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sur place Edition N° 198 | Juin 2012

Cameroun Santé et nouvel espoir page 2 Projets Dépenses 2011 page 8 Inde Reconnaissance du combat contre la lèpre page 14


Santé et nouvel espoir Comment vivre sans accès à la santé et sans perspectives de vie ? Ou plutôt, comment survivre ? Pour nous, une situation difficile à concevoir. Pour les Pygmées d’Abong Mbang, une réalité. Sortir de la misère pour retrouver une vie digne, c’est le sujet de notre récit qui se déroule au Cameroun oriental. Des pistes cahoteuses bordées de marque que, derrière cette façade, se forêts vertes : c’est la région d’Abong déroule un combat quotidien pour la Mbang dans l’est du Cameroun. Le long survie. des routes, beaucoup de verdure et des huttes rudimentaires. Au premier coup Dépouillés de leur environnement d'œil, un monde intact comme sorti de vie traditionnel d'une époque révolue. La vie semble Chassés de leur habitat traditionnel, la suivre son cours paisible, loin du stress forêt tropicale, décimée toujours dade notre quotidien. Des hommes de pe- vantage par la déforestation, les Pygtite taille sont assis sous un arbre en mées ne peuvent plus vivre en harmocontemplant la place du village. Celle-ci nie avec leurs traditions de chasseurs est entourée de petites huttes de feuil- et de cueilleurs. Ils avaient l’habitude les et de branchages ; de vivre de ce que leur « Derrière cette des femmes sont assioffrait la forêt, à savoir ses devant, en train de façade se dissimule des feuilles, des fruits piler du manioc pour une lutte quotidienne et des animaux. Ils ne le repas à l’aide d’un savent ni lire ni écrire. pour la survie. » grand mortier. Entre Ils n’ont jamais appris elles, des enfants qui s’occupent pour à survivre en dehors de leur forêt trofaire passer le temps, comme partout ail- picale protectrice. Les Pygmées semileurs sur Terre. Comme partout ailleurs, nomades sont forcés de se débrouilvraiment ? Les enfants portent des ler dans une société dans laquelle ils T-shirts bien trop grands et usés. En y sont indésirables. Ils sont toisés avec regardant de plus près, la perception suspicion par la population sédentaire. initiale d’une vie idyllique commence Leurs droits coutumiers ne sont pas à s'ébrécher. L’impression d'une exis- reconnus. Ils n’ont pas accès non plus tence paisible est trompeuse. On re- à des soins de santé. Des conditions

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Vivre sans accès à la santé : une réalité pour les pygmées de l'est du Cameroun.

d’hygiène catastrophiques, un manque d’eau potable et une conscience sanitaire déficiente forment un terreau idéal à la propagation de maladies telles que le paludisme, les infections dues à des vers et autres maladies infectieuses. La plupart des femmes mettent leurs enfants au monde loin des centres de soins. Les complications lors de la naissance entraînent souvent la mort de la mère et de l'enfant. Par conséquent, le taux de mortalité infantile et maternelle est très élevé au sein de la population pygmée, supérieure aux taux moyens enregistrés dans le reste du Cameroun. Sur 1000 enfants qui naissent, 114 meurent. La précarité de la situation est illustrée par l’espérance de vie des Bakas, la plus grande communauté pygmée du Cameroun. Elle Dossier

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situation est très différente. La seule chose qu’une femme baka puisse faire­ pour aider sa fille, c’est essayer de la fortifier en lui donnant à boire et à manger. Elle-même, en tant qu’adulte, n’a encore jamais été chez un médecin ou dans une pharmacie. Elle ne connaît Menacés par les maladies Pour le peuple baka, la sous-nutri­tion que les remèdes pouvant être produits et les diarrhées sont des phé­­no­mènes à partir des plantes de la forêt. Si ceuxaussi quo­tidiens que dangereux. Si le ci n’ont pas d’effet, elle se retrouve petit Martin attrape la diarrhée chez impuissante face à la souffrance de sa­­fille. Dans ces condi­ nous en Suisse, sa maman prend sa voiture et « Cette femme Baka tions, vers qui une fem­ l’emmène en dix minu- adulte n'a elle-même me baka peut-elle se tes chez le pédiatre du encore jamais vu de tourner, alors qu'elle ne sait ni lire ni écrire ? Elle village voisin. Le médemédecin. » n’a pas l’argent nécescin l’examine alors et lui administre un médicament. En peu de saire pour se rendre dans un lieu éloigtemps, Martin s’amuse à nouveau gai- né. Elle ne sait même pas s’il y a làbas quelqu’un qui pourra ou qui voudra ment sur la place de jeux en compagnie l’aider. En tant que Pygmée et pauvre, de sa sœur. S’il arrive la même chose à la petite Adama d’Abong Mbang, la elle est une étrangère hors du camp est de moins de 30 ans. Inférieure à 30 ans – un chiffre presque inimaginable lorsque l’on vit dans un pays dont l’espérance de vie est presque trois fois plus élevée.

