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ÉDITO

Un grand merci !

L

e succès d’un congrès tient souvent à peu de chose. Une tempête de neige ou une grève des taxis et c’est toute la fréquentation qui en pâtit. Mais lorsque ce rendez-vous est ancré depuis des années dans une dynamique

de changement, d’information et d’échange entre experts et participants, les aléas climatico-sociaux n’ont plus guère d’emprise sur sa tenue. En sept ans

Par Olivier Valcke,

rédacteur en chef adjoint

d’existence, les Rencontres de l’officine se sont taillé une solide et sérieuse réputation dans l’univers pourtant chargé des salons professionnels. On peut le dire sans rougir : elles font désormais partie du paysage officinal. Au cours de cette septième édition, on a vu des pharmaciens moins attentistes, davantage concernés par les mutations de leur profession. En résumé, des pharmaciens lucides. Certes, le contexte économique n’est pas rose. Et pourtant, point de fatalisme mais une volonté farouche de faire évoluer le métier et d’être, comme l’a dit un représentant syndical, « acteur du changement ». Du coup, c’est du concret que sont venus chercher les nombreux congressistes de cette année. Plus d’argent dans les caisses  ? Une session animée par Philippe Becker, directeur du département pharmacie de Fiducial, vous proposait de booster votre officine sans investir un euro (et croyez-moi, c’est possible  !). La vente en ligne, j’y vais ou j’y vais pas  ? Beaucoup de partants mais peu d’élus pour Jérôme Gobbesso, cofondateur de NewPharma, première e-pharmacie belge. L’interprofessionnalité est-elle vraiment une voie de salut pour l’officine ? Osez les Sisa et les maisons de santé pluridisciplinaires nous rétorque Stéphane Billon, directeur associé du cabinet Kamedis Conseils. Les menaces qui pèsent sur le monopole ? Pas d’ouverture généralisée tout de suite, mais probablement un grignotage progressif, selon Lucien Bennatan, président du groupe PHR et représentant de l’UDGPO à une table ronde au titre provocateur «  Les groupements peuvent-ils sauver le soldat officine ? ». Enfin, à la question de savoir comment améliorer l’observance, Gérard Reach, médecin et professeur d’endocrinologie à l’université Paris  XIII, nous a mis en garde : « Attention à ne pas transformer le patient en Homo medicus »! Mais tout ce foisonnement d’idées, d’échanges, de débats serait resté lettre morte s’il n’y avait pas un acteur incontournable, dénominateur commun de toutes ces Rencontres : vous ! Merci donc à tous pour votre participation et votre fidélité. Et rendez-vous l’année prochaine.

FÉVRIER 2014 Ţ PHARMA N°109 Ţ 3


N° 109 } 5ŽEA84A! #}20784A SOCIO-PRO

QUALITÉ

22 Dossier Quand la violence s’invite au comptoir 26 Back-office Gestion à distance de l’officine, une rÊalitÊ 30 QualitÊ L’accueil, un critère à ne surtout pas nÊgliger 32 Tribune Nouvelle rÊmunÊration : des comptes d’apothicaire ? 50 Le jour oÚ‌ ‌ j’ai reçu le prix de l’Ordre

THÉRAPEUTIQUE 34 Lu pour vous SÊlection d’articles parus dans la presse scientifique internationale

Š DR

36 10 questions sur‌ Le dÊnutrition chez la personne âgÊe

L’ACCUEIL, UN CRITĂˆRE Ă€ NE PAS NÉGLIGER ACTUALITÉ Directeur de la publication : Antoine Lolivier Directrice du dĂŠveloppement et de la publicitĂŠ : ValĂŠrie Belbenoit Directeur de la rĂŠdaction : Antoine Lolivier RĂŠdactrice en chef : AmĂŠlie Baumann-Thiriez RĂŠdacteur en chef adjoint : Olivier Valcke Conception graphique : Laurent Flin SecrĂŠtaire de rĂŠdaction : Vincent BĂŠclin RĂŠdacteurs pour ce numĂŠro : StĂŠphane Billon, Julien Boyer, Anne Champy, Anne Fellmann, Laetitia Leclercq, Rose Perrier, Marie Simonot Directrice de production et de fabrication : Gracia Bejjani Assistante de production : CĂŠcile Jeannin PublicitĂŠ : Emmanuelle Annasse, AurĂŠlie Barnier, ValĂŠrie Belbenoit, Catherine Colsenet, Philippe Fuzellier Service abonnements : Claire Lesaint Photogravure et impression : Imprimerie de Compiègne, 2 Av Berthelot, ZAC de Mercières BP 60524, 60205 Compiègne cedex Pharma est une publication Š Expressions Pharma 2, rue de la Roquette - Passage du Cheval-Blanc Cour de Mai - 75011 Paris Pour nous joindre : courrierpharma@expressiongroupe.fr TĂŠl. : 01 49 29 29 29 - Fax : 01 49 29 29 19 RCS Paris B481 690 105 Commission paritaire : 0317 T 86202 ISSN : 2101-4752 - Mensuel ComitĂŠ de rĂŠdaction et de lecture : Claude Arnoldi : pharmacien ; Irène Bakal : pharmacienne ; Anne Baron : pharmacienne ; Françoise Beaunier-Daligault : pharmacienne ; Catherine Boyer : pharmacienne ; Patricia Daligault : pharmacienne ; Damien Galtier : diĂŠtĂŠticien ; Emilie Lecorps : pharmacienne ; Aude Lepoutre : gastro-entĂŠrologue ; Philippe Lesieur : psychiatre ; Mme Maury : pharmacienne ; Marguerite Mouilleseaux : pharmacienne ; Elizabeth Muller : pharmacienne ; Pascal Poncelet : cardiologue ; Sylvie Rosenzweig : pharmacienne (rĂŠseau douleur-soins palliatifs) ; Gilles Traisnel : cardiologue ; Mr Vanpoulle : pharmacien.

