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N-04 Freediving

e-magazine Décembre ‐ Février 2009

# Photo Julie Gautier / copyright Bluenery 


INFOS   

 

 

BULLETIN DE PARTICIPATION

 

 

: Bruno Beauverger +33(0)6.70.02.17.21 brunobeauverger@yahoo.fr

NOM / SURNAME…………………………………………….PRENOM / NAME……………………………………………………………   ADRESSE / ADRESS…………………………………….…………………………………………………………………………………………….    CP / ZIP CODE………………………………………………….…VILLE / CITY……………………………………………………………………   PAYS / COUNTRY …………………………………………………………….     TELEPHONE…………………………………………………………..MAIL………………………………………………………………………… 


Participation payante 3€

Participation fees 3€

Comment jouer ?

How to win this monofin?

Renvoyez votre bulletin de participation ainsi qu’un chèque de 3€ libellé à l’ordre de : - association Monde Bleu –

(made to measure) You must send your ticket of participation with a check of 3€ at - association Monde Bleu –

A l’adresse suivante :

To the following adress

Bruno Beauverger 600 Allée du mas de ville BP 60025, 30023 NIMES

Bruno Beauverger 600 Allée du mas de ville BP 60025, 30023 NIMES - FRANCE

Date limite de participation :

Deadline

Lundi 01 février 2010 Tirage au sort :

Mardi 02 février 2010

2010/02/01 Lottery

2010/02/02 INFOS Bruno Beauverger +33 (0)6 70 02 17 21 brunobeauverger@yahoo.fr

 


like  to  reach  his  personal  and  different  The  BINFINs  company  was  settled  in  2002  aims  in  swimming  with  a  monofin.  That’s  by Mr. Chen Bin with a special aim: to give  why  each  BINFIN  is  custom  made,  with  an  to each person each own monofin and get  artisan  production  process  developed  by  specialized  in  underwater  swimming.  Each  experienced  people.  The  models  trade  by  person,  each  swimmer,  have  his  own  BINFINs  which  can  be  found  on  the  web  personal  characteristics:  everyone  swims  with  a  different  style,  everyone  has  page www.binfins.com, are three:   different  physical  kind,  everyone  has  different sport marks, and everyone would    • YIN, especially suggested for women or less powerful swimmers,     • YANG,  the  most  famous  model,  used  by  the  most  part  of  swimmers due to its adaptability to the customer requirements,      •

QI,  the  monofin  used  by  top  swimmers,  that  require  an  high  training level and a good technical ability, very popular between  apnea  divers  due  to  its  top  performance  in  underwater  swimming.  

  Each  monofin  is  different,  based  on  each  customer  characteristics  and  needs,  and  unique,  due  to  is  artisan  production  process.   All  top  swimmers  use  a  BINFINs  monofin,  such as Guillaume Nery from France, Sarah  Campbell  for  United  Kingdom,  two  of  the 

most  famous  free  divers  all  around the world, and Zhou Bao Zen or Liu  Jiao  two  of  the  best  worldwide  finswimmers. So what you are waiting for?  Ask for your BINFINs! 

 

Français   caractéristiques  propres  à  chacun.  Une  Mr.  CHEN  BIN  a  créé  la  société  BINFINs  en  production  artisanale  développée  par  des  2002  dans  le  but  de  donner  à  chacun  la  personnes d’expériences.    possibilité  de  s’équiper  d’une  monopalme  Les  modèles  proposées  par  BINFIN  sont  au  spécialisée dans la nage sous l’eau. Parce que  nombre  de  trois,    consultables  sur  le  site  chacun  d’entre  nous  possède  des  qualités  physiques  différentes  et  un  style  de  nage  internet : www.binfins.com:   différent, la société BINFIN adapte chacune de  ses  monopalme  selon  les  possibilités  et  les    ●    YIN, spécialement adapté pour les femmes et nageurs moins puissants,      ●    YANG, modèle très prisé chez les nageurs avec palme,     ●    QI, la monopalme utilisée par le top. Nombre d’apnéistes l’utilisent pour ces performances.      L’élite  des  nageurs  utilisent  les  monopalmes  apnée. D’autres nageurs, Zhou Bao et Liu Jiao  BINFINs, tels que le français Guillaume Nery ou  ont également choisi de nager en BINFINs.   Maintenant,  n’attendez  plus,  optez  pour  l’anglaise  Sara  Campbell,  deux  athlètes  BINFINs !    renommées  dans  le  monde  de  la  plongée  en 

 


Valérie Leferme

"Depuis toujours je photographie par ci par là mais sans réaliser un reportage de A à Z , un reportage qui a du sens qui raconte une histoire. C'est grâce à Loïc Leferme, mon mari, et pour les besoins de sa carrière que ponctuellement j'ai dû prendre quelques clichés de lui pour des pubs, des synopsis, des articles... Pour moi tout est dans l'expérimentation personnelle et dans l'instinct et très peu dans les livres. La photographie c'est une technique très naturelle pour moi tout en étant techniquement élaborée dans ma tête. Elle est toujours liée au contexte dans lequel je suis mais je sais souvent à l'avance ce que je veux prendre et je laisse faire le hasard par la suite: le hasard, c'est la patience et l'écoute des autres. Je respecte beaucoup les sujets que je photographie. J'ai une déontologie très stricte: je recadre jamais les images, je les "travaille" très très peu car j'ai tendance à aimer la rapidité et j'adore le stress: je prend vite mes photos et je les édite dans la journée, je déteste revenir dessus dans le temps... Le modèle de photographe idéal pour moi c'est le reporter de guerre! Je travaille avec un Nikon D700, j'ai donc pu récupérer tous mes vieux objectifs de mon premier appareil, un Nikon FM2 argentique que j'adore. Je pense que l'appareil n'est rien: on peut de faire de très bonne photo avec un appareil de m... mais bon! un optique de très bonne qualité c'est mieux! J'adore le grand angle et les focales fixes. Je déteste le zoom! Actuellement je réalise des reportages personnels destinés à des expositions, je travaille de temps en temps et j'ai de nombreux projets dont celui de ... vivre de ma photographie." mon association c'est MOOZ association: site en cours de construction

©2009ValLeferme/MoozAssociation  http://asso.loicleferme.fr 


PORTOFOLIO

© Valérie Leferme


© Bruno Beauverger 

DECEMBRE

 

LE

   

SOUFFLE

 

  Pour la rédaction     Bruno Beauverger e‐mail :  brunobeauverger@yahoo.fr   Florian Gerault e‐mail :    gerault.florian@gmail.com    Association Monde Bleu  Président : Bruno Beauverger  Secrétaire : Florian Gerault   Trésorier : Emma Scodavolpe      Site internet : 

www.mondebleu.com    Toute reproduction, même  partielle, est strictement  interdite sans autorisation  écrite de l’association Monde  Bleu.   Copyright © Monde bleu 2009  Tous droits réservés France et  étranger.   La rédaction n’est pas  responsable des textes et  illustrations publiés, qui  engagent leurs seuls auteurs.   

A COUPER

 

   

E

n plein hiver, alors que le froid nous cingle le visage, que les beaux  jours se font rares et que les entrainements en piscine ont repris  leurs droits, le championnat du monde AIDA sonne comme une  rémission. Fin novembre  aux Bahamas sur l’île de Long Island, 4  français et une française sont partis, en compagnie de Frédéric  Lemaitre, affronter l’élite mondiale de l’apnée profonde dans une eau  à 26°.   Guillaume, arrivé sur place près d’un mois avant le début de la  compétition, Patrick, qui s’est entrainé dur tout au long de l’année  pour pouvoir se qualifier, Christian, blessé en plein milieu de la saison,  et bien sûr Morgan et Brigitte qui ont mené une saison‐marathon  ponctuée par les championats de France, les championnats du monde  indoor puis ces championnats du monde de profondeur,  tous ont été  fantastiques.  

Avec les superbes performances d’Aarhus, la France a démontré une  fois de plus qu’elle était une grande nation de l’apnée.   Leurs exploits devraient nous inspirer à coup sûr, alors que le début de  l’année 2010 et que les compétitions indoors reprennent bientôt.  Prochain rendez‐vous : le 24 janvier 2010 à l’occasion de la première  manche de la coupe de France apnée FFESSM en Guadeloupe.   A l’image de cette année 2009, espérons que 2010  nous réservera  son  lot de surprises et de beaux résultats,  avec toujours cette volonté de  construire, de se surpasser, et de faire en sorte que les défis les plus  fous tournent en apothéose.   La rédaction vous souhaite de passer de très bonnes fêtes et vous  donne rendez vous en mars pour souffler la première bougie  d’anniversaire du magazine.  

          Bruno Beauverger           & Florian Gérault

 


SOMMAIRE COVER 

FREEDIVING TRAINING

27

¾ BY SEBASTIAN NASLUND

40

FREEDIVER FLORIAN GERAULT  PHOTO BY JULIE GAUTIER  COPYRIGHT BLUENERY    

LES PLONGEURS DU DONJON CLUB D’APNEE DANS LE 91

44 LES AFFRES DU GOUFFRE DE GOURNEYRAS

50

10

RENCONTRE AVEC

MORGAN BOURC’HIS

NEWS

62

20

CHAMPIONNAT DU MONDE AIDA BAHAMAS 2009 Carton Blanc pour les français !

STAGE COMPETITION A MULHOUSE

24

76

Christophe Bruel et Graziella Rivault VAINQUEURS DE LA COUPE DE FRANCE APNEE FFESSM 2009

UN HYMNE A LA MER Par Lionel Dricot

ENTRAINEMENT DYNAMIQUE

2

80 MATOS COMBINAISON FREE DE CHEZ ORCA / NOUVEAUTE C4 – PALME MUSTANG

Gagnez une monopalme CHEN BIN modèle QI  

© Bruno Beauverer 

78


NEWS 

Le Nice Abyss Contest

D

u 21 au 22 septembre 2009, Nice accueillait le Nice Abyss Contest, une compétition d’apnée avec au programme du poids constant avec et sans palme. Cela faisait 3 ans que Nice et toute l’équipe du CIPA n’avait pas organisé pareil évènement. Seul bémol, la compétition n’a pas suscité l’engouement escompté. Une trentaine d’apnéistes avaient fait le déplacement pour 50 places ouvertes au total. A cette occasion, nous saluons les belles performances réalisées par nos français. Morgan Bourc’his impose son style dans une coulée à -63 m en poids constant sans palme suivi de près par Christian Maldamé avec 60 m. Patrick Poggi aurait pu créer l’évènement si seulement il n’avait pas syncopé le premier jour de la compétition en remontant de -81 m. Dommage, car après un stage d’apnée intensif dans l’archipel des Açores, Patrick avait maitrisé 84 m dans les mêmes conditions. François Gautier s’octroie donc la première place avec -80 m en constant. Le breton Nicolas Girardin, quant à lui, mouille sa palme par -70 m. le team APNEEAU débarque avec le sourire et on les comprend. De retour du Danemark après la ferveur des mondiaux AIDA cet été, Brigitte Banegas et Frédéric Sessa sont confiants. Ils

vont le prouver une fois de plus en maitrisant tous les deux de beaux scores en constant sans palme avec respectivement -36 m, nouveau record de France AIDA chez les filles, seule française en lice dans la discipline, et -50 m. Le manque de participation chez les filles n’a rien enlevé au spectacle. En poids constant, Brigitte Banegas, Mc Donald et la croate Mia Rizner terminent avec -46, -45 et -41 m. Durant ces deux jours de compétition, les athlètes avaient le choix soit de participer aux deux épreuves soit de concourir exclusivement pour une. De plus en plus, des compétitions de ce type voient le jour offrant de meilleures conditions aux athlètes pour se dépasser. Pour clore cette première édition du Nice Abyss Contest, saluons l’engagement du team CIPA pour l’organisation et le bon déroulement de la compétition. Et en dépit du temps maussade, y régnait une ambiance conviviale en dépit du temps maussade. Un évènement qu’on espère qu’il se renouvellera bientôt pour qu’il impulse l’espoir de voir se confronter à nouveau les meilleurs mondiaux dans la magnifique baie de Villefranche.

> Bruno Beauverger

Sony Ericsson France est désormais officiel

le

des

France

partenaire équipes

d’ Apnée

jusqu’en

2010

championnat

du

CONTEST  impulsé par  Guillaume Nery  et toute  l’équipe du  CIPA

de

AID A

avec

le

monde

par équipe à Okinawa au Japon

ainsi

que

sur

de

nombreuses compétitions nationales. 

© Photo de Valérie Leferme   

10 

© Photo de Grégory Piazzola    


BELGIQUE

Apnée : Une fin de saison de tous les records !   Après une brillante 12è place en apnée statique (6’58’’) et un record de Belgique en apnée dynamique  (168m) aux derniers Championnats du monde à Aarhus (Danemark), Jean Pol François a continué sur    son incroyable lancée :   

Durant le mois de septembre, le liégeois a amélioré les records nationaux des 3 disciplines d’apnée en    petit bassin.  La  statique  est  portée  à  7’39’’  (ancien  record  7’15’’),  la  dynamique  sans   

  palme  passe  de  131  à  133m  et  la  dynamique  avec   palmes  de  168m  à 

175m , soit 7 longueurs complètes du bassin.    Un fameux cadeau d’adieu à la Belgique qu’il quittera en décembre, il a en effet  signé  un  contrat  avec  l’équipe  de  Franco  Dragone  pour  son  tout  nouveau    spectacle à Macao (Chine).   

INFO : www.aidabelgique.be    

Contact  : Pierre Galère, AIDA,     

piga@novonordisk.com     

  L’apnée   artistique !  

Le photographe sous   marin Franck Seguin immortalise   Guillaume Nery et   Julie Gautier.   L’hebdomadaire Paris Match a   consacré, dans son   n°3157 du 19 numéro au 25 novembre   2009, 4 pages à nos   deux champions.  

 

 

 

 

Les photos d’une beauté rare sont consultables sur le site Paris Match.

 


L’hydrofoil

russe récidive Natalia Molchanova incontestée,

Le 25 septembre 2009, à Sharm El Sheikh en Egypte, Natalia Molchanova a battu le record du monde d’apnée poids constant détenu par l’anglaise Sara Campbell. Une plongée à -101 m réalisée en 3’50’’. De fait, elle devient la première femme à avoir atteint puis dépassé la barrière symbolique des 100 m. Aussi incroyable que cela paraisse, deux jours plus tard, elle récidive en émaillant son propre record du monde pour le porter de -85 à -90 m en immersion libre. De surcroit, elle est l’apnéiste la plus titrée avec 26 records du monde en poche, hommes et femmes confondus. Voilà qui devrait relâcher un peu plus l’apnèiste à l’approche des mondiaux aux Bahamas prévu du 25/11 au 05/12/09. Deux records du monde qui font d’elle la grandissime favorite.

Christian Maldamé réalise la traversée de l’arche du Blue Hole à Dahab


NEWS  LE 04 OCTOBRE 2009, 

HOMAR LEUCI

-84 METRES EN 2’14’’

L’ITALIEN  HOMAR  LEUCI  A  BATTU  LE  RECORD  DU  MONDE  DE  POIDS  CONSTANT  CMAS.  IL  S’EST  CHARGE  DE  RAJOUTER  UN  TOUT  PETIT  METRE  AU  PRECEDENT  RECORD  DETENU  PAR  LE  TURC  DEVRIM  ULUSOY.  

RECORD AIDA FRANCE

 APNEA

DAY avec le GGB à La Ciotat

Le 18 octobre 2009, le club d’apnée Génération Grand Bleu rendait  hommage à l’italien Enzo Maiorca,  un personnage de légende dans  l’histoire de la plongée en apnée.   Quoi de plus sympa qu’une plongée en mer entre amis ?     En ce jour d’octobre, Claire Barbier s’attaque au record de France de  poids variable, la discipline favorite de l’italien. Son objectif : atteindre  les ‐51 mètres. Comme un clin d’œil au vieux record de l’italien. En  effet, le 15  août 1962, Enzo franchissait pour la première fois dans  l’histoire le mur symbolique des ‐50 mètres en apnée, bravant les  recommandations des médecins à l’époque.      

QUICK INTERVIEW >Claire BARBIER Depuis combien de temps pratiques tu l'apnée?   Je pratique l’apnée depuis 2ans et j’attaque ma 3eme année.  J’ai découvert ce sport complètement par hasard. J’ai toujours  aimé et pratiqué des sports d’eau. C’est un ami qui est  également un des fondateurs du club GGB, qui m’a proposé un  jour d’essayer…     

Que représente Enzo Maïorca à tes yeux ?   Enzo est connu grâce au film le Grand Bleu, alors  inévitablement son nom m’évoque une rivalité avec Jacques  Mayol et une forme de course à la profondeur. Mais au‐delà de  ce personnage de fiction, c’est indéniablement un personnage  incontournable du monde de l’apnée et qui à marqué l’histoire  de cette discipline de par son courage et sa détermination.  Puisque c’est le premier à valider un record au‐delà des ‐50m  (record du monde à ‐51m en 1962), contre l’avis des médecins  de l’époque ! Beau défi… et belle leçon de courage.  © Grégory Piazzola  

   


NEWS 

Pourquoi un record en poids variable?   Le poids variable, est une discipline que j’ai  découvert l’année dernière au travers de quelques  sorties mer avec notre club GGB. La descente sans  effort physique me permets de me concentrer  principalement sur ma compensation et mon  relâchement… ce qui procure des sensations très à  part ! Il est difficile de mettre des mots sur des  sensations et ressentis, car je pense que c’est  typiquement une expérience très personnelle et à  vivre par soi‐même. Pour ma part, le poids variable  est une discipline agréable par cette absence  d’effort physique au début, tout en ayant un  combat personnel avec la pression à gérer et le  côté phycologique de la profondeur.          

Comment s'est passée ta plongée?   Question météo nous avons été bénis des dieux, car  le matin même il y avait un peu de vent et une mer  légèrement agitée. Mais une fois ma préparation  sur le bateau fini… le vent est tombé et la mer s’est  calmée !!! La température de l’eau était tout à fait  honnête pour la période de l’année (18 Octobre)…  conditions parfaites !  La plongée en elle‐même s’est bien passée, mais au  lieu de faire une descente à ‐25m puis la descente à  ‐51m, j’ai due faire une descente de plus ! Car  lorsque je suis partie pour faire « The » descente à ‐ 51m, j’ai trop gonflé la gueuse pour freiner dans la  descente…. ce qui a provoqué son arrêt à ‐48m ! Je   

suis donc remontée à la surface et comme la  « perf » était filmée par deux plongeurs à ‐51m  (leur temps sous l’eau étant compté)… je n’ai eu  que 5min pour me reconditionné et repartir. C’était  un peu chaud… mais je me suis immédiatement  replongée dedans, afin de rester concentrée. La  plongée à ‐51m s’est bien passée, avec des  sensations positives. Donc que du Bonheur à  partager allégrement avec tous les membres du  Club GGB !  Au final c’est une belle aventure  sportive et humaine avant tout !      

