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on en parle

Par le Dr Jean-Baptiste Bertrand, Hôpital Cochin-Port Royal, Paris

Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine

IST : comment mieux prévenir les adolescents ? 4 Johnson BT, Scott-Sheldon LA, Huedo-Medina TB et al. Interventions to reduce sexual risk for human immunodeficiency virus in adolescents: a meta-analysis of trials 1985-2008. Arch Pediatr Adolesc 2011 ; 165 : 77-84.

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a prévention des primo-infections VIH, et de façon générale des IST, est un enjeu de santé publique. La question qui se pose est de proposer une intervention efficace auprès de la population adolescente. Cette méta-analyse de 67 études, nordaméricaines pour la plupart, a analysé l’efficacité de critères interventionnels sur les comportements sexuels de 51 240 adolescents âgés de 15 ans en moyenne.

Le contenu de ces interventions de prévention associait une information théorique sur le VIH (91 %), un entraînement pratique sur leurs compétences d’interaction aux autres (69 %), mais aussi individuelles (38 %), une information ciblée sur les préservatifs et leur utilisation (38 %) et un message motivationnel (12 %). Les critères d’efficacité attendus étaient la diminution de l’inci-

dence des IST, de la fréquence des rapports sexuels avec des partenaires multiples, du nombre de partenaires, et l’augmentation de l’abstinence ou des délais entre les rapports, de l’utilisation des préservatifs, de l’aptitude à communiquer sur des pratiques moins à risques. Parmi les critères d’efficacité de ces interventions, les auteurs observaient un bénéfice en cas de séances répétées et plus fréquentes, non axées sur la thématique de l’abstinence, et intégrant des ateliers pratiques d’utilisation des préservatifs. Contrairement à de précédentes revues de la littérature, cette méta-analyse montrait l’efficacité de la prévention des IST par certains modes d’interventions dites “comportementales” incluant des stratégies motivationnelles et de renforcement des compétences.

Lancet

Facteurs prédictifs d’échec des antirétroviraux 4 Pursuing Later Treatment Options II (PLATO II) project team for the Collaboration of Observational HIV Epidemiological Research Europe (COHERE), Castro H, Judd A et al. Risk of triple-class virological failure in children with HIV: a retrospective cohort study. Lancet 2011 ; 377 : 1580-7.

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a thérapie antirétrovirale (TAR) a considérablement amélioré le pronostic des enfants atteints du VIH. Les recommandations actuelles proposent d’initier le traitement de plus en plus tôt et en élargissent les indications. L’enjeu majeur est de minimiser les échecs virologiques pouvant à la fois être cause et conséquence de résistances pharmacologiques. Pour décider du moment le plus propice à démarrer une TAR, il convient de mettre en balance les bénéfices (diminution de la morbi-mortalité VIH) et les risques d’une exposition prolongée (effets indésirables à long terme, mauvaise observance). Cette étude rétrospective dresse “un état des lieux” des taux et facteurs prédictifs d’échec virologique de 3 classes pharmaceu-

Adolescence & Médecine

tiques antirétrovirales (INTI, INNTI, et IP), défini par une charge virale supérieure à 500 copies par ml après au moins 4 mois de traitement. L’incidence estimée d’un échec virologique des 3 classes, passe de 0,5 % la 1re année à 2,6 % la 2e année de traitement. Sa prévalence était de 12 % à 5 ans, et 20,3 % après 8 ans. Le risque d’échec est plus élevé pour les patients dont le traitement était débuté en pré-adolescence. Comme pour d’autres maladies chroniques, ces résultats font discuter les points d’accompagnement thérapeutique spécifique aux adolescents et incitent à individualiser leurs prises en charge.

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on en parle New England Journal of Medicine

Anti-IgE : essai dans l’asthme de l’enfant du centre-ville 4 Busse WW, Morgan WJ, Gergen PJ et al. Randomized trial of omalizumab (anti-IgE) for asthma in inner-city children. N Engl J Med 2011 ; 364 : 1005-15.

