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IMPRO #1 SUITE MAURITANIENNE LA TISSERANDE TEL AVIV BEACH, WINTER 74’ POÈME DE BULLEH SHAH IMPRO #2 MON ENFANT DEUX HAÏKUS

3’58 8’36 10’14 8’17 10’12 9’42 10’06 6’08

Sandrine MONLEZUN - voix, microkorg Meivelyan JACQUOT - batterie, choeurs Théo CECCALDI - violon, choeurs Mathieu SCHILD - contrebasse, choeurs Geoffroy TAMISIER - trompette Raphaël MERLIN - violoncelle Lucas GILLET - basse Kutle KHAN - voix, karthals Efrén LOPEZ SANZ - vièle à roue Nathoo Lal SOLANKI - percussion nagara Awena BURGESS, Bouzhigmaa SANTARO, Mukaddas MIJIT, Catherine MERLE - choeurs Smaïl BENHOUHOU - bendir, karkabous, choeurs Abdoulaye TRAORÉ - guitare acoustique, électrique


Sandrine SandrineMonlezun Monlezun Sandrine Monlezun

Don't Take My Head Don't Take My Head Don't Take Head Don't Take MyMy Head


Nous n’étions qu’un peu d’eau qu’on versa dans nos reins Et que le feu de la passion mit à l’air libre. Le vent dispersera notre poussière au loin : en attendant ce jour, pourquoi ne pas être ivres ? Omar Khayyâm


IMPRO #1


SUITE MAURITANIENNE Dans les vallées afghanes, dans les camps de réfugiés du Pakistan, les femmes pashtounes improvisent des chants d’une extrême intensité, d’une foudroyante violence : «le bref». Tel un cri, une fureur, ce poème très scandé dit l’amour, l’honneur ou la mort. J’ai voulu mélanger à ces landays poignants ma passion pour la musique mauritanienne, ses modes et inflexions vocales, et la langue amie ouïghoure, pour en faire une suite musicale.

Levlirimni sanga sundum Lezzetlengin ey janim Shiker emes teshvishlenme Irimes andin Khush-hallanghin, ya söyganim Hemme azap mende bolur Bul yüregim zulumni bilur Undin tiriklikni bilur Quchaq-quchaq güller uzgin Bir senge mensub baghing men Baghlam-baghlam gül üstide Uyqidiken söygenim Seherdiki shebnem kebi Qondum uning mengzige

Ma bouche est à toi, dévore-la, ne crains rien. Elle n'est pas d'un sucre qui risque de se dissoudre. Sois heureux mon amour, je me charge des peines. Mon coeur sait le chagrin, il n'en crèvera pas. Cueille des fleurs à poignées,  Je suis un jardin qui sait qu'il t'appartient. Mon amant sommeillait sur des brassées de fleurs,  Et moi, comme la rosée du matin, je suis venue sur lui. Bedemenaw west yaletch le elt Kesemay semeyat tefeteraletch My mouth is yours, devour do not fear. Serwa newit,tefetlalech It is not sugar that would dissolve Yemeshetoun webet tetelfalech

Be happy my love, I'll take care of sorrows. My heart knowsYezeweteur grief, it will not die of it. helmwa meret mewredwa Musique : Sandrine Monlezun Textes : landays de femmes pashtounes recueillis par Sayd Bahodine Majrouh Extraits de «Le suicide et le chant» éditions Gallimard Traduction en ouïghour : Mukaddas Mijit Traduction en français : André Velter

Gather flowers Bemuzikawi by the handful,selte Leub eyeselebe kemiwerdew fowafowte I am a garden that knows it belongs to you. Guebeta metchawot kehetochwo. My lover slept on armfuls of flowers, And I, like the morning dew, came upon him.


LA TISSERANDE Musique : Sandrine Monlezun Paroles : Sandrine Monlezun Extrait du conte populaire chinois «Le Bouvier et la Tisserande» Traduction en amharique : Seffefe Bregue

Bedemenaw west yaletch le elt Kesemay semeyat tefeteraletch Serwa new tefetlalech Yemeshetoun webet tetelfalech Yezeweteur helmwa meret mewredwa Bemuzikawi selte Leub eyeselebe kemiwerdew fowafowte Guebeta metchawot kehetochwo. Au milieu des nuages vit une fée, l’une des sept filles de la Reine du Ciel. On l’appelle la Tisserande, car chaque soir elle brode et tisse les couleurs du crépuscule. Mais la jeune fille s’ennuie et ne rêve que de descendre sur terre pour aller se baigner avec ses soeurs, là où coule une jolie cascade d’eau dont le bruit envoûte quiconque comme une douce mélodie.