Comptes‐tu progresser dans la discipline ?   Je souhaite poursuivre l’apnée tout en gardant à  l’esprit cette notion de plaisir avant tout. Nous  commençons à parler d’objectifs au sein du club  pour l’année 2010, mais rien n’est encore bien  défini… Il est important de se mettre des  challenges, tout en gardant la tête sur les épaules !  Etablir un record de France Féminin en immersion  libre est évoqué, tout comme refaire un hommage  à une autre personnalité comme Jacques Mayol  l’été prochain et du tout rebattre le record de ‐ 51m ! Histoire à suivre…    

Suite a ce record,  Enzo t'a t il contactée?   Je sais que Enzo à envoyé au club un message  d’encouragement avant la manifestation. Mais  pour être honnête, je ne sais pas si nous avons  échangé par la suite avec cette légende de l’apnée.    ¾ Bruno Beauverger 

   

Adieu

             

‘’Un dernier adieu à notre ami Christophe  Gauthier, chasseur et ami de la mer, encadrant  toujours souriant de l'atelier apnée et chasse  aux dernières Rencontres Internationales de la  Plongée Enfants, à Porquerolles fin octobre.  Chris est disparu en mer cette fin novembre lors  d'une sortie chasse sur le Frioul  Bon vent à toi Chris, tu vas nous manquer,  tes amis chasseurs et apnéistes’’                                                >  Olivia Fricker 

© Philippe Joachim  


NEWS    Photos Jérôme Vigoureux Peltier     

Stage d’apnée en fosse avec l’UCPA Aqua92

Du 19 au 21 novembre, la fosse Aqua92 de Villeneuve‐la‐Garenne  (plus grande fosse de plongée de France et la seconde d'Europe)  accueillait un stage  d'apnée indoor ouvert à tous les niveaux, du  débutant au confirmé, avec comme instructeur Umberto Pelizzari en  personne.  Sous l’impulsion de Laurent LARRIEU, il y a quelques années, le  centre UCPA Aqua92 organise régulièrement ces stages de 3 jours  consécutifs alternant théorie en salle et pratique en piscine (Apnée  statique, poids constant et poids variable) pour un total de 12  heures de formation de 18h30 à 22h30. Un rythme idéal en région  Parisienne, adapté à une clientèle travaillant en journée dans toute  l’Île‐de‐France ou encore étudiante. D’ailleurs chaque session fait le  plein avec pas moins de 26 élèves.  Pour cela Monsieur Pelizzari est secondé par 6 à 7 moniteurs  MEF1  apnée ainsi que, régulièrement, par un instructeur Apnea Academy  domicilié en région parisienne. Cet encadrement permet un  roulement de travail par petits ateliers.  ‘’En apnée, la confiance et la sécurité sont le résultat d'une bonne  connaissance de soi. La qualité du centre Aqua92 et de son équipe  me permet, à chaque stage, de répondre aux demandes de chacun  des participants, quelque soit son niveau."    Umberto PELIZZARI.  Cette formule semble rendre les stagiaires heureux, et leurs yeux en  fin de stage en disent long sur ce sujet, sans parler des progrès  accomplis. Pour moi c’était une découverte. Je voulais simplement  progresser un peu, me perfectionner, mais je ne pensais pas faire  autant de progrès en seulement trois jours (…). Leur rencontre avec  « l’icône » vivante de la discipline est vécue comme une révélation,  un rêve devenu réalité pour chacun d’entre eux. Moments  forts  qu’une équipe de TF1 est d’ailleurs venue immortaliser le samedi,  pour que  soit diffusé le reportage au JT de 20h le dimanche soir.   ¾ Jérôme Vigoureux Peltier 


NEWS  Championnat régional de Guadeloupe ¾ Par FRANCOIS STEERS 

Le troisième Championnat Régional de  Guadeloupe qui s'est déroulé le 15 novembre  dernier vient de lancer la saison de la section  apnée du CNRBT.  Le soleil, comme toujours, était de la partie  pour mettre en valeur la superbe piscine de  rivière des Pères.    La manifestation, organisée par le Cercle des  Nageurs de la Région Basse Terre en  partenariat avec le COREGUA , a vu 7 jeunes  records régionaux tombés et permis de  constater une nette progression des  performances. Pour preuve, les 5’36’’de  Guillaume STEERS en statique, ou encore les  133,70 mètres en DYN de l'étonnant et  prometteur  Stephan PREISNER  qui participait  à sa première compétition. Les filles étaient  également au rendez vous avec plus de 100m  en DYN pour Sophie JACQUIN et  75m en  DNF  pour Sandrine MURBACH, spécialement venue  de France pour participer au stage.       Les enfant de la jeune, et unique en son genre,  école d'apnée du CNRBT étaient tous là pour  voir ces champions et donner un coup de main  avec mise en pratique des règles de sécurité  de l'apnée sous l'œil  d'Antoine MAESTRACCI , responsable de la  section.    Cette compétition était le prologue d'un stage  d'une semaine avec les cadres de l’équipe de  France Cédric GENIN et Daniel DURERO invités  par le club. L’objectif était de répondre aux  nombreuses questions des 12 apnéistes  compétiteurs et de donner des outils aux  moniteurs pour améliorer la qualité de  l’entraînement dispensé dans la perspective  de la manche de coupe de France organisée  en Guadeloupe le 24 janvier prochain.    Une période à nouveau intense pour le club  avec le stage MEF1 dirigé par Pierre FROLLA ,  un stage profondeur et cette compétition où  les apnéistes de l'île aux belles eaux essaieront  de se qualifier pour les championnats de  France 2010. 

 


ASSEMBLEE GENERALE    DE LA CMAS  Du 2 au 9 mai 2009 en  RECORD Thaïlande,   D’APNEE POIDS  

VARIABLE Concernant l’apnée,    c’est le Turc Levent  En raison de problèmes d’organisation, la    tentative  de record du monde  Ucuzal qui prend la    initialement prévue fin décembre sera  présidence désormais.     reportée en mars / avril de l’année 2010.    Nous devrons attendre un peu plus pour 

 

  Yasemin  voir l’apnéiste Turque  

 

   se frotter au vieux record de     DALKILIC   ‐123 mètres détenu par  l’américaine  Tanya STREETER.  On déplore cependant    que ce record ne soit pas homologué par    l’AIDA. Yasemin ayant fait appel à des  juges FREE, une organisation créée de    toute part pour l’homologation de ses  propres records.  

 

 

           

   

 

SAHIKA ERCUMEN A  24  ans,  l’apnéiste  Sahika  Ercumen  a  battu  le  record  national   de  Turquie  dans  la  catégorie  poids  constant  détenue  par  son  homologue  Yasemin  Dalkilic.  Une  plongée  à  la  cote  ‐70  mètres.  Le  record  est  homologué  par  la  CMAS  (Confédération  mondiale  des  activités  subaquatiques).  Elle  ne  compte  pas  s’arrêter  en  si  bon  chemin et a la ferme intention de briguer quelques titres  du  côté  de  l’AIDA  (Association  Internationale  pour  le  Développement de l’apnée) prochainement.  

ASSEMBLEE GENERALE DE LA CMAS Du 2 au 9 mai 2009 en Thaïlande,   Concernant l’apnée, c’est le Turc Levent Ucuzal qui  prend la présidence désormais.  


NEWS 

NEWS COMPETITIONS – FORMATIONS – STAGES

CALENDRIER FFESSM 

CALENDRIER AIDA  

Manches de Coupe de France  1ère manche : 24 janvier 2010 à Basse‐Terre (Guadeloupe).  2ème Manche : 14 mars 2010 à Besançon (Franche‐Comté).  3ème Manche : 27 mars à Massy (Ile de France).  4ème Manche : 12 juin à Pierrelatte (PACA).    Championnat de France  Week‐end de la Pentecôte (22 et 23 mai 2010), Ile de France.    Compétitions inter‐régionales  13 mars 2010, Grand Couronne, Normandie.    Compétitions régionales  Coupe des Remparts, Championnat d'Alsace : février 2010 à  Sélestat (Bas‐Rhin).    Compétitions départementales  ‐ Apnea Meeting, Coupe du Haut‐Rhin : janvier, mars et avril  2010.  ‐ Coupe du Rhône : janvier ou février (à confirmer).  ‐ Relais en apnée au profit du Téléthon, concours de la plus  longue distance en 1h par Club : 5 et 6 décembre 2010, à  Sarrebourg. 

 

SESSION MEF1

SESSION MEF1

Cette année encore le club APNEE 7 propose un monitorat  apnée avec Mr Pierre FROLLA. Ce stage est ouvert à tous les  apnéistes et chasseurs de métropole et des Antilles. L'idéal  étant d'avoir un N3C2 d'apnée.   Le coût est de 150 euros , la période étant du  

Le Comité Est organise une  formation MEF1 en 2010.  La formation est ouverte, sous réserve de places, aux apnéistes  d'autres Comités.  Inscription avant le 15 décembre, 15 candidats maximum.   ‐ Formation initiale les 9 et 10 janvier à Mulhouse.  ‐ Stage final et examen les 19 et 20 juin, à la Gravière du Fort à  Strasbourg.  

18 au 23 janvier.   Le 23 étant le jour du stage profondeur organisé par Pierre  ou les nouveaux MEF1 pourront encadrer avec lui.   Le dimanche 24 se déroulera la première manche de coupe  de France à Basse Terre en Guadeloupe.      INFO : http://chassesousmarine.free.fr 

  Avril  10 : Pré‐sélections pour le championnat  du monde par équipe à Okinawa.  (Entraînement et prise de performance  en poids constant, Marseille ou Nice )    25 : La Ciotat – ouverture de la coupe  de France AIDA    Mai   9 : Coupe des Plongeurs libres ‐ Nîmes     Juin  6 : Coupe des Calanques ‐ Marseille  Indoor     Septembre   25‐26 : Coupe de Savoie (Compétition  internationale en la du Bourget, poids  constant avec ou sans palme, statique  et dynamique organisée par l’E.G.C à  Aix Les Bains) 

 


NEWS   

STAGE D’APNÉE A ROSES – Espagne

DU 06/06/2010 AU 11/06/2010 Le pluri-recordman mondial d'apnée Umberto Pelizzari organisera en CALA MONTJOY (Espagne), environ 45 minutes à sud de Perpignan, un stage d'apnée du 6 au 11 de juin au CENTRE de VACANCE de CALA MONTJOY. Le stage, véritable "FULL IMMERSION" d'apnée durera environ dix heures par jours et se déroulera en deux parties: * Pratique dans l'eau: Poids constant, poids variable, apnée statique et apnée dynamique. * Théorie: Techniques de respiration, techniques de relaxation et de concentration, techniques de palmage, de compensation, réalisation de tableaux d'entraînements, gymnastique tubaire, syncope et samba, entraînement physique et spécifique, films techniques et de records,…. Tous les apneistes seront filmés et leur technique de descente sera commentée et corrigée en vidéo. Les apnéistes de tous niveaux peuvent participer au stage. Umberto Pelizzari en personne donnera tous les cours d'apnées et sera dans l'eau avec ses moniteurs pendant toute les épreuves pratiques. Le stage est ouvert pour les apneistes de tous niveaux. des débutants aux sportifs de haut niveaux. Important c'est qu'il n'y est pas de problèmes de compensation. Le stage commencera le dimanche 6 juin à 18 h 30 avec une réunion d'information technique : il vous y sera présenté le stage, le staff et les élèves seront divisés par groupe en fonction de leur niveau. Le stage se terminera Vendredi 11 juin en début d'après-midi après l'entrainement en piscine et le repas. Le prix (qui comprend le stage complet et l' hôtel en chambre double pension complète du dimanche 6 juin au vendredi 11 juin) est de

790 euros par personne.

Informations, contacter: MARCO CIRCOSTA Tel: 0678280214 fax: 0494579256 e-mail: marcocircosta@hotmail.com REMY Tel: +34 679338753 info@montjoi.com remydiver@hotmail.com

 

 

 


MULHOUSE DEROULE SON STAGE NATIONAL COMPETITION PAR OLIVIA FRICKER

3ème Stage national de préparation à la compétition, Mulhouse, 2 au 4 octobre 2009

A

près un premier « stage Sud », organisé à Mougins au mois de Mai, ce stage, organisé par Arnaud Ponche sous l’égide de la Commission Nationale Apnée et du Comité Est a accueilli, pour la première fois sur 3 journées, 19 athlètes et entraineurs venus de clubs de tout l’Est (Strasbourg, Mulhouse, Colmar, Freyming, Epinal, Reims), mais aussi des Comités Ile-de France, Normandie, RABA ou encore de Suisse. Comme par le passé, le but de ce stage était de préparer des apnéistes motivés, à la pratique de la compétition en vue de la participation à des Championnats régionaux et Manches de Coupe de France d'apnée. Des athlètes aussi bien débutants que de haute voltige étaient présents. La très sympathique Graziella Rivault, qui vient de remporter la Coupe de France 2009, en est un exemple. D'autres s'étaient déjà frotté les palmes à quelques Manches de Coupe de France ou compétitions régionales. Cette année, en plus du travail approfondi de sophrologie proposé par Didier Zaenger (MEF2 et entraineur de Georgette Raymond), des entrainements et correctifs vidéo proposés par Arnaud Ponche, les stagiaires ont eu la chance de bénéficier des conseils de Georgette. Tout juste médaillée de bronze aux derniers

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Championnats du Monde, elle a longuement échangé autour de son expérience avec les stagiaires et présenté quelques unes des ses techniques d'entrainement, élaborées avec son entraineur. De son côté, Joëlle Hoffmann, membre de l'équipe de France 2008, a proposé un cours d'apnée statique, dans le splendide cadres des Bains municipaux, classés au Patrimoine historique. Le très généreux cours de Joëlle a permis à de nombreux stagiaires d'aller bien au delà de leurs performances habituelles et a été suivi d'un long moment d'échanges et de discussion, autour d'un déjeuner, comment dire … traditionnel ! Christian Vogler, tout droit venu de Brest, (3ème sur le circuit de la Coupe de France d'apnée FFESSM 2009), nous a proposé de travailler le « foncier », avec des méthodes peu connues dans notre discipline. Compétiteur, Officier des Sports de la Marine Nationale et préparateur physique, il a apporté de nombreuses nouvelles données concernant la préparation sportive appliquée à l'apnée. Son réveil musculaire dans la forêt mulhousienne, ses exercices sportifs sur les berges de la rivière de l'Ill, ses cours énergiques à la salle de musculation ou « en musique » dans le dojo du Centre Régional

 

Sportif d'Alsace, resteront j'en suis certaine, gravée dans la mémoire de tous les participants. La soirée de samedi a été l'occasion de donner la parole à Jacques Dumas, représentant France de l’Association Shark Alliance, qui nous a présenté dans le cadre de la « Semaine européenne sur les requins », une mini-conférence sur les requins et le nécessaire combat pour leur protection. Cette passionnée et enrichissante intervention a été suivie d'une projection du dernier film de Jérôme Espla et Albert Saladini « Vivre pour la Mer » avec Hubert Falco, mention spéciale du Jury lors du dernier Festival Mondial de l'Image Sous-Marine de Marseille. Un grand merci à Poisson Lune Production pour son autorisation de diffusion. Un grand merci aussi, à MariePaule Gelle et Frédéric Brigandat, Moniteurs à Reims qui ont passé de nombreuses heures sous l'eau pour les vidéos ainsi qu'aux bénévoles du Touring Plongée Mulhouse qui ont coordonné toute la partie accueil et restauration, notamment Raymond et Renée Muller ainsi que le Président Michel Wermuth qui, une fois de plus, nous a accordé sa confiance.


Les stagiaires 2009 : Boris Albert, Pascale Aubry, Christine Buecher, Mikaël Douret, Jacques Dumas, Grégoire Folly, Martine Fritsch, Christophe Gabet, Alain Galinou, Virginie Leroux, Stéphane Menoux, Philippe Pean, Alex Pernot, Gildas Plisson, Sam Reneaux, Denis Rivallant, Graziella Rivault, Sylvie Sicre, Joseph Sorba. Deux stages devraient être organisés en 2010 par la Commission Nationale Apnée, sur Mulhouse (début octobre) et dans une autre Région (lieu et date à confirmer), afin qu'un maximum d'athlètes puissent en profiter. Les personnes souhaitant des informations peuvent d'ores et déjà se signaler auprès d'Arnaud Ponche:

Briefing de Arnaud Ponche

apnee.mulhouse@orange.fr

Le dojo et la salle de musculation

Cours de Didier Zaenger    

 


PORTOFOLIO PHOTOS JERÖME VIGOUREUX PELTIER                                                      

 


Finale de la coupe de France FFESSM

Amiens - 14 novembre 2009 Galerie photo : http://gunnertemple.free.fr/Amiens2009


ITW

 

      ¾ Propos recueillis par  Florian GERAULT                      

   

Graziella

RIVAULT

Vainqueur de la coupe de France 2009 chez les dames devant Georgette Raymond, Graziella  Rivault a accepté de se prêter au jeu de l'interview afin de nous en dire un peu plus sur son  parcours d'apnéiste et ses objectifs.     entrainements d'apnée par semaine c'est à dire 2 à 3  heures d'apnée en piscine hebdomadaires. Je  pratique également la natation et la course à pied  (une séance de chaque par semaine) et aussi le yoga  à raison de 2 séances par semaine. La préparation  mentale et la  relaxation sont fondamentales, surtout  en apnée statique. Arriver à faire le vide est un  exercice qui ne me pose pas de problème.  

‐ Graziella, peux tu te présenter aux passionnés   d'apnée qui ne te connaissent pas encore ?  Je suis mère de 3 enfants (7 à 10 ans), j'ai 38 ans et je  suis au foyer. Je pratique des sports d'eau depuis  l'enfance (voile, plongée bouteille, natation, apnée  loisir en mer) et j'ai eu la chance de vivre quelques  années en expatriation à Mayotte et au sultanat  d'Oman, pays idéals pour toute activité en mer. Il y a  deux ans, à défaut de vivre en bord de mer, je me  suis inscrite au club Apnée Attitude de Massy  (Essonne).  

  ‐ Tu as participé à un stage de préparation à la  compétition (NDLR: organisé par la commission Est).  Peux‐tu nous en parler ? Que t'a‐t‐il apporté ?  Ce stage de préparation à la compétition effectué à  Mulhouse en octobre a été très bénéfique. Il m'a  surtout apporté une énorme bouffée d'oxygène et  des conseils qui m'ont motivé à poursuivre l'apnée à  fond! Mais d'une façon plus raisonnée et plus  efficace. 

‐ Depuis combien de temps fais‐tu de la compétition  ? Comment cette passion t'est elle venue ?  Très vite, j'ai adoré l'apnée et la compétition et j'ai  montré un réel potentiel de départ. A peine un an  après avoir débuté, je remportais des médailles en  Coupe de France. 

‐ Quelle est ta vision de l'apnée en compétition ?  Comment vis tu une compétition ? Abordes‐tu  chaque compétition de la même manière ou chaque  compétition est‐elle particulière ?  

‐ Comment t'entraines tu ? Pratiques‐tu d'autres  sports en parallèle de l'apnée ? Si oui que  t'apportent‐ils ? Combien d'heures consacres‐tu aux  entrainements d'apnée par semaine ? Consacres‐tu  du temps à la relaxation et à la préparation mentale  ? Quel regard portes‐tu sur cet aspect bien  particulier de notre sport ?  Je m'entraine au sein de mon club Apnée Attitude,  qui est un club dynamique et qui m'a beaucoup  apporté. Nous avons un bassin de 50m et des  encadrants motivés, ce sont des conditions idéales  pour progresser. Aujourd'hui, je pratique 2 à 3 

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La compétition me stimule, elle donne un but aux  entrainements. La compétition est un moyen de se  montrer à soi‐même ce que l'on sait faire. C'est  beaucoup de stress mais aussi l'occasion de s'auto‐ évaluer pour toujours mieux se connaitre. Il est  important de fixer les bonnes apnées et d'oublier les  moins bonnes (en plus ça fait un peu de vide dans la  tête...). Chaque compétition est aussi le plaisir de voir 

   

© Marie Paul GELLE  

 


d'autres personnes passionnées et d'échanger des  idées avec des personnes qui ont les mêmes  interrogations, qui vivent un peu la même vie  d'apnéistes passionnés.  ‐ As‐tu des objectifs en compétition cette année ?  Quel niveau vises‐tu ?  Mon objectif, à terme, est d'intégrer l'Equipe de  France. Pour cela, il y a du travail (surtout en  dynamique avec palme) mais je suis du genre à aller 

jusqu'au bout de mes décisions et de m'en donner les  moyens. C'est un peu un défi personnel. J'ai  commencé la monopalme il y a seulement quelques  mois et souhaite maitriser parfaitement la technique  afin d'optimiser la glisse et les sensations. Je suis une  grande rêveuse et recherche la pureté du geste. Si  c'est pur, c'est beau, et si c'est beau c'est efficace, les  sensations de glisse sont optimales et ça peut aller  loin! 

 

Christophe

BRUEL Christophe Bruel a brillamment remporté l'édition 2009 de la coupe de France, circuit  qu'il affectionne particulièrement puisqu'il l'a remporté en 2006 et a terminé second  en 2007 et 2008. Christophe revient avec nous sur sa deuxième partie de saison et ses  perspectives pour 2010.     ‐ Christophe, tu étais au championnat du monde  courant août(NDLR: accession à la finale, mais  élimination en finale). Comment as‐tu vécu ces  championnats et l'après championnat ?  Je m'étais beaucoup préparé pour ce championnat  car je voulais y réaliser une grande perf en  dynamique. Me qualifier pour la finale  était nécessaire pour représenter dignement la  FFESSM, mais ce n'était pas un fantasme pour moi  au vu du nombre de pratiquants CMAS  relativement restreints.  j'ai donc "géré" les qualifications avec 175m car je  passais dans les derniers. Mais je valais plus ce jour  là et malheureusement le lendemain, en finale, je  n'ai pas retrouvé les sensations de la veille et j'ai  refusé le combat par peur d'être déçu du résultat. Ce  championnat est un peu à l'image de ma carrière de  compétiteur ou je fais beaucoup de gestion et pas de  records, je vais tenter de changer mais ce n'est pas  évident car j'ai pris le pli! je suis néanmoins content  car l'élite CMAS est très relevée et sans doute  beaucoup auraient aimé être à ma place. Cela reste  un privilège de pouvoir participer à ce genre  d'évènement. Et puis, on le partage avec l'équipe !  En résumé on vit de grands moments!   

