Page 105

Les familles Jehoda et MacBean. Stephan Jehoda, d’ origine hongroise, qui est baptisé à Montréal en 1963, devient le premier président de la branche indépendante d’Hochelaga, en 1969. Sa femme, Sandra MacBean, et ses parents sont convertis à l’Église à Montréal pendant les années 1950. Première rangée, de gauche à droite : Cynthia, Natalie et Lisa Jehoda, Janice et Allen MacBean; à l’arrière, de gauche à droite : Stephan Jehoda, Sandra MacBean Jehoda, Jacqueline Jehoda, Lorne et Olive MacBean, Corinne, Donald et Stan MacBean. (Bibliothèque d’histoire de l’Église)

À cette même époque, les relations politiques entre le Québec et le gouvernement fédéral qui siège à Ottawa deviennent difficiles. Grâce à la montée du nationalisme et de l’identité nationale déjà existante, la province remet en question la place du Québec dans la fédération canadienne. Le séparatisme devient un sujet important pour de nombreuses personnes, et une possibilité envisagée pour d’autres.57 Tous ces changements sociaux, économiques et politiques plongent le Québec dans une situation relativement inconnue, lorsque la province abandonne sa structure sociopolitique séculière pour une situation où rien n’est tenu pour acquis et où de nouvelles possibilités abondent. Dans ce contexte, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est bien située pour bénéficier de toute attitude nouvelle et d’une nouvelle transparence intellectuelle qui sont dorénavant offertes au peuple québécois. L’Église répond bien à ces valeurs changeantes et aux possibilités accrues qui découlent de partager l’Évangile en français. L’importance accordée à la langue française s’intensifie parmi les membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Le district de Montréal, créé en 1969 grâce à une division du district d’Ottawa-Montréal, comprend des branches anglophones et francophones.58 Stephan Jehoda décrit les défis qui se présentent lorsqu’on doit répondre aux besoins des deux groupes. Il se rappelle qu’en 1970, Hans Peets, président du district de Montréal, fait des efforts pour apprendre le français afin de pouvoir communiquer avec les francophones. Grâce à l’appui et à la persistance des dirigeants francophones, Peets fait de grands efforts pour communiquer en français durant les réunions de district et « apprend rapidement ». Quatre conseillers de district qui se débrouillent en français sont appelés dans le district. Le district de Montréal commence à tenir des réunions en anglais et en français afin que les dirigeants, comme les membres, puissent être instruits dans leur langue préférée.59 Des dirigeants locaux reconnaissent l’importance d’instruire les membres en français, et notent qu’il est temps d’organiser plus de branches francophones. L’exposition « Terre des hommes », qui a lieu entre 1969 et 1970, permet à

l'Église d'acquérir une certaine notoriété auprès du public québécois et de connaître une prospérité accrue dans la province. Le pavillon mormon de l’exposition « Terre des hommes » En 1967, Montréal accueille l’exposition universelle, autrement connue sous le nom d’Expo 67. Seule une telle exposition pourrait illustrer le nouveau Québec. Des gouvernements de 120  pays participent à cette exposition, qui est l’exposition la plus réussie du 20e siècle. L’événement est reconnu surtout pour son innovation : son carnaval et ses immeubles futuristes, et des îles construites sur le fleuve Saint-Laurent pour cette occasion.60 Pendant les années qui suivent l’Expo 67, soit à partir de 1968, le site continue d’accueillir des expositions, parmi lesquelles « Terre des hommes ». Bien que l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ne soit pas représentée à l’Expo 67 et qu’il lui soit interdit même d’avoir un pavillon en 1968, une occasion miraculeuse se présente en 1969 pour un pavillon des saints des derniers jours sur le terrain de l’exposition. Ses efforts, en 1968, pour louer de la ville de Montréal un immeuble sur ce terrain (pour un montant de 20 000 $) sont rejetés. Il va sans dire que les dirigeants de l’Église sont bien émerveillés quand les représentants de la ville leur offrent un pavillon pour seulement 1 $ CA.61 Peu de temps après, un superbe centre d’accueil est créé afin de présenter l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours et ses croyances à des centaines de milliers de visiteurs. Intitulé «  À la recherche du bonheur  », le pavillon met en vedette des grandes photos illustrant de nombreux aspects de l’Église et de la vie des saints des derniers jours. Il y a des visites guidées en anglais et en français, et le film  «  À la recherche du bonheur  » y est bien souligné.62 Roger Richards, un missionnaire qui sert au Québec à cette époque, signale que, pendant plusieurs mois, les missionnaires de partout dans la province sont mutés à Montréal pour servir dans des rôles de guides au pavillon mormon, et cela met fin à l’œuvre missionnaire dans d’autres parties de la province.  Mais un grand nombre de nouveaux missionnaires sont 89

Profile for FCI_Digital_ISSUU

HistoryofLatterDaySaints_051619 Softproof  

HistoryofLatterDaySaints_051619 Softproof