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LA BOUCLE DE CEINTURE De l’égypte antique à nos jours


SOMMAIRE


INTRODUCTION 1 L’EGYPTE ANTIQUE 3 LA GRECE ANTIQUE 5 LES ETRUSQUES 7 LES SCYTHES 9 LES CELTES 11 LES XIONGNU 13 LES GALLO-ROMAINS 15 LES HUNS 17 LES MEROVIGIENS 19 XVIIIe SIÈCLE 21 L’ART NOUVEAU 23

CONCLUSION

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INTRODUCTION


Portée depuis l’Antiquité, la boucle de ceinture est un accessoire qui a évolué au fil des siècles. Sa forme et son style ont changé en suivant la mode et en s’adaptant aux tenues selon les époques. Son système d’attache a également subi quelques variations. Nous exposerons le parcours de la boucle de ceinture qui a traversé les âges de l’Égypte antique à nos jours en explorant divers périodes et continents.

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L'ÉGYPTE ANTIQUE

De 4000 à 31 avant J.-C.

Dans l’Egypte Antique, les vêtements de l’époque étaient accompagnés de somptueux bijoux. Ils étaient portés autant par les hommes que les femmes et au sein de toutes les classes sociales. Cela pouvait aller du simple collier au large pectoral en or serti de pierres précieuses. Des symboliques se retrouvent dans les motifs et les formes sur les thèmes, par exemple, de la nature ou des hiéroglyphes. Les principales techniques utilisées étaient le cloisonné (invention égyptienne), le filigrane, la granulaion ou encore le repoussé. Toutes sortes de bijoux ont été découverts et on trouve quelques boucles de ceinture. Celles si étaient portées sur les tenues traditionnelles en lin : de longues robes blanches pour les classes les plus aisées, et des pagnes pour la plupart du peuple.

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Sur la page de droite : La ceinture provenant de la tombe de Sat-Hathor-Iounit est ornée de grands séparateurs en or ayant la forme de têtes de léopard opposées. Six d'entre eux contiennent des petits palets qui tintent en marchant, le septième constitue le fermoir. Technique du repoussé. En haut : Ceinture complète de Sat-Hathor-Iounit (coloration sur Photoshop CS6). En bas : Fermoir en gros plan (coloration sur Photoshop CS6).


LA GRÈCE ANTIQUE

Du XVIe au Ie siècle avant J.-C.

À la période antique, les Grecs étaient parés de bijoux principalement en or et parfois sertis de pierres précieuses et semi-précieuses. Les bijoux sont créés selon les techniques de l’époque : le filigrane, le repoussé, l’embouti, la granulation, la torsade et la fonte à cire perdue. La nature est un thème récurrent, présent par les rosettes, les palmettes et autres éléments décoratifs. L’habit des Grecs se composait d’un simple rectangle de tissu : le péplos ou le chiton. Ils portaient des ceintures mais peu de boucles les accompagnaient. En effet, la ceinture était souvent un simple lien qui servait à cercler le drapé du vêtement. On trouve tout de même quelques boucles dont certaines faisaient partie de l’équipement militaire des soldats grecs.

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Sur la page de droite En haut : Une ceinture originaire d’Ithaque qui consiste en un ruban d’or, avec un nœud pour fermoir ; les deux bouts du ruban sont bordés d’un léger feston ; des fleurons, des palmettes en filigrane et de petites hyacinthes incrustées rehaussent discrètement le contour ; de chaque côté du nœud sont suspendues trois cordelettes attachées à la ceinture au moyen d’un anneau qui surmonte un masque de Silène, et terminées par des grenades. En bas : Boucle de ceinture en or représentant un griffon travaillée au repoussé et gravée. Système d’attache avec une fente et un bouton (aquarelle).


LES ETRUSQUES

Du IXe au Ier siècle avant J.-C.

Les Etrusques portaient des bijoux en or recherchés et très travaillés conçus grâce aux techniques suivantes : la granulation, le filigrane, l’estampage, l’embouti, le martelé, l’embossé. Le thème de la nature est très présent, une fois de plus, et arbore des symboles tels que les animaux, les têtes de satyre, les végétaux ou encore les créatures mythologiques. Les hommes et les femmes portaient la tunique-robe sur laquelle ils superposaient un manteau long ou une pèlerine. C’est principalement sur ce type de vêtement qu’ils utilisaient de larges ceintures fermées par des boucles de ceintures assez imposantes.

Ci-contre : Boucle de ceinture en or montrant deux visages. Pièce décorée avec du repoussé et de la granulation (coloration sur Photoshop CS6).

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Sur la page de droite : Boucles en bronze composées de deux pièces qui ont été attachées à l’extrémité d’une ceinture de cuir ou de tissu. Les anneaux sont reliés avec les crochets correspondants. Ce type de boucle semble être inspiré par des exemples du Proche-Orient (feutre).


