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L’histoire de

l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada

Accent sur le Québec


L’histoire de

l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada

Accent sur le Québec

Rédigé par Roy A. et Carma T. Prete Préface de Ardeth G. Kapp

iii


L’histoire de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada : Accent sur le Québec est une version abrégée en français du livre anglais Canadian Mormons: History of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints in Canada. Publié par Roy A. Prete, Kingston (Ontario) Canada. Imprimé aux États-Unis d’Amérique par le Four Colours Print Group, Louisville, KY. Texte français © 2019 Université Brigham Young. Texte anglais © 2017 Université Brigham Young. TOUS DROITS RÉSERVÉS : Toute reproduction ou utilisation sous toutes ses formes, en tout ou en partie, de ce document est strictement interdite sans l’autorisation écrite de la Deseret Book Company. Vous pouvez la joindre par courriel à permissions@deseretbook.com, ou par la poste à P.O. Box 30178, Salt Lake City, Utah 84130. Cette édition française est publiée par Roy A. Prete, sous licence de la Deseret Book Company. Cet ouvrage ne figure pas parmi les publications officielles de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Les opinions qui y sont exprimées sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de l’Église ou celles de la Deseret Book Company.

Rédacteurs en chef : Roy A. Prete et Carma T. Prete Rédacteur cartographique : Brandon S. Plewe Rédacteurs adjoints : C. Malcolm Warner, Rebecca J. Doig, Lynn A. Rosenvall et LeRoy E. Whitehead Traduit de l’anglais par David Eavis Couverture et pages de l’intérieur réalisées par Jonathan Ouellet Couverture : Photo centrale en couleur du temple de Montréal (Québec) prise par Richard Gingras au printemps de 2018. Les sources des autres photos sont indiquées tout au long du livre. ISBN : 978-2-9817509 Prix de détail : 22,95 $ CA Des renseignements sur le catalogage du titre original en anglais par la Bibliothèque du Congrès sont disponibles à https://lccn.loc.gov/2017017984.

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TABLE DES MATIÈRES Préface

Ardeth G. Kapp

ix

Remerciements

xiii

Note concernant la version française

xv

Roy A. et Carma T. Prete

Roy A. et Carma T. Prete

1

Le progrès de l’Église au Canada

1

2

Un verger fructueux : Les premiers efforts de prosélytisme dans l’est du Canada, 1829-1877

7

Roy A. Prete

Carma T. Prete

3

La colonisation de l’Alberta

13

4

La géographie historique : Croissance, distribution et ethnicité

19

Enseignements, politiques et programmes de l’Église : Conséquences pour les saints du Canada

27

Rebecca J. Doig et W. Jack Stone

Daniel H. Olsen, Brandon S. Plewe et Jonathan A. Jarvis

5

Richard O. Cowan

v


6

Franchissement du 49e parallèle : Communauté, culture et Église dans le milieu canadien

33

Rebecca J. Doig et Daniel H. Olsen

7

La Colombie-Britannique

39

Ruth Whidden Yates

8

Le sud de l’Alberta : Une mission continue

45

Darrel Nelson

9

Calgary

51

Linda S. Davis

10

Edmonton et le nord de l’Alberta

57

Walter C. Meyer

11

La Saskatchewan

63

Kenneth A. Svenson

12

Le Manitoba

69

Raymond M. Shirritt-Beaumont

13

L’Ontario

75

Helen K. Warner

14

Le Québec

81

George Eric Jarvis et Catherine Arta Johnson Jarvis

15

Les provinces de l’Atlantique

123

David Ripley Ross

16

Le Grand Nord : La dernière frontière Carma T. Prete

vi

129


17

Un mode de vie distinct : La famille, la santé, la scolarité et l’emploi

133

George K. Jarvis et Jonathan A. Jarvis

18

La contribution canadienne

139

Carma T. Prete

19

Une perspective mondiale

145

LeRoy E. Whitehead

20

Conclusions et réflexions

151

Roy A. Prete

Notes sur le chapitre 14

155

vii


Une copie de ce tableau illustrant Jésus-Christ, créé par Gary L. Kapp, est exposée chez Ardeth et Heber Kapp. Il s’agit de la représentation préférée du Sauveur d’Ardeth, surtout parce qu’elle dépeint à la fois sa gentillesse et sa sensibilité. (Gary L. Kapp) viii


Préface Ardeth G. Kapp

Cinquante ans se sont déjà écoulés depuis la dernière publication sur l’histoire de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada par le pieu de Lethbridge pour commémorer le centenaire de la Confédération du Canada en 1967. À cette époque, il n’y avait que neuf pieux au Canada qui comprenaient un peu plus de 50 000 membres, et un seul temple. En 2015, il y a 48 pieux, composés de près de 194  000  membres. La première pelletée de terre pour la construction d’un temple à Winnipeg, le neuvième au Canada, a lieu au mois de décembre 2016. Le présent livre, publié initialement en anglais sous le titre Canadian Mormons: History of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints in Canada fait un survol de l’histoire de l’Église au Canada, en mettant l'accent sur le Québec. En lisant cette œuvre avec un sentiment de gratitude pour les contributions du passé et une confiance en l’avenir, puissions-nous nous considérer aujourd’hui comme le lien qui donnera une signification, un but et un sens des responsabilités à ceux qui se pencheront un jour sur les réalisations de l’Église. (Préface : ix) L’histoire de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada peut se diviser en trois périodes principales : (1) le début du prosélytisme dans l’est du Canada dès 1832, qui donne lieu à près de 2 500 convertis dont la plupart vont émigrer pour rejoindre le groupe principal des saints à Kirtland (Ohio), à Far West (Missouri), et à Nauvoo (Illinois); (2) l’expansion des colonies des saints des derniers jours de la région intramontagneuse de l’Ouest jusqu’au sud de l’Alberta, grâce à la colonisation de Cardston en 1887 qui mène à la consécration du temple de Cardston, en Alberta, en 1923, et (3) l’expansion de l’Église à travers le Canada, une expansion qui démarre tout lentement au début du  

20e siècle mais qui s’accélère fortement après la Seconde Guerre mondiale jusqu’à nos jours. Grâce aux thèmes communs – la foi, la détermination, la persévérance, la vision et un but – l’Église connaît une croissance remarquable dans chacune des provinces et régions de notre vaste pays. (Préface : ix-xi) Mes propres racines canadiennes remontent à l’héritage de l’Église au Canada, et mon héritage spirituel renvoie à chaque phase de l’histoire de l’Église. Mes arrière-arrière-grands-parents – Sarah Sturtevant Leavitt et Jeremiah Leavitt – demeurent à Hatley, au Québec, dans les années 1830. Un voyageur qui assiste à une assemblée de mormons leur donne un exemplaire du Livre de Mormon. Sarah raconte sa conversion et le besoin de se rassembler en tant que communauté, d’abord à Kirtland, puis à Nauvoo et, plus tard, après la mort de Jeremiah, vers l’ouest avec les autres saints et neuf de ses enfants survivants. Mon arrière-grand-père, Thomas Rowell Leavitt, fils de Jeremiah et Sarah, amène sa famille dans le sud de l’Alberta en 1887, où il s’installe dans la ville de Leavitt, près de Cardston (la ville prend son nom de famille). Thomas est très respecté en tant que dirigeant exemplaire dans l’Église et ailleurs. Mon grand-père, Daniel Kent Greene, petit-fils de John P. Greene – l’un des premiers missionnaires dans l’est du Canada – en compagnie de sa femme, Adeline Allen, et de leurs enfants, s’installent à Aetna (un village près de Cardston) en 1898. Ces nobles ancêtres se retrouvent parmi les premiers pionniers de l’Utah qui établissent profondément les racines en sol canadien. Ils connaissent de très grands défis lorsqu’ils font face aux dangers et aux décisions difficiles tout au long de leur voyage à partir de l'Utah. (Préface : xi-xii)

Ardeth Kapp, de Glenwood, en Alberta, sert pendant huit ans (1984-1992) à titre de présidente des Jeunes Filles, d’intendante du temple de Cardston, Alberta (2000-2003), et aux côtés de son mari qui préside la Mission canadienne de Vancouver (1992-1995). Elle a écrit seize livres et est conférencière spécialiste de la motivation.

ix


Mes parents – Edwin Kent Greene et Julia Leavitt – naissent tous deux dans la région de Cardston (en Alberta). Ils se marient au nouveau temple de Cardston, en 1924, et s’installent à Glenwood, une petite communauté mormone à environ 30 kilomètres au nord de Cardston. Ma foi et mon témoignage personnel de l’Évangile sont influencés par l’intégration de la famille, de l’Église et de la communauté dans un environnement centré sur la foi, à proximité du temple de Cardston et de toutes les bénédictions qui en découlent. (Préface : xii) Mon histoire, comme celle de mon mari, est étroitement liée à la troisième phase de l’évolution des saints des derniers jours au Canada au cours des 20e et 21e siècles. Heber est missionnaire dans la Mission canadienne de l’ouest à la fin des années 1940 et passe plus de la moitié de sa mission en

un échec mais, au fil des ans, trois femmes fidèles dans la petite communauté de Shannon View (près de Melfort), en Saskatchewan, pratiquent leur foi et élèvent leurs enfants (29 au total pour les trois femmes) selon l’Évangile, grâce à quelques visites sporadiques des missionnaires pendant bien des années. En 2015, les descendants de ces trois femmes fidèles comprennent plus de 1 500 personnes, qui, au total, ont servi 175  missions un peu partout dans le monde. (Préface : xiii) Heber et moi nous sommes mariés au temple de Cardston, en Alberta, en 1950, seulement un an après qu’il a terminé sa mission. J’ai ensuite eu la joie de servir dans la présidence générale des Jeunes Filles. Heber, quant à lui, est président de la Mission canadienne de Vancouver entre 1992 et 1995, où je l’accompagne. En 2000, nous sommes appelés comme président et

Les grands-parents jouent un rôle clé en partageant leur héritage et leur foi avec toute leur postérité. Sur cette photo, Tom Matkin, résident de Cardston (Alberta), partage le journal de Samuel Matkin avec Thomas Pitcher, son petit-fils. Samuel Matkin, l’arrière-grand-père de Tom, était l’un des premiers pionniers à Cardston. (Tom Matkin)

Pendant sa mission, Heber Kapp va souvent voir les membres de l’Église dans les régions rurales de la Saskatchewan, y compris Shannon View (près de Melfort), où un petit nombre de saints accueillent les classes de l’école du dimanche chez eux, faute d’une branche organisée officielle. Cette cabane en rondins, construite par les missionnaires, les membres de l’Église et leurs amis, devient un hébergement pour les missionnaires et servira plus tard d’église pour le petit groupe. (Reed Smith)

Saskatchewan, où il observe la façon dont vivent de petits groupes de membres convertis, en grande partie dans les régions rurales bien isolées. Sans salle de réunion ni branche organisée, et fortifiés seulement par leur témoignage personnel et quelques visites des missionnaires, ces pionniers sont à l’origine de l’établissement et de la croissance de l’Église dans cette province. Heber voit sa mission trop souvent comme x

Heber et Ardeth Kapp devant le temple de Cardston, en Alberta, dont Heber est le président et sa femme, l’intendante entre 2000 et 2003. Ils y commencent leur service cinquante ans après leur mariage dans ce même temple. Heber meurt en 2017. (Ardeth Kapp)


intendante de notre temple bien-aimé de Cardston, en Alberta. C’est une expérience enrichissante pour moi, surtout, parce que j’ai quasiment grandi à l’ombre de ce bâtiment sacré. (Préface : xiii-xv) Mon identité canadienne est au cœur même de mon héritage spirituel. La foi et le courage de mes ancêtres sont étroitement liés à la croissance de l’Église à travers le Canada. Mes expériences personnelles dans l’Église me permettent de bien connaître des saints fidèles d’un peu partout au Canada et d’apprendre davantage de leurs propres histoires de grande foi. Pour cette raison, je suis fière et heureuse de présenter le présent volume sur l’histoire de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, qui retrace l’évolution de l’Église dans chacune des provinces et chacun des territoires canadiens. C’est une expérience enrichissante de pouvoir lire ce livre dans un contexte historique, une expérience qui fortifie le témoignage en nous lorsque nous définissons le rôle personnel et spirituel que nous jouons pour soutenir et faire croître cette œuvre magnifique fondée par nos ancêtres. (Préface : xv) Le présent volume, merveilleusement illustré, deviendra un chef-d’œuvre pour plusieurs générations de membres de l’Église qui souhaitent comprendre leurs racines canadiennes. Il permet également à toute personne qui n’est pas membre de l’Église d’avoir une « vision de l’intérieur  » du grand panorama qu’est l’histoire des saints des derniers jours au Canada. L’équipe remarquable d’auteurs, de rédacteurs, de chercheurs, d’enquêteurs de l’histoire orale, de cartographes, de géographes, de sociologues et de toute autre personne ayant contribué au présent volume a produit une œuvre d’art de qualité supérieure. Il est bien difficile, voire rare, de trouver sur le marché un livre à la fois lisible et visuellement attrayant qui respecte les normes de qualité exigeantes requises pour des publications universitaires approuvées par les experts. (Préface : ix)

xi


xii


Remerciements Roy A. et Carma T. Prete

Publié initialement en anglais, le livre Canadian Mormons: History of the Church of Jesus Christ of Latter-day Saints in Canada, dont découle la présente version française, représente l’achèvement d’un projet important qui connaît ses débuts en août 2013. Dès le départ, sa publication est prévue de façon à coïncider avec les célébrations du cent cinquantenaire de la Confédération canadienne, en 2017. Cet objectif ne peut se réaliser sans les efforts concertés de plus de quarante personnes faisant partie de l’équipe. (Remerciements : xvii) Nous exprimons notre profonde gratitude à la direction et au personnel de la Bibliothèque d’histoire de l’Église, située à Salt Lake City (Utah), qui a mis gratuitement à notre disposition, pendant près de trois ans, toutes les ressources de pointe. De même, nous remercions Rachel Killebrew, de la Bibliothèque et archives de la Communauté du Christ à Independence (Missouri) qui nous a aidés, sans relâche, dans nos recherches en mettant des dossiers importants à notre disposition. (Remerciements : xvii) Un ensemble de vingt et un auteurs contribuent à cet ouvrage collaboratif, parmi lesquels des historiens locaux – certains qui ont une formation en histoire et d’autres ayant d’autres spécialisations – des géographes, des sociologues, un cartographe, et d’autres experts de divers domaines et spécialisations. Ce livre voit le jour grâce au service bénévole dévoué de ces experts. Les chapitres qui présentent l’évolution et la croissance de l’Église dans chacune des provinces ou régions sont écrits par des experts locaux qui s’inspirent en grande partie des documents et de l’information obtenus des histoires orales. Ils se basent en plus sur les « profils de pays » de chacune des provinces que Carma Prete et six missionnaires recueillent dans les archives de la Bibliothèque d’histoire de l’Église entre 2013 et 2016. Une équipe de seize enquêteurs mènent un grand nombre d’entrevues sur l’histoire orale. Terry et Arnon Livingstone sont à l’avant-garde dans ce domaine pendant qu’ils servent à

xiii

titre de missionnaires de service de l’Église en 2014. Les Livingstone font près de 32 000 kilomètres pour mener des entrevues sur l’histoire orale, prendre des photos, trouver des documents pertinents et former d’autres enquêteurs. Nous tenons à exprimer notre reconnaissance à plusieurs dizaines de membres de l’Église de longue date de plusieurs régions à travers le Canada qui acceptent de faire des entrevues. (Remerciements : xvii-xviii) Les auteurs des chapitres recueillent l’ensemble des photos – plus de 500 photos au total dans la version anglaise. Nous sommes reconnaissants de la générosité de toutes les personnes et institutions dont le nom figure dans les mentions de source, notamment Intellectual Reserve Inc., la division de la Propriété intellectuelle de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, qui partagent leurs ressources avec nous. Brandon S. Plewe, éditeur cartographique primé, crée un nombre important de cartes, d’illustrations, de chronologies, de graphiques et de tableaux qui améliorent la présentation visuelle du présent livre. (Remerciements : xviii-xix) Beaucoup d’autres personnes méritent également une reconnaissance particulière. Ardeth G. Kapp a généreusement écrit une préface passionnante. Les rédacteurs adjoints, dont le nom figure avant la table des matières, ont guidé le processus en nous fournissant des conseils inestimables. Rebecca J. Doig a aidé à conceptualiser l'étude. Helen et Malcolm Warner nous ont dirigés vers les personnes-ressources, nous ont encouragés et ont donné de précieux conseils sur de nombreux sujets. Lynn A. Rosenvall, géographe professionnel ayant une longue expérience de dirigeant dans l’Église, nous a aidés à comprendre davantage l’importance de la frontière canado-américaine, tout en nous permettant d’accroître nos connaissances sur l’adaptation culturelle de l’Église au Canada. LeRoy E. Whitehead a révisé plusieurs chapitres et a donné de précieux conseils. (Remerciements : xix)

xiii


Matthew K. Heiss, de la Bibliothèque d’histoire de l’Église, a dirigé le projet jusqu’à sa réalisation. Sandra Pallin, directrice des Affaires publiques de l’Église au Canada, a fourni un appui inestimable dès le départ. Amanda Lewis et Camber Agrelius ont effectué des révisions préliminaires. O. William Asplund a préparé la bibliographie. Patricia Whitehead a fourni des photographies et en cherche d’autres. Jessie Embry a commenté les projets de chapitre et partagé son expertise d’historienne éminente de l’histoire sociale des saints des derniers jours. (Remerciements : xix) Plusieurs personnes au Centre d’études en sciences religieuses de l’Université Brigham Young ont largement contribué au projet. Thomas Wayment, directeur de publication, nous a conseillés et encouragés; Devan Jensen, rédacteur en chef, a mis à profit ses talents et dirigé une équipe de six réviseurs débutants; Brent Nordgren, responsable de la production, a supervisé la conception et fait des retouches de qualité supérieure aux photos; et c'est à Madison Swapp, conceptrice du livre, que l’on doit attribuer la création d’un ouvrage magnifiquement illustré au goût du grand public. (Remerciements : xix)

xiv


Note concernant la version française Roy A. et Carma T. Prete

Depuis le début du présent projet – faire une revue de l’histoire de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada – nous avions l’intention de publier le produit final en anglais et en français. Mais il y a deux facteurs importants qui nous empêchent de faire une traduction vers le français du livre entier. D’une part, il y a des coûts immenses reliés à la traduction et au formatage d’un produit si détaillé qui comprend plus de 700 pages dans sa version originale. D’autre part, les coûts reliés à l’impression d’un si long livre en peu d’exemplaires qui visent principalement les saints des derniers jours francophones sont très élevés. L’idée d’imprimer le chapitre sur l’histoire de l’Église au Québec en anglais et en français (ce qui se fait souvent au Canada) n’ est pas attrayante pour les maisons d’édition, toujours en raison des coûts reliés à l’impression. Un dirigeant très connu dans l’Église au Québec nous propose alors un compromis : produire un livre bien plus abrégé qui comprend surtout le chapitre sur le Québec et un sommaire de l’histoire de l’Église ailleurs au Canada. Dans la version française, le chapitre sur le Québec est traduit en entier à partir de la version originale anglaise, et les autres chapitres sont condensés à la Reader’s Digest afin d’y préserver les idées principales, mais sans les présenter de façon rigoureuse comme le fait la version originale. De même, les biographies des auteurs sont abrégées et conservent seulement des points principaux sur le profil universitaire de chacun d’entre eux. Une version plus approfondie qui donne des détails sur la famille et sur le service rendu dans l’Église est présentée dans la version originale. La conception du travail original est tout de même conservée dans la version française et comprend la même répartition de photos et d’autres images visuelles. Nous préservons dans la version française tout document consulté lors de la rédaction du chapitre sur l’Église au Québec, y compris toutes les notes explicatives. Cependant, les sommaires des chapitres que nous présentons pour le reste du livre sont documentés sous

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forme de références textuelles qui correspondent aux chapitres d’origine dans la version anglaise. À titre d’exemple, « 2:27-30  » renvoie aux pages  27 à  30 du chapitre  2 de la version anglaise. La bibliographie et l’index de la version anglaise ne figurent pas dans la version française. La production de cette belle version française abrégée, L’histoire de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada : Accent sur le Québec, ne peut voir le jour sans les efforts d’une deuxième équipe de collaborateurs dont les noms ne figurent pas dans les remerciements de la version anglaise. Ruth Whidden Yates, auteure du chapitre original sur l’Église en ColombieBritannique, a préparé une ébauche des sommaires des chapitres en anglais. Ces sommaires ont ensuite été révisés par une équipe de rédacteurs, parmi lesquels LeRoy E. Whitehead, Carma T. Prete et Rebecca J. Doig. Whitehead est ajouté à titre de rédacteur associé pour la version française. David Eavis, traducteur professionnel qui demeure à Ottawa, traduit le texte en entier, y compris les sommaires des chapitres et le chapitre sur le Québec. Michèle Chardonnay et Pascale Cormier, qui habitent à Montréal, révisent et vérifient la traduction. Jonathan Ouellet, aussi résident de Montréal, fait la conception et la mise en page du livre. Richard Gingras fournit la magnifique photo du temple de Montréal qui embellit la couverture. Le Centre d’études en sciences religieuses de l’Université Brigham Young (en Utah), qui a joué un rôle déterminant dans la production du volume original, nous accorde (en partenariat avec la Deseret Book Co.) la permission de publier cette édition, tout en contribuant à sa production. Le présent livre en français, comme la version anglaise, a pour but de partager l’héritage de foi des saints des derniers jours au Canada, et permet à la fois d’instruire et d’ édifier notre génération, mais aussi les générations futures qui en connaîtront davantage sur la foi, le dévouement, l’appui mutuel et les sacrifices de leurs ancêtres.

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En 1820, Joseph Smith, alors dans sa jeunesse, entre dans un bosquet d’arbres isolé pour demander au Seigneur à quelle église il doit se joindre. À partir de ce moment, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours voit le jour. (Val Brinkerhoff) xvi


Le progrès de l’Église au Canada Roy A. Prete

Le présent volume a pour but d’offrir une image panoramique du progrès que connaît l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada. C’est une histoire fascinante qui se poursuit depuis près de deux siècles (depuis la création de l’Église à Fayette, New York, en 1830), une croissance remarquable en dépit de plusieurs obstacles et défis. La saga commence avec les premiers missionnaires qui prêchent l’Évangile « sans bourse, ni sac » dans le Haut-Canada à partir de 1832. Elle se poursuit par l’exode de plusieurs des premiers convertis canadiens qui quittent le Canada pour rejoindre le groupe principal de l’Église qui se déplace de New York pour se rendre en Ohio et au Missouri, puis en Illinois, afin d’éviter de fortes persécutions dans la région. Elle comprend le parcours ardu à travers les grandes plaines, depuis l’Illinois jusqu’en Utah et dans les vallées des Rocheuses, qui commence en 1846 sous la direction de Brigham Young, après l’assassinat du prophète Joseph Smith, fondateur de l’Église, en 1844. (1:1) L’Église s’impose comme collectivité de pionniers dans les régions montagneuses de l’Ouest lorsque de nouveaux convertis des États de l’est, de l’Angleterre et de l’Europe continuent à s’y installer régulièrement. En 1887, des pionniers mormons de l’Utah déménagent dans le sud de l’Alberta, suivant un deuxième parcours vers le nord cette fois-ci (et non pas vers l’ouest comme ils font la première fois) afin d’échapper aux persécutions continues dont ils sont victimes aux États-Unis. Un peu plus tard arrivent des vagues de pionniers qui construisent le canal St. Mary et qui s’installent sur les terres irriguées. La consécration du temple de Cardston (Alberta) en 1923 signifie l’établissement permanent de l’Église au Canada. Les efforts soutenus de milliers de dirigeants laïcs, de membres et de missionnaires, qui ont tiré parti des modestes assises du sud de l’Alberta, ont depuis mené à l’établissement permanent et à une forte présence de l’Église partout au pays. (1:1)

Les chapitres suivants racontent l’histoire des réalisations remarquables qui commencent avec quelques familles dispersées au Canada avant la colonisation de l’Alberta en 1887 et qui, à la fin de 2015, se transforment en une communauté de saints des derniers jours qui comprend près de 194 000  membres répartis dans 48  pieux (semblables à un diocèse), avec huit temples d’un bout à l’autre du pays. Un neuvième temple est annoncé pour Winnipeg, au Manitoba. Une bonne partie de cette croissance se fait depuis le dernier demi-siècle, depuis 1966, quand il y a seulement 50 015 membres et un seul temple au Canada. L’hypothèse du présent livre, le travail collaboratif de plusieurs spécialistes, est que la foi est de loin le principal élément de cette réalisation – la foi des dirigeants, des membres et des missionnaires – qui est comme le fil conducteur de la présente histoire. (1:1-2) Les chapitres qui suivent montrent également que l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada s’adapte au milieu canadien, c’est-à-dire aux traditions culturelles, et que les membres créent de nouvelles traditions dans le contexte canadien, tout en se conformant aux politiques et aux programmes de l’Église de partout dans le monde. Les mormons du Canada (connus comme «  mormons » tout simplement vu leur croyance au Livre de Mormon comme livre d’Écritures qui complète la Bible) sont le reflet (avec quelques petites variations) de la mosaïque ethnique et culturelle diverse du Canada : les Autochtones, une communauté francophone importante au Québec, et un nombre important de minorités visibles d’un large éventail de cultures, surtout dans les grandes villes. Les mormons forment un groupe ethno-religieux ayant un mode de vie et des valeurs familiales distincts. Les mormons du Canada contribuent énormément au leadership de l’Église dans de nombreux domaines – au Canada, comme ailleurs dans le monde – dès les premiers jours de l’Église au Canada et jusqu’à présent. (1:2)

Roy A. Prete est professeur émérite d’histoire au Collège militaire royal du Canada de Kingston, en Ontario. Il a publié un livre et plusieurs articles sur la Première Guerre mondiale, et il est rédacteur ou corédacteur de huit livres, dont six au sujet de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

1


Plus de 25 saints des derniers jours sont élus à l’Assemblée législative de l’Alberta et plusieurs d’entre eux servent à titre de ministres. Au moins un membre de l’Église participe à l’Assemblée législative depuis la fondation de la province en 1905. (Walter Meyer)

Le rétablissement de l’Évangile et la mission de l’Église rétablie Le mormonisme est un mouvement très dynamique qui connaît le jour grâce aux prières d’un jeune garçon dans un bosquet d’arbres à la ferme de ses parents, dans l’État de New York, au printemps de 1820, durant une période de véritable renaissance religieuse que les historiens américains appellent « le second grand éveil ». À l’âge de 14  ans, Joseph Smith, fils, désire savoir à laquelle des nombreuses églises il doit se joindre. En réponse à sa prière ardente, Dieu le Père et son fils Jésus-Christ lui apparaissent en vision glorieuse. Joseph apprend à ce moment-là que l’Église établie par Jésus-Christ pendant son ministère mortel n’existe plus sur la terre et que, si Joseph reste fidèle à la parole de Dieu, l’Évangile de Dieu lui sera révélé. D’autres visites et révélations célestes suivent cette vision et préparent la voie pour l’arrivée du Livre de Mormon (une série d’Écritures qui complète la Bible), le rétablissement de l’autorité de la prêtrise et l’organisation formelle et officielle de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, le 6 avril 1830. (1:2-5) La mission de l’Église consiste toujours à partager l’Évangile rétabli avec le monde entier afin de préparer le monde pour la seconde venue de Jésus-Christ. L’expansion missionnaire commence immédiatement après le rétablissement officiel de l’Église. Le premier missionnaire est Samuel Smith, 2

frère du prophète Joseph. Les missionnaires qui, comme Samuel, sont munis de nombreux exemplaires du Livre de Mormon et rien d’autre, partagent la nouvelle du rétablissement de l’Église dans l’est des États-Unis, dans l’est du Canada et, plus tard, en Angleterre. Peu à peu, ils réussissent à prêcher l’Évangile sur tous les continents et sur toutes les « îles de la mer ». Ils déclarent, entre autres choses, que l’Évangile est universel, que «  tout le genre humain peut être sauvé  » grâce à l’expiation de Jésus-Christ «  en obéissant aux lois et aux ordonnances de l’Évangile » (Articles de foi 1:3), et que nous serons tous ressuscités de la mort (1 Corinthiens 15:20-22). (1:5-6) Défis Il y a plusieurs défis récurrents qui existent depuis la fondation de l’Église au Canada. Du point de vue géographique, le Canada est un vaste pays, avec une superficie s’étendant sur six fuseaux horaires entre les océans Atlantique, Pacifique et Arctique, et qui se prolonge également sur plusieurs zones climatiques bien variées, quoique l’hiver canadien y soit souvent sans pitié. Cependant, le Canada, avec ses quelque 35 millions d’habitants en 2015, est plutôt faiblement peuplé sur l’ensemble de son vaste territoire. C’est ainsi que la population dispersée, la distance, l’isolement et les trajets dans des conditions météorologiques souvent très froides et perturbées posent de sérieux

Durant les premières années de la Mission canadienne, établie en 1919, les missionnaires passent souvent leur été à faire « du travail à la campagne » sans bourse, ni sac, lorsqu’ils prêchent l’Évangile dans les régions rurales. On voit sur cette photo, prise entre 1925 et 1928, deux Elders de la Mission canadienne, qui reposent leurs pieds fatigués. (Leslie T. Maw, Bibliothèque d’histoire de l’Église)


problèmes pour l’Église. (1:6) Il y a plusieurs grandes villes au Canada, pays bien industrialisé. Cependant, son économie s’appuie en grande partie sur les industries primaires et sur l’extraction des ressources. L’immense disparité dans la productivité économique des nombreuses régions du Canada a de grandes répercussions sur la croissance et l’évolution de l’Église lorsque les membres, comme d’autres Canadiennes et Canadiens, vont migrer d’une région à l’autre à la recherche d’emplois surtout, mais pour d’autres raisons aussi. Le Canada et les États-Unis partagent une longue frontière commune qui est la seule barrière partielle contre la circulation constante des gens et de leurs idées. L’histoire des saints des derniers jours au Canada est, par conséquent, étroitement liée à l’histoire de l’Église aux États-Unis. (1:6)

mormons qui cherchent à fuir les persécutions faites sous la férule des États-Unis en 1887, surtout parce qu’ils pratiquent la polygamie. (L’Église a cessé cette pratique en 1890. Voir Déclaration officielle 1). Parmi d’autres réfugiés, il y a des loyalistes de l’Empire-Uni, des membres des Premières Nations, des esclaves, des mennonites, des doukhobors, des huttériens, des juifs, un quart de million de personnes déplacées après la Seconde Guerre mondiale et 37 000  réfugiés qui fuient l’oppression soviétique en 1956. Des réfugiés de l’Amérique latine, de la Chine, du Pakistan, des Balkans, de l’Asie du Sud-Est, de l’Afrique et du Moyen-Orient quittent leurs pays et s’installent au Canada à partir de 1960. Le Canada accepte, en 2010, des réfugiés de 140 pays et, en 2016, il accueille plus de 36  000  réfugiés syriens. (1:11-13)

Périodes d’évolution La croissance de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada connaît trois périodes principales qui se reflètent dans l’ordre chronologique du présent livre. Ces périodes, en ordre successif, comprennent : les débuts du prosélytisme dans l’est du Canada et le rassemblement qui suit lorsque ces saints de l’est rejoignent le groupe principal de l’Église dans l’ouest des États-Unis (entre 1830 et 1853). Ensuite, en 1887, l’Église s’installe en Alberta, et particulièrement à Cardston, grâce à l’arrivée d’un groupe de pionniers mormons dirigé par Charles Ora Card. Une deuxième vague de colons, qui construit un canal d’irrigation, suit ce premier groupe en Alberta. Enfin, vers la fin du 19e siècle, la renaissance de l’œuvre missionnaire commence en phases dans les provinces, ce qui donne à l’Église une présence permanente d’un bout à l’autre du pays. Tandis que la croissance du troisième groupe est due en partie à une présence mormone dans le sud de l’Alberta, elle connaît un grand succès, grâce à l’œuvre missionnaire et au service des membres de l’Église qui travaillent d’arrache-pied pour édifier l’Église dans leurs propres communautés. (1:6-9) La présente histoire aborde chacune des trois phases, mais la plus grande partie du livre traite de l’établissement permanent de l’Église à travers le Canada, essentiellement aux 20e et 21e siècles, un sujet qui, à ce jour, n’a pas fait l’objet d’une profonde étude. (1:8) Le Canada dans le plan divin Le Livre de Mormon proclame que les Amériques deviendront une terre de liberté si les habitants adorent le Dieu de leur terre qui est Jésus-Christ (2 Néphi 1:7-11; Éther 1:8-11). Faisant partie des Amériques, le Canada partage cette mission et sert également de lieu de refuge pour plusieurs groupes, y compris les 3


Une partie de la mission canadienne de l’Église consiste à accueillir de futurs convertis d’ailleurs dans le monde. Gordon B. Hinckley, alors premier conseiller dans la Première Présidence de l’Église, dit ce qui suit dans la prière de consécration faite lors de l’ouverture du temple de Toronto (Ontario) : « Cette nation est devenue un lieu de rassemblement pour les gens de plusieurs dizaines de pays. Il circule dans leurs veines le sang d’Israël. Un grand nombre d’entre eux écoutent le témoignage de tes serviteurs et ont l’honneur de connaître les principes et les ordonnances de ton Évangile divin éternel. » Et c’est certainement le cas. Beaucoup d’entre ceux qui connaissent l’Évangile au Canada partagent la parole de Dieu dans leur pays natal pour y édifier l’Église. D’autres continuent d’édifier l’Église un peu partout au Canada. (1:13)

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Conclusion L’héritage du mormonisme est un héritage de foi dont les membres de l’Église peuvent être fiers. Un cantique mormon bien connu (Au grand prophète, no 16 du livre de cantiques) encourage l’idée «  que [des] faveurs viennent du sacrifice ». L’histoire de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada nous rappelle manifestement cette vérité. Les membres qui lisent ce livre renforcent leur détermination à mieux servir le Seigneur, à garder ses commandements et à servir leur prochain, en suivant l’exemple de foi que démontrent les pionniers de génération en génération. (1:20-21)

Hans et Elsa Peets, réfugiés de l’Estonie, arrivent au Canada à la fin des années 1940. Ils sont baptisés dans les années 1950 à Montréal. Hans devient un dirigeant important dans l’Église au Québec. (Peter Peets)

Maweti Kikongi arrive au Canada de la République démocratique du Congo en 1980 et s’installe à Sherbrooke, au Québec. Il rencontre les missionnaires et se fait baptiser en 1988. Brigitte, sa femme, se convertit à l’Église un an plus tard. Maweti sert deux fois comme président de branche et une fois à titre d’évêque de la paroisse de Sherbrooke. (Maweti Kikongi)


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Branches au Canada, 1832–1853 Lac Huron

(Ontario)

Lac Ontario

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Î.-P.-É.

(Québec) NOUVELLEÉCOSSE

Lac Érié 100 km

200 km

L’ est du Canada est un verger fécond qui connaît de grands succès entre 1832 et 1853, quand près de 2 500 personnes deviennent membres de l’Église et plusieurs petites branches sont créées. Mais avant 1855, en réponse à l’appel de rassembler les saints à Sion, la plupart de ces convertis quittent le Canada pour rejoindre le groupe principal de l’Église en Utah.

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Un verger fructueux

Les premiers efforts de prosélytisme dans l’est du Canada, 1829-1877 Carma T. Prete

L’Amérique du Nord britannique est la première région en dehors des États-Unis où l’on prêche l’Évangile en 1832, grâce aux efforts organisés de missionnaires ordonnés. Le Haut-Canada (Ontario) devient le principal objectif de l’œuvre missionnaire, mais les missionnaires prêchent également l’Évangile au Bas-Canada (Québec) et dans les trois colonies maritimes. Grâce aux efforts de Brigham Young, Parley P. Pratt, John E. Page, et bien d’autres missionnaires zélés, on estime qu’au début des années 1850, déjà environ 2 500  Canadiennes et Canadiens deviennent membres de l’Église. La plupart de ces convertis quittent le Canada peu après pour rejoindre le groupe principal des saints. Bien que cette présence de l’Église dans l’est du Canada au 19e  siècle dure peu de temps, les premiers convertis ont une influence immense et durable sur l’avenir de l’Église, non seulement en ce qui concerne le nombre de membres mais aussi le leadership. (2:23) Le Haut-Canada (Ontario) Plusieurs facteurs aident les Canadiennes et Canadiens à se préparer pour l’avènement des nouvelles idées religieuses. Essentiellement agricole et rurale, l’Amérique du Nord britannique, surtout le Haut-Canada (Ontario), émerge du front pionnier de son développement. Les premiers colons construisent des fermes, des villages et des entreprises et peuvent maintenant se concentrer plus sur les questions de politique et de religion plutôt que sur la survie. Il existe bien des conditions sociales, économiques et politiques instables et les habitants sont alors ouverts aux idées nouvelles. (2:24) En 1829, quand Solomon Chamberlin quitte Lyons (New York) pour venir au Canada, il entend l’Évangile prêché par Hyrum Smith à Palmyra. Il accepte avec plaisir quelques pages du Livre de Mormon et partage avec enthousiasme les nouvelles concernant le rétablissement pendant qu’il traverse le Canada. Au début des années 1830, Joseph Smith reçoit une révélation

chargeant Oliver Cowdery, Hiram Page, Josiah Stowell et Joseph Knight de se rendre à la ville de Kingston, dans le Haut-Canada, pour y vendre les droits d’auteur du Livre de Mormon aux « quatre provinces  » britanniques. Même s’ils ne réussissent pas à vendre les droits pour publier le Livre de Mormon, ils partagent sans aucun doute quelques aspects de l’histoire du rétablissement pendant leur voyage. Joseph Smith, père, distribue, en août 1830, quelques exemplaires du Livre de Mormon dans les villages canadiens bordant le fleuve SaintLaurent. Pendant ce mois-là, Phineas Young, un prédicateur méthodiste, témoigne du Livre de Mormon, ou de la « Bible d’or » (selon certains), en compagnie de plus de 100 membres méthodistes dans un hôtel de Kingston, à la fin de la conférence annuelle de l’Église méthodiste épiscopale. (2:25-27) Il y a deux régions principales dans le Haut-Canada où l’Évangile est prêché – la région de Kingston-Leeds et celle de Toronto-Brantford. En 1832, les premiers efforts organisés par des missionnaires ordonnés apportent l’Évangile en Amérique du Nord britannique. Seulement deux ans après l’organisation de l’Église, six missionnaires arrivent dans la région de Kingston pour proclamer que Dieu a restauré son Église sur la terre, grâce à un prophète des derniers jours, et qu’il existe un livre d’Écritures moderne, le Livre de Mormon, qui complète la Bible. En juin 1832, ces missionnaires organisent la première branche de l’Église en Amérique du Nord britannique, à Ernestown, à quelques kilomètres à l’ouest de Kingston. Une deuxième branche est organisée peu après. (2:9) Joseph et Phineas, frères de Brigham Young, se retrouvent parmi le premier groupe de missionnaires au Canada. (2:25-28) Brigham Young fait quatre voyages missionnaires dans la région de Kingston entre 1832 et 1835. En janvier 1833, pendant l’une de ses missions, Brigham, en compagnie de son frère Joseph, voyage à pied de Mendon (New York) à Kingston «  dans la neige et la boue

Carma T. Prete, descendante des Canadiens James et Philomela Lake, convertis tous deux en 1832, est auteure de plusieurs articles et chapitres sur l’histoire de l’Église au Canada. Elle enseigne au secondaire avant de se marier et devient mère de six enfants.

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mesurant entre un et deux pieds d’épaisseur, presque tout le long du voyage ». En arrivant à l’extrémité est du lac Ontario, ils découvrent que le chenal a gelé au cours de la nuit, leur permettant de le traverser à pied. Mais la glace n’est pas épaisse et ils doivent avancer avec prudence. Selon Brigham Young, la glace «  s’écrase sous nos pieds et de l’eau couvre la moitié de nos chaussures. Nous devons nous séparer l’un de l’autre parce que la glace ne peut nous supporter tous les deux. » Ils continuent pendant neuf kilomètres sur la glace avant d’arriver à Kingston, ce qui est un exemple remarquable de leurs « pas guidés par la foi ». (2:28) Depuis Kingston, ils continuent jusqu’au canton de Loughborough, à quelques kilomètres au nord de Kingston, où ils prêchent pendant un mois environ et baptisent 45  personnes. Ils y organisent «  la branche de West Loboro et d’autres  ». En 1833, Brigham accompagne un groupe d’environ trente convertis canadiens jusqu’à Kirtland. Ce sont les premiers Canadiens à y rejoindre le groupe principal de l’Église. (2:28-29) Parmi ceux et celles baptisés par Brigham Young pendant cette période se trouve Artemus Millet, maçon et contremaître bien expérimenté, qui utilise ses talents un peu plus tard pour participer à la construction du temple de Kirtland. (2:29) Six membres du Collège des douze nouvellement créé, dont Brigham Young, se rendent dans la région de Kingston au 8

printemps de 1835 pour organiser une conférence. Environ trente membres y assistent. C’est la première fois que les apôtres se rendent au Canada. (2:31) L’ œuvre commence dans la région de Toronto-Brantford quand le prophète Joseph Smith et Sidney Rigdon se rendent dans le Haut-Canada à l’automne 1833. Ils y prêchent l’Évangile pendant dix jours et réussissent à baptiser quatorze personnes à Mount Pleasant, près de Brantford, et à y créer la branche de Mount Pleasant. La branche connaît une forte croissance jusqu’au moment où les convertis commencent à partir graduellement à Kirtland. (2:29-30) En avril 1836, à Kirtland, Parley P. Pratt est incertain de ce qu’il doit faire. Comme les autres membres du Collège des douze, il reçoit le commandement de partir en mission, mais Parley se demande s’il peut se soustraire à ce devoir, surtout parce qu’il a de nombreuses dettes et que sa femme est gravement malade. Heber C. Kimball, aussi apôtre, rend visite à la famille Pratt et donne une bénédiction prophétique à Parley, lui conseillant de se rendre à Toronto, au Canada, où des gens sont prêts à recevoir l’Évangile. Grâce à ses activités missionnaires à Toronto, l’Angleterre connaîtrait l’Évangile. S’il sert sa mission, ses dettes seront réglées et sa femme, Thankful, donnera naissance à un fils. (Parley et Thankful n’ont pas d’enfants après dix ans de mariage). Avec beaucoup de foi, Parley part à Toronto, où il connaît un succès remarquable. Il joue un rôle clé dans la conversion de John et Leonora Taylor, Joseph, Mary et Mercy Fielding, parmi bien d’autres. John Taylor deviendra plus tard le troisième président de l’Église. Mary Fielding sera la mère de Joseph F. Smith, sixième président de l’Église. Joseph Fielding est parmi le premier groupe de missionnaires à prêcher l’Évangile dans les îles Britanniques. En l’espace d’un an seulement, les dettes de Parley sont payées au complet et sa femme, Thankful, donne naissance à un fils, qu’ils nomment Parley, du nom de son père. (2:32-36) Quand Joseph Smith et Sidney Rigdon arrivent à Toronto en août 1837, il y a six branches prospères de l’Église dans la région. Isabella Horne, convertie récente qui

Joseph Smith, considéré comme prophète de Dieu par les saints des derniers jours. Au printemps de 1820, Joseph Smith, à l’âge de 14 ans, va dans un bosquet près de Palmyra, dans l’État de New York, à la recherche de la vérité religieuse. En réponse à sa prière fervente, Dieu le Père et son Fils, Jésus-Christ, lui apparaissent en vision glorieuse. Cette expérience et les manifestations spirituelles ultérieures font émerger une nouvelle religion, proclamant le rétablissement, par les cieux, du christianisme du Nouveau Testament. (© Intellectual Reserve, Inc.) Les frères Young, de gauche à droite : Lorenzo, Brigham, Phineas, Joseph et John. Trois de ces frères – Brigham, Phineas et Joseph – ont joué un rôle important comme missionnaires dans le Haut-Canada durant les années 1830. (Bibliothèque d’histoire de l’Église) Sarah Sturtevant Leavitt et sa famille sont parmi les premiers convertis du Bas-Canada (Québec). Femme de grande foi, Sarah et sa grande famille déménagent en Utah quand son mari meurt. Lors du 200e anniversaire de sa naissance, ses descendants ont érigé cette statue en son honneur à Santa Clara, en Utah. (Dean Louder)


rencontre le prophète Joseph Smith à Toronto en 1837, décrit son expérience : «  Lorsque j’ai serré la main de [Joseph Smith], j’ai été remplie d’enthousiasme; j’ai su à ce moment-là que c’était un prophète de Dieu. Et j’ai toujours eu ce témoignage. » (2:35-36) Des missionnaires locaux, parmi lesquels John Taylor, fortifient les efforts de prosélytisme dans le Haut-Canada. De nouveaux convertis déterminés partagent le message du rétablissement avec d’autres habitants de la région. Theodore Turley, qui est baptisé dans la région de Toronto en 1837, en est un exemple remarquable. Il est appelé à partir en mission le lendemain de son baptême et, dans les trois semaines qui suivent, il baptise dix-sept personnes. (2:38)

Cependant, dans l’est du Haut-Canada, un autre missionnaire – John E. Page  – connaît encore plus de succès dans la région de Leeds. Entre 1836 et 1838, Page et ses compagnons baptisent plus de 600  personnes, parmi lesquelles la famille d’Ira Nathaniel Hinckley, grand-père du président Gordon B. Hinckley. En juin 1837, Page dirige une conférence à Portland, au sud de Smiths Falls. Plus de 300 membres de l’Église d’au moins huit branches assistent à cette conférence. (2:36-38) Plusieurs membres baptisés par Parley P. Pratt et John E. Page quittent le Canada en 1837 et 1838 pour rejoindre les saints à Kirtland et au Missouri. L’œuvre missionnaire se poursuit dans le Haut-Canada durant les années suivantes, et d’autres branches sont formées, dont les branches d’Essa/Tosorontio, de Warwick, de Mersea, de Mountain et d’Osnabruck. Comme d’autres convertis avant eux, ces convertis vendent leurs fermes, font leurs valises et partent en direction de Nauvoo peu après, pour rejoindre le groupe principal de l’Église dans l’ouest des États-Unis. Dès son arrivée en Utah, Robert T. Burton, de Mersea, devient conseiller dans l’épiscopat président et occupe ce poste pendant plus de 33 ans. (2:38-41) La famille Gardner, baptisée en 1843 et 1844 dans le comté de Lambton, à l’ouest de London, est parmi les dernières à quitter le Canada. Pendant l’hiver de 1845-1846, les Gardner apprennent que les saints quittent bientôt Nauvoo pour voyager avec le groupe

principal des membres de l’Église vers les Rocheuses pour fuir les persécutions intenses. Les Gardner désirent se rendre à Nauvoo afin de voyager avec les autres membres du groupe principal de l’Église. Les routes forcent les Gardner à suivre un long itinéraire indirect pour se rendre à Nauvoo et, en 1846, ils ouvrent un chemin de neuf kilomètres dans la forêt densément boisée pour rejoindre une route principale menant plus directement à Nauvoo. Cent ans plus tard, ce tronçon de route ontarien se nomme chemin Nauvoo. (2:41) Le Québec et les provinces maritimes Pendant que Pratt, Page et d’autres missionnaires réussissent à convertir un grand nombre de personnes dans le Haut-Canada, d’autres missionnaires œuvrent dans la région du Bas-Canada (le Québec), au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard. La famille Leavitt est le plus grand groupe de convertis du Québec d’aujourd’hui. Sarah Sturtevant Leavitt et son mari Jeremiah entendent parler de l’Évangile à Hatley en 1835. Peu après, ils se rendent à Kirtland avec leurs nombreux enfants et des membres de leur famille élargie.

Certains membres de la famille meurent en route durant leur voyage vers l’ouest, mais la famille Leavitt arrive enfin en Utah et devient l’une des plus grandes familles de l’Église. (2:41-42) 9


David et Sarah Moore, du Québec, et Barnabus et Clarissa Merrifield, d’Eardley, au nord-ouest d’Ottawa, figurent parmi d’autres convertis bien connus de la région. Ils sont baptisés en 1841 et partent pour Nauvoo en 1842. (2:42) Les premiers efforts missionnaires dans les provinces maritimes, en 1832 ou 1833, sont sporadiques. Lyman Johnson du Collège des douze prêche la parole de Dieu à Sackville, au Nouveau-Brunswick, en 1836, et y crée une branche de l’Église. Une branche est formée à Halifax en 1843. John Skerry, président de la branche d’Halifax, renonce à son appel dans l’Église pour quelque temps afin de participer à l’œuvre missionnaire à l’Île-du-Prince-Édouard. Il y convertit douze personnes à Bedeque et y crée une petite branche. (2:42-43) Benjamin Brown et Jesse W. Crosby prêchent l’Évangile dans le comté de York, au Nouveau-Brunswick, en 1844. Ils y connaissent un succès remarquable, y convertissant un grand nombre de personnes, parmi lesquelles quelques citoyens importants. Ils y créent deux branches. Ils subissent par contre des persécutions intenses. Un jour, Brown fait face à une foule en colère de dix personnes qui le frappent violemment en lui donnant des coups de poing et des coups de pied à la tête. Ils le jettent ensuite par terre et sautent sur lui à genoux, ce qui casse plusieurs de ses côtes. Ils n’arrêtent de le frapper que lorsqu’ils le croient mort, au moment où ils l’abandonnent. Jesse Crosby, le compagnon de Brown, prend ce dernier à demi mort, et l’amène chez Daniel Shelton, membre de l’Église et citoyen important, où l’on soigne ses blessures. Plus tard cette nuit-là, une bande d’ivrognes se rend chez Shelton et tente d’entrer dans la maison en brisant des fenêtres et pénètre par force dans la chambre où se trouvent les missionnaires. Elle menace de les défigurer et même de les tuer. Shelton arrive avec des voisins à l’esprit honnête et, ensemble, ils empêchent la bande d’ivrognes de réaliser ses desseins. (2:44-45) Plus de 200 convertis des provinces maritimes quittent le Canada pour rejoindre le groupe principal des saints. Le dernier groupe part en 1855 environ. (2:48) Marriner W. Merrill, converti en 1852 à 10

Sackville, au Nouveau-Brunswick, voyage en Utah en 1853, où il devient un éminent chef d’entreprise dans la communauté et un dirigeant dans l’Église, où il est membre du Collège des douze, de 1889 jusqu’à sa mort en 1906. Son fils, Joseph F. Merrill, devient lui aussi apôtre. (2:43) La poursuite des efforts missionnaires Dans les années qui suivent l’exode du Canada des saints des derniers jours, l’œuvre missionnaire reprend de façon sporadique, mais avec peu de succès. Un groupe de 71 « missionnaires en chariot » voyage à l’est, depuis l’Utah, en 1857. Vingt-trois d’entre eux servent au Canada. D’autres missionnaires arrivent à différents moments, souvent des convertis canadiens qui retournent au Canada pour partager l’Évangile avec leur famille. Malheureusement, le climat d’opinion a changé et les missionnaires y sont accueillis avec hostilité. Certains d’entre eux se font lancer des œufs pourris ou des boules de neige. On ne connaît aucun converti résultant des efforts de ces missionnaires. (2:50-52)

John Taylor et sa femme, Leonora, sont baptisés à Toronto en 1836. Il préside six branches dans la région de Toronto, devient membre du Collège des douze et, plus tard, troisième président de l’Église. (Bibliothèque d’histoire de l’Église)

Conclusion On ne peut sous-estimer l’importance des efforts des premiers missionnaires au Canada. Environ 2 500 convertis canadiens s’ajoutent à la jeune Église, ce qui la fortifie grâce à un plus grand nombre de membres et de dirigeants. Des milliers de membres actuels de l’Église peuvent retrouver leurs ancêtres jusqu’aux convertis canadiens des années 1830 et 1840. Les Canadiens jouent un rôle important dans l’Église. (2:52-53) Benjamin Brown et son compagnon, Jesse W. Crosby, prêchent l’Évangile avec grand succès au Nouveau-Brunswick en 1844. Ils y convertissent 47 personnes et organisent deux branches. Brown est sérieusement battu par une foule en colère et échappe de justesse à la mort. (Bibliothèque d’histoire de l’Église)


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Charles O. Card et deux compagnons font un voyage exploratoire en 1886, de l’Utah jusqu’au Canada. Card décide que le sud de l’Alberta serait un lieu propice pour la colonisation des saints des derniers jours. En 1887, il amène les premiers pionniers qui s’installent à Lee Creek, une ville qui sera plus tard renommée Cardston.

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La colonisation de l’Alberta Rebecca J. Doig et W. Jack Stone

Après l’installation des pionniers mormons à Salt Lake City en 1847, ils se répandent à travers l’Utah et en Idaho, en Arizona, au Wyoming, au Colorado et ailleurs. On y établit de nouvelles colonies agricoles sous la direction de la prêtrise, et les colons acceptent l’appel en mission pour coloniser de nouvelles communautés. Dans les années 1880, le gouvernement américain commence à persécuter sérieusement les hommes qui pratiquent la polygamie. Cela ouvre la voie à la dernière installation et aussi à la colonisation la plus étendue de l’Église au Canada et au Mexique. L’Église dans le sud de l’Alberta est toujours le reflet de ses origines et de sa culture de l’Utah. Elle est caractérisée par des communautés à majorité mormone et par des familles mormones multigénérationnelles ayant un héritage qui remonte à l’époque des pionniers. Le présent chapitre récapitule l’histoire de la colonisation du sud de l’Alberta par les saints des derniers jours et la progression soutenue de cette communauté qui finit par avoir son propre temple. (3:55-56) C. O. Card et la colonisation de la région de Cardston Les problèmes judiciaires auxquels fait face Charles Ora Card, président du pieu de Cache Valley, à Logan, en Utah, parce qu’il pratique le mariage plural, ont donné l’essor à la colonisation mormone au Canada. En 1885, Card doit se cacher de maison en maison, pour rester parmi des amis. Il devient presque impossible pour lui de remplir ses responsabilités dans l’Église et de subvenir aux besoins de sa famille. Le 26 juillet 1886, des maréchaux fédéraux l’arrêtent et l’escortent vers le train à destination d’Ogden, où il doit être incarcéré. Dans le pur style d’Hollywood, Card saute du train en marche, monte sur un cheval qui se trouve à proximité et s’enfuit en galopant au milieu d’une foule qui l’acclame. En septem-

bre 1886, les chariots déjà chargés pour le départ de sa famille au Mexique, Card demande l’autorisation de John Taylor, président de l’Église. Mais le président Taylor lui donne une réponse inattendue : « Non, j’ai l’impression que vous devez voyager vers les Territoires du Nord-Ouest britanniques. J’ai toujours trouvé la justice sous le pavillon britannique. » (3:57-58) Card prend le conseil du président Taylor au sérieux et dirige un voyage exploratoire au Canada en 1886. Il recrute ensuite quelques familles pour s’établir au Canada en 1887. Ils décident de s’installer à Lee Creek, renommée Cardston plus tard, près de la frontière américaine sur les contreforts des Rocheuses. D’autres pionniers les rejoignent peu après et, ensemble, ils cultivent la terre, font des potagers, et plantent des arbres et des buissons. Ils y construisent des maisons, des entreprises, des bâtiments publics, des clôtures, des abris pour animaux, aussi bien que des rues et des ponts. Ils installent des lignes téléphoniques; exploitent les mines de charbon; font de l’élevage; sont les précurseurs de l’élevage de moutons et établissent des industries et une coopérative. Un observateur, qui n’est pas de religion mormone, est tellement impressionné par la colonisation de Cardston qu’il décrit les saints comme  «  l’un des instruments de colonisation les plus efficaces sur le continent ». C’est une saison pleine de dons spirituels – le don de guérison, le don des langues et le don de prophétie. (3:58-62, 67-70) C. O. Card et les premiers pionniers veulent pratiquer la polygamie au Canada, mais les autorités canadiennes que Card et une délégation de deux apôtres, Francis M. Lyman et John W. Taylor, rencontrent en novembre 1888 rejettent leur demande. Afin de pouvoir coloniser le sud de l’Alberta, Card doit promettre au premier ministre John A. Macdonald que les saints des derniers jours n'amèneront qu’une seule femme au Canada (même si un

Rebecca J. Doig est née à Edmonton, en Alberta, et grandit à Kingston, en Ontario. Elle est titulaire d’un baccalauréat en histoire de l’Université Brigham Young et d’une maîtrise en histoire de l’Université de l’Alberta. W. Jack Stone est titulaire d’un baccalauréat en anglais et en enseignement de l’Université Brigham Young; il y termine une maîtrise en psychologie pédagogique, suivie d’un doctorat en administration de l’enseignement. Il poursuit une carrière au Département d’éducation de l’Église (DEE), et a été directeur du DEE au Canada pendant dix ans.

