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sur place Edition N° 193 | Mars 2011

Inde prévenir l’infirmité page 2 Cameroun l’école en cadeau page 10 Portrait mission importante

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Prévenir l’infirmité Chez Mahima, 6 ans, la lèpre a été découverte encore à temps, mais malgré un traitement correct la maladie va continuer de marquer sa vie. Mahima suit attentivement les instructions de l’infirmière engagée par FAIRMED. Elle est en train de lui apprendre à masser son pied correctement. Il s’agit là d’un exercice important que Mahima devrait à présent pratiquer régulièrement pour le reste de sa vie. Mahima ne sent pas son pied droit. Lorsque sa mère a découvert les taches sur le pied de Mahima, elle a tout de suite compris que

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Une infirmière soigne le pied blessé de Mahima devenu insensible en raison de la lèpre.

sa fille était atteinte de la lèpre. Elle connaissait la maladie par expérience personelle. Elle a emmené sa fille au dispensaire le plus proche, dans le district de Guntur dans l’Andhra Pradesh, un état situé au Sud-Est de l’Inde. Là, elle a effectivement reçu le diagnostic de la lèpre. Un grand choc pour la jeune mère. La petite Mahima ne comprenait pas encore ce que cela signifiait, mais la mère voyait défiler devant ses yeux les images terribles de malades

mutilés par la lèpre. L’employé du dispensaire a tenté de rassurer la maman. Etant donné qu’elle s’était présentée à temps pour le traitement, les chances étaient très bonnes que cette lèpre reste une maladie infectieuse normale, guérissable, et que Mahima se rétablisse complètement. Il a effectué un test de sensibilité et découvert que le nerf du pied droit était légèrement atteint. Après le traitement avec la thérapie combinée, cela peut être guéri. Il en a malheureusement été autrement. Le petit corps a réagi violemment à la lutte des médicaments contre la bactérie de la lèpre, on a dû traiter la douloureuse inflammation avec d’autres médicaments. Au début, tous espéraient encore que le nerf enflé se rétablisse, mais ils ont alors dû se rendre à l’évidence : le nerf avait subi des lésions permanentes, Mahima ayant définitivement perdu la sensibilité de son pied droit. Et c’est là que commence le projet de FAIRMED dans l’Andhra Pradesh pour la prévention des infirmités. La lèpre dans l’Andhra Pradesh Conformément aux chiffres de l’Orga­ nisation mondiale de la santé, l’Inde enregistre toujours 60 à 70 % des cas de lèpre du monde entier. Bien que dans l’Etat d’Andhra Pradesh au Sud-Est du pays la lèpre soit éliminée selon la définition officielle, les districts de Godavari oriental et de Guntur affichent

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un nombre très élevé de malades de deux piliers : d’une part, il est important la lèpre. Celle-ci est encore présente que les gens soient traités à temps afin comme maladie endémique dans 122 que la bactérie de la lèpre puisse être pays du monde. En médecine, on quali- combattue et avant que le nerf ne soit fie d’endémie la survenance continuel- attaqué. D’autre part, il faut empêcher le et fréquente d’une maladie (au sens que les personnes qui ont néanmoins plus étroit d’une maladie infectieuse) subi une lésion nerveuse ne souffrent dans une région ou une population dé- pas d’infirmités ou que l’état de celles terminée. Dans la lutte contre la lèpre, qui sont déjà infirmes n’empire pas. Le on parle d’« élimination » lorsqu’il existe traitement précoce est couvert par le moins d’un cas de maladie pour 10 000 programme de contrôle de la lèpre : les habitants. L’élimination ne peut donc gens sont informés de l’apparence des pas être assimilée à premiers symptômes, « La prévention l’éradication, avec ladu fait que la lèpre se quelle elle est souvent des infirmités est au guérit, que les médiconfondue. Un des caments sont gratuits premier plan. » états les plus peuplés et qu’ils doivent cond’Inde avec ses 80 millions d’habitants, sulter un médecin à temps. Cela étant, l’Andhra Pradesh atteint certes son ob- les personnes ayant malgré tout subi jectif d’« élimination » dans la moyenne. une lésion nerveuse sont trop peu Cela ne change toutefois rien au fait englobées dans ce programme. C’est que les victimes de la lèpre se comp- ce que vise le projet subséquent de tent par milliers. Beaucoup de ces per- FAIRMED. L’infirmité de Mahima est sonnes sont d’ailleurs handicapées à classifiée comme étant de degré I, ce vie et dépendent par conséquent d’une qui signifie invisible, contrairement au assistance. degré II, qui est la classification des infirmités visibles. Une patiente comme La prévention de l’infirmité visible Mahima a un gros risque de voir son Eradiquer complètement la lèpre sem- état s’aggraver pour passer du degré I ble impossible avec les méthodes de au degré II, c’est-à-dire de développer traitement actuelles. Depuis qu’elle est un handicap visible, et c’est ce que notcurable, il y a cependant la possibilité re projet veut empêcher. que la maladie ne représente qu’un épisode dans la vie d’une personne et res- Mahima est accompagnée te sans lésion des nerfs, à savoir sans Les membres insensibles sont expodégâts physiques. A cet égard, il y a sés à de nombreux risques. Mahima

