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Alain Ducher

Une page de l’histoire.

La coiffure femme du temps de Marie-Antoinette. Suite du manuel Histoire de Coiffures

Depuis la fin du règne de Louis XV, l’arrivée en 1770 de Marie-Antoinette en France à 1788. Coiffures, chapeaux, shampooing, maquillage, parfums, perruque.

« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » Michel de Montaigne.


Table des matières

Introduction Page Chapitre 01. Rappel des coiffures Louis XV Chapitre 02 . L’étiquette Chapitre 03. La Mode Chapitre 04. Changement de coiffure au cours d’une journée Chapitre 05. Léonard Autié Chapitre 06. Melle Rose Bertin Chapitre 07. Concurrents Chapitre 08. Matériel de coiffure Chapitre 09. Accommodage Chapitre 10. Fer à friser Chapitre 11. La collure Chapitre 12. La poudre Chapitre 13. Hygiène Chapitre 14. Le tapé Chapitre 15. Le toupet - Le coussinet Chapitre 16. Le chignon - Le Tignon Chapitre 17. Le catogan Chapitre 18. Mots propres à la coiffure Chapitre 19. Chapeau Chapitre 20. Les ornements Chapitre 21. La perruque Chapitre 22. Le postiche Chapitre 23. Le maquillage Chapitre 24. Le parfum Chapitre 25. Les dépenses Deuxième pèriode: de 1781 à 1786 Chapitre 26. Coiffure à l’enfant après 1781 Troisiéme période de 1786 à 1788 Chapitre 27. Fin de régne Bibliographie

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Introduction 01 / Ce dossier documentaire de vulgarisation s’adresse aux professionnels de la coiffure, pour mieux comprendre comment travaillaient nos aînés mais aussi sur l’environnement d’une coiffure car certains sujets sortent du cadre de la coiffure. Il s’adresse à tous les curieux des modes passées qui désire augmenter leur culture générale. L’étude se décompose en 27 chapitres numérotés en gras, ils sont développés séparément. 02 / Certaines explications sont accompagnées de croquis. Pour les croquis de coiffures, le visage est volontairement absent par crainte de ne pas reproduire la réalité. Certains croquis de coiffure ne sont pas numérotés car ils n’ont pas d’explication dans le texte, mais ils sont de la période de Louis XVI. Le chapeau est plus ou moins représenté car ceci n’est pas notre métier. Il y a des récits qui sont écrit en “italique”, je ne rapporte que des extraits de textes. 03 / Depuis mes débuts dans la coiffure, les coiffures femmes de l’époque Louis XVI, hautes et volumineuses m’intriguent. Je cherche à trouver une réponse à mon questionnement et c’est très modestement que je vous présente mes recherches ainsi que mes réflexions. 04 / C’est une recherche historique basée sur des sources bibliographiques depuis les coiffures de la fin du règne de Louis XV, les coiffures femmes du temps de Marie-Antoinette qui prennent fin en 1788. Après cette date les coiffures et la mode vont prendre une tournure différente : plus révolutionnaire, le raffinement est considéré comme un crime. Je vous invite donc à étudier les coiffures femmes et à observer l’environnement dans lequel celles-ci ont vues le jour : les perruques, les postiches, les chapeaux, les ornements, le maquillage, les parfums et les dépenses des femmes de la Cour sous l’influence de Marie-Antoinette. 05 / Il est dit qu’à cette époque les coiffures sont hautes, très volumineuses, poudrées, surplombées d’énormes chapeaux. Marie-Antoinette a-t-elle lancée cette mode ? On parle des coiffures Louis XV, plates, petites têtes puis de Marie-Antoinette avec des coiffures hautes, la hauteur est-elle venue d’un seul coup ? Les coiffures hautes sont-elles rapidement devenues une référence ? Quelle est la technique du coiffeur ? Quels outils le coiffeur utilise-t-il ? Comment se lave-t-on la tête ? Pourquoi les cheveux doivent-ils être poudrés à blanc ? Combien de temps faut-il pour faire une coiffure ? Les coiffures sont-elles réalisées sur des perruques ? Sous les énormes chapeaux que devient la chevelure ? Beaucoup de questions qui appellent à des réponses précises. 06 / Nous allons vivre avec Madame de…..proche de Marie-Antoinette qui va nous servir de guide pendant toute l’étude soit pendant 18 ans, et plus particulièrement au cours d’une journée pour se rendre compte de ses changements de coiffures. 07 / Sous le règne de Marie-Antoinette, la coiffure va évoluer suivant trois périodes. Chacune d’entre elles représente une tendance différente de coiffure. Première période de 1774 à 1781, le début du règne: les coiffures hautes. Deuxième période de 1781à 1786, la maternité qui apporte “la coiffure à l’enfant”. Troisième période de 1786 à 1788, la mode Anglaise s’impose. 


Les chapitres 08 / Nous devons commencer par les coiffures de la fin du règne de Louis XV Chapitre 01 puis de voir l’évolution de la coiffure sous le règne de Marie-Antoinette sur la première période. La premiére période de 1774 à 1781 09 / Pour Madame de ..... étant de la plus haute noblesse, fait parti de la Cour, elle doit suivre l’étiquette Chapitre 02 Après la fin de la période de deuil du Roi Louis XV, il y a reprise des festivités, bals, réceptions, soirées. Marie-Antoinette prend la maîtrise de la mode Chapitre 03 et des coiffures. 10 / Madame de ….. a le plus grand soin de sa chevelure, car elle doit tenir son rang, vas nous faire vivre les changements de coiffure pendant une journée Chapitre 04. 11 / Pour Marie-Antoinette deux personnages participent dans la promotion de ses coiffures, Léonard Autier Chapitre 05 le coiffeur, et Mlle Rose Bertin Chapitre 06 la modiste pour les chapeaux. Les femmes de la Cour font appel à des coiffeurs concurrents Chapitre 07 et à des marchandes de mode pour les ornements. 12 / Le coiffeur de Madame de.....est appelé, il arrive avec son matériel Chapitre 08 pour l’accommodage Chapitre 09 de la coiffure, le coiffeur va friser les cheveux Chapitre 10 puis ils sont imprégnés de graisse c’est la collure Chapitre 11 suivi de la poudre Chapitre 12 et du coiffage pour finir la coiffure. De temps en temps Madame de ...... demande que l’on s’occupe de l’hygiène Chapitre 13 de sa chevelure. 13 / Certaines de ses coiffures demandent beaucoup de volume, le coiffeur doit faire un tapé Chapitre 14 pour avoir une bonne tenue du toupet Chapitre 15 celui-ci doit supporter le poids du chapeau. Sur l’arrière de la tête se trouve le chignon Chapitre 16 suivi d’un catogan Chapitre 17 On se rend compte qu’il y a des mots propres à la coiffure Chapitre 18. La coiffure terminée il ne reste qu’a poser le chapeaux Chapitre 19 et les ornements Chapitre20. 14 / L’une de ses amies a peu de cheveux, elle doit faire appels aux perruquiers pour la perruque Chapitre 21 ou aux postiches Chapitre 22. 15 / Madame de ….. est la plus élégante car il y a harmonie entre la robe, la coiffure cheveux, le chapeau sans oublier le maquillage Chapitre 23 et le parfum Chapitre 24 c’est un tout qui demande des dépenses Chapitre 25 importantes.




Deuxiéme période de 1781à 1786 16 / Après l’accouchement de la Reine une nouvelle coiffure apparaît la coiffure à l’enfant Chapitre 26 Madame de ….. change la forme de sa coiffure. Troisiéme période de 1786 à 1788 17 / Sur la fin du règne Chapitre 27 une évolution de la coiffure se fait jour avec la tendance de la mode Anglaise.

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Chapitre 01. Rappel des coiffures Louis XV Le mot coiffure 18 / Il est important d’avoir à l’esprit que la coiffure dans le passé désigne la tête couverte d’un chapeau, d’un bonnet, d’une coiffe. Une coiffure est un chapeau et non la forme que l’on donne à une chevelure ce qui apporte une confusion dans beaucoup d’explications. 19 / Les femmes du peuple ont toujours la tête couverte d’un bonnet aux formes très variées suivant les régions ou le travail exercé avec dessous des cheveux longs, tressés, remontés, attachés sur le sommet de la tête, toujours le plus simplement possible. 20 / Les femmes de la bourgeoisie et des commerçants ont aussi la tête couverte avec des chapeaux plus ou moins travaillés. Elles cherchent à avoir des coiffures réalisées avec leurs cheveux qui s’inspirent un peu des coiffures de la noblesse. 21 / Les femmes de la noblesse ou de la haute noblesse ont la tête couverte avec des chapeaux ouvragés et riches. Sous le chapeau, la chevelure est travaillée par un coiffeur qui a réalisé une coiffure élaborée. Coiffures têtes de mouton 22 / La mode des coiffures vient du passé pour aller vers le futur, elle suit une évolution, une progression, il est donc intéressant de voir les coiffures de la fin du règne de Louis XV. croquis (07) (08) (09) (10). 23 / Sous Louis XV la coiffure de Cour est appelé “La grande coiffure”. Du temps du règne de Louis XV, les coiffures sont simples : en « petites têtes de mouton », poudrées, blanches, de petit volume elles suivent la forme du crâne. 24 / La chevelure est divisée en trois parties, la première partie en bordure du visage d’une oreille à l’autre possède une frisure soutenue appelée “crêpé dru”. Une partie en arrière de la tête qui remonte droite au vertex en un petit chignon bouclé et entre les deux, une bande de cheveux d’une oreille à l’autre ou les cheveux sont coiffés en boucles, en coques, en rosettes, en guirlande, en assemblages variés et originales disposés différemment. 25 / La chevelure est coupée “de façon étagée”. Les cheveux de la bordure frontale, des tempes et du haut de la tête sont coupés courts à 7cm, et en descendant vers les oreilles étagés par degrés, ceux de l’arrière de la tête et du bas de la nuque sont un peu longs pour pouvoir remonter sur le sommet de la tête pour réaliser un petit chignon très simple, de peu de volume.




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26 / Couper les cheveux c’est “faire les cheveux”, la coupe étagée donne un aspect plus agréable à la coiffure. Les cheveux du sommet de la tête sont toujours plus courts que les rangs inférieurs. On réalise aussi l’effilage pour les grosses chevelures, pour cela on prend une mèche de cheveux que l’on soulève verticalement, la pointe des ciseaux posée vers la racine, on coupe certaines mèches. 27 / La coiffure est agrémentée de petits ornements, de fleurs, de rubans, de petits chapeaux, de petit carré de linon ou de bonnet de dentelles avec un nœud sur l’arrière, appelé “rosette”. 28 / Écrits. Septembre 1769. “les côtés dominent, l’intervalle entre les boucles est rempli par des fleurs et des pierreries, elle a pris beaucoup à la cour”. “la taille des cheveux donne une forme régulière en retranchant les inégalités et en les taillant par étages”. “la taille des cheveux n’a point de règles précises, c’est une affaire de génie d’où un certain talent, du goût, le coup d’oeil, ...un peu d’habitude suffit pour en venir a bout, mais certains perruquiers sont bien supérieurs en cela à d’autres et en font les frais”. “il est conseillé de couper les pointes tous les mois dans le croissant de la lune”. Faits relatés 29 / Écrits. Lady Montégu, 1721. Voyage a travers la France .”je trouve toutes les beautés françaises dégoûtantes avec leurs cheveux crêpés courts ressemblant a de la laine de mouton et leur visage couleur de feu”. 1763. “les premiers gonflement des hautes coiffures se font jour”. Janvier 1763 sur le Mercure de France. “coiffure avec deux ailerons haut de 7 a 8 pouces, plus haut que la physionomie, avec une huppe a la saillie franche, attachée par une ample bourse de linge, par dessus une carcasse de rubans bouillonnés nouée avec une rosette à l’extrémité postérieure du crâne.”. La longueur d’un pouce est égale à 2,54 cm, 7 à 8 pouces signifient une coiffure haute de 18 à 20 cm. “Les coiffures de jour sont en hauteur, elles prennent de plus en plus d’ampleur et de verticalité, elles deviennent des coiffures spectacles”. Janvier 1763, voici le passage d’une lettre écrite par une jeune étrangère à une de ses compatriotes sur les coiffures et les modes actuelles des françaises. “ Il y a quelques années les dames françaises avaient si considérablement abaissée leurs coiffures qu’on ne leur soupçonnait plus de tête, ce n’est plus cela, il s’en faut bien. La bizarrerie des coiffures actuelles....... . Aujourd’hui les femmes mises galamment (qui sont à la mode ) ont enjolivées de quelques ornements les serpents (les cheveux ondulés) qui se dressent et se replient sur leurs têtes et d’autres plus négligés dont les cheveux se hérissent à la vue de leurs effrayantes camarades. 


Paris..... l’adoption des modes outrées n’ont pas moins d’un demi pied de chevelure artistiquement dressées sur leurs têtes. (un pied égale 30,48 cm, un demi pied égale 15,24 cm) il n’y a qu’a vérifier la mesure à la main. Tel est l’usage journalier des plus modeste parure. Car sur les théâtres ou les femmes du monde vont étudier les airs et les ajustements, l’excès de ces montagnes chevelues. …...Toutes les actrices n’ont pas osées aller jusqu’à la hauteur des plus jeunes têtes ….. . Un petit morceau de linge ou de dentelles sont en arrière de la tête, forme des cornettes ou garnitures (chapeau). Ces coiffures hautes huppées sont utiles pour les jeunes femmes,.... que cela leur allait beaucoup mieux que toute autre manière à l’air de leur visage. J’aimerais n’avoir jamais rencontrer aucun visage qui allait à cette coiffure car beaucoup de femmes imaginent qu’en se hérissant ainsi les cheveux sur la tête, elles en élèvent d’autant leur petite nature. Les coiffures font ressembler les femmes a des bamboches (marionnettes plus grande que l’ordinaire) avec des coiffures imposantes. Visage entouré de rayons (les cheveux) que forme cette chevelure bien redressée en l’air. J’ai remarqué qu’à la Cour on avait jusqu’à présent moins adopté cette mode qu’à la ville, et que dans cette dernière celles qui les portaient étaient d’un état ou l’étalage est utile au produit de leurs charmes.”. A . M. CH. KAREV. 30 / Écrits. En 1769. “de l’avis des hommes ils espèrent enfin que les dames cesseront d’élever leurs coiffures, si ce goût continue, ils ne serons plus vis-à-vis d’elle que des nains”. “ certaines jeunes femmes dans la ville de Paris et de la cour portent des coiffures avec de la hauteur”. 31 / Ces renseignements sont importants sur la hauteur des coiffures. En 1763, le Mercure de France informe ses lecteurs que l’on trouve des coiffures hautes de 7 à 8 pouces, soit de 17 à 20 cm. La lettre de A . M. CH. KAREV décrit à son amie ce qu’elle a vue dans Paris : des femmes portant des coiffures hautes d’un demi pied soit 15,24 cm mais que cette mode est peu portée à la Cour. Elle décrit aussi la peur des hommes d’être nains. 32 / Les coiffures hautes ne sont pas arrivées du jour au lendemain. Il est important de savoir que bien avant 1763 insensiblement les coiffures ont pris de la hauteur et que dans Paris, il semble que ce sont les femmes de mœurs plutôt libres qui portent ces coiffures ainsi que quelques extravagantes. Au même moment 33 / On apprend que la coiffure haute n’est pas sur toutes les têtes des femmes de la Cour. Elle n’est porter que par les jeunes femmes ou celles qui sont les plus “galamment mises”. La majorité des femmes de la Cour et les plus âgées portent des coiffures petites têtes du style Louis XV réalisées par des coiffeurs qui suivent l’étiquette. Les coiffures de la ville ne les intéressent pas ou peu. Au même moment, dans les rues de Paris quelques femmes suivent une autre mode et se promènent avec des coiffures hautes.




Marie-Antoinette 34 / Quand Marie-Antoinette arrive en France le 07 Mai 1770 sous le règne de Louis XV, elle a 15 ans. Dès son arrivée, elle est habillée à la mode Française et est coiffée par le coiffeur officiel de la Cour Larseneur, croquis (11) (12) coiffure de Cour à tendance petite tête classique suivant l’étiquette. Quelques jours plus tard, le 16 Mai elle épouse le futur Roi Louis XVI. 35 / A la Cour, elle croise des jeunes femmes portant des coiffures hautes. Celles-ci intéressent grandement Marie-Antoinette qui se hâte d’en savoir plus sur ces coiffures hautes. La future Reine est jeune, elle veut des coiffures différentes des personnes âgées. La jeunesse aime la nouveauté et va faire évoluer la mode des coiffures qui vont encore s’élever. 36 / Pendant les quatre années qui s’écoulent entre son mariage et la mort du Roi Louis XV en 1774, Marie-Antoinette va porter des coiffures de plus en plus hautes entourées par l’ensemble de la Cour. Ces coiffures suscitèrent de l’admiration des uns et des moqueries des autres. Elle demande des coiffures de plus en plus voyantes, volumineuses correspondant à l’augmentation des robes à paniers qui atteignent des largeurs maximale.

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Le Sieur Legros 37 / Vers 1768, l’un des coiffeurs les plus renommé de ce règne est le Sieur Legros. Il est le plus créatif, le plus communicatif, il crée une Académie de Coeffure et un livre relatant ses créations de coiffures. 38 / Écrit. “ une académie vient de s’établir qui se charge d’éclairer et de développer les lois de la physionomie. L’esprit inventif qui anime l’académie de coiffure donne tous les jours naissance à de nouveaux prodiges, des talents, à l’imagination intarissable”. “ Le Sieur Legros vient de publier un ouvrage de 50 pages avec des figurines enluminées, l’art de la coiffure des dames françoises, avec un supplément de 38 estampes qui lui a pris 9 ans avant de le publier. Il a fait don de son livre à toutes les Reines de l’Europe, cet ouvrage est essentielle a l’industrie francoise. Il a été suivi d’un supplément et en voici un second de 18 coiffures, il a déjà donné 80 sortes de coiffures différentes”. 39 / Dans son Académie de Coeffure, il enseigne à ses élèves “la coiffure à fond” pour les femmes et les valets de chambre, les coiffeuses et les coiffeurs. Ses élèves peuvent suivre une formation en trois ans. “la coiffure à fond” est la coiffure réalisée en entier : sur une chevelure complètement démêlée et recoiffée. Ce n’est pas un arrangement de la coiffure de la veille. Il fait observer que dans sa pratique, ses coiffures sont réalisées sans épingles, il en fait très peu l’usage. 40 / Il embauche des jeunes filles pour que ses élèves s’entraînent. Il coiffe ces jeunes filles appelées “les prêteuses de têtes”. Il les fait se promener dans Paris afin que le beau monde puisse admirer ses créations. Elles sont payées 20 sols par jour par Sieur Legros. 41 / En 1765, il expose plus de 100 poupées coiffées de manières différentes à la foire de SaintOvide sur la Place Vendôme, ce qui augmente sa notoriété. Ses créations franchissent les mers et les frontières elles sont vêtues, coiffées et chapeautées. Elles font le tour de l’Europe et sont portées à Londres, à Madrid, à Lisbonne, en Allemagne, en Italie, en Suède, au Danemark, à la cour de Russie, jusqu’au sérail du grand Turc. Croquis (29) (30) (31) (32). 42 / C’est un vrai professionnel de la communication, il est copié pour ses coiffures et influence ses concurrents qui innovent en se basant sur ses créations. Son livre a un grand succès, il est réimprimé quatre fois en quatre ans. A cette époque, on trouve un nouveau moyen de communication, la revue périodique tel le Cabinet des modes qui présente des créations de coiffures. 43 / Son ouvrage présente des coiffures petites têtes, il fut publié en 1768, sa réalisation a durée 9 ans, il a donc commencé vers1760, période durant laquelle les coiffures à la mode sont du milieu du règne de Louis XV. En 1768, la mode n’est plus la même pour certaines femmes.

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44 / Il meurt le 30 Mai 1770 durant la fête organisée en l’honneur du mariage de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Après l’effondrement d’une tribune, il fût étouffé pendant un mouvement de foule causant la mort de 132 autres personnes. 45 / Le Roi Louis XV décède le 10 mai 1774 à cause de la petite vérole. Quatre ans après l’arrivée en France de Marie-Antoinette, commence alors, suivant l’étiquette, la période de deuil qui dure 7 mois. Celle-ci se décompose en deux parties : le grand deuil et le petit deuil que toute la Cour doit suivre. 46 / L’étiquette régit la période de deuil depuis, la couleur des tissus, des bas et des gants de soie noire, des robes en taffetas de Tours sans lustre, des barbes plates, des voiles de crêpe blanc ourlé ou des coiffes noires. Toutes réceptions et festivités sont arrêtées, ainsi que que l’avancée de la mode en matière de coiffure.

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Chapitre 02 . L’étiquette Rigueur de l’étiquette 47 / L’étiquette est un code, un protocole, un cérémonial de Cour qui régit les devoirs, les usages et les bonnes manières. C’est un savoir vivre qui gouverne l’ensemble du comportement des personnes et même de la famille Royale. L’étiquette et une barrière imposante contre la malveillance. Elle est basée sur la dignité royale qui ne doit trouver que des serviteurs, à commencer même par les frères et sœurs du Monarque. 48 / L’étiquette apporte l’esclavage de tout Versailles au Roi, il faut vivre en suivant l’étiquette, pour la représentation, la ponctualité, le protocole. La Cour est le centre de la politesse avec un désir immodéré pour la fortune sans le travail. 49 / L’étiquette règle, programme et classe tout. Elle régente tout, ordonne tout, rien n’est laissé au hasard. Tout est minutieusement réglé dans les divers usages de la Cour, ce qui s’est produit la veille se reproduit avec exactitude le lendemain, elle assujettie les grands, c’est un étrange esclavage, la Cour est enchaînée, elle n’a pas de liberté, elle vit par la représentation, asservie par des coutumes singulières. 50 / A la Cour chacun a le même besoin de paraître suivant le prestige de son rang. Ils ont tous la même vanité à parader, à briller, à attirer l’attention pour atteindre ne fût-ce qu’un jour, une heure, la gloire pour plus de privilèges et plus de titres. Le Roi manifeste alors son mécontentement ou sa satisfaction vis-à-vis des courtisans auxquels il peut procurer ou retirer l’honneur de le servir. La société a comme fondement l’inégalité : une inégalité basé sur la pureté du sang et la fortune. 51 / L’étiquette de la vie à la Cour demande de cultiver l’art de la représentation, du maquillage et des cheveux poudrés. Il faut avoir une tenue vestimentaire et une coiffure adaptée à son rang, au lieu, et au moment. A chaque moment de la journée, l’étiquette est présente. 52 / Elle exige que pour chaque fête officielle, occasion spéciale, ou au moment de la présentation à la Cour, les grandes dames soient très abondamment fardées. La toilette et la parure sont des éléments de la réussite, le luxe, le raffinement, les hautes coiffures, la haute noblesse ne pense qu’à cela, le prestige des rangs. 53 / La Cour occupe ses journées avec les réceptions, les jeux, les courses de chevaux au bois de Boulogne, les intrigues galantes, les bals, le théâtre, etc. 54 / L’étiquette Française n’est pas la même que l’étiquette Autrichienne. La Comtesse Anne de Noailles, fut charger d’éduquer la dauphine, de lui enseigner la bienséance et les convenances des habitudes d’une Cour Française. Marie-Antoinette lui donne le surnom de Madame étiquette. Marie-Antoinette n’aime pas l’étiquette ainsi que ses belles-soeurs, souvent elles furent les premières à faire des entorses a l’étiquette. 14


Exemple d’étiquette 55 / Écrits. “Chaque dimanche le lever de la Reine Marie-Antoinette se fait en deux temps, le premier elle reçoit dans sa chambre les femmes d’atours, de chambre, le médecin, le coiffeur, et avec tout le cérémonial certains dignitaires, à la fin de sa toilette vers midi, commence le second lever celuici est de pur apparat, il se fait en présence d’un très grand nombre de personnes, le cérémonial est implacable de régularité, elle est obligée de suivre les rigueurs de l’étiquette, et cela ne lui plaît pas du tout”. “Le cérémonial de l’habillement de la reine à son lever devant un aréopage de dames d’honneur assise sur des pliants disposés en quart de cercle autour de la reine. Tout y est réglé, les vêtements sont passés par la dame d’honneur, la dame d’atours aidée de la première femme et de deux femmes ordinaires. Chacune de ces dames observent scrupuleusement ces usages comme tenant des droits”. “ il ne faut pas déranger à l’ordre consacré...sur la façon de saluer celui-là par rapport a tel autre” Accouchement du 19 décembre 1778. “la reine sentit les premières douleurs ...la famille royale les princes de sang...les grandes charges passèrent la nuit dans les pièces qui tenait à la chambre de la Reine … l’étiquette de laisser entrer indistinctement tout ce qui se présentait au moment de l’accouchement des Reines fut observée...des flots de curieux se précipitèrent dans la chambre...une foule si mélangée qu’on pouvait se croire dans une place publique”. “La dauphine se promène dans le parc accompagnée d’une seule personne et sans aucune suite” ce qui ne se fait pas. “règlement pour la longueur, la couleur, le nombre, de plumes dans les poufs, les chapeaux”.

