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N°14

e l a C s i d a R e L

pri x libre et sa ns pu er uli rég e ag us à lle ue ns me biou ch de le uil Fe

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s" n o n ig o s e c e d e u q as p e p u c c " L e jo u rn al q u i n e s' o

al i s me * Lé i d n o m r e t l A * t n e m e n n o r * E nvi S o l i dari t é * D é mo crat i e

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" Raphanus Raphanistrum L." par Dianelene

Au menu : Chavez et le pape, le chou rave, les banques solidaires, les pauvres et les frais d' inscriptions


Plat du jour Editorial : Chavez est mort, le pape vit encore Le Che est mort des balles États­uniennes, Chavez est mort du cancer. On pourrait croire qu'ils sont morts des maladies de leur temps, que hier c'est la tyrannie qui tuait et qu'aujourd'hui l'Amérique du Sud vient à souffrir des mêmes maux que le reste des nations développées. Cela serait rendre compte d'un état du monde, pacifié dans sa multi­polarité, largement erroné. Qu'est ce qui tue un Hugo Rafael Chávez Frías, un Ernesto Guevara, un Alexandros Grigoropoulos ? Il y a l'instant de la mort, à ce moment là c'est la balle qui tue ou la tumeur, mais ce qui épuise la force vitale, ce qui amenuise les défenses physiques et morales c'est la lutte. La lutte, pourtant, c'est si souvent la vie, la fête, les ami(e)s, les espoirs dont on pourrait douter que la lutte tue. Le combat permanent de l'esprit pour trouver des solutions, pour dénouer des tensions, pour trouver le temps de répondre aux nécessités de l'existence et au­dessus de tout cela, déjouer les pièges de la raison. Il est rare de trouver chez les révoltés et les révolutionnaires, un ou une, qui soit pur(e), qui aurait échappé aux compromis, des plus légers aux plus terribles. C'est là que la lutte nous tue, la permanence du combat nous fait construire des mécanismes de défense, des blocs de pensées prêt­à­servir en cas d'agression. Ces mécanismes, si l'on n'y prend pas garde, transforment nos moyens d'actions et nous éloignent de la finalité que l'on porte : « Chavez a fait alliance avec Ahmadinejad » « Che Guevara était un meurtrier »

"L' ESPOIR

EST EN VIE Ces cris de haine, lancés par d'hargneux chiens de garde, contiennent une part de vérité mais on doit toujours conserver une distance, un esprit ET LA VIE critique, pouvoir se demander : «ma cause, mon objectif est­il servi ou desservi par mon action ? » Des millions de français pleurant Staline, alors qu'ils ne rêvent que de EST À NOUS " justice sociale, d'égalité, de bonheur, voilà un paradoxe moins étrange lorsqu'on comprend que les logiques d'appareils et l'aura de l'espoir éblouissent et obligent à détourner les yeux.

Mais Chavez malgré l’entièreté des défauts de ses actions n'était nullement Staline, il faisait vivre pour son peuple et pour nous la possibilité de transformer les choses. Aujourd'hui en conscience de ses erreurs nous poursuivons la lutte. Aujourd'hui Chavez est mort, Aujourd'hui un Pape qui a permis l'arrestation et la torture est élu, Chavez est mort et le Pape lui est en vie. Aujourd'hui, 18 mars, on fête le début de la Commune de Paris L'espoir est en vie et la vie est à nous « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. » Victor Hugo

Par Charles Demotz

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La Marmite

Cette semaine : Le chou rave Le chou­rave, cette bouboule de couleur blanche, vert­pâle ou violette, est une variété de chou (vous vous en doutiez ?), plus précisément de la famille des Brassicacées, de son doux nom Brassica oleracea caulo­rapa ou Gongylodes. Il est consommé comme légume et n'existe pas à l'état sauvage. Le chou­rave, comme le topinambour et le rutabagaaa, est un peu délaissé de nos jours pour avoir été un aliment de guerre (parfois plus connu sous son appellation germanophone "Kohlrabi"). C'est un légume davantage populaire en Pologne, dans les pays anglo­saxons et germaniques qu'en France.

Questions pratiques: ­il se consomme cuit ou cru ­la pelure s’enlève très facilement une fois cuit ­ses feuilles ne demandent que très peu de cuisson et s’utilisent comme l’épinard en omelettes et fricassées ­plus il est gros, plus il risque d'être fibreux ­bouilli il est une source de magnésium pour la femme seulement.