4 Ţ PHARMA N°109 Ţ FÉVRIER 2014

6 Actus Les derniers faits marquants du monde officinal 12 En chiffres Retour sur le marchÊ de l’officine en 2013 14 Rencontres de l’officine Les temps forts de la 7e Êdition 16 Entretien Laurence Bouton, directrice d’Alphega Pharmacie France :  Garantir l’indÊpendance du pharmacien 

38 Cas de comptoir En finir avec le tabac 41 Dossier ROR, varicelle : une petite piqĂťre de rappel ? 44 Doc+ Le nouveau calendrier vaccinal

GAMMES 45 VÊto Toute la lumière sur les puces, vers et antiparasitaires‌ 48 Nouveaux produits MÊdicaments, conseil et parapharmacie, zoom sur les dernières innovations des laboratoires

18 L’observatoire des pharmaciens L’insÊcuritÊ, tous concernÊs 20 Reportage La pharmacie à l’heure du drive, deux exemples dans le Nord

RETROUVEZ LE BULLETIN D’ABONNEMENT EN PAGE 17 2TccT_dQ[XRPcX^]R^\_^acTSTdgRPWXTab)RPWXTa $!_PVTbRPWXTa!�B_ÎRXP[caP]bPRcX^]b  #_PVTb0bbT\Q[ÎbÅRTccT_dQ[XRPcX^])STdgQd[[TcX]bSzPQ^]]T\T]c !Tc#_PVTb 4]R^deTacdaT)Š[PbbTSTbXV]T]5^c^[XP


ACTUALITÉ PROFESSION

télex

© FOX17 – FOTOLIA

L’UDGPO reçue au ministère de la Santé Quatre représentants de l’UDGPO ont été reçus par les conseillers de Marisol Touraine le 22 janvier. Souhaité de longue date, cet entretien a permis d’aborder les points de crispation pour la profession : dispensation à l’unité, tests de grossesse en vente en GMS… Le ministère a également annoncé qu’il avait commandé un rapport à l’Igas, attendu fin mars, sur la distribution pharmaceutique.

RÉMUNÉRATION

L’UNPF veut un honoraire de 1 € par ordonnance Seul syndicat à ne pas avoir ratifié le protocole d’accord avec l’Assurance maladie instaurant un honoraire de dispensation à la boîte, l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF) milite pour la mise en œuvre d’un honoraire «  lié à la prescription et rien qu’à la prescription. » Couplé à une lettre clé et revalorisé tous les trois ans, cet honoraire fixé à 1 € par ordonnance permettrait, selon le syndicat, d’introduire 12,5 % d’honoraires dans la marge totale de l’officine, tout en la déconnectant de la marge dégressive lissée (MDL). L’UNPF souhaite également créer un honoraire sur les produits dont

1 200 €

C’est le coût de l’ouverture d’un dossier médical personnel (DMP) selon le quotidien Le Parisien, soit une dépense totale de 500 millions d’euros pour 418 000 dossiers ouverts jusque-là.

le PFHT est supérieur à 1 500  € (3e tranche). «  Cet honoraire serait versé aux pharmaciens en échange d’informations relatives à la bonne observance et à la tolérance des traitements"», explique Françoise Daligault, sa présidente, pour qui le paiement de cet honoraire pourrait être « effectué par l’industrie à une caisse indépendante qui serait chargée du reversement aux pharmacies en fonction des prestations réalisées."» Enfin, jamais deux sans trois, l’UNPF demande l’instauration d’un honoraire spécifique pour la préparation des doses à administrer (PDA) de 1 € par jour et par patient.!

0,35 €

C’est le coût estimé par an et pour chaque dossier pharmaceutique (DP) ouvert (source : Conseil national de l’Ordre des pharmaciens).

Il a dit…

« Pas de déremboursement de médicaments ni de franchise ou de charges nouvelles pour les patients français en 2014. » Marisol Touraine, ministre de la Santé

6 Ţ PHARMA N°109 Ţ FÉVRIER 2014

Les petites annonces d’OCPrize Du 22 janvier au 12 février, OCP a organisé l’OCPrize, un concours de vidéos humoristiques à destination des pharmaciens. « Je recherche une officine », « je recherche un collaborateur »… Les candidats devaient réaliser une petite annonce de manière décalée. Après présélection par le jury le 13 février, les vidéos sont soumises au vote du public sur le site www.ocp.fr jusqu’au 28 février. À vous de jouer ! Boots lance un site de vente en ligne Encore expérimental, le site www.international.boots.com entrera dans sa phase opérationnelle dans trois mois. Disponible dans dix-neuf pays, dont la France, ce site en anglais vise principalement les 6 millions d’expatriés britanniques installés à l’étranger. Giropharm à l’assaut des troubles digestifs Brûlures d’estomac, constipation, diarrhée… En février, les pharmaciens Giropharm s’attaquent aux troubles digestifs. Aux conseils habituels dispensés au comptoir s’ajoute la distribution de brochures informatives. Les patients y trouveront les bons réflexes alimentaires à adopter et les solutions naturelles et médicamenteuses pour soulager leurs maux. En France, 19 millions de personnes sont concernées par ces troubles. La PDA rémunérée à l’essai Initiée par l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) de pharmaciens de Basse-Normandie, une centaine d’officines du département expérimentent depuis octobre la PDA rémunérée. Chaque pharmacien reçoit un euro par jour et par patient.