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Chapitre 03. La Mode Tout est permis au règne de la mode , les caprices deviennent des lois. La mode en coiffure 56 / Dans le passé la coiffure a toujours connu des périodes de changement suivant la mode régnante. Sous Louis XV, la mode des coiffures femmes au début du règne est aux coiffures petites têtes, changement sur la fin du règne ou les coiffures prennent de la hauteur. 57 / Sous Louis XVI, la mode en coiffure est dirigée par Marie-Antoinette elle est la personne la plus regardée, la plus enviée, la plus copiée, toutes les femmes de la Cour cherche à avoir une coiffure similaire à celle de la Reine. La mode est aussi influencée par d’autres personnages ou événements. 58 / Écrits. Un événement, l’opéra “ Tarare “ Mai 1781, création de “ la coiffure à la tarare”, aucun rapport avec le ville Tarare. “ la mode n’existe qu’a Pais”. 59 / “les grandes lignes d’une mode ne sont pas que données par Marie-Antoinette, la mode suit les représentation théâtrale, les événements importants,.... les apports d’ornements, la modiste par la décoration du chapeau ou du pouf, le coiffeur par ses créations ainsi que du goût de chaque grandes dames de la cour”. La mode vestimentaire sous Louis XVI 60 / Elle est plus influencée par la fantaisie que par le goût. On change de goût et de mode à chaque instant, elle est de plus en plus liée aux événements du jour, au cours d’une journée la femme de la Cour change plusieurs fois de robe, ce qui oblige à modifier la coiffure. 61 / A cette époque on parle peu de mode mais davantage de vogue. La France décide de la vogue pour toute l’Europe. Celle-ci est toute puissante, elle exerce sa tyrannie sur toutes les cours et est très exigeante. Une femme, pour être reçue dans la haute société, doit toujours être soucieuse de son apparence. Il faut absolument qu’elle suive la mode sinon elle est exclue de la Cour. La mode Royale est faite de luxe et de fantaisie. A des degrés moindre la noblesse s’empresse alors de la copier, ceux-ci sont alors copiés à leur tour par les notables et les marchands selon leur fortune. 62 / Écrit. Dictionnaire de la langue francoise. “ la vogue est un usage régnant et passager introduit dans la société par le goût, la fantaisie, le caprice”. 16


63 / La Reine aime la mode, elle veut plaire et pendant les premières années du règne, elle l’anime intensément , la lance, impose son style, lui porte une attention méticuleuse et passionnée, elle désire être la plus élégante de son époque. C’est ce qui lui paraît être le titre le plus désirable, mais pour ce faire elle engrange beaucoup de dettes. Changement 64 / La situation de la Reine se fait un devoir d’état d’arborer des toilettes régulièrement renouvelées et ce à grand frais. Marie-Antoinette et les dames du cercle Royal sont observées, elles sont les plus en vue, elles servent d’exemple et l’on cherche à les imiter. Les imitatrices sont toujours en retard d’un coloris ou d’un nouage de ruban à cause de la rapidité des changements de celle-ci. Les changements sont davantage des petits détails que de grandes transformations. 65 / La mode fait vivre et prospérer une multitude de modistes, de couturières, de brodeuses, de joailliers, de coiffeurs, etc., le peuple est totalement absent de la mode.

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Chapitre 04. Changement de coiffure  au cours d’une journée 66 / Nous allons étudier la coiffure de Madame de ….. au cours d’une journée type, au réveil, durant sa matinée, son après midi et sa soirée dans les années 1775. Certains termes de coiffure courant à cette époque sont expliqués dans les chapitres suivants. Le lever 67 /Madame de .... se réveille dans la matinée car elle est rentrée tôt ce matin, elle a la tête couverte de sa dormeuse, croquis (13) le peuple travail dès le lever du jour, les oisifs, à l’inverse, vivent la nuit. Ses dames d’atours l’aident pour son hygiène et à passer sa première tenue, sa servante coiffeuse fait un arrangement simple de sa coiffure. croquis(14 ). 68 / Sa première coiffure viendra plus tard, pendant qu’elle prendra sa collation. Arrivent dans la ruelle de sa chambre, grands seigneurs, abbés de cour, philosophes. Ils viennent pour parler littérature et politique. Quelques fournisseurs sont autorisés à lui présenter les dernières nouveautés en mode, robe, chaussures, etc. La matinée 69 / Lors de sa seconde toilette, le coiffeur arrive et Madame de ..... suivant l’usage, le reçoit au lit. C’est la coutume des dames de condition avec les personnes qu’elle traite sans façon, le coiffeur commence à accommoder Mme de ….. il la coiffe entièrement “à neuf ”, c’est à dire qu’il démêle la chevelure et lui enlève ce qui reste de la forme de la veille. 70 / Si Madame de ….. n’a pas a sortir de la journée elle se fera “rouler les cheveux” vers le fin de l’après midi. 71 / Suivant les besoins les cheveux sont papillotés, frisés, pommadés et très légèrement poudrés. Sur le sommet de la tête, un tapé moyen est réalisé. Au coiffage, les cheveux de la bordure du visage sont simplement projetés sur l’arrière, un début d’ampleur se fait sentir. 72 / Les cheveux des côtés sont coiffés simplement en arrière, et laissés plus ou moins bouclés, ils recouvrent légèrement les oreilles et vont se perdre sur l’arrière de la tête.*** croquis (15) (16). Les papillotes ont données aux cheveux longs de l’arrière de la tête des anglaises, celles du bas de nuque bien formées descendent sur les épaules et celles du vertex sont soit attachées sur leurs bases en grosses boucles ou reste flottantes. 73 / Est posé sur le haut de la chevelure, un ruban qui fait le tour de la tête pour maintenir les cheveux de la partie frontale et du sommet de tête, croquis (17) (18) cette coiffure simple se porte pour rester dans ses appartements. 18


L’aprés midi 74 / L’après-midi Madame de ….. va faire une petite promenade sur les Champs-Elysées avec des amies ou elle va rencontrer “ une foule de monde infinie, il faut qu’elle soit vue”. Après avoir passer sa toilette de promenade, le coiffeur ne va pas totalement changer la coiffure. Il va reprendre seulement le tapé, un coussinet plus ferme et volumineux est ajouté car la tête va être surplombé d’un chapeau des plus visible. 75 / Les cheveux de la partie frontale sont projetés sur l’arrière, ceux des côtés sont remontés vers le sommet de la tête en marteaux plus ou moins longs, les cheveux de la nuque sont soit en coque soit pendants plus ou moins bouclés. 76 / Le chapeau est ornementé de différentes façons pour être assorti à la toilette. Il est posé sur le sommet de la tête puis fixé par de très longues épingles piquées dans le coussinet. Pendant sa promenade Madame de ….. doit se protéger des effets néfastes du soleil car elle doit garder un teint de lys. 77 / Sa promenade est courte elle rentre pour se changer car elle va jouer au trictrac avec d’autres relations. Changement rapide de toilette et bien sur de chapeau mais sans changer de coiffure. En soirée, bal à Versailles 78 / A la fin de la journée Madame de ..... se prépare car elle est invitée ce soir comme chaque mercredi par le Roi à un bal à Versailles. Le coiffeur reprend toute la coiffure de l’après-midi et réalise une grande coiffure adaptée à la nouvelle tenue. 79 / De face le coiffeur réalise un tapé plus ferme, il met une pommade plus forte en racines, poudre davantage chaque mèche de cheveux. Sur le sommet de la tête le coussinet de l’aprèsmidi n’est pas assez haut, il en place un plus volumineux et plus solide car Madame de ..… va danser et il ne faut pas que le chapeau et les ornements tombent. 80 / Les cheveux de la partie frontale sont coiffés en racines droites montés verticalement très hauts croquis (23) (24) pour donner à la face une auréole haute et imposante. L’ensemble des cheveux est fixé sur le sommet du toupet, ils sont coiffés lisse et net. 81 / Sur les côtés, avec le fer à papillotes, il redonne un plis aux cheveux et forme 4 longues boucles marteaux coiffées dans un sens remontant. Celles-ci commencent au dessus des oreilles et en retrait de l’implantation pour se terminer sur le sommet de la tête, la boucle marteau la plus haute est postiche.

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82 / Sur l’arrière de la tête le coiffeur pose un énorme postiche qui est coiffé à l’avance. Il est coiffé en 3 parties, la bande centrale est lissée par le fer à passer puis coiffée en coque classique retournée à l’extérieur, elle descend jusque sur le bas du cou ou elle est très large puis elle remonte pour être fixée au vertex par un large peigne. 83 / Elle est entourée par deux bandes symétrique, dans chaque bande sur la partie haute 2 grosses boucles fixées horizontalement sur le cuir chevelu. La partie basse est divisée par une séparation en biais partant du haut au bas de la nuque et donne 2 grosses boucles bien roulées tombantes. La première boucle s’attache sur le cuir chevelu à hauteur de l’oreille et la plus basse tombe sur le devant des épaules. croquis (19) (20) (21) (22). 84 / Il ne reste plus au coiffeur qu’à poudrer à frimas l’ensemble de son travail. Pour terminer, sur le sommet de la tête il pose un pouf de dentelle auquel il attache 3 plumes d’autruche de 3 couleurs différentes, celles-ci sont fortement courbées et reposent sur tout le sommet de la coiffure. Accolé sur l’arrière du pouf et sur le haut de la coque un énorme nœud avec 2 longs pans dont les pointes coupée en biais orne la coque centrale et recouvre le large peigne. 85 / La coiffure cheveux est terminée Madame de ..… part pour être la plus belle. Ce genre de coiffure avec quelques variantes fut longtemps obligatoire comme parure officielle. 86 / Écrit. “la coiffure de Cour, la grande coiffure, est le plus souvent réalisée par un professionnel car celle-ci est difficile a réaliser, elle ne demande pas de légèreté, elle est très haute, lourde, pour réaliser cette coiffure il faut beaucoup de cheveux, en épaisseur et en longueur, il faut l’aide de plusieurs postiches et elle est toujours surmontée d’un chapeau, d’un pouf ou d’un ornement”. Changement 87 / En semaine, suivant son emploi du temps Madame de ..... peut être coiffée plusieurs fois, entre la coiffure du lever, de la journée et la coiffure du soir. Le dimanche est une journée importante car c’est une journée de loisirs, de sorties, ou la coiffure va être vue par un grand nombre d’amis, de relations, elle doit être soignée.

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Chapitre 05. Léonard Autié Sa réussite 88 / Léonard Autié est né avant 1750, il est célèbre dés 1772, il est beau garçon, “ un miroir à fillettes” selon les dires de l’époque. Il déclare “ je travail du peigne et de l’esprit, je suis académicien des coiffeurs et de la mode, je suis physionomiste”. Il décède le 24 mars1820. 89 / Il est pompeux, opère en frac, en manchettes de dentelle et porte l’épée au côté. Il a compris son époque. Un vent de folie fait tourner les têtes légères des femmes, c’est pour cette raison qu’il réalise des coiffures audacieuses, insolentes et hors du commun. 90 / Marie-Antoinette à eut deux coiffeurs, le coiffeur officiel de la Cour Larseneur et Léonard. Larseneur fut envoyé à Vienne pour les fêtes du futur mariage de Marie-Antoinette, rentré a Versailles il continue à servir la future Reine durant quelques années. Les coiffures de Larseneur sont simples, la Reine trouve que certaines dames de la Cour se trouvent coiffées de manière bien plus élégante et plus variée qu’elle. 91 / La jeune dauphine fait appel à Léonard, à ses services pour les grandes coiffures et les coiffures d’apparat. Il est déjà à la mode, sa réputation et la qualité de son travail sont reconnues. Larseneur est le coiffeur du jour, ses coiffures sont simple, pour ne pas lui faire de peine, après son départ “ Marie-Antoinette mettait ses mains dans ses cheveux pour s’arranger à l’air de son visage”. Léonard va rapidement devenir le seul coiffeur ainsi que confident de la Reine. 92 / Il a convaincu la Reine que la perfection ne peut être atteinte que par la variété des travaux et la comparaison qui en résulte, il lui faut pour ne pas perdre la main coiffer d’autres têtes. La Reine a accepté et l’a dispensé de résider à Versailles pour pouvoir toujours rester à disposition des femmes qui recherchent ses talents. 93 / Il a une clientèle considérable, ce qui est contraire à l’étiquette, l’usage interdit à tout subalterne d’exercer son talent pour le public pour éviter toute communication entre les princes et la société toujours curieuse des moindres détails de leur vie privée et de leurs mésaventures. 94 / Il devint très riche, eut des domestiques, un équipage, un appartement à Versailles et un autre à Paris. Il a un premier ouvrier du prénom de Julien, son frère Jean François est perruquier/ baigneur/étuviste de la chambre de la Reine. 95 / Écrit. “ chaque jour Larseneur vient solennellement s’acquitter de son office mais Marie-Antoinette n’aime pas la façon dont il coiffe, elle ne lui dit pas, elle ne veut pas le congédier, elle le laisse terminer son pompeux travail seulement voici ce qu’elle a imaginée. Lorsque Larseneur ayant parachever son œuvre ambitieuse, s’est enfin retiré après les révérences d’usage une demoiselle d’honneur introduit a la dérobée Léonard, et celui-ci recommence la coiffure et l’accommode selon son goût”. 24


Physionomie 96 / La mode veut qu’à cette époque, le coiffeur réalise sa coiffure suivant la physionomie de la personne “ coiffer suivant les traits du visage”, pour valoriser son visage. 97 / Écrits. En 1769. “ la coiffure des dames francoises est au jourd’hui, soumise a des lois et des principes fondé sur l’accord qui doit régner entre la physionomie et la coiffure qui lui domine”. C’est aussi “ l’art de juger des caractères par les traits du visage” ou “ d’atténuer les défectuosités de la physionomie”. Léfévre, coiffeur à Paris en 1778. “ La coiffure est un art …..opérer tous ces prodiges sans autre ressource qu’un peigne et quelques poudres diversement colorées, c’est là sans doute ce qui caractérise essentiellement un art. Il faut que le coiffeur, à l’aspect d’une physionomie, devine tout d’un coup le genre d’ornement qui lui conviendra. Il faut qu’une femme en paraissant coiffée comme toutes les autres, le soit cependant plus à l’aise de son visage ; par conséquent, il n’y a pas de toilette ou l’artiste ne renouvelle le plus difficile des prodiges de la nature, celui d’être, dans ses productions, toujours uniforme et toujours varié”. “ la chevelure a tant d’importance dans la figure humaine que c’est en grande partie à l’arrangement des cheveux que tiennent la grâce d’une tête féminine”. 98 / La réalité est autre, c’est seulement en paroles car en actes les résultats sont très modeste, d’abord parce que c’est très difficile de se démarquer. Toutes les coiffures sont presque identiques à l’exception de quelques détails qui changent. On ne peut guère varier les coiffures car elles doivent suivre la mode régnante. 99 / Écrit. Avril 1768. “ il est enseigné que l’on peut réalisé 52 manières différentes d’arranger les cheveux, mais avec de très légères différences, mais en réalité elles se réduisent a 2, constations réalisée par…...”. 100 / En 1771, la tendance des coiffures est aux coiffures hautes et étroites, mais Marie-Antoinette a le visage allongé et un grand front, avec ce type de coiffure il n’y a que de la hauteur. C’est pour cela que Marie-Antoinette veut des coiffures ayant de la largeur pour compenser cette hauteur.

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Chapitre 06. Melle Rose Bertin Sa réussite 101 / Marie-Jeanne Bertin dit Rose Bertin est née à Abbeville en 1747, a débuté à 12 ans chez une marchande de mode au Trait Galand chez Mlle Pagelle rue Saint Honoré, en tant qu’aide à la couture. Elle porte et livre les paquets aux clientes de qualité, elle est un saute-ruisseau car dans les rues de Paris les caniveaux sont toujours plein d’immondices et doivent être sautés pour ne pas se salir surtout après une pluie. 102 / Après plusieurs années elle s’installe comme marchande de mode dans un simple magasin. C’est-à-dire qu’elle est à la fois couturière et modiste, puis elle déménage plusieurs fois avant de s’installer définitivement au 26 rue de Richelieu dans une boutique « Au grand Mongol », où elle emploie une trentaine d’ouvrières qui tirent l’aiguille du matin au soir . 103 / Elle est la plus créative, la plus audacieuse et a l’imagination débridée. Elle est douée d’un goût sûr et remarquable, elle a le secret des mises heureuses ce qui lui apporte du succès, elle fait la loi dans sa noble clientèle et la choisit, toutes les femmes n’ont pas l’honneur de porter ses créations et lorsqu’elles le peuvent, elle doivent payer des sommes astronomiques. 104 / Elle fut recommandée et présentée à la Reine par les princesses de Conti, de Lamballe, et de la duchesse de Chartes au mois de juillet 1774. Marie-Antoinette fut ravie de ses prestations et de son imagination débordante. Elle fut alors présentée à la Cour ce qui est une entorse à l’étiquette des bienséances . 105 / Marie-Antoinette a des affinités et a un engouement pour Mlle Bertin qu’on surnomme même Ministre de la mode. La Reine lui demande de lui soumettre régulièrement des créations originales et nouvelles. Rose Bertin arrive suivie d’un gracieux essaim de jeunes filles rougissantes portant de vastes cartons d’où sortent des robes et des chapeaux. Elles s’enferment de façon bihebdomadaire dans la chambre de la Reine pour parler chiffons. Ces réunions se nomment“ la jeunesse de la journée”. A son retour elle explique à sa clientèle qu’elle vient de travailler avec la Reine. 106 / Écrit. “ Marie-Antoinette donne une importance excessive a une modiste et les conséquences qui en résultent ont été signalées avec aigreur par Theveneau de Morande, nous avons un ministre de plus ...... pour l’entêtement de tout ce qui regarde les affaires de son ministère, pour lesquelles ce grand personnage en jupons ne veut jamais souffrir de contradictions au nom de la mode dit elle dont elle est prêtresse la plus fervente”.

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Marchande de mode 107 / La marchande de mode s’occupe à la fois du corps et de la tête. Elle agrémente le vêtement pour le mettre en valeur suivant l’appartenance et la distinction sociale de sa cliente. Elle passe après le tailleur et la couturière pour décorer leurs réalisations, pour les enrichir, mais elle décore aussi les têtes, garnit les chapeaux, les bonnets, les poufs, etc. La communauté des marchandes de modes incorpore les fleuristes et les plumassiers. 108 / Les marchandes de mode ont la suprême législation sur cette époque, chaque semaine, elles changent les noms de ces bagatelles d’ornements. Une femme de la haute noblesse ne se rend jamais dans un magasin, ses fournisseurs viennent à son domicile lui montrer les dernières nouveautés. La rumeur populaire les accuse de provoquer des banqueroutes. Elles transforment rubans, dentelles, fanfreluches en plus précieux que l’or. La totale 109 / Mlle Bertin ne réalise pas que des chapeaux, des bonnets, des poufs, mais aussi des robes car la façon de se vêtir est un enjeu de pouvoir. Elle vend des tas d’autres choses : des gants, des gazes des mantelets, des pelisses, des gants cosmétiques, des mitaines, des jarretelles, des pastilles à brûler, des sachets de senteur, des chaussures, des bijoux, des colliers, des boucles d’oreilles, des chaînes, des délicats souliers, des pièces de dentelles, des éventails, des manchons, des colifichets, des eaux spiritueuses, etc. 110 / Autre marchande de mode “sieur Beaulard est marchand de mode, il est le premier à servir et à fournir la Reine pour ses désirs, il tient boutique sous l’enseigne du Noeud Galand rue Saint-Nicaise, il est le protégé de Madame de Lamballe, puis Rose Bertin fut présentée à la Reine amenant avec elle une grande réputation. La Reine ayant fait l’essai eût plus d’affinité avec elle ce qui l’a fait choisir au grand désespoir de Beaulard. L’un et l’autre rivalise en fécondité et imaginations. Des concurrents renommés, tel que le sieur Trouffier, le sieur Donnet prés de l’Echelle a Paris, Demoiselle Rouffaud rue du Théâtre François, Madame Pompey, Demoiselle Eloffe, etc.

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Chapitre 07. Concurrents Entente 111 / Léonard Autier, pour la coiffure cheveux et Rose Bertin pour la coiffure chapeau ont entretenus de longs et intimes rapports pour faire l’accommodage de la Reine. Ils s’entendent bien pour asseoir leur réputation et leur fortune. Ces deux personnages sont responsables d’une grande partie de la vogue des coiffures conçues a cette époque. L’un et l’autre ont des idées et un bon sens technique. Différence entre ces deux artisans 112 / Rose Bertin réalise à l’avance chez elle ses propositions de chapeaux, avec un grand choix de formes, de volumes, de tissus, de matières diverses et variées et d’ornements. Grâce à sa créativité, elle peut tout se permettre . 113 / Léonard doit réaliser son travail sur l’instant, il travaille sur la Reine, en direct. Il doit adapter sa coiffure au désir de la Reine, ainsi que le chapeau et les ornements proposés. Cependant, il est maître de la coiffure finale. A qui revient la gloire des coiffures hautes ? 114 / Premièrement, c’est au bon goût de la Reine que revient cette gloire puis suivant les auteurs ou les professions, c’est soit le coiffeur Léonard, soit la modiste Rose Bertin. Les coiffures sont hautes mais les chapeaux sont aussi très hauts, immenses même. Ce qui en résulte est une impression de tête énorme et d’un petit visage . 115 / Pour la hauteur des coiffures cheveux tout revient à Léonard mais il manque un plus pour que celle-ci soit encore plus hautes et plus impressionnantes. C’est à ce moment qu’entre en scène le chapeau et son ornementation. C’est alors à Rose Bertin d’intervenir avec son talent de modiste. 116 / L’un et l’autre ont fait la réputation des coiffures hautes Louis XVI , il n’y en a pas un qui ait plus de valeur que l’autre. Il leur faut faire preuve d’une ingéniosité toujours plus active pour satisfaire toutes les demandes. Toute la vieille Cour désapprouve la hauteur des coiffures à la mode de ce temps.

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Deux coiffeurs 117 / Les dames de la Cour ont toutes deux personnes pour les coiffer : une coiffeuse pour la coiffure ordinaire et un coiffeur pour les grands évènements. Madame du Barry a Berline pour l’ordinaire et Nokelle pour les spectacles. Chaque coiffeur ou coiffeuse ne travaille jamais seul mais toujours avec un ou une aide. Corporation 118 / C’est sous le règne de Louis XVI que fut crée la corporation spéciale des coiffeurs pour femmes. Il y a, à cette époque, 1200 coiffeurs et coiffeuses pour femmes. La concurrence et rude dans la profession. Il est reproché aux coiffeurs pour dames de prendre le travail des coiffeuses. 119 / Dès le XVème siècle il y eu des coiffeuses. Un homme ne coiffe pas une femme, la morale n’autorise pas un homme à entrer dans le cabinet d’une femme lors de sa toilette. C’est le coiffeur Champagne qui, le premier, vers 1635 créa la spécialité des coiffeurs pour femme. La mode des coiffeurs homme qui s’occupent des coiffures femmes n’est pas encore très développée à cette époque, ils sont peu nombreux. 120 / C’est sous la période de Louis XV que le coiffeur pour dames prit une grande importance. Dans leurs déplacements les coiffeurs de renom sont en habit, veste rouge, culotte noire, bas gris. Ils portent l’épée au côté. Quand ils exercent ils portent un tablier, c’est une période faste durant laquelle ils gagnent beaucoup d’argent. 121 / Écrits. “ ils sont dans toutes les parties de la toilette de la femme, les femmes ont reconnus en eux plus de ressource et de génie, plus prompt dans le service”. “ Ils ont la réputation de savoir s’habiller comme pour aller au théâtre, ils se soucient beaucoup de leur intérêt personnel, avec un manque de discrétion et d’humilité”. 122 / Il y a des coiffeurs aussi compétents que Léonard, tel que Frison, Dagé, Legros, Tissot, Lefévre, Frémont, Frédéric, Lagarde, Larseneur, Gage, Bizard. Certains ont une réputation tel que Lesprit pour la coupe installé rue Saint Thomas du louvre, le Sieur Depain qui est réputé pour ses frisures et pour l’art d’enseigner la coiffure, il demeure rue du théâtre Francois, etc. Un arrêt du 25/01/1781 leur interdit de mettre sur leurs enseignes la mention “Académie de coiffure”.

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Tarifs 123 / Écrit. En 1781, Mademoiselle de Châtillon épouse le Prince de Tarente d’Avenel, les tarifs pratiqués pour une coiffure. “ le prix de la coiffure de présentation 72 livres, de la coiffure de mariage 48 livres, du lendemain 24 livres, des jours suivants 6 livres”. “ Léonard prenait 24 livres pour faire une coiffure courante”. 124 / Conversion monétaire avec le passé ? ceci est très difficile à préciser car les chiffres donnés suivant les auteurs sont très différents. Ce qu’il est intéressant de savoir c’est qu’un artisan peut gagner 1/2 livre par jour, et un journalier 1/4 de livre.

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Chapitre 08. Matériel de coiffure 125 / Sur le frontispice du livre de Sieur Legros, on peut voir :“ un grand peigne à dents larges et espacées, un petit peigne fin à deux sortes de petites dents très rapprochées, quatre peignes à queue du plus petit et fin au plus gros à dents très grosses et très espacées, des ciseaux, deux fers a papillotes”. Frontispice = gravure placée avant le titre d’un livre. Peignes 126 / Les peignes sont les mêmes que ceux que nous utilisons aujourd’hui. Les perruquiers utilisent davantage les peignes à deux sortes de dents et les coiffeurs pour femmes davantage les peignes à tige ou à queue car la tige facilite la réalisation des boucles autour du doigt. 127 / Les coiffeurs de renom ont souvent des peignes en écaille, les moins fortunés, quant à eux, ont des peignes en corne ou en buis ainsi que des peignes a démêler à dents espacés. Il y a des peignes droits ou cintrés à deux rangées de dents de grosseurs différentes . Brosses a nettoyer les peignes 128 / Brosse telle une brosse blaireau à poil rigide pour enlever la pommade et la poudre entre les dents des peignes. C’est un outil obligatoire pour pouvoir se servir des peignes. croquis (35). Des ciseaux 129 / Identiques aux nôtres, très longs, avec des bouts ronds. Fer à friser 130 / On peut définir 3 sortes de fers, ils servent à donner une forme aux cheveux. Explications détaillés. Chapitre 12. Des bilboquets 131 / Ce sont les ancêtres des bigoudis de mise en plis ou de permanente. croquis (38) ils servent aux perruquiers pour friser les cheveux avant de les coudre ou de les implanter sur une perruque, détails dans le Chapitre 22.