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En 1895, la population des saints des derniers jours au Canada est d’environ 785 membres, et la Première Présidence approuve la demande de Card de créer le pieu de l’Alberta, qui devient le 35e pieu de l’Église. Card est appelé comme président de pieu. Vers la fin de 1898, le nombre de colons mormons est de 1  597, vivant dans huit communautés situées sur les contreforts du sud de l’Alberta. Ceux qui arrivent dans la région dans les années 1890 ne sont pas nécessairement polygames; la motivation principale pour venir s’installer dans la région est avant tout économique. (3:69)

grand nombre d’entre eux ont plus d’une femme aux États-Unis). Card fait alors de son mieux pour s’assurer que les pionniers mormons respectent cette promesse, car la pratique d’avoir plus d’une femme au Canada est extrêmement rare. (3:64-65) Peu après leur arrivée dans la région, les colons mormons font la connaissance de Charles A. Magrath, agent des terres, avec qui les compagnies ferroviaires détiennent d’importants avoirs fonciers qu’il a de la difficulté à vendre. Les saints achètent des terres de Magrath afin de fonder des villages agricoles mormons où les pionniers peuvent vivre sur des terres d’une acre dans le village même, et où ils peuvent cultiver la terre à l’extérieur de leur parcelle. Ce concept de villages agricoles, introduit par les mormons dans les régions montagneuses de l’ouest des États-Unis, permet aux saints de participer et de contribuer au programme entier de l’Église, et rend disponibles des programmes d’enseignement, des entreprises et des services communautaires pour tous les membres, et même pour les agriculteurs. La vie communautaire enrichissante des villages agricoles mormons contraste de manière saisissante avec le mode de vie des colons des prairies qui vivent sur leurs propres terres, isolés de leurs voisins. D’autres colonies mormones installées dans le sud de l’Alberta le sont selon cette méthode de village agricole. Ces villages sont restés des communautés très distinctes au Canada. (3:67-69) 14

La construction des canaux et la colonisation de Magrath, de Stirling et de Raymond Situés juste à l’est de Cardston, les contreforts donnent sur la prairie, un terrain considéré comme trop aride pour l’agriculture et plus propice à l’élevage. Mais Card, ayant une vaste expérience dans le secteur de l’irrigation en Utah, reconnaît la possibilité d’introduire des projets d’irrigation à grande échelle afin de détourner l’eau de la rivière St. Mary, à proximité, sur les terres pour transformer la prairie aride en terres agricoles productives. Cette possibilité, tout comme le besoin des projets d’irrigation à grande échelle, est très évidente dans la région, mais il faut toute une série d’événements miraculeux dans les années 1890 pour surmonter tous les défis que pose cette énorme tâche. Finalement, on établit la loi sur l’irrigation; on effectue de l’arpentage; on obtient l’appui du gouvernement, et on attire des investisseurs. (3:71-73) En dernier lieu, Magrath et Card se rendent à Salt Lake City en 1897 pour établir un contrat avec la Première Présidence de l’Église selon lequel l’Église fournirait la main-d’œuvre, pour la construction d’un canal, qui serait rémunérée en parts égales en argent et en terres. Aux yeux de la Première Présidence, ce projet offre des possibilités économiques pour les membres de l’Église qui, en raison d’une croissance démographique, ne peuvent obtenir de bonnes terres agricoles ni dans l’Utah ni dans les États environnants. Une fois irriguée, la terre sera disponible en deux grandes parcelles carrées qui entourent chacun des villages – le village de Magrath et le village de Stirling. (3:73)

Charles Ora Card dirige le premier groupe de colons mormons au Canada en 1887, qui s’installent à Lee Creek. (Glenbow Archives NA-1759-1)

La construction du canal se fait sans machines. Des équipes travaillent laborieusement la terre afin d’ ameublir le sol, puis déplacent la terre un dixième de mètre à la fois à l’aide de grattoirs tirés par des chevaux. (Galt Museum and Archives)

Edward J. Wood est président du pieu de l’Alberta de 1903 à 1942, et président du temple de Cardston, en Alberta, de 1923 à 1948. Il est aussi un leader communautaire et entrepreneurial. (Avec l’aimable autorisation de Joyce Steed)


Malgré les efforts de Card, qui voyage un peu partout dans l’Utah afin de promouvoir son projet d’irrigation canadien, un nombre insuffisant d’individus ayant les équipes, les équipements, les compétences en leadership et l’expertise dans le domaine de l’irrigation se portent volontaires pour faire le voyage vers le Canada. En 1899, l’Église appelle un grand nombre de missionnaires à servir au Canada afin de répondre aux obligations contractuelles de construire le canal et d’y établir des colonies prospères. Les membres de l’Église répondent à l’appel et, vers la fin de 1899, il y a au total 424 colons à Magrath, et 349 colons à Stirling. La construction du canal commence au sud de Cardston et traverse Magrath, puis continue jusqu’à Stirling, d’où on construit un embranchement jusqu’à Lethbridge. Le projet de construction est terminé en 1900. (3:75, 81)

Le canal a une valeur inestimable pour l’ouverture des prairies canadiennes à la colonisation. Il s’agit du premier projet d’irrigation à grande échelle parmi plusieurs projets semblables dans cette région aride. Selon le géographe Lynn Rosenvall, les canaux d’irrigation et le système d’alimentation en eau constituent « la plus importante contribution mormone au développement agricole dans l’ouest du Canada  ». Ces systèmes continuent de contribuer à la productivité agricole du sud de l’Alberta au 21e siècle. (3:79) Le village de Raymond, colonisé en 1901, figure aussi parmi les colonisations importantes, grâce à l’apôtre John W. Taylor qui vit de temps à autre dans le sud de l’Alberta. Taylor persuade Jesse Knight, un riche mineur, entrepreneur et philanthrope d’Utah, d'acheter des terres dans le sud de l’Alberta, de faire construire une usine de transformation de betterave sucrière et d’y établir la communauté de Raymond sur les terres irriguées situées entre Magrath et Stirling. (3:80-84) « Oncle Jesse », comme on l’appelle avec affection, offre de l’emploi à un grand nombre de colons qui arrivent dans la région. Ils sont embauchés pour labourer les terres, construire l’usine et y travailler quand elle est terminée. Knight subventionne également

l’installation de la minoterie Ellison, qui devient alors une industrie importante du sud de l’Alberta. En quatre ans seulement, Raymond accueille 1 500  habitants, ce qui éclipse la colonisation de Cardston après dix-huit ans. (3:83-84) En 1903, il y a 5 500 mormons en Alberta – ce qui justifie la division du pieu de l’Alberta pour créer le pieu qu’il convient de nommer le pieu de Taylor, en l’honneur de John W. Taylor, leur «  apôtre résident  » bien-aimé. (3:84) Au début des années 1900, des pionniers des États-Unis, de l’Europe orientale et d’ailleurs dans le monde viennent s’installer en très grand nombre dans les Prairies canadiennes pour y obtenir un lot de colonisation, un terrain de 160 acres (647 497 m2) que, en vertu de la Loi des terres fédérales de 1872, les pionniers potentiels peuvent se voir accorder, s'ils respectent certaines conditions. La plupart de ces pionniers ne sont pas mormons. Le mode d’établissement après 1901 consiste en des mormons qui s’installent à côté des nonmormons. Pendant ce temps, quelques communautés majoritairement mormones sont créées, tandis que d’autres mormons choisissent de s’établir dans des endroits où ils sont devenus minoritaires. Jusqu’après la Première Guerre mondiale, les membres de l’Église, à l’instar de la population générale, sont des individus qui résident dans les lieux à la fois ruraux et agricoles. (3:87-88) Edward J. Wood : un leader L’une des tâches ardues qu’ont les dirigeants de l’Église est de retrouver les membres de l’Église installés dans le sud de l’Alberta, afin de les organiser sous forme d’unités de l’Église, et de les aider à mettre en place autant de programmes de l’Église que possible, en fonction de leur situation. C’est là qu’Edward James Wood joue un rôle clé. Les aptitudes pratiques et spirituelles extraordinaires de Wood sont remarquées dès son arrivée à Cardston en 1901. En 1903, il entame 39  années de service comme président du pieu de l’Alberta. (3:88-89)

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Wood « est connu bien au-delà de la région comme un homme qui honore ses engagements coûte que coûte ». Il risque sa vie en voyageant à travers des blizzards et d’autres conditions climatiques extrêmes pour assister à des conférences de paroisse ou assumer d’autres responsabilités. Il est infailliblement optimiste au sujet du Canada et encourage vivement les saints à rester au Canada, en dépit des périodes difficiles et du mal du pays. Il est aussi légendaire pour sa puissance prophétique. Ses conseils, accompagnés de jeûne et de prière, sont, pour de nombreux saints, la clé pour sauver leurs cultures en cas de mauvais temps. (3:89) Vers 1905, le président Wood procède à l’achat, au nom de l’Église, du ranch Cochrane situé au nord-ouest de Cardston. Trois villages sont alors établis sur les terres – Hill Spring, Glenwood et Hartley – et Wood, lui-même, achète l’une des premières fermes. Ce sont les dernières colonies dirigées par l’Église au Canada. (3:91-92) Lethbridge Lethbridge est la première ville existante au Canada où les saints des derniers jours établissent leurs foyers permanents et où ils sont en nombre minoritaire. Un grand nombre des premières expériences vécues par les premiers saints de Lethbridge  – comme les réunions occasionnelles au début, puis les réunions chez des membres et dans des bâtiments loués; les préjugés et l’hostilité de la part des gens de la communauté; les campagnes de financement pour la construction des bâtiments, et l’établissement de relations avec les autres membres de la collectivité – s’est répété à de nombreuses reprises lors de l’établissement de l’Église dans des villes du Canada au cours du 20e siècle. Mais dans le cas de Lethbridge, les saints des derniers jours y sont arrivés en 1899, à peine vingt ans après sa fondation, quand elle n’avait que 2  100  habitants. Les saints des derniers jours ont donc été un élément important de la cohésion de la ville à travers son existence. On crée une paroisse à Lethbridge en 1912 et un pieu y est formé en 1921. (3:92-94) Un temple pour le Canada En 1912, les 7 500 saints des deux pieux dans le sud de l’Alberta sont remplis de joie quand 16

le président Joseph F. Smith annonce qu’un temple sera construit au Canada. Il s’agit du sixième temple de l’Église et du tout premier temple à être construit à l’extérieur des États-Unis. Mais la construction d’un temple à Cardston est une tâche monumentale. En fait, elle va durer presque dix ans. Les membres de l’Église font la majeure partie du travail sans équipement moderne. L’intérieur du temple comprend des boiseries, des peintures et des sculptures magnifiques. Le temple majestueux de Cardston, fait de granite, est consacré en 1923 par le président Heber J. Grant, soit 36 ans après l’arrivée des premiers colons dans la région. Neuf membres du Collège des douze et plus de 6  000  membres de l’Église assistent aux cérémonies. E. J. Wood est appelé comme président du temple et le reste durant 25  ans. Pendant une longue période, il est aussi président de pieu, simultanément. (3:94-99) La construction du temple de Cardston, en Alberta, dure près de dix ans, de la cérémonie de la première pelletée de terre en 1913 jusqu’à la consécration du temple en 1923. (Galt Museum and Archives)

Consacré en août 1923, le temple de Cardston, en Alberta, représente un symbole de la foi des membres de l’Église et de l’établissement officiel de l’Église au Canada. Le président de l’Église, Heber J. Grant, et d’autres dirigeants généraux de l’Église sont assis avec des saints locaux lors de la consécration. (Glenbow Archives NA-512-3)

Conclusion Les premiers pionniers mormons qui arrivent dans le sud de l’Alberta trouvent un refuge et un traitement équitable en vertu de la loi canadienne. Ces pionniers mormons d’Alberta, quant à eux, font d’importantes contributions à la province. Ils y établissent


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de nombreuses communautés, introduisent des projets d’irrigation de grande envergure, et lancent des industries de pointe, en dépit des nombreux défis auxquels ils doivent faire face pour y arriver. Grâce à la consécration du temple de Cardston (Alberta) en 1923, les saints des derniers jours ont dorénavant une présence établie, stable et permanente dans le sud de l’Alberta, où il y a à cette date 9 500  membres répartis dans trois pieux. Ils sont

maintenant prêts à apporter une contribution importante à l’édification de l’Église en Alberta et ailleurs au Canada. (3:97) La foi, le dévouement, la persévérance, l’appui mutuel et l’obéissance aux dirigeants de la prêtrise dont ont fait preuve ces premiers pionniers laissent un puissant héritage pour les générations futures.

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Cette photo magnifique, très symbolique, a été prise au cours de la reconsécration du temple de Cardston (Alberta) en 1991. Au centre, Thomas S. Monson, deuxième conseiller dans la Première Présidence, en compagnie de sa femme, Frances; à gauche, portant une tunique rouge, le sergent d’état-major Roy Monroe, gendarme (Gendarmerie royale du Canada); et à droite, Garry Fox, chef des Premières Nations, coiffé de sa parure de plumes. L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada a toujours eu des liens particuliers avec les dirigeants de l’Église à Salt Lake City, en Utah. Thomas S. Monson préside la Mission canadienne, dont le siège est à Toronto, de 1959 à 1962, et lance l’œuvre missionnaire au Québec francophone. Il devient président de l’Église en 2008. Les gendarmes, connus pour leur uniforme traditionnel et leur célèbre carrousel, sont devenus un symbole bien connu au Canada. De même, des saints des derniers jours, notamment Charles Ora Card, qui colonise Cardston, se sentent le devoir de partager l’Évangile avec les Autochtones compte tenu de leur lien avec le Livre de Mormon. Le temple de Cardston, en Alberta, reconsacré à cette occasion, à la suite de quelques rénovations majeures, devient le centre spirituel du mormonisme au Canada, jusqu’à la construction d’autres temples à travers le pays à partir des années 1990. (Rod Gustafson, Church News)

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Croissance, distribution et ethnicité Daniel H. Olsen, Brandon S. Plewe et Jonathan A. Jarvis

Au début du 20e siècle, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada n’est représentée que par une petite colonie isolée dans le sud de l’Alberta, et par quelques familles dispersées ailleurs dans le pays. À la fin de 2015, l’Église connaît une forte présence nationale, avec près de 200  000  membres (193  850, plus précisément) qui reflètent, quoique imparfaitement, la composition ethnique du pays. Le présent chapitre résume les grandes tendances de la croissance et du développement de l’Église au Canada, ce qui fournit un contexte pour les chapitres sur les régions qui suivent. (4:101) Quatre cartes historiques illustrent la distribution des paroisses et des branches, des districts, des pieux, des missions (y compris leurs frontières) et des temples à travers le Canada ainsi que la concentration et la distribution des saints des derniers jours à la fin de quatre périodes différentes, soit 1920, 1950, 1980 et 2016. Une frise chronologique canadienne décrit l’histoire générale en représentant les saints des derniers jours dans le temps (1900-2015) sous forme de pourcentage de la population générale, ainsi que de la croissance du nombre de saints des derniers jours répartis dans tout le pays. Ce graphique indique aussi des repères choisis pour chacune des provinces et chacun des territoires – les premiers missionnaires ou les premiers membres, la première école du dimanche ou la construction d’un bâtiment de l’Église, l’établissement d’un pieu et la construction d’un temple. Ces repères représentent la maturité organisationnelle que l’on peut observer dans plusieurs régions du Canada. (4:105-10, 117) L’ évolution de la composition ethnique au Canada au cours des cinquante dernières années, que l’on observe

aussi dans l’Église, s’avère aussi être un sujet d’importance. Deux graphiques comparent la composition ethnique des membres de l’Église au Canada, et à Montréal en particulier en 2001. Géographie, climat et régions À cause de la géographie, du climat et du caractère régional du Canada, il est bien difficile pour l’Église d’atteindre toute sa maturité organisationnelle et démographique dans plusieurs parties du pays. Le Canada est, de par sa superficie, le deuxième pays en importance au monde, après la Russie. La surface continentale du Canada couvre environ dix millions de kilomètres carrés qui s’étendent sur 5 500  kilomètres, de l’Atlantique au Pacifique, franchissant six fuseaux horaires et plus de 4  600  kilomètres de la frontière canado-américaine, jusqu’à l’océan Arctique. Par contre, la plus grande partie de cette superficie est peu habitée par une population totale de 35 millions de résidents (selon le recensement de 2016), dont 75 % demeurent à 150 km de la frontière canado-américaine. Cela dit, bien que le Canada soit un pays froid, un grand nombre de Canadiens vivent dans un climat comparable à celui du nord des États-Unis. À l’exception du sud de l’Alberta et des centres urbains principaux du Canada, les territoires couverts par plusieurs unités de l’Église s’étendent sur des milliers de kilomètres carrés et cette superficie est un défi à son administration et à sa croissance efficaces. De longues distances et des hivers souvent longs et neigeux, accompagnés de conditions routières mauvaises, ont d’importantes répercussions sur la croissance de l’Église au Canada, comme en témoigne l’exemple extrême de la

Daniel H. Olsen est professeur agrégé au Département de géographie à l’Université Brigham Young. À titre de géographe de la culture, avec une spécialisation en études sur le tourisme, il oriente ses recherches sur le tourisme religieux, le tourisme lié au patrimoine et les débuts de la géographie historique de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada. Brandon S. Plewe est professeur agrégé de géographie à l’Université Brigham Young, où il enseigne depuis 1996. Ses recherches mettent l’accent sur les données cartographiques relatives à la géographie historique, avec une concentration particulière sur l’ouest des États-Unis et l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Parmi ses publications se trouve son livre primé, Mapping Mormonism: An Atlas of Latter-day Saint History. Jonathan A. Jarvis est professeur adjoint de sociologie à l’Université Brigham Young. Ses recherches sont axées sur la manière dont la mondialisation façonne les stratégies pédagogiques dans les familles asiatiques, dans leur pays et à l’étranger. Dans ses plus récents travaux, il explore les variations internationales qui révèlent comment le contexte familial et la structure de la famille influencent la réussite scolaire.

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branche de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, située à 1 500  kilomètres (soit 15 heures de route en été) du centre de pieu du nord d’Edmonton. Les technologies de communication augmentent les possibilités, pour les membres qui demeurent loin, de garder contact avec l’Église. (4:101-02) Le Canada comprend plusieurs régions possédant différents reliefs, sols, végétations, faunes et ressources naturelles qui leur sont uniques. Ces différences naturelles influencent beaucoup la colonisation et les tendances économiques du pays, ce qui se traduit par divers degrés de développement économique. Les disparités régionales qui en résultent influencent les tendances de migration parmi les saints des derniers jours et attirent les membres des régions moins prospères vers les régions affichant une prospérité économique. Cela diminue le nombre de saints des derniers jours dans ces régions moins prospères. (4:102-03) Émigration, immigration et migration de retour À partir des années 1920, un grand nombre de familles et de jeunes adultes célibataires quittent les communautés saintes des derniers jours du sud de l’Alberta à la recherche de meilleures perspectives économiques et scolaires. Ils voyagent vers le nord, à Lethbridge, à Calgary, à Edmonton, dans d’autres communautés agricoles qui s’ouvrent dans le nord de l’Alberta, et dans de grands centres urbains à travers le pays – Vancouver, Toronto et Ottawa. Ces émigrants aident souvent à fonder, à fortifier et à diriger les jeunes unités de l’Église dans ces villes. (4:106-07) Cette émigration est, dans une certaine mesure, équilibrée par l’immigration qui commence après la consécration du temple de Cardston (Alberta) en 1923, et qui continue pendant plusieurs décennies. Malgré le fait que les dirigeants de l’Église conseillent aux membres de rester dans leurs communautés respectives pour y édifier l’Église, le sud de l’Alberta devient une deuxième région de rassemblement pour les saints des derniers jours au Canada, après l’Utah. Les dirigeants de l’Église de Winnipeg et de Regina, par exemple, se plaignent des difficultés qu’ils éprouvent 20

dans les années 1920 et 1930 à édifier l’Église dans leurs communautés locales alors qu’un très grand nombre de nouveaux convertis émigrent vers l’Utah et vers le sud de l’Alberta. Plus récemment, plusieurs membres de l’Église déménagent vers l’ouest dans des villes comme Calgary, Edmonton et Vancouver, pour des raisons surtout économiques, mais aussi pour offrir à leurs enfants l’occasion de vivre parmi de plus grands groupes de saints des derniers jours et d’avoir accès à des programmes plus établis de l’Église. En outre, plusieurs des premiers émigrants qui avaient quitté la région pour des perspectives scolaires et économiques meilleures sont maintenant à la retraite et retournent peu à peu dans les communautés mormones du sud de l’Alberta où ils ont grandi. (4:107-08) L’œuvre missionnaire Quelques membres du sud de l’Alberta participent au prosélytisme au Manitoba entre 1897 et 1899, mais les efforts missionnaires particuliers reprennent davantage au Canada après que le Manitoba est annexé à la Mission des États du nord, dont le siège est à Chicago, en Illinois, en 1901. La Colombie-Britannique devient une partie de la Mission des États du nord-ouest, dont le siège est à Portland, en Oregon, en 1902. Mais encore là, l’œuvre missionnaire au Canada se fait à très petite échelle. Un tout petit nombre de missionnaires de la Mission des États de l’est, créée en 1893 et dont le siège est à New York, sont envoyés dans l’est du Canada, où ils connaissent peu de succès. On remarque, par contre, un moment décisif, le 1er juillet 1919, quand la Mission canadienne, dont le siège est à Toronto, est créée. Cette mission englobe le Manitoba et l’est du Canada. La Mission canadienne de l’ouest, dont le siège est à Edmonton, est ensuite créée, en 1941. (Consulter les cartes historiques pour voir les changements des missions et des frontières au fil du temps.) Après la Seconde Guerre mondiale, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours connaît une période de croissance rapide continue partout dans le monde. Les jeunes saints des derniers jours qui sont admissibles au service missionnaire s’ajoutent en grand nombre et cela encourage une expansion dynamique de l’œuvre

La distribution des membres en 1920 indique un groupe toujours grandissant dans le sud de l’Alberta ainsi que la création de nouvelles branches.

En 1950, l’Église au Canada connaît une présence accrue dans de nombreuses communautés urbaines et rurales, grâce à des efforts missionnaires et à l’ arrivée de dirigeants expérimentés du sud de l’Alberta au cours des décennies.


missionnaire en Amérique du Nord, mais aussi à l’échelle mondiale. Le Canada partage cette croissance en ce qui concerne le nombre de nouveaux convertis : un plus grand nombre de missionnaires issus de pays étrangers sont en mission au Canada, et davantage de missionnaires canadiens font des missions au Canada, mais aussi

ailleurs dans le monde. Au milieu des années 1970, l’Église décide d’intensifier ses efforts missionnaires au Canada et crée alors de nouvelles missions à Montréal, en 1972, à Halifax, en 1973, à Vancouver, en 1974 (l’Alaska et le Yukon font dorénavant partie de la mission d’Alaska–Anchorage), et à Winnipeg, en 1976. (4:111)

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Les pieux La création d’un pieu représente une fortification organisationnelle et spirituelle. Quand David O. McKay devient président de l’Église en 1951, les seuls pieux qui existent en dehors des États-Unis se trouvent dans le sud de l’Alberta et dans les colonies de saints des derniers jours au Mexique. Le président McKay propose alors une nouvelle vision pour faire croître l’Église à l’échelle mondiale, et la demande de rassemblement de tous les saints en Utah, qui est minimisée depuis quarante ans, est enfin terminée. Les membres du monde entier sont dorénavant encouragés à fortifier leurs branches afin de les transformer en paroisses et en pieux. À la fin des années 1950 et au début des années 1960, des pieux sont créés en dehors de l’Amérique du Nord. Avant sa mort en 1970, le président McKay voit la création de 34 pieux à l’extérieur de l’Amérique du Nord. Avant cette poursuite d’un développement à l’échelle internationale, il existe déjà quatre pieux au Canada, dans le sud de l’Alberta : Cardston (1895), Raymond (1903), Lethbridge (1921), et Calgary (1953). Quatre nouveaux pieux sont créés en 1960, à Taber, à Edmonton, à Vancouver et à Toronto. Le Canada connaît une nouvelle vague de création de pieux dans les années 1970 et 1980 alors que le nombre de membres de l’Église continue à augmenter rapidement. Parmi les 48  pieux du Canada en 2016, il y en a 21 (soit presque la moitié) qui sont créés dans une période de douze ans seulement (soit entre 1974 et 1985). En 2016, il y a vingt-trois pieux en Alberta, huit pieux et un district en ColombieBritannique, deux pieux en Saskatchewan, un pieu au Manitoba, neuf pieux et deux districts en Ontario, trois pieux au Québec, un pieu au Nouveau-Brunswick (qui comprend l’Île-du-Prince-Édouard), et un pieu en Nouvelle-Écosse. (4:108-10, 125) Les temples La construction d’un temple est l’expression d’une maturité et d’une stabilité dans l’Église. Le temple de Cardston (Alberta), premier temple au Canada, est annoncé en 1912 et consacré en 1923. Le deuxième temple, le temple de Toronto (Ontario), est annoncé en 1984 et consacré en 1990. Grâce à l’annonce du président 22

Gordon B. Hinckley en avril 1998, lors de la conférence générale, concernant la construction de trente petits temples, le Canada accueille la construction de quatre nouveaux temples – à Halifax, à Regina et à Edmonton (tous consacrés en 1999) et à Montréal (consacré en 2000). Au 21e siècle, deux nouveaux temples de taille moyenne sont consacrés à Vancouver, en 2010, et à Calgary, en 2012. Des plans pour un temple à Winnipeg sont annoncés en décembre 2011 et la première pelletée de terre pour la construction du temple est faite en décembre 2016. (4:116-17) La poursuite des efforts missionnaires À mesure que l’Église grandit après la Deuxième Guerre mondiale, plusieurs programmes spécialisés sont créés là où le nombre de membres participants le justifie, tels que des classes de séminaire (cours de formation religieuse hebdomadaires pour adolescents) et des classes de l’institut de religion (cours de formation religieuse hebdomadaires pour les étudiants universitaires et les jeunes adultes de moins de trente ans qui travaillent). Selon les circonstances, ces deux programmes se présentent sous différents formats pour mieux répondre aux besoins. En Alberta, par exemple, les classes de séminaire à temps partiel données à l’école débutent d’abord à Cardston en 1948, et les premières classes de l’institut de religion commencent à Edmonton en 1952. Ces programmes, instaurés à travers le pays en grande partie entre les années 1960 et 1990, suivent de près le modèle typique de développement de l’Église. De la même manière, là où le nombre de membres participants le justifie, des assemblées ou groupes spécialisés sont créés pour les jeunes adultes, comme pour les adultes seuls. En 2015, il existe 35 paroisses et branches de jeunes adultes et une paroisse pour les adultes seuls au Canada. (4:113-15) La diversité culturelle Les Autochtones, qui sont une partie importante de la mosaïque culturelle canadienne, contribuent de façon importante à la croissance que connaît l’Église au Canada après la guerre, grâce aux efforts concentrés

Cette carte démontre la croissance remarquable que connaît l’Église au Canada entre 1950 et 1980, ainsi que l’ établissement de l’Église dans les villes et communautés canadiennes.

Depuis 1990, il y a une tendance générale vers le développement de nouveaux centres de convergence à travers le pays. La population de l’Église en Alberta passe de 52,9 % en 1965 à 41,6 % en 2015,  mais l’Alberta reste toujours un bastion où les saints des derniers jours occupent 2,3 % de la population totale de la province en 2012, soit le taux le plus élevé dans tout le Canada. Le pourcentage de saints des derniers jours à travers tout le pays s’établit à 0,053 %.


de l’œuvre missionnaire qui encourage la création de branches autochtones, puis, dans les années 1960 jusqu’aux années 1980, l’introduction du Programme de placement des Indiens d’Amérique et le programme de séminaire pour Indiens d’Amérique, ce dernier étant réservé au départ à l’enseignement à domicile. La Saskatchewan, province ayant la plus grande proportion d’Autochtones, crée en 1980 un district autochtone

géré uniquement par des dirigeants locaux. Mais un grand nombre d’assemblées autochtones (y compris le district) sont reconverties en paroisses et en branches non spécialisées afin de mieux être soutenues et fortifiées. Il n’y a plus que trois branches autochtones en 2015. (4:115-16) Deux événements majeurs dans les années 1960 et dans les décennies qui suivent transforment la réalité

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culturelle de l’Église au Canada : le lancement réussi de l’œuvre missionnaire dans les régions francophones du Québec, dont le résultat est la création de deux pieux francophones, les seuls en Amérique du Nord (voir le chapitre 14); et les modifications apportées à la politique en matière d’immigration du Gouvernement du Canada qui ouvre ses portes à un très grand nombre de personnes de différentes ethnies, qui sont attirées surtout vers les grandes villes. Au début des années 1970, environ 20  % de la population du Canada est d’origine étrangère; de ce nombre environ 80  % est d’origine européenne. Mais cette tendance se transforme vite et, en 2011, près de 80  % de la population du Canada est d’origine non européenne. (4:118-21) À mesure que la composition des immigrants au Canada se transforme, en réponse aux politiques du gouvernement, la population de l’Église se transforme également. Pour un grand nombre d’immigrants, l’Église offre de nouvelles expériences spirituelles, une nouvelle communauté d’appartenance et même des perspectives d’emplois. Certains nouveaux immigrants sont alors attirés vers l’Église et y sont convertis. De nos jours, des immigrants de nombreux pays ont tendance à s’installer dans les grandes villes canadiennes, ce qui se voit également dans la composition de l’Église. Plusieurs d’entre eux ne sont pas assez nombreux pour créer leurs propres branches ou paroisses, et ils doivent s’intégrer dans les paroisses anglophones et francophones. Cela dit, il existe environ vingt unités linguistiques dans l’ensemble des grandes villes canadiennes qui répondent aux besoins à la fois linguistiques et culturels de certains groupes originaires de l’Amérique latine et de l’Asie. (4:119-20, 124)

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Conclusion Au Canada, malgré les défis relatifs aux conditions météorologiques, à la distance, à la fragmentation régionale, à l’économie, au bilinguisme et au multiculturalisme, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours affiche une croissance marquée au cours du dernier siècle, surtout entre 1956 et 1990. Bien que le taux de croissance paraisse plus stable depuis 2001, il existe au Canada, en 2015, 149 branches, 338  paroisses, 3 districts, 48 pieux, 7 missions et 8 temples, et la construction d’un neuvième temple a déjà été annoncée. La distribution des temples à la grandeur du pays favorise la future croissance de l’Église au Canada ainsi que la création de familles intergénérationnelles fortes.

La culture familiale intergénérationnelle autochtone est représentée dans ce tableau bien coloré, présenté lors des célébrations culturelles de Vancouver en 2007, intitulé « Every Nation, Every People » (« Toutes les nations, tous les peuples »). Ce spectacle était présenté au grand public par les trois pieux de Vancouver. (John McCulloch)


Croissance de l’Église au Canada Proportion de saints des derniers jours de la population totale

Nombre total de saints des derniers jours

Nord Calgary

Sud

Territoires du Nord-Ouest Territoires du Yukon

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Heinrich Hoffman, Christ et le jeune souverain riche. L’Évangile invite les personnes de tous les âges à venir au Christ. « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos » (Mathieu 11:28). Les politiques et les programmes de l’Église ont pour but d’aider les gens à répondre à l’invitation du Sauveur et à recevoir les bénédictions promises. (C. Harrison Conroy Co.)

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Enseignements

politiques et programmes de l’Église

Conséquences pour les saints du Canada Richard O. Cowan

Sous la direction des prophètes et des apôtres modernes, certaines politiques et certains programmes sont parfois adaptés afin de mieux répondre à la mission de l’Église. Étant donné que l’Église est une organisation très centralisée, ces changements ont des répercussions importantes sur les expériences de ses membres à travers le monde et partout au Canada. De tels changements offrent les bases nécessaires pour mieux comprendre l’évolution de l’Église dans certains domaines auxquels on ne fait parfois qu’allusion dans les chapitres qui traitent de l’histoire de l’Église dans les diverses régions du Canada. (5:127) Le rassemblement à Sion Les convertis sont encouragés à se rassembler à Sion pendant le 19e siècle, ce qui implique souvent un déménagement difficile vers «  le sommet des montagnes »  en Utah et dans les régions avoisinantes de l’ouest de l’Amérique. Cette politique a un effet profond sur l’histoire du début de l’Église au Canada, lorsque les convertis de l’est du Canada du milieu du 19e  siècle quittent la région pour rejoindre le groupe principal de l’Église aux États-Unis. Mais, dès le début du 20e siècle, même après que les dirigeants de l’Église conseillent aux saints de l’étranger de rester où ils se trouvent, afin d’établir l’Église chez eux, plusieurs continuent à se rassembler à Sion. Plusieurs membres de l’Église au Canada sont attirés vers l’Utah ou vers le sud de l’Alberta, où des colonies de saints des derniers jours sont établies depuis 1887. Un temple y est consacré en 1923. Durant les années 1920 et 1930, des dirigeants de l’Église en Saskatchewan et au Manitoba notent, par exemple, la difficulté à y conserver leurs petites branches alors que beaucoup de membres quittent la région pour se rendre à « Sion ». (5:127-30)

L’Église ne connaît pas de croissance importante à l’échelle internationale jusqu’aux dernières décennies du 20e siècle. À cette même époque, une plus grande importance est accordée aux efforts pour garder les membres dans leur région pour qu’ils y édifient l’Église. Dès l’arrivée du 21e  siècle, «  le rassemblement  » ne consiste plus en un mouvement géographique vers un lieu centralisé, mais plutôt un rassemblement spirituel vers les pieux de Sion. Les premiers pieux au Canada établis en dehors de l’Alberta sont organisés à Toronto et à Vancouver en 1960. (5:130) Accent sur la famille Le mariage et la famille constituent des éléments principaux de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Plusieurs prophètes modernes parlent à tour de rôle de la vie au foyer et du renforcement des liens familiaux. Le président David O. McKay, par exemple, déclare en 1964 « qu’aucun succès ne peut compenser l’échec au foyer » et voit le ciel comme « un prolongement du foyer  idéal ». Une décennie plus tard, le président Harold B. Lee déclare que « la partie la plus importante de l’œuvre du Seigneur que vous pourrez accomplir sera celle que vous accomplirez dans votre foyer  ». Beaucoup de principes enseignés par le président Spencer W. Kimball (1973-1985) concernent la famille. Il encourage tous les jeunes saints des derniers jours à se marier et à avoir des enfants. Il dit  : «  Nous demandons à tout le monde d’accepter le mariage normal comme base du véritable bonheur. » En 1995, la Première Présidence et le Collège des douze apôtres publient une proclamation au monde entier en réponse aux problèmes actuels et y soulignent l’importance de la famille. Ils y affirment que « le mariage de l’homme et de la femme est ordonné de Dieu » et que «  la famille est essentielle au plan du Créateur  pour la destinée éternelle de ses enfants ». (5:131-33)

Richard O. Cowan a reçu un doctorat en histoire de l’Université Stanford en 1961. Il a enseigné à la Faculté d’éducation religieuse à l’Université Brigham Young pendant 53 ans et il a été président du Comité de rédaction des doctrines de l’Évangile de l’Église pendant une décennie. Reconnu pour la qualité de ses conférences, il a écrit douze livres et a rédigé plusieurs articles.

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Ces avertissements sont prononcés à partir des années 1960, à une époque où les valeurs familiales traditionnelles sont remises en question, le taux de divorce est très élevé, la promiscuité est en pleine croissance et la hausse du nombre d’avortements est inquiétante. En 1960, seulement 4,3 % des enfants au Canada sont nés hors mariage; en 2006, par contre, cela augmente à 30  %! Outre les avertissements des prophètes, l’Église introduit de nombreux changements administratifs afin d’aider ses membres à réaliser l’objectif de se rassembler spirituellement et de fortifier la famille. La capacité des pieux et des paroisses à atteindre cet objectif est renforcée par l’introduction, au début des années 1960, du programme de « corrélation de la prêtrise » qui sert à mieux définir le rôle de chaque organisation de l’Église, afin de s’assurer que tous les principes clés de l’Évangile sont bien enseignés aux enfants, aux adolescents et aux adultes. Un comité exécutif de la prêtrise et un conseil de paroisse (ou de branche) réunissent des dirigeants dans chacune des assemblées locales afin d’assurer un enseignement harmonisé qui répond aux besoins des individus et des familles de l’Église. En 1965, on remet l’accent sur « la soirée familiale ». Au cours des années suivantes, les dirigeants de l’Église prennent de nouvelles mesures pour simplifier et même regrouper

des activités afin que les familles aient plus de temps ensemble. En 1980, par exemple, l’Église adopte un horaire de réunions consolidé dans lequel les réunions principales sont regroupées en trois heures. (5:131-35)

Les membres de l’Église d’Edmonton participant à une collecte d’aliments pour une banque alimentaire. (Walter Meyer)

Bâtiments, campagnes de financement et communications électroniques Au 20e siècle, lorsque l’Église s’établit dans les villes à travers le Canada, un grand nombre de membres se réunissent dans leurs foyers ou dans des locaux loués, qui sont souvent très inadéquats. Chaque assemblée rêve du jour où elle aura son propre bâtiment pour organiser des activités et des services religieux. Pendant de nombreuses années, le siège de l’Église demande aux membres locaux de payer jusqu’à la moitié des fonds requis pour la construction ou l’achat d’un bâtiment. Ces membres font des contributions individuelles importantes et participent aux activités de financement sous de nombreuses formes dans différentes régions du Canada  : des ventes de pâtisseries, des lave-autos, la fabrication de chocolats, des concessions alimentaires et la livraison de catalogues et d’annuaires. Ces campagnes de financement servent à réunir les membres et à les faire participer à la vie de l’assemblée. Parfois, des membres locaux travaillent à la construction de leur bâtiment afin de Les familles de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours à travers tout le Canada sont encouragées à tenir des soirées familiales pendant lesquelles elles enseignent des principes de l’Évangile à leurs enfants et fortifient les relations familiales. Sur cette photo, la famille de Sheldon et J. J. Choo, de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, tient une soirée familiale qui comprend l’enseignement d’un principe de l’Évangile et une activité amusante, souvent suivie d'un dessert pour toute la famille. (Samantha Moses)

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répondre à leur obligation financière personnelle. Des centaines de bâtiments des saints des derniers jours sont construits à travers le Canada selon cette méthode afin qu’on puisse y tenir les réunions et les activités de l’Église. Depuis les années 1990, les fonds généraux de l’Église, alimentés essentiellement par les offrandes de dîme, financent presque toute la construction des bâtiments. Les membres ne sont plus responsables du financement à l’échelle locale. Mais cela se traduit en même temps par un manque de socialisation entre membres. Depuis quelques années, l’Église met l’accent sur des projets de service communautaires, comme la collecte d’aliments pour les banques alimentaires locales d’un bout à l’autre du pays. (5:136-37) L’amélioration des technologies de communication au cours des dernières années a permis de mieux instruire les membres et d’unifier l’Église à l’échelle mondiale. À partir de 1952, les sessions de prêtrise qui ont lieu pendant les conférences générales sont retransmises directement dans les centres de pieu par câbles audio. Plus tard, les sessions de conférence sont disponibles par enregistrement vidéo. Au début des années 1960, l’Église collabore avec des chaînes de télévision à travers les États-Unis et le Canada pour la diffusion d’au moins une session de la conférence générale. À compter d’octobre 1981, l’Église a sa propre installation de liaison montante, et des antennes paraboliques sont installées à l’extérieur des centres de pieu et de quelques bâtiments à travers le Canada. Ce réseau de communication permet aux saints canadiens d’assister non seulement aux conférences, mais

aussi aux réunions de formation et à d’autres événements spéciaux. L’Internet devient, lui aussi, un outil indispensable pour la communication dans l’Église. Il offre non seulement la diffusion en continu et en direct des sessions de conférence générale, mais il facilite aussi la communication dans les plus grands pieux qui connaissent des défis relatifs à la distance. Les membres de la branche de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, par exemple, peuvent assister aux réunions de dirigeants et aux conférences du pieu d’Edmonton, dans le nord de l’Alberta, à près de 1 500  kilomètres, grâce à la webdiffusion et aux systèmes personnalisés de vidéoconférence. (5:137-39) Les temples et l’œuvre généalogique Les temples figurent parmi les aspects les plus importants du culte des saints des derniers jours. Le premier temple au Canada est consacré en 1923, à Cardston, en Alberta. Il s’agit d’une grande bénédiction pour près de 10  000  membres qui demeurent en Alberta à cette époque. Le temple de Cardston est le seul temple au Canada pendant de nombreuses années, et plusieurs mormons canadiens voyagent des centaines, voire des milliers de kilomètres pour recevoir les bénédictions du temple. Le temple de Toronto, en Ontario, est consacré en 1990 et permet à plusieurs saints de l’est du Canada de se rendre au temple. Le président Gordon B. Hinckley, vers la fin du 20e siècle, propose de construire des temples plus petits dans diverses villes pendant une période de croissance sans précédent à l’échelle mondiale pour l’Église de 29


Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. En 1999 et en 2000, de plus petits temples sont construits à Halifax, à Regina, à Edmonton et à Montréal. Depuis ce temps, d’autres temples ont été construits à Vancouver et à Calgary, et un autre est en construction à Winnipeg. Tous ces nouveaux temples rendent possibles les bénédictions du culte au temple pour des milliers de saints canadiens. (5:139-41) Pendant de nombreuses années, l’Église recueille et enregistre des données généalogiques d’un peu partout dans le monde. Au cours des dernières décennies, des centres d’histoire familiale sont construits dans plusieurs endroits, et les res-

sources qui s’y trouvent sont disponibles par prêts entre bibliothèques. À la fin de 2015, il existe 186 de ces centres au Canada. Ils sont généralement situés dans les centres de pieu ou dans d’autres bâtiments de l’Église. Les membres de l’Église, tout comme les membres de la communauté, les utilisent et ces installations deviennent une ressource communautaire recherchée. Au cours des dernières années, l’Église a numérisé un très grand nombre de données généalogiques et les a mises en ligne sur l’Internet pour permettre aux gens de faire des recherches à la maison. La disponibilité accrue des ressources d’histoire familiale permet à beaucoup de Canadiens de trouver leurs an-

Étant donné que les ressources généalogiques sont largement disponibles sur l’Internet, les jeunes, grâce à leurs compétences en informatique et à leur enthousiasme, recherchent de plus en plus leurs ancêtres eux-mêmes. Sur cette photo, des jeunes sont dans un centre d’histoire familiale à Lethbridge, en Alberta, et recherchent leurs lignées familiales sur familysearch.org, un outil de recherche mis à la disposition de tous – membres de l’Église et grand public. (Darrel Nelson)

Le président Gordon B. Hinckley scelle la pierre angulaire lors de la consécration du temple de Montréal, au Québec, en juin 2000. Thomas S. Monson, premier conseiller dans la Première Présidence, qui instaure l’œuvre missionnaire dans la région francophone du Québec en 1961 lorsqu’il préside la Mission canadienne, est visiblement heureux de cet événement. (Church News)

Deux événements majeurs dans les années 1960 et dans les décennies qui suivent transforment la réalité culturelle de l’Église au Canada : le lancement réussi de l’œuvre missionnaire dans les régions francophones du Québec, dont le résultat est la création de deux pieux francophones, les seuls en Amérique du Nord (voir le chapitre 14); et les modifications apportées à la politique en matière d’immigration du Gouvernement du Canada qui ouvre les portes à un très 30


cêtres et de préparer les fichiers pour ensuite accomplir les ordonnances du temple pour eux. (5:141) Conclusion Dans un monde où les valeurs morales fléchissent et où le modèle familial traditionnel est constamment attaqué, les saints des derniers jours voient les programmes de l’Église et les enseignements inspirés de leurs dirigeants comme des bastions pour protéger la famille et affermir

sa place divine comme pilier de la société. À chaque étape – de l’introduction du programme de corrélation, jusqu’à l’horaire consolidé des réunions  – l’intention a été de fortifier la famille et de renforcer les saints qui doivent vivre dans un monde qui porte de moins en moins attention aux valeurs traditionnelles de la vie chrétienne. (5:143)

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Le passage frontalier canadien à Coutts, en Alberta. Des colons mormons qui traversent la frontière canadienne vers le nord entrent dans des terres qui leur sont inconnues – différentes lois, nouvelle culture et climat étranger. Lorsqu’ils s’établissent dans le sud de l’Alberta, ils doivent adapter leurs traditions pour créer une identité mormone unique qui leur est propre. Le voyageur d’aujourd’hui doit faire face à un tout autre monde. Le présent chapitre examine la manière dont les saints des derniers jours s’adaptent au milieu canadien. (Darrel Nelson)

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Communauté, culture et Église dans le milieu canadien Rebecca J. Doig et Daniel H. Olsen

Quand Charles Ora Card et le premier groupe de pionniers mormons franchissent les frontières du Canada en 1887, ils « s’arrêtent et lancent un "hourra" pour célébrer [leur] liberté en tant qu’exilés pour [leurs] croyances religieuses ». (6:145) Ils trouvent un refuge au nord de la frontière où ils peuvent continuer de vivre selon leurs croyances religieuses sans être harcelés. Mais leur désir de recréer une société unique dans ce nouveau monde au nord du 49e parallèle nécessite une adaptation immédiate à un nouvel environnement physique, social et politique. Certains des aspects de la société qu’ils connaissent en Utah sont facilement transférés à l’environnement canadien, mais pas tous. Peu à peu, l’Église au Canada, à l’instar de l’Église mondiale, connaît une évolution culturelle au fur et à mesure qu’elle devient plus largement implantée, plus urbaine, plus multiculturelle, plus autonome financièrement et plus confiante. (6:145) Une communauté mormone distincte dans le sud de l’Alberta Quand les premiers colons mormons arrivent au Canada, ils sont résolus à être des citoyens à la fois fidèles et patriotiques dans leur nouveau pays. Une présence policière, représentée par la Police montée du Nord-Ouest en place dans la région, rappelle aux mormons canadiens leurs obligations légales envers le Canada. Ils adaptent consciencieusement leurs attentes afin de se conformer aux lois canadiennes. L’exemple le plus marquant d’une telle adaptation concerne les hommes polygames qui amènent une seule femme avec eux lorsqu’ils arrivent au Canada. Grâce au respect des lois canadiennes, les mormons connaissent un traitement équitable en vertu de la loi tout au long de leur histoire au Canada. Bien qu’ils aient parfois été victimes de préjugés sociaux, ils n’ont à peu près jamais subi de mauvais traitements de la part du gouvernement. (6:147, 150) Comme nous l’avons mentionné au chapitre 3, les pionniers mormons achètent les terrains de manière privée afin de s’établir dans les villages agricoles. Il s’agit surtout d’une tendance établie en Utah et inspirée par la collectivité modèle de Joseph Smith appelée

« Plan de Sion ». Ce modèle est souvent reproduit dans les régions montagneuses de l’Ouest, beaucoup plus que dans les lots de colonisations isolés typiquement retrouvés dans les Prairies canadiennes. Les villages ont de larges rues orientées vers les quatre points cardinaux, des terrains résidentiels d’une acre – assez grands pour un potager familial, une vache laitière, des chevaux, quelques petits animaux d’élevage – un emplacement centralisé pour une église et des bâtiments abritant les institutions scolaires et publiques. Les agriculteurs habitent dans le village mais sortent de la collectivité pour aller travailler à leur ferme, alors que les ouvriers travaillant dans les industries locales, les commerçants, les enseignants et les autres vivent dans le village proprement dit. On y observe alors les avantages liés à une collectivité très solidaire – le respect de la vie communautaire et des croyances et pratiques religieuses dans un milieu agricole. (6:148-49) Pendant les premières décennies suivant la colonisation de l’Alberta, alors que les gouvernements fournissent peu de services, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours joue un rôle essentiel dans le développement communautaire de ces petites colonies. Elle est directement impliquée dans la mise en place des projets d’irrigation à grande échelle; elle y fonde des établissements et y développe davantage les entreprises, notamment l’élevage des bovins et du bétail, les minoteries et les magasins coopératifs. (6:150-51) L’Église s’engage aussi à offrir à ses membres de très bonnes opportunités pour développer «  l’intégralité de l’être » par la promotion de l’éducation, du loisir récréatif, de l’expression artistique culturelle, du sport, des arts ménagers, et encore plus. Les saints des derniers jours qui arrivent dans le sud de l’Alberta apportent avec eux certains loisirs favoris que l’on trouve habituellement en Utah plus qu’au Canada. Des courses à chevaux, des compétitions sportives, la course à pied, le baseball, le rodéo et surtout le basketball figurent parmi les loisirs préférés des pionniers mormons. Ces tendances culturelles sont renforcées par les liens familiaux et d’autres liens étroits avec l’Utah. Les sports canadiens typiques, comme le hockey et la crosse, sont moins populaires. (6:151-52) 33


Les pionniers mormons accordent beaucoup d’importance à la musique, à la danse, au théâtre, aux arts ménagers et au scoutisme. En 1909, la Opera House de Raymond, équipée d’une grande scène, d’un balcon et d’un plancher à ressort avec une plateforme basculante optionnelle, ouvre ses portes. La Opera House est tellement grande qu’elle attire non seulement les pièces de théâtre, les soirées de danse et les concerts de la localité, mais aussi des compagnies de théâtre ambulantes et des musiciens célèbres. (6:155) L’Église parraine aussi des pièces de théâtre, des soirées dansantes et des groupes musicaux. (6:156) Le scoutisme est introduit dans le sud de l’Alberta en 1914, la même année où il est incorporé au Canada par une loi parlementaire. Cette année-là, Louisa Grant Alston, de Magrath, devient la première cheftaine scoute au Canada et contribue à ce titre à former des dirigeants et à établir le mouvement scout ailleurs dans le sud de l’Alberta. (6:157) Des communautés de saints des derniers jours du sud de l’Alberta sont connues pour leurs grandes familles élargies, dont la plupart ont un héritage qui remonte aux pionniers. Ces familles vivent à proximité les unes des autres et sont unies par leurs racines dans l’Évangile, qui remontent à plusieurs générations. De fréquentes visites des dirigeants de l’Église de Salt Lake City pendant la période de colonisation, et les liens personnels et familiaux qui transcendent les frontières canado-américaines, permettent à l’Église du sud de l’Alberta de rester informée de ce qui se passe en Utah. Une spiritualité accentuée par la proximité d’un temple mormon (consacré en 1923) a une influence durable sur la force spirituelle des membres de l’Église dans cette région. (6:159) La culture mormone dans le champ de la mission Après la Deuxième Guerre mondiale, les membres de l’Église issus du milieu rural du sud de l’Alberta poursuivent la nouvelle tendance vers l’urbanisation et déménagent dans les grandes villes de l’Alberta, soit Calgary et Edmonton et, dans une moindre mesure, dans les grandes villes ailleurs au Canada. Ils emportent avec eux leurs compétences en leadership et leurs expériences de vie. Une grande partie de leurs 34

traditions sportives et culturelles est alors transférée à leurs nouvelles collectivités, mais ces saints se retrouvent dorénavant dans un environnement minoritaire, et le mode de vie communautaire des colons saints des derniers jours qui leur est unique ne peut être recréé. Dans les endroits où l’Église s’est bien établie après la Deuxième Guerre mondiale, le sport, les productions dramatiques, les soirées dansantes et le développement des talents relatifs aux arts ménagers y sont encore connus, mais ils sont souvent entrepris non seulement pour leur valeur intrinsèque pour les membres, mais aussi comme moyens d’interagir avec la communauté, d’améliorer la visibilité de l’Église et de lancer des campagnes de financement. (6:161)

Phil Tollestrup est l’un des nombreux mormons du sud de l’Alberta qui atteint un niveau d’excellence au basketball. Il figure en troisième place pour le plus grand nombre de points marqués lors des Jeux olympiques de 1976 à Montréal. Il joue dans l’ équipe nationale du Canada pendant huit ans. (Phil Tollestrup)

Panneau d’accueil que l’on voit en entrant en Alberta. Comme l’avait prévu John Taylor, le président de l’Église, les mormons qui arrivent en Alberta dans les années 1880 connaissent un traitement équitable de la part du gouvernement du Canada. (Darrel Nelson)

Plusieurs régions à travers le Canada, surtout les milieux ayant accueilli peu de membres du sud de l’Alberta et d’autres régions colonisées, commencent l’œuvre missionnaire, à l’aide d’un petit nombre de membres isolés et de petites branches sous la supervision des districts. Cette œuvre est administrée par les présidents de mission et effectuée par de jeunes missionnaires. Du porte-à-porte fait par les missionnaires, des « portes ouvertes », des réunions informelles et des veillées, ainsi que de nombreuses activités de collecte de fonds sont tous des moyens pour convertir et conserver les nouveaux membres de l’Église. Ces activités jouent un rôle prépondérant dans l’établissement de l’Église durant sa phase de démarrage dans ces régions. (6:162) Les activités culturelles et sportives sont reléguées au second plan du cœur de l’Évangile  – le renforcement de la foi. L’un des besoins les plus pressants pour les membres des nouvelles assemblées consiste à trouver des lieux de réunions.

Cette photo a été prise lors du 40e anniversaire de la crèche de Noël vivante en plein air qui a lieu à Kingston, en Ontario. Des spectacles de la nativité comme celui-là présentent un moyen à la fois connu et efficace pour les membres de l’Église de partager avec les autres la vraie signification de Noël, tout en renforçant l’idée que l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est bel et bien une religion chrétienne. (Stephen Elliott)


Dans la plupart des collectivités, les membres et les missionnaires se réunissent chez des membres et, ensuite, dans des salles louées. Lorsque l’Église mûrit dans chacune des collectivités, les membres font de leur mieux pour faire des campagnes de financement pour la construction de bâtiments. Les idées qui fonctionnent bien se répandent souvent d’un endroit à l’autre lorsque les membres déménagent et font part de leurs expériences. Les bazars, les ventes de charité et les ventes de pâtisseries sont des idées populaires de campagnes de financement. On présente aussi des pièces de théâtre et des comédies musicales dans les grandes villes d’Alberta et de Colombie-Britannique. La fabrication de chocolats est aussi une activité de collecte de fonds fructueuse. Son origine remonte à 1951, à Edmonton, et cette activité s’est répandue depuis en Alberta et à travers le Canada, même jusqu’à Ottawa. Les kiosques alimentaires dans des foires sont courants en Alberta, en Saskatchewan et en Ontario. La livraison de catalogues est bien répandue en Ontario, tout comme la livraison des annuaires téléphoniques est bien connue au Québec. (6:161-62; 10:285-86 14:446-47)

Le basketball est un élément important de la culture sportive dans le sud de l’Alberta depuis 1903 et plusieurs équipes de basketball de la région connaissent un grand succès à différents niveaux de jeu. De son côté, l’Église encourage le sport en organisant des tournois entre paroisses et branches de l’Église à partir des années 1920 jusqu’en 1972. À partir de ce moment-là, quand les institutions scolaires et les organismes communautaires commencent à offrir les mêmes possibilités sportives aux gens, l’Église s’éloigne peu à peu de son engagement dans le sport. Il reste toujours, cependant, une passion pour le basketball qui est fortement enracinée dans la culture des saints des derniers jours du sud de l’Alberta. (6:154-55)

Des adaptations culturelles canadiennes Vaincre les préjugés et les fausses impressions au sujet de l’Église devient aussi tout un défi pour les membres de l’Église au Canada. En 1963, à Calgary, la Mission canadienne de l’ouest présente une crèche de Noël vivante en plein air pour les citoyens afin de les aider à changer la perception que les mormons ne sont pas chrétiens. L’idée de la crèche vivante s’est répandue dans presque toutes les provinces et il y a encore environ vingt crèches de Noël vivantes en plein air et plusieurs autres présentées à l’intérieur à travers le pays. (6:163-64) Dans les années 1960, une occasion en or se présente à l’Église pour augmenter sa visibilité au Québec, ce qui se fait par le biais de la construction d’un pavillon à l’exposition de Montréal en 1969. L’exposition, intitulée « Terre des hommes » met en lumière le film « À la recherche du bonheur  » et offre des exposés sur le rétablissement de l’Évangile. Le pavillon relance les efforts missionnaires au Québec. Les Canadiens francophones se convertissent à la religion mormone en grand nombre pendant les années qui suivent l’exposition. (6:165)

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Au fur et à mesure que l’Église croît au Québec, et que le Canada devient un pays de plus en plus multiculturel et multilingue, l’Église fait des efforts pour présenter l’Évangile dans la langue maternelle de ses membres et des membres potentiels. La traduction de la documentation de l’Église, la création de paroisses et de branches pour les communautés non anglophones, et l’abandon progressif des pratiques culturelles de l’Utah font tous partie du processus de la « mondialisation » de l’Église (plutôt qu’une église centrée sur les pratiques et les traditions de l’Utah). Nous observons aujourd’hui, par exemple, que les activités physiques, tout comme le développement des arts et de la culture, sont toujours mentionnés dans les manuels d’instructions comme exemples d’activités pour les jeunes et pour les adultes, mais ces manuels ne prescrivent aucun moyen concernant l’intégration de ces activités dans les programmes de l’Église. Les collectes de fonds cessent en 1990, quand l’Église retrouve les moyens de financer la construction et le maintien des bâtiments de l’Église et des assemblées locales grâce aux offrandes de dîme. Ces activités, parmi d’autres, qui demandaient beaucoup de temps aux membres de l’Église dans le passé, sont dorénavant remplacées par d’autres priorités servant à mieux représenter le noyau culturel de l’Évangile. Au fur et à mesure que les temples sont construits à travers le pays et que l’histoire familiale est convertie au format numérique, l’histoire familiale et les ordonnances du temple deviennent des priorités pour les mormons canadiens. On accorde une plus grande importance au service communautaire et à la sensibilisation, qui se présentent souvent sous forme de collectes d’aliments et d’aide par des bénévoles portant leurs dossards jaunes «  Mains serviables  » qui apportent leur soutien en cas de sinistres 36

dans de nombreuses régions. On met l’accent sur la mise en pratique de l’Évangile au foyer plutôt que sur les activités de l’Église en dehors du foyer. (6:171-72) Le 49e parallèle continue d’avoir une incidence importante sur le développement de l’Église au Canada, entre autres parce que les institutions, les lois et les règles sont bien différentes au Canada et aux États-Unis. Cela signifie que l’Église au Canada doit s’incorporer comme une entité financière et juridique distincte qui la sépare du siège principal situé aux États-Unis. Réglementée par une multitude de traités, l’importation des fournitures et du matériel de l’Église des États-Unis vers le Canada est tout un défi supplémentaire pour l’Église au Canada. (6:168-69) La frontière canado-américaine influence aussi les jeunes adultes seuls canadiens. Traditionnellement, on encourage les jeunes de l’Église, surtout ceux ayant des liens étroits avec l’Utah, à faire leurs études dans les institutions pédagogiques en Utah et en Idaho, où les jeunes mormones et mormons célibataires peuvent trouver des possibilités d’association avec les membres qui partagent leur foi, ce qui pourrait ensuite aboutir au mariage. Un grand nombre de membres canadiens ayant étudié aux États-Unis restent aux États-Unis au lieu de revenir au Canada. Mais, au fur et à mesure que l’Église mûrit au Canada, des programmes comme le séminaire et l’institut et des paroisses et des branches visant les jeunes adultes seuls sont organisés dans de nombreuses universités à travers le pays. En 2017, le premier pieu de jeunes adultes seuls en dehors des États-Unis est organisé à Lethbridge. Des jeunes trouvent de plus en plus d’endroits au Canada où ils peuvent avoir des liens étroits avec d’autres saints des derniers jours,

Une collecte de denrées alimentaires lors de l’Action de grâces en 2011 par la branche de Qualicum, du pieu de Nanaimo, en Colombie-Britannique. Les saints des derniers jours ont développé une culture de service élargie au cours des dernières années et mettent l’accent sur le service dans la collectivité et le service à autrui. Des collectes de denrées alimentaires sont organisées par des assemblées dans tout le pays, certaines de moins grande envergure que d’autres, comme celle de la branche de Qualicum sur cette photo. Le succès que connaissent les collectes de denrées alimentaires est certainement dû à une bonne organisation et à la participation d’un grand nombre de bénévoles. (Serenity Roulstone) Un grand nombre de saints des derniers jours servent dans l’Assemblée législative de l’Alberta au cours des années. Cette photo, prise en 1944, montre tous les membres de l’Assemblée législative d’Alberta, ce qui représente une diversité de philosophies politiques parmi les membres de l’Église. N. Eldon Tanner, ministre influent du Cabinet du gouvernement créditiste, sert à ce titre en même temps que Jim Walker, un autre mormon de l’Assemblée législative, est chef du parti de l’opposition. Il y a au moins un mormon dans chaque Assemblée législative de l’Alberta entre 1905 et 2015. (Archives provinciales) La fabrication de chocolats commence grâce aux femmes de la Société de Secours d’Edmonton en 1951 et connaît ensuite un très grand succès lors des collectes de fonds dans plusieurs régions du Canada. Sur cette photo, Varge Gilchrist, patriarche du pieu d’Ottawa, prend part à la fabrication de chocolats à Ottawa en 1980. (Gail Schow)


ce qui leur permet de fortifier leur foi en tant que jeunes adultes. (6:160) Le paysage politique au Canada est fort différent de celui des États-Unis. Aux États-Unis, par exemple, les membres de l’Église ont tendance à être républicains, quoique pas exclusivement, et ils sont généralement bien représentés sur la scène politique. Il semble que les mormons du sud de l’Alberta votent majoritairement pour les conservateurs, surtout parce que les circonscriptions où il y a une bonne population mormone ont tendance à accueillir des majorités conservatrices marquées. Les tendances observées dans la répartition des votes chez les mormons ailleurs au Canada ne sont cependant pas connues. En ce qui concerne leur engagement politique, les mormons d’Alberta sont représentés dans les postes d’élus provinciaux à un taux qui est proportionnel à la population mormone. Les maires de Calgary, d’Edmonton et de Lethbridge ont tous été des mormons à un moment donné. Tous les députés mormons qui sont élus à la Chambre des communes viennent d’Alberta. Pour une raison inconnue, les mormons canadiens à l’extérieur de l’Alberta sont sous-représentés en politique. Le comportement politique des mormons au Canada et les raisons justifiant le manque d’engagement des membres en dehors de l’Alberta sont des sujets qui méritent une étude plus approfondie. (6:166-67)

La culture d’un saint des derniers jours canadien Le Canada est un vaste pays sur le plan géographique. Il est composé d’identités régionales distinctes et manifeste un fort sentiment de nationalité au Québec francophone. Il commence aussi à y avoir un sentiment d’identité chez les mormons canadiens. Il existe un grand nombre d’outils qui servent à forger cette identité : l’administration canadienne des programmes de l’institut et du séminaire, les sites canadiens canadafr.lds.org et presse-mormons.ca, la diffusion des conférences de pieu à travers le pays et les efforts entrepris pour mieux comprendre l’histoire des mormons au Canada. (6:174-75) L’esprit pionnier fondé sur la foi perdure partout au pays, d’autant que les saints des derniers jours s’engagent de plus en plus dans le service envers autrui. Le Canada offre un environnement accueillant où l’Église peut prospérer. Les mormons canadiens ont trouvé des moyens purement mormons et toujours canadiens de prospérer dans le pays.

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La belle province de la Colombie-Britannique, riche en terrains accidentés et en longues distances, se place au deuxième rang à l’échelle nationale pour le nombre de saints des derniers jours figurant dans la population totale, soit 0,67 %. Depuis que la première famille sainte des derniers jours s’est installée dans la province en 1875, et que la première branche de l’Église a été créée à Vancouver en 1911, la croissance de l’Église a augmenté grâce aux nombreux missionnaires dévoués au cours de plusieurs décennies, ainsi qu’au nombre élevé de saints d’ailleurs qui emménagent en Colombie-Britannique. L’Église y prospère et il existe aujourd’hui des assemblées un peu partout dans la province. En 2015, il y a huit pieux, un district et un magnifique temple en Colombie-Britanique.

