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[02 SALA DEL RENACIMIENTO]

COLLECTION DE SCULPTURES EN TERRE

CUITE D’AFRIQUE SUBSAHARIENNE La collection de sculptures en terre cuite de la Fondation Arellano Alonso est l’une des plus remarquables de toute l’Europe, à la fois par le nombre mais aussi par l’importance des cultures qui la composent. Les peuples présents dans celle-ci se situent dans les bassins des fleuves Niger, Congo et leurs affluents, où il était facile de trouver la matière première : l’argile. Les fonds sont complétés par quelques œuvres de la zone orientale du continent, notamment de Tanzanie et d’Ethiopie. La distribution des pièces exposées dans la salle suit le même schéma. La connaissance de ces cultures est récente, les premières traces furent découvertes au début du XXe siècle, le plus souvent par hasard alors que les fouilles archéologiques suivant des critères scientifiques sont postérieures et rares. Ceci, combiné avec le fait que ce qui prévaut dans cette zone est la tradition orale, a causé une grande perte d’information qui aurait permis de mettre en contexte la production des œuvres et de leurs créateurs. Le résultat est la méconnaissance de l’origine et de la structure sociale de la plupart des peuples.

Penseur. Culture Nok [Nigéria]

Pour la datation des pièces on réalise des ANALYSES PAR THERMOLUMINISCENCE, qui permettent de déterminer la date de la dernière cuisson d’une céramique, en datant les cristaux de feldspath et de quartz de l’argile avec une marge de ±20% ans.

CULTURES DANS LE BASSIN DU NIGER Dans la vallée du fleuve Niger se trouve le plus grand nombre de peuples, de découvertes et de styles différents. Au Nigéria en particulier, on trouve la culture la plus ancienne de l’Afrique de l’Ouest : les Nok (du VIIe avant JC au IX après JC), auteurs des premières sculptures figuratives en terre cuite de cette région. Pas très loin, les Sokoto et les Katsina (Ve avant JC au VII après JC) ont réalisé des œuvres en argile avec des caractéristiques similaires mais avec des pièces moins variées, plus simples et moins ambitieuses. A partir du XIIe siècle, et de même au Nigéria, alors que l’Europe sombrait dans le Moyen Age, se développe un «art de cour» raffiné liée au royaume d’Ife et à l’ancien royaume de Benin, avec des images idéalisées destinées à glorifier leurs rois. Le classicisme et l’élégance des têtes d’Ife est tel, qu’initialement on a été amené à croire qu’elles étaient l’œuvre des Grecs et non pas d’Africains. Dans le cas du Benin la plupart des pièces étaient fabriquées en bronze, donc la découverte des pièces en terre cuite, comme celles qui sont exposées dans cette salle, est exceptionnelle. Au Mali, entre le Xe et le XVIIe siècle, quatre cultures importantes qui ont utilisé la terre cuite se sont développées. Il s’agit des Ségou, Bankoni, Tennenkou et surtout des Djenné, dont les œuvres surprennent par la variété iconographique, la diversité des positions et même par ce qui semble être un reflet des humeurs. Le Niger était le pays où habitaient les Dori et les Bura (du IIIe au XVIIe siècle), ils pratiquaient des rites funéraires élaborés, d’où l’essentiel de leur production est de caractère funéraire. Cependant, au Ghana les Komaland se sont établis (du XIIIe au XVIIe siècle), dont on a seulement récupéré quelques petites figures qui apparemment ont servi de trousseaux dans les tumulus funéraires ; et les Ashanti (XVIe siècle), auteurs de têtes en terre cuite également liés aux rituels funéraires.


Itinate. Culture Cham/Longuda [Nigéria] Cruche. Culture Mangbetu [RDC]

Parmi les cultures les plus récentes établies au Nigéria (XVII/XIXe siècles) figurent les Cham/Longuda, avec leurs conteneurs ostentatoires pour les rituels de guérison : le chandu révèle au médecin traditionnel l’état du patient et l’initate le cure. Dans le cas des Jukun, on connait peu sur leur production en céramique. Le couple exposé dans la salle (parents ancestraux de la communauté) est la seule pièce connue jusqu’à présent. Au Nigéria, se trouvent également les Yoruba, les Igbo, les Tiv ou les Mambila. Tandis que les Agni (créateurs de petites têtes masculines) vivent entre le Ghana et la Côte d’Ivoire, et les Ewe, avec leurs dieux vaudou sont dispersés entre le Togo, le Benin et le Ghana.

LES PEUPLES DE LA VALLÉE DU FLEUVE CONGO Dans cette partie du continent s’est également développé un intéressant art courtois de grande richesse, ceci étant l’œuvre de peuples qui continuent à vivre principalement dans l’actuelle République Démocratique du Congo. Tel le royaume de Luba (XVIe siècle), dont les travaux vont influencer directement leurs voisins Chokwe (XVIe siècle). Ces œuvres, liées au pouvoir, se répètent entre les Bakongo (XVe siècle) (caractérisés par l’expressivité de leurs figures), les Azande (XVIe siècle) et les Mangbetu (XVIIIe siècle), qui ont réalisé leurs productions les plus intéressantes au début du XIXe siècle. Ces pièces en terre cuite mélangent utilité et beauté : ce sont des cruches, mais anthropomorphes et richement décorées. La forme de la tête, avec dolichocéphalie, reflète l’authenticité des femmes et des hommes mangbetu, puisque pendant leur enfance leurs cranes sont bandés pour que lorsqu’ils grandissent ils se déforment et s’allongent. Cette sensation est renforcée par la haute coiffure. Ils adornent en plus leur peau avec des scarifications et tatouages qui couvrent le visage et le corps, ce qui est également reproduit dans les cruches.

Les CÉRÉMONIES D’INITIATION marquent l’accès des enfants à l’âge adulte. Tenus à l’écart aux abords du village, les enfants apprennent les mites et traditions de leur communauté, pendant que les filles sont instruites dans les secrets de la maternité. L’apprentissage culmine avec une épreuve physique (la circoncision pour les garçons et l’excision pour les filles), après lesquelles ils retournent dans leurs foyers parmi les danses et les masques.

AFRIQUE ORIENTALE Dispersées entre la partie centrale et orientale du continent, d’autres civilisations se sont développées dont leurs manifestations artistiques ont eu moins de transcendance. En Ethiopie, par exemple, habitent les Falasha (XVIIe siècle), connus comme les « juifs noirs », dont leur production sculpturale est fondamentalement liée à leurs croyances religieuses. Tandis qu’en Tanzanie habitent les Paré (XIXe siècle) dont les figures, utilisées dans les cérémonies d’initiation des jeunes du village, ont la particularité d’être enveloppés par un tissu qui dévoile la forme du corps.

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@Fundarellanouva (#Africainspira) Collection d’art africain Arellano Alonso de l’Université de Valladolid Plaza de Santa Cruz, 8. 47002-Valladolid 983 184 530 fundacion.jimenez-arellano@uva.es

www.fundacionjimenezarellano.com /fundacionarellano @fundarellanouva

Sala renacimiento francés  
Sala renacimiento francés  
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