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Collure 132 / La pommade élément indispensable de la tenue d’une coiffure. Elle se présente dans des pots mais aussi en bâtonnets avec une texture soit solide ou légèrement liquide. Explications détaillées dans le Chapitre 12. Poudre 133 / La poudre se présente en boite ou en sac. croquis (36) Pour le transport, la poudre est placée dans un récipient ayant la forme d’une tasse avec de chaque côté de l’anneau deux petits cylindres qui servent à y incorporer les bâtons de colle forte et faible. Chapitre 23. Bâtons à marteaux 134 / Pour réaliser les boucles marteaux le coiffeur se sert de bâtons à marteaux, ou à d’autre méthode. Chapitre 18. Epingles 135 / Vers la fin Louis XV, il est dit que certains coiffeurs attachent les boucles par du cordon pour attacher les cheveux, mais la plupart utilise des épingles à une ou deux branches. Pour les coiffures hautes, le coiffeur a besoin de longues épingles à chignon en laiton noir de plus de 7 a 8 pouces soit de 18 à 20 cm. Elles ont l’inconvénient de griffer le cuir chevelu. Il faut une grande quantité d’épingle pour une coiffure, elles sont vendu par paquet de 100 ou 1000. 136 / Les meilleurs épingles sont les épingles à double branches en ivoire ou les épingles épaisses en cuivre doré. Il y a aussi des épingles en écaille, ou en imitation écaille, ces épingles présentent des branches épaisses solides, mais elles ont l’inconvénient de ne pas être très longues. croquis (37) Le coiffeur utilise des épingles en forme de S très allongés, elles servent a tenir deux boucles marteaux adhérentes l’une à l’autre 137 / Écrits. “ les pointes aiguës qui reposent sur le cuir chevelu ne tarde pas à corrompre et a irriter le cuir chevelu”. La vie quotidienne au temps de Louis XVI, François Bluche. “ les longues épingles nécessaire pour ces hautes fabrique de cheveux semble dangereuse, car toute cette ferraille ne n’a-t-elle pas les jours d’orage attirer la foudre”.

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Compas de coupe 138 / Dans l’encyclopédie et sur le supplément de l’ouvrage du Sieur Legros, il est montré un compas de coupe de cheveux. Il est composé de deux branches avec des pointes rondes pour ne pas blesser et possède sur le milieu des branches une bande transversale graduée servant de mesure. croquis (179). 139 / Mode d’emploi pour avoir une coupe équilibrée : le coiffeur se sert du compas de coupe pour mesurer la longueur des cheveux d’un côté à l’autre. Pour cela, il tient le compas horizontalement, la pointe du bas se pose sur le cuir chevelu, il dresse une mèche de cheveux droite verticalement et la seconde pointe du compas se pose sur la pointe des cheveux ce qui donne un espacement précis par la graduation que le coiffeur reproduit de l’autre côté de la tête. croquis (180). 140 / On ne parle jamais de ce compas, il a dû, comme beaucoup d’autres innovations jugées trop gadget, n’être utilisé que peu de temps surtout après la mort rapide du Sieur Legros. Compas pour le coiffage 141 / Ce compas sert pour le coiffage des boucles marteaux, (pour le roulage des cheveux). Chapitre 18. Compas pour le perruquier 142 / Le perruquier se sert aussi d’un compas, il y en a un de visible dans l’encyclopédie. Il ne sert non pas pour la coupe des cheveux mais pour les mesures du bonnet de la perruque et pour la pose des tresses de cheveux. croquis (181). Fauteuil 143 / Dans certaines grandes maisons, est utilisé pour se faire coiffer “ un fauteuil cabriolet à coiffer à dos brisé”. Le haut du dossier est en forme de cœur, croquis (39) échancré en son milieu, ce qui facilite le coiffage de la coque de nuque. Le dossier est canné, il ne retient pas la poudre ce qui permet un entretient plus facile que celui d’un fauteuil en tissu. Seuls les accoudoirs sont rembourrés. Texte de Bibiano Alexandre.

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Chapitre 09. Accommodage 144 / Se faire accommoder c’est se faire habiller, apprêter, mais c’est aussi se faire coiffer, se dit aussi testonner qui signifie en fait peigner ou friser. Plusieurs coiffures Coiffures de jour 145 / Une dame de la Cour se fait coiffer chaque jour par sa femme de chambre, une coiffeuse ou un coiffeur. La coiffure de tous les jours est une coiffure simple, réalisée en fonction des événements de la journée. Elle ressemble énormément à la coiffure de Cour avec moins de hauteur, de pommade, de poudre et d’ornements. Réalisation d’une coiffure 1ère période 146 / Une fois les cheveux frisés et refroidis, enduit de pommade puis recouvert de poudre, le coiffeur doit crêper les cheveux sur une grande partie de la tête. Le sommet de la tête est ouvert au milieu pour poser le coussinet, il est recouvert par les cheveux de la partie frontale. Sur les côtés, les cheveux sont coiffés en arrière avec plusieurs marteaux les uns aux dessus des autres. 147 / Pour la partie arrière, le chignon et le catogan ont besoin de l’aide d’un postiche, ce qui est presque obligatoire car il faut des cheveux longs et abondants. La partie haute est coiffée en plusieurs grosses boucles attachées ou non sur le cuir chevelu. La nuque présente une coque reposant juste sur le haut du cou. Dans certaines coiffures du matin le chignon et la coque sont absents. Coiffures de Cour 148 / Après la fin du deuil de Louis XV, reprennent les festivités et les grandes soirées, les bals. La réalisation d’une coiffure de Cour est obligatoire, elle est plus longue et délicate. Du début à la fin du règne, l’étiquette exige d’avoir, pour une réception à la Cour, un bal à Versailles ou une soirée théâtrale, une coiffure de Cour adaptée à son rang. 149 / Elle doit être haute, imposante et volumineuse. Vu de face, les cheveux doivent être en racines droites pour donner l’air grave et majestueux, en auréole, ce qui donne une physionomie élevée. Sur les côtés, l’on trouve plus ou moins de boucles marteaux et sur l’arrière de la tête, une belle coque centrale tombante et imposante qui revient s’attacher au vertex en remontant. Sur un côté, une dragonne plus ou moins longue et travaillée tombe sur le sein. L’ensemble de la coiffure doit être tenu, ferme, sans aucune mèche vagabonde.

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150 / La coiffure doit être poudrée à blanc et bien ornementée avec soit des chapeaux, des poufs, de la joaillerie, des plumes de différentes couleurs, des nœuds ou des perles. Cependant, les plumes prédominent. La réalisation d’une telle coiffure requiert plus de 2 ou 3 heures de construction. 151 / Les femmes trouvent ces hautes coiffures indispensables à leur beauté. L’essentiel est dans l’outrance car les femmes veulent toujours être remarquable et les plus remarquées. Il faut être vu, il faut paraître car c’est une parade sociale. A l’occasion d’une grande réception, d’un bal ou d’une pose pour le peintre, la coiffure est plus élaborée, plus soignée et plus ornementée. 152 / Écrit. Vers 1776. “ fut la période ou les grandes coiffures furent les plus hautes ½ aune de hauteur”. (aune = 1,18 mètre, ½ aune égale 60cm). Il faut imaginer et comprendre que cette hauteur très importante n’est pas créée que par la coiffure. Le plus envisageable est que cette hauteur part du bas du menton jusqu’au sommet de la coiffure, c’est à dire toute la tête. Le sommet de la coiffure étant la pointe de l’ornement, c’est a dire la pointe des plumes. Coiffeurs, coiffeuses 153 / Ils sont préférés aux coiffeuses car les femmes trouvent “ qu’ils ont de l’imagination tous les jours pour créer de nouvelles formes à l’égard de la grande coiffure”. 154 / Certains coiffeurs exercent à domicile, en chambre. On les appelle des chamberlans ou chambrelans ce qui signifie travail en chambre. Le coiffeur peut être demandé à toute heure, le temps de réalisation d’une coiffure est très long. Des préparatifs sont nécessaires pour qu’elle soit bien menée, on conçoit que de pareilles coiffures ne puissent pas être recommencées plusieurs fois. 155 / Écrits. Beaumont 1762. “ la coiffure a ses règles mais elle est assujetti a la mode, aux caprices de la mode régnante et passagère, et que le goût dominant doit être celui qu’il faut étudier et suivre”. Croisat. 1778. “ le costume du coiffeur pour dames, veste rouge un peu poudrée, culotte noire et bas gris, un tablier”.

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Bonnet de nuit 156 / A son retour du spectacle, du bal ou du théâtre, la chambrière coiffeuse aidée par les dames d’atours défont et démêlent la chevelure. Elles doivent enlever tous les ornements, démêler les cheveux, les brosser, les peigner, la dépoudrer un tant soit peu avant d’être serrés dans un bonnet de nuit aussi appelé “dormeuse”. 157 / La Reine porte un bonnet de nuit qui encadre étroitement la tête, il est joliment ruchée, ornée de dentelle ou de taffetas brodés blanc. Il y a une autre forme de bonnet qu’on appelle “baigneuse” qui est un bonnet très coquet en pointe Angleterre. Ce bonnet est garnit de satin de couleur douce. Grâce à ces bonnets, une petite quantité de poudre de la veille se conserve facilement. Bandeaux 158 / Certaines femmes qui ne se font pas coiffer entièrement tous les jours portent un grand bonnet légèrement graissé à l’intérieur qui couvre intégralement la coiffure, ce qui permet de garder la poudre pour le lendemain ou s’entourent la tête d’un large bandeau. La chevelure bien maintenue permet de ne pas être obligée de refaire entièrement la coiffure chaque jour et de poudrer l’ensemble des cheveux. La poudre de la veille se conserve facilement jusqu’au lendemain. En cours de journée la femme se repose dans un fauteuil à oreilles, qui sont des accoudoirs hauts et larges pour appuyer leur tête, la coiffure se défait moins qu’en position allongée.

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Chapitre 10. Fer à friser Formes des fers 159 / Suivant les besoins de la coiffure à réaliser on peut se servir de différents fers pour donner une forme aux cheveux. Il y a trois sortes de fers différents suivant la longueur des cheveux : le fer à mâchoires qui ressemble à une espèce de tenaille, le fer à toupet. Le perruquier se sert aussi d’un autre fer : le fer à passer. Les fers à mâchoires possèdent de longs manches. 160 / Pour donner une forme, une ondulation, une frisure aux cheveux on travail sur cheveux secs. On prend une mèche de cheveux et on l’enroule sur elle même pour former une grosse boucle, puis on l’enferme, on l’enrobe d’un papier. Cet ensemble porte le nom de papillote. Elle vas être écrasée pressée, par les mâchoires d’un fer. Ce papier protège les cheveux de la brûlure du fer. Les papillotes 161 / La papillote est le nom donné au papier gris, au papier joseph ou au papier brouillard qui est plus résistant que les autres. Il y a trois sortes de papillotes : la papillote ordinaire de forme triangulaire longue de 2 pouces, croquis (42), la papillote à crêper de forme rectangulaire croquis (43) ouverte en son centre sur les ¾ de sa longueur et la papillote tortillée en forme de bigoudi. 162 / Pour réaliser une papillote on peut se trouver en présence de 3 longueurs de cheveux, des cheveux longs, des cheveux mi longs et des cheveux un peu courts. C’est la longueur des cheveux qui va déterminer quelle papillote à réaliser, ainsi que le choix du fer à mâchoires épaisses ou fines La papillote ordinaire donne une boucle . la papillote à crêper et la papillote tortillée donne une frisure crêpelée. Réalisation d’une papillote ordinaire 163 / Elle n’est pas réalisable sur cheveux courts. Il faut prendre une mèche de cheveux bien lissés entre les doigts, on commence par enrouler les cheveux par la pointe pour finir près de la racine, ce qui donne une boucle que l’on enferme dans la papillote ordinaire, croquis (44). Après ” la mise au fer” l’on obtient une boucle, une mèche ondulée ou une anglaise pour une mèche longue. La mise au fer” veut dire que la papillote est pressée entre les deux mâchoires du fer chaud. 164 / L’enfermement dans le papier se fait minutieusement en plusieurs pliages bien plat autour de la boucle. Une fois la mèche enfermée, on emploi le fer chauffé à mâchoires épaisses. On écrase, on aplatit la papillote entre les deux boules du fer chaud en laissant un temps de pause. Celui-ci va varier en fonction de la chaleur du fer mais aussi de l’épaisseur de la mèche. Un temps de pause trop court ou un fer tiède donne une ondulation souple et détendue.

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165 / Pendant le temps de pause, la chaleur du fer va colorer le papier qui va jaunir de plus en plus et avant qu’il ne devienne marron, on le retire rapidement pour ne pas brûler la mèche de cheveux, on laisse refroidir puis on enlève le papier. Quand toute la chevelure a été mise en papillotes, chauffée et refroidie on peut enlever les papiers. 166 / Sur les cheveux très longs, le coiffeur n’enroule pas les cheveux jusqu’à la racine car elle va formée une trop grosse boucle et va débordée du pourtour des mâchoires du fer et les cheveux ne seront pas tous chauffés. D’autre part, sur les cheveux très longs, il n’y a que la pointe qui peut donner une boucle nerveuse, car le poids des cheveux étire ceux-ci à la racine, le départ de la mèche est donc forcément raide. 167 / Il est difficile de faire des papillotes ordinaires sur des cheveux courts car il manque de la longueur pour enrouler proprement la mèche et ne donne pas une jolie boucle. Le coiffeur sera obligé d’approcher les mâchoires épaisses du fer proche du cuir chevelu, cela peut provoquer des brûlures. 168 / Il faut mettre toute la chevelure en papillote, ce qui requiert une centaine de papillotes. Cela prends beaucoup de temps. Le temps n’est pas un problème car les femmes de la Cour et de la grande bourgeoisie vivent dans l’oisiveté. 169 / Écrit. P.F.Tissot, 1786. “ suivant le rang social, les papillotes peuvent se faire deux fois par semaine avec frisure complète, opération fort longue, pendant laquelle jeunes et vieux, grands et petits prennent un singulier plaisir à écouter les nouvelles dont les artistes étaient toujours abondamment pourvus” Réalisation d’une papillote à crêpé 170 / Pour les cheveux mi long à court, on prend “ une mèche de cheveux pèle mêle” elle ne doit pas être trop grosse, on la serre sans précaution et on la vrille sur elle-même croquis (45). Elle doit rester droite, verticale, en l’air, puis on l’entoure dans la papillote à crêpé. On pose le papier à plat sur le cuir chevelu, la mèche de cheveux passe dans l’espace libre qui est découpé du papier. 171 / Puis on entoure la mèche par une des deux bandes de papier dans un mouvement remontant et pivotant autour de la mèche, on prend alors la seconde bande qui va faire le même entourage mais dans l’autre sens. La partie arrière large de la papillote vient recouvrir l’ensemble des deux bandes, la mèche de cheveux est complètement recouverte et reste droite en l’air. Après l’avoir mis au fer à mâchoires fines l’on obtient une mèche de cheveux crêpée, une forte frisure mal maîtrisée. Le fer à mâchoires fines permet de plus se rapprocher du cuir chevelu.

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La papillote tortillée 172 / Pour les cheveux plus courts, on réalise la papillote tortillée, on prend un morceau d’une feuille de papier ordinaire et on réalise “ un petit bilboquet ”. Le bilboquet est le nom donné au bigoudi. Il faut réaliser un bilboquet très mince, très fin, mais surtout long, en froissant le papier entre les doigts. On prend une petite mèche de cheveux que l’on vrille et que l’on enroule en plaçant bien la mèche au milieu du bilboquet. On enroule les cheveux le plus prêt possible de la racine. On approche les deux pointes du petit bilboquet pour en faire un nœud croquis (182 ) que l’on recouvre avec du papier ordinaire et l’on met au fer à mâchoires fines ce qui donne une forte frisure en toutes sortes de sens. 173 / Pour coiffer la mèche de cheveux par la méthode de la papillote à crêpé ou tortillée le plus simple est de se servir de la queue du peigne à tige ou d’une aiguille assez longue pour défaire la “ pincée” très nerveuse, puis une fois défaite on peut prendre le peigne. Fers à mâchoires 174 / Le fer à mâchoires à deux branches avec à l’extrémité de chaque branche une demie boule. Une fois les deux mâchoires en contact, cela forme une boule complète croquis (40). Il y a deux sortes de fers à mâchoires : la différence entre ces deux fers réside dans la grosseur des mâchoires soit à mâchoires épaisses, soit à mâchoires fines. 175 / L’épaisseur des mâchoires croquis (41) a un rôle dans la façon de travailler, avec les mâchoires fines il est possible de s’approcher du cuir chevelu. Les grosses mâchoires servent davantage pour une grosse mèche de cheveux et pour les cheveux les plus longs. Le fer à toupet 176 / Le fer à toupet à deux grandes branches fines et rondes croquis (46) (47) l’une des branches possède une forte rainure creusée propre à recevoir l’autre branche qui est ronde et qui s’emboîte à l’intérieure. 177 / Le toupet c’est la forme gonflante des cheveux en haut du front et des tempes. Le fer à toupet s’utilise pour décoller les cheveux courts de la bordure du visage d’une tempe à l’autre. Pour soulever les cheveux et pour décoller les racines. On pince la racine des cheveux avec le fer à toupet et on remonte le fer verticalement, on le fait glisser sur les longueurs tout en donnant une courbure vers l’arrière de la tête en arrivant vers les pointes, c’est un glissement du fer le long des cheveux. 178 / Il s’utilise aussi d’une autre manière, pour former une boucle nerveuse. On pince le fer à la pointe des cheveux et on enroule la mèche autour du fer en se rapprochant le plus prêt possible de la racine des cheveux, ce qui donne un petit rouleau serré.

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Problème majeur : la chaleur 179 / Le chauffage du fer demande de la précision. Selon la température du fer, le résultat sera différent, il faut une aide présente devant le feu pour contrôler la chaleur du fer. Lorsqu’il est trop chaud, il faut du temps pour le faire refroidir, lorsqu’il n’est pas assez chaud, il faut un temps d’attente pour le faire chauffer. C’est, entre autre, l’une des raisons pour lesquelles la mise en forme de la chevelure exige beaucoup de temps. 180 / Les fers sont chauffés au feu sur les braises, la pointe du fer dans la braise va devenir chaude mais la chaleur va se diffuser tout du long des manches, quand le coiffeur prend le fer, il risque de se brûler la main, c’est pourquoi les fers ont de très longs manches pour que la chaleur arrive modérément à la poignée. 181 / Pour chauffer le fer il y a toujours dans la pièce une cheminée ou les fers sont mis à chauffer. Le coiffeur a toujours plusieurs fers qui chauffent en même temps. IL peut aussi venir avec une marmite de braise croquis (48). Avant de chauffer une mèche, la chaleur du fer est testée en pinçant un papier à papillote, s’il est trop chaud le papier change de suite de couleur et devient foncé. 182 / La chaleur du fer a énormément d’importance ainsi que le serrage, l’écrasement de la papillote, le temps de pose puis le refroidissement. Ces cinq éléments maîtrisés assurent un frisure satisfaisante et durable. Il vaut mieux employer un fer assez chaud pour qu’il ne reste peu sur chacune des papillotes. 183 / Écrit. “ le fer quand il sera au degré de chaleur nécessaire que l’on reconnaît lorsqu’il ne roussit pas un papier qu’on lui présente ou bien en l’approchant prés de la joue”. Seconde méthode à ne pas faire.

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Le fer à passer du perruquier 184 / Il y a le fer à passer du perruquier qui est totalement différent, il a la forme d’un fer à repasser moderne avec une semelle plate, classique croquis (49). Il sert à repasser, à mettre à plat les cheveux longs. Il sert à lisser toute la partie arrière de la perruque homme quand elle installée sur la tête à perruque en bois. Elle sert aussi pour la coiffure femme, à repasser la coque postiche de nuque ou rendre très droite l’auréole de la coiffure en bordure frontale du visage. L’ancêtre de la plaque chauffante. Odeur 185 / La chaleur des fers chauds sur les cheveux pommadés dégage une petite fumée grasse et une odeur peu agréable: une odeur de graisse, de sueur chaude et parfois de cheveux brûlés. 186 / Écrit. “ la tenue d’une frisure dure de 4 a 5 jours après il faut y mettre des épingles”.

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Chapitre 11. La collure Collure ou Pommade 187 / Le mot “Collure” vient du mot “colle” qui donne plus de corps à la chevelure. Celle-ci est encollée par une pommade à base de suif. Le suif est fait à base de graisse de bœuf ou de vache. Il y a deux sortes de fixation : la pommade forte et la pommade souple. Elles sont vendues soit en bâtonnets pour la forte ou en pots pour la souple. L’on trouve aussi de la pommade à base de chandelle vendu en bâtonnet. 188 / La pommade la plus souple est un mélange de suif, d’huile d’amande douce et de parfum, elle est un peu liquide et à un pouvoir collant moyen. On trouve aussi un mélange de pommade de suif de bœuf et d’huile de noisette, ou de gomme à base de chêne pourri ou encore un mélange d’eau gommée à base de glu de cerisiers ou de verjus de coings. On peut fabriquer de la pommade forte en mélangeant de la pommade souple avec un peu de poudre à poudrer que l’on malaxe dans la paume de la main. 189 / Pour les coiffures à la physionomie élevée donc aux racines droites, les racines des cheveux sont frottées avec de la pommade forte à base de chandelle, puis on applique le fer à toupet pour qu’elles soient bien imprégnées et donne des racines droites bien fermes. Le bâtonnet permet une application plus précise. 190 / Pour les cheveux longs de la nuque, la racine des cheveux n’a pas besoin de pommade forte car le poids des longueurs étire la mèche. L’on applique donc sur l’ensemble de celle-ci de la pommade souple. 191 / Avec le temps, la pommade devient rance à cause des graisses, ceci se caractérise par l’odeur nauséabonde de la chevelure. Application 192 / La pommade est appliquée en dessous et au dessus de chaque mèche, surtout sur la racine des cheveux pour avoir une bonne tenue et un fond bien uniforme, puis sur les longueurs pour obtenir une bonne tenue des cheveux. 193 / Durant le coiffage, suivant la quantité de pommade appliquée et de la poudre, le passage du peigne va créer un grand nombre de séparations. La coiffure terminée, lorsque certaines pointes ressortent, le coiffeur prend de la pommade dans la main qu’il laisse ramollir puis il la passe sur les cheveux pour plaquer les pointes. 194 / Écrit. “ associer à la pommade de la poudre noir pour noircir les racines blanche”.

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Chapitre 12. La poudre Indispensable 195 / L’usage de la poudre à poudrer associée à la pommade a pour but d’augmenter la tenue des cheveux. Les femmes l’utilisent comme certaines femmes le font aujourd’hui, avec de la laque. La poudre sert aussi à colorer légèrement la chevelure. Elle créer une différence sociale par la couleur de la chevelure “ les moins riche n’ont pas ce pouvoir”. 196 / La poudre pour la chevelure s’appelle « la poudre à poudrer ». La poudre provient des céréales broyées qui ont deux utilisations : elle est utilisée sous forme de farine par les boulangers pour faire du pain, ou par les parfumeurs qui en font de la poudre à poudrer. 197 / Les parfumeurs possèdent dans leur magasin des petits moulins qui broient et écrasent la farine. Ils la passent ensuite au travers de tamis de soie à mailles très fines. Ils portent une grande attention au tamis de soie qu’ils changent très régulièrement. La poudre à poudrer est beaucoup plus fine que la farine. 198 / Pour la réalisation d’une coiffure : après avoir réalisé les papillotes sur toute la chevelure puis la collure, la chevelure est poudrée. Suivant la coiffure à réaliser, la quantité de poudrage de la chevelure est différente. Pour obtenir une bonne tenue de la coiffure, chaque mèche est poudrée de façon méticuleuse en dessous et au dessus. Elle est enduite en frottant avec la paume de la main pour obtenir une masse compacte et uniforme recouverte totalement, d’où son énorme importance. Avant de poudrer il faut faire un “ fond ” c’est a dire passer de la pommade. 199 / La coiffure de jour sera toujours beaucoup moins poudrée que la coiffure de Cour. La femme porte souvent en coiffure de jour, un bonnet ou un chapeau ce qui limite l’application de poudre. Pour la coiffure d’apparat ou de Cour, l’étiquette exige et apprécie par le fait d’avoir la chevelure la plus claire possible même si les cheveux sont naturellement foncés. Couleur de la poudre 200 / Sous Louis XV, les parfumeurs vendent de la poudre de couleur blanche, blonde ou rousse mais aussi des poudres un peu colorées. Les teintes proposées sont pastel, beige ou jaune chamois. Ces poudres sont un mélange de poudres roussâtres qui proviennent de la farine de son qui tire sur le roux. Suivant le mélange, le dosage des ingrédients permet d’obtenir un choix de poudres de couleurs différentes plus ou moins ambrée. 201 / Les parfumeurs ont mit au point des poudres plus nuancées ou plus pastels. On trouve de la poudre rose ou verte pour les brunes qui peuvent aussi s’éclaircir par des mélanges. Il y a aussi des poudres de couleur grise, gris rosé, lilas et bleu ardoise. 202 / La Reine Marie-Antoinette a les cheveux de couleur blond, plus précisément or pâle et les 48


yeux bleus. Les femmes de la Cour qui ont des chevelures blanches ainsi que les jeunes femmes blondes peuvent prétendre à avoir des chevelures blanches. Pour les femmes aux chevelures plus ou moins foncées ou brunes, la quantité de poudre appliquée, même très importante ne peut blanchir la chevelure. Elles n’auront pas des chevelures blanches mais des chevelures grisâtres. Il ne faut pas croire que toutes les femmes ont toujours des chevelures blanches. 203 / L’on parle toujours de chevelures poudrées à blanc. Ceci est vrai pour les réceptions et les festivités à la Cour mais lors d’une journée sans obligations, la femme se fait poudrer les cheveux avec des poudres pastels, plus blondes comme la teinte naturelle de la Reine. Elle réserve la poudre blanche pour les grandes occasions. 204 / La couleur des cheveux poudrés va variée suivant la quantité de poudre appliquée. Suivant l’occasion comme le lever, la promenade, le théâtre ou la réception à la Cour, la couleur et la quantité de poudre appliquée seront différentes. Il est important de noter que la poudre tombe de la chevelure. Si elle est appliquée l’après midi, elle ne tiendra pas jusqu’au trictrac de fin de journée, elle devra être appliquée de nouveau. 205 / Écrits. “ sortes de poudres, poudre blonde a base d’ocre jaune passé au tamis de soie, de la poudre rouge a base de carmin et de poudre blanche, de la poudre grise a base de papier brûlé et de noir de fumée dans de la poudre blanche, puis faire les mélanges”. “ la poudre blanche a le nom d’argentine”. Couleur blanche comme l’argent. “ pour les brunes de la poudre verte”. Différentes origines 206 / La poudre à poudrer est la farine de blé mais on peut aussi en trouver d’autres sortes. Il y a de la poudre composée de kaolin de la région de Limoges, de la pierre d’amidon, de la craie de Briançon, de la poudre de riz, de la cendre et même de la poudre de pomme de terre mais celle-ci fût interdite vers la révolution. Toutes ces poudres se trouvent aussi en mélangées les unes aux autres. La poudre la plus fine est la recherché. A cette époque, la poudre à poudrer forme le complément obligatoire de la coiffure. Parfum 207 / La poudre se vend naturelle ou parfumée. Il y a plusieurs sortes de parfums : la poudre à la rose, à la violette, à l’iris de Florence, celle de Chypre ou de Fargeon. Ce dernier étant le parfumeur de la Reine.