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Ruth Whidden Yates

L’histoire de l’Église en Colombie-Britannique, la troisième province en importance au Canada, est dominée par des défis à la fois physiques et spirituels. En raison d’un relief montagneux, d’un littoral accidenté et peu accessible, et de régions géographiques distinctes séparées par de très grandes distances et des conditions climatiques très variées, des communautés de saints indépendantes s’établissent dans plusieurs régions de la province. Les premiers pionniers de chaque région, hommes et femmes de foi dévoués, travaillants et persévérants, posent les premiers jalons pour l’établissement des branches, des paroisses et des pieux aux quatre coins de la province. Au début du 20e siècle, il n’y a qu’un tout petit nombre de saints des derniers jours en Colombie-Britannique mais, en 2016, il y a 30 000 membres, répartis dans huit pieux et un district, et un magnifique temple de taille moyenne qui est consacré en 2010. (7:179-80) Des facteurs économiques et géographiques contribuent à la colonisation de la ColombieBritannique depuis le début de son histoire et influencent l’accroissement correspondant de l’Église dans la région. Grâce à l’exploration et à l’afflux régulier de la population, la Colombie-Britannique entre dans la Confédération canadienne en 1871 sur la promesse qu’une voie ferroviaire relie la province autrement isolée au reste du pays. Cette voie ferroviaire est terminée en 1885, et un flot d’immigrants d’ailleurs au Canada et des États-Unis, de l’Europe et de l’Asie construisent des centres urbains sur l’île de Vancouver et dans la vallée du bas Fraser. Peu à peu, ils s’établissent vers le nord et vers l’est comme éleveurs ou bûcherons et exploitent les ressources naturelles du plateau septentrional, tout en cultivant les vallées fertiles de l’est de la province. (7:179-80) Contrairement à d’autres provinces (à l’exception de l’Alberta) où le développement de l’Église est fortement

lié au nombre de convertis locaux, la ColombieBritannique est mieux connue pour les efforts des membres de l’Église qui arrivent d’ailleurs dans le pays et dans le monde. À titre d’exemple, la première famille de saints des derniers jours en Colombie-Britannique, William et Maria Copley et leurs enfants, arrive de l’Utah en 1875 et demeure dans le sud de l’île de Vancouver. Lorsque des régions s’ouvrent au développement économique, les membres de l’Église qui emménagent en Colombie-Britannique sont souvent les premiers saints des derniers jours de la région. Ces arrivants, en créant un noyau pour l’œuvre missionnaire, où membres et missionnaires travaillent côte à côte, contribuent grandement à l’établissement et à l’accroissement de l’Église dans plusieurs régions. Au fur et à mesure que le nombre de missionnaires augmente et que le rayonnement de l’Église s’étend, un plus grand nombre d’habitants de la Colombie-Britannique entendent les enseignements de l’Église. Des convertis s’ajoutent alors aux membres des paroisses et des branches de la région. (7:181-83) Vancouver et la vallée du bas Fraser Au début du 20e siècle, l’Église connaît une croissance dans la vallée du bas Fraser et l’île de Vancouver. La Colombie-Britannique devient une partie de la Mission des États du nord-ouest en 1902, et le président de mission, Nephi Pratt, organise la conférence de Victoria en mai 1903. Les premiers missionnaires à Vancouver, envoyés temporairement de Portland (Oregon), en 1904, rencontrent la famille d’Edward Neill, membres de l’Église ayant émigré de l’Australie. Neill devient président de la branche de Vancouver en 1911. Après des efforts remarquables de collectes de fonds, la petite branche, composée de cent  membres, achète son tout premier bâtiment en 1925. Les membres le nettoient, l’embellissent et ensuite l’agrandissent. Ils creusent

Ruth Whidden Yates est titulaire d’une maîtrise ès arts de l’Université Simon Fraser, avec une spécialisation en littérature canadienne. Elle détient aussi un diplôme en enseignement et une maîtrise en éducation. Elle élabore des programmes scolaires et des cours pour des professeurs de droit au niveau secondaire et, en compagnie de son mari Richard, elle est coauteure de plusieurs manuels de cours en droit commercial.

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Les femmes de la Société de Secours de la branche de Vancouver, accompagnées de quelques-uns des enfants, en 1940. (Collection d’Edna Penn)

Michael Cirillo et Christopher Hubbard cueillent les pommes dans le verger du pieu. (Michael Cirillo)

même un sous-sol où ils installent des fonts baptismaux, qu’ils remplissent et vident manuellement. (7:185-86) L’Église connaît une croissance rapide durant et après la Seconde Guerre mondiale. En 1952, il y a six branches et deux bâtiments des saints des derniers jours dans la région de Vancouver. Une nouvelle église est construite à Vancouver et consacrée ensuite par le président David O. McKay en 1954. Mille deux cents membres assistent à la consécration. (7:186-88) L’Église connaît une croissance rapide continue pendant plusieurs décennies dans la région de Vancouver à mesure que la population démographique augmente. Le pieu de Vancouver est organisé en 1960 et comprend deux paroisses à Vancouver et d’autres paroisses à North Vancouver, New Westminster, Surrey, Richmond, White Rock, Langley et Chilliwack. Les travaux sont entamés pour la construction du premier centre de pieu à Burnaby. Il est consacré en 1967. La construction d’autres bâtiments suit sous peu. Le pieu de Surrey est organisé en 1979 et, en 1994, les frontières géographiques sont reconfigurées pour créer un troisième pieu dans la vallée du bas Fraser – le pieu d’Abbotsford, en Colombie-Britannique. (7:189-90) 40

L’île de Vancouver La famille de William et Maria Copley, premiers saints des derniers jours en Colombie-Britannique, arrive à l’île de Vancouver en 1875, où elle demeure pendant 29 ans, sans aucun contact externe avec l’Église. C’est avec joie qu’elle rencontre les missionnaires à Victoria en 1904; ils baptiseront leurs enfants. Les missionnaires se rendent de façon intermittente sur l’île de

David O. McKay, président de l’Église, et sa femme, Emma, se rendent à Vancouver en août 1954, où il consacre la première église construite par les saints des derniers jours. (Collection d’Edna Penn)


Vancouver pendant les années suivantes. En 1937, les missionnaires y retournent, et une branche dépendante est organisée à Victoria en 1942. Elle devient indépendante en 1946. Au cours des années suivantes, de nouvelles branches sont organisées à Duncan, Nanaimo, Port Alberni, Comox, Powell River (située sur la côte continentale et accessible par bateau seulement), Sydney, Colwood, et une deuxième branche est constituée à Nanaimo. En 1975, le pieu de Victoria, en Colombie-Britannique, est créé et, en 1997, à la suite d’une croissance impressionnante, ce pieu est divisé pour créer le pieu de Nanaimo dans la partie nord de l’île. (7:190-92) Les Kootenays et la vallée du Columbia Depuis 1920, il y a des membres de l’Église dans la vallée du Columbia, au sud-est de la province dans une région qui s’appelle les Kootenays, où une vague d’immigrants, notamment des membres de l’Église de l’Alberta et du nord-ouest des États-Unis, s’installent. Une branche est organisée à Creston en 1928 mais est démantelée peu de temps après. En 1944, la branche de Creston est de nouveau organisée et, en 1949, un groupe de 120 membres vaillants y construisent une église. Entre-temps, en 1948, une petite branche est organisée à Cranbrook et, pendant les deux années suivantes, le groupe exemplaire recueille des fonds pour la construction de son église, qui est consacrée en 1950. D’autres branches sont organisées dans la région durant les années suivantes, et cette croissance entraîne la création du pieu de Cranbrook, en Colombie-Britannique, en 1979. En raison des chaînes de montagnes qui séparent les Kootenays du reste de la Colombie-Britannique, cette région fait partie, encore aujourd’hui, de la Mission canadienne de l’ouest (renommée plus tard la Mission canadienne de Calgary) et du district du temple de Cardston, en Alberta. (7:191-93) La vallée de l’Okanagan Les premiers missionnaires arrivent dans la vallée de l’Okanagan en 1947 et réussissent à retrouver plusieurs familles de saints des derniers jours qui font les réunions de l’École du dimanche chez eux. Ces écoles du dimanche sont organisées en branches en temps utile, et d’autres branches sont créées au cours des années suivantes. Le nombre de membres de l’Église dans la vallée de l’Okanagan triple dans les années 1960, et le pieu de Vernon, en Colombie-Britannique, qui s’étend sur une grande superficie, est créé en 1975. (7:194-95) La vallée de l’Okanagan est bien connue pour ses vergers et, en 1980, le pieu, sous la direction de la Première Présidence, acquiert et entretient un verger pour des services d’entraide destinés aux membres. Cette initiative connaît un énorme succès et plusieurs membres bénévoles de partout dans la province

viennent tous les ans pour aider à élaguer les arbres et pour récolter et trier les fruits. (7:195)

Peace Country Située sur un plateau élevé de la prairie le long de la rivière de la Paix, au nord-est de la ColombieBritannique, la région de Peace Country attire bien des colons, parmi lesquels des saints des derniers jours, qui s’y établissent. La construction de la route de l’Alaska en 1942 attire plusieurs membres de l’Église dans la région. Une branche de l’Église est organisée à Dawson Creek en 1956, suivie d’une branche à Fort St. John en 1961. Les branches de Dawson Creek et de Fort St. John deviennent des paroisses faisant partie du pieu de Grande-Prairie (Alberta) quand le pieu est créé en 1998, surtout parce qu’elles sont géographiquement très loin de toutes les unités de l’Église en Colombie-Britannique et plus proches de l’Alberta. (7:196-97) La région de Cariboo Bien que le modèle de colonisation dans les régions du centre-nord de la province ressemble à celui du sud, il sera appliqué bien plus tard et beaucoup moins rapidement. Des ouvriers de scieries et des éleveurs, dont certains qui viennent d’Idaho et d’Utah, s’installent dans les régions près de Prince-George dans les années 1950 et 1960, ce qui y augmente le nombre de membres de l’Église, surtout dans les régions de Burns Lake et de Vanderhoof. Après de nombreuses années de croissance dans la région, le pieu de Prince-George y est organisé en 1992. Ce pieu figure parmi les plus grands de l’Église en matière de superficie géographique et comprend les communautés du sud, Quesnel, Williams Lake et 100 Mile House. D’autres branches sont organisées à l’ouest du pieu de Prince-George  – Prince-Rupert, Terrace, Smithers et Kitimat, près de la côte, et les îles de Haida Gwaii. Ces branches font partie du district de Terrace. 41


Il existe bien des histoires intéressantes à raconter sur les robustes pionniers qui colonisent cette région à la fois accidentée et isolée de la province et y établissent l’Église. Parmi ces nombreux exemples se trouvent Orin et Mabel Gulbranson et leurs huit enfants qui, en 1962, quittent leur domicile du Minnesota et voyagent jusqu’en Utah dans des chariots couverts tirés par des chevaux. En 1966, la famille déménage vers le nord, jusqu’à Vanderhoof, en ColombieBritannique, à la recherche de meilleures perspectives économiques. Cette fois, par contre, ils voyagent en camion et, grâce à leurs efforts et à leur exemple, l’Église connaît une forte présence dans la communauté. (7:197-200) Facteurs de croissance La Colombie-Britannique attire beaucoup de monde à cause de ses splendeurs naturelles, de son climat tempéré, surtout dans les régions du sud, et de ses ressources économiques considérables. L’ œuvre missionnaire à la fois vigoureuse et soutenue continue pendant de nombreuses décennies, sous la direction des missions successives, ce qui mène à la création de la Mission canadienne de Vancouver en 1974 (voir les cartes présentées au chapitre 4). Outre l’afflux important de gens et l’œuvre missionnaire ardue et soutenue, d’autres facteurs importants jouent un rôle clé dans la croissance de l’Église en ColombieBritannique. Des enseignants du Département d’éducation de l’Église jouent un rôle essentiel dans l’enseignement et le soutien aux nouveaux dirigeants et membres. Des groupes de divertissement qui voyagent de l’Utah et d’Idaho vers le nord présentent la culture et l’héritage de l’Église aux membres, ce qui encourage surtout les jeunes à servir une mission et à être scolarisés dans les écoles dirigées par l’Église. (7:201-03)

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Les efforts individuels des membres pour la construction des églises locales créent des liens profonds entre eux et les préparent à offrir un service encore plus précieux. Des bâtiments construits au complet sont alors au cœur de la vie sociale, culturelle et spirituelle des membres. Des activités de paroisse et de branche, notamment des dîners, des bals, des productions dramatiques, des activités sportives, des conférences inspirantes et des conférences destinées aux jeunes et aux personnes âgées, sont conçues pour accueillir les amis et les voisins dans les bâtiments et leur présenter l’Évangile de Jésus-Christ. Des programmes du séminaire et de la Primaire pour les jeunes, et les Semaines de l’éducation pour adultes, qui mettent en vedette des conférenciers du Département d’éducation de l’Église, améliorent leur compréhension de l’Évangile. Les centres d’histoire familiale encouragent et facilitent cette œuvre importante, aussi bien pour les membres que pour les non-membres. Les membres de l’Église organisent régulièrement des collectes d’aliments qui permettent l’approvisionnement des banques alimentaires locales, afin de mieux servir la collectivité. (7:201-05) À partir de 1990, la vallée du bas Fraser accueille un nombre grandissant d’immigrés, notamment de la Chine, de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud, et l’Église organise en conséquence des paroisses et des branches pour les membres chinois, coréens et hispanophones. Ces membres apportent toute une richesse culturelle et encore d’autres convertis, créant une nouvelle expérience pour l’Église dans la région. Pour célébrer cette diversité culturelle croissante dans la région de Vancouver, les trois pieux de la vallée du bas Fraser organisent, en 2007, une production de grande envergure pour le grand public. « Le monde entier, tous les peuples » met en vedette de la musique originale, de la danse et des costumes aux couleurs vives pour souligner chacune des communautés ethniques. Ce spectacle est présenté trois soirées consécutives au théâtre historique Massey, à New Westminster, et est largement acclamé, tant par les membres de l’Église que par le grand public. (7:205-06)

Les scouts de Burnaby au jamboree de Farragut, en Idaho, en 1966. La participation au programme de scouts est une composante importante du programme des Jeunes Gens de l’Église dans la province. Sur cette photo, les scouts partagent des aspects de la culture autochtone de la Colombie-Britannique avec leurs compagnons américains. (Collection d’Edna Penn)

Le magnifique temple de Vancouver, en Colombie-Britannique, septième temple au Canada, est consacré en 2010 par le président Thomas S. Monson. (Richard Yates)

L'église des saints des derniers jours à Fort St. James est, au départ, un magasin de la Compagnie de la Baie d’Hudson, mais elle est vendue un peu plus tard pour construire une église à Vanderhoof. (Jane Chromarty)


Conclusion L’Église en Colombie-Britannique est passée de quelques membres au début du 20e siècle à 30  000  en 2016. La croissance extraordinaire de l’Église dans la province est due aux membres venus d’ailleurs dans le monde qui émigrent en Colombie-Britannique, qui édifient l’Église dans de nombreuses collectivités et qui créent une base permettant aux missionnaires d’accentuer leurs efforts. Au fil des ans, un nombre impressionnant de baptêmes et d’autres transformations fortifient l’Église dans la région. En 2016, il y a huit pieux, un district, et de nombreuses églises à travers la province. Le magnifique temple de Vancouver, en Colombie-Britannique, marque le début d’une nouvelle ère de maturité et de progrès pour l’Église dans cette province. (7:206-09)

Le temple de Vancouver, en Colombie-Britannique Avant la consécration du temple de Seattle en 1980, les membres de l’Église voyagent des centaines de kilomètres pour se rendre à Cardston, en Alberta, afin de recevoir les bénédictions du temple. Le temple de Seattle est bien plus proche pour plusieurs saints en ColombieBritannique, mais un grand nombre de nouveaux immigrés éprouvent des difficultés à traverser la frontière pour se rendre au temple. Les dirigeants de l’Église en Colombie-Britannique rêvent de voir un temple construit un jour dans leur province. La patience et la persévérance des dirigeants et des membres portent des fruits quand, en 2006, la construction d’un temple à Vancouver est annoncée. (7:195-96, 206) En 2010, un magnifique temple est construit et consacré à Langley, dans la banlieue de Vancouver. Lors de son ouverture, 1 200 jeunes participent aux célébrations pour souligner les nobles efforts des pionniers qui établissent l’Église en Colombie-Britannique et de tous les membres dévoués qui sacrifient leur énergie, leurs talents et leur vie pour édifier Sion dans leur précieuse province.

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La colonie de Cardston, établie en 1887, est agrandie par l’arrivée d’autres colons dans la région pour irriguer les terres. Mais la production agricole ne soutient pas longtemps la population qui est en plein essor dans la région. Des groupes successifs de saints des derniers jours vont migrer vers le nord et s’installer dans les centres urbains – Lethbridge, Calgary et Edmonton – dans des régions plus au nord, en Alberta, et dans d’autres villes canadiennes. Toutefois, le sud de l’Alberta reste un lieu où l’Église au Canada demeure à la fois solide et dynamique. En 1923, le temple de Cardston, en Alberta, est consacré et devient alors le centre de convergence spirituel pour la communauté des saints du sud de l’Alberta. Cette région qui a trois pieux à cette époque en comprend dix en 2015. 44


Une mission continue Darrel Nelson

Le présent chapitre examine la croissance et l’édification de l’Église dans le sud de l’Alberta depuis la consécration du temple de Cardston (Alberta) en 1923. Ce chapitre examine les conditions économiques et mondiales qui ont une incidence sur l’Église dans la région et définit les bénédictions spirituelles des membres qui sont fortifiés par la présence du temple dans leur communauté, malgré les épreuves auxquelles ils doivent faire face. Le temple de Cardston (Alberta) représente un symbole durable pour les membres de l’Église dans cette région et devient aussi un facteur important dans l’évolution de la communauté multigénérationnelle de saints des derniers jours du sud de l’Alberta. Ce noyau solide contribue de façon importante à la croissance de l’Église au Canada. (8:211-12) L’Église dans le sud de l’Alberta dans les années 1920 et 1930 Les saints des derniers jours sont au cœur de la population dans de nombreuses collectivités du sud de l’Alberta, mais l’histoire de l’Église dans la région est intégrée à celle de la population générale. Les membres de l’Église, tout comme leurs voisins ne faisant pas partie de leur foi, connaissent tous des défis et des épreuves dans tous les aspects de la vie quotidienne pendant les premières années de colonisation, et même pendant les années 1920 et 1930. (8:212) Parmi les plus grands défis figurent les efforts soutenus pour arroser les sols semi-arides de la région. Ces mêmes sols sont déjà jugés trop arides pour la production agricole. L’une des contributions importantes des mormons au Canada est l’introduction de l’irrigation dans le sud de l’Alberta à la fin des années 1890. Selon la loi adoptée par le gouvernement de l’Alberta en 1914, les agriculteurs se réunissent dans les coopératives locales, créent des districts d’irrigation, achètent des systèmes d’irrigation de la compagnie ferroviaire et adaptent et rallongent ces systèmes pour mieux répondre à leurs besoins agricoles. Le district d’irrigation du sud est créé

en 1919. En 1936, il existe huit districts d’irrigation dans la région et, en 2016, il en existe treize dans le sud de l’Alberta, et encore plusieurs projets d’irrigation privés, répandus sur plus de 600 000  hectares (près de 1,5 million d’acres) de terres agricoles productives. Afin d’assurer l’approvisionnement en eau pendant les années les plus sèches, les réservoirs de St. Mary, de Jensen et de Milk River Ridge sont construits dans les années 1950, en grande partie grâce au financement provenant des ordres supérieurs de gouvernement. (8:212-13) L’ absence d’humidité pendant les années de sécheresse que l’on connaît très souvent dans les années 1920 et 1930 pousse les membres qui habitent sur des terres agricoles arides à jeûner et à prier souvent, et ils sont souvent bénis par des pluies. Les agriculteurs profitent souvent des conseils inspirés d’Edward James Wood, qui est le président du pieu de l’Alberta entre 1903 et 1944 et le président du temple de Cardston (Alberta) entre 1923 et 1948. Wood conseille souvent les agriculteurs sur la meilleure saison pour cultiver leurs terres et prophétise l’arrivée des pluies. En 1936, pendant une grave sécheresse, Wood promet que, si les saints sont fermement ancrés dans la foi, ils connaîtront une récolte miraculeuse. Malheureusement, la sécheresse se poursuit et il ne pleut toujours pas. Quelques saints commencent à douter des paroles prophétiques de Wood. Mais, au moment de la récolte, les épis sont remplis de bons grains et les agriculteurs font miraculeusement une bonne moisson. La seule explication est que les journées avaient été chaudes et les nuits fraîches, causant une forte rosée qui avait permis aux cultures de retenir suffisamment d’humidité. (8:213-14, 217) L’irrigation ouvre la voie à une plus vaste colonisation dans le sud de l’Alberta, et cela donne lieu à une croissance remarquable de l’Église dans les régions autrement sauvages. Au fur et à mesure que les saints des derniers jours faisant partie des premières colonies se

Darrel Nelson, résident de Raymond, en Alberta, a travaillé pendant 37 ans dans les écoles primaires et secondaires, où il a enseigné toutes les matières. Outre sa carrière en enseignement, il est l’auteur de plusieurs œuvres, notamment des articles, des pièces, et de la musique. Il est également auteur de trois romans célèbres.

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Malgré leurs débuts modestes il y a plus d’un siècle, quand les mormons essaient d’irriguer la terre pour la première fois dans la région de Cardston, les projets d’irrigation s’ étendent sur plus de 600 000 hectares de terres agricoles productives en Alberta en 2015. La plupart de ces terres se trouvent dans les treize districts d’irrigation du sud de l’Alberta.

br 1961-1965

co 1901 br 1904 pa 1910-1966

br 1924-1953

p pi

District d’irrigation St. Mary River 1954

District d’irrigation St. Mary River 1900

pi

Mountain View

déplacent vers le nord au début du 20e siècle, de nouvelles communautés mormones sont établies dans le sud de l’Alberta. Quelques-unes d’entre elles se retrouvent sur les terres occupées par les districts d’irrigation; d’autres sont situées sur des terrains non irrigués. Dans les années 1920 et 1930, ce mouvement mène à la création de nouvelles paroisses et branches dans trois des pieux de Sion de la région  – Alberta, Taylor et Lethbridge. Mais une période de sécheresse prolongée durant la crise économique des années 1930 entraîne la perte de quelques-unes de ces communautés colonisées sur les terres arides, notamment Frankburg et Starline. Les communautés établies sur les terres irriguées survivent à cette période difficile. (8:212-14)

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km mi

L’urbanisation commence également à influencer la croissance de l’Église avant la Deuxième Guerre mondiale. En 1930, 67 % de la population de l’Alberta habite dans les régions rurales; l’autre 33 %, dans les villes. En 1970, c’est plutôt l’inverse : 80 % de la population se retrouve dans les villes tandis que 20 % seulement habitent toujours dans les régions rurales. Cette redistribution de la population, attribuée aux communications et à l’amélioration des transports, ainsi qu’à la mécanisation de l’industrie agricole, élimine les étroits réseaux de collectivités locales et a, par conséquent, une forte incidence sur l’Église, comme sur les petites entreprises qui ont tendance à se regrouper dans les grands centres urbains. (8:214-15) Pendant la crise économique et les périodes de sécheresse prolongées des années 1930, les agriculteurs des régions irriguées réussissent relativement bien comparativement à ceux des régions non irriguées. L’Église peut alors organiser des projets d’entraide pour aider les nécessiteux. En 1934, des membres du pieu de Lethbridge, aidés de leurs voisins non membres de l’Église, préparent et envoient deux wagons de marchandises remplis de denrées alimentaires dans le sud de la Saskatchewan, qui connaît de sévères périodes de sécheresse. Pendant cette période, la dîme est

Le Monument de guerre de Lethbridge, qui représente tous les monuments de la guerre du sud de l’ Alberta, est construit au départ à la mémoire des 157 hommes de Lethbridge et des environs qui meurent pendant la Première Guerre mondiale. Ce monument, érigé en 1931, porte aujourd’hui les noms de ceux qui sont morts pendant la Deuxième Guerre mondiale, la guerre de Corée et les opérations de maintien de la paix modernes.

Asael Palmer se spécialise en terres arides. Pendant qu’il travaille à la ferme expérimentale de Lethbridge, il réalise des expériences et met au point des méthodes agricoles très efficaces qui minimisent l’ érosion des sols, tout en tirant profit de l’ eau alors disponible. Les techniques qu’il conçoit sont adoptées à grande échelle par les agriculteurs et figurent parmi les contributions importantes du secteur agricole au Canada. Palmer est également président du pieu de Lethbridge pendant plus de vingt ans. (Galt Museum)


souvent payée en nature, car l’argent se fait rare. Les marchandises recueillies, notamment le lait, les œufs, les poulets, les céréales et le foin, sont ensuite distribuées par les évêques à ceux et celles dans le besoin. (8:219-20)

Les Kootenays et la vallée du Columbia

La Deuxième Guerre mondiale et l’après-guerre, 1939-1970 Les bénévoles de tous les pieux et de toutes les paroisses des collectivités du sud de l’Alberta font des contributions importantes aux efforts de la Seconde Guerre mondiale. Dans le pieu de Lethbridge, en Alberta, par exemple, 399 membres servent dans les forces armées (19 y sont tués en service). Des femmes des branches de la Croix-Rouge consacrent des heures innombrables au service, en cousant et en tricotant des habits pour les hommes et les femmes en service. À titre d’exemple, en 1943, à Raymond, 2 523 articles, y compris de la literie, sont envoyés au siège de la Croix-Rouge. (8:222) Au début de 1942, afin de conserver le caoutchouc, l’essence et l’argent aux fins de la guerre, la Première Présidence envoie aux dirigeants de pieu des instructions précises concernant la réduction des déplacements faits dans les pieux. Les visites du grand conseil sont alors annulées dans les paroisses et les branches éloignées, et cela accroît les responsabilités des dirigeants des paroisses et des branches, qui doivent dorénavant veiller sur les assemblées, afin de mieux répondre aux besoins croissants des membres, surtout de ceux et celles touchés

par le rationnement et le manque de vivres et de biens de première nécessité. L’ œuvre missionnaire est restreinte un peu partout dans le monde parce que de nombreux jeunes hommes servent dans l’armée. Alors, un certain nombre de missionnaires du sud de l’Alberta servant à court terme sont envoyés dans les provinces voisines. (8:222-24) Pendant la guerre, pour des raisons de sécurité nationale, le gouvernement du Canada prend la décision controversée d’expulser de la côte ouest du Canada tous les Canadiens d’origine japonaise. La plupart des provinces du Canada les refusent et des centaines de familles canado-japonaises sont alors installées dans le sud de l’Alberta où elles travaillent dans les champs de betterave à sucre. À la fin de la guerre, un grand nombre de Canado-Japonais décident de rester dans le sud de l’Alberta et, grâce à leurs associations avec les saints des derniers jours de la région, plusieurs d’entre eux deviennent membres de l’Église. (8:224-25) En 1950, il y a quatre paroisses à Cardston et à Raymond, et deux paroisses à Magrath, à Lethbridge et à Calgary. Le pieu de Lethbridge de l’est de l’Alberta est créé en octobre 1951 et Grant G. Woolley est appelé comme premier président de pieu. Ce pieu est malheureusement démantelé deux ans plus tard quand le pieu de Calgary (Alberta) est créé. Ce dernier comprend alors plusieurs des unités du nord. Neuf ans plus tard, en septembre 1960, le pieu de Taber (Alberta) est créé et Ray B. Evanson est appelé comme président de pieu. À la fin des années 1960, il y a six paroisses à Lethbridge, cinq à Cardston, quatre à Raymond, deux à Magrath et deux à Taber. D’autres paroisses et branches sont créées dans le sud de l’Alberta, de Crowsnest Pass à l’ouest, jusqu’à Medicine Hat à l’est, et de Rosemary et Claresholm au nord, jusqu’à Coutts au sud. (8:225-26) L’Église dans le sud de l’Alberta, 1970-2015 La croissance soutenue de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours dans le sud de l’Alberta entre 1970 et 2015 conduit à la création de plusieurs nouvelles paroisses et de nouveaux pieux. Le pieu de Lethbridge (Alberta), créé au départ en 1951 mais dissous deux ans plus tard, est réorganisé en novembre 1974. Bryce C. Stringham y est appelé comme président de pieu. Ensuite, en 1980, le pieu de Magrath (Alberta) est créé, et James D. Bridge en devient président. Le pieu de Cardston (ouest de l’Alberta) est organisé en novembre 1983; Brent L. Nielson le préside. Le pieu de Fort Macleod (Alberta) voit le jour en septembre 1985; Heber J. Beazer devient le président de pieu. Le pieu de Medicine Hat (Alberta) est formé en novembre 1994, et Robert A. Gehmlich en est le président. Enfin, le pieu de Lethbridge Ouest est organisé en octobre 1997; David P. Koegler est appelé comme président de pieu. En 2015, il y a dix pieux dans le 47


sud de l’Alberta, qui comprennent en tout 79 paroisses et branches. (8:227-30) Depuis l’arrivée des saints dans le sud de l’Alberta, les Autochtones sont reconnus comme faisant partie du «  peuple d’Israël dispersé ». L’ œuvre missionnaire commence parmi eux peu après l’arrivée des saints dans la région, mais de façon sporadique jusqu’en 1949, quand l’Église déploie des efforts plus concertés. Les membres autochtones font partie de la quatrième paroisse de Cardston au départ, mais puisqu’ils deviennent de plus en plus nombreux, en 1964, la branche de Kainai est créée. James Blackmore est appelé comme président de la branche. En 2015, la branche accueille 95  membres. (8:230-31) À partir de 1988, quand le temple de Cardston (Alberta) ferme pendant trois ans pour des rénovations importantes, les saints des derniers jours du sud de l’Alberta se rendent au temple d’Idaho Falls. En faisant ce long voyage vers le sud, les membres se rappellent qu’ils sont bénis d’avoir un temple dans leur coin du monde depuis 1923. Quand les travaux sont terminés en 1991, plus de 100  000  personnes, dont les deux tiers ne sont pas membres de l’Église, assistent aux portes ouvertes avant la reconsécration du temple. En septembre 1995, le temple est désigné comme lieu historique national pour son architecture et pour son importance à l’échelle nationale. (8:231-32) Le séminaire, des classes d’études religieuses hebdomadaires pour les élèves du secondaire, est instauré dans le pieu de Taylor en 1944 et, entre 1944 et 1950, les classes du séminaire sont introduites dans d’autres regroupements de saints des derniers jours. Le programme de l’institut de religion, un programme d’études religieuses offert aux étudiants universitaires durant la semaine, commence à Lethbridge en 1958.

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La première paroisse pour jeunes adultes seuls du sud de l’Alberta est organisée à Lethbridge en 1969 afin d’offrir un environnement religieux favorisant les interactions sociales. En 2015, il y a six paroisses pour jeunes adultes seuls à Lethbridge, une autre à Cardston, et une branche à Medicine Hat. Lethbridge, comme Calgary et Edmonton, devient alors un lieu de rencontre pour les jeunes d’un peu partout dans le pays. (8:233-34).

L’Église a toujours pour mandat de répondre aux besoins à la fois temporels et spirituels de ses membres. Dans le sud de l’Alberta, l’Église achète des exploitations agricoles pour le programme d’entraide. Des membres y travaillent bénévolement pour planter, arroser et récolter le blé, notamment. En 2015, l’Église possède sept exploitations destinées à l’entraide dans le sud de l’Alberta. L’un des cinq magasins de l’évêque au Canada se trouve à Lethbridge. Les services d’entraide de l’Église se développent au fil du temps et comprennent maintenant les services familiaux, le soutien en matière de santé mentale, les centres de ressources en emploi et le programme de traitement de la dépendance. En 2015, ces ressources sont installées à Lethbridge, dans le bureau du sud de l’Alberta. (8:234-35) Depuis des décennies, plusieurs Autorités générales et d’autres officiers généraux de l’Église viennent du sud de l’Alberta. Dans les années 1960, Hugh B. Brown et N. Eldon Tanner sont conseillers du président David O. McKay, dans la Première Présidence. Le président Tanner est, à son tour, conseiller de trois autres présidents de l’Église. Parmi d’autres dirigeants de l’Église, notons Victor L. Brown, évêque président; Ardeth Kapp, présidente générale des Jeunes

Après la fermeture du temple de Cardston (Alberta) durant trois ans pour des rénovations importantes, environ 25 000  membres de l’Église assistent aux douze sessions de reconsécration du temple entre le 22 et le 24 juin 1991. (Mike Cannon, Church News)

La réserve indienne de Kainai no 148, près de Cardston, est la plus grande réserve du Canada et la deuxième en nombre d’habitants. Brent L. Lybbert, président du pieu de Cardston, croit que ce n’est pas par hasard que Cardston est contiguë à la réserve. L’ œuvre missionnaire y progresse et, en 2015, la branche de Kainai accueille 95  membres. (Darrel Nelson)

Les Takeyasu, une famille japonaise, travaille dans les champs à tailler les betteraves à sucre, près de Picture Butte. Ils sourient sur cette photo, mais ils passent de très longues heures dans les champs à faire un travail ardu. Grâce au fait que les membres de l’Église dans la région les acceptent et les respectent, un grand nombre d’entre eux décident de rester dans le sud de l’Alberta et d’y élever leur famille. (Galt Museum)


Filles; Elaine Jack, présidente générale de la Société de Secours; et au moins neuf membres ayant servi à titre de soixante-dix. Ces dirigeants viennent tous des régions du sud de l’Alberta. D’autres servent dans des postes importants au sein du gouvernement municipal, à l’Assemblée législative de l’Alberta et à la Chambre des communes au Canada. (8:235-37) Conclusion L’histoire entière de l’Église dans le sud de l’Alberta est caractérisée par des membres dévoués dont le témoignage est bien enraciné et qui sont fidèles à l’Église. Le temple devient l’axe principal sur lequel se base la vie spirituelle des membres, le symbole de leur dévouement à l’Évangile de Jésus-Christ et une force puissante pour la perpétuation des familles intergénérationnelles dans l’Église. Malgré les périodes économiques parfois instables et les changements démographiques où les familles déménagent vers les grandes villes, le sud de l’Alberta est non seulement un bastion puissant qui fait grandir l’Église au Canada, mais aussi une région qui a fourni une source abondante de dirigeants ecclésiastiques et civils. L’influence puissante du temple et l’intégration étroite de la foi, de la famille et de la communauté ont été essentielles pour permettre aux communautés de saints des derniers jours du sud de l’Alberta d’accomplir leur mission continue. (8:241) 49


À la fin de 2015, Calgary, avec ses sept pieux, possède plus de pieux que toute autre ville au Canada. Malgré les difficultés et les défis que connaissent les premières familles de saints des derniers jours après leur arrivée dans la province en 1910, l’Église y connaît une croissance remarquable depuis la création du premier pieu en 1953. Un magnifique temple de taille moyenne y est consacré en 2012 afin de mieux servir les membres de cette métropole en pleine croissance ainsi que de la région environnante.

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Linda S. Davis

Les débuts de l’Église dans la région de Calgary Située à 80 kilomètres à l’est des Rocheuses, la ville de Calgary est colonisée en 1875, mais sous le nom de Fort Brisebois, lorsque la Troupe F de la Police montée du Nord-Ouest établit un poste au croisement des rivières Bow et Elbow. Le Canadien Pacifique fixe les limites de la ville de Calgary à l’ouest de la rivière Elbow et au sud de la rivière Bow en 1883. Lorsqu’elle est incorporée en 1885, Calgary est «  un centre ferroviaire en pleine croissance qui est entouré d’une bande de prairies vallonnées aux sols très riches  ». Les premiers saints des derniers jours à se rendre à Calgary – Charles Ora Card, J. W. Hendricks et Isaac E. D. Zundel – y arrivent le 15  octobre 1886. Pendant les années suivantes, Card et d’autres mormons vont à Calgary mais, comme tous les membres de l’Église à cette époque, ils voient Calgary comme un endroit pour faire du commerce, pas un endroit où vivre. (9:243-44) Deux branches sont créées dans les premières années du 20e  siècle pour desservir les familles d’agriculteurs dispersées dans les communautés situées au sud et à l’est de Calgary. Le 10 juillet 1904, Edward J. Wood, président du pieu d’Alberta, organise une paroisse à Frankburg, à 90  kilomètres au sud-est de Calgary. Il s’agit de la première unité de l’Église dans cette région. Quatre ans plus tard, en date du 23  août 1908, le président Wood crée une branche à Gleichen, située à 88 kilomètres à l’est de Calgary. (9:244) Entre-temps, en 1905, le président Wood appelle deux hommes – John Carter Robbins et Charles White Hinman  – à servir une mission à Calgary. Il appelle également cette année-là Phillip Sheffield à s’inscrire à l’École normale de Calgary, une école nouvellement créée, afin de se préparer à enseigner. Durant les années suivantes, presque tous les enseignants saints des derniers jours du sud de l’Alberta fréquentent cette école, notamment N. Eldon Tanner (qui deviendra plus tard le

premier président du pieu de Calgary, apôtre et membre de la Première Présidence) et sa future épouse, Sara Merrill. (9:244) Les premiers membres de l’Église qui demeurent en permanence à Calgary sont John H. Sheppard, son épouse, Florence, et leurs trois jeunes enfants – des immigrants venus d’Angleterre – qui n’arrivent à Calgary qu’en mai 1910. Harold et Rose Christensen, et l’un de leurs fils adolescents, arrivent à Calgary cette année-là de Twin Butte, en Alberta. L’année suivante, en 1911, leur fils Lyde et son épouse Sadie y emménagent. Leur fils Harold est probablement le premier enfant né dans une famille sainte des derniers jours à Calgary. D’autres familles mormones arrivent dans la région peu après, surtout pour profiter d’une économie en plein essor à Calgary. Le 10  mars 1913, à Eagle Hall, la branche de Calgary est organisée comme branche dépendante de la première  paroisse de Cardston, et Zebulon W. Jacobs y sert à titre d’ancien présidant. Cinq familles forment le cœur de la branche et la première réunion régulière a lieu le 30 mars 1913, à Nolan’s Hall. (9:243-45, 274) Première Guerre mondiale Pendant la Première Guerre mondiale, les efforts de guerre touchent tout le monde. Beaucoup de membres de la branche sont en transit. L’agriculture prospère et plusieurs familles retournent dans les collectivités rurales pour y cultiver la terre. Certains hommes s’enrôlent dans l’armée. Une croissance soutenue dans la branche devient très difficile à maintenir. En fait, le nombre de membres diminue et la branche ne peut plus se permettre de louer une salle. On tient alors les réunions chez les membres. Il arrive même que les réunions soient annulées pendant une courte période. Après la guerre, par contre, les hommes reviennent dans la région et on tient alors de nouveau des réunions, d’abord à Sandstone Hall, et plus tard à Nolan’s Hall et même à l’École de commerce Garbutt. (9:246-47)

Linda S. Davis est née à Calgary où elle demeure pendant une grande partie de sa vie, et où elle est enseignante, bibliothécaire-enseignante et directrice d’école du Conseil scolaire de Calgary. Elle préside le comité historique pour la consécration du temple de Calgary, en Alberta.

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Le 10 novembre 1921, l’apôtre Rudger Clawson organise le pieu de Lethbridge, et Hugh B. Brown est appelé comme président de pieu. Le même jour, la première branche indépendante à Calgary est organisée et compte 149 membres. Elle fait partie du pieu de Lethbridge. Berg Ellingson est soutenu comme président de branche le 27  novembre. En 1922, la branche de Calgary achète, pour 6  000  $, l’ancienne église méthodiste située au 819, 13th  Avenue SW. C’est un vieil immeuble, mais les saints y font des réparations et le peinturent. La première réunion dans leur propre bâtiment se tient le 20  mai 1923. Le temple de Cardston, en Alberta, est consacré entre le 26  et le 29  août 1923. Le journal Calgary Albertan mentionne que 50  membres de Calgary assistent à la réunion du 20 mai. (9:246-48)

La paroisse de Calgary La première paroisse de Calgary est organisée le 12 août 1923 et fait partie du pieu de Lethbridge. Berg Ellingson est ordonné comme évêque de la nouvelle paroisse deux semaines plus tard, soit le 26 août 1923, par Heber J. Grant, qui se rend à Cardston lors de la consécration du temple. En 1924, la branche de Gleichen est dissoute et les membres qui y restaient font dorénavant partie de la paroisse de Calgary. (9:248) 52

Berg Ellingson, l’un des premiers dirigeants importants de la région, bien connu pour sa voix extraordinaire, devient président de la branche de Calgary (1921-1923) et est appelé premier évêque de la paroisse de Calgary (1923-1928). (Michael Clark)

La Grande Dépression La crise économique, qui a lieu entre 1929 et 1939, est une période très difficile pour tout le monde, parce qu’il y a en même temps une période de sécheresse prolongée qui dure pendant bien des années. Il existe à Frankburg une paroisse en pleine croissance composée de 400 membres, mais à cause de la sécheresse et de l’endettement important des agriculteurs, il reste seulement trois familles qui préservent leur exploitation agricole et qui restent alors dans la région. Les autres familles sont obligées de partir, et la paroisse est alors dissoute. Il y a de nombreux chômeurs à Calgary à cette époque, et ceux et celles qui travaillent toujours connaissent une réduction importante de leur salaire. Malgré les difficultés économiques, l’Église continue à croître. À la fin de 1932, il y a 372 membres de l’Église dans la branche. (9:250-52) Heber J. Grant, président de l’Église, et sa femme, Augusta, se rendent à Calgary le 20  août 1936. Au cours d’une réunion spéciale, il dit que « [Calgary] deviendra un jour une grande ville et qu’il est temps […] d’y construire une nouvelle chapelle  ». Les membres de l’Église répondent avec une grande foi, malgré les difficultés économiques durant la Crise. Ils font des collectes de fonds grâce à des comptoirs de vente d’aliments au Stampede de Calgary et récupèrent des matériaux de construction de l’église de Frankburg (maintenant abandonnée). Ils fournissent la majorité de la main-d’œuvre lors de la construction du nouveau bâtiment. Travailler ensemble et faire des sacrifices pour une cause commune

Lors d’un voyage en Amérique du Nord en 1939, le roi George VI, le souverain britannique, et sa femme, la reine Elizabeth, se rendent à Calgary (le 26 mai 1939). Sur cette photo, le couple royal passe en voiture devant le bâtiment des saints des derniers jours, situé sur la rue Crescent. (pieu de Calgary Ouest)

John et Florence Sheppard et leurs trois enfants arrivent à Calgary en 1910 et deviennent la première famille à y demeurer en permanence. John sera plus tard le président de la branche de Calgary, entre 1914 et 1920, puis l’évêque entre 1928 et 1939. (Famille Sheppard)


a fortifié les membres et les a rapprochés les uns des autres. En juin 1940, après la construction de la nouvelle église, située sur la rue Crescent, et maintenant complètement payée, David O. McKay, deuxième conseiller dans la Première Présidence, se rend à Calgary pour la consacrer. (9:250-55)

La Deuxième Guerre mondiale et l’après-guerre Durant la Deuxième Guerre mondiale, beaucoup de modifications sont nécessaires dans l’Église. La Première Présidence demande aux dirigeants de l’Église de limiter leurs visites aux branches et aux paroisses éloignées, surtout parce qu’on manque de ressources. Elle demande également à la Société de Secours de rendre plus de services que d’habitude afin de mieux soutenir les familles de ceux et celles dont le mari ou le père est au combat. Les sœurs confectionnent aussi des vêtements dans le cadre de l’effort de guerre. Outre les effets directs de la guerre, les activités dans l’Église sont également perturbées par une épidémie de poliomyélite à l’automne 1941. Tous les jeunes âgés de dix-sept ans et moins n’ont plus le droit d’assister aux réunions publiques, et notamment aux réunions de l’Église. En octobre et novembre 1945, après la fin de la guerre, la paroisse de Calgary, comme plusieurs assemblées de saints des derniers jours, envoie des denrées alimentaires et des vêtements aux saints allemands démunis. (9:255-56) Après la guerre, la ville de Calgary et l’Église à Calgary connaissent toutes deux une croissance plus élevée qu’auparavant. La Mission canadienne de l’ouest, créée en 1941, élargit ses frontières en 1942 pour inclure Calgary. Lorsqu’on découvre du pétrole à Leduc en 1947, Calgary se retrouve en pleine expansion. Plusieurs familles saintes des derniers jours et bien d’autres gens s’y installent à la recherche d’un emploi. La population passe de 100 000 en 1946 à 250 000 en 1956. (9:255-58) Les pieux à Calgary Une croissance rapide de l’Église entraîne la création du premier pieu à Calgary. Le 15 novembre 1953, lors d’une

conférence au théâtre Palace, à laquelle assistent 1 464 membres, Harold B. Lee, en compagnie de Mark E. Petersen du Collège des douze, organise le pieu de Calgary. N. Eldon Tanner est appelé comme président du pieu. Le nouveau pieu, composé de 2  474  membres, comprend deux paroisses à Calgary (1 472 membres), et les six paroisses et branches environnantes suivantes : Claresholm (219), Rosemary (434), Stavely (70), Red Deer (136), Brooks (67), et High River (76). La cérémonie de la première pelletée de terre sur le terrain du centre de pieu de Calgary a lieu le 17  avril 1955. Le bâtiment est terminé en 1956, et il est consacré par le président David O. McKay le 16 septembre de cette même année. Près de 2 600 personnes participent à la session de consécration de l’après-midi. (9:258-59) L’Église connaît une croissance rapide pendant plusieurs années à mesure que la population de la ville augmente. Entre 1953 et 2015, une nouvelle paroisse est créée en moyenne chaque année à Calgary. Le deuxième pieu est organisé à Calgary en 1966, et cinq autres pieux y sont formés entre 1979 et 2015. Grâce à des collectes de fonds continues, plusieurs églises y sont construites pour accueillir les nouvelles assemblées (voir la carte au début du chapitre). (9:258-65) Le temple de Calgary Le 4  octobre 2008, pendant la session d’ouverture de la Conférence générale d’octobre, le président Thomas S. Monson annonce la construction d’un troisième temple dans la province de l’Alberta. Ce temple sera construit à Calgary. La cérémonie de la première pelletée de terre sur le terrain du temple a lieu le 15 mai 2010, soit cent ans après l’arrivée de John et Florence Sheppard à Calgary, en provenance de l’Angleterre. À la suite d’une célébration culturelle la veille, à laquelle participent plus de 1  600  jeunes, le temple de Calgary, en Alberta, est consacré le 28  octobre 2012 par le président Thomas S. Monson. Blair et Jane Bennett sont le premier président et la première intendante du temple de Calgary. Le nouveau temple est vu comme la réalisation d’un rêve. Les membres de Calgary n’auront plus jamais besoin de faire deux heures et demie de route pour se rendre au temple de Cardston, en Alberta. (9:270-73) Relations communautaires et service Grâce aux efforts exemplaires des membres dévoués, à des événements communautaires parrainés par l’Église et à plusieurs actes de service, les membres de l’Église de Calgary entretiennent de bonnes relations, quoique inattendues, avec les collectivités de Calgary. N. Eldon Tanner, le premier président de pieu, est bien connu et respecté en tant que chef d’entreprise dynamique et homme intègre. Don MacKay, maire de 53


Calgary entre 1950 et 1959 et membre de l’Église, offre le stetson blanc pour la première fois comme cadeau traditionnel aux dignitaires qui visitent la ville. Le spectacle de la nativité annuel, crèche vivante de Noël en plein air, qui est produit pour la première fois en 1963, attire des milliers de visiteurs chaque année. Des stands d’aliments situés au Stampede de Calgary attirent des clients de la région tous les ans, grâce surtout à la qualité des aliments et aux prix raisonnables. Depuis 1974, on y accueille des représentations annuelles du Messie qui sont parrainées par l’Église et ouvertes gratuitement au grand public. Des collectes de denrées alimentaires annuelles dans la région depuis 1997 impliquent tous les pieux de Calgary. En 2008, la collecte de nourriture de Calgary établit un nouveau record mondial lorsqu’elle amasse 231 000 kilos de denrées alimentaires en une seule journée. Ces événements, parmi d’autres, sont bien organisés, connaissent un grand succès, et sont bien aimés de la collectivité de Calgary. (9:252-53, 258, 264, 267-69). Lorsque les rivières en Alberta inondent leurs berges au printemps de 2013, tout le centre-ville de Calgary et la ville de High River sont entièrement inondés. Nombreux sont les membres de l’Église qui offrent de l’aide dans les efforts de nettoyage. Revêtus de leur dossard jaune « Mains serviables mormones  », ces bénévoles sont 54

dorénavant connus comme « les personnes qui vous aideront à tout faire sans rien obtenir en retour  ». Ils travaillent avec humilité et sans relâche, de jour en jour et pendant de longues heures, pour aider les victimes des inondations qui se sentent découragées et accablées face à une tâche qui leur paraît insurmontable. Les bénévoles mormons s’occupent joyeusement de ceux et celles ayant des besoins physiques, émotionnels ou spirituels. (9:273-74)

Quand le centre de pieu de Calgary est consacré par le président David O. McKay en 1956, la salle de culte est entièrement remplie d’ enfants, comme l’avait demandé le président. Les adultes s’assoient dans le gymnase. À la fin de la réunion, le président McKay et sa femme se tiennent debout et serrent la main de chacun des enfants dans la salle de culte ce jour-là – 510  enfants au total. (Bibliothèque d’histoire de l’Église)

Des saints des derniers jours d’un peu partout en Alberta se rendent à High River pour prêter main-forte dans les efforts gigantesques de nettoyage à la suite des inondations du printemps de 2013. (Ken Brown)


Le temple de Calgary, en Alberta, dont la construction est annoncée en 2008, est consacré en octobre 2012. Construit sur un terrain idéal qui donne sur une vue magnifique de la ville et des montagnes, le temple est une source constante de force pour les membres de l’Église. (Brad Heninger)

Conclusion La population de l’Église de Calgary est composée de trois groupes principaux : des descendants des premiers pionniers saints des derniers jours du sud de l’Alberta, des convertis locaux, et des membres d’autres régions du Canada ou d’ailleurs dans le monde qui vont immigrer à Calgary. Un grand nombre de nouveaux membres dans la région et de convertis récents viennent de l’Amérique

du Sud, de l’Amérique centrale ou de l’Asie, et surtout de la Chine. On constate l’unité entre les membres de l’Église de Calgary lorsqu’ils travaillent ensemble pour se préparer à se rendre au nouveau temple, lorsqu’ils participent aux activités au sein de la communauté et lorsqu’ils sont unis par la foi, par l’humilité, par l’obéissance, et par le service qu’ils rendent aux autres. (9:270-75)

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La croissance de l’Église à Edmonton et dans le nord de l’Alberta est impressionnante. Depuis la première réunion enregistrée à Edmonton en 1933, l’Église connaît une croissance dans la ville et dans le nord de l’Alberta et compte, en 2016, six pieux composés de plus de 20 000  membres. De nombreux rêves sont réalisés lorsque le temple d’Edmonton, en Alberta, est consacré en 1999. (Nota : Un septième pieu s’est ajouté en 2017, après la production de cette carte.)

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Edmonton et le nord de l’Alberta Walter C. Meyer

Les débuts Fondée en 1795 comme poste de traite des fourrures de la Compagnie de la Baie d’Hudson, Edmonton se situe dans une riche région agricole bien dotée en ressources naturelles, notamment en vastes gisements de pétrole. Plaque tournante des transports est-ouest et nord-sud, Edmonton est souvent appelée la « porte d’entrée vers le nord  ». Outre le fait qu’elle est la capitale de l’Alberta depuis la fondation de la province en 1905, la ville d’Edmonton accueille l’Université de l’Alberta (fondée en 1908). La croissance de l’Église est due au départ des étudiants mormons  – qui fréquentent l’Université de l’Alberta, la seule université de la province à l’époque – du sud de l’Alberta. John H. Blackmore, qui devient plus tard le premier saint des derniers jours à être élu à la Chambre des communes canadienne, est le premier étudiant saint des derniers jours à fréquenter l’Université de l’Alberta, entre 1909 et 1913. (10:277-79) Les premiers temps, de petits groupes de saints s’installent dans des régions rurales du nord de l’Alberta. En 1904, un groupe d’environ quarante saints de la région de Rimbey, située au nord de Red Deer, est organisé en une branche du pieu de l’Alberta. Un petit groupe de familles venues exploiter des lots de colonisation arrive d’Iowa en 1907 et s’installe à Leedale, à environ 70 kilomètres au nord-ouest de Red Deer. Sans contact officiel avec l’Église pendant 35  ans, ce groupe de dix-sept membres reste fidèle à sa foi et, en 1942, reçoit la visite de missionnaires. En 1933, un deuxième groupe d’environ soixante colons membres de l’Église arrive à Beaver Crossing, près de 300  kilomètres au nord-est d’Edmonton. Il s’agit de plusieurs familles de saints des derniers jours qui voyagent en chariots couverts afin d’échapper à la sécheresse qu’elles connaissent à Glenwood, en Alberta. La branche de Beaver Crossing, connue plus tard sous le nom de branche de Cherry Grove, est organisée en septembre 1933. (10:278-79)

Bien qu’il y ait eu quelques familles isolées, des membres de l’Assemblée législative et quelques étudiants universitaires qui transitent à Edmonton depuis 1909, la première réunion connue des saints des derniers jours n’a lieu qu’en 1933. Ce petit groupe cesse de se réunir à l’été 1933 quand les étudiants rentrent chez eux, mais les réunions reprennent en automne quand ils reviennent pour le trimestre d’automne. Ils continuent de se réunir par la suite. En novembre 1935, le groupe d’Edmonton devient une branche dépendante de la paroisse de Calgary. Alfred Strate est appelé comme ancien présidant. En 1938, la branche d’Edmonton devient une branche indépendante du pieu de Lethbridge. Alfred Strate en devient le premier président de branche. (10:279-81) Après l’élection d’un gouvernement créditiste en Alberta en 1935, quatre saints des derniers jours, dont Nathan Eldon Tanner et Solon Low, arrivent à Edmonton. Au début, Tanner est président de l’Assemblée législative avant d’être nommé à d’autres postes clés au sein du cabinet. Low devient trésorier de la province. Leurs familles déménagent alors à Edmonton, ce qui constitue un apport important pour la branche d’Edmonton. Ces deux hommes y occupent des postes de dirigeants. Tanner, par exemple, est président de branche entre 1939 et 1952. En 1952, lorsqu’il quitte son poste en politique, il déménage à Calgary. (10:280, 283-84) En juillet 1941, Walter Miller, âgé de trente ans seulement et toujours célibataire, reçoit un appel de la Première Présidence lui demandant de présider la nouvelle Mission canadienne de l’ouest dont le siège est à Edmonton. Il déménage alors à Edmonton en septembre 1941, où il loue une maison et dirige l’œuvre missionnaire. Un an plus tard, en octobre 1942, Miller assiste à la conférence générale à Salt Lake City. Quand il revient, il est accompagné d’Afton, sa jolie épouse qui, à 21 ans, devient la mère de la mission. (10:281-82)

Walter C. Meyer passe une grande partie de sa longue vie à Edmonton et y constate la croissance de l’Église. Il travaille à la Faculté de médecine dentaire de l’Université de l’Alberta pendant plus de trente ans. Il est également un généalogiste diplômé et l’auteur de cinq livres sur la généalogie de sa famille. Il a servi à titre de président de la branche d’Edmonton de la Société généalogique d’Alberta.

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Construction de l’église et du bâtiment de l’institut; mise en œuvre du programme de l’institut L’Église connaît une croissance rapide à Edmonton pendant les années prospères de la guerre et de l’après-guerre, et le nombre de membres passe de 129 en 1940 à 488  en 1949. Cette croissance est due, en grande partie, aux familles qui quittent le sud de l’Alberta et emménagent à Edmonton pour chercher un emploi ou faire des études, mais aussi au nombre élevé de baptêmes parmi la collectivité après la guerre, alors qu’il y a davantage de missionnaires. Les membres de la branche d’Edmonton se réunissent pendant de nombreuses années dans des bâtiments loués et font de nombreuses campagnes de financement. La branche d’Edmonton accueille avec joie la construction de la toute première église mormone de la ville, pour laquelle une grande partie de la main-d’œuvre est fournie par les membres locaux. Le bâtiment, situé sur l’avenue Whyte, est consacré en 1951. (10:284-86) Les dirigeants de l’Église à Edmonton, après avoir remarqué le nombre élevé de jeunes saints des derniers jours étudiant à l’Université de l’Alberta, reconnaissent le besoin d’organiser un institut de religion à Edmonton. Des présidents de mission successifs font une recommandation aux Autorités générales à ce sujet, et N. Eldon Tanner, président de branche, y ajoute son soutien énergique. Il déclare  :  «  L’influence de l’institut dans la vie des jeunes sera classée deuxième, derrière le temple.  » En 1952 a lieu la construction d’un bâtiment voué à l’institut de religion, adjacent au campus de l’université. C’est le premier bâtiment du genre à être construit à 58

l’extérieur des États-Unis. Il connaît un succès immédiat avec des taux élevés d’inscription et d’excellents taux de réussite attribuables à l’engagement des étudiants de l’Église. L’institut a une incidence marquée sur la vie des jeunes saints des derniers jours. Entre 1983 et 2012, quelque 21 000  étudiants s’y inscrivent, parmi lesquels 324  qui ne sont pas membres de l’Église – ce qui démontre l’aspect missionnaire de ce programme. Un grand nombre de couples se forment à l’institut, ce qui entraîne de nombreux mariages au temple. Des professionnels saints des derniers jours, qui ont été instruits selon les principes de l’Évangile à l’institut, représentent une énorme bénédiction, non seulement pour l’Église, mais aussi pour la province, le pays entier et même le reste du monde.  Des enseignants, des comptables, des médecins, des dentistes, des pharmaciens, des avocats, des agriculteurs, des ingénieurs, et bien d’autres professionnels y sont formés. (10:286-89)

En 1959, il y a quatre branches dynamiques à Edmonton, ainsi que d’autres, situées dans un vaste territoire, de Lloydminster, sur la côte est, à Hinton et à Edson, sur la côte ouest. Une branche est créée à Red Deer en 1951. Bref, la région est prête pour la prochaine étape.

N. Eldon et Sara Tanner, avec leurs cinq filles. Cette photo est prise vers 1935, avant leur emménagement à Edmonton. (Thomas E. Walker) Deux sœurs jumelles – Dorlene et Donabelle Blades – baptisées en 1945 à Red Deer, sont les premières converties. (Pieu de Red Deer)

Walter Miller, au premier rang, deuxième à gauche, à côté de sa femme, Afton, entouré de quelques missionnaires. Miller est le premier président de la Mission canadienne de l’ouest. Cette photo a été prise entre 1942 et 1944. (Pieu de Bonnie Doon, à Edmonton)

La fabrication de chocolats, instaurée à Edmonton en 1951 par Hattie Jensen, est une activité de collecte de fonds qui connaît un grand succès parmi les membres de la région d’Edmonton pendant de nombreuses années. Cela exige un travail d’ équipe extraordinaire et des compétences spécialisées, particulièrement pour le roulage et le trempage des chocolats. (Walter Meyer)


bâtiment a été réunie grâce à la fabrication de chocolats. (10:286, 289-91) Durant les premières années à Edmonton, l’Église accueille souvent des festivals et des célébrations culturelles. On y présente souvent des spectacles et des comédies musicales, notamment une opérette de Gilbert et Sullivan en 1948 et, plus tard, Fiddler on the Roof, Joseph and the Amazing Technicolor Dreamcoat, et Scrooge, the Musical. Des concerts et d’autres événements culturels, qui soulignent le côté talentueux des saints des derniers jours, contribuent à enrichir la collectivité d’Edmonton, tout en y donnant une image publique très positive de l’Église. (10:299-300) Après la création du pieu d’Edmonton en 1960, l’Église continue à connaître une croissance soutenue. De nombreux changements administratifs mènent à la création de nouvelles paroisses et branches et à la construction d’autres églises. La Mission canadienne d’Edmonton y est créée en 1998; des centres d’histoire familiale y sont établis; une ferme destinée à l’entraide est achetée, et une conserverie est construite pour répondre aux besoins temporels des saints. Le pieu d’Edmonton, en Alberta, est divisé en 1974 et, depuis 2017, il y a cinq pieux à Edmonton. (10:294-95, 298-99, 301, 305)

Le premier pieu En novembre 1960, Richard L. Evans du Collège des douze, accompagné de N. Eldon Tanner, assistant des douze qui, huit ans plus tôt, présidait la branche d’Edmonton, crée le pieu d’Edmonton. Le nouveau pieu comprend quatre paroisses familiales et une paroisse d’étudiants à Edmonton, ainsi que la branche de Red Deer. LeRoy Rollins devient le président du nouveau pieu d’Edmonton. Heber Jensen, qui est le président du district d’Edmonton depuis 1953, devient le premier patriarche du nouveau pieu. Le centre de pieu d’Edmonton est consacré en 1962. Une part importante des fonds amassés pour la construction du nouveau

Création d’autres pieux dans le nord de l’Alberta L’Église connaît une croissance non seulement à Edmonton, mais aussi dans les collectivités de la région. Dans le sud d’Edmonton, par exemple, après la création de la branche à Red Deer en 1951, d’autres branches sont créées dans la région entre Edmonton et Calgary et, en 1975, la région est organisée en district : le district de Red Deer. En 1982, le pieu de Red Deer (Alberta) est créé. (10:290, 296-98) En 1948, une branche est créée à Grande-Prairie, située dans la région de Peace River, au nord-ouest d’Edmonton. En 1963, le district de Peace River est organisé. Il comprend les branches de Grande-Prairie et de North Star, et les branches de Dawson Creek et de Fort St. John, situées au nord-est de la ColombieBritannique. Le district devient, en temps opportun, soit en 1998, le pieu de Grande-Prairie.

