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Le collège de la Trinité

Numéro 2 mai 2013 ___________

Photo site lycée Ampère

Journal de recherches ——.

Sources de la documentation. _____________ Photos : Site web du Lycée Ampère, archives municipales de Lyon, photos personnelles. Dessins : AM Lyon dessin de FGT Basset de Jolimont Gallica BNF plan de Martellange 1607-1617 Archives départementales : 1D8 : cessions, acquisitions, extensions de bâtiments (1574-1711) 1D9 : église du collège (plans, devis 1617-1738) 1D10 : constructions, réparations (1646-1738) 1D11 : ancien pensionnat (1576-1706) 1D12-17 : nouveau pensionnat (1542-1762) Archives municipales de Lyon : 1 S 00115 1-6 plans de 1763 (microfiches) Microfilms DD371 à 379 comptes, constructions 3GG153 : expulsion des Jésuites 1762 3GG154 : discours officiels entre la ville et les Jésuites.

Livres : - Histoire littéraire de la ville de Lyon par Dominique de Colonia (Ed. F Rigollet 1730). - Les Jésuites et la musique : le collège de la Trinité de Lyon par Pierre Guillot (1991) - Article sur la confrérie de la Trinité par Henri Hours revue Eglise de Lyon, 1997, n°20. - Article de Léon Charvet sur Etienne Martellange dans la Revue du Lyonnais série 3 n°16 et 17 année 1874. - Histoire de la Compagnie de Jésus en France (15281762) par Henri Fouqueray - Dictionnaire historique de Lyon de Béghain, Benoît, Corneloup et Thévenon (Ed. S Bachès 2009) article Trinité p1323 - Description de Lyon 1741, André Clapasson (Ed. Champ Vallon1982) Plans : Plans de Lyon, Charles Delfante et Jean Pelletier (ed. Bachès 2006) Plan de 1550 affiché à la BM Lyon

Sommaire : Page 1 : Sources. Page 2 : historique des fondations. Page 3 : description des lieux. Page 4 : dessin Martellange 1617. Page 5 : La chapelle. Page 6 : plan de 1763. Page 7 : description des acquisitions pour le nouveau pensionnat. Page 8 et 9 : photos actuelles. Page 10 : documents remarquables.

Plan 1550


Le collège de la Trinité Les deux fondations du Collège en 1527 (laïcs) et en 1567 (jésuites). Le collège de la Trinité doit son nom à l’une des plus ancienne confrérie de Lyon. : la confrérie de la Très Sainte Trinité. Thomas Becket créa cette dévotion en 1162 lorsqu’il devint évêque de Canterbury afin de perpétuer le jour de sa consécration. Assassiné en 1170 sur ordre du roi d’Angleterre Henri II, il fut canonisé dès 1173 comme martyr et sa vénération se répandit dans toute l’Europe ainsi que la dévotion à la Sainte Trinité. Son ami Jean Bellemain, originaire de Canterbury, archevêque de Lyon en 1181, érigea en 1187 une chapelle à Fourvière dédicacé à Thomas Becket. La dévotion à la trinité fut confirmée et établie par les papes Clément V (pape de 1305 à 1314) et Jean XXII (pape de 1316 à 1334) par une fête le premier dimanche après Pâques. Le père Rigollet situe à 1306 la création de la confrérie à Lyon par l’association de membres des familles consulaires. Henri Hours va jusqu’à dire que cette confrérie serait liée à l’avènement de l’autorité municipale et à l’annexion de Lyon au royaume entre 1269 et 1320. Ses effectifs évoluèrent de 500 membres en 1306 à 150 en 1422 pour atteindre le chiffre considérable de 3700 en 1529 dans une ville qui comptait alors entre 35 000 à 40 000 habitants. Ses activités outre les manifestations habituelles de piété (procession, grand-messe) englobaient des œuvres de charité comme distribution de pain aux pauvres, la création et l’équipement de l’hôpital SaintLaurent pour les pestiférés et en 1519 l’installation sur son terrain de la rue Neuve d’une école gratuite pour les enfants des confrères. Ils possédaient en effet des granges (entrepôts servant de magasins pour l’artillerie du Roi) et des vignes sur les bords du Rhône à l’extrémité de la rue Neuve. Il n’existait à Lyon au début du XVIe siècle que des écoles paroissiales et des régents qui n’assuraient que l’enseignement élémentaire, Pour la poursuite des études, les jeunes gens devaient aller à Paris, Bourges ou Montpellier. Les confrères qui bénéficiaient d’une aide de la ville pour leur école acceptèrent le 21 juillet 1527 de céder leurs bâtiments à la condition que le nouveau collège porterait le nom de Trinité et que « les enfants et les clercs ainsi que les régents du collège seraient tenus de chanter chaque soir à perpétuité un Salve Regina et un De Profundis à l’intention des confrères vivants et trépassés ». Le nou-