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Nuque poudrée 208 / Il faut avoir la chevelure poudrée, mais sur le bas de la nuque la poudre ne peut que difficilement tenir à cause de la pesanteur, du frottement des épaules, du col de la robe, du manteau. La poudre tombe naturellement sur les épaules. Les nuques paraissent plus foncées que sur le sommet de la tête et le haut de la robe se poudre également. La poudre tombe de toute la coiffure, c’est pour cela qu’il faut régulièrement en rajouter. Dépenses 209 / La poudre à poudrer se vend chez le parfumeur. Cette charge financière joue un grand rôle chez les femmes car l’achat de la poudre est une dépense élevée et il faut constamment renouveler ses réserves. La poudre des cheveux tient autant de la bienséance que du civisme. La poudre à poudrer est considérée comme étant de première nécessité. Elle représente un élément obligatoire de la toilette de la tête, elle se vend au poids. Les perruquiers y ajoutent d’autres ingrédients, telles des couleurs ou des parfums pour la vendre plus cher. La plus cher est la poudre à poudrer blanche. Plus elles sont claires, plus le prix augmente, la poudre rousse est la moins cher. Poudrer à frimas 210 / Le poudrage à frimas est un poudrage abondant grâce au poudrier à soufflet croquis (50). Le boyaux est plissé en forme d’accordéon. A l’intérieur, se trouve un ressort en métal souple. La partie arrière se termine par un bouchon et la partie avant est ouverte avec un diamètre très réduit. Le ressort permet de projeter la partie arrière vers la partie avant avec un retour. A chaque pression sur le soufflet la poudre est projetée. 211 / Pour poudrer avec le poudrier à soufflet, une main tient l’embout entre le pouce et l’index, l’autre main tient la base tout en poussant vers l’embout autant de fois que nécessaire. Le coiffeur inonde alors la coiffure de poudre, certaines fois il se fait aider par une tiers personne, celui-ci se sert d’un éventail qu’il agite pour que la poudre se répartisse uniformément. 212 / Pour se protéger pendant le poudrage, la femme cache son visage à l’aide d’un cornet cartonné en forme d’entonnoir. croquis (51) Certains cornets ont des yeux de verre mais ceuxci sont inutiles car ils sont recouvert de poudre. La femme est couverte d’un grand peignoir de toile cirée qui lui enveloppe tout le corps. Une fois la coiffure terminée et malgré la protection du cornet, la poudre s’est déposée autour du visage. Il faut l’enlever avec un petit couteau dépourvu de tranchant ou de pointe. 213 / Cette technique de poudrage génère beaucoup de gaspillage car la poudre lancée s’éparpille et cause des pertes inutiles. De bien fermer les yeux , de se boucher la bouche , et les oreilles avec du papier.

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Demi poudre 214 / Lors du coiffage et après avoir appliqué un peu de poudre appelé demi poudrage, les pointes des cheveux qui ressortent sont coupées. La coiffure terminée est achevée par un poudrage à frimas. Le terme technique qui signifie avoir peu de poudre est “avoir les cheveux givrés”. Le premier coiffage par le coiffeur prend le nom de “ première poudre”. Un oeil de poudre 215 / Un œil de poudre, c’est une retouche faite par endroit seulement. Une retouche faite avec une houppe de cygne, de soie, de poils d’édredon, ou de duvet le plus léger. La femme se protège avec le masque de protection, croquis (52), le coiffeur tient le sac de poudre en cuir souple d’une main et plonge sa houppe dans le sac de l’autre main. 216 / Projeté un œil de poudre est un des gestes les plus familiers des coiffeurs et des perruquiers. Il lancent des houppes de poudre par petites saccades de l’avant bras, ce qui répartit de manière égale la poudre sur la chevelure. Surnom 217 / Le coiffeur et le perruquier projettent la poudre sur les coiffures qui sont alors blanchis. En faisant cela, ils ne manquent pas de s’enfariner eux-mêmes de la tête aux pieds. On leur donne le nom de merlans, comme les poissons que l’on va mettre à la poêle. Dans les rues de Paris, les enfants leur crient “ Merlan à la friture”. La poudre se dépose aussi dans la boutique du perruquier, son lieu de travail est réputé pour avoir une propreté douteuse. 218 / Ils ont un travail important tous les dimanches matin car c’est la journée de repos hebdomadaire de sorties et de promenades pour les travailleurs qui désirent avoir la tête frisée et poudrée. Il n’ont quasiment pas le temps de satisfaire toutes les femmes qui demandent à se faire poudrer la coiffure, “ils leurs faut soixante livres de poudre dans chaque boutique” c’est un tourbillon qui se répand jusque dans la rue. Hygiène 219 / La poudre apporte le charançon insectes vivant dans la farine et dans les graines. Ils rongent les végétaux de blé, de riz et ils produisent des dégâts qui sont considérables dans les céréales. Dans la chevelure, on trouve d’autres parasites tels des poux et des puces. Le cuir chevelu est couvert de vermine ainsi que du sébum et de la transpiration. La poudre n’est jamais absente d’une chevelure, toutes les femmes se couchent avec de la poudre plus ou moins parfumées dans les cheveux. La vermine ne peut que se développer.

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Autre utilité de la poudre 220 / La poudre se colle sur la graisse, elle même collée à la chevelure. En fin de soirée, une fois la coiffure défaite, un ajout de beaucoup de poudre peut servir à dégraisser et à éponger les sécrétions dans la chevelure qu’il faut éliminer à l’aide de nombreux passages d’une brosse appelée à cette époque “ vergette “ ou à l’aide du peigne . Problème avec les chapeaux 221 / L’usage de la poudre pose un problème : cela salît le chapeau, ce qui le rend rapidement immettable. La poudre est donc moins employée lorsque les dames portent des chapeaux larges et imposants. De plus, la pose du chapeau risque de faire tomber la poudre. 222 / Écrits. “ Un proverbe dit que de se poudrer les cheveux permettait de les conserver et de les faire croître“ “ certaines poudres brûle les cheveux” “ la femme peut avoir plus de poudre et de pommade que de cheveux”. “ la femme peut avoir plus de poudre et de pommade que de cheveux”. “ avec la poudre d’iris blond, la chevelure a le ton chamoisé d’une meringue sortant du four”. Vers 1764. “ la houppe est l’instrument avec lequel nous poudrons nos cheveux ou nos perruques, elle est blanche et au lieu de fil de soie la petite pelote est couverte de poils d’édredon ou du duvet le plus léger des autres oiseaux”. La marquise de la tour du Pin. “ le peu de plaisir de danse…. un pouf avec des plumes, des fleurs, des diamants... de la pommade une livre de poudre que le moindre mouvement faisait tomber sur les épaules’. Peu de poudre “ donne un glacis”.

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Chapitre 13. Hygiène Dictionnaire de la langue française, 1827. Hygiène: conservation de la santé Propreté: La propreté est d’être convenable, décent, c’est la surface, l’habit fait l’objet de soin méticuleux, ce qui se voit est le plus important. Toilette: Le mot toilette a beaucoup évolué à travers le temps. Au départ, c’est un morceau de linge, une nappe sur une petite table et sur laquelle on pose les objets de parure, puis il désigne le meuble lui même et enfin, il désigne le costume, l’habillement générale. Hygiène en générale 223 / L’ usage de l’eau n’est pas dans les mœurs du XVIII me siècle. L’eau sert à laver les mains et la bouche. On se lave à sec, c’est la toilette sèche. La propreté du visage ne se fait pas à l’eau, on se frotte le visage avec un linge sec parfumé. Cela suffit pour être propre. Le visage, étant réputé fragile et susceptible, ne supporterait pas que l’eau s’y infiltre. A l’époque, pour avoir un visage propre, l’on pouvait aussi appliquer un produit destiné à le blanchir. 224 / Écrit. “ Il est conseillé de nettoyer la face et les yeux avec du linge blanc ceci décrasse et laisse le teint et la couleur dans la constitution naturelle”. 225 / En ce qui concerne le corps, le linge en contact avec la peau est sensé la nettoyer. Lorsque l’on porte un linge blanc, au bout de quelques temps, le linge change de couleur, il noircit, c’est donc bien le signe que le linge a décrassé la peau. Le Roi change de linge plusieurs fois par jour car il transpire beaucoup. La noblesse en change quotidiennement car dû à leur haut rang c’est obligatoire 226 / Les baignoires font leur apparition dans les milieux très aisés vers la fin du XVIII me siècle. Pour les moins riches, il est possible de prendre un bain au bord de la Seine sur des bateaux “ le bain coûte 3 livres”. On peut aussi demander un seau pour se laver les pieds. La population, quand à elle ; prend des bains dans la Seine ou dans une rivière, mais l’eau est froide alors les gens prennent des bains en été mais réduisent la fréquence ou s’abstiennent complètement durant les autres saisons. 227 / Posséder une baignoire chez soi requiert d’avoir des domestiques pour aller chercher l’eau au puits, à la Seine ou à la fontaine. Il n’y a pas de canalisation d’eau et il faut une grande quantité d’eau pour remplir une baignoire. Il faut ensuite vider la baignoire et il n’y a pas de système d’évacuation. Prendre un bain chez soi n’est possible que dans la haute société. La corporation des porteurs d’eau peut aussi livrer de l’eau moyennant finance. 53


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228 / L’eau est froide, il faut donc la faire chauffer. On peut se servir “ d’un cylindre” sorte de tube avec un fond dans lequel on allume de la braise de boulanger ou du charbon. On met le cylindre dans la baignoire remplie d’eau autant de temps qu’il est nécessaire pour chauffer l’eau. croquis 183 229 / On peut aussi se faire livrer de l’eau chaude qui arrive souvent tiède. Il est possible de louer des baignoires rondes en bois puis plus tard en tôle et même en cuivre. Certains nobles prennent un bain dans deux baignoires, l’une pour se savonner et l’autre pour se rincer. 230 / La salle de bain de Marie-Antoinette fut aménagée avec des canalisations en 1788. La Reine prend des bains très fréquemment. Elle aime la baignoire sabot et prend des bains de modestie. L’eau est rendue laiteuse grâce à 3 sachets de pâte à base de son qui sont odoriférants. Une autre formule à base d’amande douce, de pignon, de semence de lin, de racine de guimauve et d’oignon de lys est aussi utilisée régulièrement. 231 / Il y a aussi le bain de lait qui n’est pas un bain à base de lait animal mais une pinte d’essence parfumée qui blanchit l’eau et la rend opaque. 232 / Seuls certains nobles possèdent une baignoire car celle-ci prend beaucoup de place dans une pièce, il faut donc avoir des appartements spacieux. Le bain demeure un privilège, il est surtout une pratique féminine, les dames ne risque donc pas de recevoir des visites masculines dans leur bain. 233 / Il y a deux sortes de bain : les uns pour la santé et les autres pour la propreté ou le plaisir. Les bains de propreté ne s’administre guère en hiver, seulement au printemps et en été lorsque les températures y sont favorables. Il est recommandé de ne pas dépasser une heure pour un bain de propreté, si il est prit quotidiennement. Si l’on en prend que de temps en temps, on peut y rester entre deux et trois heures. Les bains de santé sont prescrit par le médecin. 234 / Les perruquiers sont aussi barbiers/baigneurs/étuvistes et proposent plusieurs sortes de bain d’agréments : le bain sec à base de sablon, le bain de marc de raisin qui est bain de santé qui se prend plusieurs jours de suite, le bain de lait chaud, le bain froid qui est un bain rapide car la personne n’y reste que peu de temps, le bain artificiel avec décoction d’herbes émollientes ou décoction d’herbes aromatique. Il existe aussi des bains d’eaux minérales, de limaille de fer, des bains locaux, des demi bain, des quart de bain, des douches, des bains on l’on est assis sur un vase ou sur une chaise percée pour recevoir les vapeurs d’une décoction de plusieurs plantes. 235 / Il faut mettre un bonnet avant de prendre un bain de propreté, puis si on le demande on peut se faire frictionner avec une pâte dépilatoire suivit par l’application d’une poudre d’amande douce pour rendre la peau douce et c’est à ce moment que l’on se plonge dans le bain commandé. On peut aussi demander un seau pour se laver les pieds. 236 /Vers la fin du XVIII siècle, arrive d’Angleterre une révolution hygiénique, un besoin d’hygiène corporelle émerge et la propreté n’est plus relégué au rang d’affaire futile. 55


237 / Écrits. Composition de la crème dépilatoire “ ... crème dépilatoire et a base de chaux vive et d’orpiment “ oxyde d’arsenic”, mélangée avec de l’eau chaude pour en faire une pâte”. Mentalité. “Le coiffeur est plus indispensable que le bain”. Marie-Antoinette. “ elle a des soins tout particuliers d’hygiène et de propreté de sa personne, son hygiène assidue est peu cultivée en France jusqu’alors”. “ La femme prend son bain habillée d’une longue chemise de bain à manches longues”. “ Il est de la propreté de se laver le visage tous les matins avec un linge blanc pour le décrasser, il est moins bien de le laver avec de l’eau, cela rend le visage plus susceptible du froid en hiver et du hâle en été”. “ Certaines femmes prenaient des bains, tous les 8 jours, d’autres tous les 15 jours, d’autres tous les mois, ou tous les ans pendant 8 a 10 jours de suite”. “ Il y avait 3 sortes de bain, celui du corps avec de l’eau jusqu’au col de la chemise, du demi bain assis avec de l’eau jusqu’à la ceinture et le bain de pieds et des mollets”.

Hygiene de la chevelure Le Shampooing 238 / Mouiller ou laver la chevelure n’est pas un problème. Le problème est le séchage car il ne faut pas rester la tête mouillée cela pose des problèmes de santé. Comment sécher une chevelure plus ou moins longue et encore un peu grasse ?. Le séchage de la chevelure et très difficile à réaliser suivant la saison ; on va pour simplifier étudier 3 périodes, l’hiver, l’été et les saisons intermédiaires. En hiver 239 / En hiver, il fait froid dans les grands hôtels particulier “ hôtel, résidence d’une personne riche ou de condition”, avoir la tête mouillée à cette époque peut rapidement mener à la maladie. Le séchage de la chevelure va prendre du temps, il n’est pas d’usage de se laver et de se mouiller la tête en cette saison, le lavage de la chevelure se fait à sec grâce au pouvoir desséchant des poudres.

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Le gruau 240 / Une grande quantité de gruau est étalée dans la chevelure. Le gruau est fait à base d’avoine moulu grossièrement, il permet de dégraisser et de sécher les sécrétions du cuir chevelu et des cheveux. Il faut frotter les mèches de cheveux les unes contre les autres dans le gruau avec les mains puis faire plusieurs passages au peigne à grosses dents avant de passer le peigne fin. Le sablon 241 / Il existe toute fois une autre méthode : l’on applique du sablon dans la chevelure. Le sable est un sable qui provient de la région Parisienne, c’est un composé de sable très fin « abrasif » et d’argile pure qui est blanche. Ce sablon pétri dans la chevelure absorbe, dégraisse et résorbe les impuretés. Après l’application du sablon, il faut passer le peigne à grosses dents puis du peigne fin à plusieurs reprises. Farine de froment 242 / Il est conseillé de s’imprégner le soir de farine de froment car c’est une poudre dessiccative. Au matin, il faut l’ôter avec le peigne. Cette poudre est surtout utilisée pour les chevelures naturellement blanches. En été 243 / Sécher la chevelure en été est plus simple, la chaleur de la saison aide beaucoup à ne pas rester la tête mouillée. Cependant, personne ne s’expose au soleil, car la femme ne veut pas avoir la peau colorée, elle doit avoir un teint de lys, de rose, le plus clair possible. Les servantes sèchent la chevelure avec des linges chauffés devant le feu de la cuisine jusqu’au séchage complet. Le savon 244 / Pour laver la tête en période chaude, l’on utilise des restants de savon ou de savonnette coupés en copeaux puis mélangés à de l’esprit de vin chauffé dans une bassine. L’on obtient alors une eau savonneuse qui mousse. L’écume de savon est appliquée sur le cuir chevelu et la chevelure ce qui aide à décrasser la tête. Cette manipulation est suivie d’un rinçage et d’un séchage à la serviette. 245 / Le savon est un composé d’huile et de sel d’alcali. Il y a deux sortes de savon: l’un rustique de couleur rousse pour les gros tissus et le gros lavage et l’autre plus raffiné pour les lavages plus délicats. Vers 1755, le savon est réalisé avec un mélange de suif de mouton, de bœuf ou d’huile d’olive. La savonnette de pure crème de savon de Naples contient des aromates et mousse beaucoup. 57


La saponaire 246 / La saponaire est une plante vivace qui a de très jolies fleurs que l’on trouve dans les champs ou sur les bords des chemins. Son mucilage, substance visqueuse, mousse comme du savon ce qui donne de l’eau saponacée qui est appliquée sur la chevelure. Période Intermédiaire 247 / Pour le printemps et l’automne, c’est la température ambiante qui détermine la façon d’avoir la tête et la chevelure mouillée. Il faut cependant toujours sécher le plus rapidement possible et entièrement car la mise en forme de la chevelure par les papillotes se réalise toujours sur des cheveux secs, on ne travaille pas les cheveux humides. Fréquence 248 / La fréquence à laquelle la femme se lave la tête est difficile à définir car aucun document ne le précise. Quand la femme prend un bain les cheveux sont enfermés dans un bonnet, donc pas de lavage de la chevelure. Le shampooing est réalisé seul en dehors de la journée du bain, bien penser que l’on ne se lave pas la tête souvent. Le shampooing se fait à genoux la tête penchée sur l’avant. 249 / Écrits. “ On doit se laver la tête qu’a trois heures de distance des repas”. “ Pour se lessivé la tête on prend une éponge fine que l’on frotte sur le cuir chevelu”. “ Les personnes qui ont des problèmes de rhumatismes dans la tête doivent éviter de se la laver”.

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Vermine 250 / Le but du lavage est bien entendu d’enlever le sébum, la transpiration, les pellicules et toutes les sortes de parasites incommodes présents sur le cuir chevelu et dans la chevelure. Toute cette faune et crasse de développe à cause la chaleur apportée par le coussinet de crin, la pommade, la poudre, les postiches et le port du chapeau. Cet ensemble créer une odeur désagréable accompagné de cruelles et continuelles démangeaisons, ces prurits sont de fait des maux quotidiens. Les poux 251 / Les poux sont un très gros problème, le d’épouillage est donc une hygiène obligatoire. La vermine est sur toutes les têtes et quand les démangeaisons sont trop forte, l’on est autorisé à se frapper la tête ou à se servir du grattoir. La meilleure façon d’éliminer les lentes est le peigne à poux à dents très serrées. Grattoir 252 / La femme aime mieux supporter ces désagréments que de ne pas se soumettre à la mode. Pour calmer la douleur des démangeaisons et pour se soulager temporairement, elle passe délicatement un grattoir entre ses cheveux. Ce grattoir est une longue et fine tige terminée par un ongle pointu. Cela lui permet de gratter à l’intérieur de la chevelure. La femme en use d’autant plus volontiers qu’il est contraire aux règles de la civilité de se toucher les cheveux. L’ongle est fabriqué de différentes matières, les plus beaux sont en ivoire, en argent ou en or. croquis (33)

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Chapitre 14. Le tapé Le tapé 253 / Taper signifie donner un coup mais pour le coiffeur cela signifie peigner les cheveux à rebours en commençant par la pointe avec le plat du peigne à tige. Le tapé c’est battre les cheveux avec le peigne pour les emmêler et donner l’impression qu’ils sont plus abondant. C’est ce que nous appelons communément le crêpage. Le coiffeur tapote et tape. Un bon crêpage peut durer plusieurs jours et est souvent difficile à démêler. 254 / Le tapé doit être ferme pour bien solidifier les racines des cheveux pour que la coiffure ne s’écroule pas. Le crêpage va déterminer la tenue de la coiffure et de la pose du coussinet. Le coiffeur Lefèvre prétend qu’un tapé bien fait peut durer 8 jours mais il faut prendre des précautions pour dormir. 255 / Écrit. “ le crêpage se fait de haut en bas, on soulève une mèche de cheveux verticalement et on passe deux doigts au travers des cheveux qu’on veut crêper dans un mouvement descendant, en même temps que l’on repousse avec le peigne fin les cheveux vers la racine”. Le plus important 256 / Il faut crêper toute la chevelure de façon plus précise et ferme sur la partie avant et du sommet de tête. La partie frontale doit être solide pour créer une masse en diadème autour du front et des tempes. L’on obtient de face une coiffure en racines droites. Les cheveux sont coiffés de façon à tenir à la verticale en auréole, ce qui donne une physionomie élevée. 257 / Écrit. “ Les dames d’un certain âge ont des coiffures moins hautes que les plus jeunes, mais par contre elles usent davantage du fard rouge”.

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Chapitre 15. Le toupet - Le coussinet Support 258 / Écrit. Sous Louis XV en décembre 1768. “ le toupet des dames augmente tous les jours en hauteur, il se trouve chez quelques unes à un demi-pied de distance du front chez certaines et ce qui est a remarquer c’est que l’oeil habitué à cette coiffure est choqué du toupet aplati”. 259 / Le toupet est la forme gonflante des cheveux en haut du front. Celle qui donne au visage une physionomie élevée, elle est aussi appelée physionomie ouverte ou à tempérament. Sous les cheveux se trouve le coussinet qui va déterminer la hauteur frontale. C’est la première rangée de cheveux en bordure du visage qui va donner la physionomie élevée. 260 / Le coussinet peut être fait de crin ou avec une boule de cheveux, il donne de la hauteur et du volume à la partie frontale mais aussi à tout le sommet de la tête. Il donne la hauteur finale de la coiffure cheveux. Il est fixé solidement par des grandes épingles qui sont enfoncées dans le crêpage pour apporter une stabilité aux futurs ornements est soutenir le poids du chapeau. La hauteur du coussinet va dépendre du goût de la personne, de la forme du visage et de l’envie du coiffeur. 261/ Écrit. “ le coussinet de cheveux est un ramassis de bouts de cheveux de quelques sortes qu’ils soient, vieux ou neufs, bon ou mauvais, a force de les pétrir dans les mains ils font un corps consistant”. Juillet 1783. “les hommes égale les dames par leur hauteur pyramidale de leur toupet, ils les portent aujourd’hui très élevés au moyen d’un petit coussinet de crin qui vient à l’appui pour le soutenir, élévation de 5 à 6 pouces de hauteur ce jour”. Forme 262 / La forme du coussinet détermine la forme du sommet de la tête, elle doit donner une belle forme volumineuse à la coiffure, croquis (53) (54). On peut voir des formes de coussinets différents. L’un de ces coussinets forme deux bosses de chaque côté de la tête, une séparation est faite sur la partie médiane et le coussinet est ouvert en deux, croquis(55). Le volume peut aussi n’être présent que d’un côté comme celui de la princesse de Lamballe, pose du coussinet déporté, croquis (56) ; l’on peut aussi avoir deux hauteurs (vu de profil), la première n’est pas très haute elle est suivie d’une seconde qui est beaucoup plus haute, croquis (57). Comme le coussinet est en crin, le coiffeur peut le façonner, le pétrir pour avoir la hauteur ou la forme souhaitée.

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Racines droites 263 / De face, le coussinet doit avoir une forme d’auréole, il entoure la tête d’une tempe à l’autre en racines droites. Les cheveux doivent monter verticalement. Pour avoir des racines droites et une auréole, il faut prendre les cheveux de bordure du visage devant le coussinet et avec le fer à toupet lisser les cheveux en montant verticalement. Une auréole régulière autour du visage donne au visage un air majestueux. 265 / Écrit. “ pour l’avoir bien dessiné, il faut prendre le fer à toupet un peu chaud, pincer la mèche de bordure tourner le fer la branche ronde en dessous et courber la mèche”. “ une auréole , un cercle de lumière”. “ toupet de cheveux en haut du front, touffe”. Vers 1779. “ certaines coiffures très hautes sont de face, sur le sommet du gonflant ouvert au milieu, ce qui donne l’aspect de deux grosses bosses l’une a coté de l’autre, ce n’est pas une raie de milieu, la séparation se fait en haut du volume ce qui donne une coiffure haute avec deux bosses au sommet”. Vers 1786. “ toupet à tempérament”. Le marquis de Valfort 1786. “ les boucles qui accompagnent le toupet sont très grosses et séparées de celles du bas qui doivent être pendantes, on les appelle attention marquées”. Hygiène 264 / Le coussinet de crin est enveloppé dans de la toile qu’il faut changer régulièrement car le coussinet fait transpirer le cuir chevelu. Il est associé au sébum, à la vermine, à la crasse qui est déjà présente sur le cuir chevelu , le tout apporte une mauvaise odeur.