‐ Quels sentiments t'ont habité à la suite de cette  nouvelle étape de ta carrière sportive: doute,  lassitude, fatigue, ou au contraire espoir, ambition,  volonté...ou peut‐être un peu de tout cela à la fois ?  De la fatigue physique car cela m'a demandé des  sacrifices tout au long de l'année car il faut  composer avec la vie privée : je ne suis qu'un  amateur et c'est pas toujours évident de caser des  entrainements deux fois par jour ou de les réaliser  sereinement!  Mais l'apnée est ma quête qui remplit  complètement ma vie. Cela s'inscrit dans mon  hygiène de vie: faire du sport, manger sainement,  avoir un esprit sain, le tout dans l'eau si possible!  J'adore le monde de la compétition car je rencontre  sans cesse de nouvelles personnes de tous horizons,  je serai donc encore là l'année prochaine avec la  même envie de me dépasser!           

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‐ Apnéiste complet en piscine, tu as même concouru  aux championnats du monde AIDA en statique.  L'année prochaine, vas‐tu continuer à "jouer sur  tous les tableaux" ou cela te semble‐t‐il trop  dur/compliqué ?  

‐ Comment as‐tu préparé cette finale de coupe  de France ? As‐tu observé un repos bien mérité ou  as‐tu cherché à repartir immédiatement dans une  nouvelle phase de préparation ?   Dès la fin août, j'ai attaqué la monopalme en  mettant tout le reste de coté. Et puis beaucoup  d'intensité en statique pour finalement aucun  progrès! Pour Amiens j'avais dans un coin de la tête  de remporter tous les combinés 2009, d'être le plus  complet, et cela a été facilité par l'absence de  quelques gladiateurs des bassins comme Fournier,  Grenier, Girardin ou Sessa. J'en ai profité pour faire  une première perf propre à la "mono". 

Je vais m'appuyer sur mes acquis, en les  entretenant. Le statique sera un peu mis à l'écart vu  que j'échoue depuis un moment. La monopalme va  beaucoup m'apporter en glisse pour le DNF et la  profondeur, et je sens déjà les résultats en  dynamique sans palme car je viens de toucher pour la  première fois les 150m en sans palmes! (europe  evolution 2009) 

 ‐ A l'occasion de cette finale de la coupe de France,  nous avons pu te voir pour la première fois en  monopalme. Peux‐tu nous parler un peu de ce  changement radical ?  Je prends énormément de plaisir lors des  entrainements même si ma technique est encore  très moyenne. La monopalme est un challenge pour  moi et cela va m'occuper pour un moment! je ne  mets pas de coté les bipalmes mais je voulais juste  acquérir une compétence supplémentaire,  apprendre de nouvelles choses et surtout prendre  du plaisir car les entrainements à la bipalmes sont  très durs mentalement entre le froid et les longues    apnées.   Je pense aussi que j'étais proche de mes limites, et    ce tant que je n'arriverai pas à améliorer mon  statique bien au delà de 7''. Je suis agréablement  surpris car les sensations désagréables arrivent plus  tardivement mais quand elles arrivent j'ai des  braises dans les jambes! A Amiens j'ai donc fait  130m avec une assez bonne maitrise technique. J'ai  fait 30m à de plus à Lignano (europe evolution 2009)  mais en reprenant les bi.   Ces premières expériences vont me permettre  d'orienter ma prochaine préparation qui sera  probablement un mélange de technique à forte  dose, de musculation et de résistance musculaire.  Pour tous ces aspects, je m'en remets à l'entraineur  national Cédric Genin, que je remercie pour m'avoir  fait arriver à ces premiers résultats (il me "suit"  depuis le Danemark). Ce n'est pas évident car Cédric  est à Lyon et moi à Toulon, je mutualise donc avec  mes camarades de club de l'ASCM Toulon et surtout  mon coéquipier Jacques Barbara pour les conseils  techniques en temps réel, partager et corriger les  gestes 

   

 ‐ La question que tout le monde se pose : va‐t‐ on voir Christophe Bruel à 200m en dynamique  en 2010 ? Cela te semble‐t‐il réalisable ou est‐ce  encore prématuré?   Je pense y arriver dans 3 compétitions mais  j'espère que je ne me fais pas trop de films ou  de rêves !  C'est ça pour moi l'apnée : beaucoup de travail  mais du plaisir à partager !   


Sebastian  

NASLUND        

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50 hours training leading up to a 10th place in the World Championship (Constant no fins) in Bahamas 2009

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DOSSIER SPECIAL ENTRAINEMENT

SUBJECT DATA Name Sebastian Naslund Age 42 Weight 72 Length 187 Resting heart rate 56 VC 6.3 (5.9 when starting freediving) RV 1.9 HB 145 Training philosophy: do as little as possible. DIVING HISTORY Started competitive freediving 1999 Prefer depth and all disciplines without fins. Equalization problems at 14, 19, 27,33, 45, 60+ Like the feeling of depth and risk involved in freediving. NR: CNF 40, 44, 51,56. FIM 68, 73. DNF 103, 108 Have been selected for four WC´s, taken part in three.

© Igor Liberti    www.apnea.ch 


The story starts two months before the world championships.   

Motivation  I am lying in an apartment in Bangkok staring at the  fan turning and turning. I am thinking: "If I going to do  it, I will have to start now, I have delayed this far to  long. I need to start training".   I peaked in freediving two years ago doing 56 meters  CNF in the world championship in Sharm 2007. I  finished in 5th position. But 56 meters is nothing now  a days, and I cant even do that any longer. And I have  lost the my national record in this discipline. The  current 61 meters seems unapproachable.   Of course I could do it, most things in life are possible  ‐ but do I want to? Am I motivated to train that much?  I dread the feeling coming up from depth: the burning  lactic acid spreading out in the arms (I even get it in  the pectoral muscles), the feeling of weakness and  helplessness, the suppressed breathing contractions  ripping at my lungs, the negative thoughts bordering  to anxiety. Will I make it to the surface? I must reach  the safety divers before I blackout.   I have lost a lot of my physical self confidence. 

Science  I am studying sport psychology at university and  I know this is the basic issue of motivation.  Why? Whats in it for me? What are the  rewards? What will have to sacrifice in order to  have time for all that training? How important is  a record?  There are external motivations: the respect I  will get, the attention. But that is not enough,  external motivation is an untrustworthy ally ‐ it  can easily disappear if other rewards appear.  Intrinsic motivation is the strongest, doing  something for the joy of doing it. But freediving  training can be terribly tedious, boring and  damn hard.  The psychology scientist Mihály Csíkszentmihály  


has said wise things about motivation: we  need very clearly defined goals, that are hard  to reach ‐ that is challenging ‐ but still within  our skill. A 50‐50 chance motivates the most  ambitious people. And I am supposed to be  one of them. 

What can I train here in Bangkok? The  swimming pool is far away and I could hardly  find someone to train with, and besides that I  hate pool training. I cant afford a gym‐card  and there is nowhere to jog among all this cars  and crowded roads. 

 

The weak link  I have freedived competitively for 10 years, I  know a lot about what is needed for a  maximum dive right up to the edge of my  capability. There is no general training scheme  that could apply to everyone; we all have our  own weakest links. I will have to find out what  mine is right now.  Motivation is the primary one, without that  you have nothing. But motivation is nothing  unpredictable that may or may not occur like  inspiration, it can be nurtured. I try to focus on  the positive. I know I like what freediving  training does to me, it keeps me fit, forces me  to stay healthy and sharp in mind. If I could  

find some joy in the training, somehow. So I  will have to do this with a scientific approach.  I need a small goal that is not too hard ‐ but  still gives me some rewards.  What for instance if I held my breath for 5  minutes every day for a month (70% of my PB)  ‐ that would be interesting to find out what it  leads to. And since one of my weak links is  CO2 endurance (both physical and mental) I  could force myself to never stop before I have  endured 2 minutes of breathing contractions  (caused by high CO2 during breath hold). That  is a good start, every morning before  breakfast. 

Physical fitness  Some high level freedivers are awfully fit  (cardio VO2max ‐ O2 uptake capability).  Although freediving is about dealing with  VO2min, I believe starting with a high VO2max  is important.   ‐ And you need muscles that are tuned in for  the movement intended (breast strokes).  ‐ And muscles that can endure lactic acid  (when O2 is finished lactic acid appears).  

‐ And you benefit from the increased blood  volume that muscle training gives you.  I don´t train cardio, I don´t lift weights, I look  almost malnourished with my 70 kilos against  187 in length. I pant when I walk up stairs.  There has been far to much computer in my  life the two last years.   I need to train cardio and muscles! But as little  as possible. 

Habits and routines  With good habits you can achieve most things  in life. Get into a routine, and stick to it, no  matter what. Pride yourself in your discipline.  The most important part of training is actually  starting to deal with all the excuses.      As it happens I have seen an abandoned  stairmaster outside my apartment, situated on  a veranda with a view towards some distant  skyscrapers.  That´s nice, atmosphere is  important. 

The minimum amount of cardio needed to  improve your VO2 max is sessions of 30  minutes of 75% of you maximum heart rate.  (maximum heart rate = 220‐your age). Annelie  Pompe that works as a personal trainer taught  me this (she finished second in the WC in  Sharm 2007 with a 77 meter CWT dive). Doing  this 2‐3 times a week, will show effect already  after 3 weeks. The first part of VO2max  increase is the easiest.   


I will do 30 minutes of cardio every second  day for a month. And lets pretend my heart  rate is that of a 20 year old (to make it slightly  harder for me). Thus 150‐160 in heart rate for  30 minutes. 

space so that my heart races. And lung  stretching to prepare me for the depth.  

And let´s every second day do 30 minutes of:  pushups, situps, pull ups,knee bends at high 

I find my motivation in trying to train as little  as possible to achieve as much as possible. 

That will be 15 sessions of cardio and 15  sessions of muscles and 30 apnea sessions. 

  Specialized training  I return to Sweden. I am a freelancer in many  trades so I have lot of freedom if I plan  everything right. Back in the office I set new  goals. I feel much stronger after only three  weeks training in Bangkok. I change the  stairmaster to 30 minutes of interval training  in my 7 floor building. Elevator down takes 40  seconds, then running up 1.15 minutes. If  done 16 times = 30 minutes. 

I stop doing 5 minute breath holds and switch  to 3 minutes walking apneas with  breaststrokes (40 second freefall). This  produces lactic acid tolerance and dive  response sensitization.  I manage 10 walking apneas then interval stair  trainings before I have to head towards the  Bahamas and a totally new chapter.  

  Lots of water but no depth  A week later I am heading north from West  indies in a 27foot sailboat, moving along the  chain of islands called the lesser Antilles  aiming for the world championships in  freediving on Long Island Bahamas 4 weeks  later. Me and a friend has invested in this  though little ocean cruiser. 

  We seldom find calm water and have to keep  pushing north with little time to train. The  boat has to be repaired often and sailing at  night takes its toll.   

  Fine tuning  In the cabin i get back into the routine of 5  minute breath holds with minimum 2 minutes  contractions. I don´t want to lose my apneic  ability, or rather, forget the awful feeling of  contractions.  I manage 10 more of these sessions.   I also need to train to dive with out mask or  with fluid goggles. The mask takes too much  air ‐ down to 60 meters‐ one liter is lost in the  mask. My equalization sort of locks when I go  without mask, some reactions to the water  flow across the eyes maybe. So I do shallow 

dives around the boat with fluid goggles. I  need a feeling of "belonging" in the water.  The pushups, situps etc… has made some  effects, but now I need to train to the specific  muscles. I tie a shock cord to a waist belt and  to the aft of the boat ‐ and against this  resistance I do 200 breaststrokes and then 200  kicks ‐ focusing on technique. I manage to do 5  sessions of this.    I need to adapt my lungs to depth. The yoga  stretching on empty lungs has been good, but  now i need water. But everywhere we anchor  it is shallow and at sea it is always too rough. 


We find 20 meters a few times and I start with  empty lungs (first one longer dive on FRC (half  lungs) and then a few with totally empty  lungs, down to RV (residual volume). On a bad  day my dives will progress from 7‐12 meters,  on a good day I go from 9‐15 meters in three 

four dives. This resembles very deep dives if  they had been done with full lungs.  At the surface I take a mouthfill before I go  empty lungs. This helps me train mouthfill  equalization. I do the same thing between 0‐ 10 meters, as I will do from 50‐60 meters. 

A dry approach to training  Generally freedivers believe that they need to do max attempts to progress, but I want to prove that  land training and shallow (even a deep pool) training is enough to do as preparation for deep  freediving above your personal best. 

During these 6 weeks leading up to the World Championships I have managed  the following training.    40 x 5 minute breath holds with 2 minutes contractions. 20 hours  18 x 3 minutes walking apneas with swim movements (3 minutes). 4 hours  20 x 35 minutes cardio training at 75‐80% of max pulse. 10 hours  15 x 25 minutes general muscle training. 7 hours  4 sessions with swim movements against resistance. 2 hours (too little)  20 severe yoga stretching with the purpose of preparing the lungs for depth.  10 hours  4 empty lung sessions in water to max 15 meters. 2 hours (too few).    55 hours = 9 hours a week = 1.5 hours a day for 6 weeks.      This might seem a lot for the leisure freediver,  but ridiculously little for the elite freediver.   Yes it is not much, but done in right amounts,  at right time, with right intensity it has effect.  Also if you live a healthy lifestyle not  forgetting, rest, sleep, no stress, special diet,  hydration. It will have effect.  Specially important is that all the breath holds  are done with visualizations of the dive ‐ and if  possible rehearsing the future dive.  I have  apneawalked with water filled goggles and  noseclip. I have done swim movements, but  above all mouthfill technique (which is quite  subtle and contains much more tricks than  just filling your mouth). I have done    

 

the mouthfill in all my 5 minute breath holds,  and equalized against contractions without  loosing the mouthfill.  6 weeks land training above led to:  Resting heart rate of 52 (‐4)  1.2 kilos of added muscles and 0.5 kilos of loss  of fat (yes I have some).  And above all a feeling of fitness and added  physical self confidence.    If I had time I would add 10‐15 sessions of  workload apnea, like repetitive breath holds  while walking, spinning or better swimming.  Up to the lactic acid thresh hold. 


Land o´hoy  I moor at Long Island Bahamas.  William Trubridge the executive  organizer of the coming World  Championship turns up and leaves  me a car and a spending account. I  am supposed to do most of the  practical work needed to get the  competition running smoothly. But I  am also registered as a competitor.  So I go to the famous Deans Blue  Hole and start training. Before the  comp day I manage the following  series of CNF dives:  40 (fim), 52, 57, 59, 50 (early turn),  62, 62 ‐ this, during a 10 days period.  On the competition day of no fins I  have announced 65 meters, 3 meters  above my recent personal best and  nearly 10 meters above my  competition PB from the last world  Championship 2 years ago.   

65 meters  without fins  I take part in the measuring of the  rope (done along a road). I stand at  the 65 meter mark and look back on  the rope on the ground, and guess  what, it looks damn easy. A few  strokes and a long nice freefall. I feel  strong and confident.   Trubridge donates me a blue full  bodied swimsuit with a lot of glide, I  look a bit silly in this slim  bodystocking but feel hydrodynamic  and I feel confident. And with  confidence you can go far (or deep).   

    © Igor Liberti   www.apnea.ch 


Dive strategy  I have identified 17 factors involved in a freedive. Cardio fitness  and fine tuned muscles are two.  

Now I have the following challenges:  1. The risk of BO (using too much energy).  2. Failing equalization and turn early (loosing mouthfill).  3. Squeeze (alveolis "breaking" and blood spit).    Squeeze is not a problem any more down to  these depths (due to the yoga stretches, the  empty lung dives, the FRC warm‐ups). I will  also be even more protected from this if I  chose a dive strategy that involves  contractions slightly later than usual.    Failing EQ is easy to solve: take more air  (and/or train more mouthfills with RV at  shallow depths). But more air is not always  beneficial. I don´t want to spend energy at the  start of the dive (dragging all that air down), a  heavy workload will delay dive response and  increase metabolism and earlier contractions  as a result. I want only as much air needed for  the EQ.   BO is my main concern (low oxygen). It is easy  to solve as well. Just don´t increase breathing  before the dive and have more CO2 in the  blood and get more blood flow (=O2) to the  brain (vasodilation).   But less breathing also means earlier and  more contractions. And contractions at depth  may increase risk of squeeze on me, but  foremost, contractions will interfere with  equalization, and make me loose faith in the  dive already on the way down. 

  I have to choose between risk of BO or risk of  squeeze.  So I have to find a middle way when it comes  to breathing. The hydrodynamic suit will  reduce my energy spending, and also expose  me to a chill during the dive which is good for  the onset and intensity of the dive response.  This also means I can take less led weights.  No warm up will give a better dive response  and less risk of BO.     But I will do warm‐ups in order to get a spleen  release (2‐3 warm‐ups is needed for me to get  a full spleen release), this leads to more  available red blood cells that buffer the CO2  slightly and delay contractions, thus I can  breath slightly less before and still get  contractions relatively late.  Breathing too much before the dive will  change my blood PH (more acidic) and red  blood cells will hold on to O2 and not release  them in the cells just as easy as normally (the  Bohr effect).  

So how do I balance all this?  My strategy is:   ‐ More weight than needed (less work down, later contractions, easier equalization).  ‐ Slightly more breath‐up than is prudent (later contractions, less risk of squeeze).  ‐ 3 warm‐ups (later contractions, less likelihood of squeeze).   ‐ Swimsuit (colder but hydrodynamic and less work). 


So last question. How much weight?  Heavy (advantages) = relaxed down = earlier  dive response + focus on equalization +  later contractions + less O2 spent + less  chance of squeeze = better self confidence.  but also:  Heavy (disadvantages) = more strokes up =  more oxygen spent = earlier lactic acid =  negative thoughts = chance of blackout.  What equation shall I chose?  My normal strategy so far (55+ dives) has  been:  Shorty neopren 1mm + 1500 gram  neckweight = neutral at 11.5  I do experiments with swim down of 7  strokes.  With swimsuit = I reach 27.1 meters  With 1mm neopren shorty with 1000g weight = I reach 31.3 meters  I will go for swimsuit and 800 gram of neckweight. Fluidgoogles, Paradisia noseclip, waistbelt  under the suit, swimcap.   

The dive  My dive starts the night before with yoga  (asanas and pranayama), and I make sure I  have the following vitamins/food supplements  in my body: Creatine, Magnesium, Omega‐3,  L‐glutamin, Iron & B‐12 (long term, not short  term), C‐vitamin, and lots of water the night  before. 

Warm‐up 

In the morning, I eat 4 hours before the dive:  porridge, grapefruit and apple. I can do dives  on 12 hours of no eating but now I am  platform manager for 4 hours before my dive  and need something to keep me going. 

 

2 minutes breath hold at depth (pull down)  Rest 4 minutes  2 minutes breath hold at depth  4 minutes rest  1 minute RV to 10 meters  8 minutes rest  

I started my freediving career with lots of  warm‐ups, then switching to a few FRC´s, then  inspired by Sebastian Murat I switch to no  warm‐up and nearly no‐breath up. Until I lost  all motivation to dive since the "dive response  dives" (the purpose of the Murat strategy) is  damn hard work with lots of contractions and  lactic acid. 


© Igor Liberti   www.apnea.ch 


Breathe‐up  The last 4 minutes I start with deeper slow  breaths, the last minute a few purges down to  RV (important to maximize O2 in lung). This is  a critical point of "the dive", if I  

breath too much I will go with too little CO2  and risk a Shallow water blackout (this is very  individual what is too much). 