Lugdunum plan de Simon Maupin 1635 Page 2

veau collège fut remis à des professeurs séculiers qu’on fit venir pour la plupart de Bourges et auxquels on donna comme principal Guillaume Durand. Le plus célèbre professeur fut Barthélémy Anneau qui enseignait la rhétorique. Ce dernier accepta la charge de principal en 1558 aux conditions posées par le Consulat dans un contrat de quatre ans (1558 à 1562) « que le dit Anneau entretiendrait 4 classes dans lesquelles seraient enseignés tous les enfants par 3 régents ordinaires et quand besoin sera par 4, que les pensionnaires du collège seraient nourris suffisamment et entretenus nettement, que le principal devrait présenter les régents au Consulat avant de les engager au collège pour être testés sur leur culture et bonnes mœurs... Les enfants devront payer 2 sols et 6 deniers par mois à l’exception des enfants pauvres qui seront enseignés gratuitement » En contrepartie le Consulat devait payer 400 livres par an et 15 livres pour les trois messes hebdomadaires. Le 5 juin 1561, Barthélémy Anneau fut assassiné alors qu’il tentait de calmer la foule excitée par le lancement d’une pierre provenant du collège contre un prêtre qui portait le SaintSacrement pendant la procession de la Fête-Dieu. Le Cardinal de Tournon, ancien archevêque, et Antoine d’Albon, nouvel archevêque de Lyon, recommandèrent alors fortement les Jésuites au Consulat. D’un autre côté ce dernier avait été favorablement impressionné par l’attitude des pères Antoine Possevin et surtout Edmond Auger, prédicateurs talentueux contre les calvinistes et par leur dévouement envers les pestiférés en 1564 à l’hôpital St Laurent. Avec la bénédiction papale et le doublement de l’allocation du Consulat à 800 livres par an, les pères jésuites acceptèrent un contrat qui fut signé en 1567 et corrigé en 1571. Chaque année, à la fête de la Trinité, le recteur du collège présentera un cierge aux armes de la ville au Consulat assemblé pour le service divin et il y aura discours de part et d’autre notamment pour saluer les bienfaiteurs et donateurs consulaires. Le 12 mars 1579 les recteurs de l’Aumône Générale cédèrent 3 granges rue Montriboud et du Pas-Etroit pour 333 écus aux Jésuites que la ville remboursa en 1583. Une voûte en arcade est construite entre le collège et le bâtiment construit sur l’emplacement des granges. Le rez-dechaussée est loué (boutique) et l’étage sert de pensionnat.

