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PORTRAIT DU MOI ITW : BENITO DIECISEIS PHOTOS : HEGE HOLT/DREAMBUZ MEDIA

Si ce n’est pas de la détermination dans le regard alors qu’est-ce que c’est ?

EL DOMINICANO QUI SAUTE HAUT C’est marrant comme le soleil, l’eau chaude et du vent à l’année peuvent engendrer comme machine à envoyer du trick avec style à l’image d’Alex Soto. Les Allemands sont bons aussi mais chez eux ça caille donc il faut poser les moves efficacement pour ne pas perdre trois doigts à chaque boîte. En tout cas, Alex Soto, aussi discret soit-il sur la plage, a tous les atouts pour percer dans les compétitions internationales.

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J’imagine que tu t’es entraîné comme une bête sur une barre accrochée à un arbre (c’est le sport national de Kite Beach à Cabarete) ? Oui tous les jours. Beaucoup le passent sur la barre fixe mais pas sur l’eau. Comment apprends-tu une nouvelle figure ? Je commence par la regarder en vidéo. Si j’ai quelque chose en tête, j’essaye de visualiser le move sous toutes ses formes. Ensuite, je me concentre sur les points techniques essentiels qui me permettront de le poser. Quand as-tu fait ta première compétition ? Et quel a été le résultat ? Cinq mois après avoir commencé le kite. J’ai fini à la 7e place. C’était incroyable ! Waaaa ! Trop bon ! C’est mon record personnel avec Cabarete en 2006 où j’ai fini 4e.

C’

Je t’aime, un peu, beaucoup, à la folie… © Franck D.

est lors du tournage de Vis ma vie de client au Club Nathalie Simon de Cabarete ( KBR 61) que nous avions fait la connaissance d’Alex Soto et de tous ses potes. Mine de rien cela fait quelques années qu’Alex participe à des compétitions internationales. En 2006, sur le PKRA, il avait calmé du monde en se faisant un marathon du « remontage » de heat lors de l’épreuve de Fuerteventura. Le podium lui avait échappé de peu, il termine 4 e . Qu’importe, il en faut peu pour stresser un Dominicain. Et puis après, plus rien ou presque. Quelques coups d’éclat sur d’autres épreuves mais Alex était presque tombé dans l’oubli. On aurait pu croire que, sorti de son spot tout chaud, le gaillard allait être moins performant. Loin de là. Certains doivent encore avoir en mémoire les corrections qui leur avaient été infligées à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en vague comme en freestyle. Et comme d’hab’, les galères pécuniaires ont eu raison des ambitions du garçon alors qu’il adore la compétition. L’année 2010 pourrait être l’année de la République Dominicaine. Après plusieurs années chez Starkite, Alex a rejoint récemment le team F-One US. À 22 ans, Alex Soto a de l’avenir dans le sport d’autant plus que c’est un rideur très polyvalent et plutôt du genre photogénique. Alex n’est que l’arbre qui cache la forêt car, derrière lui, une génération exceptionnelle se profile mais nous en reparlerons plus tard. Alex, c’est à toi.

Kiteboarder : On démarre par la classique. Quand as-tu commencé le kite ? Alex Soto : Cela fait cinq ans que je fais du kite. J’ai tiré mes premiers bords vers la fin de l’année 2004. Quel a été le premier move que tu as passé ? Un handle pass ! (Et en plus ça le fait marrer. En y repensant il a même l’air de s’étonner lui-même, NDLR.) Je ne savais rien faire, ni un front, ni un backloop. Je n’arrivais même pas à faire des no foot. Et le premier est passé nickel. Ensuite, j’étais à fond sur le backloop que j’enchaînais avec un handle pass.

Qu’est-ce que tu aimes dans la compétition ? La compétition ! Je ne sais pas comment expliquer précisément… J’adore les émotions et les grosses décharges d’adrénaline que cela me procure. Quels sont les moments que tu préfères ? Avant, pendant, après ton heat ? C’est pendant le heat où tu ne penses à rien d’autre qu’à poser tes moves. Tu as la pression avant ton heat ? Hum… En fait, juste un petit peu avant de me mettre à l’eau. Dès que j’ai posé mon premier move, tout le stress s’en va, j’oublie tout, excepté de battre mon adversaire. Quand tu as commencé le kite, quels étaient tes objectifs ? C’était juste une façon de m’amuser, de profiter du vent. Depuis que j’ai commencé la compétition, ça reste toujours un divertissement mais ça me demande un plus de travail et de concentration. Quand tu t’entraînes, dans quel état d’esprit es-tu ? Tu cherches avant tout à prendre du plaisir ou tu te concentres sur des objectifs en vue de la compétition ? Je fais les deux. Je cherche à prendre du plaisir et je navigue aussi comme si j’étais en compétition. Je ne m’entraîne pas tout seul. Avec Ariel Corniel, Posito, Robinson et Joel Mendoza, nous avons constitué un team d’entraînement. C’est sûr que ça doit motiver de naviguer avec Posito (le machin a 15 ans à peine et il a un niveau d’extraterrestre ! Si vous allez à Cabarete, vous allez halluciner) ? Posito est le futur de Cabarete ! Il a toutes les qualités qu’il faut et il a pris le meilleur de chacun de nous. Cette année, quels sont tes objectifs ? Je ne sais pas, on verra bien comment ça se passe. Je vais faire les choses au mieux. On fera le bilan à la fin de l’année. Si tu te retrouves en final contre Kevin Langeree, quelle serait ta stratégie ? Dans un premier temps, la meilleure chose à faire et de poser tous mes moves. Avant d’aborder un heat, j’ai une liste de manœuvres que je veux

effectuer et qui peut varier en fonction du gars contre qui je tombe. Est-ce que tu as une manœuvre secrète sur laquelle tu bosses ? Il va falloir attendre un peu avant de la voir. Et en plus c’est un secret ! Quels sont tes points forts et tes points faibles ? L’agressivité ! Sur un heat, je ne lâche rien de la première à la dernière seconde. Si j’ai un point à améliorer, c’est d’arriver à 100 % de tricks posés des deux côtés. Tu navigues aussi dans les vagues ? À fond. On peut dire que je suis un rideur complet : je fais du freestyle, des vagues et de la race. Tout ce qui se fait avec un kite m’intéresse. Entre toi et Ariel Corniel, qui aura le meilleur classement à la fin de la saison ? Là aussi, il va falloir attendre. Un coup, je gagne, une autre fois c’est Ariel. Le pronostic est assez serré. Nous avons le même niveau mais avec un style différent. Je suis un peu plus agressif en heat et je sais maîtriser quelques figures de plus que lui. Est-ce que l’équipement a une influence sur le style ? En partie oui. Par exemple, les ailes d’Ariel Corniel sont plus douces que les miennes d’où son style « tranquille ». Mes ailes ont plus de puissance et demande plus d’engagement physique. Il a fallu que je m’adapte et par conséquent mes figures sont devenues plus puissantes et radicales. Je ne pourrai pas naviguer avec les ailes d’Ariel et inversement. Penses-tu que Youri puisse gagner le PKRA cette année ? C’est possible sauf qu’il a un sérieux concurrent à ses côtés qui s’appelle Alex Pastor. C’est assez difficile de dire qui est le meilleur. Et Andy Yates ? Peut-être mais avec de la chance ! Tu penses qu’il en a eu sur cette étape de Leucate ? Oui car Alex Pastor a un peu plus l’expérience de la compétition, il est plus entraîné et surtout il contrôle bien mieux ses manœuvres. Alex est du genre très tonique et aérien.


Alex Soto Feature in a French mag