 

"The 10th best dive in the world"  The dive will last about two and a half minutes  and consists of many "check points".    I am cautious to be slow in the start. To lift my  legs high above the surface and let their  weight push me down. And not stress. This  sums up the essence of the dive – to be where  you are ‐  not to ‐ in your mind ‐ be ahead of  yourself ‐ thus never longing for the bottom ‐ I  am actually not planning to go anywhere ‐ I  just try to perfect what I am doing in that very  movement/moment. Sebastian Murat said:  focus on process.    I am focused on doing soft strokes in the  beginning, not being efficient. I do not want to  arouse the body and delay the onset of the  dive response (from Murat). (I have noticed  this slow start  in Guillaume Nery aswell).     I do count my strokes, I have to, because I am  so focused at the moment that I will forget  otherwise. I do seven strokes (just as  Trubridge does), this takes me to around 30  meters.  This means that around my 5th stroke I will  have to focus and fill up my mouthfill (thank  you Fattah)    At my seventh stroke I might have  contractions, that is early and makes  equalizing harder, but I tell myself that it will  diminish the chance of BO at surface (with  high CO2 dives). This dive , I get contractions  at 40 meters from the surface.   I have changed into freefalling with arms  along my sides (just as Herbert and Trubridge).  I have programmed myself to expect a longer  freefall than I actually expect (!)aiming for 70  instead of 65.  

Since I avoid over packing I am always short  on air for equalizing ‐ the last meters there is  nothing left ‐ so I wiggle my jaw and move my  lips in front of my teeth (trick picked up from  Nery).  I have velcro on my suit (everybody has) but I  picked this up from Trubridge many years ago.  There I put my tag.  In this dive I did a half bad turn, did not get a  full pull. Even though the plate light warned  me of the turn. In the future I might change to  do double hand pull ‐ if there is no risk of  squeeze.    At the turn I do soft strokes again ‐ to avoid  squeeze. (Scientist have noticed that maybe  80% of all competitive dives may suffer  squeeze, usually just noticed as fatigue after  the dive). Of course soft strokes makes my  dive longer but I spend less energy, and do not  disturb my dive response.    I have very little muscles and when lactic acid  comes it spreads out in the pectoral muscles  as well as down Into the calves and that  produces a blunt feeling and some anxiety. I  want it (since vasoconstriction and anaerobic  metabolism gives the brain more O2), but I  don´t want lactic acid too early.  I start focus on gripping high in the water and  really wait for the glide ‐ a sprint would  increase the risk of BO ‐ even if it shortens the  dive (advice from Winram).  I see the safetydiver and I concentrate to keep  hazy thoughts away, there is a grey zone  where you choose to relax and become  unconscious, you can concentrate and stay  out of BO for a few seconds longer. 


The SP ‐ I don´t really have to think that much  about it. I do it every day, every dry breath  hold even after a 1 minute apnea. I train  recovery breathing even if I don´t need it. I  even train to seek out an imaginary judge in  every little swim, every static. Even every time 

I happen to stand up and get a drop in blood  pressure and feel dizzy, I remove imagined  facial gear, I look for an imaginary judge  (never my coach, never a camera) ‐ and I do  the rest of the SP ‐ I could do SP at 50%  saturation. 

Quod erat demonstrandum

© Igor Liberti   www.apnea.ch 

 

ith this 65 meter dive without fins I feel that I have proven that  you don´t need deep training. I prepared with 50 hours land  training and only 4 hours in‐water training and 7 deep dives  and then a competition PB to 65 meters CNF which gave me a  Scandinavian record and a 10th position in the world championship.   

…a  few days later at the World   Championship. Sebastian did a 83   meters free immersion   Scandinavian record and  experienced a No limit dive at 101 meters   in 2’40’’.  

 

Fact box Purpose:   Regain my Swedish record in CNF (was 61 meters)  My personal best in competition 56 meters.    Main obstacles:   Oxygen consumption, I am unfit and untrained.   Trouble equalizing without mask and water in  eyes.    Minor but possible obstacles:  Light chance of squeeze at 60+  Light chance of losing mouthfill   


TRAINING FOR PEAK                      

 

© Annelie Pompe      

Purpose 

Basic Training 

Specific training 

Specialized  training 

 

 

Focus 

Cardio: Long and middle distance training to  get a strong heart and strong legs    Building general strength and cardio for a  Strength: General strength, basic exercises.  fit body.    Flexibility: Light yoga and general flexibility  training 

Training freedive‐specific muscles and  energysystems 

Cardio Interval training and swim training    Strength: Working on lactic acid tolerance  and endurance of freedive specific muscles    Flexibility: Specific stretching on problem  areas 

Specializing in your discipline and  increasing your apneic ability 

Cardio: Technique training/swim training,  increasing the hypoxic and lactic acid  tolerance    Strength: Specialized muscular strength and  mental strength training  Flexibility: Specialized yoga, pranayama and  lung stretching. 


Un

Club d’apnée en

Essonne -91-

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CLUB SPORTIF 

Les Plongeurs du Donjon SECTION APNEE

Jérôme Vigoureux-Peltier, MEF1, instructeur Apnea Academy, est responsable de la section apnée au sein du club « Les Plongeurs du Donjon » de Sainte Geneviève-desBois dans l’Essonne. A  quand  remonte  la  création  de  la  section  apnée  et  pourquoi cette initiative ?   JVP : Le club  Les Plongeurs du Donjon a vu le  jour  en  1993.  J’ai  monté  la  section  apnée  en  mars 2007, car elle répondait à une demande  d’une  partie  des  adhérents  du  club  (notamment  ceux  qui  ne  souhaitaient  pas  passer  de  niveaux  de  plongée  scaphandre),  c’était  aussi  une  façon  de  moderniser  le  club  et lui apporter un second souffle.     Combien de licenciés compte le club ?   JVP :  Cette  année,  il  s’élève  à  143  licenciés,  dont 23 Apnéistes.    Quels sont les profils des pratiquants ?   JVP :  Actuellement  mes  apnéistes  (des  deux  sexes)  ont  entre  18  et  60  ans.  Leurs  profils :  Plongeurs  scaphandres  souhaitant un côté plus sportif de la plongée,  un  « maintien »  physique,  une  meilleure 

aquacité et aisance dans l’eau, perdre le stress  du « manquer d’air », contribuant à améliorer  leurs plongées en général.   Des  chasseurs  sous‐marins  qui  souhaitent  s’entraîner à l’apnée.   Egalement  des  plongeurs  scaphandre  qui  de  part leur niveaux (N4, MF1…) ne souhaite plus  spécialement  plongée  en  bloc  en  piscine  et  désireux de « communier » avec la nature par  le biais de l’apnée.  Grâce  à  l’apnée,  ils  découvrent  de  nouveaux  horizons.     Combien d’encadrants disposez‐vous ?   JVP : A  ce jour, le  club compte 26 encadrants  au  total  (11  E1  –  10  E2  ‐  5  MF1)  et  il  n’y  a  qu’un  seul  encadrant  Apnée  MEF1  et  Instructeur International Apnea Academy avec  parfois  le  soutient  d’un  MF1  et  d’un  MEF1  pour certaine séance.    

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CLUB SPORTIF 

Vos  créneaux  d’entrainement  où,  quand,  et 


CLUB SPORTIF  Quels  sont  vos  jours  et  créneaux  horaires  d’entraînement ?  Les  cours  se  déroulent  chaque  semaine  hors  vacances  scolaires,  les  mardis  et  vendredis  soirs de 21h à 22h30.   Egalement, dans l’année, des samedis matins,  sont  organisées  plusieurs  séances  portant  sur  des  techniques  de  Relaxation  /  Respiration  /  Training Autogène.      Comment se déroule une séance type ?   JVP :  Echauffement  /  Nage  /  Technique  de  Palmage  constituent  la  base  de  l’entraînement.   Des exercices d’apnée Dynamique et Statique  (« araignée »,  « chauve  souris »,  « yoyo »…),   puis  des  exercices  plus  ludiques  autour  de  parcours,  relais,  courses,  agrémentent  nos  entraînements.   Nos  exercices  de  relaxation  et  de  maternage  seront  des  instants  d’ataraxie  juste  avant  d’attaquer une séance d’apnée statique.  Nous  faisons  régulièrement  un  point  sur  la  sécurité  autour  d’exercices  spécifiques  de  sécurité‐secourisme  et  en  revoyant  les  points  essentiels du travail en Binôme.   Tous  ces  exercices  se  font  en  bi‐palme,  monopalme  ou  sans  palme.  Je  ne  suis  pas  avare de conseils et il m’arrive parfois de faire  essayer ma monopalme à certains élèves.    Y  a‐t‐il  des  compétiteurs  au  sein  du  club ?  JVP :  Je  pratique  en  compétition  depuis  quelques  années.  Aussi  quelques  élèves  devraient  faire  leurs  premiers  pas  prochainement. Cela ne saurait tarder.     Je suis licencié apnée au sein de votre club et  je  souhaite  me  former  pour  devenir  initiateur.  Comment  cela  se  déroule  t’il ?    JVP : Je leur fais passer les épreuves de N1 et  N2  apnée  ainsi  que  RIFAA  (avec  l’aide  d’un  encadrant Sapeur‐Pompier)    Organisez  vous  des  sorties  autres  qu’en  bassin ?    JVP :  Oui,  pour  le  moment  deux  séances  en  fosse  de  ‐20m  à  Conflant‐Sainte‐Honorine 

"

sont  programmées  d’ici  à  début  février  2010  (pour  cette  saison),  et  bientôt  en  Essonne  dans une toute nouvelle fosse de ‐15m.   Egalement, nous préparerons 1 à 3 week‐ends  en mer avec le club de Génération Grand‐Bleu  à La Ciotat, et le CIPA sur Nice.   Sans  oublier  l’organisation  (1  à  2  sessions  annuelles)  de  formation  RIFAA  (Réaction  et  Intervention  face  à  un  Accident  en  Apnée)  pour le département du 91.    Conditions requises pour intégrer le club des  Plongeurs du Donjon?   JVP : Savoir nager. Le club est « ouvert » pour  les adhérents à partir de l’âge de 14 ans.     Le  club  a‐t‐il  l’ambition  d’accueillir  prochainement une compétition d’apnée ?   JVP :  Mon  souhait  consiste  à  vouloir  développer  la  section  apnée  au  sein  du  club,  de  continuer  à  transmettre  la  passion  de  la  plongée en apnée avec l’éthique propre à celle  d’AIDA France.  A  terme,  nous  mettrons  en  place  une  « ligne  d’eau  entraînement  compétition »,  plus  commode, sans toutefois négliger pour autant  tous  les  aspects  et  les  différents  niveaux  des  apnéistes adhérents.   Du côté organisation, il y a en effet un souhait  de  voir  naitre  une  compétition  AIDA/FFESSM,  mais  le  projet  est  repoussé  pour  le  moment  car la conjoncture et mon temps libre me sont  peu  favorables  ces  dernier  temps.  Mais  à  terme…      

Informations et contacts ?   Espace Nautique du Val d'Orge  ‐ Les  Plongeurs du Donjon ‐ 40 rue Léo Lagrange,  91‐Sainte Geneviève des bois  http://pagesperso‐orange.fr/plongeurs‐du‐ donjon  Section Apnée – Jérôme Vigoureux‐Peltier ‐  jvpeltier@gmail.com ‐ 06 70 73 68 37  Ou ‐ plongeursdudonjon@free.fr   

N’hésitez pas à passer nous voir le temps d’une séance (en prenant contact avec Jérôme à l’avance) lors de vos passages en Région Île-de-France. A venir « essayer » le club, nous serions heureux de vous compter parmi nous à la prochaine rentrée.


L’exsurgence de Gourneyras a été ainsi nommée par nos confrères spéléologues-bouteilleux. Il s’agit en fait d’une source qui se meurt dans la Vis voisine. Elle fut explorée en plongée bouteille pour la première fois en 1950. Celui qui s’y frotta atteignit les -30 mètres, un véritable exploit pour l’époque.

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PAR BRUNO BEAUVERGER ET GUILLAUME MOLLARET  PHOTOS FRANCOIS GRAVIER 


REPORTAGE  l y a tout d’abord une barrière  retenue par une simple pierre.  La marque d’une défense  d’accéder à ce chemin  appartenant à EDF. Qu’à cela ne  tienne. Il ne faut pas plus d’une  paire de bras pour dégager  l’encombrant. C’est qu’il en faudrait un  peu plus pour nous décourager. Robert,  notre guide, nous l’a affirmé : au bout  du chemin, il y a la promesse d’une  apnée exceptionnelle. Une plongée  comme peu d’apnéistes en ont jamais  faite. Une plongée dans l’exsurgence  d’une rivière : le gouffre de  Gourneyras…         Nous sommes fin juillet et malgré  l’altitude –on flirte avec les 1000  mètres‐ le soleil cogne sur les bords de  la Vis, rivière en cascade dévalant les  Cévennes héraultaises. Le chemin est  étroit et sinueux. Rien n’indique le lieu  exceptionnel que nous allons explorer.  Soudain, Robert nous indique de nous  arrêter. Un éboulis a tracé un chemin  naturel que nous allons emprunter. Une  rude descente de plusieurs centaines de  mètres effectuée, plombs,  combinaisons, et bouteilles d’air (pour  la sécurité) sur le dos.         Sur la gauche, le débit ininterrompu  et violent de la Vis ; sur la droite,  une gouille dans laquelle  macèrent feuilles et  aiguillent de pins,  tombées de la forêt  surplombant ce que  l’on ne soupçonne  pas être le gouffre  de Gourneyras.  Un boyau de 80  mètres de  profondeur  s’étalant sur  2500 mètres de  long.   

Dans l’antre      Il y a donc cette vasque d’eau trouble  et stagnante. Nous avons tous une  petite appréhension à l’idée de devoir  plonger dans cette marre. Depuis la  surface, son reflet sombre suscite pas  mal d’interrogations, d’inquiétudes, et  de circonspections. Le doute, sera vite  levé.       Emmitouflés dans nos combinaisons   7 mm, gants et chaussons, l’exploration  de la grotte sous marine peut enfin  commencer. En permanence immergé à  ‐22 mètres, Robert est le premier à  descendre. Equipé de bouteilles de  plongée et d’un phare, il assurera notre  sécurité. Avant que nous ne plongions, il  installe un fil d’Ariane. La plongée n’est  pas verticale. Aussi convient‐il de griller  le minimum d’oxygène afin d’aller le  plus loin possible dans le gouffre. Robert  remonte une dernière fois à la surface :  « Tout est ok ! » Les plongées vont  pouvoir commencer.         Première plongée, prise du pouls  comme on dit, on teste les oreilles et  chacun  vérifie sa ceinture de plomb.  L’eau affiche une température d’à peine  13°C en surface. Après quelques mètres  parcourus, déjà nos cœurs s’emballent.  La curiosité et l’émerveillement  prennent la place de  l’appréhension. Un nouvel  horizon, obscur et d’un  rare silence, s’ouvrent à  nous.    


REPORTAGE 

Le frisson peut commencer      Lors des cinq premiers mètres, on  patauge dans le chocolat formé par la  végétation tombée de la forêt. Cette  écume passée, l’eau s’éclaircit jusqu’à  devenir limpide à l’intérieur de la  chambre sous marine.         Le départ de la galerie s’amorce au  fond de la vasque par moins huit  mètres. Il faut passer un chaos de blocs  de pierre avant d’entrer dans un  puissant corridor de cinq mètres de  haut sur six mètres de large. Une voie  qui dégringole en pente douce pour  conduire à un puits circulaire sans fond  à la cote ‐21 mètres exactement. Dans  le faisceau de sa lampe, Robert est aux  premières loges pour lire nos regards  pétrifiés. L’objet de notre angoisse,  c’est justement ce trou noir vertical  plongeant dans l’inconnu.          Au fur et à mesure des apnées, la  ferveur gagne le groupe qui ne cède pas  pour autant à l’euphorie de  l’exploration. Les approximations sur la  description des lieux justifient une  extrême prudence lorsque nous  plongeons.       Après quelques plongées, une fois les  lieux apprivoisés, posté sur le fond,  nous restons quelques secondes à  contempler ce spectacle de pierre que  seule la lumière du jour et notre  présence viennent troubler. L’ambiance  est surréaliste. Seul le faisceau de la  lumière naturelle vient rompre un  silence visuel glaçant –l’eau est ici à 11°.  Arrivés devant Robert, nous le rassurons  d’un petit « OK » de la main. Un signe  pour dire que tout va bien, à celui qui a  su gardé un œil bienveillant sur notre  parcours.    

     La majesté des lieux fait oublier le  temps passé sous l’eau, en apnée. Le  spasme signe que la fin du voyage  approche. Après une quarantaine de  mètres parcourus pour atteindre le  sommet du puits, il faut regagner la  surface. Un regard vers le haut : l’entrée  de la grotte dessine un cercle de  lumière diffuse et verte.       La tête sortie du gouffre, une fois le  souffle reprit, trempé d’angoisses, et le  corps encore ébranlé par l’émotion, c’est  un sentiment de victoire qui s’empare de  l’apnéiste. Nous laissons dans le sillage de  nos palmes le souvenir d’un décor rare…. 

Oui, il faut un brin de folie pour plonger dans le gouffre de Gourneyras. Une folie, qu’il convient de canaliser au maximum. La surveillance mutuelle, une évolution progressive et la mise en poste d’un plongeur de sécurité sont bien le minimum à mettre en place avant de se risquer dans cette exsurgence. Si cette apnée provoque sensation pure et sentiment de plénitude, aucune descente ne saurait supporter le moindre écart quant à la sécurité.

Immersions tranquilles en se déhalant le long de la corde. Frisson garanti !


Rappel historique                                   En hydrographie, une exsurgence est une source dont l’eau   provient d’une rivière

  *L’exsurgence de Gourneyras est  explorée le 10 août 1950 par Henri  Lombard. Ce dernier parvenait ce jour là  à ‐30 mètres.     *Le 22 mars 1971, Jacques Armand et  Claude Touloumdjian descendaient à   ‐35 mètres.   *Neuf ans plus tard, C. Touloumdjian  reconnait 320 mètres de la galerie sous  marine et atteint la profondeur de ‐58  mètres.   *En février 1999, Reinhardt Buchaly et  Olivier Isler progressaient jusqu’à 1150  mètres à ‐104 mètres, mais durent  renoncer à explorer plus loin pour des  raisons techniques.   *En juillet 2004, deux plongeurs  allemands Buchaly et Valdbrenner  tentaient de lever une topographie  complète de la source. Munis de  recycleurs et propulseurs, ils firent une  percée à 2210 mètres, remontèrent à la  profondeur de ‐56 mètres puis durent  arrêter sans trouver de suite au réseau.     En attendant une prochaine expédition,  le mystère sur l’origine de la source reste  entier.     Un jour peut être l’exsurgence de  Gourneyras deviendra résurgence. 

ou d’un réseau   endogène d’un massif,   dont on ne connait   en amont. aucun point          

Exsurgence de  Gourneyras 


GUILLAUME Pour ma première descente, j’ai   Philippe, qui plongé avec connaissait   déjà l’endroit. Il y avait quelques mètres de bourbier et puis on est  arrivé dans la grotte. C’était magnifique. En même   temps, j’ai eu un peu peur. Je suis remonté…  à la verticale ! Heureusement, je me suis ressaisi   avant de me cogner la tête au plafond. Les   autres plongées furent un bonheur pur. A ma dernière descente,  juste à l’aplomb du gouffre noir, j’ai ressenti un   sentiment d’accomplissement.   J’avais l’impression de pouvoir rester là encore longtemps. Ce qui   n’était évidemment pas le cas.

 

         

     L’idée de faire de l’apnée en

PHILLIPPE

eau douce et de surcroit dans une grotte immergée m’a beaucoup plu. Imaginez-vous plonger au beau milieu des montagnes dans les gorges de la Vis. Insolite. L’appréhension des premières plongées à très vite cédé le pas à l’excitation une fois acclimaté. Un chouette moment !

ROBERT J'ai connu ce gouffre en 1993, je n'avais jamais franchi l'entrée ...mais là, avec une super bande de potes, j’étais en confiance. J'avoue que de traverser la première couche d'eau qui était un peu trouble a été un peu stressante mais après quelle clarté !!! Bien que ce soit un tunnel je me suis de suite senti en sécurité et   pas du tout oppressé. J’ai plongé avec toujours cette envie de découvrir un peu plus loin et de me laisser planer au dessus de ce trou juste éclairé par le faisceau de lumière du phare ... Vraiment INNOUBLIABLE.