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es anticorps monoclonaux anti-IgE (omalizumab) sont indiqués dans l’asthme allergique persistant sévère (test cutané positif ou réactivité in vitro à un pneumallergène) en cas de réduction de la VEMS < 80 %, de symptômes diurnes ou de réveils nocturnes fréquents, et d’exacerbations sévères multiples et documentées malgré un traitement quotidien inhalé par corticoïde à forte dose et bêta2-agoniste à longue durée d’action. Cet essai thérapeutique multicentrique en double-aveugle et randomisé a été réalisé sur une population urbaine de 419 enfants et adolescents âgés de 6 à 20 ans. Il a montré dans le groupe antiIgE : une réduction significative d’environ 25 % de journées pas-

sées avec une symptomatologie d’asthme, de 38 % du taux d’exacerbation et de plus de 75 % de la fréquence d’hospitalisation. Par ailleurs les patients sous anti-IgE recevaient en fin d’étude, au bout de 15 mois, des posologies de corticoïdes et bêta2-agonistes significativement plus faibles que le groupe placebo. Ces bons résultats n’ont pas, selon les auteurs, vocation à prescrire les anti-IgE en dehors des recommandations spécifiques, mais d’en confirmer l’efficacité pour cette indication à forte composante allergique dans une population urbaine.

Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine

Critères évolutifs de la consommation de marijuana ? 4 Brook JS, Zhang C, Brook DW. Developmental trajectories of marijuana use from adolescence to adulthood: personal predictors. Arch Pediatr Adolesc Med 2001 ; 165 : 55-60.

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es auteurs ont étudié les facteurs prédictifs de consommation de marijuana, et montrent, pour la première fois sur une période allant de l’adolescence à l’âge de 37 ans, leurs fréquences selon les différents types évolutifs. Cinq trajectoires distinguent les consommateurs : chroniques (10,7 %), “croissants” (5,7 %), occasionnels (20,6 %), “décroissants” ou sevrés (22,9 %), et les non-consommateurs (40,1 %). Les 5 facteurs prédictifs étudiés ont été : • l’“auto-controle” ; • le trouble d’extériorisation (ex : trouble du comportement…) ; • la recherche de sensation ; • le trouble d’intériorisation (ex : trouble anxieux…) ; • les attentes et aspirations éducatives. Parmi les résultats, on observe, en comparant uniquement au

groupe “non-consommateur”, que les autres groupes se caractérisaient par un “auto-controle” plus bas et des troubles d’extériorisation plus marqués, ceux des groupes “chronique” et “décroissants” par une plus forte recherche de sensations et plus de troubles d’intériorisation, et le groupe “chronique” seul, par moins d’attentes et d’aspirations éducationnelles. L’association d’un faible “auto-controle”, à plus de troubles d’extériorisation, à la recherche de sensations et de faibles attentes et aspirations éducatives augmentent le risque d’être consommateur chronique plutôt qu’occasionnel. Ces facteurs prédictifs sont quantifiables. Il permettent d’apprécier le risque évolutif de la consommation de marijuana chez les adolescents consommateurs.

Nature

Entérotypes du microbiome intestinal humain 4 Manomzhiyan A, Raes J, Pelletier E et al. Enterotypes of the human gut microbiome. Nature 2001 ; 473 : 174-80.

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es entérotypes sont par définition fonction de la répartition des espèces microbiologiques, mais aussi des fonctions moléculaires produites par des espèces parfois présentes en très faible quantité. Cette étude, sur 33 individus de différents continents et ethnies, permet de distinguer 3 grands groupes d’entérotypes humains universels : Bacteroides, Prevotella et Ruminococcus. Elle confirme également des résultats antérieurs montrant que les variations interindividuelles de la flore microbiologique intestinale humaine ne sont pas réparties sur un continuum mais plutôt de façon stratifiée. Les premiers résultats tendent vers une corrélation entre certaines caractéristiques de l’hôte et certains marqueurs génétiques ou mo-

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léculaires entérotypiques participant à l’explication d’une possible prédisposition individuelle à un entérotype particulier. En pratique, la répartition des individus en différents groupes d’entérotypes, se distinguant par des activités moléculaires et fonctionnelles digestives différentes, fait fortement suspecter une différence de “réponse” alimentaire, pharmacologique, et de façon plus large à une répartition différente des risques de pathologies digestives et/ou nutritionnelles. Adolescence & Médecine


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