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Aider les autres pendant les périodes difficiles Les membres de l’Église du nord de l’Alberta ont toujours pris soin des gens dans le besoin. Le 15 mai 2011, un incendie ravage la ville de Slave Lake, à 250  kilomètres au nord d’Edmonton, ce qui force l’évacuation des 7  000  habitants. Plusieurs maisons et bâtiments publics, y compris l’église de la branche de Slave Lake, sont détruits. Quelques membres de l’Église qui doivent évacuer sont logés dans l’église de la branche d’Athabasca, à 100  kilomètres au sud-est. Les membres du pieu de Riverbend, à Edmonton, offrent des fournitures et de la nourriture aux membres de l’Église qui sont déplacés par l’incendie et ils donnent des trousses d’hygiène à la collectivité. En 2016, soit cinq ans après l’incendie, des feux de forêt ravagent Fort McMurray. Près de 90  000  habitants, parmi lesquels 498  membres de l’Église, sont forcés de fuir la région. Le feu, qui devient la catastrophe naturelle la plus coûteuse dans l’histoire du Canada, brûle sans cesse pendant deux mois. Le bâtiment des saints des derniers jours échappe à l’incendie, mais il est endommagé par d’épaisses fumées. Plusieurs résidents, incluant des membres de l’Église, perdent leur maison. Cependant, les membres de l’Église travaillent en collaboration avec les organismes de secours locaux pour donner un logement et des fournitures aux personnes déplacées par les incendies. Des articles de première nécessité sont envoyés du magasin de l’évêque situé à Lethbridge pour soulager les personnes évacuées. Cette réponse de la part des membres de l’Église montre comment l’Église travaille en collaboration avec la collectivité, afin d’aider les personnes dans le besoin en période de crise. (10:303-04)

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Le temple d’Edmonton, en Alberta En 1999, la récompense couronnant les efforts des saints d’Edmonton est la consécration du temple. L’annonce faite par le président Gordon B. Hinckley l’année précédente a électrisé les saints d’Edmonton qui, pendant plusieurs années, ont fidèlement fait sept heures de route ou plus, à l’aller comme au retour, pour aller au temple de Cardston. C’est avec une profonde gratitude qu’ils assistent aux cérémonies de consécration des 11 et 12  décembre 1999, alors que le président Hinckley consacre le temple d’Edmonton, en Alberta. (10:302-03) Une célébration du passé Afin de permettre aux jeunes d’intégrer leur héritage de foi de saints des derniers jours, leurs dirigeants organisent des randonnées de pionniers pour que les jeunes et les adultes vivent une expérience concrète. Vers la fin du 20e  siècle, deux pieux entreprennent la publication de livres afin de consigner le patrimoine de foi de leur région. En 1997, le pieu de Millwoods à Edmonton (Alberta) publie un livre intitulé Tribute to the Pioneers of the Church in Edmonton pour commémorer le 150e  anniversaire de l’arrivée des pionniers mormons dans la vallée de Salt Lake. Puis, en décembre 1999, grâce à un projet de livre millénaire, un ouvrage intitulé Northern Light est publié par le pieu de Bonnie Doon à Edmonton (Alberta). Quelque 450 membres partagent

En 1978, Edmonton accueille les Jeux du Commonwealth, auxquels assiste la reine Elizabeth II. Le maire d’Edmonton et membre de l’Église, Cecil Purves, accompagne la Reine lors de nombreuses cérémonies officielles. (Cecil Purves)


Le temple d’Edmonton (Alberta), consacré en 1999, devient un symbole de permanence pour les saints des derniers jours du nord de l’Alberta. (Walter Meyer)

l’histoire abrégée de leur conversion et des expériences spirituelles ayant fortifié leur foi. Ces deux volumes témoignent fortement « des tendres miséricordes du Seigneur » envers les saints croyants qui préparent la voie pour l’établissement et la fortification de l’Église dans le nord de l’Alberta. (10:301) Conclusion Une croissance soutenue, la puissance d’un témoignage de l’Évangile rétabli renforcé par la connaissance, et les bénédictions du culte au temple constituent dans l’ensemble l’héritage spirituel des saints habitant la région albertaine de Sion. Il y a, en 2015, plus de 20 000  saints des derniers jours dans le district du temple d’Edmonton. Des programmes à la fois efficaces et viables comme celui de l’institut et celui des jeunes adultes seuls aident des milliers de jeunes à obtenir un témoignage personnel de l’Évangile. Une forte croissance du leadership laisse entrevoir de bonnes perspectives pour la progression future de l’Église dans la région. La présence d’un temple à Edmonton symbolise la permanence et la maturité de l’Église dans le nord de l’Alberta, tout en encourageant les membres, particulièrement les retraités ou ceux qui se préparent à la retraite, à rester dans la région, où ils peuvent jouir de toutes les bénédictions de l’Évangile.

La première présidence du pieu de Grande-Prairie. De gauche à droite : Richard Gilson, premier conseiller; Peter Berkhahn, président de mission; Lennard R. Shaw, président de pieu; Ronald Peterson, deuxième conseiller. (Ronald Peterson)

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L’Église en Saskatchewan voit le jour au début des années 1900, grâce à quelques familles dispersées venues des États-Unis pour acquérir un lot de colonisation. La province figure parmi les dernières à accueillir les missionnaires, en 1925. Mais, malgré de nombreux défis, l’Église y a tout de même progressé depuis et, en 2015, il y a deux pieux et un temple, et plus de 5 000 membres. Paroisse Prince-Albert

Temple de Regina Regina

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Kenneth A. Svenson

La Saskatchewan est une province principalement agricole; une grande partie de sa production agricole étant exportée. D’autres moteurs économiques, notamment l’exploitation de la potasse et de l’uranium, des produits forestiers, du pétrole et du gaz, dépendent tous aussi de l’exportation. La population augmente lorsque les prix sont à la hausse; de même, lorsque les prix baissent, les gens quittent la province! La population de la province est éparpillée sur de très grandes distances, et les hivers y sont très froids avec parfois des tempêtes de neige. La croissance de l’Église en Saskatchewan est, par conséquent, beaucoup plus graduelle qu’en Alberta, où l’Église est établie grâce à la colonisation des pionniers dans le sud de l’Alberta. (11:307-10, 316, 320-21) Les débuts de l’Église dans la région Quand la frontière de la colonisation américaine ferme à la fin du 19e siècle, empêchant alors les colons de venir dans le pays, le gouvernement du Canada lance une campagne publicitaire importante en Europe et aux États-Unis en vue d’encourager la colonisation dans l’Ouest canadien. Dans le cadre de cette campagne, intitulée «  The Last, Best West  », les colons peuvent s’inscrire pour obtenir une parcelle de terrain de 160  acres pour seulement 10  $ (frais d’inscription de propriété) et, dans les trois ans qui suivent, ils peuvent recevoir un titre de propriété pour le lot de colonisation ainsi acquis. Les premiers membres de l’Église de la Saskatchewan sont composés d’une poignée de familles dispersées qui y ont immigré au début du 20e siècle de cette façon. (11:307-09) La première membre de l’Église arrivée en Saskatchewan s’appelle Jenett Williams Lynds. Elle y emménage en 1903 avec son mari, Abner, et demeure dans la région de Briercrest, au sud-ouest de Regina. Jenett est baptisée à Salt Lake City, en Utah, en 1891. Flora Isabel Englesby, qui devient membre de l’Église en 1903 à Mondova, au Wisconsin, arrive dans la région de

Melfort en 1905, l’année où la Saskatchewan est reconnue comme province du Canada. En compagnie de son mari, Harrison, ils emménagent à Morwick, au sud de Melfort. D’autres membres y arrivent durant les années suivantes. Ida Amalia Peterson Van Moorlehem, baptisée en 1898, quitte le Nebraska en 1908 et va immigrer au Canada avec son mari, Isadore. Ils s’installent dans la région de Keeler, au nord-ouest de Moose Jaw. Alfred et Edith Bawden, et leur fille Ethel Annie, qui ont tous été baptisés antérieurement, vont émigrer du Wisconsin en 1910 et emménager dans la région de Kindersley, en Saskatchewan. Il n’y existe aucune branche de l’Église et aucun missionnaire n’y est présent. Ces premiers pionniers ne savent pas qu’il y a d’autres membres de l’Église dans la province, mais heureusement beaucoup d’entre eux restent fidèles à leur foi, en dépit de leur isolement. En 1912, Valentine Knecktel, converti récent de l’Église en Alberta qui demeure à Moose Jaw, présente l’Évangile à G. Gordon Whyte, résident de Regina qui, en 1913, est baptisé en compagnie d’un autre converti, Jack Mackenzie. Ce sont les premiers membres baptisés connus en Saskatchewan. Whyte et Knecktel sont des membres missionnaires exemplaires qui parlent de l’Évangile autour d’eux, qui rendent visite aux membres de l’Église dispersés dans le sud de la Saskatchewan – notamment certains membres arrivés plus tôt dans la région, et qui ont été trouvés au milieu des années 1920 – et qui les soutiennent et les encouragent. Whyte est particulièrement diligent à partager l’Évangile avec les Autochtones qui vivent dans les réserves près de Regina dans les années 1920. Il continuera ses efforts missionnaires parmi les Autochtones tout au long de sa vie. (11:308-10) L’ œuvre missionnaire n’ a officiellement débuté en Saskatchewan qu’en 1925, quand quatre missionnaires de la Mission des États du centre-nord y sont envoyés  – deux missionnaires à Regina et deux autres à Saskatoon. Au cours de plusieurs années, bien avant la création des

Titulaire d’un baccalauréat en sociologie, Kenneth A. Svenson a travaillé pour les gouvernements de l’Alberta et de la Saskatchewan sur des politiques en matière de développement économique et de politique sociale. Il est l’auteur principal du livre The Hand of the Lord: A History of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints in Saskatchewan (2014).

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branches de l’Église, des missionnaires font des visites sporadiques dans plusieurs régions de la province. Lors de ces séjours, que les membres aiment beaucoup, les missionnaires leur enseignent l’Évangile, ainsi qu’à leurs voisins, bénissent et baptisent leurs enfants, et leur offrent du soutien. (11:307-10) Premières branches et premières églises La province accueille la toute première École du dimanche en mai 1927, à Regina, et 21 membres participent à la classe. L’année suivante, l’école du dimanche de Regina a, de temps à autre, des réunions communes avec les membres de Moose Jaw. L’organisation de la branche de Regina en 1934 est un jalon important dans l’édification de l’Église en Saskatchewan. G.  Gordon Whyte en est le premier président de branche. La croissance y est faible au départ parce que beaucoup de nouveaux membres déménagent en Alberta ou en Utah pour rejoindre des pieux, surtout pendant les années de la Grande Dépression. (11:314) Le 28 mai 1939, à un service de baptême impressionnant qui a lieu à Regina, Victor Waddoups, un missionnaire à plein temps, y baptise quinze personnes, ce qui augmente de 34,8  %  le nombre de membres de la branche de Regina. Cela contribue énormément à la croissance future de l’Église dans cette ville. En 1940, l’Église achète, à Regina, un bâtiment ayant appartenu à une autre confession religieuse. Il requiert d’importants travaux pour refaire les planchers, afin de les adapter aux normes de l’Église. Ces rénovations sont effectuées principalement par les membres de la branche. La première église de la Saskatchewan est consacrée le 23 juin 1940. (11:312-14)

L’Église connaît une forte croissance à Regina, mais aussi dans d’autres endroits de la région. La branche de Saskatoon est organisée en février 1944; celle de Moose Jaw est officiellement créée en décembre 1946, et la branche de Silver Park est formée en 1948. L’année 1946 est importante pour les Autochtones de la Saskatchewan, alors que deux missionnaires sont chargés d’accomplir l’œuvre missionnaire pour la première fois sur les réserves de Piapot, de Muscowpetang, de Pasque et de Carry the Kettle. (11:314, 318) Durant les années qui suivent, d’autres branches sont créées dans la province, notamment celles de Swift Current, PrinceAlbert, Weyburn, Carry the Kettle, Yorkton, Kindersley, et des Battlefords. Les branches font beaucoup de campagnes de financement, dans l’espoir qu'elles pourront un jour quitter les bâtiments souvent miteux qu'elles louent et avoir leurs propres églises saintes des derniers jours. La plupart des branches rencontrent beaucoup de succès avec des comptoirs d’aliments dans les foires et les expositions locales. Des clients y reviennent année après année. Les membres de la branche de Regina trouvent une autre façon pour financer leur nouvelle église. Ils nettoient, emballent et étiquettent des carottes de sondage provenant de forage d’exploration pétrolière. La première église des saints des derniers jours de la province est construite à Regina en 1958, suivie de celle de Saskatoon, en 1960. Trois églises sont consacrées un même dimanche en 1976 – à Prince-Albert, à Melfort et à Saskatoon. (11:318-19)

Le « nettoyage des échantillons » est l’un des projets uniques à Regina lors des collectes de fonds. De nombreux membres ont des liens avec l’industrie pétrolière, ce qui permet aux membres de la branche d’y travailler. Ils y préparent des carottes de sondage aux fins d’ analyse en laboratoire. Ce travail comprend, entre autres, le nettoyage, l’ étiquetage et l’ emballage des échantillons. L’ un des premiers dirigeants de l’Église dans la région, G. Gordon Whyte, se trouve à droite sur cette photo, en compagnie de Bert Boyson et de Grant Spackman. (Dan Morse)

Le pieu Vers la fin de 1978, il y a 2 065 membres de l’Église en Saskatchewan. Le pieu de Saskatoon (Saskatchewan) est créé en Le plus grand service de baptême jamais connu en Saskatchewan a lieu en mai 1939, quand quinze personnes sont baptisées dans le lac Wascana, à Regina. On peut distinguer l’ édifice de l’ Assemblée législative de la Saskatchewan à l’ arrière-plan. (Dorothy Muirhead)

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Une bonne récolte L’Église connaît une bonne récolte en Saskatchewan depuis l’arrivée des pionniers à Shannon View, une communauté rurale bien isolée (près de Melfort) au nord de la Saskatchewan. Flora Englesby, récemment baptisée au Wisconsin, arrive dans la région, en compagnie de son mari et de ses enfants, en 1905. Après de nombreuses années d’isolement, elle apprend, en lisant un article dans le journal en 1926, qu’il y a des missionnaires à Regina. Elle leur demande de se rendre à Shannon View, ce qui conduit trois femmes de la famille Prete/Preete à se joindre à l’Église : sa fille Mae Prete (en 1927), Lydia Preete (en 1933) et Violet Prete (en 1934). Elles élèvent, à elles trois, 29 enfants au total dans des conditions primitives de pionnier. Malgré le manque de ressources et d’appui, et malgré l’absence d’une école du dimanche avant 1940, leurs enfants vont plus tard être baptisés dans l’Église, surtout grâce à quelques visites sporadiques des missionnaires dans la région. Les missionnaires œuvrent à temps plein dans la région pendant seulement trois ans, entre 1946 et 1949. Au fur et à mesure que les gens quittent la région, l’école du dimanche locale, qui est opérationnelle jusqu’en 1952, est intégrée dans la branche de Silver Park (appelée plus tard la branche de Melfort). Seulement trois des enfants de la famille Prete/Preete restent dans la région de Shannon View, mais la plupart des membres de la famille demeurent pratiquants dans l’Église et élèvent leurs enfants selon les principes de l’Évangile. En novembre 2015, leurs descendants, soit plus de 1 500 au total, ont fait 175  missions à temps plein. L’influence puissante des mères croyantes, tout comme les mères des fils d’Hélaman, est responsable de ces remarquables résultats. Earl Prete, fils de John et Mae Prete, fait une mission en Écosse en 1950 et est le premier missionnaire à temps plein de la Saskatchewan. (11:308, 310-11, 315) (Voir, dans la préface, la photo de la cabane de rondins construite en 1948 qui sert de logement pour les missionnaires et ensuite de salle de réunion.)

novembre 1978 et comprend deux paroisses à Regina, deux à Saskatoon, une à Moose Jaw et sept branches. Le nouveau pieu comprend toute la province de la Saskatchewan sauf le district de Fort Qu’Appelle, en Saskatchewan. Ce dernier comprend plusieurs branches autochtones. Noel Burt est le premier président du pieu de Saskatoon. Ce pieu connaît des défis uniques. Les distances à parcourir sont immenses. Par exemple, 259 kilomètres séparent Saskatoon, où réside le président de pieu, et Regina, où demeure l’un de ses conseillers. Certaines branches se trouvent même encore plus loin. Les dirigeants ont appris à se servir de la nouvelle technologie, à tenir des réunions par téléconférence et

à planifier les activités de pieu de manière à minimiser les déplacements des membres. (11:320-22) Un temple Le 3 août 1998, Gordon B. Hinckley, alors président de l’Église, et Boyd K. Packer, alors président suppléant du Collège des douze, se rendent à Regina et s’adressent à 1 500 saints. Gregg Wood, conseiller dans la présidence de pieu de Saskatoon à l’époque, se souvient de cette visite importante. Il dit : « [Le président Hinckley] s’est adressé la majeure partie du temps aux jeunes. Puis, alors qu’il ne restait que dix ou quinze minutes, il […] a parlé aux adultes. Il a parlé de l’œuvre du temple et 65


de l’assistance au temple. Puis il s’est interrompu et a demandé : "Vous vous trouvez bien loin de Cardston, n’est-ce pas?" Il s’est tourné vers le président Packer et a dit, à peu de choses près  : "Qu’en pensez-vous, président Packer?" Il s’est ensuite tourné vers l’assemblée et a dit quelque chose comme  : "Nous sommes heureux d’annoncer la construction d’un temple à Regina." Tout le monde s’est exclamé et la plupart avaient les yeux remplis de larmes. Quelle joie c’était! » La date de la consécration a été fixée au 14 novembre 1999 – un an exactement après la cérémonie de la première pelletée de terre. (9:323-24) Deux pieux Il y a 4 794 membres de l’Église en Saskatchewan en 2000. Il faut alors considérer la division du pieu de Saskatoon qui s’étend sur un vaste territoire géographique. Mais, étant donné le manque de paroisses et de dirigeants de la prêtrise pour pouvoir créer deux pieux, l’administration centrale de l’Église décide de former un pieu à Regina qui comprend le district de Fort Qu’Appelle,

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en Saskatchewan, et de remplacer le pieu de Saskatoon par un district. Le 27 octobre 2001, Russell M. Nelson, du Collège des douze, préside une réunion d’organisation du pieu de Regina, en Saskatchewan. Le lendemain, à Saskatoon, Elder Nelson, sous l’inspiration, présente à une assemblée de saints du nord de la Saskatchewan la nouvelle présidence de pieu qui dirigera le pieu de Saskatoon. Cela prend l’assemblée par surprise! Les membres s’attendaient à ce que le pieu devienne un district mais, comme l’explique Elder Nelson,  même si «  le pieu de Saskatoon ne répond pas aux exigences relatives à un pieu » (avec seulement trois paroisses et six branches), il est « fermement convaincu que les membres ont besoin de la protection offerte dans un pieu, surtout pendant les périodes difficiles qu’ils connaissent actuellement ». À cause du manque de temps pour faire des entrevues, tous les dirigeants de pieu sont appelés directement de la chaire. (11:323, 325-26) Depuis la création du pieu de Saskatoon, en Saskatchewan, l’Église connaît une croissance soutenue dans la province. Une deuxième église est consacrée à Saskatoon en 2003. Puis, en 2008, les branches de Meadow Lake et de Melville (renommée plus tard la branche de Yorkton  – remplaçant celle autrefois dissoute) sont créées. En 2015, le pieu de Saskatoon comprend quatre paroisses et cinq branches (y compris une branche à Flin Flon, au Manitoba), et le pieu de Regina comprend quatre paroisses et quatre branches. (13:327)

Le président Gordon B. Hinckley s’adresse à 1 500 membres de l’Église à Regina, en 1998, et annonce la construction d’un temple dans cette ville. Les membres se réjouissent de cette nouvelle. (Lawrence Penner)

Le temple de Regina, en Saskatchewan, entouré de feuilles à l’automne. Le temple représente la réalisation des aspirations de plusieurs membres. Il est le symbole de la permanence et de la maturité spirituelle croissante de l’Église en Saskatchewan. (E. Dahl Quinton)


Près de la moitié des membres du pieu de Saskatoon (Saskatchewan) vivant dans la forêt boréale du Nord, qui comprend le bassin versant du fleuve Churchill, les possibilités de faire des voyages en canot dans le Nord sont nombreuses. En fait, plusieurs camps d’ été des jeunes incluent de tels voyages. Sur cette photo, prise en 1994, on peut voir trois jeunes filles en canot. (Kathleen Harker)

Conclusion L’Église en Saskatchewan est passée de quelques membres dispersés, au début des années 1900, à deux pieux et un temple qui bénissent la vie de tous les membres de la région. Bien que cette croissance ne soit pas spectaculaire, elle est quand même constante à long terme. S’appuyant sur la solide assise édifiée par les premiers membres exemplaires qui sont restés fidèles au fil du temps, l’Église en Saskatchewan a continué à grandir et à progresser, malgré les difficultés dues à l’isolement des branches, aux longues distances à parcourir, au climat rigoureux, et aux fluctuations de l’économie. L’histoire de la croissance de l’Église en Saskatchewan regorge d’un grand nombre d’événements que l’on peut considérer comme des « miracles ». Les deux pieux ont été créés, malgré les statistiques qui ne justifient pas leur création, et la construction du temple de Regina, en Saskatchewan, est un don de Dieu, étant donné le petit nombre de membres dans la province. Le temple continue à bénir la vie des membres de l’Église. Il est ancré dans leur vie quotidienne et sert de point central à leur spiritualité. La main du Seigneur est vraiment manifeste dans la croissance et dans la progression que connaît l’Église en Saskatchewan. (11:327) 67


Le Manitoba devient une province en 1870, mais ses frontières sont étendues, d’abord en 1881, puis de nouveau en 1912, pour former sa superficie actuelle. En 1879, le Manitoba est la première province de l’ouest du Canada à accueillir des missionnaires mormons. Grâce au nombre de convertis qui sont baptisés et aux individus et aux familles qui emménagent dans la région, l’Église connaît une croissance impressionnante au Manitoba. En 1914, les membres de l’Église de Winnipeg construisent une église, qui est le premier bâtiment des saints des derniers jours en dehors de l’Alberta. Durant les années suivantes, des branches sont organisées à travers la province, et un pieu y est créé en 1978. En décembre 2016, on procède à la première pelletée de terre pour commencer la construction d’un temple à Winnipeg. 68


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Le Manitoba

Raymond M. Shirritt-Beaumont

Les premiers efforts missionnaires « Manitoba  » est un terme algonquin qui pourrait se traduire par «  le dieu qui parle  – le Dieu parlant  » ou « L’ esprit parle. Écoutez-le. » Il s’agit d’une interprétation qui renforce le message clé de l’Évangile rétabli qui, malheureusement, n’est pas entendu au début de l’œuvre missionnaire au Manitoba. En fait, des missionnaires font de courtes visites au Manitoba dès 1879, mais des efforts sporadiques parmi des colons islandais et mennonites y connaissent peu de succès. En 1896, l’Église envoie sept missionnaires (dont trois d’Alberta et quatre d’Utah) de Cardston (Alberta) au Manitoba, ce qui ouvre la voie d’une manière plus durable à l’œuvre missionnaire. Cette œuvre missionnaire connaît une forte opposition au début mais, grâce aux efforts de ces premiers missionnaires qui couvrent de longues distances, souvent dans des conditions météorologiques inclémentes, plusieurs personnes de la région sont baptisées en 1897. Cependant, la plupart de ces convertis déménagent immédiatement en Alberta, où l’Église est bien établie. (12:330-32) En 1900, des missionnaires sont de nouveau envoyés à Winnipeg, quand la Conférence du Manitoba est transférée à la Mission des États du nord, dont le siège est à Chicago. Ils y baptisent quelques personnes, notamment Cornelius et Maria de Winter, et leur famille. Mais, en 1901, on retire les missionnaires du Manitoba. Quand les missionnaires y retournent en 1906, ils ont davantage de succès. La couverture dans les médias est bien plus positive, grâce surtout à la colonisation réussie des saints des derniers jours en Alberta. À la fin de 1906, les missionnaires ont déjà distribué 600  exemplaires du Livre de Mormon et ont donné des leçons à des « centaines » d’amis de l’Église. (12:332-33) L’établissement et la croissance de l’Église C’est le moment opportun pour convertir un très grand nombre de personnes. Winnipeg devient le centre de

distribution pour l’ouest du Canada; la ville est en plein essor et démontre une croissance rapide. Quelques nouveaux résidents désirent entendre le message des missionnaires; des individus et des familles sont convaincus de sa véracité et s’engagent à bâtir Sion. En 1908, un petit nombre de saints tient des réunions régulièrement dans une salle louée à Winnipeg. Les membres de l’Église acceptent de plus en plus des appels de dirigeants. En 1910, la branche de Winnipeg est créée et German E. Ellsworth en est président et, en 1911, la branche cherche un endroit pour bâtir son propre bâtiment. La première église des saints des derniers jours à l’extérieur de l’Alberta est consacrée le 31 août 1914. (12:334-37) En août 1919, la Conférence du Manitoba est transférée à la nouvelle Mission canadienne dont le siège se trouve à Toronto. Mais, en 1925, le Manitoba fait partie de la Mission des États du centre-nord, dont le siège est à Minneapolis. Stanley Roberts, membre de l’Église en Angleterre qui emménage à Winnipeg, devient président de la branche de Winnipeg en 1922, et le restera pendant 27  ans, puis il deviendra président de district. La croissance de l’Église diminue pendant la Grande Dépression et les années de la Deuxième Guerre mondiale, quand il y a moins de missionnaires, ce qui exige plus d’efforts missionnaires par les membres. Après la guerre, l’œuvre missionnaire reprend et le district du Manitoba connaît de nouveau une croissance remarquable. En décembre 1952, la branche de Winnipeg comprend 253  membres, dont 39  convertis récents. À l’extérieur de Winnipeg, des branches sont organisées à Portage la Prairie (en février 1954) et à Brandon (en juillet 1955). (12:338-47) Au début des années 1950, on lance à Winnipeg une campagne de financement dynamique pour la construction d’un nouveau bâtiment, en raison de l’augmentation du nombre de membres dans l’assemblée et de la détérioration de l’église existante. La nouvelle église, construite sur Academy Road, est consacrée en 1958 et accueille les

Raymond M. Shirritt-Beaumont choisit une carrière d’ éducateur au Manitoba, qu’il poursuit tout au long de sa vie professionnelle. Il y travaille comme enseignant, administrateur d’école et, plus tard, comme chercheur et rédacteur de programmes, et comme conseiller pédagogique. Il est lauréat de plusieurs prix prestigieux et auteur de dix-huit documents publiés.

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sont créées à Winnipeg – la quatrième branche de Winnipeg et la branche hispanophone de Winnipeg. Ces deux branches se réunissent à l’église sur la rue London. En 1977, une nouvelle branche est créée à Selkirk. Le nombre de membres au Manitoba passe de 1 281 en 1970 à 1 709 en 1977. (12:350, 353)

La famille de James et Wilhelmina Purdy est baptisée en 1916, mais Wilhelmina et ses enfants assistaient aux réunions de l’Église depuis 1912. (Margaret Purdy)

Stan et Nellie Roberts, en 1955. Stanley Roberts, qui devient membre de l’Église en Angleterre avant d’immigrer au Canada, est président de la branche de Winnipeg entre 1922 et  1949. (Doreen McBeath)

441 membres de la branche de Winnipeg. Le succès des efforts missionnaires continue sans relâche et, en 1961, la branche est divisée en deux assemblées – les première et deuxième branches de Winnipeg. Au début des années 1960, 47 membres s’ajoutent à la branche de Brandon, et la petite branche de Portage la Prairie passe de 28 à 35 membres. La troisième branche de Winnipeg est créée en 1969. (12:347-53)

La Mission canadienne de Winnipeg est créée en 1976. Au cours de cette même année, la troisième branche de Winnipeg déménage dans une toute nouvelle église, au 700, rue London, dans le nord-est de la ville. L’Église achète un nouveau terrain pour la construction d’un futur centre de pieu. L’ année suivante, deux nouvelles branches 70

La création d’un pieu et l’évolution qui s’ensuit Étant donné l’augmentation du nombre de membres de l’Église dans le district de Winnipeg (Manitoba) et, par conséquent, la construction de nouveaux bâtiments et la création de nouvelles branches, l’objectif de créer un pieu semble être réalisable. Le point culminant de ces efforts est constaté lorsque, le 12 novembre 1978, Elder L. Tom Perry du Collège des douze apôtres assiste à une conférence du district de Winnipeg qui a lieu dans le Playhouse Theatre à Winnipeg. Neuf cent soixante-trois personnes au total assistent à la conférence, durant laquelle Elder Perry annonce la création officielle du pieu de Winnipeg (Manitoba). Lorne Clapson est appelé comme tout premier président du nouveau pieu. Il y a cinq paroisses dans le nouveau pieu – quatre à Winnipeg et une à Brandon – et six branches, à savoir les branches de Selkirk, de Ste. Anne, de Woodlands, de Winnipeg (une branche hispanophone), de Kenora (Ontario) et de Warroad (Minnesota). (12:353-54) Le nombre de membres de l’Église au Manitoba double pratiquement dans les années 1980 – de 1 904 membres en 1980 à 3  660 membres en 1990. Une église y est construite et consacrée en 1980 pour les saints à Kenora qui se réunissent dans des

Cette photo est prise à Winnipeg en août 1914, lors de la consécration de la première église mormone de Winnipeg au 903, Winnipeg Avenue. (Margaret Purdy)


salles louées depuis la création de la branche en 1955. L’église de Selkirk est ensuite construite. Cette dernière est consacrée en juin 1982 lors d’une cérémonie décrite comme « un moment à la fois joyeux et spirituel pour toutes les personnes présentes ». Une branche lamanite existe à Winnipeg pendant une courte période entre 1980 et 1983, jusqu’au moment où les membres sont transférés dans les troisième et quatrième paroisses. Cela témoigne encore aujourd’hui de la présence de la population autochtone qui est en pleine croissance dans la ville, mais aussi des liens étroits avec le Livre de Mormon. La cinquième branche de Winnipeg, une branche philippine, qui accueille les membres issus de cette communauté ethnique en plein essor, connaît une croissance remarquable entre 1983 et 1989. Pendant la première année suivant sa création, le

nombre de membre a doublé – passant de 19 familles à 38 – grâce l’esprit de camaraderie et à la convivialité des membres de la branche. (12:354) Les premières réunions des saints des derniers jours à Thompson (Manitoba) ont lieu en 1961; les missionnaires y arrivent en 1963; une branche indépendante y est organisée en 1969 et une église y est construite en 1970. Initialement, la branche ne fait pas partie du pieu de Winnipeg, au Manitoba, mais elle y est ajoutée en 1986. (12:352-54) Le pieu de Winnipeg (Manitoba) a connu de nombreux changements importants depuis sa création, notamment en ce qui concerne la population ethnique de plus en plus diversifiée. Les saints d’autrefois étaient principalement d’origine britannique, mais, en 2018, ils sont issus de diverses cultures et nations.

La diversité ethnique René Bazinet, qui grandit à Saint-Boniface au cœur de la communauté franco-manitobaine de Winnipeg, est membre du grand conseil. Sa femme, Patricia, écrivaine et traductrice en trois langues, est fort active dans la communauté francophone dynamique de Winnipeg. Comme bien d’autres membres du pieu, ils rêvent d’une paroisse francophone à Saint-Boniface. La population autochtone se fait de plus en plus présente dans la communauté. Derek Christianson, évêque de la paroisse de Dalhousie ayant des racines cries, est directeur de télévision au réseau APTN, le réseau des peuples autochtones. Winona Judge, présidente de la Société de Secours de la branche de Portage la Prairie, est d’origine dakota / ojibway et membre de la Première Nation Long Plain. Marilyn Kithithee, une convertie récente dans la paroisse St. James, est Déné. Tom Nucum est l’une des nombreuses personnes qui illustrent l’influence grandissante des Philippins dans le pieu. Il est membre du grand conseil, responsable de l’apurement, spécialiste du comité des Affaires publiques, responsabilité qu’il partage avec sa femme, Dates. Dates est membre de la grande famille Soriano. Parmi d’autres membres asiatiques figure Tony Wong, ancien évêque, membre du grand conseil et secrétaire administratif du pieu. Il vient de Hong Kong. Meok Cormack, présidente de la Société de Secours de la paroisse Gateway, est coréenne, et Bakirathy Balasubramaniam, secrétaire adjointe de la Société de Secours dans cette paroisse, est originaire du Sri Lanka. Luis E. Del Rio de Hoyos, évêque de la paroisse St. James et ingénieur en télécommunications, vient du Mexique, tout comme sa famille. Margarida Demarchi, qui est missionnaire de paroisse à la paroisse de Waverley et agente immobilière de la maison Realtors à Winnipeg, vient du Brésil. Roberto Benjamin Hernandez Aguilar, technicien en informatique et premier conseiller dans l’épiscopat de la paroisse de Brandon, est originaire du Salvador. Ces personnes viennent toutes d’Amérique latine et ont toutes des compétences en leadership qui édifient le pieu. Les Caraïbes sont également bien représentées. La présidente de la Société de Secours de la paroisse de Dalhousie, Lu-Ann Dopwell, vient de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Karen Holder, dirigeante de la Primaire de la paroisse de St. James, est originaire de la Jamaïque. On y accueille tout récemment beaucoup de membres d’origine africaine. Les nouveaux arrivants nigériens incluent la famille de la Dre Ifeoma Osagie, et celle d’Olanike Oretuga, formatrice, qui servent toutes les deux à titre de secrétaires de la Société de Secours dans leurs paroisses respectives. Patrick Kabongo, président des Jeunes Gens de la paroisse de Dalhousie, et sa famille, sont arrivés à Winnipeg en provenance de la République démocratique du Congo, en novembre 2017. Patrick Kabongo est agent de la sécurité informatique et travaille actuellement comme représentant des services aux membres chez le Groupe financier Caisse, qui offre des services aux communautés anglophone et francophone du Manitoba. Ces exemples servent à illustrer le pluriculturalisme dynamique du pieu et la communauté diversifiée des saints des derniers jours qui est unie dans la foi. Une communauté captivante où il fait bon vivre et grandir spirituellement. Elle aura bientôt son propre temple. (Encadré ajouté par l’auteur, avril 2018)

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Photo des membres des présidences de pieu, anciennes et actuelle, avec d’ autres dirigeants, prise en 2003 lors du 25e anniversaire de la création du pieu de Winnipeg, au Manitoba. De gauche à droite : Randy Oler, Dennis Woodford, George Spencer, Gordon Mears, Lesley et Lorne Clapson, Richard Bennett, Arnold Anderson et Bruce Pinkney. (Margaret Purdy)

L’annonce du temple Le développement le plus important dans le pieu au cours des dernières années est probablement le culte au temple, difficile autrefois à cause de la grande distance entre le pieu et le temple, celui de Cardston, en Alberta. Mais, lorsque le temple de Regina, en Saskatchewan, ouvre en novembre 1999, le trajet pour se rendre au temple est presque deux fois moins long. En avril 2011, à la grande joie des saints du Manitoba, Thomas S. Monson, le président de l’Église, annonce la construction d’un temple à Winnipeg. Enfin, le 3 décembre 2016, après avoir reçu toutes les approbations concernant le lieu de construction, on procède à la première pelletée de terre au 2,  Centre Street, à Winnipeg, pour lancer la construction officielle du temple. (12:357-59)

Conclusion À la suite du lancement d’une œuvre missionnaire intense au début des années 1900, l’Église au Manitoba connaît une croissance lente et constante durant presque toute son histoire, avec une période de croissance rapide entre 1950 et 1980. Parmi les jalons figurent la création du pieu de Winnipeg (Manitoba) en 1978 et la cérémonie de la première pelletée de terre officialisant la construction du temple de Winnipeg, au Manitoba, en 2016. Une fois construit, le temple aura un pouvoir unificateur pour les saints du Manitoba, comme promis dans 4 Néphi, les rassemblant pour qu’ils soient «  un, enfants du Christ et héritiers du royaume de Dieu ».

L’ église à Thompson, en 2016. Construits pour les petites assemblées, les bâtiments en première phase, comme celui-ci, peuvent être agrandis par l’ ajout d’autres phases pour accueillir les assemblées en pleine croissance. (John N. Craig)

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La nature cosmopolite croissante de l’Église au Manitoba est l’une de ses grandes forces. Récemment, Cornelius Olanrewaju Tay et sa femme, Caroline Olabisi Tay, membres de la paroisse de Dalhousie, ont été appelés à retourner dans leur ancienne patrie, afin de présider la Mission nigérienne de Lagos. (Dates Nucum)

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Après une longue absence de plusieurs décennies, les missionnaires retournent en Ontario au début du 20e siècle et baptisent quelques convertis. Quelques saints des derniers jours arrivent dans la province pendant cette période aussi. L’Église connaît une croissance remarquable dans la province de l’Ontario depuis et y est représentée, en 2016, par neuf pieux, deux districts et un temple.

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L’Ontario Helen K. Warner

Le message du rétablissement de l’Évangile de Jésus-Christ sur la terre est enseigné en Ontario dès les premiers jours de ce rétablissement même. Parmi les premiers missionnaires à partager ce message figurent le prophète Joseph Smith, Sidney Rigdon, Brigham Young et Parley P. Pratt, grâce auxquels plus de 2 000 personnes se convertissent à l’Église. Ces convertis rejoignent le groupe principal de saints aux États-Unis. À leur départ, il n’existe plus de branches de l’Église en Ontario. La plupart des convertis quittent la province face aux persécutions et à la marginalisation qu’ils y connaissent. À cette époque, ils ne peuvent imaginer un avenir où leurs descendants reviendraient en tant que missionnaires et présidents de mission, et où l’Église prospérerait dans la région, avec des églises, des centres de pieux et même un magnifique temple. (13:361) La Mission des États de l’est est créée en 1893, et les missionnaires recommencent à œuvrer en Ontario, où ils connaissent peu de succès, à cause des articles sur la polygamie publiés dans la presse ainsi que d’une forte opposition provenant des dirigeants de l’Église Réorganisée de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours qui a une forte présence dans la province. (13:361) Les premiers membres sont convertis dans la région de Toronto. Les missionnaires tiennent des réunions dans des foyers, dans la rue ou dans des salles louées pour partager leur message. On organise une école du dimanche à Toronto en 1912 et une branche y est créée en 1913. En 1912, de petits groupes de membres dispersés dans plusieurs communautés du sud de l’Ontario se réunissent régulièrement. Ils connaissent un grand succès à Bracebridge, où William Hopcraft, homme d’affaires de la collectivité, prêche l’Évangile et prépare des personnes intéressées au baptême. La croissance ne se fait pas sans opposition et, dans certains endroits, les réunions dans la rue sont interdites, des contrats de location sont rompus et d’autres groupes religieux font circuler des histoires fausses. (13:362)

Au début de la Première Guerre mondiale, des assemblées rencontrent des difficultés, surtout quand les dirigeants de la prêtrise servent à l’étranger dans l’armée canadienne. Les sœurs de la Société de Secours reçoivent, par contre, du respect et de la gratitude dans leurs collectivités respectives, grâce surtout à leurs efforts pour servir leur prochain pendant la guerre. (13:363) La Mission canadienne La Mission canadienne, établie en 1919, s’étend du Manitoba aux provinces de l’Atlantique. Nephi Jensen est le premier président de mission. Il y a trois branches officielles à Toronto, à Hamilton et à Brantford. Jensen, d’une voix puissante, invite les gens à venir au Christ dans de grandes salles et aux coins des rues. Heber J. Grant, le président de l’Église, visite la mission en novembre 1919 et autorise l’achat d’un bâtiment qui deviendra le siège de la mission. Au fur et à mesure que l’Église grandit, les missionnaires servent comme dirigeants dans la plupart des branches et des districts. (13:364-65, 370) En octobre 1924, le président de mission, Joseph Quinney, fils, apprend qu’il y a des membres de l’Église à Bergland (Ontario), près de la frontière du Manitoba, qui ont été baptisés en Suède et qui sont arrivés au Canada en 1910. Une branche est organisée à Bergland, et la Première Présidence envoie 250 $ pour aider les membres à construire le premier bâtiment de l’Église en Ontario. (13:368-69) Les agriculteurs canadiens des Prairies sont fort touchés par la crise économique des années 1930, mais l’économie ontarienne bénéficie de l’ouverture des mines dans les régions du nord. Des missionnaires, qui voyagent en auto-stop ou à vélo, réussissent à convertir des gens dans les communautés minières. (13:370) En 1938, les membres sont ravis de voir la construction d’une grande église sur l’avenue Ossington, à Toronto. Cette église accueillera les conférences de

Helen K. Warner est diplômée de l’Université de Waterloo et est l’auteure d’ouvrages sur l'histoire de l’Église et de la région de l’Ontario. Elle est chercheuse et membre de conseils d’administration pour des groupes de protection du patrimoine au Canada et aux États-Unis.

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mission et de district. Le président Heber J. Grant consacre le bâtiment en juin 1939. (13:372-73) Pendant la Deuxième Guerre mondiale, et même quelques années après la guerre, il y a moins de missionnaires américains, à cause de la conscription aux États-Unis. Les membres locaux sont alors appelés à servir comme missionnaires en Ontario. Les sœurs de la Société de Secours de la mission envoient des vêtements aux saints démunis de Grande-Bretagne et d’Europe, mais aussi aux mères donnant naissance aux enfants pendant la bataille d’Angleterre. (13:374)

Quand les missionnaires retournent dans les branches isolées d’Ontario après la guerre, ils se rendent compte que, en raison du manque de direction, seuls quelques membres sont restés pratiquants. Lorsqu’il est apôtre de l’Église, Elder Neal A. Maxwell essaie d’encourager les missionnaires qui ont peu de baptêmes à leur actif en leur disant que, pendant sa propre mission en Ontario en 1947, il n’a baptisé que deux personnes et

en a excommunié quatre – soit une perte nette de deux membres! Il leur écrit que, bien que cogner à des portes sans obtenir de réponse ait été difficile, cela lui a été bénéfique, car «  si quelqu’un a un succès sans faille, il n’aura jamais la possibilité d’apprendre [...] des moments de déception ». (13:376) Thomas S. Monson apporte des changements importants à la Mission canadienne lorsqu’il en devient président en 1959. Il définit trois objectifs : 1. Appeler les membres locaux aux positions de dirigeants et leur offrir la formation requise, relevant les missionnaires de cette responsabilité, ce qui leur permet de faire davantage de prosélytisme; 2.  Présenter et superviser un programme de construction de bâtiments et; 3. Améliorer l’efficacité des efforts missionnaires. Ce qu’il accomplit dans ces trois objectifs est tout à fait remarquable. L’un des dirigeants locaux de la prêtrise prédit que « cet homme va un jour devenir président de l’Église ». (13:377) Création du pieu de Toronto (Ontario) et croissance continue Le pieu de Toronto (Ontario) est organisé le 14 août 1960, sous la direction du président Monson. Il s’agit du premier pieu situé à l’est de l’Alberta et le 300e  pieu de l’Église. Quelque 2  250  membres, soit 92  % de la population totale du nouveau pieu, assistent à la session matinale de la conférence qui a lieu ce jour-là. William M. Davies est appelé comme président du nouveau pieu. (13:379) Pendant cette même année, dix nouvelles églises et un nouveau centre de pieu sont construits ou sont en cours de construction.

Nephi et Margaret Jensen, en compagnie des missionnaires et des membres de l’Église, sur les marches du siège social de la mission, situé au 36, avenue Ferndale (à l’hiver 1922). De gauche à droite : assis, Joseph D. Millerberg, président de la Conférence de Toronto; Margaret S. Jensen, présidente de la Société de Secours de la mission; Nephi Jensen, président de la mission. Première rangée : debout, Henry T. Williams, comptable de la mission; H. H. Smith, président de la Conférence d’Hamilton; Arling Gardner, secrétaire de la mission; Vera Egan, sténographe de la mission; Joseph S. Thurgood, Irma Christiansen, et Venice Bills. Les treize autres missionnaires sont dispersés dans le groupe, en partie composé des membres de la branche de Toronto. (Liahona)

Thomas S. Monson, dirigeant à la fois jeune et dynamique de la Mission canadienne entre 1959 et 1962, est accompagné par sa femme, Frances, et par leur jeune famille lors de son séjour au Canada. Leur fils cadet, Clark Spencer, né à Toronto, est assis sur les genoux de son père. (Church News)

L’ église d’Ossington. La propriété, qui mesure 88 pieds sur 297, est achetée en décembre 1937. Wilbur Webb est choisi comme architecte. Il travaille sous la direction de l’ épiscopat président de l’Église de l’ époque. Les frères Demelio sont les entrepreneurs. (Everett Pallin)

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Douglas McGinn, président du district de North Bay, préside la consécration de l’église de Timmins, et déclare plus tard que « le président Monson a transformé la mission ». (13:382) Il y a, en 1962, un nombre sans précédent de 1 037 baptêmes, ce qui augmente la population totale de la mission à 4  475  membres. Des membres de l’Église appuient les programmes de construction de toutes les manières imaginables pendant une décennie de croissance rapide. Ils travaillent physiquement sur les chantiers de construction et participent à toutes sortes d’activités de financement. (13:382) Il est fort difficile de décrire les émotions que ressentent les membres lorsqu’ils entrent dans leurs nouvelles églises. Ils n’auront plus jamais à monter les escaliers jusqu’au dernier étage dans les bâtiments loués où ils doivent nettoyer les salles avant de faire leurs réunions. Les membres se sentent maintenant à l’aise lorsqu’ils invitent et accueillent leurs amis à l’Église. (13:383)

L’Église sort considérablement de l’obscurité en Ontario dans les années 1960. Grâce à la présence d’un kiosque à l’Exposition canadienne nationale de Toronto, on obtient les références de 1 500 personnes intéressées par l’Église. Des milliers de personnes voient le film « À la recherche du bonheur ». Grâce aux efforts du président de la mission, Lamont F. Toronto, pendant les célébrations du centenaire du Canada en 1967, on présente l’Église à de nombreux dirigeants des ordres municipal, provincial et fédéral. (13:383) Des membres font des sacrifices incroyables pour mieux servir dans leurs appels. Une sœur se déplace sur 1  500  km pour assister à une conférence de district;

un président du collège des anciens parcourt 2 468 kilomètres pendant ses vacances d’été pour rendre visite à des membres du collège. (13:382) En 1969, le siège social de la mission déménage à Brampton, suivant les conseils d’Elder Mark E. Petersen, directeur des missions de l’est des États-Unis et du Canada, qui suggère que le siège social se déplace loin des artères congestionnées du centre-ville de Toronto et plus près de l’aéroport. L’inspiration du Seigneur se manifeste dans l’achat d’un nouveau siège social au 200, Main Street South, à Brampton, car Joseph Smith s'était rendu à Churchville, un district historique de la ville, en 1837. Le temple de Toronto (Ontario) et le centre de pieu de Brampton (Ontario) seront plus tard construits dans la ville de Brampton. (13:385-86)

Marjorie Nicholls, avec ses deux enfants, Susan et Alan, et Elder Ronald L. Knighton, de Centerville, en Utah, avant son baptême tôt le matin du dimanche 26 juillet 1959, au lac Depot. Tout de suite après le baptême de Marjorie, le groupe se rend au lac Elliot pour assister aux réunions de l’Église. Marjorie y est confirmée membre de l’Église ce jour-là. Son mari, Lee, est baptisé en décembre, dans la piscine de l’Union chrétienne de jeunes gens (YMCA), à Sault Ste. Marie. La famille déménage à Welland plus tard, puis à Brampton, où elle sert fidèlement pendant de nombreuses années dans le temple de Toronto, en Ontario. (Marjorie Nicholls)

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Nouveaux pieux, programmes élargis et bénédictions d’un temple Quatre nouveaux pieux sont créés dans les années 1970 à Hamilton, à London, dans l’est de Toronto et à Ottawa. En 1974, M. Russell Ballard préside la Mission canadienne de Toronto. (13:388-91) La création des pieux en Ontario prépare la voie pour l’introduction du programme complet de l’Église. Un bureau des Affaires publiques est ouvert à Toronto. (13:407) Des classes de séminaire et d’institut y voient le jour. Un magasin de l’évêque, une conserverie et l’achat d’une exploitation fruitière dans la région de Niagara aident les membres à devenir autonomes. Puis, en 1980, un bureau hébergeant les Services de l’Église pour la famille est ouvert à Toronto. En 2002, des installations d’entraide, qui comprennent un magasin de l’évêque et un entrepôt de denrées alimentaires, un Centre de services d’emploi et un bureau des Services de l’Église pour la famille, y sont construites. (13:365, 406) Des dons humanitaires, notamment la préparation de 280  000  repas pour l’organisme «  Feed my Starving Children  », y sont faits à l’échelle locale et internationale. (13:392) La construction d’un temple dans la région de Toronto est annoncée lors de la Conférence générale d’avril 1984. Les membres accueillent cette annonce avec des cris de joie et versent des larmes de bonheur et de reconnaissance. (13:396) Le pieu de Brampton, en Ontario, est créé en 1981 et celui de Kitchener (Ontario) en 1986, lors de la conférence au cours de laquelle on annonce le lieu de la construction du temple à Brampton. La cérémonie de la première pelletée de terre a lieu en octobre 1987. Le président Monson et Elder Ballard président la cérémonie. Des journées « portes ouvertes » y sont tenues en août 1990, et la consécration du temple est faite entre les 25  et 27  août, par le président Gordon B. Hinckley, qui a des ancêtres nés en Ontario. (13:398) La Mission canadienne de Toronto est réorganisée le 1er  juillet 1993 et divisée en deux : la Mission canadienne de Toronto Est et la Mission canadienne de Toronto Ouest. Deux nouveaux pieux, à Mississauga et à Sudbury, et le district de Kingston (Ontario) 78

sont créés durant les années 1990. (13:401) L’Église est mise en lumière grâce à des activités organisées par les Affaires publiques. Une série télévisée mettant en vedette l’Église est diffusée dans tout le Canada. Quand le pape Jean-Paul II visite Toronto en 2002 pour assister à la Journée mondiale de la jeunesse, 350 saints des derniers jours bénévoles travaillent de concert avec le père Thomas Rosica, directeur national de la Journée mondiale de la jeunesse, et y assument diverses tâches. Un film intitulé Joseph Smith in Upper Canada  est réalisé pour célébrer le 200e anniversaire de la naissance de Joseph Smith. En outre, un épisode de trente minutes de la série «  Rites of Passage  » sur l’Église est diffusé dans le monde entier. (13:407) Quand le premier ministre de l’Ontario annonce la Fête de la famille en février, 1 000 enfants de la Primaire lui écrivent des lettres de remerciements. Ces lettres sont ensuite présentées à l’Assemblée législative de l’Ontario. De nombreux prix sont attribués aux femmes de la Société de Secours qui mettent sur pied un programme de lecture dans la prison provinciale à Milton, permettant aux femmes détenues d’enregistrer des livres pour leurs enfants. (13:406) Toronto, comme les autres grandes villes du Canada, est une métropole très polyglotte. En 2004, les missionnaires ont baptisé des gens de plus de 75  pays différents. Cette diversité culturelle et linguistique enrichit la vie des saints des derniers jours de la région. En 2016, il y a deux paroisses chinoises et trois paroisses hispanophones de l’Église à Toronto. (13:405-06) Le président Monson et son épouse reviennent en Ontario le 29 août 2000 pour célébrer le 40e  anniversaire du pieu de Toronto (Ontario). Un article publié dans le Church News  indique que, lorsque le président Monson arrive à Toronto en 1959 à titre de président de mission, il y a 6  districts, 55  branches et un peu plus de 5  000  membres en Ontario et au Québec. En l’an 2000, il y a dans cette région 11 pieux, 119  paroisses et branches, 3  missions et 48 789 membres. (13:404) En juin 2011, les deux missions de Toronto sont intégrées en une seule mission, soit la Mission canadienne de Toronto. En 2012, les

La consécration du temple de Toronto (Ontario) en août 1990, par le président Gordon B. Hinckley, premier conseiller dans la Première Présidence, est une expérience extrêmement spirituelle pour tous ceux qui y assistent. Grâce à ce nouveau temple, les membres de l’Église n’auront plus jamais à parcourir plusieurs centaines de kilomètres en voiture jusqu’à Washington, D. C. pour recevoir les bénédictions du temple. Les jardins et les terrains bien entretenus suscitent l’admiration de nombreuses personnes. (Elena Figuracion)


frontières des pieux dans la région de Toronto sont modifiées et le pieu de Mississauga est dissous pour être intégré au nouveau pieu de Barrie (Ontario). En 2016, il y a plus de 52 000  membres en Ontario. (13:409-11) Réflexions Plusieurs présidents de mission qui sont appelés en Ontario y ont servi comme jeunes missionnaires.

Certains sont descendants des premiers convertis qui ont quitté la région dans les années 1830 et 1840. L’Église grandit en Ontario, surtout grâce au travail efficace de ces présidents de mission forts et de leurs missionnaires, des dirigeants de district et de pieu travaillants et dévoués, et des membres de toute la province remplis de foi et de la volonté de suivre le Christ et d’édifier Sion.

Une collecte de fonds miraculeuse dans le pieu d’Ottawa, en Ontario Les années 1970 sont une période de hausse rapide des prix des terrains et de forte inflation, et la plupart des unités du nouveau pieu d’Ottawa (Ontario) se réunissent dans des salles louées. Les membres des petites branches ne peuvent espérer recueillir les fonds nécessaires pour les bâtiments. Face à cette situation, la présidence de pieu planifie une activité de financement impressionnante de 1 000 000 $ pour la construction de nouvelles églises. Afin de présenter le projet, le président Boyden E. Lee réunit une assemblée solennelle et demande aux membres d’y assister dans un esprit de jeûne et de prière. Il écrit : « Je n’oublierai jamais cet événement de toute ma vie. Je savais que nos membres n’étaient pas riches, qu’ils avaient besoin de leur argent, tout comme moi, pour faire vivre leur famille […]; cependant, je savais aussi que c’est ce que le Seigneur attendait de nous. » Les membres « ont répondu à cet important défi financier d’une façon miraculeuse et le Seigneur a abondamment béni chaque famille en retour ». En l’espace de deux ans, 800 000 $ ont été amassés et, le 6 juillet 1980, au moment de la division du pieu d’Ottawa, qui a donné lieu à la création du pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), des bâtiments sont soit construits, en cours de construction ou approuvés – un centre de pieu à Ottawa et des églises à Kingston, à Smiths Falls, à Brockville et à Petawawa, en Ontario; à Greenfield Park et à Pointe-Claire dans la région de Montréal; et à Potsdam, dans l’État de New York. Le pieu d’Ottawa, en Ontario, reste dans le territoire de la Mission canadienne de Montréal et fait partie du district du temple de Montréal (Québec) depuis 2000. (13:388)

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PIEU DE MOUNT-ROYAL

Déjà de retour au Québec en 1914, les missionnaires connaissent une modeste réussite parmi la population anglophone. Le prosélytisme parmi la population francophone majoritaire commence en 1961 et porte fruit après la Révolution tranquille. En 2016, il y a trois pieux au Québec – deux pieux francophones et un pieu anglophone – plus de 11 000 membres et un temple lumineux. 80


Le Québec George Eric jarvis Catherine Arta johnson jarvis

Dans les deux premières décennies suivant l’organisation de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours en 1830, des missionnaires arrivent au Québec et réussissent à convertir quelques anglophones qui, par la suite, partent vers l’ouest pour rejoindre les saints en Utah. L’Église au Québec au 20e siècle s'établir de façon permanente lorsque les missionnaires envoyés de la Mission canadienne, nouvellement créée et située à Toronto, arrivent à Montréal en 1919 et commencent à œuvrer parmi la population anglophone. L’Église y grandit lentement et n’ existe qu’à Montréal pendant bien des années, et ce, comme petite branche seulement – la branche de Montréal créée en 1928. Grâce au service des premiers pionniers, parmi lesquels James McCance (premier président de branche et ce, pendant dix-sept ans), et au service continu des missionnaires et des membres, l’Église grandit lentement mais sûrement au Québec au cours des quatre décennies suivantes. Dès 1969, il y a trois branches anglophones de l’Église au Québec – à Montréal, à Pointe-Claire et à Greenfield Park.1 Pendant ces années, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours existe, en grande partie, dans les régions à majorité anglophone. La province de Québec est unique en ce qu’ elle a été colonisée par les Français qui ont apporté avec eux la religion catholique ainsi qu’une langue et une culture qui leur sont propres. L’Église catholique y demeure dominante à travers

l’histoire de la province. Les premières tentatives de prosélytisme parmi la population majoritairement francophone de la province à la fin des années 1940 et au début des années 1950 échouent et sont même abandonnées jusqu’en 1961, lorsqu’on y envoie des missionnaires pour faire de nouveau l’œuvre missionnaire en français. La première branche francophone à Montréal (quoique dépendante) est formée en 1964, et celle de la ville de Québec, en 1969. Cependant, le travail de prosélytisme avance à petits pas. Avant la fin des années 1960, le Québec se renferme et devient généralement peu accueillant envers les étrangers; l’Église catholique contrôle ses institutions sociales, mais sa langue et sa culture sont peu à peu supplantées par le courant dominant canadien anglais.2 Bruce Blumell, un missionnaire appelé pour œuvrer dans la région du Québec au début des années 1960, décrit l’œuvre missionnaire à cette époque : « Je me rappelle avoir fait du porte-à-porte dans les quartiers francophones et les gens du quartier n'étaient pas le moindrement accueillants. Ils ne se contentaient pas de dire :   “Cela ne m’intéresse pas”; ils nous fermaient la porte au nez. […] Leur position était tellement catholique que […] dès qu’ils comprenaient que [nous n’ étions pas] catholiques, on nous fermait toutes les portes au nez. Il fallait souvent frapper à des dizaines de portes avant qu’une seule personne nous dise même bonjour.3  »

George Eric Jarvis étudie à l’Université Brigham Young avant de terminer ses études de médecine à l’Université d’Alberta. Il suit une formation spécialisée en psychiatrie; il obtient une bourse de recherches par la suite et, enfin, il reçoit une maîtrise en Sciences, avec une spécialisation en psychiatrie sociale et transculturelle, à l’Université McGill. Il est dorénavant professeur agrégé en psychiatrie à l’Université McGill, où il dirige le Service de consultations culturelles ainsi que le Programme pour premier épisode psychotique à l’Hôpital général juif. Il publie des articles et fait des exposés aux conférences internationales sur la culture, la santé mentale et l’histoire de la psychiatrie. Ses recherches actuelles évaluent l’impact de la culture, de la langue et de la religion sur le diagnostic et le traitement des troubles mentaux. Le Dr Jarvis a fait une mission à temps plein à Paris, en France, et a également été président de branche et président de pieu. Son épouse, Catherine Arta Johnson Jarvis, et lui ont quatre enfants. Catherine Arta Johnson Jarvis est chargée de cours au Département de médecine familiale à l’Université McGill. Elle obtient son diplôme en médecine de l’Université d’Alberta en 1994 et termine sa résidence en médecine familiale à

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l’Université McGill, en 1996. Par la suite, en 1997, elle suit des stages, d’abord en Soins de santé maternelle et infantile. Elle pratique actuellement la médecine familiale au Centre local de services communautaires (CLSC), un centre de santé intercommunautaire à Côte-des-Neiges, au centre-ville. Ce centre, où elle enseigne aussi à des stagiaires de premier et de deuxième cycle, accueille de nombreux immigrants. Elle travaillait auparavant au Centre de médicine familiale Herzl, à l’Hôpital général juif et à l’Unité de soins palliatifs à l’hôpital Royal Victoria. Elle gère également une clinique d'obstétrique pour l’enseignement aux résidents. Elle a de nombreux appels dans l'Église. En compagnie de son mari, elle est codirectrice du Conseil de coordination des affaires publiques pour la région de Québec-Ottawa et directrice adjointe du Comité des affaires publiques dans la région nord-est de l’Amérique du Nord. (Catherine Jarvis)

C’est dans ces conditions, après plus de cinquante ans de présence de l’Église au Québec, que le nombre de membres en 1969 s’élève à 1 1464 et ce, presque exclusivement parmi la population minoritaire anglophone. L’Église obtient une reconnaissance légale seulement le 1er octobre  1967.5 Personne n’aurait jamais prévu qu’au cours des cinquante  années suivantes, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Québec connaîtrait une croissance décuplée, d’abord parmi la majorité francophone et, plus tard, parmi les immigrants au Québec. À la fin de 2015, l’Église au Québec comprend une mission, trois pieux et trente-sept paroisses et branches, et 11 406 membres.6 Ajoutons à cela des services d'aide à l'emploi, un programme de séminaire et un programme d’institut en pleine croissance, cinq centres d’histoire familiale et un temple. Le présent chapitre documente la croissance de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Québec. Il présente l’histoire de l’Église au Québec depuis ses débuts ainsi que l’évolution de la société québécoise, qui a fait naître un désir pour des idées nouvelles, incluant la religion, ce qui permet à l’Église de croître et de prospérer. Ce chapitre dépeint également le dévouement et les sacrifices faits par les membres et les missionnaires de l’Église. Ce sont surtout leurs actes désintéressés qui sont les moteurs de la croissance de l’Église dans la province. L’héritage du 19e siècle Avant de présenter l’établissement de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Québec au 20e siècle, la présente section examinera les premières influences connues des saints des derniers jours et soulignera le patrimoine de foi laissé par les premiers missionnaires et les premiers membres au 19e siècle. Les missionnaires de l’Église se rendent au Québec dans les années 1830 et 82

1840 et font quelques convertis. Hazen Aldrich et Horace Cowan sont les premiers missionnaires à prêcher au Québec. Entre le 8 juillet et le 17 octobre 1833, ils organisent une réunion au Bas-Canada, probablement près de la frontière canado-américaine. Par contre, ils ne signalent aucun baptême pendant cette période.7 Cependant, en juillet 1835, Jeremiah et Sarah Sturtevant Leavitt, et plus de vingt membres de leur famille, acceptent l’Évangile, à Hatley, au Québec, au nord de la frontière du Vermont. Ils quittent peu après le Québec à destination de Kirtland, en Ohio, pour y rejoindre le groupe principal des saints des derniers jours. Plusieurs membres de la famille Leavitt sont baptisés peu après leur arrivée à Kirtland.8 Il est important de noter que, quelques années plus tard, Thomas Rowell Leavitt, le plus jeune fils de Jeremiah et de Sarah Sturtevant Leavitt, sera l’un des premiers colons à Cardston, en Alberta.9 Tout comme la famille Leavitt, les quelques premiers convertis du Québec quittent la province pour rejoindre le groupe principal de l’Église, en Ohio ou à Nauvoo. Entre 1847 et 1863, nombre de ces saints traversent les plaines jusqu’en Utah.10 Jessie Crosby et Benjamin Brown, missionnaires de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, se rendent à Montréal et à Québec en juin  1844. Ils y remarquent tous deux l’influence de la religion catholique dans la vie quotidienne et, bien qu’ayant prêché à deux reprises à Montréal, ils ne signalent aucun baptême pendant cette période.11 Les prêtres catholiques leur ont interdit de prêcher dans la ville de Québec.12 L’ Église se concentrant sur son établissement dans les régions montagneuses de l’ouest des États-Unis, les efforts missionnaires au Québec et dans d’autres secteurs de l’est diminuent. On ne rapporte aucun membre de l’Église au Québec pendant

Dans les années suivant la création de la Mission canadienne en 1919, les missionnaires œuvrent régulièrement au Québec. Cette photo montre onze missionnaires devant le théâtre Rialto, le lieu de rencontre de la branche de Montréal dans les années 1930. (Ray Sawyer)


plusieurs décennies à partir des années 1840, quand les derniers membres de la famille Leavitt quittent le Québec pour rejoindre le groupe principal des saints des derniers jours aux États-Unis. Par la suite, comme les autres membres de la famille, ils traversent les plaines pour se rendre en Utah en 1863.13 La région est du Canada se trouvait à l‘intérieur des limites de la Mission des États de l’est, organisée en 1893.14 Les archives anciennes montrent qu’avant 1914, les missionnaires se trouvaient de manière sporadique à Montréal. Il leur était interdit de distribuer de la documentation au sujet de l’Église, sauf par la poste, ce qui a entravé l’œuvre de l’Église.15 Implantation de l’Église dans les quartiers anglophones du Québec Le 1er juillet 1919, Nephi Jensen est appelé comme président de la nouvelle Mission canadienne, basée à Toronto,16 et les missionnaires commencent à œuvrer de façon permanente à Montréal. En 1920, il y a six missionnaires à temps plein. L’arrivée de deux familles membres de l’Église, venues des îles Britanniques, à Montréal en 1920 – Frederick et Annie Lamb, et Robert et Jeannie Berryman – crée le noyau de la croissance de l’Église. Les missionnaires commencent à donner régulièrement des cours de l’école du dimanche chez la famille Lamb à partir d’avril 1921. Le petit groupe accueille les amis de l’Église, parmi lesquels Edith Poyser Sydenham, la première à être convertie et baptisée au Québec depuis la création de la Mission canadienne.