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Chapitre 16. Le chignon - Le Tignon Dictionnaire de la langue françoise, 1827. Tignon = Partie arrière de la tête, nuque. Tignoner = Mettre en boucles les cheveux du chignon. Chignon = Le derrière du cou. Emplacement 266 / Le tignon est l’arrière de la coiffure, du vertex jusqu’au bas de la nuque, croquis (58). Se faire tignonner signifie boucler les cheveux de l’arrière de la tête. L’ensemble forme une masse importante est volumineuse. Le tignon n’est pas toujours réalisé dans la coiffure de jour. Dans les coiffures travaillées, la partie arrière de la coiffure permet au coiffeur de faire preuve de plus de créativité, croquis (60) (61) elle est souvent coiffée en trois parties, croquis (59). Postiche 267 / Pour réaliser un arrière de tête avec autant de volume il faut beaucoup de cheveux. L’ensemble est presque toujours un grand postiche, il est implanté en cheveux d’une longueur de 60 centimètre. A cause de la grande surface du postiche, la longueur et le poids des cheveux, le postiche est coiffé à l’avance, il ne reste plus qu’à le poser sur la tête et finir la coiffure. La bande centrale ou coque 268 / Pour le coiffage du postiche il faut faire trois parties. La partie centrale est une longue bande de cheveux au départ très étroite sur le haut du postiche et à la fin large au bas du postiche. Les cheveux sont coiffés à plat puis les longueurs remontent pour aller se fixer en haut vers leur point de départ. Ce retournement apporte beaucoup de largeur dans la partie basse ce qui prend le nom de coque. Cette forme peut aussi se réaliser avec les propres cheveux de la personne. 269 /Au début du règne, la coque ne descend pas plus bas que l’implantation de la nuque. Avec le temps et l’évolution des coiffures ; la coque descend de plus en plus bas sur le cou. La coque laisse un jour entre la partie descendante et la partie montante. De chaque côté des boucles 270 / De chaque côté de la partie centrale, une ou plusieurs grosses boucles longues ou morcelées coiffées de façon très symétriques sont réalisées en haut de chaque bande. Sous ces boucles, l’on trouve une séparation qui peut être dans un sens vertical, horizontal ou même en biais. Suivant son envie, ou la masse des cheveux, le coiffeur façonne des boucles, pendantes, fixées ou libres. 64


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271 / Écrit. Sous louis XV, juin 1768. “ la coiffure en cheveux est toujours celle en coque, on y joint la coque à la Gertrude formée entièrement de boucles, cette coque de cheveux est la plus grande coiffure et aujourd’hui la plus suivie et la plus à la mode”. Les coques sous différentes formes Coque retournée à l’extérieur pour les cheveux longs 272 / Coque classique pour les cheveux longs. Les cheveux sont coiffés en descendant à plat et lisse sur le cuir chevelu puis après le bas de la nuque les cheveux sont retournés à l’extérieur pour être fixés sur le vertex. croquis (62). Ornement 273 / Après la fixation, au milieu de la mèche montante, l’ensemble des cheveux est maintenu par un ruban posé horizontalement pour maintenir la masse des cheveux et éviter que les cheveux ne se séparent. croquis (63). 274 / Écrit. “ dans le milieu de la remontée le coiffeur a noué un ruban avec une belle boucle et aux barbes pendantes”. Coque double et en biais 275 / Une grosse coque ouverte verticalement au milieu résulte en deux coques qui sont coiffées et écartées l’une de l’autre légèrement en biais. croquis (64). Coque tressée 276 / Coque tressée puis remontée verticalement au vertex. On peut aussi voir la coque divisée en 2 ou 3 parties, chaque partie est tressée. croquis (65) (66) (67). Chaque tresse doit être large et non serrée. Dans tous les cas, il faut un postiche car il faut beaucoup de cheveux dû au fait qu’il y ai trois tresses, celle du milieu est toujours plus grosse et descend plus bas que celles des cotés. Coques à étages 277 / Trois coques classiques : les unes aux dessus des autres. La bande centrale est divisée en 3 séparations horizontales mais de masse différente. La plus importante se situe en bas de nuque, la moyenne au milieu et la plus fine en haut. croquis (68). 66


278 / La plus basse dans la nuque est très large et tombe sur le cou, celle du milieu qui est au dessus est moins large et la troisième, la plus haute, est encore moins large. Elles se chevauchent et sont à égale distance les unes des autres. Elles sont fixées à la hauteur de leur séparation. Coque torsadée 279 / La coque torsadée doit être lâche et non serrée, croquis(69) certaine fois, on peut voir deux torsades l’une a coté de l’autre. Coque à pointe retournée a l’extérieure 280 / Il faut des cheveux très longs. La bande centrale descend, très droite, lisse et large, elle est plaquée au cuir chevelu. Arrivée sur le bas de la nuque, elle est retournée à l’extérieur pour se fixer au vertex. Elle est attachée par une large barrette, les pointes doivent ressortir, libre, et retournent par dessus, à l’extérieur. croquis (70). Coque fausse torsade 281 / Les cheveux sont remontés de façon bien symétrique d’un côté à l’autre jusqu’au sommet, non serré mais lâche. croquis (71). Coque a deux vrilles remontantes. croquis (73) Fixation de la coque 282 / Dans tous les exemples, les coques se fixent au vertex. Pour fixer la pointe suivant la forme de la coque, le coiffeur utilise soit un gros peigne courbe à dents espacés de forme cintrée. croquis (74) (75) soit un ruban ou encore les deux fixations l’une sur l’autre. Le ruban peut servir à fixer la coque et à faire un gros noeud à pans tombants. Mais il se peut aussi que le ruban ne serve pas qu’à fixer la coque. Il est rapporté en noeud pas dessus comme pour le catogan homme. Coque retournée à l’intérieure pour les cheveux mi longs 283 / Les cheveux mi longs ne peuvent pas remonter vers le vertex, il faut inverser le retour des longueurs, croquis (78). Les cheveux sont peignés en descendant tout en s’éloignant du cuir chevelu dans le bas de la nuque. Ils sont ensuite retournés à l’intérieur pour aller se fixer sur l’implantation dans le bas de la nuque. Dans ce cas, la coque ne peut pas avoir de fantaisie.

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284 / Écrits. “ pour le souper madame se consacre à son élégante coiffure, nuque dégagée allongeant ainsi la tête tandis que de multiples boucles sont formées en tire bouchons s’étageant sur les côtes, quand ces dernières tombent sur les épaules on les appellent des Dragonnes, la masse des boucles est contrebalancée par un bouquet de fleurs séparées par un rang de perles, une natte pend derrière l’oreille et remonte en torsade, elle part d’un nœud de ruban attachant le bouquet, le chignon est relevé droit et le peigne à chignon le fixe au sommet de la tête, dissimulée par les boucles formées de l’extrémité des cheveux frisés, le peigne est fixé au dessus du lien”. “ Dans la nuque les cheveux sont relevés droits pour donner un chignon retenu par un peigne au sommet de la tête”. “ cheveux de la nuque enfermé dans une chenille , tissu de soie velouté”.

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Chapitre 17. Le catogan Homme et femme 285 / Le catogan femme et homme n’est pas identique, dans les deux cas, les cheveux de la nuque sont attachés. La femme n’a pas de catogan, sa coiffure présente dans la nuque une grosse coque attachée sur le haut du vertex avec très souvent un nœud comme ornement. C’est vers la fin du règne que l’ensemble coque / ruban a prit le nom de catogan. 286 / En ce qui concerne l’homme, les cheveux sont attachés en bas de nuque, ils reposent sur le cou croquis (79). Le catogan homme se compose de la rosette et de la bourse. Les cheveux sont enfermés dans un sac en taffetas noir appelé “bourse” ou “ crapaud ”. croquis (81) (82). La bourse est gonflée de crin pour bien rester large car ses dimensions sont importantes : c’est un carré de 15 cm. Au dessus du sac, se trouve un gros nœud appelé rosette. croquis (80). 287 / Écrits. “ crapaud parce qu’il peut enflé, grossir”. Dictionnaire de la langue francoise. Cadogan, catogan.“ coiffure des soldats d’infanterie au 18me siècle, les cheveux sont roulés sur la nuque”. “ Nœud qui retrousse les cheveux et les attache fort près de la tête”. Une histoire? 288 / “ Un jour Marie-Antoinette se fait coiffer, tignoner avec dans le bas de la nuque les cheveux attachés par un gros nœud de velours noir, le soir même Louis XVI se présente à la reine coiffé avec une perruque de femme. ? Horreur, mais pourquoi. ? Madame vous nous avez pris notre catogan moi je vous prends votre coiffure. Le catogan sur une femme en bas de nuque n’est plus apparu. ?

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Chapitre 18. Mots propres à la coiffure 289 / On donne un nom à une zone de la chevelure, à des boucles, à des emplacements précis et à une façon de travailler. Taper les cheveux signifie les crêper ; brétauder signifie les couper ; testonner signifie les mettre en papillotes. Grosses boucles marteaux 290 / Sur les côtés de la coiffure, on voit de gros et longs rouleaux appelés boucles marteaux. Ce ne sont pas des boucles morcelées comme sous Louis XV mais des boucles continues, en rouleaux plus ou moins longs. Les deux côtés sont toujours identiques en nombre comme en volume et à égale distance les unes des autres. Quand elles sont très longues, elles sont scindées en plusieurs morceaux, elles sont l’évolution des vrilles des coiffures Louis XV. 291 / Le terme marteau est une expression de perruquier. C’est un postiche de forme rectangulaire avec un oeillet au milieu garni d’une tresse de cheveux montée à plat. croquis (83). Ces postiches servent surtout à faire les boucles marteaux qui encadrent le visage. 292 / Écrit. “ une tresse de perruquier n’est pas une tresse de coiffeur, c’est une mèches de cheveux tressée sur 3 fils”. Emplacement 293 / Ces boucles sont souvent placées en retrait de l’implantation. Habituellement, elles commencent au dessus des oreilles. Du départ de l’implantation des cheveux jusqu’aux boucles marteaux, les cheveux sont lisses et coiffés sur l’arrière. Si elles sont en bordure d’implantation, le départ des boucles marteaux doit être plat et incliné sur l’arrière dans sa partie haute pour être plus esthétique. croquis(84). Comme elles sont disposées les unes au dessus des autres, l’ensemble prend le nom d’échelles de boucles. Leur nombre varient ainsi que leur grosseur. 294 / Écrit. “ Les marteaux nommés, attention, s’élèvent en grossissant jusqu’au sommet du tapé, séparés d’un doigt l’un de l’autre”. Inclinaison 295 / L’inclinaison des boucles marteaux encadrant le visage est souvent faite en biais montante vers le sommet de la tête, presque à la vertical, pour donner une impression de hauteur plus importante. Certaines fois, on les trouvent aussi à l’horizontale. Elles peuvent avoir un diamètre identique sur toute leur longueur ou au diamètre un peu plus étroite sur la bordure du visage et plus grosse vers la partie occipitale. Suivant la tendance de la mode, tout et codifié, aussi bien la grosseur que l’emplacement. 74


croquis 84

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croquis 86

croquis 86 bis

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Coiffage d’une boucle marteaux au compas 296 / Pour réaliser des grandes et grosses boucles marteaux, le coiffeur se sert d’un compas, croquis (85). Le compas ressemble à un fer à friser mais avec deux branches un peu plus grosses que celles du fer à toupet et toutes les deux rondes. Le fer n’est pas chauffé, il sert à coincer la pointe des cheveux et à enrouler la mèche jusqu’à la racine pour obtenir une longue boucle. Il est facile de retirer le fer pour cela il suffit de l’ouvrir légèrement tout en le retirant de la boucle. Autre méthode de réalisation 297 / Elles peuvent se réaliser avec un manches à marteaux. C’est un manche en bois très lisse dont l’on se sert comme d’un bigoudi. croquis (86). Le manche est long de 15 à 20 cm. Son diamètre est identique sur toute sa longueur. On enroule les cheveux autour du manche puis par un léger mouvement inverse du manche, on le retire, la boucle marteau est en place. Certains manches à marteaux ont un diamètre plus étroit d’un côté que de l’autre, ils servent pour réaliser des boucles marteaux plus pointu d’un côté que de l’autre. Ainsi que pour les pointes des anglaises, croquis (86 bis) ou pour faire des boucles en béquilles. Saucisse 298 / A l’avance, on façonne une saucisse de crin de la longueur et du diamètre de la boucle marteau voulue. Les cheveux sont enroulés autour comme avec un bigoudi, la saucisse reste à l’intérieure de la boucle marteau, il ne reste plus qu’à la fixer. Le coiffeur peut aussi se servir de son peigne à tige pour enrouler la mèche de cheveux autour de son doigt. Marteaux flottants 299 / Il y a des boucles marteaux fixes. C’est à dire attachées sur le cuir chevelu et des boucles marteaux flottantes. croquis (87). Celles-ci ne sont pas fixées, elles ne sont pas attachées sur le cuir chevelu, elles se détendent de leur base négligemment. N’étant pas fixées, lorsque la femme se déplace, les boucles bougent et flottent. Boucles en fuseau 300 / Sous Louis XV, les deux extrémités de la boucle sont couchées pour venir s’aplatir et se poser sur le cuir chevelu. croquis (88). Boucles en crochet 301 / Sous Louis XV, on observe des mèches aux pointes roulées formant des boucles sur l’avant de la coiffure, croquis (89), elles sont disposées les unes aux dessus des autres.

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croquis 87

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Boucle en béquille 302 / C’est une mèche de cheveux tombante lisse et verticale. L’extrémité de la mèche est enroulée dans un sens horizontale. croquis (72). Boucle en sentiment 303 / Ce sont de grosses boucles tombantes dans le cou, elles ne sont admises qu’à la Cour et prennent le nom de Sentiments. La dragonne 304 / C’est une très longue et grosse mèche de cheveux bouclée en tire bouchon qui tombe sur l’épaule et sur le sein. croquis (90) (91). Elle n’est pas obligatoire, elle peut être absente, visible sur un coté ou sur les deux cotés. 305 / Il faut que la dragonne soit longue est épaisse. C’est pour cette raison qu’elle est souvent postiche. Plus elle sera longue et épaisse plus elle sera lourde ce qui donne une racine raide, des longueurs un peu vrillées et une pointe bouclée. On les voit souvent sur les peintures, dans les bals ou au théâtre. Dans la vie de tous les jours, elles sont moins visibles. Boucles marronnées 306 / On les trouvent au début du règne de Louis XV dans la coiffure de jour. Marronné veut dire en forme de marron. Les grosses boucles marronnées sont formées par l’assemblage de plusieurs fines mèches frisées en papillotes qui, une fois réunies, forment des grosses boucles rondes qui sont ensuite attachées sur le cuir chevelu. Méthode d’attache des boucles marronnées 307 / Cette méthode évite de mettre des épingles. Il faut poser un lien assez long sur un manche à marteaux dans le sens de la longueur. Enrouler les cheveux sur le lien posé sur le manche comme avec un bigoudi de mise en plis. Une fois enroulés, retirer délicatement le manche en laissant le lien. Nouer les deux bouts du lien. La mèche de cheveux, ainsi attachée sur son pied, ne va pas se défaire, il suffit de l’étirer et de l’ouvrir pour avoir une belle boucle ronde.***croquis (92). Le manche à marteaux doit être de petit diamètre. 308 / Écrits. “ elles étaient nouées par un cordon”. “ friser les cheveux en marrons, en grosses boucles rondes”. 78


croquis 90

croquis 91

croquis 92

croquis 27

croquis 28

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Coiffures en vergette 309 / Vers 1776, la tendance en coiffure de jour est “ en vergette”. En vergette veut dire en brosse ou en hérisson, croquis (27)(28). Les cheveux sont coiffés droit sur la tête, en l’air, les pointes sont à la même hauteur, ils forment une ligne horizontale. Les cheveux sont tenus par un ruban qui les retient en les entourant sur le sommet de la coiffure ce qui donne une sorte de brosse longue. 310 / Écrits. “ou toutes les pointes des cheveux sont relevées droites et menacent le ciel” “les cheveux du sommet de la tête sont coupés en vergette, c’est a dire en brosse, une brosse longue tous les bouts à la même longueur”. Divers 311 / Lors de mes recherches, j’ai pu trouver de nombreuses boucles aux formes, aux noms étranges. Ces noms ont été utilisés sous Louis XV et au début du règne de Louis XVI. Habituellement, les coiffeurs donnent des noms différents aux mêmes boucles selon leur imagination. L’on peut trouver des boucles en coques ou en coquilles, des boucles biaisées, des boucles contrariées, des boucles brisées, des boucles flottantes ou encore des boucles en colimaçon. 312 / La coque renversée la mèche remontante est attaché au vertex, les pointes des cheveux sont retournées à l’extérieur. Les boucles en barbe, en barrière ou en chenille sont une suite de boucles les unes aux dessus des autres. Les boucles en guirlande sont une suite de boucles formant une grande courbe continue qui part de l’oreille jusqu’au sommet de la tête. Les boucles en rosette sont des boucles dont les deux bords se touchent et forment un rond complet, elles sont aussi appelé boucles marronnées. Les boucles imitant le point de Hongrie sont en rapport avec le dessin que forme la pose des lames de parquet, un cannage. Des boucles en fusée sont des boucles aux extrémités aplaties sur le cuir chevelu. Elles forment une sorte de losange allongée. Des boucles en écailles de poisson sont des boucles en quinconce. Les cheveux bouillonnés : bouillon signifie mousse, frisés, nerveux. Ils sont visibles sur des cheveux courts et donne une forme crépue. Une barrière est un marteau très long qui part du haut de l’oreille et finit au sommet de la tête. Le coiffage en parquet représente la forme du cannage classique.

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Chapitre 19. Chapeau 313 / Au moindre événement tel le succès d’une pièce de théâtre ou la sortie d’une nouvelle chanson, les modistes créent un nouveau modèle de chapeau doté d’une appellation nous rappelant la futilité, la mièvrerie et l’hypocrisie de l’époque. Ces créations deviennent indispensables à la vie mondaine de la Reine et de la Cour. Marie-Antoinette porte toujours des chapeaux très élégants avec un grand cachet. Sous ces chapeaux, elle porte un petit bonnet en linon batiste. 314 / Il y a les chapeaux sages qui sont du début du règne et les chapeaux fous de la fin du règne. L’évolution de la mode régnante exige une symbiose chapeaux / coiffure cheveux, l’un est l’autre doivent s’adapter aux changements. 315 / Au début de règne, c’est la mode des bonnets, des chapeaux sages et des poufs. Dès qu’une femme de haut rang sort de chez elle, elle a la tête couverte, elle ne sort jamais“en cheveux”. Chaque jour, le chapeau peut être différent, à chaque moment de la journée, suivant l’occasion telle lors d’une promenade, d’une réception ou d’un bal, le chapeau doit être adapté. 316 / Ces changements rapides créent une obsolescence rapide de la mode du jour, hier et déjà passé. C’est pour cela que l’on compte un nombre très important de chapeaux : l’on a répertorié 3744 nouvelles formes de chapeau en une année. 317 / La maternité de Marie-Antoinette apporte un changement dans la forme des coiffures : elles sont plus larges, vaporeuses, moins rigides. Les chapeaux se modifient également, ils deviennent plus fous, prennent du volume et font fureur. Création 318 / Certains chapeaux s’enfoncent sur la coiffure alors que d’autres n’ont pas ou peu d’ouverture, ils ne peuvent donc pas ou peu s’enfoncer sur la coiffure. Ils se posent sur la coiffure, ce qui a pour effet de l’élargir. Ils sont fixer avec de grandes épingles. Pour les réceptions à la Cour ou les bals, les chapeaux sont moins encombrants, moins larges, ce sont plutôt les poufs qui sont portés avec des plumes. Ils permettent de danser plus facilement. Les femmes portent aussi des bandeaux recouverts de fleurs et mettent, dans la chevelure, beaucoup de rubans, des baigneuses et des toques sur lesquels des plumes sont fixées à gauche. Noms donnés 319 / Les modistes changent constamment leurs créations, tous les jours, toutes les semaines et tout les mois. Ces nouveautés sont affublées d’innombrables noms fantaisistes dû à leur volume et à leur forme.

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Quelques exemples de noms 320 / Fin Louis XV, bonnet à la Gertrude, bonnet à la circasienne, bonnet au montauciel ou à la wauxaal qui est un bonnet négligé garni de fleurs de diverses couleurs, (wauxaals, désigne un lieux d’assemblée , mot Anglais, 1786). La toque montante est un bonnet rond, pour le deuil de Louis XV, coiffure à la circonstance. 321 / Sous Louis XVI, l’on trouve des chapeaux, des poufs, des bonnets à la Minerve, à la Sévigné, à la Vénus, à l’Agréable, à la Suzanne, au figaro, à la merluche, à la marmotte, à la nourrice de Cythére, à la fanfan, à la plume d’amour, à la cométe, à quatre boucles, le hérisson , à l’engageante , rubans en sentiments soutenus , ou en œil abattu, à la ques-acco en 1774, aux délices du siécle d’Auguste vers 1774, coiffure du temps présent, à la circonstance, à l’iphigénie, à la belle Poule qui fut portée en 1775 à l’occasion du combat naval d’Ouessant que les navires Français gagnèrent. Cette coiffure fut aussi appelée La Frégate, La Junon, le hérisson en 1776, aux insurgeant en 1778, à la boston, à la Montgolfière en septembre 1783, à la philadelphie, au glorieux d’Estaing, au compte rendu, etc... 322 / Après la maternité de la Reine et du changement de forme des coiffures, souvent appelées coiffure à l’enfant, les chapeaux deviennent immenses. Ce sont des très grands chapeaux, plus larges que les épaules, avec de très grands voiles de gaze blanche qui tombent jusqu’à la ceinture vers Juin 1785. 323 / Voici quelques noms de rubans: soupirs de vénus, œil abattu, regrets superflu, doux sourire et soupir étouffé. Quelques noms de garnitures : candeur parfaite, composition parfaite, captif, parterre galant, colimaçon d’amour, monte au ciel, pouf à l’inflammable en 1783 en forme de Montgolfière. La qués-a-co (qu’est-ce que cela) est le nom d’un panache de 3 plumes que l’on plante sur l’arrière de la tête, elle fût longtemps obligatoire comme parure officielle. La garniture appelée l’ingénue est un chapeau de paille avec un ruban violet paré de 4 plumes blanches surnommée “Follette”. 324 / Le chapeau paratonnerre est le plus étrange. Il a une forme conique avec de larges ailes ombragés de plumes et garni autour de la ganse d’un fil métallique rattaché à une chaîne d’argent qui tombe jusqu’au talon. Le chapeau à la grecque est haut de 2 à 3 pieds, c’était une montagne de neige chargé de gaze, de perles, de rubans, de boucles de panaches. Le Pouf à la chinoise composé de gaze, de linon est porté en 1786. Le pouf 325 / Le pouf est un assemblage de gaze bouillonnée qui peut être réalisé à l’avance par la modiste mais le plus souvent c’est le coiffeur qui le réalise sur le moment. Il le réalise, le confectionne sur place, directement sur la chevelure. Cette improvisation requiert une grande imagination, beaucoup de dextérité et de talent. 326 / Ce n’est pas facile de passer maître dans l’art de confectionner cet ornement car plisser et bouillonner une gaze ou de la mousseline bien fine requiert de la technique. Pour soutenir 82


et empêcher que les étoffes molles ne s’affaissent; il introduit une matière assez rigide à l’intérieure du plissé ou du bouillonné. Le tout tient avec de très grandes épingles. La configuration change selon l’envie du coiffeur. 327 / Le pouf apporte de l’ampleur et du volume sur le sommet de la tête. L’ensemble est aérien, léger et vaporeux. Il y a eu plus de cent façons de voir les poufs, il est aussi appelé “coiffure à chiffons”. On se sert de la gaze, de linon, de la mousseline et de la maligne ou point d’Angleterre, est de belle dentelle de Valenciennes. Il en faut des mètres entiers. 328 / Par dessus le pouf, le coiffeur ajoute des ornements car la mode permet d’ajouter des accessoires supposés refléter les sentiments de la personne, ils transmettent des messages. Avec leurs lots d’informations, ils sont un vrai théâtre. C’est un vrai culte de la parure, le pouf et ses accessoires portent le nom de “Pouf aux sentiments”. Les poufs ont connus un grand succès et l’ajout de plumes est presque obligatoire. Les femmes leur reprochent deux choses opposés. Les poufs sont ou trop négligés ou tiennent trop de la grande toilette. Ephémère 329 / Le pouf ne dure qu’un jour ou qu’une soirée, il faut le défaire la nuit venue. On le renouvelle sans cesse dans la forme et par le nouveau choix du tissu et d’ornements selon la toilette de la personne. Ils créent des mécontents: comme ils sont toujours très volumineux ils causent de réelles querelles dans les théâtres. Les spectateurs sont frustrés de ne pas voir la scène qui est cachée par l’ampleur des poufs. Doué 330 / Léonard excelle dans l’art de poser les poufs de gaze et de disposer les cheveux de façon artistique. Un jour, il parvint a faire entrer 14 aunes d’étoffe dans une seule coiffure. “ aune = 1,18 mètre, 14 aunes soit 15 mètres”. A la fin du règne et avant la révolution, les poufs extravagants ne se font plus. Caléche 331 / C’est une coiffe d’été faite de gaze baleinée pour se protéger du soleil toujours de grande dimensions enveloppant toute la tête. C.A. en baisse 332 / Vers 1776, la tendance était la coiffure en hérisson ou “ coiffure en vergette” dans laquelle “ toutes les pointes des cheveux sont relevées droites et menacent le ciel” , un ruban les retient en les entourant, cette coiffure fait perdre beaucoup d’argent aux modistes car il ne faut qu’un simple ruban.

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333 / Enlever volontairement la coiffe ou le chapeau d’une dame à une grande portée injurieuse. Elle touche directement à l’honneur. 334 / Écrits. “votre tête est le bien le plus précieux, pour le mettre en valeur il vous faut une coiffure et un chapeau, vous ne pouvez pas beaucoup modifier votre coiffure avec chaque robe mais vous pouvez changer de chapeaux”. D’après le Chevalier de Saint Michel en 1772, il a fait le compte. “….qu’il y a eu 3744 chapeaux différents” . “ chaque jour une nouvelle coiffure apparaît, différente de la veille”. Coiffure veut dire chapeaux . “elle est frisée en sentiments soutenus avec un bonnet de conquête assurée, garni de plumes volages et de rubans d’œil abattu”. “bonnet à la paysanne de cour”.

