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éditorial

ils redécouvrent l’Amérique !

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ans une édition récente de Cardiosource, le “média” de l’ACC, on peut lire l’interview par Spencer King III, rédacteur en chef du JACC Cardiovascular Interventions, de Chris White, cardiologue interventionnel, très orienté vers la n Serge pathologie vasculaire périphéKownator rique, angioplasticien de renom. Le titre de cette rencontre, Peripheral Matters, ou Il faut s’intéresser à la pathologie vasculaire périphérique, pourrait résumer, à lui seul, l’ensemble du propos. L’essentiel de cette discussion tourne autour du rôle du cardiologue interventionnel dans la prise en charge des procédures endovasculaires périphériques. On y aborde la formation et la certification des cardiologues aux interventions péri-

techniques dont les ballons actifs ou les stents biorésorbables. Il fait la part belle à la dénervation rénale, suggérant même qu’au prix d’une intervention de 25 à 30 minutes on pourrait épargner plusieurs dizaines d’années de traitement médical, n’exagérons rien, on retrouve ici l’enthousiasme du cathétériseur dominant ! Toujours est-il que cette prise de conscience de nos collègues américains ne s’adresse pas qu’aux “interventionnels”, on aborde ici le rôle des méthodes diagnostiques y compris les plus élémentaires comme la mesure de l’IPS. On évoque la prise en charge globale du risque cardiovasculaire et la détection précoce des lésions. On met en avant enfin la nécessité absolue de l’interdisciplinarité pour une prise en charge optimale du patient. Neurologues vasculaires, chirurgiens, néphrologues sont, avec les cardiologues, autant de partenaires potentiels dans la prise en charge

On réalise que la maladie vasculaire est ubiquitaire, qu’elle touche l’ensemble du lit artériel et qu’elle ne s’arrête pas aux artères coronaires. phériques. On constate qu’aux USA se sont les cardiologues, devant les chirurgiens et les radiologues, qui réalisent le plus grand nombre de procédures. Au-delà de ces aspects purement “mécaniques” on réalise, il serait temps, que la maladie vasculaire est ubiquitaire, qu’elle touche l’ensemble du lit artériel et qu’elle ne s’arrête pas aux artères coronaires. On découvre même, si l’on peut dire, que l’atteinte périphérique ne se limite pas seulement aux membres inférieurs mais touche également l’aorte, les artères digestives, les rénales bien sûr et les troncs supra-aortiques. On se rappelle ici que le cardiologue est spécialiste du cœur et des vaisseaux, aux USA comme en France, et qu’à ce titre il ne doit pas arrêter sa démarche à la racine de l’aorte. Cet article s’adresse aux cardiologues interventionnels, il met en exergue les dernières

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de ces patients sans oublier bien évidemment, en France notamment, les médecins vasculaires. La spécialité cardiologique a longtemps marginalisé la pathologie vasculaire, nous sommes peut-être, avec le développement des techniques endovasculaires périphériques, entrain d’assister à une transformation des habitudes ? En tout cas, espérons que nous ne serons pas, comme souvent, trop en retard et qu’il ne nous faudra pas 10 ans de plus pour redécouvrir, à notre tour, l’Amérique ! n

Bibliographie • http://www.cardiosource.org/News-Media/Publications/ CardioSource-World-Interventional/2013/SeptemberOctober/Conversations-with-Experts-Spencer-Kingand-Christopher-White-on-Peripheral-Interventions. aspx?utm_source=Silverchair%20Information%20 Systems&utm_medium=email&utm_campaign=JACC%20 Supp%20Issue%20%5BPoster%20Abstracts%5D

Cardiologie - Cardinale • Octobre 2013 • vol. 7 • numéro 57


Ca57 p098