La santé pour les Pygmées d’Abong Mbang Le projet FAIRMED a été lancé en 2008 dans le but d'améliorer les conditions de vie précaires des Bakas. Au terme de quatre ans, une première phase du projet a maintenant été achevée et de nombreuses améliorations ont pu être apportées. Un projet complémentaire doit commencer cette année encore après une courte phase de transition. La population ciblée par ce projet comprend quelque 22 000 personnes. Outre l’envoi d'équipes de soins et la mise en place de stations de soins, l’amélioration des infrastructures sanitaires fait également partie du projet. Des comités de soins comprenant représentants des communautés pygmées ont été mis sur pied. Ils jouent un rôle essentiel dans le renforcement de la population pygmée. Jusqu’ici en mar4

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ge de la société et sans moyens, elle est en train d’affirmer sa faculté de décision. Comme les personnes concernées sont elles-mêmes impliquées, les problèmes les plus urgents sont traités et les représentants des comités de soins peuvent à leur tour diffuser leurs connaissances au sein de leur communauté. Grâce aux centres de soins et aux équipes itinérantes, le traitement médical arrive jusque dans les régions reculées. Les complications à la naissance ne se terminent plus par la mort. La santé est une composante essentielle d'une vie digne. Mais elle est aussi un facteur central pour gagner sa vie. Seule une personne en bonne santé peut chercher une activité rémunérée et se libérer ainsi que sa famille du cercle infernal de la pauvreté. Dossier

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des Bakas et n’est pas la bienvenue dans la société des gens sédentaires.

De nouvelles perspec­ tives pour les Pygmées

Survivre – un cadeau Afin qu’une banale diarrhée n'entraîne pas la mort, FAIRMED envoie des équipes de soins itinérants sillonner à moto les villages pygmées des régions reculées. Ces hommes en blanc sont très souvent pour les Bakas le premier contact avec des soins médicaux ; ils sauvent des vies, comme par exemple celle d’une petite fille pygmée souffrant de diarrhée. Pour les parents, la survie de leur fille qui pourra rapidement sourire à nouveau dans les bras de sa mère est un cadeau extraordinaire. L’équipe de soins itinérants ne se contente toutefois pas de distri­buer des médicaments contre la diarrhée. Les enfants sont également vaccinés contre les maladies contagieuses et la

Pour les Bakas la santé est une condition décisive dans l'amélioration des conditions de vie. Elle ne suffit pourtant pas pour échapper à la pauvreté. Afin de présenter aux Pygmées de nouvelles perspectives de vie, ces derniers ont été formés pour cultiver des champs communautaires en vue de produire des denrées alimentaires. L’objectif était d’accu­ muler grâce à ces revenus un fonds pour le traitement des malades. Une évaluation externe a montré que ces « caisses maladies » fonctionnent effectivement. Par ailleurs, le projet apporte encore un autre résultat réjouissant : les Pygmées, qui ne connaissent pas grand-chose à l’agriculture puisqu’ils pratiquent traditionnellement la chasse et la cueillette, commencent maintenant à cultiver des champs privés, améliorant ainsi leur revenu de base et donc leur alimentation.

Population cible : 22 000 Mortalité infantile : diminution de 114 sur 1 000 à 29 sur 1 000 Mortalité maternelle : diminution de 669 sur 100 000 à 134 sur 100 000 Infrastructure : amélioration et mise en place de l'infrastructure sanitaire et des centres de soins.

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communauté villageoise est sensibilisée sur les questions d’hygiène, de nutrition et de détection et de soins en cas de maladie. Une différence décisive Quatre ans après le lancement du projet d’Abong Mbang, les pistes restent cahoteuses, les huttes rudimentaires et la vie se déroule comme si le temps s’était arrêté dans un autre siècle. A

l’image de la misère de la population négligée des Bakas qui ne saute pas immédiatement aux yeux, les modifications ne sont pas flagrantes, elles non plus. Elles sont néanmoins percepti­ bles pour les individus et marquent une différence décisive. On peut citer les champs qui sont cultivés au bord des chemins et offrent une nouvelle possibilité de revenus, les enfants en bas âge qui sont maintenant vaccinés et ne meu-

rent plus de maladies pouvant être évitées, les visites des équipes itinérantes de soins pour traiter ces mêmes maladies ou encore les femmes qui peuvent accoucher dans un environnement sûr. Tous ces éléments font la différence, la différence entre la vie et la mort, entre la misère et la dignité. La possibilité d’une vie saine avec de nouvelles perspectives d’avenir est ouverte à cette population. Nos sincères remerciements !