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Chapitre 20. Les ornements 335 / Le triomphe de la mode féminine réside dans le volume du chapeau mais aussi dans la grande quantité d’ornements ajoutés. Toutes les occasion, même anodines sont une nouvelle occasion d’innover. 336 / On pourrait penser que Mlle Bertin ait été en partie créatrice de toutes ces fantaisies d’ornementations. Elle porte chaque matin à la Reine plusieurs réalisations de chapeaux qui sont plus ou moins garnis d’attributs, d’ornements inspirés par l’esprit du moment. Ce qui apporte une grande richesse de création de formes, de matières et de volumes. Ornements incorporés 337 / C’est un mélange des éléments ci-dessous qui orne la tête des femmes : Des croissants, des agrafes, des aigrettes, des épis de blé, des rivières de diamants, des plumes de toutes les couleurs, en panache, en huppes, des guirlandes de gaze, des rubans, des perles, des diadèmes, des rosettes de rubans, des coulants en broderie, en or, des nœuds de chignon, des barbes de dentelles, des fleurs, en branches, en bouquets, de la gaze brodée, des fleurs artificielles parfumées, des guirlandes parfumées de jasmin, des papillons, des sultanes, des gros nœuds de satin avec des barbes tombantes, du voile ouvragé, des rubans a gros bouillon, etc. C’est un vrai décor d’opéra. Plumes 338 / C’est vers la fin de 1772 que débute la folie des plumes. Elles sont flatteuses et nébuleuses. Elles se placent le plus souvent du côté gauche de la chevelure. 50 cm est la taille normale des plumes d’autruche plates. Elles devinrent la cheville ouvrière de toutes les coiffures de Cour. Leurs nombres, leurs couleurs et leurs dimensions sont régit par l’étiquette. 339 / Marie-Antoinette adore les belles plumes. Elles sont en vogue, on en garnit les poufs et les chapeaux. Un panache est constitué de 3 plumes d’autruche et de guirlandes. Les carrousels sont des plumes serrées à leur base puis libres. L’on trouve aussi des barbes de plumes, des colliers, des tour de cou de plumes, des palatines de plumes, des plumes badines, etc. Elles disparaissent temporairement pendant la Révolution mais réapparaissent après la Terreur. Quel oiseau 340 / Les plus demandés sont les extrémités des plumes d’autruche, plates ou à barbe frisée, des extrémités de queue montés en touffes, des plumets, des plumes de marabout, de héron, courbées ou droites, d’aigrettes, de paon, de cygne, de coq, d’oie, de geai, de faisan, d’aigrettes à trois flèches, etc .

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Couleurs 341 / Il est possible de voir des plumes de différentes couleurs dont le rose, le bleu ciel, le rouge, le bleu marine, le jaune, le blanc, le jonquille, le vert ou encore le mélange rose/vert. Pose des plumes 342 / Les plumes d’autruche peuvent tout autant être fixées sur un chapeau que sur un pouf, elles sont fixées sur le côté gauche de la coiffure, dans la partie haute, souvent en panache. Elles sont plantées verticalement mais s’inclinent très rapidement et se courbent pour recouvrir une partie de la coiffure. 343 / Pour les courber le coiffeur a auparavant rompu l’épine dorsale rigide de la plume avec le pouce pour lui donnée la courbure voulue. Cette courbure peut tendre vers la droite, vers la gauche ou en biais. Le plumassier a auparavant réduit la trop grande épaisseur de l’épine dorsale avec un couteau spécial. 344 / Il y a toujours une ou plusieurs plumes qui retombent sur le visage en flottant. Les autres plumes tombent en arrière ou sur les cotés. Si le coiffeur a bon goût, l’ensemble sera harmonieux et élégant, les aigrettes se plantent à la verticale et le restent, avec au pied un flot de rubans. La coiffure à la Minerve compte environ dix plumes. Fleurs artificielles 345 / Les fleurs naturelles avec tiges, boutons et feuilles ont une durée de vie très courte et perdent rapidement leur éclat et leur fraîcheur. Elles furent donc remplacées au cours de l’année 1774 par le Sieur Ventzel qui lança la mode des fleurs artificielles fabriquées dans les couvents d’Italie. 346 / Elles se substituent dans la parure des dames aux fleurs naturelles. Pour plaire davantage, les fleurs sont parfumées et dès lors qu’une dame portant un chapeau de plume passe, l’air ambiant est immédiatement embaumé. Il y a des fleurs et des feuilles de toutes sortes. 347 / Pour les fixer, la tige des fleurs est coupée courte puis enroulée avec une petite mèche de cheveux et fixée par une épingle neige qui traverse le tout. Bijoux 348 / Les plumes et les fleurs artificielles sont responsables de la baisse de joaillerie. Elles sont moins chers, moins lourdes et plus visibles dans la chevelure. Elles sont surtout plus élégantes et aériennes que les agrafes en diamants, les aigrettes en pierreries, les oiseaux et les épis de blé en brillant, en or ou en jais.

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349 / Ne pouvant pas constamment acheter des bijoux, la femme emprunte ou loue des bijoux fort onéreux au joaillier à l’occasion d’une soirée ou un bal. Le joaillier de la Reine et le Sieur Böhmer. Chenille 350 / L’une des modes passagères du début du règne était de porter des longues chenilles de dentelles bouillonnées, souvent de couleur sombre, elles sont fixées sur l’arrière haut de la tête entre des boucles et tombent assez bas dans le dos. Elles encadrent la coque centrale. croquis (99) (100) (101). “ chenilles, insectes à plusieurs pattes, assez long”. 351 / Écrits. “ à Versailles un immense nuage de plumes neigeuses ou colorées flottait sur les têtes mais celles de la reine dominaient toutes les autres”. “on ne voyait plus qu’une forêt de plumes jouant librement au-dessus des têtes”. “ pour tenir salon madame change de coiffure, …........ plus exubérante, plus en hauteur, qu’elle charge d’accessoires variées élément essentiel de la coiffure, le panache de plumes, soit trois plumes plantées derrière le chignon avec des fleurs et des rubans”. “Les pampres ornement de branches et de feuilles de vigne et de grappes de raisin se mêlent aux cheveux”. “quelques unes se coiffent avec des épis de blé ou autres ornements à leur fantaisie qu’elles mêlent de perles”. D’après Madame Campan. “ pendant la période champêtre, les diamants, les plumes, le rouge, les étoffes brodées lamées d’or faisait disparaître la moindre apparence d’un séjour champêtre”. “La reine était habillée d’une lévite en mousseline avec une ceinture bleue ses cheveux relevés avec un simple ruban sans rouge et sans diamants”. Ornements étranges Voici ce que l’on décrit lorsque l’on parle d’ornements dans certaines coiffures. 352 / Écrits. “Au lendemain de la mort de Louis XV , les femmes portent dans leurs cheveux un pouf à la circonstance, un grand cyprès garni de soucis noirs, une grosse gerbe de blé couché sur une 87


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corne d’abondance d’où sortaient à foison des figues, des raisins, des melons et d’autres fruits parfaitement imités avec des plumes blanches”. La signification de toute cette mis en scène est de pleurer la mort du Roi Louis XV et d’espérer des merveilles du nouveau Roi. “plus simplement des champs de blé ou moissonne l’Espérance”. Mme du Deffand. “un pouf-échafaudage représentant tout un paysage en relief”. “la coiffure de la duchesse de Chartres portait un pouf aux sentiments richement fournis avec la représentation de la nourrice de son fils et le nourrisson sur ses genoux, un perroquet becquette une cerise, un petit nègre et le portrait de duc de Valois, des sachets de cheveux duc de Chartes, du duc de Penthieres et du duc d’Orléans”. En 1774, la famille Royale se fait vacciner, création du pouf à l’inoculation où figure “un serpent, une massue entourée d’une guirlande de fleurs, un soleil levant, un olivier couvert de fruits”. Voici l’explication que l’on donnait à cette coiffure allégorique : le serpent représentait la médecine; la massue : l’arme dont elle s’était servie pour terrasser le monstre variolique et le soleil levant devenait l’emblème du jeune Roi vers lequel se tournaient les espérances des français. L’olivier représente le symbole de la paix et de la douceur que répandaient dans les âmes l’heureux succès à laquelle le Roi et les princes s’étaient soumis. Ce pouf qui se vendait 10 louis. “a la circonstance, un cyprès forlé de soucis , une gerbe de blé, couchée sur une corne d’abondance”. La duchesse de Lauzun. “une petite mare, des canards, un chasseur a l’affût, un moulin, une meunière courtisée par un abbé le meunier et son âne”. Baronne d’Oberkirch. “un pouf aux sentiments avec le portrait de sa fille, de sa mère, l’image de son serin, de son chien et des cheveux d’ ami de coeur”. “il y a même des chiffres qui sont réalisés avec des cheveux coupés”. 353 / L’histoire décrit des ornements étranges dans les poufs. Ce sont des inventions folles, extravagantes et saugrenues. Rien ne peut arrêter l’imagination, toutes les occasions, même anodines, sont une bonne raison d’innover, de créer des nouveaux ornements ou des objets qui seront disposés suivant les goûts et l’image à transmettre de la personne concernée. C’est vraiment de la haute fantaisie, ils ont été réalisés en miniatures de carton découpés et peints ce qui fait le bonheur des fabricants de jouets en carton. Malheureusement, ces ornements ne sont représentés dans aucun tableau, il n’y a donc pas d’illustration. Ces créations n’ont pu être admiré que le temps d’une soirée et l’on doit se satisfaire des écrits et de notre imagination.

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Coiffures à ressort 354 / Écrit. Il est relaté qu’a cette époque il y a des coiffures à ressort. “Il avait été créé un dispositif permettant d’abaisser et de relever les hautes coiffures par un système de ressort ?”. 355 / “Impossible!”. Les gazetiers et les journalistes s’imaginaient déjà un mécanisme de levage d’une coiffure. On ne peux pas monter et descendre les cheveux sans rien défaire de la coiffure car les cheveux ne sont pas des élastiques. Erreur d’interprétation 356 / Par contre ce qui est vrai, c’est que les perruquiers utilisent des ressorts en acier étamés dans la réalisation des perruques ou des postiches. Pour les perruques : ce sont de fines lamelles d’acier étamées de forme rectangulaire de 1 sur 3 cm. Elles portent le nom de ressort, elles sont cousues entre deux bandes de tissu fin, aux pointes d’implantations, oreilles, tempes et bas de la nuque. 357 / Elles ont l’avantage de maintenir fermement les pointes de la perruque pour empêcher leurs déformations ou leurs décollements. Ces ressorts fixent solidement la perruque sur la tête. Pour les postiches, ces lamelles peuvent être de dimensions différentes et aide ceux-ci à garder leur forme initiale. Cadre de porte 358 / Écrits. “les coiffures étaient tellement hautes qu’il fallait surélever les cadres des portes ?”. 359 / Imaginer une princesse en belle et grande tenue attendre que les maçons démolissent le chambranle d’une porte pour la laisser passer, sur des gravats et de la poussière. Carrosse 360 / Écrit. “ pour ne pas défaire sa coiffure la femme se mettait à genoux dans le carrosse, elles étaient obligées de passer la tête par la portière quelques temps qu’il fit”. “certaines sortaient la tête a travers la portière”. 361 / Imaginer l’incommodité des moyens de transport, la suspension des carrosses, l’état des routes les chemins caillouteux, les nids de poule, qu’elle souffrance pour une femme de qualité 90


qui n’est pas habituée à vivre à la dure. Se mettre à genoux et avoir les cheveux, les ornements, les plumes au vent, comment tout faire tenir ?. 362 / Les caricaturistes et leurs croquis, dessins ou estampes ont eu une belle période pour se moquer de la Cour et pour tourner en ridicule le grotesque et l’exagération des choses. Il n’y a une petite part de vrai mais aussi beaucoup d’exagération. 363 / Écrits. “Il est cité des perruques réalisées avec du cristal filé et bouclé ou d’autres en fil de fer”. “ Machinerie a la bonne meunière, un treuil dissimulé dans le chignon, s’abaissait ou s’élevait”. “ Un coiffeur a eu l’idée de mettre des petites bouteilles peines d’eau dans la coiffure pour garder les fleurs fraîches plus longtemps”.

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Chapitre 21. La perruque Perruque. “Cheveux étrangers qui remplacent les cheveux naturels”. Le métier de perruquier 364 / Le métier de perruquier est prospère car ils ont énormément de travail. Cela est dû au fait qu’ils ont beaucoup de cordes à leur arc : ils rasent, fabriquent des perruques pour hommes, pour femmes, des postiches, ils coiffent les deux sexes et ils sont baigneurs-étuvistes. 365 / Presque tous les hommes portent la perruque sauf les mécaniques ou “ les gens du peuple ”. Il y a peu d’hommes chauves à cette époque. Les hommes fortunés se font réaliser des perruques sur mesure. Il existe aussi des perruques de dimensions standard qui sont d’un prix moins élevés. 366 / Écrits. “la manufacture des perruques est un art moderne, il se perfectionne tous les jours ….dont un des grands avantages et de débarrasser des soins journaliers”. “autre apanage du perruquier les bains, on en use de temps en temps....les bains de propreté, les demi-bains, les bains froids, les bains chaud, les bains d’immersion etc ...ainsi que la taille de la barbe”. Réalisation d’une perruque sur mesure 367 / Le perruquier prend les mesures de la tête, il doit d’abord réaliser le bonnet de la perruque appelé “ coiffe à perruque” qui doit s’adapter parfaitement à la forme du crâne. Les mensurations d’une tête sont différentes pour chacun d’entre nous. Le perruquier possède des têtes en bois de dimensions différentes souvent en orme ou en frêne qui servent de moule au bonnet. 368 / Le bonnet utilisé des très belles perruques est un assemblage de bandes de coton de largeurs différentes cousues entre elles qui font le tour de la perruque. Le reste du bonnet est une sorte de tissu léger à mailles ouvertes plus ou moins fines en fil, appelé “réseau” sur lequel le perruquier va nouer des cheveux. Le réseau apporte de la légèreté à la perruque mais la rend fragile. Les cheveux sont noués suivant la technique du “point de Milan” sur les mailles du “réseau”. Certains réseau sont en fil de soie. 369 / Pour les perruques standards les bandes de coton englobent tout le bonnet. Elles sont solides et requiert moins de précautions mais ont l’inconvénient d’être plus lourde et chaude. Le perruquier réalise une tresse de cheveux à part, “cheveux attachés sur 3 fils” les uns à côtés des autres. Ce qui donne une longue tresse de cheveux qu’il va coudre sur le bonnet. Les cheveux étant serrés les uns contre les autres, la densité est beaucoup plus élevée que sur un cuir chevelu. Les perruques ont toujours trop de cheveux c’est la raison pour laquelle “l’effilage” est plus souvent réalisé sur les perruques que sur les chevelures. 92


370 / Suivant le rang social ou le métier de celui qui va la porter, le bonnet est réalisé différemment, il peut être plus ou moins léger, aéré et de solidité différente. L’ensemble des perruques possèdent un réglage dans la nuque, “une jarretière à boucle” ce qui permet de plus ou moins la resserrer. Pour les perruques standards, il existe plusieurs dimensions de bonnet, que chacun peut essayer. La réalisation d’une perruque exige beaucoup de manipulations et prend beaucoup de temps. 371 / Écrit. Mai 1768, de l’Académie de Saint Chaumont qui fabrique de perruques. “on y prend la mesure d’une perruque, l’on dessine le contour du visage, exécute ensuite au crayon en présence et au choix de la personne l’accommodage qui convient le mieux a leur physionomie”. Réputation du perruquier 372 / Le premier critère pour l’achat d’une perruque est la provenance des cheveux. Un perruquier consciencieux propose des perruques avec des cheveux coupés sur des personnes vivantes. Il est dit que certains perruquiers douteux les récupèrent sur des mortes. 373 / On trouve des perruquiers qui ne font que du neuf : ils fabriquent des perruques sur mesure. Certains perruquiers ne les fabriquent pas, ils recyclent des vieilles perruques, ce sont “ les perruquiers en vieux”. L’on trouve aussi des perruquiers ambulants qui ont des perruques de mauvaise qualité pour les moins fortunés. 374 / Le Maître perruquier le plus célèbre est Sieur Adam Deffaux, rue de la Vieille Draperie près du palais à Paris. Qualité des cheveux 375 / Les cheveux sont achetés lors de marché ou de foire. Les paysannes enlèvent leur coiffe et le perruquier coupe leurs cheveux moyennant rétribution. Les cheveux achetés sont de belles qualités car les femmes portent continuellement une coiffe, ou un chapeau, et ceux-ci sont protégés du soleil et des intempéries. Les cheveux du nord de la France sont plus recherché et plus chers que ceux du sud, ils sont plus clairs et plus facile à coiffer, ceux du sud sont plus foncés et plus drus. 376 / Les cheveux les plus recherchés et les plus rares sont les cheveux blonds ou blancs. Les perruquiers ont un choix très important de cheveux, que ce soit les longueurs ou les couleurs, ils n’ont jamais manqués de cheveux. Toutes les perruques sur mesure ont un prix élevé.

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L’Encyclopédie Diderot et d’Alembert 377 / Les femmes ont commencé à porter la perruque sous Louis XV vers 1730, celles-ci se sont constamment perfectionnées. L’Encyclopédie Diderot et d’Alembert décrit deux perruques femmes coiffées, entre ces deux coiffures il y a une grande différence de forme et de longueur de cheveux. La première est une coiffure petite tête dite “moutonne” , datant de l’époque Louis XV. La deuxième se rapproche des coiffures Louis XVI. 378 / La première coiffure “très petite tête”, croquis (103), perruque moutonne aussi appelée en “bichon” à des cheveux très courts sur toute la bordure du visage d’oreille à oreille. C’est une bande peu large et plate de forme très crêpelée. Le reste de la chevelure présente des rangées horizontales très régulières de cheveux courts bouclés qui sont laissés roulés sur place. Ces boucles sont réalisées avec le fer à toupet. Cette perruque à deux lacets cousues à hauteur des oreilles pour permettre de l’attacher dans la nuque ou sous le menton. 379 / La seconde coiffure, croquis (104), à des cheveux plus long. De face, la coiffure présente des cheveux coiffés sur l’arrière plat et lisse, sur le sommet de la tête, 2 grosses boucles marteaux l’une derrière l’autre, entourées par 2 boucles marteaux posées horizontalement de chaque côté de la tête. Sur un côté une longue boucle marteau verticale pend du sommet de la tête jusqu’au dessus de l’oreille. Du côté droit, 2 longues mèches tombent jusqu’à la base du cou, à l’anglaise. Ces 2 mèches sont appelées“boudins pendants”. Les cheveux de l’arrière de la tête sont relevés jusqu’au vertex, lisse et plat. 380 / Entre ces deux perruques la façon de mettre en forme la chevelure n’est pas la même. Pour la première perruque, la bordure autour du visage est courte de forme crêpelée très serrée, réalisée avec la méthode de la papillote tortillée. Le reste de la coiffure en rangés horizontales très précises à petits rouleaux les uns à côté et aux dessus des autres est réalisé au fer à toupet. 381 / Pour la seconde perruque de tendance Louis XVI, les côtés et l’arrière de la tête sont en partie lisses, remontées sur le sommet de la tête, ce qui est réalisé avec le fer a passer du perruquier. Sur le dessus de la tête, de longues boucles marteaux et sur les côtés des mèches tombantes verticalement du type anglaises. Elles sont réalisées avec la méthode des papillotes ordinaires. Le coiffage des deux perruques est réalisé par le perruquier. Perruque et coiffure de jour ou de Cour 382 / La perruque peut servir en coiffure de jour car celle-ci est simple, avec peu de volume. La réalisation d’une coiffure de Cour haute et imposante sur perruque avec le chapeau et toute l’ornementation est possible. Le problème et de bien la faire tenir en équilibre sur la tête, si la personne à peu de cheveux et le crâne plutôt lisse, la perruque ne tiendra pas. On ne trouve pas de texte sur ce sujet. 383 / La personne n’ayant pas les cheveux voulu pour une grande coiffure de Cour doit se contenter d’une perruque avec une coiffure plus ou moins élaborée, moins volumineuse et moins riche suivant les compétences du perruquier ou du coiffeur. 94


croquis 103

croquis 104

croquis 38

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Qui porte la perruque ? 384 / Les femmes en portent peu sauf celles qui ont peu de cheveux, c’est une obligation pour elles. Sur les gravures, on peut difficilement voir une femme portant la perruque. Il est très rare de voir une servante poser une perruque sur la tête de sa maîtresse. Lorsque c’est la cas, la maîtresse est souvent très âgée et n’a que très peu de cheveux. La perruque peut être portée par les femmes plus jeunes de couleur rousse, car cette couleur est peu appréciée. Hommes 385 / Les perruquiers ont beaucoup de travail mais ils travaillent principalement à la réalisation de perruques pour hommes, toute leur production leur est consacrée. Depuis les perruques monumentales de Louis XIV, les perruquiers ont évolués dans la réalisation de perruques beaucoup plus légères. Le coiffage des perruques hommes se réalise suivant la mode de l’époque mais s’adapte aussi aux différences de rang et de métier. Tous les hommes qui en ont les moyens portent la perruque. 386 / Écrit. Vers 1769. Courrier de la mode. “ les perruquiers sont à la recherche du naturel principalement de la monture du toupet et des tempes une nouvelle technique est si amincie et si juste que les cheveux semble sortir de la tête”. Indéfrisable 387 / A l’époque du Roi Soleil (Louis XIV), vers 1654, le barbier/perruquier Ervais invente le crêpé que l’on doit comprendre comme une indéfrisable ou une permanente. Après ses achats de cheveux le perruquier les roule sur des petits bigoudis appelés bilboquets, puis il les met dans l’eau bouillante pendant 3 heures, en écumant régulièrement la crasse qui se détache des cheveux. Au sortir de l’eau on les laisse sécher et quand ils sont secs on les enferme dans du papier gris. Ainsi empaquetés on se rend ensuite chez le boulanger qui les enferme dans un pain de farine de son en forme de pâté. Il les faire cuire au four avec une fournée, une fois bien refroidi les cheveux deviennent indéfrisables. Le résultat est similaire à une permanente avec une frisure définitive. Le perruquier doit payer une taxe au Roi sur chaque perruque mise à l’étuvée. Les perruquiers ont dû continuer à poursuivre cette pratique au temps de Marie-Antoinette. Les bilboquets 388 / Ce sont des petits bigoudis en buis tournés, très lisse et long de trois pouces. Ils sont arrondis aux extrémités, d’une grosseur de 1 pouce et dont le milieu est très fin. On les trouve en 9 grosseurs différentes, ils servent pour faire friser les cheveux avant de les implanter sur la perruque homme, femme ou le postiche. croquis (38). 389 / La frisure définitive donne des cheveux très frisés voir crêpelé, cela ne se voit pas sur les perruques. Le perruquier après avoir crêpelé les cheveux, les repasse avec son fer plat, comme pour un vêtement. On peut alors voir les cheveux avec deux aspects totalement différents, la 96


racine est crêpelée sur une petite distance et les longueurs et pointes sont droites et lisses. Le but étant d’avoir de la tenue à la racine des cheveux. Marotte 390 / La personne qui porte une perruque quitte sa perruque le soir et la pose sur une marotte installée sur sa coiffeuse. C’est un porte perruque de forme ronde qui ressemble à une tête sans visage et avec un petit cou. Il en existe des simples en carton mais aussi toute une gamme de très beaux dans des matières différente. En bois ou en faïence, ils sont tous plus ou moins décorés. 391 / Ceux qui sont en bois sont très travaillés, le visage est sculpté et le haut de la robe est apparent, on peut voir aussi un collier qui est souvent peint. D’autre porte perruque sont fait de faïence peinte avec des motifs variés. Pour les hommes, le porte perruque est très simple et sans fantaisies. 392 / Un porte perruque très lisse porte facilement une perruque avec une coiffure de jour, petite tête. Une coiffure de Cour : haute et lourde tient difficilement car elle risque de perdre l’équilibre est de tomber. La marotte peut aussi servir pour la pose du chapeau. 393 / Une femme ne possède pas qu’une seule perruque, elle a une perruque de tous les jours avec une coiffure simple et une ou plusieurs autres avec des coiffures plus élaborées selon ses sorties. Les perruques peuvent être rangées dans des boites à perruques de forme rectangulaire et à dos bombé possédant une serrure. Elles sont souvent de très belles qualités, peintes et vernis avec un décor. Conflit perruquiers/coiffeurs 394 / Le perruquier réalise et coiffe les perruques hommes et femmes, il veut aussi garder le droit de coiffer les chevelures féminines ce qui provoque le refus des coiffeurs pour femmes. Le coiffeur revendique le droit de coiffer les chevelures féminines car il le fait selon la physionomie propre de la personne. C’est un travail de création, d’artiste. Il réalise sa coiffure en improvisant, alors que le perruquier réalise un travail mécanique et répétitif d’implantation, de couture de tresses de cheveux. Il coiffe sur un support en bois. 395 / Il n’y a pas d’entente entre ces deux corps de métier, les perruquiers font un procès aux coiffeurs dames au parlement de Paris en 1769 et perdent le procès. Les perruquiers peuvent coiffer les perruques pour hommes ou femmes et laisse le coiffage des chevelures féminines aux coiffeurs.

