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d’ici

Te x t e s I

Fabie nne bache lard

P ho t o s I

ma r c c h atel a i n

drôme

Le cirque d’archiane marque l’extrémité sud du massif du Vercors. Les falaises de ce magnifique site naturel classé abritent de nombreux rapaces, comme le vautour fauve ou le gypaète barbu, réintroduit très récemment, en 2011.

Road trip diois

en pays

Côté pile : les derniers contreforts du Vercors. Côté face : la Drôme provençale, douceur ensoleillée, toits de tuiles rondes… La région de Die est riche en contrastes. Attachante aussi, à l’image de ces néoruraux qui réenchantent des villages où il fait bon vivre. Sylvain Dussans

Alpes

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Camille Moirenc

La route venant de la vallée du Rhône, après Valence et Crest, offre de beaux paysages de vallons et villages ensoleillés. Ici, le village de Saint-Sauveur-en-Diois.

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Tijlbert Vink fait partie de la deuxième génération des néoruraux venus s’installer en Diois. Ses parents venus de Hollande en 1978 font partie des précurseurs qui ont cru au bio en fondant L’Herbier du Diois, une entreprise florissante qui propose des plantes aromatiques biologiques.

I

l faudrait pouvoir arriver dans le Diois par les airs. Survoler tranquillement le plateau du Vercors, longer les vertigineuses falaises de la montagne de Glandasse et du cirque d’Archiane, les promontoires les plus méridionaux dudit plateau, avant de piquer sur Die. Rupture géologique franche. Effet “graphique” assuré. Après l’altitude minérale, les vallons blondis par le soleil de la Drôme. Le froid et le chaud. Par la route, les portes d’accès au Diois passent par plusieurs cols et les noms pointés sur une carte se suivent dans le sens des aiguilles d’une montre. Jouer à saute-mouton entre les cols de Rousset, Menée, Grimone, Cabre, plus quelques autres encore, sans compter une entrée, la plus usitée certainement, celle arrivant de la vallée du Rhône après Valence et Crest. Et puis, la Drôme qui prend sa source aux confins de ce territoire marqué par la scission géographique et climatique.

refuge de néoruraux Vercors au nord mais aussi massif du Diois au sud dont le point culminant, la montagne de Jocou, émerge à 2 051 mètres. Une alcôve, donc, que ce pays diois. Une enclave, un refuge dans un monde qui va trop vite ? Avouons-le, il y a un peu de cela et l’on ne tarde pas à s’en rendre compte. L’atmosphère qui règne ici a un je-ne-sais-quoi de décalé. Simplicité, ouverture d’esprit, anticonformisme… Et puis, quelques valeurs fortes qui sont portées haut dont en tout premier lieu l’agriculture bio. Ou encore des îlots

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L’atmosphère qui règne ici a un

je-ne-sais-quoi de décalé :

Simplicité, ouverture d’esprit…


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dans les années 1970, de jeunes couples viennent s’installer dans les hameaux désertés. de culture alternative qui font du Diois un bout de campagne tout à fait singulier. « Néoruraux : citadins ayant décidé de partir s’installer en zone rurale. » Au mitan des années 1970, l’apparition de ce vocable fait suite aux premières vagues de retour à la terre. C’est à cette époque que le Diois voit progressivement des jeunes couples venir s’installer dans les hameaux désertés. Aujourd’hui, tout particulièrement dans les environs de Die – certaines zones restant toutefois moins peuplées comme la vallée de la Roanne ou le haut Diois –, ce mouvement de renaissance rurale reste très perceptible. Au fil des balades dans les hameaux, au hasard des discussions nouées, on s’en rend vite compte : ici, les néoruraux se sont incontestablement fait une place et c’est désormais parfois la deuxième génération qui est aux commandes.

la ferveur bio identique : « Mon grand-père, qui pratiquait la polyculture et faisait son vin, était adepte de la méthode Lemaire-Boucher », avance Thomas Achard. dès la fin des années 1950, cette méthode pionnière avait déjà posé les bases d’une agriculture sans produit chimique. « Il sentait que quelque chose de néfaste se dessinait pour le vin », poursuit-il. La trentaine énergique, il a repris le domaine familial né d’une fusion entre les terres de sa mère, Claudie, et celles de son père, Jean-Pierre. Ce dernier, qui avait vu son vin labellisé Nature et progrès dès 1982, se souvient : « à l’époque, ça rigolait pas mal dans le milieu quand on parlait de bio ! »

