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Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique UNIVERSITE DE CARTHAGE ECOLE NATIONALE D’ARCHITECTURE ET D’URBANISME

Mémoire d’architecture

« La rue... estompe seuil »

Présenté par : Farah Ben Younes Directeur de mémoire : Hédi Derbel 1


« Une rue, c'est ce qui va quelque part… Ça marche de chaque côté de nous comme une procession » Paul Claudel

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Remerciements

« La reconnaissance est la mémoire du cœur » Henri Lacordaire

Je réserve mes reconnaissances et mes remercîments les plus sincères à mon directeur de mémoire, Mr Hédi Derbel, pour avoir accepté de m’encadrer, pour l’attention et l’inestimable encouragement qu’il a porté à mon travail et pour la qualité de ses conseils judicieux qui ont contribué à alimenter notre réflexion et à poser les bonnes questions. Je vous témoigne ma gratitude pour votre perpétuel soutien !

Je tiens aussi à remercier tous mes enseignants qui ont contribué à ma formation tout au long de mon parcours universitaire.

Mes remercîments s’adressent également aux honorables membres du jury pour avoir accepté d’évaluer mon travail.

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Dédicaces En témoignage de mon affection, amour et profond attachement, je dédie ce travail à -Mon père Mounir, aucune dédicace ne saurait être assez éloquente pour exprimer l’amour, l’estime, le dévouement et le respect que j’ai toujours eu pour toi. Tu as toujours été présent pour les bons conseils. -Ma mère Samira, tous les mots ne sauraient exprimer ma gratitude et ma reconnaissance pour ton dévouement, tes sacrifices et tes efforts fournis jour et nuit pour mon éducation et mon bien être. Ce travail est le fruit de tes sacrifices. -Mon frère Fady, en témoignage de mon affection fraternelle, de ma profonde tendresse et reconnaissance, je te souhaite un avenir florissant -A la mémoire de mes grands-pères « Mohamed et Hédi », j’ai tant souhaité que vous soyez présents à cet événement. Vous êtes toujours dans mon cœur. 1

-Ma famille et mes amis, pour votre soutien et confiance. Vous êtes un honneur et une fierté. -Mon cher Alaeddine, pour son amour et son encouragement. Puisse Dieu te donner le bonheur et la prospérité. -Ma belle-famille, Je vous remercie tout particulièrement pour votre soutien et affection. Puissiez-vous trouver dans ce travail le témoin de mon affection et estime. -Tous ceux, de près ou de loin, qui m’ont donné le courage et l’inspiration afin d’élaborer ce travail

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Etudier dans une école d’architecture amène à poser des questions sur la philosophie de l’espace et les méthodes de production de l’architecture. Dans le cadre de ce mémoire, nous concentrons sur la prise en compte de la relation entre l’architecture et l’urbanisme. Afin de se réapproprier le seuil qui existe entre ces deux univers accolés, il m’est apparu indispensable d’étudier la relation entre l’œuvre architecturale et son environnement urbain, évidemment, en passant par une échelle intermédiaire entre la ville et le projet ; la

rue.

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2. Introduction « La rue a longtemps occupé une fonction déterminante dans la fabrique de l’urbanité. Incarnant la césure entre la sphère publique et les multiples univers privés, elle assure traditionnellement la mise en relation des lieux, des fonctions, des groupes sociaux… »1

Nul ne peut nier que séjourner l'espace fut la première action de l’Homme. Mais dans les villes de nos jours, cet appropriation est devenu de plus en plus épineuse vu, notamment, l’invasion des rues par l’automobile. L’objectif de cette étude est d’adopter un nouveau concept qui dépasse les stéréotypes standards de la rue en tant que simple voie de passage, dans le but d’interroger son interprétation en tant que langage pour l'architecture et discours pour la cité. En effet, la relation entre la configuration urbaine de la rue et sa dénomination dans la pensée architecturale constitue une convention dont les limites dépassent son caractère immuable qui cite sa disposition reconnue. Cet espace non bâti qui structure le tissu urbain possède une réalité intersubjective dans la pensée architecturale. Elle révèle un paradoxe spatial entre le dedans et le dehors, entre le privé et le public, et entre l’architectural et l’urbain. Réfléchir le seuil qui existe entre la sphère urbaine et la sphère architecturale relève d’un souci de recherche sur l’urbatecture. En effet, il s’agit d’une discipline qui crée un lien entre le projet et la ville. Elle nous mène à architecturer la ville par le haut ce qui rend l’espace d’entre deux un véritable territoire d’expérimentation, et par le fait même, élaborer la notion de «l’espace urbatectural» dans la conception complexe de l’architecture, afin de reconquérir l’espace public grâce au « plateaux-piétons ».

1

Antoine Fleury, La rue : un objet géographique, REVUE TRACÉS n° 5, printemps 2004, édition Open

Edition Journals, p. 33.

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La présente étude propose ainsi un fusionnement de ces deux univers accolés par un entremêlement spatial en estompant le seuil qui existe entre eux, basé sur des réflexions autour de la rue. Le projet proposé tente de concilier le caractère de la rue dans sa dimension intersubjective, correspondant au concept du « couloir-urbain ». Ainsi, cette étude m’offre l’opportunité d’associer enfin une discipline essentielle dans mon travail d’étudiante, qui sera certainement une source fondamentale dans ma pratique future : l’urbatecture.

« Dans la rue, tout me semble écrit. La ville est une architecture d'écriture. ». Jean-Marie Gustave

Fig 1 : La rue, une écriture de la ville

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3. Problématique La rue, ce ‘’cordon ombilical’’, qui relie de multiples éléments dans l’espace, peut être considérée comme étant un vide structurant de l’espace. Elle est considérée comme élément essentiel de toute stratégie urbaine et une matière architecturale qui incarne la césure entre l’univers public et l’univers privé. Elle constitue un lieu chargé de dimensions physiques et emblématiques.  Quels sont les enjeux de la rue, tantôt physiques qu’emblématiques? La rue, saisie comme contexte, peut être abordée de différentes manières, et quelle que soit l’approche, nous ne saisirons qu’une partie de sa réalité complexe. Elle est complexe dans sa définition même ; une ligne, une limite, une tracée, un lieu ou un espace...Ce caractère d’évidence complexe convient tout à fait à l’image que l’on se fait d’un « couloir-urbain », qui agit comme un révélateur de valorisation des « plateauxpiétons » dans la ville.  Comment se traduit cette complexité de la rue dans sa réalité intersubjective? Pour répondre à ces interrogations, on adopte une démarche par laquelle les lignes se dessinent au fur et à mesure ‘’en parcourant la rue’’, afin de concevoir une spatialité qui fusionne l’urbain et l’architectural. Cette, démarche amène à un projet « urbatectural » qui traduira la conception intersubjective de la rue, en estompant le seuil qui limite ces deux univers accolés, et créer, par conséquence, une fluidité urbaine.  Comment peut-on estomper le seuil et matérialiser la notion d’urbatecture par un entremêlement spatial entre la rue urbaine et la rue intérieure ? Toujours de nouveaux questionnements qui amorcent de nouvelles pistes d’investigation et de nouveaux manifestes, à la recherche de toute possibilité pour une architecture urbanisée…

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4. Méthodologie d’approche Comme toute recherche architecturale, et dans le but de répondre clairement aux questionnements posés dans la problématique, il est convient de préciser la méthode d’approche de l’atelier. La démarche qui sera suivie se situe aux diapasons des «3 C» et des «3 A»

Fig 2 : La méthode d’approche

Le projet contient trois grandes parties qui structurent sa complexité. Chaque partie fait l’objet d’un processus de création par auto-référencement dans le but de consolider la conception qui sera ramené au sujet et à la démarche à travers une auto-modélisation. Cela permet en total de donner une histoire à la genèse par une application des concepts retenus.

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En s’appuyant sur la démarche précédemment annoncée, ce mémoire présentera un préambule contenant des réflexions autour de la rue qui a longtemps occupé une fonction déterminante dans la fabrique de l’urbanité. Le premier chapitre comporte une introduction générale du sujet étudié, la problématique et la démarche suivie. Le deuxième chapitre apporte une définition de la rue et un aperçu de son évolution au fil du temps pour comprendre quel(s) sens lui accorder aujourd’hui. Le troisième chapitre inclut une analyse spécifique qui définit la rue urbaine par dichotomie spatiale ; par sa configuration spatiale dans sa réalité objective et par sa dénomination sociale dans sa réalité subjective afin de mieux comprendre sa logique constructive. Autrement dit, on précisera d’abord, la perception visuelle de ses formes, types et éléments qui la composent. Ensuite on s’intéresse à son aspect emblématique; sa perception symbolique reflétant les images qu’elle dégage et qui sont plutôt liées au vécu et aux facteurs socioculturels de ses occupants. Le quatrième chapitre, comporte un essai de définition du rôle de la rue dans la pensée architecturale comme étant une réalité intersubjective. Cela permet de proposer une approche polysémique de la rue et son devenir dans le service de l’architecture Le cinquième chapitre, est consacré à la notion de la juxtaposition qui est révélatrice des plateaux piétons et à la figuration du concept de l’ilot ouvert producteur d’une « poro-cité ». Cela conduit à annoncer la notion d’imbrication et à élaborer la notion de «L’espace urbatectural» dans la conception complexe des villes. Le sixième chapitre, traite la notion du seuil dans l’intention d’aborder une dialectique spatiale entre le dedans/ dehors et le privé/ public ainsi que la notion de l’entre deux afin d’estomper cet espace transitoire limité entre l’urbain et l’architectural et créer une symbiose entre ces deux univers accolés. Cette approche a pour finalité d’apporter une réponse urbaine et architecturale à la problématique exposée par une matérialisation en récapitulant les connaissances et les concepts retenus des études analytiques et théoriques.

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5. Brainstorming Le travail en groupe se base sur une technique de créativité par laquelle des stimulations de la subconscience sont faites pour trouver un nuage de mots à un sujet spécifique en rassemblant une liste d'idées spontanément fournies par ses membres.

Fig 3 : brainstorming ; LA RUE 13


6. Carte mentale

Fig 4 : La carte mentale ; LA RUE

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A / Essai de définition Introduction « C'est à partir du moment où une voie dessert directement de part et d'autre des parcelles bâties, en même temps qu'elle permet de se déplacer dans le quartier qu’elle mérite le nom de rue. L'évidence de la rue tient à cette double caractéristique : elle permet le parcours, elle est le support de l'édification …La rue et le découpage parcellaire qui s'instaure de part et d'autre forment la base de l'édification de la ville. ». 2

1. La rue La rue a toujours fasciné et interrogé les sciences humaines en tant qu'espace public et moteurs de la prospérité urbaine .Elle est le support d’interactions, de confrontations et de collaboration de flux. Ce génotype, essence même de la ville, constitue à la fois un lieu de vie, d’histoire, de mémoire et d’énonciation et témoignait de la nature des villes et de leur urbanité.

« La rue est ce par quoi la visibilité de toute chose dans la ville est rendue possible » 3 En tant qu’espace de vie, de frontière entre le public et le privé, elle est dotée d’une identité urbaine fortement marquée. Sa forme et son tracé dépendent étroitement de la gestion urbaine. En effet, elle manifeste et unifie la ville en la scindant en un dedans et un dehors. Ainsi, elle joue un double rôle de structuration interne et d’articulation des quartiers.

Fig 5 : La rue urbaine 2

David Mangin et Philippe Panerai, Les tracés urbains communs, édition les Annales 1986, p 16

3

Henri GAUDIN, Considérations sur l'espace, édition Demi-cercle 2003, p 56

16


L’urbaniste Ildefons Cerdà distingue quatre-vingt-dix usages différents de la rue afin d’appréhender les relations entre mouvement et habitabilité dans la ville. Parmi ces usages, il cite cinq ensembles principaux ; 

Un espace public

Un outil de valorisation et de division foncière

Un outil de composition urbaine

Une extension de l’espace résidentiel

Un élément de réseau permettant l’écoulement des flux.

1.1

La rue, le bien commun par excellence

4

« La rue est l’espace d’expérience de l’altérité, et en cela elle est comme le lieu de naissance de l’espace public »5

La définition de l’espace commun, par opposition à l’espace privé, est ce qui n’appartient pas à une personne morale de droit privé. Cela dépasse alors la simple notion du bien commun, dans la mesure où il est accessible à tous les citoyens et déposé à l’usage de tous. La rue se manifeste en tant qu’un bien commun dans le sens où elle est révélatrice du fait urbain et

Fig 6 : La rue, un espace public

social. Elle permet la communication, au double sens de l’accessibilité et des rapports interpersonnels. Elle est ainsi le lieu de l’hétérogénéité, de la pluralité. En effet, la rue est le lieu même des échanges sociaux, culturels, politiques, générationnels, commerciaux… Elle reste un lieu d’hospitalité au travers de ses espaces extérieurs pour tous ceux qui ont la patience d’explorer ses possibilités d’accueil. De nombreuses innovations et manifestations culturelles nous poussent à vivre la rue pleinement, en passant de plus en plus de temps à l’extérieur de nos logements.

Jean Rieucau, De la rue en sciences humaines, en architecture et dans l’urbanisme, Open Edition, 2009

4 5

Jean-Marc Besse, L’espace public: espace politique et paysage familier, halshs archives ouvertes 2006, p9

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1.2

La triplicité de l’espace rue ; perçu, conçu et vécu

La pensée spatiale d’Henri Lefebvre6 nous mène à réfléchir la triplicité de l’espace qui figure dans la distinction entre l’espace perçu, l’espace conçu et l’espace vécu. En effet, l’espace mental comprend, pour Lefebvre, ces dimensions qui figurent précisément dans l’espace rue. La rue est considérée en tant qu’espace perçu dans le sens où elle révèle une pratique spatiale d’une société qui se découvre en déchiffrant ses interactions. Cette pratique associe dans la rue perçue sa réalité quotidienne et sa réalité urbaine. La rue conçue est celle des savants, des planificateurs et des urbanistes. Elle est liée à l’ordre qu’elle impose, aux signes et aux codes qu’elle représente. La rue vécue désigne l’espace qui appartient aux habitants, aux usagers et aux artistes. Elle est liée au côté ‘’clandestin et furtif’’ de la vie sociale. C’est alors une rue vécu à travers les symboles et les images qu’elle reflète.

Fig 7: La triplicité de l’espace-rue 6

Henri Lefebvre, un philosophe, sociologue et géographe français, auteur du livre « La production de

l'espace » ,1974

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2. La rue à l’image de la cité selon Kevin Lynch L’urbaniste américain Kevin Lynch a redéfinit cette représentation mentale de l’espace urbain qui se structure à travers les éléments tangibles de la ville. Selon lui, la lisibilité de la ville se fait par la clarté de ses composantes urbaines. Autrement dit, la facilité d’identifier une ville par les perspectives de ses rues et leurs structurations dans la formation du tissu urbain.

Fig 8 : La perception de la rue selon Kevin Lynch Il identifia cinq typologies d’éléments formant la perception de l’espace urbain à savoir ; les points de repères, les voies, les limites, les quartiers et les nœuds. Il annonce ainsi «...Une ville lisible est celle dont les quartiers, les points de repères ou

les voies sont facilement identifiables et aisément combinés en un schéma d’ensemble »7.

7

Kevin Lynch, L'image de la cité, édition MIT Press, 1960

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En effet, cela se fait par la création d’un schème mental avec lequel on peut connaitre une ville d’après ses composantes urbaines. La rue pour Lynch est toujours à l’image de la cité qu’elle forme. Elle contribue à la fabrication urbaine de la ville grâce à ses diverses qualités : continuité, étalonnage, relations géométrique, linéarité et qualités kinesthésiques.

Fig 9: La clareté directionelle Fig 10 : La succecssion qui aboutit a

Fig 11: Variation des espaces plantés

un changement de direction

Toutefois, la méthode de Lynch se limite à une perception « subjective » de l’analyse urbaine. Tantôt médiévales, les rues tortueuse forment une mosaïque éclatée, tantôt américaines, les grilles perpendiculaires forment des ilots carrés et rectangulaires .C'est ce que la morphologie urbaine propose d'étudier dans une ville. De son image jusqu’à son identité, la ville révèle son unité par une simple mise en exergue de ses formes de rues. Donc la rue constitue une entité formelle identifiable qui pouvait faire objet d’une

Fig 12 : Grilles des rues constituant les formes urbaines de la ville

lecture.