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396 / Le coiffeur est fier de coiffer les femmes, d’être en contact avec elles, il se dit artiste car il y a contact humain qui donne lieu à des discutions, des échanges et des intrigues. Coiffer une perruque sur une tête en bois n’est pas enrichissant, c’est même considéré comme dévalorisant pour un coiffeur. Il estime avoir une condition supérieure aux perruquiers, il considère le perruquier comme un artisan et non un artiste. Coiffage d’une perruque 397 / Pour le coiffage de la perruque, le perruquier se sert d’une “ tête à perruque “ tête en bois fixée emboitée un long manche dont le pied repose sur le sol, l’ensemble est appelé champignon. Le coiffage peut aussi se faire sur une tête de son. 398 / La tête de son à la même forme et le même volume que la tête en bois mais elle est composée de son et est recouverte d’une forte toile de lin avec une base en bois. La base est cerclé d’une bande de fer possédant un numéro qui indique la dimension du tour de tête. Il en existe de plusieurs dimensions. Il est facile d’épingler la perruque sur la tête de son car les épingles s’enfoncent très facilement, elle est un outil indispensable pour le coiffage. Une fois le coiffage terminé, on pose la perruque sur la tête de la personne et on termine les arrangements utiles. Coiffage d’une perruque homme 399 / La perruque sur mesure pour homme est coiffée par le perruquier. Pour que la perruque ne bouge pas pendant le coiffage elle est maintenu par deux lacets crochetés à hauteur des oreilles et noués sous le menton de la tête à perruque. 400 / Récit. Daprés Garsault. “ il conseille de crocheter un lacet à chaque pointe d’oreille et de nouer les deux lacets sous la tête de bois. A la pointe d’oreille la monture en tissu est plus résistance, plus épaisse et ne peut pas se déchirer”. 401 / Pour la perruque standard, la tête à perruque en bois possède une pointe sur son sommet et au centre. Celle-ci sert à piquer la perruque pour ne pas qu’elle bouge pendant le coiffage, cette pointe ne peut pas abîmer le sommet du bonnet car celui-ci est composé d’un ruban tissé très serré et solide comme cela se fait à l’époque. Pour une bonne tenue en plus de la pointe deux lacets attachés à hauteur des oreilles et nouée sous le menton la fixe solidement. Coiffage d’une perruque femme 402 / La perruque femme peut être coiffée par le perruquier ou par le coiffeur. Elle est moins volumineuse et moins travaillée qu’une vraie chevelure. Le perruquier peut très bien la réaliser car il doit utiliser la même technique de coiffage que celle utilisée pour les perruques hommes. Une perruque se décoiffe peu, elle garde la forme du coiffage, elle ne se défait pas la nuit comme c’est le cas d’une vraie chevelure qu’il faut recoiffer chaque matin. Il suffit de quelques retouches pour que la coiffure de la perruque soit de nouveau portable. 98


Problème avec la perruque 403 / Poser une perruque sur une tête pauvre en cheveux ou de cheveux courts pose peu de problèmes, mais la femme, à cette époque, n’a pas les cheveux courts. Elle a les cheveux mi long ou long, la pose est donc plus délicate. 404 / Si la chevelure n’est pas bien répartie sur le cuir chevelu, il y aura des bosses, ce qui signifie des problèmes de pose, de gonflement par endroit donc de tenu de la perruque. La tenue de la perruque est l’un des points les plus important, il faut que la jarretière de nuque soit bien serrée. L’on imagine souvent les dames de Versailles en train de danser avec grâce mais l’on n’imagine jamais les chutes de perruques. 405 / Une perruque bien fixée recouvre complètement le cuir chevelu. Parce que la perruque est très serrée, elle fait suer le crâne ce qui créer une odeur désagréable. Celle-ci imprègne la monture en coton de la perruque qui devient alors inconfortable et humide. La perruque cause bien des maux : des migraines, du prurit, des tintements d’oreille, des vertiges ou encore des éblouissements. 406 / Pauvre femmes, leur supplice continue car l’on rajoute un énorme chapeau à cette montagne de cheveux. La modiste y coud des mètres de tissus, ajoute des fleurs, des plumes et d’autres ornements. Elle coud solidement tout l’ensemble, ceci est un travail courant. Cependant, tout ces ajouts pèsent très lourd sur la tête des femmes. Fixer le chapeau ne pose pas de problèmes, de grandes épingles traversent le chapeau et la coiffure mais l’équilibre de l’ensemble reste problématique. Le chapeau est en prise à l’air, il ne faut pas de courant d’air ni de vent sur l’ensemble car la stabilité risquerait de faire défaut et le tout pourrait tomber. 407 / Cette coiffure haute doit tenir en équilibre. La femme ne peut incliner la tête d’un côté ou de l’autre ni à l’avant ou à l’arrière car cela causerait la chute de l’édifice. La femme doit rester en posture droite et garder le cou bien rigide. 408 / Après les spectacles, la femme quitte sa perruque. En dessous, la chevelure est écrasée et plate imprégnée plus ou moins de transpiration. La femme risque alors de prendre froid à la tête, c’est pour cela qu’elle enfile alors directement un bonnet. L’on ne parle ou même ne voit jamais ces petits bonnets portés par les femme, que l’on voit quelques fois sur les hommes. 409 / La femme remet elle la même perruque et la même forme chaque matin ? Le jour ou l’on modifie la forme de sa coiffure, la femme doit elle mettre une autre perruque ? Si c’est le cas, elle doit alors avoir plusieurs perruques. Cela n’a cependant jamais été cité ou retranscrit.

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Hygiène d’une perruque 410 / L’hygiène doit se porter sur l’intérieur de la perruque, sur le bonnet, c’est lui qui est en contact avec les sécrétions, le sébum, la transpiration et les pellicules. C’est un nid à vermine et à poux car la perruque est aussi pommadé et poudré. Le nettoyage du bonnet et l’élément le plus important, il se fait à l’aide de poudres desséchantes. 411 / La transpiration et le sébum encrasse et patine le bonnet ce qui lui donne une mauvaise odeur. Pour les cheveux en revanche, un entretient des plus simple suffît. Les bandes de coton épaisses peuvent se découdre plus ou moins et provoquer la perte des cheveux implantés, il faut donc la porter chez un perruquier pour qu’il la raccommode et lui implante de nouveau cheveux. Prix d’une perruque 412 / Il est vain de vouloir convertir des équivalences de valeur entre les monnaies du XVIII siècle et nos euros actuels. Le prix d’une perruque sur mesure peut atteindre plusieurs centaines de livres voir 1000 livres, ce qui représente le salaire de 3 ans d’un maître ouvrier.

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Chapitre 22. Le postiche Indispensable 413 / Sous Louis XVI, le perruquier fabrique beaucoup de postiches pour les femmes, les coiffures volumineuses demandent énormément de cheveux, toutes les coiffures ont des postiches. Peu de femmes ont la densité nécessaire pour la réalisation de telles coiffures. Le coiffeur les pose suivant la coiffure qu’il veut réaliser à tout endroit de la chevelure. 414 / Pour une coiffure du début du règne, le coiffeur peut ajouter jusqu’à 10 postiches, ils sont indispensable pour embellir la coiffure. croquis (107) (108). Suivant leurs emplacements ils ont des longueurs de cheveux et des bases de tailles différentes. 415 / Pour un postiche de nuque certain ont des cheveux long de 60 cm. Ceux qui servent pour les côtés pour faire les boucles marteaux sont plus courts que ceux du haut de la tête pour faire des grosses boucles. Ceux qui font des repentirs très longues mèches vrillées tombantes sur le sein sont les plus longs. 416 / Le prix d’un postiche varie suivant la qualité, la longueur, la couleur et le poids (20, 30, 35 grammes ?) des cheveux qui vont être implantés. Toutes ces particularités font varier le prix. Marie-Antoinette a eu besoin de postiches pour la réalisation de certaines coiffures, c’est le frère de Léonard, Jean François qui les lui fournissait car il était le perruquier/baigneur/étuviste de la Reine. 417 / Écrits. “ le Sieur Legros attache les postiches avec des cordons de cheveux et des fils de soie”?. “certaines femmes ont jugé à propos d’accompagner le chignon de quelques boucles pendantes mais il est plus commode d’employer le rang de boucles en peigne, c’est un peigne d’écaille cintré dont le dos est formé d’un rang de tresses, pouvant faire des boucles, il se place et se déplace à volonté”. croquis (148). “ le postiche en arrière de la tête prend le nom de postillon, vient de postiche” . Le tour 418 / Le tour est un grand postiche, c’est une bande longue et étroite de forme rectangulaire qui permet de couvrir la bordure du visage à la naissance des cheveux. Il part d’une oreille à l’autre en passant par la partie frontale et s’attache par deux liens dans le bas de la nuque sous les cheveux. Le croquis (109) représente un tour d’époque Louis XV, à l’époque Louis XVI, les cheveux sont plus longs. Ce tour, posé en bordure du visage, imite la naissance des cheveux il permet de suppléer au manque de cheveux. 101


croquis 107

croquis 108

croquis 148

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Sommet de tête 419 / Sont proposés des dessus de tête appelé “bonnet de cheveux”aux femmes n’ayant que peu de densité au sommet de la tête. croquis (110). Il ne peut pas être réalisé avec des cheveux longs car cela apporte trop de poids et rend la fixation très incertaine. Les cheveux sont courts ce qui donne des coiffures de petit volume. Anglaises 420 / Les tire-bouchons à la Marie-Antoinette sont de longues mèches de cheveux. Certains tire-bouchons flottants sont noués à mi hauteur afin de pouvoir rompre l’enroulement vers les pointes quand elles sont derrière les oreilles. Elles prennent le nom de “repentir” ou “mèche pendante”. Ce sont des anglaises tombantes sur les épaules. Aide au chignon 420 / Pour la femme exigeant plus de volume sur le vertex, l’on propose un postiche monté sur épingle. Il se pose à l’aide d’un gros peigne cintré à longues dents espacées. On entoure le postiche entre les longues dents du peigne en formant un “ huit ”, et on pose le tout sur le vertex. croquis (420). Crin 421 / Certains postiches sont en crin crêpi. C’est un crin qui a été tressé et que l’on a fait bouillir pour le faire friser. Ceci donne beaucoup de volume, il est obligatoirement court. Hygiène d’un postiche 422 / Il s’agit du même entretient que celui de la perruque. La monture est la partie la plus délicate suivit de près par les cheveux. 423 / Écrits. “sur un tableau une femme à sur les genoux une boite ronde d’où il sort un grand postiche”. “ certains postiches sont cousues avec des fils de soie qui agressent ”. “pour tenir salon madame change de coiffure, plus exubérante, plus en hauteur, qu’il charge d’accessoires variées élément essentiel de la coiffure, le panache de plumes, soit trois plumes plantées derrière le chignon avec des fleurs et des rubans, pour le souper madame se consacre a son élégante coiffure, nuque dégagée allongeant ainsi la tête tandis que de multiples boucles sont formées en tire bouchons s’étageant sur les cotés, quand ces dernières tombent sur les épaules on les appellent des dragonnes, la masse des boucles est contrebalancée par un 103


bouquet de fleurs séparée par un rang de perles, une natte pend derrière l’oreille et remonte en torsade, elle part d’un nœud de ruban attachant le bouquet, le chignon est relevé droit et le peigne à chignon le fixe au sommet de la tête”. “est une longue et grosse boucle en tire bouchon qui tombe sur l’épaule ou le plus souvent sur le devant de la poitrine, on l’appelle une dragonne”. “aucune tête humaine n’est en mesure de se coiffer à la mode avec ses seuls cheveux, force est de recourir aux postiches, aux mèches proposées par les perruquiers”. “ au dire de l’époque, ..le caractère commun des coiffures cheveux féminines est l’abondance du volume de la chevelure, les coiffures sont très volumineuses, ce genre de coiffures ne demande pas de légèreté, les coiffures sont tellement disproportionnées, c’était des horreurs”.

croquis 110

croquis 420

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Chapitre 23. Le maquillage Etiquette 424 / Le maquillage est de grande importance. Suivant l’étiquette, la première règle en matière de beauté est de posséder une carnation claire, avoir un teint couleur lys, rose ou une peau nacrée. La blancheur de la peau est un des fondements de la beauté. 425 / La femme doit se protéger du soleil qui peut colorer sa peau, en cours de journée elle porte sur sa coiffure une calèche qui est une coiffe de gaze baleinée, large et très ouverte, ou se protège avec une ombrelle qui lui protège le teint. 426 / Le blanchiment du visage est une valeur sociale qui exprime la supériorité de la classe oisive sur les travailleurs qui sont aux champs et qui sont donc exposés au soleil et aux intempéries. Ils ont de ce fait, la peau basanée. Ils sont appelés des “ mécaniques”et ont les considère comme de peu de valeur. Fond de teint 427 / La première étape est de mettre un fond de teint, la céruse, cela s’appelle “se faire le visage” elle donne à la peau une couleur blanche très avantageuse car elle donne une impression de laqué. Le fond de teint couvre efficacement les séquelles laissées par la petite vérole qui couvre la peau de pustules et laisse d’importantes cicatrices. 428 / Pour les jeunes femmes le blanchiment permet de cacher “les saphirs” qui sont des boutons d’acné. Le produit se vend sous forme de petits pains de blanc, certaines femmes utilisent aussi de la pommade à l’alun. Emaillage 429 / L’application de la céruse prend beaucoup de temps. Après l’application, on dit de la femme qu’elle s’est faite “ émaillée ” car en séchant, la céruse durcit et donne un ciment blanc et lisse qui à la longue se craquelle, surtout pour celles qui l’applique en couches épaisses. Ce ciment blanc donne une tête de porcelaine, froide et sans expressions, un teint livide au grand jour. Il lui est donc difficile de rire ou de pleurer par peur de voir se craqueler l’enduit trop rigide dont elle a revêtu sa peau.

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Danger 430 / La céruse, oxyde blanc de plomb, est un genre de cire blanche et fluide aux effets nocifs. Il peut empoisonner, rendre les dents noires, les déchaussent et il rend l’haleine repoussante. 431 / Écrit. Fargeon, parfumeur de la Reine. “le blanc du front doit être plus éclatant que partout ailleurs”. Le rouge a joues 432 / Sur les pommettes, l’on applique du fard de couleur rouge carmin. Il est tirée de la cochenille qui est un insecte minuscule logeant dans le figuier de Barbarie. Lorsqu’il est broyé, il fournit un colorant rouge de belle qualité. On se sert aussi de santal rouge, de chouan, de bois du brésil, de l’orcanette ou de carmin. L’on ajoute à cette couleur rouge de l’huile d’olive et de la gomme. A cette époque, la tendance était le célèbre “ Rouge de la Reine “ du Sieur Dubuisson, rue des Ciseaux. 433 / C’est la continuité du maquillage de la Régence de Louis XV. Ce rouge est resté très à la mode. Pour l’appliquer, on se sert d’un crépon d’Espagne qui est fait en étoupe de laine imprégné de carmin. Sortir avec du rouge dès le matin était considéré comme une faute de goût. Au début de son règne, la Reine aime se mettre un peu de rouge mais vers la fin du règne elle renonce à cet usage. Application 434 / Selon les principes du XVIII siècle, savoir poser le vermillon et tout un art. 435 / Écrit. “il faut le mettre en lignes droites, au plus prés des yeux, cette couche de carmin augmente leur éclat; les trois autres couches inférieures doivent s’arrondir avec grâce, à distance égale du nez et des oreilles, et ne jamais tomber au-dessous de la bouche”. “ la couleur va jusqu’au paupières inférieures pour donner du feu aux yeux”. “ Selon les circonstances ou les moments de la journée, la femme en applique très souvent en cours de journée”. Différent rouge 436 / Le rouge indique un rang social, il annonce la personne qui le porte, le rouge de la femme de qualité n’est pas celui de la femme de Cour et le rouge de la bourgeoise n’est pas celui de la courtisane. Il doit être choisi suivant les circonstances : à Versailles le jour de la présentation à 106


la Cour il faut que le rouge soit encore plus accentué que de coutume. La présentation donne le droit ou l’avantage d’être admis au sein du cercle du Roi et aux bals de la Cour. Prix 437 / Le rouge à joues est vendu en pots dans différents tons : il y a 9 intensités différentes, chaque pot à une taxe de vingt-cinq sols, le prix moyen d’un pot de rouge à joues est de 2 louis. Le rouge a lévres 438 / Il est appliqué sur les lèvres mais il s’agit du même rouge que celui utilisé sur les joues. On en parle rarement, la raison provient qu’il est surtout appliqué chez les jeunes femmes. Les plus âgées ont souvent la bouche édentées ce qui n’est pas esthétique. De plus, elles n’attirent pas les baisers car elle sont malodorantes à cause de la céruse. 439 / Écrits. Le comte de Vaublanc. “ le bon ton voulait que le rouge fut très épais, qu’il touchât les paupières inférieures des yeux, on tenait tant à ce rouge que toutes les femmes avaient dans leur poches une boite plus ou moins riche dans laquelle étaient les mouches, le rouge, le pinceau, et surtout le miroir, plusieurs dames renouvelaient sans façon à leur aise, leurs belles joues rouges partout où elles se trouvaient”. “ rose discret pour la petite bourgeoise, pour la noblesse, rouge carmin destiné à la promenade et le rouge vermillon à la clarté des chandelles”. Les mouches 440 / On appelle mouche un petit morceau de taffetas noir gommé. Une mouche peut avoir des formes différentes et variées : ronde, triangulaire, en lune, en étoile, en losange, en coeur ou en comète. Il arrive qu’au centre soit placé un petit diamant. La mouche est imprégné de matières adhésives que les dames s’appliquent sur le visage à des endroits bien déterminés car chaque zone a une signification. 441 / Les mouches s’appliquent suivant “ la carte du tendre “. Elle représente la signification donné à chaque zone du visage. L’on appelle “la passionnée” ou “l’assassine”, la zone de l’oeil, “la baiseuse” se trouve au coin de la bouche car elle appelle le baiser. La zone des lèvres se nomme “la coquette” ou “la friponne”. “la galante” se situe au milieu de la joue, “l’effrontée” représente la zone du nez, “la coquette” ou “la discrète” est la zone de la lèvre inférieure, “la majestueuse” est la zone du front, “la receleuse” couvre un bouton qui est aussi appelé saphir. 442 / Elles sont destinées à faire ressortir et à rehausser la blancheur et la délicatesse du teint. Les femmes enferment leur mouches dans des boites très raffinées et les fixe avec pinceau et de la colle. Les plus coquettes épuisent leur boite à mouches très rapidement. 107


443 / Certaines femmes se dessinent en bleu quelques veines sur le haut de la poitrine pour mieux faire ressortir la blancheur de leur peau. La Reine n’aime pas les mouches. 444 / Écrit. “sur un meuble de toilette, rectangulaire à 4 pieds, on aperçoit dessus, une boite à poudre, avec la houppe, une boite à mouches, à fards, des petits pots couverts, un miroir”. Accessoires utilisés 445 / L’on utilise de la céruse, de la poudre, une houppe de cygne, des cures dents, des mouches, des éponges, de la pommade, un gratte langue, des fards, une brosse à dents, des opiats (poudre pour nettoyer les dents), des sels, des savonnettes, etc. Démaquillant 446 / Pour enlever son maquillage, la femme utilise de l’eau d’orge perlé, de lentilles, de lys, d’amandes douces et de beurre de Mai. Les mains 447 / Les femmes dorment avec des gants de nuit dont la pratique a été importée en France par la cour Italienne dès la Renaissance. Vers 1752, la pâte Royale du parfumeur Sieur Arnault (rue traversière à Paris) blanchit les mains et vaut 4 livres. 448 / L’abandon des artifices, poudres, pommades, fards, et de tout les autres cosmétiques vient avec le veuvage ou la vieillesse. A la fin du 18me siècle, les fards ont une teinte plus claire et moins violente.

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Chapitre 24. Le parfum Le parfumeur 449 / La Reine aime le parfum, elle aime particulièrement les fragrances légères. Son parfumeur n’est autre que Maître Fargeon qui est installé rue du Roule à Paris. Il lui fourni un grand choix de senteurs en provenance de Montpellier ou de Grasse. Elles sont à la rose, à la violette, à la fleur d’oranger, au santal, à l’esprit de lavande, au citron, ou encore à l’essence de fenouil. Les parfums sont plus légers que sous louis XV. 450 / L’air et l’eau sont porteurs de maladies et d’épidémies, le parfum fait office d’agent anti pestilentiel. Il sert également à combattre les mauvaises odeurs de Versailles, d’où sa grande consommation. Ajouter un second parfum en cours de journée est une pratique courante pour les gens de qualité, on surnomme la noblesse la Cour parfumée. 451 / Écrit. “Au château de Versailles l’odeur donnait le tournis, soulever le cœur par la mauvaise odeur, urine et matières fécales à l’angle des bâtiments”. Produits parfumés 452 / Les produits les plus utilisés en plus du parfum sont la tablette de liqueur pour parfumée la bouche, l’eau à la Maréchale, l’eau à la sultane, le lys, l’eau à la Danemark, les herbes de Montpellier, de câpres, les vinaigres de toilette, les pommades de provence, l’eau sensuelle, l’eau de senteur de la liberté, le baume de la Mecque, la pommade de la duchesse, la poudre de violette, les huiles et poudres de toutes les couleurs pour la chevelure, des gants, de savonnettes ou de pâte d’amande. Les “sultanes” sont des corbeilles de parfums. Vinaigre 453 / Les femmes utilisent des vinaigres à base d’alcool à 60 degrés ils sont astringent et toniques. Ils servent pour la toilette, ils sont parfumés avec des senteurs de fleurs, de rose, d’oeillet, de violette ou d’épices. Il y a aussi des vinaigres d’agrumes à base de bergamote, d’orange amère et de citron. Le vinaigrier renommé et distillateur du Roi, Maille, a élaboré plus de 90 vinaigres de santé et de toilette. La femme se sert de vinaigre en cas d’évanouissement, de vapeur ou en cas accident. Vinaigre des 4 voleurs 454 / Les vinaigres sont utilisés pour un usage médicale, notamment dans un contexte de grande épidémie. On se frictionne le visage et les mains avec du vinaigre des 4 voleurs à base de vinaigre d’ail et d’herbes aromatiques. Ces 4 voleurs détroussent les morts atteint de la peste sans la prendre eux mêmes, ils s’aspergent régulièrement de ce vinaigre. 109


Sels 455 / Les femmes sont tellement serrées dans leur corset qu’elles en perdent parfois connaissance. Pour reprendre connaissance, elles utilisent des sels. Ce sont des mélanges de vinaigre, de parfum, de fleurs entières ou en pétales et de plantes, entre autre de sauge, menthe, clou de girofle. Concurrence 456 / C’est le début de la maison Houbigant, la maison Bourgeois, et de l’eau de Cologne des frères Farina, celle-ci est à base de fleurs diverses distillées dans de l’eau de vie. Chevelure parfumée 457 / Écrit. “ Le coiffeur après avoir démêler la chevelure, appliquait dans la chevelure ses doigts chargés d’essences de plantes, il les oint d’huile parfumée ce qui l’aide a donner à la chevelure une souplesse parfumée que lui impose la mode du temps”.

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Chapitre 25. Les dépenses Emprunt 458 / Être une femme à la mode à cette époque entraîne des dépenses très élevées, bien plus que pour les hommes. Dans tous les domaines, le changement est rapide, il faut suivre les tendances et constamment les renouvelées. Le luxe vestimentaire, la coiffure, les ornements, les chapeaux ou encore le maquillage font partie d’un tout, rien ne doit être oublié, les uns ne vont pas sans les autres, c’est un ensemble, le tout est très onéreux et fait la fortune des fournisseurs. 459 / Tout cela coûte beaucoup d’argent, certaines femmes s’endettent alors sur plusieurs années. La rumeur disait que la Reine ruinait toutes les dames de la Cour. Le bourgeois se dit ruiné par les fantaisies de sa femme et de ses filles qui veulent imiter les variétés de la Reine. Seuls les riches peuvent se permettre de suivre la mode. Déficit 460 / Les dépenses de la reines sont telles qu’il faut faire appel à la Maison du Roi pour combler les déficits de Marie-Antoinette. 461 / A cause de son rang social, le noble doit couvrir ses dépenses personnelles obligatoires et subvenir aux besoins des ses domestiques. Il les habille, leur fournit des perruques et des poudres. Tout est à ses frais. 462 / Les femmes de la bourgeoisie tentent autant que faire se peut d’imiter la mode de la Cour. Ceci créer donc une grande rivalité. Elles n’ont cependant pas les même moyens financiers qu’à la Cour. Les coiffures hautes sont au centre des débats sur la richesse, le superflu, le luxe et la pauvreté. 463 / Écrits. “un aristocrate dépense en farine autant pour ses cheveux que pour son estomac”. Mallemont. “ plumes blanches avec de la blonde et un panache de trois plumes violettes, coûte 150 livres”. “un bouquet de belles plumes dépassent 100 livres”.

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Deuxième pèriode: de 1781 à 1786 Chapitre 26. Coiffure à l’enfant après 1781 Changement de forme 464 / Après son deuxiéme accouchement, la Reine commence à perdre ses cheveux, au désespoir de son coiffeur qui se demande ce qu’il peut faire avec moins de cheveux. Léonard eut l’idée de dire à la Reine que les coiffures de jour hautes étaient devenu trop communes car la bourgeoisie s’en était emparée. Les coiffures de la Reine de France doivent donc changer. Il propose à la Reine une coupe de cheveux et des changements dans la forme de la coiffure. Les beaux cheveux de la Reine tombent sous ses ciseaux régénérateurs, ils sont coupés plus courts et étagés. La coiffure de jour est transformée et laisse place à la coiffure à l’enfant. Coupe 465 / La coupe transforme seulement la partie avant de la chevelure : les cheveux arrivent sous les oreilles ceux du sommet de la tête sont coupés entre 15 et 18cm, avec un léger dégradé d’une oreille à l’autre. Les cheveux de l’arrière de la tête reste longs car ils ne sont pas tombés. La séparation entre la partie avant et la partie arrière part de derrière chaque oreille verticalement. Mise en forme 466 / Pour donner du volume et de l’abondance aux cheveux coupés de la zone avant, Léonard met les cheveux en forme avec la méthode de la papillote à crêpé. Une fois chauffées et refroidies, les mèches de cheveux sont peignées avec un peigne à dents espacées. Ceci donne une sorte de mauvaise frisure vaporeuse, peu précise, une sorte de flou crêpelé. 467 / Dans la partie arrière, ou les cheveux sont longs la mise en forme reste une réalisation de boucles ordinaires avec le fer à papillotes. La pommade 468 / La pommade est moins utilisée, pour avoir des cheveux plus vaporeux il faut éviter la surcharge de pommade, celle-ci colle, rend les cheveux lourds et créer des paquets. La pommade sur les racines fait tenir les mèches à la verticale mais sur les longueurs et les pointes, l’application de pommade doit être réduite.