LES SCYTHES

Du VIIe au IIIe siècle avant J.-C.

La bijouterie scythe est qualifiée de style animal. En effet, au cours de cette époque, ce style est apparu sous forme de plaques d’or ou d’argent repercées montrant la course ou la lutte entre espèces animales (rennes, lions, tigres, chevaux), seul ou en couple. Le relief donné aux pièces évoquait une puissance et une libre interprétation des formes. Les ornements était caractérisés par des formes animales hautement expressives. Les scythes excellaient en bijouterie, à travers toutes les techniques : l’embouti, l’estampage, la fonte, la gravure, le torsadé, le martelage, le filigrane, etc. Leurs vêtements étaient bien souvent très ceintrés par des boucles richement ornées. Hommes et femmes portaient des ceintures. Celle du guerrier était faite de cuir, d’or ou d’autres ornements métalliques et avait beaucoup de lanières de cuir servant à la fixation des armes de son propriétaire.

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Sur la page de droite En haut : Plaque-boucle en or reproduisant une scène de prédation entre un félin et un cervidé. En bas : Plaque-boucle en or représentant la résurrection d’un héro mort au combat. La boucle entière est composée de deux parties miroir (Photoshop CS6).


LES CELTES

Du Ve au Ier siècle avant J.-C.

Les Celtes ont excellé dans la fabrication des bijoux. Ils aimaient la parure, se peindre le corps, se décolorer les cheveux. Diverses techniques d’orfèvrerie étaient utilisées : la ciselure, l’estampage, la gravure, le poinçonné, le découpage à jour, le repoussé, la fonte à cire perdue ou encore les émaux. Beaucoup de symboles, de motifs forts reviennent dans les créations de l’époque: le triskel, certains animaux (le cerf, le sanglier, le cheval, etc.) ainsi que les entrelacs. Les forgerons celtes ont recherché le meilleur mode de suspension des épées, qui étaient portées à la ceinture, sur le côté droit. Ils ont pour cela inventé différents types de chaînes qui devaient permettre un mouvement très libre perpendiculairement à la cuisse et au contraire éviter le ballottement. Les femmes de haut rang étaient également parées de chaînes de ceinture accompagnées de boucles.

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Sur la page de droite A gauche : Pendeloques en bronze de forme foliacée, plus rarement triangulaire, à suspension formée de deux anneaux superposés; sur une face, décor de bandes hachurées, demi-cercles concentriques et chevrons opposés. A droite : Eléments de ceinture ajourés en fer, entrelacs. Allemagne. (Photoshop CS6)


LES XIONGNU

Du IIIe siècle avant J.-C. au IIe siècle après J.-C.

Les Xiongnu, peuple de guerriers nomades, créaient des bijoux en or qui ont été retrouvés dans de nombreux tombeaux contenant des vêtements, des armes, des chevaux, de la nourriture et bien évidemment des parures. Les figures fréquentes dans la bijouterie Xiongnu sont certains animaux comme les félins ou les bovins ainsi que les scènes de guerre. Le plus souvent, les pièces étaient fabriquées en bronze et recouvertes d’or ou d’argent. Ces tribus portaient les boucles de ceinture sur de longues tuniques comme ornement et marque d’importance au sein de la société.

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Sur la page de droite : Boucle de ceinture en or avec une paire de félins attaquant des bouquetins. On remarque une inspiration Scythe et un jeu de symétrie.


LES GALLO-ROMAINS

Du Ier siècle avant J.-C. au Ve siècle après J.-C.

Hommes, femmes et enfants portaient des bijoux à l’époque gallo-romaine. Néanmoins, il y avait des bijoux plus spécifiques aux hommes comme les chevalières ou aux femmes comme les boucles d’oreilles. La bijouterie était très diversifiée à l’époque tant dans les formes que dans les techniques (torsadé, embouti, serti, filigrane, gravure, glyptique, etc.) et les matériaux utilisés ( or associé à des pierres colorées, du verre ou des perles). Les thèmes et motifs étaient également variés : des portraits, présence du noeud d’Héraclès, de branchages de laurier ou encore d’animaux comme le serpent. Les boucles avaient pour mission de maintenir la ceinture assez serrée autour du corps. La ceinture faisait office de poche en même temps qu’elle entourait le vêtement de dessous. En effet, les anciens avaient l’habitude d’y suspendre leur bourse et d’y placer les papiers qu’ils pouvaient porter avec eux. L’absence de ceinture autour de la tunique était considérée comme une très grande négligence.