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En haut : Lorsque les nerfs sont atteints, on ne sent plus les blessures. A droite : Les services physiothérapeutiques aident à prévenir les infirmités.

peut se brûler sans rien sentir, ou une petite blessure qu’elle néglige peut dégénérer en un ulcère malin. C’est là l’évolution classique aboutissant à ces images terribles de membres mutilés, que l’on connaît et qui aujourd’hui sont heureusement bien moins fréquen-


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tes. Mahima ne doit pas finir comme ou voisins des infirmes. On leur montre ça, c’est pourquoi elle est assise là et comment les plaies peuvent être soigfait ses exercices. Elle doit apprendre nées de façon simple et efficace. Les comment utiliser et soigner son pied. personnes avec des mutilations et des Bien entendu, sa mère y participe éga- ulcères peuvent ainsi conserver leurs lement. Mahima est une fille éveillée et extrémités en évitant les blessures et peut jouer comme tous les autres en- les infections. Les handicapés de la fants, mais elle devra faire preuve toute lèpre reçoivent un « kit d’entraide » sa vie d’une attention redoublée, parce leur permettant de soigner leurs plaies à la maison, et en cas que la sensibilité de son pied doit être rempla- « Le projet subséquent de besoin des chauscée par l’ob­ servation. de FAIRMED renforce sures spéciales protégeant les pieds insenDans la physiothérapie, l’entraide. » sibles des blessures. elle a aussi vu des patients qui ont subi de graves mutila- Les personnes nouvellement infectétions en raison de la lèpre, ce qu’elle ne es par la lèpre ou souffrant d’infirmités reçoivent donc en tout temps un traisouhaite en aucun cas. tement optimal. De plus, tous les handicapés profitent de l’intégration des Renforcement de l’entraide Afin d’organiser la prévention d’infir­ communes entières, pas seulement les mi­­ tés de façon durable, FAIRMED personnes atteintes de lèpre. Le renmise sur une collaboration des per- forcement de l’entraide fait partie des sonnes touchées, de leur communau- principales stratégies de FAIRMED. té et des structures sanitaires locales. L’indépendance des personnes atteinDans chaque dispensaire, un spécialis- tes de lèpre est dans l’intérêt de tous te dans le domaine médical est formé les participants. Ces nouvelles voies et sert de point de chute pour les han- doivent être empruntées en commun dicapés de la lèpre. Deux équipes mo- avec les personnes concernées ellesbiles soutiennent les personnes attein- mêmes, la communauté dans laquelle tes de lèpre dans les communes dans elles vivent et la structure sanitaire lol’organisation de groupes d’entraide cale, afin d’obtenir d’autres succès en afin que les connaissances nécessaires matière de lutte contre la lèpre dans les puissent être transmises. Un entraîne- districts de Godavari oriental et de Gunment est organisé pour les personnes tur et que des filles comme Mahima concernées. Une prévention complète puissent mener une vie autonome et contient aussi la formation des proches heureuse.