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B/ Genèse de la rue Depuis l’Antiquité, cette composante urbaine représente l’élément primaire de l’organisation des villes et de leur forme. En tant qu’objet d’étude, elle a beaucoup inspiré les historiens de la ville. En effet, le nombre considérables des rues dans les villes de nos jours nous renvoie à penser la diversité des vocables utilisés ; rue, passage, impasse, avenue, boulevard, ruelle, galerie, quai, faubourg, route, voie, allée…

« …elle est restée pendant longtemps dans les cités de l’Antiquité et du Moyen-âge, un lieu privatif. La grande majorité des rues servaient d’accès aux propriétés les bordant, mais pas de lieu de vie. La naissance du logement individuel, mais aussi l’appropriation des rez-de-chaussée des maisons par les activités économiques les ont ouvertes sur la ville. Au Moyen-Âge, les rues des centres villes ont été accaparées par les immeubles et les commerces. Tortueuses et étroites, elles slaloment entre les avancées des bâtiments qui cherchant à gagner le maximum d’espace finissent souvent par la couvrir et la priver de lumière. Ce qui reste des rues est monopolisé par les tréteaux et les marchandises. Ces voies sont alors inaccessibles à la circulation. La création des halles et marchés résout en partie le problème et la rue perd son agitation. Mais pour dégager de tels espaces, comme pour changer le tracé de la rue, aligner les maisons, il faut un pouvoir fort, capable de s’attaquer à propriétés privées. Il doit être en mesure de mener des expropriations et trouver les capitaux nécessaires à la transformation ». 8

1.

Le village sans rue ; Çatal Höyük

C’est un village situé à Konya en Turquie, occupé principalement entre 7200 et 6400 av. J.-C. Il. Le site a été identifié en 1958 par James Mellart, et les fouilles ont révélé un complexe de briques de boue interconnectée et des habitations en plâtre.

Fig 13 : Carte de Çatal Höyük 8

La rédaction de Books, édition Le monde à la lumière des livres, 12 septembre 2017

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Il est désormais considéré comme l'une des premières villes découverte au monde. Il s’agit d’une ruche ou chaque maison est collée à une l’autre, sans rues, à l’exception de quelques rares allées, ou les maisons sont accessibles seulement par une ouverture pratiquée dans le toit, à travers une échelle en bois. Les activités quotidiennes se déroulaient

Fig 12 : Çatal Höyük, le village sans rue

donc essentiellement dans les maisons et sur les toits.

Fig 14 : La ville sans rue

Dans ce cas, la rue présentait la terrasse, répondant au besoin de la transition ; niches des familles. D’où le caractère purement fonctionnel.

2.

Ville au moyen âge

Au Moyen Age, les villes médiévales sont construites sans ordre et sans plans. Ce sont des rues étroites et très sombres, sans trottoirs, boueuses, avec des animaux en liberté. Certaines rues sont pavées.

Fig 15 : La rue au moyen âge

Après l’apparition du Decumanus9 et du Cardo10, employés en termes d'orientation géographique des axes principaux, le découpage urbain de la ville médiévale bénéficia d’une grande importance. Il s’agit d’un plan Hippodamien, où les rues rectilignes se croisent à un angle droit, créant des ilots de forme carrée ou rectangulaire. Fig 16 : plan Hippodamien 9

Le Decumanus est un axe est-ouest dans une ville romaine.

10

schématique

Le Cardo est la voie d'axe nord-sud la plus importante d'une ville romaine

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La ville se représente alors par une trame urbaine, appelée également le plan en damier. Par suite, le plan en étoile a pris naissance, les rues sont devenues avec un pavé facilitant le déplacement des gens, formant une composition en étoile avec un centre et un accès à travers des bases aux alentours.

Fig 17: rues médiévales en échiquier

De fait, la rue n’a pas toujours été un espace public ouvert à toutes les manifestations. L’historien Maurice Garden, auteur d’ « Histoire de la rue », rappelle qu’elle est restée pendant longtemps dans les cités de l’Antiquité et du Moyen-âge, un lieu privatif.

« … pensons à la ville romaine et à l’importance du forum et du décumanus… Pendant longtemps, dans l’Antiquité et au Moyen Âge, la rue reste longtemps

Fig 18: rues médiévales en étoile

un espace privé, qui est le moyen d’accès à d’autres espaces privatifs. »11 Ces rues médiévales étaient un véritable lieu de commerce, d’échange monétaire, un centre artisanal, où se sont croisés des gens de toutes les classes sociales, dans de petites rues entourées de murs. Ainsi chaque rue était connue pour une activité précise et prenait le nom d’un métier spécialisé.

« La rue des centres villes médiévaux n’est même que cela : les boutiques ne sont pas dans les immeubles, mais sur la rue, sur des tréteaux devant les portes de magasins qui ne sont que dépôts dans lesquels le client ne pénètre pas….La rue est alors l’endroit où se font les achats quotidiens, de nourriture comme de vêtements, et dont chaque quartier se doit d’offrir l’échantillon le plus complet possible. »12 Donc les rues médiévales avaient principalement un caractère technique typique qui répondait au besoin de circulation et de pratique de la vie urbaine.

11

Maurice GARDEN, Histoire de la rue, Revue Pouvoirs n°116 - La rue - janvier 2006, p 7

12

Maurice GARDEN, Histoire de la rue, Revue Pouvoirs n°116 - La rue - janvier 2006, p 12

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3.

Ville moderne

Fig 19 : Coupe sur ilot fermé et rue type

La ville moderne est considérée généralement « une ville règlementée », c’est-à-dire elle désigne des pratiques de l’urbanisme à travers des plans composés de rues et d’ilots. Elle est bien constituée par un entrelacs d’artères, de voies, de rues. Ce « réseau viaire » du jargon des urbanistes, à l’origine de tout, est un discours de type anthropomorphique sur la ville (le cœur, le poumon, la respiration…). Les rues sont composées comme des objets d’art. Elles se règlent par rapport à un monument ou une place, qui exportera un ordre dans la ville. Par conséquence, elles répondent aux exigences urbaines et techniques.

« A Paris, le baron Haussmann parachève la modernisation de la rue. Mais déjà sous Henri IV ou Richelieu des efforts ont été faits en ce sens avec

Fig 20 :rues haussmanniennes à Paris

la création de lotissements. La nouvelle rue, qui naît vraiment dans la capitale française au XVIIIe siècle, a perdu l’essentiel de ses activités humaines. Elle ne les

Fig 21 : La transition au cœur de l’ilot fermé

regagne que ponctuellement pour les fêtes, processions et autres manifestations »13

13

La rédaction de Books, édition Le monde à la lumière des livres, 12 septembre 2017

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4. L’ilot ouvert

Fig 22 : Coupe sur ilot ouvert et rue type

Fig 23 : Rue de l’ilot ouvert

L’ilot ouvert se différencie de l’îlot commun par sa forme, qui permet sa traversée. Théorisé par l’architecte-urbaniste Christian de Portzamparc14, pour qui la conception architecturale retient une hiérarchisation entre espaces publics, semi-publics et privés. Il rassemble des bâtiments autonomes autour d’une rue traditionnelle qui découpe l’ilot traditionnel, donnant naissance à des nouveaux espaces partagés. Donc la rue assure l’alignement des façades mais sans continuité, rejetant alors la rue traditionnelle multifonctionnelle. On revient alors à la question fonctionnelle de la rue ou elle répond à une exigence d’intimité, ayant alors une dimension humaine, technique et urbaine. Fig 24 : La transition au cœur de l’ilot ouvert

14

Christian de Portzamparc, architecte et urbaniste français, éditeur du concept de l’ilot ouvert en 1980

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Conclusion Depuis l’origine de la ville, la rue, composante structurante nous renvoie à ce qui est devenu un élément fondamental de l’identité est de la reconnaissance de toute personne par son adresse, tout en indiquant son état social et sa présence physique. De fait, cet élément incontournable de l’aménagement urbain a vécu des changements suivant le développement de l’habitat. Deux facteurs furent indispensables pour ce changement. Le premier est la transformation du mode d’habitat dont le logement individuel devient la norme majoritaire. Le second, lié d’ailleurs à la continuité du tissu urbain, aux modifications de la conception architecturale des immeubles et l’appropriation des rez-de-chaussée par les activités d’affaires.

Synthèse La rue correspond à une genèse fortement chargée de valeurs symboliques et matérielles qui ont marqué sa formation et son évolution au cours du temps. Ce cycle reste toujours lié aux besoins de la société. Elle était une composante qui répondait purement aux nécessités fonctionnelles (transition et intimité), ayant une dimension humaine. Ensuite aux besoins techniques, puis aux exigences urbaines et enfin elle répond à toutes ses requêtes à la fois.

Fig 25 : La genèse de la rue 26


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Introduction

Fig 26 : Mike Philbin art-Dichoto

De la dichotomie 

Division de quelque chose en deux éléments que l'on oppose nettement : Dichotomie entre la raison et la passion, division d'un concept en deux autres, complémentaires au point de vue de l'extension. Depuis Larousse

Division d'un concept en deux autres concepts qui sont généralement contraires et qui recouvrent toute l'extension du premier, domaine abstraction intellectuel, méthode de division. Depuis le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

Dans Psychosociologie de l’espace, Abraham Moles 15et Elisabeth Rohmer 16annoncent que

« l’organisation de notre espace résulte de l’image que nous nous en faisons, la contradiction s’y place au niveau même où nous en établissons l’appropriation, tantôt comme un point d’attache duquel nous pouvons partir, tantôt comme un volume à repartir. » 17

Fig 27 : Dichotomie de la rue 15

Abraham Moles (1920-1992), ingénieur, chercheur et universitaire français.

16

Elisabeth Rohmer, autrice de Psychologie de l'espace en collaboration avec Abraham Moles

17

Abraham Moles- Elisabeth Rohmer, Psychosociologie de l’espace, édition L'Harmattan, 1972, p 7-10

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Moles et Rohmer divisent l’espace en deux systèmes philosophiques.  « L’espace de la philosophie de l’étendue (objectif) : celui de Descartes,

du mathématicien, abstrait, mesurable avec ses coordonnées. L’espace est d’ordre géométrique, topologie de discontinuités, l’homme ne l’habite pas.  L’espace de la philosophie de la centralité (subjectif) : …celui de

l’évidence sensible, de la perception immédiate… ». Phénoménologie de l’espace, espace vécu, impondérable, partant du lieu de mon corps pris comme centre, ici et maintenant, déterminant le proche et le lointain. » 18

Fig 28: La réalité intersubjective de l’espace par dichotomie de l’espace par dichotomie Ainsi, la dichotomie spatiale apparaît dans l’écart entre l’objectivité et la subjectivité. Ecole Doctorale Thématique - Séminaire thématique : «

A ce propos, notre étude mettra à disposition une relecture de la rue dans sa l’espace ouvert » | Damien 2009

métamorphose, en définissant ‘l’espace-rue’ en tant que qualitatif métrique et le ‘lieurue’ en tant que qualitatif allusif. Ces deux notions ne sont pas antonymiques, mais plutôt deux pôles d’une réalité intersubjective de cette composante urbaine. La question n’est pas neuve, seul le point de vue de l’interprétation de l’espace change.

18

Jean-François SERRE, Etude d’une micro psychologie en ville et une psychosociologie de l’espace avec

Abraham Moles et Elisabeth

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A/ La configuration spatiale de la rue ; Une réalité objective 1. 

Contextualisation de la rue

1.1

Morphologie

a.

Les rues du centre-ville de Tunis

Le tissu urbain de du centre-ville de Tunis se caractérise par une orthogonalité de rues qui se superposent, formant un plan en damier, et donnant des formes souvent carré ou rectangulaires aux ilots qui le composent. Ces rues larges, mixtes et droites, créent ainsi, une trame linéaire, révélatrice du plan géométrique de la ville.

Fig 29 : Les rues du centre-ville de Tunis de l’espace par dichotomie Ecole Doctorale Thématique Séminaire thématique : « l’espace

30


b.

Les ruelles de la Médina de Tunis

Les ruelles de la médina forment un plan organique. Elles se caractérisent par une largeur réduite, non uniforme, ce qui donne naissance à une succession de séquences intermittentes et de perspectives épisodiques. Cette dentelle urbaine est la résultante de l’enchevêtrement des ruelles qui se présentent tantôt ouvertes, tantôt couvertes. Elles sont donc des ruelles paysagées qui forment un parcours continu.

Fig 30 : Les ruelles de la médina de Tunis 31


1.2

Figures

a.

Les rues du centre-ville de Tunis La rue se fait également avenue, boulevard, galerie, ruelle, impasse… L’implantation des constructions par rapport à la rue, est déterminante dans la définition de chaque type de rue, qui se distingue selon sa largeur et sa configuration spatiale. Fig 31 : Rues du centre-ville de Tunis

Elles sont généralement dites des rues paysagées.

Avenues

Elles présentent les voies les plus larges, avec une coexistence du piéton et des véhicules. Ses trottoirs deviennent parfois un véritable espace de restauration et de détente. Fig 32 : Avenues Habib bourguiba Tunis

Rues

Ce sont les ramifications des avenues. Généralement, elles représentent une double voie, avec une ou deux lignes de stationnement. Aisni,elle se compose de plusieurs entités. 

Impasses

Fig 33: Rue de Marseille, Tunis

C’est une rue qui ne possède qu’un seul point d’entrée ; cul de sac. Peu nombreuses, elles sont considérées en tant qu’espace privé qui n’appartient qu’à ses habitants. Très souvent, elles prennent forme d’un lieu de stationnement.

Fig 34: impasse Ibn Abdoun, Tunis

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b. Les ruelles de la médina de Tunis Le réseau viaire de la Médina de Tunis représente un entrelacement d’artères où les rues principales créent un tissu urbain formé principalement de ruelles et d’impasse.

Fig 35 : Le réseau viaire de la médina 

de Tunis Rues

Elles forment un réseau organique qui permet le déplacement du centre de la médina vers ses périphéries. 

Ruelles

Plus étroites que les rues, les ruelles se divergent pour former un maillage urbain. Elles se considèrent semipublique avec une largeur changeante tout au long leur parcours. 

Impasse

C’est un espace de transition qui représente l’intermédiaire entre la ruelle et le logement. Il est souvent occupé par les enfants de la zone, qui leur représente un véritable lieu de divertissements. 

Sabat

C’est un espace tampon couvert qui permet le passage d’une maison à une autre à travers une voute qui relie ses deux derniers. Fig 36 : Types de rues à la médina 33


1.3 Echelle

a. Rues du centre-ville de Tunis Les rues du centre-ville de Tunis sont faites à l’échelle de la voiture. En effet, elles acculaient la voiture, le piéton et tout moyen de transport en commun, avec une présence remarquable de la végétation. Mais avec la prédominance des voies véhiculaire et ferroviaires, le piéton se trouve minimalisé et perturbé. Leur largeur varie selon l’importance des flux de chacune. Et par leur aspect orthogonal, elles forment de longues perspectives linéaires. Elles sont donc, un véritable espace urbain de locomotion, d’échange et de déambulation.

Coupe sur Avenue de la liberté Tunis 

Coupe sur Avenue Habib Thameur Tunis 

Coupe sur Avenue Habib Bourguiba Tunis  Fig 37 : échelles de rues de Tunis 34


b. Les rues de la Médina de Tunis 

La médina est conçue à l’échelle de l’Homme. En se déambulant dans ses rues, on se rend compte qu’elles sont étroites. De part et d’autre les constructions sont d’une hauteur réduite qui ne dépasse pas, généralement, les deux étages. Cela donne une certaine atmosphère particulière qui règne dans ses ruelles, où se déroulent toutes les pratiques et les activités urbaines. De ce fait, la dimension humaine dans Coupes sur une rue

les ruelles de la médina est considérée primordiale dans le sens où le piéton est

l’occupant principal de la rue.

Coupe sur une ruelle 

Coupe sur impasse 

Coupe sur Sabat  Fig 38 : échelles de ruelles de la Médina 35


2.

Les dimensions paysagères de la rue

2.1

La végétation

Dans la rue végétale, la circulation automobile est absente ou apaisée, afin de donner la priorité aux piétons et aux mobilités douces. Elle s’inscrit dans les actions visant à installer la nature au cœur de la ville dense. Ainsi, la végétation offre une rue conviviale et attractive et permet de se protéger des intempéries et du soleil. Elle devient, dans certain cas, le symbole d’une rue, tel est le cas de Las Ramblas à Barcelone ; elle est réputée par sa végétation remarquable.

