus dans la majorité des cas, par-dessous s’il n’y a pas assez de rebord de barquette, en découpe intérieure si on

Innovations

Il est nécessaire de se doter d’un équipement performant pour réaliser la soudure. Il peut s’agir d’une operculeuse ou d’une thermoformeuse. Dans le premier cas, l’industriel achète sa barquette, la remplit puis effectue sa soudure avec un film d’operculage, après avoir fait un vide et une réinjection de gaz inerte, nécessaires à l’inhibition des bactéries présentes et au prolongement de la durée de vie du produit. L’operculeuse doit pouvoir recevoir les dimensions des barquettes demandées, ainsi qu’un outillage adapté à la solution. « Il existe 11 technologies

Aujourd’hui, le domaine de l’operculage fait l’objet d’un développement continu, et les industriels proposent de nos jours quelques innovations. A titre d’exemple : « Mecapack propose aujourd’hui des machines polyvalentes capables de coupler plusieurs applications sur le même outillage. C’est le cas par exemple du skin/operculage : avec la même barquette, le client peut choisir de faire du vide en skin ou de l’operculage sous atmosphère modifiée », explique Eric Echardour, Directeur Commercial de MecapackIdpack. D’autre part, les contenants operculables se diversifient. Ainsi, « Guelt est la seule entreprise à souder un opercule sur des contenants en céramique ou verre de petite ou grande capacité », affirme André Lardic. L’innovation concerne également les films plastiques. « Parmi les innovations des plastiques, nous sommes capables d’avoir un film destiné au contact avec la viande et qui ne laisse aucune trace de brunissement sur le produit. Pour les fruits et légumes, les films sont à perméabilité sélective et laissent passer le mélange gazeux nécessaire au produit. Pour les plats cuisinés, nous avons toute une gamme de films permettant de réchauffer, et quelquefois de cuire dans l’emballage au four traditionnel ou micro-ondes », conclut M. Echardour.


Emballage

différentes chez Guelt pour toutes les applications du marché de l’IAA », affirme André Lardic. En ce qui concerne la thermoformeuse, « l’industriel achète un film rigide que la machine thermoforme en barquette, puis après une phase de remplissage, le film supérieur est operculé et les barquettes sont découpées individuellement ou en lot. La majorité des yaourts est conditionnée sous ce procédé », indique Eric Echardour.

Les opercules peuvent être fabriqués avec divers matériaux. En effet, tout dépend de l’application. Les films sont majoritairement composés de 3 couches : le support, la barrière et le soudant, avec des matériaux différents pour chaque fonction. En général, on retrouve le PP (polypropylène), le PET (polyéthylène téréphtalate) et le PA (polyamide) pour le support, l‘EVOH (ethylène vinyl alcohol) pour la barrière, et le PE (polyéthylène) ou le PP pour le soudant. En revanche, la composition de l’opercule doit être en adéquation avec la composition de la barquette, afin que les deux aient les mêmes caractéristiques. « Généralement, la couche en contact avec le support à souder doit être de la même composition, par exemple PP sur PP, PE sur PE, etc. Ces couches entreront en fusion lors de la soudure thermique », renchérit Eric Echardour. Et d’ajouter : « lorsque les matériaux ne sont pas compatibles, nous

pouvons aussi utiliser une laque de soudure. » Chaque matériau a ses propres caractéristiques. Par exemple, le PP est résistant jusqu’à 120 °C, l’EVOH est une barrière à l’oxygène, le PET est moyennement barrière mais très transparent, tandis que le CPET (polyéthylène téréphtalate cristallin) résiste jusqu’à 180°C… Les différents types d’opercules utilisés dans l’industrie alimentaire sont les opercules transparents comme PA/PE (simple et barrière), OPP (oriented polypropylene)/PP, qui est un film résistant à la stérilisation ou à la pasteurisation, le film PET/ALU/PE ou PET/EVOH/PE, qui permet d’avoir la barrière au gaz et aux UV, etc.

© Mecapack - Idpack

© Guelt

Les opercules : un choix divers

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Process

L’amélioration continue en logistique Ou « ACL » 2 partie ème

Aujourd’hui, une entreprise ne peut pas se contenter d’être conforme ou d’être aux normes, elle se doit d’approcher l’excellence. En effet, la globalisation de l’économie l’oblige à améliorer la qualité, innover, diversifier et réduire ses coûts, et ce en permanence pour répondre aux nouvelles exigences du marché.

L

a difficulté d’optimisation de la chaîne logistique tient à la fois de la complexité du processus et à la difficulté de mesurer efficacement la performance que l’on peut y associer. Pour cela, cette approche utilise un certain nombre de démarches et méthodes. En voici quelques-unes : - L’AMDEC est l’Analyse des Modes de Défaillances, de leurs Effets et de leur Criticité. C’est une méthode d’analyse préventive qui permet de recenser, de mettre en évidence et de quantifier les risques potentiels de défaillance d’un produit, d’un processus ou d’un équipement. Son but est de hiérarchiser les actions d’amélioration à conduire sur un processus, un produit, un système en travaillant par ordre de criticité décroissante. - Le Benchmarking ou « analyse comparative » est une technique d’amélioration basée sur l’adoption de bonnes pratiques et méthodes déjà expérimentées et utilisées par une autre organisation. Il est utilisé pour toute analyse comparative visant à évaluer les performances de différents produits, procédés, concurrents. Il représente également

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Driss Herrati

Directeur Général d’Avenir Formation www.avenirformation.ma

un indicateur chiffré de performance. - La méthode SMED (Single Minute Exchange of Die) ou bien « Système de modification rapide des réglages des machines » est une méthode d’organisation dont le but consiste à réduire de façon systématique le temps de changement d’outils à moins de 10 minutes. Elle s’applique essentiellement dans les industries où la production est organisée par fonction. - La méthode des 5S « Seiri, Seiton, Seiso, Seiketsu, Shitsuke » ou bien « Trier, Ranger, Nettoyer, Conserver en ordre et propre, Formaliser et impliquer » fait partie des outils de

Franck Cerdan

Directeur Général de MANORG www.manorg.ma

gestion de la qualité dont le but est d’optimiser les conditions et le temps de travail. Elle s’applique à un milieu physique (bureau, magasin…). Elle constitue la première étape de toute démarche qualité. Elle vise à garantir la propreté et la bonne organisation du poste de travail. Cette méthode répond aux exigences attendues pour rendre son entrepôt plus productif et réactif aux aléas de la demande. - La méthode des 5G « Gemba, Gembutsu, Genjitsu, Genri, Gensoku » ou bien « La place réelle, Les observations, La réalité, La théorie, Les standards opérationnels » est une méthode qui aide à examiner chaque détail, afin de se procurer une opinion objective d’une situation, en mettant de côté toute supposition


Logistique arbitraire. Son but est d’assurer le respect et l’application des standards, d’instaurer et de restaurer les bonnes attitudes afin d’améliorer la productivité. Elle exige cependant de se déplacer sur le terrain afin d’analyser réellement ce qui se passe. - Le principe de Pareto ou plus communément appelé principe des « 80/20 » est un outil d’analyse permettant de résoudre 80% des difficultés d’un problème en ne s’intéressant qu’à 20% du sujet. Cet outil est utilisé quotidiennement par les logisticiens. Cependant, ces derniers doivent choisir les critères qui concernent leurs activités tels que le nombre d’articles vendus, le nombre de retours clients…

Les KPI logistiques : outils de suivi des performances Les KPI logistiques sont des tableaux de bord s’appuyant sur des indicateurs pertinents. Ils permettent de ressortir rapidement les points à améliorer et les causes de dérives des coûts, des délais et de qualité.

Le choix de ces derniers est primordial et dépend du secteur étudié ainsi que des objectifs principaux de l’entreprise. Cependant, certains ont des portées universelles, à savoir par exemple : - Le taux de rupture, - Le nombre de palettes réceptionnés/expédiées, - Le taux de kilomètres « à vides », - Le coût de carburant, - le coût d’entreposage, - le coût moyen dans le traitement des opérations de transport typique. Les indicateurs doivent être partagés, compris et animés. Ils sont analys��s et exploités à deux niveaux : • Dans les ateliers, il convient de diffuser, par voie d’affichage par exemple, les indicateurs simples sur lesquels les opérateurs peuvent avoir une « prise directe » (rebus, retouche), et ils pourront de plus, être commentés en réunion journalière, hebdomadaire ou mensuelle. • A la direction ou lors du comité de pilotage, il convient de rassembler

les indicateurs dans un « tableau de bord » examiné mensuellement. Les dérives pénalisantes doivent être analysées de façon approfondie et faire l’objet d’actions correctives.

