Page 97

Le Québec George Eric jarvis Catherine Arta johnson jarvis

Dans les deux premières décennies suivant l’organisation de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours en 1830, des missionnaires arrivent au Québec et réussissent à convertir quelques anglophones qui, par la suite, partent vers l’ouest pour rejoindre les saints en Utah. L’Église au Québec au 20e siècle s'établir de façon permanente lorsque les missionnaires envoyés de la Mission canadienne, nouvellement créée et située à Toronto, arrivent à Montréal en 1919 et commencent à œuvrer parmi la population anglophone. L’Église y grandit lentement et n’ existe qu’à Montréal pendant bien des années, et ce, comme petite branche seulement – la branche de Montréal créée en 1928. Grâce au service des premiers pionniers, parmi lesquels James McCance (premier président de branche et ce, pendant dix-sept ans), et au service continu des missionnaires et des membres, l’Église grandit lentement mais sûrement au Québec au cours des quatre décennies suivantes. Dès 1969, il y a trois branches anglophones de l’Église au Québec – à Montréal, à Pointe-Claire et à Greenfield Park.1 Pendant ces années, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours existe, en grande partie, dans les régions à majorité anglophone. La province de Québec est unique en ce qu’ elle a été colonisée par les Français qui ont apporté avec eux la religion catholique ainsi qu’une langue et une culture qui leur sont propres. L’Église catholique y demeure dominante à travers

l’histoire de la province. Les premières tentatives de prosélytisme parmi la population majoritairement francophone de la province à la fin des années 1940 et au début des années 1950 échouent et sont même abandonnées jusqu’en 1961, lorsqu’on y envoie des missionnaires pour faire de nouveau l’œuvre missionnaire en français. La première branche francophone à Montréal (quoique dépendante) est formée en 1964, et celle de la ville de Québec, en 1969. Cependant, le travail de prosélytisme avance à petits pas. Avant la fin des années 1960, le Québec se renferme et devient généralement peu accueillant envers les étrangers; l’Église catholique contrôle ses institutions sociales, mais sa langue et sa culture sont peu à peu supplantées par le courant dominant canadien anglais.2 Bruce Blumell, un missionnaire appelé pour œuvrer dans la région du Québec au début des années 1960, décrit l’œuvre missionnaire à cette époque : « Je me rappelle avoir fait du porte-à-porte dans les quartiers francophones et les gens du quartier n'étaient pas le moindrement accueillants. Ils ne se contentaient pas de dire :   “Cela ne m’intéresse pas”; ils nous fermaient la porte au nez. […] Leur position était tellement catholique que […] dès qu’ils comprenaient que [nous n’ étions pas] catholiques, on nous fermait toutes les portes au nez. Il fallait souvent frapper à des dizaines de portes avant qu’une seule personne nous dise même bonjour.3  »

George Eric Jarvis étudie à l’Université Brigham Young avant de terminer ses études de médecine à l’Université d’Alberta. Il suit une formation spécialisée en psychiatrie; il obtient une bourse de recherches par la suite et, enfin, il reçoit une maîtrise en Sciences, avec une spécialisation en psychiatrie sociale et transculturelle, à l’Université McGill. Il est dorénavant professeur agrégé en psychiatrie à l’Université McGill, où il dirige le Service de consultations culturelles ainsi que le Programme pour premier épisode psychotique à l’Hôpital général juif. Il publie des articles et fait des exposés aux conférences internationales sur la culture, la santé mentale et l’histoire de la psychiatrie. Ses recherches actuelles évaluent l’impact de la culture, de la langue et de la religion sur le diagnostic et le traitement des troubles mentaux. Le Dr Jarvis a fait une mission à temps plein à Paris, en France, et a également été président de branche et président de pieu. Son épouse, Catherine Arta Johnson Jarvis, et lui ont quatre enfants. Catherine Arta Johnson Jarvis est chargée de cours au Département de médecine familiale à l’Université McGill. Elle obtient son diplôme en médecine de l’Université d’Alberta en 1994 et termine sa résidence en médecine familiale à

81

Profile for FCI_Digital_ISSUU

HistoryofLatterDaySaints_051619 Softproof  

HistoryofLatterDaySaints_051619 Softproof