ACTUALITÉ PROFESSION

AUDIT

1 700

L’Ordre fait de la qualité sa priorité pour 2014 Un panorama de droit pharmaceutique, une enquête IMS Health sur les prix des médicaments vendus en officine, un document M€dicam€nts, pour une transparence de la consommation et des coûts, un guide intitulé La qualité de la chaîne du médicament à l’heure de la mondialisation, des rumeurs à l’information… l’Ordre ne chôme pas en ce début d’année en ce qui concerne ses publications. «  L’institution est en pleine effervescence, confirme Isabelle Adenot, sa présidente. On nous interpelle souvent sur ce que fait l’Ordre. Nous voulons une

C’est le nombre de pharmaciens qui ont répondu à l’enquête de l’USPO sur les projets de nouvelle rémunération avancés par l’Assurance maladie. Il en ressort que 90 % des pharmaciens interrogés rejettent la réforme de la rémunération de 1 € par boîte.

fois pour toutes montrer aux pharmaciens que l’institution les accompagne dans la mutation de leur métier et qu’elle s’engage plus que jamais auprès d’eux dans une démarche qualité. » C’est à ce titre que des audits pédagogiques vont être menés dans quelque 3 000 officines françaises. Les pharmaciens volontaires recevront des conseillers ordinaux qui les aideront à améliorer leur pratique. Ces audits seront précédés de visites inopinées pour sonder l’opinion des patients sur l’accueil et la qualité des conseils dispensés par leur pharmacien.!

télex

Il a dit…

On vous donne un code pour payer moins d’impôts, alors forcément on est tenté…

McKesson et Celesio, une fusion ambitieuse Après une première tentative de rachat infructueuse, le grossiste américain McKesson devrait signer avec Celesio, propriétaire d’OCP, un contrat de domination lui permettant de décider des orientations stratégiques des deux entreprises. Ensemble, ces groupes emploieront 81 500 salariés et pèseront plus de 111 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.

Un pharmacien rocroyen aujourd’hui retraité déclaré coupable de fraude fiscale, au sujet de son logiciel

MARCHÉ 2013

L’automédication entre en récession

8 Ţ PHARMA N°109 Ţ FÉVRIER 2014

A contrario, le secteur des dispositifs médicaux et compléments alimentaires a affiché sa grande forme, une dynamique qui profite au marché du «  selfcare  » (voir aussi notre infographie page  12.) qui s’élève à 3,3 milliards d’euros. Parmi ses nombreuses revendications étudiées au travers du comité stratégique de filière associant l’État, l’industrie et les partenaires sociaux, l’Afipa souhaite voir élargir la liste des produits disponibles en automédication afin de rattraper notre retard par rapport aux autres pays européens. !

Oxypharm signe la charte FFAAIR Filiale de la coopérative Astera spécialisée dans le maintien à domicile, Oxypharm a signé la charte de la Fédération française des associations et amicales de malades, insuffisants ou handicapés respiratoires (FFAIR). Elle définit les droits, obligations et engagements des patients et prestataires lors de la mise en œuvre et le suivi de prestations médicotechniques dispensées à domicile.

© NIKESIDOROFF – FOTOLIA

En croissance depuis 2009, le marché de l’automédication est entré en récession en 2013, a indiqué Jean-François Derré, directeur associé de Celtipharm, lors de la présentation du 12e baromètre de l’Afipa, l’association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable. L’an dernier, les ventes de médicaments d’automédication ont ainsi reculé de 3 % en valeur et de 4 % en volume, soit un résultat global de 2,1 milliards d’euros pour 465 millions d’unités vendues. Principales raisons de ce recul : la fréquentation en recul des officines et la baisse des prix de ces médicaments. Jusqu’à présent seul secteur dynamique dans un contexte économique morose, le marché de l’automédication rejoint donc celui de la prescription qui a chuté de 3,5 % en 2013. Pour Pascal Brossard, président de l’Afipa, « ce coup d’arrêt représente un réel danger pour l’organisation et l’efficience du système de soins français, tant en termes de coût pour la Sécurité sociale que de surchage de travail pour les médecins généralistes. Un marché de l’automédication qui baisse de 10 %, cela représente 620 millions de coûts supplémentaires pour l’Assurance maladie et près de 6 heures de travail en plus pour les médecins. »

Dépistage du cancer colorectal Du 4 au 14 mars, Pharmagest, en partenariat avec la Ligue contre le cancer, lance une campagne de sensibilisation sur le dépistage du cancer colorectal. Plus de 8 700 pharmacies participeront à cette opération grâce à un questionnaire en ligne intégré dans le LGPI. Une fiche conseil pourra également être remise aux patients concernés.


TRANSFERT

télex

Une grève de la faim qui finit bien

© LOUIS RENAUD – FOTOLIA

La FSPF change de look Une croix verte en mouvement symbolisant le dynamisme de la profession, une typographie bleue et moderne, une nouvelle signature « La fédération des pharmaciens d’officine », la FSPF se dote d’une nouvelle identité visuelle, qui sera déclinée dans tous les départements.

C’est une victoire qu’elle savoure entourée de ceux qui l’ont soutenue. Son équipe bien sûr, mais également le comité de soutien animé par nombre de ses patients. Le 7 février, Élisabeth Barichard (voir Pharma n° 108) a obtenu le feu vert ministériel pour reprendre son activité dans la galerie du centre commercial Auchan de Saint-Cyr-sur-Loire, près de Tours. Le dénouement d’une longue bataille juridique. En 2006, elle obtient l’autorisation de transférer son officine dans le centre commercial. Ses confrères, qui craignent pour leur activité, font

17 411

C’est, à fin décembre 2013, le nombre de femmes qui avaient retiré leurs prothèses PIP, dont 12 822 à titre préventif (source : ANSM).

alors fermer sa pharmacie. Après un quatrième refus de transfert en décembre dernier, la titulaire refuse de s’alimenter tant que son dossier de transfert n’aura pas été réétudié en haut lieu. Après sept années de bataille judiciaire et 46 jours de grève de la faim, la ministre de la Santé a donné son accord pour la réouverture de sa pharmacie. «  Cette décision favorable va me permettre de remonter doucement la pente, a déclaré Élisabeth Barichard au micro de France Bleu. J’entame maintenant un long travail de reconstruction physique et psychologique. » !

5%

Les médicaments orphelins actuellement disponibles couvrent moins de 5 % des maladies rares connues.