Les systèmes d’information

Ils sont au cœur de l’entreprise et ils contribuent à la performance logistique. La logistique est un métier de flux où tout s’enchaîne rapidement. Aussi, les systèmes d’information (SI) en place doivent : - Donner une vision analytique de l’ensemble des coûts, - Contribuer à la fluidité des opérations, - Permettre la traçabilité. Bien sûr, il existe des SI métiers accélérateurs de flux (WMS, optimisateur de tournée, TMS,…). Mais n’oublions pas qu’un SI n’est performant que lorsque les Hommes et les organisations en ont compris les rouages et que par la même occasion, il est adapté et bien utilisé.

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Process

Logistique

Interview de M. Grimonprez, PDG de Grimonprez Logistique A/ Sur l’amélioration externe (relation client) En tant que prestataire global, comment intégrez vous l’amélioration continue avec vos clients ? L’amélioration est une action permanente dans notre réseau. Elle touche 2 domaines principaux : satisfaire toujours plus notre client au moindre coût et rentabiliser nos activités. Nous intégrons donc cette amélioration par la mesure de notre performance, la mise en œuvre de process novateurs et optimisés avec un calcul du ROI (retour sur investissement). Quelles sont les activités d’un agro-industriel que vous lui conseilleriez d’externaliser ? Pourquoi ? Nos activités sont essentiellement orientées vers les produits de grande consommation pour nos clients ainsi que le e-commerce. Ce que je conseillerais à un industriel, dont le cœur de métier n’est pas la logistique, serait d’externaliser les flux dont les leviers d’économie et de qualité sont les plus importants : le transport, la gestion de stock et la préparation de commandes avec une définition d’un cahier des charges clairs pour que les 2 parties soient engagées. Pour améliorer la qualité de vos prestations de services, quels outils mettez-vous en place dans le cadre de vos relations clients? Les outils sont multiples. Il y a tout d’abord les SI, afin de limiter au maximum l’intervention humaine par une lecture de codes barres et une gestion en temps réel de l’ensemble des unités logistiques et pour l’ensemble des process. Dans un deuxième temps, c’est une relation client basée sur l’écoute et la mesure pour identifier les dérives éventuelles et pouvoir y remédier. Enfin cette amélioration passe également par un lien juridique avec nos clients dans la durée pour grandir ensemble et améliorer

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en partenariat notre relation et ce dans le seul intérêt du client final. Comment intégrez-vous le client à ce processus d’amélioration ? La transparence est la clef de la réussite. Bien souvent nos clients sont présents dans nos sites en « implant » afin de mesurer avec nous notre prestation. Nous les convions à nos plans d’action et solutions envisagées afin de les partager avec eux et très souvent intégrer les informations qu’ils nous transmettent de leur client final. Les clients sont sans cesse à la recherche de réduction de leur cout, que leur proposez-vous pour répondre à cette attente ? Les solutions peuvent avoir plusieurs sources : des gains de productivités qui sont partagés. Je rappelle qu’en France la masse salariale est le premier centre de coût dans une activité logistique. Des solutions informatiques innovantes sont également proposées. Enfin, nous pouvons également nous tourner vers les économies d’avenir liées à l’énergie, les déchets… Au sein de vos activités, quels outils informatiques vous permettent de vous distinguer ? Nous avons opté pour un outil interne de gestion des entrepôts qui est très flexible et qui répond aux besoins de nos clients. Cet outil peut être adapté presque à chaque client mais nécessite des développements spécifiques. L’objectif étant de toujours nous adapter à une demande. B/ Sur l’amélioration interne D’un point de vue managérial, comment intégrez-vous vos équipes dans le processus d’amélioration de la performance ? Dans un métier où l’humain est au cœur de notre business, il ne peut pas y avoir d’amélioration sans l’implication de tous. Les solutions d’amélioration parfois très

simples et de bon sens sont issues de nos collaborateurs. Il est donc nécessaire de les écouter et de les animer. C’est ce que nous faisons dans un esprit de réseau et en bon père de famille. En tant que prestataire, comment assurez- vous la prévention des biens et des personnes ? Dans notre métier de prestataire, les marchandises sont souvent assurées par nos clients. Nous assurons de notre côté notre personnel et les bâtiments. Comment assurez-vous la sureté des marchandises qui vous sont confiées ? Concernant la sécurité, tous nos sites sont naturellement aux normes en vigueur avec les autorisations d’exploitation acceptées par les autorités compétentes. Nos sites sont également couverts au niveau sureté par des systèmes adaptés et qui tiennent compte de la nature et de la valeur des produits que nous gérons. Sans rentrer dans les détails, nous testons régulièrement nos dispositifs pour garantir leur efficacité.

Gimonprez en quelques chiffres

• Société de Prestations de Services • CA 2012 : 45 Millions € • 450 personnes • 420.000 m² de surfaces exploitées • Activité de Logistique Retail, de la Distribution Urbaine, activité fluviale, du e-commerce, du transport alternatif • Des investissements immobiliers chaque année


Process

Solutions Fournisseurs • Process Kronen. Nouvelle coupeuse Le fabricant allemand Kronen présente sa nouvelle coupeuse à bande GS 20 adaptée pour les produits de grande taille, par exemple des têtes de salade entières et autres produits. Grâce à son système de guidage du produit jusqu’au couteau rotatif, elle garantit une coupe précise tout en permettant un réglage de l’épaisseur des tranches sur une plage de 1 à 50 mm. La coupeuse est dotée d’un écran tactile, qui permet d’enregistrer des programmes individuels et de les sélectionner, et d’un système de verrouillage combiné avec couvercle de bande, qui garantit une sécurité supplémentaire au niveau du couteau. Les surfaces en biais, les bagues d’étanchéité en acier inoxydable, l’élimination de vis au niveau de la chambre de coupe et un bord de coupe sans interstices permettent d’améliorer l’hygiène de la machine.

Trief. Nouvelle cubeuse à fromage A l’aide de son système de chargement automatique, la cubeuse à fromage industriel Casan 200 permet de réaliser des cubes, timbres, bâtonnets ou encore du râpé. Grâce à son ouverture de chambre de 240 mm, la machine est capable de charger deux blocs superposés, par exemple pour la réalisation de mélange de fromage. La Casan 200 bénéficie du mode râpage à haute cadence. Conçue pour une utilisation industrielle et intensive, la machine est extrêmement résistante, mais avec un encombrement minimum. Les conditions d’hygiène spécifiques à la découpe de fromage sont également réunies sur la cubeuse. Un vérin hygiénique élimine le risque de contamination des produits par de l’huile hydraulique

Tetra Pack. Nouvelle technologie d’automatisation des poudres La technologie Conevalve assure l’automatisation, le confinement et le dosage des poudres en vrac en emballages et conteneurs standards. Cette technologie permet le déchargement étanche automatisé de tous les emballages avec une unité de connexion active. Elle améliore l’automatisation et l’étanchéité de la manutention des poudres en réduisant les interventions de l’opérateur, l’exposition à la poussière, le nettoyage et le coût de la garantie qualité. Elle renforce également la flexibilité, la fiabilité et l’efficacité de la production.

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TriaProcess. Mélangeur industriel innovant TriaProcess, spécialisée dans la fabrication de machines spéciales et de mélangeurs industriels, présente son mélangeur industriel Triax. Il s’adapte aux produits à mélanger : liquide, visqueux, poudre, crème, pâtes. Mélangeur polyvalent, il peut également réaliser des granulations ou des enrobages. Il est conçu pour un mélange rapide et homogène sans abîmer ou altérer les produits, avec un temps de mélange court et une faible consommation d’énergie. Triax est adapté pour les secteurs d’activités de l’agroalimentaire, de la cosmétique et de la chimie fine.

• Emballage Etikouest. Un sachet verseur refermable Corner clips™, est une solution de versage avec fermeture intégrée pour les sachets. Un sachet verseur refermable, efficace et intuitif offrant une ouverture large, il se referme facilement grâce à une pièce clipsée sur la fente et permet un versage simple, pertinent et peu coûteux, deux à trois fois moins cher que toutes les solutions actuelles du marché. Adaptable aux Doy Pack et Flow Pack, ce système s’adresse aussi à tous les produits (secs, gras, frais, surgelés, et même pulvérulents) et se pose directement sur les lignes d’ensachage sans aucune réduction de cadence.


Nouveautés • Ingrédient

• Contrôle

Beneo. Nouveaux concepts de bonbons sans sucre

Hydrosol. Nouveaux systèmes stabilisants pour sauces

Decagon. Appareil de mesure de l’activité de l’eau

Beneo, fabricant d’ingrédients fonctionnels, présente « Sweets Collection », une nouvelle gamme de bonbons réduits en sucre et sans sucre. « Bonbon dessert », un bonbon tricolore au goût de tiramisu, et « candy in candy », un bonbon ovale de couleur au coeur d’un cube transparent, sont deux concepts de confiserie saine et sans sucre. Des bonbons qui incluent à la fois des concepts visuels et le développement de recettes et d’échantillons techniques innovants. Beneo propose aussi, Steviabalance, un bonbon sans sucre riche en fibres prébiotiques.