Le 30 octobre 1921, James McCance, Cornelius O’Riordan et David Lamb, l’un des plus jeunes membres de la famille Lamb, sont baptisés et confirmés membres de l’Église et ce, durant une période où les missionnaires utilisent fréquemment des bains publics pour baptiser les gens.17 McCance fait partie du premier groupe d’hommes à être ordonnés prêtres au Québec.18 Comme on l'a déjà vu, durant cette période, l’œuvre missionnaire s’effectue presque exclusivement parmi les populations anglophones du Québec. Les missionnaires se concentrent presque uniquement sur Montréal et se rendent parfois dans d’autres communautés anglophones, comme Ormstown, Huntingdon, Lennoxville, Cowansville, Sherbrooke, et des petits villages près de la frontière américaine.19 Dans un grand nombre de ces villages, ils ont du mal à obtenir la permission de faire du prosélytisme. C’est seulement à partir du 27  octobre  1925, par exemple, que la ville d’Outremont leur accorde cette permission, et seulement à condition qu’ils aient un permis leur permettant de faire du prosélytisme.20 Le 16 septembre 1928, Charles H. Hart, président de la Mission canadienne, organise la branche de Montréal, première branche de l’Église au Québec. James McCance est appelé comme président, avec Frederick Lamb et Harold  A.  Peterson comme conseillers. La nouvelle branche se réunit dans une salle louée au 5711, avenue Park.21 Pendant les dix-sept ans où McCance est président, la petite branche croît lentement. Leur premier «  Bal vert et or » a lieu en 1939; en 1941, ils tiennent leur première

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conférence de branche.22 Après s’ être réunie pendant de nombreuses années dans des salles louées, la branche décide, en 1942, d’acheter l’immeuble de l‘Église Unie de Mount-Royal, situé au 750, boulevard Saint-Joseph; c’est le premier lieu de réunion appartenant à l’Église au Québec.23 À l’issue de quelques travaux nécessaires, Joseph Fielding Smith, du Collège des douze apôtres, se rend à Montréal en juin 1942 pour la consécration du nouveau lieu de réunion.24 Raymond Sawyer a seulement huit ans quand la branche déménage dans le nouvel immeuble. 84

Il se rappelle avoir vu entre quarante et cinquante membres assister aux réunions pendant cette période. Il note aussi que, puisque les membres de l’Église vivent loin les uns des autres, ils « se revoient seulement le dimanche ». Les membres vont à l’Église en autobus et en tramway. Le président McCance s’assoit sur l’estrade pendant les réunions; il a toujours un regard sérieux et ferme. Frederick Lamb, le grand-père de Sawyer, rappelle à Raymond, son jeune petit-fils, l’importance de se montrer respectueux pendant les réunions. Sawyer se rappelle aussi avoir regardé par les fenêtres du Rialto


Des membres de la branche de Montréal devant leur salle de réunion louée dans les années 1930. James McCance, président de branche, est le deuxième à gauche. (Ray Sawyer)

La chapelle du boulevard Saint-Joseph. En 1942, après avoir tenu des réunions dans des salles louées pendant de nombreuses années, les membres de l’Église de la branche de Montréal sont émus d’avoir acheté un bâtiment d’une autre confession religieuse. Cet immeuble imposant, bien que vieux, accueille les branches anglophone et francophone, la branche de Montréal et, un peu plus tard, la branche francophone d’Hochelaga, jusqu’au moment où l’immeuble est sérieusement endommagé par un incendie, en 1979. (Nicolas Athanassi)

Hall, où la branche se réunit pour les conférences.25 Entre 1939 et 1945, la Seconde Guerre mondiale, à laquelle participe le Canada, a un effet profond sur les efforts de prosélytisme au Québec. Un plus grand nombre de jeunes hommes sont appelés pour servir dans l’armée aux États-Unis et au Canada; alors il y a moins de jeunes hommes disponibles pour servir à titre de missionnaires. En 1943, huit missionnaires locaux sont appelés pour servir dans le district de Montréal, probablement parce qu’il y a si peu de missionnaires qui servent à temps plein.31 En avril 1944, tous les missionnaires quittent Montréal, et il n’y a plus de missionnaires à Québec pendant à peu près deux ans. C’est seulement en avril 1946, quand la guerre se termine, que les missionnaires reviennent au Québec.32 Les missionnaires sont toujours persécutés pendant les années 1940 et 1950. En date du 13 octobre 1946, le chef de police de la ville de Québec refuse la permission aux missionnaires de faire du prosélytisme à Québec. Le 24  octobre de cette année-là, deux missionnaires arrivent à Montréal et sont accusés d’avoir distribué des publications religieuses sans avoir obtenu, au

préalable, un permis de la ville. Les citoyens de Westmount portent également plainte contre les missionnaires en décembre 1946, ce qui pousse la police à vérifier tous leurs permis.33 D’autres incidents semblables ont lieu à différentes occasions pendant les années suivantes : le 27  avril  1947, la police interrompt une réunion dans les rues à Montréal; le 20  avril  1949, deux missionnaires sont expulsés du village de Richmond; au cours de l’été de 1949, six missionnaires sont arrêtés par la police et détenus pour interrogatoire pour des accusations jugées plus tard comme étant fausses.34 Plusieurs autres incidents de cette nature surviennent en 1951, lorsque la police et les représentants de plusieurs communautés limitent les activités des missionnaires.35 Ces problèmes aboutissent à des actes violents contre les missionnaires et les membres : en mai 1955, à Montréal, un groupe d’adolescents attaquent deux missionnaires avec des bâtons de hockey, et infligent des blessures graves à l’un d’eux. Puis, en décembre  1956, une foule s’approche du domicile de la famille Crooks et menace de mettre le feu à leur maison. Heureusement, lorsque sœur

Visites fréquentes des apôtres

Les membres du Collège des douze rendent souvent visite aux saints à Montréal lorsqu’ils se dirigent vers l'Europe ou en reviennent. Melvin J. Ballard est le premier apôtre à se rendre à Montréal en avril 1921.26 Pendant les vingt-deux années suivantes, dix autres apôtres du Collège des douze visitent Montréal, dont quelques-uns à plusieurs reprises. En tout, les apôtres font seize visites à Montréal pendant cette période.27 Pendant ces visites, les apôtres interagissent personnellement avec des membres de l’Église. En 1925, par exemple, Joseph Fielding Smith organise chez James et Mabel McCance une réunion avec des missionnaires et des membres de l’Église. Pendant cette réunion, qui dure plus de quatre heures, Elder Smith explique plusieurs points doctrinaux. Plus tard dans la journée, il parle avec 65 personnes lors de la dernière session de la conférence, qui a lieu au 3414, avenue Park, et il témoigne avec puissance que Joseph Smith est un prophète à qui le Seigneur a confié le rétablissement de son royaume dans les derniers jours.28 Puis, le 12  juin 1926, Orson F. Whitney donne un discours durant une réunion de la prêtrise chez les McCance, au 1701, rue Clarke. Il y bénit aussi le nouveau-né de la famille McCance. Le lendemain, il prononce un discours devant une foule de 89 membres pendant une session générale de conférence.29 Quand Melvin J. Ballard retourne à Montréal, en novembre 1933, John V. Bluth (président de mission) et lui prononcent des discours d’encouragement et d’instructions devant une assistance, dont certains membres ont voyagé plus de 300 kilomètres.30 Ces visites personnelles des apôtres ont un impact important sur les premiers membres et les missionnaires à Montréal et dans ses environs.

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Crooks confronte la foule, cette dernière se disperse.36 Au cours des années 1950, les tensions s’atténuent peu à peu et des villes et des communautés de la région accordent aux membres de l’Église le droit de prêcher librement. En dépit de la persécution et de la violence, les missionnaires continuent de prêcher leur bon message à d’autres villages et villes de la province. Deux missionnaires optimistes décrivent leurs premiers efforts de prosélytisme à Drummondville, en 1941 : « Environ 90 % de la population de la ville est francophone, mais le nombre de membres potentiels est élevé parmi la population anglophone.37 » La croissance dans les années 1950 En 1950, les missionnaires reçoivent la permission de faire du prosélytisme à Greenfield Park, une banlieue anglophone de Montréal. Après quelque temps, ils baptisent quelques familles exemplaires, dont Hans et Elsa Peets. La branche de Greenfield Park est organisée en 1962, et Hans Peets est appelé comme premier président de branche.38 La famille Peets, des réfugiés estoniens, est arrivée au Canada à la fin des années 1940, et est convertie à l’Évangile au Canada. Hans devient membre de l’Église en 1956 et sa femme s’y convertit trois ans plus tard, en 1959.39 Entre-temps, l’Église connaît une croissance continue dans la région nord-ouest de l’île de Montréal. En 1967, la branche de Pointe-Claire est organisée avec quelque 125 membres. La salle de réunion de cette branche est située au 93, avenue Saint-Louis, dans un ancien immeuble de l’Église baptiste acheté par l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, et la consécration a lieu en 1969.40 Au fil des ans, de nombreux efforts sont faits pour combiner la force des deux communautés de saints des derniers jours des régions de Montréal et d’Ottawa. Le district d’Ottawa-Montréal, formé en 1957, avec Kenneth F. Nielsen comme premier président, tient des conférences alernativement à Ottawa et à Montréal.41 Au cours de la conférence trimestrielle du district d’Ottawa-Montréal, tenue les 14 et 15 juin 1969, C.  Leland Davey, président de la Mission canadienne, divise le district et crée le district d’Ottawa et le district de Montréal. Hans Peets devient le premier président du district de Montréal.42 L’œuvre missionnaire dans les quartiers francophones du Québec dans les années 1960 La mise en place des fondations Les premiers efforts sérieux visant à apporter l’Évangile aux habitants francophones du Québec débutent en décembre 1946, lorsque quatre missionnaires 86

Souvenirs de Hans Peets Georges L. Bourget J’étais étroitement associé à Hans Peets peu après mon baptême en 1971, pendant qu’il servait comme président de district et jusqu’à ce qu’il ait été relevé en 1974. J’avais encore des associations directes avec lui en 1976, pendant qu’il servait comme membre de la présidence de mission, en compagnie de Wayne Owens. Dans son rôle de président de district, Hans Peets dirigeait, la plupart du temps, l’enseignement de tous les nouveaux convertis qui servaient dans les présidences de branches et de collèges d’anciens, ainsi que dans les conseils de district. C’était un homme rigoureux, dévoué et bien spirituel, et il voyageait très souvent dans la province afin d’instruire et de soutenir les dirigeants et les saints. Il organisait les conférences d’enseignement pour des leaders les fins de semaine, à Drummondville et ailleurs, afin de nous aider à mieux comprendre comment diriger les saints dans nos rôles de dirigeants spirituels. Il avait préparé quelques documents intitulés «  Labyrinthes de décision », d’environ 25 pages chacun. Il demandait aux participants aux conférences de « prendre une décision » concernant les situations typiques vécues par les dirigeants de branche et les dirigeants des collèges dans leurs appels respectifs. Chaque décision nous menait à une autre page où la conséquence de la dernière décision nous poussait à prendre une nouvelle décision. Le cadre de situations hypothétiques nous dirigeait vers une résolution définitive. Je sens que nous avons été tous encadrés par ce dirigeant spirituel géant. Ce dernier a plus tard servi comme patriarche de pieu et conseiller dans la présidence du temple de Toronto.43


Ces enfants de la branche d'Hochelaga, créée en 1969, ont été parmi les premiers à assister aux réunions de la Primaire en français au Québec. (Nicolas Athanassi)

Hans et Elsa Peets, et leur famille, 1968. (Peter Peets)

commencent à suivre des cours de français deux fois par semaine. En juillet 1947, six missionnaires sont appelés pour œuvrer parmi les francophones – deux dans l’ouest de la province, deux dans la ville de Québec et deux sœurs à Montréal. L’ œuvre missionnaire est arrêtée lorsqu’en date du 26  septembre  1950, les missionnaires qui travaillent en français sont mutés à la Mission française en France,44 dont le siège est situé à Paris, surtout parce qu’il y a peu de succès parmi la population francophone au Québec. Sous la direction de Thomas S. Monson, président de la Mission canadienne, les missionnaires reprennent leurs efforts de prosélytisme parmi la population francophone, cette fois-ci de façon permanente. Le 20 avril 1961, le président Monson appelle deux missionnaires pour prêcher l’Évangile parmi les francophones. Ils sont logés à Montréal, tiennent les réunions de Sainte-Cène et donnent des cours de l’école du dimanche en français tous les dimanches.45 Le 31  décembre  1961, il y a six missionnaires dans la mission francophone au Québec, et ils y connaissent du succès. Le président Monson note que l’œuvre missionnaire parmi la population francophone n’avance pas au même rythme que chez la population anglophone, mais qu’elle est quand même bien établie.46 Parmi les indices de succès se trouvent la création, en 1961, du district missionnaire francophone à Montréal et la formation, le 7 juin 1964, de la deuxième branche de Montréal, première branche francophone de la région. Cette dernière est une branche dépendante qui, en 1969, devient la branche indépendante d’Hochelaga.47 Le 13 juillet 1965, l’œuvre missionnaire connaît ses débuts dans la ville de Québec et, en 1966, une assemblée de trente membres se réunit régulièrement.48 En 1966, l’école du dimanche en français est organisée à Sherbrooke et les missionnaires commencent à partager l’Évangile à Trois-Rivières. Puis, en 1968, l’œuvre missionnaire se répand à Chicoutimi, à Hull et à Granby. Au cours du premier cinquantenaire de l’existence de l’Église au Québec, la plupart des membres sont des anglophones, et un grand nombre d’entre eux ne demeurent que temporairement dans la province. Dans les

années 1960, ce phénomène change peu à peu et l’Église connaît une croissance surprenante vers la fin des années 1970. À la fin des années 1960, un grand nombre d’événements accorde rapidement une publicité inimaginable à l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours et lui assure une présence permanente au Québec parmi la population francophone. Le Chœur du Tabernacle mormon visite Montréal en 1967 et donne un concert lors de l’Exposition universelle les 22 et 23 août.49 Peu après ce spectacle, soit le 1er octobre  1967, un article est publié dans La Patrie annonçant que l’Église avait tout récemment reçu la reconnaissance officielle dans la province du Québec, c’est-à-dire que l’Église a dorénavant le droit de célébrer les mariages officiels et de participer à d’autres activités déjà acceptées dans d’autres dénominations religieuses.50 Selon l’article, il y a 34 missionnaires affectés à la région du Québec, où il y a environ 1  000  membres, parmi lesquels cent francophones.51 C’est l’un des indices de la croissance rapide que connaîtra l’Église. Lors de la conférence trimestrielle du district d’Ottawa-Montréal, qui a lieu les 17 et 18 juin 1967, les missionnaires francophones offrent des services de traduction simultanée pour accueillir les francophones qui se trouvent parmi les membres.52 Le 13 avril 1969, J. Max Sabey, président du district d’Ottawa-Montréal, visite la ville de Québec et organise officiellement la branche de Québec. Karl W. Devenport, un missionnaire d’âge mur, est appelé comme premier président de la nouvelle branche, soit la deuxième branche au Québec (et la première branche indépendante) où la plupart des membres sont de langue 87


maternelle française.53 Une semaine plus tard, soit le 20 avril 1969, la branche d’Hochelaga, une autre assemblée francophone, est créée à Montréal.54 L’Église connaît d’autres changements rapides à Québec. Le district de Montréal est créé en 1969, un jalon important pour l’Église dans la région. Ces changements apportent un regain d'énergie et un espoir nouveau pour l'œuvre missionnaire au Québec. L’impact de la Révolution tranquille Pendant la Révolution tranquille, le Québec connaît une évolution sociale, économique et politique rapide au début des années 1960. Cette évolution crée une nouvelle transparence pour l’Église, grâce à laquelle cette dernière est mieux acceptée, obtient son statut juridique officiel, et accueille de nouveaux adhérents dans la religion. Les transformations sociales, qui prennent naissance sous le gouvernement libéral de Jean Lesage en 1960, sont plus ou moins terminées en 1965. Mais la Révolution tranquille est toujours présente et se répand peu à peu dans la société québécoise, ce qui a un effet 88

durable, forgeant une grande partie de l'évolution ultérieure de la province.55 Du point de vue social, la Révolution tranquille transforme le Québec d’un bastion conservateur en une société séculière moderne. L’Église catholique avait contrôlé les établissements d’enseignement public et les établissements de soins de santé pendant très longtemps, mais sous les réformes des années 1960, le rôle de l’Église catholique dans la société diminue beaucoup et de nouvelles lois introduisent l’idée d’égalité pour les femmes ainsi qu’un système universel de soins de santé. L’économie québécoise se transforme également pendant les années 1960. La phrase « maîtres chez nous » suppose une forme de nationalisme économique où les entreprises privées, comme les usines d’énergie hydroélectrique, sont nationalisées et dorénavant contrôlées par le gouvernement provincial. Ce nationalisme économique entraîne une plus grande importance du gouvernement qui favorise notamment l'utilisation de la langue française dans le monde des affaires, des services de santé et au sein même du gouvernement.56


Les familles Jehoda et MacBean. Stephan Jehoda, d’ origine hongroise, qui est baptisé à Montréal en 1963, devient le premier président de la branche indépendante d’Hochelaga, en 1969. Sa femme, Sandra MacBean, et ses parents sont convertis à l’Église à Montréal pendant les années 1950. Première rangée, de gauche à droite : Cynthia, Natalie et Lisa Jehoda, Janice et Allen MacBean; à l’arrière, de gauche à droite : Stephan Jehoda, Sandra MacBean Jehoda, Jacqueline Jehoda, Lorne et Olive MacBean, Corinne, Donald et Stan MacBean. (Bibliothèque d’histoire de l’Église)

À cette même époque, les relations politiques entre le Québec et le gouvernement fédéral qui siège à Ottawa deviennent difficiles. Grâce à la montée du nationalisme et de l’identité nationale déjà existante, la province remet en question la place du Québec dans la fédération canadienne. Le séparatisme devient un sujet important pour de nombreuses personnes, et une possibilité envisagée pour d’autres.57 Tous ces changements sociaux, économiques et politiques plongent le Québec dans une situation relativement inconnue, lorsque la province abandonne sa structure sociopolitique séculière pour une situation où rien n’est tenu pour acquis et où de nouvelles possibilités abondent. Dans ce contexte, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est bien située pour bénéficier de toute attitude nouvelle et d’une nouvelle transparence intellectuelle qui sont dorénavant offertes au peuple québécois. L’Église répond bien à ces valeurs changeantes et aux possibilités accrues qui découlent de partager l’Évangile en français. L’importance accordée à la langue française s’intensifie parmi les membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Le district de Montréal, créé en 1969 grâce à une division du district d’Ottawa-Montréal, comprend des branches anglophones et francophones.58 Stephan Jehoda décrit les défis qui se présentent lorsqu’on doit répondre aux besoins des deux groupes. Il se rappelle qu’en 1970, Hans Peets, président du district de Montréal, fait des efforts pour apprendre le français afin de pouvoir communiquer avec les francophones. Grâce à l’appui et à la persistance des dirigeants francophones, Peets fait de grands efforts pour communiquer en français durant les réunions de district et « apprend rapidement ». Quatre conseillers de district qui se débrouillent en français sont appelés dans le district. Le district de Montréal commence à tenir des réunions en anglais et en français afin que les dirigeants, comme les membres, puissent être instruits dans leur langue préférée.59 Des dirigeants locaux reconnaissent l’importance d’instruire les membres en français, et notent qu’il est temps d’organiser plus de branches francophones. L’exposition « Terre des hommes », qui a lieu entre 1969 et 1970, permet à

l'Église d'acquérir une certaine notoriété auprès du public québécois et de connaître une prospérité accrue dans la province. Le pavillon mormon de l’exposition « Terre des hommes » En 1967, Montréal accueille l’exposition universelle, autrement connue sous le nom d’Expo 67. Seule une telle exposition pourrait illustrer le nouveau Québec. Des gouvernements de 120  pays participent à cette exposition, qui est l’exposition la plus réussie du 20e siècle. L’événement est reconnu surtout pour son innovation : son carnaval et ses immeubles futuristes, et des îles construites sur le fleuve Saint-Laurent pour cette occasion.60 Pendant les années qui suivent l’Expo 67, soit à partir de 1968, le site continue d’accueillir des expositions, parmi lesquelles « Terre des hommes ». Bien que l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ne soit pas représentée à l’Expo 67 et qu’il lui soit interdit même d’avoir un pavillon en 1968, une occasion miraculeuse se présente en 1969 pour un pavillon des saints des derniers jours sur le terrain de l’exposition. Ses efforts, en 1968, pour louer de la ville de Montréal un immeuble sur ce terrain (pour un montant de 20 000 $) sont rejetés. Il va sans dire que les dirigeants de l’Église sont bien émerveillés quand les représentants de la ville leur offrent un pavillon pour seulement 1 $ CA.61 Peu de temps après, un superbe centre d’accueil est créé afin de présenter l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours et ses croyances à des centaines de milliers de visiteurs. Intitulé «  À la recherche du bonheur  », le pavillon met en vedette des grandes photos illustrant de nombreux aspects de l’Église et de la vie des saints des derniers jours. Il y a des visites guidées en anglais et en français, et le film  «  À la recherche du bonheur  » y est bien souligné.62 Roger Richards, un missionnaire qui sert au Québec à cette époque, signale que, pendant plusieurs mois, les missionnaires de partout dans la province sont mutés à Montréal pour servir dans des rôles de guides au pavillon mormon, et cela met fin à l’œuvre missionnaire dans d’autres parties de la province.  Mais un grand nombre de nouveaux missionnaires sont 89


envoyés au Québec pour faire le suivi auprès des milliers de personnes qui ont visité le pavillon. Comme l’écrit Richards, « le géant dormant s’est réveillé ». Le pavillon transforme à jamais la perception de l’Église partout au Québec.63 L’ exposition symbolise un Québec nouveau et les possibilités infinies qui s’ouvrent à l’Église dans cette nouvelle société transparente. Elle symbolise aussi les impacts à long terme sur la vie de ceux et celles qui sont témoins de cette croissance. Selon Leland Davey, président de la Mission canadienne à cette époque-là, plus de 300 000 personnes visitent le pavillon au cours de l’été de 1969. Cela signifie surtout qu’un très grand nombre de Québécois s’intéressent à l’Église et cherchent à en savoir plus. L’année suivante, le pavillon mormon accueille plus de 50  000 visiteurs, ce qui pousse le président Davey à prononcer ce qui suit : « Les pavillons de 1969 et de cet été permettent à l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours de sortir de l’obscurité à Montréal et dans

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les communautés voisines; […] il y a eu de nombreux baptêmes grâce à ce pavillon.64 » Gérard et Linda Pelchat sont deux des convertis qui visitent l’exposition en 1969 afin de voir le film « À la recherche du bonheur ». Lorsque les missionnaires les rencontrent plus tard, Gérard, un catholique, n’accepte pas tout le message qu’ils partagent avec lui, surtout parce qu’on lui avait toujours dit que son église était la véritable église. Les missionnaires lui répondent en disant : « Il ne faut pas croire à nos paroles quand nous te disons que notre église est la véritable église. Il faut plutôt prier le Seigneur afin de savoir par toi-même  ». Cette réponse fait bonne impression sur Gérard, qui suit leur conseil par la suite. Sa femme et lui sont tous deux baptisés le 31 octobre 1970; leur conversion est directement liée au pavillon de « Terre des hommes ». Le 18 juin  1978, Gérard Pelchat devient président du premier pieu francophone du Québec.65


En 1971, des membres de la branche d’Hochelaga font leur premier voyage à Palmyra, dans l'État de New York, pour visiter des lieux importants dans l’histoire de l’Église. Sur cette photo, les membres de la branche sont assis dans le Bosquet sacré où ils tiennent une réunion de la Sainte-Cène. (René l’Helgoual’ ch)

Le pavillon mormon de l’ exposition « Terre des hommes » pendant l’été de 1969 et de 1970 augmente de façon remarquable le nombre de baptêmes au Québec. L’ exposition a lieu au même endroit que l’ Exposition universelle, en 1967, soit l’Expo 67. (Archives de la Ville de Montréal, P67-Y_2)

Une croissance rapide de l’Église dans les régions francophones du Québec, 1970–2016 Le graphique chronologique qui suit montre le développement rapide de l’Église au Québec depuis 1969. Y figurent aussi les dirigeants de districts et de pieux, et les présidents de mission et du temple. Le nombre de présidents fondateurs des pieux et des districts témoigne de l’état rudimentaire de l’Église au début et de sa croissance et de son dynamisme au Québec pendant ces cinquante ans.66 L’Église connaît une croissance rapide au Québec pendant la décennie qui suit l’exposition « Terre des hommes », et cela fait connaître la foi des saints des derniers jours parmi le grand public. Cette sensibilisation du public ouvre tout un monde pour l’œuvre missionnaire, au même titre que la Révolution tranquille transforme la société québécoise par de nouvelles idéologies. L’évolution de la mission permet plus de leadership au niveau local et permet de se concentrer sur le prosélytisme en français. La Mission canadienne change de nom le 10 juin 1970, et elle est dorénavant appelée la Mission

d’Ontario-Québec. Deux ans plus tard, en date du 1er juillet  1972, lorsque la Mission d’Ontario-Québec est officiellement divisée, la Mission du Québec est créée. Pour la première fois dans son histoire, l'Église au Québec est gérée depuis la province même. La présidence de la branche de Québec propose de faire établir l’administration centrale de la mission dans la ville de Québec, étant donné que la ville de Québec est le centre culturel de la province,67 mais des considérations pratiques prévalent et Montréal est choisie pour être le siège de la mission, surtout parce qu’il y a un besoin de servir la grande population métropolitaine et la population anglophone du nord-est de l’Ontario qui demeure bien loin de Toronto.68 Avant l’ouverture officielle de la Mission du Québec en juillet 1972, John K. M. Olsen, le premier président, arrive à Montréal en avril 1972 pour choisir un lieu officiel pour établir la mission. Le département immobilier de l’Église avait déjà choisi quelques terrains au préalable dans l’ouest de l’île de Montréal, parmi lesquels le président Olsen pouvait choisir. Mais le président Olsen 91


Croissance de l’Église au Québec

Mission des États de l’est Mission des États de l’est

rejette tous les endroits choisis au préalable, surtout rejette qu’ils tous se les situaient endroits dans choisis préalable, surtout parce les au quartiers quasiment parce qu’ils seIl situaient les Harold quartiers anglophones. note que,dans lorsque B. quasiment Lee l’avait anglophones. note que, Lee l’avait appelé commeIlprésident delorsque mission,Harold il avaitB. insisté sur le appelé comme président mission, il avait sur le besoin d’avancer l’œuvre de missionnaire dansinsisté les milieux besoin d’avancer l’œuvre missionnaire dans les idée » milieux francophones du Québec. Olsen « a à cœur cette et francophones du Québec. Olsen à cœur idée » et croit que la mission devrait être « a située danscette un quartier croit que la mission devrait être un quartier francophone de la ville. Enfin, unsituée terraindans est choisi au 85,  francophone dedans la ville. Enfin, terrain est choisi au 85,  avenue Henley, la ville de un Mount-Royal, un quartier dans laLa ville de Mount-Royal, un quartier àavenue Henley, moitié francophone. famille Olsen déménage au 85, à moitiéHenley, francophone. Olsen déménage au des 85, avenue achète La desfamille meubles et réserve l’une avenue Henley, achète desprincipal.69 meubles etÀ réserve l’une des chambres comme bureau partir du 20 juin  chambres comme bureau principal.69connue À partircomme du 20 juin  1974, la mission est dorénavant la 1974, lacanadienne mission est dorénavant connue comme la Mission de Montréal.70 Mission Les canadienne dirigeants de Montréal.70 l’Église prennent des mesures Les dirigeants des mesures supplémentaires dansdele l’Église but de prennent mieux adapter l’œuvre supplémentaires le but mieux adapter l’œuvre missionnaire aux dans besoins de ladepopulation francophone. missionnaire aux besoins de la population francophone. 92

Le 18 octobre 1972, tous les missionnaires au Québec qui Le 18 octobre 1972, tous lesenmissionnaires Québecàqui suivaient une formation anglais sontauenvoyés la suivaientdeune formation en anglais sont envoyés la Mission l’Ontario. À partir de ce moment, seulsà les Mission de l’Ontario. partir de ce moment, seuls les missionnaires ayant À une formation linguistique en missionnaires ayant dans une la formation linguistique en français se retrouvent Mission du Québec.71 En français se retrouvent dans la élevé Mission du Québec.71 En 1972, grâce à un nombre plus de convertis franco1972, grâce à un les nombre plus élevé de convertis francophones, on tient conférences de district en anglais et phones, on tient conférences de district anglais et en français.72 L’ les œuvre missionnaire peut en croître dans en français.72 L’ de œuvre missionnaire d’autres régions la province et, enpeut 1975,croître il y adans des d’autres régions de la province et, en 1975, il y a desà branches francophones à Trois-Rivières, à Granby, branches francophones Trois-Rivières, à Granby, à Sherbrooke, à Val-d’Or etàà Rouyn.73 Sherbrooke, à Val-d’Ordeet àl’Église Rouyn.73chez les membres La croissance La croissance de l’Église membres francophones est également attestée chez par la les conférence du francophones est également par la1973. conférence district de Montréal, en attestée septembre  Pour du la district de en sont septembre  1973. Pour la première fois,Montréal, les sessions tenues en anglais et en premièrependant fois, les des sessions sont tenuesconsécutives en anglais etafin en français fins de semaine français des fins de éventuelle semaine consécutives afin d’ éviter pendant toute confusion que peuvent d’éviter toute confusion éventuelle que peuvent


La Mission du Québec, la première mission des saints des derniers jours à être située dans la province du Québec, est organisée en juillet 1972. Sur la photo se trouvent John K. M. Olsen, le premier président de mission, en compagnie de sa femme Susan, à Montréal, et des missionnaires. En 1974, la mission est renommée la Mission canadienne de Montréal. (Nicolas Athanassi)

poser deux sessions dans une même fin de semaine.74 Linda Pelchat se rappelle que l’école du dimanche en français connaît ses débuts en 1974 pour les membres francophones, qui se réunissent dans la salle de culte située sur la rue Sainte-Hélène, à Longueuil. Son mari donne la classe. Elle décrit également la diffusion d’une conférence générale à laquelle elle a participé où elle avait observé « dans les deux rangées au fond des membres portant des écouteurs  » pour écouter la traduction des discours en français.75 Georges L. Bourget, qui sert souvent d’interprète pour les Autorités générales qui visitent le Québec, exprime son expérience comme suit  : «  Depuis la création de la Mission canadienne de Montréal en 1972, sous la direction de John Olsen, des Autorités générales nous visitent bien souvent. Lorsque les Autorités générales visitent les États du nord-est ou qu’elles se dirigent vers l'Europe ou en reviennent, elles prennent le temps de nous visiter régulièrement ici à Montréal. À cette époque, il y a très peu de membres francophones qui parlent anglais couramment, et on me demande souvent de faire de l’interprétation de l’anglais vers le français pour nos frères. Il s’agit de la traduction simultanée sur place, ce qui semble plus difficile pour les Autorités générales mais plus simple pour nous, surtout parce que nous n’avons

pas d’équipements pour la faire autrement. Je n’ ai aucune formation en interprétation, mais j’ai vite appris la terminologie de l’Évangile. On m’ appelle donc comme interprète. C’est une belle occasion pour moi, une ocassion qui m’apporte beaucoup de bénédictions, tout en fortifiant ma foi dans l’Évangile. Je n’ai jamais reçu une formation officielle en interprétation, mais je jeûne pendant 24 heures avant chaque tâche dans cette capacité. Je me rends compte que l’Esprit est fort présent dans ces moments-là et, grâce à sa présence, je réussis convenablement comme interprète.76 » Ce sont-là quelques efforts des premiers membres pour partager l’Évangile avec les francophones majoritaires du Québec. D’autres transformations ont lieu à une vitesse folle au cours des années 1970. Le district de Montréal est divisé le 9 septembre 1974 pour former le district de Montréal et le district de Québec. Le district de Montréal est composé de membres principalement anglophones, et comprend les branches de Montréal (1928), Greenfield Park (1967) et Pointe-Claire (1967). Thomas L. Wilde est appelé comme président de district, avec Chu-Jen Chia et Garth K. Palmer comme conseillers. Le district de Québec est composé de deux branches dès le départ, soit la branche de la ville de Québec et la branche d’Hochelaga (créées en 1969). 93


Georges L. Bourget est appelé comme premier président de district, avec Gérard Pelchat et Luc Salm comme conseillers.77 La branche d’Hochelaga est une branche dépendante à l’origine en 1964, soit la deuxième branche de Montréal (francophone), et connaît bien des défis pendant ses premières années.78 Mais elle démontre une croissance rapide à partir de 1970. Stephan Jehoda décrit les personnes qui se réunissent dans le bâtiment, avec la salle de culte et le niveau de la mezzanine bien remplis.79 Seulement six ans après son indépendance, la 94

branche d’Hochelaga est divisée en trois : la branche de Laval, qui accueille les régions de Laval et de la Rive-Nord; la branche de LeMoyne, composée de la Rive-Sud; et la branche d’Hochelaga, qui comprend l’île de Montréal.80 La branche de Valleyfield est créée en 1976.81 En 1974, une branche est créée à Drummondville, en Estrie, seulement deux ans après le premier baptême d’un converti dans la région. Avant cette date, seule une école du dimanche était organisée à Drummondville.82


Quand les Autorités générales non francophones participent à des conférences du pieu de Montréal (Québec), elles parlent en anglais, avec des services de traduction simultanée sur place pour traduire les discours en français. Sur cette photo, Boyd K. Packer, du Collège des douze apôtres, donne un discours pendant la conférence de pieu en mai 1982. Lorsque les membres francophones donnent leurs discours en français, les Autorités générales portent les écouteurs pour écouter la traduction anglaise des discours. (Linda Pelchat) Les dirigeants de l’Église au Québec, parmi lesquels un grand nombre de francophones. De gauche à droite : Luc Salm, Jean Bogdaniec, Hans Peets (président de district), Dan Boscovitch, John K. M. Olsen (président de mission), James Davidson, Jerald Izatt (président de la branche de la ville de Québec) et Georges L. Bourget. La photo est prise en 1972. (Nicolas Athanassi)

La présidence du district de Québec, avec des membres du Conseil de district, en 1975. Première rangée, de gauche à droite : Michel Pelat, conseiller; Gérard C. Pelchat, président de district, et Alain Allard, conseiller. Debout, en forme de demi-cercle derrière la présidence se trouvent les douze membres du Conseil de district. (Nicolas Athanassi)

La branche de Drummondville est divisée, d'abord en 1987, pour créer la branche de Sherbrooke, et ensuite, en 2000, pour créer la branche de Victoriaville.83 Entre 1975 et 1976, il y a une croissance importante du nombre de baptêmes de convertis dans la Mission canadienne de Montréal. En septembre 1975, par exemple, la mission compte 57 baptêmes; en novembre 1975, il y en a 65 et, en mars 1976, on signale 90 conversions.84 Entre le 22 et le 25 août 1975, Neal A. Maxwell, qui est missionnaire à Montréal en 1948 et qui, en 1975, devient adjoint au Collège des douze, visite la Mission canadienne de Montréal. Le président de mission, Wayne Owens, remarque qu’Elder Maxwell «  a vu un pieu qui cherche à croître dans notre mission. […] De nombreux investigateurs reçoivent un témoignage spirituel personnel après avoir rencontré Elder Neal A. Maxwell.85 » En repensant à ces années lors d’une entrevue en 1979, Sandra Jehoda réfléchit sur la croissance de l’Église au Québec dans les années 1970. Elle note que la croissance de l’Église parmi les anglophones est bien modérée, mais que « l’œuvre chez les francophones avance très bien  ». Son mari ajoute que «  les francophones doivent faire partie des Lamanites parce que tout semble bien aller chez eux. L’œuvre semble bien avancer de leur côté.86 » Au cours des années suivantes, l’Église connaît un accroissement relativement rapide parmi les francophones. Le premier pieu francophone au Québec (et en Amérique du Nord) est créé le 18 juin 1978, à la Place des Arts, à Montréal, sous la direction de Thomas  S. Monson, membre du Collège des douze à cette époque. Gérard C. Pelchat est appelé comme président de pieu, en compagnie de ses deux conseillers, Robert Gaudreau et Jean Saintonge. Le nouveau pieu est formé à partir des paroisses

de Drummondville, d’Hochelaga, de Laval, de LeMoyne et de Papineau (renommée Mascouche en 1989), ainsi que des branches de Valleyfield, de Gatineau (autrefois la branche de l’Outaouais), de Trois-Rivières et de Zarahemla.87 La branche de Gatineau est transférée au pieu d’Ottawa (Ontario) en 1990.88 Jean Saintonge, qui sert à titre de deuxième conseiller dans la nouvelle présidence de pieu, note la rapidité à laquelle l’Église grandit, particulièrement parmi les francophones : «  J’ai été baptisé en avril 1966, en même temps que mes parents. J’avais 19 ans; j’étais célibataire. À part une seule année d’inactivité au début de ma conversion à l’Église, j'ai toujours été pratiquant dans l’Église et j’ai pu être témoin de l’évolution de l’Église au Québec. Je suis émerveillé, lorsque j’y réfléchis, qu’en douze ans, nous soyons passés de quelques membres réguliers à un pieu. Personne n’aurait jamais cru en 1966 que nous aurions un temple chez nous en 2000.89 » Ce n’est pas étonnant que Saintonge en soit émerveillé. Lorsque sa famille et lui sont baptisés en 1966, ils font partie du « rameau » de la petite deuxième branche francophone dépendante de Montréal, où il y a plus de missionnaires que de membres! Pour lui, la création du pieu francophone de l’Église au Québec, suivie de la construction d’un temple à Montréal, sont de véritables miracles qui ne pouvaient être réalisés par l’être humain seul, étant donné l’état rudimentaire de l’Église au Québec quelques années plus tôt.90 Les membres sont témoins d’autres miracles très rapidement. Le jour même où le pieu de Montréal (Québec) est créé, Georges L. Bourget est ordonné à l’office de grand prêtre et mis à part comme président de la Mission de Suva, aux Fidji. Réfléchissant sur ce miracle, sa femme, Huguette, déclare : « Je savais que nous allions partir en mission, mais peut-être dans quinze ans… pas dans quinze mois!  » Le nouveau président de pieu, Gérard C. Pelchat, les rassure : «  Ne t’inquiète pas, Georges, nous allons louer ta maison à Saint-Eustache jusqu’à ton retour de la mission. » Et c’est exactement ce qu’il fait. La famille Bourget quitte pour Fidji avec ses quatre filles le jour même où le pieu est organisé. Elle se joint le lendemain à Elder Thomas S. Monson, qui avait présidé 95


la conférence de pieu, ainsi qu’à d’autres dirigeants lors du séminaire des présidents de mission, à Provo, en Utah.91 Étant donné la croissance rapide de l’Église parmi la population francophone du Québec et la création de plusieurs nouvelles branches, le besoin de bâtiments pour les saints des derniers jours devient criant. En 1975, Wayne Owens acquiert de la Congrégation des Sœurs de St-Paul l’immeuble Lacordaire (situé sur le boulevard Lacordaire, au nord du boulevard Métropolitain, dans le secteur de Saint-Léonard, au nord-est de Montréal). Cet immeuble a servi à la fois de résidence et de maison de retraite pour les sœurs. C’est dans cet immeuble qu’Elder Thomas S. Monson tient les réunions du samedi 17 juin 1978, et effectue des entrevues en vue de créer le pieu le lendemain. L’annonce du nouveau pieu est faite ailleurs, dans un autre bâtiment.92 En 1977, le président Owens amène quarante dirigeants de la prêtrise du district de Québec à Kingston, pour visiter le bâtiment qui avait récemment été construit, pour leur donner une vision de la façon d’utiliser les bâtiments de l’Église pour le bénéfice de ses membres. Roy A. Prete, qui offre des services de traduction pendant cette visite, note que « les frères francophones sont émus de cette expérience.93 » À la suite de l’incendie survenu à l’église située sur le boulevard Saint-Joseph en 1979, l’Église acquiert l’immeuble de la rue Gilford qui abrite la Fraternité des services de police de Montréal. Cet immeuble est situé à côté de l’ancienne église du boulevard Saint-Joseph et en face de la station de métro Laurier-sud. Il abrite l’église à l’époque, et encore aujourd’hui. De plus, le pieu de Montréal (Québec), et le pieu de 96

Mount-Royal, de Montréal (Québec), l’utilisent tous deux. Cet immeuble accueille actuellement les branches des jeunes adultes seuls de Saint-Laurent et de Laurier, en plus d’être le siège de la mission.94 Plusieurs années plus tard, en 1987, quand Michel J. Carter devient le deuxième président du pieu de Montréal (Québec), il travaille fort pour la construction d’autres bâtiments au Québec. Sous sa direction, plusieurs églises sont construites, parmi lesquelles le centre de pieu de Montréal (Québec), situé de manière stratégique près du pont Jacques-Cartier, à proximité du trafic routier accédant au pont.95 La ville de Québec et l’est du Québec En 1966, une assemblée de trente membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours se réunit au Club de Curling Cambrai, dans la ville de Québec.96 Trois ans plus tard, en 1969, la branche de la ville de Québec est créée. Karl W. Devenport, missionnaire d’âge mûr d’Idaho, est appelé comme président de branche. L’année suivante, après le déménagement de Jerald Izatt et sa famille à Québec, Izatt devient le nouveau président de branche. Sous sa direction, on porte une attention accrue à l’utilisation de la langue française dans les réunions et à l’élargissement de l’influence de la mission dans les régions à l’extérieur de Montréal. Izatt offre également un mentorat à Georges L. Bourget, qui se convertit à l’Église en 1971, à Québec, et qui devient, plus tard, le premier président de mission appelé au Québec.97 À la fin des années 1960, l’Église s’établit dans quelques petites communautés du nord-est du Québec. Demoine A.  (Tex) Findlay est affecté à Bagotville, sur la base de l’Aviation royale du Canada en 1965. Quand il arrive à Bagotville, en compagnie de sa femme, Joyce, et de leurs deux filles, il n’y a aucune branche de l’Église organisée dans le village. Quand deux familles américaines membres de l’Église emménagent dans le quartier, la branche de BagotvilleChicoutimi est créée. Tex Findlay devient président de branche. La nouvelle branche dépend de la branche de Montréal.99 Le petit groupe tient des réunions dans les maisons des membres, puis à la chapelle de la base de Bagotville.100 Les missionnaires

Le chœur de femmes de la branche d’Hochelaga en 1974. Le chœur est composé de quatorze femmes de la Société de Secours de la branche d’Hochelaga portant les robes qu’ elles ont cousues elles-mêmes. Elles chantent régulièrement pendant les réunions du dimanche. (Nicolas Athanassi)


sont envoyés dans la région en 1967.101 Les réunions deviennent bilingues une fois que les missionnaires amènent des contacts francophones.102 C’est ainsi qu’est née la branche de Chicoutimi, qui comprend les agglomérations d’Arvida, de Jonquière, de Bagotville, d’Alma, et de toutes les communautés environnantes.103 Quelques-unes de ces juridictions sont fusionnées en 2002 pour former la ville de Saguenay, mais, dans les années 1960, ce sont des juridictions distinctes et des communautés indépendantes.

Il y a une ouverture envers l’Église pendant cette période. Grant Fletcher, un missionnaire œuvrant dans cette région en décembre 1967, signale que les missionnaires avaient parlé à un groupe de 57 prêtres catholiques et que chacun d’entre eux avait reçu un exemplaire du Livre de Mormon. Fletcher indique également que plus de 150 exemplaires du Livre de Mormon sont distribués dans les hôtels, et 200  autres exemplaires sont placés dans le collège local. Même la femme du maire en accepte un exemplaire.104

Première salle de réunion dans la ville de Québec

Dean R. Louder Dean R. Louder, membre de la branche de la ville de Québec pendant de nombreuses années, s'est remémoré la façon dont les membres de la branche avairent trouvé une salle de réunion qui leur convienne : Créée le 13 avril 1969, la branche de Québec n’a pas de lieu de réunion fixe. Une piste de curling, un immeuble délabré et enfin le bureau du YMCA ont tous servi de salle de réunion le jour du sabbat pour nos saints, aussi peu soient-ils – quelques convertis locaux et un tout petit nombre d’expatriés américains. Avant de mettre en place la chaire portative en contreplaqué autrement rangée au fond d’une armoire sombre, et de placer une trentaine ou une quarantaine de chaises en métal, il faut d’abord vider les poubelles et les cendriers. À une occasion en particulier, le président de branche a oublié d’aller chercher la clé du YMCA la veille et, le lendemain matin, il a fallu faire entrer un garçon de cinq ans par un vasistas afin d’ouvrir la porte de secours à barre antipanique de l’intérieur, rendant possible la réunion des saints et la tenue des réunions du dimanche. En 1973, nous sommes envion 60 membres, et il devient de plus en plus nécessaire de trouver une salle de réunion pour nos saints. L’un des quotidiens locaux, le Journal de Québec, vient tout juste d’abandonner son bureau du centre-ville pour un local plus spacieux à Ville-Vanier. Les dirigeants locaux de l’Église sautent sur l’occasion pour louer, pour 300 $/mois, ce bureau vacant, soit un local de deux étages situés au-dessus d’un magasin de pièces automobiles, au 765, boulevard Charest Est. Ce local devient donc le site officiel de la première église des saints des derniers jours de la ville de Québec. Une cinquantaine de membres et une douzaine de missionnaires commencent à y travailler au début de mars. D’abord, ils vident une multitude de petites cabines ayant autrefois logé les journalistes et les équipes de rédaction du journal. Ensuite, ils cloisonnent l’espace pour faire une chapelle (remplie de bancs en chêne que l’Église avait achetés d’une pièce auxiliaire de l’Église catholique Saints-Martyrs-Canadiens située dans le quartier), une garderie et un bureau pour le président de branche. À l’étage supérieur, ils installent une salle de sports de 50 pieds x 20 pieds (15 m x 6 m), avec une scène, deux salles de classe, une cuisine et une salle de bain. La bibliothèque de la branche se situe dans une grande voûte en métal vide dont la serrure à combinaison ne fonctionne plus. Le petit nombre d’hommes ayant des compétences en menuiserie enseignent aux autres à bien enfoncer des clous, à scier des planches et à utiliser le fil à plomb. Un membre du collège des anciens à Orem, en Utah, avait appris de son père des compétences en plomberie. (Son père était un enseignant local devenu plombier, et maire de la ville). Ce missionnaire réussit facilement à remplacer la vieille tuyauterie et à installer des robinets; il y a dorénavant de l’eau courante dans l’immeuble. Les sœurs de la Société de Secours tricotent des rideaux verts épais afin de couvrir les fenêtres non lavables de la façade et de l'arrière de l’immeuble. Elles sont aussi responsables d’enlever toutes les petites croix gaufrées sur chacun des petits bancs en chêne, puis de sabler et de vernir les bancs pour effacer toute autre trace laissée par les croix. Des brosses et des rouleaux en main, de petits groupes de membres et de missionnaires à la fois pleins d’énergie et d’enthousiasme mettent une couche de peinture de couleur vive sur chacun des bancs. Le 4 juin 1973, dimanche de jeûne, les membres se mettent sur leur trente-six et montent deux étages en empruntant des escaliers étroits pour participer à leur première réunion dans l’église qu’ils ont construite de leurs propres mains. Pendant les dix années suivantes, les saints des derniers jours de la ville de Québec se réunissent dans ce bâtiment. Mais, le 13 mars 1983, une véritable église est consacrée dans le quartier de banlieue Les Saules.98

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André et Carmen Bilodeau, les premiers convertis francophones dans la région de l’ est du Québec, qui ont deux enfants, sont baptisés en mars 1968.105 Le 6 décembre  1968, quand les Findlay sont mutés à un autre poste militaire, il y a environ quarante membres dans la branche. Mais d’autres familles membres quittent peu à peu et la branche connaît un déclin106 bien rapide, jusqu’à ce qu’elle soit démantelée. Elle demeure fermée pendant quelques années, jusqu’en 1976, quand la branche est réorganisée.107 Pendant les années suivantes, la branche de Chicoutimi perd un grand nombre de ses membres, qui partent pour d’autres régions de la province en raison du nombre très limité d’emplois dans ce coin bien isolé du Québec.108 98

John Olsen, le président de mission, organise la branche du « Groupe divers » en 1973, afin de s’occuper des besoins des membres de l’Église dispersés au Québec qui vivent à l’extérieur des frontières des branches existantes. Les membres de Noranda et de Val-d’Or, dans le nord-ouest du Québec, figurent parmi les groupes de saints des derniers jours dans cette branche. Les dirigeants des unités, sous la direction du président du Groupe divers, sont appelés pour diriger dans l’Église. Noël André Demers devient le dirigeant de l’unité à Noranda; Jean-Pierre Vallée est appelé à titre de dirigeant de l’unité à Val-d’Or.109 Le district de Québec (Québec) est créé le 25 juin 1978, seulement une semaine après la création du pieu de Montréal (Québec). Le district accueille les branches de la ville de Québec, de Chicoutimi et de Noranda,110 et d’autres saints en petits groupes éparpillés ici et là sur une vaste superficie. Réfléchissant à ces événements, Pierre-Paul Morin, premier président du district de Québec (Québec), dit : « Le district de Québec comprenait alors le grand Québec métropolitain, tout l'est du Québec jusqu’à Sept-Îles, le Saguenay–Lac-Saint-Jean plus au nord, ainsi que l'Abitibi. (En fait tout ce qui n'était pas inclus dans le pieu de Montréal.) À ma grande surprise, c'est moi qui ai été appelé comme président de district. Le président Owens (le président de mission) m’a dit, un peu à la blague, qu'il n'y avait pas beaucoup de candidats pour ce poste. Je pouvais le croire car à cette époque j'étais étudiant, sans emploi ni voiture et j'étais célibataire. Mais comme toujours le Seigneur a pris soin de tous ces détails. J'étais toutefois très inexpérimenté pour cette responsabilité, ayant été converti en 1974 et n'ayant à mon actif que la réalisation d'une mission à plein temps. Comme l’a si bien dit un jour le président Hinckley : “Le Seigneur prend des risques avec moi.”111 » Morin et d’autres dirigeants de l’Église éprouvent de la difficulté à servir dans le district de Québec. Le district ne comprend que quelques petites branches réparties sur de très grandes distances. La plupart des membres de l’Église sont des convertis qui ont besoin de formation et d’encouragement. Morin parcourt régulièrement en autostop des centaines de kilomètres pendant ses premières années dans la présidence avant d’avoir une voiture lui permettant de se déplacer plus facilement pour visiter les membres dans des branches dispersées.112 L’Église connaît une croissance dans d’autres régions aussi. Joseph Camille Rioux visite le pavillon de l’Église au site de l’Expo 67. Il est bien impressionné par ce qu’il y observe et veut en savoir plus. Son frère, Émilien, qui devient plus tard un patriarche de pieu et un travailleur au temple, recommande que l’on envoie des missionnaires à Rimouski. Le président de mission envoie les premiers missionnaires à Rimouski en janvier  1975.


