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Foulée vénissiane

Violences urbaines

Ras la casquette

En raison des travaux du Puisoz, le tracé de la 38e édition de la Foulée a dû être adapté. Malgré cette modification de parcours, les organisateurs s’attendent à une très forte participation les 18 et 19 novembre. PAGE 21

PHOTO RAPHAËL BERT

La grande foule attendue

Pompiers, chauffeurs de bus, contrôleurs, agents territoriaux sont, après les policiers, en première ligne face aux violences urbaines. Deux agressions, récemment commises à Vénissieux, ont accentué le malaise au sein de ces professions. PAGES 2-3

Conseils de quartier La suite des assemblées générales P. 6 à 9

Médiathèque

Novembre tsigane P. 16

N° 634 du 8 au 21 nov. 2017

www.expressions-venissieux.fr

Se souvenir avant de démolir Plus de la moitié des occupants de l’immeuble ICF de Monmousseau, voué à la démolition, ont déjà été relogés. Certains vivaient là depuis les années soixante-dix. Pas facile de lâcher “la barre”.

PHOTO RAPHAËL BERT

PAGES 11 À 14


L’ÉVÉNEMENT

2

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

VIOLENCES URBAINES

Services publics en ligne de mire

ntolérable. À Vénissieux, dans

I

enflammé a été jeté sur des pom-

pompiers de Feyzin, appelés

tative d’homicide, un palier a été

urbaine. Leur camion fait face à

piers de la Métropole et du Dépar-

la nuit du 24 au 25 octobre, des

pour des feux de poubelles à Monmousseau, se retrouvent au cœur

d’un dispositif digne d’une guérilla des poubelles disposées en arc de

cercle sur la chaussée, tandis que

des barrières de chantier les empêchent de faire demi-tour. Ils subis-

sent alors des jets de pierre et reçoivent même un cocktail Molo-

tov. Sur sa page Facebook, le syn-

dicat de policiers Alliance postera

piers en service. Il s’agit d’une ten-

franchi”, estime Rémy Chabbouh, secrétaire général du syndicat SUD SDIS 69, majoritaire chez les pom-

tement. Qui évoque “un bruit de

fond permanent”, avec “des violences verbales quotidiennes” et

“pas une semaine qui passe sans qu’une agression ait lieu”.

“CE TYPE D’AGRESSION PEUT ARRIVER PARTOUT”

le lendemain la photo d’un carton

Cette situation, Pierre (*), pompier

deux bouteilles pleines d’essence”,

l’année, on fait face à des incivilités

contenant “18 cocktails Molotov et

découverts le 26 octobre. Ce soir-

là, les forces de l’ordre seront d’ailleurs à nouveau la cible de jets de

pierres. Tandis que, dans la nuit de

vendredi 27 au samedi 28, sept voi-

tures finiront brûlées boulevard Lénine.

“Nous ne sommes plus dans le regis-

tre de l’incivilité, puisqu’un objet

à Feyzin, la connaît bien. “Toute et à des provocations. Des gens qui

nous empêchent de passer au feu rouge, qui nous insultent, qui nous

ferment la porte des immeubles. On

prend régulièrement des jets de pierre, de boulons, de pommes de terre… et maintenant des cocktails

Molotov, déplore-t-il. Pourtant, on

est là pour aider ! Et on est aussi

Il n’y a pas plus d’agressions sur les lignes de Vénissieux qu’ailleurs. Simplement, elles sont beaucoup plus violentes car on peut très vite se retrouver face à 30 ou 40 personnes.

RIAD MARZOUKI, CHAUFFEUR DE BUS.

“inquiet pour la sécurité des

SUD demande “des réponses pénales

sont devenus le lot quotidien des

tantes, frères et sœurs.” Le syndicat adaptées”, “des effectifs à la hauteur

des situations à risque” et plaide pour “une anonymisation des dépôts

agents”. “Les insultes et les crachats

chauffeurs”, assure-t-il.

MAINTENIR LE SERVICE PUBLIC

de plainte”. Lundi, 250 pompiers en

Du côté de Keolis, qui gère le

défilé de la caserne de Lyon-Rochat

timent d’insécurité doit toujours

grève alternée de 69 minutes ont

à l’auditorium. Reçus en préfecture, ils ont aussi demandé une escorte policière systématique pour les secteurs à risques.

Le 28 octobre, toujours à Vénissieux, un conducteur TCL de la ligne C12 est sauvagement agressé

par trois individus. Après avoir

forcé la porte avant et détruit la vitre de protection, ils le traînent à l’extérieur, pour le rouer de coups

sous le regard terrifié des passagers. Le conducteur, hors de dan-

ger, n’a pas encore repris le travail.

“On est extrêmement choqué, confie

Riad Marzouki, chauffeur de bus. Ce type d’agression peut arriver partout. Il n’y a pas plus d’agres-

sions sur les lignes de Vénissieux qu’ailleurs. Simplement, elles sont

beaucoup plus violentes car on peut très vite se retrouver face à 30 ou

40 personnes.” Du côté de la CGT

des TCL, Thierry Pécoud, secrétaire général, pointe “une tension latente

réseau TCL, on rappelle que “le sen-

être différencié de la réalité”. Le directeur d’exploitation, Jérôme Berthonneau, met en avant les

chiffres officiels des atteintes à l’intégrité physique des agents sur

l’ensemble du réseau : 134 en 2016, 133 en 2017. “Ces chiffres ne tien-

nent pas compte de la gravité”,

formation des chauffeurs aux situations d’urgence. Chez FO, le délégué Stéphane Noël se dit aussi

133 C’est le nombre d'atteintes à l’intégrité physique des agents TCL en 2017.

Les pompiers, qui ont observé une grève de 69 minutes en alternance, restent opérationnels et assurent normalement les interventions.

concède-t-il néanmoins. Avant d’assurer que, si la politique de

l’entreprise consiste à “maintenir au maximum sa mission de service public”, la priorité reste toutefois

“la sécurité des salariés et des

clients”. Et d’indiquer que “les conducteurs des lignes les plus

dures sont formés progressivement aux situations conflictuelles”.

Le 30 novembre, les trois jeunes

majeurs suspectés de l’agression seront jugés sur le fond, après avoir

été appréhendés et écroués grâce

aux images de vidéosurveillance. Keolis se portera partie civile. g

dans la population”, ainsi qu’un

manque d’effectifs et un déficit de

PHOTOS RAPHAËL BERT

Inquiets et excédés. Ils sont soldats du feu, agents d’accueil, policiers, jardiniers municipaux ou encore chauffeurs de bus. À l’image des pompiers qui ont manifesté lundi 6 novembre à Lyon pour dénoncer l’insécurité, les représentants des services publics expriment leur ras-le-bol.

pères de famille, maris, oncles et

ALAIN SEVEYRAT (*) PRÉNOM D’EMPRUNT NOTE : CONTACTÉ, LE SERVICE DÉPARTEMENTAL ET MÉTROPOLITAIN D’INCENDIE ET DE SECOURS (SDMIS) N’A PAS SOUHAITÉ RÉPONDRE À NOS QUESTIONS.

Toute l’année, on fait face à des incivilités et à des provocations. Pourtant, on est là pour aider ! Et on est aussi pères de famille, maris, oncles et tantes, frères et sœurs. Un pompier feyzinois

À Vénissieux, un palier a été franchi dans la violence envers les services publics, avec l’agression de pompiers et le passage à tabac d’un chauffeur de bus. Une violence que l’on retrouve dans d’autres villes.


L’ÉVÉNEMENT

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

3 QUESTIONS À

Michèle Picard maire de Vénissieux

“Je condamne fermement cette violence” Quel est votre sentiment suite à

Monmousseau. Il y a aussi, depuis

Je condamne fermement cette vio-

pices aux violences urbaines : le

ces agressions et incivilités ?

quelques années, des périodes pro14 juillet, la Saint Sylvestre, Hallo-

lence qui monte depuis plusieurs

3

Pas seulement à Vénissieux À Nîmes, les pompiers du Gard ne décolèrent pas non plus. Depuis le 23 octobre, ils se sont installés avec tentes, uniformes et engins devant la préfecture. Les départs pour les interventions se font depuis cette “caserne à ciel ouvert”. Quant à la vraie caserne, elle a été mise en vente symboliquement sur Le Bon Coin par les soldats du feu. Lesquels réclament, comme à Lyon, davantage de moyens humains et matériels pour faire face notamment à la montée de l’insécurité. “Il y a un mois, dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 octobre, un de nos équipages a reçu un cocktail Molotov lors d’une intervention. Nous sommes donc totalement solidaires de nos collègues du Rhône”, explique Patrice Cartagena (syndicat Sud).

ween, certaines grandes compéti-

années. J’apporte bien entendu

tions de football…

tout mon soutien aux victimes. Je

pense aux forces de police, aux

pompiers, aux chauffeurs de bus,

Comment remédier à cette situa-

L’opposition monte au créneau

cipaux qui travaillent en lien avec

Nous vivons dans une société en

Présent lundi à la caserne Rochat, le conseiller municipal vénissian d’opposition Christophe Girard (divers droite) indique “soutenir les pompiers du Rhône”. “Ce mouvement est à nos yeux absolument justifié. Il est plus que temps qu’une réponse politique soit apportée et sans délai”, assuret-il. Évoquant “un système judiciaire totalement inadapté”, il regrette que “de nombreuses plaintes soient classées sans suite ou se soldent par de simples rappels à la loi”. Christophe Girard plaide pour l’anonymisation des plaintes des pompiers et leur équipement en caméras portatives. Avant de conclure : “Les principes de notre République ne peuvent rester ainsi impunément pervertis et bafoués.” Dans un communiqué de presse en date du 31 octobre posté sur leur page Facebook, les élus socialistes du groupe Ensemble pour Vénissieux dénonçaient le “silence assourdissant de Michèle Picard”. Avant de condamner “avec la plus grande fermeté, les intolérables atteintes à l’ordre public qui ont récemment eu lieu dans notre commune”. Et d’en appeler “solennellement” au nouveau préfet Bouillon “pour qu’il débloque les moyens nécessaires pour rétablir l’ordre”. Le 6 novembre, ils ont adressé un courrier au ministre de l’Intérieur et ancien maire de Lyon, Gérard Collomb, dans lequel ils proposent que “Vénissieux fasse partie de l’expérimentation qui doit être menée l’an prochain pour la mise en place de la police du quotidien”.

tion ?

ARCHIVES RAPHAËL BERT

mais aussi à tous les agents muni-

la population : les jardiniers muni-

plein délitement, en proie à un

cipaux, les personnels d’accueil…

manque phénoménal de repères et

Lors du dernier Conseil local de

dégradée par les économies paral-

sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), j’ai par exemple évoqué le cas de l’hôtel de

lèles. Il faut donc valoriser et ren-

forcer les gens dont la mission est

Michèle Picard, maire de Vénissieux

Ville, où les agents doivent parfois

lorsque

de certains habitants, de plus en

ble. Mais aujourd’hui, les situations

faire face, à l’accueil, à l’agressivité

plus virulents. Cela dit, il n’y a pas de zone de non-droit à Vénissieux.

Qu’entendez-vous par “cette violence qui monte” ?

Reprenons l’exemple de l’accueil à l’hôtel

de

Ville.

Auparavant,

les

gens

étaient

en

détresse, la discussion était possi-

dégénèrent très rapidement. Et il

en est de même pour les conflits

de voisinage. C’est une violence ordinaire, banalisée, qui s’installe sur tout le territoire, et qui aboutit à des événements de crise comme

cette agression des pompiers à

d’assurer un service public, ce qui

implique d’augmenter le nombre de fonctionnaires, et non le réduire

comme le fait le gouvernement. Les solutions pour s’en prendre à

la violence passent aussi par l’éducation et par la sanction. Les dépôts

de plaintes doivent aussi être encouragés, et l’anonymat des plaignants doit être garanti lorsque cela est nécessaire. g


ACTUS

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Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

URBANISME

VOIRIE

Le PLU-H, une concertation XXL

Quatre rues passent dans le domaine public La rue des Minguettes est une voie

voies publiques.

Ouverte en 2012, la concertation sur la révision du Plan local d’urbanisme et d’habitat (PLU-H) est arrêtée. Elle a donné lieu à 3277 contributions. Prochaine étape en 2018, avec l’ouverture de l’enquête publique.

de-Maupassant, Lazare-Hoche et

Vénissieux, la Métropole de Lyon a

Q

donc légalement aux propriétaires

9 440 personnes mobilisées et au

des maisons construites sur ces par-

final 3 277 contributions. Le bilan

celles. Idem pour les services tels

de la concertation relative à la

que le ramassage des ordures

révision du Plan local d’urbanisme

ménagères : en théorie, les pou-

et d’habitat (PLU-H) a été officiel-

belles doivent être amenées à l’ex-

lement arrêté le 11 septembre der-

trémité des rues, au niveau des

nier par le conseil de la Métropole. munes qui composent le Grand

mis en œuvre, qu’elle a touché

site internet, en précisant que 71 %

associées, qui disposent d’un délai

le plan qualitatif, les préoccupa-

avec les questions environnemen-

Une enquête publique est ensuite prévue au cours du premier semestre 2018. Les dates et moda-

lités de cette enquête seront annoncées un mois avant environ, par voie de presse (notamment dans Expressions), d’affichage, en

commune et à la Métropole de

Lyon, ainsi que sur le site internet du Grand Lyon.

Que retenir de cette concertation XXL ? D’abord, malgré sa longue

durée et les importants moyens

moins de 1 % de la population. Sur

tions exprimées au travers des 3 277

contributions

recensées

(dont 46 pour Vénissieux) concer-

nent principalement les difficultés pour se loger, la densité de l’habi-

tat, les déplacements, l’identité et le patrimoine des communes, et la volonté de maintenir des espaces naturels agricoles. “Cela témoigne

de l’attachement des habitants de

la Métropole de Lyon aux questions qui touchent à leur vie quotidienne

et qui les concernent directement”, se félicite le Grand Lyon sur son

MOULIN-À-VENT

Le 26 octobre, le maire de Vénissieux,

extérieurs. Et joue la carte de la ver-

Michel Le Faou, vice-président de la

les appartements en rez-de-chaus-

Métropole de Lyon en charge de l’ha-

bitat, a procédé à l’inauguration du

programme Côté 8 qui, comme son nom ne l’indique pas, se trouve bien à Vénissieux… et non dans le 8e ar-

rondissement de Lyon. Cette rési-

dence de 57 logements, située rue

Professeur-Roux, a été livrée par le

promoteur Sogerim au printemps dernier. Elle comprend 19 logements

locatifs sociaux, 23 logements locatifs

intermédiaires et 18 autres en acces-

sion libre. Elle intègre également

65 stationnements en sous-sol ou

des contributions sont en rapport tales.