Les nouveaux systèmes stabilisants d’Hydrosol permettent aux fabricants de produits traiteur de créer des ketchups économiques, ainsi que des sauces épicées qui sont en outre stables à la congélation. Grâce à ces nouveaux systèmes stabilisants, il est possible de fabriquer un ketchup aux épices avec 15% de concentré de tomate seulement. Le produit final séduit par son goût et sa couleur ainsi que par sa consistance et par la sensation en bouche typique du ketchup. Ce produit est destiné tout spécialement aux pays dans lesquels la règlementation alimentaire n’impose pas de teneur minimale en concentré de tomate pour le ketchup.

Aqualab 4Te est conçu pour obtenir des mesures d’activité de l’eau dignes d’un laboratoire que ce soit sur la ligne de production, de transformation, sur le quai de réception ou bien dans un entrepôt de stockage, afin de garantir la sécurité sanitaire et la qualité des produits alimentaires. Il donne avec précision l’activité de l’eau en 5 minutes au plus, avec une exactitude de ±0,003 aw. Les données sont sécurisées, l’appareil conserve le temps, la date et les informations sur l’utilisateur pour chaque mesure et calibration. Il peut ainsi enregistrer jusqu’à 8.000 points de données sécurisés.

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Qualité

Hygiène des locaux Les produits Les locaux d’une industrie agroalimentaire doivent être entretenus et nettoyés continuellement. Quels sont, pour cela, les produits utilisés ? Quels critères doivent-ils respecter et comment les utiliser pour assurer leur efficacité ? Siham HAMDI S.E.N.S. : Support à nettoyer, nature de l’Eau, type de Nettoyage, type de Souillure », explique Abdelaziz Salih, Food Safety Manager chez Diversey Consulting Morocco. Et d’ajouter : « Ces règles visent non seulement à fournir un résultat de qualité au meilleur coût, mais permettent aussi d’assurer la sécurité du personnel, des matériaux à nettoyer et des procédés de production, en fonction des objectifs fixés. » Par ailleurs, « le choix du produit dépend aussi du besoin de l’industriel et de la nature de l’activité et des procédés », ajoute Nadia Echaoui, Responsable Département Ventes chez Diproser.

L

’hygiène des locaux dans l’industrie agroalimentaire est un élément indispensable, voire obligatoire, afin de préserver l’innocuité des aliments et garantir le respect de la sécurité sanitaire des produits alimentaires. Elle consiste à effectuer un nettoyage, destiné à débarrasser les locaux des souillures (organiques et minérales) et une désinfection permettant d’éliminer les microorganismes. Quels sont les produits indispensables au nettoyage et à la désinfection des locaux ?

Types de produits

Il existe trois catégories principales de produits d’hygiène qui peuvent être utilisés pour le nettoyage et la désinfection des locaux d’une industrie agroalimentaire :

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• les détergents, acides, basiques, ou neutres, qui permettent d’éliminer les souillures minérales ou organiques ; • les désinfectants, fabriqués à base de chlore, d’ammonium quaternaire, d’alcool, d’iode, etc., et qui permettent de tuer les microorganismes ; • les détergent-désinfectants en même temps. En outre, il existe des produits dégraissants et d’autres versatiles, qui combinent leurs effets fongicide, virucide, etc., tels que les produits fabriqués à base d’oxyde d’amine, connu pour son action fongicide et bactéricide, et l’inactivation des virus. Comment choisir donc l’un ou l’autre produit ? « L’obtention de la propreté, le choix d’une méthode et d’un produit de nettoyage sont d’abord et avant tout une question de bon

Outre une autorisation de mise sur le marché, les produits d’hygiène destinés au nettoyage et à la désinfection des locaux agroalimentaires doivent être conformes au critère d’alimentarité et respecter certains référentiels, dont la norme d’hygiène marocaine NM 08.0.000, mais aussi les législations européenne et américaine (directives de la FOOD and Drug Administration). « Les produits d’hygiène doivent être soumis à une biodégradabilité primaire et secondaire qui consiste au final à la dégradation de 60% des composants

© Diversey

Des critères à respecter


QHS

en 28 jours au maximum », ajoute Nadia Echaoui. Par ailleurs, certains produits tiennent compte aussi des exigences environnementales, et leur fabrication prend en considération l’impact sur l’environnement. En général, « les produits d’hygiène doivent respecter des caractéristiques spécifiques : ils ne doivent pas être corrosifs ni abrasifs, non inflammables, et ne doivent pas causer d’inhalation toxique. De plus, ils ne doivent pas être odorants, sauf en cas d’utilisation dans les caniveaux et les canalisations », affirme Nadia Echaoui, précisant aussi que la surface à nettoyer doit être insensible. D’autre part, les produits doivent être fabriqués avec des acides organi-

ques qui permettent de détartrer et de dérouiller les surfaces sans les attaquer.

Comment utiliser un produit d’hygiène ?

Une bonne utilisation des produits d’hygiène nécessite tout d’abord une bonne formation, ainsi que la connaissance et le respect des critères relatifs à ces produits. « Chaque produit doit être accompagné d’une fiche technique et d’une fiche de données de sécurité », indique Abdelaziz Salih. Différents critères sont étudiés pour un produit d’hygiène, notamment le temps de contact qui peut être plus ou moins long (par exemple, le chlorure de benzalkonium ne dépasse

pas 5 minutes), la température qui ne doit pas dépasser 45°C et la nature de la souillure. L’efficacité dépend aussi de la dilution. « Pour une première utilisation, l’industriel travaille avec une certaine concentration qui peut être par la suite diluée systématiquement. Nous faisons pour cela le suivi avec le client », assure Nadia Echaoui. Par ailleurs, en ce qui concerne le planning de nettoyage, la fréquence d’utilisation peut différer d’un produit à un autre. Elle peut dépendre aussi de l’activité de l’entreprise. « Le produit peut être utilisé de 1 à 4 fois par jour jusqu’à 1 fois tous les 6 mois », estime Abdelaziz Salih. Enfin, la méthode de nettoyage utilisée est à prendre aussi en considération, notamment en termes d’efficacité et d’économie. A titre d’exemple, « si l’industriel nettoie avec une machine, il utilise moins de produit, ce qui lui permet de réaliser des économies intéressantes », assure Nadia Echaoui.

Quelques conseils pour une meilleure utilisation Afin de pouvoir bien utiliser les produits d’hygiène dans un local agroalimentaire et garantir leur efficacité, voici quelques conseils et recommandations qu’il faudrait suivre : • Lire l’étiquette d’un produit d’hygiène avant son utilisation ; • Ne jamais mélanger des produits acides avec des produits chlorés, car du chlore gazeux serait alors libéré ; • Ne jamais mélanger des acides concentrés avec des produits caustiques, car cela produit de la chaleur et provoque éventuellement une forte ébullition ; • Toujours ajouter des produits chimiques à l’eau et non l’inverse ; • Appliquer le cycle de SINNER ou TACT (Température de l’eau, Action mécanique, Concentration en détergent, Temps). Une bonne combinaison de ces quatre actions permet d’effectuer un nettoyage efficace et économique sans altération du support à nettoyer. Par ailleurs, il existe aujourd’hui certains programmes développés qui permettent d’optimiser l’efficacité et l’efficience du nettoyage en place, ainsi que des systèmes destinés à effectuer des audits d’hygiène.

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Marchés Thé, infusion et compagnie

Un marché florissant

Siroté depuis longtemps par les Marocains, le thé est la boisson par excellence qui peut être consommée à tout moment de la journée. Or, le marché des thés et infusions propose aujourd’hui une panoplie de produits, dont certains sont connus par les Marocains bien avant le fameux thé à la menthe ! Siham HAMDI

L

’histoire du thé vert au Maroc ne date que des années 30, période où le négoce de ce produit fit ses premiers pas dans le pays. Son pionnier, Haj Hassan Raji, fut le premier à importer cette plante de Chine, après la création de sa société en 1936. Depuis, le thé deviendra une boisson de plus en plus consommée, remplaçant même les traditionnelles infusions préparées à base de plantes aromatiques locales.

