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Trois heures trente à feu vif Procès du roman en (auto)critique(s) compulsive(s), (com)plaisante(s) et décomplexée(s) l'auteur lui-même Fabrice Combes

« Pour faire un bon coulis de tomates, il faut trois heures et demie de cuisine. Pour écrire un roman sur la fabrication du coulis de tomates, il faut être un peu cinglé. Pour l’écrire à deux, il faut être complètement maboul. L’incroyable, c’est qu’un tel roman a été écrit par un Narbonnais, Gilles Moraton, qui vit à Béziers où est né son complice, Fabrice Combes ». Offre Privilège. Peut-être vous êtes-vous déjà porté acquéreur du produit Trois Heures Trente à Feu Vif. Dans ce cas, recevez les compliments du Service Consommateurs . Dans le cas contraire, précipitezvous sans tarder dans l'un des points de vente agréés ou autres débitants de livres et procurez-vous Trois Heures Trente à Feu Vif (sous-titre : La tomate, le réel, de Fabrice Combes et Gilles Moraton, éditions Gallimard, 2002), offre unique et exclusive d'entrer par la grande porte dans le club très fermé de ses lecteurs !

Ainsi s’écrit, toute en flamboyance, l'entrée en matière de la lecture que Thierry Guichard consacre à Trois Heures Trente à Feu Vif (Le coulis, mode d’emploi, Le Matricule des Anges, n°39, juin-août 2002 ). L’entrée en matière semble en fait emboîter le pas au proverbe arabe qui dit, à peu de choses près, que lorsque l’on s’y met à deux pour dessiner un cheval, il ne peut qu’en ressortir un chameau. Ainsi, avec Trois Heures Trente à Feu Vif, Gilles Moraton et Fabrice Combes auraient-ils accouché de l’animal aux proéminences superfétatoires ? C’est la question que chacun est en droit de se poser.

Toujours est-il que, dans leur dessein, Gilles Moraton et Fabrice Combes n’ont à aucun moment croisé les crayons – ou si peu : seul le chapitre Problème a été pensé, construit et mis sur l'ouvrage, comme un aboutissement naturel du travail jusque là partagé, dans une pleine, entière et simultanée communauté d'écriture. De fait, de Trois Heures Trente à Feu Vif, Fabrice Combes a commis les impairs, de même que le chapitre introductif intitulé Postulats, Gilles Moraton ayant écrit les chapitres aux chiffres pairs, et le final Prolégomènes à un problème à venir. Si bien que, du cheval projeté initialement, est apparu quelque chose qui, certes, relève bien de l’équidé, mais dont reste à savoir si la chose s’apparente au canasson ou au pur-sang. Pour preuve le cœur d'Olivier Chapelle, lequel, dans un premier temps, semble balancer entre les deux ongulés (Le coup de cœur - Mode d'emploi, L'Alsace/Le Pays, 29 avril 2002 ), expliquant combien « l'exercice de style consistant à faire de la description minutieuse d'un microcosme urbain l'énoncé complexe et fouillé d'un problème mathématique pourrait paraître d'une difficile lisibilité », avant de relever « au-delà d'une afféterie stylistique subtile, répétée et drôle de l'être - une force évocatrice omniprésente d'humour parfois léger, souvent à lire et relire, et une vérité humaine en chacun des protagonistes ».

C'est Didier Jacob qui tranche définitivement la question, arrivant sans appel ni détour à la conclusion selon laquelle, quitte à œuvrer pour une bête aussi bizarre que ce Trois Heures Trente à Feu Vif, « deux auteurs loufoques, oulipiens, avertis, valent mieux qu’un » (Un après-midi, mode d’emploi, Epok, n°27, juin 2002). Ainsi soit-il. Ils n'en ont dit que du bien. Teresa , xadig, et même

Que reste-t-il, six ans après, de Trois Heures Trente à Feu Vif, qu’Alain Robbe-Grillet a tenu à gratifier du prix Grandgousier, ce dont Gilles Moraton et l’auteur lui-même ne sont pas peu fiers ? Que reste-t-il enfin Page 1 sur 2


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Vinci !

de ses auteurs, dont René de Ceccatty a associé le roman à ces autres publications qui « montrent la vitalité d’une jeune littérature libre, inclassable et poétique » (De L’invective au rêve, l’art de la petite prose, Le Monde, 26 avril 2002 ) ? A moins que tout cela, « ces subtiles cuisines de petits riens ordinaires qui assaisonnent le quotidien », comme s'amuse à le souligner Daniel Bégard avec un zeste d'astuce, en fine Tout le mal que vous en bouche, moins qu'une petite gourmandise, au bout du compte tout cela n'aura été « qu’un leurre pour nous penserez, exactement làrouler dans la farine » (Trois heures trente à feu vif, Magazine Olé!, n°284, mars 2002 )... Que le lecteur bas . reste juge.

"... et, posée au sol, une haute pile de vêtements dont le sommet chancelle et frôle, et pour un peu effleure, le bas de la reprographie d'un tableau : L'avenir dévoilé, ou La tireuse de cartes, de Suzanne Valadon... " (Trois heures trente à feu vif, chapitre 23).

[page rédigée par l'auteur lui-même en personne à partir de mars 2008 et mise en ligne, à Marseille et au monde, au fil des mois suivants de la même année ]

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Trois heures trente à feu vif (Combes/Moraton)  

Roman publié chez Gallimard, mars 2002

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