La pose de la flèche sur le toit de l’ église de la ville de Québec est un événement important qui marque la fin de la construction du nouveau bâtiment. L’ église est consacrée en 1983. (Rémy Tremblay)

Joseph Rioux et quatre membres de sa famille sont baptisés dans le fleuve en août 1975. Le nombre de personnes qui participent à la réunion de la Sainte-Cène s’élève entre dix et vingt membres à cette époque.113 La branche de Rimouski est organisée en 1979.114 Joseph Rioux, pionnier de l’Église à Rimouski, meurt en 2013.115 Le 21 octobre 1984, des membres de la nouvelle branche d’Alma tiennent leurs toutes premières réunions. Ces membres assistaient auparavant aux réunions dominicales à Chicoutimi. Victorien Bouchard y devient le premier président de branche, en compagnie de ses deux conseillers, Jean-Claude Duchesne et Patrice Proulx. La nouvelle branche tient les réunions dans de nombreux endroits différents – dans une école, dans un presbytère et chez les Bouchard. En mai 1987, on commence à construire un nouveau bâtiment et en novembre de cette même année, la construction est suffisamment avancée pour y tenir des réunions de branche. Ce sont des moments heureux pour les membres de la branche d’Alma. Ils peuvent dorénavant participer à de nombreuses activités ensemble, comme les repas de Noël, des

épluchettes de blé d’Inde, des déjeuners de collège des anciens et des compétitions de quilles. La moitié des membres actifs participe à l’œuvre généalogique pour leur famille.116 En 1988, le nombre total de membres francophones dans la province du Québec dépasse 3 000 – dont 2 605 qui se retrouvent dans le pieu de Montréal (Québec) et 488 dans le district de Québec (Québec).119 Une conférence régionale a lieu le 19  septembre  1988 à la Place des Arts, à Montréal. Plusieurs membres francophones qui y participent sont déçus d’apprendre que les écouteurs requis pour écouter les sessions en français (grâce aux services de traduction simultanée offerts) arrivent en retard et qu’il n’y en a pas suffisamment pour tous les membres. Lorsque M. Russell Ballard du Collège des douze, qui présidait la session, prend la parole, il demande combien parmi tous les participants dans l’assemblée ne le comprennent pas. Plusieurs membres lèvent la main. Elder Ballard invite alors un traducteur à se placer à côté de lui pour traduire son message en français.120 La Mission canadienne de Montréal fait un décompte des membres de l’Église en

Pierre-Paul Morin, sa femme et leurs enfants, à la fin des années 1990. En 1978, quand il rentre de sa mission en Belgique et dans le nord de la France, toujours célibataire, Morin devient le premier président du district de Québec (Québec). En 2006, il devient président du nouveau pieu de Longueuil (Québec), puis, en 2014, il est appelé comme président de la Mission béninoise de Cotonou. (Rémy Tremblay)

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Personnes mémorables Dean R. Louder Au moment où je rédigeais cet article, en 2016, Jean-Charles Chabot avait passé la moitié de sa vie comme membre de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Baptisé en 1973, à l’âge de 43 ans, cet homme à tout faire (charpentier, jardinier et mécanicien) se donne volontairement pour le mieux-être de ses frères et sœurs et pour développer la branche de Québec. On l’appelle souvent le « bouche-trou  » en raison de sa volonté de servir dans l’Église, que ce soit dans la présidence de branche, comme président de l’École du dimanche ou comme enseignant (une tâche bien difficile pour un homme humble avec une formation bien limitée). Il est veuf depuis trois ans. Sa femme ne s'est jamais convertie à l'Église, mais elle n'a jamais empêché son «  Charlie  » de suivre sa foi. Il a récemment assisté au baptême de sa fille. Il va sans dire que sa joie est parfaite. Le samedi 27 octobre  2016, déjà dans sa quatre-vingtième année, il accompagne d’autres membres lors d’un voyage en autobus au temple de Montréal, à Longueuil. En 2015, Colombe Benoît-Leclerc meurt trois semaines avant son 112e anniversaire. Elle est baptisée en 1960, se marie à un âge avancé, déménage au Mexique avec son mari, qu’elle enterre là, et rentre enfin chez elle. Elle passe les trente dernières années de sa vie dans la ville de Québec, où elle devient une personne bien aimée non seulement parmi les membres de l’Église mais également parmi toutes les personnes qui ont la chance de la rencontrer et de la connaître. Claire Caron, probablement la meilleure amie de Colombe, meurt seulement cinq ans avant cette dernière, à l’âge de 85 ans. Elle devient membre de l’Église à Trois-Rivières au début des années 1970, à l’époque où il n’y a quasiment pas de membres de l’Église. Née à Saint-Jean-Port-Joli, Caron déménage à Québec le 24 juillet 1973, soit la Journée des pionniers. Les membres de la petite branche de Québec participent à un pique-nique ce jour-là sur les plaines d’Abraham, en souvenir de la randonnée mormone à travers les États-Unis. Même s’ils sont peu nombreux, les enfants (probablement cinq au total) tirent leurs petits chariots sur le grand espace gazonné, quand sœur Caron (que personne ne connaît) passe dans sa berline rouge étincelante. On n'a jamais su comment elle savait que les membres y étaient en pique-nique, mais elle le savait et elle s’est vite intégrée au groupe… jusqu’à sa mort. Une grande partie de son testament est réservée au fonds missionnaire.117

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Les sœurs de la Société de Secours de la paroisse d’Hochelaga qui participent à la Fête de l’Érable. (Nicolas Athanassi)

Colombe Benoît-Leclerc (centre), résidente de la ville de Québec, avec Terry et Elenor Rollins, président et intendante du temple de Montréal (2006). On voit sur la photo sœur Leclerc, à l’âge de 103 ans, après une session au temple. L’ une des femmes les plus âgées au Canada, elle meurt en 2015, peu avant son 112e anniversaire.118 (Rémy Tremblay)

décembre 1996. Dans ce rapport, les membres sont divisés comme suit : le pieu de Mount-Royal, de Montréal (Québec), qui comprend sept unités au total en Ontario et dans l’État de New York, compte environ 2  400 membres; le pieu de Montréal (Québec), composé de treize branches et paroisses francophones, accueille environ 3  500 membres; le district francophone de Québec (Québec) comprend environ 600 membres, dispersés dans cinq branches; et la branche de Val-d’Or (gérée principalement par la mission) comprend 35  membres.121 Il est bien évident que les membres francophones deviennent une force dominante dans l’Église au Québec. Un deuxième pieu francophone Une croissance soutenue se poursuit chez la population francophone et cela mène à la création de plusieurs nouvelles paroisses et branches dans le pieu de Montréal (Québec) et dans le district de Québec (Québec). Sous la direction des présidents de pieu successifs – Gérard C. Pelchat (1978-87), Michel J. Carter (1987-96), Benoît J. Duquette (1996-99) et Sterling H. Dietze (1999-2006) – le pieu de Montréal (Québec) ajoute au moins sept nouvelles branches entre 1978 et 2005, soit depuis la création du pieu (voir tableau  ci-dessous). Il est important de noter ici que deux des nouvelles unités – la paroisse de Monte Rey et la branche de Victoria – sont des unités hispanophones, et que les branches de Sherbrooke et de Saint-Jean se situent bien loin de la ville. La branche de Longueuil, créée en 2000, devient une paroisse en 2005, sous la direction du président O.  Léona Caron, président de branche.122 À la fin de 2005, il y a 3  809 membres dans

le pieu de Montréal, malgré le fait que deux branches – Drummondville et Trois-Rivières – sont transférées au district de Québec (Québec).123 Il y a une croissance rapide également dans le district de Québec (Québec) pendant cette même période; d’abord le transfert de deux branches du pieu de Montréal (Québec) en 2000,125 puis la création des nouvelles branches de Rimouski (1979), d’Alma (1984), de Lévis (1994) et de Victoriaville (2000).126 La branche de Lévis est démantelée par contre en 2001. Cette croissance rapide mène à la création du deuxième pieu dans la région. Le 7 mai 2006, Elder Neil L. Andersen, de la présidence des soixante-dix, organise le pieu de Longueuil (Québec), le deuxième pieu francophone au Québec. Ce pieu est formé à la suite d’une révision des limites du pieu de Montréal (Québec) et du district de Québec (Québec). Font partie de ce nouveau pieu les paroisses de Longueuil, LeMoyne, Saint-Jean et Sherbrooke et la branche de Victoria (hispanophone), auparavant du pieu de Montréal (Québec), et la paroisse de Québec et les branches de Trois-Rivières, Drummondville et Victoriaville du district de Québec.127 Pierre-Paul Morin, de la ville de Québec, est choisi comme premier président de pieu, avec Robert Levert et Ghislain Labbé comme conseillers. Le « centre de gravité » de ce nouveau pieu se situe plus près de Montréal que de la ville de Québec, la plupart des membres demeurant près de Montréal et le siège du pieu étant situé à Longueuil (une banlieue située au sud-est de Montréal). Le nouveau pieu s'étend cependant sur un vaste territoire. Le centre de pieu du pieu de Longueuil (Québec) est 101


Les paroisses et branches créées dans le pieu de Montréal (Québec), 1978-2005124 Nom de la paroisse ou branche

Année créée / Événements ultérieurs

Branche de Belœil (renommée Mont-Saint-Hilaire en 1990)

1980; paroisse en 2006

Branche de Sherbrooke

1987; paroisse en 2006

Branche de Saint-Jean

1991; paroisse en 2006

Paroisse de Monte Rey (espagnol)

1992; branche en 2011

Branche de Ville-Marie

1998; paroisse en 2006

Branche de Longueuil

2000; paroisse en 2005

Branche de Victoria (espagnol)

2005; paroisse en 2010

consacré le 28 octobre 2007.128 Les branches de Rimouski, de Chicoutimi et d’Alma ne figurent pas dans le nouveau pieu au départ mais sont plutôt regroupées pour créer le district de Saguenay (Québec).129 Le 10 avril 2011, quand le nouveau pieu devient plus solide, le district de Saguenay est démantelé, et les branches qui en font partie sont intégrées dans le pieu de Longueuil (Québec).130 La création des nouvelles branches à Shawinigan et à La Prairie en 2014, puis à Granby en 2015, est encore la preuve de la croissance soutenue.131 L’Église anglophone au Québec, 1976–2016 Le 12  décembre  1976, sous la direction d’Elder Thomas S.  Monson du Collège des douze, le district d’Ottawa et le district de Montréal sont fusionnés pour créer le pieu d’Ottawa (Ontario). Ce fusionnement de deux districts est nécessaire afin d’atteindre les nombres requis pour la création d’un pieu.133 Boyden  E. Lee, ancien président du district d'Ottawa, est appelé comme

premier président de pieu, avec Robert V. Petersen comme premier conseiller et Ian  G. Wilson comme deuxième conseiller. Le nouveau pieu, en plus des paroisses et branches d’Ottawa et de l’est de l’Ontario, accueille également les unités du Québec qui faisaient partie du district de Montréal. Parmi ces unités figurent les paroisses de Montréal, de Greenfield Park, de Pointe-Claire et de la Rive-Nord, en plus de la branche de Tung Fong (une branche créée le 10 mai 1975 et composée des membres cantonais, mais qui est démantelée le 14 novembre 1986).134 Le pieu d’Ottawa est divisé le 6 juillet 1980 et devient alors un pieu beaucoup plus petit, avec un nombre total de membres maintenant à 1  601.136 Le pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), compte 1 600 membres137 à la fin de l’année 1980. La division du pieu est probablement entraînée par le départ de Boyden E. Lee, président du pieu d’Ottawa, qui accepte un emploi au Nouveau-Mexique.138 Ian  G. Wilson est appelé comme

La création d’un deuxième pieu francophone Relativement à l’origine du pieu de Longueuil (Québec), Pierre-Paul Morin constate : « Deux évènements me viennent spontanément à l’esprit. Le premier est la visite inattendue d’Elder M. Russell Ballard, du Collège des douze, au printemps 2005 à Montréal, lorsqu’il visite la Mission canadienne de Montréal. Avant de repartir, il me rencontre brièvement, puis demande au président Sterling Dietze (pieu de Montréal) de préparer une proposition de création d’un deuxième pieu francophone. Cette proposition signée par le président Dietze et le président David Ulrich (le président de mission) sera transmise à Salt Lake City en juin 2005. L’autre événement important est la tenue d’une conférence de district à Québec vers la même époque (mai 2005). Depuis son arrivée, le président Ulrich a reconsacré toutes les unités du district de Québec. Au terme de cette reconsécration, une conférence de district est organisée dans la ville de Québec. Plusieurs autobus remplis de membres et d’amis viennent du Saguenay, de Rimouski, de Drummondville. Plus de 700 personnes sont présentes, un record dans les annales du district. L'Esprit du Seigneur est déversé en grande abondance. Cette manifestation de l’Esprit-Saint a été pour plusieurs la confirmation spirituelle de la création, un an plus tard, du pieu de Longueuil, au Québec, deuxième pieu francophone à voir le jour.132

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Quand le bâtiment de la paroisse de Montréal, située sur le boulevard St-Joseph, est sérieusement endommagé par un incendie en 1979, l’Église achète un immeuble spacieux de la congrégation juive Temple Beth Sholom. Les membres de l’Église appellent souvent cet immeuble, de façon informelle, la « synagogue ».

président du nouveau pieu, qui comprend les paroisses de Montréal, de Greenfield Park, de Pointe-Claire et de la Rive-Nord, ainsi que la branche de Tung Fong. Les branches de Cornwall et de Hawkesbury, une paroisse à Potsdam, dans l’État de New York, et la branche d’Akwesasne, une branche autochtone sur la réserve de Saint-Régis, figurent également parmi les unités du nouveau pieu.139 Les unités aux États-Unis (la paroisse de Potsdam et les branches de Massena, de Malone et d’Ogdensburg) sont enlevées du pieu le 20 août 2000 pour créer le district de Potsdam.140 Malgré la création d’un pieu anglophone basé principalement au Québec, le progrès avance moins rapidement parmi la population anglophone que parmi la population francophone majoritaire. Cette œuvre est moins dynamique, surtout en ce qui concerne la croissance dans le nombre total de membres. Le taux de croissance dans les pieux francophones est manifeste du fait que, depuis sa création le 6  juillet  1980, le nombre de membres dans le pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), demeure en dessous du nombre de membres

Incendie à l’église du boulevard St-Joseph Le 10 janvier  1979, un homme et son fils adolescent entrent dans le bâtiment de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, situé sur le boulevard St-Joseph, à Montréal, avec un bidon rempli d’essence en main. L’homme vide le bidon sur le plancher du corridor principal de l'église et y met le feu. L’explosion qui en résulte inflige des blessures à l’auteur du crime et à plusieurs membres de l’Église se trouvant dans l’immeuble au moment du crime. Quelques-uns des blessés, ayant des brûlures sérieuses, sont hospitalisés. On ne déplore aucune victime, mais le bâtiment subit de graves dommages. L’incendiaire se venge apparemment de la décision récente de sa femme de se convertir à l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.135

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dans les pieux francophones, malgré le fait que les unités anglophones à l’extérieur de la province sont incluses dans ce nombre. Le nombre total de membres dans le pieu de Montréal (Québec), en décembre 2015, montre bien ces tendances : 2 460 membres dans le pieu de Montréal (Québec); 3  020 membres dans le pieu de Longueuil (Québec) et 2  161 membres dans le pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec).141 Il faut mentionner ici que le pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), a une base anglophone moins nombreuse dans la population générale. Malgré sa croissance faible, le pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), comprend un plus grand pourcentage de la population générale des saints des derniers jours que les pieux francophones (voir graphique Langue principale au Québec, qui suit). La faible moyenne de croissance dans le pieu anglophone s’explique en partie par le taux élevé de migration des membres anglophones du Québec vers des régions anglophones de l’Amérique du Nord – Toronto, l’Alberta et l’Utah, parmi d’autres. Mais cette tendance commence à s’inverser en 2008, lorsque le pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), connaît une croissance du nombre total de membres et du nombre de membres assistant aux réunions de Sainte-Cène.142 Le nationalisme laïc québécois, renforcé par la Révolution tranquille, émerge grâce à la fondation du Parti québécois en 1968, sous la direction de René Lévesque. Son parti entre au pouvoir en 1976, grâce à une ligne d’action séparatiste avouée. La loi 101, soit la Charte de la langue française qui établit le français comme la seule langue officielle au Québec, tout en limitant l’usage de la langue anglaise dans la province, entre en vigueur en 1977. Grâce à son charisme et à sa passion, Lévesque inspire un désir ardent chez un grand nombre de Québécois francophones de quitter la fédération canadienne.143 Pendant les années qui suivent, qui sont dominées par l’incertitude politique avant les référendums sur la souveraineté du Québec (en 1980 et en 1995), par exemple, la croissance générale de l’Église dans la région anglophone du Québec est temporairement interrompue. Cette interruption est marquée surtout dans les années avant et après le 104

référendum de 1980. La population totale de l’Église au Québec souffre beaucoup pendant ces années d’incertitude. La population de l’Église a plus que doublé entre 1970 et 1978 mais, dans les cinq années qui suivent, la population passe de 3 162 en 1973 à seulement 3  626 en 1983 (une croissance de 12,8 %). Pendant trois des cinq années, il y a même un déclin dans la population de l’Église dans la province.144 Ce déclin résulte, en partie, du déménagement des membres anglophones du Québec dans des régions anglophones du Canada. Cette tendance commence en 1978 et continue dans une moindre mesure jusqu’à nos jours.145 Une autre raison qui pourrait expliquer la tendance des saints des derniers jours anglophones à quitter le Québec s’explique par le fait que plusieurs des membres viennent de l’ouest du Canada et des États-Unis et ne demeurent que temporairement dans la province. Il y a bien des signes d’un tel déclin chez les membres anglophones qui remontent à la fusion, le 2 septembre 1980, des paroisses de la Rive-Nord et de Pointe-Claire du pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), en une seule unité, soit la paroisse de Kirkland.146 Un grand déclin dans le nombre de membres anglophones de l’Église dans l’Ouest-de-l’Île et sur la Rive-Nord provoque surtout cette fusion. L’élection du gouvernement du Parti québécois en 1976 et la prise des mesures ultérieures qui nécessitent l’utilisation de la langue française poussent beaucoup d’entreprises vers une délocalisation, dont le résultat est l’exode d’anglophones de la région du Québec.147 Une autre preuve des pressions

La construction du bâtiment de Greenfield Park commence en 1975. Il abrite la paroisse de Greenfield Park du pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), et la paroisse de LeMoyne du pieu de Montréal (Québec). (Peter Peets)

Thomas S. Monson, en visite à Montréal à la fin des années 1970, assis entre Boyden E. Lee (à droite), président du pieu d’Ottawa (Ontario), et son conseiller, Ian G. Wilson, (à gauche); ce dernier devient le premier président du pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), en 1980. (Nicolas Athanassi)


en matière de langue sur les minorités au Québec est la fermeture, le 14 novembre  1986, de la branche Tung Fong, une branche cantonaise, à cause surtout du nombre élevé de membres chinois qui quittent le Québec à destination de l’Ontario et d’autres régions au Canada. Des souvenirs personnels des membres anglophones confirment ces impressions. En 1979, en répondant aux questions concernant la formation prévue d’un pieu anglophone au Québec, Stephan Jehoda réfléchit sur la loi 101, qui oblige tout le monde, sans exception, à utiliser le français comme langue de travail. «  Je crois que notre paroisse et toutes les paroisses anglophones autour de Montréal souffrent beaucoup de cette situation », dit-il.148 Sa femme, Sandra, ajoute : «  Un très grand nombre de membres de la paroisse de Pointe-Claire quittent la région, et ils sont tous de bons membres, à la fois forts et exemplaires. Alors, nous souffrons beaucoup depuis déjà un an, environ.149 » Thomas Wilde, président du pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), entre 1989 et 1997, rappelle que la branche de Pointe-Claire est bien dynamique au milieu des années 1970, jusqu’à ce que les risques de la séparation du Québec du reste du Canada ralentisse le progrès. « À la suite de l’élection d’un gouvernement séparatiste en 1976, un grand pourcentage de la communauté anglophone, y compris les membres de l’Église, quitte le Québec.  » Il est donc nécessaire, en 1980, de « fusionner la Rive-Nord et la [paroisse] de Pointe-Claire en une seule unité, qui devient la paroisse de Kirkland.150 » Wilde poursuit en disant que, pendant les années 1980, il y a une rotation continue de membres, ce qui fait que peu de familles anglophones restent dans la région de façon permanente.151

Ray Aloi se souvient qu’en 1978 deux tiers des membres de la paroisse de Greenfield Park quittent la région à destination de Toronto ou des provinces de l’Ouest.152 Brian Lauder se souvient bien de ces années-là. Il devient membre de l’Église en 1971, dans la paroisse de Greenfield Park, une paroisse anglophone, et il voit « plusieurs familles  » quitter la paroisse au cours des années suivantes, dont environ 35 membres entre 1980 et 1985. Les personnes ayant un bon emploi ont la possibilité d’obtenir des mutations interprovinciales. C’est certainement un temps difficile pour ceux n’ayant pas cette possibilité. Sa femme et lui quittent le Québec en 1992, pour Toronto, parce qu’il s’inquiète surtout des conséquences économiques que pourrait provoquer un autre référendum dans la province. «  Cela semble bien logique pour nous de partir », dit-il.153 Sa femme est anéantie par le déménagement mais, finalement, elle se sent bénie par les nombreuses possibilités que lui offre la ville de Toronto.154 Walter Svenson mentionne qu’au début des années 1990, la paroisse de Cornwall (Ontario) connaît une croissance inattendue, surtout parce que des familles hispanophones de Montréal qui craignent la séparation du Québec déménagent dans la région, en espérant pouvoir améliorer leurs possibilités d’emploi.155 Il est intéressant de noter que ces histoires varient beaucoup du point de vue du Québec francophone. Selon Laurent M. Leclerc, la peur éprouvée par les Québécois anglophones pendant ces années-là est exagérée. Selon lui, c’est plutôt le résultat des inquiétudes d’une assimilation éventuelle qui pourrait être imposée sur la communauté anglophone au Québec par ceux qui favorisent le fédéralisme canadien à Ottawa et à Québec.156 Malgré ces défis, le pieu connaît toujours une croissance dans les années 1980, en dépit du nombre de membres anglophones transitoires et, vers la fin de la décennie, il y a 650 nouveaux membres dans l’ensemble du pieu.158 Pendant cette période-là, des convertis ni anglophones ni francophones – appelés «  allophones  » au Québec – rejoignent les rangs en grand nombre. Bien que la croissance devienne plus stable dans les années 1990159 en raison d’une nouvelle incertitude politique et d’autres raisons, il y a un besoin continu de plus grands bâtiments pour mieux accueillir le grand nombre de membres. En 1995, la construction du centre de pieu à LaSalle est terminée, ce qui est surtout une réponse aux prières des membres – les membres du pieu ont enfin une église permanente. Pendant cette même période, la paroisse anglophone de Montréal qui a rapidement grandi, tant en nombre de membres qu’en étendue du secteur géographique, est divisée en trois unités, soit une nouvelle (et plus petite) paroisse au centre et à l’est de l’île de Montréal, la paroisse de LaSalle tout près du nouveau centre de pieu et de la Rive-Sud, et la branche de Saint-Laurent, qui comprend une bande entre 105


La création de classes du séminaire et de l’institut Merlin V. Olsen, et sa femme, Lynda Lee, employés du Département d’éducation de l’Église, sont appelés pour travailler à Montréal en 1975. On leur demande de créer officiellement les programmes du séminaire et de l’institut à Ottawa et au Québec. En automne 1975, il y a des classes de séminaire dans toutes les paroisses et branches au Québec, de Montréal jusqu’à Alma et Chicoutimi. Les classes de l’institut sont créées à partir de 1976. Les classes ont lieu à l’église du boulevard Saint-Joseph, jusqu’à ce qu’elle soit endommagée par un incendie. Les classes de l’institut sont données en anglais la plupart du temps, surtout au début, mais les classes en français suivent peu après. Olsen utilise une pièce dans sa maison à Greenfield Park comme bureau pour son travail avec le Département d’éducation de l’Église. Il est l'évêque de la paroisse de Greenfield Park entre 1977 et 1980. Il est réaffecté à Calgary au printemps de 1980.157

l’Ouest-de-l’Île et la paroisse de Montréal, une région urbaine très peuplée, avec beaucoup d’immigrants et de nouveaux membres de l’Église.160 La séparation des unités de l’État de New York de l’ensemble du pieu en 2000 réduit énormément le temps de déplacement pour les dirigeants et les membres, mais aussi le nombre de membres dans le pieu. Cela crée, par conséquent, des défis importants pour les paroisses et les branches, et même le pieu, qui cherchent à combler les appels importants. Ce défi dure une décennie dans le pieu. Parmi d’autres événements importants figurent la création, en 2006, de la branche de Mount-Royal (une branche mandarine), la conversion de la branche de Saint-Laurent en « branche de jeunes adultes seuls » en 2007, et la consécration du bâtiment, rue de l’Orphelinat, pendant cette même année.161

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Ces grandes avancées donnent lieu à un nombre considérable de conversions et donc à une croissance importante dans l’Église entre 2007 et 2010, sous la direction du président de mission, Joel McKinnon, et de sa femme, Genean Hawkins. Cette croissance dans le nombre de conversions est accompagnée par de grands progrès dans la direction générale du pieu, et plusieurs positions importantes à tous les niveaux de la direction sont comblées par des frères et sœurs de grande foi. Mais plus important encore est la maturité spirituelle des membres, autant dans leur foi que dans leur dévouement, et le service qu’ils rendent dans leurs foyers respectifs, mais aussi dans le public.162 En résumé, bien qu’il ait une croissance inférieure aux pieux francophones, le pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), surmonte bien des défis successifs, augmente le nombre de membres dans ses assemblées, et devient aussi un pieu bien plus spirituel. Avec quelque 1 600 membres à l’origine, le pieu de Mount-Royal réussit à ajouter plus de 500 membres à ce nombre, malgré quelques années d’exode massif et la perte d’une paroisse et trois autres branches réattribuées aux pieux des États-Unis en 2000. En 2015, le nombre de membres dans le pieu approche les 2  185 membres.163 La plus grande partie de cette croissance a lieu dans les unités au centre de Montréal, tandis que les branches situées en périphérie connaissent moins de succès. Le 19  octobre  2014, la branche de Saint-Lazare est fermée en raison d’un manque de membres164 et, le 14  juin  2015, la branche de Montréal-Est est désignée comme branche francophone et transférée au pieu de Montréal (Québec).165 La croissance de l’Église parmi les populations immigrantes au Québec, 1975–2016 Pendant que les Québécois francophones embrassent l’Évangile, en même temps que les membres anglophones quittent la province, une troisième tendance démographique commence à s’affirmer dans l’Église : soit une diversité à la fois ethnique et linguistique. De plus en plus, de nouveaux membres allophones de l’Église créent des diversités linguistiques et ethniques dans les pieux, les paroisses et les branches, dont le résultat est la création le 10  mai  1975 de la branche Tung Fong (essentellement cantonaise),166 suivie par la branche Zarahemla (hispanophone) le 1er  juin  1978.167 Ensuite, une deuxième unité hispanophone – la paroisse Monte Rey – est créée le 16 février  1992,168 et une troisième unité – la branche Victoria – est créée le 10 avril 2005.169 Puis, cinq ans plus tard, en décembre  2010, la branche Victoria devient une paroisse.170 Une unité mandarine (la branche de Mount-Royal) est créée le 22  janvier  2006.171 De plus, un nombre croissant de convertis de diverses origines ethniques et linguistiques commencent


Cette photo représente une réunion (la soirée familiale) chez George Eric et Catherine Jarvis, et illustre la diversité ethnique des saints à Montréal. (Catherine Jarvis)

George Eric Jarvis est le président du pieu de MountRoyal, à Montréal (Québec), entre 2004 et 2013. Sur cette photo de 2010, il est au centre avec ses conseillers, William Y. Kaufman (à gauche) et Sergio Morais (à droite). (Ronald Wong)

à remplir les sièges dans les paroisses et branches francophones et anglophones, surtout sur l’île de Montréal. Bien que le siège de l’Église ne conserve pas de données sur l’appartenance ethnique, quelques estimations approximatives sur la diversité dans l’Église au Québec peuvent être suggérées. Grâce aux données du recensement canadien, il est généralement reconnu que le nombre d’habitants ni anglophones ni francophones au Québec connaît une croissance attribuable à l’immigration. On pourrait donc supposer que cette tendance vers la diversité sera également manifeste parmi les membres de l’Église (voir le graphique Immigrants à Montréal). Cependant, il faut noter que les immigrants sont mieux représentés dans l’Église que dans la population générale. Du point de vue de l’ethnicité, les minorités visibles comptent pour environ 14 % de la population de Montréal mais, dans l’Église, le pourcentage de minorités visibles remonte à 40 %. En 2001, selon le recensement canadien, dans la région métropolitaine de Montréal, 1 135 des 2  825 membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours sont à l’origine de l’un des groupes suivants : Noirs (260 membres), Latino-Américains (705 membres), Asiatiques (105 membres), et d’autres ethnicités (65  membres). Une large majorité de ces membres viennent

d’Amérique latine. En fait, en 2001, dans la région métropolitaine de Montréal, les Canadiens d’origine sud-américaine représentent déjà 25 % de tous les membres de l’Église, ou presque. La diversité ethnique et linguistique parmi les saints des derniers jours dans la région métropolitaine de Montréal est plus répandue en 2001 que dans toute autre région métropolitaine canadienne – 40 % à Montréal, comparativement à 36 % dans la région métropolitaine de Toronto, et à 22 % dans la région métropolitaine de Vancouver.172 La composition ethnique de la population se reflète dans la langue principale de chacun des groupes dans le recensement canadien de 2001. Comme le montre le graphique Langue principale au Québec, environ 81 % de la population générale indiquent le français comme langue principale, 8 % de la population se proclament anglophones et 11 % s’identifient comme allophones, c’est-à-dire qu’ils ont pour langue maternelle une langue autre que l’anglais et le français. À travers toute la province, un peu plus de 50 % des membres de l’Église s’identifient comme francophones, c’est-à-dire que le français est leur langue maternelle, alors qu’environ 19  % s’identifient comme anglophones, et que 30 % de la population ont une langue maternelle autre que l’anglais ou le français.

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Le pourcentage élevé d’anglophones reflète la dominance du prosélytisme en anglais pendant une quarantaine d’années avant l’introduction du prosélytisme en français. Le nombre élevé d’allophones représente les caractéristiques d’immigration récente et les tendances de la croissance en général. La nature cosmopolite de Montréal est illustrée dans le graphique Langue principale à Montréal – environ 68 % sont francophones, 12 % sont anglophones et 20 % ont une langue maternelle autre que l’anglais et le français. Dans l’Église, il y a environ 38 % de membres qui sont de langue maternelle française, 22 % qui sont anglophones, et 40 % qui sont allophones (qui parlent une langue maternelle autre que l’anglais et le français). Outre ces statistiques de 2001, des données plus récentes fournissent davantage d’informations. Selon les statistiques de 2014 du pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), 149 des 2 262 membres, soit 7 % du nombre total de membres du pieu, appartiennent à la branche Mount-Royal (ces membres sont presque exclusivement de langue maternelle mandarine).173 Dans le pieu de Longueuil (Québec), 458 des 3 215 membres, ou 14 % de la population totale de ce pieu, y compris 280 membres dans la paroisse Victoria, sont des Canadiens hispanophones, ayant l’espagnol comme langue maternelle.174 Dans le pieu de Montréal (Québec), 788 des 2 776 membres, ou 28 %, sont originaires d’Amérique du Sud ou d’Amérique centrale.175 Ces données, quoique incomplètes, reflètent la croissance des unités de langue officielle minoritaire, surtout hispanophones, dans les pieux. Bien d’autres membres immigrants de l’Église, parmi lesquels les Philippins, les Haïtiens, les Brésiliens et des membres d’autres pays, ne figurent pas parmi ces données. Les données sur le nombre de convertis présentent un tableau plus précis du rôle important des minorités ethniques dans la croissance récente de l’Église au Québec. Entre 2004 et mars 2015, un total de 223 des 676 convertis dans le pieu de Montréal (Québec), soit 33 % du nombre total de membres, provenaient des deux unités hispanophones.176 Un examen des convertis dans les unités francophones du pieu pendant ces années-là révèle plusieurs noms d’origine non anglophone et non francophone. Entre 2008 et 2014, il y a 334 nouveaux convertis dans les unités du Québec du pieu de Mount-Royal, à Montréal, parmi lesquels 213 convertis, ou 64 % du nombre total de convertis, sont d’origine étrangère, y compris 70 convertis de la branche de Mount-Royal177 (la branche mandarine). Ces pourcentages peuvent être une sous-estimation, surtout en ce qui concerne les convertis anglophones et francophones des Caraïbes, mais ils peuvent comprendre certains nouveaux convertis arrivant dans le pieu en provenance d’autres 108


Les membres de la branche de Mount-Royal (une branche mandarine) célèbre le Nouvel An chinois, en février 2016. (Catherine Jarvis)

Deux jeunes membres de la branche, en compagnie d’un dragon traditionnel, aux célébrations du Nouvel An chinois en 2016. (Catherine Jarvis)

branches et paroisses, de la région ou d’ailleurs. La diversité ethnique devient la norme ailleurs dans la province. Par exemple, Dean R. Louder estime qu’un tiers des membres de la branche de Sainte-Foy, dans la ville de Québec, appartient aux minorités ethniques.178 Un temple au Québec Lors d’une visite à Montréal et à la ville de Québec les 6 et 7 août 1998, le président Gordon B. Hinckley annonce la construction d’un temple à Montréal.179 Thomas Wilde, ancien président de pieu relevé de ses fonctions l’année d’avant, en 1997, dit que l’annonce est une belle surprise pour les dirigeants locaux de l’Église.180 Aucune préparation préalable pour un temple dans la région n’est faite auparavant mais, lorsque le président Hinckley propose l’idée de 109


construire un temple dans la région lors d’une réunion à la Place des Arts, devant les saints, la nouvelle est acceptée avec une grande joie, des cris d’enthousiasme et des applaudissements, ce qui incite le prophète à déclarer, en substance : «  C’est de cette même façon qu’ ont réagi les membres au Ghana!181 » Georges L. Bourget déclare que le président Hinckley s’est assis, en fait, après son discours; puis, avant la prière de clôture, il a repris la parole pour faire l’annonce concernant le temple. Huguette Bourget, qui assistait à la réunion en compagnie de sa famille, s’est levée après la prière de clôture en tenant dans sa main une bannière qu’elle avait préparée avant la réunion et qui disait :  « Merci, Président Hinckley, pour le temple ». Elle avait eu l’impression que le président Hinckley ferait une annonce à propos du nouveau temple pendant la réunion.182 Eric Dumouchel décrit ses propres sentiments ainsi que ceux de sa femme lors de cette occasion. Il dit : « Le chœur trilingue était magnifique. Les discours étaient inspirants. L’ esprit était plus fort que je n’avais jamais ressenti auparavant. En voyant notre cher prophète, j'ai pleuré des larmes de joie. Ma femme, par contre, pleurait

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lorsqu’ on a annoncé que la réunion était terminée. Le fait saillant de la réunion était l’annonce de la construction du temple à Montréal. (J’avais entendu "dans deux ans", mais ma femme, pour sa part, avait entendu "dans quelques années".) Il a dit que ce serait un petit temple, mais que toutes les ordonnances pourraient y être faites et que les membres devraient se procurer leurs propres vêtements.183 » Une telle dévotion envers le temple continue parmi les membres de l’Église au Québec. Les préparatifs se déroulent rapidement. Don MacFarlane, membre local de l’Église, trouve le site qui deviendrait le site officiel du temple, selon la décision finale du président Hinckley.184 Les saints des derniers jours ont reçu une réponse à leurs prières pour la construction d’un temple dans la région quand, le 4 juin 2000, le président Hinckley a consacré le temple de Montréal (Québec), à Longueuil, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, en face de Montréal.185 Thomas  S. Monson, premier conseiller dans la Première Présidence, participe à la consécration. Le président Monson, pour sa part, a une connexion personnelle avec les membres de l’Église au Québec. D’abord, il y sert comme président de la Mission canadienne entre 1959 et 1962, où il appelle les premiers missionnaires francophones dans la province, et il préside à la création du premier pieu francophone dans la région en 1978. Scott H. Taggart, président de la Mission canadienne de Montréal entre 1984 et 1987, devient le premier président du temple de Montréal (Québec).186 Il choisit comme premier conseiller Bernhard Gruber, du pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec) et, comme deuxième conseiller, Georges L. Bourget du pieu de Montréal (Québec).187 Le temple ferme pour rénovations en juin 2014 et la reconsécration a lieu, par la suite, le 22 novembre 2015 par le président Henry B. Eyring, premier conseiller dans la Première Présidence, à la suite d’importants travaux, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. L’ événement « Portes ouvertes » pour le public a lieu entre le 5 et le 14 novembre 2015, accompagné de visites guidées pour des invités de marque les 3, 4 et 7 novembre. Il y a au total environ 160 visites pour des invités de marque, et près de 8 000 visites régulières. Une célébration culturelle, présentée par les jeunes et dirigée par Guillaume Boudrias-Plouffe et Esther Caron, a lieu le 21 novembre 2015, et représente à la fois l’histoire et la culture du Québec. Parmi les grands succès des « Portes ouvertes » a lieu la première réunion entre un dirigeant haut placé dans l’Église catholique – Mgr Lépine, archevêque de Montréal – et Elder Alain  L. Allard, soixante-dix d’interrégion de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.188


Gordon B. Hinckley, président de l’Église, visite Montréal en juin 2000 pour la consécration du temple de Montréal (Québec). (Léona Caron) Le temple de Montréal (Québec), consacré en 2000, devient toute une source de joie pour les saints du Québec. (Catherine Jarvis)

Avant la reconsécration du temple de Montréal, en novembre 2015, les jeunes membres des pieux locaux présentent une célébration culturelle. Cette photo montre les jeunes en tenue québécoise traditionnelle représentant la culture des premiers colons français dans la province. (David Brulé)

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Grâce aux efforts récents des Affaires publiques de l’Église et à la participation au service dans la communauté, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours forge de nouvelles relations avec d’autres églises et groupes communautaires. Sur cette photo, de gauche à droite : Laurent M. Leclerc, directeur du Comité des affaires publiques du pieu de Longueuil (Québec); Alain L. Allard, soixante-dix interrégional, et Christian Lépine, archevêque catholique du diocèse de Montréal, assistent aux « Portes ouvertes » du temple de Montréal (Québec), avant sa reconsécration en 2015. (David Brulé)

Henry B. Eyring, de la Première Présidence, préside à la cérémonie de reconsécration du temple de Montréal (Québec) en novembre 2015. Sur cette photo, il arrive au temple, accompagné de Kent F. Richards, du collège des soixante-dix. (David Brulé)

D’autres faits dignes de mention À mesure que l’Église connaît une croissance en nombre et en foi au Québec, d’autres événements dignes de mention qui représentent des signes de maturité ont lieu également. Le 28 janvier 2007, la branche de Saint-Laurent du pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), composée de familles, devient une branche pour les jeunes adultes seuls, la première de ce genre au Québec, et J. M. Yves Limoges est appelé comme président de la branche. Il s’agit d’une branche principalement anglophone réservée aux jeunes adultes âgés de dix-huit à trente ans.189 Le  9  août  2009, la branche Laurier, une autre branche réservée aux jeunes adultes seuls dans le pieu de Montréal (Québec), est créée, avec Bertrand Slight comme président de branche. C’est une branche principalement francophone.190 Trois autres unités sont créées dans le pieu de Montréal (Québec), soit la branche de Joliette en 2008, la paroisse de Terrebonne en 2011 et la branche de Saint-Jérôme en 2014. Mais les branches de Joliette et de Saint-Jérôme seront fermées plus tard.191 Le 27 mai 2007, un nouveau bâtiment de l’Église est consacré, rue de l’Orphelinat.192 Cette église, située au centre-ville, devient un lieu de réunion très couramment utilisé par la paroisse de Montréal, la branche de Mount-Royal (branche mandarine), la branche des jeunes adultes seuls de Saint-Laurent, et l’institut de Montréal. Le 10 juillet 2011, la branche des jeunes adultes seuls déménage dans l’immeuble situé sur Gilford, qu’elle partage avec la nouvelle branche des jeunes adultes seuls, Laurier. La paroisse Monte Rey, qui

vient tout récemment de redevenir une branche, remplace la branche des jeunes adultes seuls de Saint-Laurent, sur la rue de l’Orphelinat.193 L’institut de Montréal connaît une croissance importante entre 2000 et 2016, sous la direction de Daniel Limoges, directeur de l’institut, et de sa femme Johanne. Il est habilement secondé en 2003 par Reid et Nona Nibley,194 qui sont missionnaires pour le Département d’éducation de l’Église et qui réunissent pour la première fois plus de cent jeunes adultes célibataires pour des activités hebdomadaires.195 L’institut de la ville de Québec est fondé en 2009 et est géré par les couples missionnaires appelés du pieu de Longueuil (Québec), parmi lesquels Monique et Daniel Couture, de Mont-Saint-Hilaire, le premier couple appelé à ce titre. Entre trente et cinquante étudiants participent à l’institut d’une année à l’autre. À partir de l’institut, la branche de Sainte-Foy est créée, ce qui donne une meilleure visibilité à l’Église parmi les étudiants et les immigrés dans les quartiers alentour.196 Le 8 juillet 2008, Salt Lake City approuve la création d’un centre de services d'aide à l'emploi, un centre géré par des bénévoles dans la région de Montréal.197 Le centre est situé sur Gilford à l’origine, mais il déménage plus tard, en 2011, rue de l’Orphelinat,198 d’où il offre des services d’emploi aux membres et aux non-membres de la région de Montréal en général. Pierre et Louise Doyon en sont les premiers gestionnaires et servent dans cet appel pendant un an, à partir du 18 janvier 2009.199

Les jeunes adultes seuls du district de Québec, à Cap-Rouge en 1978. (Nicolas Athanassi)

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interrégional lors de la conférence générale.204 Il est responsable des régions de l’Ontario, du Québec et des provinces de l’Atlantique. Elder Allard est le premier membre de l’Église au Québec à recevoir un tel appel.

Le 2 juillet 2009, Elder W. T. David Murray, du collège des soixante-dix, approuve un programme de traitement de la dépendance (PTD) pour les membres des pieux du Conseil de coordination d’Ottawa-Montréal.200 Stephan et Sandra Jehoda sont appelés pour gérer ce nouveau programme. Les réunions ont lieu à partir du 8  janvier  2010, au nouvel immeuble de l’Église, rue de l’Orphelinat, de l’autre côté de l’autoroute Décarie, près de la station de métro Villa-Maria. Cinq personnes assistent aux premières réunions.201 En 2016, il y a 37 paroisses et branches au Québec, dont plus de la moitié situées à l’extérieur de la région métropolitaine de Montréal. Les branches de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours sont localisées un peu partout sur la carte du Québec – à Alma, Chicoutimi et Rimouski dans le nord, jusqu’à Valleyfield, Saint-Jean et Granby dans le sud, et à Gatineau dans l’ouest, jusqu’à Sherbrooke dans le sud-est. Outre les centres d’histoire familiale créés à Montréal en 1982, d’autres centres d’histoire familiale sont créés à Alma, à Chicoutimi et à Trois-Rivières en 2002. Ces progrès rendent les centres de recherche accessibles aux généalogistes intéressés, qu’ils soient membres de l’Église ou non, grâce à l’emplacement pratique de ces centres un peu partout dans les régions du Québec.202 La branche d’Abitibi, dans la région nord-ouest du Québec, est organisée pour la première fois en 1978, mais est démantelée et réorganisée de temps à autre, et transférée entre la Mission canadienne de Montréal, le pieu de Sudbury (Ontario), le pieu d’Ottawa (Ontario) et le district de Québec (Québec), puis jumelée pendant une courte période avec la branche du Témiscamingue. En octobre 2016, la branche d’Abitibi est rétablie encore une fois et fait dorénavant partie du pieu de Sudbury (Ontario).203 Le 5 avril 2014, Alain L. Allard, président du pieu de Montréal (Québec), est soutenu comme soixante-dix 114

Dévouement et sacrifices des membres La croissance de l’Église au Québec est une tâche bien difficile. Le succès provient avant tout des membres : la foi, le dévouement et les sacrifices des hommes, des femmes et des familles qui consacrent leur vie entière à établir les bases pour une œuvre qui les dépasse. Des exemples de ce service dévoué se voient tous les jours dans les nombreux miracles dont témoignent les membres lorsqu’ils servent le Seigneur. Nous présentons, dans ce qui suit, quelques-uns des nombreux membres qui contribuent à ce processus, grâce à leur dévouement continu au nom du Seigneur. Linda Pelchat — Les membres de l’Église vendent des annuaires téléphoniques deux fois par année comme activité de financement. Les planchers de l’immeuble de l’Église s’affaissent de deux pouces, en raison du nombre de livres que vendent les membres. Pendant ces années-là, les membres sont responsables de récolter au moins 30 % des fonds requis pour le budget local de l’Église. En 1974, le président de branche demande à la famille de Linda de verser 1  500  $ pour le temple de Washington, D. C. Ce montant s’ajoute aux offrandes de dîme, de jeûne et de construction. Étant la femme du premier président de pieu de Montréal (Québec), Linda sent la responsabilité de cet appel aussi. C’est une grande responsabilité pour elle et elle travaille fort dans son rôle. Son mari est souvent absent quatre soirées de la semaine. Elle le soutient pendant ces périodes : « Il vaut mieux ça que de le retrouver dans un bar », déclare-t-elle. Il arrive parfois que son mari rentre d’un long voyage au service de son prochain, et qu’il soit tellement fatigué qu’il s’endorme dans la voiture stationnée dans l’allée devant la maison. «  J’ai reçu le témoignage personnel que le Seigneur a choisi mon mari pour servir dans ces appels. Ce n’est pas toujours facile – en fait, c’est bien difficile avec les garçons


Rémy et Hélène Tremblay Dean R. Louder Rémy et Hélène Tremblay deviennent membres de l’Église à l’époque où Wayne Owens est le président de mission. Rémy a la chance d’avoir l’amitié d’Owens lors de ses fréquentes visites dans la ville de Québec. Ils sont tous deux avocats et partagent les mêmes intérêts politiques. Quand les missionnaires commencent à enseigner à Rémy et à sa femme, ils étudient sérieusement l’Évangile et posent de profondes questions, parfois difficiles, aux jeunes missionnaires et même à Wayne Owens lorsqu’il leur rend visite. Enfin, en 1977, Rémy et Hélène prennent le taureau par les cornes, sont baptisés et ne lâchent plus jamais. Ils ont une immense influence sur les quelques jeunes adolescents et adolescentes de la branche, avant qu’il existe des programmes de séminaire et des programmes pour les Jeunes Gens et les Jeunes Filles. Au fur et à mesure que le temps passe, Remy sert à plusieurs reprises comme président de branche et comme évêque, et pour une courte période comme conseiller du président de la mission. Rémy et Hélène ont un profond désir d’avoir une famille et leur rêve se réalise enfin en 1987, quand leur fille, Priscilla, une enfant ayant des besoins spéciaux, naît. Les soins et la tendresse qu’elle reçoit, pendant que ses parents font de leur mieux pour l’intégrer aux activités, à la société et à l’Église en général, sont bien enrichissants pour elle, et lui permettent d’avoir une vie à la fois enrichissante et joyeuse. Hélène est de nouveau présidente de la Société de Secours en 2016. Son influence dans sa propre famille est immense. Née dans la famille Duchesne du Saguenay–Lac-Saint-Jean, elle joue un rôle clé dans la présentation de l’Évangile à sa famille. En fait, un nombre important de saints des derniers jours dans la région est de sa parenté. Grâce à sa formation en droit, à son intelligence, à sa compréhension du fonctionnement de la société moderne – ou la façon dont elle devrait fonctionner au moins – ainsi qu’à son désir de servir son prochain dans l’Église, surtout ceux et celles qui font face à des défis personnels ou autre (en nombre important, tant à l’époque que de nos jours), Rémy, pour sa part, est un pilier important au Québec. Il meurt le 24 novembre 2016, encore relativement jeune, à l’âge de 65 ans.205

La croissance de l’Église au Québec accentue le besoin pour d’ autres lieux de réunion vu le nombre croissant d’assemblées. Les campagnes de financement sont très importantes, voire nécessaires, pour répondre à ces besoins. Sur la photo, Gérard et Linda Pelchat sont en train de livrer des annuaires téléphoniques pendant l’une des campagnes de financement les plus importantes. (Linda Pelchat)

chez nous, mais je fais de mon mieux pour le soutenir.206 » Raymond Sawyer — Un soir en été, en 1998 ou en 1999, pendant que George Eric Jarvis joue au soccer dans la rue avec d’autres membres de la paroisse, l’évêque Sawyer s’approche de lui : « Il me cherchait, rappelle Jarvis,  car j’étais l’un de ses conseillers dans l’épiscopat, pour cosigner un chèque d’entraide pour l’un de nos membres dans le besoin. Me voici en train de faire du sport, pendant qu’il passe sa soirée à livrer des aliments et d’autres articles dont les membres ont besoin.207 » Le dévouement de l’évêque Sawyer, son humilité et sa bonne volonté laissent une impression inoubliable à ceux et celles ayant le plaisir de le connaître et de travailler avec lui. Thomas Wilde — En parlant de la période où les branches et paroisses de Montréal font partie du district d’OttawaMontréal et du pieu d’Ottawa (Ontario),

Thomas Wilde explique que « les longues distances posent tout un défi. Mais, puisqu’il y a plus de dirigeants à Ottawa, nous faisons le voyage; nous le faisons, tout simplement. L’ essence est moins chère à cette époque. Les gens sont plutôt satisfaits.208 » Walter Svenson — « Pendant que je suis président de pieu, de 1998 à 2004, je voyage plus de 600 000  kilomètres dans mes fonctions. C’est une période très exigeante.209 » Sa femme, Sherry, fait également de grands sacrifices. Quand son mari est président de pieu, il y a des sessions de formation régulièrement pour les évêques et leurs conjointes. Quelques-uns des dirigeants font de longs voyages pour participer à ces réunions. Sœur Svenson prépare des sandwichs et d’autres aliments pour les dirigeants, malgré le fait qu’elle doit, elle aussi, parcourir de longues distances pour assister à ces réunions.210

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Ray Aloi — Avant 1974, si les membres désirent se faire sceller au temple, il faut aller au temple à Cardston (Alberta) ou à Salt Lake City, pour entendre les sessions en anglais. Autrement, il faut aller au temple de Cardston ou en Suisse pour les ordonnances en français. À l’été 1974, le temple de Washington, D. C., accueille le grand public lors des journées « Portes ouvertes  ». Fait remarquable, les onze jeunes adultes célibataires (dont la plupart ne sont pas membres) qui voyagent à Washington pour visiter le temple seront tous baptisés plus tard dans l’Église. Ce groupe de nouveaux convertis compte, parmi d’autres, Ray Aloi, Kevin Lauder, Vince Belanger, Mildred Nagy. Carol Labelle, qui accompagne également le groupe, retourne à l’Église, après une période d’inactivité. Leonard Barnes, un membre d’Alberta qui demeure à Montréal à cette époque, fait aussi le voyage avec le groupe.212

Quand Ray Aloi devient l’évêque de la paroisse de Montréal (de 2003 à 2009), il se charge de préparer des paniers personnalisés pour les membres pendant la période des Fêtes. Souvent, au cours de la soirée, au cours de la semaine, même les fins de semaine, il travaille de son bureau à l’Église. La lumière brille fortement dans son bureau bien après le coucher du soleil pendant les soirées hivernales.213

Au-delà du devoir Stephan et Sandra Jehoda, membres de l’Église à Montréal depuis bien des années, témoignent de la croissance de l’Église et y participent au cours des cinq dernières décennies. Stephan raconte ce qui suit : En 1969, quelques jours avant d’être appelé comme président de la branche d’Hochelaga, Jehoda reçoit une visite informelle de Hans Peets, président de district, qui lui demande s’il aimerait être président de branche. Jehoda vient d’acheter une maison à Dollard-des-Ormeaux afin d’être plus proche de son travail, à l’aéroport de Dorval, et il «  n’est pas très content  », parce que sa nouvelle maison se situe à trente kilomètres de la chapelle du boulevard Saint-Joseph, qui accueille la branche d’Hochelaga. En plus, sa femme et ses enfants fréquentent une branche anglophone. Alors, accepter l’appel comme président de branche crée une séparation dans la famille presque tous les dimanches, lorsque sa femme se rend dans une branche dans le quartier ouest pendant qu’il reste dans l’est en raison de son nouvel appel. Il s’inquiète surtout de tous les déplacements.214 Néanmoins, Jehoda accepte l’appel et sert dans plusieurs appels dans le district de Québec (en français) au cours des années suivantes, pendant que sa femme et ses enfants assistent toujours à la branche de Pointe-Claire, dans le district anglophone. Il continue, pour sa part, à servir dans le district de Québec, jusqu’en 1977, quand le président de mission, Wayne Owens, qui observe bien la tension que crée cette situation dans la famille Jehoda, décide de faire des changements permettant aux membres de la famille de fréquenter l’Église ensemble dans la paroisse de Pointe-Claire.215 La construction de la chapelle de Pointe-Claire (connue de nos jours sous le nom de Kirkland), en 1978, est une source de fierté pour la famille. C’est un bâtiment moderne ordinaire des saints des derniers jours, soit le premier immeuble de ce genre au Québec. En réponse aux questions concernant l’immeuble, Stephan déclare : « c’est nous qui l’avons construit ». Sandra ajoute que « ce bâtiment est tout nouveau; nous l’avons construit grâce à beaucoup de sacrifices.216  » Des mots simples comme ceux-ci, quoique sous-estimés, montrent comment les saints des derniers jours du Québec ont construit leur communauté – depuis sa fondation initiale – grâce à un dévouement consacré.

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Trois couples prennent un vol en provenance de Montréal, à destination de la Suisse, en 1974, afin de recevoir leurs ordonnances au temple et d’ être scellés dans le temple de Berne, en Suisse, où les ordonnances sont disponibles en français. Deux des couples – Ghyslaine et Jean Saintonge (à gauche), et Jocelyne et René Sénéchal (deuxième couple à partir de la gauche) – et deux enfants de la famille Sénéchal – partent pour la Suisse le 16 février 1974. Nicole et Alain Allard (le troisième couple à partir de la gauche) font également le voyage en Suisse deux semaines plus tard pour recevoir leurs ordonnances au temple. Georges L. Bourget, le président de branche, en compagnie de sa femme, Huguette, (le couple à la droite sur la photo) avaient visité le temple auparavant et décident d’accompagner les familles Saintonge et Sénéchal lors de leur départ.211 (Nicolas Athanassi)

Des collectes d’ aliments deviennent une activité de service importante pour les saints des derniers jours au Québec, comme ailleurs au Canada. (Photo fournie par Catherine Jarvis)

Les membres de l’Église vêtus de dossards des « Mains serviables mormones » participent en grand nombre au nettoyage des rives au Québec, en 2010. Des actes de service comme celui-ci accroissent la visibilité de l’Église au Québec. (Ronald Wong)


Jean Saintonge — Avec confiance et sérénité, Jean Saintonge explique ceci : «  Je témoigne tout simplement que c’est le Seigneur qui dirige cette Église et que c’est lui qui renforce ceux et celles qui désirent le servir, quels que soient leur formation, leur profession, leur statut social ou leurs appels dans l’Église. Bref, aucune organisation humaine ne peut survivre comme notre Église, grâce à la manière dont nous dirigeons les affaires de l’Église. Les membres sont appelés dans des positions où ils se sentent incompétents et, dès qu’ils commencent à être efficaces dans leur appel, ils sont relevés… et le processus recommence. Les missionnaires en sont de bons exemples. Lorsque l’Église affiche une croissance, les membres aussi connaissent une croissance à la fois personnelle et spirituelle. Le produit final, ce sont d’abord les membres.217 » Michel J. Carter — Né à Drummondville, Michel J. Carter devient un dirigeant important de l’Église. Servant deux fois comme évêque et, par la suite, comme deuxième président du pieu de Montréal (Québec), il est, plus tard, président de la Mission française de Toulouse (Lyon). Quand il est appelé comme président de mission, il est également président et directeur général de COGECO Radio Télévision Inc.218 Il devient le président du temple de Montréal (Québec) en 2016. Alain L. Allard — Le 22 avril 1973, la présidence de la branche d’Hochelaga change. Alain Allard en devient le deuxième conseiller. Il est appelé comme soixantedix interrégional 41 ans plus tard, en date du 5 avril 2014.219 Elder Allard œuvre dans l’Église depuis quarante ans dans de nombreux postes de direction, notamment à titre de président du pieu de Montréal (Québec), entre 2006 et 2014. C’est une fiche de service bien remarquable pour lui, comme pour sa famille.

les trois pieux du Québec reçoivent cette formation destinée aux comités des Affaires publiques. Ces derniers travaillent à créer des relations avec l’ensemble de la collectivité. D’importants efforts sont axés sur la mise en œuvre du programme « Mains serviables mormones  ». Le 18  septembre  2010, l’Église accueille son tout premier événement «  Mains serviables  mormones » dans trois pieux, conjointement avec le « Grand nettoyage » des rives canadiennes. Trente paroisses et branches québécoises y participent, comptant environ 400 membres bénévoles pour le programme «  Mains serviables mormones » qui travaillent sur deux sites de décontamination – le parc Angrignon, à Montréal, et le long du fleuve Saint-Laurent, dans la ville de Longueuil.220 Il existe une collaboration entre l’Église et la communauté interreligieuse lorsque le pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), participe au Dialogue judéochrétien de Montréal. Les saints des derniers jours, dirigés par Catherine Jarvis, contribuent au Dialogue en mettant en œuvre l’événement «  Éco-Action interreligieuse », qui se réunit pour la première fois en mai 2011 au parc Mackenzie King, à Montréal. Cet événement permet à des gens de religions différentes de travailler ensemble et d’exprimer leur foi d’une manière concrète. Des membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours du Québec organisent ces événements annuels depuis 2011 et aiment coopérer avec des personnes issues d’autres traditions religieuses ayant des valeurs communes.221 Le cégep de Sainte-Foy, un collège préuniversitaire situé près de la ville de Québec et qui est financé par le public, accueille la neuvième édition des Journées des sciences de la religion, du 1er au 5 novembre 2010, et met

Contribution à la société québécoise L’Église au Québec étant devenue plus forte, elle a pu se rapprocher des autres membres de la collectivité et s’intégrer dans la communauté en participant davantage à des activités de service. En 2007, l’Église commence à organiser officiellement un programme d’Affaires publiques dans la région de Montréal. La formation est offerte d’abord par les dirigeants à Toronto mais, en 2009,

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En 2010, le cégep de Sainte-Foy, lors de son séminaire annuel « Journées des sciences de la religion », concentre ses efforts sur les mormons et demande la participation de l’Église. Des membres de l’Église, grâce à des présentations et des affiches, partagent l’histoire et les croyances de l’Église avec tous les visiteurs. Sur cette photo, on aperçoit les vêtements originaux datant de l’époque des pionniers, prêtés par le Musée de l’histoire de l’Église. Des charettes à bras semblables à celles utilisées par les pionniers mormons pour traverser les plaines du Nebraska jusqu’en Utah s’y retrouvent également. (Ariane Avril Caron)

en lumière l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.222 Cet événement accorde une attention sans précédent à l’Église dans la ville de Québec. Plus de 1 000 étudiants, en compagnie de leurs professeurs et provenant de plusieurs programmes d’études, participent à cet événement, et plus de 6 000 étudiants du cégep s'informent sur l’histoire de l’Église, son organisation, ses valeurs et ses pratiques. L’ organisateur de l’événement souligne l’efficacité, la courtoisie et le respect que montrent les membres de l’ Église, ce qui contribue au succès de l’ événement.223 En juin 2011, le sud du Québec connaît sa pire catastrophe naturelle en plus de 140  ans, et les «  Mains serviables mormones » participent aux grands efforts de nettoyage. La vallée du Richelieu est inondée à la suite de deux mois de pluies quotidiennes record entre mars et mai. Ces inondations causent plus de 78 $ millions de dommages à plus de 2  650 maisons et 330 chalets.224 Pierre-Paul Morin, président du pieu de Longueuil (Québec) invite les quatorze paroisses et branches sous sa direction à offrir leurs services de bénévolat pour les efforts de nettoyage. Lorsque l’Est du Canada entend parler de cela, plus de 550 membres des paroisses et branches du Québec, de l’Ontario et des provinces de l’Atlantique y participent également. Laurent  M. Leclerc, directeur du Comité des affaires publiques du pieu de Longueuil (Québec), et 118

Omer Pirlet, membre du grand conseil du pieu à cette époque, conjointement avec les collectivités locales, coordonnent les efforts des « Mains serviables mormones  ».225 Le service rendu par les «  Mains serviables mormones » pendant les efforts de nettoyage est un moment important pour la communauté des saints des derniers jours au Québec, comme le raconte Perry Spice. « Le président Lionel Tremblay de notre filiale québécoise, maintenant retraité, vient de m’appeler et ses paroles m’ont fait pleurer. Il m’a dit : “J’ai simplement deux mots à vous dire – Merci beaucoup!” Il vit dans la région

En haut, à gauche : Jean Charest, premier ministre du Québec, rend visite à des dirigeants locaux de l’Église lorsque ces derniers organisent l’ équipement pour aider au nettoyage après l’inondation de la rivière Richelieu, en 2011. Sur cette photo, Charest salue les efforts de Pierre-Paul Morin (à gauche), président du pieu de Longueuil (Québec) pour le service communautaire que rend son équipe. À côté de Morin se trouve Laurent M. Leclerc, directeur du Comité des affaires publiques pour le pieu de Longueuil. (Québec). En bas, à gauche, et en haut, à droite : Les bénévoles des « Mains serviables mormones » participent aux efforts de nettoyage à la suite du débordement de la rivière Richelieu en 2011. (Nadia Battani)


du Richelieu, mais heureusement sa maison n’ est pas touchée directement par le désastre. La maison de sa fille se situe sur une colline et, même s’il y a de l’eau autour de sa maison, sa famille n’est pas touchée. Mais il me dit qu’il était là-bas samedi et y a observé les "Mains serviables". Il dit qu’ils sont “incroyables”. Ils chantent, ils travaillent fort et impressionnent tout le monde. Apparemment, ils sont passés plusieurs fois à la télévision. La police les félicite même pour une raison inconnue – il ne donne pas de précisions. Mais il dit : “Les mormons sont bien reconnus et bien aimés ici au Québec! Vos membres sont magnifiques. S’il vous plaît, remerciez-les de notre part à tous", dit-il.226 » Grâce à cette expérience, le Comité des affaires publiques au Québec établit un partenariat avec la CroixRouge du Québec. La Croix-Rouge, de son côté, travaillait avec les saints des derniers jours à titre d’essai auparavant mais, depuis cette expérience, elle demande de l’aide des bénévoles mormons pour de nombreux projets de secours aux sinistrés et d’autres projets de service. Le 14 avril 2013, les pieux locaux accueillent la 34e commémoration chrétienne annuelle de la Shoah (Holocauste) pour faire suite à l’invitation du Dialogue

Le miracle de la 56e Avenue L’un des résidents locaux décrit son expérience avec les bénévoles des « Mains serviables mormones  », et l’appelle «  Le miracle de la 56e Avenue ». Il explique : « Un matin, de très bonne heure, nous conduisons vers Saint-Paul-de-l‘Île-aux-Noix. Nous allons donner un coup de main à nos amis dont les terrains sont inondés depuis sept semaines. Le nettoyage nécessite des efforts herculéens. Nous sommes seulement sept ou huit personnes. Comment transporter tous les débris se retrouvant dans les rues qui sont séparées du champ par un beau fossé rempli d’eau? Puis, tout à coup, une dizaine ou une vingtaine de personnes arrivent miraculeusement, vêtues de dossards jaunes portant l’emblème des « Mains serviables mormones ». Plus de 400 mormones et mormons de la région du Québec, de l’Ontario et des provinces maritimes sont présents. C’est vraiment incroyable – des jeunes gens pleins d’enthousiasme. En moins d’une heure seulement, le terrain est compètement nettoyé et les débris sont chargés dans des camions. Nos amis voient enfin la lumière au bout du tunnel. Combien de temps ce travail autrement impossible aurait-il pris si nous avions été seuls? Un grand merci à nos bénévoles mormons. Nous admirons tous votre soutien et votre générosité.227 »

judéo-chrétien de Montréal. Chaque année, ce Dialogue invite une église chrétienne à œuvrer avec des membres de la communauté juive de Montréal pour souligner le jour commémoratif de la Shoah. Environ 250 personnes participent à cet événement, qui comprend de la musique, des prières, le témoignage de survivants de l’Holocauste, et une cérémonie de veillée aux chandelles. La rabbin Lisa Grushow et la chantre Rachelle Shubert du Temple Emanu-El-Beth Sholom y participent, en compagnie de George Eric Jarvis, président du pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec). On invite les participants à se souvenir des vies perdues et des individus et des familles qui sont traumatisés par l’Holocauste. On les encourage à se souvenir de l’importance des événements interreligieux, comme celui-ci, pour promouvoir la camaraderie entre communautés. Le président Jarvis demande aux participants d’observer dans la Shoah un rappel constant de la promotion de la liberté religieuse et de la défense des droits humains des personnes de toutes les religions.228 Les contributions à la société québécoise continuent. Quand la présentation musicale Le Livre de Mormon est à l’affiche à Montréal en décembre 2014, plusieurs événements sont organisés dans le but de lutter contre les stéréotypes concernant les saints des derniers jours. Richard et Claudia Bushman donnent des conférences à l’Université McGill, à l’Université Concordia et à l’Université de Montréal. Parmi ces conférences se trouvent : «  Le déroutant Livre de Mormon  » et «  Féminisme mormon  : problématiques historiques et contemporaines.229 » Le Comité des affaires publiques lance aussi de nombreuses campagnes sur les médias sociaux pendant cette période afin de partager des messages positifs sur l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. L’une de ces campagnes présente une « mobilisation éclair » de Noël. L’organisatrice de l’événement, Marie-Frédérique Carter, explique que «  nous voulions envoyer un message de bonne volonté à Noël aux habitants de notre belle ville! ». Le 6 décembre 2014, plus de 200 saints des derniers jours, sous la direction de la soprano professionnelle, Marianne Lambert, chantent des chants de Noël au Complexe Desjardins. Un enregistrement de cet événement qui est affiché dans une vidéo sur YouTube reçoit plus de 100  000 visites pendant la saison de Noël de 2014.230 L’ œuvre généalogique continue de l’Église au Québec est également importante dans l’intégration de l’Église dans la communauté. L’une des contributions importantes de l’Église est la participation à la conservation des registres de l’état civil au Québec jusqu’en 1876. Un journaliste spécialiste de la généalogie explique ceci : «  La Société généalogique d’Utah et l’Assemblée des évêques du Québec sont enfin parvenues à une entente en octobre 1976, soit huit ans après la demande initiale. 119


Dans le cadre de cette entente, les saints des derniers jours sauvegarderont en format microfilm tous les registres de baptêmes, de mariages et d’enterrements conservés dans les archives de l’Église, depuis les premiers registres jusqu’en 1876. L’enregistrement sur microfilms a été effectué entre 1977 et 1981. L’ Assemblée des évêques du Québec demeure néanmoins propriétaire des négatifs, qui sont conservés, même de nos jours,

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dans les archives de l’Université de Montréal.231 » Pierre Anthian, membre du pieu de Montréal (Québec), devient célèbre au Québec lorsqu’il organise, en 1996, le tout premier chœur masculin pour les sans-abri – la Chorale de l’Accueil Bonneau de Montréal.232 Entre 1996 et 2002, ce chœur présente 1 600 spectacles, fait un tour mondial, produit six albums (dont 110 000 exemplaires vendus), et partage la scène


Le centre de pieu de Montréal (Québec), situé au 1777, avenue de Lorimier, accueille (en 2016) les paroisses Hochelaga (francophone) et Zarahemla (hispanophone). (Catherine Jarvis)

En 2016, les jeunes du pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), font une « marche vers le temple », pendant laquelle ils marchent neuf kilomètres, du centre de pieu de Montréal (Québec), jusqu’au temple. (David Brulé)

avec l’icône pop Céline Dion (appuyé par l’Association québécoise de l'industrie du disque [ADISQ] et présenté au Stade olympique).233 Un téléfilm, Le chœur de Noël, est à l’affiche; il est basé sur les expériences personnelles de Pierre lorsqu’il rassemble le chœur.234 Le chœur est démantelé en janvier 2002.235 Pourtant, l’idée de Pierre inspire la création d’autres chœurs pour les sans-abri dans les villes d’Edmonton, d’Halifax, de Chicago, de Melbourne (en Australie), de Francfort et de Paris.236 Pierre Anthian, pour sa part, travaille avec d’autres organisations communautaires avant de se lancer, en 2013, en politique au niveau municipal. En 2016, il est conseiller municipal de la ville de Laval pour la circonscription de Laval-desRapides. Ces exemples montrent clairement que les saints des derniers jours au Québec sortent peu à peu de l’ombre et commencent à contribuer à la société quotidienne à de nombreux égards. En tant qu’organisation grandissante de citoyens dévoués qui travaillent ensemble pour l’intérêt général et ce, malgré les différences linguistiques et ethniques, les saints des derniers jours du Québec sont de mieux en mieux acceptés et contribuent au bien-être de leur collectivité. Conclusion L’Église au Québec a commencé comme une petite minorité religieuse parmi la population anglophone et a continué principalement parmi les anglophones pendant plus de cinquante ans. Parallèlement à l’ évolution à la fois sociale et politique au Québec pendant les années 1960 et 1970, la croissance de l’Église s’ est accélérée à partir de la fin des années 1970, surtout parmi les populations majoritairement francophones. À mesure que les francophones se convertissent rapidement à l’Église, la croissance chez la population anglophone du Québec progresse moins vite. Elle diminue même pendant les périodes d’incertitude politique, surtout pendant les référendums sur la souveraineté de 1980 et 1995. À partir de la fin des années 1970, une nouvelle tendance s’établit dans la région chez les allophones, les personnes pour lesquelles la langue maternelle est autre que l’anglais et le français, qui se convertissent en grand nombre à l’Église. Cette nouvelle génération mène à la création d’autres branches et

paroisses de langues spécifiques (le cantonais, l’espagnol et le mandarin, par exemple). Les sacrifices faits par les membres du Québec sont restés constants pendant ces différentes tendances de la croissance de l’Église, et cela fait avancer son développement en dépit des forces et des obstacles auxquels l’Église a dû faire face durant cette période. L’Église au Québec mûrit et entre dans une nouvelle phase à laquelle des saints des derniers jours de deuxième génération, nés et élevés dans l’Évangile, apportent une nouvelle vitalité et une nouvelle maturité. Cette deuxième génération comprend un grand nombre d’hommes et de femmes qui deviennent missionnaires et retournent vivre au Québec. Ils donnent une stabilité bien importante à une église précaire et, grâce à leur service et à leur dévouement, l’Église au Québec est prête à faire des contributions importantes à la société et, par conséquent, à s’ établir en tant que communauté religieuse distincte et indépendante. In Memoriam Dean R. Louder, qui a fourni des encadrés pour ce chapitre et qui a aidé à sa préparation, est décédé le 10 mai 2017. Résident de longue date de la ville de Québec et professeur de géographie renommé de l’Université  Laval, il a été un leader dans l’étude des populations dispersées d’origine québécoise en Amérique. Il aimait avec passion la langue française et les gens du Québec et il a défendu leurs intérêts sans relâche. Son absence sera durement ressentie, comme ami et collègue, et comme membre de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.