Une consommation variée

Selon Euromonitor International, le secteur des thés au Maroc a connu une croissance en volume de 3% entre 2009 et 2010 et entre 2010 et 2011. Or, si le thé est bu dans quasiment tous les ménages marocains, sa consommation peut différer d’un individu à l’autre, selon les différen-

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tes variétés qui existent sur le marché. En effet, les plus connues sont le thé « Chaâra », qui se présente sous forme de filaments, et le thé « Hboub », de forme arrondie. Ce dernier, plus rapide à infuser, diffère des filaments qui nécessitent plus de temps pour dégager leur couleur et leur principe actif, bien que la qualité des deux variétés soit la même. « Le thé « Chaâra » est surtout un thé pour les gourmets. Il faut disposer de tout son temps pour le préparer et le déguster », explique Ratiba Ouahi, Responsable restauration collective, restauration à bord et chaînes hôtelières chez Mea Food

Service, distributeur du thé Sultan. Or, bien que les Marocains soient fanatiques de thé, le goût de ce dernier s’adapte à chaque consommateur, selon qu’il préfère un thé léger, notamment dans la région du Nord, ou un thé fort, comme c’est le cas dans le Sud du pays. « Le thé « Chaâra » est le préféré des Marocains du Sud. De plus, ces derniers sont les plus consommateurs et les plus connaisseurs de thé », affirme Mme Ouahi. Pour diversifier leur gamme de produits, certains opérateurs du secteur ont d’ores et déjà pensé à concocter des mélanges de thés avec d’autres ingrédients, tels les plantes (sauge, camomille, …) les épices (safran,…), etc., offrant au consommateur des produits prêts à l’emploi. « Grâce à ces thés mélangés, nous avons facilité aux consommateurs la préparation de leur boisson sans qu’ils aient besoin d’ajouter d’autres ingrédients », indique Ratiba Ouahi.

Une gamme étoffée

Bien que le thé vert reste de loin la boisson la plus consommée au Maroc, de nombreux produits se sont fait une place sur le marché au cours de ces dernières années, marquant fortement les habitudes culinaires des Marocains qui ne cessent d’évoluer. « Le couple marocain a changé, et ses habitudes culinaires avec. La femme marocaine qui travaille aujourd’hui n’a plus le temps de préparer sa théière », indique Ratiba

Volumes de vente du thé (en tonnes) en commerce au Maroc. 2008

2009

2010

2011

33.858

34.867

35.947

37.114 Source : Euromonitor International


Produit - Distribution - Design - Lancements - Nutrition

Ouahi. Outre le thé noir, lancé au début des années 80 par Unilever, et commercialisé par la suite par d’autres entreprises, la gamme se développera avec les plantes conditionnées dans les infusettes, fabriquées industriellement ou cousues à la main, facilitant ainsi leur emploi par le consommateur et remplaçant petit à petit les classiques plantes vendues en vrac. A titre d’exemple, prenons le cas d’Herbex, entreprise spécialisée depuis 20 ans dans la production d’infusions à base de plantes aromatiques majoritairement locales, qui s’est également lancée dans la commercialisation de thé vert et de thé noir au citron. Pour commercialiser ses produits, cette société n’a pourtant pas choisi les GMS. « Nos produits sont vendus dans les foires, les parapharmacies, et sont présents dans les ambassades de différents pays vers lesquels ils peuvent éventuellement être exportés », explique Abdelilah Saffi, Chef du département commercial chez Herbex. En outre, l’intérêt des consommateurs pour les produits de bien-être est devenu grandissant, ce qui accroît de plus en plus la tendance vers divers thés et infusions à vertus thérapeutiques, y compris vers certains thés ayurvédiques qui procurent énergie et relaxation.

Les capsules, une évolution En réponse aux besoins des

consommateurs et à leurs habitudes changeantes, les professionnels du secteur des thés et des infusions sont toujours en quête d’innovation, notamment en termes de conditionnement, afin de proposer à leurs clients des produits pratiques et faciles à l’emploi. Aujourd’hui, s’il est un produit vers lequel tend le consommateur marocain, c’est la capsule de thé aromatisé. « Le thé aromatisé s’est fait une place sur le marché, bien que les Marocains soient fanatiques de thé vert », assure Kenza Bousselham, Attachée Commerciale chez Mécafé. Spécialisée dans le café, cette entreprise s’est également lancée dans les thés aromatisés en 2010 à la demande de ses clients, et affirme détenir aujourd’hui une part de marché de 70% pour le thé au citron. Qu’ils soient de fabrication locale ou importés, ces produits rencontrent un franc succès, ce qui pousse d’autres entreprises à développer plus leur gamme et anticiper les besoins des consommateurs. En effet, selon Mme Bousselham, bien que le consommateur marocain ne fasse pas toujours la différence entre les produits en termes de qualité, il est toutefois curieux de découvrir de nouvelles variétés de thés. « Tous les jours, nous ramenons de nouvelles tendances dans les saveurs via notre concept du ‘‘Self-ActingHot-Drink’s’’ », affirme de son côté Lucien Leuwenkroon, Administrateur de Top Class et représentant des thés Lavazza en capsules et de la marque « Le Palais des Thés » au Maroc. Toujours en termes d’innovation dans le conditionnement, les produits « Le Palais des Thés » sont, à titre d’exemple, présentés sous des conditionnements rechargeables grâce à des Doypack de 100 g, permettant de garder la fraîcheur des

Produit thés le plus longtemps possible.

Mille et un thés oui, mais…

Bien que le marché marocain regorge aujourd’hui de thés et d’infusions, la question se pose toutefois par rapport au pouvoir d’achat du consommateur marocain, notamment pour certains produits bien définis. « C’est un fin gourmet qui peut parfois sacrifier le fond de sa bourse pour déguster des choses uniques », estime Lucien Leuwenkroon. Et d’ajouter : « s’agissant de produits très exclusifs, ils ne représentent pas grand chose de part de marché en volume, et les canaux de distribution sont limités à certaines épiceries fines et grandes pâtisseries de renommée internationale ou chocolatiers. » Par ailleurs, « il s’agit encore pour bien longtemps d’un marché de niche, comme tout produit de luxe, vu la rareté et la disponibilité des matières premières comme chez Lavazza. Ces produits sont donc destinés aux épicuriens voulant déguster encore et encore les tendances du moment », renchérit M. Leuwekroon. C’est le cas également pour les thés ayurvédiques, distribués il y a quelques années par Housni El Ghazi, Directeur Général d’Arômes & Co, qui confirme que le prix n’était pas accessible à tous les consommateurs, malgré la qualité et l’origine de ces produits. En dépit de ces freins, le secteur des thés au Maroc a connu une croissance en valeur dans le commerce de détail de 6% entre 2009 et 2010, selon Euromonitor International qui prévoit également une croissance annuelle constante à 2% en moyenne sur une période allant jusqu’à 2015. Une chose est sûre. L’intérêt du consommateur marocain est croissant et la consommation toujours en évolution, selon l’avis commun des professionnels du secteur.

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Maroc

Marchés Aiguebelle Chocowaw Poudre de chocolat pour le petit déjeuner. Fabricant : Compagnie Chérifienne de Chocolaterie - Sucre, beurre de cacao, lécithine de soja, vanilline, vitamine, sel, cannelle, carbonate de magnésium. - Epicerie. - Poids : 11 g. - Prix : 1 DH.

Nestlé Maggi Tensima Assaisonnement en granulé saveur mouton. A ajouter en milieu ou en fin de cuisson sans ajout de sel. Fabricant : Nestlé Maroc - Sel iodé, monosodium glutamate, farine de blé, oignon, sucre, exhausteur de goût, ail, graisse végétale hydrogénée, persil, arômes, cumin, poivre blanc, curcuma. - Epicerie. - Poids : 8 g. - Prix : 0,85 DH.

Maroc

Cartier Tapenade Noire Recette Marocaine Tapenade d’olives noires à déguster à l’apéritif sur des toasts ou avec des bâtonnets de légumes. Fabricant : Cartier Saada - Olives noires 68,5 % (olives noires, sel), huile d’olive extra vierge, eau, vinaigre, sel, huile d’argan. - Epicerie. - Poids : 270 g.

Bake Stix Wheat Snacks Bâtonnets à base de farine de blé cuits au four, arôme saucisses orientales. Fabricant : Edita Food Industries S.A.E - Farine de blé, eau, huile de palme, huile d’oléine de palme, arôme de saucisses orientales identique au naturel, sucre, sel (<5%), levure, améliorant E300. - Références : saucisses orientales, fromage, barbecue. - Snacks. - Poids : 40 g. - Prix : 6,50 DH.

Valencia Essentiel Premium Tonus Nectar citron gingembre. Nouvelle référence de la gamme Santé et Bien-être. Fabricant : Agro Juice Processing - Jus de citron, concentré de gingembre, eau, sucre, pectine, acide citrique. - Références : citron gingembre, fruits rouges. - Boissons. - Volume : 1 l. - Prix : 14 DH.

Cartier Salade d’aubergines Recette Marocaine Salade d’aubergine ou Zaalouk. Fabricant : Cartier Saada - Aubergines, ail, tomate fraîche, concentré de tomate, huile de table, huile d’olive, sel, cumin, vinaigre, paprika. - Epicerie. - Poids : 270 g..

Bimo Okey Maxi Choco 3 biscuits fourrés et enrobés au cacao. Relance de la marque Okey. Fabricant : Bimo - Farine, sucre, graisse végétale hydrogénée, poudre de cacao, malt, lécithine de soja (E322), sel, poudres levantes (E500 et E503), arôme artificiel, acide tartrique (E334). - Biscuiterie. - Poids : 36 g. - Prix : 1,50 DH.

