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EASD 2013

6 Traitement du diabète LADA DOSSIER

Intérêt des incrétines

Introduction Les effets favorables supposés des inhibiteurs de la DPP-4 sur la fonction cellulaire b et leur rôle possible sur la fonction immunitaire, notamment l’activation des lymphocytes T, ont conduit à faire l’hypothèse de l’efficacité de cette classe thérapeutique dans le diabète LADA (Latent Autoimmune Diabetes in Adults).

P

our tester cette hypothèse, deux études ont été présentées. La première a randomisé 30 patients présentant un LADA récemment diagnostiqué (moins de 3 ans) et gardant une insulino-sécrétion résiduelle (peptide-C à jeun > 0,2 nmol/l) pour

comparer l’effet d’un traitement par insuline seule ou associée à la sitagliptine 100 mg/j. À 12 mois, aucune différence significative entre les 2 groupes sur l’évolution du taux d’HbA1c, de la glycémie à jeun et postprandiale et de la dose d’insuline n’est observée. La fonction b-cellulaire estimée par le dosage du peptide-C à jeun et 2 heures après un repas test s’est détériorée dès le troisième mois dans le groupe traité par insuline seule, alors qu’elle reste stable lors de l’association à la sitagliptine. De plus, dans ce groupe, le peptide-C postprandial et le delta entre le peptide-C à jeun et après le repas test sont significativement plus élevés (p < 0,05). Cette étude pilote est la première à suggérer que la

sitagliptine est capable de protéger la fonction b-cellulaire chez les patients présentant un LADA. Une autre étude a comparé l’impact d’un traitement par sitagliptine sur l’évolution du taux d’HbA1c et de 1,5-anhydroglucitol (1,5AG), marqueur à court terme de l’équilibre glycémique, chez des patients insuffisamment contrôlés sous insuline. En comparaison à des patients avec diabète de type 2 inclus dans la même étude, les patients avec LADA recevant de la sitagliptine ont vu une amélioration significativement plus importante de leur taux d’HbA1c et de 1,5AG, que dans le diabète de type 2. Ces études confirment l’intérêt de l’utilisation des inhibiteurs de DPP-4 dans le LADA, mais des études randomisées contrôlées de plus grande envergure, afin d’évaluer leur intérêt dans le diabète auto-immun, sont nécessaires. n Dr Helen Mosnier-Pudar

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Contour next USB : Dispositif d’Auto Surveillance Glycémique (ASG) destiné aux patients diabétiques. Utilisation : le lecteur de glycémie Contour® next USB de glycémie et la notice des bandelettes réactives. L’ASG ne doit pas être une mesure automatiquement généralisée à l’ensemble des diabétiques ; ni une conformément à l’annexe II de la Directive 98/79/CE. Organisme notifié : Lloyd’s Register Quality Assurance Ltd (LRQA) - Identification n°0088. Remboursemen ®

Bandelettes réactives


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Aspects psychologiques et qualité de vie Dans 17 pays des 4 continents, 500 adultes diabétiques ont rempli un questionnaire portant sur les hypoglycémies sévères (définies comme des hypoglycémies nécessitant l’intervention d’une tierce personne pour le resucrage) et sur la participation ou le bénéfice perçu d’activités d’éducation thérapeutique au cours des 12 mois précédents. Les réponses de 8 596 patients et de leur famille ont été étudiées (16 % DT1 et 84 % DT2). En parallèle, 4 785 soignants des mêmes pays (2 066 médecins généralistes, 1 350 diabétologues, 827 infirmières, 542 diététiciennes) ont également rempli un questionnaire en ligne.

les principaux résultats l’avis des patients Dans la population étudiée, le diabète a un impact négatif sur la qualité de vie : 14 % des patients ont une dépression probable

(score ≤ 28 au questionnaire WHO-5 sur le bien-être), ce qui correspond, selon les pays, à une incidence deux à trois fois plus élevée que la population non diabétique. 46 % déclarent une détresse émotionnelle liée à leur maladie (questionnaire

PAID-5 portant sur les problèmes liés au diabète, score  40). 39 % des patients déclarent que le traitement du diabète trouble leur vie et 56 % ont peur des hypoglycémies sévères (ils déclarent en faire une ou deux par an en moyenne). 62 % des patients pensent que le diabète impacte leur santé physique, 46 % leur bien-être, 44 % leurs finances, 38 % leurs loisirs, 35 % leur travail et 21 % leurs relations familiales et sociales.

l’avis de l’entourage Le diabète est un poids (modéré à lourd) dans la vie familiale, déclarent 35 % des membres de la famille. Il influence d’après eux la santé physique (45 %), le

ARSENAL-CDM - PP667047 - 01/2013 - Bayer Santé - 220 avenue de la Recherche - 59120 Loos - SIREN : 706 580 149 RCS Lille

Introduction

DOSSIER

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Des choix éclairés, une consultation dynamisée. Pour vous et vos patients. Contour® next USB de Bayer : • Utilisation simple et intuitive guidée par des messages textuels. • Journal électronique complet intégrant les glucides et l’insuline. • Tendances et comptes rendus à consulter directement sur le lecteur ou sur l’ordinateur. • Logiciel de gestion du diabète Glucofacts® Deluxe embarqué dans le lecteur.