ELIAN J’ai été subjugué par la beauté du site. Sous l’eau c’est un peu plus angoissant quand on n’a pas l’habitude de plonger dans le noir, mais très vite l’angoisse laisse place à l’émotion. C’est un moment unique.  


Rencontre avec

 

© Grégory Piazzola  

     

 

 

                           

 

   

 

C’est à Marseille, que l’apnéiste français a   peaufiné sa préparation avant l’échéance du   mondial AIDA aux Bahamas fin novembre   2009.  

Objectif déclaré : donner le meilleur.   Retour sur les trois derniers mois de sa préparation.

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PAR BRUNO BEAUVERGER 


© Grégory Piazzola – retouchée Bruno Beauverger 

« Lors de la chute libre, tu dois être le plus relâché possible pour que la compensation se fasse à la perfection »


RENCONTRE 

Sa démarche est guidée par une soif de liberté et de découverte qu’il assouvit grâce à l’apnée. Sans prétention, Morgan évoque tous les aspects d’une vie d’entraînement aussi rigoureuse que méthodique. Des qualités qui lui permettent de goûter aux délices des profondeurs.   

 

Recordman  de  France  en  poids  constant  sans  palme  en  2005,  médaillé  de  bronze  en  2006  au  championnat  du  monde  par  équipe  AIDA  en Egypte, 2008 le sacre champion du monde  par  équipe  AIDA  aux  côtés  de  Christian  Maldamé, Guillaume Nery, Gregory Piazzola et  Cyril Paulet, en Egypte à Sharm El Sheikh .  

d’1m82  pour  74  kg  à  la  capacité  pulmonaire  de  8,43  litres  n’a  d’yeux  que  pour  l’eau  maintenant.  En  piscine  comme  en  mer,  avec  rigueur, méthode et abnégation, voilà presque  dix  ans  qu’il  s’est  lancé  dans  l’apnée,  franchissant les paliers de l’apprentissage d’un  parcours  de  longue  haleine  avec  en  point  d’orgue  le  championnat  du  monde  AIDA  aux  Bahamas, qui s’est déroulé sur la petite île de  Long  Island  du  25  novembre  au  5  décembre  2009.   

A 30 ans, ce sportif accompli peut se prévaloir  d’avoir  gouté  à  pas  mal  de  sports  avant  de  s’affranchir d’une trop pesante gravité. Ancien  nageur en brasse, à 13 ans il arrête la natation  et  décide  de  se  tourner  vers  le  Basket‐Ball.  Mickael Jordan et les Chicago Bulls le fascinent  comme  beaucoup  à  cet  âge  là.  Plus  tard  il  intègre  le  CERHN  (Centre  d’entraînement  régional de haut niveau).  A 18 ans, il rentre à  la  faculté  des  sciences  du  sport  à  Poitiers  et  débute  l’apnée  tout  seul  « dans  un  souci  scientifique avec le projet de faire un mémoire  de  maîtrise  STAPS  sur  la  physiologie  cardiovasculaire. » Puis un jour, il descend sur  Marseille  pour  continuer  ses  recherches  scientifiques  et  pratiquer  l’apnée  en  mer  d’abord  dans  un  esprit  de  découverte  et  de  loisir.  Dès lors, Morgan goutte à une discipline  qui  ne  le  quittera  plus,  depuis  ses  plongées  féériques  et  mystérieuses  en  rade  de  Marseille. Très vite il se passionne et découvre  l’esprit de groupe car en apnée plus que dans  n’importe  quel  autre  sport,  on  ne  s’immerge  jamais seul. Sécurité de soi oblige.    Pas à pas il s’approprie son apnée et découvre  son potentiel. Voilà comment cet athlète    

 

Nice Abyss Contest Ce  19  septembre  2009  a  lieu  le  Nice  Abyss  Contest  organisé  sous  la  houlette  de  Guillaume  Nery  et  son  armée  de  fourmies  toutes prêtes à rendre le plus bel hommage à  l’apnée  en  organisant  une  compétition  d’apnée  de  poids  constant.  Quoi  rêver  de  mieux  quand  vous  êtes  passionné  et  amoureux  d’un  sport  aussi  noble  qu’exigeant  comme  l’apnée.  En  outre,  c’est  aussi  ce  lien  indéfectible entre l’apnée et la mer.   Aujourd’hui,  l’objectif  pour  Morgan  est  clair :  assurer  sa  sélection  pour  le  mondial  aux  Bahamas prévu dans trois mois.   1er  jour  de  compétition,  Morgan  annonce  ‐70  m  à  la  brasse.  Un  score  à  donner  le  tournis  à  plus  d’un  initié.  Il  explique  pourquoi  ce  contest  était  si  important  pour  lui.  « D’abord  cette  compétition  représentait    la  sélection  officielle  pour  le  championnat  du  monde  individuel  en  mer  2009.  Je  savais  que  j’étais 


RENCONTRE  quasiment  qualifié  pour  le  poids  constant  grâce  à  un  résultat  à  ‐80m  en  2008  lors  du  dernier  championnat  du  monde  à  Sharm‐el‐ Sheikh.  Il  me  restait  à  assurer  pour  le  poids  constant  sans  palme.  Je  ne  savais  pas  si  d’autres  pouvaient  descendre  profond  sur  cette discipline hormis ceux que je connaissais  comme  Christian  et  Guillaume,  mais  qui  étaient déjà qualifiés. Donc ma priorité était le  poids  constant  sans  palme,  que  je  souhaitais  faire le premier jour. Plutôt bien entraîné dans  cette  discipline  (‐71m  le  week‐end  auparavant),  je  décidais  d’annoncer  ‐70m.  Je  voulais franchir la barre des 7 en compétition.  C’était  un  peu  trop  gourmand  avec  du  recul  d’autant  plus  que  les  conditions  n’étaient  pas  ce  que  l’on  connaît  habituellement  sur  Nice.  Ayant  raté  cette  première  épreuve,  je  devais  replonger  dans  la  même  discipline  pour  être  éventuellement qualifié le lendemain. »    « J’ai  été  saisi    par  la  thermocline  à  ‐50m  qui  m’est  apparu  très  froide,  d’autant  plus  que  j’avais  une  combinaison  de  1mm.  J’ai  été  arrêté  net,  impossible  de  compenser  correctement  tellement  j’étais  crispé.  J’ai  été  obligé de m’arrêter à ‐57m et de remonter. J’ai  eu beaucoup de points de pénalités à cause de  mon  annonce  importante.  Je  n’ai  pas  été  le  seul  à  être  gêné  puisque  nous  avons  été  plusieurs athlètes après coup à parler de  ce  problème.  Certains  ont  tourné  avant  comme  moi,  d’autres  ont  même  eu  plus  de  difficultés  et  n’ont  pas  pu  valider  leur  performance. »    En bon stratège, il analyse ses  erreurs  et  sensations  pour  corriger le deuxième jour de  compétition en maitrisant  

© Julie Gautier 

‐63 m toujours à la brasse.   « Mes  sensations  étaient  particulières.  Je  n’avais  pas  participé  aux  2  journées  d’entraînement  préalable.  Les  conditions  étaient  assez  moyennes  comme  je  le  disais  cette  fin  de  semaine  à  Nice  (grosse  houle  notamment),  et  je  n’avais  pas  les  moyens  de  me  tester  avant  le  l’épreuve  officielle.  Je  m’étais  tout  de  même  entraîné  le  week‐end  précédent  sur  place,  mais  je  m’étais  fait  un  peu  mal  aux  poumons.  Donc  le  premier  jour  (samedi), je m’élançais un peu dans le flou. Le  deuxième jour a été beaucoup mieux. »   

L’alliance de la force et de la réflexion De  retour  dans  les  eaux  phocéennes,  la  qualification  en  poche,  il  reprend  des  forces  et  poursuit  sa  préparation  sans  se  prendre la tête, « juste  une  sortie  entre  potes »  affirme  t’il.  >>> 


RENCONTRE 

« Physiquement,  je  suis  prêt.  En  poids  constant  sans  palme   je  possède  une  bonne  technique,  je  conserve  des  acquis  antérieurs  importants.  J’ai  été  spécialiste  de  brasse  quand  je  faisais  de  la  natation  plus  jeune.  Je  dois  juste  être  plus  relâché  et  moins  puissant  à  la  remontée  pour  m’économiser  un  peu  plus.  En  poids  constant  (CWT)  j’ai  pas  mal  amélioré  mon  ondulation  d’autant  plus  que  j’ai  changé  de  palme  depuis  5  mois.  Maintenant  tout  mon  travail  va  être  axé  sur  la  compensation  profonde.  Je  dois  encore  gagner  en  souplesse thoracique pour être  à l’aise au‐delà des ‐80m. »    La  qualif  en  poche,  dès  lors  Morgan  fixe  un  horizon dont la ligne s’arrête aux Bahamas.       Là bas, il s’élancera pour donner le meilleur et  pourquoi  pas  rééditer  l’exploit  de  2007  alors  qu’il remontait de ‐68 m à la brasse, le bronze  aurait  pu  s’offrir  à  lui  si  seulement  il  n’avait  pas  commis  la  faute  d’avoir  touché  le  câble  pour  freiner  sa  descente  dans  les  derniers  mètres. Le verdict sans appel – disqualifié ‐  

Déjà  4  ans  ont  passé  depuis  sa  première  sélection  en  équipe  de  France  AIDA.  « Cette  force  tranquille »  comme  le  décrit  si  bien  son  ami Cyril Paulet, compagnon des profondeurs  à l’occasion et coach en la circonstance durant  les trois derniers mondiaux 2006, 2007, 2008.  Au  fil  des  années  il  s’aguerrit  et  allonge  les  distances. Bravant le mauvais temps parfois, il  s’astreint  à  une  ascèse  sévère  faite  de  longueurs en piscine, d’apnées statiques et de  profondeurs.      « Dans  des  conditions  parfois  difficiles,  mer  houleuse,  courant,  peu  de  visibilité,  froid,  je  m’entraîne. »  On  le  dit  perfectionniste ;  c’est  vrai.  Mais  sa  réussite il la doit surtout à sa rage de vaincre.  Une combativité exemplaire qu’il puise dans le  sérieux  de  son  travail  et  la  patience.  Une  patience  qui  lui  a  permis  de  gravir  sereinement pas à pas les échelons de l’apnée,  sans dépasser ses propres limites, mètre après  mètre pour permettre de gagner en souplesse  thoracique  et  laisser  au  corps  le  temps  nécessaire  de  s’adapter  à  9  bars  de  pression  lorsqu’il plonge.  Au  plan  esthétique,  Morgan  accorde  une  importance  toute  capitale  quant  au  choix  du  matos.  Si  l’entrainement  reste  le  maillon  fort  dans  la  préparation  d’un  athlète,  on  ne  peut  pas  non  plus  lésiner  sur  le  choix  de  son  matériel.  Morgan  confirme :  « Pour  le  CNF,  l’idéal  est  une  combinaison  très  fine  (1mm)  type  Aquasphère.  Bien  sûr  ce  sera  extraordinaire  aux  Bahamas  avec  une  eau  à  26°C.  C’est  impensable  en  hiver  chez  nous.  Mais  on  peut  s’entraîner  l’été  et  faire  des 

one shot quand l’eau  est à 20°C. Bref cette  discipline est faite pour les eaux tropicales. On  peut  aussi  mettre  une  3mm  et  se  plomber,  mais ce n’est plus le même sport !  En CWT, la 3mm passe très bien. Je mets alors  1,6kg  autour  du  cou.  J’ai  testé  aussi 


RENCONTRE  l’Aquasphère l’année dernière lors du mondial  en Égypte, c’est bien sûr encore mieux.   Enfin  pour  les  plongées  profondes,  je  mets  le  pince‐nez  pour  mieux  compenser,  ne  pas  utiliser  mes  mains  pour  cette  manœuvre  de  manière  à  être  le  plus  relâché  et  le  plus  hydrodynamique possible ». 

           

La clé est dans le relâchement  « Lors  de  la  chute  libre,  tu  dois  être  le  plus  relâché  possible  pour  que  la  compensation  se  fasse  à  la  perfection.  Ce  relâchement  dépend  beaucoup  de  ton  état  général  (stress,  confiance, fatigue). Pour ma part, si j’arrive en  bas sans problème de ce type, je sais alors que  tout est gagné. Je n’ai jamais eu de remontées  difficiles  pour  l’instant »,  confie  ce  passionné,  pour qui la clé est dans le relâchement.   

© Julie Gautier

                 

Comme un poids mort qui sonde vers le fond,  Morgan  glisse  et  évolue  ainsi,  préférant  se  laisser  couler  vers    ‐35  m  pour  diminuer  sa  consommation  en  oxygène.  Cela  lui  permet  d’être  beaucoup  plus  à  l’écoute  de  son  corps  et plus réceptif aux variations de pression qui  s’exerce sur sa cage thoracique à mesure qu’il  descend plus profond. Il explique « Je mets les  bras le long du corps à cette même profondeur  mais j’entretiens très légèrement la glisse avec  de  petites  ondulations  jusqu’à  ‐50m.  Après  c’est la chute libre ».  >>>   

               

 

 

 

 

 

 

 

  © Grégory Piazzola


RENCONTRE 

« J’ai l’impression de ne faire plus qu’un avec l’eau »

Un entraînement méticuleux à 1 mois du mondial

Ce qu’il aime aujourd’hui dans l’apnée, « c’est  la  mise  en  place  de  moyens  pour  parvenir  à  des  objectifs  précis.  La  planification  d’une  saison  complète  avec  les  entraînements  physiques,  souvent  seul,  quelques  soient  les  conditions  climatiques.  Mais  aussi  les  moments en groupe, en piscine ou en mer, voir  en entraînement de course à pied. » 

Quoi  de  plus  facile  que  de  retenir  sa  respiration.  A  la  différence  que  Morgan  s’entraîne  pour  faire  parti  des  meilleurs  mondiaux.  Au  regard  de  son  entraînement,  l’apnée  est  un  sport  très  difficile  qui  bien  au‐ delà  d’une  bonne  condition  physique  nécessite  une  excellente  connaissance  de  soi  et  de  l’apnée.  En  pur  autodidacte,  il  élabore  soigneusement  son  plan  d’entraînement.  « Je  fais  du  fractionné  anaérobie.  En  piscine,  je  travaille  surtout  la  technique  de  nage  et  de  l’hypercapnie. » 

 « Si je faisais une autre discipline, ce serait la  même  chose »,  ajoute  t’il.    Preuve,  s’il  en  fallait que Morgan agit de manière réfléchie et  méthodique.  Une  philosophie  de  vie  pensent  certains, un trait de caractère diront d’autres.     Si  d’aspect  extérieur  Morgan  ne  laisse  rien  transpirer  de  ses  émotions,  à  la  simple  question : comment vit’ il l’apnée, sa réponse  est  sans  équivoque  et  ses  yeux  laissent  deviner l’excitation de partager ses sensations  qui  le  prennent  aux  tripes  à  chacune  de  ses  plongées. A sa manière, il évoque la symbiose  entre  lui  et  l’élément  liquide.  « En  apnée  profonde, lorsque je suis en pleine forme, il se  crée  une  sorte  de  fusion,  lors  de  la  descente,  avec  l’élément  liquide.  C’est  très  difficile  à  expliquer,  mais  j’ai  l’impression  de  ne  faire  plus  qu’un  avec  l’eau  qui  m’entoure.  Le  meilleur  exemple  pour  décrire  cette  sensation  fut  ma  descente  à  ‐80  mètres  en  poids  constant à Sharm‐el‐Sheikh en 2008. À peine le  canard  réalisé,  je  savais  que  c’était  gagné  et  que  cette  plongée  allait  être  fantastique  et  maîtrisée du début à la fin. »   

Reflet  d’un  parcours  d’appropriation  des  techniques  actuelles,  Morgan  a  su  les  faire  évoluées  pour  tracer  de  nouvelles  voies.  Fin  octobre,  « en  musculation,  je  termine  mon  dernier mois de préparation avec des exercices  en  apnée,  mêlant  statique,  contractions  musculaires isométriques et concentriques. Les  charges  sont  assez  légères  au  vu  de  celles  du  cycle de force dont je sors. Je cours un peu en  apnée,  je  fais  de  l’ergo‐cycle  et  du  rameur  en  apnée,  soit  en  séries  longues  ou  en  poumons  vides. »  « En  mer,  je  fais  beaucoup  de  plongées  profondes ou alors du travail de compensation  poumons vides.  Je ne fais plus de technique ou  de  séries  physiques  comme  nous  avons  pu  faire  ensemble  avec  Guillaume  Néry.  Descendre  en  constant  sans  palme,  avec  des  ceintures  de  5kg  ou  sans  plombage…  C’était  bien, mais ce n’est plus le moment de faire ces  exercices. » 

Entraînement intense et discipline de fer.   Pour  autant  Morgan  assure  qu’il  sait  prendre  du plaisir. De temps en temps, pour palier aux  descentes  et  remontées  le  long  du  filin,  il  s’adonne  à  des  explorations  de  tombants  ou 


RENCONTRE  dans  les  grottes  des  îles  de  Marseille,  à  la  hauteur  de  ses  possibilités,  c'est‐à‐dire  « ‐50  mètres  et  parfois  plus,  histoire  de  prendre  énormément  de  plaisir  tout  en  travaillant  l’apnée  et  le  relâchement. »    Ces  incursions  profondes témoignent de son adaptation hors  norme  à  la  pression,  au  froid,  au  stress  de  manquer  d’air,  à  faire  rougir  plus  d’un  plongeur bouteille. L’apnée est son moyen de  découvrir  des  terres  inconnues  sans  trop  s’encombrer.       Pour  cet  athlète  hors  pair,  les  choses  ne  sont  pourtant  pas  si  simples  dès  qu’il  s’agit  de  trouver  les  finances  nécessaires  pour  participer  aux  compétitions  aux  quatre  coins  de  la  grande  Bleue.  Bien  souvent,  il  doit  son  salut à ses employeurs qui l’autorisent à partir  hors  vacances  scolaires  pour  qu’il  puisse  concourir.    Les  sponsors  n’affluent  pas  en  masse mais peu importe ils sont quelques uns  à  le  soutenir  et  justement  cette  année,  plus  qu’à l’accoutumée, en raison du championnat  du monde AIDA aux Bahamas. « Et tant mieux,  car sans leurs soutiens, impossible de financer  seul un tel projet. »   Mais  qu’à  cela  ne  tienne,  encouragé  par  sa  famille et son amie Mélissa, Morgan entrevoit  déjà  d’ouvrir  la  porte  du  sas  du  Dean’s  Blue  Hole.    

Les Bahamas, Dean’s Blue Hole   Les  Bahamas,  décors  de  carte  postale.  Le  Dean’s Blue Hole siège sur la petite île de Long  Island  de  3000  âmes  perdue  au  beau  milieu  d’un  archipel  de  700  îles.  Arrivé  quelques  jours plutôt pour prendre ses repères, Morgan  se  joint  à  Guillaume  Nery  et  Christian  Maldamé  pour  parfaire  les  derniers  réglages 

et gagner aussi quelques  précieux  mètres. De  simples  retrouvailles  car  les  hommes  se  connaissent  fort  bien.  A  eux  trois,  ils  ont  décroché  le  titre  tant  convoité  de  champion  du  monde  par  équipe  à  l’occasion  du  championnat  du  monde  AIDA  l’année  précédente. Des champions par équipes, mais  également  solides  individuellement.  De  vrais  malabars  des  profondeurs !  Christian  et  Guillaume  ont  enflammé  chacun  de  leur  côté  ce  début  de  saison  internationale.  Guillaume  est revenu de Crêtes avec un nouveau record  de France en poids constant sans palme à ‐75  mètres  quant  à  Christian  parti  s’entraîner  en  Egypte  quelques  jours  auparavant  le  championnat,  c’est  ‐90  mètres  qu’il  touche  le  temps  d’un  petit  tournoi  des  profondeurs  dans  le  Blue  Hole  de  Dahab.  Autre  lieu  magique.  Pour  Morgan  ce  ne  sera  pas  une  mince  affaire  que  de  se  battre  aux  côtés  d’apnéistes  aussi  talentueux  que  l’autrichien  Herbert  Nitsch  multi  recordman,  le  russe  Alexei  Molchanov,  le  canadien  William  Winram  et  le  redoutable  Néo  Zélandais  William  Trubridge,  détenteur  de  l’actuel  record du monde d’apnée poids constant sans  palme  à  ‐88  mètres,  pour  ne  citer  qu’eux.  17  nations sont représentées pour l’occasion et la  France  plutôt  bien  représentée,  5  athlètes  au  total.   Premières  plongée  dans  cet  antre.  Ajuster  sa  combinaison, se remettre du décalage horaire  de six heures. Tous les capteurs sont au vert. Il  savoure de belles immersions à la brasse bien  au‐delà des ‐70 mètres. Remarquable. Rien ne  semble pouvoir déranger notre hôte. Pourtant  quelques  jours  après,  la  fatigue  commence  à  se faire ressentir. Les organismes souffrent et  sont  à  leur  paroxysme  dans  l’effort.  La  compensation se fait plus dure, c’est le temps  de  relâcher,  de  faire  une  pause  avant  les  barrages  de  la  première  épreuve  de  ce  championnat : le poids constant sans palme.    >>> 


RENCONTRE  L’heure  est  venue  de  donner  les  annonces.  L’occasion aussi de voir les premières têtes de  série.  Plus  de  bleuf,  les  chiffres  sont  inscrits  dans le marbre.   En  annonçant  à  l’identique  ‐73  mètres,  nos  3  français en lice espèrent une qualification tous  ensemble pour la finale. Le jeu des annonces !  Car 6 athlètes seulement peuvent prétendre à  la  finale.  En  étudiant  le  potentiel  de  leurs  rivales  et  plutôt  que  de  laisser  sur  le  banc  de  sable un des trois français, ils font un pari osé.  Celui d’annoncer la même profondeur et si en  cas  d’égalité  rien  ne  peut  les  départager,  ils  iront  tous  trois  en  finale.  Stratégie  payante !  Ces trois là ne sont pas champions du monde  par équipe par hasard !  Les  yeux  rivés  sur  la  finale,  Morgan  peut  afficher des  ambitions légitimes, ‐76 ?, ‐77 ? ‐ 78 ? 