Plan de Simon Maupin de 1659 LYON EN 1700


Le collège de la Trinité Re-construction du collège 1607-1619 et description des lieux. Le collège connaît le succès puisqu’il accueille 500 élèves en 1580. Après une interruption entre 1595 et 1604 du fait de l’expulsion des Jésuites à la suite de la tentative d’assassinat d’Henri IV par un ancien élève du collège de Clermont, le collège reprend ses activités en avril 1604 avec 1000 élèves. Un nouveau traité fut ratifié par le Général des Jésuites le 11 décembre 1604 montant la subvention à 6000 livres. Six mois après le retour des jésuites, l’affluence est telle que pour recevoir tous les élèves, il faut s’agrandir par l’achat des maisons avoisinantes, construire et reprendre les bâtiments existants. Le plan d’Etienne Martellange est adopté en novembre 1607. Les travaux ne seront achevés qu’en 1660 (la ville a payé 15000 livres). Le pensionnat est déplacé dans l’enceinte du collège, l’ancien servant de salle de jeux et d’exercices, et de théâtre. « l’emplacement le plus considérable du collège de la Trinité de Lyon sur le quai du Rhône forme une île confinée d’orient par le dit quoi du Rhône, d’occident par la place du collège, de midi par la petite rue Neuve et de septentrion par la rue du Pas étroit. Cette île est réunie du côté de la rue du Pas étroit avec une maison appartenant au dit collège dans laquelle est placé le théâtre pour les jeux située de l’autre côté de la dite rue. Par une voûte prenant dans le corridor de l’infirmerie étant dans l’intérieur du dit collège et aboutissant dans la dite maison des jeux, cette île est encore réunie du côté de la petite rue Neuve avec une autre île formée par les bâtiments de la pension et l’emplacement des chapelles des congrégations des artisans et affaneurs par deux voutes. (…) Au dessus de la dernière voute et de l’emplacement où sont situées les chapelles des congrégations des messieurs et de la congrégation des grands artisans est placé le vaisseau de la grande bibliothèque du collège et sur un bâtiment prenant le jour sur une petite cour qui éclaire la partie occidentale de la chapelle de la congrégation des messieurs est placée l’aile de la bibliothèque donnée par M de Villeroy.

On entre dans le collège par un grand portail donnant sur la place qui conduit par un corridor à la première cour appelée la cour des classes. Cette cour est entourée de 4 corps de logis dont 3 sont élevés à la hauteur de 3 étages outre le rez de chaussée servant pour les classes, pour les cabinets des préfets et pour la chapelle de la congrégation des écoliers des hautes classes. Le quatrième corps de logis est élevé à la hauteur de 2 étages seulement, le rez de chaussée de ce quatrième corps de logis servant de corridor pour rentrer dans l’intérieur du collège. Dans l’intérieur du collège du côté du Rhône est : premièrement une cour ou petit jardin de plantes également entouré de bâtiments dont partie du rez de chaussée était occupée par la pharmacie. Deux ailes de ces bâtiments sont de 3 étages et les 2 autres un étage seulement. Deuxièmement une autre petite cour laquelle a son issue par une grande porte d’entrée sur le quai du Rhône et est entourée de 4 ailes de bâtiments dont 2 ont 3 étages et 2 un étage seulement et finalement un passage découvert entre la chapelle de la congrégation des Messieurs et l’extrémité orientale du collège, lequel passage a son entrée par une petite porte placée à l’extrémité de la rue Neuve et à côté de la chapelle de la congrégation des Messieurs. Sur la voûte de l’église prenant son entrée par la dite place du collège sont pratiquées deux chapelles de congrégation, l’une pour les jeunes Messieurs, l’autre pour les écoliers des basses classes. Au dessus du portail est placé le cabinet des médailles et le bâtiment pour l’observatoire. L’église prévue par le plan de Martellange de 1607 ne fut consacrée qu’en 1622. L’intérieur de style baroque était luxueusement décoré, marbres de Carrare, pierres blanches de Seyssel (Ain), décors à la détrempe et tableaux des artistes lyonnais comme Blanchet » cf Pierre Guillot Selon Jean Mabillon en 1675 la salle de la bibliothèque est très vaste fort bien disposée et placée sur la rive droite du Rhône »