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Thamar Miel de fleurs Miel pur et naturel 100% d’origine végétale. Fabricant : Thamar - Références : miel de fleurs, miel de montagne, miel de forêts. - Epicerie. - Poids : 250 g. - Prix : 30 DH.

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Fiori Caramel Les Chocolats Allier Chocolat au lait crémeux fourré de nougat enrichi de cacao et de caramel. Importateur et distributeur : Somathes - Sucre, sirop de glucose, extrait de lait (poudre de lait entier et de lait écrémé, lactose, matière grasse de lait), graisse végétale (palme et karité), beurre de cacao, masse de cacao, poudre de cacao, émulsifiant (lécithine de soja E322), sel, albumine d’œuf, protéine de lait hydrolysée, arôme (éthyl vanilline). - Références : caramel, nougat-chocolat. - Biscuiterie. - Poids : 46,5 g. - Prix : 3 DH.

Nestlé Nesquik Préparation instantanée de boisson au chocolat fortement dégraissée et enrichie en fer et aux vitamines. Dissolution rapide. Fabricant : Nestlé Egypte Importateur : Nestlé Maroc - Sucre, cacao 25%, émulsifiant : lécithine de soja, vanilline, vitamines, sel, cannelle, pyrophosphate de fer. - Epicerie. - Poids : 160 g. - Prix : 12,50 DH. Bimo Tagger B-Chok 6 biscuits enrobés au cacao. Relance de la marque Tagger. Fabricant : Bimo - Farine, sucre, graisse végétale hydrogénée, poudre de cacao, lactosérum, lécithine de soja (E322), sel, œufs entiers, poudres levantes (E500 et E503), arôme artificiel, acide tartrique (E334). - Biscuiterie. - Poids : 54 g. - Prix : 2 DH.

Nestlé Concentré Sucré Caramélisé Préparation lactée concentrée, sucrée et partiellement écrémée. Importateur : Nestlé Maroc - Lait, sucre, stabilisant (sodium biphosphate), matière grasse de lait 6%, protéines de lait 5,5%. - Epicerie. - Poids : 397 g. - Prix : 19,50 DH.

Donnez de la visibilité à vos produits Envoyez vos nouveautés à s.ousaid@foodmagazine.ma Cette sélection de nouveaux produits du Maroc est une veille marketing de FOOD Magazine.


FRANCE La Boulangère Tartines’Up Viennoises Baguette viennoise sous forme de tartines sans huile de palme prêtes à l’emploi et faciles à toaster. 12 tranches. Fabricant : La Boulangère - Farine de blé, eau, oeufs, sucre, huile de colza, levure, émulsifiant : E471, arômes, son de blé, sel, gluten de blé, conservateur : E282, poudre au beurre, levure désactivée, farine de blé malté, agent de traitement de la farine : acide ascorbique. - Boulangerie. - Poids : 250 g. - Prix : 1,95 €. Ma Pause Gerlinéa au Son d’Avoine 6 barres saveur chocolat noisette au son d’avoine riche en protéines. Une barre équivaut à une cuillère à café de son d’avoine. Fabricant : Gerlinéa - Billes croustillantes (protéines de soja, blé 5,7%, riz 5,4%, sucre, amidon de tapioca, avoine 0,9%, cacao, malt de blé, sirop de malt d’orge, sel, arôme naturel de vanille), polydextrose, son d’avoine 15,7%, stabilisants : maltitol et glycérol d’origine végétale, pétales de blé (blé 5,9%, sucre de canne, sel, extrait de malt d’orge), huiles végétales, flocons d’orge, sucre, arômes, émulsifiant : lécithine de colza. - Références : chocolat noisette, chocolat coco. - Biscuiterie. - Poids : 150 g. - Prix : 2,99 €. Charles & Alice Pommes fondantes et Châtaignes Dessert aux vrais morceaux de pommes relevé aux châtaignes. Fabricant : Charles & Alice - Crémerie. - Poids : 4 x 95 g. - Prix : 2,99 €. MALAISIE Schweppes Classic Ginger Beer Boisson gazeuse au gingembre contenant du sucre et des édulcorants. Fabricant : Schweppes - Eau gazéifiée, sucre, arômes (contenant de l’extrait de racines de gingembre), acide citrique, régulateur d’acidité (E331), conservateur (E211), stabilisant (amidon modifié, E445), édulcorant (saccharine de sodium). - Boissons. - Volume : 325 ml. - Prix : 1,13 €. Cette sélection de nouveaux produits du monde est issue de la base de données INNOVA.

Lancements TUNISIE Danone Délice Saveur Fruits Exotiques Yaourt aromatisé aux fruits exotiques. Fabricant : Danone - Lait frais entier enrichi en matières sèches, sucre, crème fraiche, arôme, ferments lactiques pour yaourt. - Crémerie. - Poids : 110 g. - Prix : 4,18 €. Shehrazad Zgougou Grains de Pin Moulus Extra Grains de pin moulus 100% pur. Fabricant: Sokapo - Grains de pin. - Epicerie. - Poids : 500 g. - Prix : 5,66 €.

Monde

Monde

Egypte Mazola Mayonnaise with Chili Flavor Mayonnaise goût chili dans une bouteille en plastique. Fabricant : BFSA - Huile de maïs pure, eau, oeuf entier, vinaigre, sucre, jaune d’oeuf, chili, sel, moutarde oléorésine, acide lactique, concentré de jus de citron, gomme de xanthane, calcium disodium EDTA. - Epicerie. - Volume : 340 ml. - Prix : 0,89 €.

ITALIE Leone Balsamiche Gommose Gommes balsamiques sans gluten et riches en fibres. Fabricant : Pastiglie Leone - Sucre, gomme arabique, sirop de glucose, menthol, plantes aromatiques, arômes, colorant naturel (complexe cuivre-chlorophylle). - Confiserie. - Poids : 42 g. - Prix : 2,98 €.

ARABIE SAOUDITE City Cafe Ice Mocha Café mocha glacé sterilisé. A servir froid. Fabricant : Al Hamwi - Eau, extrait de café instantané, sucre, poudre de lait écrémé et entier de vache, carraghénane E(407), cacao, vitamine D3 (100 UI/100 ml). - Boissons. - Volume : 190 ml. - Prix : 0,73 €.

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Marchés Monde

Lancements www.innovadatabase.com

Top 10 des tendances 2013 2

ème

partie

Grâce à son analyse continue au niveau mondial, Innova Market Insights a identifié les 10 tendances émergentes qui vont impacter l’activité nouveaux produits en 2013 et au-delà. Rappelons qu’Innova avait identifié avec succès l’émergence de la naturalité et de la durabilité dès 2008, et le retour à des allégations plus « soft » pour 2011. Voici la seconde partie de ce top 10. 6. Battre le démon du sucre Le sucre est devenu démoniaque à la façon des graisses trans, probablement même plus que le sel. Le sirop de maïs riche en fructose subit un assaut particulièrement rude. Les entreprises comptent réduire stratégiquement la teneur en sucre de leurs produits, via de nouvelles combinaisons de technologies innovantes et d’édulcorants. Les avancées dans les édulcorants naturels tels que la stévia et le luo han guo autorisent une innovation plus poussée. L’obésité atteint des sommets et retirer le sucre non nécessaire des produits sera une des voies vers le succès. La pression gouvernementale monte sur les fabricants pour reformuler ou réduire les tailles des produits. Enfin, l’innovation est toujours de mise dans la réduction du sel.

7. Emergence de failles « naturelles » Après des années de solide croissance pour les produits marketés « naturels », nous avons atteint un point de basculement. Procès et pression réglementaire augmentent, plusieurs fabricants américains majeurs faisant face à la pression de lobbys pour avoir affirmé que leurs produits hautement transformés étaient « naturels ». Quand la Californie mène, le reste des USA suit… Dans cet état, le vote sur l’obligation d’étiquetage des ingrédients génétiquement modifiés pourrait bien être un tournant pour l’agro-industrie américaine. Même si cette proposition n’est pas passée, un sujet rarement discuté a fait une apparition grand public. Les aliments bio sont aussi sous le feu des projecteurs, après qu’une étude ait réitéré qu’il n’y avait pas de bénéfices supplémentaires pour la santé à consommer des aliments bio.