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Les premiers missionnaires convertissent un petit nombre de membres au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et à l’Île-du-Prince-Édouard mais, en 1855, la plupart de ces nouveaux convertis avaient émigré en Utah. À la suite des efforts sporadiques des missionnaires, l’œuvre missionnaire soutenue reprend au Nouveau-Brunswick en 1919, en Nouvelle-Écosse une année plus tard, à l’Île-du-Prince-Édouard en 1943, et à Terre-Neuve-et-Labrador en 1948. En 2015, après de nombreuses années de travail missionnaire et les efforts soutenus des membres de l’Église, il y a plusieurs paroisses et branches, deux pieux et un magnifique temple au Canada atlantique. 122


David Ripley Ross

La plupart des convertis du 19e siècle au Canada atlantique rejoignent le corps principal des saints à Kirtland et à Nauvoo, et plus tard en Utah. On n’ a connaissance que de deux missionnaires saints des derniers jours ayant œuvré au Canada atlantique entre 1855 et la fin du siècle. Les efforts missionnaires en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick reprennent en 1906 et encore en 1911, mais ils rencontrent énormément d’opposition et connaissent peu de succès. (15:457, 461; 2:52) Préparation de la voie En 1919, l’Église crée la Mission canadienne, dont le siège est à Toronto, pour superviser l’œuvre missionnaire dans toutes les provinces canadiennes situées à l’est de la Saskatchewan. Nephi Jensen en est le premier président. C’est vraiment un moment décisif pour l’Église au Canada atlantique car, à partir de ce moment-là, la région accueille beaucoup plus de missionnaires que jamais auparavant. Ces derniers se heurtent souvent à une farouche opposition, et on leur refuse parfois la permission de faire du prosélytisme ou de tenir des réunions dans les rues de Moncton, de Saint John, de Fredericton, de Dartmouth et d’Halifax. Cependant, ils ouvrent de nouveaux secteurs à l’œuvre missionnaire en Nouvelle-Écosse  : Windsor en juillet 1920 et New Glasgow en octobre. Au Nouveau-Brunswick, il y a des missionnaires à Milltown (près de St. Stephen) en septembre 1921, et à Sussex en novembre 1922; en Nouvelle-Écosse, Yarmouth, Truro et Bridgewater acceptent de recevoir les missionnaires en mai 1926, en septembre 1927 et en octobre 1927 respectivement. (15:460-61)

Des programmes de l’Église, notamment l’École du dimanche et la Société de Secours, sont mis en place, au fur et à mesure de l’augmentation du nombre de membres. Les missionnaires tiennent régulièrement des classes d’École du dimanche à Halifax en novembre 1921, et ceux de Saint John indiquent, en mai 1924, que le nombre de membres dans les classes est si élevé qu’ils doivent maintenant trouver un local plus grand pour tous les accueillir. Malgré le nombre réduit de missionnaires au Canada atlantique pendant la Grande Dépression, l’école du dimanche de Saint John devient la branche de Saint John le 12 août 1934. C’est la première branche officielle de l’Église au Canada atlantique depuis 1855. (15:462) En septembre 1937, l’Église organise la Mission des États de la Nouvelle-Angleterre, qui est chargée de l’œuvre missionnaire au Canada atlantique. Mais, durant les années suivantes, il n’y a qu’une présence intermittente des missionnaires dans les provinces maritimes, à cause de l’opposition et des conditions de temps de guerre. Deux missionnaires sont en poste sur l’Île-du-Prince-Édouard pendant quelques mois en 1943 mais, pendant plusieurs mois, il n’y a aucun missionnaire dans les trois provinces maritimes. En juillet 1944, après le retrait de tous les missionnaires des provinces maritimes jusqu’à la fin de la guerre, le président de mission, William H. Reeder, fils, se rend en Nouvelle-Écosse et y organise le district de la Nouvelle-Écosse, avec les dirigeants de l’Église locaux. À la fin de la guerre, la branche d’Halifax est créée et la branche de Saint John est rétablie en 1947.

David Ripley Ross est titulaire d’une maîtrise en histoire de l’Université Simon Fraser et d’une maîtrise en bibliothéconomie et en science de l'information de l’Université Dalhousie. Depuis 2007, il travaille comme bibliothécaire à l’Université du Nouveau-Brunswick, à Saint John, où il y est directeur des Services d’apprentissage et de recherche.

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Terre-Neuve ouvre ses portes aux missionnaires en 1948, quelques mois avant de devenir la dernière province à s’ajouter à la Confédération canadienne en 1949. Cependant, l’œuvre missionnaire sur l’Île-du-Prince-Édouard ne reprend qu’ en 1958. (15:462-65) En 1955, le premier bâtiment appartenant à l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est construit et consacré à Saint John, au Nouveau-Brunswick. Quelque 154 membres assistent à la consécration. Le 25  juin 1958, Mark E. Petersen, du Collège des douze, qui avait fait partie du premier contingent de missionnaires envoyés à Halifax en 1920, se rend à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, pour assister à la cérémonie de la première pelletée de terre précédant la construction de la première église des saints des derniers jours de cette province. La construction se termine en janvier 1959. (15:468) Parmi les plus grands défis auxquels l’Église doit faire face au Canada atlantique à partir des années 1950 figurent la vie transitoire des membres et leur isolement, surtout à Terre-Neuve, où un grand nombre de membres travaillent pour les forces armées et n’y sont stationnés que temporairement. Des distances considérables et une population clairsemée compliquent également la communication entre les membres de l’Église. (15:468)

En 1961, les membres de l’Église des quatre provinces de l’Atlantique sont organisés en district, soit le district maritime, qui fait partie de la Mission des États de la Nouvelle-Angleterre. Il est composé alors de quatre branches en Nouvelle-Écosse, deux au Nouveau-Brunswick et une à Terre-Neuve. Walter Eugene Fellows est le premier président de district. En 1963, Aubrey A. Fielden, natif de Nouvelle-Écosse et résident de Dartmouth, remplace Fellows 124

comme président de district et sera en poste jusqu’en 1969, soit pendant six ans, pendant lesquels il fait un travail remarquable. Pendant les années suivant l’organisation du district, un plus grand nombre de membres locaux acquiert de l’expérience ainsi que des compétences en leadership pendant que l’Église continue à croître. (15:471-74) Croissance et expansion Le 1er juillet 1973, la Mission canadienne des Maritimes – renommée Mission canadienne d’Halifax un an plus tard – est créée pour superviser l’ œuvre missionnaire en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard, à Terre-Neuve, et dans une région dans le nord du Maine. Cela annonce une période de croissance sans précédent de l’Église au Canada atlantique. En 1973, il y a 2  072  membres de l’Église dans les quatre provinces, et plusieurs petites branches se réunissent dans des salles louées miteuses. L’ œuvre missionnaire est florissante, avec des centaines de nouveaux convertis, et des campagnes de financement dynamiques permettent aux branches en croissance de construire des bâtiments plus convenables. La branche de Bathurst, au nord-est du Nouveau-Brunswick, est organisée en 1980. Il s’agit de la première branche francophone de la province. En 1986, l’un des membres du premier collège des soixante-dix constate que, «  au cours de l’année précédente, la Mission canadienne d’Halifax a progressé davantage que toutes les autres missions de la région nord-est de l’Amérique du Nord. » En 1993, soit vingt ans après la création de ladite mission, le nombre de membres est de 7 014. (15:474-77) La création de pieux au Canada atlantique est un jalon important de la croissance

En juin 1958, Nelson Smith, ancien président de district, offre une prière lors de la cérémonie de la première pelletée de terre pour la construction de l’ église de la branche d’Halifax, premier bâtiment appartenant à l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. De gauche à droite : Emma Marr Petersen, Margaret Romney Jackson, Junius M. Jackson (président de la mission de la Nouvelle-Angleterre), Mark E. Petersen (Collège des douze), Nelson Smith (président de l’ école du dimanche à Kentville), et Aubrey Fielden (président de la branche d’Halifax). (Aubrey Fielden)

La première présidence du pieu de Saint John, au Nouveau-Brunswick, en 1988. De gauche à droite : Reg Hilchie, premier conseiller; Blaine Hatt, président; Todd Christiansen, deuxième conseiller. (Debbie Christiansen) Ces six missionnaires qui œuvraient à Saint John, au Nouveau-Brunswick, en 1915, ont été accusés et reconnus coupables de faire du prosélytisme sans permis parce qu’ils distribuaient des exemplaires du Livre de Mormon. Ayant le choix entre payer une forte amende, aller en prison ou quitter le Canada, ils ont décidé de continuer leurs efforts de l’autre côté de la frontière, dans les États de la Nouvelle-Angleterre. Cet article a été publié dans le Liahona: The Elders’ Journal en 1915. (15:460)

Ralph et Gerda Waugh (Kevin Waugh)


Ralph et Gerda Waugh En 1964, deux nouveaux membres, Ralph et Gerda Waugh, déménagent de l’État de New York à l’Île-du-Prince-Édouard. Ils s’établissent dans un endroit où l’Église n’a pas de missionnaire ni d’unité et où elle est peu présente, ce qui aurait été difficile pour n’importe qui, mais particulièrement pour des nouveaux membres. Cependant, leur foi ne faiblit pas et ils finissent par rencontrer Kay Callaghan, elle aussi membre de l’Église, et commencent à se réunir le dimanche pour étudier les Écritures. En 1966, ils invitent Boyd K. Packer, alors président de la Mission des États de la Nouvelle-Angleterre, à venir les voir. Lors de sa visite, Packer promet d’assigner des missionnaires à la province et, seulement deux semaines plus tard, il tient sa promesse en envoyant deux missionnaires. En 1969, Ralph Waugh devient le premier président de la branche de Summerside. (15:473)

que connaît l’Église dans la région. Le 12 mai 1985, le pieu de Dartmouth est créé et comprend toute la province de la Nouvelle-Écosse. Terry Livingstone devient le premier président de pieu. Quand le pieu de Saint John au Nouveau-Brunswick est créé en juin 1988, il comprend au départ les provinces du NouveauBrunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard, le comté de Cumberland en Nouvelle-Écosse et une grande région dans le nord du Maine. Blaine Hatt en est le premier président. (15:477-79) Temple d’Halifax, Nouvelle-Écosse En 1998, l’annonce de la construction d’un temple à Halifax y est reçue avec enthousiasme. La cérémonie de la première pelletée de terre a lieu le 12 octobre 1998 et les équipes de construction commencent à y travailler dès le 9 novembre. Moins d’un an plus tard, le temple est construit et des journées «  portes ouvertes  » y attirent plus de 8  100  personnes. Le temple a des retombées positives sur l’Église dans la région. Les branches et les paroisses s’y rendent régulièrement, ce qui rapproche les membres. Lorsqu’on demande à John et Janet MacLennan, premier président et intendante du temple, de parler de l’influence qu’a le temple sur les membres de l’Église au Canada atlantique, ils déclarent que ces derniers sont plus spirituels, qu’ils éprouvent davantage de paix et qu’ils se sentent plus en mesure de faire face aux épreuves, grâce aux bénédictions que leur offre le temple. (15:480-82) Fusion À cause d’un déclin économique qui s’installe au milieu des années 1990, un grand nombre de membres du Canada atlantique quitte la région, ce qui y ralentit la croissance de l’Église. Plusieurs petites branches créées à une époque où les frais de déplacement posaient de sérieux problèmes sont maintenant fusionnées aux branches voisines solides. Même si les membres éprouvent moins d’ opposition qu’auparavant, plusieurs défis

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Le temple d’Halifax, en Nouvelle-Écosse, consacré en 1999 par Gordon B. Hinckley, président de l’Église, est une grande bénédiction pour les membres de l’Église du Canada atlantique. (Arnon Livingstone)

auxquels ils faisaient face à l’époque relativement au petit nombre de membres dispersés existent toujours. (15:483-84) Un regard vers l’avenir On pourrait remettre en question les possibilités de croissance future de l’Église au Canada atlantique. Il est important, cependant, de se rappeler que les membres du Canada atlantique ont fait face à de très grands défis dans le passé. En fait, l’Église

n’ existait quasiment pas dans cette région en 1919 mais, en 2015, il y avait plus de 8 000  membres, avec des dizaines d’églises magnifiques, deux pieux et un temple. (15:483-85) Le riche héritage de foi que laissent les membres du passé est bien prometteur pour le développement futur de l’Église dans la région.

Difficultés dues au petit nombre de membres dispersés Comme on le constate ailleurs au Canada où les unités de l’Église sont petites et où les membres, une petite minorité de la population, sont dispersés, les membres de l’Église du Canada atlantique doivent souvent faire face à une forte opposition de la part de ceux qui ne connaissent pas leur foi. Il arrive souvent, par exemple, qu’un jeune saint des derniers jours soit le seul membre de l’Église à son école secondaire. Un grand nombre de membres de l’Église doivent faire plus de trente minutes de route pour participer aux services religieux du dimanche. Il n’est pas rare que les membres aient plusieurs responsabilités ou appels, et qu’ils doivent couvrir plusieurs kilomètres pour faire les visites au foyer chez des membres dispersés. Mais ces sacrifices fortifient la foi et le témoignage, surtout de ceux ayant une attitude positive et qui sont déjà forts dans la foi. Pour eux, servir dans les petites branches et paroisses qui éprouvent bien des difficultés accroît leur développement personnel et resserre les liens avec d’autres membres de l’Église. Les saints des derniers jours du Canada atlantique ont l’occasion d’avoir une influence positive dans l’Église. Plus important encore, ils peuvent être profondément touchés par l’Église même. Cette dernière n’est pas répandue dans ce coin du monde mais, grâce à ce riche héritage de foi chez les membres (du présent comme du passé), l’Évangile peut avoir un effet très profond sur l’individu et sur la famille. (15:484)

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Les enfants de la branche de St. John’ s, à Terre-Neuve, tentent de fracasser une piñata lors des célébrations de la fête du Canada le 1er juillet 2015. (Mandy Harline)

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Dans les vastes territoires du nord du Canada, considérés parfois comme « la dernière frontière », les membres de l’Église rencontrent des défis particuliers comme les immenses distances, l’isolement et une population migrante. Quelques petites branches ou écoles du dimanche sont établies à plusieurs endroits et fonctionnent pendant un certain temps. Mais elles doivent fermer lorsque les membres de l’Église quittent la région. Des branches permanentes qui ont leurs propres bâtiments sont organisées dans deux villes plus importantes : Whitehorse, capitale du Yukon, et Yellowknife, capitale des Territoires du Nord-Ouest.

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La dernière frontière Carma T. Prete

Les trois territoires du nord du Canada – le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut – s’étendent sur une vaste superficie (près de 40  %  du Canada), mais comprennent une population de moins de 110  000  en 2011, dont un peu plus de 50  % sont des Autochtones. L’ ensemble des territoires englobe la région située entre l’Alaska à l’ouest et le Groenland à l’est, des provinces canadiennes au sud jusqu’au pôle Nord. Le Nunavut, le plus grand des trois territoires, n’ existe que depuis 1999, lors de la division des Territoires du Nord-Ouest. Le nord du Canada est une région connue pour ses aurores boréales, ses routes de glace et son pergélisol. À Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest, située au-dessus du cercle polaire, il y a sept semaines de « soleil de minuit » en été et trente jours consécutifs en hiver où le soleil ne se lève pas du tout. (16:487) Malgré toutes les difficultés dues au climat, à la distance, à l’isolement et aux fluctuations de l’économie, l’Église s’établit dans le Nord canadien où, en 2015, il y a une branche à Whitehorse (Yukon) et une autre à Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest). Deux autres branches – à Inuvik (Territoires du Nord-Ouest) et à Iqaluit (Nunavut) – fonctionnent pendant environ cinq ans, mais sont ensuite fermées. D’autres familles de saints des derniers jours sont réparties un peu partout dans le Nord, bien loin des branches organisées de l’Église. (16:487) Whitehorse En 1947, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest sont assignés à la Mission canadienne de l’ouest, mais il n’ existe aucune trace de l’Église dans le Grand Nord canadien jusqu’à ce que Norman Drayton et sa famille partent de l’Australie pour venir s’installer à Whitehorse, au Yukon, en 1952. Les premiers missionnaires connus dans le Grand Nord arrivent à Whitehorse en août 1955, où ils demeurent pendant trois mois et rendent visite aux membres de l’Église dans la région. Un an plus tard, onze personnes assistent à une réunion à Whitehorse et y organisent une école du dimanche au foyer. (16:488) En novembre 1960, la Colombie-Britannique et le Yukon sont séparés de la Mission canadienne de l’ouest et fusionnés avec l’Alaska, pour former la Mission

canadienne d’Alaska. Le siège administratif de la mission se situe à Vancouver, à près de 1 500  kilomètres de Whitehorse. Trois ans plus tard, en 1963, la branche de Whitehorse est organisée comme branche indépendante. En 1974, la Mission canadienne d’Alaska est divisée en deux missions  : la Mission d’Alaska-Anchorage qui comprend l’Alaska et le Yukon, et la Mission canadienne de Vancouver, qui comprend toute la ColombieBritannique. (16:488-89) Bien que la branche de Whitehorse ait fait des campagnes de financement pendant un certain temps pour financer la construction de son propre bâtiment, les chances d’avoir une église des saints des derniers jours à Whitehorse dans un avenir proche sont très faibles. Quand Douglas T. Snarr, président de la Mission d’Alaska-Anchorage, visite la région à la fin des années 1970, il se rend compte que les lieux de réunion sont essentiels au progrès de l’Église dans le Nord et que des solutions innovatrices sont requises. Après quelques études et enquêtes, il propose que des bâtiments, faits de rondins prédécoupés et préfabriqués, et conçus pour résister aux chutes de neige abondantes et au froid, soient construits dans des endroits déterminés de la Mission, notamment à Whitehorse. Ces bâtiments ont un autre avantage  : les membres peuvent assurer une grande partie du travail de construction, ce qui leur permet de répondre aux exigences concernant la contribution financière des membres locaux. (16:490) Mais la présence d’une église locale n’ élimine pas l’obstacle de l’isolement de la branche du centre de pieu ou du temple. Dans un rapport de 2013, on rapporte que c’ est tout un défi pour les membres de la branche de Whitehorse d’assister à la conférence de pieu. Les membres doivent faire deux heures de route de Whitehorse jusqu’à Skagway (Alaska), où ils doivent ensuite faire un trajet de sept heures en traversier jusqu’à Juneau (Alaska), où se trouve le centre de pieu. Cela leur prend encore plus de temps pour se rendre au temple : ils doivent faire treize heures de route de Whitehorse jusqu’au temple d’Anchorage (Alaska) lorsque les conditions routières sont idéales. Mais ce voyage peut prendre jusqu’à vingt  heures en hiver. (16:490) 129


Inuvik et la dispersion des saints Un nombre important de personnes, dont des membres de l’Église, emménagent à Inuvik au début des années 1960, à la recherche d’ emploi. Abiah J. Clark, par exemple, obtient un poste de surintendant à la Commission d’ énergie du Nord canadien. Sa famille et lui emménagent alors à Inuvik en 1961. D’autres saints des derniers jours arrivent peu après. Le 4 juin 1967, la branche d’Inuvik est organisée comme branche indépendante; c’est la branche la plus septentrionale de l’Église dans le monde. Les mouvements de population, dus à une économie variable et à la nature temporaire de plusieurs postes, s’ avèrent être un problème important, comme c’est le cas dans de nombreuses villes et villages du Grand Nord canadien. En juin 1973, la branche d’Inuvik est officiellement fermée. Une présence mormone y connaît un renouveau temporaire en 1980 grâce à l’arrivée d’une nouvelle famille. Mais, dans de telles conditions, il est difficile de retrouver d’autres membres dispersés pour créer même les rudiments d’un programme de l’Église. (16:491-92) En juin 1969, le président de la Mission canadienne de l’ouest crée la branche d’Alberta, qui englobe tous les membres de l’Église de la mission habitant en dehors des frontières des paroisses et branches existantes dans le nord de l’Alberta et les Territoires du Nord-Ouest. Octave Ursenbach,

dirigeant expérimenté de l’Église, est président de la branche, qui comprend près de 800 membres dispersés partout dans les Territoires du Nord-Ouest, le nord de l’Alberta, le nord de la Saskatchewan et le nord-est de la Colombie-Britannique. Ursenbach et sa femme sont chargés de garder contact avec les membres dispersés. La branche d’Alberta supervise les membres de l’Église dans les régions du Nord jusqu’en 1979 environ. (16:493) Yellowknife Entre-temps, quelques membres de l’Église emménagent à Yellowknife et y organisent une école du dimanche en 1965. Huit ans plus tard, 26 membres de l’Église à Yellowknife se réunissent régulièrement pour l'école du dimanche, les réunions de Sainte-Cène, de la prêtrise et de la Société de Secours. On indique aussi qu’à cette date il y a trois ou quatre familles saintes des derniers jours qui demeurent à Hay River et deux autres familles à Pine Point. (16:493) Le 15 mai 1983, la branche de Yellowknife est créée. Elle fait partie du district des Territoires du Nord-Ouest de la Mission canadienne de Calgary. En 1988, quand les premiers missionnaires y arrivent, il y a environ cent membres dans la branche de Yellowknife, dont cinquante  vivant près de Yellowknife et cinquante autres éparpillés dans des collectivités éloignées. De temps à autre, des membres de la branche font une centaine de kilomètres en voiture sur des routes non asphaltées et se réunissent pour des activités sociales. Des missionnaires, dont des couples d’âge mûr, travaillent occasionnellement à Yellowknife au fil des ans. Le bâtiment de la branche de Yellowknife est consacré le 16 octobre 1996. Cette branche est intégrée au pieu d’Edmonton Nord de l’Alberta en 2011. Le pieu utilise les technologies de communications, comme la diffusion Web et les systèmes de vidéoconférence, qui permettent aux membres de l’Église de la branche de Yellowknife de participer plus pleinement aux réunions et aux conférences de pieu. (16:494-95) Iqaluit Le territoire du Nunavut est créé en 1999, grâce à la division des Territoires du Nord-Ouest. Avant 2004, le territoire est dans les limites de la Mission canadienne de

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Des avions de brousse, tels que celui-ci, sont essentiels au transport dans le Grand Nord canadien. Compte tenu des vastes distances, des terrains accidentés et de la pénurie de routes dans la région, un grand nombre de villages ne peut être atteint que par voie aérienne. Les avions sont parfois équipés de flotteurs pour amerrir sur des lacs ou des rivières, ou de skis pour atterrir sur la neige ou les lacs gelés. Cette photographie a été prise à Whitehorse, où Norman Drayton, membre de l’Église, se prépare à s’ envoler vers Tuktoyaktuk, à 977 kilomètres au nord. (Carol Drayton) L’ école du dimanche de la branche d’Inuvik dans les années 1960. Remarquez les jeunes familles, avec leurs enfants et adolescents, tous vêtus de vêtements d’hiver chauds. (Brent Clark) Le bâtiment de la branche de Yellowknife, consacré en 1996, comprend un logement pour les missionnaires et, plus tard, un centre d’histoire familiale. (Thomas et Juanita Garrett)

Norman Drayton, arrivé au Yukon en 1952 avec sa famille, devient le premier président de la branche de Whitehorse. Sur la photo, sa femme, Beth, est à gauche, et leur fils, John, est en avant. (Carol Drayton)

Le bâtiment de la branche de Whitehorse est construit en 1981. La construction en bois est adaptée au climat unique du Yukon. L’ église est consacrée en 1987, et une deuxième phase y est ajoutée en 2004. (Daniel Johnson)


Montréal. En juin 2004, Brian Higgins, résident d’Iqaluit, est baptisé pendant une visite à Ottawa, en Ontario. En septembre, David O. Ulrich, président de la Mission canadienne de Montréal, envoie deux missionnaires à Iqaluit pour soutenir le nouveau converti et commencer l’œuvre missionnaire dans la région. À la fin de 2004, Ulrich indique qu’une petite branche est créée à Iqaluit, avec environ dix membres de l’Église et un missionnaire qui sert à titre de président de branche. La branche d’Iqaluit ferme en 2009. (16:496) Conclusion Dans le Grand Nord canadien, certaines branches progressent énormément pendant que d’autres régressent, en raison des fluctuations économiques et de la population migrante. Des branches, à Inuvik et à Iqaluit par exemple, qui fonctionnent pour quelque temps dans des petits centres succombent à des pertes périodiques de membres. De plus grands centres, comme Whitehorse et Yellowknife, s’ en sont mieux tirés à long terme. Grâce à des branches bien établies dans ces deux endroits, chacune ayant sa propre église, il y a une base solide pour assurer une croissance future, malgré l’obstacle de la distance et l’isolement souvent ressentis par les membres éparpillés.

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Larsyn et Seth Burdett, le jour de leur mariage. Le temple de Cardston (Alberta) est en arrière-plan. Les saints des derniers jours croient que les familles peuvent être ensemble à tout jamais. Les couples qui sont mariés pour « le temps et pour toute l’éternité » dans un temple par l’autorité de la prêtrise ont l’assurance que leur relation durera dans les éternités, à condition qu’ils suivent les enseignements de l’Église. Les caractéristiques qui distinguent les saints des derniers jours canadiens de leurs semblables proviennent souvent de leurs croyances au sujet de la famille. (Ashley Bennett) 132


La famille, la sante, la scolarite et l’ emploi George K. Jarvis et Jonathan A. Jarvis

Les membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (souvent appelés saints des derniers jours ou mormons) estiment que leurs croyances et leurs pratiques uniques sont ce qui les distingue du reste de la population. Même s’ils partagent la plupart des activités de leurs concitoyens et suivent les tendances de la société au sens large, ils sont différents de par la doctrine qu’ils adoptent. Ces différences, qui sont surtout affaire de nuances et d’ordre de priorités, vont au-delà de la simple perception de soi. Des statistiques officielles démontrent que les mormons sont objectivement différents des non-mormons au Canada : ils ont un mode de vie qui leur est propre. (17:499, 515) La population mormone du Canada reflète non seulement les particularités ethniques et linguistiques du pays, mais aussi sa répartition géographique. Il existe de plus des différences importantes au sein des mormons en fonction de l’origine historique, selon qu’ils sont des membres de longue date ou des convertis récents. Les données utilisées dans ce chapitre proviennent de plusieurs sources, mais principalement du recensement canadien obligatoire de 2001 plutôt que de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011. Lors du recensement de 2001, environ 101  850  personnes indiquaient une préférence pour l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, soit un nombre beaucoup moins élevé que les 167 000 inscrits sur les registres de l’Église à cette date. Cet écart est dû surtout à la méthode de collecte de données employée par l’Église et par le gouvernement, mais aussi au fait que ces deux institutions utilisent ces données à des fins différentes. (17:499-501) La répartition régionale À la fin du 19e siècle, la plupart des saints des derniers jours vivent dans de petites communautés agricoles dans

le sud de l’Alberta. Mais, peu à peu, le pourcentage de mormons habitant à l’extérieur de l’Alberta passe de 47 % en 1965 à 58  % en 2015, surtout parce que les jeunes saints des derniers jours se déplacent vers les régions offrant des possibilités d’ éducation et de meilleures perspectives économiques. On observe la même tendance dans la population générale du Canada où les jeunes migrent vers les villes alors que la population plus âgée reste dans les régions rurales. (17:501) Le lieu de résidence rural et urbain Même si beaucoup de mormons du sud de l’Alberta vivent dans de petites communautés, le nombre de ceux qui vivent dans la ville continue d’augmenter depuis quelques décennies. Dans les autres provinces du Canada, les saints des derniers jours ont tendance à vivre davantage en milieu urbain. Les façons de penser et l’expérience sont les facteurs qui séparent les gens des milieux ruraux de ceux des milieux urbains. Par conséquent, la population de saints des derniers jours est différente d’une province à l’autre. Les assemblées mormones des grandes villes accueillent une plus grande diversité ethnique, et les membres y sont plus instruits et occupent des postes différents de ceux qu’occupent les membres des milieux ruraux. Au Canada, il y a plus d’immigrants dans les grandes villes que dans les collectivités moins importantes. C’est pourquoi il est important de dépasser le cadre des simples comparaisons entre les saints des derniers jours et la population générale. Il faut également examiner les comparaisons entre les mormons d’Alberta et ceux des autres provinces. Les mormons d’Edmonton et de Calgary, par exemple, ressemblent davantage aux mormons vivant dans d’autres centres urbains du Canada qu’ à ceux des régions rurales de l’Alberta. (17:501)

George K. Jarvis est titulaire d’un doctorat en sociologie de l’Université du Michigan qu’il a obtenu en 1972. Il a enseigné dans trois universités : l’Université Western, en Ontario, l’Université de l’Alberta et l’Université d’Hawaï. Il est l’auteur de plusieurs articles et ouvrages et il a été consultant et conférencier en sociologie, notamment sur les thèmes du suicide, des dépendances, de la structure urbaine et de la démographie des populations spéciales. Voir le chapitre 4 pour lire la biographie de Jonathan A. Jarvis.

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Les modèles familiaux Les croyances des saints des derniers jours relativement au mariage et à la famille sont en grande partie ce qui explique leurs modèles familiaux distinctifs. Leur religion enseigne que les plus grandes récompenses qui attendent les membres dans l’au-delà sont réservées aux couples qui sont scellés pour le temps et pour toute l’éternité. C’est dans le temple que l’on retrouve un environnement et une atmosphère sacrés se prêtant à l’union dans les liens du mariage et à l’accomplissement d’ ordonnances par procuration pour les ancêtres décédés dont l’identité est établie par les recherches généalogiques. Ces étapes permettent de constituer une ascendance familiale qui existera dans les éternités. L’Église porte une attention particulière aux enfants et aux jeunes saints des derniers jours en leur offrant des réunions, des formations et des activités spéciales qui visent avant tout à les unir à leur famille et à leurs ancêtres. Le nombre d’ enfants qui assistent aux mêmes réunions religieuses que leurs parents est plus élevé dans les familles mormones que dans les familles des autres confessions religieuses. Ces jeunes connaissent ordinairement mieux la doctrine et les Écritures et croient ardemment en leur religion. De plus, ils ont moins de difficulté que les jeunes des autres confessions à faire face aux problèmes sociaux. Cela dit, un nombre important d’enfants des familles mormones choisissent un mode de vie qui ne correspond pas à celui de leurs parents. (17:501-03)

Comme l’indique le graphique, les mormons ont davantage tendance à se marier et à se marier à un jeune âge, ils courent moins le risque de divorcer ou de se séparer, ils deviennent moins souvent veufs, 134

et ils vont rarement cohabiter sans être mariés, comparativement aux membres d’autres confessions religieuses. Dans les villes canadiennes, le nombre de saints des derniers jours qui ne sont pas mariés est comparable à celui des autres confessions religieuses. La seule exception est la ville de Toronto, où le nombre de mormons célibataires qui n’ ont jamais été mariés est plus élevé que dans la population en général. (17:503-05)

Les notions d’ autonomie, de soutien familial, de coopération et d’ entraide sont profondément ancrées dans la culture mormone. Des centres d’ emploi mormons, comme celui-ci à Montréal, sont établis dans les grandes villes et offrent de l’ aide aux travailleurs à la recherche d’un emploi. Ces centres permettent aux chercheurs d’ emploi d’acquérir les compétences requises en recherche d' emploi. Des couples missionnaires à temps plein sont souvent appelés à travailler dans ces centres et à y offrir des services. (Catherine Jarvis)

Le taux de natalité chez les mormons est plus élevé que la moyenne nationale. Pour les saints des derniers jours, « le mariage est ordonné de Dieu » (D&A 49:15). Les relations sexuelles en dehors du mariage sont strictement interdites et le mariage homosexuel n’est pas reconnu par l’Église, même s’il est légal dans la juridiction où le couple habite. (17:505-06) La santé, la mortalité et l’espérance de vie Parmi les enseignements des saints des derniers jours figure une déclaration connue sous le nom de Parole de sagesse, selon laquelle ils doivent s’abstenir des produits du tabac, de l’alcool et des boissons chaudes (c’est-à-dire le café et le thé). Au cours du dernier siècle, ces interdictions en sont venues à inclure aussi l’utilisation des drogues illégales et le mauvais usage des médicaments sur ordonnance. La Parole de sagesse encourage aussi une consommation modérée de viande et l’adoption d’un régime riche en grains, en fruits et en légumes. Un grand nombre de saints des derniers jours considère cette déclaration comme une façon de gérer sagement le corps mortel

Les grands-parents jouent un rôle de premier plan dans la transmission de leur foi de génération en génération. Compte tenu de l’ augmentation de l’espérance de vie chez les mormons, de plus en plus de jeunes mormons ont la chance de connaître leurs grands-parents et d’ avoir des échanges avec eux, contrairement aux jeunes des autres confessions religieuses. Blair et Jane Bennett, avec leurs petits-enfants; de gauche à droite : Grayden, Jones et Porter. (Ashley Bennett)


qui doit également être soigné par de bonnes habitudes de sommeil, d’exercice et par des pratiques saines. Ils croient que ces règles sont données par Dieu et que, s’ils y sont obéissants, ils jouiront non seulement d’une meilleure santé physique, mais ils seront aussi plus réceptifs aux bénédictions spirituelles. (17:507-08) Au début des années 1970 (1977 au Canada), plusieurs études importantes menées aux États-Unis et au Canada démontrent que les mormons pratiquants jouissent d’une meilleure santé, qu’ils sont moins souvent atteints de cancers et de maladies cardiovasculaires, et qu’ils ont un taux de mortalité moins élevé et une espérance de vie plus longue comparativement à la population non mormone. Une étude menée en Utah en 2004 indique que les saints des derniers jours ont une espérance de vie plus élevée d’environ 7,3  ans pour les hommes et de 5,8  ans pour les femmes. (17:508-11) La scolarité, l’emploi et la mobilité La poursuite de l’apprentissage et des connaissances est un concept profondément ancré dans la théologie mormone. Depuis ses débuts, l’Église encourage les hommes et les femmes à se préparer à faire face aux défis de la vie en obtenant une bonne formation. Au cours des trente-cinq dernières années, les saints des derniers jours ont continuellement cherché à atteindre des niveaux d’enseignement supérieur, faisant écho à la tendance dans tout le Canada. Le recensement de 2001 indiquait que les mormons de quinze  ans et plus étaient plus nombreux à fréquenter l’école à temps plein ou à temps partiel par rapport aux jeunes du reste du Canada. Parmi ceux qui ne fréquentaient plus l’école, les mormons se classaient parmi les Canadiens les plus à même de détenir un diplôme d’études secondaires. Aux cycles supérieurs (maîtrise et doctorat), les saints des derniers jours font moins bonne figure, mais il s’agit d’un taux légèrement inférieur au reste de la population du Canada. Dans l’Ouest canadien, toutefois, le nombre de mormons titulaires d’une maîtrise ou d’un doctorat est à peu près égal au reste de la population canadienne. Les étudiants saints des derniers jours sont notamment surreprésentés dans diverses disciplines de la santé et de l’éducation, mais légèrement sous-représentés en sciences agricoles et biologiques, en nutrition, en sciences de l’alimentation et dans les beaux-arts. Les saints des derniers jours se spécialisent moins souvent dans les domaines des sciences et des technologies appliquées, en génie, en sciences appliquées et en mathématiques, en informatique et en sciences physiques. La proportion de saints des derniers jours qui s’inscrit en sciences humaines, en sciences sociales et en affaires est à peu près équivalente au nombre d’étudiants de la population en général. (17:511-12)

Là où le nombre de membres est suffisant, l’Église offre des programmes d’enseignement religieux quotidien aux niveaux secondaire et postsecondaire. Des recherches ont démontré que la participation à ces programmes d’étude est fortement reliée au développement et à la rétention des relations personnelles dans l’Église. Ces relations facilitent en outre grandement la formation et la poursuite des croyances et des engagements religieux. (17:512) Comme les saints des derniers jours accordent une grande importance au travail, l’Église a établi des centres d’emploi dans les grandes villes du Canada. Le recensement de 2001 révèle que les mormons font partie de la population active dans une plus grande proportion (67,1 %) que les autres Canadiens (66,4 %) et que, parmi les jeunes, les saints des derniers jours de quinze ans et plus fréquentent davantage l’école à temps plein ou à temps partiel (15,1 %) que les autres Canadiens (11,6 %). Ce même recensement indique que seulement 4,9 % des mormons sont sans emploi, et que 7,4 % de la population non mormone est dans cette situation. Il s’agit d’un écart important entre membres et non-membres, mais il pourrait s’expliquer par le grand nombre de saints des derniers jours en Alberta, une province qui connaît traditionnellement de faibles taux de chômage. (17:511, 513-14) Le recensement de 2001 révèle aussi qu’un peu plus de la moitié des saints des derniers jours de cinq ans et plus a déménagé au cours des cinq dernières années, soit 10 % de plus que les gens qui ne sont pas de cette foi. Les raisons du taux de mobilité élevé chez les mormons ne sont pas claires, mais elles pourraient s’expliquer en partie par des motivations culturelles et professionnelles. Des groupes d’ entraide dans l’Église contribuent à atténuer les effets de la transition pour les nouveaux venus.

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Austin Doig, de Magrath en Alberta, s’ acquitte joyeusement de son devoir d’instructeur au foyer en aidant l’une des familles dont il a la responsabilité à déménager. Il est de tradition que les collèges des anciens aident les membres à déménager, alors que les femmes de la Société de Secours offrent d’ autres services importants, notamment de l’ aide pour remplir ou vider des boîtes ou des sacs, et la surveillance ou la garde des enfants. (Patricia Whitehead)

Conclusion Quoique les mormons suivent les tendances de la société en général, ils demeurent différents en raison de la doctrine et des principes auxquels ils adhèrent. Ils ont un mode de vie distinct et pourraient donc être considérés comme un peuple ethnoreligieux. Ils ont d’ordinaire de plus grandes familles, font face à moins de divorces, jouissent d’une meilleure santé et vivent plus longtemps. Ils sont également un peu plus instruits et ils occupent habituellement un emploi rémunéré. Dès leur plus jeune âge, ils apprennent à servir autrui et à donner de leur temps et de leurs biens. Ils croient que leur style de vie leur apportera une plus grande joie dans la vie mortelle et qu’il aura aussi une incidence positive sur la vie après la mort. 136


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John Taylor, président de l’Église, en compagnie de ses conseillers, George Q. Cannon (à gauche) et Joseph F. Smith (à droite), en 1880. John Taylor s’est joint à l’Église en 1836, à Toronto, et son deuxième conseiller, Joseph F. Smith, est le fils de Mary Fielding, une convertie canadienne. La Première Présidence de 1880, composée de deux membres ayant des liens étroits avec le Canada, est un exemple de l’apport important des Canadiens à la croissance de l’Église dès ses débuts. (© Intellectual Reserve, Inc., ci-après IRI)

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Carma T. Prete

Les mormons du Canada apportent une contribution appréciable à l’Église, au Canada et au monde entier. Des saints des derniers jours de premier plan sont nés au Canada, y ont été convertis à l’Église ou y demeurent pendant longtemps, depuis les premiers jours de l’Église. Le présent chapitre ne présente pas une liste exhaustive de toutes ces personnes, mais plutôt un échantillon représentatif des saints des derniers jours du Canada qui ont laissé leur marque en tant que dirigeants de l’Église, dans les domaines de l’agriculture, de la politique, des affaires et du sport – des individus qui ont changé le monde pour le mieux. Ce chapitre examine aussi la contribution collective des mormons au Canada du point de vue du mode de vie, du service communautaire et de l’appui à des questions morales et éthiques. (18:517) Les premiers convertis Environ 2 500  Canadiens deviennent membres de l’Église entre 1832 et 1855. La plupart d’entre eux quittent le Canada pour se joindre au groupe principal de l’Église aux États-Unis et y apportent une contribution précieuse. John Taylor, Joseph Fielding et sa sœur, Mary, Artemus Millet, Ira Nathaniel Hinckley, Joseph et Isabella Horne, Jane Snyder Richards et Marriner W. Merrill figurent parmi ces membres. Peu après sa conversion à l’Église en 1836, John Taylor assume le rôle de dirigeant de nombreuses branches dans la région de Toronto, dans le Haut-Canada (qui deviendra plus tard l’Ontario). Après le déménagement de Taylor et sa famille à Far West (Missouri) en 1838, il est ordonné comme membre du Collège des douze. En 1839, il accompagne plusieurs membres du Collège des douze en Angleterre, où il avait connu un très grand succès comme missionnaire. Lorsqu’il retourne à Nauvoo en 1841, il devient l’éditeur du journal Times and Seasons. Le 27 juin 1844, il est blessé lorsque le prophète Joseph Smith et son frère Hyrum sont assassinés à Carthage (Illinois). En 1849, John Taylor est nommé chef de mission en France, où il contribue à la traduction du Livre de Mormon vers le français. À la mort de Brigham

Young en 1877, Taylor devient le troisième président de l’Église, qu’il dirige jusqu’à sa mort en 1887. Son fils, John W. Taylor, devient apôtre et joue un rôle important dans l’ établissement des saints des derniers jours dans le sud de l’ Alberta. (18:517-18) Joseph Fielding et ses sœurs, Mary et Mercy, sont baptisés à Toronto en 1836. L’ année suivante, Mary Fielding épouse Hyrum Smith, veuf et père de cinq enfants. Leur fils Joseph F. Smith deviendra le sixième président de l’Église, et leur petit-fils, Joseph Fielding Smith, le dixième président. Joseph Fielding, frère de Mary, fait partie du premier groupe de missionnaires saints des derniers jours qui proclame l’Évangile en Angleterre en 1837 et, grâce à ses relations, le travail missionnaire s’implante solidement en Grande-Bretagne. Il y devient président de la Mission d’Angleterre en 1838. L’Évangile est introduit en Écosse en 1839 quand Samuel Mulliner et Alexander Wright, deux convertis de Toronto, retournent à leur Écosse natale en tant que missionnaires. (18:518-21) Artemus Millet, converti d’Ernestown (Haut-Canada) en 1833, est un constructeur et un tailleur de pierre expérimenté. À la suite de son baptême, Millet reçoit une lettre de Hyrum Smith lui disant que le Seigneur a besoin de lui à Kirtland pour travailler à la construction du temple. Artemus y fait bon usage de toute son expérience professionnelle et joue un rôle important dans la construction du temple de Kirtland. (18:520) Ira Nathaniel Hinckley, grand-père de Gordon B. Hinckley qui est président de l’Église de 1995 à 2008, entend parler de l’Église pour la première fois en 1836 dans le comté de Leeds (Haut-Canada) quand il est enfant. À son arrivée en Utah en 1850, il est déjà un forgeron doué et a des talents dans d’autres domaines chers aux pionniers. Il construit des forts de protection le long des voies postales et télégraphiques au Wyoming et y supervise la construction d’une église. En 1867, Brigham Young envoie Ira construire un fort à Cove Creek, au sud de Fillmore (Utah). Dans l’espace de quelques mois seulement, son équipe et lui terminent 139


Le Conseil d’ administration de l’hôpital Deseret comprend, entre 1882 et 1884, quelques-unes des saintes des derniers jours les plus connues de l’ époque dans la région de l’Utah. Deux d’ entre elles, Jane Snyder Richards (au premier rang, à l’extrême gauche) et Mary Isabella Horne (deuxième rangée, deuxième à partir de la gauche) sont originaires du Canada. (© IRI)

la structure massive de Cove Fort. Il est président du pieu de Fillmore pendant plus de vingt-cinq ans. (18:521) Joseph et Isabella Horne, des immigrants de l’Angleterre, sont baptisés en juillet 1836, à Toronto. Isabella invite ses parents, Stephen et Mary Ann Hales, à assister à l’une des réunions de l’Église. Peu après, les parents et leur grande famille se joignent tous à l’Église. La famille Horne subit la violence de la populace et les privations et, en temps opportun, elle traverse les plaines jusqu’en Utah, en 1847. Joseph et Isabella s’installent à Salt Lake City, où ils élèvent une famille nombreuse. Joseph Horne est chargé d’explorer certaines régions de l’Utah et est nommé membre du Conseil de Salt Lake City. Il œuvre plus tard comme patriarche. Isabella sert à titre de présidente de la Société de Secours de la quatorzième paroisse pendant quatorze ans, et pendant plusieurs années comme présidente de la Société de Secours du pieu de Salt Lake City. Elle est nommée trésorière du Conseil central de la Société de Secours, qui devient plus tard le bureau général de la Société de Secours. Elle y sert dans ces fonctions jusqu’en 1901. Elle siège également douze ans au Comité de l’hôpital Deseret et joue un rôle prépondérant dans l’ établissement de 140

l’industrie de la soie en Utah. (18:519) Jane Snyder Richards figure également parmi les Canadiennes qui servent fidèlement dans l’Église. Elle entend parler de l’Évangile en 1837 lorsqu’elle est adolescente à Camden (Haut-Canada). Elle épouse Franklin D. Richards à Nauvoo en 1842; ce dernier est nommé apôtre de l’Église en 1849. Jane sert à titre de présidente de la Société de Secours de pieu pendant trente et un ans et elle est conseillère dans la présidence générale de la Société de Secours pendant treize ans. Elle est déléguée au Conseil national des femmes de l’Utah et est reconnue pour son ministère personnel auprès des malades et des affligés. (18:521-22) Il y a moins de convertis au Québec et dans les provinces maritimes que dans le Haut-Canada. Un nombre cependant considérable de personnes qui deviennent membres de l’Église dans l’est du Canada contribuent activement à la progression de l’Église, notamment Sarah Sturtevant Leavitt. Celle-ci entend parler de l’Évangile au Québec en 1835 et sa famille nombreuse déménage à Kirtland pour y rejoindre les saints. Après la mort de son mari en 1846, elle traverse les plaines avec plusieurs membres de sa famille. Pour souligner son

Des colons mormons construisent un réseau de canaux d’irrigation pour ouvrir la voie au secteur agricole dans la région sèche du sud de l’Alberta. (© IRI)


200e anniversaire en 1998, on dévoile un monument en son honneur à Santa Clara. On estime que sa postérité est parmi les plus grandes de l’Église. L’un de ses fils, Thomas Rowell Leavitt, et sa grande famille, font partie des premiers saints des derniers jours à s’installer dans le sud de l’Alberta. La ville de Leavitt leur doit son nom. (18:523) En avril 1853, Marriner W. Merrill quitte, en compagnie d’autres convertis canadiens, le NouveauBrunswick où il est né et arrive à Salt Lake City en septembre de la même année. Il sert dix-huit ans à titre d’évêque; il est élu deux fois dans l’administration territoriale; et il participe activement à la construction de chemins de fer, de rues, de canaux et d’écoles. En 1866, il crée avec d’autres la Richmond Cooperative Mercantile Company, l’une des premières coopératives en Utah. Il siège également au Conseil d’administration du Collège Brigham Young, à Logan. En 1884, il devient président du temple de Logan et, en 1889, il est soutenu comme membre du Collège des douze apôtres. Il sert simultanément comme président du temple et comme membre du Collège des douze pendant quinze ans, à partir de 1889 et jusqu’ à sa mort en 1906. Son fils, Joseph Merrill, devient lui aussi apôtre. (18:523)

Colonisation du sud de l’Alberta En 1887, Charles Ora Card dirige un petit groupe de colons de l’Utah jusqu’au sud de l’Alberta et fonde la ville de Cardston dans une région aride considérée comme trop sèche pour l’agriculture. D’autres pionniers mormons leur emboîtent le pas. À partir de 1898, des colons mormons, dans un projet commun de l’Église et de Charles A. Magrath – magnat des chemins de fer et propriétaire foncier – construisent des canaux d’irrigation et établissent un réseau de communautés agricoles prospère. L’introduction de l’irrigation à grande échelle au Canada est souvent applaudie comme la plus grande contribution des saints des derniers jours à leur nouvelle

patrie. En 1923, il y a près de 10 000 saints des derniers jours du sud de l’Alberta qui se réjouissent de la consécration du temple de Cardston. (18:525-26; 3:74-87) Un grand nombre des premiers colons, notamment Edward James Wood et Asael Palmer, collaborent considérablement à la croissance de l’Église en Alberta. Wood déménage en Alberta en 1901, après avoir œuvré à titre de président de mission aux Samoa. Il devient président du pieu d’Alberta en 1903, où il sert pendant trente-neuf ans, jusqu’ en 1942. Il travaille également à titre de président du temple de Cardston entre 1923 et 1948. En plus de ses lourdes responsabilités dans l’Église, il est dirigeant dans la communauté où il met sur pied des entreprises et des industries. Bien connu pour sa perspicacité et ses nombreux dons spirituels, notamment le don de prophétie, il encourage la confiance en soi chez les fermiers et renouvelle leur foi en Dieu afin qu’ils puissent faire face aux nombreux défis inhérents à la vie de pionnier. (8:216) Asael Palmer est sans doute le plus grand spécialiste de l’agriculture dans l’histoire de l’ouest du Canada. Né en Utah, il déménage en 1903 dans le sud de l’Alberta avec ses parents, alors qu’il a quinze ans. Il travaille à la ferme familiale et, plus tard, en compagnie de son frère, il fait une demande de lot de colonisation. Il obtient un baccalauréat de l’Utah State Agricultural College en 1917, ce qui enrichit son expérience pratique. Il est engagé par le Canadien Pacifique pour examiner la chimie du sol dans le sud de l’Alberta et pour évaluer la conformité des terres dans plusieurs régions en vue de l’irrigation. En 1921, il obtient un poste à la Dominion Experimental Farm, à Lethbridge, où il effectue de nombreuses expériences contrôlées afin de déterminer les méthodes d’irrigation les plus efficaces dans des conditions de sol variées, et où il développe de nouvelles méthodes pour réduire l’érosion du sol. Les fruits de ses recherches sont publiés et largement diffusés. Il sera tout au long de sa vie une autorité respectée internationalement en matière d’irrigation et de pratiques agricoles et un dirigeant de l’Église dévoué. Il servira en tant que président du pieu de Lethbridge pendant plus de vingt ans, de 1926 jusqu’en 1947. (18:527) Contribution en tant que dirigeants de l’Église Les mormons canadiens ont beaucoup servi et sont des dirigeants de premier ordre dans l’Église, non seulement sur les plans local et régional, mais dans l’ensemble de l’Église. Des milliers de missionnaires canadiens ont servi un peu partout dans le monde. Leur apport est inestimable dans les années 1950 quand le gouvernement de l’Afrique du Sud cesse de délivrer des visas aux missionnaires étrangers. Comme le Canada fait partie du Commonwealth, ses citoyens ne font pas l’objet de restrictions en matière de visas. C’est pour cette raison 141


qu’entre 1955 et 1957, tous les missionnaires qui entrent en Afrique du Sud sont canadiens. Plus de soixante-huit Canadiens, accompagnés de leurs épouses, ont servi en tant que présidents de mission dans le monde. Plusieurs Canadiennes et Canadiens, notamment Nathan Eldon Tanner, Hugh B. Brown, Ardeth Greene Kapp, Elaine Jack, Victor L. Brown et d’autres dirigeants plus nouveaux, ont œuvré à titre d’Autorités générales et d’officiers de l’Église et ont eu une influence durable sur les membres de l’Église dans bien des pays. (18:528-36)

Nathan Eldon Tanner est directeur d’école et évêque à Cardston avant d’être élu à l’Assemblée législative de l’Alberta en 1935. Pendant les dix-sept ans où il est législateur provincial, il agit en tant que président de l’Assemblée législative et occupe d’autres postes clés. Quand il quitte ses fonctions provinciales, il devient président de TransCanada Pipeline, où il réussit, en 1958, à mettre en place un gazoduc entre l’Alberta et le Québec. Pendant toutes ces années au gouvernement et en entreprise, il détient également des postes de dirigeant dans l’Église : président de pieu et Autorité générale, entre autres. Il est appelé comme membre du Collège des douze en 1962 et y demeure jusqu’à son décès en 1982. Il sera conseiller de quatre présidents entre 1963 et 1982. Entre 1963 et 1970, les deux conseillers du président David O. McKay, 142

N. Eldon Tanner et Hugh B. Brown, sont canadiens. (18:528-29) Hugh B. Brown a aussi fait partie de la Première Présidence. Durant son adolescence, en 1899, sa famille quitte Salt Lake City pour le sud de l’Alberta et il devient officier dans l’Armée canadienne où il recrute et entraîne les soldats du sud de l’Alberta qui serviront dans la Première Guerre mondiale. En même temps que ses nombreuses occupations professionnelles, notamment en qualité d’avocat et d’éducateur religieux, il a des appels de responsabilité dans l’Église : président du pieu de Lethbridge (1921–1926), président du pieu de Granite à Salt Lake City (1929–1935), président de la Mission d’Angleterre (1937–1940), coordinateur des militaires saints des derniers jours (1941–1944), et président de la Mission d’Angleterre pour une deuxième fois (1944–1946). En 1953, on l’appelle comme assistant du Collège des douze, où il reste jusqu’en 1958, année à laquelle il est soutenu en tant qu’apôtre. En 1961, il est conseiller du président David O. McKay et sert à ce titre jusqu’ en 1970. Doté d’intelligence, de sagesse, de qualités de dirigeant et de force spirituelle, il a inspiré des générations de saints des derniers jours. (18:529-30) Contribution à la collectivité Outre les appels de dirigeants dans l’Église, un grand nombre de saints des derniers jours du Canada occupent des postes de responsabilité dans bien d’autres domaines. En Alberta, par exemple, beaucoup de membres de l’Église ont été élus à l’Assemblée législative; trois saints des derniers jours ont été maires dans des grandes villes d’Alberta, et cinq ont été députés à la Chambre des communes. Jack Armstrong est président-directeur général d’Imperial Oil entre 1973 et 1981. Rose Marie Reid crée une entreprise internationale prospère qui fabrique et commercialise des maillots de bain qu’ elle a conçus. Pendant les treize années qu’il a passées avec les Alouettes de Montréal, Ben Cahoon établit le record de la LCF pour le nombre de passes captées. Raymond Knight organise le tout premier rodéo au Canada – nommé le Raymond Stampede – et gagne trois championnats de prise de veau au lasso en Amérique du Nord.

Plusieurs Autorités générales et officiers généraux de l’Église, parmi lesquels trois sont originaires du sud de l’Alberta, assistent à la reconsécration du temple de Cardston (Alberta) en 1991. Ardeth G. Kapp (à gauche) est présidente générale des Jeunes Filles à cette époque. Victor L. Brown (au centre) sert à titre d’ évêque président de l’Église entre 1972 et 1985, puis comme membre du premier collège des soixante-dix. Il devient Autorité générale émérite en 1989. Elaine Jack (à droite) est, en 1991, présidente générale de la Société de Secours. (Mike Cannon, Church News) Le président David O. McKay, assis entre ses conseillers N. Eldon Tanner (à gauche) et Hugh B. Brown (à droite), assiste à une conférence générale dans les années 1960. Le président McKay serre la main d’Elder Ezra Taft Benson. (Deseret News) Des travailleurs bénévoles, vêtus de leurs chemises jaunes « Mains serviables », sont toujours les bienvenus chez les sinistrés à travers le Canada. Ce groupe de jeunes adultes célibataires et de dirigeants sont à High River (Alberta), où ils participent aux efforts de nettoyage à la suite de graves inondations en 2013. (Linda Davis)


Ken Kyle travaille à Ottawa comme lobbyiste pour la Société canadienne du cancer. Il joue un rôle prépondérant dans l’interdiction de fumer en vigueur sur tous les vols commerciaux, dans l’ élimination de la publicité sur le tabac, et dans l’instauration d’ étiquettes de mise en garde imprimées sur tous les produits et paquets de cigarettes. (18:536-40, 542) En 1996, à Montréal, Pierre Anthian organise une chorale composée d’hommes sans abri recrutés dans un centre d’hébergement temporaire où il est bénévole. La Chorale de l’Accueil Bonneau, nom sous lequel la chorale des sans-abri montréalais est connue, devient un succès

immédiat, touchant le cœur de tous ceux qui ont le plaisir de l’entendre. La chorale donne des spectacles non seulement à Montréal, mais à Paris et à New York également. Elle inspire des chorales de sans-abri dans d’autres villes ailleurs dans le monde. Anthian concède que la chorale n’ est certainement pas une solution à l’itinérance, mais il croit qu’elle fait une différence dans la vie de ceux qui y participent et qu’elle réussit à y éliminer des barrières. (18:542-43) Les saints des derniers jours forment moins de 1 % de la population totale canadienne en 2015, et seulement 2,3  % de la population en Alberta. Les membres de l’Église – citoyens et voisins honnêtes et responsables – sont pourtant reconnus comme une formidable force au service du bien dans la société. Grâce à leur code de santé – la Parole de sagesse – ils s’abstiennent d’alcool, de tabac, de thé et de café. Ce code est reconnu comme un facteur important contribuant à une vie saine et à la longévité. Des mormons canadiens, vêtus de leurs vestes ou chemises jaunes « Mains serviables », jouent un rôle majeur dans le secours aux sinistrés. Depuis quelque temps, les saints des derniers jours s’engagent davantage dans leurs collectivités respectives, et ils s’ expriment plus ouvertement sur des questions de moralité et d’éthique. Cette tendance suggère que la contribution des saints des derniers jours à faire du Canada un endroit où il fait bon vivre se poursuivra dans le temps. (18:543)

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Depuis son organisation en 1830, avec six membres seulement, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est devenue une religion mondiale qui comprend près de seize millions de membres à la fin de l’année 2016, et qui a une présence officielle établie dans la plupart des pays accordant la liberté de religion. Elle a une présence publique limitée, avec ses paroisses et branches, mais sans missionnaires, dans plusieurs autres pays. Le Canada est un partenaire dans cette croissance remarquable depuis les débuts de l’Église. L’Église connaît une croissance rapide après 1950, le nombre total de membres passant de 1,1 million en 1950 à près de 16 millions en 2016. Elle s’établit à l’échelle mondiale et le nombre de membres en dehors des États-Unis passe de 8 % à 58 % pendant cette période. En 2016, près de 1,2 % des membres de l’Église demeurent au Canada.