Mais ce constat doit être fortement

dure avec des jardins privatifs pour sée, et un jardin commun engazonné et arboré.

“Côté 8 répond à notre objectif de ren-

forcer et de diversifier les parcours résidentiels, notamment des Vénis-

sians”, soulignait Michèle Picard.

Tandis que Michel Le Faou saluait la

politique du logement et de l’habitat

menée localement, “à la fois pour ceux qui ont peu de moyens, ceux qui sont dans des situations intermédiaires et ceux qui sont dans des situa-

tions sociales plus favorables”. g

A.S.

À la demande de la commune de lancé, le 6 novembre, une procédure pour intégrer ces axes aux voi-

ries métropolitaines. Pour donner son avis ou s’informer sur ce classement et ses effets, on peut consul-

ter le dossier d’enquête publique et noter ses observations dans un

registre à disposition du public au service Voirie de la mairie jusqu’au 14 novembre. À cette date, se tiendra d’ailleurs la dernière perma-

nence du commissaire-enquêteur à

l’hôtel de ville, de 14 à 17 heures. g

ÉCOLES

Nouvelle rentrée au Charréard

relativisé par le fait que 40 % du total des contributions sont des

demandes particulières qui visent

à urbaniser des zones agricoles ou naturelles, ou à augmenter les

droits à construire dans les zones urbaines ! g

G.L. LE BILAN DE LA CONCERTATION SUR LA RÉVISION DU EST DISPONIBLE À L’ADRESSE SUIVANTE : BLOGS.GRANDLYON.COM/MAVILLEAVENIR/APPROFONDIR/ DOCUMENTATION/

PLU-H

À VENIR

57 nouveaux logements inaugurés Michèle Picard, accompagnée de

cinquantaine d’années, elles ne sont réseaux d’eau, éclairage…) incombe

nions publiques, plus de

de trois mois pour émettre un avis.

lotissement du plateau, il y a une

communal. Leur entretien (voirie,

de concertation, 69 réu-

Lyon et aux personnes publiques

Robert-Legodec. Créées lors du jamais entrées dans le domaine

uatre ans et quatre mois

Le dossier a été envoyé aux com-

privée, tout comme les rues Guy-

Festival des solidarités Samedi 18 novembre, de 16 heures à 22 h 30, Bioforce accueillera le Festival des solidarités. En première partie de soirée, vous pourrez découvrir à travers différents stands et expositions des projets de solidarité locale et internationale portés par des jeunes de l’agglomération. Plusieurs ateliers d’information seront ensuite proposés sur le service civique, les chantiers jeunes, le volontariat de solidarité internationale. Le festival s’achèvera par un buffet et une projection-débat autour du film La Marche, avec l’intervention de Toumi Djaidja, l’un des initiateurs de la marche contre le racisme de 1983.

INSTITUT BIOFORCE : 41, AVENUE DU 8-MAI-1945. TÉL. : 04 72 89 31 41 - INSTITUTBIOFORCE.FR

Après 650 000 euros d’investissement et trois mois et demi de chantier, le groupe scolaire du Charréard a accueilli ses élèves, le 6 novembre, dans des locaux entièrement rénovés. Outre les travaux de maintenance, l’opération, conduite par les services techniques de la Ville, a consisté en la création de deux classes, d’un local périscolaire, d’un sanitaire en maternelle et d’une sortie de sécurité en rez-de-chaussée. Pendant la durée du chantier, les élèves étaient accueillis dans des mobile-homes situés dans l’enceinte du groupe scolaire.

EXPRESS Inscriptions sur les listes électorales Vous avez jusqu’au 31 décembre pour vous inscrire sur les listes électorales. En vous présentant aux guichets de l’hôtel de ville, des mairies de quartier du Moulinà-Vent et de Vénissy, en utilisant internet (www.service-public.fr), ou encore par courrier avec le formulaire à télécharger sur le site de la ville (www.venissieux.fr). Pièces à produire : CNI ou passeport en cours de validité et un justificatif de domicile de moins de trois mois.

Plus de renseignements auprès du service Élections : 04 72 21 44 86.

Déménagement de l’annexe 3e âge du CCAS Depuis le 6 novembre, l’annexe 3e âge du Centre communal d’action sociale (CCAS) n’est plus située boulevard Ambroise-Croizat mais au 1er étage de l’hôtel de ville. Il faut donc se rendre en mairie pour toutes les démarches concernant les aides à domicile, le portage de repas et les soins infirmiers. Plus d’informations au 04 72 21 43 00.


ACTUS

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

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INDUSTRIE

Navya : le décollage de la navette

A

La société Navya poursuit son développement à l’international. À Vénissieux, où sont situés ses ateliers, 60 emplois supplémentaires ont été créés en cinq mois. ssociée à Keolis pour l’ex-

prise. Un besoin qui n’a pas tardé :

lité aux personnes à mobilité

Navly dans le quartier de

ché l’acquisition de 2 500 m2 supplé-

de la vitesse, le contournement

ploitation

des

navettes

Confluence, Navya a présenté à

mentaires, se félicite Christophe

de sa gamme de mini-bus sans

cinq mois, nous avons créé soixante

chauffeur.

L’industriel, pionnier mondial de la construction de véhicules auto-

nomes électriques, est installé

depuis juin 2017 à Vénissieux. Ses unités de production et de mainte-

nance, ainsi que des bureaux d’études, occupent un bâtiment de 4 500 m2 situé dans la zone d’activi-

tés de l’Arsenal. Le site a été choisi, entre autres atouts, parce qu’il per-

met une extension au fur et à mesure de la croissance de l’entre-

d’obstacles (et non plus seulement

l’arrêt lorsqu’ils sont détectés),

Sapet, président de Navya. Et en

l’adaptation aux grands froids…

Une cinquantaine de véhicules

emplois supplémentaires ! Pour

Navya circule sur 40 sites dans le

David Kimelfeld, président de la

monde (France, Suisse, Singapour,

Métropole de Lyon, “c’est la preuve

PHOTO NAVYA TECHNOLOGY

Paris, le 7 novembre, le dernier-né

réduite, une légère augmentation

“À peine arrivés, nous avons déclen-

Chicago, Nouvelle-Zélande, Qatar,

que l’outil industriel peut évoluer

Australie…). Et les ateliers vénis-

très vite. Qui aurait imaginé, il y a

sians ont du pain sur la planche :

dix ans, que l’on construirait cette

l’entreprise vient de remporter un

merveille d’innovation technologique au cœur de la Métropole ?”

Depuis son apparition à Con-

marché en Inde et un autre à Las

fluence, en septembre 2016, Navly

expérimentation

véhicules

Dernières en dates, la climatisation

gers. Une extension du parcours

ouvert amène les techniciens à réa-

localiser les navettes. Prochains

a transporté plus de 22 000 passa-

jusqu’à Perrache est à l’étude. Cette

de

100 % autonomes en milieu urbain liser des améliorations constantes.

et une application mobile pour objectifs : une meilleure accessibi-

Vegas, où la navette se déplacera au cœur de la circulation automobile. g

FRANÇOIS TOULAT-BRISSON

LOGISTIQUE

GEFCO agrandit sa plateforme vénissiane Acteur majeur de la logistique

dans le monde, le groupe GEFCO

à 8 000 m2. Une centaine de nou-

d’euros dans la modernisation de

caces et économes en énergie,

a décidé d’investir six millions

VÉNISSIEUX ÉNERGIES

LE RÉSEAU DE CHALEUR DE LA VILLE DE VÉNISSIEUX

D’une longueur de 24 km, le réseau de chaleur Vénissieux Énergies fournit chauffage et eau chaude sanitaire à plus de 9 600 logements et 42 autres sites vénissians (enseignement, santé, bureaux, industrie, bâtiments publics...). Moderne et durable, il est alimenté majoritairement en énergie renouvelable. Le bois-énergie représente 58% de la mixité énergétique, garantissant ainsi une baisse supplémentaire du tarif et une réduction signi cative des émissions de CO2.

sa plateforme vénissiane, située

chemin du charbonnier. L’objectif

est de bâtir un grand hub régional, à même de développer les activités

internationales

du

groupe. Les travaux, commencés

en avril dernier, s’achèveront à l’automne 2018, mais le site reste opérationnel.

Le bâtiment existant va passer de

8 000 m2 à plus de 12 000  m2 de

surface de quai, et disposera de

121 portes contre 90 portes actuellement. Des guichets distincts

pour les activités seront installés, permettant ainsi d’éviter les files

d’attente et de fluidifier le flux des

camions. L’environnement sera

au cœur du projet, assure l’entrePour en savoir plus, rendez-vous sur : www.venissieux-energies.fr

espaces verts passera de 1 500 m2

prise. Le site conservera ainsi la certification environnementale

ISO 14 001. La surface dédiée aux

veaux éclairages à LED, plus effiseront installés.

Avec cette nouvelle plateforme,

GEFCO France veut répondre au mieux aux besoins de ses clients,

issus de secteurs comme l’industrie électrique et électronique, la

plasturgie, l’agroalimentaire ou l’équipement automobile. “Le Sud-

Est est une région en mouvement

qui bénéficie d’une industrie dyna-

mique et diversifiée”, se félicite Lionel Gutton, directeur régional Sud-Est de GEFCO France.

Présent dans 150 pays, GEFCO fait partie des dix premiers groupes

logistiques européens. Il a réalisé

un chiffre d’affaires de 4,2 milliards d’euros en 2016 et emploie

12 000 personnes. Le groupe, qui compte plus de 300 implantations

dans le monde, développe ses activités sur les cinq continents. g


CONSEILS DE QUARTIER

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Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

Mon Quartier 2017

PARILLY

La circulation au centre des débats sont utilisés pour du stockage”. Et

de conclure : “Il faudra peut-être changer des habitudes, quitte à se garer à 200 mètres de chez soi.”

Répondant à un participant qui

arguait du droit de chacun à utiliser son espace privé comme bon lui semble, le maire a observé que

“si tout le monde se sert de son

sage du feu rouge pour rejoindre le

voie publique. Il faudra alors faire

ficacité, selon elle, des ralentis-

principe du stationnement payant,

“Les voitures les contournent et

comme les autres villes, adopter le afin que les gens partagent l’espace

public”. Michèle Picard a par ail-

leurs annoncé avoir demandé à Leroy-Merlin et Ikea, qui vont s’installer en 2019 au Puisoz, de mutualiser leurs parkings avec les habitants, par exemple la nuit. “Ils y travaillent”, assure l’élue.

PIÉTONS

Le 24 octobre, salle Jeanne-Labourbe, les débats ont été dominés comme l’an dernier par les problématiques liées à la circulation et au stationnement. Mais la question de la sécurité préoccupe également les habitants.

U

lui répond Abdel Boulaouinat, directeur de l’agence locale de

état de droit”, et que, “tant qu’au-

gère la résidence. Il y a trois pro-

peut les faire partir mais ils revien-

Lyon Métropole Habitat (LMH), qui blématiques majeures : le stationne-

ment avec le portail vandalisé quasiment tous les jours, des problèmes de squats et des soucis d’in-

civilité et de propreté. Nous y travaillons quasiment au jour le

passe dans la cité Joseph-Muntz, ne

serait-ce qu’un après-midi”, lance-

t-il. “Les problèmes, on les connaît,

fait le nécessaire”.

STATIONNEMENT PARTAGÉ MERLIN ET IKEA ?

AVEC LEROY

le quartier de Parilly depuis que je

haleine.”

Le maire, Michèle Picard, lui emboîte le pas : “Je réunis en effet

long de résoudre les problèmes de

d’incivilités. “Allez voir ce qui se

interpellation est possible, la police

maire. C’est un travail de longue

police municipale et Madame le

les avenues Berliet et

des problèmes de délinquance et

dront. Cela dit, chaque fois qu’une

Un autre habitant soulève le pro-

les services de police et le bailleur

Charles-de-Gaulle, évoque ainsi

cune infraction n’est relevée, on

jour avec la police nationale, la

n habitant de la cité Joseph-Muntz, située entre

pelle que “nous sommes dans un

tous les mois […] Il est toujours très stupéfiants. Il y a un très long travail d’enquête. Et quand un réseau est démantelé, la semaine suivante,

un autre voit le jour. C’est toujours

long mais on y arrive.” Évoquant le

problème des squats, l’élue rap-

blème du stationnement : “J’habite suis né. Il a subi un véritable boom démographique et il est de plus en

plus difficile de s’y garer. Des aménagements sont-ils prévus ?” “Il n’y

a pas de grands parkings prévus pour l’instant”, indique Sandrine Perrier, adjointe à la voirie et aux

déplacements. Avant de citer une étude récente, “qui montre qu’il est encore tout à fait possible de trou-

ver une place à Vénissieux”, mais

que “certains stationnements privés

C’est le nombre de procèsverbaux établis depuis le 1er juin pour des infractions liées à la conduite et à la circulation.

garage comme d’une cave, tous les

véhicules vont se retrouver sur la

Le 21 octobre, lors de la visite du quartier, les habitants présents ont notamment pu découvrir le chantier du Puisoz.

448

périphérique.” Et de pointer l’inef-

seurs présents sur cette voirie : montent sur le trottoir”, regrette-t-

elle. Sandrine Perrier, qui reconnaît que le passage piéton n’est pas

respecté, précise que “grâce au projet du Puisoz, le carrefour bénéficiera

prochainement

de

feux

tricolores”. Tandis que Michèle Picard met en avant la politique municipale de vidéo-verbalisation : “Depuis le 1er juin, 448 procès-ver-

CONTRE AUTOMOBILISTES

baux ont été établis pour des infra-

aussi inquiets de la vitesse des

circulation dont 334 sur le non-res-

Certains riverains se montrent automobilistes. “Maman depuis peu, je me rends compte des difficultés qu’il y a à traverser le boule-

vard Marcel-Sembat. Régulièrement, je me trouve au milieu du passage piéton et les voitures ne s’arrêtent

jamais ! Elles accélèrent dès le pas-

ctions liées à la conduite et à la pect du feu rouge.” Mais c’est bien

le stationnement qui détient la

palme des infractions, “avec un total de 2 285 procès-verbaux”, précise-t-elle. g

ALAIN SEVEYRAT

Fibre optique : une réunion d’information en préparation C’est l’une des questions récurrentes dans les assemblées générales des conseils de quartier. “À quand la fibre ? Que faut-il faire pour l’obtenir ?”, s’interrogent en cœur les habitants. Et c’est généralement PierreAlain Millet, adjoint au logement, au développement durable et aux énergies, qui répond. “Ce sont des opérateurs privés qui se chargent de l’installation dans les rues. Charge ensuite aux propriétaires de se manifester auprès d’eux”, a-t-il indiqué lors de la réunion. À Vénissieux, c’est Orange qui supervise les travaux. L’opérateur s’est engagé à achever la couverture de la commune d’ici fin 2018. Mais SFR et Free peuvent utiliser ces installations pour le compte de leurs propres clients. Pierre-Alain Millet a en outre annoncé qu’une réunion publique avec les opérateurs — peu prompts à communiquer selon lui — était en préparation, afin d’informer les habitants de l’avancement des travaux.


Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

CONSEILS DE QUARTIER

Mon Quartier 2017

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JULES-GUESDE

Ces incivilités qui cassent les pieds Les problèmes d’incivilités (poubelles non rangées, nuisances nocturnes ) ou encore le manque d’aires de jeux dans la résidence des Quatre Temps ont été les principaux points abordés, le 25 octobre, lors de l’assemblée générale du conseil de quartier Jules-Guesde.

AGENDA

L

Assemblées générales et visites de territoires Les assemblées générales des conseils de quartier s’achèveront le 29 novembre. Elles sont précédées de visites de territoires (un territoire regroupe deux conseils), conduites par le maire.

a discussion est à peine entamée qu’un riverain inter-

vient: “Toute la semaine et le

week-end, les poubelles de plusieurs résidences du quartier restent sur le

trottoir. Une entreprise n’est-elle pas

● Jean-Moulin/Henri-Wallon

payée pour les ranger? Toujours rue

Mardi 14 novembre à 18 heures, restaurant du groupe scolaire Jean-Moulin (10, rue VladimirKomarov). Président: Nacer Khamla

Joannès-Vallet, enchaîne-t-il, les ser-

vices de la Ville ont déraciné des pla-

tanes malades mais laissé les trous. Enfin, avenue Jules-Guesde, vous avez

dépensé 60000 euros pour réparer

PHOTO YVES RICARD / DRC / VILLE DE VÉNISSIEUX

des trottoirs et aujourd’hui, ils sont de nouveau en travaux!”

Sandrine Perrier, adjointe au maire

en charge, notamment, de la voirie

et de la propreté, rassure l’assemblée

en précisant que la Métropole (et non la Ville, qui n’est pas compétente en ce domaine) va faire le nécessaire

pour remettre en état les trottoirs de

la rue Joannès-Vallet. Quant à ceux de l’avenue Jules-Guesde, les tran-

précise toutefois le maire, Michèle

tion de seconde zone, de vivre dans

de l’agence de Vénissieux, Abdelaziz

l’extension du réseau de chaleur, qui

sieurs reprises d’être obligée de

enfants puissent s’épanouir ici. Cette

les quatre gardiens de la résidence,

chées seront rebouchées dès que passe par là, sera effectuée.

DES ENNUIS AVEC L’ÉPICERIE LA NUIT

L’exaspération monte chez les rési-

dents vivant à proximité de la petite épicerie de l’avenue JulesGuesde, ouverte tardivement. “À

quelle heure doit-elle fermer ? Le

gérant est très gentil mais ses

clients du soir manquent de civisme.

Picard. Il m’est déjà arrivé à pluprendre des mesures de fermeture.

Je ne dis pas que je veux fermer l’épicerie que vous avez réclamée pendant des années, et c’est vrai que le gérant est quelqu’un de bien. Mais

il a un public nocturne qui fait n’importe quoi… Nous allons reprendre contact avec lui.”

LES QUATRE TEMPS MANQUENT D’AIRES

Ils mettent de la musique, laissent

Deux mamans de la résidence des

garent n’importe où, ils sont usants.

du manque d’aires de jeux pour les

tourner les moteurs de voiture, se Faites quelque chose, nous ne vou-

lons pas qu’elle ferme mais on en a

Quatre Temps se plaignent ensuite enfants. “Nos gamins n’ont rien dans le quartier, nous n’avons même

assez des nuisances.”

pas un toboggan… Ils s’amusent

cune heure de fermeture à ce type

gereux et nous sommes conscientes

Damato, directeur général adjoint

tants. Nous vous invitons à venir

“La réglementation n’impose aude commerce”, répond Emmanuel prévention et sécurité. “Il faut que

le commerce respecte les riverains,

dans la rue, sur le parking. C’est dan-

qu’ils peuvent gêner les autres habi-

faire un tour dans notre quartier : on a l’impression d’être une popula-

un ghetto. On voudrait que nos situation va créer des tensions.”

Ces habitantes disent rencontrer également des soucis avec leur bail-

leur, Lyon Métropole Habitat, qu’elles jugent difficilement joigna-

ble en cas de besoin. Le directeur

Boulaouinat, les invite à aller voir présents sur place. Il annonce par ailleurs l’organisation prochaine d’une rencontre pour mettre en place des locataires référents. g

MICHÈLE FEUILLET

Que faire des chariots de Carrefour ? Depuis des années, certains habitants rapportent leurs courses dans les chariots de l’hypermarché et les laissent sur place. “Rien qu’aujourd’hui, nous en avons compté une vingtaine rue JoannèsVallet. Ils sont situés à proximité du foyer Aralis. Pourriez-vous faire quelque chose ? questionne un riverain. Les gamins jouent avec, accrochent parfois les voitures. Ça devient insupportable et dangereux.” “À une époque, sur le parking du centre commercial, il y avait de petits blocs de béton qui empêchaient les clients de sortir avec les chariots”, ajoute un autre habitant. Pour les techniciens de la Ville, il s’agit clairement d’un problème lié à l’incivisme. Car une procédure existe déjà entre la Ville et Carrefour. “On leur téléphone pour qu’ils viennent les récupérer, précise Emmanuel Damato, directeur général adjoint prévention et sécurité. Ils se déplacent, mais seulement quand il y en a beaucoup. Appelez-nous et nous ferons suivre.”

● Charles-Perrault

Mercredi 15 novembre à 18 heures, salle polyvalente du groupe scolaire Charles-Perrault (1, rue de la Démocratie). Présidente: Souad Ouasmi > Visite de ces deux quartiers vendredi 10 novembre. Rendez-vous à 17 heures au groupe scolaire Jean-Moulin pour la visite des travaux d’aménagement de l’entrée de l’école. Puis à 18 heures à l’angle Cachin/ Démocratie: mise en sécurité des abords de l’école Charles-Perrault et visite du jardin de l’Envol. ● Anatole-France/

Paul-Langevin

Mardi 21 novembre à 18 heures, salle n° 2 de la Maison des fêtes et des familles (20, avenue de la Division-Leclerc). Présidente: Marie-Christine Burricand ● Saint-Exupéry

Mercredi 22 novembre à 18 heures, salle polyvalente du groupe scolaire Saint-Exupéry (37, boulevard Lénine). Président: Abdelhak Fadly > Visite de ces deux quartiers vendredi 17 novembre. Rendez-vous à 17 heures à côté du centre commercial Darnaise pour la visite du terrain de proximité rénové des Passerelles. Puis à 18 heures au groupe scolaire Anatole-France: travaux d’aménagement aux abords de l’école.


CONSEILS DE QUARTIER

8

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Mon Quartier 2017

CHARRÉARD/MAX-BAREL

Un sentiment d’insécurité Les nombreuses personnes présentes ce 31 octobre au restaurant du groupe scolaire du Charréard ont surtout abordé les problèmes de sécurité et d’habitat.

L

a salle du restaurant sco-

brité de certains logements et les

réard était bien remplie, ce

vaillons conjointement avec la

rale du conseil de quartier présidé

points sont répertoriés sur la ville,

marchands de sommeil. “Nous tra-

laire de l’école du Char-

police sur ces problématiques. Des

31 octobre, pour l’assemblée géné-

que nous connaissons. Pour les pro-

par Serge Truscello. Où il fut beau-

blèmes liés aux voitures qui roulent

coup question d’insécurité. D’a-

trop vite ou qui sont mal station-

bord celle de la cité Coblod,

nées, une vidéo-verbalisation a été

devenue selon un riverain “point

mise en place. Nous avons égale-

de rencontres de jeunes venant de

ment demandé la verbalisation des

l’extérieur, avec même des voitures

dépôts sauvages. Il faut éduquer,

immatriculées 38”.

faire de la prévention. La police va

Seuls 32 des quatre-vingts loge-

dans les collèges et les écoles.

ments sont encore occupés. Les propice aux squats. “Les gens n’en peuvent plus”, apprend-on, et une

pétition a été envoyée au procu-

reur de la République et au préfet ainsi qu’au bailleur (ICF Habitat) et à la Ville.

Également mentionnée, une “grosse maison” située rue Louis-Pergaud a

Depuis juin, quelque 500 verbalisa-

PHOTO RAPHAËL BERT

autres sont murés. Une situation

tions ont été faites pour des non-

respects de stops et de feux rouges.

Et plus de 2 200 concernant le sta-

Concernant le coût du chauffage abordé lors de l’assemblée générale, une séance sera dédiée à cette problématique d’ici la fin de l’année.

tionnement en cinq mois.”

UN PROJET DE MAISON DE SANTÉ BOULEVARD CROIZAT

360 INTERPELLATIONS

publique. Cela peut provoquer des

La commissaire veut aussi relati-

À propos d’interrogations sur le

police cagoulée” et beaucoup de

La commissaire Vanessa Mazière

rité. S’il y a tapage, il faut le relever

exister “entre un sentiment d’insé-

commercial Ambroise-Croizat et

du stade Laurent-Gérin, on relève

légal d’intervention. “Il existe une

fait l’objet d’une descente de “la questions se posent. Enfin, le long la vitesse excessive des véhicules.

DEPUIS LE DÉBUT DE L’ANNÉE

rappelle à l’assemblée le cadre

liberté de circulation sur la voie

nuisances et un sentiment d’insécuet le verbaliser. Le contrôle d’identité répond à des règles précises et il n’existe pas de solution miracle

pour l’occupation de la voie

publique. En ce qui concerne les trafics, la police n’est pas inactive. Depuis le début de l’année, plus de

360 interpellations ont eu lieu. C’est

un travail intense qui prend du temps !”

viser et parle du fossé qui peut curité et la véritable insécurité”.

Quant à l’action musclée qui a

occupé la rue Louis-Pergaud, “l’enquête est en cours” et l’officier de police joue la discrétion.

“L’insécurité est multiple”, poursuit

le maire Michèle Picard qui énumère les incivilités routières, les

trafics de stupéfiants mais aussi

l’hygiène des commerces, l’insalu-

prochain remplacement du centre

sur le prix du chauffage dans le

même quartier, Abdel Boulaouinat,

directeur de l’agence locale de Lyon Métropole Habitat, confirme qu’un

protocole a été signé avec des

médecins le précédent vendredi pour une maison de santé qui sera construite, avec des logements

sociaux, à l'horizon 2020. “Nous lançons un projet de résidence sur Croizat, avec des sociologues qui vont réaliser un diagnostic.” Quant

Logement social en péril : réunion le 23 novembre en mairie En fin de réunion, l’adjoint au logement Pierre-Alain Millet, qui est président de la Sacoviv, a pris la parole sur la réforme du logement lancée par l’État avec la baisse des APL (aides personnalisées au logement). “Pour compenser cette baisse, le gouvernement a dit que les bailleurs devaient réduire les loyers. Au niveau national, les bailleurs vont perdre 1,7 milliard. Rien que pour la Sacoviv, il s’agit d’une perte de 855 000 euros par an. Ce qui signifie qu’il y aura des dépenses en moins consacrées aux logements. Elles toucheront le fonctionnement et il risque d’y avoir des heures d’agents en moins ou des travaux en moins. Nous appelons à faire bouger les décisions du gouvernement dans les semaines à venir.” Et d’annoncer, le 23 novembre à 18 heures en mairie, une rencontre publique avec les bailleurs.

au coût du chauffage, il répond que

les charges sont contrôlées : “Nous organiserons une séance dédiée au chauffage avant la fin de l’année.”

C’est également au cours d’une réu-

nion publique en mairie, annoncée

par la première adjointe Yolande Peytavin, que l’on pourra s’infor-

mer sur les avancées des travaux concernant la fibre. “Nous y invite-

rons les principaux opérateurs, Orange et SFR. Elle se déroulera début 2018.” g

JEAN-CHARLES LEMEUNIER


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CONSEILS DE QUARTIER

Mon Quartier 2017

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PASTEUR/MONERY

Trouver des compromis Des bus au Monery le dimanche

PHOTO RAPHAËL BERT

Depuis la rentrée, le bus 35 des TCL dessert le Monery le dimanche, aux arrêts Jean-Sébastien Bach et Laquay, à raison d’un passage toutes les 40 à 50 minutes environ. Cette nouveauté est à mettre au crédit de l’action du conseil de quartier. “L’amélioration de la desserte du Monery est l’une des premières choses que l’on m’a demandées quand j’ai pris la présidence du conseil de quartier, rappelle Sophia Brikh. Du lundi au samedi, les habitants peuvent prendre le 87, mais pas le dimanche. Nous avons, dans un premier temps, proposé au Sytral de revoir le parcours du 35 pour qu’il desserve tous les jours le quartier. Mais cela nous a été refusé. On a revu notre copie et, finalement, on a obtenu un passage le dimanche. C’est moins que ce que l’on espérait mais c’est quand même un plus pour les personnes qui ne sont pas motorisées. Avant, elles devaient aller jusqu’à Max-Barel pour avoir accès au réseau TCL.”

Depuis la rentrée et après une longue négociation avec le Sytral, le conseil de quartier, soutenu par la Ville, a obtenu que le bus 35 desserve le Monery le dimanche. Comment s’adapter à l’urbanisation croissante et à ses conséquences sur la circulation et le stationnement ? Si la question touche tous les quartiers de Vénissieux, elle est plus vive dans le secteur Pasteur, longtemps resté résidentiel. On l’a constaté lors de l’assemblée générale du 2 novembre dernier. e restaurant du groupe sco-

L

résidentiel de la commune. Beau-

vous attendez pour sévir ?”… Ces

d’un tout nouveau self, a

terrains, une circulation plutôt

ne reconnaissent plus leur quar-

quartier. De tous les sujets qui peu-

encore il y a quelques années

laire Louis-Pasteur, équipé

accueilli une cinquantaine de “convives” jeudi 2 novembre pour l’assemblée générale du conseil de

vent alimenter une réunion de quartier, c’est sans surprise le tra-

fic, la circulation, les difficultés de stationnement, les nuisances liées

coup de villas entourées de grands calme si l’on excepte les abords de

la zone industrielle, “le quartier des Italiens” comme on l’appelait vivait un peu à part de la cité.