Quand le design et l’innovation s’allient pour optimiser l’autosurveillance glycémique.

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B s’utilise avec les bandelettes réactives Contour next. Avant toute utilisation, lire attentivement les instructions figurant dans le manuel d’utilisation du lecteur mesure passive, n’entraînant pas de conséquence thérapeutique immédiate. Fabricant : Bayer Consumer Care AG (Suisse). Classification : DMDIV Liste B, nt dans les limites suivantes au titre de la LPP : lecteur (adulte : 1 / 4 ans - enfant : 2 / 4 ans), bandelettes réactives (200 / an pour DT2 non insulinodépendant).

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Système d’autosurveillance glycémique


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DOSSIER

bien-être émotionnel (35 %), les finances (31 %), les loisirs (27 %), le travail et les études (23 %) et les relations (20 %). Pour d’autres, au contraire, il peut renforcer les liens et favoriser une meilleure cohésion sociofamiliale autour du patient. Les membres de la famille veulent s’impliquer dans le traitement (39 %), voudraient aider à mieux vivre avec cette maladie (46 %), mais 37 % ne savent pas comment procéder de façon optimale.

l’avis des soignants Les soignants pensent que la participation active du patient est importante : 85 % souhaitent les aider au maximum. Ils proposent : - la préparation de questions avant la consultation (84 %), - de favoriser (ou maintenir) la participation à des activités collectives pour développer l’autonomie, - de faire référence pour rechercher des informations à des documents divers (livres, Internet, magazines, associations de patients…) (71 %). 60 % des soignants pensent qu’il faut améliorer l’accessibilité à l’éducation thérapeutique du patient ; cela diminuera le poids de la maladie (61 %).

contrôle de leur équilibre glycémique ; 45 % un examen des pieds, 49 % des conseils diététiques ; seuls 32 % déclarent que le soignant leur a posé une question sur leur ressenti : anxiété ou dépression, et 24 % sur les répercussions du diabète dans leur vie quotidienne. Néanmoins, 52 % des soignants pensent avoir posé cette dernière question. Il existe encore un manque exprimé par les patients au niveau de leur prise en charge psychologique, probablement dû à un temps insuffisant consacré pour explorer les difficultés exprimées. Les soignants souhaitent des formations complémentaires : 63 % à la communication avec les patients, mais aussi avec les autres soignants de l’équipe elle-même et en dehors (56 %). 59 % souhaitent une plus grande accessibilité au soutien et à la prise en charge psychologique. 20 % seulement ont eu une formation à la prise en charge des aspects psychologiques du diabète et 59 % en souhaiteraient une. 72 % des soignants pensent que l’implication des membres de la famille est essentielle dans une bonne prise en charge du diabète.

crimination à cause de celui-ci. 33 % des soignants pensent que la discrimination est un problème. Les personnes qui ont vécu une discrimination expriment plus de détresse liée au diabète.

Conclusion DAWN 2 met en évidence que le diabète est un poids psychologique majeur pour le patient mais aussi pour sa famille. Cette étude souligne l’importance de la participation des patients et de leur famille à des programmes d’éducation thérapeutique afin de favoriser leur autogestion de la maladie et de faciliter les échanges. Une amélioration de l’accessibilité à des soutiens psychologiques pourrait améliorer la santé des patients et leur qualité de vie. Les soignants sont impliqués et souhaitent aider les patients au mieux, et également améliorer leurs compétences grâce à des n formations dans ce but.

la discrimination La prise en charge des patients Elle reste centrée principalement sur les soins et les aspects techniques : dans les 12 derniers mois, 72 % des patients ont eu un

19 % des patients déclarent avoir subi une discrimination, une intolérance, un manque de soutien social. 22 % des membres de la famille croient que la personne avec un diabète a subi une dis-

Dr Ghislaine Hochberg, d’après la communication de F. Pouwer, Centre de recherche psychologique sur les maladies somatiques, Université Tilburg (Hollande), pour le groupe d’études DAWN 2.

pour en savoir plus 1. Nicolucci A, Kovacs Burns K, Holt RI et al. Diabetes Attitudes, Wishes and Needs second study (DAWN2™): cross-national benchmarking of diabetes-related psychosocial outcomes for people with diabetes. Diabet Med 2013 ; 30 : 767-77. 2. Kovacs Burns K, Nicolucci A, Holt RI et al. Diabetes Attitudes, Wishes and Needs second study (DAWN2™): cross-national benchmarking indicators

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for family members living with people with diabetes. Diabet Med 2013 ; 30 : 778-88. 3. Holt RI, Nicolucci A, Kovacs Burns K et al. Diabetes Attitudes, Wishes and Needs second study (DAWN2™): cross-national comparisons on barriers and resources for optimal care--healthcare professional perspective. Diabet Med 2013 ; 30 : 789-98.

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