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Figure 19.1 Nombre total de saints des derniers jours par région, 1950–2015


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Une perspective mondiale LeRoy E. Whitehead

L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours connaît une croissance et une internationalisation incroyables au cours des décennies qui suivent la Seconde Guerre mondiale. Le nombre de membres à l’échelle mondiale passe de 1,1 million en 1950 à environ 16 millions en 2016. En 1950, l’Église a des assemblées organisées dans moins de 50 pays mais, en 2016, elle est officiellement établie dans 158 pays, comme le démontre la carte ci-contre. Il y a des membres, des assemblées et des temples sur tous les continents et sur plusieurs îles de la mer. Cette croissance s’ est traduite par un virage marqué dans le nombre de membres vivant hors des États-Unis d’Amérique. Le graphique de la page ci-contre démontre que, dans les années 1950, 92 % des membres vivaient aux États-Unis. En 2016, 58 % des membres vivent ailleurs qu’aux États-Unis. La majorité (83  %) demeure toujours en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et en Amérique centrale, et notamment dans les Caraïbes, mais il y a eu une croissance importante dans le nombre de membres de l’Afrique subsaharienne et de certaines régions de l’Asie au cours des dernières décennies. (19:545-52) En 1950, l’Église a huit temples en activité, dont sept aux États-Unis (y compris le temple de Laie, à Hawaï). Le seul temple à l’extérieur des États-Unis est celui de Cardston, en Alberta. À la fin de 2016, il y a 155 temples

consacrés un peu partout dans le monde, 11 en construction et encore 11  dont la construction a été annoncée, pour un total de 177  temples. De ce nombre, il y en a 81 (soit 46  %) qui sont situés aux États-Unis. Il y a 30 temples qui se trouvent ailleurs en Amérique du Nord (dont 9  au Canada, 13  au Mexique, et 8  en Amérique centrale et aux Caraïbes). Il y en a 25  en Amérique du Sud, 14 en Europe, 11 en Océanie et au Pacifique, 9 en Asie et 7 en Afrique. (19:552-54) Le nombre de missionnaires qui servent dans le monde connaît une augmentation importante durant la période de l’après-guerre. Peu après l’organisation de l’Église le 6  avril 1830, Samuel, le frère du prophète Joseph Smith, est appelé comme premier missionnaire. À la fin de 1950, soit 121 ans après l’organisation de l’Église, un total d’environ 62  970  missionnaires sont appelés à entrer en fonction. En juin 2007, un million de missionnaires avaient été appelés à servir dans l’Église depuis ses débuts en 1830. Ce nombre s’élève à environ 1,3 million à la fin de 2013. À la fin de 2015, il y a 74 079 missionnaires qui servent à temps plein, soit un peu plus de 11 000 de plus que le nombre total de missionnaires ayant servi au cours des 121  années suivant l’organisation de l’Église. (19:545-47, 554-55)

LeRoy E. Whitehead, natif de Calgary et maintenant retraité, a travaillé pendant trente-cinq ans à la Faculté d’éducation de l’Université Queen’s, à Kingston (Ontario), dont onze ans à titre de doyen associé. Ses recherches et ses publications portent sur les fondements de l’éducation, la réforme de l’enseignement et la transnationalisation de la formation des enseignants.

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La Société de Secours, organisée en 1842, est la plus ancienne organisation de femmes dans le monde. La courtepointe sur la photo a été créée pour le 150e anniversaire de la Société de Secours en 1992 et représente les femmes de partout dans le monde qui sont engagées dans des activités spirituelles, de création et de service. (© Intellectual Reserve Inc., ci-après IRI)

Le contexte américain Le taux de croissance mondiale de l’Église a été variable, avec une croissance remarquable en Amérique latine à la suite de la Deuxième Guerre mondiale et récemment en Afrique et en Asie. Par contre, le taux de croissance aux États-Unis est resté plus stable – avec une augmentation de 5,0 % par année entre 1956 et 1990 – et a été suivi d’un ralentissement graduel. Au cours des cinq dernières décennies, la croissance au Canada a suivi la tendance américaine plutôt que celle des autres régions du monde (voir le graphique au début du chapitre).

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Cela s’ explique, semble-t-il, par les liens historiquement étroits entre les deux pays, tant sur les plans économique et culturel que social. (4:108; 19:549, 567-68) Le temple de Suisse, consacré en 1955 par le président de l’Église de l’époque, David O. McKay, est le premier temple construit à l’extérieur des États-Unis et du Canada. On peut y faire des ordonnances dans plusieurs langues européennes. (© IRI)


Figure 19.2 Répartition des missionnaires saints des derniers jours, juillet 2014

Le paysage religieux au Canada Depuis la Seconde Guerre mondiale, le « paysage religieux  » au Canada a changé radicalement, comme l’illustre la figure 19.3. Il connaît trois tendances principales : un déclin général de l’appartenance religieuse au Canada, une migration du protestantisme traditionnel vers des dénominations chrétiennes plus conservatrices ou vers une renonciation à toute identification religieuse, et une augmentation du nombre de religions non chrétiennes. (19:554-55) En 1951, 96 % des Canadiens se disent chrétiens : catholiques/orthodoxes, à 45,6 %; protestants traditionnels, à 47,5  %; autres dénominations religieuses chrétiennes, à 2,9  %, parmi lesquelles des dénominations religieuses conservatrices minoritaires, par exemple, les Églises évangéliques et fondamentales libres, les Témoins de Jéhovah, l’Église adventiste du septième jour et les saints des derniers jours. Il y a seulement une religion non chrétienne connue – le judaïsme – qui comprend 1,7 % de la population. Environ 0,5 % de la population ne se réclamait d’aucune religion. (19:555) Figure 19.3 Le paysage religieux au Canada : 1951, 1981, 2011

En 2011, seulement 67 % des Canadiens s’identifient au christianisme (catholiques/orthodoxes, 40,7 %; protestants traditionnels, 15,9 %; et « autres » chrétiens, 10,7 %). Bien que l’affiliation au catholicisme soit à la baisse et que l’appartenance au protestantisme traditionnel soit en profond déclin, le nombre de saints des derniers jours, comme d’autres groupes chrétiens plus conservateurs de cette catégorie, connaît une croissance continue. L’ appartenance de la population à des religions non chrétiennes, notamment le judaïsme, la foi bahá'íe, le bouddhisme, l’hindouisme et les groupes parareligieux, s’élève à 8,8 %. Près d’un quart de la population (23,9 %) se dit « sans religion », soit la catégorie ayant la croissance la plus rapide. (19:556-57) La religiosité d’après-guerre aux États-Unis et au Canada : une étude comparée Tout comme en fait foi la situation au Canada décrite ci-dessus, l’identification au christianisme est en déclin aux États-Unis : de 92 % de la population en 1955 à 72 % en 2015. De la même façon, l’affiliation aux religions non chrétiennes est en croissance aux États-Unis – de 6 % en 1955 à 8 % en 2015. À l’instar du Canada, la tendance à ne se réclamer d’aucune religion est passée de 6 % en 1955 à 17  % en 2015. Cette disposition envers la désaffiliation religieuse est plus marquée chez les nouvelles générations, autant au Canada qu’aux États-Unis. (19:558-61) Figure 19.4 Affiliation religieuse aux États-Unis, 1948–2015

La participation aux pratiques ou aux services religieux au moins une fois par mois (un seuil particulièrement bas) est en déclin dans les deux pays. Aux États-Unis, le pourcentage de la population qui participe aux services est passé de 54 % en 1986 à 46 % en 2012. Au Canada, le taux de participation baisse à 27 % en 2011, bien loin du 43 % noté en 1986. Ce déclin de la pratique religieuse dans les deux pays peut figurer parmi les causes du ralentissement du taux de croissance du nombre de saints des derniers jours depuis les années 1990. (19:559-62) Malgré le déclin de l’affiliation religieuse que connaissent les deux pays, la croyance en Dieu ou en un esprit universel  – bien qu’elle soit en baisse aussi  – demeure 147


élevée. Aux États-Unis, le pourcentage de la population qui croit en Dieu passe de 98 % en 1953 à 92  % en 2011. Les données canadiennes sur la croyance en Dieu sont peu abondantes mais, en 1986, 82  % des Canadiens disaient croire en Dieu. (19:560-61) Une étude récente et très souvent citée de Robert D. Putnam et David E. Campbell (American Grace: How Religion Divides and Unites Us, New York : Simon and Schuster, 2012) sur le paysage religieux aux États-Unis conclut que la polarisation politique et religieuse connaît une croissance dans ce pays depuis les années 1960. Pendant ces années, écrivent-ils, la nature de la tension religieuse aux États-Unis consiste en une rivalité entre différentes dénominations chrétiennes  : les catholiques contre les protestants. À l’issue de l’étude en 2010, la tension est devenue essentiellement une impasse polarisée entre les « très religieux » et les «  séculiers avoués  ». Entre les deux se trouve la catégorie des croyants dits «  modérés  » qui est également en déclin. (19:561) Selon Putnam et Campbell, cette polarisation a été influencée par trois « secousses sismiques de la société ». La première comprend le mouvement social prônant une plus grande liberté et une plus grande promiscuité sexuelle pendant les années 1960 et le début des années 1970. La seconde secousse est une forte réaction conservatrice contre ce mouvement dans les années 1970 et 1980  : un grand nombre de chrétiens conservateurs délaissent les églises protestantes traditionnelles et migrent vers des églises plus conservatrices ou vers l’athéisme. Ce déplacement se traduit par une plus forte influence politique des églises évangéliques conservatrices et par la formation de mouvements politico-religieux comme la Moral Majority (majorité bien-pensante) et, plus récemment, le Tea Party. La troisième secousse se fait sentir dans les années 1990 et se poursuit de nos jours alors qu’un grand nombre de jeunes, en réponse à l’interconnexion de la religion et de la politique, désavouent à la fois la religion et les politiques conservatrices. (19:561-62) Les analyses d’une telle richesse et d’une telle profondeur sur le paysage religieux au 148

Canada se font rares. Cependant, des études récentes de Reginald W. Bibby et de l’Institut Angus Reid appuient l’idée qu’une polarisation semblable existe au Canada. (19:562) Figure 19.5 Répartition des religions dans le monde

Une nouvelle religion mondiale? Dans le contexte dynamique d’une église qui affiche une croissance et une mondialisation remarquables – par opposition au déclin général de la religion au Canada et aux États-Unis et à la polarisation des tensions religieuses dans les deux pays  – quelques historiens, sociologues, théologiens et spécialistes en matière de religion se penchent objectivement sur l’essor de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Certains d’entre eux considèrent même cette Église comme une tradition religieuse qui pourrait devenir la nouvelle «  religion mondiale ». Parmi ces experts figurent entre autres Thomas F. O’Dea, Rodney Stark, Jan Shipps, Stephen H. Webb et Terryl L. Givens. En raison de leur foi dans les déclarations prophétiques modernes, les saints des derniers jours croient que l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours commence tout juste à réaliser sa mission de «  remplir la terre  » en préparation à la seconde venue de Jésus-Christ (D&A 42:28-30, 65; Moïse 7:59-67, et particulièrement le verset 62). (19:562-65)


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Ces jeunes saints des derniers jours enthousiastes, photographiés devant l’édifice du Parlement, symbolisent l’Église au Canada. Les saints des derniers jours du Canada sont des citoyens à la fois fidèles et responsables qui contribuent à faire de leur patrie un endroit où il fait bon vivre pour tous. La nouvelle génération est fondamentale pour la croissance soutenue et l’évolution future de l’Église au Canada. (© Intellectual Reserve, Inc.)

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Conclusions et réflexions Roy A. Prete

Une conclusion consiste essentiellement en une conversation sur un ouvrage et en réflexions sur sa signification. Nous pouvons acquérir une nouvelle perspective en étudiant l’histoire de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada et en tirer plusieurs leçons. Une sensibilisation à cet héritage de foi nous aidera à mieux reconnaître les liens entre le passé, le présent et le futur, à mieux comprendre notre identité en tant que saints des derniers jours au Canada et à mieux communiquer cet héritage précieux aux générations montantes. Une connaissance personnelle de notre patrimoine renforce également notre propre cheminement spirituel et celui des personnes que nous aimons et dont nous avons la responsabilité. Elle nous aide également à nous préparer pour un avenir qui présente assurément de lourds défis, tant pour l’individu que pour la collectivité. Cet ouvrage se base sur des recherches approfondies. Cependant, les éditeurs ont choisi de raconter l’histoire des saints des derniers jours au Canada du point de vue de ceux et celles qui vivent de près leur religion au lieu d’en faire un récit à la troisième personne, souvent très éloigné de l’expérience personnelle. Nous espérons que vous avez été édifiés en prenant connaissance de la complexité de l’histoire d’un peuple religieux et de ses efforts pour vivre selon ses croyances, alors qu’il établit « Sion » dans un pays aimé qu’il considère comme son foyer. Cette incroyable histoire de foi, de dévouement, de persévérance et d’entraide est intrinsèquement liée aux enjeux actuels et à notre préparation pour l’avenir. Le président Thomas S. Monson a dit que nous devions « apprendre du passé », « vivre dans le présent » et « nous préparer à l’avenir » (Conférence générale, avril 2003). (20:567) Apprendre du passé Plusieurs aspects de l’héritage de foi au Canada méritent une réflexion approfondie de notre part. L’histoire de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours au Canada fait partie d’un vaste récit qui comprend l’histoire de l’Église aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Le Canada, compte tenu de sa proximité géographique avec les États-Unis, fait partie de presque

toutes les étapes de cette grande histoire. Au début, peu après l’organisation de l’Église en 1830 et jusqu’au milieu des années 1850, des missionnaires s’installent dans l’est du Canada pour y prêcher le message du rétablissement de l’Évangile. Quelque 2 500  convertis du Canada, dont la plupart venaient du Haut-Canada (aujourd’hui l’Ontario), vont grossir les rangs de l’Église en Ohio, au Missouri et en Illinois. La plupart d’ entre eux se déplacent vers l’ouest, jusqu’en Utah, pour rejoindre les pionniers mormons sous la direction de Brigham Young, après le martyre de Joseph Smith en 1844. Il y a parmi eux quelques membres importants, notamment John Taylor (de Toronto), qui devient plus tard le troisième président de l’Église; Marriner W. Merrill (du Nouveau-Brunswick), qui devient plus tard apôtre; et Ira Nathaniel Hinckley (du Haut-Canada), grand-père du président Gordon B. Hinckley. Des saints du Canada, dont certains deviennent dirigeants dans l’Église et dans la société, fondent plusieurs colonies dans l’Utah et jouent un rôle prépondérant dans la propagation de l’Évangile en Angleterre et en Écosse. L’histoire des débuts de l’Église représente une source d’inspiration pour tous les saints des derniers jours qui ont des ancêtres canadiens, au Canada et ailleurs dans le monde. Elle est en fait un élément important d’un sujet beaucoup plus général – celui de l’histoire canado-américaine. (20:567-68) Une génération plus tard, en 1887, quand les saints des derniers jours sont persécutés pour leur pratique de la polygamie, Charles Ora Card dirige un groupe de quarante et un vaillants pionniers de Cache Valley (Utah) jusqu’à Lee Creek (nommée Cardston plus tard), en Alberta. D’autres membres suivent ultérieurement Card et son petit groupe et construisent des canaux d’irrigation dans les régions de Magrath et de Stirling, alors que d’autres y viennent pour cultiver des betteraves à sucre et fonder la ville de Raymond. Ces premiers colons, tout comme d’autres qui les suivent, posent des fondations solides pour la colonisation dans le sud de l’Alberta par les saints des derniers jours. La grande joie de ces premiers groupes, de près de 10 000 membres, culmine 151


lors de la consécration du temple de Cardston (Alberta) en 1923, le premier temple à l’extérieur des États-Unis. (20:568-69)

Le temple symbolise l’établissement permanent des saints des derniers jours au Canada et est, depuis sa construction, un phare pour les habitants du sud de l’Alberta, comme pour d’autres à travers le Canada. Cet élément clé a mené à la création de familles intergénérationnelles, une tradition pour laquelle cette communauté de saints des derniers jours est bien connue. Les générations suivantes de saints des derniers jours du sud de l’Alberta posent les bases de l’établissement de l’Église dans d’autres villes de l’Alberta – Lethbridge, Calgary et Edmonton – et contribuent au développement de l’Église dans un grand nombre de villes ailleurs au Canada. Plusieurs éminents dirigeants de l’Église sont originaires de l’Alberta. (20:568-71; 18:528-36) L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est devenue au 20e siècle un élément essentiel du paysage religieux au Canada. Son établissement dans plusieurs régions à l’extérieur des colonies de l’Alberta suit une même tendance : des missionnaires dévoués convertissent une ou plusieurs familles vaillantes dans la région, ou ils trouvent des familles de l’Église qui viennent du sud de l’Alberta ou d’ailleurs, puis ils organisent des réunions dans les foyers de ces membres. Lorsque le nombre de convertis augmente, les réunions ont lieu dans des salles louées. Mais avant de commencer les réunions du dimanche, il faut se défaire de tous les mégots de cigarette et bouteilles de bière vides, puis aérer la salle. Pour accueillir de plus grandes assemblées, on achète ensuite un immeuble et on y fait les rénovations nécessaires. Finalement, on obtient 152

l’autorisation pour la construction d’une église. Les premiers pieux à l’extérieur de l’Alberta – à Vancouver et à Toronto – sont créés en 1960. À la fin de 2016, il existe 486 assemblées comptant 193 850 membres, réparties dans 48 pieux et 3 districts. Cette réalisation remarquable témoigne, sur une période prolongée, de la foi, du dévouement et des efforts communs de nombreux membres dont les histoires servent d’inspiration aux générations futures de saints des derniers jours. (20:569-70) Bien que l’histoire de la colonisation du sud de l’Alberta par les pionniers mormons, y compris l’évolution de l’Église dans cette province, et l’implantation et la croissance de l’Église à travers le Canada semblent avoir des histoires indépendantes, en réalité, aux yeux du Seigneur, elles font partie d’un programme intégré pour l’établissement de l’Église au Canada. Dans cette évolution remarquable, il faut rendre hommage à certaines personnes exemplaires qui ont eu une influence considérable : dans l’histoire de l’Alberta, Charles Ora Card et Edward James Wood, et dans cette histoire et celle de l’Église mondiale, Hugh B. Brown et Nathan Eldon Tanner, pour n’en nommer que quelques-uns. Thomas S. Monson, bien qu’il ne soit pas canadien, a eu un grand impact sur l’Ontario et le Québec en tant que président de la Mission canadienne et, par la suite, sur tout le Canada en sa qualité d’apôtre et de président de l’Église. L’ exemple de ces géants spirituels ravive la flamme et encourage la quête spirituelle des saints des derniers jours canadiens. (20:570-71) La croissance rapide de l’Église entre 1960 et 1990 mène à la création de quatre nouvelles missions au milieu des années 1970 – Montréal (1972), Halifax (1973), Vancouver (1974) et Winnipeg (1976) – dans le but d’ encourager les efforts missionnaires. Entre 1974 et 1985, 21  nouveaux pieux sont créés (presque la moitié des 48  pieux existant en 2016). Ensuite, de nombreux temples sont construits – d’abord le temple de Toronto (1990), puis les temples de Regina (1999), d’Halifax (1999), d’Edmonton (1999), de Montréal (2000), de Vancouver (2010) et de Calgary (2012) – et enfin l’annonce officielle est faite en 2016 de la construction d’un temple à Winnipeg, le neuvième au Canada. (20:570-71)

Le temple de Cardston (Alberta), consacré en 1923, symbolise depuis longtemps la permanence et la force spirituelle des membres de l’Église au Canada. (Lynn Rosenvall)

Première pelletée de terre du temple de Winnipeg, au Manitoba, en décembre 2016. Ce temple, une fois terminé, sera le neuvième en sol canadien. (Dates Nucum)

La célébration culturelle des jeunes qui a lieu avant la reconsécration du temple de Montréal (Québec) en 2015 illustre la nature multiculturelle de l’Église au Canada. (Léona Caron)


Les deux pieux francophones du Québec voient le jour grâce aux efforts de prosélytisme faits parmi la population francophone depuis le début des années 1960, lorsque Thomas S. Monson est président de la Mission canadienne située à Toronto. En sus d’un petit nombre d’assemblées des Premières Nations, le Canada compte environ vingt paroisses et branches de langues étrangères, autres que l’anglais et le français, ce qui témoigne de l’ évolution de la composition ethnique du pays. (19:570-72; 4:115-16; 118-24)

Vivre dans le présent Les saints des derniers jours du Canada partagent le riche patrimoine des pionniers qui traversent les plaines de Nauvoo vers l’Utah et colonisent les régions montagneuses de l’Ouest. Aux valeurs que nous laissent ces pionniers s’ ajoute l’héritage des saints canadiens qui colonisent le sud de l’Alberta, comme celui des missionnaires dévoués et des robustes pionniers de toutes les régions qui posent les fondations de l’établissement et de la croissance de l’Église au Canada. L’influence de ces saints canadiens, pionniers de grande foi, se ressent même de nos jours parmi les membres de l’Église de tout le pays. (20:571)

Les saints des derniers jours du Canada ont une culture marquée par de fortes valeurs familiales, par le développement personnel et les réalisations dans beaucoup de domaines et par le service dans la collectivité. Compte tenu du déclin continu de la religion et de l’ effritement des valeurs familiales que nous observons autant au Canada qu’aux États-Unis, l’accès facile aux pieux de Sion et aux ordonnances du temple au Canada offre un rempart considérable contre la détérioration des valeurs familiales parmi les saints et encourage la création de familles intergénérationnelles. Les pieux et les temples au Canada servent ainsi de lieux de rassemblement. (20:570-71) Quand les leçons et les valeurs de notre histoire sont profondément enracinées, elles offrent un sentiment d’identité qui donne force et volonté et qui aide à résister à la tentation (voir Moïse 1:6, 13, 16). Les saints des derniers jours du Canada apprennent non seulement à vivre leur religion et à en respecter les préceptes, mais aussi à faire face aux problèmes distincts de leur patrie et à y apporter des solutions spécifiquement canadiennes. (20:575-76) Se préparer à l’avenir Quoique toute génération affronte de nouveaux problèmes qui nécessitent de nouvelles solutions, un grand nombre de principes demeurent valables d’une génération à l’autre. Les leçons apprises du passé, bien qu’ elles ne soient pas un modèle parfait, peuvent nous aider à nous préparer pour l’avenir en fortifiant notre foi et en nous encourageant à faire face aux défis qui nous attendent. Lorsque des défis se présentent à nous, quelle qu’ en soit la nature, nous pouvons tous être réconfortés par l’exemple des pionniers persévérants qui, confrontés à des épreuves, ont exercé leur foi en Jésus-Christ et qui, grâce à « la multitude de ses tendres miséricordes », ont trouvé des solutions qui ont béni leur famille et d’autres membres de leur entourage. Il va sans dire qu’en suivant les conseils prophétiques des dirigeants et en restant dignes d’entendre la petite voix douce du Saint-Esprit, nous avons des guides bien plus sûrs que les expériences de l’histoire pour nous aider à faire face aux problèmes qui surgissent. Une connaissance de l’histoire peut pourtant enrichir notre expérience et nous fortifier lorsque nous faisons face à l’adversité. L’ exemple de nos ancêtres dignes peut nous aider à prendre courage et nous inspirer, nous apporter du réconfort en période d’inquiétude, nous offrir une vision de l’avenir et nous encourager à atteindre de nobles objectifs. Le riche héritage du passé peut nous aider à nous rapprocher de notre but ultime  : suivre les principes de l’Évangile de Jésus-Christ tous les jours de notre vie. (20:576)

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Notes sur le chapitre 14 Les auteurs tiennent à exprimer leur reconnaissance à Carma T. Prete, qui a œuvré en tant que missionnaire aux archives de la Bibliothèque d’histoire de l’Église, à Salt Lake City, en Utah, pour monter le dossier sur l’histoire de l’Église au Québec dans le cadre du projet « Profils de pays ». Ils tiennent aussi à exprimer leurs remerciements à l’équipe de Montréal chargée des entrevues de l’histoire orale, qui comprenaient France et Léona Caron, Jocelyne et René Sénéchal, et Lindsay Luc — non seulement pour ce que leur contribution a pu apporter à la rédaction de ce chapitre, mais aussi pour ce que ces dossiers, en dépôt à la Bibliothèque d’histoire de l’Église, ajoutent à la documentation de l’histoire de l’Église au Québec. À noter : Ce chapitre, publié initialement en anglais, contribue de façon importante à l’article de Roy A. Prete, George Eric Javis et Jonathan A. Jarvis, « The Lingusitic and Ethnic Transformation of the Church in Quebec since the Mid-1960s », Journal of Mormon History, vol. 43, no 4 (octobre 2017), p. 155-84. 1 The Great Canadian Mission: A Jubilee History (Toronto: The Canadian Mission of The Church of Jesus Christ of Latter-Day Saints, 1969), p. 48-52. 2 L’Encyclopédie canadienne, P.-A. Linteau, révisé par Elaine Young, s. v. « Montréal », 2009, http://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/rechercher/?keyword=montreal/; L’Encyclopédie canadienne, R. Durocher, s. v. « La révolution tranquille », 2013, http://encyclopediecanadienne.ca/fr/rechercher/?keyword=revolution%20tranquille/. 3 Stephan Jehoda et Sandra Jehoda, entrevue accordée à Bruce Blummell le 13 août 1979, James Moyle Oral History Program, Salt Lake City, Utah, dactylographié, p. 42, Church History Library (Bibliothèque d'histoire de l'Église), Salt Lake City (ci-après CHL), OH 488. 4 The Great Canadian Mission: A Jubilee History, p. 48. 5 Louise Cousineau, « Le Québec est une "terre de mission" pour les Mormons », La Patrie, Montréal, 1er octobre 1967, p. 22; article inséré dans les rapports trimestriels de la Mission canadienne, 31 décembre 1967, Canada Toronto West Mission (ci-après CTWM), Manuscript History and Historical Reports (ci-après MHHR), caisse 3, dossier 4, CHL, LR 6520 2. 6 Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, Salle de presse du Canada, « Faits et statistiques – Québec », https://www.mormonnewsroom.ca/facts-and-statistics/country/canada/province/quebec. 7 Horace Cowan et Hazen Aldrich, Journal History, 23 mars 1833, p. 3-4, CHL 127. 8 Sarah Studevant Leavitt, « History of Sarah Studevant Leavitt », extrait copié de son autobiographie rédigée par Leavitt Pulsipher, juin 1919, p. 5-8, CHL, M270.07 L439h 1969; voir aussi des données sur la famille Leavitt sur FamilySearch, https://familysearch.org/tree/#view=tree&person=LCCB-JD6&section=pedigree. 9 Thomas Rowell Leavitt, KWN5-DMX, familysearch.org. 10 Voir les entrées sur la famille Leavitt, sur David

Moore et sur Barnabus Merrifield dans FamilySearch; voir aussi la base de données Mormon Pioneer Overland Travel pour ces mêmes familles à history.lds.org/overlandtravel. 11 Jesse W. Crosby, « The History and Journal of Jesse Wentworth Crosby », dactylographié, p. 6-8, 17-23, CHL, MS 24036. 12 Benjamin Brown, Testimonies for the Truth: A Record of Manifestations of the Power of God, Miraculous and Providential, Witnessed in The Travels and Experience of Benjamin Brown, High Priest in The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, Pastor of the London, Reading, Kent, and Essex Conferences (1853), p. 20, CHL, M270.1 B877b 1853. 13 Mormon Pioneer Overland Travel, CHL, http://history.lds.org/overlandtravels/home. 14 « History of the Eastern States Mission from 1830 to 1893, and Continuation to 1903 », New York New York South Mission (ci-après NYNYSM) MHHR, caisse 1, dossier 3, CHL, LR 2475 2. 15 Rapports historiques de la Eastern States Mission, NYNYSM MHHR, caisse 2, dossier 2, article tiré du Liahona, the Elders’ Journal, 28 avril 1914, 11:732-35, CHL, LR 2475 2; rapports historiques de la Eastern States Mission, NYNYSM MHHR, caisse 2, dossier 4, article tiré du Liahona, the Elders’ Journal, 30 juillet 1918, 16:907-09, CHL, LR 2475 2. 16 « Canadian Mission », News from the Missions, Liahona, the Elders’ Journal, 2 septembre 1919, 17:5, 83, CHL, M205.5 L693. 17 History of the Montreal Conference (connue comme le district de Montréal), procès-verbal général du district de Montréal [Montreal District General Minutes] (ci-après MDGM), dossier 1, 18 et 19 octobre 1919; 1er et 2 juillet 1920; 9 novembre 1920, p. 3, 12, 19 et 20; 24 avril 1921; 1er mai 1921; 30 et 31 juillet, novembre 1921; 26 février 1922, p. 1, 3, 5, 6, 8 et 11, CHL, LR 5739

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En 1923, la famille Berryman et leur fille déménagent à Détroit (1930 US Census, Detroit, Wayne County, Michigan, Dist. ED 425. Feuille 18b), mais la famille Lamb reste dans la région avec plusieurs de leurs enfants, tel qu’en témoignent les noms figurant dans les dossiers de l’Église à Montréal pendant plusieurs années. 18 MDGM, dossier 1, 19 novembre 1922, p. 19; 16 septembre 1928, p. 128, CHL, LR 5739 11. 19 MDGM, dossiers 1 et 6, 21 juillet et 1er août 1925, p. 48-50, CHL, LR 5739 11. 20 MDGM, dossier 1, 27 octobre 1925, p. 55, CHL, LR 5739 11. 21MDGM, dossier 1, 1er juin et 16 septembre 1928, p. 123-24, 128, CHL, LR 5739 11. 22 William. J. Smith, « Montreal », Mission canadienne, News from the Missions, Liahona, the Elders’ Journal, 14 mars 1939, p. 446; MDGM, dossier 3, 29 juin 1941, p. 8-9, CHL, LR 5739 11. 23 MDGM, dossier 3, 22 mars 1942, p. 23, CHL, LR 5739 11. 24 MDGM, dossier 3, 25 juin 1942, p. 27, CHL, LR 5739 11. 25 Raymond David Sawyer, entrevue accordée à George Eric Jarvis et Catherine Jarvis le 10 mai 2015. 26 MDGM, dossier 1, 19 et 20 avril 1921, CHL, LR 5739 11. 27 Liste des apôtres ayant visité Montréal : James E. Talmage (1924), Joseph Fielding Smith (1925 et 1942), Orson F. Whitney (1926), George Albert Smith (1927, 1932 et 1942), David O. McKay (1929), Melvin J. Ballard (1931 et 1932), Reed Smoot (1935), Charles A. Callis (1936), Joseph F. Merrill (1937), John A. Widtsoe (1941), et Stephen L. Richards (1943). Clyde W. Ferrin, « Montreal », Mission canadienne, News from the Missions, Liahona, the Elders’ Journal, 12 janvier 1937, p. 359; MDGM, dossier 3, 29 juin 1941, 12 septembre 1941, 22 février 1942, 25 juin 1942 et 27 juin 1943, p. 8-9, 13-14, 22, 27, 38-41, CHL, LR 5739 11. 28 MDGM, dossier 1, 20 et 21 juin 1925, p. 44-46, CHL, LR 5739 11. 29 MDGM, dossier 1, 10-13 juin 1926, p. 67-69, CHL, LR 5739 11. 30 John B. Lake, « Montreal », Mission canadienne, News from the Missions, Liahona, The Elders’ Journal, 7 novembre 1933, p. 258. 31 MDGM, dossier 3, 3 et 20 octobre 1943, p. 46-47, CHL, LR 5739 11. 32 MDGM, dossier 3, 22 avril 1944, 11 avril et 18 mai 1946, p. 52-53, CHL, LR 5739 11. 33 MDGM, dossier 3, 24 et 25 octobre, 10 décembre 1946, p. 64-65, 71, CHL, LR 5739 11. 34 MDGM, dossier 3, 13, 24 et 25 octobre, 10 novembre

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1946, 26 avril 1947, 20 avril, 5 et 7 juillet, 2 août 1949, p. 63-65, 71, 84, 138, 142, CHL, LR 5739 11. 35 MDGM, caisse 3, dossier 3, 13, 25 et 30 mars 23, 17 et 29 avril, 6 mai 195, p. 163-165, CHL, LR 5739 11. 36 CTWM MHHR, caisse 2, dossier 3, 30 juin 1955, 31 décembre 1956, CHL, LR 6520 2. 37 MDGM, dossier 3, 31 mars 1941, p. 4, CHL, LR 5739 11. 38 MDGM, dossier 3, 29 avril 1951, p.165, CHL, LR 5739 11; CTWM MHHR, caisse 3, dossier 2, 30 juin 1962, CHL, LR 6520 2. 39 « His Conversion Took Courage », Deseret News, 1er avril 1972, p. 12. Voir aussi Hans Peets, FamilySearch, https://familysearch.org/tree/#view=ancestor&person=KW8J-D8F. 40 CTWM MHHR, caisse 3, dossier 4, 31 mars 1967, 31 décembre 1969, CHL, LR 6520 2; voir aussi le rapport historique trimestriel du district d’Ottawa-Montréal, mars 1967, Ottawa-Montreal District (district d’Ottawa-Montréal) (ci-après OMD), MHHR, CHL, 6630 2. 41 CTWM MHHR, caisse 2, dossier 3, 30 septembre et 31 décembre 1957, CHL, LR 6520 2. 42 Rapports annuels de la Mission canadienne, 31 décembre 1969, CTWM MHHR, caisse 3, dossier 4, CHL, LR 6520 ; voir aussi le rapport historique trimestriel du OMD, mars 1967, OMD MHHR, CHL, LR 6630 2; The Great Canadian Mission: A Jubilee History, p. 48. 43 Georges L. Bourget, courriel à Catherine Jarvis, 6 mars 2017. 44 MDGM, 11 et 17 décembre 1946, 27 janvier, 2 juillet, 17 septembre 1947, 26 septembre 1950, p. 71-72, 78-79, 87, 92-93, 156, CHL, LR 5739 11. 45 CTWM MHHR, caisse 3, dossier 1, 30 juin 1961, CHL, LR 6520 2. 46 CTWM MHHR, caisse 3, dossier 1, 30 juin, 30 septembre et 31 décembre 1961. 47 CTWM MHHR, caisse 3, dossier 1, 30 septembre 1961, et caisse 3, dossier 2, 30 juin 1964, 31 décembre 1965; Stephan Jehoda et Sandra Jehoda, entrevue du 13 août 1979, p. 12-14. 48 « Deux nouveaux missionnaires Mormons », Le Soleil, Québec, 13 octobre 1966, article inséré dans CTWM MHHR, caisse 3, dossier 3, 31 décembre 1966. 49 CTWM MHHR, caisse 3, dossier 4, 30 septembre et 31 décembre 1967, CHL LR 6520 2. 50 Louise Cousineau, « Le Québec est une "terre de mission" pour les Mormons ». 51 Ibid. 52 Rapports trimestriels de la Mission canadienne, 30 juin 1967, CTWM MHHR, caisse 3, dossier 4, CHL, LR 6520 2. 53 Informations historiques sur la paroisse de Québec, Church Directory of Organizations and Leaders


(Répertoire des organisations et des dirigeants de l’Église) (ci-après CDOL), cdol.lds.org; voir aussi « Devenport Named President Of Quebec Mormon Branch », s. d., article de journal inséré dans les rapports annuels de la Mission canadienne, 31 décembre 1969, CTWM MHHR, caisse 3, dossier 4, CHL, LR 6520 2. 54 Informations historiques sur la paroisse Hochelaga, CDOL, cdol.lds.org. 55 L’Encyclopédie canadienne, R. Durocher, s. v. « La révolution tranquille ». Pour l’historique de la Révolution tranquille et les événements ultérieurs, voir John Dickenson et Brian Young, A Short History of Quebec, 4e éd. (Montréal, Kingston : McGill-Queen’s University Press, 2008 [publié en français en 2009]), p. 296-344; Paul-André Linteau et al, Histoire du Québec contemporain : vol. 2, Le Québec depuis 1930, éd. rév. (Montréal : Boréal, 1989), p. 421-32ff. 56 L’Encyclopédie canadienne, R. Durocher, s. v. « La révolution tranquille », Dickenson and Young, A Short History of Quebec, p. 305-06, 312-13. 57 L’Encyclopédie canadienne, R. Durocher, s. v. « La révolution tranquille », Voir Linteau et al, Le Québec depuis 1930, p. 428-30. 58 CTWM MHHR, caisse 3, dossier 4, 31 décembre 1969, CHL, LR 6520 2. 59 Stephan Jehoda et Sandra Jehoda, entrevue du 13 août 1979, p. 24. 60 L’Encyclopédie canadienne, Maude-Emmanuelle Lambert, s. v. « Expo 67 », 2015, http://www.thecanadianencyclopedia.ca/ fr/rechercher/?keyword=expo-67/. 61 Roger Richards, ancien missionnaire au Québec, courriel à Joyce Findlay, 24 novembre 2014. 62 CTWM MHHR, caisse 3, dossier 4, 31 décembre 1970. 63 Roger Richards, courriel à Findlay, 24 novembre 2014. 64 CTWM MHHR, caisse 3, dossier 4, 31 décembre 1969 et 31 décembre 1970. 65 Linda Pelchat, entrevue accordée à George Eric Jarvis et Catherine Jarvis le 5 juin 2014. 66 Victorien Bouchard, « Liste des présidents », communication personnelle avec G. Eric Jarvis, 30 mars 2015; voir aussi Carma Prete, « Canada Quebec », « Profils de pays » préparé pour le Département d’histoire de l’Église, 2014, non publié, CHL. 67 Jerald R. Izatt, Dean R. Louder et Georges L. Bourget, présidence de la branche de Québec, à Delbert L. Stapley, 24 octobre 1971 et 5 mai 1972, dans Dean R. Louder, Film de la branche de Québec, 1969-1982, septembre 1983, p. 139-40, 144-45. 68 Pierre-Paul Morin, entrevue accordée à Roy A. Prete le 19 juin 2014, CHL, OH 7148. 69 Canada Montreal Mission (ci-après CMM), MHHR,

31 décembre 1972, 24 avril, 14, 17, 22 et 28 juillet 1972, CHL, LR 13768 2. 70 CMM MHHR, 31 décembre 1974, CHL, LR 13768 2. 71 CMM MHHR, 31 décembre 1972, CHL, LR 13768 2. 72 Rapports historiques sur la Mission du Québec, 31 décembre 1972, CMM MHHR, CHL, LR 13768 2. 73 Stephan Jehoda et Sandra Jehoda, entrevue du 13 août 1979, p. 27-28. 74 Rapports historiques sur la Mission du Québec, 31 décembre 1973, CMM MHHR, CHL, LR 13768 2. 75 Linda Pelchat, entrevue du 5 juin 2014. 76 Georges L. Bourget, « Beginning of My Work in the Church », en p. j. à un courriel à G. Eric Jarvis, 7 juin 2015. 77 Événements historiques du district de Montréal, 31 décembre 1974, MD MHHR, CHL, LR 5739 2; voir aussi CMM MHHR, 31 décembre 1974, CHL, LR 13768 2. 78 Stephan Jehoda et Sandra Jehoda, entrevue du 13 août 1979, p. 10-12; rapports trimestriels de la Mission canadienne, 30 juin 1964, CTWM MHHR, caisse 3, dossier 2, CHL, LR 6520 2. 79 Stephan Jehoda et Sandra Jehoda, entrevue du 13 août 1979, p. 36. 80 CMM MHHR, 31 décembre 1975, CHL, LR 13768 2. 81 Informations historiques sur la branche de Valleyfield, CDOL, cdol.lds.org. 82 Informations historiques sur la paroisse de Drummondville, CDOL, cdol.lds.org. 83 Informations historiques sur la paroisse de Sherbrooke et la branche de Victoriaville, CDOL, cdol.lds.org. 84 Rapports historiques, 31 décembre 1975, 31 décembre 1976, CMM MHHR, CHL, LR 13768 2. 85 Rapports historiques, 31 décembre 1976, CMM MHHR, CHL, LR 13768 2. 86 Stephan Jehoda et Sandra Jehoda, entrevue du 13 août 1979, p. 42. 87 Événements historiques, 1978, rapports historiques annuels de la MCM, dossier 1, CHL, LR 13768 3; voir aussi les informations historiques sur le pieu de Montréal (Québec), CDOL, cdol.lds.org. 88 Informations historiques sur la paroisse de Gatineau (paroisse française), CDOL, cdol.lds.org. 89 Jean Saintonge, courriels à George Eric Jarvis, 7 et 11 février 2015. 90 Idem. 91 Georges L. Bourget, « Beginning of My Work » 2015; « Eight New Mission Presidents Called », Church News, 15 avril 1978, p. 12. 92 Georges L. Bourget, courriel à Catherine Jarvis, 5 mars 2017. 93 Roy A. Prete, Journal, vol. 4, 169-70 (20 novembre 1977), dans le courriel de Roy A. Prete (avec p. j.) à 157


George Eric Jarvis, 8 avril 2017. 94 Georges L. Bourget, courriel à Catherine Jarvis, 5 mars 2017. 95 Laurent M. Leclerc, courriel à George Eric Jarvis et Catherine Jarvis, 6 mars 2017. 96 « Deux nouveaux missionnaires mormons », Le Soleil, Québec, 13 octobre 1966, article inséré dans les rapports trimestriels de la Mission canadienne, 31 décembre 1966, CTWM MHHR, caisse 3, dossier 3, CHL, LR 6520 2. 97 Dean Louder, courriel à Roy A. Prete, 24 août 2015. 98 Dean Louder, courriel à Roy A. Prete, 16 juillet 2015. 99 Demoine A. Findlay, « Bagotville Quebec 1968 », courriel à George Eric Jarvis, 19 novembre 2016; Demoine A. Findlay, courriel à Carma Prete, 17 et 20 août 2016. 100 Demoine Findlay, courriel à Carma Prete, 17 août 2016. 101 Roger Richards, courriel à Demoine Findlay et Joyce Findlay, 22 novembre 2014. 102 Demoine Findlay, courriels à George Eric Jarvis. 103 Roger Richards, courriel à Findlay et Findlay. 104 Grant Fletcher, courriel à Demoine Findlay et Joyce Findlay, 2014. 105 Roger Richards, courriel à Findlay et Findlay; Demoine Findlay, courriel à Carma Prete. 106 Demoine Findlay, courriels à George Eric Jarvis. 107 Informations historiques sur la branche de Chicoutimi, CDOL, cdol.lds.org. 108 R. Truchon, courriel à George Eric Jarvis, 31 octobre 2016. 109 Rapports historiques sur la Mission du Québec, 31 décembre 1973, CMM MHHR, CHL, LR 13768. 110 Événements historiques, 1978, rapports historiques annuels de la MCM, dossier 1, CHL, LR 13768 3; voir aussi informations historiques sur le district de Saguenay (Québec), CDOL, cdol.lds.org. Il n’y a aucune mention ici d’une unité à Val-d’Or. 111 Pierre-Paul Morin, courriel à George Eric Jarvis, 8 février 2015. 112 Pierre-Paul Morin, entrevue du 19 juin 2014. 113 G. Lévesque, courriels à George Eric Jarvis, 31 octobre et 1er novembre 2016. 114 Informations historiques sur la branche de Rimouski, CDOL, cdol.lds.org. 115 G. Lévesque, courriels à George Eric Jarvis. 116 Victorien Bouchard, « L’historique de la branche d’Alma », courriel à George Eric Jarvis, 1er novembre 2016. 117 Dean R. Louder, courriel et p. j. à George Eric Jarvis, 1er septembre 2016. 118 Rémy Tremblay à Catherine Jarvis, [Automne] 2016; « Photo Gallery for Supercentenarians born in the year 1903, as of January 6, 2017 », consulté le 3 février 2017 à 158

http://www.grg.org/Gallery/1903Gallery.html; Wikipedia, s. v. « List of Canadian Supercentenarians », consulté le 3 février 2017 à https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_Canadian_supercentenarians; Marie Ange Christine Colombe Benoît, KWD7-ZFF, familysearch.org. 119 Dean Perkins de la Division des membres et des statistiques, Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, courriel à Stephen V. Beck, gestionnaire des « Profils de pays », CHL, 31 août 2016 (ci-après la Division des membres et des statistiques, 31 août 2016). 120 Dean R. Louder, « Canadian Mormon Identity and the French Fact », The Mormon Presence in Canada, Brigham Y. Card, dir. (Edmonton : University of Alberta Press, 1990), p. 320–21. 121 Rapports historiques annuels de la MCM (ci-après RHA), dossier 1 (1996), CHL, LR 13768 3. 122 Informations historiques sur la branche de Longueuil, CDOL, cdol.lds.org. 123 Informations historiques sur le pieu de Montréal (Québec), CDOL, cdol.lds.org; Division des membres et des statistiques, 31 août 2016. La branche de Victoriaville est créée à partir de la branche de Drummondville seulement deux semaines après que cette dernière est transférée au district de Québec (Québec). 124 Informations historiques sur chacune des unités ci-mentionnées, CDOL, cdol.lds.org. 125 Informations historiques sur les branches de Drummondville, de Victoriaville et de Trois-Rivières, CDOL, cdol.lds.org. 126 Division des membres et des statistiques, 31 août 2016; informations historiques sur les branches de Victoriaville, de Rimouski, d’Alma et de Lévi, CDOL, cdol.lds.org. 127 RHA de la MCM, dossier 5 (2005-2006), p. 3-4, CHL, LR 13768 3. Voir aussi informations historiques sur le pieu de Longueuil (Québec), CDOL, cdol.lds.org. 128 RHA de la MCM, dossier 5 (2005-2006), p. 3-4, CHL, LR 13768; 3; M. Leclerc, courriel à Catherine Jarvis, 11 février 2017. 129 RHA de la MCM, dossier 5 (2005-2006), p. 3-4, CHL, LR 13768 3; voir aussi les informations historiques sur le pieu de Longueuil (Québec), CDOL, cdol.lds.org. 130 Informations historiques sur le district de Saguenay (Québec), CDOL, cdol.lds.org. 131 Informations historiques sur les branches de Shawinigan, de La Prairie et de Granby, CDOL, cdol.lds.org. 132 Pierre-Paul Morin, courriel à George Eric Jarvis, 3 février 2015. 133 Boyden E. Lee, « Achieving Stakehood: The Ottawa Ontario Stake, 1974–1980 », dans Zion Shall Come Forth: A History of the Ottawa Ontario Stake, Roy A. Prete,


dir. (Ottawa : pieu d’Ottawa, Ontario, 1995), p. 47-49. 134 Rapports historiques, 31 décembre 1976, CMM MHHR, CHL, LR 13768 2; informations historiques sur la branche de Tung Fong, CDOL, cdol.lds.org. 135 D. Mark Prescott, « The Montreal Quebec Mount Royal Stake », dans Zion Shall Come Forth, Roy A. Prete, dir., p. 213; voir aussi « Arson Blamed for Explosion that injures six at church », Montreal Gazette, 11 janvier 1979; « Revenge Seeker Held for Church Blaze », Montreal Gazette, 12 janvier 1979. 136 Informations de Roy A. Prete, 31 août 2016 (basées sur les informations reçues d’Edward J. Smith, président du pieu d’Ottawa (Ontario), 1980-1990; sous sa direction, Prete sert comme membre du grand conseil). 137 Division des membres et des statistiques, 31 août 2016. 138 Roy A. Prete, 1er septembre 2016 (membre du pieu d’Ottawa, Ontario). 139 Informations historiques sur le pieu de MountRoyal, à Montréal (Québec), CDOL, cdol.lds.org; voir aussi Prescott, « The Montreal Quebec Mount Royal Stake », p. 212. 140 Potsdam New York District Historical Information and Associated Organizations, CDOL, cdol.lds.org. 141 Division des membres et des statistiques, 31 août 2016. 142 George Eric Jarvis, ancien président du pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), et auteur du présent chapitre, « Résumé de la croissance du pieu entre 2004 et 2013 », non publié, 8 novembre 2013. 143 L’Encyclopédie canadienne, R. Foot et D. Latouche, s. v. « René Lévesque », 2009, consulté le 23 février 2017 à http://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/rechercher/?keyword=rene levesque/. 144 Dean Perkins, courriel à Stephen V. Beck, 28 mars 2016. 145 George Eric Jarvis, « Résumé de la croissance du pieu ». 146 Informations historiques sur la paroisse de Kirkland, CDOL, cdol.lds.org; voir aussi Prescott, « Le pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec) », p. 215. 147 Mark Prescott, « Le pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec) », p. 215. 148 Stephan Jehoda et Sandra Jehoda, entrevue du 13 août 1979, p. 51. 149 Ibid. 150 Thomas Wilde, ancien président du pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), « Un bref historique de l’Église à Montréal », non publié, v. 1990; Thomas Wilde, entrevue accordée à George Eric Jarvis le 19 mai 2014; MHHR de la paroisse de Pointe-Claire, 29 juin 1980, CHL, LR 7071 2; rapports historiques annuels du pieu d’Ottawa (Ottawa), dossier 1, 6 juillet

1980, CHL, LR 15989 3. 151 Thomas Wilde, entrevue accordée à George Eric Jarvis le 19 mai 2014. 152 Domenico Carmine Raimondo Aloi, entrevue accordée à George Eric Jarvis le 23 avril 2014. 153 Brian Lauder, entrevue accordée à George Eric Jarvis le 30 mars 2015. 154 Mary-Anne Lauder, courriel à George Eric Jarvis, 28 avril 2015. 155 Walter Svenson et Sherry Oler, entrevue accordée à George Eric Jarvis et Catherine Jarvis le 18 mai 2014. 156 Laurent M. Leclerc, courriel à Catherine Jarvis et George Eric Jarvis, 6 mars 2017. 157 Merlin Olsen, entrevue accordée à George Eric Jarvis le 29 août 2016. 158 Division des membres et des statistiques, 31 août 2016. 159 Ibid. 160 Connaissances personnelles de l’auteur George Eric Jarvis, 1er septembre 2016. Jarvis sert comme président du pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), entre 2004 et 2013. 161 Connaissances personnelles de l’auteur George Eric Jarvis. 162 Ibid. 163 Division des membres et des statistiques, 31 août 2016. 164 Jay A. Glowa, courriel à George Eric Jarvis, 20 octobre 2014. 165 Jay A. Glowa, courriel à George Eric Jarvis, 14 juin 2015. 166 Rapports historiques, 31 décembre 1975, CMM MHHR, CHL, LR 13768 2. 167 Informations historiques sur la paroisse Zarahemla, CDOL, cdol.lds.org. 168 Informations historiques sur la branche Monte Rey (branche hispanophone), CDOL, cdol.lds.org. 169 Informations historiques sur la paroisse de Victoria, CDOL, cdol.lds.org. 170 Sterling Dietze, courriels à Omer Pirlet, 5 avril 2015. 171 Branche de Mount-Royal (branche mandarine), CDOL, cdol.lds.org. 172 Division des membres et des statistiques, 31 août 2016. 173 Jay A. Glowa, courriel à George Eric Jarvis, 4 mars 2015. 174 Omer Pirlet, courriel à George Eric Jarvis. 175 Dominic Sénéchal, courriel à George Eric Jarvis. 176 Données sur les baptêmes de convertis du pieu de Montréal (Québec), 2004-2015, transmises à l’auteur par Dominic Sénéchal, président du pieu de Montréal (Québec), extraites des rapports trimestriels. 177 Données sur les baptêmes de convertis du pieu de Montréal (Québec), 2004-2015. 159


178 Dean Louder, courriel à Roy A. Prete, 24 août 2015. 179 Résumé historique de la mission 1998, rapports historiques annuels de la MCM, dossier 1, CHL, LR 13768 3; voir aussi « Pres. Hinckley Visits 6 Canadian Provinces », Church News, 8 août 1998, p. 3. 180 Thomas L. Wilde, entrevue accordée à George Eric Jarvis le 29 mai 2014. 181 George Eric Jarvis, souvenirs personnels du président Hinckley, 2015. 182 Georges L. Bourget, courriel à Catherine Jarvis, 5 mars 2017. 183 Eric Dumouchel, « Histoire de la Mission canadienne de Montréal », 1998, utilisé avec le consentement de l’auteur le 1er août 2016, http://yelkcam.com/cmm/?page_id=34. 184 Walter Svenson et Sherry Oler, entrevue du 18 mai 2014. 185 Julie A. Dockstader, « Montreal Temple Highlight of 40 Years of Progress », Church News, 10 juin 2000, p. 3; voir aussi « Le temple de Montréal (Québec) », Church News, 10 juin 2000, p. 4. 186 « New Temple Presidents », Church News, 20 mai 2000, p. 12; voir aussi Kahlile Mehr, compilateur, Base de données des présidents de mission, vol. 1-2, CHL, M256 M498m 2002. 187 Georges L. Bourget, courriel à Catherine Jarvis, 6 mars 2017. 188 George Eric Jarvis, entrée de journal, 8 décembre 2015. 189 Ibid., 28 janvier 2007. 190 Branche des jeunes adultes célibataires Laurier, informations générales et informations historiques, CDOL, cdol.lds.org; D. Limoges, courriel à George Eric Jarvis, 11 avril 2015. 191 Informations historiques sur les branches de Joliette et de Saint-Jérôme et la paroisse de Terrebonne, CDOL, cdol.lds.org. 192 George Eric Jarvis, entrée de journal, 27 mai 2007. 193 Alain Allard, courriel à George Eric Jarvis, 28 mai 2011; George Eric Jarvis, entrée de journal, 16 juillet 2011. 194 « Missionaries Sing Out in Montreal », Ensign, novembre 2003, p. 128; George Eric Jarvis, 21 août 2016, souvenirs personnels de Reid et Nona Nibley. Reid Nibley dirige le chœur des missionnaires avant la partie des Expos de Montréal. Sa femme et lui sont missionnaires à cette époque. 195 George Eric Jarvis, 21 août 2016. 196 Pierre-Paul Morin, courriel à George Eric Jarvis, 7 août 2016. 197 R. Foster, courriel à George Eric Jarvis, 8 juillet 2008. 198 George Eric Jarvis, entrée de journal, 16 juillet 2011. 199 A. Allard, courriel à George Eric Jarvis, 20 janvier 2009.

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200 W. T. David Murray, courriel à George Eric Jarvis, 21 juillet 2009. 201 Stephan Jehoda, courriel à George Eric Jarvis, 8 janvier 2010. 202 Pieu de Montréal (Québec), pieu de Mount-Royal, à Montréal (Québec), et les organisations associées du pieu de Longueuil (Québec), CDOL, cdol.lds.org. 203 Informations historiques sur la branche d’Abitibi, CDOL, cdol.lds.org. 204 Dieter F. Uchtdorf, « Soutien des officiers de l’Église »,  Ensign, mai 2014. 205 Dean R. Louder, courriel et p. j. à George Eric Jarvis, 1er septembre 2016; Dean R. Louder, courriel à George Eric Jarvis, 24 novembre 2016. 206 Linda Pelchat, entrevue du 5 juin 2014. 207 George Eric Jarvis, souvenirs personnels de Raymond Sawyer, 2015. 208 Thomas Wilde, entrevue du 19 mai 2014. 209 Walter Svenson, entrevue du 18 mai 2014. 210 George Eric Jarvis, souvenirs personnels de Sherry Svenson, 2015. 211 Jean Saintonge, courriel à Catherine Jarvis, 21 août 2016. 212 Ray Aloi, entrevue du 23 avril 2014. 213 George Eric Jarvis, souvenirs personnels de Ray Aloi, 2015. 214 Stephan Jehoda et Sandra Jehoda, entrevue du 13 août 2014, p. 13. 215 Ibid., p. 34. 216 Ibid., p. 40-41. 217 Jean Saintonge, courriels à George Eric Jarvis. 218 « Nouveaux présidents de mission », Church News,  12 janvier 2008; Michel J. Carter, CDOL, cdol.lds.org. 219 Rapports historiques sur la Mission du Québec, 31 décembre 1973, CMM MHHR, CHL, LR 13768 2; Uchtdorf, « Soutien des officiers de l’Église ». 220 Catherine Jarvis, « 30 Quebec Wards, Branches Help in Shoreline Cleanup », Deseret News, 12 décembre 2010. http://www.deseretnews.com/article/705386840/30-Quebec-wards-branches-help-inshoreline-cleanup.html?pg=all. 221 Catherine Jarvis, « Interfaith Community Clean Up in Quebec », Deseret News, 5 juin 2011, https://www.deseretnews.com/article/705373917/Interfaith-community-clean-up-in-Quebec.html. 222 Cégep de Sainte-Foy, Journées des sciences de la religion du Cégep de Sainte-Foy, 9e édition,  Le mormonisme, 2010, page de couverture. 223 D. Gignac, courriel à Ariane Avril Caron, 6 août 2016. 224 Environnement Canada, 2013; Environnement et Changement climatique Canada. Les dix événements


météorologiques les plus marquants de 2011: 3. Inondations du Richelieu : la plus longue catastrophe au Québec, consulté le 19 juin 2013, https://www.ec.gc.ca/meteo-weather/default.asp?lang=En&n=D7CF8BE3-1; http://www.deseretnews.com/article/705376023/ Mormon-Heling-Hands-assist-Quebec-flood-victims. html?pg=all. 225 Catherine A. Jarvis, « Mormon Helping Hands Assist Quebec Flood Victims », Deseret News, 10 juillet 2011, http://www.deseretnews.com/article/705376023/Mormon-Helping-Hands-assistQuebec-flood-victims.html?pg=all. 226 Perry Spice, courriel à Helen K. Warner, 15 juin 2011. 227 Guy Robitaille, lettre au rédacteur en réponse à l’article intitulé « De l’entraide, et sans subventions! » d’Adrien Pouliot, La Presse.ca, 14 juin 2011, http://www.lapresse.ca/opinions/201106/13/01-4408845-de-lentraide-et-sans-subventions.php. 228 Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, Salle de presse du Canada, « Commémoration chrétienne de la Shoah célébrée dans une église mormone de Montréal », 18 avril 2013, https://www.presse-mormons.ca/article/commemoration-chretiennede-la-shoah-celebree-dans-une-%C3%A9glisemormone-de-montr%C3%A9al; J. Arnold, « Mormon Leader Reiterates Ban on "Baptizing" Shoah Victims », Canadian Jewish News, 19 avril 2013, http://www.cjnews.com/news/mormon-leader-reiterates-ban-baptzing-shoah-victims. 229 « Des universitaires mormons prennent la parole à l’Université McGill », Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, Salle de presse du Canada, 6 décembre 2014, https://www.presse-mormons.ca/ article/des-universitaires-mormons-prennent-la-parole-a-luniversite-mcgill.

230 « Mobilisation éclair des mormons de Montréal pour célébrer Noël », Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, Salle de presse du Canada, 16 décembre 2014, https://www.presse-mormons.ca/article/mobilistion-eclair%C2%A0des-mormons-de-montreal-pour-ce lebrer-noel; « Montreal Mormon Flash Mob Musically Shares Christmas Message », Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, Newsroom, 22 décembre 2014, http://www.mormonnewsroom.ca /article/montreal-mormon-flash-mob-musically-shares-christmas-message. 231 André LaRose, « Résumé des conférences », L’ Ancêtre 41, no 310, 2015, p. 170-73. 232 « Homeless Choir Inspires Audiences Worldwide », GoodNewsNetwork, 17 juin 2006, http://www.goodnewsnetwork.org/accueil-bonneau-choir/. 233 Stéphane St-Amour, « Pierre Anthian mis en demeure par l’Accueil Bonneau », CourrierLaval.com, 18 janvier 2016, http://www.courrierlaval.com/Actualites/2016-01-18/article-4407683/Pierre-Anthian-mis-en-demeure-par-lAccueil-Bonneau/1. 234 J. Almeida, « The Christmas Choir », Minds on Film (blogue), Royal College of Psychiatrists, 2016, http://www.rcpsych.ac.uk/discoverpsychiatry/mindsonfilmblog/thechristmaschoir.aspx. 235 Melissa Kent, « Montreal Homeless Choir Disbands », CBC News, 3 janvier 2003, http:// www.cbc.ca/news/arts/montreal-homeless-choir-disbands-1.405022. 236 N. Raman, « Singing in the Streets [entrevue avec Pierre Anthian] », The Guardian, 26 décembre 2008, https://www.theguardian.com/world/2008/dec/26/ canada-homelessness.

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