“IL Y A 50 ANS,

ON NE VOYAIT PAS ÇA”

à un processus d’urbanisation

Une époque révolue. La présidente

de résistance.

n’avait pas terminé de présenter le

croissante qui ont composé le plat

Sans surprise parce que c’était déjà le cas l’an dernier. Mais aussi parce que cette thématique est très pré-

sente depuis le début des assemblées générales 2017. À Pasteur, le

problème se pose avec d’autant

plus d’acuité que le quartier s’est

longtemps perçu comme le secteur

du conseil de quartier, Sophia Brikh,

bilan de l’année écoulée qu’elle était interrompue par trois riverains. “Ce n’est plus résidentiel ici”,

"Il y a 50 ans, on ne voyait pas ça", “Bientôt, je pourrai même plus me

garer devant chez moi si ça conti-

nue, faut pas déconner !”, “Et la vitesse des voitures, qu’est-ce que

habitants étaient là pour dire qu’ils tier. Et ils l’ont fait sans ménagement.

Le débat a dès lors tourné autour de cette question. Un riverain de

la rue Jean-Duclos soulignait à son

tour les difficultés de stationnement, avant de s’interroger sur des pistes de solution : “Créer un parking, remettre la rue à sens unique,

“C’est vrai qu’il y a 50 ans tout était

adopté par le Sytral et la Métro-

Millet, adjoint au maire. Les agglo-

nissieux avait du reste demandé

différent, observait Pierre-Alain mérations sont de plus en plus denses et Vénissieux gagne des habitants. Même les quartiers dits résidentiels ne restent pas à l’écart de

ce processus. Cette situation doit

nous amener à trouver des compromis, à réfléchir avec un œil neuf sur

le partage de l’espace public. À Vénissieux, on ne peut plus se dire

“je vais me garer juste devant chez

moi”. Je crois qu’il faut accepter l’idée de devoir faire 200 ou 300 mètres à pied, comme à Lyon ou Villeurbanne.”

LES INCONVÉNIENTS,

de nombreux logements, notamment au Monery. Sans compter que

chaque famille possède deux, trois, voire quatre véhicules.

mune, voire à Corbas. Ce qui

permettrait, d’une part de désengorger le parc relais de la gare de Vénissieux, d’autre part de mieux

desservir Pasteur et Monery.

“Mais notre demande est pour l’ins-

tant restée sans réponse", regrettait Pierre-Alain Millet.

Le quartier peut néanmoins se

réjouir d’une petite avancée en matière de desserte. Après une

longue négociation avec le Sytral, le conseil de quartier, soutenu par

(lire ci-dessous). “Cela peut paraî-

inconvénients des zones urbani-

ques années, avec la construction

veau parc relais au sud de la com-

Monery, s’il commence à vivre les

de Corbas faisait exactement le

quartier s’est densifié depuis quel-

métro et la construction d’un nou-

la Ville, a obtenu que la ligne TCL

Sauf que le quartier Pasteur-

même constat. Il faut dire que le

un prolongement du tram ou du

SANS LES AVANTAGES

opter pour le stationnement unila-

téral alterné ?” Un voisin de la route

pole, le conseil municipal de Vé-

sées, n’en connaît pas encore les

avantages. Notamment au niveau des transports en commun, qui restent très insuffisants. Les élus

en conviennent. En mars dernier,

au moment de débattre du Plan de déplacements urbains (PDU)

35 passe au Monery le dimanche

tre pas grand-chose, soulignait Éliane Serve, déléguée de quartier

qui s’est beaucoup investie dans

ce dossier. Mais on s’est battu trois ans pour y arriver. Et nous en sommes très fiers !” g

GILLES LULLA


ACTUS

APÉROS ÉCO-PARTAGE

DROITS DE L’ENFANT

Bons pour la planète... et le porte-monnaie

ments polyvalents jeunes) ont tra-

cire d’abeille”. Hanen, elle, laisse

vaillé en amont avec l’Unicef :

désormais sa voiture au garage

l’occasion de les sensibiliser à la

pour emmener ses enfants à

Convention internationale des droits

l’école et emballe ses cadeaux

de l’enfant, plus particulièrement à

avec des pages d’Expressions plu-

deux articles qui définissent “le droit

tôt qu’avec “du papier cadeau du

épluchures,

thé — “sans agrafe !” — au com-

post et veillent à éteindre la

lumière quand elles quittent une pièce.

Avec leur amie Aïcha, ces habi-

de jouer et d’avoir des loisirs” et “le droit d’avoir une alimentation suf-

ARCHIVES RAPHAËL BERT

mettent

fisante et équilibrée”.

Le lancement de cette semaine aura lieu le 21 novembre au cinéma Gérard-Philipe avec une soirée

tout en faisant des économies.

proposera ses alternatives aux loi-

l’écologie — défi “Familles à

un cours magistral ni un discours

cinéma, j’emmène mes enfants à la

énergie positive”, défi “Familles

à alimentation positive” ou

“Notre idée n’est pas de formuler

plombant, expliquent les initiatrices du projet. Nous souhaitons

encore défi “Zéro gaspi” —, vien-

simplement sensibiliser sur les

tage. Des rencontres mensuelles

nos trucs et astuces tout en

nent de créer les apéros éco-pargratuites, organisées le 2e jeudi

de chaque mois au centre social

de Parilly, qui permettent aux participants d’échanger sur des alternatives écologiques faciles

à mettre en place au quotidien,

questions écologiques, partager créant du lien.”

Différents thèmes seront abordés

tout au long de la saison : produits

ménagers, déplacements, jardi-

nage, etc. Pour le prochain rendez-vous, le 9 novembre, Hanen

ASSOCIATION

Les Colibris solidaires s’engagent contre l’isolement et la précarité Créée en février 2017, l’association Les Colibris solidaires, présidée par Ouarda Guessas, a pour objectif, dans le champ de la solidarité, de lutter contre la précarité et l’isolement. Une quarantaine de bénévoles y travaillent sans relâche. “Nous avons distribué plus de six cents repas à des SDF, des colis alimentaires à des familles en grande difficulté, indique la présidente. Des liens se sont tissés avec les résidants du centre d’accueil et d’orientation de La Roseraie et des trois résidences Adoma. Nous venons en aide aux familles syriennes logées à l’hôtel Formule 1 de Vénissieux. Et parce que la misère n’a pas de frontière, nous avons envoyé des fauteuils rou-

vembre, toujours au cinéma, orga-

film Iqbal, l’enfant qui n’avait pas peur.

Sur réservation au 0478704047.

À 15 heures, à la médiathèque LucieAubrac, Mercre’délires à partir de 6 ans, ouvert à tous.

Les jeunes élus du conseil municipal d’enfants se réuniront en séance plé-

nière le 24 novembre, à 18 heures, dans la salle du conseil municipal.

Enfin, le samedi 25 novembre, à la

salle multimédia de la médiathèque, organisation d’un rallye numérique

ouvert aux enfants à partir de 8 ans. Entrée libre dans la limite des places disponibles.

g

Trier ses déchets et mettre ses épluchures au compost, une alternative écologique facile à mettre en place au quotidien.

tantes de Parilly, toutes trois

adeptes des “Défis” autour de

nisation d’un ciné débat autour du

et neuf adolescents des EPJ (Équipe-

emballage réutilisable à base de

mouchoirs en papier et sachets de

de l’enfant va donner lieu à plu-

39 enfants des maisons de l’enfance

phane contre le bee’s wrap, “un

déchets,

courts-métrages. Mercredi 22 no-

la Journée internationale des droits vembre à Vénissieux.

ment à vélo et a troqué la cello-

Les deux femmes trient leurs

Fêtée chaque année le 20 novembre, sieurs rendez-vous du 21 au 25 no-

Sandrine se déplace essentielle-

commerce qui ne se recycle pas” !

Une semaine pour éveiller les consciences

lants réparés par l’association Canhumanitaire, basée à la cité scolaire Sembat/Seguin, pour des malades à l’étranger.” L’association met également en place des groupes de parole pour apporter soutien et aide aux familles. Ainsi le 17 novembre, de 19 heures à 21 heures, salle PaulLangevin, une psychologue abordera le thème de la parentalité. Ouarda Guessas tient à remercier “tous ceux qui permettent aux Colibris de s’envoler : Valérie Talbi, adjointe au maire, le CABV, les commerçants de Vénissieux et les bénévoles”.

L'ASSOCIATION A BESOIN D’AIDE FINANCIÈRE : LES COLIBRIS SOLIDAIRES : 06 66 09 97 80 OU FACEBOOK.COM/LESCOLIBRISSOLIDAIRES

sirs payants : “À la place du

AGENDA 21

Des ruches sur le toit de la mairie !

cueillette des champignons, des châtaignes, on part en randonnée,

on prend le temps de regarder la nature. Moi qui adorais les talons,

je ne peux plus me passer de mes baskets !” g

PERRINE PLATEAU APÉRO ÉCO-PARTAGE, LE 2E JEUDI DE CHAQUE MOIS, À 18 HEURES, AU CENTRE SOCIAL DE PARILLY, 27 BIS, AVENUE JULES-GUESDE.

BON À SAVOIR Semaine de la réduction des déchets Du 18 au 26 novembre a lieu la Semaine européenne de la réduction des déchets. Elle est pilotée nationalement par l’ADEME et le ministère de l’Écologie. Rappelons que Vénissieux, à travers son nouvel Agenda 21, a mis en place plusieurs dispositifs de prévention des déchets. Le 22 novembre à 14 heures, la Ville propose notamment une récolte partagée du compost issu du composteur de quartier Parilly (devant le centre social). Intéressés par le compostage collectif ? Par l’auto-réparation ? Contactez le service environnement au 04 72 21 45 06.

PHOTO YVES RICARD / DRC / VILLE DE VÉNISSIEUX

10

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Le service espaces verts de la Ville de Vénissieux a installé deux ruches sur le toit de l’hôtel de ville. Elles viennent compléter les trois présentes depuis 2012 sur l’espace vert situé à l’angle des boulevards AmbroiseCroizat et Docteur Coblod. Présente dans le nouvel Agenda 21, cette action permet de préserver la biodiversité par le développement des populations d’insectes butineurs et de sensibiliser le public – notamment les scolaires – à la préservation de la faune et de la flore à travers des visites pédagogiques.

EXPRESS Challenge éco-conduite

88600 euros contre le cancer

La 4e édition du challenge écoconduite interentreprises s’achèvera le 20 novembre. Grâce à la nouvelle application Geco air (gratuite), chacun peut réduire les émissions polluantes liées à ses déplacements. Les précédentes éditions ont rassemblé quelque 180 établissements et généré plus de 7500 téléchargements de l’application. Se rendre sur www.gecoair pour inscrire son entreprise. Sur son smartphone, télécharger l’application Geco air et se laisser guider.

La quantité de verre collectée sur l’ensemble de la Métropole de Lyon a progressé de 5,16 % en 2016 pour atteindre 29068,38 tonnes. Grâce à ces excellents résultats, la Métropole a remis un chèque de 88660 euros à la Ligue contre le cancer. Et décerné des trophées aux villes où la collecte a le plus augmenté. Le 7e arrondissement de Lyon est lauréat pour les villes de plus de 20000 habitants avec une progression de 11,18 % par rapport à 2015.


DOSSIER

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

11

RENOUVELLEMENT URBAIN

Barre ICF : une histoire de béton et de vies D

epuis 1967 qu’elle se dresse

DOSSIER RÉALISÉ PAR : FRANÇOIS TOULAT-BRISSON ET JEAN-CHARLES LEMEUNIER PHOTOS : RAPHAËL BERT

début, logés là par l’opérateur

séparent ce quartier du reste de la

gens venus de tous les horizons.

cadre du nouveau Projet national

tion du bâtiment, ICF Habitat Sud-

au printemps 2016, l’immense

gestionnaire des lieux, a entamé le

dans le ciel vénissian, on

recoudre les coupures urbaines qui

“La barre”, comme on l'appelle

commune. C’est pourquoi, dans le

part, de mur d’enceinte planté sur

de renouvellement urbain entamé

ne voit qu’elle, ou presque.

Peu à peu, au fil des relogements, les locataires quittent l’immense barre ICF de Monmousseau. Debout depuis 1967, trop chère à réhabiliter, elle s’écroulera dans un an. Cela fera un grand bruit et un petit pincement au cœur à ses anciens locataires.

palité de Vénissieux a entrepris de

communément, à des airs de rem-

les contreforts du plateau des Min-

immobilier de la SNCF, puis des Dans la perspective de la dispari-

Est-Méditerranée, propriétaire et

immeuble de la rue Gaston-Mon-

relogement de ses derniers loca-

rizon du haut de ses 15 étages. Plus

QUAND LES VOISINS

tise Conseil, agence lyonnaise “d’in-

Depuis plusieurs années, en même

Mais “la barre” n’est pas qu’un

fication des Minguettes, la munici-

197 familles. Des cheminots, au

guettes. Une citadelle moderne sur-

plombant le vieux bourg. Méritant son surnom, le bâtiment barre l’hopour longtemps.

temps qu’une importante requali-

mousseau sera démoli, fin 2018.

DISPARAISSENT

mur. C’était surtout le foyer de

taires. Une opération soutenue par

la commune et menée avec Aper-

génierie sociale”, qui a réalisé un diagnostic et élaboré un plan de

relogement, en croisant les de-

mandes et les offres.

>>>


12 >>>

DOSSIER

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

Dans les halls de la barre, les boîtes

tier, c’est devenu le Bronx. Mais la

témoignent des départs. Il ne reste

vière et le Pilat, de l’autre le Mont-

aux lettres sans nom ou sans porte plus qu’une soixantaine de ménages à reloger d’ici juin 2018. Allée

21, il y a 24 appartements vides sur

36. Les paliers inoccupés sont

murés. “Il n’y a plus personne ni audessus ni en dessous de chez moi, et

les voisins d’en face sont partis,

décrit Pierrette, qui habite au 12e. Du coup, mes enfants en profitent pour mettre la musique fort !” Cette disparition progressive du voisinage l’ennuie un peu — “On s’en-

tendait bien” —, mais ne l’inquiète

pas vraiment. “Je commencerai à

m’en faire quand je ne croiserai plus personne dans l’ascenseur !”