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Stratégie globale Janvier 2011 restera dans les mémoires comme une étape marquante dans la lutte contre la lèpre : la stratégie globale élargie est entrée en vigueur. La stratégie globale élargie a pour ob- « Nous espérons que de cette manière jectif de réduire de 35 % au minimum la réduction visée des infirmités puisse le nombre de nouveaux cas avec han- effectivement être réalisée. » La stratédicaps du deuxième degré (à savoir les gie met aussi l’accent sur l’importance handicaps visibles) d’ici à fin 2015. Cet- de vérifier parmi les proches des perte stratégie a vu le jour après un long sonnes affectées la présence de symptômes de la lèpre, afin processus de consulta« Le nombre de pouvoir diagnostitions et d’examens aux­ quels ont participé les d’infirmités doit être quer le plus tôt possible une éventuelle afcoordinateurs des proréduit. » fection. grammes nationaux de lutte contre la lèpre, le groupe technique consultatif de l’Organisation mon Soutien des Nations Unies diale de la santé, des entreprises phar- Deux événements ont donné à la maceutiques et des organisations non- stratégie 2010 un élan supplémentaire, aboutissant à une ample recongouvernementales. naissance de ses objectifs. PremiL’ILEP compte sur la participation èrement, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le 21 décemdes organisations En tant que fédération des associations bre un certain nombre de directives de lutte contre la lèpre, l’ILEP (Interna- contre la discrimination de personnes tional Federation of Anti-Leprosy As- affectées par la lèpre. Deuxièmement, sociations) espère qu’un maximum de l’Organisation mondiale de la santé coordinateurs intègre cet objectif dans et l’UNESCO ont publié en novembleurs plans nationaux de contrôle de la re des directives déterminées en collèpre. A ce sujet, l’actuel président de laboration avec d’autres organisations. l’ILEP et directeur de FAIRMED, René Celles-ci visent à augmenter la qualiStäheli, s’exprime en ces termes : té de vie de personnes pauvres souf-

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frant de handicaps, et contiennent un chapitre portant spécifiquement sur la lèpre. Les objectifs d’amélioration de la santé, de la formation et de la situation générale de ces personnes fixés dans cette publication sont entièrement soutenus par l’ILEP. Lutte globale La Fondation Novartis pour un développement durable, qui travaille à l’intersection entre la santé internationale et la responsabilité des entreprises, signale également que la lutte doit être abordée globalement : « Le monde devient de plus en plus petit, les habi-

tants d’Europe centrale étant de moins en moins indifférents aux résultats obtenus par les systèmes de santé de pays lointains avec leurs charges de morbidité. […] Pour les observateurs intéressés par les questions médicales et sociales, la question n’est donc pas de savoir si l’on peut ignorer des problèmes comme celui de la lutte mondiale contre la lèpre, mais quelles priorités doivent être fixées. » Selon l’opinion de l’Organisation mondiale de la santé, ces priorités sont clairement définies pour ces prochaines années : on vise la réduction de nouveaux cas avec des infirmités visibles.

Le contrôle et les soins constants des plaies réduisent le risque d’infirmités.

SCHAUPLATZ

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Les jeunes patients affectés par l’ulcère de Buruli en classe à Ayos.

L’école en cadeau Afin que les enfants ne perdent pas le contact avec l’école pendant la maladie, FAIRMED a construit à Ayos, au Cameroun, une école à côté de l’hôpital et engagé une institutrice. Une mouche traverse la salle en bourdonnant et divertit les élèves. Il fait chaud et Céline ne parvient pas à se concentrer. Elle se demande pourquoi elle doit apprendre quelque chose d’aussi ennuyeux que les mathématiques. Cela est peut-être bien pour les adultes, mais pour une fille de 8 ans ? La mouche se pose sur son nez et

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PROJET

maintenant au plus tard, Céline a entièrement quitté la classe afin d’entrer dans son propre monde imaginaire. L’institutrice, qui observe la situation de loin, bat bruyamment les mains. Céline est tirée brutalement de ses rêveries. En ce qui concerne la concentration en classe, cette écolière camerounaise a beaucoup de points communs avec les


écolières suisses du même âge. Son passé est cependant totalement différent. Il y a des années, elle a attrapé l’ulcère de Buruli et reçoit à l’hôpital d’Ayos le traitement correspondant.

rité des enfants du Cameroun un traitement à proximité de leurs familles. Pour les cas particulièrement graves, toutefois, seul l’hôpital de référence d’Ayos, où ils doivent dans certains cas rester pendant des mois, est en mesure Que provoque l’ulcère de Buruli? de les aider. Afin que les enfants ne L’ulcère de Buruli est une maladie cau- perdent pas contact avec l’école pensée par une bactérie apparentée à celle dant ce temps, FAIRMED a construit de la lèpre. Elle se niche à Ayos une école à cô« Les enfants de façon insidieuse dans té de l’hôpital, et engale tissu sous-cutané, peuvent aller à l’école gé une institutrice (voir prin­­cipalement chez les pendant leur séjour portrait sur la page suenfants de moins de 16 ivante). Ainsi, les enà l’hôpital. » ans. Là, elle détruit le fants peuvent suivre un tissu, d’abord de façon indolore. Lors­ enseignement adapté à leur âge. Grâce que la plaie perce, elle laisse la place à cette offre, de plus en plus d’enfants d’ordinaire à d’énormes ulcères qui peuvent au moins terminer l’école prigué­ rissent et se cicatrisent difficile­ maire après le traitement. ment. Reconnu à temps, le foyer d’infec­­ tion peut être enlevé au moGrâce à l’enseignement durant son yen d’une petite intervention ambulaséjour à l’hôpital, Céline pourra toire ou traité aux antibiotiques. Ayos, également terminer l’école primaire. à une heure et demie d’auto de la capitale Yaoundé, est située dans une région endémique du Cameroun. On y rencontre souvent des enfants aux bras et aux jambes estropiés. Notre soutien FAIRMED a créé à Ayos un centre de référence pour le traitement et l’étude de l’ulcère de Buruli. A travers un réseau de quatre dispensaires décentralisés spécialisés, notre organisation est entre-temps parvenue à offrir à la majo-