Among the clouds lives a fairy, one of the seven daughters of the queen of the sky. Her name is “The Weaver”, because every night she embroiders and weaves the colors of the dawn. But this young lady is restless and dreams only of going down to earth to swim with her sisters, out there where a pretty waterfall cascades with an enchanting sound which captivates anyone who hears it.


TEL AVIV BEACH, WINTER 74 Poème de Raquel Chalfi, écrit après la guerre du Kippour en octobre 1973. Traduction en anglais : Tsipi Keller.

A crocodile-cloud has gulped down a cloud-cloud Everything is thick, layer upon layer, and where has the war gone ? The pier is painted yellow red and reads «Tel Aviv» The drums of the deep are indifferent  in the sky dark shapes slowly go wild. An eternal arena of slow motion wrestling Over the super Hilton Hotel, a level just high But where has the war gone ? Crocodile-cloud has swallowed a cloud-cloud But where has the war gone ? High in the deep airplanes make love to voluptuous clouds Air fills the lungs, with laughter and sharp salt The sun is a faded photograph, shore birds gravly peck the sand The sea flexes its groaning muscles  A lonely woman has tiend a nylon kerchief to her head What is she compared to a thunderstorm ? An old woman’s lips are trying to say : he was an angel he was an angel...


Un nuage-crocodile a avalé un nuage-nuage Tout est épais et dense, mais où la guerre s’en est allée ? Le quai est peint en jaune et rouge et on peut y lire «Tel Aviv» Les tambours des profondeurs sont indifférents Dans le ciel, des formes sombres s’agitent lentement Combat éternel, comme filmé au ralenti La grue surgit au-dessus de l’hôtel Hilton Mais où s’en est allée la guerre ? Un nuage-crocodile a avalé un nuage-nuage Mais où s’en est allée la guerre ? Dans les hautes profondeurs les avions font l’amour aux nuages voluptueux L’air remplit les poumons de rires et de sel piquant Le soleil est une photo fanée Les oiseaux gris picorent gravement le sable sur la plage La mer bombe le torse et mugit Une femme seule noue son foulard sur la tête Qu’est-elle face à l’orage ? Les lèvres d’une vieille femme murmurent : C’était un ange C’était un ange...


POÈME DE BULLEH SHAH

Bulleh Shah (1680–1757) était un grand poète soufi du Punjab (Pakistan), qui louait l’égalité et la paix entre musulmans et sikhs.

Masjid tha Day, Mandir tha Day tha Day Jo Kujh Dasda Par Kissay Da Dil Na thawe Rab Dila Wich Wasda

Tear down the Mosque, tear down the temple Tear down everything in sight But don’t break anyone’s heart Because God lives there.


Vous pouvez détruire les mosquées Vous pouvez détruire les temples Vous pouvez détruire tout ce qui est visible Mais ne détruisez pas le coeur de l’homme, car Dieu y vit.


IMPRO #2


MON ENFANT Musique : Sandrine Monlezun Paroles : Sandrine Monlezun Traduction en bambara : Abdoulaye Traoré

N’dey on kilamou inafo yiride Ikadon on tramana, kateme yani on kieidon Dja ou miria toumbé yoroména Dja ou miria kay on ga yiride Don yoroména on miria kay On be gi kekaason dongodon walma yoro kana dja Nitlala on bebi djougou nounou sènè Kaboakoro walma adjaynian bè sèga diya. Mon enfant je t’ai semé, comme une graine de paradis... Tu sais, j’ai parcouru les routes, aussi loin que j’ai pu, jusqu’à te reconnaître. Puis à l’endroit où mon espoir était encore fertile, je t’ai planté, et arrosé chaque jour, en espérant que la terre ne s’assèche pas. Moi qui avais déjà une moitié de coeur en moins, il m’a fallu bien du courage, mais tant que les larmes coulaient, la terre s’arrosait. À l’aide d’une petite pioche, je desherbai jour après jour, la rancoeur et la haine qui voulaient, elles aussi, pousser. Mon enfant, lorsque tu as grandi, tu avais encore tellement d’épines que j’ai dû patiemment polir, pour pouvoir te bercer du bout des doigts. Mon enfant, je t’ai semé, comme une graine de paradis...