Dans huit mois, l’immeuble devra être totalement vide et Pierrette attend une proposition, étonnam-

ment sereine. “Faut dire que je suis un peu difficile, je demande à rester dans un T4, à Vénissieux, mais pas sur le plateau.” Trente ans qu’elle habite la commune, d’abord à

Cachin puis ici. “Ils vont me trouver quelque chose, mais quoi ? J’espère

que ça ne sera pas plus petit que mes 87 m2 et plus cher. Ici, les charges

sont élevées mais les loyers sont bon marché. Quand j’ai besoin d’infos, je

vais à la permanence du mardi ou

je demande au gardien.” Ce qu’elle regrettera en partant ? “Pas le quar-

vue depuis chez moi : d’un côté FourBlanc et les Alpes !”

Neuf étages plus bas, Noureddine, 51 ans, son épouse et leurs trois

enfants demandent également à

être relogés dans un T4. “J’ai déjà eu une proposition, que j’ai refusée.

Ils vont m’en faire une autre bientôt. Je cherche aussi de mon côté, pour-

quoi pas vers Vienne, où je travaille, mais ça risque d’être plus long qu’en passant par ICF. J’aime bien Vénis-

sieux, mais il y a 25 ans, l’immeuble

c’était un palais, propre et tout. Maintenant, on sent bien qu’ils ont lâché l’affaire…”

De fait, la dernière réhabilitation d’ampleur a eu lieu dans les années

1990 et l’on voit que l’immeuble est en fin de vie : infiltrations, mauvaise isolation thermique et pho-

nique, pannes d’ascenseur à répétition faute d’investir dans une

réparation coûteuse. Les halls sont nickels, mais parfois occupés par des guetteurs, et dès les premiers

étages de la cage d’escalier, on

tombe sur les classiques du squat parasite, murs noircis par les pros-

pectus calcinés, barquettes de

kebab, canettes de soda, urine…

163 foyers recensés en juin 2016

“On était bien, là-haut, raconte-t-elle,

dence ICF neuve, rue Eugène-Var-

graffiti “Sarko fils de p...” prend une

avaient déjà déménagé d’elles-

plus grand. On m’a fait une première

“Maman solo” de deux garçons de

Entre le 1 et le 2 étage du 21, un er

(avant cette date, 34 familles

e

mêmes). Les deux tiers ont été

valeur quasi archéologique.

accueillis dans le parc d’ICF, le reste chez d’autres bailleurs

LA MOITIÉ DES FAMILLES RELOGÉES EN UN AN

sociaux grâce à une convention

ment d’une lente dégradation de

et évite les listes d’attente. Plus de

Un relogement bien vécu

Allée 11, Yvonne a le même senti-

88 % des locataires interrogés se disent “satisfaits”, ou “très satisfaits” des conditions de leur relogement. 96 % sont “satisfaits” ou “très satisfaits” de l’information apportée sur les conditions de relogement. 84 % se disent “très satisfaits” de la disponibilité, de l’écoute et de la prise en compte de leurs besoins. Enquête ICF auprès de locataires relogés réalisée en juin 2017.

lait pas partir. La vieille dame a

interbailleurs qui fonctionne bien 30 % sont restés à Vénissieux, à

son cadre de vie mais elle ne vou-

leur demande. Les autres sont partis vivre ailleurs dans la Métro-

emménagé ici au début des

pole. Selon une étude réalisée cet

années 1970, elle a l’impression

été par le bailleur, la grande majo-

d’être “fichue à la porte”, alors

rité des ex-locataires sont satis-

qu’elle a “toujours payé son loyer”.

faits du processus de relogement.

Fin novembre, elle quittera tout

C’est le cas d’Anliati, 38 ans, mère

de même l’endroit où elle a élevé

de

ses enfants et vu grandir ses

deux

adolescentes.

Après

“15 ans au 14e étage de l’allée 13”,

petits-enfants. Pas toujours facile de lâcher “la barre”.

elle a emménagé cet été dans un

relogés, soit plus de la moitié des

dence rue Gustave-Noblemaire.

À ce jour, 98 locataires ont été

F4 au 1er étage d’une petite rési-

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mais tant qu’à partir, j’ai demandé

proposition, chez Alliade, mais la cuisine était trop petite ! La seconde

a été la bonne : les filles ont chacune

leur chambre et c’est tout refait.

Déjà, c’est mieux isolé. À la barre, on entendait les voisins parler, se

brosser les dents, aller aux toilettes !” Avec des charges en moins, son loyer a même baissé. Son déménagement a été financé par ICF, “mais les jeunes ont

remonté les lits à l’envers et mal

vissé l’armoire”. La perfection n’est pas de ce monde…

Élodie (29 ans, photo) est, elle aussi, encore dans la barre, dans

le T3 de 64 m2 qu’elle loue depuis

2009. Mais elle emménagera aux

vacances de Noël, dans une rési-

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11 et 2 ans, elle est heureuse de

rester sur Vénissieux. “Ça va peutêtre vous étonner mais je m’y sens

plus en sécurité qu’à Lyon. Et c’est

bien plus tranquille : quand je vais

chez des copines à Lyon ou à Villeurbanne, je ne ferme pas l’œil de

la nuit tellement c’est bruyant dans la rue !” Ce qu’elle regrettera ? “Le

tram et le gymnase juste à côté où

mon grand fait de la boxe et de l’escrime. Et puis la vue…”

Seront-ils là, tous, dans un an, pour

voir s’écrouler leur barre ? “Oui, pour tourner la page, résume Nou-

reddine. Mais ça fera un pincement au cœur, de voir une partie de notre vie partir en poussière.” g

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DOSSIER

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

13

3 QUESTIONS À Jérôme Orelu directeur territorial chez ICF Habitat Sud-Est Méditerranée

“Aucun relogement ne doit être subi” Comment reloger les 163 loca-

tenant compte aussi des situations

s’investissent dans la démarche. Il

demi alors que le délai d’attente

ter le taux d’effort et de toucher le

nences du mardi et notre gestion

taires de la barre en deux ans et

moyen pour un logement social dans la Métropole est de 6 ans ?

C’est plus que 163, en fait, puisque nous proposons aussi un logement aux jeunes qui souhaitent “décohabiter” de chez leurs parents, du

y a toujours du monde aux perma-

de chacun : on s’interdit d’augmen-

de proximité permet de répondre

“reste à vivre”, en acceptant par

à beaucoup de questions, avec un

exemple des demandes irréalistes

gestionnaire d’immeuble accessi-

qui mettraient les gens en diffi-

ble et apprécié, ce qui est rassu-

culté. Au final, aucun relogement

rant.

ne doit être subi.

moment qu’ils ont les moyens

D’accord, mais comment conten-

Où vos locataires demandent-ils

nous savons le faire, mais à cette

D’une part, nous connaissons bien

Dans un premier temps, 70 %

échelle, c’est une première. Depuis un an, nous croisons l’offre HLM

disponible et les demandes des

locataires. Et ces souhaits sont aussi nombreux que variés : neuf

ou ancien, plus grand ou plus petit, avec ou sans balcon, placards

muraux, vis-à-vis, à proximité des transports, d’une école ou d’un marché… Nous écoutons, nous cherchons et nous proposons, pas

seulement dans notre parc. En

à être relogés ?

ter tout le monde ?

les attentes de nos locataires grâce

PHOTO ICF

d’être indépendants ! Bon, reloger,

à un gros travail accompli en amont par l’agence Apertise, grâce

à la concertation avec les élus

totalement le déménagement et les

équipes actuellement sur place.

(électricité, gaz, Internet…).

locaux, et grâce à l’écoute de nos

D’autre part, la collaboration interbailleurs fonctionne bien et accé-

lère les attributions. Cet accord de partenariat permet de croiser les

disponibilités dans chaque parc

mais aussi de prendre en charge

frais de raccordement des fluides

Enfin, dans leur grande majorité, les résidents sont acteurs de leur

relogement. Qu’ils saisissent l’op-

portunité de déménager aux meilleures conditions ou qu’ils soient

mécontents de devoir partir, ils

demandent à rester à Vénissieux,

où ils ont leurs habitudes, des

attaches sentimentales, amicales.

Puis, en affinant leur demande au cours d’entretiens, ils choisissent souvent de se rapprocher de leur famille ailleurs dans la Métropole

ou privilégient un meilleur accès

à leur travail… À mi-parcours, 32 % des foyers relogés habitent à Vénissieux, et au final, je pense qu’on approchera les 50 %. g

PERSPECTIVES

Démolir, mais pour quoi faire ? La démolition de la barre ICF s’inscrit dans les projets de rénovation urbaine, mais ce n’est pas la seule. Le point avec Idir Boumertit, adjoint au maire, en charge du Grand Projet de Ville. Pourquoi faire tomber la barre ICF ?

Pour faire tomber aussi des bar-

rières psychologiques. Celles qui sont créées par le peu de voiries

reliant le plateau et le reste de

Vénissieux, par exemple. Il ne s’agit pas d’effacer l’histoire mais de

Que deviendra le terrain libéré

c’est un accélérateur pour ceux qui

d’Édouard-Herriot (Alliade Habi-

ICF ?

conditions.

cours.

par la démolition de la barre Ce n’est pas encore décidé. Il inté-

Où en est la rénovation urbaine

Vous venez d’évoquer la tour 36

d’en faire un parc, un espace vert

Entre 2005 et 2020, l’ANRU (*) aura

raître aussi la “petite barre” ICF.

teur mais pourquoi ne pas imaginer

qui serait un beau trait d’union sur

le coteau ? Nous travaillerons

toutes les pistes avec la Métropole, à qui le terrain sera cédé, tout comme l’a été l’ancien emplace-

ment du lycée Jacques-Brel, juste à côté.

Les relogements se passent-il

son avec le centre-ville tout proche.

mousseau ?

D’accrocher ensemble des parties de la commune pour vivre dans

une ville pleine et entière. Pour y parvenir, la “petite barre” d’ICF,

perpendiculaire à la “grande”, devra elle aussi disparaître, à court

terme. De plus, ce serait cohérent

avec le projet de requalification de la place du marché.

tat). Ces quatre opérations sont en

resserait certainement un promo-

requalifier un quartier en souffrance en assurant une vraie liai-

souhaitent évoluer dans de bonnes

à Vénissieux ?

permis de réaliser 70 opérations qui auront transformé le visage des

Minguettes, notamment avec la venue du tram et de nouveaux équipements. De 2015 à 2030, le programme ANRU 2 et la conven-

tion de site permettront de poursuivre le renouvellement urbain.

toujours aussi bien qu’à Mon-

Et dans l’immédiat ?

Là-bas, la vétusté du bâti avait fini

l’ANRU défendu par le maire en

par créer une mauvaise qualité de vie pour les résidents. La démarche

de concertation et les propositions d’ICF leur offrent une opportunité

d’en sortir par le haut, et en évitant des années d’attente. Même si un processus de relogement va rare-

ment obtenir 100 % de satisfaits,

Le protocole de préfiguration de 2016 porte sur quatre opérations à

réaliser d’ici fin 2018. Il s’agit de

deux démolitions avec reloge-

ments : la barre Monmousseau (ICF) et la tour 36 à la Darnaise (Grand Lyon Habitat), ainsi que

deux réhabilitations, celles des

résidences du Couloud (Sacoviv) et

et votre souhait de voir dispaJusqu’à quand va-t-on poursuivre les démolitions à Vénissieux ?

Il faut être pragmatique. Les modi-

fications de la loi SRU nous empêchent de reconstituer du logement social à Vénissieux. Donc on ne va pas laisser démolir à tout va, alors

que derrière, on n’arrive pas à satisfaire les 4 000 demandes de

logement social déposées chaque

année à la mairie ! D’autant que les dernières mesures du gouvernement sur le logement social ris-

quent de sacrément ralentir les capacités d’investissement des organismes HLM dans les réhabilitations et le neuf. g

(*) ANRU : AGENCE

NATIONALE POUR LA RÉNOVATION URBAINE. >>>


14

DOSSIER

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

>>>

MILAN OTAL

“Le quartier possède une identité puissante”

PHOTOS RAPHAËL BERT

Docteur en lettres classiques et philosophie, musicien formé aux conservatoires de Lyon et d’Aix-en-Provence, Milan Otal a aidé les jeunes qui contribuaient au projet “Rendez-vous tour Monmousseau” à formuler leurs questions. Il doit dans un deuxième temps mettre tout cela en forme pour un livre qui devrait sortir courant décembre. “Je voulais prendre comme fil conducteur un jeune de 13 ans que tout le monde dans le quartier appelle Napoléon. Il est très attaché à Monmousseau et il raconte que tout va lui manquer, le stade, la boucherie, les gens. Il est d’une lucidité clinique.” La difficulté des intervieweurs fut bien sûr de parvenir à récolter des souvenirs. “Quand tu donnes un espace d’écoute, reprend Milan, les gens se lâchent. Il faut trouver cet espace. La parole introspective n’est pas naturelle et tout le monde nous a ensuite remerciés pour cela. Nous sommes allés frapper aux portes. La rencontre se faisait ou pas. Souvent, ça se passait très bien. Nous avons entendu des histoires folles. Le quartier possède une identité puissante et le sentiment de la disparité domine, ce qui donne une force à tout cela.”

“RENDEZ-VOUS TOUR MONMOUSSEAU”

Images de synthèse Après un premier atelier photographique réalisé l’an dernier avec des jeunes de Monmousseau, Lucie Moraillon et Antoine Boureau retrouvent leurs “élèves” pour un nouveau travail, sorte de synthèse de la disparition prochaine de la barre ICF Habitat Sud-Est Méditerranée, des sentiments qu’elle suscite et du relogement.

P

arce qu’ils avaient déjà travaillé avec

des jeunes du quartier autour d’un

projet photographique en argentique,

dont les résultats sont encore affichés sur la

grande barre ICF de Monmousseau, Lucie

Moraillon et Antoine Boureau de l’associa-

tion Dialogues en photographie ont retrouvé treize de leurs jeunes preneurs d’images. Il

s’agissait à présent pour eux, et cette fois en

numérique, de photographier à la fois les

ou trois, parfois tous ensemble, et ont inter-

prise de vue qu’aux interviews.

barre, racontent les deux photographes. Ils

qu’une image, même prise par un amateur,

viewé ces personnes qui devaient quitter la

ont préparé avec l’écrivain Milan Otal —

(avec qui Antoine Boureau a publié le livre Exilés de la Terre promise, NDLR) — des inter-

views pour les interroger sur leur vie, le départ, le voisinage… Ces jeunes vivent tous ici, certains ont déjà été relogés.”