Par Dianelene

Les Recettes

CHOU RAVE EN SALADE

Ingrédients : 1 Chou rave, 1 pomme, Une poignée de pignons de pain, Vinaigrette aromatisée au soja et au miel Préparation : Laver le chou, lui couper les fanes que vous garderez pour les ajouter à votre bouillon de légume du soir. Peler la partie verte fibreuse, et ne garder que le bulbe mis à NU. Râper le chou, comme vous râperiez du gruyère. Couper des dés de pomme, parsemer de pignons. Arroser le tout de votre vinaigrette aigre douce. Savourez, appréciez.

CHOU RAVE SAUTÉ AUX ÉPICES Ingrédients : 2 choux raves avec tiges et feuilles, 2 gousses d'ail, 2 cuillères à café de curry, 2 cuillères à café de curcuma (peut être remplacé par du cumin, ou du raz el hanout), 1 cuillère à café d'huile d'olive, 1 Yaourt, Qq feuilles de menthe Préparation : Couper les tiges des choux, séparer les feuilles des tiges, les laver et les essorer, hacher grossièrement, peler la partie verte fibreuse des choux et Couper en petits cubes, faire cuire à la vapeur 10 minutes. Faire chauffer la poêle avec un peu d'huile, et faire revenir cinq minutes l'ail et les feuilles hachées. Saupoudrer d'épices, et ajouter les cubes de chou. Mélanger séparément le Yaourt et la menthe hachée. Servir accompagné de quinoa, boulgour,...!!!

Par Panda

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Le fond de l'artichaut BANQUE SOLIDAIRE

J E PLACE MON

ARGENT À LA BANQUE , C ’ EST MIEUX QUE SOUS LE LIT DE MÈRE - GRAND . C’ EST MOINS RISQUÉ , PUIS JE PEUX LE RÉCUPÉRER QUAND JE VEUX. LA BANQUE A UN COFFRE BIEN SOLIDE , C ’ EST DU SÉRIEUX. M OUAIS   ? C E QUI EST SÛR C ’ EST QU ’ ON EST SOUVENT SEUL, PERDU , FACE AUX INNOMBRABLES OFFRES QUE LES DIFFÉRENTES BANQUES NOUS PROPOSENT. O N CHOISIT LA BANQUE DE NOS PARENTS LORSQU ’ ON EST ÉTUDIANT SANS VRAIMENT Y RÉFLÉCHIR.

Il accorde ainsi des crédits d’une hauteur supérieure à ce qu’il possède en caisse. Grosso modo la banque prête ce qu’elle n’a pas encore. Palmstruch s’enrichissait à vitesse grand v, tous les banquiers firent de même. A la veille de la crise de 2008 le taux n’était pas de 60 % mais d’environ 8 %. Placez 1000 euros à la Je veux placer mon argent à banque, la banque en la banque, je dois me prêtera 12 500  ! Prêter ce demander  : que l’on ne possède pas est Mon argent est-il en sécurité risqué. Les banques risquent à ma banque  ? l’illiquidité. Que va-t-elle faire de mon argent  ? En 2008, elles Où va-t-elle le placer  ? s’échangeaient leurs crédits à travers le monde, les Je veux investir, construire, crédits risqués étaient noyés j’ai besoin d’un prêt  : La dans des «  bon crédits  » banque recherche-t-elle le (opération de titrisation), projet le plus rentable à plus aucune banque ne court terme  ? savait où se cachait les Le plus durable  ?

mauvais crédits. Le mince fil de confiance se brisa. Une bulle éclata. Aujourd’hui les banques «  populaires  » n’ont pas appris la leçon, droguées au risque, elles jouent toujours. Depuis 2005, date de l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto, quatre ONG se sont penchées sur le portefeuille des banques investissant dans la construction de centrales à charbon émettant des milliards de tonnes de gaz à effet de serre (CO2, CH4 ou NO) chaque année au niveau mondial, elles présentèrent lors de la conférence de Durban ce rapport  : Bankrolling Climate Change (Financer le changement climatique)

Au XVIIème siècle, le Suédois Palmstruch découvre que ceux qui déposent leur argent ne le retirent jamais tous en même temps. Lors des plus hauts pics l’argent retiré est équivalent à 40 % (arrondi) de ce qui a été déposé. 60 % de l’argent déposé reste toujours en caisse. Ainsi, grâce à un fabuleux calcul, Palmstruch se permet d’émettre 1,666 fois plus de billets que d’argent déposé.