In bio they trust Cette deuxième génération de néoruraux, Tijlbert Vink, jeune chef d’entreprise à Châtillonen-Diois, en fait partie. Il pourrait même en être le porte-étendard. Ses parents, originaires des Pays-Bas, sont venus s’installer ici en 1978, leur bébé sous le bras, avec un couple d’amis. Babas cool ? Pas vraiment : « C’était plutôt un retour aux sources. Ils étaient des enfants de la bourgeoisie amsterdamoise, leur vie était toute tracée là-bas. Profs, fins lettrés, très nordiques dans leur façon d’appréhender la vie. » Et précurseurs : ils commencent par proposer des plantes aromatiques “bio” en sachets sur les marchés tout en produisant du fromage de chèvre. Fort de quelques contacts en Hollande, Ton, le père de Tijlbert, crée L’Herbier du Diois un an plus tard. Ils sont les premiers à se lancer dans le créneau sur la région, bientôt suivis par d’autres. De producteur artisanal, L’Herbier du Diois devient progressivement fournisseur en gros d’une vaste gamme de plantes aromatiques et médicinales : épices, thés, huiles essentielles… La structure de quatre salariés se développe à la fin des années 1990, envol de l’agriculture biologique oblige. Le fils, scientifique et thésard, finit par reprendre l’entreprise, lui donnant une impulsion nouvelle : « Actuellement, avec 35 permanents plus quelques saisonniers l’été,

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la lune et la clairette

on est dans le top 10 des plus grosses entreprises du Diois », précise-t-il. Harpagophytum, gentiane, cardamome, guimauve, thym, curcuma… dans les allées climatisées du stock 1, les sacs étiquetés attendent d’être expédiés. Loin parfois. Si une part de la production est issue des 12 hectares de plantations “maison”, la majeure partie de la matière première est achetée dans toute la France, mais aussi à l’international. Et dans le Diois, comme par exemple le tilleul, cueilli depuis toujours par les paysans du coin. Bâtiment écologique, prime verte pour les salariés venant à vélo, semaine de quatre jours… Les valeurs prônées par Tijlbert Vink ne sont pas différentes de celles de son père qui, en 1979, fut l’un des premiers à amener le bio sur les pentes du Vercors. Force est de constater que l’agriculture biologique a fait école en terres dioises, puisqu’elle

Jean-Pierre Achard (ci-dessus) a cru de bonne heure aux vertus du bio. Son fils cultive aujourd’hui la vigne en biodynamie pour produire de la clairette et du crémant.

Pascal huet (ci-dessus) a quitté sans regret sa Beauce natale et l’exploitation céréalière familiale pour fabriquer son picodon bio (fromage de chèvre) en Diois (page de gauche).

représente plus de 20 % de la surface agricole utilisée. Contre 13 % dans le département tout entier de la Drôme et 2,5 % au niveau national. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le projet Biovallée, qui tente actuellement de transformer les communes de la Drôme en un site de référence en terme de développement durable, semble d’ailleurs ne pas laisser indifférent. L’un des objectifs poursuivis : atteindre 50 % d’agriculteurs et de surfaces en agriculture biologique. Après avoir quitté Châtillon-en-Diois, ses cabanons disséminés dans les vignes – on y produit un vin AOC, le Châtillon-en-Diois –, son joli bourg médiéval dont les ruelles étroites, les 17 fontaines et les quelques terrasses invitent à l’indolence estivale, on passe dans le cœur de la zone clairette de Die, dans le village de Sainte-Croix. Ici, au domaine Achard-Vincent, le son de cloche est le même,

« Rester maître de son champ. » Thomas Achard ne croyait pas si bien dire en ce jour animé de vendanges. Il a opté, lui, pour la biodynamie, mise au point par Rudolf Steiner au siècle dernier, prônant une agriculture fondée sur des préparations à base de plantes, ainsi que sur les rythmes lunaires et planétaires : « C’est bio, en mieux ! » souligne ce perfectionniste autoproclamé en soupesant une lourde grappe de muscat. Sucré à souhait, le muscat à petits grains rentre à hauteur de 80 % dans la composition de la clairette alors que, subtilité locale un brin déconcertante, son alter ego, le crémant de Die, est produit à base de 80 % du cépage clairette blanche… Méthode ancestrale – après refroidissement des jus, le vin fermente lentement et pétille naturellement en bouteilles – contre méthode traditionnelle – fermentation aux alentours de 20 °C, avant que le vin ne devienne effervescent en bouteille, après adjonction d’une liqueur de tirage. étés secs et hivers froids pour les deux. Ces deux pétillants, qui jouissent d’un regain d’intérêt, sont incontestablement les fers de lance économiques du Diois.

