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élevée. Aux États-Unis, le pourcentage de la population qui croit en Dieu passe de 98 % en 1953 à 92  % en 2011. Les données canadiennes sur la croyance en Dieu sont peu abondantes mais, en 1986, 82  % des Canadiens disaient croire en Dieu. (19:560-61) Une étude récente et très souvent citée de Robert D. Putnam et David E. Campbell (American Grace: How Religion Divides and Unites Us, New York : Simon and Schuster, 2012) sur le paysage religieux aux États-Unis conclut que la polarisation politique et religieuse connaît une croissance dans ce pays depuis les années 1960. Pendant ces années, écrivent-ils, la nature de la tension religieuse aux États-Unis consiste en une rivalité entre différentes dénominations chrétiennes  : les catholiques contre les protestants. À l’issue de l’étude en 2010, la tension est devenue essentiellement une impasse polarisée entre les « très religieux » et les «  séculiers avoués  ». Entre les deux se trouve la catégorie des croyants dits «  modérés  » qui est également en déclin. (19:561) Selon Putnam et Campbell, cette polarisation a été influencée par trois « secousses sismiques de la société ». La première comprend le mouvement social prônant une plus grande liberté et une plus grande promiscuité sexuelle pendant les années 1960 et le début des années 1970. La seconde secousse est une forte réaction conservatrice contre ce mouvement dans les années 1970 et 1980  : un grand nombre de chrétiens conservateurs délaissent les églises protestantes traditionnelles et migrent vers des églises plus conservatrices ou vers l’athéisme. Ce déplacement se traduit par une plus forte influence politique des églises évangéliques conservatrices et par la formation de mouvements politico-religieux comme la Moral Majority (majorité bien-pensante) et, plus récemment, le Tea Party. La troisième secousse se fait sentir dans les années 1990 et se poursuit de nos jours alors qu’un grand nombre de jeunes, en réponse à l’interconnexion de la religion et de la politique, désavouent à la fois la religion et les politiques conservatrices. (19:561-62) Les analyses d’une telle richesse et d’une telle profondeur sur le paysage religieux au 148

Canada se font rares. Cependant, des études récentes de Reginald W. Bibby et de l’Institut Angus Reid appuient l’idée qu’une polarisation semblable existe au Canada. (19:562) Figure 19.5 Répartition des religions dans le monde

Une nouvelle religion mondiale? Dans le contexte dynamique d’une église qui affiche une croissance et une mondialisation remarquables – par opposition au déclin général de la religion au Canada et aux États-Unis et à la polarisation des tensions religieuses dans les deux pays  – quelques historiens, sociologues, théologiens et spécialistes en matière de religion se penchent objectivement sur l’essor de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Certains d’entre eux considèrent même cette Église comme une tradition religieuse qui pourrait devenir la nouvelle «  religion mondiale ». Parmi ces experts figurent entre autres Thomas F. O’Dea, Rodney Stark, Jan Shipps, Stephen H. Webb et Terryl L. Givens. En raison de leur foi dans les déclarations prophétiques modernes, les saints des derniers jours croient que l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours commence tout juste à réaliser sa mission de «  remplir la terre  » en préparation à la seconde venue de Jésus-Christ (D&A 42:28-30, 65; Moïse 7:59-67, et particulièrement le verset 62). (19:562-65)

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