8. Expérience sensorielle En ces temps économiques difficiles, les produits alimentaires « fun » peuvent procurer un moment d’évasion de la réalité des luttes quotidiennes. Il y a énormément de développements dans l’expérience texture/saveur/goût. En confiserie, deux saveurs peuvent être combinées pour en créer une 3ème totalement différente (par exemple poire + abricot = pomme) ou du pétillement peut être ajouté à des produits comme les cupcakes. Des boissons ont été conçues pour être bues sur glace. Les inclusions de textures sont plus larges (marshmallows, perles, biscuits). Des développements sont également réalisés dans l’imitation de produit, lorsque les marques vont dans de nouvelles catégories, ainsi que des innovations dans des produits hybrides fusionnant différents concepts alimentaires. A l’inverse, il y a une recherche continue d’authenticité. Parmi les saveurs tendances, notons la montée des saveurs « food truck », inspirées par les snacks locaux et les traditions.

9. Plus avec moins Réduire les emballages et autres matières premières conduit à une forte innovation dans des nouveaux concepts comme les films comestibles et les ingrédients plus durables. Les entreprises adoptent de nouvelles méthodes pour gérer les déchets ou les recycler. De nouvelles solutions seront nécessaires pour faire face à la pression sur les ressources en eau potable. Mais convaincre les consommateurs avec le seul argument du développement durable est difficile. Les consommateurs admirent les références vertes sur les emballages, mais, paradoxalement, exigent de ce même produit une haute commodité.

10. Intérêt pour les extrêmes Les développements de produit les plus intéressants se trouvent désormais loin du centre. Nous observons du marketing à destination des bébés et des seniors, de l’innovation produit à la fois dans les segments économiques et super premium. Nous voyons aussi le développement dans les saveurs extrêmes. Ainsi, Pringles a récemment mis à jour ses produits avec 30% de saveur en plus. De façon intéressante, tandis que les personnes âgées ont besoin de plus de saveur du fait de palais moins réceptifs, les bébés n’en ont besoin que d’une quantité minime. Même chose pour les protéines, les bébés n’en nécessitant que très peu. Il sera intéressant de voir comment les fabricants satisferont ces extrêmes. Le rapport complet d’Innova Market Insights « Top 10 for 2013 » paraît dans l’édition de décembre 2012 d’Innova – Food and Beverage Innovation. Plus d’informations sur www.innovadatabase.com ou contact@innovami.com.

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Produit - Distribution - Design - Lancements - Nutrition

Nutrition

Le coup de cœur Nutrition du mois

La clémentine

A la maison, pour les quatre heures, ou simplement par gourmandise, les enfants l’adorent… Sucrée, rafraîchissante et facile à transporter, la clémentine est l’alliée de la période hivernale.

digestive. 3- C’est pratique à transporter et à déguster au bureau ou à l’école pour les enfants.

Comment déguster les clémentines ?

Telles quelles à tout moment de la journée, du petit-déjeuner à la fin d’un repas de fête où elles amènent fraîcheur et subtilité. En confiture, en salade de fruits mais

D’où vient-elle ?

La clémentine est le fruit du clémentinier, un arbre de la famille des Rutacées. C’est un fruit récent puisque c’est en 1902 seulement qu’il a fait son apparition, date à laquelle le Père Clément, missionnaire et botaniste installé près d’Oran en Algérie, a croisé mandarine et orange douce pour la créer.

Ses atouts

1- Ses apports en vitamine C, qui aident à renforcer les défenses immunitaires. Avec deux clémentines (environ 100 g net), on reçoit déjà plus de 40 mg de vitamine C, soit la moitié de l’apport quotidien recommandé. 2- Une bonne tolérance digestive : la clémentine est bien tolérée en général, même par ceux ayant un système digestif délicat (personnes âgées, convalescents, jeunes enfants). En effet, sa saveur est particulièrement douce, et ses fibres tendres n’irritent pas la muqueuse

Linda Belabed,

Docteur en Sciences de la Nutrition, Nestlé Maghreb

aussi en accord avec des crustacés comme des crevettes. Dans une salade, la clémentine s’accorde particulièrement avec du saumon fumé ou du thon par exemple. Elle est aussi parfaite dans une fondue au chocolat, ou en sorbet. Son zeste parfume à merveille la crème brûlée.

Au jour le jour

Deux clémentines nature : voilà une collation apportant environ 50 à 60% de la vitamine C nécessaire chaque jour respectivement à un adulte et à un enfant. Jus de clémentine : saveur douce, fibres peu abondantes pour les intestins fragiles. Les jeunes enfants ou les nourrissons en période de diversification alimentaire pourront en apprécier le jus.

Idée recette :

Gratin aux amandes et clémentines • Ingrédients : 4 clémentines 2 œufs 50 g de sucre 15 cl de crème fraîche liquide 25 g de poudre d’amandes 1 noisette de beurre • Préparation : Préchauffer votre four à 200°C. Mélanger les œufs et le sucre au fouet électrique jusqu’à ce que le mélange blanchisse. Ajouter la crème, puis les amandes et bien mélanger avec une cuillère en bois. Eplucher les clémentines et détacher en quartiers. Beurrer des ramequins individuels et disposer les clémentines au fond puis répartir la crème aux amandes. Cuire au four 15min jusqu’a ce que les gratins soient dorés. Laisser refroidir et dégustez.

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Marchés Droit de la consommation

Mais jusqu’où s’étend la protection des consommateurs par la loi 31/08 ? On a souligné l’importance de la loi n° 31/08 édictant des mesures de protection des consommateurs pour les métiers de la distribution. Mais on a aussi évoqué des interrogations quant à son champ d’application. Or, cette question, loin de n’être qu’un sujet de réflexion théorique, comporte des implications essentielles pour bon nombre de vos contrats…

Franck DAUTRIA

Conseil Juridique Monceau Juridique & Fiscal fdautria@monceaujuridiquefiscal.com

Mais cet article pose justement problème quant à la définition même du consommateur... Bien sûr, il est aisé d’appréhender un consommateur personne physique bénéficiant de la protection de la loi, client d’un hypermarché… Mais audelà ?...

Peut-on envisager une « personne morale – consommatrice » ?

Qu’est-ce qu’un fournisseur ? Et, surtout, qu’est-ce qu’un consommateur ?... De même, ainsi que l’écrivait René Char, que « c’est le vase qui donne une forme au vide et la musique au silence », c’est souvent son champ d’application qui confère –ou non- à une loi son efficience, et partant, sa pérennité… Nous avons évoqué, il y a deux mois, les incertitudes quant à la notion même de consommateur, telle que celle-ci résulte de la rédaction de l’article 2 de la loi n° 31-08, qui dispose : « La présente loi définit les relations entre le consommateur et le fournisseur.

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On entend par consommateur toute personne physique ou morale qui acquiert ou utilise pour la satisfaction de ses besoins non professionnels des produits, biens ou services qui sont destinés à son usage personnel ou familial. Le fournisseur est défini comme toute personne physique ou morale qui agit dans le cadre d’une activité professionnelle ou commerciale (...) » En fait, si la définition du fournisseur ne pose pas en soi de difficulté, c’est surtout parce que celui-ci est ici défini par rapport au consommateur : pour la loi 31/08, un fournisseur est la personne physique ou morale qui vend un bien ou un service à un consommateur.

En effet, quel est le souhait du législateur lorsqu’il évoque un consommateur « personne morale qui acquiert ou utilise pour la satisfaction de ses besoins non professionnels des produits, biens ou services qui sont destinés à son usage personnel ou familial »... Car qu’est-ce qu’une personne morale qui acquiert « pour la satisfaction de ses besoins non professionnels » des biens ou services « destinés à son usage personnel ou familial » ? Est-il utile de rappeler qu’une société Monceau Juridique & Fiscal est un Cabinet de Conseil Juridique qui a notamment développé un département en matière de droit de la consommation et droit de la distribution. Il intervient en qualité de conseil et/ou de formateur auprès de groupes et acteurs reconnus du secteur de la distribution et de la grande distribution.


Produit - Distribution - Design - Lancements - Nutrition

ne devrait pas, en toute logique, acheter de biens ou utiliser de services qui ne seraient pas destinés à la réalisation de son objet social ? Partant de ce principe, quelles seraient les personnes morales susceptibles de bénéficier de la protection de la loi n° 31-08 ? A priori, aucune... Cependant, la notion de personne morale assimilée -à tort ou à raisonà un consommateur se retrouve également dans l’article 62 de la loi n° 31-08. Même si cette nouvelle référence n’emporte pas d’implication supplémentaire dans notre réflexion, elle laisserait à penser que la formulation retenue ne serait pas le fruit d’une maladresse de rédaction, qui peut exister dans tout texte de loi, œuvre humaine par excellence, mais correspondrait au contraire à une volonté des rédacteurs. N’oublions pas par ailleurs que la loi 31-08 est née d’un long processus de réflexion, initié sous le gouvernement Youssoufi, parachevé par la publication du texte au BO le 7 avril 2011… Difficile, dès lors, de se rallier à une erreur de rédaction… Doit-on considérer que cet article entend étendre le champ d’application de la loi à une société achetant un bien, ou utilisant un service, dans un domaine dont elle n’est pas professionnelle ? Ainsi, d’un achat d’ordinateurs par une entreprise n’exerçant pas dans le domaine informatique, d’une acquisition de produits alimentaires pour organiser une réception par une société intervenant dans le domaine des travaux publics… La loi impliquerait alors une extension de son champ d’application, qui rejoindrait, et même dépasserait, l’objectif du législateur français lorsqu’il a institué en France, par la loi du 4 août 2008, la protection des professionnels contre les clauses abusives.