Le passage Ménestrier s’appelait rue Neuve, il sépare actuellement des bâtiments qui appartenaient au collège. La rue actuelle de la Bourse depuis la rue Gentil anciennement de l’Archidiacre et la rue du Bât-d’Argent ou du Pas-Etroit ne fut ouverte qu’au XVIe sous les noms de rue Menié et de rue Henry. La partie de la rue Henry entre la rue Neuve et la rue du Bât-d’Argent fut élargie de 1646 à 1670 pour former la place des Jésuites puis la place du Collège. La chapelle des Messieurs était celle à droite en entrant par le quai dans la rue Ménestrier, la chapelle des grands artisans était en face et celle des artisans et affaneurs dans la même rue à côté de celle des grands artisans. La porte d’entrée du collège remonte aux premières années du XVIIe avec l’inscription : COLLEGIUM TRINITATI SACRUM HENRICI MAGNI ET LVDOVICI JUSTI REGVM CHRISTIANISS. MVNIFICA VOLONTATE CAROLI DE NEVFVILLE PRO REGIIS AVSPICIIS AERE MVNICIPALI EXTRVXERVNT EJVSD. COLL. AVTHORES PATRONI PROPRIETARII PRAEFECT. MERC. ET COSS. LVGD.

ANNÉE 1, N° 1

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Le collège de la Trinité DESSIN D’ETIENNE MARTELLANGE 1617

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Le collège de la Trinité Construction de l’Eglise (1617-1622) et du collège après l’incendie de 1644

Il existe entre la voûte de l’église et la charpente un étage complet éclairé par des fenêtres, lequel sert de dépôt à la bibliothèque de la ville. Les livres reposent sur des rayonnages qui portent sur la voûte … Hugues Trippier et Jean Berthelier firent la couverture de l’église par marché du 1er octobre 1621. Le prix fait était de 950 livres pour fourniture et pose de tous les bois et pour la charpente de quatre tours ou

clochers au quatre coins de l’église. Claude Chanal M° maçon exécuta le clocher à dater de 1620. Il fut placé au nord-est de l’église. L’église avait une entrée latérale dans le collège et une autre rue Neuve, ces deux issues occupant chacune une chapelle. Après l’incendie de la nuit du 20 janvier 1644 qui causa de grands dommages, le Consulat se hâta de financer les réparations et les reconstructions nécessaires. La régente Anne d’Autriche contribua à la restauration. L’argent servit aussi en 1662 à la décoration de la grande cour des classes par des peintures exécutées par Blanchet et Dupuy. Aux bâtiments de la grande cour succédèrent ceux qui font retour sur le quai de Retz, la bibliothèque et les chapelles au-dessous, l’observatoire. Le quadrilatère ne suffisant plus, on dépassa sur toute la longueur de la rue neuve pour englober l’île située entre cette rue et la rue Gentil. Dix maisons fut acquises en 1731 pour le pensionnat. De l’autre côté du collège au Nord, une voûte permettait de franchir la rue du Pas-Etroit et d’accéder dans des locaux acquis en 1584 qui appartenaient à l’Aumône Générale et qui étaient destinés à la salle des jeux.

La chapelle de la Trinité (1617-1622) L’église qui fait 42m de long, 19,5m de large, 16m de haut a été consacrée le 29 octobre 1622. La nef a 6 travées, des tribunes au dessus des chapelles latérales. La façade en arrière-corps avec un fronton agrémenté de deux obélisques qui surmontent les portes est encadrée de deux tours qui abritent des escaliers d’accès aux tribunes.L’église compte 10 fenêtres hautes. Le grand vitrail en demi cercle a été percé en 1738 sur indication de Delamonce. La voûte est décorée entre 1650 et 1650 sur le thème des vertus cardinales (force, tempérance, prudence, justice), des vertus morales (pénitence, humilité, pudeur, obéissance, piété, sagesse) et dans le chœur des vertus théologales (foi, espérance, charité). Les jésuites installent en 1623 un orgue. En 1702 est élevé au-dessus de l’église un observatoire d’une hauteur de huit étages. Le collège abrite aussi les chapelles des congrégations de laïcs organisés dans l’offensive dont les Jésuites sont le fer de lance contre le calvinisme : chapelle des Messieurs (les notables) édifiées en 1640 sous la bibliothèque avec une décoration baroque luxueuse. De l’autre côté du passage Ménestrier se trouvent deux autres chapelles : celle des Grands-Artisans (1674) et celle des Affaneurs (1668)