2.2

Fig 39: La végétation, Las Ramblas Barcelona

Mobilier urbain

Le mobilier urbain joue un rôle important dans la démarche de piétonisation des villes. En effet, il donne une nouvelle pratique à la rue, et offre un dynamisme urbain aux espaces publics. Fig 40 : Les skate-parks à Paris, rue Cladel

2.3

Revêtement de sol

Le revêtent de sol permet en premier lieu de faciliter le passage dans les rues. Dans les villes de nos jours, il sert de plus à distinguer les voies de circulation entre automobile, cyclises, piétons… Et peut éventuellement être un élément d’attraction dans certaines rues.

Fig 41: Rue Cor de Rosa portugal

36


3.

Les types de rue

3.1

Rue ouverte / Rue couverte

a. Rue ouverte Ce qui nous intéresse plus particulièrement ici est l’ouverture de la rue dans sa définition de l’espace ouvert. En outre, elle est la résultante de la délimitation des façades à l’alignement ou en retrait. b. Rue couverte Les rues couvertes jouent un rôle de poumon dans le bâtiment en assurant son aérage et son éclairage. Elles représentent la colonne vertébrale qui assure sa structuration. Ce type d’artère existe aussi sous forme de rues commerciales.

3.2

Rue piétonne / Rue mixte

a. Rue piétonne C’est une rue-promenade qui est généralement dépourvue de trottoir, réservée en priorité aux piétons. Ce type de rues se caractérise souvent par une activité commerciale, et aménagé en mobilier urbain. b. Rue mixte C’est une rue qui se compose de plusieurs flux de passage tels que les voies véhiculaires, les lignes ferroviaires, trottoirs aménagés, liens piétonnier et de pistes cyclables …

Fig 42 : Les types de rue

37


3.3

Rue verticale

Qui a dit que la rue est toujours horizontale ? La rue peut être aussi verticale, tout en gardant sa fonction primaire ; la distribution. Elle peut se présenter sous forme d’une rueescaliers ou bien une rue-rampe …Dans ce cas, les bretelles de cette verticale seront agencées en étages, formant une linéarité scénique.

Fig 43: La rue verticale

a. Suivant la topographie En suivant la topographie du sol, la rue peut s’incliner pour devenir une rampe hélicoïdale, dont le but est de s’approprier l’espace en s’adaptant à sa configuration naturelle. Citons l’exemple de la ville de Chenini à Tataouine, où les rues prennent naissance d’une manière spontanée selon la forme

Fig 44: La rue hélicoïdale de Chenini, Tataouine

de la montagne à habiter.

b. Suivant l’intimité Dans certain cas, l’intérêt de la rue verticale prend sens quand il s’agit d’une question d’intimité. Prenons exemple la ville de Ghadamès en Lybie, dont les plans se superposent pour former des « ruescalques » en deuxième étage, destinées aux femmes pour se déplacer dans la ville.

Fig 45 : Les rues verticales de Ghadamès, Lybie

38


c. Suivant la théorie La cible dans cette illusion est d’étudier un projet théorique de la rue, en imaginant l’espace comme une possible évolution de la rue, en réponse à la densité croissante des villes. La résultante est donc une schématisation conceptuelle d’une rue linéaire basée sur un axe verticale à la place de la rue traditionnelle qui tourne entre les bâtiments. Fig 46 : Illusion de la rue verticale

4.

Les nœuds de la rue

« La ville est d’abord un nœud dans les réseaux de circulation, nœud qui produit des polarisations et, parfois, des centralités. » Paul Claval, La logique des villes.

4.1

Le nœud, un lieu urbain

Un nœud est d’abord un lieu ponctuel dans la perception du paysage urbain. Mais qu’estce que c’est un lieu ? Selon Marc Augé19, un lieu répondrait à trois caractéristiques ; être identifiable, relationnel et historique. Ces trois critères donnent de l’épaisseur spatiale à un lieu, le relie à une société et à des usagers. Entre convergence et dispersion, cet espace prendra alors la forme d’une place urbaine. On obtient ainsi, un réseau de rues-places, qui structure et homogène l’espace urbain.

19

Fig 47 : Le nœud, un lieu de jonction, de concentration et de dispersion

Marc Augé est un ethnologue et anthropologue français, auteur du livre Non-Lieux 1992.

39


a. L’élargissement des rues Les nœuds peuvent prendre forme suite à un élargissement de voies, ce qui favorise l’apparition d’une nouvelle extension de la rue. Ce changement de largueur s’explique par le besoin d’une jonction urbaine qui relie plusieurs rues. En effet, le nulle part n’existe pas, à la fin ou bien au début de chaque rue, on trouve un espace conçu comme étant une extension qui relie la rue à une autre.

Fig 48 : Elargissement des voies

Cet espace devient par conséquence, un fondement de l’organisation urbaine et sociale des villes.

b. La place : une cour urbaine « Un système urbanistique ne peut se concevoir par un jeu sans fin de rues, un labyrinthe ou jamais la rue ne mènerait à la place… »20 Cet élément ponctuel est pour l’urbanisme comme est la cour pour l’architecture ; un espace d’articulation, d’assemblement et de distribution. Inversement à la rue, la place invite à la pause, comme un arrêt sur l’image d’un temps social et d’une forme architecturale. Elle possède une concentration programmatique capable d’impulser le paysage urbain de manières simultanées. Ce vide rempli de vie, devient alors, un lien où s’applique la nécessité de faire les choix de changement de direction.

Fig 49 : Place D’arc de triomphe de l’étoile à Paris

20

Marie-Josée LEMENT-l’architecture fonctionnelle, édition BELLES LETTRES, 1989 p 84

40


4.2

Les modèles d’organisation de nœud-rue

Les nœuds possèdent un concept lié à celui de la rue. En effet leur configuration en tant que points de jonction est souvent un lieu de convergence de rues. Les rues principales rayonnent au Linéaire

centre avec des bâtiments des deux côtés. Les rues sont superposées suivant des axes. Elles

Axial

s’entrecroisent dans les points d’intersection Le motif ressemble à des grilles,

Echiquier

avec des rues parallèles entrecoupées de rues perpendiculaires. La rue primaire rayonne à partir

Central

d'un point central.

Les rues sont rassemblées en étoile. Elles peuvent être Radial

prolongées vers l'extérieur autour du point central. Les rues irrégulières ont été

Irrégulier

spécialement conçues sans une disposition géométrique pour des raisons esthétiques

Fig 50 : les six motifs fondamentaux de l’organisation nœud-rue

41


4.3

Les types de nœuds de rue

Les nœuds possèdent une organisation spatiale commune. Elles sont souvent de grands carrefours routiers, ronds-points ou croisement. De ce fait, elles peuvent êtres reparties en plusieurs types. a. Les nœuds de circulation Ce sont les grandes places en rond points qui sont devenues les carrefours structurant de la ville, où se réunissent toutes les rues. Leur intérêt est dans la répartition de la circulation routière. b. Les esplanades Ce sont des places aménagées en mobilier urbains, des espaces pour se rencontrer, discuter, s’assoir, se rassembler…Elles présentent des parvis ou des espaces piétonniers dans leurs centres. c. Les monumentales Ce sont les places qui se tournent vers un monument, religieux ou non, naturel ou bâti. Elles jouxtent, souvent, les axes majeurs des rues les plus importantes. d. Les places des fêtes Espaces dédiés aux évènements festives de la ville. En général, cette appropriation spécifique pendant les fêtes résulte d’une certaine dimension symbolique ou historique de la place. e. Les nœuds commerciaux Sont des places de rassemblement des marchands ambulants qui squattent cet espace public et lui donnent un cachet commercial par excellence.

Fig 51 : Les types d’extensions de rue 42


B / La dénomination emblématique de la rue ; Une réalité subjective Prétendre à une explication des mécanismes qui régissent la vie d’une rue ne serait qu’une allusion, car elle puise ses caractères dans un champ illimité de paramètres. De ce fait, saisie comme un lieu chargé de symboles, cette composante urbaine peut être appréhendée de diverses manières. Quelle que soit l’approche, nous ne saisirons, dans tous les cas, qu’une partie de sa réalité vivante et de dimension complexe.

1.

La dimension symbolique de la rue

« La dimension symbolique est une nécessité vitale et incontournable de l´existence humaine, car elle permet de créer des liens et de donner du sens à l´environnement, de rendre intelligible et appropriable le réel. » 21

Fig 52 : La rue, un espace symbolique

La dimension symbolique est ce qui donne de la cohérence à l’espace vécu de chaque individu. En effet, Identifier un lieu par sa charge symbolique est devenu l’appui de toute assimilation spatiale. Avec ses accumulations de balcons, de décors, de mobilier urbains et de tout objet qui a une fonction dans sa définition, la rue crée sa propre orchestration et devient un espace symbolique d’une région ou une culture spécifique. L’espace subit donc aux besoins de ses occupants. Il n’a de qualité que par son vécu.

21

Jérôme Monnet, La symbolique des lieux, édition Open Edition, 1998,

43


2.

Un espace spatio-temporel

2.1

Ephémère

La rue est une composante fixe, stable, et durable dans ses formes physiques qui se dressent à l’égard de l’usure. Ce qui se présente comme mobile, changeant et altérable, ce sont les moments de sa vie qui apportent une multitude de faits momentanés, en entrainant des modifications sans cesse. En effet, une façade d’immeuble change par le seul fait des vêtements qui occupent ses balcons. Une vitrine, pareil, change en modifiant ce qu’elle expose, ouverte

Fig 53 : La rue, un espace éphémère

ou fermé … L’accidentel, et l’occasionnel surviennent toujours dans la rue, ils ont parfois plus d’importance que le permanent. Les gens, les voitures, les affiches, les clacksons, un marchand ambulant, un accident, les évènements… sont tous des occurrences qui paraissent et disparaissent dans la rue créant son effet éphémère.

Fig 54 : la durée et l’instant de la rue

Il n y a pas de limites claire entre le durable et l’éphémère ; ils se confondent et fusionnent pour constituer l’essence même de la rue ; la durée et l’instant. 44


2.2

Palimpseste

La rue se présente comme un «mille-feuille » constitué de multiples strates témoins du temps passé. Elle offre dans sa matérialité, un ensemble d’objets utiles ou encore anodins, qui composent l’espace dans un ordre de disposition non définitif. Ses constructions ne cessent de se continuer jusqu’à nos jours. Elle découle donc d’une œuvre collective

Fig 55 : La rue palimpseste - Françoise MAILLET

de générations qui se relayent et participent toutes à l’enrichissement de cette composante urbaine. En effet, dans une même rue on trouve des édifices historiques qui communiquent avec le présent, et entre dans l’insaisissable du temps.

« Chaque flot du temps, superpose son alluvion, chaque race dépose sa couche sur le monument, chaque individu apporte sa pierre. ». 22

2.3

Rythme

Divers sont les rythmes de la rue ; rythme saisonnier, rythme quotidien, rythme des vacances scolaire, rythme des festivals… Les rues se réveillent lentement, petit à petit, elles commencent à faire du bruit. Le calme revient quand midi s’approche. L’après-midi, l’agitation reprendra. Et quand la nuit tombe, les rues sombrent dans l’obscurité, d’autres illuminent. De nouveaux visages, de nouvelles allures, de nouveaux bruits habitent la rue...

Fig 56 : Le rythme de la rue 22

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, édition Charles Gosselin, 1831,

45


3.

Un espace évènementiel

3.1

Manifestation

La rue devient parfois un lieu de manifestation pour s’exprimer, faire passer un message ou célébrer un évènement. Ainsi cet espace urbain devient un aimant qui attire un public relativement large pour contester dans un but politique, culturel ou social… Fig 57 : Manifestation dans la rue ,14 janvier

3.2

Festivité

Tunis

La rue se fait belle, se fait scène, plus qu’à l’accoutumé pendant les évènements. Pensez au délire qui s’empare des rues du centre-ville de Tunis pendant les « JCC », ou encore à la frénésie temporaire qui animent ce poumon de la ville pendant le festival de rue a Gracia, Barcelone. Cela explique la mise en pratique du concept de « rue libre » qui est devenu un mode de réapparition des rues des grandes villes du monde.

Fig 58 : Les JCC à avenue Habib Bourguiba

Fig 59: Fête de la rue Gracia, Barcelone

46


3.4

Expression artistique

La rue comme étant un espace public instrumentalisé, permet aux gens de s’exprimer afin de se réapproprier ce lieu à travers des interventions variées et diverses. Cela fait souffler un air festif dans l’ordinaire vécu de la rue... Le ‘street dance’, ‘le street music’ et le théâtre de rue, sont tous des formes de représentation et de spectacle qui ont pris forme dans rue en l’utilisant comme décor. Ces phénomènes n'ont de sens seulement que s'ils sont exécutés dans cet espace public.

Fig 60: Street dance

Fig 61: Street music

Fig 62: théâtre de rue

Citons aussi comme exemple, le Street Art à Djerba Hood et à Sao Paolo, qui fait de ces villes un vrai musée à ciel ouvert. L’évènement de Dream City à la Medina de Tunis est aussi l’exemple par excellence où la pratique artistique prend lieu « hors les murs » ; la rue est la base même de la création et de la représentation.

Fig 63: Street art à Djerba

Fig 64: « La beco do

Fig 65: Art de la rue, Dream

Hood, Tunisie

Batman » Sao Paolo

City, Méedina Tunis

47


4.

Un espace social

La rue est par excellence, le support d’interactions sociales, elle favorise la rencontre, le partage et la confrontation avec l’autre lui. Elle fait de nous des citoyens, comme disait Victor Hugo

« La rue est le cordon ombilical qui relie l’individu à la société ». Cette dimension sociale est constituée par les relations, les activités et l’identité de l’espace. Autrement dit, ces trois composantes

Fig 66 : La triplicité de l'espace social

font de la rue un lieu social doté de codes et de de caractères. Sa diversité culturelle et sociale nous permet de sortir de l’entre soi et de nous tourner vers les gens, d’aller à leur rencontre.

Fig 67: Les activités sociales de la rue

48


5.

Un espace sensoriel

Dans la rue, tous les sens se conjuguent et interviennent, ce qui fait de cette dernière un espace sensoriel. En effet, nos sens sont indissociables dans notre appréciation de l’espace. Une appréciation qui est complétée par le facteur kinesthésique lié au mouvement du corps dans l’espace. Nos sens se superposent ou se confondent, et

Fig 68: La rue, un espace sensoriel

viennent ainsi parfaire la perception symbolique de l’espace.

6.

Un espace séquentiel

La notion de séquentialité nous renvoie à un itinéraire de découverte qui organise la rue en une succession d’éléments. A chaque acteur dans cet espace, correspondait un parcours perceptif diffèrent, selon sa mémoire collective ou bien individuelle. En effet, un même individu perçoit et occupe l’espace-rue différemment selon son humeur, son but et ses activités. Ainsi, les paramètres perceptives, motrices et sociaux du traversant de la rue s’actualisent selon sa trajectoire séquentielle. Par conséquence, le paramètre multiplicateur des séquences possibles pour une même rue augmente, d’où se manifeste la cinématographie de la rue ; une séquence qui annonce une autre…

Fig 69 : La séquentialité des ruelles de la Medina de Tunis

49


Conclusion Comme celle de l’ensemble de l’espace urbain, la rue peut être étudiée par sa configuration spatiale dans sa réalité objective et par sa dénomination emblématique dans sa réalité subjective. Vu que la réalité absolue n’existe nulle part, la réalité intersubjective de l’espace apparait, ainsi, comme un essai de (ré) définition de cette composante urbaine dite poumon de la ville.

Synthèse Pour mieux comprendre cette logique constructive de la rue, il est impératif de comprendre, en premier lieu, la perception visuelle de ses formes, ses types et les éléments qui la composent et en deuxième lieu, l’aspect social; sa perception symbolique reflétant les images qu’elle dégage, liées plutôt au vécu et aux facteurs socioculturels de ses occupants. Ces deux réalités de la rue, subjective et objective, se fusionnent en figurant une réalité intersubjective dans la pensée architecturale.

Fig 70: La rue en toute franchise

50


51


Introduction L’introduction de la rue dans le bâtiment comme principe d’organisation de celui-ci, à l’image de la ville, n’est pas neuve. Loin de nier son rôle dans la fabrique de l’urbanité, le Corbusier la définit comme une réalité tri ou quadridimensionnelle.

« Les édiles de l’époque machiniste ne sont pas encore arrivés à comprendre que la rue n’est pas une croute posée sur la terre, mais quelle est un bâtiment en longueur, un édifice, un contenant, et non un épiderme. » 23

1.