LE SONDAGE PHARMA/CELTIPHARM Le suivi des patients asthmatiques " Êtes-vous prêt pour accompagner ces patients ? OUI ................................................ 75 % NON .................................................. 25 % " Avez-vous suivi une formation spécifique ? OUI ................................................ 33 % NON .................................................. 67 % " La rémunération de cet accompagnement est-elle un préalable

à sa mise en place ? OUI ................................................ 45 % NON .................................................. 55 % Etude réalisée par le département gestion de call center de Celtipharm, sur un échantillon représentatif stratifié de 400 officines françaises sélectionnées dans sa base de données (du 20 au 31 janvier 2014).

La vente de tests de grossesse hors pharmacie actée Adopté définitivement par l’Assemblée nationale jeudi 13 février, le projet de loi relatif à la consommation prévoit la vente des tests de grossesse et d’ovulation dans les grandes surfaces. Le texte prévoit également une libéralisation du marché de l’optique en cassant le monopole des opticiens et en facilitant la vente de lunettes et de lentilles sur Internet. Les députés UMP ont annoncé leur intention de saisir le Conseil constitutionnel.

366 g C’est le poids moyen de médicaments non utilisés (MNU) par personne et par an selon une étude Cyclamed réalisée en 2012. En comparaison, chaque Français achète annuellement 2,6 kg de médicaments.

68 C’est le nombre de médicaments jugés « plus dangereux qu’utiles » qui figurent sur la liste établie par la revue Prescrire. Publiée le 30 janvier, cette liste se fonde sur des études cliniques réalisées entre 2010 et 2013.

FÉVRIER 2014 Ţ PHARMA N°109 Ţ 9


ACTUALITÉ PROFESSION

télex

OUVERTURE DU MONOPOLE

© DR

Les groupements, « moteurs d’évolution » «  Pas besoin de boule de cristal pour prédire que le monopole officinal sera écorné d’ici trois à quatre ans, pronostique Lucien Bennatan, président du groupe PHR et viceprésident de l’UDGPO. Un constat qui fait l’unanimité auprès des présidents de groupements, réunis à l’occasion des Rencontres de l’Officine autour d’une table ronde intitulée «#Les groupements, derniers remparts face à la grande distribution#? ». Face aux attaques répétées sur les prix et la concurrence, les groupements entendent devenir, après les syndicats et l’Ordre, les interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics. «%Comment actuellement peut-on concevoir qu’une profession travaille sur son évolution sans faire siéger les groupements, acteurs économiques, autour d’une table%?,

s’interroge Pascal Louis, président du CNGPO. C’est inconcevable%! ». «%Chacun son rôle, confirme Lucien Bennatan reçu avec l’UDGPO par les conseillers de Marisol Touraine il y a trois semaines. Aux syndicats le politique et les négociations avec l’Assurance maladie, à l’Ordre les questions éthiques et réglementaires, et aux groupements l’expertise économique.%» Force de propositions économiques, les groupements entendent également réaffirmer leur positionnement dans l’accompagnement des pharmaciens, notamment pour répondre aux arguments de la grande distribution. «%Savoirfaire, proximité, conseil… Les groupements ont les armes pour faire face à la grande distribution, indique Franck Vanneste, président de Giropharm. Ils sont le moteur d’évolution du métier.%» «%La menace est bien réelle, confirme de son côté Alexandre Aunis. C’est pourquoi il est nécessaire de se concentrer sur la modernisation de l’officine et l’approche consommateur. Notre salut passera par une professionnalisation de nos pratiques.» !

ÇA SE PRÉPARE " Du 18 au 22 mars

" Mardi 20 mai La 8e journée Nationale de l’Utip C’est désormais un incontournable de la profession. Pour cette nouvelle édition c’est le conseil officinal qui sera à l’honneur. Plus de détails à venir, mais réservez d’ores et déjà vos dates pour une journée à la Maison de la chimie (Paris 7). ƀɠ&/-ɠƉ#( )-ɠ-/,ɠ&ɠ-#.ɠɠ www.utip-association.org

Une jonquille pour Curie L’opération Une jonquille pour Curie fêtera ses 10 ans cette année. Cette opération de mobilisation solidaire a pour objectif de collecter des fonds qui serviront à financer des programmes innovants de médecine personnalisée en cancérologie. ƀɠ&/-ɠƉ#( )-ɠ-/,ɠ&ɠ-#.ɠɠ www.curie.fr

ils ont dit

Je comprends le souhait des médecins de normaliser la pratique [de l’homéopathie], car ils sont souvent victimes en France d’une concurrence déloyale de la part de charlatans. Ces derniers considèrent l’homéopathie comme la panacée, car ils peuvent la délivrer sans risque, du fait de son faible coût et de son absence d’effets secondaires. Didier le Bail, vice-président du Syndicat national de la préparation et de l’homéopathie (SNPH), au sujet de la demarche de normalisation des pratiques homéopathiques en Europe

Le test de grossesse c’est quoi%? Un réactif, un contenant et un bâtonnet. Je ne vois pas en quoi c’est un médicament dangereux qui nécessite le monopole du pharmacien. Michel-Edouard Leclerc, PDG des enseignes E. Leclerc