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Le collège de la Trinité en 1763 Rue Neuve aujourd’hui Ménestrier Chapelle des Messieurs,

Chapelle des artisans et des affaneurs

Nouveau pensionnat

Sur ce plan daté de 1763 (Cf AM de Lyon microfiche) au moment du départ des Jésuites qui seront remplacés par les Oratoriens, on voit l’aménagement final de l’ensemble du collège avec le nouveau pensionnat à droite de la rue Neuve. La reconstruction du collège après l’incendie de 1644 s’effectue jusqu’en 1653 sur un plan proche de l’état actuel de l’édifice. Une façade percée de fenêtres rectangulaires sur trois étages. La porte d’entrée décorée vers l’église permet d’accéder à la cour des classe par une galerie jouxtant l’église. La bibliothèque date du XVIe puisqu’elle fut visitée par Henri III en 1574, réaménagée en 1641 au dessus de la chapelle des Messieurs, reconstruite après l’incendie de 1644 puis agrandie en 1672 au dessus de la chapelle des Grands-Artisans. Les deux parties étaient reliées par une galerie en étage qui franchissait la rue Neuve. Elle fait 48m de long sur 10,50m de large et 13m de hauteur (2 étages), ouvrant à l’Est par deux rangs de 6 fenêtres. De la bibliothèque, on accède au cabinet des médailles et des antiques. bibliothèque

chapelles

Rue du Bât-d’Argent

Rue Gentil

Photo AM de Lyon Page 6

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Le collège de la Trinité : le nouveau pensionnat Entre 1664 et 1714, les RP Jésuites entreprennent d’acquérir tout l’îlot de bâtiments situés entre la rue Neuve et la rue Gentil, le quai du Rhône (rue Fusterie) et la rue Meinié (actuellement rue de la Bourse) pour y construire un nouveau pensionnat (l’ancien étant insuffisant). Document daté du 14 juin 1668 de la donation faite par Raphael Rousset, bourgeois de Lyon, en échange d’une rente viagère de 700 livres, d’une maison sise « au coin de rue Neuves du côté du Rhône, consistant en un grand bas ou boutique, cellier, trois étages de chambres et greniers, un avis de pierre jaune avec un puits à eau claire jouxte la dite rue Neuve de bize, la rue Fusterie de matin, la maison de la veuve Besson de vent et celle de la veuve Gay de soir ». Autre document notarié daté du 30 août 1680 concernant les héritiers Gravier pour une maison « sise en cette ville faisant face sur rue Neuve et sur rue Gentil jouxte du côté de la rue Neuve icelle rue de bize la congrégation des affaneurs de matin, la maison des héritiers Lavalsonnière de soir et la rue Gentil de vent et du côté de la rue Gentil jouxte la maison du Grand Collège occupée par le sieur Garnier teinturier aussi de matin, et la dite maison des dits héritiers de La Valsonnière de soir ». M° Durand Benigne et Jeanne Delaforest son épouse vendeurs aux RP Jésuites « d’une amison faisant le coin des rues Neuve et Menier où pend une enseigne Saint-Louis que jouxte la dit rue Neuve de bise celle des Menier de soir maison des dits acquise qui fut du sieur Colabeau de matin et autre maison du dit collège qui fut du sieur Porcheron de vent ». CONSTRUCTION DU NOUVEAU PENSIONNAT Après avoir acquis tout l’îlot, les Jésuites font construire le nouveau pensionnat à partir de 1733. La ville paye 100 000 livres. Des galeries sur voûte comme celle qui existe déjà pour la bibliothèque sont aménagées au dessus de la rue Neuve. En 1743 le pensionnat accueille 136 élèves dont la grande majorité proviennent d’autres provinces et même de l’étranger.