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Sur la page de droite En haut : Boucle en argent dont la plaque circulaire est décorée d’une figure de la Lune montée sur un bige et tenant un flambeau. Un croissant pare le front de la déesse et sept constellations apparaissent sur le champ de la plaque. Cette voucle, qui est au musée de Naples, est d’un travail très soigné comme ciselure, et a sans doute appartenu à un personnage opulent. En bas : Boucle en argent ornée d’un petit bas-relief représentant la dispure de Neptune et de Minerve, près de l’olivier sacré.


LES HUNS

Du Ier siècle au VIe siècle après J.-C.

Tous les types de parure étaient utilisés chez les Huns . Dans cette société nomade , la richesse affichée a été concue de manière à être transportée facilement. Bijoux et décorations de selle étaient communs. L’or était le métal favorisé et beaucoup de pièces étaient fondues pour faire de petites plaques aux motifs animaux et géométriques à coudre sur les vêtements . Le cloisonné était très utilisé et réalisé à partir de corail , de cornaline , de nacre, de quartz , de pyrite , de lapis-lazuli , d’ambre , etc. Un grand nombre de boucles de ceinture étaient semblables. En effet, elles étaient confectionnées en or, suivant la même forme et comportant du cloisonné.

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Sur la page de droite : Boucles en or et grenat. En haut (coloration sur Photoshop CS6). En bas (feutre).


LES MÉROVINGIENS

Du Ve siècle au VIIIe siècle après J.-C.

Les bijoux mérovingiens étaient principalement réalisés en or avec différentes techniques telles que le cloisonné, le niellage, la ciselure, les ajourages, la damasquinure ou encore le sertissage de pierres en cabochon comme le grenat. Les formes rondes, les crois et les animaux sont des thèmes qui reviennent beaucoup dans les bijoux de l’époque. La plupart des Mérovingiens portaient la ceinture. En effet, elles sont fixées aux vêtements de leurs propriétaires avec des boucles dont le métal reflètent la richesse et le statut de leur propriétaire,

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Sur la page de droite : Plaque boucle en or découverte dans une tombe à Sutton Hoo, Royaume-Uni. Pièce réalisée en creux en deux parties jointes par une charnière. Entrelacs perforé, niellage (coloration sur photoshop CS6).


LE XVIIIE SIÈCLE Au XVIIIe siècle, on assiste au triomphe de la joaillerie. En effet, avec l’invention du strass, l’acquisition de bijoux s’étend à des classes inférieures. Beaucoup de pierres précieuses sont utilisées à l’époque mais le diamant règne. On cherche à l’imiter avec des matériaux plus abordables. C’est une période haute en couleur avec beaucoup de motifs floraux. On le constate jusqu’en 1750 avec le style Rococo puis ensuite avec le Néo-clacissisme.

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Sur la page de droite : Boucle de ceinture avec médaillon de Jasperware représentant une prêtresse pratiquant un sacrifice. Le médaillon a été monté sur un cadre métallique


L’ART NOUVEAU

De la fin du XIXe au début du XXe siècle

L’Art Nouveau est un tournant dans l’art de la bijouterie. Il est déterminé par des formes qui lui sont propres : le monde végétal, ses courbes et contre-courbes. Le dessin artistique règne, l’importance centrale du bijou n’est plus donnée à la pierre sertie. Beaucoup de matériaux naturels et organiques sont utilisés : la corne, l’écaille de tortue, les bois exotiques, l’ivoire, la nacre; et aussi la résine, la céramique, etc. Les techniques de prédilection de l’époque sont l’émail, le verre moulé et l’utilisation de cabochons. Les ceintures du style Art Nouveau sont considérées comme des objets de collections. En effet, ces dernières sont bien souvent des boucles imposantes et très travaillées tant par la mise en forme du métal que par les empierrages et émaillage.

Ci-contre : Boucle de ceinture en bronze avec émaux verts et noirs (aquarelle, encre de chine).

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Sur la page de droite : Boucle en argent. Travail de ciselure, émail et cabochons. Formes végétales et animales (aquarelle, crayon, feutre).


CONCLUSION


Au fil du temps, la ceinture a subit une grande évolution tant par sa forme que par ses mécanismes. En effet, des styles et motifs se sont dégagés selon les périodes historiques suivant les modes. Le port de la ceinture s’est adapté aux vêtements des différentes époques en changeant de positionnement et de système pour remplir au mieux son rôle. La boucle de ceinture s’est transformée : partant d’une simple pièce de métal à ses débuts, elle s’est métamorphosée en un bijou serti de pierres précieuses. De nos jours, elle prend des formes diverses et variées. Elle peut être composée d’une multitude de matériaux différents, selon les codes vestimentaires du moment. La boucle de ceinture est devenu un accessoire de mode à part entière qui est devenu aussi important que les bijoux les plus convoités.


Fanny GEOFFROY 1DMA

La Boucle de Ceinture  

Historique de la boucle de ceinture de l'Egypte Antique à nos jours.