Tandis que les apprentis journalistes préparent leurs questionnaires avec Milan, Lucie

et Antoine prennent les rendez-vous en amont. “Au début, c’était pour eux un exercice

nouveau. Les photos affichées depuis l’an dernier ont été un bon sésame. Ils se sont sentis

investis d’une mission. Ils ne connaissaient pas l’histoire du quartier.”

UN OUTIL D’ÉDUCATION POPULAIRE

habitants mais aussi les lieux, encore habités

Un matin, nous en avons suivi deux le long

quartier. Le projet a été financé par ICF

tée d’escalier et ses nombreux tags, les cou-

ou déjà inoccupés, pour retracer la vie d’un

Habitat Sud-Est Méditerranée et le Grand projet de ville (GPV), en partenariat avec le

centre Eugénie-Cotton qui a été un bon relais sur le terrain.

“Les jeunes ont travaillé en groupes de deux

des étages. Ils photographiaient tout : la monloirs vides, les appartements déserts où subsistaient quelques traces d’une occupation : des tapisseries, des rideaux, la marque

d’un tapis ou d’un meuble au sol… Et nous ont confié avoir pris autant d’intérêt à la

Les deux photographes savent très bien reflète son regard. Ils expliquent, dans le dossier de presse de leur projet, que la pho-

tographie encourage le développement d’un

grand nombre de compétences. Ils citent “l’observation et l’attention, la gestion des

émotions, l’acceptation du regard des autres, le dépassement des stéréotypes, la capacité à

opérer des choix et la construction d’une démarche personnelle et singulière”.

Tout ce travail va maintenant se retrouver

diffusé de deux manières. D’abord dans un livre qui contiendra des photos et les textes

des entretiens, revus avec Milan. Puis dans

une exposition qui sera présentée sur de

grandes bâches en extérieur, devant la médiathèque Lucie-Aubrac. “Le vernissage

aura lieu le 25 novembre à 15 heures et le tout restera en place pendant deux semaines.

Ensuite, ce sera déplacé à Lyon et sans doute

dans d’autres lieux. Ainsi, ce que les jeunes ont photographié l’an dernier a été présenté à Arles, pour le off des Rencontres.” g

J.-C. L.


CULTURE

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

“C

15

e fut une super fête !” assurent

tous ceux qui étaient présents, ce 20 octobre, pour célébrer le

premier cinquantenaire du CABV, le centre associatif Boris-Vian. La directrice Corine

Romeu énumère les participants : “Nous avons eu une chorégraphie par la compagnie

Second Souffle et des danses entraînées par

Dom Ti Crew ou Maria Canon de la compa-

gnie Vendaval, un arbre à casques de la Tribu

PHOTO RAPHAËL BERT

Hérisson, des contes par Guy Prunier et Ray-

mond et merveilles, une bande-son du Théâtre

Détours. Et des flashmobs auxquels tout le

monde a participé. Aider son prochain, Oyenga Simy Flo et YMMNE avaient préparé

des repas et il y avait encore ABC, Gueules

Corine Romeu (à gauche) et son équipe fourmillent de projets pour les mois à venir.

de Traction Avant…”

CENTRE ASSOCIATIF BORIS-VIAN

cielle, le 18 octobre 1967, du centre culturel

La fleur de l'âge

d'amour, Viniciacum, la Fanfare à mains nues Que de temps passé depuis la naissance officommunal ! “Thérèse Rechatin en fut la pre-

mière présidente, poursuit Corine, et Monique

Douillet une des premières directrices. Elle

est venue participer à la rencontre avec Emmanuel Mbolela et nous aimerions prolonger, en 2018, ces collaborations avec des personnes qui étaient impliquées aux débuts

de Boris-Vian. Fêter ses cinquante ans permet

de repartir sur l'actualité et pas seulement de regarder en arrière.”

PASSERELLE ET GRAINOTHÈQUE

L'an prochain, Corine aimerait accueillir le

cinéaste et écrivain Gérard Mordillat, qui vient de publier La tour abolie, retravailler

avec Emmanuel Mbolela sur les questions de migrations, les guerres et les crises qui

les provoquent. Mais aussi, plus spécifiquement, sur le parcours des femmes dans ces

migrations, sur les “femmes, armes de guerre” — “la prochaine édition du festival

Essenti'elles sera sur cette thématique” —, les

viols au Congo (un sujet sur lequel un col-

lectif d'associations se dit prêt à travailler)… “Nous avons avec nous une association rwandaise, une autre qui vient du Congo (ABC, Association pour bâtir le Congo), une autre, Agir pour l'égalité, qui travaille sur les discriminations.”

Centre communal puis centre culturel puis centre associatif, Boris-Vian fait partie de

Fort de ses cinquante ans fêtés en beauté le 20 octobre dernier, le CABV se sert du passé pour mieux se projeter dans l'avenir et annonce les sujets qui seront travaillés l'année prochaine. la légende de la ville. Des personnalités

Pour Lucio Campanile, président du CABV,

Lambert, Henriette Prébet y ont été asso-

d'intelligences qui peuvent apporter des idées

telles que Marcel Notargiacomo, Madeleine

ciées. Connu aujourd'hui essentiellement

par ses initiales, le CABV a traversé plu-

sieurs crises, trouvant chaque fois des solutions. Prochaine création en date, La

Passerelle va établir un lien avec les entre-

prises. Elle sera lancée officiellement en janvier 2018.

Grâce à des actions comme Kanopéo et la

Fabrique d'initiatives citoyennes, des associations très différentes se sont naturellement fédérées pour œuvrer à des projets

communs. Et la structure dans la fleur de

l'âge va réunir des gens autour du jardinage. “Qui aurait dit, interroge Corine, qu'on

aurait une grainothèque ? En un an de

la structure et la ville offrent “une pépinière

aux entreprises et auxquelles les entreprises peuvent apporter de l'aide. Il faut les faire

émerger ! Il existe plein de choses à inventer.

Vénissieux est une ville d'avenir. D'ailleurs,

on jauge une ville à l'aune de sa jeunesse. Les mots et les actions appartiennent à la société

une fois sortis de nous. Il faut retrouver cette

liberté d'actions, d'échanges, de compréhension de l'autre.”

Inscrit dans l'Agenda 21 de la Ville, le CABV va monter des projets, au cours de 2018, sur

la solidarité, la santé et le développement durable. "Et pourquoi ne pas créer une ferme urbaine ?", rêve tout haut Corine. g

Fabrique, elle a été portée par les habitants

JEAN-CHARLES LEMEUNIER

qui vont pouvoir échanger des graines et des savoirs. On avance ensemble !”

CENTRE

ASSOCIATIF BORIS-VIAN :

13, AVENUE MARCEL-PAUL - 04 72 50 09 16.

Vénissieux est une ville d'avenir.

Lucio Campanile, président du CABV


16

CULTURE

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

THÉÂTRE DE VÉNISSIEUX

Inaugurée le 24 novembre, l’exposition de Lucie Moraillon sera visible jusqu’au 6 janvier.

À LA MÉDIATHÈQUE ET DANS LES BIBLIOTHÈQUES

Un mois de cultures tsiganes en novembre En racontant l’histoire du peuple gitan, tsigane, rom, quel que soit le nom qu’on lui donne, Tony Gatlif avait intitulé son film Latcho drom, qui signifie “Bonne route”. Cette route des Gens du voyage va traverser la commune pendant tout le mois de novembre.

T

out commencera le 14 novembre à 16 heures, à la médiathèque Lucie-Aubrac, par un café philosophique animé par les Abeilles noétiques sur le thème “Voyage et liberté”. Le lendemain à 14 heures, à la bibliothèque La Pyramide, l’association Et colégram demandera aux enfants (à partir de 5 ans) d’imaginer et de créer une maison, qu’elle soit voyageuse, roulante, volante ou flottante. L’atelier débutera par une histoire dite par les Semeurs de contes. Inscription auprès des bibliothécaires. Le 17 novembre à 19 heures, à la bibliothèque Robert-Desnos, le groupe Kek Lang, duo hongrois chant-guitare, sera accompagné par des élèves de l’école de musique et de jeunes musiciens tsiganes, Los Bandoleros. Le 18 novembre à 15 h 30, l’école de musique propose à la médiathèque une “Heure en musique”. Musicien et ethno-musicologue, Guy

Nouvelles routes C’est sous ce titre que Lucie Moraillon a réalisé une série de portraits photographiques et sonores de voyageurs de La Glunière et de l’aire d’accueil de Vénissieux. Invitation, dit-elle, “à parcourir un bout de chemin ensemble”. “J’ai travaillé là-bas quelques jours entre juin et septembre, explique la photographe qui est également associée au projet photographique de Monmousseau (voir page 14). C’était une proposition de la médiathèque qui voulait monter une programmation sur les cultures tsiganes. Globalement, j’ai été bien acceptée à La Glunière, et rapidement, grâce à l’ARTAG. Ce fut toujours de belles rencontres.”

Bertrand viendra parler des musiques traditionnelles tsiganes, en compagnie de Kek Lang. Cette conférence est en lien avec l’expo photographique de Lucie Moraillon sur la culture tsigane et le parcours de quelques habitants de La Glunière, en partenariat avec l’ARTAG (association régionale des Tsiganes et de leurs amis gadjé). Visible jusqu’au 6 janvier 2018, cette exposition sera inaugurée le 24 novembre à 18 heures, en présence de l’artiste. Puis, à 19 heures, l’ethno-sociologue Gaëlla Loiseau parlera de l’itinérance “choisie mais aussi subie” par les familles du voyage en ce début de XXIe siècle. Mais avant cela, le 21 novembre à 17 heures, toujours à la médiathèque, la compagnie Audigane s’adressera à un public jeune et moins jeune (à partir de 7 ans) pour découvrir des contes qui sont “la mémoire vivante du peuple du voyage”. Le 23 novembre à 15 heures, en partenariat avec la Villa Gillet, la médiathèque accueillera le philosophe Guillaume Leblanc sur le sujet “Migration et frontière : le devoir d’hospitalité”. Le 25 novembre à 10 heures, à la bibliothèque de La Pyramide, les histoires seront toujours au rendez-vous avec les Semeurs de contes (à partir de 4 ans). Et, à 15 heures à la médiathèque, Delphine Genin et Frédéric Valla, de la compagnie Bazarnaüm production, interprèteront un duo de clowns d’Europe de l’Est venu présenter un concert de musiques des Balkans malgré de nombreuses catastrophes techniques… Prétexte à la découverte de l’univers musical et des instruments traditionnels tsiganes. g

Amenés par le centre social Eugénie-Cotton, des enfants ont pu assister à une répétition du spectacle Mon prof est un troll, mis en scène par Baptiste Guiton au Théâtre de Vénissieux. Avec ce texte de Dennis Kelly, traduit par Pauline Sales et Philippe Le Moine, la compagnie du Théâtre Exalté, qui fut en résidence à Vénissieux en 2015 et 2016 pour Cœur d’acier, revient une vingtaine de jours, le temps de la création. “C’est un film d’horreur !”, s’exclame ravi un des spectateurs. L’école dont il est question dans la pièce accueille un nouveau directeur : un troll ! De quoi faire frémir — et sourire — la jeune assistance. On pourrait penser qu’il existe un monde entre Cœur d’acier, l’histoire de la fermeture d’une mine et de l’appauvrissement d’une région, et Mon prof est un troll, un spectacle jeune public produit par les Tréteaux de France. Baptiste Guiton contredit cette première impression : “Dans Mon prof est un troll, il est aussi question d’oppression politique, d’injustice, de bouc émissaire, d’insoumission. J’aime beaucoup revenir au théâtre-récit qui est un théâtre d’acteurs. Ils sont une force de proposition. On peut lier la pièce à l’étranger, venu d’un flux migratoire et qui apprend la langue du barbare pour pouvoir communiquer. C’est du théâtre familial qui propose tout de suite deux niveaux de lecture, dont un gentiment corrosif.” Baptiste avoue aussi qu’il s’est retrouvé plongé dans les films de son enfance, où des bandes de gamins se retrouvaient confrontés à des situations extraordinaires (Les Goonies, Les Gremlins, E.T.). “Ces sujets reviennent actuellement avec Ça ou la série Stranger Things, ces revivals avec des gosses qui jouent dans des sous-sols.” g

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Déluge Pour suivre cette “Journée perturbée pour clown optimiste”, sous-titre du spectacle présenté au Théâtre de Vénissieux le 17 novembre à 20 heures, Rémi Lasvènes se met en quatre, jongle autant avec les balles que les impondérables, en écoutant imperturbablement à la radio des actualités “catastrophiquement burlesques”. Pour tout public à partir de 6 ans. Tarifs : de 8 à 19 euros. Réservations : 04 72 90 86 68.


CULTURE

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

PATRIMOINE RÉGIONAL

À VENIR École de musique Jean-Wiener Après l’heure en musique proposée le 18 novembre à 15h30 à la médiathèque Lucie-Aubrac (voir p. 16), l’école de musique revient au bercail le 21 novembre à 18h30 avec un concert salade. Puis, le 24 novembre à 19 heures, à la salle Érik-Satie, Chanteclair au pays des merveilles nous enchantera en compagnie de Lethé musicale, centre de pratique et d’enseignement de la musique à destination des personnes en situation de handicap. Renseignements: 0437250277.

choral que la danse contemporaine et qui proposera son spectacle D’accords. www.billetweb.fr/fusiondaccords

on jouera sont: accent, bagou, griot, jactance, ohé, placoter, susurrer, truculent, voix et volubile. Renseignements à l’Espace Pandora: 0472501478 espacepandora@free.fr

Le Porte-Pôt Le 17 novembre à 19h30, à l’épicerie-comptoir vénissiane, ce sera Noël avant l’heure! Les DoBeat’Show assureront un “pop rock roulé sous les aisselles”, fortement inspiré par Le père Noël est une ordure. 329, route de Vienne 0472628618.