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Dépenses des projets 2011 En 2011, nous avons reçu 6,8 millions de francs en dons, legs, contributions de la DDC et fonds publics. Ceci nous a permis de financer 65 projets dans 13 pays à hauteur de 3,9 millions de francs. Voici une vue d'ensemble des dépenses liées aux projets pour l’année 2011.

Afrique

1 879 701

Cameroun Santé de base Projets de lutte contre la lèpre Maladies liées à la pauvreté Projets sociaux

1 357 496 787 907 129 338 356 724 83 527

République centrafricaine Santé de base Projets de lutte contre la lèpre

308 694 264 318 44 375

Autres pays africains Côte d’Ivoire Santé de base Gabon Maladies liées à la pauvreté Autres pays africains Projets de lutte contre la lèpre Projets sociaux

213 510 100 328 14 224 51 255 47 703

Asie

1 772 943

Inde Santé de base Sensibilisation et droits des patients Projets de lutte contre la lèpre Maladies liées à la pauvreté Projets sociaux Sri Lanka Santé de base Projets de lutte contre la lèpre Maladies liées à la pauvreté

1 524 989 939 033 160 496 187 231 198 403 39 827

Népal Santé de base Projets de lutte contre la lèpre Indonésie

Autres pays dans le monde Colombie

Projets de lutte contre la lèpre

144 392 59 584 29 777 55 032 95 791 65 773 30 018 7 772

344 237 18 000

Divers Projet « Stop Buruli » 9 377 Information sur les travaux liés aux projets 277 327 Coordination de la lutte mondiale contre la lèpre 39 533 Total 3 996 880

Le rapport annuel 2011 vous en apprendra plus sur l'engagement de nos ressources. Vous pouvez le commander par téléphone au 031 311 77 97 ou par e-mail info@fairmed.ch, ou le télécharger depuis le site web www.fairmed.ch.

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DEpenses des projets

dEpenses des projets

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Progrès accomplis en 2011 Près de 1,5 milliard de personnes sur Terre vivent dans une pauvreté extrême. La pauvreté est le principal risque en termes de santé, par manque d’accès à des soins médicaux, par manque d’eau potable ou en raison de la promiscuité qui favorise la propagation de nombreuses maladies. A son tour, la maladie entraîne l'incapacité de travailler et une pauvreté encore plus profonde. En améliorant la situation sanitaire des pauvres, FAIRMED contribue activement à la diminution de la pauvreté. En 2011, le nombre des bénéfi­ciaires de nos projets s’élevait à 315 165 personnes en Afrique. Parmi elles, de nombreux réfugiés ou Pygmées au Cameroun et en République centrafricaine, qui vivent totalement en marge de la société sans avenir et oubliés du monde. Les malades du buruli font égale­ ment partie de cette catégorie. Cette maladie encore peu connue touche souvent les plus faibles au sein de la société : les enfants. C’est largement

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Compte annuel

à l’insu du grand public que la maladie laisse ses traces. Mais pour les personnes concernées, elle est synonyme de plaies effroyables qui, non soignées, peuvent engendrer de graves mutilations. A Ayos, 45 enfants gravement atteints de buruli ont pu fréquenter grâce à FAIRMED l’école annexée à l’hôpital dans lequel ils ont longtemps séjourné. Au terme de leur traitement, ils ont donc pu retourner à l’école et être réintégrés dans la communauté de leur lieu d’origine. La lèpre, une réalité En 2011, nous avons pu atteindre 306 950 personnes grâce à nos projets en Asie. Parmi elles et surtout en Inde, de nombreux patients et patientes atteints de lèpre. Car 75 ans après le dé­­cès du dernier person atteint de la lèpre en Suisse et même si le nombre de personnes attein­tes de la maladie a reculé à l'échelle mondiale, la lèpre reste toujours invaincue. Dans les seuls districts du Godavari oriental et de Guntur qui font partie de l’Etat indien de l’Andhra Pradesh, plus de 10 000 victimes de la lèpre souffrent de séquelles à vie. En 2011, 6 538 personnes ont pu bénéficier dans le cadre de notre projet de prévention des handicaps liés à la lèpre d’un traitement d’un coût moyen de 14 francs. Celui-ci comprend : des chaussures de protection, des kits de traitement autonome, des accessoires orthopédiques,