10 Ţ PHARMA N°109 Ţ FÉVRIER 2014

Prolia remboursé Une coquille s’est glissée dans le précédent numéro de Pharma, dans l’article “prise en charge de l’ostéoporose après 80 ans” (page 43). En effet le denosumab (Prolia) que nous indiquions comme “efficace mais non remboursé” est en effet désormais remboursable aux assurés. Conduite responsable L’ordre des pharmaciens, à travers le Cespharm, et la Sécurité routière s’associent pour une campagne grand public alertant sur les facteurs qui altèrent la conduite. Symptomes et causes possibles sont présentés, accompagnés d’une invitation à consulter un professionnel de santé, en particulier médecin ou pharmacien. A retrouver sur www.cespharm.fr L’homéopathie dans le viseur de l’Europe La Commission européenne de normalisation a initié un projet de définition de normes de pratique et prescription de l’homéopathie. Le syndicat national des médecins homéopathes français a décidé de s’impliquer dans le projet, qui vise à harmoniser les pratiques, très diverses selon les pays, et ce afin que “seule une homéopathie médicale pratiquée par les médecins soit reconnue”. Santé mobile récompensée Les Trophées de la santé mobile ont été remis pour la première fois en janvier, et ont récompensé des applications santé téléchargeables sur smartphones et tablettes, destinés aux patients, professionnels de santé ou personnes bien portantes. Le Grand Trophée 2014 est allé à Sam Sep, un journal personnel dédié aux patients atteints de SEP. Outil interactif Le Dispositif de conseil interactif (DCI) est le nouvel outil pédagogique développé par Giropharm pour faciliter les entretiens d’accompagnement des patients. Accessible en ligne, il permet d’illustrer les propos du pharmacien et de les compléter de façon ludique lors des entretiens pharmaceutiques ou d’entrevues autour du conseil. www.giropharm.fr


ACTUALITÉ EN CHIFFRES

ÉCONOMIE

Une activité officinale en forte baisse en 2013 Lors des 7es Rencontres de l’officine, Celtipharm a livré en avant-première son bilan de l’année 2013. Pharma vous en propose ici les chiffres marquants.  ! Le chiffre d’affaires des officines est en baisse CA - Ventes valeur (Prix Publics TTC) - Périmètre : France Métropolitaine hors Corse

RUPTURE DU MODÈLE ÉCONOMIQUE

-0,2 %

-0,5

-0,7 %

-1,0

-1,2 %

-1,5

LE SELFARE EN PROGRÈS

TOP 5 DES SEGMENTS EN AUTOMÉDICATION voies respiratoires, antalgie, voies digestives, dermatologies, circulations.

+0,2 %

0,0

34 612 M€

0,5

35 601 M€

1,0

+2,1 %

36 018 M€

1,5

36 322 M€

2,0

36 262 M€

2,5

36 240 M€

Le marché du selfcare se porte relativement bien grâce aux dispositifs médicaux et aux compléments alimentaires ! Les dispositifs médicaux croissent de +4,3 % en valeur (622 millions d’euros environ) ! Les compléments alimentaires croissent de +6,2 % en valeur (606 millions d’euros environ) ! Le périmètre du marché du Selfcare : médicaments/ dispositifs médicaux et autodiagnostic in vitro (test de grosses et d’ovulation)/ compléments alimentaires non prescrits non remboursés. ! A l’inverse du marché de l’automédication, les marchés des dispositifs médicaux et des compléments alimentaires sont en croissance en 2013

-2,0 -2,5

-2,8 %

-3,0

2008

LE CA MARQUE LE PAS

L’AUTOMÉDICATION RECULE EN 2013

2009

2010

2011

2012

2013

! Les petites officines sont les plus touchées par la baisse de l’activité.

L’automédication recule en 2013 3,5

+3,2 %

3,0 2,5 2,0

+1,8 %

+2,2 %

+1,9 %

1,5 1,0 0,5 0,0 -0,5

2013 2009

2010

2011

2012

-1,0

On note une rupture du modèle économique de l’officine depuis 5 ans. Les facteurs de pression économique sont : ! Baisse du trafic ! Méfiance vis-à-vis du médicament ! Concurrence des parapharmacies ! Concurrence sur les prix ! Déséquilibre des comptes sociaux (pression des payeurs) ! Pression des charges externes et frais de personnel ! Baisse du crédit fournisseur et un accès au crédit bancaire de plus en plus difficile ! Effet de plateau atteint par le générique Baisse de la rentabilité, difficultés de cessions, diminutions de la valeur des fonds, décorrélation rémunération/CA… Cette tendance devrait s’accélérer et impacter fortement l’activité officinale dans les 10 prochaines années. Méthodologie :

-1,5 -2,0 -2,5 -3,0

-3 %

Périmètre du marché de l’automédication : médicaments non prescrits non remboursés. Evolution du CA (Ventes valeur, prix publics TTC) ! Le marché français des médicaments achetés sans ordonnance a reculé de 3 % en valeur et de 4 % en volume. ! La croissance était dynamique et continue depuis 5 ans depuis 2009. ! La décroissance du marché de l’automédication est liée à « une baisse de l’attractivité du circuit officinal » pour Jean-François Derré, Directeur associé de Celtipharm. ! En raison d’une pathologie élevée de grippe en début d’année 2013, les patients ont davantage eu recours à la prescription.

Le panel Celtipharm est le premier panel temps réel (ventes/achats/stocks – 100% des références vendues en pharmacies) en santé, constitué de 3004 officines représentatives de l’ensemble des officines françaises, développé et exploité au sein du Centre d’Essais de CELTIPHARM. Extrapolation dynamique par quotas.


ACTUALITÉ CONGRÈS

7es RENCONTRES DE L’OFFICINE

© PHOTOS DR

Les pharmaciens « acteurs de leur avenir »

! C’est sur l’Agora, centre névralgique du congrès qu’ont eu lieu tous les débats d’actualité.