Quelques jours plus tard, le moment est venu  de  se  qualifier  pour  l épreuve  du  poids  constant avec palme. Le tableau des annonces  fait frémir. Sept performances à 100 mètres et  au‐delà.  Du  lourd.  Morgan  sonde  vers  le  trou  noir  et  béant.  L’apnée  est  une  discipline  du  corps  et  de  l’esprit  et  quand  les  oreilles  ne  passent pas, Morgan est contraint de stopper  sa  vertigineuse  descente  à  ‐83  mètres  au  lieu  des ‐88 annoncés. Il remonte vers la surface et  tire avec lui la déception de n’avoir pu réaliser  sa  performance  pendant  un  grand  championnat.  Devant  lui  les  gros  scores  sont  validés, Morgan n’ira pas en finale.   Se reconcentrer. Car, dans quelques jours une  finale  l’attend  en  poids  constant  sans  palme ;  il  s’élancera  dans  le  sillage  de  Nery,  Molchanov, Winram, Nitsch…  >>>   

  

 

 

 

    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Grégory Piazzola


RENCONTRE   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SPONSORS ‐YCPR / MASSILIA SUB    

 

‐Ville de MARSEILLE    

 

  ‐La banque LCL (antenne  méditerranéenne)   

 

‐TENNAXIA (Conseil et    Logisticiels pour le    développement durable et la    gestion Hygiène‐Sécurité‐   Environnement) 

 

  ‐WELEDA (Produits de bien  être pour la récupération)   

 

‐ENKI     

 

 

 

Participations aux grands rendez vous internationaux « ‐  Chypre  en  2003,  je  me  souviens  encore  du  nom  entier :  Sony  freediving  open  classic  form.  Ma  première  compétition  internationale,  où  j’ai  découvert  le  haut  niveau.  Je  suis  parti  avec une bande de copains de Marseille  dont  Grégory  Piazzola  (aujourd’hui  Président de AIDA France) qui était déjà  présent à l’époque.  Ensuite,  ce  fut  presque  tous  les  championnats  du  monde  à  partir  de  2005 :  ‐  Renens,  championnat  du  monde  individuel en piscine.  ‐Hurgada,  championnat  du  monde  par  équipe en 2006.  ‐Sharm‐el‐Sheikh,  championnat  du  monde  individuel  en  mer  en  2007.  Je  suis  qualifié  pour  participer  à  Maribor,  mais je ne peux pas y aller pour raison  professionnelle.  ‐Sharm‐el‐Sheikh,  championnat  monde par équipe en 2008. 

du 

‐Aarhus,  championnat  du  monde  individuel en piscine en 2009.  ‐Bahamas,  championnat  du  monde  individuel en mer ».  

   

    © Grégory Piazzola


Jeudi  3  décembre  2009.  Confronté  au  gratin international, Morgan est désormais  seul, face à son annonce : ‐76 mètres. Une  profondeur  déjà  maitrisée  à    l’entraînement.    Il  va  falloir  dominer  le  stress  de  la    compétition,  plonger  au  plus  profond  de  soi  pour  trouver  la  paix  intérieure   et  ne  faire  plus  qu’un  avec  l’élément.     La  plongée  se  passe  comme  prévue,  belle    et  décontractée.  Au  final,  Morgan  Bourc’his    estampille  une  très  belle  quatrième  place  juste  derrière  son    compatriote  Guillaume  Nery.  Entre  entraînement,  travail  et  disponibilité,  il    parvient avec brio à se hisser au top au sein    d’un plateau international de qualité.    De ce championnat du monde, il retient :         « Les conditions sont excellentes pour ce    type d'activité. Pas de courant, une  température idéale, peu de logistique pour    plonger (pas besoin de bateau notamment,    juste savoir nager sur 15m...).  Le fait d'avoir pu arriver avant et    m'entraîner avec toute l'équipe a été très  favorable pour bien travailler, se sentir en    sécurité et profiter de l'émulation d'un    groupe où l'entente a été parfaite malgré  nos différences.    Une petite déception personnelle pour ma  part, ne pas avoir réussi ma perf en poids    constant. Je souhaitais vraiment être    proche des ‐90m mais j'ai eu des problèmes  de compensation qui m'ont gêné tout au    long du séjour et ne m'ont pas permis  d'être serein dans mes annonces. L'apnée    était très confortable, c'est vraiment la    compensation qui m'a troublé. Je vais  continuer mon entrainement dans ce sens,    car physiquement je n'ai aucun problème  par rapport à la tolérance à l'hypoxie ou    bien l'acide lactique sur ce type de    performance. Il faut dire que je mets  suffisamment l'accent dessus tout au long    de la saison.    Après je finis tout de même avec une 4e  place au sans palme donc très heureux de  ce résultat car je n'en attendais pas tant.     

RENCONTRE                                          Un grand merci à mes équipiers de ce    championnat qui ont tous progressé et ont  su créer un collectif fort pendant ces trois    semaines. »        Repousser  les  limites  physiques  et    physiologiques ; pousser le mental dans ses  retranchements ;  doser  son  effort  dans    l’extrême ;  conscience,  inconscience;  un  jeu  d’équilibriste   dans  l’ivresse  des  profondeurs  auquel  se  prête  Morgan  Bourc’his.    C’est   en  respectant  certains  principes :  écoute  de  soi  –  patience  –    sécurité  qu’il  se  lance  de  nouveaux  défis  dans les années futures.  Un message pour  tout  un  chacun  pour  vivre  pleinement  sa  passion.   


RENCONTRE             

© Grégory Piazzola 


A I D A

17 NATIONS

FREEDIVING

55 ATHLETES

   

WORLD    

CHAMPIONSHIP  

2009        

Le Dean’s Blue Hole résonne encore du souffle des meilleurs apnéistes internationaux. Début décembre 2009, lors du championnat du monde d’apnée AIDA, disputé sur la petite  île de Long Island dans l’archipel des Bahamas, le gratin mondial avait rendez vous très profond.  

Flash-back sur un évènement planétaire.  

¾ Par Bruno Beauverger

   

   

                           

62 

 


< Quelques minutes avant de sombrer dans la bouche béante du Dean’s Blue Hole

CHRONOLOGIE D’UN CHAMPIONNAT DU MONDE 27 novembre 2009 – Long Island

Brigitte Banegas et Christian  Maldamé, deux athlètes  du team  H.DESSAULT 

Brigitte sonde pour un nouveau  record de France à ‐50 mètres 

Phase de qualification pour la finale de poids  constant sans palme.   13 concurrentes sont en lice mais seules 6  peuvent briguer une finale. La française Brigitte  Banegas du club d’apnée sétois APNEEAU  concourt aux côtés d’apnéistes reconnues sur le  circuit et pour certaines détentrices de plusieurs  records du monde comme la russe Natalia  Molchanova ou bien la Néo Zélandaise Kathryn  Mc Phee. Mais du talent Brigitte en a et, pour  sûr son nouveau record de France qu’elle  arrache avec ‐47 mètres en 2’07’’ et sa  qualification pour la finale sont déjà un  accomplissement pour la championne. Un retour  tonitruant dans la compétition après une  période de deux années loin des bassins et de  l’eau salée. Elevée à l’école niçoise de Claude  Chapuis, la sérignanaise avoue « j’étais bien  concentrée et j’ai plongé sans pression. De plus  la compensation est bien passée. » Neptune lui  promet déjà quelques précieux mètres de   gagnés à l’approche de la finale.     Premier jour de qualification et déjà son lot de  syncopes. 4 sur 13,  ça fait désordre. Sans  surprise lMolchanova remonte sa plaquette des ‐ 55 mètres en 3’04’’, plutôt décontracte la russe !   >>>


A I D A

Un mètre égal un point. La canadienne Jana Strain  écope d’une pénalité de 5 points pour GRAB,  entendez un point d’appuis sur la corde non  réglementé. Elle voit donc sa performance ‐51  mètres réduite à 46 pts.  

FREEDIVING    

WORLD    

CHAMPIONSHIP  

2009                

 

   

La Néo Zélandaise Niki Roderick réalise ‐49 mètres en  2’20’’. Dans une interview précédemment, elle  répondait à mes questions :   This desire to dive – is it recent, or rather is it a  result of a turned education to the sea ?   Niki R: on the competition level it is recent  discovering a new way to challenge and better  myself, to explore our marine capabilities. Plus I am  an athletic competitive person, so of course pushing  myself is embedded in my personality. To just be  under the water, this has been an unsalable lifelong  desire.    What influences you during your dive?   Niki R: I aim for an auto pilot state of mind, to  become so absorbed in the action that all else is  forgotten. When I reach this state I’m in pure bliss,  essentially this sensation becomes the inspiration and  also the influence as to how well the dive goes.  Obviously, the day will determine how much work I  have to get there ( mentally).   ‐‐‐‐interview complete sur http://mondebleu.over‐blog.com 

  Egalement bien placée, la japonaise Junko Kitahama  qui s’empare de ‐48 mètres en 2’11’’.  

     

L’ORGUEIL DES CHAMPIONS

       

28 NOVEMBRE

  Phase de qualification pour les hommes.     Avec des personnals bests bien au‐delà des ‐70  mètres. A l’entraînement, nos français,    Guillaume Nery, Christian Maldamé et Morgan  Bourc’his,  sont dans le coup pour l’épreuve du    poids constant sans palme. Après avoir    épluché le règlement qui prévoit qu’en cas  d’égalité et si rien ne peut les départager, ils  seront tous trois qualifiés pour la finale, contre  toute attente, ils font une annonce commune :  ‐73 mètres.    Morgan   BOURC’HIS 

Christian   MALDAME 

Guillaume   NERY 

Frédéric   LEMAITRE 


Cette attitude chevaleresque s’avère payante.  L’individualisme des annonces a cédé le pas à la cohésion  et l’envie savourer une finale tous ensemble par dessus  tout. Un point de plus pour l’équipe de France ! 

   

Les performances se tiennent dans un mouchoir de poche    excepté le Néo Zélandais William Trubridge qui prend la  tête avec ‐85 mètres en 3’23’’. ‐73 mètres pour les français,    suivi de ‐74 pour l’autrichien Herbert Nitsh, ‐76 Alexey    Molchanov le russe, le canadien William Winram revient en  force dans sa discipline de prédilection avec un beau ‐80.     A noter deux syncopes ce jour là ; black out pour le Néo    Zélandais Kerian Hibbs de retour des ‐72 mètres et  Christian Moller le danois qui syncope après une plongée à    ‐63 mètres.     Dans l’allégresse, nos trois mousquemers tracent sans ciller    vers une finale qui s’annonce déjà très disputée.     

>>>

     

 

Prosélyte du poids constant sans  palme, il s’empare d’ un  remarquable ‐80 mètres à  l’entraînement, certes dans la  douleur dit’il, mais Guillaume est  rapidement devenu la bête noire  de la discipline.  

© Igor Liberti 

© Igor Liberti  Christian conclut sans encombre   ‐73 mètres en qualif. Une  profondeur qu’il maitrise sans  problème eu égard à  ces dernières  perfs à ‐75 mètres sans palme.    

Après une saison marquées par de  nombreuses contre perfs en  compétition, les ‐80 mètres en  phase de qualification, sonnent  comme une revanche. Il va falloir  compter sur le canadien William  Winram en finale !    

© Igor Liberti 


A I D A FREEDIVING     

WORLD    

CHAMPIONSHIP  

2009  

   

 

Les phénomènes Molchanov,  mère et fils !  

         

 

    30 NOVEMBRE Décidemment, rien ne semble pouvoir  affecter la russe Natalia Molchanova. Une  cinglante leçon.  Encore une fois elle a fait  montre, durant les qualifications de poids  constant, d’une suprématie. En prenant la  tête avec une plongée à ‐85 mètres soit 15    mètres de mieux que sa rivale et seconde  l’anglaise Sara Campbell ex recordwoman de  la discipline, elle règne sans conteste sur ce  championnat. A moins que ses rivales  n’invoquent les esprits, rien ne semble  entraver son parcours, jusque là.       Dans le cercle des soixante mètres, on  retrouve la japonaise Misuzu Hirai en ‐66 et  la Tchèque Jarmila Slovencikova qui parvient  à maitriser sa plongée à ‐66 mètres après  une cuisante syncope en phase de  qualification du poids constant sans palme  quelques jours plus tôt.   Suivent la suédoise Klara Hansson avec ‐62  mètres et pour clore la russe Olga Suryakova  remontant la plaquette des ‐60 mètres en  2’02’’.   

   

 

Sony Ericsson partenaire de  l’équipe de France jusqu’en  juillet 2010.   

 

               

© Patrick Poggi 


1 DECEMBRE La sélection française se retrouve à quatre.  Le corse Patrick Poggi entre dans la danse.   Cela fait quelques jours qu’il contemple ce  championnat sans pouvoir se mesurer,  spectateur durant les premiers jours et pour  cause Patrick est sélectionné pour la seule  épreuve du poids constant. Une discipline  qu’il affectionne tout particulièrement. Sur  place ses récents progrès ne laisse pas  indifférent.   UN JOUR – UNE PLONGEE  ‐ UNE CHANCE de  briller en qualification. A l’entraînement, les  jours se suivent mais ne se ressemblent pas.  Patrick réussit un beau coup en réalisant ‐87  mètres, histoire de mettre en confiance à  quelques jours du top officiel. Dans une  tentative à ‐92, il vire avant la plaquette. L’air  lui manque.   Jour J, il annonce ‐90 mètres. La suite, il  tombe en syncope à dix mètres de la surface.  Comme un éclair, le black out vient de  frapper et ressert son étreinte sur Patrick.    Autre déception, le marseillais Morgan  Bourc’his, pourtant en forme ses derniers  jours, tourne à 83 au lieu des ‐88 mètres.   Echec dans le camp français ?   Après un ‘’personnal best’’ à ‐95 mètres à  l’entraînement, Christian Maldamé remonte  fièrement sa plaquette qu’il est allé chercher  par 97 mètres de fond. Tout simplement  énorme. Plus que 3 mètres et Christian  pourrait entrer dans la légende de l’apnée  française en parvenant à atteindre les ‐100  mètres sans assistance. Mais Christian n’ira  pas en finale terminant à la septième place  de ces qualifications.    Quand vient le tour de plonger pour  Guillaume. Le camp français retient son  souffle. 3 minutes plus tard, il refait surface  la plaquette en main avec à la clé une  performance époustouflante :  ‐102 mètres.  C’est sa toute première plongée à plus de  100 mètres en compétition, autant dire  qu’elle a de la valeur celle –ci, pour celui qui  détenait encore en début d’année le record  du monde d’apnée poids constant à ‐113  mètres.     

Au final, ils seront 7 apnéistes à passer la  barrière des 100 mètres. A titre de    comparaison, ils n’étaient que 3 lors du  précédent mondial de Sharm El Sheikh en    2007. Les meilleurs mondiaux de la discipline  sont pris dans la nasse et le podium risque    d’être difficile à prendre pour le français tant  le niveau est incomparablement plus élevé.   3 DECEMBRE ● FINALE DU POIDS CONSTANT SANS PALME  FEMMES / HOMMES    Brigitte Banegas est toujours dans la course,  elle annonce ‐50 mètres. Nous en savons la  championne capable. Une profondeur déjà  réalisée à l’entraînement. Brigitte joue donc  la sécurité et préfère assurer son passage  avec sérieux. La russe Natalia Molchanova  empoche la médaille d’or et un nouveau  record du monde en poids constant sans  palme avec ‐62 mètres en 3’15’’. L’argent  revient à Niki Roderick, la néo Zélandaise en ‐ 55 mètres puis le  bronze pour la canadienne  Jana Strain avec ‐54 mètres, deux athlètes  déclarées au titre de révélations de la saison.  Arrive en cinquième position notre française  Brigitte Banegas. Le bonheur à portée de  brasses. En réalisant une plongée parfaite à ‐ 50 mètres en 2’16’’, elle décroche un tout  nouveau record de France. Depuis celui  obtenu à Nice trois mois plus tôt à l’occasion  du Nice Abyss Contest, le phénomène ne  faiblit pas. En l’espace de trois mois, elle aura  amélioré son propre record de 14 mètres !     Des trois mousquemers embarqués dans la  finale, Christian est le premier à s’élancer.  3’10’’ plus tard, il remonte de ‐75 mètres  plaquette en main, protocole impeccable, la  perf est validée. Morgan part à son tour   pour ‐76 mètres et retour gagnant  également. Durant quelques minutes c’est  même le nouveau record de France qu’il  s’offre (ex record de France ‐75 mètres ,  Crêtes, Guillaume Nery)  mais le niçois  Guillaume Nery est pugnace et clôt l’épisode  français  en plongeant à ‐78 mètres ; record  de France à la clé !  >>> 


A I D A FREEDIVING

WORLD CHAMPIONSHIP

2009

MINI VIEW Patrick POGGI Que s’est il passé lors des qualifications  de poids constant ?     Et bien quand je suis arrivé au Bahamas   j’avais un but, refaire  84 mètres. C’’était  vraiment la profondeur que je voulais  atteindre puisque je l’avais déjà réalisée avec  François Gautier aux Acores cet été  en août   et depuis je n’ai pas pu refaire cette  profondeur. Le poids constant comme nous le  pratiquons, ici avec le Beluga, demande une 

logistique assez lourde et pour des raisons de  santé, manque de personne et de  disponibilité, les entraînements ont été moins  importants en nombre que prévu.   Après, en arrivant ici je suis tombé malade.  Les Américains sont dingues de la clim, et  malheureusement pas moi mais bon tant pis,  faut faire avec !   Donc ma première vraie plongée depuis  longtemps, après des problèmes d’oreille, a  été de 50 mètres… Tranquille sans forcer.  Puis j’ai attaqué vraiment le 17 novembre  avec une profondeur de 70 mètres puis le 18  novembre avec 75, le 19 avec 80 mètres…  pratiquement  10 mètres en  3 jours. Les  sensations étaient très bonnes. Le physique et  la compense pareils, le foncier que j’ai pu  acquérir avec Bruno Noguerra et Bernard  Salvatori en chasse sous marine durant  toute  l’année à des profondeurs très importantes  jusqu'à 45 mètres et  parfois plus. Le cardio  que j’ai travaillé avec REMY ORGNON porte  ses fruits également. Je me sens très en forme  et ce n’est pas un hasard. La progression est  franche et rapide mais ce sont des  profondeurs que je maîtrise pour les avoir  faites souvent avec le BELUGA .  Le 20 novembre j’envoie 84 mètres et comme  les jours suivants tout se passe à merveille, je  suis très content. Le moral va bien et les  sensations dans le Blue Hole  sont, malgré le  manque de lumière, « excellentes ».   Le 22 novembre après un jour de repos,  j’annonce 87 mètres et là je bute à 80 mètres.  J’ai loupé ma compense a 72 mètres et je n’ai  pu la récupérer. J’ai forcé jusqu'à 80 et la  remontée n’a pas été bonne.   Le fait de forcer pour réussir à compenser m’a  mis la tête comme dans un étau et je pense  que la narcose était plus importante à cause  de la compression trop importante des  oreilles. La sortie n’a pas été aussi maîtrisée  que les autres plongées.  Le 23 novembre re belote. Mince ! Je retente  87 mètres et comme la veille, impossible de  compenser à plus de 70 mètres. Je tourne  pour ne pas fragiliser les oreilles. Sortie  tranquille mais profondeur pas atteinte…  décidément je bloque.  Trop de Blue Hole, trop de corde, trop  d’apnée, trop de tout, faut que je me change  les idées et oui .   Journée de repos. Il me faut du poisson ! Je  vais nager pour aller les voir sans trop me 


fatiguer. J’arrive à évacuer un peu. Ouf ça fait  du bien !  Et puis le 25 je demande 90 mètres. Je sais  que je peux le faire, ce n’est pas une question  de physique, ce n’est pas une histoire de  narcose, ce n’est pas une histoire de  compense, c’est une histoire de mental.  La veille, juste après la sieste en pensant à  comment je pouvais compenser plus  facilement, je comprends quelque chose et  j’en parle de suite à Guillaume, Morgan et  Christian. Et là, j’apprends une technique, je  vais essayer de la mettre en pratique.  Donc je fais le canard et je commence la  descente toujours très rapide mais l’air  remonte facilement et je me concentre sur la  façon de compenser jusqu’à 90. Aucun  problème et tout se passe très bien.   A la remontée, je me concentre sur ma  technique pour être le plus économique et la  sortie se passe très bien, j’ai réussi ! Je viens  de réaliser 90 mètres en 2’28 sec à la montre.  Le jour « J » après 5 jours de repos (un peu  trop je pense mais bon on ne pas revenir en  arrière), je commence mon échauffement à  11h puis à 11 h41, le top officiel.  La suite je la raconte dans la question  suivante.      