Utilisation des fonds 2011

59 % Projets   6 % Accompagnement des projets 29 % Fundraising   6 % Frais administratifs

Affectation 2011 Nombre de projets : 65   % Objectif francs Dépenses liées aux projets (CHF) 56 Santé de base 2 216 943 (sans Stop Buruli) : 3 987 504 11 Sensibilisation et droits des patients 437 823 Total des bénéficiaires : 622 115 13 Projets de lutte contre la lèpre

529 527

16 Maladies liées à la pauvreté

632 154

4 Projets sociaux

171 057

100 Total

3 987 504

des séances de physiothérapie ainsi que le suivi par des assistants sociaux. En outre, plus de 100 groupes d’autoassistance ont été formés afin d’amé­ liorer l’organisation interne des personnes con­cernées et de permettre aux victimes de traiter elles-mêmes leurs membres mutilés. Les travailleurs so­­­­

Population cible :

60 308 808

ciaux du projet ont réussi par ailleurs à obtenir pour 80 personnes atteintes de la lèpre les pensions auxquelles ils ont droit auprès des administrations compétentes. A un âge avancé, ils peuvent ainsi vivre une existence qui ne se résume pas à un combat de survie au quotidien. Toutes ces actions et bien d'autres encore n'ont été rendues possibles que par la générosité de vos nombreux dons. Nous tenons à vous en remercier très sincèrement.

Compte annuel

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ment des régions concernées par nos projets. Une vie marquée par la maladie et les difficultés, mais aussi par l’espoir. Car avec relativement peu de moyens, la santé peut passer du rêve à la réalité et les personnes malades ou exclues de la société peuvent accéder à une formation. Celle-ci per­­­met d’ouvrir de nouvelles opportunités dans leur vie.

FAIRe cadeau de la santé ! Avez-vous déjà visité notre nouveau site internet ? Etes-vous encore à la recherche d‘une idée de cadeau qui joint l'utile à l'agréable ? Sur www.fairmed.ch, vous pourrez découvrir un village africain et FAIRe cadeau de la santé. Plonger interactivement dans la réalité quotidienne d’un village africain : c’est ce que permet l’outil FAIRe cadeau­ sur notre nouveau site internet. Un bel

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ACTUALITé

environnement qui recèle encore bien plus. Il permet de se fondre dans le vécu quotidien d’habitants de nombreux endroits de la planète et notam-

Offrir doublement de la joie FAIRe cadeau montre tout ce qui peut être accompli grâce à l’argent issu des dons. C’est toutefois surtout la possibilité de faire un cadeau qui fera un grand plaisir aux personnes ici mais aussi en Afrique ou en Asie. Votre tante, votre frère ou votre amie fêtent leur anniversaire et vous ne savez pas quoi leur offrir ? Visitez la rubrique FAIRe cadeau, choisissez ce qui vous plaît et faitesen don au nom de la personne qui fête son anniversaire. Vous recevrez une attestation de cadeau que vous pourrez imprimer vous-même. Et sitôt dit, sitôt fait, vous aurez en main un ca­deau pour votre prochaine invitation. En offrant un présent qui ne prendra pas la poussière, vous faites tout à la fois un cadeau à vos proches et aux personnes concernées par nos projets. Vous offrez aux défavorisés du bonheur, de la santé et la chance d’une vie meilleure.

10 francs et leurs effets FAIRe cadeau démontre clairement ce que votre argent permet d’accom­ plir. Avec 10 francs seulement, vous permettez de réaliser de nombreuses choses, comme par exemple financer deux consultations prénatales pour une femme enceinte. Avec 40 francs, une ancienne ou un ancien malade de la lèpre peuvent accéder à un microcrédit en vue d’assurer leur subsistance. 120 francs permettent de fabriquer et d'adapter une prothèse de la jambe afin qu'une personne handicapée puisse rechercher un travail et échapper ainsi à l’emprise de la pauvreté.

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ACTUALITé

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Reconnaissance du combat contre la lèpre Le Dr P. K. Gobal a reçu le Padma Shri Award, l’une des plus importantes distinctions indiennes pour l'engagement social. C’est sur la base d’un engagement de plus de quarante ans en faveur des personnes atteintes de la lèpre que cette distinction a été attribuée au Dr Gopal. Le Dr Gopal est le président et l’un des membres fondateurs de l’ONG IDEA India (International Association for Integration, Dignity and Economic Advancement), une organisation que FAIRMED soutient depuis plusieurs décennies. IDEA India s’engage pour faire respecter les droits des personnes touchées par la lèpre. Dans les remerciements qu’il a exprimés à l’occasion de la remise des prix, le Dr Gopal souli-