Échanges musclés entre les représentants des syndicats lors du débat d’ouverture « Nouvelles missions, nouveaux services, nouvelle rémunération, nouveau métier… nouveau pharmacien ? ». La rémunération cristallise les divergences. Françoise Daligault, présidente de l’UNPF – qui n’a pas signé le protocole d’accord instaurant les honoraires de dispensation –, a ainsi exposé son opposition à la rémunération de 1  € par boîte. L’UNPF propose également qu’un honoraire spécial soit instauré pour les médicaments coûtant plus de 1 500  €, financé par les laboratoires. Brigitte Bouzige, qui représentait l’USPO, a pour sa part indiqué que si l’avenant sur l’honoraire de dispensation restait en l’état, l’Union ne le ratifierait pas, même s’ils ont signé

14 Ţ PHARMA N°109 Ţ FÉVRIER 2014

le protocole. Le préalable#? Que le niveau de remise sur le générique soit fixé. L’USPO demande par ailleurs qu’un forfait soit ajouté sur les petites ordonnances. Philippe Gaertner a, lui, tenu à souligner la nécessité d’évolution. Sans triomphalisme, le président de la FSPF se félicite d’aller dans le bon sens, et a alerté les pharmaciens sur le danger de ne pas signer le protocole. Thierry Barthelmé, président de l’Utip, a pour sa part reconnu le travail effectué par les syndicats et s’est félicité de voir la profession se former en masse aux entretiens pharmaceutiques (10 000 pharmaciens formés sur cette thématique en 2013). L’ouverture du capital a également été évoquée lors de ce débat. Là aussi, les positions sont contrastées. L’UNPF croit à l’indépendance du

Débats d’actualité, formations validantes DPC, ateliers pratiques… les congressistes ont pu choisir parmi un programme riche, structuré en parcours thématiques

pharmacien même si les capitaux proviennent de « partenaires avec qui l’on a des liens étroits  ». Un modèle auquel la FSPF ne croit guère… L’interprofessionnalité, un beau rêve qui peine à se mettre en place… surtout si les ARS ne jouent pas le jeu. C’est ce qui


ils ont dit

« On n’a pas de réforme, on a un trompe-l’œil. Je ne fais pas du syndicalisme pour mettre les pharmaciens dans le mur. » Brigitte Bouzige, vice-présidente de l’USPO

« Le paracétamol ne sera pas déremboursé, mais son prix va baisser. L’honoraire sera donc protecteur. »

Philippe Gaertner, président de la FSPF

« Il faut régler le problème des génériques. Nous réclamons un plafond de remises à 35 %. » Françoise Daligault, présidente de l’UNPF

l’éducation thérapeutique se partage, mais a déploré que médecins et pharmaciens ne se connaissent pas assez. Pour Albin Dumas, président de l’APR, la coopération interprofessionnelle commence à se développer, et les URPS ont également une part à y jouer… mais la réticence des médecins à l’ouverture des tâches rend cette voie de salut improbable.

ressortait du très riche débat sur «  L’interprofessionnalité, voie de salut pour l’officine#? ». Pour Stéphane Billon, économiste de la santé, c’est bien aux ARS d’organiser la pluridisciplinarité, mais le manque de moyens humains et financiers au sein de ces structures rendent, en pratique, la démarche compliquée. Le principe de la pluridisciplinarité fait en revanche consensus, que ce soit pour Jérôme Paresys-Barbier, président de la section D de l’Ordre, qui invite les confrères et consœurs à «  inonder les ARS de demandes de dossiers », ou pour Jean-Marie Vailloud, cardiologue, qui a confirmé que

Sur les stands ou dans les salles, l’accent est mis sur l’interactivité. Les nouvelles technologies sont aussi mises à profit, comme lors de la session avec Guillaume Brun, pharmacien globetrotter, via Skype.

« Surtout, ne pas rester seul », tel était le message des groupements lors du débat « Les groupements face aux attaques répétées de la grande distribution ». Alexandre Aunis (Népenthès) a souligné la nécessité de se moderniser, quand le patient est de plus en plus connecté et informé. Pascal Louis (CNGPO) a pour sa part rappelé qu’aucun circuit de distribution n’avait fait évoluer son modèle vers la prestation de services sans communiquer… Une voie que la profession devra emprunter pour évoluer. Un point de vue partagé par Lucien Bennatan (PHR), actuellement en conflit avec l’Ordre sur la question de la communication. Franck Vanneste (Giropharm) envisage, lui, les entretiens pharmaceutiques comme un moyen de se mettre en avant, à défaut d’y voir une planche de salut économique, en faisant évoluer le regard du pharmacien sur son patient, et inversement. L’ouverture du capital a ici aussi été abordée. Inévitable pour Lucien Bennatan, elle surviendra selon lui dans les années à venir. !

« L’interprofessionnalité reste une voie de salut eschatologique. » Albin Dumas, président de l’APR

« L’éducation thérapeutique se partage, il faut la faire avec les autres professionnels de santé. Le problème, c’est que l’on ne se connaît pas du tout. » Jean-Marie Vailloud, cardiologue

« Les syndicats médicaux sont contre la délégation des tâches, mais ils défendent des intérêts privés, pas l’intérêt du patient. » Stéphane Billon, directeur associé de Kamedis Conseils

« Les entretiens pharmaceutiques coûtent plus qu’ils ne rapportent. Ils nous valorisent mais ne compensent pas les pertes. » Franck Vanneste, président de Giropharm

« On demande au médicament, qui ne représente que 13 % des dépenses, d’assurer la moitié de l’économie demandée. » Jean-Jacques Zambrovski, économiste de la santé

VIDEOS

Retrouvez les vidéos des Rencontres sur : talentpharmacie.fr et rencontresdelofficine.org

FÉVRIER 2014 Ţ PHARMA N°109 Ţ 15


L’OBSERVATOIRE DES PHARMACIENS

>> Insécurité : tous concernés Vol, braquage, cambriolage, agressions verbales et physiques… de nombreuses officines sont touchées par la violence. Quelles sont les solutions pour l’endiguer ? Pharma et Pharmagest vous donnent la parole. Par Olivier Valcke

! Avez-vous déjà subi la violence au comptoir ?

! Si oui, quelle est la fréquence de ces agressions ?

74%

Quasi quotidienne (plusieurs fois par mois)

10 %

Régulière (une fois par mois)

26%

41%

Épisodique (une à deux fois par an)

31% 0%

Exceptionnelle

18 %

Non renseigné

Oui

Non

0

10

20

30

40

50

Des agressions régulières Loin d’être un phénomène marginal, l’insécurité s’invite au comptoir de manière récurrente. 74 % des pharmaciens ont ainsi déjà recensé des actes de violence et ils sont 41 % à les subir une fois par mois. C’est pour endiguer ce fléau qu’un réseau de conseillers ordinaux en charge de la sécurité, baptisés « référents sécurité départementaux », a été mis en place en 2012. Objectif ? Inciter les pharmaciens à déclarer les attaques dont ils sont victimes.