Des implications pratiques…

Si une telle interprétation du texte était finalement retenue, celle-ci emporterait de nombreuses conséquences, et provoquerait sans doute une jurisprudence fournie. La loi 31-08 s’appliquerait aux relations entre un fournisseur et

une société, dès lors que celle-ci ne contracterait pas en un domaine directement lié à la réalisation de son activité commerciale. On a cité l’exemple de l’acquisition de matériel informatique pour équiper les bureaux d’une société commerciale intervenant dans un tout autre domaine que l’informatique. La jurisprudence s’avèrerait rapidement complexe, assujettissant à la protection du consommateur des contrats de crédit immobilier, imposant des délais de réflexion ou de rétractation dans certains types d’accords, contrariant les clauses de limitation de responsabilité dans d’autres, car pouvant être considérées comme des clauses abusives, etc. Et quelle serait en ce cas la situation d’une enseigne de grande distribution procédant à des acquisitions de matériel informatique pour la revente ? Devrait-elle être considérée comme professionnelle de tous les produits qu’elle commercialise, privilégiant alors la réalisation de son objet social par rapport à l’expertise plus prononcée qu’elle peut détenir dans tel ou tel domaine ?

Et s’il n’y avait pas de « personne moraleconsommatrice »…

Face aux conséquences de cette possible extension du champ d’application de la de la loi 31-08, le professionnel doit également envisager la possibilité d’une rédaction ambigüe. Si la volonté du législateur n’était pas, ainsi qu’il a été envisagé ci-dessus, d’étendre le champ d’application de la protection des consommateurs aux professionnels acquérant des biens et services hors de leur champ d’intervention commerciale, de leur domaine d’expertise, d’autres conséquences devraient en être tirées… Une société ne pouvant dès lors bénéficier des dispositions légales, toute acquisition de biens abusivement réalisée par le biais d’une entreprise familiale, alors même que son utilisation serait strictement personnelle, au-delà des sanctions existant en droit des sociétés et en droit fiscal, ne pourrait relever de la protection de loi 31-08… Ainsi, tout

Droit consommateur se prétendant tel, devra dès lors être à même de produire une facture d’achat, non pas libellée au nom d’une société, mais à son nom propre, et non pas réglée par un compte bancaire dont la société est titulaire, mais par un compte personnel… Voilà qui risquerait de pimenter, soyons en sûrs, quelques contentieux futurs…

Un principe de précaution… On le voit, il sera important d’apporter des réponses à l’ensemble de ces interrogations... Elles ont en effet d’importantes implications, tant pour l’éventuel « consommateur - personne morale », que pour les professionnels soumis aux dispositions de la loi 31-08... Le législateur précisera-t-il son texte ? Ou la jurisprudence s’en chargera-telle ?... D’ici à ce que l’un ou l’autre ait pu clarifier ces points, il est essentiel pour les entreprises de faire appel à des professionnels du droit pour réviser les contrats auxquels ils recourent, et les compléter des clauses nécessaires à la réduction des risques que nous avons évoqués… Notamment ceux destinés à des professionnels acquérant des biens ou consommant des services dans un domaine ne relevant pas à proprement parler de leur activité commerciale spécifique.

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L’Entreprise du mois 1

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Tracopom

Une jeune entreprise qui voit grand Née en 2009, Tracopom est une petite unité industrielle spécialisée principalement dans la production de frites fraîches. Aujourd’hui, du haut de ses 3 ans, cette PME, gérée par trois associés et coachée en permanence par un consultant technique, échafaude déjà des plans, comme nous l’explique son Directeur Général Rachid Laridi. Siham HAMDI

L

’idée de créer une unité spécialisée dans la production de frites fraîches a germé en 2006 dans l’esprit de Rachid Laridi, jeune entrepreneur qui venait de terminer ses études. Après une formation de doctorat en agroalimentaire et science de l’eau qui a duré 15 ans, dont 5 ans en Algérie et 9 ans au Canada, Rachid Laridi a tout d’abord travaillé sur un projet de recyclage de l’eau des salles de bain et des douches. Or, c’est en présentant son projet dans un salon professionnel en partenariat avec l’ambassade de Belgique

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à Casablanca que l’idée de ce projet se mua en une unité industrielle agroalimentaire. « Je suis allé au pays de la frite où j’ai visité des salons et quelques usines, et j’ai vu comment les industriels belges ont évolué dans le domaine des frites fraîches en 20 ans », déclare-t-il.

Après le rêve, la réalité !

Il a fallu 3 années pour étudier le projet et 9 mois pour la construction de l’unité. En effet, les travaux commencèrent en février 2009 pour s’achever en décembre de la même année, suivis par l’installa-

tion du matériel que Rachid Laridi a ramené clé en main de Belgique. Le projet a nécessité un investissement de 12 millions de DH, et la première livraison s’effectua le 12 décembre 2009. Quant au lieu d’implantation de l’entreprise, Rachid Laridi et ses associés ont opté pour la région de Benslimane. Pourquoi ce choix ? « Pour la disponibilité du terrain entre l’axe Rabat-Casablanca que nous desservons », répond Rachid Laridi. D’autre part, Benslimane est une région connue pour la richesse de ses cultures maraîchères.


Tracopom 3

1- Salle de conditionnement des frites fraîches sous-vide 2- Rachid Laridi, Directeur Général de Tracopom 3- Salle de stockage des produits

Construite en hauteur sur trois niveaux, l’entreprise s’étend sur une superficie de 600 m2, dont 500 m2 sont destinés au site de production. Dans la chambre froide, les frigos sont installés sur une hauteur de 15 m.

De l’amont…

Produire des frites fraîches de bonne qualité nécessite une matière première de qualité. Cet élément est assuré par les agriculteurs de la région qui sont sélectionnés par la société. « L’agriculteur est un maillon de la chaîne, et nous sommes intermédiaires entre lui et le client final. Si ce dernier n’est pas satisfait du produit, cela est lié à la qualité de la pomme de terre fournie par l’agriculteur », déclare Rachid Laridi. L’achat des pommes de terre s’effectue en grosses quantités pendant la période de récolte. « Nous achetons les pommes de terre directement des agriculteurs par

centaines de tonnes et nous les stockons », indique Rachid Laridi. Interrogé sur un éventuel projet d’investissement dans un champ de pommes de terre, M. Laridi répond : « l’agriculture n’est pas mon métier, c’est un autre savoirfaire. Je préfère me concentrer sur la transformation et maîtriser mon processus. » Un seul problème sévit toutefois : la qualité de la récolte qui n’est pas toujours stable, notamment au niveau de la forme, du calibre et de la qualité des pommes de terre. Chose qui mène Rachid Laridi à penser à importer des pommes de terre de Belgique, de Hollande ou d’Egypte dans l’avenir.

…à l’aval

Le processus de production commence d’abord par le stockage des pommes de terre pendant 6 mois au frais, puis durant 30 à 40 jours à température ambiante afin de provoquer leur germination et les apprêter à la friture. La germination

consiste en effet à faire dégager de l’eau contenue dans la pomme de terre, qui commence alors à bourgeonner et devient molle. Outre le choix d’une bonne variété apte à la fritabilité, le secret d’une bonne frite consiste également à obtenir un équilibre sucre réducteur – ami-

Tracopom en bref • Démarrage de l’activité : décembre 2009 • Superficie de l’entreprise : 600 m2 (dont 500 m2 pour l’exploitation) • Investissement : 12 millions de DH • Equipiers : 18, dont 4 pour la livraison et 10 pour la production • Capacité de production : 2 T à l’heure • Capacité de vente mensuelle : entre 180 et 200 T • Conditionnements : 5 - 10 kg

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L’Entreprise du mois 4

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Tracopom 6

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4- Après l’épluchage automatique, les pommes de terre sont finies manuellement 5- Bac de lavage des pommes de terre épluchées 6- Lavage des pommes de terre après découpe 7- Le procédé de fabrication des frites consiste en 3 grandes étapes : l’épluchage, la découpe et le conditionnement

don – matière sèche – eau adéquat. En effet, la teneur en sucres ne doit pas être élevée, afin d’éviter le noircissement des frites lors de la cuisson. La production des frites fraîches est réalisée automatiquement selon des étapes très simples qui consistent à laver, à éplucher, à découper et à conditionner sous-vide les pommes de terre transformées avant de les stocker en chambre froide. « Le processus n’est pas compliqué. L’épluchage et la découpe des pommes de terre est un service et un gain de temps que nous offrons au client », affirme Rachid Laridi. Enfin, la livraison des produits se fait en mains propres, par les deux camions frigorifiques dont dispose l’entreprise. Son premier client, M. Laridi s’en souvient bien. « C’était une rôtisserie à Rabat qui avait acheté 10 kg de frites fraîches, et c’est moimême qui les lui avais livrées ! », se rappelle-t-il.