Un outil architectural

1.1

le couloir

Le couloir est un passage long et étroit de communication entre pièces qui commande l’entrée à plusieurs pièces.24 Il est conçu comme étant un espace de circulation, un lieu de rencontre et un sas de transition. Ce dispositif longitudinal est souvent caractérisé par une longue perspective dans laquelle la

Fig 71: Le couloir, un dispositif spatial

répétition des éléments qui le compose rythme l’ensemble de manière cadencée. Ainsi, cet outil de recherche spatiale interroge la relation dialectique entre le bâtiment et son espace d’articulation. En effet, il soulève certains thèmes essentiels à l’architecture ; les questions de circulation, de distribution, de composition et de dimensionnement.

Fig 72 : Circulation

distribution

composition

23

Maurice Besset, « qui était le Corbusier » , édition Skira, 1968

24

Depuis Wikipédia

dimensionnement.

52


1.2

Raisonnement par analogie

On peut parler d’analogie quand on perçoit, entre deux éléments d’usage diffèrent, un modèle commun ou une identité de fonctionnement. C’est le cas de la rue et du couloir. En effet quoique correspondant à des réalités différentes, on peut les rapprocher par analogie, qui s’implique par un raisonnement de correspondances multiples, et ne peut donc être réduite à une simple ressemblance formelle. C’est le raisonnement par analogie.

Fig 73 : Le couloir à l’image de la rue

Cette concomitance s’impose à travers un ordre formel et fonctionnel. Ces deux espaces ont un rapport de ressemblance essentiel ; une allée de distribution. Ce dispositif spatial de circulation ne s’attache pas seulement au simple champ de sa fonction circulatoire et distributive, qui s’exprime directement dans sa forme, mais aussi bien par sa mesure de composition spatiale. Cette dialectique apporte au couloir une réelle qualité spatiale, dans le sens où il est l’outil de la composition architecturale, ce qui est la rue pour l’urbanisme. Donc cet outil de conception peut être perçu comme un espace public pour l’usager, à l’image de la rue. Il est la continuité de la rue, dans une dimension architecturale, dans l’édifice.

53


Exemple de rue-couloir L’école de Darmstadt par Hans Scharoun en Allemagne Ce dispositif de circulation centrale constitue la colonne vertébrale du projet de manière spatiale et symbolique. Malgré la continuité spatiale de ce couloir parcourant l’ensemble du projet, celui-ci rompt les rigides compostions de la perception que l’on retrouve habituellement dans ce type de dispositif. (Établissements scolaires). En effet, l’architecte crée un espace qui se dilate, s’articule, au gré de sa structure organique, et donne au mouvement l’idée du cheminement. Avec des jeux de plein et de vide, il offre des vues à travers des percées entre les espaces structurant l’école (comme des artères routières qui relie une rue avec une autre) En évoquant l’image de la rue dans l’édifice scolaire, l’architecte introduit à l’échelle de l’architecture le concept de « rue reconquise »

Fig 74: L’école à Darmstadt, Allemagne - Hans Scharoun

54


2.

Un mouvement spatial

« Il ne faut pas dire que notre corps est dans l'espace mais qu'il habite l'espace »25

Fig 75: La rue en mouvement

Le mouvement est la mise en action de l’espace. En effet, afin de saisir une œuvre architecturale, nous avons besoin de la pratiquer, d’en faire l’expérience physique. Cette expérience peut s’appréhender par le mouvement de circulation, dans le sens où il est pris comme mesure de la rue architecturale.

2.1

La construction spatiale de mouvement

L’expérience piétonne donne forme à la rue architecturale à travers ses tonalités qui se transforment sans cesse. En effet, le mouvement des passagers construit l’espace-rue en donnant une vocation adéquate à l’espace de passage.

2.2

Fig 76: corps et espace

Temporalité du mouvement

La dimension temporelle du mouvement nous renvoie à définir le rythme de l’espace, selon la vitesse et l’agitation des passagers. Le rapport spatio-temporel du mouvement s’inscrit dans une dimension architecturale qui

Fig 77: la temporalité du mouvement

engage le corps et l’espace dans une relation variable à travers le temps. Cela fait de la rue architecturale un espace altérable.

25

Bernard Andrieu, cours de Philosophie du corps ; le corps et l’espace-. Nancy Université, 2006-2007

55


2.3

La circulation

La circulation est l’activité de la rue architecturale. Elle se réfère à la façon dont les gens se déplacent dans l’espace. Elle est souvent considérée en tant que « l’espace entre les espaces », ayant une fonction conjonctive. Ce terme renvoie alors au déplacement de nos corps dans l’espace à travers le temps. Donc penser à la rue architecturale, nous mène impérativement à penser au mouvement spatial. a.

Direction 

La circulation horizontale peut inclure des rues

intérieures, des couloirs, des atriums, des chemins...Elle est également affectée par la disposition d'autres objets dans l'espace tels que les colonnes, les arbres

Fig 78: La circulation horizontale

ou les changements topographiques. 

La circulation verticale est la façon dont les gens

montent et descendent à l'intérieur du bâtiment, ce qui inclut des escaliers, des ascenseurs, des rampes, des échelles et des escaliers mécaniques qui nous

Fig 79: La circulation verticale

permettent de passer d'un niveau à l'autre. b.

Position 

La circulation intérieure rend compte des

mouvements les plus intimes dans le bâtiment, qui exigent un certain degré d'intimité. Sa fonction primaire est la distribution vers les différentes parties du bâtiment. 

La circulation extérieure est la zone du

bâtiment la plus accessible. Elle comprend les galeries, les arcades, les coursives, les promenoirs... Sous cette forme, la circulation se chevauche souvent avec d'autres fonctions, comme un hall d'entrée, un atrium ou une galerie, et est améliorée à un niveau élevé de qualité architecturale.

Fig 80: la circulation, centre Pompidou

56


3.

Les caractéristiques de la rue dans la pensée architecturale

3.1

La promenade architecturale La promenade est l’un des caractères les plus

évidents de la rue dans sa pensée architecturale. En effet la rue représente toujours un parcours précis qui relate la notion de la promenade, et devient parfois l’élément principal de l’œuvre architecturale avec lequel on conçoit l’espace. Elle représente un facteur avec lequel on peut contrôler la circulation et la disposition en étages. Donc cette rue-promenade favorise à l’usager la transmission d’une séquence

Fig 81: La rue-promenade Capela Espiral / NAP Architects

d’expériences inattendues en parcourant le projet. Ainsi, la rue promenade représente un paramètre primordial des conceptions architecturales et urbanistiques chez plusieurs architectes tel que le Corbusier qui transmit son aboutissement formel dans la construction de la Villa Savoye, où une séquence d'images se déroule devant les yeux de l'observateur

Fig 82: La promenade architecturale

au fur et à mesure qu'il avance dans l’œuvre.

villa Savoye – le Corbusier

Cette rue-promenade à l’intérieur du projet devient alors un ingrédient de création d'une hiérarchie spatiale ou encore un ensemble d'instructions pour lire l'œuvre en constituant un «système circulatoire interne» de l'architecture. Au total, par sa configuration complexe amène les curistes à explorer et découvrir l’œuvre architecturale au gré de leurs flâneries.

3.2

La profondeur

La profondeur, peut en premier lieu être considérée comme un phénomène perceptif de l’espace. Dans notre cas d’étude, on la considère comme étant une réalité spatiale qui caractérise la rue pénétrante. En effet le parallélisme de deux parois ou deux corps 57


donne naissance à une tridimensionnalité spatiale, qui se présente clairement dans l’exemple de la rue intérieure. Réellement, ce joint creux présente, par un jeu d’espacement, une profondeur qui offre à chaque élément, à la fois, une autonomie ainsi qu’une corrélation. Elle confère à cet interstice une relative potentialité en traduisant toutes ses composantes en une image

Fig 83: La profondeur de la rue

perspective. L’espace s’adapte alors à un plan double en profondeur sur tout l’ensemble du projet et il nous incite à se déplacer.

3.3

la mobilité

L’Homme est un être mobile. Sa mobilité résulte de son besoin d’être en relation avec l’espace auquel il appartient. Elle est considérée comme une façon flexible d’envisager l’espace architectural et une commodité fondamentale pour se déplacer dans l’espace. C’est une propriété de l’espace de transit ou de passage à l’intérieur de l’édifice, qui est toujours susceptible de mouvement et qui se caractérise par un aspect de changement très fréquent, contrairement au corps de l’édifice qui est plutôt stable et pérenne... La mobilité est à la fois un catalyseur et un paramètre, opté pour obtenir une atmosphère spatiale variable selon le temps.

Fig 84: La mobilité de la rue architecturale

58


3.4

La lumière

« L'architecture est le jeu savant, correct et magnifique des volumes assemblés sous la lumière. » 26 La question de la lumière dans l’architecture est essentielle dans le sens où tout espace n’est relevé que par la lumière qui le baigne. Pour ce faire la rue architecturale se présente comme étant une fente zénithale, qui apporte de la lumière naturelle dans l’espace tout en le protégeant de l’ensoleillement. Du coup, elle fait parler l’espace. Par ailleurs, la composition architecturale peut être considérée comme l’art de doser les sources de lumière qui apporte une qualité spatiale élevée. Ainsi, les interstices, apportant la lumière, créent une atmosphère changeable et révèlent la temporalité de l’espace avec un jeu d’ombre et de lumière. C’est l’exemple des souks couverts de la Médina, où ces passages baignent dans une atmosphère lumineuse grâce aux ouvertures zénithales qui parcourent ces rues étroites. Citons aussi l’exemple de la rue intérieure de l’école de Troyes en France, qui présente une véritable source de lumière naturelle ou encore les corridors des bureaux de Beiersdorf en Grèce qui, grâce à la localisation attentive de l'éclairage, incarnent la lumière naturelle, donnant l'effet d'une structure brisée qui pénètre les rayons du soleil.

Fig 85: lumière zénithale des ruelles de la Medina 26

Fig 86 : Ecole de Commerce Fig 87 : Bureau de Beiersdorf, Troyes, France

Athens, Greece

Le Corbusier, vers une architecture, Edition Flammarion, 2008

59


4. Un espace transitionnel La notion de la transition signifie le passage d’un espace à un autre. Ce terme est élaboré par le philosophe français Henri Bergson. Il avance que la transition spatiale est le passage dans un espace intermédiaire qui fait le lien entre deux milieux opposés. Ces espaces ont un potentiel architectural exploré, perçu et exploité en tant que lieu propice aux rencontres ainsi qu’à la contemplation. Il existe plusieurs types d’espaces transitionnels qui représentent une sorte de rue ‘’urbatecturale’’ servant au passage.

4.1

Les galeries

Les galeries représentent une rue ménagée en façade, linéaire, couverte, et attachée à un édifice, tout en étant beaucoup plus longue que large. Souvent liée à une série de boutiques, ce qui la rapproche de la ruepromenade, et en fait un véritable lieu d’exposition. Dans le cas de ‘’galerie extravertie’’, ce lieu de séjour et de circulation est souvent ouvert sur

Fig 88: Schéma extravertie et intravertie

l’environnement urbain. Dans le cas d’une galerie intravertie, elle devient un espace transitoire à l’intérieur d’un édifice, qui relie deux rues parallèles, tout en assurant un passage fluide pour les piétons. C’est plutôt un passage couvert.

Fig 89 : Galerie Bab Bhar, avenue de France, Tunis

Fig 90: Galerie Vivienne, Paris

60


4.2

Les passages couverts ou « corridor urbain »

Comme cité précédemment, c’est une sorte de galerie introvertie, avec une hauteur plus considérable, qui sert d’exposition et de restauration. Ce sont des corridors urbains à l’image de la rue. Appelées par Bertrand Lemoine27 « petites rues », elles se présentent comme d’étranges boyaux, filants entre deux rangées d’immeubles. De façon typique, ce sont des sortes de percées couvertes par une verrière offrant une lumière zénithales qui leur donne un éclairage particulier. La ville la plus connue par ses passages couverts est évidemment Paris. Elle présente un ensemble de voies tracées au milieu des immeubles, abritant le plus souvent des galeries commerciales, des cafés et de

Fig 91: Carte des passages couverts de Paris

restaurants Parmi les passages les plus célèbres,

citons le passage des Panoramas, le passage Verdeau et le passage des princes.

Fig 92: Passage des Panoramas,

Fig 93: Passage Verdeau, Paris

Fig 94: Passage des princes,

Paris

Paris

« Ce qui avait été enfermé à l'intérieur du bâtiment fonctionne maintenant dans une méga-échelle et peut-être en dehors des limites de la représentation. »28

27 28

Bertrand Lemoine, un architecte, ingénieur et historien français Mark Jarzombek, Corridor spaces, edition critical inquiry, 2010 –p770

61


4.3

Sabat

Il s’agit d’un passage couvert, sous un espace bâti suspendue dans les ruelles de la Médina. C’est l’exemple ou s’étale, par excellence, la dimension architecturale dans l’urbain. On se trouve donc dans un espace architecturale, intégré dans l’espace urbain. C’est un dispositif qui offre un espace de rencontre et de sociabilité dans un espace dédié au passage. De plus, cet espace extérieure

Fig 95: Sabat, Médina de Tunis

intériorisé sert à se protéger du fort ensoleillement et des intempéries.

4.4

Les souks couverts

Les souks couverts correspondent essentiellement à rue commerçante animée dans le tissu médinois. En effet, les cellules commerciales s’étalent dans la rue en s’appropriant l’espace par extension temporaire, pendant leurs horaires de travail. C’est pour cette raison qu’on trouve des rues commerçantes qui ferment leurs portes pendant la nuit. Ces souks couverts donnent à la rue un aspect architectural originel constituant un

Fig 96: Souk, Medina de Tunis

espace tampon entre la rue urbaine et l’espace architectural.

Fig 97: Les souks de la Medina, Tunis

62


4.5

Prolongement de couverture entre deux volumes

Dans cet espace transitionnel, la rue manifeste à travers un passage couvert entre deux masses bâties. Le prolongement de couverture sert dans ce cas à lier les deux entités par un espace de jonction. Ce prolongement met en scène une rue « urbatecturale » qui se présente comme étant un espace urbain architecturé et qui a pour but de lier entre des masses bâties tout en offrant un espace de passage couvert.

Fig 98 : Pavilion du Portugal, alvaro siza

Fig 99 : Les Bassins à flot à Bordeaux

5. La rue-corridor dans la pensée Corbuséenne « L'image de la rue corridor dénoncée par le Corbusier est une rue dont les bâtiments qui la bordent font office de murs, qui masquent la lumière. La rue quant à elle se limite à la fonction de circulation ».29 Avec l’arrivé de la voiture, la rue tend à perdre sa qualité d’espace public ; le piéton ne peut plus se l’approprier comme étant un espace de rencontre et d’échange. A ce propos, le Corbusier affirme en 1929 dans l’une de ses conférences en Amérique de sud, qu’il faut tuer la rue corridor et il fait une analogie avec le plan d’une maison.

29

Fig 100: la rue-corridor par le Corbusier

Hoang Gia-Hy, blog de ‘questions spéciales matérialisation’, 2009

63


L’un des exemples représentatifs de la rue-corridor est le Centraal Beheer aux pays bas par Herman Hertzberger. Ses façades en dentelles offrent des passages intérieurs en forme de rues-corridors, rendant la vie à l’intérieure de l’édifice comme s’il s’agit d’une ville.

Fig 101: Rue-corridor, Centraal

Beheer

Fig 102: Centraal Beheer à Apeldoorn ,Herman Hertzberger

6. D’un espace servant à une architecture de connexion La dualité entre espace de circulation et espace de vie résonne clairement avec le modèle de la rue architecturale

6.1

Espace servi/servant

L’architecte Louis Kahn s’interroge souvent sur la nature des espaces et sur leur relation dialectique. Généralement celleci s’inscrit dans une opposition entre espace servant et espace servi, où « des espaces mineurs servent des espaces

majeurs ». Avec sa célèbre distinction entre espace servi et espace servant, il tente de clarifier l'essence de chaque partie entrant dans la composition d'un plan.

Fig 103: Espace servi servant

64


Ainsi, l’espace servant devient la structure principale du projet en dépassant sa simple connotation (servir à la circulation) pour devenir un véritable espace majeur qui structure l’espace

6.2

Architecture de connexion

La rue en tant qu’un espace de connexion est considère en premier lieu un lieu de circulation qui relie l’usager à l’espace qu’il circule. Ces espaces de connexion ont une vocation à être l’âme de la composition grâce à leur architecture de jonction. Ainsi, Louis Kahn estime que les espaces de circulation doivent faire part d’une attention

Fig 104: Architecture de connexion

particulière.