! De quelle nature sont ces agressions ? 80

70

60

70

64%

60

60 TITULAIRES

50

40

30

30

17%

20

10%

7%

12%

0

ADJOINTS

50

40

20%

25% 16%

Menaces verbales

30 20 10

5%

11%

9% 10%

10%

0

0

Vol avec violence (braquage…)

PRÉPARATEURS

50 40

20 10

76%

80

80

72%

70

10

(plusieurs réponses possibles)

Harcèlement

Agression physique

Autres

Des menaces verbales déstabilisantes Les agressions restent le plus souvent verbales. 72 % des titulaires s’en disent victimes. Ils sont 7 % à déclarer subir également des agressions physiques, un chiffre qui monte à 16 % chez les adjoints. Dans certaines officines, on dénonce un harcèlement fréquent d’assurés quand on refuse de leur faire crédit ou de délivrer tel médicament en particulier. Des agressions qui ne sont pas sans conséquence : dans 13 % des cas, elles débouchent sur un état de stress post-traumatique et incitent même certains membres de l’équipe à changer de profession.

18 Ţ PHARMA N°109 Ţ FÉVRIER 2014


! Cette violence a entraîné…

(plusieurs réponses possibles)

80

80

70

70

80

60

60

TITULAIRES

70

65%

63%

60

ADJOINTS

50

50

50

40

40

40

30

30 20%

20

30

20

4%

18%

20

18%

13%

10

56%

PRÉPARATEURS

13%

13%

10 2%

0

Arrêt de travail (ITT≤à 8 j, ITT ≥ à 8 j

0%

2%

1%

2%

0

Stress posttraumatique

Démission d’un membre de l’équipe

10

5%

6%

6% 2%

0%

2%

0

Départ anticipé à la retraite

Réorientation profesionnelle

! Quelles furent les conséquences de cette agression ? Formation de l’équipe pour faciliter le dialogue

Autres

Non renseigné

(plusieurs réponses possibles)

29%

Renforcement des mesures de sécurité (vigile, alarme, caméra…)

35% 13%

Fermeture le soir

5%

Cours de self défense

18%

Autres

0

5

10

15

20

25

30

35

Des mesures de sécurité renforcées Vigile, alarme, caméras de surveillance… Face à l’insécurité, les pharmaciens s’équipent. À la suite d’une agression, 35 % des interrogés déclarent avoir renforcé les mesures de sécurité. 29 % ont, eux, décidé de former leur équipe en vue de faciliter le dialogue et 13 % baissent le rideau en fin d’après-midi.

TÉMOIGNAGES « Après vingt-sept ans d’installation, je ne me sens plus en sécurité dans ma pharmacie. J’ai subi six cambriolages en un an. Je me sens bien seule face à ce fléau et, pour la première fois, j’ai peur d’assurer mes gardes. » Titulaire dans le Puy-de-Dôme (63) « La relation pharmacien-patient se dégrade. La méfiance est de plus en plus au rendez-vous ! Merci aux médias pour

leurs reportages très ‘‘objectifs’’ sur les médicaments et les prix. » Titulaire en Meurthe-et-Moselle (54)

« J’ai choisi de faire pharmacien, pas gendarme, et je m’en porte bien. » Titulaire dans l’Orne (61)

« Il serait intéressant de créer une ou des vidéos mettant en scène des acteurs en situations réelles. Cela permettrait d’anticiper certains cas et de ne pas être démuni quand elles se présentent en réalité. » Titulaire dans en Seine-Maritime (76)

« Les bureaux de tabac bénéficient d’une subvention pour s’équiper de systèmes de vidéosurveillance. Pas nous… Leurs syndicats sont sûrement plus efficaces. » Titulaire dans le Nord (59)

Méthodologie : 121 titulaires, 55 adjoints et 82 préparateurs interrogés entre le 3 et le 20 janvier 2014.

EN PARTENARIAT AVEC


NOUVEAUX PRODUITS

>> Zoom sur…

L’info des génériques

//////////////////////////

! Actavis Telmisartan hydrochlorothiazide 40 mg/12,5 mg Boîtes de 30 et 90 comprimés Telmisartan hydrochlorothiazide 80 mg/12,5 mg Boîtes de 30 et 90 comprimés

PICATO

! Mébutate d’ingénol ! Chimiothérapie pour usage dermatologique ! Gel à 150 µg/g (boîte de 3 tubes) et 500 µg/g (boîte de 2 tubes) ! Liste I, remboursable à 30 %, 78,56 € ! Conservation au réfrigérateur entre + 2 et 8 °C ! Laboratoire Leo Pharma

Traitement cutané des kératoses actiniques La kératose actinique (KA) est une affection

cuir chevelu, un tube de 150 µg/g doit être

dermatologique liée principalement à l’exposition

appliqué une fois par jour pendant trois

aux UV (lésion précancéreuse). Son traitement

jours consécutifs. Dans les KA du tronc et des

de référence est la cryothérapie. Picato

extrémités, il faut utiliser un tube de 500 µg/g une

représente un traitement de seconde intention,

fois par jour durant deux jours consécutifs.

réservé aux kératoses actiniques cliniquement

Le contenu d’un tube, à usage unique, couvre une

typiques, discrètes, non hypertrophiques, non

zone à traiter de 25 cm2. Le contenu doit être étalé

hyperkératosiques, multiples et rapprochées, chez

de façon uniforme, avant de sécher 15 minutes.

l’adulte. Le mécanisme d’action n’apparaît pas

Les effets indésirables les plus fréquemment

complètement élucidé mais s’appuie sur l’induction

rapportés sont des réponses cutanées locales

d’une mort cellulaire localisée au niveau de la lésion

telles qu’érythème, écaillement ou desquamation,

et une stimulation d’une réponse inflammatoire

croûtes, gonflements, vésicules ou pustules,

caractérisée par une infiltration de cellules

érosions ou ulcérations (plus de 95 % des patients

immunocompétentes.

ont présenté une ou plusieurs réponses cutanées

Dans les kératoses actiniques du visage et du

locales après application).