Enseigner avec joie L’institutrice Bipane Mvongo Elisabeth Mireille se présente J’ai 29 ans, je suis mariée, mère d’un enfant et travaille comme institutrice pour les enfants atteints de l’ulcère de Buruli à Ayos. Lorsque l’on m’a proposé ce poste et que j’ai finalement opté pour l’engagement, c’est en fait ma curiosité qui a été décisive. Je ne connaissais l’ulcère de Buruli que de nom. J’ignorais les détails et les effets de la maladie. J’entendais des histoires et des légendes qui ont renforcé davantage ma curiosité. A présent, je n’aimerais plus me passer de ce travail : j’adore réaliser tous les jours des progrès d’apprentissage, et je me sens très attachée à ces enfants souffrants. Les plus grands défis du travail Lorsque j’ai commencé, les enfants ne voulaient pas aller à l’école, et se cachaient au fin fond de l’hôpital. Chaque matin, je devais commencer par recueillir les écoliers. Heureusement, ce cauchemar n’a duré que deux semaines, les élèves commençant à s’intéresser aux cours. Lorsqu’il m’arrive encore occa­ sionnellement d’être en retard, les

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PROJET

Mes vœux pour l’avenir Il y a des jeunes qui ne peuvent pas aspirer à une carrière académique parce qu’ils ont commencé l’école tard. J’aimerais beaucoup équiper cette école d’un ordinateur ou de machines à coudre, afin que ces jeunes aient plus tard la chance de pouvoir exercer un métier. Voici une cause que je soutiens volontiers !

élèves m’attendent déjà impatiemment assis devant la porte de la classe. Mes élèves se réjouissent toujours de venir à l’école. Ils sont devenus nettement plus avides de connaissances et travaillent de façon disciplinée. Ceci facilite énormément mon travail. Les enfants recevant deux fois par jour des soins médicaux et le personnel n’étant pas toujours ponctuel, il est toutefois difficile de maintenir en permanence la motivation d’apprendre, et de respecter strictement les horaires des cours.


Léguez des vies Faites-vous partie de la majorité des personnes en Suisse qui n’ont pas rédigé de testament ? Ou avez-vous déjà une fois pensé à employer une partie de votre fortune après votre décès pour maintenir des jeunes en vie ? Votre succession peut constituer une aide considérable parmi les plus démunis. Avec quinze autres organisations suisses d’utilité publique, FAIRMED informe dans le cadre de la campagne « My Happy End » sur la possibilité de léguer une partie de sa future succession à des institutions d’utilité publique. L’entier de la campagne des organisations indépendantes dure au total trois ans et s’adresse aux personnes qui se posent des questions sur leur testament. Dans un spot télévisé diffusé

sur les chaînes SF DRS et TSR et sur la page d’accueil www.myhappyend.org, la possibilité de faire un don pour une bonne cause au moyen d’un legs est exposée. Anna Opladen vous renseignera volontiers si vous souhaitez vous informer par téléphone (031 310 55 67) ou par e-mail (anna.opladen@fairmed.ch) sur le sujet du testament.

Vous aussi, restez dans les mémoires – pensez aux œuvres d’utilité publique dans votre testament. Une initiative de: Action de Carême, Amnesty International, Armée du Salut, FAIRMED, Fondation MONDE SANS MINES, Fondation Village d’enfants Pestalozzi, Garde aérienne suisse de sauvetage Rega, Greenpeace Suisse, Rheumaliga Zürich, Médecins Sans Frontières, miva – transporte l’aide, Pro Natura, SBS Bibliothèque suisse pour personnes aveugles, malvoyantes et empêchées de lire, Fondation SOS Village d’Enfants Suisse, Terre des hommes – aide à l’enfance, WWF Suisse

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Rolf Lehmann comme ambassadeur engagé de FAIRMED