« C’est à cela qu’on évalue l’architecte, à l’organisation des espaces de jonction, qui fait sentir autour de soi la totalité de l’institution quand on marche dans le bâtiment ».30

Conclusion La rue a toujours intéressé les urbanistes et les architectes. Elle s’exprime dans la pensée architecturale par une dimension fonctionnelle et esthétique. En effet, étant un organisme spatial dans la structuration interne des bâtiments, elle joue un rôle important dans l’éclairage et la distribution des passages intérieurs. Donc la rue ne se limite pas à être une composante urbaine, mais elle se manifeste aussi dans une réalité intersubjective dans sa pesée architecturale. Le lien entre la rue et la sphère architecturale est d’une relation de juxtaposition. L’injection de cette composante dans l’espace architectural passe, ainsi, à une relation d’imbrication.

30

Louis Kahn, Silence et lumière, édition du Linteau paris, 1996

65


66


Introduction De la juxtaposition vers l’imbrication, la rue passe par plusieurs positions de la ville au projet architectural. Elle est d’abord un couloir urbain qui favorise la piétonisation des villes. Elle est un espace partagé dans l’ilot ouvert. Et elle est une continuité linéaire qui révèle une fusion spatiale entre deux univers accolés.

A/ La juxtaposition 1.

La juxtaposition révélatrice de la mixité urbaine

La juxtaposition des modes d’occupation de la rue apparait comme un paramètre de traitement multifonctionnel de l’espace. Elle s’observe par la répartition de la rue en des « couloirs-urbains », par spécialisation, selon la vitesse de déplacement. Cela fait de la rue un espace mixte, où la coexistence du piéton, cycliste, automobile et transport en commun crée un « tube » de lux accolés. Cette juxtaposition brise la crédibilité des lieux

Fig 105: Les couloirs-urbains

et leurs logiques spatiales. En effet passer d’une zone à une autre se fait d’une façon brutale ; tout est mêlé, mais la transition est parfois violente. Mais nul ne peut nier que cette notion est révélatrice de la mixité urbaine. Sur le plan architectural, la mise cote à cote des rues et des masses bâties, crée des réactions dites « urbatecturales », comme le seuil, le contraste et l’interface… Ces deux univers accolés donnent naissance à des villes faites de complexité et d’une spatialité riche et homogène.

Fig 106: Mixité de l’espace rue

67


2.

La piétonisation des villes

L’érosion de nos villes actuelles par les véhicules devient une sorte de grignotage de l’espace public. En effet, le piéton est souvent le grand oublié lors de la planification urbaine. Il semble être marginalisé dans la plupart des rues. Citons l’exemple du centre-ville de Tunis, où l’espace réservé aux piétons est souvent

Fig 107: Rue piétonne

interrompu par le stationnement des voitures ou des extensions des cafés. Il est donc devenu impératif de repenser la répartition de l’espace public.

« Il faut renverser la pyramide. Il faut que les piétons et les cyclistes soient au sommet, que ce soit eux qui guident les choix d'aménagement. Nous avons laissé un éléphant entrer dans le magasin de porcelaine : les voitures. » Mikael Colville-Andersen 31

Fig 108: Pyramide des occupants de la rue

A ce fait les concepteurs des villes de demain tentent de permettre aux piétons de reconquérir l’espace public conçu pour et autour d’eux. Cela va promouvoir, évidemment, une amélioration de la qualité de vie dans la ville en diminuant la nuisance sonore et en améliorant l’environnement urbain qui sera par conséquence moins stressant et plus sécurisé, avec une réappropriation de la rue. Ainsi les « plateaux piétons » sont devenus un luxe urbain grâce à leurs intérêts divers.

31

Mikael Colville-Andersen, expert en mobilité urbaine. Citation lors d’une entrevue avec Radio-Canada

68


2.1 Les rues piétonnes « Les rues piétonnes sont réservées en priorité aux piétons qui peuvent y déambuler à leur rythme. La piétonisation de rues permet la création de nouveaux espaces publics de proximité et favorise l’augmentation de l’animation urbaine, de la sécurité, de la convivialité ainsi que la réappropriation de l’espace public. »32 Accorder plus de place aux piétons permet de promouvoir la marche dans la ville et lui garantir le confort, la sécurité et le plaisir. Le concept des « plateaux piétons » désigne les espaces adaptés à la vie urbaine, qui sont propices à la déambulation et à la marche sans être perturbé par l’automobile. L’impact de ce concept sur les villes de nos jours montre que plus la ville est adaptée à un pourcentage de piétonisation élevé plus elle reflet un niveau de vie dynamique et sécurisé sur sa scène urbaine. Fig 109: Les plateaux piétons

2.2 Une réappropriation de l’espace public La piétonisation des rues permet de la transformer en espace public réapproprié ou encore en lieu de rencontre imprégné de l’identité la ville. Cela stimule la vitalité urbaine et valorise l’expérience quotidienne du piéton en lui donnant la possibilité d’un séjour urbain convivial.

32

Fig 110: Espace public réapproprié

Ville de Montréal, PROGRAMME D’IMPLANTATION DE RUES PIÉTONNES ET PARTAGÉES, 2016

69


B / L’ilot ouvert, vers une nouvelle « porocité » 1.

«L'espace Partagé» Concept de l'îlot ouvert

1.1

L’ilot ouvert

L’ilot ouvert est diffèrent de l’ilot fermé par sa forme qui se distingue par des traversées. Conçue par l’architecte Cristian de Portzamparc33, il se caractérise par une dualité de plein, souvent autonome, et un vide ouvert et lumineux

Fig 111 : Ilot fermé, plan libre et ilot ouvert

Portzamparc oppose son concept à celui des ilots haussmanniens- ou les façades sont formées d’une manière continue sur la rue avec une cour à l’intérieur- et celui de l’ilot des plans ouverts, ou les immeubles ne sont pas alignés à la rue.

33

Cristian de Portzamparc, un architecte et urbaniste français, créateur du concept de l’ilot ouvert

70


1.2

Les principes de l’ilot ouvert

L’ilot ouvert se caractérise par un certain nombre d’apport dans la constitution d’un quartier compact avec des qualités urbaines favorables. Il produit des formes différentes et composites et une multiplication d’espaces partagés. La résultante est donc, un quartier poreux, où se joue une alternance de volumes, de hauteurs, de couleurs et d’espaces ouverts. Cet espace devient

Fig 112: alternance des

alors un intermédiaire entre la rue et le bâti.

volumes de l’ilot ouvert

Fig 113: Principes de l'ilot ouvert

71


1.3

Les espaces partagés

Les espaces partagés traversant sont le concept même de l’ilot ouvert. Ils favorisent davantage les effets de perméabilité et de transparence en donnant une articulation avec les rues délimitant l’ilot.

Hans Monderman34 a développé cette notion de « shared space » qui apparait comme une restauration de la dimension humaine de la rue. Ce

Fig 114: l’espace partagé

concept s’étend alors comme une réconciliation des usagers de l’espace public.

“I don't want traffic behavior, I want social behavior”. Hans Monderman

a. Les nouvelles voies Ce sont de nouvelles percées dérivant de la rue dans l’ilot qui favorisent son ouverture. b. Les jardins privatifs Ils occupent l’intérieur de l’ilot jusqu’au bord des voies. La séparation entre les territoires publics, la rue, le privé et les jardins est claire. c. Les jardins partagés Sont des jardins construits et occupés collectivement par les habitants du quartier. Ils peuvent être un véritable lieu de rencontre, de convivialité, d’échange et de contemplation.

34

Fig 115 : espaces partagés de l’ilot ouvert

Hans Monderman, un ingénieur urbaniste néerlandais créateur de la théorie du ‘shared spaces’, à

l'origine du concept de route nue.

72


d. Les arrières des parcelles Elles sont généralement des superficies de terrain ayant une unité de propriété, ouvertes sur la rue. e. Les entre parcelles C’est l’espace partagé entre le bâti, générateur de la porosité à l’échelle de l’ilot. Ainsi « L’îlot est à

la fois espace public, espace collectif, espace

Fig 116: espaces partagés de l’ilot ouvert

intermédiaire et espace privé… » 35

2.

D’une porosité urbaine vers une urbanité du bâti

« La porosité, du latin poros (passage) et sitas (espace), est une conception de l’espace extrêmement intéressante. Théoriquement, elle représente le rapport entre les pleins et vides d’un milieu qui peut être traversé par différents fluides » 36 Elle est pour l’urbanisme comme est le mur pour l’architecture; un facteur structurel. C’est à ce propos qu’elle devient la répercussion de l’urbanité du bâti.

Fig 117: Porosité urbaine

Parmi les architectes qui se sont intéressés à cette notion, on cite Steven Holl. Ses projets représentent une véritable éponge poreuse à l’échelle urbaine et architecturale.

Fig 118: linked hybrid- Steven Holl

Fig 119: Casino Knokke-Heist- Steven Holl

35

Le projet urbain de Christian DEVILLERS

36

The physics of flow through porous media – 1974 ,p21, de Adrian E Scheidegger

73


3.

La rue ouverte corollaire de l’ilot ouvert

La rue ouverte est un élément conceptuel à l’image de l’ilot ouvert. Elle est définit en tant qu’espace urbain prolongé à l’intérieur de l’ilot, qui devient par suite un lieu d’entre deux ; entre le privé et le public. Elle constitue alors une intermédiaire entre la ville et le bâti, et participe à l’ouverture et l’homogénéité du paysage urbain. Cet espace de transit qui découle du concept de l’ilot ouvert est un véritable créateur du système connecteur et structurel du tissu urbain. Il favorise l’articulation entre la forme urbaine et la parcelle. Il devient le « puzzle de la ville »

« Le projet d’îlot est … comme une pièce d’un puzzle (le puzzle = la ville) qui permet une articulation entre parcelles et formes urbaines. » 37

Fig 120: La rue ouverte à l’image de l’ilot ouvert

37

Christian Devillers , Le projet urbain, Éditions du PAVILLON DE L’ARSENAL, 1994

74


C/ l’imbrication 1.

L’imbrication par interpénétration spatiale

« L’interpénétration spatiale réalise la continuité d’un espace à l’autre à partir du moment ou un élément important de définition, un mur, un plafond, un sol, appartient visiblement à deux ou plusieurs espace » 38 La relation d’un espace à un autre, qu’il soit à caractère intermédiaire ou transitionnel, s’exprime par la distance entre ces espaces, leur degré d’ouverture face à la frontière qui les sépare et la continuité d’un espace à l’autre.

Fig 121: interpénétration spatiale entre la rue et le bâtiment

Dans ce cas on parle d’une relation à caractère transitionnel entre la rue et le bâtiment. Donc l’imbrication de la rue par interpénétration spatiale assure une fluidité de la rue au bâtiment évoquant une continuité spatiale entre la sphère urbaine et la sphère architecturale.

2.

La notion d’inter-spatialité

Jacques Lévy 39amène la notion de « l’inter-spatialité » qu’il la classe en trois familles ; l’interface, l’emboitement et la Co-spatialité.

38

Pierre Von Mies, de la forme au lieu, édition Presse Polyethnique Lausanne, 2012, p 139

39

Jacques Lévy, un géographe français, spécialiste de géographie politique

75


«Dans le premier cas, c’est la mise en contact de deux espaces par une limite, où le seuil

est le lien entre eux. Dans le deuxième cas, il parle de l’inclusion des espaces les uns dans les autres. La dernière, la Co-spatialité, indique une coexistence de couches spatiales qui s’articule sur la même surface. »40

Fig 122: Les trois types d’inter-spatialité

Ainsi, ces trois caractéristiques spatiales déterminent les relations qui existent entre les différents espaces en précisant la nature de leurs interactions. Dans notre cas d’étude, ce fait nous amènera à identifier une nouvelle spatialité, où ces trois éléments peuvent eux-mêmes se combiner.

3.

Une ville de troisième type

La vie urbaine est perpétuellement productrice de séquences qui à leur tour déterminent les limites des cadres spatiaux de chaque élément urbain. Ces éléments présentent souvent, une disjonction entre le bâti et l’urbain. Alors ce qu’on veut dire ici par imbrication est précisément l’entremêlement spatial entre le bâti et l’espace urbain, qui est dans notre cas d’étude la rue. Fig 123: L’imbrication de l’urbain dans l’architectural 40

Jacques Lévy, M. Lussault, Dictionnaire de l'espace des sociétés, Paris, Belin, 2ème éd., 2013.

76


Autrement dit, on parle d’une « ville de troisième type » ou toute conception architecturale prendra en compte la conception urbaine et vice versa.

Fig 124: L’imbrication pour une ville de troisième type

4.

L’urbatecture

4.1

un mode de conception

Ce terme a été annoncé par Bruno Zevi 41 dans l’une de ses études du projet de Biaggio Rossetti. « Architecture et urbanisme ne sont pas deux disciplines séparées, mais deux

dimensions conceptuelles sur quelles s’articule la « projettation » de la ville et celle des édifices singuliers ». Zevi forge le terme d’urbatecture dans le sens où cette troisième dimension supprime la rupture entre architecture et urbanisme. Autrement dit, c’est une discipline qui crée un lien entre le projet et la ville. Elle nous mène à architecturer

Fig 125: L’urbatecture

la ville par le haut ce qui rend l’espace urbain un véritable territoire d’expérimentation.

«Ce néologisme, même sans étymologie cohérente, était indispensable. Art de concevoir et d’utiliser des systèmes urbains, eux-mêmes combinant des éléments architecturaux, l’urbatecture provient du regroupement de l’aspect morphologique de l’urbanisme, y compris le traitement des sites, et de la dimension urbaine de l’architecture.»42 41

Bruno Zevi, Apprendre à voir la ville, édition Eeupalinos, 1971

42

Bruno Zevi, le langage moderne de l’architecture, édition Eupalinos, Paris 1981

77


4.2

Projets urba-tecturaux

Peu nombreux sont les espaces ‘’urba-tecturaux’’ au centre-ville de Tunis qui offrent un vécu dynamique de leurs rues. Ils représentent un ilot ouvert à percée.

a.

Le Petit Colisée, Tunis

Fig 126: les percées transitionnelles du Colisée

Le petit Colisée de Tunis, est l’un des ilots rares dits ouvert ou à percé dans le centreville de Tunis. Il se caractérise par des traversées permettant une relation de perméabilité entre avenue Habib Bourguiba, avenue de paris et rue de Marseille. Ces rues intérieures reflètent une symbiose spatiale entre l’architecture et l’urbanisme en favorisant la transition d’une rue à une autre en passant par le bâtiment. Le prolongement des activités de la rue (commerces, cinéma, cafés...) à l’intérieure crée une atmosphère dynamique dans ces percées ‘’urbatecturales’’.

Fig 127: Colisée de Tunis, un ilot à percée

78


b.

L’immeuble de la nationale, Tunis

Il s’agit d’un immeuble urbain traversé par une rue qui ouvre sur deux avenues. L’idée est de penser à un lieu ‘entre deux’. Autrement dit, on parle d’un espace qui est à la fois urbain et architectural. Cet ilot ouvert qui se fait pénétrer par une rue permet alors aux passagers d’y accéder, voir ses boutiques intérieures et de profiter de sa cour à ciel ouvert qui invite à la pause et la détente et donne à cet espace une dimension ‘’urbatecturale’’.

Fig 128: Immeuble de la nationale, Tunis

79


c.

Centre de palmarium, Tunis

Le centre de palmarium se distingue par son occupation commerciale. Il est percé de rues intérieures occupées par des vitrines de boutiques tout au long des percées. Ces passages intérieurs sont la continuité des rues commerciales extérieures qui donnent naissance à une spatialité urbaine spécifique à ce centre.

Fig 129: Centre palmarium Tunis

5.

Le vide structurant / structuré

« L’importance du vide est tout à la fois pragmatique, métaphysique et métafonctionnelle, elle tient de la totalité productive et la façon de vivre l’espace.» 43 Le vide est la matière principale de la toile urbaine et architecturale. Il définit la capacité d’un espace à être habité, tel est le cas de la pause dans la musique. Autrement dit, c’est grâce aux espaces vides qu’on apprécie l’espace bâti.L’architecte urbaniste Jorge Cruz Pinto affirme qu’en-musique, la-pause et le silence sont au temps ce que le vide est à l’espace architectural.