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Dans le diois, il y a une vie après les champs ! et ce n’est pas l’un des moindres paradoxes de cette campagne préservée.

La pause du clown Bonaventure (ci-dessus). Bonaventure Gacon fait partie de la joyeuse compagnie du Trottola. La petite bourgade de die (en haut, à gauche) compte 4 600 habitants. Baignade dans le claps de la drôme (ci-contre), né de l’écroulement d’un flanc de montagne.

Craponne, de son épouse, originaire du Diois. Sur ce beau plateau qui joue à “passe-montagnes” – entre Solaure et Glandasse –, 40 alpines chamoisées, une dizaine de chevrettes, une vache et des cochons batifolent désormais dans les pâturages. Son picodon, petit fromage de chèvre rond au lait cru emblématique de la région, Pascal Huet le vend sur le marché de Die et à La Carline, la coopérative bio du coin. Tout comme plusieurs autres spécialités fromagères qu’il a lui-même inventées. Avant de se quitter, il nous parle encore de cette ambiance si particulière du Diois : « Une grosse partie des habitants est expatriée et... heureusement. Ce qui fait que l’ambiance est plutôt bon enfant. » Une nouvelle façon de réinventer la ruralité ?

Clown, jonglerie et voltige Des vignes plantées sur les piémonts du Vercors qui modèlent l’identité paysagère du Diois. Des plantations de noyers. Des champs de lavande aussi. Et des troupeaux de chèvres ou de brebis... Dans le Diois, plus de 20 % de la population vit de l’agriculture et l’activité agropastorale y reste fortement ancrée. Une tradition séculaire certes, à laquelle de jeunes exploitants comme Pascal Huet redonnent un souffle nouveau. Producteur de picodon, bio là encore, à Aix-en-Diois, il a une histoire atypique, à l’image de nombre de ces nouveaux venus qui ne sont jamais arrivés là par hasard. Fils de céréaliers de la Beauce, ancien commercial en produits phytosanitaires, c’est peu de dire qu’il a vécu de très près “l’autre” facette du métier. Parlez-lui agriculture intensive, pesticides, produits dénaturés, épuisement des sols… Aujourd’hui, son discours a la force de l’évidence : « Oui, je vendais des pesticides dans la Beauce, et un jour, je me suis rendu compte qu’on avait fait n’importe quoi et j’ai dit “stop”. Le déclic bio a peut-être aussi été lié au fait d’avoir des enfants. M’intéresser à ce qu’il y avait dans leur assiette a dû jouer. » Pascal Huet poursuit en souriant : « Autant vous dire que quand je me suis lancé dans les chèvres, moi, le fils de céréaliers, je suis passé pour un hérétique ! » Celui qui élevait tout de même sa propre chèvre à l’âge de 10 ans tient son exploitation, la ferme de

Dans le Diois, il y a une vie après les champs ! Et ce n’est pas l’un des moindres paradoxes de cette campagne préservée… et audacieuse. à Die, petite ville d’environ 4 600 habitants, des lieux de culture ont émergé, prouvant que la ruralité s’y vit pleinement. Un cinéma art et essai, une librairie, un théâtre… Qui dit mieux ? Travailleurs indépendants, artisans d’art, artistes, ils sont nombreux à avoir choisi de vivre là et, nouveaux moyens de communication oblige, ils restent. à l’entrée du bourg, dans une ancienne cimenterie des bords de Drôme, des artistes ont élu domicile. Ce sont les Trottola, comme “Cirque Trottola”, compagnie composée de Bonaventure le clown, Titoune la voltigeuse et Mads le jongleur. Le trio franco-suisse danois a investi cette friche industrielle il y a quelques années. Alors que leur troisième création, Matamore, ne va pas tarder à les emmener sur les routes de France, ils règlent ce jour-là les derniers détails de leur spectacle et une visite chez une bottière de Crest est prévue. Il est aussi question de répétitions sous le chapiteau monté dans la cour, avec Branlo et Nigloo – entre autres fondateurs du cirque Zingaro – qui s’apprêtent à tourner avec eux. « Ce spectacle, c’est six mois de création », note Bonaventure Gacon, dit aussi “le Boudu”, petit nom du clown bavard de son solo. Salle de répétitions, ateliers “à bouiner” – bricoler, bidouiller, transformer,

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diois

Voici radio R-DWA, un média

alternatif et indépendant, entre saveurs locales et éclectisme musical.