On dit que tu as été le 90 m le plus rapide  de ce championnat. la vitesse t'aurait elle  grillé ?    Oui, c’est vrai que j’ai été très rapide à la  descente, j’ai fait 90 mètres en  1’05, bon !!!  Une fusée quand même, un peu trop puisque  j’avais déjà fais cette même distance en 1’15  j’ai donc mis 10 seconde de moins .Je ne me  suis pratiquement pas laissé coulé puisque  tout au long de la descente j’arrêtais pas de  palmer même si c’était bien sûr moins violent  vers 60/70 mètres qu’au début .Peut‐être un  peu trop stressé, ok ! Mais pourtant mon état  était très bon avant de partir, du moment où  j’étais dans l’eau avec le câble en face de moi,  tout allait bien je ferme les yeux et puis stop,  je me retrouve dans le monde que je veux  bien imaginer, 10.9.8.7……official top et c’est  parti. Les sensations sont très bonnes, je  pense que je me suis fais prendre au piège par  ma compensation qui jusqu'à 90 mètre était   

excellente et même si j’étais très rapide c’était  impeccable à ce niveau là. J’ai réussi à faire  remonter de l’air dans la bouche vers 87 ou 88  mètres, je me souviens puisque c’était juste  avant de toucher la boule qui stoppe la longe  ,et puis le virage très lucide aussi. Je me  souviens avoir perdu un peu de temps à  chercher la plaquette mais c’est rapide aussi  puisque j’ai vu les images de la caméra de  fond.  Après, il y a la remontée c’est peu plus dur  que l’autre fois quand même ! Tout allait bien  jusqu'à ce que  je vois les apnéistes de  sécurité, je vois la Plate forme. La surface se  rapproche puis plus rien  « stop » position off  du cerveau. C’est terminé, je viens de louper  ma descente, cette descente pour laquelle on  avait travaillé et m’étais donné les moyens de  la réussir. Tout se joue sur une apnée mais  c’est le jeu, c’est comme ça, je me suis grillé  en descendant trop rapide, trop d’énergie,  trop d’oxygène mangé pour arriver au plateau  et prendre le ‘tag’.  Le plus important c’est de remonter ce n’est  pas de descendre. 

    Comptes‐tu changer certains détails dans  ta préparation maintenant?    Bien sur que oui ! J’ai atteint ma limite, j’ai fait  90 mètres à l’ancienne de la même manière  que 75 et  50 et 35 mètres ! C’est à dire que  pour descendre à ces profondeurs, on ne peut  pas se permettre de le faire avec les bras  tendus devant ou d’aller jusqu'à 50 ou 60  mètres en palmant sans arrêt ou encore  compenser en utilisant le diaphragme. Non,  maintenant, en discutant avec Guillaume,  Morgan et Christian j’ai appris quelques  astuces qui vont, si je les mets en pratique, me  permettre de progresser.  Les entraînements que je vais faire ici en Corse  seront basés sur ces techniques qui sont pour  moi nouvelles.  C’est en parlant qu’on apprend encore et  encore et je remercie ces 3 monstres de la  profondeur pour tous les conseils que j’ai pu  recevoir.     >>>


A I D A FREEDIVING    

WORLD    

CHAMPIONSHIP  

2009

 

 

MINI VIEW

 

Christian MALDAME

 

Une annonce commune en constant sans palme  dans un championnat individuel, ca a surpris pas mal  de monde sur place je suppose.   

       

 

                            Au terme d’une finale haletante, le  niçois Guillaume Nery est médaillé de  bronze et décroche un tout nouveau  record de France : ‐78 mètres  

Oui surprise unanime, même si nous sommes déjà bien  connu pour être très solidaires... Certains nous appellent  même la 'french mafia'.  Et cette annonce était bien vue, grâce à ça nous intégrons  tous les 3 la finale sans prendre de risque majeurs (même  si 73m en CNF reste bien engagé), et nous confirmons en  finale et faisons 3,4,5, 'un pour tous, tous pour un', tel  pourrait sans aucun doute être notre devise!    Quels enseignements tires‐tu de ta préparation ?    Ma préparation a été sérieusement modifiée suite à mon  ADD de Mai. retour à l'eau fin aout et préparation  tronquée (quasiment pas de plongée de l'été) . Cela s'est  senti au cours de mes entrainements jusqu'aux  championnats du monde : beaucoup de plongée ratées  dues à des 'automatismes' pas assez bien installés. la  préparation n'a pas été facile, mais j'arrive finalement près  le jour J. les dernières semaines ont été fondamentales  dans ma préparation mais pas toujours faciles.    A quand le triple chiffre?  J'avais prévu de le faire cette année, car je sentais que j'en  étais capable depuis 2007 (World Sharm 2007 : 92m à  l'entrainement), mais mon entrainement et mes  différentes plongées d'octobre, Novembre ne m'ont pas  permis de terminer sur ce chiffre... je verrais quand je me  sentirais de le faire, sachant que, pour moi, ne vivant pas  proche de la mer, cela demande un investissement  important en terme de temps et d'énergie. Je sens en tout  cas que je peux le faire, une simple question de temps  pour avoir l'occasion de le tenter. 


La joie de Guillaume, 4ème de la finale  du poids constant.  

Christian Maldamé pour un  personnal best à ‐75 mètres !   5ème en finale du sans palme et 7ème  en poids constant.  

Pour le podium, une belle empoignade a  lieu bien au‐delà des ‐80 mètres. Un  privilège réservé à seulement trois  apnéistes dans le monde. Après la syncope  du jeune russe Alexei Molchanov de  retour de ‐83 mètres, le canadien William  Winram fait un retour triomphal avec ‐86  mètres. En phase de qualification il avait  fait naitre de réels espoirs dans la course  au podium. Il remporte une belle médaille  d’argent concédée par l’autrichien Herbert  Nitsch qui n’est pas parvenu à réaliser son  protocole de surface après une plongée à ‐ 89 mètres. William Trubridge, lui, écrit un  nouveau chapitre de son palmarès. Il porte  le record du monde à ‐90 mètres et  confirme ainsi son statut de meilleur  apnéiste de sa génération.   >>> 


La canadienne Jana Strain médaillée  de bronze en poids constant sans    palme avec ‐54 mètres.                                       

© Igor Liberti   www.apnea.ch 


Le vénézuelien Carlos Coste détient une autre  performance : la plongée la plus longue de ce  championnat ;  ‐110 en 4 minutes et 5 secondes. 

Avec grâce et puissance, le Néo  Zélandais William Trubridge  remporte l’or et inscrit un nouveau  record du monde en poids constant  sans palme à ‐90 mètres.  

© Igor Liberti   www.apnea.ch 


A I D A FREEDIVING    

WORLD    

CHAMPIONSHIP  

2009                

 

  5 DECEMBRE ● FINALE DU POIDS CONSTANT FEMMES /    HOMMES       Natalia Molchanova ; une domination sans      conteste. Sa médaille d’or allonge un peu  plus son palmarès déjà éloquent. L’apnéiste    la plus titrée n’a fait qu’une bouchée de ce  championnat du monde. Elle a littéralement    déposée ses adversaires,  tellement son    niveau était incomparablement plus élevé.  Elle s’offre une plongée à ‐97 mètres et se    pare de l’or. Deux médailles d’or et un record  du monde, chapeau l’artiste. Mais qui pourra    bien détrôner la russe ?     En annonçant ‘’seulement’’ ‐70 mètres lors  des qualifications, d’aucuns auraient pu    douter de ses capacités. C’était sans compter  sur la ténacité de l’anglaise Sara Campbell.     Une plongée très relâchée à ‐92 mètres    affirme t’elle, «That was an amazing dive,  extremely easy for me and I kind of wish I’d  announce deeper for a record. The same dive  normally takes me over 20 seconds longer  than today. It’s incredibly motivating looking 

 

forward to challenging for the world record again in  the near future.   I have been training to these depths and beyond all  summer. It is an extremely intense sport – rarely do  we ask our body to perform to its absolute limits of  survival, but I do it on almost a daily basis in order to  increase my performance potential.                     I have now made some big changes in my dives and  training and feel confident that I could do 100m now.  However this competition isn’t about records for me,  it’s about the medals, and of course being with so  many top‐level athletes. Because we know what we  each go through to train and make these dives, there  is a very deep bond between us all. It feels like one big,  maybe slightly crazy, family. “      La tchèque Jarmila Slovencikova remporte la médaille  de bronze au terme d’une plongée à ‐74 mètres en  2’28’’. Un championnat mitigé après sa  disqualification en qualif du sans palme. Elle  s’explique :  

What’s happen to you in  constant no fin ?   About the no fins, i have no idea,  probably i was to fast on the way  down and i burn too much  energy. Than i miss it on the way  back. But, it was not my PB, i was  not too nervous (just a little), the  warm up was good, the time was  little bit faster, but i was faster on  the way down and slower on the  way up.   

  Do you think improve your abilities easily in the  coming years?   It depends of my training, in my life i have my job and i  train freediving in "free time".  


So if i will have more time to do better  training, i can go deeper and i can do better  performance. It does not mean to train more,    but to do every part of training    (regeneration, food, ...) in better quality, not  only "if i have time".      Chez les hommes, le suédois Johan  Dahlstrom rentre dans le cercle très fermé    des apnéistes capable de plonger à plus de    100 mètres, 101 exactement, sans  assistance.     Guillaume Nery,  seul représentant français    encore en lice pour la finale du poids  constant, son premier amour, sort le grand    jeu. Au terme d’une apnée à ‐109 mètres en  3’16’’ Guillaume réduit l’écart mais n’a rien a    regretté de sa quatrième place. Avec six    performances au‐delà de cent mètres, le  challenge ne s’avérait pas facile d’avance.    Devant, la lutte est serrée, entre le Néo  Zélandais William Trubridge et le vénézuelien    Carlos Coste qui terminent ex eaquo à ‐110      mètres. Le bronze est acquis.         Le russe Alexey Molchanov affiche une  forme étincelante après sa déception en    finale du poids constant sans palme. ‐111    mètres. Il se classe deuxième d’une  compétition remporté par l’arriviste Herbert    Nitsch auréolé du titre de champion du  monde qui inscrit une nouvelle fois son nom    au palmarès de l’épreuve.  Son goût    prononcé pour la profondeur s’est  logiquement rappelé à lui !         Saluons les organisateurs et tous ceux qui  ont contribué à la bonne réalisation de ce    championnat. Gérer une pareille logistique    dans un site aussi reculé n’était pas chose  facile.      Si ces derniers mois ont été plus que sportifs    pour l’équipe de France, les mois à venir ne  vont pas l’être moins. Après avoir arrosé de  si belles performances, l’heure sera venue de  se replonger dans l’entrainement en vue du  championnat du monde par équipe AIDA  prévu en juillet 2010 sur l’île d’Okinawa au  pays du soleil levant.    

UNE ETUDE MENEE SUR PLACE…

   

>Squeeze at the world championship For a freediver it is not only a question of being able to equalize and hold your breath for a long time. You must have   lungs that can tolerate the depths. You run the risk of pulmonary edema (among freedivers: Squeeze). Lung squeeze is when fluid from the blood goes through the gas barrier (membranes in the alveolis) and get into the lungs. The respiratory system is impaired; you have less uptake of O2. You breath heavy for a long time after the dive, you are very tired and feel weak, there might be gurgling and weezing sound from deep down the throat when you breath out hard. You might cough and spit up traces of blood or pink foam. During the WC 2009 in Bahamas chief organizer and competition doctor John Fitz Clarke took O2 readings by finger oxymeter from over 50 divers one minute after their dive. The body should be fully oxygenated in the artery system after only a few breaths. In a healthy person the readings should be above 97% saturation, or even a 100%. The average value of the WC competitors was 88,7%. 45% of the divers were at 90% or below. Further evaluation of the results will be made.

  > Sebastian Naslund  sebastian@freediving.biz    RETROUVEZ LES EXPLOITS DE L’EQUIPE DE FRANCE SUR LE NET   Brigitte BANEGAS    http://brigittebanegas‐apnee.midiblogs.com  Guillaume NERY  http://guillaumenery.over‐blog.com  Christian MALDAME  http://christianmaldame.over‐blog.com  Patrick POGGI  http://patrickpoggi.over‐blog.com  Morgan BOURC’HIS  http://massiliasub.free.fr 


Freediver Guillaume Nery © Grégory Piazzola – Retouché Bruno Beauverger 

M

76

on corps flotte paisiblement à la surface de l'eau, je ferme les yeux et expire doucement. Profondément. Le soleil me caresse le visage. Inspiration. Une voix : — J'y vais après toi ?

Expiration. J'acquiesce du menton. J'ouvre les yeux, je regarde une dernière fois le ciel bleu. Inspiration. La dernière avant longtemps, très longtemps. Inspiration. Encore une goulée d'air. Je me concentre sur la bouée. Encore une bouffée, inspiration, inspiration, inspiration… Ma tête a plongé, je tends mes jambes. Je sens mes palmes battre l'air vainement, j'aurais dû me lester un peu plus. Je brasse, une fois, deux fois, je suis dans l'eau, je commence à descendre. À quelques centimètres de mon nez, un câble tendu défile doucement. Je force mes jambes à faire des mouvements amples et souples. À chaque palmage, je souffle pour décompresser. Mes oreilles répondent bien, cela me soulage, c'était ma plus grosse inquiétude. L'eau brunâtre rend le câble flou mais lumineux, presque irréel. Je suis fasciné par chaque aspérité, chaque détail du filin d'acier. Combien ai-je descendu ? 3 mètres ? 5 ? 8 ? 100 ? Aucune idée. Cela fait une éternité mais une seconde à peine que je suis dans l'eau. L'air n'est


© Bruno Beauverger

déjà plus qu'un lointain souvenir. Ne devrais-je pas faire demi-tour ? Les premiers signaux d'hypoxie s'emparent de mon cerveau, je déglutis. Et doucement, le câble poursuit son ascension, chaque centimètre attirant mon regard avant de disparaître. Mon masque commence à m'écraser le visage, mes yeux tentent de sortir de leurs orbites. Je souffle un fifrelin d'air par les narines pour égaliser. À toute vitesse, je vois passer trois formes encombrées comme des chevaliers en armure. Trois monticules bouillonnants de matériel sophistiqué d'où dépassent deux petits bras, deux misérables palmes rabougries et quelques faisceaux de tubes et de faibles lumières clignotantes. Je les ai à peine entrevus, je me sens léger, libre. Je vole. Soudain, je vois le câble s'enfoncer dans un nuage sombre. En quelques centimètres, l'eau brunâtre devient noire comme de l'encre. Sans que je n'aie le temps de réagir, je suis englouti, avalé. Avec l'obscurité, mon corps se relâche soudain. Respirer ? Pour quoi faire. Je continue de suivre le câble que j'entraperçois toujours dans la pénombre. Je suis bien, je descends. Du coin de l'œil, un mouvement me fait sursauter. Le fond dégringole vers moi à toute allure. Déjà ? Il n'est plus qu'à 50 centimètres de mon visage. Je le frôle de la main et me redresse. Compenser et égaliser le masque se révèle étonnamment difficile, comme si j'avais les poumons vides alors que je n'ai rien expiré depuis le début de la descente. Sur ma droite se dessine la masse du vieil autobus englouti. Une fois les yeux habitués, je déchiffre l'inscription "De Lijn". Depuis qu'on a dit aux flamands que, au fond, ils n'étaient pas si bêtes, il semblerait qu'ils s'y rendent par autobus entier. Au moins ils ne sont pas en grève, eux ! La porte est ouverte mais je ne rentre pas, je n'ai pas mon ticket. De la main, j'agrippe alors le marchepied et me tire vers le bas. Je pose mon profondimètre sur le sol. 17,1 mètres. Bon, je ne suis pas William Trubridge mais pour une première fois, ce n'est pas si mal ! Je constate que ma ceinture de plomb pend lamentablement sur mes hanches. J'ai vachement maigri, pas le moindre petit bedon qui dépasse, j'en connais une qui apprécierait. Merci la pression ! C'est mignon tout plein ici, mais il est temps de remonter. Je tourne la tête : pas de câble ! C'est ennuyeux. Je n'ai pourtant pas parcouru plus de deux mètres à l'horizontale. Tout au fond de moi, une partie hystérique de mon cerveau hurle « On ne va jamais y arriver sans le câble, tu ne le retrouveras jamais !

Respirer, ça te dit quelque chose ? ». Sans y faire attention, je rebrousse calmement chemin. Voilà le câble, pas besoin de s'énerver ! Si je n'avais pas eu le nez dessus, je l'aurais sans doute manqué. Au revoir le fond, je te quitte mais je reviendrai, ne t'inquiète pas ! Je me force à me détendre, je m’étends, les bras au-dessus de ma tête. Je regarde le câble. Un coup de palme, deux coups de palmes. Le câble recommence à défiler, m'hypnotise. Mais à chaque mètre, l'oxygène quitte un peu plus mon sang pour retourner dans les poumons d'où la pression l'avait chassée. Contraction. Envie de respirer. Regarder le câble, le câble. J'ai l'impression d'être une bulle qui gonfle, je suis irrémédiablement attiré par la surface. Ma trop grande flottabilité me permet d'arrêter le palmage, je me laisse aller. Autour de mes bras tendus et de mon crâne, le fluide s'écoule de plus en plus vite. Respirer. Respirer. Ne pas regarder en haut, se concentrer sur le câble. Respirer. Repenser à la plongée, au fond, à l'obscurité. Un sourire envahit mes lèvres. Respirer. De la lumière, des reflets. Salut Soleil, ça fait un bail ! Je suis une bulle, une balle, une fusée, je remonte vers toi comme un missile. Flatch ! Emporté par la vitesse, j'émerge jusqu'au nombril. Je vole. Expiration. Je retombe. Inspiration brève. Expiration. Inspiration brève. Pas d'essoufflement notable, c'est bon signe. L'air frais me semble le met le plus exquis, un fin plaisir de gourmet. Je souris, je suis heureux. J'inspire. On dirait que j'ai gardé avec moi un peu de l'euphorie de ce fond sombre et glauque. — Alors, ça te plaît ? — À fond ! Mon chronomètre n'indique que 47 minuscules secondes mais je sais que mon voyage a duré toute une vie, que là-bas, dans la lumière obscure, on apprend à voler. ¾ Lionel Dricot ploum@ploum.net


ENTRAINEMENT 78

DEBUTANT

CONFIRME

   

   

DUREE : 60 minutes  

DUREE : 60 minutes  

 

 

OBJECTIFS :

OBJECTIF :

‐soignez votre palmage  ‐gérez votre récupération  ‐pensez au protocole de  sortie (retirer son masque  suivi du signe OK à son  partenaire)    SECURITE : toujours  réaliser ces exercices sous la  surveillance d’un encadrant  apnée / ou en binôme.     ECHAUFFEMENT : 300 m  nage libre    1 x 25 m    2 x 25 m en expiration  continue    REPOS    Série de 25 m x 5 :  récupération en surface  pendant la surveillance de  votre partenaire sous l’eau.  Pas de temps morts !!!!!    REPOS    Série de 50 m x 5 avec 30’’  de récupération      100 m nage en surface

‐le relâchement    SECURITE : toujours  réaliser ces exercices sous la  surveillance d’un encadrant  apnée / ou en binôme.     ECHAUFFEMENT : 300 m  nage libre    1 x 25 m poumons vides    1 x 50 m poumons moitié  pleins    1 x 65 m poumons moitié  pleins    REPOS    1 x 85 m départ poumons  pleins, vers 70 m on vide en  terminant poumons vides à  85 m.    REPOS    2 x 90 m poumons pleins,  départ 2’30’’.    2 x 100 m poumons pleins,  départ  3’.      100 m nage en surface


© Bruno Beauverger


MATOS 

The Free Depuis quelques temps la firme ORCA, en partenariat avec le recordman William Trubridge, Néo-Zélandais, développent des modèles de combinaison adaptés pour la pratique de l’apnée.