Commercialisation

Outre ses principaux clients actuels, qui sont notamment les

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snacks, les rôtisseries et d’autres petits restaurants, la société Tracopom est actuellement en cours de prospection du marché pour la recherche d’autres cibles comme les traiteurs, les hôtels et les collectivités, ainsi que la ménagère. De plus, la société est en cours de négociation pour un référencement dans les grandes et moyennes surfaces, où elle pourra vendre des produits frais prêts à l’emploi tel que les frites, potatoes, pommes de terre en rondelles et des pommes duchesse, qui seront conditionnées dans des sacs de 500 g et 1 kg sous la marque Fresh Land. Outre les frites, Tracopom produit également toute une gamme de légumes comme les carottes, les navets, les betteraves et les oignons, etc. En effet la ligne est dédiée aussi bien aux tubercules qu’aux racines, et permet de produire des légumes sous toutes les formes : râpés, en rondelles, en bâtonnets, en petits dés, avec différents calibres selon le besoin du client…. et bien entendu frais ! En effet, aucun des produits de Tracopom n’est surgelé, et tous les légumes se

conservent entre 0°C et 4°C, avec une DLC ne dépassant pas les 15 jours.

Des projets en cours

Avec à peine 3 ans d’existence, Tracopom a déjà des projets qu’elle ambitionne de réaliser. En effet, l’entreprise prévoit d’équiper son laboratoire d’analyses physico-chimiques afin de pouvoir effectuer elle-même les analyses qu’elle soustraite actuellement à un laboratoire externe. D’autre part, la société est en cours de certification HACCP, et prévoit d’élargir sa gamme avec des produits innovants qui ne sont pas encore fabriqués au Maroc, et de pouvoir acquérir de nouveaux clients et se positionner sur le marché marocain. Quant à l’export, Rachid Laridi n’y pense pas pour le moment. « Actuellement, je préfère me concentrer sur le marché local, vu que nos produits ont une DLC courte. Dans l’avenir, si nous disposons d’une logistique assez pointue, nous pourrons alors exporter nos produits vers des régions proches du Maroc », conclut M. Laridi.


FOOD Mondain Soirée des Morocco Awards, le 7 décembre 2012 à Casablanca De g. à dr. : Lailla Sassi Oulahna, Directrice Générale de myBio, Philippe Karim Charot, Gérant de Agro-Food Industrie, Mostafa Bencharfa, Chargé de Communication chez Silvestri Media (FOOD Magazine et CHR Magazine), Florence CLAIR, Rédactrice en Chef Silvestri Media, et Nadia Mabrouk, Directrice Générale de Salvema.

Remise des prix « Manager 2012 » lors des 4èmes Assises Nationales du Management et de l’Excellence, à Casablanca le 20 décembre 2012 De g. à dr. : Mohammed Fikrat, PDG du Groupe Cosumar, reçoit le prix des mains de Kamal Fahmi, Président de l’Association de la Qualité et du Management (AQM).

Inauguration officielle du nouveau siège de l’Association Izdihar, le 19 décembre 2012 à Casablanca

De g. à dr. : Mohamed Rguibi (Supercérame), Mhamed Younes Lahlou, Président du Groupe Yomar et Président d’Izdihar, Fouad El Jamali (Groupe Diffazur), Mohamed Ali Habouha, Gouverneur de la préfecture des arrondissements de Sidi Bernoussi, Said El Katini (Ecoprint), Mohamed Eddahi, Président de l’arrondissement de Sidi Bernoussi, Outhmane Warit (Groupe Yomar), M. Aziz, Caïd de l’Arrondissement n°45, Jalal El Hachimi, Directeur des Ressources Humaines de Bimo, Zakaria Bellakoul (STCR), Benmoussa Thami (Plastifer), Houssein Laraki, Directeur Général de Leader Food, Maurice Fhima (Groupe Yomar) et Farid Saghir (Groupe Diffazur).

3èmes Assises Nationales de l’Exportation, le 11 décembre 2012 à Skhirat

De g. à dr. : Abdelkader Amara, Ministre de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies, et Miriem Bensalah, Présidente de la CGEM.

De g. à dr. : Joseph Khalil et Fodil Cherif, Directeur Général de Citruma.

De g. à dr. : Philipe Karim Charot, Gérant Associé d’Agro Food Industrie, Amine Berrada Sounni, Président de la Compagnie Chérifienne de Chocolaterie Aiguebelle et Président de la FENAGRI, Said Moudafi, PDG de Bimo, et Hassan Debbarh, Directeur Général de Cartier Saada.

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De g. à dr. : Hassan Debbarh, Directeur Général de Cartier Saada, et Hassan Khalil, Vice-Président de Dari Couspate.


Délices d’initiés Antioxydants Organisation de congrès mondiaux au Maroc

Heinz Nouveau distributeur

La société internationale des antioxydants (ISANH - International Society of Antioxidants in Nutrition and Health) est une organisation sans but lucratif ayant pour objectifs de faire progresser les applications pratiques en matière d’antioxydants dans les domaines de la santé et de la nutrition, de permettre le transfert de savoir, ou encore d’encourager la communication entre chercheurs, industriels, nutritionnels, responsables marketing… à travers un réseau mondial. L’ISANH organisera cette année une série de congrès mondiaux à Marrakech : le 2ème Congrès sur la grenade et le 6ème Congrès sur l’obésité et le diabète se tiendront ainsi les 27 et 28 juin 2013, tandis que le Congrès mondial sur les extraits naturels antioxydants dans la conservation des aliments aura lieu les 28 et 29 novembre 2013.

Les produits de la célèbre marque Heinz sont désormais distribués au Maroc par la société DMM. DMM (Distribution & Marketing Morocco) est une société d’importation et de distribution de produits de grande consommation en circuit traditionnel, moderne et CHR, avec notamment les marques Bénédicta, Materne, Leche Pascual, Arcor… et, depuis novembre 2012 ,Heinz, une carte détenue en exclusivité pour le Maroc.

4ème gamme Une nouvelle marque bientôt en rayon

Caisses frigorifiques Nouvel opérateur

La société Tracopom, qui produit des frites fraîches à destination des professionnels de la restauration, projette de lancer sur le marché marocain des produits de 4ème gamme à base de pommes de terre. Sous la marque Fresh Land, l’offre sera composée de frites, de potatoes, de pommes de terre en rondelles et de pommes duchesse, disponibles en distribution moderne au rayon frais. Son référencement est en cours de négociation. A suivre !

Le secteur de la logistique et du transport agroalimentaire se dotera bientôt d’une nouvelle société. L’entreprise sera spécialisée dans la fabrication de caisses frigorifiques destinées aux camions de transport des produits alimentaires.

Produits de la mer Du surimi de Dakhla A Dakhla, une société spécialisée dans la congélation et la conservation du poisson s’apprête à se lancer dans une nouvelle activité. Il s’agit de la fabrication de surimi courant 2013.

Les managers qui bougent ASMEX

Hassan Sentissi, Président de la FENIP (Fédération Nationale des Industries de transformation et de valorisation des produits de la Pêche) vient d’être élu à la Présidence de l’ASMEX (Association Marocaine des Exportateurs). Il succède ainsi au Président fondateur de l’ASMEX, Mohamed Tazi. M. Sentissi était auparavant Vice-Président de l’ASMEX.

Tria

Tayeb Alaoui a quitté la direction de Tria pour prendre celle d’Excelia, ex-Fadesa Maroc. C’est désormais Boubker Jamal Eddine qui assure les fonctions de Directeur Général de Tria.

Ministère de l’Agriculture

Mohamed Sadiki vient d’être nommé par le Conseil de gouvernement au poste de Secrétaire Général du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime. Le Directeur de l’IAV Hassan II succède ainsi à Moha Maghri, qui avait occupé cette fonction depuis 2004. Ingénieur agronome, diplômé notamment de l’IAV Hassan II, Mohamed Sadiki a enseigné au sein de cet Institut pendant plusieurs années – depuis 1984 - avant de prendre la Direction de la recherche scientifique et de la formation doctorale en 2005. Il est nommé Directeur Général de l’IAV Hassan II en mai 2009.

IAV Hassan II

Suite au départ de Mohamed Sadiki pour le Ministère de l’Agriculture, l’intérim de la Direction Générale de l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II a été confié au Professeur Mohammed Ettarid, en attendant la nomination du nouveau DG de l’IAV, qui sera faite selon une procédure d’appel à candidature.

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