Mission importante « Tout a commencé il y a plus de 20 ans, et ceci dans la cage d’escalier de mon lieu de travail », raconte Rolf Lehmann, président du conseil de fondation de FAIRMED. Avec un sourire sur le visage, il explique sa motivation et son engagement pour la santé des plus démunis. Selon lui, la manière dont tout a commencé est déjà surprenante. Rolf Lehmann travaillait à l’époque (comme aujourd’hui) en tant qu’avocat et notaire à la Spitalgasse 9 à Berne. Dans le même immeuble se trouvait le bureau de l’Aide aux Lépreux Emmaüs Suisse (aujourd’hui FAIRMED). En 1989, Walter Rosenfeld était président de l’association et a rencontré le notaire dans la cage d’escalier. Il a demandé spontanément si lui, M. Lehmann, serait intéressé de s’engager

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PORTRAIT

bénévolement comme membre du comité directeur. « Pour être sincère, je ne pensais pas à l’époque que ce voyage allait durer la moitié d’une vie », confesse carrément l’avocat. L’Inde comme point de référence La première marche de l’escalier a été franchie en 1990, lorsque M. Lehmann a été admis au comité directeur comme plus jeune membre de l’association. « J’ai trouvé dès le début que le fait de m’engager pour la san-


té des plus démunis constituait une années, il a fourni les impulsions mission importante. A l’époque, je me nécessaires et assumé un rôle de suis mis à disposition également parce conseiller. Aujourd’hui, la fondatique j’avais une affinité particulière avec on est une petite entreprise à gesl’Inde. » Et soudainement, les histoires tion moderne, avec des processus et des structures ont jailli comme de « La santé des plus clairement définis. l’eau de source : il avait déjà passé six mois démunis me tient à Ceci est dû notamment à l’actuel en Inde à la fin des cœur. » directeur, René années 70, à l’époque comme stoppeur. « C’était une autre Stäheli. Ensemble, ils ont franchi époque, et mes cheveux étaient cer- d’autres étapes, établissant ces tainement un peu plus longs » ajoute- dernières années le professionnat-il en souriant. Ce voyage a en tout lisme de la fondation à un niveau cas influencé sa décision. Les années élevé. subséquentes, l’Inde a d’ailleurs été l’une de ses destinations de voyage préférées. En 1995, Rolf Lehmann a franchi le degré suivant, devenant président de l’Aide aux Lépreux Emmaüs Suisse. A l’époque, il n’était pas rare que ce travail bénévole représente une journée entière de travail par semaine. « Il faut avoir une grande solidarité émotionnelle et du mordant pour assumer une telle charge pendant une période prolongée. » Cela étant, rétrospectivement, il estime que ce long engagement était la bonne décision.

Zur Person

Le soutien juridique de la fondation Avec son background juridique, M. Lehmann a toujours été l’interlocuteur des questions juridiques générales. En rapport avec diverses restructurations ayant eu lieu au courant de ces

Nom et prénom : Lehmann Rolf Age : 56 ans Profession : avocat et notaire Domicile : Schliern, Berne Etat civil : marié, 2 enfants

PORTRAIT

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Carte interactive Le groupe Rapp, dont le siège principal est à Bâle, opère entre autres dans le domaine dynamique de la programmation Web. L’année dernière, le groupe a soutenu FAIRMED techniquement et financièrement dans le développement d’une appli­­cation de cartes pour la visualisation des projets de santé. La carte interactive montre de façon compréhensible sur le site Web dans quels pays du monde FAIR­MED est active, et quelles sont les dominantes des différents projets (lutte contre la lèpre, soutien de la santé de base, projets sociaux, etc.). La carte interactive sur www.fairmedprojekte.ch permet au donateur de visiter les projets virtuellement, et ainsi d’en apprendre davantage sur les domaines d’intervention de FAIRMED. FAIRMED a besoin de tels partenariats pour maintenir les coûts bas tout en garantissant des services de haute qualité professionnelle. Un grand merci du fond du cœur au groupe Rapp ! Avez-vous d’éventuelles propositions d’amélioration ou remarques concernant l’appli­ cation de carte ? Veuillez SVP nous envoyer celles-ci par e-mail à info@fairmed.ch. Impressum : Magazine trimestriel de FAIRMED ; Rédaction : Luca Zacchei ; Photos : Simon B. Opladen ; Creation : graphicarts, Berne-Liebefeld ; Impression : Spühler Druck AG, Rüti ZH. Abonnement compris dans les dons à partir de 5.– francs.

Aarbergergasse 29 CH-3000 Berne 7 Téléphone +41 (0)31 311 77 97 Fax +41 (0)31 318 08 41 info@fairmed.ch www.fairmed.ch

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