Telmisartan hydrochlorothiazide 80 mg/25 mg Boîtes de 30 et 90 comprimés Princeps : MicardisPlus ! Biogaran Loratadine conseil 10 mg Boîte de 7 comprimés Princeps : Clarityne ! KRKA Oprymea Gé, pramipexole 0,26 , 0,52 , 1,05 et 2,1 mg Boîtes de 30 comprimés à libération prolongée Princeps : Sifrol LP ! Mylan Capécitabine 150 et 500 mg Boîtes de 60 comprimés pelliculés Capécitabine 500 mg Boîtes de 120 comprimés pelliculés Princeps : Xeloda Ramipril/ hydrocholothiazide 5 mg/12,5 mg Boîte de 30 comprimés Princeps : Cotriatec

EN BREF…

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Miffee (mifépristone, laboratoire Linepharma), nouvelle spécialité dans l’interruption médicale de grossesse jusqu’au 63e jour d’aménorrhée – Rappel de tous les lots d’Hydergine non périmés, en raison de la suspension d’AMM – Nouveau set Mediset pansements plaies chroniques – Zeneo (Crossject), nouveau dispositif d’auto-injection sans aiguille au design adapté pour les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde – Nouveau parfum « fraîcheur » pour les gels hydro-alcooliques Baccide – Spray anti-adhésif stérile de Cooper, facile à utiliser pour retirer les pansements et résidus de colle – Roller de massage Aromalgic aux huiles essentielles de Pranarôm.

48 Ţ PHARMA N°109 Ţ FÉVRIER 2014


ZEOCAL

OLIGOBS PROCRÉA.M

Ni pompette ni boulotte

Spermatozoïdes vitaminés

Ce dispositif médical à base de zéolite propose de réduire l’apport calorique de l’alcool, en piégeant les molécules d’éthanol dans le système digestif jusqu’à leur élimination par les voies naturelles. Une étude clinique a montré la réduction de la concentration plasmatique d’alcool lorsque Zeocal est avalé avant une prise d’alcool modérée. Visant « les personnes adultes conscientes des effets de l’alcool sur leur organisme », Zeocal agit dans les trois heures suivant son ingestion.

Cette formule a été spécifiquement pensée pour « favoriser un environnement optimal propice à la production et à la vitalité des spermatozoïdes ». Zinc, sélénium, vitamines C et E y sont associés pour procurer le carburant nécessaire aux gamètes mâles, par le biais d’un apport en antioxydants et co-facteurs enzymatiques. Il s’agit donc d’un complément alimentaire à conseiller aux hommes, dès le désir de conception, à raison de 1 sachet le matin au cours du repas et 1 capsule le soir.

Boîte de deux sachets de 20 g de suspension buvable Prix conseillé : 8,90 € Mineralpharma

CITROGANIX Nûby se lance dans le soin baby Bien implanté dans la puériculture, Nûby investit un nouveau créneau. La gamme (douze références) mise sur des ingrédients naturels et un actif breveté associant biflavonoïdes et acide lactique d’origine naturelle. Efficace contre les germes et rémanent durant quatre heures, cet actif promet une action préventive et curative pour la peau de bébé ainsi que l’environnement.

Crème pour le change, lingettes, poudres, baume allaitement, mousse lavante, gel gingival, spray antibactérien pour surfaces et jouets… De 4,50 € à 7,20 € Nuby

Boîtes de 30 sachets et 30 capsules PPC : 29 € CCD

HUMER NEZ TRÈS BOUCHÉ, SINUSITE, RHUME Glycérol power

Déboucher le nez efficacement sans vasoconstricteur ? C’est possible avec cette spécialité contenant une solution hypertonique de glycérol, trois fois plus hypertonique que l’eau de mer classique. En déclenchant un écoulement nasal, elle décongestionne, débouche le nez et soulage la pression au niveau des sinus. Les extraits de myrtille, thé vert, sureau et canneberge apportent les vertus antivirales et antiseptiques de leurs tannins. Jusqu’à 3 pulvérisations par narine deux à trois fois par jour.

Spray 15 ml PPC : 11,50 € Humer

MIEL DE MANUKA BÉBÉ

CELLUDESTOCK SÉRUM FLASH

Quand le miel s’en mêle

Le tube de l’été

Fabriqués en France et formulés avec des actifs naturels, les produits de cette gamme revendiquent les vertus cicatrisantes, antibactériennes et protectrices du miel de manuka IAA. L’indice IAA est attribué aux miels de qualité thérapeutique ayant fait la preuve d’une activité antibactérienne spécifique. Trois produits certifiés bio (Ecocert) sont proposés.

La formule table sur l’effet repulpant de l’acide hyaluronique associé à la glycérine et sur l’acide salicylique qui lisse les capitons. Pour l’action minceur en profondeur, c’est la classique caféine qui est employée, mais à une teneur très élevée (6 %). Et parce que les consommatrices souhaitent un effet visible immédiat, la formule est enrichie de nacres réflectrices de lumière pour un effet « optique » instantané de lissage des capitons. À accompagner du massage en trois gestuelles.

Crème ultra réparatrice, 40 ml, PVC : 10,50 € Crème de change, 75 ml, PVC : 9,90 € Lait hydratant, 200 ml, PVC : 11,40 € Comptoirs & compagnies

Sérum 14 jours anti-capitons Tube de 125 ml Vichy

FÉVRIER 2014 Ţ PHARMA N°109 Ţ 49


Pharma109 reduit