Début 2010, ORCA lancera sur le marché son tout nouveau produit : la ORCA FREE Véritable bijoux de technologie d’après le recordman puisqu’il l’a lui-même testée en bassin à courant dans un centre à Ténériffe en Espagne avec des résultats prometteurs parait il. IL ajoute sur son site www.verticalblue.net : “ I tested the ORCA Free for both DNF and DYN and it’s performance was incredible. With the monofin on we dialed the water speed up to 2.5m/s and I clung to the railing while a river seethed around me. I expected to be flung against the back grating, but as soon as I let go and started moving I found I was able to stay in the same place, and even make headway into the current. The incredible silicon surface of the ORCA Free meant that I felt like I was invisible to the water – it parted effortlessly around my body. During DNF trials I was able to complete laps of a 25 m pool with 2.5 relaxed strokes, and still maintain a speed of 1.0m/s.” Il semblerait donc que le nouveau procédé ORCA’s silicon-coated SCS neoprene améliore puissamment la glisse. L’élasticité du néoprene Yamamoto 2 mm et sa faible flottabilité sont propres à la firme soucieuse d’améliorer les performances des athlètes.

Le produit sera disponible sur le site

www.orca.com 80


MATOS 

¾ Par Jean Charles MAES   

L

MATOS

Mustang 3 : la New C4

a firme italienne ne  s’arrête pas de sortir des  modèles. Après avoir créé  le buzz l’année dernière avec la  C4 81 VGR, elle renouvelle  l’impulsion cette année avec la  version 3 de la Mustang.  

Loin de remplacer la Mustang VGR, la Mustang 3 devrait s’adresser à un public plus amateur de  palmage ample et de souplesse. Grosso modo, l’objectif annoncé est simple : Pousser autant mais  avec nettement moins d’efforts. Comme vous pouvez le constater sur les images, la différence va se  faire essentiellement sur la forme et la longueur du Flap.  

Du côté des chiffres, la palme devrait gagner 1 ou 2 cm en longueur  par rapport à un modèle Mustang VGR et sortira à 365 € prix public.     Côtés construction, les premières images nous laissent augurer une  qualité toujours autant présente. Les amateurs d’ergonomie  retrouveront avec joie le maintenant traditionnel chausson  Mustang. 

Retrouvez toute l’actu chasse sous marine / apnée, interviews, reportages, lives, photos, tests matos, résultats compétitions sur le site de Jean Charles MAES – www.psmcafe.com


RESULTATS  

RESULTATS NICE ABYSS CONTEST 19 et 20 Septembre 2009 – Nice (06) FEMMES CONSTANT SANS PALME 1/ 36 m Brigitte Banegas - NR CONSTANT 1/ 46 m Brigitte Banegas 2/ 45 m Vanessa Mc Donald 3/ 41 m Mia Rizner (Croatie) 4/ 35 m Alice Modolo HOMMES CONSTANT SANS PALME 1/ 63 m Morgan Bourc’his 2/ 60 m Christian Maldamé 3/ 50 m Fred Sessa 4/ 45 m David Tranfield (UK) 5/ 38 m Florian Gerault CONSTANT 1/ 80 m François Gautier (Portugal) 2/ 70 m Nicolas Girardin 3/ 67 m Jean Michel Pradon 4/ 58 m Ulysse Portier 5/ 58 m Gaspare Battaglia (Italie)

COMBINE   1/ 1825 pts Aline Mathieu  2/ 1495 pts Sylvie Sicre Bellage   3/ 1414 pts Sylvie Guyomard     1/ 2128 pts Francis Le Gall   2/ 2035 pts Rémy Coudriau  3/ 1788 pts Christophe Bizet 

Championnat de Normandie d’apnée à  Pont Audemer du 17 octobre 2009 ‐  FFESSM    STATIQUE  1/ 4’44’’ Aline Mathieu  2/ 4’35’’ Sylvie Guyomard  3/ 4’04’’ Virginie Bruneau  4/ 3’35’’ Sylvie Sicre‐Bellage  5/ 3’06’’ Monique Lovichi    1/ 6’26’’ Francis Le Gall  2/ 5’50’’ Arnaud Leseigneur   3/ 5’41’’ Christian Vogler  4/ 5’02’’ Nicolas Dore   5/ 4’46’’ Christophe Bizet    DYNAMIQUE   1/ 104,1 m Aline Mathieu  2/ 75 m Sylvie Guyomard   3/ 75 m Sylvie Sicre‐Bellage  4/ 58 m Virginie Bruneau  5/ 53,6 m Monique Lovichi    1/ 126,9 m Christian Vogler  2/ 110,9 m Francis Le Gall  3/ 108,9 m Rémy Coudriau  4/ 103,05 m Alban Genre Grandpierre   5/ 99,5 m Alain Galinou    DYNAMIQUE SANS PALME   1/ 66,3 m Sylvie Sicre Bellage   2/ 62,5 m Aline Mathieu  3/ 48,6 m Sylvie Guyomard   4/ 43,76 m Monique Lovichi  5/ 36,2 m Virginie Bruneau    1/ 88 m Rémy Coudriau  2/ 79,15 m Francis Le Gall  3/ 69 m Christophe Bizet  4/ 65,4 m Mathias Beaudouin   5/ 62,65 m Michael Schaeffer 


RESULTATS   Finale de la coupe de France FFESSM,  Amiens le 14 novembre 2009    STATIQUE  1/ 5’06’’ France Gaelle Baesen   2/ 4’57’’ Elsa Grenier  3/ 4’38’’ Caroline Viallet  4/ 4’35’’ Joelle Hoffmann   5/ 4’33’’ Alice Modolo    1/ 6’41’’ Pascal Blanchet  2/ 6’29’’ Francis Le Gall   3/ 6’11’’ Benoit Conem   4/ 6’10’’ Christophe Bruel   5/ 6’02’’ Benoit Martin     DYNAMIQUE   1/ 160,15 m Alice Modolo  2/ 150  m Georgette Raymond   3/ 129,3 m Karine Tassain   4/ 114,5 m Joelle Hoffmann   5/ 113,65 m Graziela Rivault     1/ 165,5 m Brice Lequette   2/ 161,75 m Patrice Rue   3/ 150 m Yohann Poilblan   4/ 130,9 m Franck Caillet  5/ 130,78 m Florian Gerault     DYNAMIQUE SANS PALME   1/ 108,9 m Georgette Raymond   2/ 91,4 m Alice Modolo  3/ 82,28 m Graziela Rivault   4/ 74 m Sylvie Sacre Bellage   5/ 73,8 m Karine Tassain     1/ 116 m Christophe Bruel   2/ 105,5 m Patrice Rue   3/ 104,6 m Yohann Poilblan   4/ 100,4 m Jacques Barbara   5/ 88,5 m Pierre Bonnet    COMBINE   1/ 20605,705 pts Alice Modolo  2/ 2461,2 pts Georgette Raymond   3/ 2149,63 pts Karine Tassain     1/ 2739,95 pts Patrice Rue   2/ 2611,725 pts Brice Lequette   3/ 2603,005 pts Christophe Bruel 

Championnat de Guadeloupe le 15  novembre 2009 ‐ FFESSM    STATIQUE  1/ 4’47’’ Sandrine Murbach  2/ 4’21’’ Sophie Jacquin     1/ 5’36’’ Guillaume Steers   2/ 4’46’’ Jean Marie Brezin   3/ 4’42’’ Sidney Rodriguez   4/ 4’34’’ François Steers   5/ 4’27’’ Patrick Lejeune     DYNAMIQUE   1/ 105,9 m Sophie Jacquin   2/ 100 m Sandrine Murbach    1/ 133,7 m Stephan Preisner   2/ 107,4 m Yan Lepen   3/ 103 m François Steers   4/ 100 m Thierry Perrais   5/ 84,5 m Patrick Lejeune     DYNAMIQUE SANS PALME   1/ 75 m Sandrine Murbach  2/ 66,1 m Sophie Jacquin       


RESULTATS   1/ 109,5 m Stephan Preisner   2/ 74,4 m François Steers   3/ 64,7 m Patrick Lejeune   4/ 57,8 m Jean Marie Brezin   5/ 55,3 m Bruno Timmermans     COMBINE   1/  1887 pts Sandrine Murbach  2/ 1848,8 pts Sophie Jacquin     1/ 2384 pts Stephan Preisner  2/ 1899,2 pts François Steers   3/ 1722,8 pts Yan Lepen    

2009 AIDA Freediving World Championship


FOR LESSONS, A CHANGING ROOM WITH  TOILETS AND WARM SHOWERS, A  LOCKER ROOM WHERE YOU CAN LEAVE  YOUR EQUIPMENT, AND A  COMFORTABLE POOL THAT IS HEATED  ALL YEAR ROUND.   THE ONLY ONE FREEDIVING CENTRE WAS  BORN FROM THE COMMON PASSION OF                                                         THREE ITALIAN MEN WHO DECIDED TO  MOVE TO SHARM EL SHEIKH YEARS AGO.  ALL THREE CAME FROM THE WORLD OF  OUR CENTRE IS LOCATED IN THE WARM  SCUBA DIVING, AND ALL THREE WERE  EGYPTIAN TOWN OF SHARM EL SHEIKH,  SEARCHING FOR NEW STIMULI, AND  JUST 15 MINUTES FROM THE MODERN  DIFFERENT WAYS TO DISCOVER THE  TOURISTIC CENTRE OF NAAMA BAY, AND  SECRETS OF THE GORGEOUS RED SEA  5 MINUTES AWAY FROM THE  BARRIER REEF. THEY EXPERIENCED  INTERNATIONAL AIRPORT. ONLY ONE IS  FREEDIVING AT DIFFERENT TIMES, BUT  ON THE BEAUTIFUL BEACH OF THE MELIA  ALL THREE SURRENDERED TO ITS CHARM.  SINAI 5 STARS RESORT, RIGHT ON THE  IN 2007, RICCARDO, FABIO AND MARCO  SEA SHORE, AND MORE PRECISELY AT  DECIDED TO JOIN FORCES AND TURN  THE DIVE SITE CALLED RAS NASRANI,  THEIR PASSION FOR FREEDIVING INTO  FAMOUS FOR ITS INCREDIBLY  THE FIRST FREEDIVING CENTRE IN SHARM  COLOURFUL BARRIER REEF. OUR CENTRE  EL SHEIKH, AS WELL AS ONE OF THE FEW  IS EQUIPPED WITH A LARGE CLASS ROOM 

   

MARCO, the owner of the Only One Apnea Center, replies our questions:     What’s special about freediving in red sea?     ‐freediving in red sea is fantastic because of  the beauty ofthe coral reef all year    round.....expecially in summer there  is an amazing underwater life such as big    skulls of fish and big fish as well....80% of the  underwater life stays in the first 15 mt. of    water so it's often very easy to have many  meeting with big animal.....but overall diving    in red sea is always possible because of the    water temperature that never goes under  21° in winter time!      Is your Apnea Center opened all the year?     ‐because of all these reasons and because  our center is located into Club Sharm Hotel    (Egyptian Vacation 5 star hotels) managed  by EDEN VIAGGI (big italian tour operator)    our center is open all year round 7 days a  week!     

 

 

www.onlyoneapneacenter.com

FREEDIVING CENTRES IN THE WORLD  OPEN ALL YEAR ROUND.     THE ONLY ONE FREEDIVING CENTRE IS  NOT JUST A SCHOOL WHERE YOU CAN  MOVE YOUR FIRST STEPS IN FREEDIVING,  OUR GOAL IS TO BE A TRAINING CENTRE  THAT GOES BEYOND THE SIMPLE  RELEASE OF A CERTIFICATION,  CONSTANTLY FOLLOWING THE  IMPROVEMENTS ACHIEVED BY OUR  FREEDIVERS, ASSISTING THEM DURING  TRAINING SESSIONS, OR SIMPLY BEING  WITH THEM DURING FUN DIVES. OUR  CENTRE IS A PLACE WHERE WELL‐ KNOWN ATHLETES FROM ANY  FREEDIVING AGENCY CAN TRAIN IN ANY  DISCIPLINE, AND IN COMPLETE SAFETY,  THANKS TO THE MARKED CABLE WITH  COUNTERWEIGHT, AND TO OUR SAFETY  FREEDIVERS, ALWAYS AVAILABLE AT THE  CENTRE.  

How much for a dive per day? Could I benefit a safety if I  come train alone?   ‐talking about money it's always complicated because you  know that all freediver and athlets has always different  request and needs....anyhow lets say that we do private  lessons (Apnea Academy instructor) for 35 euro\hour or    open training for licensed freediver (min. 2 diver) for just  10 euro\hour each diver..... of course single freediver are  always welcome to train with us infact we always have  professional instructors and safety freediver in the  center.we always support professional athlets training and record attempt infact we also have different AIDA judges  working with us!!    Did you manage any records or events?   ‐talking about records....we started organizing the AIDA  individual worldchampionship in 2007, we did it again in  2008 (team worldchampionship) where many nationals  records and 1 dynamic world record (Dave Mullins) were  brake.in 2009  we started hosting Martin Stephanek world records  (constant ‐122 and freeimmersion) in june...after that we  organized  Federico Mana's italian record attempt (constant ‐100 and  freeimmersion ‐92)...than we had Natalia's world record  attempt (constant ‐101 and freeimmersion ‐92)....than  Andrea  Zuccari (Only One Apnea Team)  swiss record attempt( no  limits ‐120, constant no fins ‐55, freeimmersion ‐75,  constant ‐77) and last russian constant no fins record from  Alexey Molchanov (‐83).    Enjoy the blue,   Marco NONES  ‐ info@onlyoneapneacenter.com


© François Gautier

info@blue-immersion.com

www.blue-immersion.com Patrick Bouillon patrick@blue-immersion.com (+2) 018 51 85 629 www.ecolebleue-monaco.com

www.stephanemifsud.com

Akim Adhari akim@blue-immersion.com (+2) 016 03 33 961

Avec ou sans Bulles 54 Corniche J.F. Kennedy 13007 Marseille Pascal Huron : 06 74 34 29 39 contact@AvecOuSansBulles.com http://AvecOuSansBulles.com

Aigle Nautique, 50 Bd Franck Pillate, 06300 Nice CONTACT : cipapnea@gmail.com

www.cipapnea.fr


CONTACTS

A la jonction de l’océan atlantique et pacifique, il est un rocher de 6km2 qu’on appelle le Cap Horn, dernier lambeau de terre le plus au sud avant l’antarctique. Immédiatement les récits de naufrages de marins chevronnés vous viennent comme un flash. Un lieu qui n’est pas sans danger. Redoutable. Le Cap Horn, ce lieu mythique est pourtant réputé pour ces courants violents, ces vents qu’on appelle aussi « rugissants et hurlants », sans oublier les vagues scélérates pouvant atteindre plus de vingt mètres de haut, véritables murs d’eau. C’est dans ce contexte polaire et glacial, au beau milieu de la Terre de Feu, qu’une bande de passionnés de voile et d’apnée a décidé de tailler chemin. Un point géographique situé à l’extrême pointe sud américaine qu’ils vont tenter d’explorer, une zone presque entièrement constituée d’îles et de montagnes recouvertes de glaciers. Dans ces eaux pures et sauvages, entre canaux de Terre de Feu et Cap Horn, ils vont montrer que des Hommes équipés du plus simple, en accord avec la nature, peuvent la visiter, l’observer, se mêler à elle sans technologie poussée. Ils font le pari que cet Annapurna de la mer leur donnera le courage nécessaire, de s’immerger et découvrir cette zone encore si riche en vie pour en ramener des images.

y RIGAUD Gilles et MILET Guillaume y Mail : tahioro@yahoo.fr y Tel: 05 96 55 09 57 y GRENIER Olivier et VOGLER Christian y Mail: apnee@gmap.fr y Tel: 06 63 21 19 06


Gilles RIGAUD: dit Mouloud ‚Né le 11/07/1967 ‚Domicilié actuellement en ‚Martinique ‚Capitaine du voilier Morgane. ‚Vingt ans de navigation, dont dix dans le grand sud. Cap Hornier à 6 reprises ‚Auteur du livre Comptoir des Océans chez Arthaud. ‚Niveau 3 apnée

Guillaume MILET: dit La Grenouille ‚Né le 09/01/1970 à Cherbourg ‚Domicilié en Martinique ‚Elevé à l’eau de mer et au beurre. ‚20 ans d’activités en club liées à la mer. (Voile, apnée, plongée, biologie) ‚Apnéiste : Niveau 3 apnée, Initiateur Fédéral. ‚Naturaliste : Membre et correspondant Club de la CREBS Martinique (Commission Régionale Environnement et Biologie Sous-marine)

Olivier GRENIER: dit La Crevette

Christian VOGLER: dit le Saint-Bernard

‚Né le 08/06/1976 à Soissons ‚Domicilié à Brest en Bretagne ‚Nageur et plongeur bouteille depuis le berceau ‚Piqué au virus de l’apnée par les Recordmen français (Loïc Leferme, Stéphane Mifsud, …) ‚Pratique l’apnée depuis 10 ans ‚Moniteur-Entraineur Fédéral Apnée 2ème degré ‚Compétiteur et organisateur de Manche de Coupe de France d’apnée ‚Juge Instructeur National Apnée ‚Membre de la Commission Régionale Apnée Bretagne-Pays de Loire ‚Organisateur de stages et formateur de moniteur apnée

‚Né le 19/06/1969 à Strasbourg ‚Officier de la spécialité « sport » dans la Marine Nationale ‚Cap Hornier lors de mission sur le Porte-hélicoptères Jeanne D’Arc ‚20 ans de Triathlon, plusieurs championnats du Monde et d’Europe, dont la distance IROMAN. ‚Sauveteur en mer à la SNSM par passion depuis 5 ans ‚Préparateur physique et entraîneur multidisciplines ‚Découverte de l’apnée par la chasse sous-marine il y a 12 ans ‚Niveau 3 apnée, compétiteur assidu

Morgane: ‚sloop en acier de 11 mètres. Compagnon de voyage océanique de Gilles Rigaud depuis vingt ans. ‚A son actif, plusieurs transatlantiques, deux transpacifiques, 6 passages du Cap Horn, 8 traversés du golfe de Penas. D’innombrables milles parcourus dans les canaux de Patagonie et de Terre de feu.


L’association Monde Bleu  exprime sa reconnaissance à tous  ceux dont les efforts et la  précieuse assistance ont permis à  ce magazine de voir le jour : club  SCPL Nîmes, Alain Beauverger,  Jérôme Vigoureux Peltier,  François Perrin, Sebastian  Naslund, Morgan Bourc’his,  Christian Maldamé, Patrick Poggi,  Guillaume Nery, Brigitte Banegas,  Olivia Fricker, Jean Charles Maes,  Julie Gautier, Jarmila  Slovencikova, Sara Campbell,  

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