43

.,

Jorge Cruz Pinto, L'éloge du vide, édition le carré bleu, 2010, p 8

80


Il affirme que toutes-les-deux, musique-etarchitecture, -construisent-des-ambiances-danslesquelles-le-vide, la-pause-et-le rythmedéfinissent-leur-capacité-à-être-écoutés-ou-habités. Le fil qui tisse la toile-urbaine n'est pas l'espace plein mais plutôt le tracé du vide : la structure de la

Fig 130: L’éloge du vide

voirie rend possible la communication à travers les espaces publics des rues qui se forment à partir des masses édifiées de blocs, de murs, d'îlots qui définissent les contours d'absence des vides urbains. De ce fait, le vide est directement lié à la conception architecturale en tant qu’élément structurant et structuré. Il est structurant dans le sens où il dirige et oriente l’espace ; un facteur qui conditionne l’organisation de l’espace. Il est structuré dans la mesure où il constitue l’espace dans son ensemble en liant les

Fig 131: Le vide structurant

différentes parties bâties entre eux. Ainsi, Il consolide, organise et unifie l’espace, que ce soit architectural ou urbain, et lui donne un sens.

« Dans toute intervention sur l’objet urbain, c’est l’espace vide qui doit structurer et configure l’espace construit, et non pas le bâtiment »44

Conclusion Cette fusion de la sphère urbaine et la sphère architecturale consiste à « urbaniser l’architecturale ». La réflexion urbaine ne peut se dissocier de la conception architecturale et vice versa. Il s’agit donc d’une nouvelle vision conceptuelle de la ville interactive ou les éléments urbains font partie de la création architecturale créant une coalition spatiale. Le projet ‘urbatectural’ devient alors un catalyseur de l’identité de la ville. 44

Jorge Cruz Pinto, L'éloge du vide, édition le carré bleu, 2010, p 13

81


82


Introduction « Le seuil est la clé de la transition et de la connexion entre des zones soumises à des prétentions territoriales différentes, et, en tant que lieu à part entière, il constitue la condition spatiale de la rencontre et du dialogue entre des espaces d'ordres différents. » 45 Fig 132: Le seuil

A / La rue seuil entre la ville et le projet 1.

Notion du seuil

La première définition que l’on peut donner du seuil est liée à la porte, « Dalle ou pièce de bois

qui forme la partie inférieure de l'ouverture d'une porte »46. Mais on ne peut prendre la porte toute seule, car le seuil englobe tout ce qui marque la différence entre deux espaces, il est donc une sorte de séparation symbolique. Il représente le lien entre deux milieux différents. Il est donc révélateur de la limite.

Fig 133: Le seuil, une limite à franchir

Le seuil peut être un point, une limite ou un moment au-delà du quel commerce un nouveau état.

Fig 134: le seuil… Point, limite, moment

45

Herman Hertzberger, lessons for students in architecture, edition 010 Publishers, 1991

46

Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

83


1.1 Les seuils urbains La notion de seuil nous permet d’interroger les espaces transitionnels de nos villes au regard de leurs potentialités d’articulation ; les seuils urbains. Ils sont fortement sollicités par la juxtaposition d’espaces très hétérogènes, contrastés et marqués par des changements de régimes de mobilité qui caractérisent l’expérience urbaine. Ces seuils deviennent très souvent des espaces de

Fig 135: seuils urbains

séjour urbain ou de pause grâce à leur vocation qui se manifeste dans un sens matériel ainsi que symbolique.

1.2 Les seuils à double sens Les seuils présentent un revu particulier en ce qu’ils interpellent à la fois mobilité (traverses et franchissements) et stase (rester aux limites, entre deux lieux).

Fig 136: Saisir le seuil, vivre l’urbain

Ils désignent en termes d’aménagement spatial à la fois le passage et le séjour. En termes d’ambiance, ils marquent un état de perception et d’action. De ce fait, des différenciations spatiales, sociales et temporelles s’établissent dans la stratégie d’usage urbain. Ainsi, la notion de seuil peut être abordée au double sens qu’elle porte ; un intermédiaire entre deux milieux au sens spatial ou emblématique. Fig 137: Le seuil au double sens

84


2.

Les frontages

Un frontage est le terrain compris entre la base d'une façade et la rue. Ce mot joue en fait un rôle important dans le vocabulaire de l’urbanisme aux Etats Unis, où il désigne vraiment l’espace de bord de rue, tant privé que public, qui s’étend devant le bâtiment. Il peut être scindé en de deux : D'abord le frontage privé qui est formé par le terrain privé situé entre la limite de propriété et

Fig 138: Frontages de la rue

la façade du bâtiment en retrait tournée vers la rue. Ensuite le frontage public consacré généralement à la circulation véhiculaire.

Fig 139: Habiter le frontage

« Les frontages nous révèlent les usages et les modes d’occupation de la rue au fil du

temps. Souvent, on constate qu’autrefois, les usages étaient nombreux et répartis tout autrement. Les pieds de façade que l’on considère aujourd’hui réservés à la circulation piétonne, à l’époque pouvaient servir d’estrades aux riverains ou de terrasse pour rentrer, sortir et séjourner dans la rue… Le piéton, quant à lui, cheminait librement sur la chaussée et utilisait occasionnellement les pieds de façade comme des refuges. Puis, pendant les décennies de développement automobile ont été privilégiés et on a peu à peu rejeté les piétons hors de la chaussée, sur ces pieds de façades nivelés considérés en conséquence comme un espace dédié à la seule cirdéculation des piétons. »47

47

Nicolas Soulier, De la voie circulée à la rue habitée, édition Cerema, fiche n7 , 2015

85


Les frontages contribuent à l’attractivité des rues. Ils permettent d’utiliser l’espace extérieur et d’installer plusieurs ouvrages d’aménagement urbain. Ils permettent l’accueil et l’intimité pour les habitations, la modération des vitesses de circulation en ajustant les emprises de chaussée trop large et permettent la sécurité des pétitions. Donc ces bords de rues qui constituent des seuils accueillants pour la sphère architecturale contribuent à créer une ambiance apaisée, une animation et une identité propre à chaque rue. Par conséquence, aussi bien pour le piéton que pour l’automobiliste, les frontages représentent un chemin simple et efficace pour que les seuils des rues soient exploités à l’égard de la pratique urbaine.

Fig 140: Les intérêts des fronatges de la rue

86


3.

La notion de limite

« Ligne qui détermine une étendue, une chose ayant un développement spatial; ligne qui sépare deux étendues. »48 La notion de limite réfère à la séparation entre les espaces de

Fig 141: Les limites

caractères différents et permet de distinguer entre deux milieux ; un intérieur d’un extérieur, un dessus d’un dessous… En matière d'architecture, les limites sont partout, à toutes formes et à toutes les échelles. Elles peuvent figurer dans un sens matériel, immatériel, visuel et voir même temporel.

« La limite n’est pas ce où quelque chose cesse, mais bien […] ce à partir de quoi quelque chose commence à être»49 La limite temporelle est souvent élaborée par un historien pour faire apparaitre un style ou un langage architectural qui appartient à une période précise. Pa contre les limites spatiales concerne plus précisément un langage matériel qui peut être physique ou visuel.

Fig 142: Les limites visuelles

En effet, les limites spatiales qui séparent la sphère

Exhibition Center of Otog,

urbaine de la sphère architecturale se distinguent par

China

de différents éléments ; porte, fenêtre, arc, hall, enveloppe, passage, patio… Par ailleurs, les limites visuelles se perçoivent à travers un changement de revêtement, ou de niveau ou à travers un dépassement de la toiture.

48

Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

49

Martin Heidegger, conférence « Bâtir Habiter Penser », 1951

87


Fig 143: SchĂŠma rĂŠcapitulatif de la notion de limite

88


4.

La dialectique spatiale

4.1

Privé / public

La dialectique spatiale entre le privé et le public a été toujours un point de réflexion chez les concepteurs d’espace. Il est difficile de tracer la frontière entre ces deux espaces, car la relation qui existe entre l’individu et son espace est toujours complexe. On se demande souvent comment vivre dans sa bulle privé tout en étant dans un milieu public ? En effet, cette notion de bulle personnelle, traduisant l’existence d’une frontière non physique qui existe entre l’homme et son espace nous mène à réfléchir les espaces dont un individu a besoin en présence d’autres personnes. A ce propos, Abraham Moles affirme que cette bulle ou coquille est une limite

Fig 144: Les bulles de Moles, du privé vers le public

fixe du champ privé de chaque individu, audessus de la quelle s’ajoutent d’autres bulles, jusqu’à tracer son chemin vers le monde public. Cette dualité est un modèle d’études théoriques suivant lequel se traçaient les rues depuis l’antiquité. En effet, nul ne peut nier qu’aujourd’hui la rue est sans doute un espace public. Il s’agit d’un lieu collectif d’échanges, de sociabilité et d’expressions. En d’autres termes, c’est l’espace de l’être en commun avec l’autre. Par ailleurs, ce qui est privé ne s’oppose pas avec ce qui est public, mais évoque une

Fig 145: dualité privé public

89


nature différente. Le privé, c’est l’espace personnel, intime. C’est le lieu d’expression de la singularité de chaque individu. Donc la rue, saisie comme un lieu de vie, peut être appréhendée comme un espace privé, tel est le cas de quelques ruelles à la Médina de Tunis, ou comme étant un espace public tel est le cas de la plupart des rues dans le monde entier. Cette dualité favorise un tissage d’une scène urbaine mixte ou le privé et le public créent une dialectique spatiale riche d’échange et d’interaction.

Fig 146: la coquille spatiale du privé au public

« La scénique urbaine tisse le lien entre un privé et un public qui ne sont jamais radicalement séparés… l’existence d’un tissu urbain favorise ce mouvement incessant qui met en relation l’intérieur et l’extérieur, le privé et le public, le dedans et le dehors. Ce type d’espace rend donc possible un type de rapports humains, ceux qui correspondent justement à l’expérience urbain »50

Fig 147: La scénique urbaine 50

Olivier Mongin, La Condition urbaine, La ville à l’heure de la mondialisation, édition Points, 2009

90


4.2

Dedans / dehors

« L'intérieur acquiert son intensité par la présence de limite face à un extérieur »51 L’architecture est un jeu d’articulation entre le dedans et le dehors. Le dehors est un espace personnel, clos et délimité par des éléments architecturaux, ce qui permet à l’homme de contrôler ses accès et d’établir la sécurité et le confort. le dedans est, quant à lui, un espace vaste, infini et incontrôlable. En effet cette dialectique spatiale nous mène souvent à réfléchir sur la nature des frontières qui séparent un dedans d’un dehors.

Fig 148: L’extériorité de l’intérieur

Dans son livre « La poétique de l’espace »,

Gaston Bachelard 52affirme que « La dialectique du dehors et du dedans est appuyée sur un géométrisme renforcé où les limites sont des barrières. ». Cela forme, selon lui, une dialectique d’écartement, qui incite à vivre le dedans dans le confort du dehors, ou de vivre le dehors dans le confort du dedans. On parle alors d’une fluidité spatiale où les espaces de l’intérieur et de extérieur se pénètrent et forment un entre deux. Fig 149 : La dialectique du dehors et du dedans 51

Pierre Von Mies, de la forme au lieu, édition Presse Polyethnique Lausanne, 2012, p 121

52

Gaston Bachelard, un philosophe français du 20ème siècle

91


Nous nous sommes focalisée dans ce travail sur la rue et la manière dont elle est vécue et appréhendée par ses habitants. Quand on évoque cette dualité spatiale nous devons en outre nous intéresser à la façon dont les différentes modalités spatiales circulent entre dehors et dedans, vu qu’en premier-temps, la rue présente un lieu d’activité extérieur et que dans un deuxième temps l’intérieur est intimement lié et indissociable de l’extérieur Donc la rue représente un espace transitionnel qui jouit des qualités spatiales d’entre deux.

Fig 150: La dualité spatiale de la rue

Elle est généralement un espace qui comprend à la fois les caractéristiques d’un espace introverti (le cas d’une rue intérieure dans un immeuble) qui permet le contrôle de confort et de sécurité, ainsi que les caractéristiques d’un espace extraverti. Elle est donc un espace à deux réalités ; elle assure la liberté de l’extériorité, et elle permet le contrôle et la sécurité désirés par ses occupants.

Fig 151: La dialectique d’écartement

92


5.

Le l’entre deux

L’entre deux peut être définit en tant qu’espace de jonction, de transition, entre deux espaces à identité différente. Ces milieux transitoires sont des lieux riches d’expériences et de perception de l’espace, vu qu’ils ont une spatialité qui intègre les caractéristiques des deux espaces qu’ils délimitent. L’Homme étant en mouvement, il est constamment dans l’entre deux. Ce dernier, royaume de l’esprit, est la vraie richesse de

Fig 152: Le entre deux

l’architecture ainsi que de l’urbanisme. En effet, c’est à ce niveau qu’on devient conscient de la qualité spatiale et de l’ampleur de l’espace limité. Donc l’entre deux peut être considéré en tant qu’un espace tampon qui a pour intérêt majeur de faire figurer la frontière et de donner forme au passage et à la transition d’un espace à un autre. Il est donc l’articulation inhérente à la rencontre de deux types d'espace. Etant assez informels, ces espaces peuvent être plus que de simple lieu de transition. Ils ont un grand potentiel d’adaptabilité puisqu’ils peuvent convenir à toutes sortes d’activités qui participent à l’aménité urbaine.

Conclusion Pour donner sens à la rue, en tant qu’un espace de transit, il est nécessaire de provoquer la dialectique spatiale entre dedans et dehors, privé et public… Cette dialectique nous permet de tracer le seuil qui peut être exprimé sous différentes formes. Il est en même temps un espace de passage et de séjour. Il est donc à la fois une limite et une jonction entre la sphère urbaine et la sphère architecturale. Donc estomper ce seuil à travers une extériorisation des espaces intérieurs sera une expérimentation spatiale qui permettra de vivre el entre deux.

93


94


Introduction De la médina à la ville coloniale, vers le Lac 3, la ville de Tunis ne cesse de s’étaler. Etant la ville la plus peuplée et la capitale de la Tunisie, cette ville est passée par plusieurs phases au fil du temps. Son évolution urbaine peut être divisée selon des époques. Chaque époque a laissé une épreinte architecturale et urbaine. Partant de la médina, vers l’avenue Habib Bourguiba arrivant aux berges du lac, on note que la transition se fait selon un tissu urbain spécifique à chaque période. D’une ville architecturée vers une architecture urbanisé jusqu’à arriver à un contexte ‘urbatecturé’, le Lac 3 sera notre support d’expérimentation afin de développer le concept d’urbatecture et d’estomper le seuil de la rue.

Fig 153: De la médina vers le Lac

95


A/ le contexte d’intervention 1.

Le contexte général ; La ville de Tunis

1.1 La situation géographique

Située au nord de la Tunisie, Tunis est la capitale du pays. Elle est marquée par une richesse architecturale et urbaine grâce aux passages des différentes civilisations. Son cœur historique, est la médina, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Fig 154: Le contexte géographique de Tunis

Fig 155: Vue aérienne de Tunis et son lac

96


1.2 La transition de la Médina au Lac 3

Fig 156: La genèse de la ville de Tunis

Tunis est une ville qui s’étale depuis sa médina, dite le cœur historique de la ville. Elle été fondé en 698 autour d’un noyau central ; la mosquée ‘’Zitouna’’. Ayant un tissu organique, la médina possède une première enceinte qui entoure la mosquée et les différents souks et habitations. Ensuite elle s’étale vers le nord et vers le sud, ce qui donne naissance à deux faubourgs, et une deuxième enceinte. Après l’instauration du protectorat français, la construction de la ville coloniale a commencé. Elle s’est agrandie autour d’un grand axe : l’actuelle avenue Habib Bourguiba. La ville ne cesse de se développer jusqu’à nos jours sur plusieurs axes notamment le lac. C’est cet axe qui fait l’objet de notre étude.

Fig 157: De la médina au Lac 3

97


1.3 Le tissu urbain

Le tissu urbain entre la médina et la ville coloniale passe d’un découpage organique vers un découpage régulier, tout en passant par un tissu dit précolonial, qui montre le commencement du changement vers la ville coloniale. Entre la ville coloniale et la nouvelle cité

Fig 158: Tissu transitionnel de la médina vers Tunis

‘’Lac 3’’, le changement s’effectue au niveau du traçage des ilots. On passe d’un ilot fermé vers un ilot ouvert.