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Nos trois principaux établissements bancaires nationaux figurent ainsi dans le classement : BNP Paribas est 8e avec 10,7 milliards d’euros de prêts accordés depuis sept ans, le Crédit agricole 14e avec 5,6 milliards et la Société générale est 18e avec 4,7 milliards. Comment choisir sa banque  ? Ekobanken, une banque suédoise en progression, poursuit un autre objectif que le profit à tout prix  : L’éthique dans la confiance. Elle ne prête que l’argent qu’elle possède. Cette banque ne met pas un orteil sur les marchés financiers. Et ça paye, elle fut épargnée par la crise bancaire de 2008. «  Tout est affaire de confiance  » explique son sous-directeur Kristoffer Lüthi. Un autre point positif  : Elle n’investit que dans des projets durables. «  Nous ne cherchons pas ceux qui sont les plus rentables. Seulement ceux qui le sont suffisamment. » C’est une question de choix, « du type d’avenir que nous voulons financer  ». «  Dans les banques traditionnelles, il y a une culture de vente, qui ne crée pas de développement durable. Ici, nous travaillons sur le long terme, sans aucun objectif de vente à court terme  »

éthiques et solidaires  : La FEBEA. Selon la charte ses membres s'engagent à œuvrer pour mettre l'économie au service des hommes, contribuer à la solidarité, à la cohésion sociale et au développement durable, refuser la recherche exclusive du rendement financier, favoriser la création d'initiatives innovantes du point de vue social et environnemental, financer des initiatives économiques poursuivant notamment les buts suivants  : la création d'emplois, en particulier des emplois sociaux, le développement durable (énergies renouvelables, agriculture biologique et biodiversité), la solidarité internationale et le commerce équitable, offrir une information transparente et complète sur son fonctionnement interne, sur la collecte de l'épargne et sur l'utilisation des ressources, vis-à-vis de la FEBEA. Transmettre toute information utile relative à ses activités.

Les Amis de la Terre en partenariat avec l’association de défense des consommateurs (CLCV) ont évalué les diverses banques et produits de placements dans un guide pratique intitulé "Environnement  : comment choisir ma banque  ? Les résultats sont assez Cette banque fait partie désolants  : les deux seules d’une fédération banques à obtenir une note européenne de banques supérieure à la moyenne

sont des institutions alternatives  appartenant à la FEBEA :   la NEF (institution de finance solidaire) et   le Crédit Coopératif (banque au positionnement social). La Nef, plus proche de nous est clairement lisible, elle présente chaque année à ses clients les comptes détaillés des investissements réalisés. Il s’agit souvent d’artisans, de fermes biologiques, de projets culturels ou sociaux qui bénéficient des prêts que cet établissement financier consent grâce à l’argent placé chez elle. On peut en consulter la liste détaillée, avec la description de l’activité ou de l’investissement financé  : rien n’est inconnu. Chacun peut apprécier. La Nef est aujourd’hui engagée dans la construction d’une banque éthique européenne. Un nouveau projet devrait voir le jour en 2013. Acteurs de la finance éthique, Belges, Italiens, Allemands, Espagnols et Français ont décidé d'unir leurs forces au sein d'une société coopérative commune dont ils seront sociétaires. Dès le mois de septembre 2013, le premier fond d'investissement européen destiné à investir dans les entreprises sociales et solidaires devrait ainsi voir le jour. Une première étape vers l'éventuelle création d'une grande banque européenne éthique.