Chœur Fusion

Dis-moi dix mots sur tous les tons

Entraîné par Mick Wagner au sein de l’école de musique de Vénissieux, le chœur Fusion donne en concert Lumière, action! le 12 novembre à 15h30 à l’Espace Albert-Camus, à Bron. Il sera accompagné sur scène par Répète un peu pour voir, un groupe parisien qui pratique autant le chant

Relayée par l’Espace Pandora, l’opération des dix mots est bien repartie. Il s’agit d’utiliser un, plusieurs ou l’ensemble des dix mots et de réaliser une création littéraire, visuelle, sonore, etc. Lesquelles doivent être envoyées par courriel à Pandora avant le 30 mars. Les mots avec lesquels

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Salon de Lyon et Sud-Est La 90e édition de la grande manifestation artistique lyonnaise se tiendra au palais de Bondy (18, quai de Bondy, dans le 5e arrondissement) jusqu’au 19 novembre. Peintures, sculptures, gravures, dessins, photographies seront au rendez-vous. Pour ces dernières, retenons que la série intitulée Ophélie au fil du Gand est due au talent de Josette Vial, qui fut jusqu’à il y a peu photographe de la Ville de Vénissieux. Parmi les nombreux hommages du salon, signalons enfin celui rendu à Pierre Giouse, poète et artiste vénissian disparu en juillet dernier. Ouvert du jeudi au samedi de 14 à 19 heures, le dimanche de 11 à 17 heures.

Votez pour votre site historique préféré “La Région veut prendre soin de

le Rhône et la Métropole, on

son président, et son équipe ont

site

son histoire !” Laurent Wauquiez, donc choisi une cinquantaine de

sites disséminés en Auvergne et

Rhône-Alpes, “qui incarnent l’Histoire de France” et les proposent au vote des habitants. Pour “bâtir

le réseau des grands sites qui fondent l’identité de la nouvelle région”.

Jusqu’au 19 novembre, on pourra voter pour un site dans chaque

département, et même en proposer qui ne sont pas dans la liste.

“Un pays, remarque Laurent Wauquiez, a besoin de se souvenir de

son passé. Ce n’est pas une nostalgie mais une promesse d’avenir.”

Parmi les sites mentionnés dans

Cinéma Gérard Philipe Ce 9 novembre à 14 h 15, dans le cadre de Ciné Collection, est présentée la meilleure adaptation à l'écran du roman d'Octave Mirbeau. Après Jean Renoir (1946) et avant Benoît Jacquot (2015), Luis Buñuel aiguise en 1964 sa férocité sur la bourgeoisie, le militarisme et l'extrême droite.

gallo-romain

de

Saint-

Romain-en-Gal, les pierres dorées

du Beaujolais, Notre-Dame de Fourvière…

Mais quid des sites qui ont été importants mais dont il ne reste

plus de traces, comme le camp d’internement des Juifs à Vénissieux ?

Laurent Wauquiez le rapproche de

Gergovie, lieu de la défaite de Jules César face à Vercingétorix. “Ce sont des lieux emblématiques, qui pour-

ront être étudiés avec des équipes pédagogiques dans des projets éducatifs.” g

LE VOTE SE FAIT SUR AUVERGNERHONEALPES.FR CHOISIR L’ONGLET “TOUTES LES ACTUALITÉS” ET DANS “LA RÉGION FIÈRE DE SON HISTOIRE”.

ALLER

12, avenue Jean Cagne 04 78 70 40 47 cinemagerard.philipe@ville-venissieux.fr

Classé Art et Essai

Journal d'une femme de chambre

trouve la chapelle de Brouilly, le

COUP DE PROJECTEUR

L’oraison du plus fort DÉTROIT

DE KATHRYN BIGELOW

Parce que la police de Detroit vient remettre de l’ordre dans une soirée privée, interpellant tous les participants (noirs) pour vente illégale

Iqbal La Semaine des droits de l'enfant nous permet de découvrir Iqbal, film d'animation sur un jeune Pakistanais réduit en esclavage, le 22 novembre à 14 h 30. La projection sera suivie d'un débat.

De sas en sas Pour sa première réalisation, l'actrice Rachida Brakni surprend avec un film sur la prison de Fleury-Mérogis. La projection du 23 novembre à 20 h 30, qui s'intègre aux Journées nationales des prisons, sera suivie d'un échange avec les membres du groupe local Concertation Prison.

Tarif plein : 6,70 €, tarif réduit : 5,80 €, tarif Est-Écrans : 5 € / - de 14 ans : 4 €. Carte Est-Écrans valable un an à partir de la date d’achat. Supplément : 1 € pour séances en 3D. www.ville-vénissieux.fr/cinema/grac.asso.fr/salles/64-cinema-gerard-philipe

Séances pour sourds et malentendants Jalouse (9 novembre à 18 h 30) ; Maryline (16 novembre à 18 h 30).

d’alcool, le quartier s’enflamme et

l’arrestation tourne à l’émeute. Nous sommes en 1967, dans une

ville où, progressivement, les Blancs aisés se sont déplacés vers

les banlieues, abandonnant le centre à une population pauvre. Le combat pour les droits civiques des Noirs est alors loin d’être achevé

— il ne l’est d’ailleurs toujours pas

confondus : la police de Detroit, la

surrection, les flics sont nerveuse-

policiers, incarné par l’étonnant

aujourd’hui. Dans ce contexte d’inment

épuisés

(un

rappel

de

l’actualité). La situation offre une

porte ouverte aux racistes qui, à l’abri de leur uniforme, peuvent se lâcher dans des exactions insoutenables.

Un groupe de personnes composé

de jeunes Noirs et de deux femmes blanches va avoir fort à faire avec

les forces de l’ordre, tous corps

Garde nationale et l’armée. Un des

Will Pouter, horrible dans son abjection, prend les commandes et fait subir aux pauvres jeunes terrorisés une nuit d’épouvante.

Clinicienne dans sa mise en scène,

Kathryn Bigelow suit le parcours

des uns et des autres jusqu’au triomphe — c’était malheureusement attendu — de l’Amérique blanche. g


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SPORTS

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

Outre les actions de sensibilisation auprès des enfants de primaire, on va sur le terrain sportif afin que contrôleurs et conducteurs d’un côté et les jeunes de l’autre se côtoient pour apprendre à se connaître, à comprendre ce que l’autre vit, pour briser les a priori. Jean-Pierre Chartre, responsable du département contrôle-intervention

SPORT ET CITOYENNETÉ

Carton rouge à la fraude n apparence, un tournoi de

E

Keolis avait proposé à une quin-

vendredi 27 octobre, au

et contrôleurs des lignes C12 et T4

défouler dans des rencontres sans

“Nous agissons sur la verbalisation

des Minguettes, une équipe fémi-

Chartre, responsable du départe-

futsal comme les autres, ce

Comme Saint-Priest et Bron, Vénissieux entretient un partenariat avec Keolis pour réduire la fraude dans les transports publics. Illustration avec un match de futsal entre jeunes Vénissians et employés des TCL, au gymnase Elsa-Triolet.

gymnase Elsa-Triolet. Une cinquantaine de sportifs attendent sagement leur tour avant de se enjeu : des moins de 18 ans du club nine issue de l’association vénissiane Be Foot, et, tiens, des adultes

arborant un t-shirt floqué Keolis

avec le blason AS Vénissieux Min-

guettes. Le stand “réconfort” est lui aussi estampillé Keolis et distribue des boissons fraîches, des fruits et

des… quiz. Que vient faire là le

délégataire de service public

chargé de l’exploitation du réseau TCL ?

En partenariat avec le service

municipal des sports et le club de

foot de l’AS Vénissieux Minguettes,

zaine de conducteurs, conductrices de venir jouer aux Minguettes (1).

COMPRENDRE CE QUE L’AUTRE VIT

bien entendu, explique Jean-Pierre

ment contrôle-intervention (DCI)

de Lyon. Mais également dans le domaine de la prévention. Outre les

conducteurs-jeunes de l’AS Min-

de valider mon ticket. Enfin, je n’en

les liens”, s’amuse Heni Ounalli,

même temps que quelqu’un d’au-

guettes. “Pour resserrer davantage agent de maîtrise. Avant d’enfiler

son maillot “Kéolis-AS Minguettes”, Nadir Benali, un autre agent de prévention, invite des licenciés du

club des Minguettes à venir ren-

forcer son équipe. Waïl et Soussou,

15 ans chacun, résidents de la “Pyr” acceptent l’invitation. “C’est sympa ce petit match !”

SOUSSOU TENTE UNE FEINTE

Concernant la fraude, les deux compères ne se défilent pas : “Il

m’est arrivé de frauder, explique le premier, mais pas en allant au collège : j’y vais à pied ! Bon, pour aller

en ville, il m’est déjà arrivé d’oublier

ai pas pris, j’ai passé le portique en

tre.” Depuis qu’il est à Jacques-Brel, le second est titulaire d’une carte Técély. “Mais j’ai déjà resquillé, il y

a quelques années. Vous savez, quand on n’a pas d’argent… Je me

suis fait choper une fois.” Puis se tournant vers Jean-Pierre Chartre,

il tente le coup, avec un grand sou-

rire : “Si je mets le maillot Keolis-AS Minguettes que vous nous avez offert, je passe gratos ?” g

DJAMEL YOUNSI (1) LA RENCONTRE S’EST DÉROULÉE LA VEILLE DE L’AGRESSION D’UN CHAUFFEUR DE LA LIGNE C12, AVENUE MARCEL-CACHIN. LOIN DE REMETTRE EN CAUSE CE GENRE DE RENCONTRES, CET ÉVÉNEMENT LES REND PLUS INDISPENSABLES ENCORE.

actions de sensibilisation auprès des

Frauder, c’est tricher

rain sportif afin que contrôleurs et

La fraude sur le réseau des transports en commun lyonnais représente un manque à gagner de 10 millions d’euros par an pour l’opérateur. L’équivalent de l’achat de 40 nouveaux bus, de quatre rames de tramway ou d’une rame de métro, des équipements qui amélioreraient les conditions de transports. Frauder, c’est donc comme marquer contre son camp. Pourtant, 13 % des voyageurs fraudent. Un taux que le délégataire de service public entend faire passer à 10 % à court terme, puis à 5 %. Plus de 23 000 contrôles sont effectués chaque jour.

enfants de primaire, on va sur le terconducteurs d’un côté et les jeunes de l’autre se côtoient pour appren-

dre à se connaître, à comprendre ce que l’autre vit, pour briser les a priori.”

Au gymnase Elsa-Triolet, l’ambiance est donc bon enfant, ce soir-

là. Il y a même une équipe mixte


SPORTS

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

NOUVEAUTÉ

Samedi 11 novembre ● Championnat de foot fauteuil au gymnase Elsa-Triolet organisé par Handisport Lyonnais, de 9 à 19 heures. Le lendemain, suite et fin de 9 à 12 heures. ● L’équipe de futsal de l’AS Vénissieux Minguettes reçoit Clénay FC au gymnase Anquetil, à 16 heures. ● Les footballeurs de l’US Vénissieux reçoivent SaintGenis-Laval (2) au stade Laurent-Gérin, à 20 heures. ● Cyclo-cross de Vénissieux Parilly organisé par l’ACMV au parc de Parilly. Départ pour les catégories jeunes, de 7 à 16 ans, à 13 h 15. Les courses pour les plus de 16 ans démarrent à 15 heures. Plan et accès : www.acmoulinavent.com

Ça ressemble à du karaté (enchaînements), ça en a la

couleur (kimonos blancs de

rigueur), mais c’est du KDT,

du karaté défense training. Terminologie créée, fabri-

quée et imposée par la fédération

pour

licencier

davantage de personnes au

karaté ou disciplines associées.

“C’est un autre public qui est

visé, concède Djamel Bezriche, boss sportif du Sen

Dimanche 12 novembre

No Sen. En résumé, c’est une

discipline destinée au tout

public, à des gens qui veulent oublier la gestuelle

cadrée et imposée par le karaté traditionnel.

ailleurs karatéka traditionnel, est là pour

niques de percussion, les coups de poing,

s’amuse-t-il. Tout le contraire de Clarisse,

tion, avec des protections. Ces techniques

uniquement à faire des heures sup’ pour

On en fait pour se lâcher un peu. Les techde pied, de genou sont autorisés. Mais attende défense s’effectuent le plus souvent sur

des boucliers ou cibles tenus par un partenaire ou par l’enseignant.”

Le lundi soir, une quinzaine de karatékas

viennent se dépenser au gymnase du Centre. “La plupart sont déjà licenciés en karaté pur, explique Ghislaine Barbin, présidente

du club. Quelques-uns ne sont pas des habi-

apprendre la défense. “Ça peut servir”,

fana de karaté de compétition, qui cherche

● Les rugbymen de l’USV reçoivent le Servette de Genève au stade LaurentGérin, à 15 heures. ● Les basketteuses de l’ALVP reçoivent l’AL Caluire au gymnase Anquetil, à 15 h 30.

Samedi 18 novembre

Essayer le KDT, c’est l’adopter ? “Ça a le

Les footballeurs de l’AS Vénissieux Minguettes reçoivent Bords de Saône FC au stade Laurent-Gérin, à 18 heures. ● En 32e de finale de la coupe de France, les handballeurs du VHB (N2) accueillent Annecy-le-Vieux (N2) au gymnase Tola-Vologe, à 20 heures.

moyen de se défouler, conclut Bezriche. Et

Dimanche 19 novembre

s’entretenir. “Pas question d’apprendre à

me défendre. Uniquement l’envie de transpirer et de voir autre chose d’un peu moins formel. Et ça fait vraiment du bien, après une heure de cours, on transpire.”

mérite de déstresser le pratiquant, c’est un

tués des tatamis, ils viennent découvrir

c’est sans prétentions.” g

Du haut de ses 15 ans, Hani (en photo), par

KARATÉ DÉFENSE TRAINING AU GYMNASE DU CENTRE LUNDI À PARTIR DE 19 H 30. TÉL. : 06 12 38 07 69.

cette discipline.”

RÉTRO

AGENDA

Le KDT, du karaté comme défouloir

19

● Les basketteurs du CLAM-V

reçoivent le CLAR au gymnase Alain-Colas, à 15 heures.

1986 : le CMO-Vénissieux intouchable à Nîmes Une photo de sport rangée dans votre armoire à souvenirs ? L’envie de la commenter ? La rubrique “Rétro sportive” d’Expressions est la vôtre.

De gauche à droite, Ludovic Lorchel, Lionel Garon, Ahmed Tahar, Jean-Philippe Del Rey, Aslem Badad, David Lorchel, Nicolas Houël, Richard Gadoud, Serge Houël.