Depuis le 25 novembre 2011, la radio R-Dwa émet depuis Die et propose sur la fréquence FM 107.5, un riche programme, entre musiques éclectiques et reportages sur le terrain.

démonter –, cuisine collective et, bientôt local, pour forger structures et décors : le lieu a été acheté avec deux associés et des espaces sont loués, à loyers modérés, à des comédiens de rue, une costumière, un menuisier, une potière. « C’est un outil magnifique, un aboutissement », précise Bonaventure. Bientôt, la première de Matamore, spectacle de voltige clownesque et burlesque, allait y être jouée pour les gens du coin.

Au mix, citoyen ! C’est en plein cœur de la cité dioise que se trouve un autre de ces repaires créatifs dont la région semble décidément avoir le secret. Die, charmante bourgade partiellement enserrée dans des remparts du IIIe siècle recelant aussi quantité de vestiges gallo-romains. Die, chef-lieu de canton tranquille qui parle déjà de Provence et dont les rues commerçantes ont gardé une atmosphère un peu surannée. Clocher carré à arcades de l’ancienne cathédrale, terrasses de café – nombreuses et bondées à la belle saison –, places ombragées, toits de couleur rose orangé surplombant la cour d’une halte-garderie, voici Radio R-Dwa, ou l’histoire récente d’un pari fou : celui de lancer un média alternatif et indépendant, entre saveurs locales et éclectisme musical revendiqué.

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Au cri des minots en fond sonore s’adjoint une voix posée, celle de Gwen Augereau qui assure un direct. Non loin, Baptiste Lefort et Louis Bertrand, les fondateurs de Radio R-Dwa. L’aventure, lancée à la suite de leur rencontre en 2009, est partie d’un constat implacable. « Vu la richesse du contexte local et le métissage des populations, il y avait un vrai besoin d’expression dans le Diois », analyse Baptiste Lefort. Son acolyte : « On n’avait pas d’appuis politiques, pas d’argent, on n’était pas connus sur le territoire et on nous a dit : “Vous allez vous planter.” Malgré tout, on a déposé un dossier devant le CSA. » Pourtant, la candidature est solide et une web radio est déjà en ligne depuis 2010 : « à 11 h 35, le 25 novembre 2011, on émettait sur les ondes ! » s’enthousiasme encore Baptiste Lefort. Aurélie Clerc est la troisième salariée de l’équipe. Trois salariés « à temps partiel », nous précisent-ils, épaulés de bénévoles, comme Colin Leeuwenberg, l’une des chevilles ouvrières de R-Dwa, talentueux reporter de Die@mbulation. Plus, en filigrane, les quelque 300 adhérents de l’association R-Dwa. Louis Bertrand, alias Louis XXI, renchérit : « Attention, nous ne nous revendiquons pas comme militants. Notre local, par exemple, c’est la mairie qui nous le prête, mais

Depuis la cathédrale de die (ci-dessus), vue sur les toits et l’extrémité sud du massif du Vercors, notamment la montagne de Glandasse (2 041 m).

dès le début, c’était clair que l’on ne serait pas sa tribune. On veut avant tout donner la parole aux gens. » « Et passer de la bonne musique ! Funk, rock, techno, balkanique, tout sauf de la mauvaise pop », réplique Baptiste, programmateur en chef.

Road trip en pays diois Avec une moyenne de plus de 4 000 connexions quotidiennes et un prochain émetteur à Luc-enDiois, Radio R-Dwa semble s’être vite fait une place dans le paysage local. Belle histoire à suivre… Après cette dernière rencontre, il ne nous restait au fond plus qu’à poursuivre notre chemin sur les routes du Diois où des paysages parfois détonants attendent le voyageur curieux : le somptueux cirque d’Archiane et ses faux airs de Grand Ouest américain ; les sucettes de Borne, curiosités géologiques esseulées, tout en hauteur déstructurée ; le Claps de Luc-en-Diois, résultat d’un gigantesque éboulement ayant obstrué le lit de la Drôme ; la pittoresque micro-vallée de Boulc, à laquelle on accède après avoir traversé un sombre tunnel, et son pénétrant avant-goût de paradis perdu ; les gorges des Gâts, canyons émergeant dans leur sévérité de pierre verticale… Le road trip en pays diois ne faisait que commencer !