Fig 159: Tissu transitionnel de Tunis vers le Lac

98


1.4

De la rue à l’ilot

a. Les ilots de la Médina

b. Les ilots de la ville coloniale

Fig 160: La transition de la rue vers l’ilot

99


2.

Le contexte intermédiaire ; Le lac 3

Situé dans le prolongement de l’avenue Habib Bourguiba de Tunis, le Lac 3 propose un prolongement de la ville de Tunis vers son lac. Les activités privilégiant la mixité ; bureaux et habitats. Tourné vers le lac, sa mise en valeur ponctue la grande promenade qui longe l’eau et fait du

Fig 161: Le Lac 3 ; une ouverture de la ville

lac le nouveau centre animé de la capitale.

2.1

Le projet présenté par l’atelier ‘’Lion associés’’

Ce projet vise à créer une continuité avec le tissu de la ville coloniale de Tunis et le Lac.

Fig 162 : La proposition de Lion Associés

Maitrise d’ouvrage : société de promotion du lac de Tunis SPLT Le maitre d’œuvre : Atelier Lion associés La surface : 260 hectares

100


Selon le directeur de l’urbanisme de la SPLT, dans l’intention de «réconcilier la ville avec le lac», l’extension de la ville se fera en quatre îles séparées entre elles par des canaux. Cette singulière géographie a été pensée pour permettre l’évacuation des eaux du canal qui se trouve entre les îles et le centre-ville de Tunis. Ainsi ces eaux stagnantes seront déversées dans le lac et les eaux du lac seront à leur tour déversées dans la mer grâce au canal d’Archimède qui se trouve près du TGM. Par ailleurs, pour favoriser l’intégration du site avec son environnement trois passerelles seront construites pour permettre la circulation entre les îles et le centre de Tunis.

Fig 163: Les enjeux d’articulation avec la ville

Selon l’atelier de ‘’Lion associé’’ ce projet vise à prolonger le centre-ville de Tunis jusqu’à l’eau en offrant aux Tunisois une véritable corniche autour du lac. Ce nouveau quartier accueillant un business center, et des équipements majeurs, privilégie la mixité bureaux et habitats. Des activités tournées vers le lac permet sa mise en valeur, ponctuent la grande promenade qui longe l’eau et font du lac le nouveau centre animé de la capitale.

101


Fig 164: La place centrale

Fig 165: La place qui ouvre sur le lac

2.2 La distribution programmatique

Fig 166: Distribution des programmes et des CUF 102


2.3 Les typologies des parcelles

Fig 167: Les diverses typologies

Parcelle de Villa uniquement CUF 0.6 / Ilot = 110 x 90 m

Parcelle de résidentiels semicollectifs + activités CUF 2 / ilot = 110 x 100 m CUF 0.6 / Ilot = 110 x 90 m Parcelle de Villa + résidentiels semicollectifs CUF 0.6 + CUF 2 / ilot = 110 x 90 m CUF 0.6 / Ilot = 110 x 90 m Parcelle mixte de résidentiels collectif + bureaux CUF 4 / ilot = 110 x 100 m CUF 0.6 / Ilot = 110 x 90 m Parcelle de bureaux CUF 4 / ilot = 100 x 90 m

103


3.

Le contexte particulier ; Secteur B

Le secteur B possède les particularités d’une ile par la présence de l’eau qui délimite toute la zone. Les deux ponts métalliques assurent la continuité avec les avenues Ghana et Cyrus le grand. Ce choix s'explique par l'existence d'une zone purement piétonne (autour de la grande placette)

Fig 168: Zone B du Lac3

contrairement au secteur A qui comporte un flux véhiculaire important. Les avantages du terrain choisi 

Une ouverture sur la placette principale

Une accessibilité à partir de la corniche

Une vue dégagée sur le lac

Un flux piéton important

Un espace à rythme actif pendant les différents moments de la journée

Une distribution fonctionnelle composée d’activités et de commerces 104


B/ le programme 1.

Les entités du programme

La rue est avant tout un espace de flânerie, de rencontre et de loisir. C’est un lieu que les gens de passage peuvent s’approprier en faisant leur promenade. Elle est un lieu où les rassemblements, l’art, la culture et la consommation prennent racines. Ainsi, le programme est inspiré des activités de la rue et le projet sera un lieu qui incite à la flânerie, à la déambulation, ou encore à l'éveil des sens dans le cadre d’une exploration artistique et culturelle. Il sera composé de trois entités principales ;

Promenade Galerie

Déambulation

Café

Exposition

Echange

Aire de restauration

Errance

Stands commerciaux

Détente

Gradin urbain

Atelier de créations Cinéma en plein air Bibliothèque libre Salle de conférences Scène musicale

Séjour Pause Scène urbaine

Fig 169: Les entités du programme

105


1.1

« La flânerie urbatecturale » Le

flâneur

également

représente une

figure

essentielle dans le processus de mise en scène de l’espace urbain. En tant qu’intellectuel vagabond, il possède à la fois la sensibilité poétique et la science nécessaires pour lire la ville et l’œuvre architecturale, brosser

le

portrait

des

multiples usages de ses rues et dépasser les stéréotypes.

Fig 170: La flânerie dans l’espace Cette notion désigne les poètes et les intellectuels qui, en se promenant, observent de façon critique les comportements des individus. Chez le flâneur, le corps en mouvement dans l’espace urbain n’est pas seulement celui des jambes, mais surtout celui des yeux et de l’esprit (dans ses composantes cognitives et émotives). C’est comme si, dans ce mouvement physique, il retrouve, dans cette conjonction du corps et de l’esprit, ses instruments de perception, un équilibre aiguisant sa pensée, une vision renouvelée de son espace.

« L’activité du flâneur consiste principalement à se balader et à traîner, à scruter les environs, mais également à analyser la modernité dans une perspective critique. » 53

Fig 171: Profils de flâneurs 53 Giampaolo

Nuvolati, Le flâneur dans l’espace urbain, open Edition, 2009, p. 7-20

106


1.2

Un espace artistique et culturel

La rue a toujours été un espace de pratiques culturelles et artistiques qui prennent lieu « hors les murs ». Ces pratiques font souffler un air festif dans l’ordinaire de l’urbain. Ils font de la rue un véritable lieu d’expérimentation et de partage. Ainsi l’art et la culture représentent des évènements divertissants qui apportent l’animation et valorisent le dynamisme des rues.

1.3

Un espace de rencontre Nul ne peut nier que la rue est, par excellence, un lieu de rencontre et de d’échange. Café, restaurants, vitrines, marchands ambulants… tous squattent cet espace public et favorise le lien entre ses occupants.

Fig 172: La rue entre art, culture et rencontre 107


2.

L’organigramme fonctionnel L’organigramme fonctionnel répond à une ‘’éponge urbatectural’’ où chaque espace se met en interaction avec l’autre afin d’avoir une continuité spatiale et programmatique. Le projet se compose ainsi d’une unité culturelle, une unité artistique, une aire de rencontre, un gradin urbain et une unité administrative. Ces espaces s’articulent autour des rues ‘’urbatetcurales’’

Une interface qui permet la détente, la rencontre et le partage à travers une « Poro-cité » où la rue représente un support de toute interaction urbaine ou architecturale.

Fig 173: Organigramme fonctionnel 108


3.

Tableau des surfaces

Espace

Sous espaces

Unité

Surface

Surface

unitaire

d’unité

2

et de flânerie culturel et artistique

Unité de diffusion et d’échange

Unité de détente

(m ) Espaces

Terrasses observatoires

2

200

mirador

Passerelles

5

30

Gradin urbain

1

170

Espaces d’animation évènementielle

1

80

Espace de jeux

4

30

Tables citoyenne d’échange

1

180

Espace de

culturel

diffusion

Espace de lecture libre

1

150

Cinéma en plein air

1

140

Street art peinture

2

130

Photographie

1

80

Calligraphie

1

70

Sculptures de rue

1

150

4

90

Aire de restauration

2

200

Stands commerciaux

5

45

Espace de séjour urbain

2

90

Accueil

1

30

dépôt

2

25

Bureaux

3

45

culturelle

Galeries Ateliers de

d’exposition

pratiques artistiques

Ateliers collaboratif avec les

(m 2 )

920

470

930

rencontre

partage et de

Administration

Unité de

artistes

880

200

Surface nette : 3400 Surface d’appoint : 45% Soit 4900*45%= 1530 Surface totale : 4930

109


C/ Le projet-concept 1.

Les concepts retenus

Fig 174: Les concepts retenus 110


2.

La genèse du projet

Fig 175: La genèse du projet 111


Fig 176: La genèse du projet 112


3.

Les ambiances spatiales

Fig 177: Les ambiances spatiales

113


-

Fig 178: La rue, estompe seuil 114


Plan RDC 115


Plan 1ère étage 116


Plan 2ème étage 117


Esprit de composition

118


Plan masse 119


Faรงade Sud

Faรงade Est

Coupe A-A

120

Coupe B-B


Conclusion générale Architecturer l’espace public est une manière de concevoir des espaces urbains conviviales qui offrent une symbiose entre le projet et la ville et rejoignent les sphères du privé et du public. Ces espaces de mouvement et de détente favorisent l’interaction entre les deux bords. Ils rendent possible de voir la ville palpiter. Dans ce contexte, la rue, saisie comme support d’étude, renvoie à repenser les seuils qui existent entre la sphère architecturale et les multiples univers urbains. Elle est la frange de transition. Cela lui donne un caractère complexe dans sa définition même. Ce sujet permet de dépasser les stéréotypes standards de la rue en tant que simple voie de passage, dans le but d’interroger sa dimension polysémique étant un lieu physique et un espace emblématique vécu par ses occupants. La présente étude nous a permis de retracer la genèse de la rue et d’étudier ses différents enjeux intersubjectifs afin de concevoir un entre deux où la rue intérieure représente une extension de la rue urbaine, créant, par conséquence, une symbiose spatiale fusionnant les deux univers. L’entremêlent spatial entre les deux rues relève d’un souci de recherche sur la notion d’urbatecture. Il s’agit d’une discipline qui incite à architecturer l’urbain et à urbaniser l’architectural. A travers une multitude de concepts qui découlent de cette notion, tel que la porosité, la continuité, la flexibilité, l’inter-spatialité, la conception architecturale suggère une infinité de possibilités de reconfiguration de la rue. La rue, ainsi, offre au projet une complexité spatiale qui permet de se réapproprier l’espace public en estompant le seuil qui incarne la césure entre les deux univers accolés. Ce projet donne une nouvelle vision à un espace qu’on parcourt souvent sans lui accorder une importance, vu le rétrécissement des plateaux piétons dans nos villes. Donc, « la rue urbatecturale » assure le lien entre la ville et le projet et permet de rendre la ville une « poro-cité » révélatrice de toute interaction sociale. 121


Table des matières Remerciements……………………………………………………………………………………………………………………2 Dédicaces………………………………………………………………………………………………………………………….…3 Sommaire …………………………………………………………………………………………………………………………...4

Chapitre I : Introduction au sujet 1. 2. 3. 4. 5. 6.

Préambule……………………………………………………………………………………………………………………………6 Introduction ………………………………………………………………………………………………………………………..7 Problématique ……………………………………………………………………………………………………………………9 Méthodologie d’approche ………………………………………………………………………………………………..10 Brainstorming…….………………………………………………………………………………………………………………12 Carte mentale ……………………………………………………………………………………………………………..…….13

Chapitre II : La rue, corollaire de la ville A / Essai de définition 1.

La rue………………………………………………………..……………………………………………………………………...……...15 3.1 La rue, le bien commun par excellence ……………………………………………………………………………16 3.2 La triplicité de l’espace rue ……………………………………………………………………………………………….17 4. La rue à l’image de la cité selon Kevin Lynch …………………………………………………………..………18

B / Genèse de la rue 1.

Le village sans rues……………………………………………………………………………………………………………20

2.

Ville médiévale…………………………………………………………………………………………………………………..21

3.

Ville moderne……………………………………………………………………………………………………………………23

4.

Ilot ouvert ………………………………………………………………….……………………………………………………..24

Chapitre III : La rue au service de l’urbanisme par dichotomie Introduction ; De la dichotomie spatiale en architecture A / La configuration spatiale de la rue ; Une réalité objective Introduction………………………………………………………………………………………………………………………....27 1.

Contextualisation de la rue (Medina et le centre-ville de Tunis) ……………………………………….29 1.1 Morphologie ………………………………………………………………………………………………………………….…29 a-

Les rues du centre-ville de Tunis……………………………………………………………………………….29

b- Les ruelles de la Médina de Tunis……………………………………………………………………………..30 1.2 Figures ………………………………………………………………………………………………………………………………31 1.3 Echelle……………………………………………………………………………………………………………………………….33 2.

Les dimensions paysagères de la rue …………………………………………………………………………...…35 2.1 La végétation…………………………………………………………………………………………………………………….35 2.2 Mobilier urbain………………………………………………………………………………………………………………….35

122


2.3 Revêtement de sol…………………………………………………………………………………………………………….35 3.

Les types de rue………………………………………………………………………………………………………………..36

1.2

Rue ouverte / Rue couverte………………………………………………………………………………………………36

1.3

Rue piétonne / Rue mixte………………………………………………………………………………………………....36

1.4

Rue verticale………………………………………………………………………………………………………………………37 a-

Suivant la topographie………………………………………………………………………………………………37

b- Suivant l’intimité…………………………………………………………………………………………………………37 c2

Suivant la théorie ………………………………………………………………………………………………………38

Les nœuds de la rue ………………………………………………………………………………………………………..38

2.1

Le nœud, un lieu urbain ………………………………………………………………………………………………….38 a-

L’élargissement des rues …………………………………………………………………………………………..39

b- La place ; une cour urbaine……………………………………………………………………………………….39

2.2 Les modèles d’organisation de nœud-rue ………………………………………………………………………40 2.3 Les types des nœuds de rue……………………………………………………………………………………………..41 B / La dénomination emblématique de la rue; une réalité subjective 1.

La dimension symbolique de la rue………………………………………………………………………………….42

2.

Un espace spatio-temporel ……………………………………………………………………………………………..43 2.1 Ephémère……………………………………………………………………………………………………………………….…43 2.2 Palimpseste……………………………………………………………………………………………………………………….44 2.3 Rythme……………………………………………………………………………………………………………………………...44

3.

Un espace évènementiel…………………………………………………………………………………………………..45 3.1 Manifestation ……………………………………………………………………………………………………………………45 3.2 Festivité …………………………………………………………………………………………………………………………….45 3.3 Expression artistique…………………………………………………………………………………………………………46

4.

Un espace social………………………………………………………………………………………………………………..47

5.

Un espace sensoriel …………………………………………………………………………………………………………48

6.

Un espace séquentiel ……………………………………………………………………………………………………….48 Synthèse …………………………………………………………………………………………………………………………...49

Chapitre IV: La rue au service de l’architecture : Une réalité intersubjective 1.

Un outil architectural …………………………………………………………………………………………………….….51 1.1 Le couloir……………………………………………………………………………………………………………………………51 1.2 Raisonnement par analogie….…………………………………………………………………………………………..52

2.

Un mouvement spatial..………………………………………………………………………………………………….…54

123


2.1 La construction spatiale du mouvement……………………………………………………………………...…..54 2.2 Temporalité du mouvement….………………………………………………………………………………………….54 2.3 La circulation …………………………………………………………………………………………………………………….55 a-direction…………………………………………………………………………………………………………………………55 b-Position……………………………………………………………………………………….…………………………………55 3.

Les caractéristiques de la rue dans la pensée architecturale……………………………………………56 3.1 La promenade architecturale……………………………………...…………………………………………………….56 3.2 La profondeur……………………………………………………………………………………………………………………56 3.3 La mobilité ………………………………………………………………………………………………………………………..57 3.4 La lumière………………………………………………………………………………………………………………………….58

4.

Un espace transitionnel ……………………………………………………………………………………………………59 4.1 Les galeries ……………………………………………………………………………………………………………………….59 4.2 Les passages couverts ou « corridor urbain » …………………………………………………………………60 4.3 Sabat………………………………………………………………………………………………………….………………………61 4.4 Les souks couverts ……………………………………………………………………………………………………………61 4.5 Prolongement de couverture entre deux volumes..…………………………………………………………62

5.

La rue corridor dans la pensée corbuséenne..………………………………………………………………….62

6.