Plan des maison acquises par les Jésuites pour l’emplacement d’un bâtiment pour le nouveau pensionnat (1664 -1714) Rue Gentil

Rue Meinier

Rue de Fusterie

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Le collège de la Trinité Photos du collège devenu lycée Ampère.

Aspect du collège coin rue Henry, puis place du collège, aujourd’hui rue de la Bourse et rue du Pas-Etroit aujourd’hui du Bât-d’Argent.

L’Aumône Générale avait cédé des bâtiments de l’autre côté de la rue du Bât-d’Argent. Une galerie au premier étage permettait de traverser la rue comme cela a été fait au passage Ménestrier (anciennement rue Neuve) pour la Bibliothèque. C’est là qu’il y a eu l’ancien pensionnat puis une salle de jeux.

Entrée du collège.

Passage Ménestrier vue latérale de l’église. Galerie construite après 1731 pour joindre avec le pensionnat. Page 8

A droite chapelle des Affaneurs. Au fond galerie avec la grande bibliothèque existant en 1700. LYON EN 1700


Le collège de la Trinité Montage fait avec trois photos - le bâtiment est déformé.

Chapelle des Grands-Artisans

Grande bibliothèque

Chapelle des Messieurs

Vue du collège à partir du quai du Rhône. La Grande Bibliothèque occupait deux étages au dessus des chapel-

Photo AM Lyon

Porte d’accès sur le collège sous la galerie de la bibliothèque.

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Porte d’accès aux chapelles des congrégations des Grands Artisans et des affaneurs sur l’îlot du nouveau pensionnat.

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Le collège de la Trinité Documents remarquables Les jésuites ont été expulsés de France en 1762. Ils avaient accumulé contre eux depuis de nombreuses années déjà l’opposition de l’université, des partisans du Jansénisme dans l’intelligentsia (ex. Pascal) et du Parlement de Paris. L’expulsion s’appuya sur un scandale financier qui se produisit aux Antilles. Un Jésuite Antoine Lavalette était chargé des finances de la mission de son ordre à la Martinique. Il se lança dans des opérations commerciales en acheminant du café et du sucre en Europe à partir de plantations qu’il exploitait en Martinique. Pour armer plusieurs vaisseaux il fit affaire avec des armateurs marseillais : la maison Gouffre et Lioncy. Mais des corsaires anglais s’emparèrent des bateaux et notre Jésuite se retrouva avec une ardoise de 1,5 million de livres. Les armateurs ruinés déposèrent le bilan en 1756 et attaquèrent en justice les Jésuites de France comme solidaires de La Valette . Ils gagnèrent le procès. Les Jésuites portèrent l’affaire en appel au Parlement de Paris. Mais là aussi ils furent condamnés (8 mai 1761) à rembourser les armateurs avec en plus 50 000 livres d’intérêts et saisie des biens. Profitant de cette situation, un conseiller au Parlement l’abbé de

Chauvelin établit un réquisitoire contre les statuts et constitutions de la société de Jésus en montrant que chaque membre devait une obéissance aveugle au général et ceci au-dessus du pape, des évêques et des lois des pays ce qui contrevenait gravement à l’Eglise et à l’ordre public. Le 6 août 1761, le parlement prononça la condamnation de 24 ouvrages de Jésuites (lacération et destruction publique) et la dissolution des collèges des Jésuites. Louis XV tenta de résister au Parlement mais il finit pas céder et le 1er avril 1762 l’arrêt d’expulsion fut mis à l’exécution. Nous avons trouvé dans le dossier des AM de Lyon le compte rendu aux Chambres Assemblées fait par M de l’Averdy daté du 8 mars 1763 concernant le collège de la Trinité de Lyon. Il s’agit d’un rapport qui retrace toute l’histoire de la fondation du collège et des différentes étapes de sa construction.

Arbre des maisons de la compagnie de Jésus avec en racine le général de l’ordre.

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