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Alpes diois

sélection

Sommets culminants : le Diois recouvre le prolongement sud du massif du Vercors (sommet culminant : montagne de Glandasse, à 2 041 mètres d’altitude) et le nord du massif du Diois, en Drôme provençale (sommet culminant : montagne de Jocou, à 2 051 mètres). Il fait partie du PNR du Vercors pour les deux tiers de son territoire.

Population : le Diois est une communauté de communes regroupant 52 communes rurales et une population de 10 857 habitants sur un territoire de 1 200 km2. L’Antiquité dans le Diois : lorsque les Romains soumettent le sud de la Gaulle entre 125 et 121 avant J.-C., les territoires sont

réorganisés d’un point de vue administratif. Les Voconces, peuple qui occupe le secteur allant de l’Isère au Ventoux et de la Durance jusqu’aux collines surplombant le Rhône, forment une cité qui scelle un pacte d’amitié avec Rome. Elle compte alors deux chefslieux : Lucus Augusti (Lucen-Diois) et Vasio (Vaisonla-Romaine). Lucus se

développe. D’importants vestiges architecturaux y ont été mis au jour (mosaïques, fragments de statues, colonnes, inscriptions, monnaies…). Le statut de capitale est transféré dès le IIe siècle après J.-C. à Die (Dea Augusta Vocontiorum), qui devient colonie romaine et se fortifiera derrière un rempart à la fin du IIIe siècle.

Le Diois, un pays rebelle entre Vercors et Provence Noak Carrau & Corine Lacrampe. éditions Transboréal, collection La Clé des champs, 2008. Un véritable hymne à la région livré par deux Diois d’adoption installés là depuis 1990. De saison en saison, ils ont suivi des figures locales : Erik le forestier, Bruno le garde, Jean-Denis le viticulteur ou encore Martine l’artiste de rue… Extrait choisi : « Ce qui se joue là, sous le massif du Glandasse, est sans doute exemplaire de la réinvention d’un rapport à la terre et au monde qui sait garder la richesse du patrimoine tout en accueillant, avec discernement, les atouts de la modernité. »

à lire

Fiche d’identité Le Diois, région naturelle et historique du département de la Drôme, fait partie des Préalpes occidentales. Il constitue le bassinversant de la Drôme et de ses affluents. La région s’étend des environs de Saillans, à l’ouest, jusqu’aux cols de Rousset, au nord, de Menée, de Grimone et de Cabre sur le flanc est.

Contacts Office de tourisme du Pays diois Rue des Jardins, 26150 Die, Tél. 04 75 22 03 03 ; www.diois-tourisme.com

ISÈRE

Col de Rousset 1 254 m

PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERCORS

PLATEAUX DU VERCORS

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DRÔME

Le Diois, terre de résistance(s)

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Chambres et table d’hôtes

Cirque d’Archiane

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Vers Saillans, Crest, Valence

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Mont Aiguille 2 087 m

LES HAUTS-

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Leschesen-Diois

U

n territoire à l’identité forte où la tradition contestataire, ancestrale, est inscrite dans les gènes et semble perdurer. Il faut dire que ce fief républicain, coutumier du contre-pouvoir, a servi à plusieurs reprises de terre d’accueil. Refuge protestant au XVIe siècle d’abord, où après une série d’épisodes douloureux puis la promulgation de l’édit de Nantes, Die est choisie comme “place de sûreté”. Après sa révocation sous le règne de Louis XIV, sa situation se dégrade

fortement : il ne restera plus dans la région que des protestants n’ayant pu émigrer à l’étranger. Aujourd’hui, la foi protestante continue d’imprégner fortement le territoire… Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Diois sera également un important bastion de la Résistance. Même si cette dernière était principalement basée dans le Vercors, la ville de Die est devenue un foyer clandestin d’action communiste, où les habitants firent notamment sauter à plusieurs reprises la voie ferrée.