Par Robin Boutonnet

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Sur le feu : Tabelau noir et manif'contre la traque des pauvres Le tableau noir est un espace où se rassemblent des personnalités très différentes, unies par une vision du monde où la solidarité est une possibilité et un devoir. C'est dans ce milieu que la manif contre la « traque aux pauvres » à Marseille a pris corps et formes, suite aux rencontres sur plusieurs sujets collectifs solidaires et libertaires. Ce rendez­vous n'a pas été le premier, mais est le fruit de la manif solidaire du 15 décembre dernier dans les quartiers Nord, qui avait trouvé le moyen de proposer une prise de parole alternative et radicale contre la marginalisation que beaucoup d'entre nous subissent. « Parqués dans des appartements pourris, expulsés de nos logements et de nos quartiers, exploités dans des boulots sous­payés, traqués par les flics et les caméras, enfermés dans des prisons et centres de rétention, humiliés à la pref’, à pôle emploi et à la CAF... Y’en a marre de baisser la tête. Le quotidien est une lutte et seul je perds... » Contre ça nous sommes descendus le 16 mars dans la rue, pour manifester contre la traque des pauvres, contre le système capitaliste qui nous divise pour mieux nous exploiter. Pour dire que c’est nous, la force de la société, nous les sans­papiers, nous les précaires, nous les étudiant(e)s et les citoyen(ne)s d’un monde qui est de plus en plus exploité et détruit par les puissances économiques, avec l’accord de la politique et des institutions. Pour dire qu'on est, quand même, toujours ensemble. On est tous ensemble dans la rue en criant « contre la misère et l’exploitation on s’en fout du droit : on aura ce qu’on prendra !». On s'est rencontré à la Porte d’Aix vers 16 heures pour le rassemblement. On s'est dit bonjour, on a parlé en partageant nos expériences, en distribuant le texte d’appel à la manif «et bim». Vers 17h on est prêts, les banderoles sont à leurs places, une en avant, à la tête du cortège, les autres à la fin et sur le côté gauche. Il commence à faire froid et il y a du mistral, on est presque 200 personnes, mais on est bien motivés…on part ! Nous descendons la rue d’Aix après Cours Belsunce et La Canebière, en bloquant la circulation, on crie des «ni flics, ni fric, ni expulsions». Le premier fumigène est allumé. Les affiches d’appel à la manif sont largement collées dans la rue, les tracts distribués tout au long du parcours. Le cortège passe devant Noailles et remonte vers la Gare St Charles, sur l’esplanade au dessus des escaliers on s’arrête juste un moment pour lire le texte d’appel à la manif puis on repart. En traversant la gare on crie « liberté pour tous les sans­papiers », nous arrivons sur le Boulevard National. Jusqu’à ce moment là, la manif s’est déroulée sans problème, mais désormais la situation devient critique. Sur le Bld National, juste après le tunnel, derrière le cortège les policiers se font de plus en plus nombreux. Le cortège avance tranquillement mais la tension grandit. A un moment, des cris. Tout le monde commence à courir. La police commence à charger. Une charge violente, sans sommation. On n'en comprend pas la raison. Plusieurs flics ont été vus en train de se jeter sur une personne et de la frapper ensemble avant de l’embarquer, pendant que certains d'entre nous commencent à respirer le gaz lancé par les policiers. Des blessés, des arrestations. Les manifestants sont surpris et surtout fâchés. Nous marchons rapidement, la police nous poursuit. Quelqu'un prend les poubelles et les utilise comme première protection. La poursuite continue encore sur quelques mètres. Puis on a commencé a se disperser. Une manif qui se déroulait tranquillement a été chargée avec violence ; une violence qui n’a pas d'autre raison sinon celle de la répression à tout prix des groupes sociaux qui s'opposent au système, au pouvoir et revendique un autre style de vie, une autre société. On rejette la société dont le bonheur est fondé sur le consumérisme et l’hypocrisie, la société qui confond l’égalité avec l’assujettissement de tous sur le même modèle. On lutte pour une société sans frontières, où l’échange culturel, le brassage et l’autodétermination des peuples sont la richesse et la base du bonheur. Où chacun et chacune peut être lui­même, exprimer sa nature sans honte, chercher sa vie sans craindre les chaînes de l’État. Mais une société comme ça ne s’adapte pas au système capitaliste qui gère maintenant la planète. La conscience sociale, la conscience politique de l’être dans le monde sont les ennemies du système au pouvoir. La violence, à plusieurs niveaux, est un des moyens utilisé pour la répression. Ce cortège avait des arguments forts, proposant une idée sociale émancipée des contraintes du consumérisme, remettant en cause la nécessité de plaire aux «capitaux internationaux» que nous propose Euroméd, comme si cela allait de soi, au prix d'une traque de ceux qui ne peuvent (ou ne veulent) pas accéder aux nouveaux commerces de la Rue de la République et la Joliette désormais bonifiées. Pourtant quatre personnes ont été arrêtées, sans que leurs amis et camarades ne puissent avoir de nouvelles; en ce dimanche soir il sont encore en état d’arrêt, et un sit­in de solidarité a été organisé devant le commissariat de Noailles. Nous attendons de leurs nouvelles, et les espérons bientôt libres : la répression n’arrête pas le mouvement ! « Enfant de la même Terre reforme la chaîne… Là où les murs nous cachent l'horizon Les frontières nous divisent on crève affaiblis en se divisant » Keny Arkana – Retour à la terre