D’un espace servant à une architecture de connexion ……………………………………………………63 6.1 Espace servi/servant..………………………………………………………………………………………………………..63 6.2 Architecture de connexion………………………………………………………………………………………………..64

Chapitre V : De la juxtaposition vers l’imbrication A/ La juxtaposition 1.

La juxtaposition révélatrice de la mixité urbaine……………………………………………………………..66

2.

La piétonisation des villes…………………………………………………………………………………………………67 2.1 Les rues piétonnes…………………………………………………………………………………………………………….68 2.2 Une réappropriation de l’espace public ………………………………………………………………………….68

B/ L’ilot ouvert, vers une « poro-cité » 1.

«L'espace Partagé» Concept de « l'îlot ouvert » …………………………………………………………….69 1.1 L’ilot ouvert……………………………………………………………………………………………………………………….69 1.2 Les principes de l’ilot ouvert …………………………………………………………………………………………….70 1.3 L’espace partagé………………………………………………………………………………………………………………..71 a-

Les nouvelles voies……………………………………………………………………………………………………..71

b- Les jardins privatifs …………………………………………………………………………………………………….71

124


c-

Les jardins partagés……………………………………………………………………………………………………71

d- Les arrières des parcelles……………………………………………………………………………………..……72 e-

Les entre parcelles………………………………………………………………………………………………..……72

2.

D’une porosité urbaine vers une urbanité du bâti……………………………………………………………72

3.

La rue ouverte corollaire de l’ilot ouvert…………………………………………………………………………..73

C/ l’imbrication 1.

L’imbrication par interpénétration spatiale………………………………………………………………………74

2.

La notion d’inter-spatialité …………………………………………………………………………………………….…74

3.

Une ville de troisième type ………………………………………………………………………………………………75

4.

L’urbatecture …………………………………………………………………………………………………………………….76 4.1 un mode de conception……………………………………………………………………………………………………76 4.2 Projets ‘urba-tecturaux’ ……………………………………………………………………………………………………77 a-

Le petit Colisée, Tunis………………………………………………………………………………………………..77

b- L’immeuble de la nationale, Tunis……………………………………………………………………………..78 c5.

Le centre de palmarium, Tunis…………………………………………………………………………………..79

Le vide structurant / structuré .………………………………………………………………………………………..79

Chapitre VI : La rue, seuil entre la ville et le bâtiment 1.

La notion du seuil………………………………………………………………………….……………………………….....82

1.1 Les seuils urbains……………………………………………………..……………………………………………………….83 1.2 Les seuils à double sens.…………………………………………………………………………………………………..83 2.

Les frontages..……………………………………………………………………………………………………………………84

3.

La notion de limite…………………………………………………………………………………………………………….86

4.

La dialectique spatiale……………………………………………………………………………………………………….88

4.1 Privé / public……………………………………………………………………………………………………………………..88 4.2 Dedans / dehors…..……………………………………………………………………………………………………………90 5.

Le l’entre deux ………………………………………………………………………………………………………………….92

Chapitre VII: Vers une matérialisation... A/ le contexte d’intervention 1.

Le contexte général ; La ville de Tunis………………………………………………………………………………95 1.1 La situation géographique …..…………………………………………………………………………………………..95 1.2 La transition de la Médina au Lac 3…..……………………………………………………………………………..96

125


1.3 Le tissu urbain…..………………………………………………………………………………………………………….……97 1.4 De la rue à l’ilot…..……………………………………………………………………………………………………………..98 2.

Le contexte intermédiaire ; Le lac 3…..…………………………………………………………………….………..99 2.1 Le projet présenté par l’atelier Lion associés …..………………………………………………………………99 2.2 La distribution programmatique …..…………………………………………………………………….………….101 2.3 Les typologies des parcelles …..…………………………………………………………………….………………..102

3.

Le contexte particulier ; Secteur B…..…………………………….………………………………………………...103

B/ le programme 1.

Les entités du programme …..………………………………………………………………………………...104 1.1 « La flânerie urbatecturale »…..……………………………………………………………………………….105 1.2 un espace artistique et culturel…..…………………………………………………………………………………..106 1.3 Un espace de rencontre………..…..……………………………………………………………………………………106

2.

L’organigramme…..………………………………………………………………………………………………………….107

3.

Tableau des surfaces…..………………………………………………………………………………………………..…108

C/ Le projet-concept 1.

Les concepts retenus …..…………………………………………………………………………………………………109

2.

La genèse du projet…..……………………………………………………………………………………………………110

3.

Les ambiances spatiales …..…………………………………………………………………………………………….112

Conclusion générale …..………………………………………………………………………………………………………114 Table des matières………………………………………………………..……………………………….………………………...…115 Table des figures ……………………………………………………………………………………………………………….……… 120 Références bibliographiques …………………………………………………………………………………………….……….125

126


Table des figures La figure

La source

Fig 1 : La rue, une écriture de la ville

Source personnelle

Fig 2 : La méthode d’approche

Source personnelle

Fig 3 : brainstorming ; LA RUE

Source personnelle

Fig 4 : La carte mentale ; LA RUE

Source personnelle

Fig 5 : La rue urbaine Fig 6 : La rue, un espace public Fig 7: La triplicité de l’espace-rue

Pinterest Sam Javanrouh, Oxford Source personnelle

Fig 8 : La perception de la rue selon Kevin Lynch

Livre « Image de la cité »

Fig 9: La clareté directionelle

Livre « Image de la cité »

Fig 10 : La succecssion qui aboutit a un changement de direction

Livre « Image de la cité »

Fig 11: Variation des espaces plantés

Livre « Image de la cité »

Fig 12 : Grilles des rues constituant les formes urbaines de la ville

Pinterest

Fig 13 : Carte de Çatal Höyük

Google image

Fig 14 : La ville sans rue

Google image

Fig 15 : La rue au moyen âge

Google image

Fig 16 : plan Hippodamien schématique

Google image

Fig 17: rues médiévales en échiquier

Source personnelle

Fig 18: rues médiévales en étoile

Source personnelle

Fig 19 : Coupe sur ilot fermé et rue type

Source personnelle

Fig 20 : rues haussmanniennes à Paris

Source personnelle

Fig 21 : La transition au cœur de l’ilot fermé

Source personnelle

Fig 22 : Coupe sur ilot ouvert et rue type

Source personnelle

Fig 23 : Rue de l’ilot ouvert

Pinterest

Fig 24 : La transition au cœur de l’ilot ouvert

Source personnelle

Fig 25 : La genèse de la rue

Source personnelle

Fig 26 : Mike Philbin art-Dichoto

Pinterest

Fig 27 : Dichotomie de la rue

Source personnelle

Fig 28: La réalité intersubjective de l’espace par dichotomie

Source personnelle

Fig 29 : Les rues du centre-ville de Tunis

Source personnelle

Fig 30 : Les ruelles de la médina de Tunis

Source personnelle

Fig 31 : Rues du centre-ville de Tunis

Source personnelle

Fig 32 : Avenues Habib bourguiba Tunis

Source personnelle

Fig 33: Rue de Marseille, Tunis

Source personnelle

Fig 34: impasse Ibn Abdoun, Tunis

Source personnelle

Fig 35 : Le réseau viaire de la médina de Tunis

Source personnelle

Fig 36 : Types de rues à la médina

Source personnelle

127


Fig 37 : échelles de rues de Tunis

Source personnelle

Fig 38 : échelles de ruelles de la Médina

Source personnelle

Fig 39: La végétation, Las Ramblas Barcelona

Pinterest

Fig 40 :Les skateparks à Paris, rue Cladel

Pinterest

Fig 41: Rue Cor de Rosa portugal

Pinterest

Fig 42 : Les types de rue

Pinterest

Fig 43: La rue verticale

Source personnelle

Fig 44: La rue hélicoïdale de Chenini, Tataouine

Source personnelle

Fig 45 : Les rues verticales de Ghadamès, Lybie

Source personnelle

Fig 46 : Illusion de la rue verticale Fig 47 : Le nœud, un lieu de jonction, de concentration et de dispersion

YFA agence à Grenoble Source personnelle

Fig 48 : Elargissement des voies

Pinterest

Fig 49 : Place D’arc de triomphe de l’étoile à Paris

Pinterest

Fig 50 : les six motifs fondamentaux de l’organisation nœud-rue

Source personnelle

Fig 51 : Les types d’extensions de rue

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Fig 52 : La rue, un espace symbolique

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Fig 53 : La rue, un espace éphémère

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Fig 54 : la durée et l’instant de la rue

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Fig 55 : La rue palimpseste - Françoise MAILLET Fig 56 : Le rythme de la rue

Françoise MAILLET Pinterest

Fig 57 : Manifestation dans la rue ,14 janvier Tunis

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Fig 58 : Les JCC à avenue Habib Bourguiba

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Fig 59: Fête de la rue Gracia, Barcelone

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Fig 60: Street dance

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Fig 61: Street music

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Fig 62: théâtre de rue

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Fig 63: Street art à Djerba Hood

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Fig 64: « La beco do Batman » Sao Paolo

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Fig 65: Art de la rue, Dream City

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Fig 66 : La triplicité de l'espace social

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Fig 66 : La triplicité de l'espace social

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Fig 68: La rue, un espace sensoriel

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Fig 69 : La séquentialité des ruelles de la Medina de Tunis Fig 70: La rue en toute franchise Fig 71: Le couloir, un dispositif spatial

Travail du groupe Source personnelle Google image

Fig 72 : Circulation, distribution, composition, dimensionnement.

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Fig 73 : Le couloir à l’image de la rue

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Fig 74: L’école à Darmstadt- Hans Scharoun

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Fig 75: La rue en mouvement

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Fig 76: corps et espace

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128


Fig 77: la temporalité du mouvement

Travail du groupe

Fig 78: La circulation horizontale

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Fig 79: La circulation verticale

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Fig 80: la circulation, centre Pompidou

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Fig 81: La rue-promenade Capela Espiral / NAP Architects

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Fig 82: La promenade architecturale villa Savoye – le Corbusier Fig 83: La profondeur de la rue

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Fig 84: La mobilité de la rue architecturale

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Fig 85: lumière zénithale des ruelles de la Medina

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Fig 86 : Ecole de Commerce Troyes, France

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Fig 87 : Bureau de Beiersdorf, Athens, Greece

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Fig 88: Schéma extravertie et intravertie

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Fig 89 : Galerie Bab Bhar, avenue de France, Tunis

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Fig 90: Galerie Vivienne, Paris

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Fig 91: Carte des passages couverts de Paris

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Fig 92: Passage des Panoramas,Paris

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Fig 93: Passage Verdeau, Paris Fig 94: Passage des princes, Paris Fig 95: Sabat, Médina de Tunis Fig 96: Souk, Medina de Tunis

Google image Google image Google image Source personnelle Source personnelle

Fig 97: Les souks de la Medina, Tunis

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Fig 98 : Pavilion du Portugal, alvaro siza

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Fig 99 : Les Bassins à flot à Bordeaux Fig 100: la rue-corridor par le Corbusier Fig 101: Rue-corridor, Centraal Beheer Fig 102: Centraal Beheer à Apeldoorn, Herman Hertzberger Fig 103: Espace servi servant Fig 104: Architecture de connexion Fig 105: Les couloirs-urbains Fig 106: Mixité de l’espace rue Fig 107: Rue piétonne Fig 108: Pyramide des occupants de la rue Fig 109: Les plateaux piétons Fig 110: Espace public réapproprié Fig 111 : Ilot fermé, plan libre et ilot ouvert Fig 112: alternance des volumes de l’ilot ouvert Fig 113: Principes de l'ilot ouvert Fig 114: l’espace partagé

Pinterest Google image Source personnelle Source personnelle Source personnelle Source personnelle Pinterest Source personnelle Source personnelle Pinterest Source personnelle Pinterest Pinterest Source personnelle Source personnelle Source personnelle

129


Fig 115 : espaces partagés de l’ilot ouvert

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Fig 116: espaces partagés de l’ilot ouvert

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Fig 117: Porosité urbaine

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Fig 118: linked hybrid- Steven Holl

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Fig 119: Casino Knokke-Heist- Steven Holl

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Fig 120: La rue ouverte à l’image de l’ilot ouvert

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Fig 121: interpénétration spatiale entre la rue et le bâtiment

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Fig 122: Les trois types d’inter-spatialité

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Fig 123: L’imbrication de l’urbain dans l’architectural

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Fig 124: L’imbrication pour une ville de troisième type

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Fig 125: L’urbatecture

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Fig 126: les percées transitionnelles du Colisée

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Fig 127: Colisée de Tunis, un ilot à percée

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Fig 128: Immeuble de la nationale, Tunis

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Fig 129: Centre palmarium Tunis

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Fig 130: L’éloge du vide Fig 131: Le vide structurant

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Fig 132: Le seuil

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Fig 133: Le seuil, une limite à franchir

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Fig 134: le seuil… Point, limite, moment

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Fig 135: seuils urbains

Chris schroeer-heiermann

Fig 136: Saisir le seuil, vivre l’urbain

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Fig 137: Le seuil au double sens

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Fig 138: Frontages de la rue

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Fig 139: Habiter le frontage

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Fig 140: Les intérêts des fronatges de la rue

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Fig 141: Les limites

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Fig 142: Les limites visuelles, Exhibition Center of Otog, China

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Fig 143: Schéma récapitulatif de la notion de limite

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Fig 144: Les bulles de Moles, du privé vers le public

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Fig 145: dualité privé public Fig 146: la coquille spatiale du privé au public

Pinterest Source personnelle

Fig 147: La scénique urbaine

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Fig 148: L’extériorité de l’intérieur

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Fig 149 : La dialectique du dehors et du dedans

Source personnelle

Fig 149 : La dialectique du dehors et du dedans

Source personnelle

Fig 151: La dialectique d’écartement

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Fig 152: Le entre deux

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Fig 153: De la médina vers le Lac

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Fig 154: Le contexte géographique de Tunis

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Fig 155: Vue aérienne de Tunis et son lac

Atelier lion associés

Fig 156: La genèse de la ville de Tunis

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Fig 157: De la médina au Lac 3

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Fig 158: Tissu transitionnel de la médina vers Tunis

Travail du groupe

Fig 159: Tissu transitionnel de Tunis vers le Lac

Travail du groupe

Fig 160: La transition de la rue vers l’ilot

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Fig 161: Le Lac 3 ; une ouverture de la ville

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Fig 162 : La proposition de Lion Associés

Atelier lion associés

Fig 163: Les enjeux d’articulation avec la ville

Atelier lion associés

Fig 164: La place centrale

Atelier lion associés

Fig 165: La place qui ouvre sur le lac

Atelier lion associés

Fig 166: Distribution des programmes et des CUF

Atelier lion associés

Fig 167: Les diverses typologies

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Fig 168: Zone B du Lac3

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Fig 169: Les entités du programme

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Fig 170: La flânerie dans l’espace

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Fig 171: Profils de flâneurs

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Fig 172: La rue entre art, culture et rencontre

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Fig 173: Les concepts retenus

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Fig 175: La genèse du projet

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Fig 176: La genèse du projet

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Fig 177: Les ambiances spatiales

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Fig 178: La rue, estompe seuil

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Bruno Morleo, Imagibilité de la résilience urbaine, UPEMLV, 2011

Charlotte Misplon, Enquête sur la percée haussmannienne, l'exemple de la rue Gay-Lussac, 2018

Delphine Marzo, Le seuil, limite entre sphère privé et sphère public, école nationale supérieure d’architecture de Montpelier, 2014

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David Mangin, La rue en toutes franchises. Pouvoirs 2006/1 N116 p131-147

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Revues 

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Paul andré Rosental, La rue, mode d’emploi

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Marilena Kourniati, La rue dans la pensée architecturale « moderne », Open édition, 2017

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Michel Agier, savoirs urbain de l’anthropologie.

Nicolas Soulier, Reconquérir les rues. Exemples à travers le monde et pistes d’action.

Nicole Bériou et Arlette Farge, La rue, Revue tracés n5, Printemps 2014

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Documentaires 

Ariella Masboungi, La question du projet urbain dans les villes européennes. France Culture

Charles-Henry Groult et Joséfa Lopez, .A la découverte des passages couverts de Paris, novembre 2016, Le monde,

Thom Mayne, l'architecture en tant que connexion | TED Talk

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"Je continue Ă apprendre." Michelangelo 136


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La rue... estompe seuil  

Mémoire d'architecture - Farah Ben Younes - ENAU Tunis - novembre 2018 La rue, ce ‘’cordon ombilical’’, qui relie de multiples éléments dan...

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