Les Grangiers

T

out d’abord, il y a le paysage que l’on découvre après avoir emprunté une étroite et sinueuse route à travers bois. Esseulée, entourée d’un cirque de montagnes, la Ferme des Grangiers semble avoir été construite au bout du monde. Pierre-Emmanuel Robin fait partie de la deuxième génération de néoruraux du Diois, puisque ses parents, lyonnais d’origine, sont venus s’installer ici en 1962. Exploitant pluriel infatigable, il élève vaches limousines et cochons, produit charcuteries et caillettes, cueille ses noix et trouve encore le temps de fabriquer des “croquettes” de bois pour chaudière. Grand grimpeur, il travaille « comme les anciens », en mode bio bien sûr. Les cinq chambres de la maison sont simples et sa cuisine, composée quasi exclusivement des produits de la ferme, est succulente. Point de départ idéal pour de nombreuses randonnées. Chambres doubles en demi-pension à 41,50 € par personne ; possibilité de louer la ferme en formule gîte. Route de Salles, Luc-en-Diois Tél. 04 75 21 32 35 www.ferme-les-grangiers.com

Dormir Se restaurer Hôtel du Dauphiné Un air de famille à deux pas du cœur de Châtillon-en-Diois. Chambres fonctionnelles et confortables, petite terrasse ombragée. Mention spéciale à la table du chef. Place Pierre-Dévoluy, Châtillon-en-Diois. Tél. 04 75 21 13 13.

Un joyeux bric-à-brac sixties et une délicieuse cuisine de marmites et casseroles privilégiant les produits du coin, bio essentiellement. Terrasse sur jardin bucolique. Menu midi de 12 à 14 €. 5, rue Kateb-Yacine, Die. Tél. 04 75 21 48 70.

Chambres d’hôtes à la source

Le Tchaï Walla

à Ponet, cette ancienne ferme vinicole a gardé son charme rustique. Petits déjeuners et apéritifs servis sur la terrasse surplombant la campagne, à l’ombre de la vigne centenaire. Ponet-et-Saint-Auban. Tél. 04 75 22 02 98. www.fermedelasource. com

Produits frais locaux pour une cuisine du monde inventive, salon de thé, ateliers de cuisine, expositions, jardin… Le Tchaï Walla, tenu par six copines, Chambres et table fonctionne en mode Scop (société d’hôtes coopérative) et c’est Le Colombier “le” restaurant bio et Sur la route du col de végétarien de Die ! Menu Grimone, dans cette midi à 15,50 €, soir à 23 €. mi-ferme mi-maison forte, cinq jolies 8, rue Joseph-Reynaud, chambres ont été Die. aménagées. La table fait Tél. 04 75 21 00 94. honneur aux produits www.tchaiwalla.com locaux : charcuteries, tomme de brebis, pain Locaux Loco de Grimone… Cantine façon guinguette Le Colombier, Glandage. bio, végétarienne et sans gluten, petite épicerie de Tél.  04 75 21 21 51. produits du cru, dépôtwww.lecolombiervente, expos, spectacles… diois.com 9, rue de l’Armellerie, Die.

Gîte Terre des Sens

Cette ancienne magnanerie dispose d’une piscine couverte, hammam, un jacuzzi et une vaste salle où sont proposés des stages de sculpture sur terre, danse biodynamique… Bas du village, Molières-Glandaz. Tél. 04 75 21 02 62. http://terre-des-sens.fr

La Tune de l’ours

Aux confins d’une vallée cachée, (la tune signifie en patois local la grotte) est un établissement estampillé Bistrot de Pays. Martine Blache y concocte une cuisine gourmande à l’ancienne. Menu du jour : 19,50 € Le Village, Boulc. Tél. 04 75 21 12 94.

emplettes Domaine Achard-Vincent

Passé en biodynamie il y a peu, on y trouve de superbes cuvées clairette et crémant de Die. La cuvée Petite Gaby est la seule 100 % sans soufre. Le Village, Sainte-Croix. Tél. 04 75 21 20 73. www.domaine-achardvincent.com

Ferme de Craponne

Pascal Huet, producteur de picodon bio, met au point des fromages aux goûts et formes variés : craponne, cendré, pyramide, tommes pressées, tommes bleues persillées, faisselles. Craponne, Aix-en-Diois. Tél. 04 75 21 30 33.

Coopérative bio La Carline

L’endroit pour goûter le fruit du travail passionné d’une trentaine d’agriculteurs du Diois. 21, rue du Viaduc, Die. Tél. 04 75 22 08 11. http://lacarline.org

Librairie Mosaïque

Une librairie indépendante pour musarder, rêver entre les piles de bouquins. Un choix de livres pertinent et souvent hors des sentiers battus. 35, rue CamilleBuffardel, Die. Tél. 04 75 22 01 93. www.librairiemosaique. fr

écouter : Radio R-Dwa

La radio citoyenne du Diois ! Interviews, reportages de terrain, émissions thématiques décalées. Un ton unique et une excellente musique. Fréquence : 107.5 FM. www.rdwa.fr

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