DEUX HAÏKUS Musique : Sandrine Monlezun / Efrén Lopez Sanz

Furu ike ya kawazu tobikomu mizu no oto. Matsuo Basho (1644-1694) Paix du vieil étang, Une grenouille y plonge, Un ploc dans l’eau.

An ancient pond A frog dives in A splash in the water.


Kusa no ha wo ! asobi arikeyo, tsuyu no tama ! Hattori Ransetsu (1654-1707) Gouttes de rosÊes ! Marchez sur les brins d’herbes, Amusez vous !

Beads of dew ! Walk about on the blades of grass, And enjoy yourselves !


Kutle Khan

EfrĂŠn Lopez Sanz

Nathoo Lal Solanki Awena Burgess


Lucas Gillet Geoffroy Tamisier Catherine Merle

Abdoulaye TraorĂŠ

Mukaddas Mijit Bouzhigmaa Santaro


Smaïl Benhouhou Théo Ceccaldi

Meivelyan Jacquot


Mathieu Schild RaphaĂŤl Merlin


1. IMPRO SAN #1 2. SUITE MAURITANIENNE 3. LA TISSERANDE 4. TEL AVIV BEACH, WINTER 74 5. POÈME DE BULLEH SHAH 6. IMPRO #2 7. MON ENFANT 8. DEUX HAÏKUS

Sandrine MONLEZUN - composition, voix, microkorg (1, 3, 4, 8) Théo CECCALDI - violon (3, 4, 6, 8), choeurs (2, 8) Meivelyan JACQUOT - batterie (2, 3, 4, 6, 7, 8), choeurs (2, 8) Mathieu SCHILD - contrebasse (3, 4, 6, 8), choeur (2, 8) Geoffroy TAMISIER - trompette (3, 4, 8) Raphaël MERLIN - violoncelle (3) Lucas GILLET - basse (2, 3) Kutle KHAN - voix, karthals (5) Efrén LOPEZ SANZ - co-composition (8), vièle à roue (5) Nathoo Lal SOLANKI - percussion nagara (5) Awena BURGESS, Bouzhigmaa SANTARO, Mukaddas MIJIT, Catherine MERLE - choeurs (2, 5) Smaïl BENHOUHOU - bendir, karkabous, choeurs (2) Abdoulaye TRAORÉ - guitare acoustique (7), électrique (2)

Un grand merci pour leur soutien, talent et grâce :

ENREGISTREMENT

à Boris Küffler (l’Adagio de Thionville), Jean-Pascal Boffo, Quentin Guiné, Lionel Marçal, Fanny Vandecandelaere, Tiffany Berton, Awena Burgess, Bouzhigmaa Santaro, Mukaddas Mijit, Catherine Merle, Efrén Lopez, Kutla et Nathoo, Abdoulaye Traoré, Lucas Gillet, Raquel Chalfi, Raphaël Merlin, Smaïl, Geoffroy Tamisier, Meivy, Théo et Mathieu, l’association Art Dealer (Margot, Agnès et Lisette), à Lisa et Alexis, à Seffefe Bregue, Kengo Saito, Yoko Fujimoto.

Jean-Pascal Boffo (pistes 2, 3, 4, 6, 7 et 8) au studio Amper de Clouange et à l’Adagio de Thionville & chez Lucas Gillet (piste 1, piste 2 : choeurs féminins,

piste 3 : solo violoncelle, piste 5 sauf voix lead & pistes 3,4 et 8 : trompettes)

MIXAGE

Quentin Guiné (pistes 1, 2, 3, 5, 6 et 8) & Lionel Marçal au Studio 104 (pistes 4 et 7)

MASTERING

Jean-Pascal Boffo au Studio Amper

PHOTOGRAPHIE & CONCEPTION GRAPHIQUE Fanny Vandecandelaere

PRODUCTION / DISTRIBUTION Art Dealer



Sandrine Monlezun "don't take my head"