Par Arianna Taviani

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PissenLibre Frais de scolarité: un question de nécessité? Qu’est­ce qu’on nous dit toujours? L’État n’a plus d’argent pour des cadeaux sociaux, c’est le temps de la faillite et de l’austérité. Dans le secteur de l’enseignement supérieur cela signifie une diminution du financement public et le besoin d’argent privé. Il y a deux possibilités: d'un côté les entreprises, les fondations et autres grands acteurs privés et de l'autre les étudiants. Pourquoi est­ce que quelqu’un qui visite un enseignement ne devrait pas payer pour son utilisation? Une bonne source pour financer le budget des enseignements supérieurs était trouvée! En Allemagne le dernier bastion des études payantes est maintenant tombé, malgré la crise et malgré son instauration quelques petites années auparavant. Quels sont les raisons de cette évolution?

Modèles du financement Au premier constat il faut comprendre les différents modèles du financement: 1. Le modèle du nord ­ financement public: dans la plupart des pays scandinaves, les universités sont gratuites et chaque étudiant(e) peut bénéficier de bourses et de prêts d’études. Ce système est financé par un haut taux d’imposition, donc d'une façon indirecte. 2. Le modèle central européen ­ ni l’un, ni l’autre: Un financement tout public qui coûte cher, il existe donc le système de frais peu élevés en association avec des aides publiques qui dépendent souvent des circonstances familiale et financières. 3. Le modèle anglo­saxon ­ L’éducation/la formation payante: dans la plupart des pays anglophones les frais sont élevés, mais varient selon les domaines d'études. Même si il y a de nombreuses aides ­ qui sont souvent des prêts ­ les étudiant(e)s sont endetté(e)s à la fin de leur formation. 4. Le modèle asiatique ­ financement privé: au Japon et en Corée l’enseignement supérieur est financé par le privé en majorité par les familles et les entreprises.

La discussion sur les enseignements supérieurs payants Donc à quoi correspond le modèle allemand? À cause de sa structure fédérale, le système est différent. Le pays est divisé en 16 régions nommées «Länder» dont chacune possède sa propre organisation, son gouvernement et ses compétences légales. Les décisions éducatives dans le domaine des Länders n'appartient pas au secteur de l’État Fédéral. Une nouvelle discussion de financement a commencé en 2002 quand le gouvernement (fédéral) social­démocrate­vert a décidé d’interdire les frais de scolarité. Sept Länder aux gouvernements conservatoires­libéraux n’étaient pas d’accord et s'opposèrent à cette loi qualifiée d'anticonstitutionnelle. En 2005 le tribunal constitutionnel fédéral ­ le Bundesverfassunsggericht ­ leur a donné raison et a déclaré comme anticonstitutionnelles toutes les aides monétaires de l’État Fédéral pour les Länder en ce qui concerne le domaine éducatif, ce qu’on appelle «l’interdiction de coopération». C’était la naissance légale des frais de scolarité. Les préconisateurs ont gagné, quelques Länder ont instauré des frais. Dans les autres, les étudiant(e)s ont continué à payer uniquement les frais d’inscription, ainsi que des taxes administratives pour le CROUS et les représentant(e)s étudiant(e)s obligatoires, dont le coût peut fortement varier : dans le Nord­Est, en Mecklembourg­ Poméranie occidentale, ils payent 61E par semestre, à Berlin 280,90E , un ticket du transport public inclus.