Instantané en Inde : le Dr Gopal reçoit le Padma Shri Award des mains de la présidente de l’Inde.

gne qu'il n'aurait jamais pu atteindre les résultats obtenus sans l'aide de FAIRMED et de la Fédération internationale des Associations contre la lèpre (ILEP). De lépreux à combattant en faveur des lépreux Le Dr Gopal vit avec sa femme Lalitha, sa fille adulte Kavitha et sa petite-fille. Sa femme travaille également dans les bureaux d'IDEA India. Né à Erode, dans l’Etat indien du Tamil Nadu où il réside encore aujourd’hui, le Dr Gopal a contracté un jour la lèpre. Il a pu être soigné, mais la maladie a laissé des séquelles physiques. Cette expérience a été déterminante à ses yeux : « J’ai envie d’aider les personnes défavorisées, en particulier les malades de la lèpre, à retrouver une vie normale à l'image des autres habitants de la communauté ». Le Dr Gopal a enchaîné des études d’économie puis une formation d’assis­ tant social, avant de travailler durant

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Présentation Nom : Dr. P. K. Gopal Age : 71 Jahre Profession : président d’IDEA Inde Domicile : Erode, Tamil Nadu, Inde Etat civil : marié

des personnes touchées par la lèpre. « Les plus grands défis dans notre travail consistent à abolir la stigmatisation et la discrimination auxquelles les lépreux sont encore confrontés, ainsi qu’à améliorer la condition psychique aussi bien que physique des personnes atteintes de la maladie », explique le Dr Gopal. Dans ce contexte, il déplore de constater que le soutien en faveur de la lutte contre la lèpre tend à diminuer, alors qu'il reste encore un long chemin à faire pour améliorer les conditions sociales et économiques des lépreux.

Une vie heureuse pour d’anciens malades de la lèpre Dans son engagement quotidien, il vit néanmoins aussi de nombreuses choses 25 ans à l’hôpital de Kumbakonam, le positives. « Il est réjouissant de savoir premier établissement médical de la que la lèpre est une maladie en régressirégion à se consacrer au traitement on et qu'il existe des médicaments pour et à la thérapie de malades de la lèp- la soigner ». Il se réjouit par ailleurs que re et qui est également soutenu par les malades que lui et son équipe ont pu FAIRMED. A cette époque, il a dirigé soigner vivent aujourd’hui une vie heudiverses études et publié reuse. Mais il a aussi des « Aucun malade de des articles traitant de la visions pour l’avenir : « Je thérapie et de la réinserti- la lèpre ne devrait sou­­haite que tous les en ­­on des lépreux. En 1994, avoir à mendier fants dont les parents il obtient son titre de pour survivre. » sont atteints de lèpre doctorat à l'université de puis­sent trouver de l’aide Ranchi. Il est actuellement président pour poursuivre une formation et troud’IDEA India, ainsi que du « National ver du travail, afin d’être en mesure de Fo­­rum of people affected by leprosy ». s’occuper de leurs parents. Aucun malaDans son activité, il s’engage en faveur de de la lèpre ne devrait avoir à mendier de l’amélioration des conditions de vie pour survivre ».

Portrait

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Sincères remerciements ! Chez FAIRMED, nous tenons à ce que les donatrices et donateurs puissent choisir la fréquence des courriers qu’ils désirent recevoir de notre part, car nous voulons utiliser l'argent qui nous est confié de la manière la plus efficace possible. Par votre don ou votre legs, vous nous confiez pour mandat d’aider les personnes trop pauvres pour pouvoir s’offrir la santé. Nous tenons à vous en remercier et à vous informer de la manière dont nous utilisons votre argent. C’est la raison pour laquelle vous recevez régulièrement notre magazine. Votre engagement est essentiel pour nous et nous tenons à vous le montrer. En effet, rester en contact avec vous est pour nous le seul moyen de vous faire savoir que votre soutien nous permet de faire avancer les choses. Toutefois, si vous ne désirez pas de remerciements ou si vous préférez renoncer à recevoir le magazine quatre fois par an, n’hésitez pas à nous le faire savoir. Nos sincères remerciements. Impressum : Magazine trimestriel de FAIRMED ; Rédaction : Mirjam Stähli, René Stäheli ; Photos : S. Opladen, FAIRMED ; Création : graphicarts, Berne-Liebefeld ; Impression : Spühler Druck AG, Rüti ZH. Abonnement compris dans les dons à partir de 5.– francs.

Aarbergergasse 29 CH-3000 Berne 7 Téléphone +41 (0)31 311 77 97 Fax +41 (0)31 318 08 41 info@fairmed.ch www.fairmed.ch

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