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La poudre 469 / Comme pour la pommade, la poudre s’utilise en quantité plus réduite mais elle est toujours utile pour la tenue de la coiffure. Coiffage en largeur 470 / La partie avant est crêpelée, vaporeuse, plus flou. C’est une coiffure à cheveux flottants, elle est bien plus naturelle. Elle donne un air négligé et une largeur à toute la partie avant de la chevelure, croquis (25) (26), elle perd en hauteur pour gagner en largeur. Elle requiert moins de pommade et de poudre car le but est de former une auréole plus naturelle et libre autour du visage. Ceci apporte une grande nouveauté à la coiffure de jour. Cette largeur est souvent disproportionnée par rapport aux épaules. 471 / Les cheveux de la partie arrière, n’étant pas tomber, sont restés longs. Le coiffage se transforme, il devient plus souple. La coque descend plus bas, elle repose sur les épaules et de chaque coté de la coque, les marteaux sont moins attachés, toute la partie arrière garde la même forme mais en plus “coulante”. Cette forme de coiffure est adoptée par toute les femmes de la Cour et représente la nouvelle coiffure de jour. Remarque 472 / La coiffure présente deux parties, deux longueurs ainsi que deux coiffages totalement différents. La partie avant est large, elle est coupée et crêpelé alors que la partie arrière est longue avec des cheveux bouclées roulées en grosses boucles mais de façon plus naturelle. L’ensemble de la coiffure devient plus vaporeux et moins figée. Les marteaux sur les côtés disparaissent. La coque de nuque est plus tombante sur les épaules. 473 / Cette grande différence est liée à l’apparition d’une certaine liberté qui devient la tendance. Pendant les premières années de son règne, la Reine s’est livrée à des excès de parure, elle recherche maintenant la simplicité. Au début, ce changement fait scandale car la Reine épure aussi sa façon de s’habiller. 474 / Elle s’habille en “gaulle”, c’est une sorte de chemise vaporeuse, souple, sans falbalas, sans volants, ni paniers. A cause de cette forme de coiffure, les chapeaux s’enfoncent sur la chevelure et écartent les cheveux ce qui donne encore plus de largeur à la partie avant. C’est aussi le début des chapeaux fous qui sont plus larges et plus imposants.

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Chapeaux avec la coiffure à l’enfant 475 / Après la maternité de la Reine et le changement de la forme des coiffures de jour en 1781, la mode des chapeaux fous apparaît. Ils ont des proportions démesurées, ils sont larges, imposants ornés de composition bigarrée. D’autres, suivant les circonstances, étaient des vrais pots pourris ce qui leur donne un aspect théâtrale, peu esthétique. Ils sont sans cesse travaillés, raffinés et perfectionnés, ils sont recouverts de falbalas, de nœuds, de bouquets et de voiles. Les femmes les portent pendant la journée, au cours de promenades et autres. 476 / La Reine porte, par désir de simplicité, des chapeaux plus simples et des capelines de paille. Cela déstabilise la Cour qui ne comprend pas. La Reine porte des rubans, des cercles de fleurs, des voiles tombants très bas dans la dos mais ne veut plus d’ornements. 477 / Écrit. “Après 1781 la Reine reçue la bergerie, elle a 25 ans, ce plaisir nouveau lui donna le goût du , retour a la nature encouragé par la mode des cheveux laissés en liberté, de simplicité, ce qui l’ incite à porter des coiffures et des chapeaux plus simples, coiffure à la laitière, à la bergère, à la jardinière, à la paysanne, avec des chapeaux de paille”. “ la Reine était habillé d’une lévite en mousseline avec une ceinture bleue ses cheveux relevés avec un simple ruban sans rouge et sans diamant”. 478 / Tableau. Marie-Antoinette en habit de chasse présente une coiffure vaporeuse, sans boucles marteaux sur les côtés, avec des cheveux crêpelés sur les côtés, coupés sous les oreilles, les cheveux de l’arrière de la tête sont lisses et longs dans la nuque.

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Troisiéme période de 1786 à 1788 Chapitre 27. Fin de régne La mode 479 / La mode, à cette période, est fortement influencée par la mode Anglaise. Cette île heureuse et sans inégalités lance la mode de la tolérance. Les français adoptent la mode anglaise : des vêtements souples et confortables et un choix de coiffure libre. Comme tous les effets de mode, celui ci change et évolue constamment, les habits et les chapeaux se modifient. Il y a une multitude de grands chapeaux. Cette folie des chapeaux fous influence la mode des coiffures, l’un est l’autre sont indissociables. En ce qui concerne la coiffure, il n’y a pas de grands changements, seulement une évolution de la coiffure à l’enfant. 480 / L’évolution concerne tous les domaines: la coupe, la frisure, la pommade, la poudre, le tapé, l’auréole frontale, les marteaux, le chignon, la coque, la coiffure est différente. croquis (150). La coupe 481 / La chevelure est séparée en deux parties, comme pour la coiffure à l’enfant mais cette fois la séparation part du haut d’une oreille à l’autre presque horizontalement. La partie supérieure est très importante par rapport à la partie inférieure. 482 / Ce n’est pas une coupe courte, les cheveux sont de longueur moyenne, coupe étagée, un très léger dégradé pour les trois quarts de la chevelure. Sur les côtés, les cheveux arrivent quelques centimètres sous les oreilles et les cheveux du bas de nuque sont différents, ils reste très longs. Coiffure 483 / Il y a toujours la coiffure du matin aussi appelée “l’ordinaire”, elle est resté la même depuis le début du règne. C’est un coiffage simple : une remise en forme des boucles. Nous allons étudier les coiffures du jour à la mode. 484 / La mode impose d’avoir une coiffure en deux parties: la partie supérieure est large, haute, ronde, vaporeuse, avec des grosses boucles formées sur les pointes, disposées plus ou moins régulièrement, ce ne sont pas des marteaux figés. Les cheveux sont frisés avec des boucles faites à l’envers ou tournées en dessous au lieu des boucles tournées en dessus comme les femmes les portaient avant. La partie inférieure est longue, raide et lisse. Les pointes sont roulées. Ces deux parties sont en total opposition de forme, de volume et de longueurs.

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Matériel de coiffure 485 / Pour la réalisation de cette forme de coiffure, les outils sont restés les mêmes. Les fers sont utilisés différemment suivant les longueurs et l’aspect de la nouvelle coiffure. Frisure 486 / La technique de mise en forme évolue, le cheveu présente une racine crêpelé et des extrémités voir des longueurs plus roulées. Après avoir crêpelé les cheveux, ceux-ci sont repris sur les pointes et les longueurs pour être plus roulés, plus nets. Le but étant d’avoir des pointes en forme de grosses boucles bien roulées. Le crêpelé à la racine est important, il en faut toujours pour faire tenir les cheveux. 487 / Écrits. “ détachées ou non sur toute la tête, quelques unes lui tombent en coque sur le front”. “ certaines coiffures sont frisées moitié en grosses boucles détachées moitié en tapé”. “ d’autres en deux longues boucles” / “ d’autres ont les cheveux à peine frisé”. “ elle n’a sur les côtés que 2 boucles flottantes librement”. “ les femmes n’ont presque plus d’autres manières de se faire friser qu’en grosses boucles , roulées en dessous”. “ la frisure sur toute la tête en grosses boucles détachées” / “ les boucles peuvent être grosses ou plus petites”. “ la frisure soit en grosses boucles détachées, soit en petites boucles, soit en moyennes, rien ne paraît plus laid et maussade comme une frisure rabattue sur le front et les tempes”. La collure 488 / L’on applique moins de pommade, il est impossible d’avoir une chevelure vaporeuse en appliquant de la pommade, elle est toujours utile pour apporter une tenue aux boucles mais en quantité réduite.

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La poudre 489 / Au début des années 1785, l’application de poudre diminue. Fin 1786, la mode recommande aux femmes de mettre moins de poudre blanche. Elle disparaît complètement à la révolution. 490 / Écrits “ la poudre blanche grossit les traits, pour une femme blonde cela lui affaiblit la figure, si elle est brune cela la noircit, non jamais il faut se faire poudrer à blanc”. En 1786 il est reproché aux femmes. “ toutes les femmes sont capables de se faire charger la tête d’une livre de poudre blanche au lieu de n’en mettre qu’une teinte aussi légère que la poudre blonde”. Le coiffage 491 / Le coiffage a une grande importance, pour avoir des boucles bien formées sur toute la tête il faut les façonner et en réaliser autant d’un côté que de l’autre pour avoir une coiffure harmonieuse. L’ensemble de la coiffure forme une boule avec des grosses boucles roulées sur les pointes, le volume est très apprécié. Le crêpage est indispensable. Quelques fois des boucles détachées tombent en coque sur le front. Le tapé 492 / La mode exige d’avoir une coiffure volumineuse sur toute la tête, avec les pointes en grosses boucles. Le tapé prend une grande importance, il est indispensable pour donner du volume à la coiffure, mais aussi de la tenue. Les cheveux ont besoin d’un support ferme au pied de chaque mèche. Il est utile pour avoir du volume mais aussi pour supporter le poids des énormes chapeaux d’où l’importance d’un tapé ferme. Il est indispensable sur toute les chevelures. 493 / Écrits. “ La coiffure est frisée seulement en tapé”. Ce qui laisse à penser qu’il n’y a que du crêpage ?. “ le tapé est sur la tête et en boucles sur les côtés à la manière des hommes”. “ la coiffure est frisée toute en crêpé sur les cotés, et en boucles détachées sur le milieu de la tête” “ La coiffure est frisée d’un tapé presque lisse tombant en coque sur le front, terminé par de grosses boucles courtes et séparées”. “ sur les côtés en très grosses boucles graduelle”. 117


Le coussinet 494 / Le coussinet et l’auréole frontale disparaissent, le tapé prend le relais, sauf peut être pour une réception à la Cour ou la coiffure d’apparat tout a fait classique peut encore se faire mais de moins en moins. Les marteaux 495 / Sur les côtés, les boucles marteaux sont remplacées par de longues boucles roulées qui ne sont plus attachés solidement dans la coiffure, elles sont désormais plus libres et plus détachées. Elles sont laissées plus ou moins naturelles et plus à l’horizontale, les unes aux dessus des autres, plus ou moins espacées. Le chignon postiche 496 / Sur l’arrière de la tête, le chignon postiche en haut du vertex disparaît. Partie inférieure de la chevelure 497 / La partie inférieure de la chevelure est divisée en 3 parties, une partie derrière chaque oreille et une partie centrale comme précédemment, mais les longueurs et la forme change. Derrière les oreilles 498 / Derrière les oreilles, les cheveux sont mi longs, ils tombent raides et lisses sur le sein. Seule, la pointe des cheveux est souvent roulée à l’horizontale. 499 / Écrits “ des boucles en nombre variable de une à six sur un ou deux rangs”. croquis (161). “ en 2 boucles graduelles inclinées qui tombent de chaque côté sur le sein”. croquis (157). “ en boucles détachées dont 4 sur 2 rangs lui tombent sur le sein”. croquis (173). “ en boucles dont la masse va presque jusque sur le sein”. croquis (153). “ en boucles tombantes et inclinés vers le sein” / “ 2 boucles tombent sur le sein”.

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“ en 6 boucles sur 3 rangs qui tombent sur le sein”. “ frisée toute en petites boucles détachées qui descend sur le col”. “ toute en boucles dont la masse descend jusqu’aux épaules”. “ en boucles très longue dont le dernier rang est placé très bas presque sur le col”. La partie centrale 500 / La coque classique est de plus en plus basse et tend à disparaître. Vers le mois de septembre 1787, un changement concernant la bande centrale de la nuque se fait “ la mode vient de naître”. Les cheveux sont très longs et descendent très bas dans le dos raide et lisse, quelques fois avec les pointes retournée. 501 / Dans la nuque les cheveux sont épais et très long. Le postiche est alors très utile, voir indispensable, il est posé sous le vertex, près du bas de la nuque. La hauteur de son emplacement peut varier suivant le désir de la personne. Le postiche posé est coiffé à plat, les cheveux pendent sur toute leur longueur. Les cheveux sont attachés avec un lien en fer bronzé qu’on nomme “épingle a la cagliostro”. Cagliostro, célèbre clarlatan. 502 / Écrit. “ les cheveux de la nuque en chignon plat, ou en chignon diffus”. “ la coiffure à la conseillère flottent dans l’arrière de la tête”. Les longueurs de la partie centrale 503 / On peut voir des longueurs coiffées de plusieurs façons. La mèche peut être totalement raide et tombante ou avec les pointes retournée à l’extérieur. On peut aussi voir les longueurs coiffées à plat, au milieu de leur longueur, la mèche est retournée et remontée pour être attachés par une barrette ou un lien, le bout de la mèche retournée sort librement. croquis (76). 504 / Écrits. “ raide et lisses tombantes, naturelles, flottantes dans le dos”. croquis (77). “ elles peuvent flotter à la conseillère avec les pointes juste bouclées”. Conseillère veut dire retournées en dessus ou “ à boucles renversées”. croquis (174). “ les cheveux de derrière flottent à la conseillère liées par deux rubans placés a distances”. croquis ( 160).

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Avril 1789. “ certaines fois les longueurs sont attachées au milieu du dos par un ruban, une barrette, ou par un coulant d’acier”. croquis (164). “ le bas de la mèche peut être à la grecque quarrée”. Quarré veut dire que le bas de la mèche est coupé droit horizontalement, ce n’est pas une pointe fine mais une pointe épaisse. “ soit roulées en boucles, plus ou moins vrillées, sur un ou deux rangs, soit l’un a côté de l’autre soit l’un au dessus de l’autre”. croquis (162). “ elles flottent librement, sans art, ou bouclé sans art et sans uniformité”. croquis (170). “ soit liés en queue”. / “ relevés en chignon flottant”. / “ soit en boucles séparées”. “ bouclés par le bout en 3 très grosses boucles détachées flottantes de chaque côté sur les épaules” “ soit bouclés à bouts séparés et inclinés”. croquis (158). 505 / Juste avant la révolution la bande centrale est à la mode des nattes. 506 / Écrits. Soit en “ 3, 4, ou 6 nattes” . “ en 6 nattes réunies“ . “ en 6 nattes moyennes sur 2 rangs”. Juillet 1789. “ relevés en nattes et ne descendent que peu sur le col”. “ ses cheveux de derrière relevés en natte et attachés haut”. “ les femmes portent aujourd’hui les cheveux tombants à bouts frisés, retombant et attaché sur la nuque avec un peigne, soit attachés très bas dans le milieu du dos avec le ligament en fer bronzé qu’on nomme épingle à la castiglione, ou avec un ruban”. croquis (154). “ avec une large épingle à la castiglione, ciselée et gravée à points”.

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Vision d’une coiffure 507 / La coiffure forme une sorte de boule volumineuse de cheveux coupés mi long sur les ¾ de la chevelure. Les pointes sont bouclés en grosses boucles type gros rouleaux. La partie inférieure centrale est très souvent postiche car il faut énormément de masse et de longueur pour que les cheveux descendent jusqu’au milieu du dos. Il y a diminution de la consommation de pommade et de la poudre. Chapeaux 508 / Ce sont surtout les chapeaux que les femmes s’appliquent le plus a varier. Dans tous les domaines, c’est cette partie de la toilette qu’elles s’efforcent de diversifier et d’embellir. Ceux-ci deviennent encore plus haut et plus volumineux. On voit des chapeaux démesurés qui écrasent toute la coiffure, il y a peu de femmes en cheveux. Ils sont souvent plus large que les épaules. Les plumes sont toujours à la mode mais les couleurs prédominent, la teinte blanche se fait moins. On peut voir des grosses plumes de couleur jonquille ou des aigrettes de plumes de coq rose. 509 / La plupart des femmes étudiées sont surtout des femmes chapeautées. Les chapeaux sont souvent posés sur un côté de la tête. Ils sont toujours aussi chargés d’ornements, de fleurs, de bouquets de roses artificielles, de plumes et de voiles plus ou moins longs. A partir de 1788, il est conseillé aux femmes de prendre l’habitude de sortir en cheveux. Ceci annonce la fin des chapeaux fous. 510 / Écrits. “ pendant les grosses chaleur la femme porte des guirlandes de roses pour suppléer aux bonnets et chapeaux qui apportent de la transpiration et fait choir tout l’édifice de la frisure”. Fin du règne de Louis XVI. “ de ne plus porter pour toute parure sur la tête que 2 nœuds de rubans, l’un est attaché par derrière au dessus de la coque ou du peigne a chignon, et l’autre sur le devant de la tête à 3 ou pouces du front”. “ ses cheveux par derrière sont enfermés dans une bourse à cocarde ovale”.

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Ce travail m’a permis de répondre à mon questionnement, maintenant j’ai des réponses ce qui me permet de mieux connaître et de comprendre la mode des coiffures de cette époque. J’espère vous avoir apporté des connaissances supplémentaires, en plus de celles que vous possédiez déjà et vous remercie de m’avoir lu.

Alain Ducher info@coiffureducher.fr www.coiffure-ducher.fr www.coiffures-du-passe.fr Ouvrage auto édité 2016

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511 / Quelques repères temporels citées dans l’étude.

1635 / Le coiffeur Champagne crée la spécialité des coiffeurs pour dames. 1654 / Les perruquiers commence à réaliser l’indéfrisable 1720 / Perruque coiffée en petite tête suivant la mode régnante. 1721 / Cheveux crêpés courts en laine de mouton, visage couleur feu. 1730 / 1740 /1750 / Coiffure en petite tête bouclée / Naissance de Léonard Autié / Les femmes portent la perruque. 1747 / Naissance de Rose Bertin. 1752 / La pâte Royale pour blanchir les mains. 1755 / Le savon un mélange de suif de mouton de boeuf ou d’huile d’olive / La coiffure commence à monter. 1762 / Le goût dominant doit être celui de la mode régnante et passagère. 1763 / Mercure de France, quelques coiffures hautes de 18 à 20 cm / Homme peur d’être des nains. Coiffures hautes de 7 à 8 pouces, soit 17 a 20 cm. 1764 / La poudre est appliquée avec une houppe en poil d’édredon. 1765 / Legros, ouvrage, Art de la coiffure, coiffures Louis XV / Le Sieur Legros fait un défilé de 100 coiffures place Vendome. 1768 / Le toupet des dames augmente tous les jours / Il est enseigné 52 manières de faire les coiffures, réalité 2, que les détails qui changent / Renommé du Sieur Legros, publication de son livre. Il est enseigné 52 manières de coiffer / Le toupet a ½ pied de haut grâce au coussinet / Coque à la Gertrude / Académie se Saint Chaumont fabrique des perruques suivant la physionomie. 1769 / Léonard début de carrière, coiffure haute pour la présentation à la cour / Dans les coiffures des fleurs, des pierreries / Les hommes ont peur d’être des nains / Le coiffeur doit réaliser une coiffure en accord avec la physionomie / Grande amélioration dans la fabrication des perruques / Procès entre les perruquiers et les coiffeurs. 1770 / Le 07 Mai arrivée de Marie-Antoinette en France / Le 16 Mai épouse Louis XVI / Coiffures hautes depuis quelques temps. 126


1771 / Marie-Antoinette coiffure haute mais a besoin de largeur pour la forme de son visage. 1772 / Répertorié 3744 coiffures chapeaux différentes / Début des plumes / Chevalier de Saint Michel répertorie 3744 formes différentes / Début des plumes. 1774 / Décès du Roi Louis XV / Présentation de Rose Bertin a la Reine / Début des fleurs artificielles / Chapeaux à la ques-acco, aux délices du siècle d’Auguste / Vaccination Royale / Pouf a l’Inoculation. 1775 / Coiffures de deuil pendant une grande partie de l’année , aucun changement de coiffure / Coiffure à la Belle Poule. 1776 / Coiffure très haute / Auréole / Coiffure en vergette / Modiste baisse du chiffre d’affaires. Coiffures hautes de ½ aune soit 60cm / Coiffure en hérisson. 1778 / 1er accouchement de la Reine / Le coiffeur Lefévre considère la coiffure comme un art. Habit du coiffeur, veste rouge, culotte noire, bas gris, un tablier / Chapeaux aux insurgeant. 1781 / Accouchement / Coiffure à l’enfant, large, vaporeuse sur la partie avant / Coiffure à la Tarare opéra / Interdiction aux coiffeurs de la mention ‘Académie de coiffure’/ Tarifs de coiffure 6, 24, 48, 72 livres ou 24 louis / Marie-Antoinette reçoit la Bergerie. 1783 / Le toupet des hommes atteint 5 à 6 pouces de haut / Chapeaux à la Montgolfière / Pouf a l’inflammable. 1785 / La quantité de poudre appliquée se ralentie / Chapeaux immenses avec des voiles de gaze / Diminution de la poudre. 1786 / Influence Anglaise / Chapeaux fous / Forme des coiffures différentes /Poudre blonde conseillée. Les papillotes peuvent se faire 2 fois par semaine / Les boucles pendantes appelées ‘attention marquées’ / Chapeaux à la Wauxaal / Pouf à La chinoise / Il est conseillé d’appliquer la poudre blonde au lieu de la blanche. 1787 / Coiffage de la bande du milieu de nuque très longue et plate / La bande centrale de la nuque très longue. 1788 / Conseiller aux femmes de sortir en cheveux / Aménagement de la salle de bain de Marie Antoinette / Attache de la bande centrale de nuque à la Cagliostro / Nuque en natte.

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Louise de Savoie

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Bibliographie Pour réaliser ce travail j’ai consulté les ouvrages suivants =

Manuel du perruquier, Mallemon, Albert Brunet, 1912. L’art de la coiffure Francaise, Mallemont, Boucoiran, 1930. Naissance de l’intime, musée Marmottan Monet, Harzan, 2015. Le XVIII, Lahure, 1899. Art de la coiffure Française, Stéphane, la coiffure Française, 1931. Le XVIII, Paul Lacroix, Firmin Didot,1891. Histoire de la coiffure et des coiffeurs, Paul Gerbod, Larousse, 1995. Marie-Antoinette, H D’almeras, la librairie Mondiale. La cour de Louis XV, Jules Maze, Hachette, 1944. L’art dans la parure, Charles Blanc, Renouard, 1875. Jean louis Fargeon parfumeur de Marie-Antoinette, Elisabeth de Feydeau, Perrin, 2004. Le cabinet de toilette, Baronne Staffe, Victor Harvard, 1891. Art de la coiffure des dames françoise, Antoine Boudet, 1781. Dictionnaire de la langue françoise, Cellard, Lyon, 1827. Les jours de trianon , Albert Savine, Louis Michaud,1908. La coiffure Française du moyen âge a nos jours, Catherine Lebas et Annie Lacques, Delmas,1979. Le XVIII, Encyclopédie par l’image, Hachette, 1931. Encyclopédie du costume et de la mode, Grund, 1988. Der friseur, Conrad Rnob, Zurick. Marie-Antoinette, L’histoire, juin, 2006. Chére marie Antoinette, Jean Chalon, France loisirs, 1988. Coiffure Française, Mallemont, Ulysse Boncoirau, 1947. La révolution Française, Trésor du patrimoine, 2008. Vivre dans les rues de paris au XVIII, Folio histoires, Gallimard Julliard, 1979. Histoire de la beauté, Georges Vigarello, le Seuil, 2004. Rose Bertin, Institut Français de la mode, Regard, 2003. C’est du propre, musée de la Chalosse, Montfort en Chalosse. Portraits de femmes, Didier Carpentier, 2006. 143


Souvenirs de Léonard, Arthéme, Fayard, 1838. Hairdressing wigmaking, Bakspord dtd london, 1989. Les heures du jour, musée Magnin Dijon, Musée nationaux, 2009. Les petits-maîtres de la mode, Richad Le Menn, Richard Le Menn, 2015. L’art de la coiffure des dames françoises, Legros, 1768. Die frisur, Maria jed ding gesterling, Hrsg. Encyclopédie Diderot et d’Alembert. Marie Antoinette, Andre Castelot, Famot, 1976. La vie quotidienne sous Louis XVI, Charles kunstler, Hachette, 1950. Les bains, Paul Negrier, Librairie de la construction moderne, 1925. Marie-Antoinette a Versailles, Bernadette de Boysson et Xavier Salmon, Somogy, 2005. Marie-Antoinette, le Figaro, hors-série. Enciclopédie perruquiére, Beaumont, 1762. La poudre et le fard, Catherine Lanoé, Champ Vallon, 2008. Méthode de coiffures, Croisat, 1832. Histoire de la coiffure féminine, Marie de Villermont, Laurens, 1892. Versailles, Soteca, juillet, 2013. Le dernier cocher du Roi, Gilles de Becdeliévre, Cheminements, 2007. Cabinets des modes, Gallica. Le propre et le sale, Georges Vigarello, du seuil, 1985. Le médecin des dames, 1771. Costumes de l’époque de Louis XVI, les modes parisiennes. Garsault, art du perruquier, 1761. La comtesse de Noailles, Madame l’étiquette. Souvenirs de Léonard, Alphonse Levavaseur, 1838. La marquise des plaisirs, Michel de Dechker, Pygmalion, 2007. Les mots de la mode, Catherine Join Dieterle, actes sud, 1998. Les mots du XVIII, Jérome Godeau et Valentine de Ganay, actes sud, 1995. Modes et usages au temps de Marie-Antoinette, De Reiset, Madame Eloffe, Firmin Didot, 1885. Histoires d’amour de l’histoire de France, Guy Breton, edition de saint Clair, tome XI , 1965. Sur internet visite de sites sur tout les sujets.

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La coiffure femme du temps de Marie-Antoinette  

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