Les études payantes: mais pour qui et pour quoi? Suite à la décision de mise en place de frais de scolarité, s'est posée la question du système adéquat, à savoir qui devrait les payer et comment les utiliser: Est­ce qu’on les demande aux étudiant(e)s d’un autre Land comme à Bremen, ce qui a été jugé anticonstitutionnel à cause du principe d'égalité de traitement, ou bien devraient payer ceux (et celles) qui ne finissent pas leurs études dans la limite de la durée des études ? Ceux qui étudient pour la deuxième fois ? Ou tout le monde? Le coût a été plus facile à trouver, 500E par semestre supplémentaire aux frais d’inscription. La deuxième question est plus délicate puisque la majorité des lois sur les frais de scolarité en définit également leurs utilisations. L’idée: ceux qui en payent sont ceux qui en profitent. Cela permet que l'argent ne soit dépensé que pour une amélioration des conditions d'études; l’équipement de base devant continué à être payé par l’État, (donc par les Länders). Ce dernier point a fait débat puisqu'il signifie que la recherche, les locaux et professeurs universitaires ne peuvent pas être financés par ces frais de scolarité. Mais alors dans quels domaines de l’enseignement supérieur y a­t­il le plus de besoins ? Les bâtiments doivent être rénovés ou mieux équipés, il y a besoin de davantage de personnel travaillant dans l’enseignement et la recherche est coûteuse. Et voilà, il y avait beaucoup d’argent et pas assez de besoins à financer. Les politiciens ont conseillé aux enseignements supérieurs d’investir l’argent et non de le garder pour accroître leur réputation. Ils ont donc trouvé des projets fous: dans le cas de l’université Nuremberg­Erlangen, les meubles situés devant l’amphi ont été jugé trop abîmés, ils en ont donc acheté de nouveaux de grande qualité. Or, du point de vue du service de l'urbanisme, tout mobilier serait interdit à cause des risques d'incendies. Les nouveaux meubles ont été abandonnés dans une salle de conférence. À Munich les étudiant(e)s peuvent appeler un «service d’information pour les étudiants» qui répond à toutes les questions (rater un examen,...), on trouve également ces informations en ligne. Le système a coûté 104 000E et la maintenance 165 000E/an, dont 100 000E pour les salarié(e)s/ travailleurs étudiant(e)s et 65.000E pour son dirigeant. Autre exemple: les étudiant(e)s peuvent désormais s'amuser avec un baby­foot, un grill, un bateau ou suivre le nouveau système de balisage. Au final, beaucoup d’argent toujours inutilisé et peu d’intérêts aux améliorations effectuées.

La fin des frais de scolarité En ce moment, les frais de scolarité font débat dans l’opinion public. Au cœur: la question de l’équité sociale puisque les frais sont à l'origine inégalitaires: il n’y a pas de précision pour les étudiant(e)s dont les parents n’auraient pas assez d'argent; il n'existe que des exceptions pour les «cas extrêmes» comme l'exemple officiel des handicapé(e)s. Dans la plupart des Länders les frais ont été abandonnés après la mise en place d'un nouveau gouvernement au niveau du Länder. En Bavarie une alliance des étudiant(e)s, des partis, des syndicats et des associations a plébiscité. Suite à un succès évident et aux élections imminentes (en automne), même le gouvernement le plus conservateur a radicalement changé de position en trois mois. La diminution de l'intérêt des frais de scolarité à cause de leurs buts spécifiques et la pression de l’opinion publique ont gagné en 2013. Mais comme il s’agit d'un joli magot le sujet va encore rester dans l’agenda. De plus il reste le problème du sous­financement de l’enseignement supérieur, on touche là au sujet de «l’interdiction de la coopération» entre l’État Fédéral et les Länders. Et il faut constater que l’état ne peut pas se dérober à son obligation constitutionnelle de garantir la liberté d’éducation.

Par Charlotte

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AGENDA Université populaire :

Vendredi 22 Mars 2013 à 18 h. 30, Cité du Lundi 18 Mars 2013 à 19 h, Cité du Livre, Livre, Amphithéâtre de la Verrière. Ciné Cité Salle Bouvaist, Philo, 4ème édition : Regards sur Ergologie/ Philosophie, Pluralité des valeurs l’Enfermement, petites stratégies contre une et des normes au travail : Le cas de l’Afrique existence en huis clos. noire francophone. Mercredi 20 Mars à 18h00. Réunion pour un Mardi 19 Mars 2013 à 19 h, Fondation café associatif aixois au 1 bis Cours d'OrbiVasarely, Atelier à l’étage. Histoire des Arts telle avec Isabelle PAZUELO, Historienne d’Arts Jeudi 21 Mars à 18h30 : Assemblée Générale Jeudi 21 Mars 2013 à 19 h, MMSH, Maison d'ATTAC, salle 408 du Ligoures méditerranéenne des Sciences et de Jeudi 21 Mars à 19h : Départ de la vélorution l’Homme, Salle Duby Sociologie de la Culture avec Christian (balade cyliste militante) de printemps. DéMAUREL, sociologue : Le Théâtre et la vie part place de la mairie. culturelle.

Info en vrac :

Rédacteurs et correcteurs : Charles Demotz, Charlotte, Arianna Taviani, Robin Boutonnet, Dianelene et Panda Dessinatrice : Dianelene Mise en page : Georges Dimoyat Exemplaire paru en 100 exemplaires le 18/03/2013 et diffusez sur issuu Contact : facverteaixmarseille@gmail.com

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Fac Verte est le réseau universitaire de tous les écologistes. Ouverte à tous (étudiants, enseignants-chercheurs, IATOS. . . ) , Fac Verte porte depuis 2003, l' écologie à l' université.

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Radis cale 14