Nicolas Houël se souvient. “Cette année-là, nous

avions tout gagné au Grand Prix de Nîmes, chez les

masculins et les féminines. Notre groupe était préparé et entraîné par Bachir Salmi. On pouvait compter sur une équipe très éclectique, avec par exemple

Aslem Badad, qui s’illustrera plus tard au foot, ou Jean-Philippe Del Rey, karatéka, devenu responsable

du Bunkaï à Vénissieux. Le CMO-V évoluait à un

haut niveau en fédération française de gym et, à la fin de la saison, Pascaline Mazuir, Patricia Rinaudo et Cécile Perez intégraient le pôle France féminin. Le 22 novembre, les sections du CMO-V devenaient autonomes, la gym rythmique nous quittait pour

aller voler de ses propres ailes. En décembre, Pas-

caline signait au centre de Marseille, devenant membre à part entière de l’équipe de France, alors que

Patricia rejoignait le centre régional de GR de Saint-

Étienne. Et enfin, le club sortait son premier journal interne.” g

KICK-BOXING

Farès Ziam, espoir multicartes Farès Ziam a de qui tenir. Son père,

boxing. Et l’été dernier, il a occupé

glaise) de bon niveau il y a quelques

des Sports de Vénissieux.

Taïeb, a été un boxeur pro (à l’an-

années. Impossible de suivre le rythme infernal de ce jeune combat-

tant multicartes capable de s’expri-

mer en judo, K1, kick-boxing japonais, pancrace, ju-jitsu brésilien, kick-boxing, et même en mixed mar-

tial arts (MMA), cette discipline inter-

dite en France qui associe pugilat et lutte au corps à corps.

Du haut de ses 20 printemps, Farès poursuit parallèlement un cursus

supérieur en sciences et techniques des activités physiques et sportives à Lyon 1. Il a été couronné champion

de France universitaire de kick-

un poste de vacataire à la direction Samedi 28 octobre, au palais des

sports de Gerland, il était invité pour

participer à un championnat du monde de kick-boxing de grand standing organisé par Glory 47, dans

lequel figurait notamment Yohan Lidon, vedette lyonnaise de la disci-

pline. Face à Mohamed Souane, un

spécialiste, Ziam, leader du team

Ezbiri, a tenu la distance et obtenu le match nul. Bonne préparation

pour cet athlète complet, parti la semaine dernière avec l’équipe de

en UFC, Ultimate Fighting Cham-

objectif est de progresser, notamment

d’arts martiaux mixtes.” g

France en stage en Algérie. “Mon

pionship, organisation américaine


SPORTS

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Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

HAND-BALL

ASM/USV

Le HBV inspiré en coupe

La fusion en marche

Si leur bilan est plutôt mitigé en championnat (2 succès, 3 défaites), les Vénissians reprennent des couleurs en coupe de France. En cas de succès face à Annecy, le 18 novembre prochain, ils pourraient affronter une équipe de l’élite en 16e de finale.

L

la mise en place de commissions :

est envisageable sur un match, il est

rité et gouvernance.

3 ou de 4 niveau (Nationale 1 ou 2) e

Le site internet de l’ASM précise

atteindre les 32e ou 16e de finale. En

que les dirigeants “souhaitent

éliminant Villefranche, formation

unir leurs forces dans l’intérêt du

de Nationale 1, lors du 4e tour de

foot et de la jeunesse vénissiane…

l’épreuve, le 28 octobre, le VHB s’est

pour mettre en place un projet

pourtant offert un billet pour les 32e

sportif et socio-éducatif”. La pro-

de finales. Pas fréquent pour une

chaine réunion est prévue le

équipe de N2, l’équivalent de la

17 novembre.

4 division. Comme le souligne Bere

Du côté de la direction munici-

nard Malfondet, ancien président

pale des Sports et de la Jeunesse,

du club vénissian, et dirigeant de la

Benoît Depierre confirme que la

fédération française de hand, il n’y

Ville, bien évidemment partie

a que quelques exemples d’équipes

prenante et à l’écoute de l’évolu-

évoluant en Nationale à être parve-

tion de cette fusion, avait initié ce

nues en 32e puis en 16e de finale de

Face à Villefranche, on a longtemps

Les Vénissians (en rouge) affrontent Annecy-le-Vieux ce 18 novembre avec pour objectif un billet pour les 16e de finale.

tée, les Caladois avaient pris leurs

ment touché, Mathias Ortega, l’arti-

sians. Ce qui eut le don de faire réa-

son armada habituelle.”

gérer un avantage souvent confor-

Vénissieux, passé par le PSG puis

sio, qui prenait l’ascendant et un

accueilleront Annecy-le-Vieux, so-

rejoindre à la pause, la formation dirigée par Dragos Mocanu payait un relâchement certain, complété par un sursaut d’orgueil des Vénis-

sians qui commençaient à moins douter, et à oser davantage. Légère-

animation,

sponsoring, équipement, sécu-

de 2e division (ProLigue), voire de

10e minute). En se faisant presque

sportive,

administrative/communication,

très rare de voir une équipe de hand

table (3 à 4 buts d’écart, 7-3 à la

guettes sont passés au stade

récemment afin de plancher sur

Ainsi, au contraire du foot, où tout

marques, avant de se contenter de

de l’US Vénissieux et de l’AS Min-

niques des deux clubs s’est tenue

façon selon les disciplines.

cru que la logique allait être respec-

table pôle féminin, les dirigeants

cielle réunissant les cadres tech-

n’opère pas de la même

la coupe.

nines, puis la création d’un véri-

supérieur. Une rencontre offi-

a magie coupe de France

e

Après la fusion des équipes fémi-

ficier caladois, attaquant formé à l’Espagne, restait sur le banc. Un

souci en moins pour les Vénissians

qui allaient pourtant être pénalisés par la fougue et la roublardise de Niels Arbey — encore un ancien

Vénissian — capable d’inscrire six buts et de provoquer l’exclusion temporaire de trois ou quatre Vénis-

gir le groupe du coach Olivier Odi-

court avantage à moins de trois

minutes du coup de sifflet final. Avantage qu’ils préservaient jusqu’à

la fin de la rencontre (25-23). “Ne

OMS et Mouvement sportif. g

lide formation de N2… qui évolue

dans la même poule qu’eux, et qu’ils recevront le 9 décembre. En cas de succès et qualification pour les 16e

de finale, le VHB pourrait être

pas donné sa pleine mesure pour la

coupe, le conditionnel étant de

coupe et ne s’est pas déplacée avec

2016, lors de la Rencontre Ville-

En 32e de finale, les Vénissians

nous emballons pas, tempère l’en-

traîneur du VHB. Villefranche n’a

processus de rapprochement en

opposé à un club de l’élite… En rigueur. g

LES RÉSULTATS DE LA QUINZAINE Basket-ball Les Corses sont intouchables à domicile, les Vénissianes de l’ALVP en ont fait l’expérience, s’inclinant 66 à 47 à Furiani. Avec ce 3e revers, elles se contentent de figurer en milieu de tableau de N3 F.

Football Samedi dernier, au stade Laurent-Gérin, l’équipe fanion de l’AS Vénissieux Minguettes a renoué avec le succès en disposant de l’US Feurs 4 à 1. Les Vénissians occupent une place d’outsider en Régionale 2. Succès encourageant pour la Une de l’USV, victorieuse à Chambost, lanterne rouge (4-2). Une 3e victoire qui propulse les Vénissians sur

la 3e marche du podium avec le Pays de L’Arbresle.

Handball Samedi, au gymnase Tola-Vologe, les handballeurs du VHB ont offert deux visages. D’abord pâlot avec un retard de 5 buts face à Beaune. Puis rassurant lors d’une fin de partie délirante. Hélas, un penalty raté à la dernière seconde les prive du partage des points, Beaune l’emportant 28 à 27.

Rugby Il fallait s’y attendre. Face l’une des deux meilleures formations de Promotion d’Hon-

neur, les Vénissians n’ont pas pesé lourd, au stade Laurent-Gérin, s’inclinant 64-7 face à l’US Pays de Gex Rugby. Sans aucun succès, le XV de l’USV reste solide lanterne rouge.

Judo Intégrée dans l’équipe du Rhône participant au championnat de France installé à Ceyrat (Puy-de-Dôme), Émilie Andéol (ALVP) a atteint les 8e de finale.

Karaté À l’occasion de l’Open Adidas, épreuve nationale, le cadet Ilies Elguir a remporté la médaille d’argent en moins de 52 kg.

Aux championnats départementaux, le Sen No Sen a trusté 18 médailles (7 en or, 4 en argent et 7 en bronze). Les karatékas titrés : les minimes Ghania Bellout, Nawel Mezouar et Anis Djebbar, et les juniors Séphise Aouf, Kamil Merah, ainsi que les équipes masculine et féminine juniors.

Athlétisme Lors du marathon du Charolais de Gueugnon, Morad Assam (AFA Feyzin-Vénissieux) a pris la 4e place au scratch. Au Lyon Urban Trail By Night, places d’honneur pour Manon Forat et Laurent Leroi, respectivement 11e sur 12 km et 12e sur 26 km.


SPORTS

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

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38e FOULÉE VÉNISSIANE

Vers un nouveau record de participants ? En raison des travaux du Puisoz, l’arrivée des courses majeures du 19 novembre ne se fera pas à hauteur du gymnase Jacques-Anquetil, mais au bout de la rue Général-Petit, face à la cité scolaire Sembat-Seguin. Malgré cette modification de parcours, les organisateurs s’attendent à une très forte participation.

S

i cette modification de parcours peut paraître anecdo-

tique, elle a causé bien des

soucis aux organisateurs : la direc-

tion municipale des sports, l’OMS et le club d’athlé de l’AFA Feyzin-Vénis-

sieux ont dû s’adapter à ces nou-

velles contraintes. “Il était évident

qu’un changement de parcours devait du boulevard Marcel-Sembat, détail-

lent les responsables de l’OMS, et pas

seulement le seul franchissement de

la ligne d’arrivée. On a procédé à quelques aménagements dès la sortie

du parc de Parilly, en prenant des ARCHIVES RAPHAËL BERT

bouts de rues en sens inverse vers la place Grandclément, en empruntant Joseph-Muntz par exemple, mais en

évitant la rue des Frères-Amadéo. Afin de garder notre statut de course

France, il était impératif que le 10 km

Pour cette 38e édition, les organisa-

fasse 10 km, le 21 km 21 km… On a

teurs s’attendent à une participation

modifiés et on a dû mesurer au cen-

gouement affiché par le milieu sco-

vérifié plusieurs fois les parcours timètre près les modifications apportées à l’aide de vélos.”

PLUS DE 2000 SCOLAIRES

au moins égale. “D’autant que l’en-

laire se confirme, notent Gilles Gaillard et Bernard Malfondet, pré-

sidents des commissions Animation

et Politique sportive et éducative à

INSCRITS

l’OMS. 2 014 scolaires de Vénissieux

vénissiane — les Foulées devrait-on

Pasteur et le groupe scolaire Flora-

Le succès rencontré par la Foulée dire — est incontestable. L’an der-

nier, ils étaient 1 205 à franchir la

ligne d’arrivée sur le 10 km, 352 sur le 20 km, 166 sur le 5 km, une cen-

taine sur les deux courses intergé-

nérationnelles. Et sur la Foulée des

scolaires, toujours programmée la

veille sur la piste du stade du Rhône de Parilly, les préposés aux maillots avaient distribué 1 761 dossards aux

départs des différentes courses. Soit

un total de 3 587 participants sur deux jours, un niveau record.

● Samedi 18 novembre Foulées des scolaires dès 9 heures au stade du Rhône de Parilly. ● Dimanche 19 novembre Départ donné à 9 heures pour le 10 km — des cadets nés en 20012002 aux seniors nés en 1978 et avant. Départ à 9 h 45 pour le semimarathon (21 km) — des juniors nés en 1999-2000 aux seniors nés en 1978 et avant. Départ du 5 km à 11 h 30 — des minimes nés en 2003-2004 aux seniors nés en 1978 et avant.

INFOS PRATIQUES

être envisagé en raison du chantier

qualifiante pour les championnats de

PROGRAMME

se sont inscrits alors que l’école

Tristan seront absents. Il ne nous

reste plus qu’à espérer qu’il n’y ait pas une alerte à la pollution ou une météo exécrable.”

Concernant la participation aux

courses du 19 novembre, il faudra attendre les dernières inscriptions pour en savoir un peu plus. Une cer-

titude : en raison des travaux, et face

aux difficultés rencontrées pour

trouver un nouveau tracé, la course du 1 km a été annulée. g

DJAMEL YOUNSI

Ce changement de parcours qui a causé bien des soucis aux organisateurs a entraîné l’annulation de la course du 1 km.

● Les inscriptions par internet sont ouvertes jusqu’au 12 novembre : www.terrede runners.com/inscriptionsaux-courses/foulee-venissiane ● Jusqu’au 17 novembre, vous pouvez vous inscrire à l’office municipal du sport, de 10 heures à 12 heures, et de 14 heures à 18 h 30, et par courrier. ● Pas d’inscription samedi et dimanche, uniquement retrait de dossard. ● Pas d’inscription par téléphone. ● Les dossiers doivent être complets : bulletin d’inscription, certificat médical ou licence et paiement. ● Dossards, vestiaires, douche et consigne gratuite au gymnase Jacques-Anquetil. Parking obligatoire à Carrefour. ● Un t-shirt offert à chaque participant dans la limite des stocks disponibles.

RÉCOMPENSES ET RECORDS ● Récompenses pour les trois premiers et trois premières du 10 km et du 21 km : 250 euros, 200 euros et enfin 180 euros. ● Les records à battre : Sur le 10 km, 29’ 34” établi chez les hommes en 2010. Chez les femmes, record de 33’ 24” réussi en 2012. Sur le 21 km, 1 h 06’ 02”, temps record établi en 2014 chez les hommes. Chez les femmes, le record est de 1 h 15 min 59 s.

INFOS AU 04 72 50 00 12 OU SUR WWW.OMS-VENISSIEUX.ORG


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AU QUOTIDIEN

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

EXPRESS

C’EST MON DROIT

Ce qui a changĂŠ le 1 novembre er

Le Pacs dĂŠsormais

concerne notamment les malades rĂŠnaux

Dix-huit ans après

malformations congĂŠnitales graves ou encore

en mairie

son adoption, le pacte civil de soli-

daritÊ (Pacs), qui permet d’unir deux

personnes majeures, de sexe diffĂŠrent ou de mĂŞme sexe, dĂŠmĂŠnage. DĂŠsormais, les cou-

chroniques en vue d’une greffe rĂŠnale, les les maladies graves du fĹ“tus. Enfin, la “visite

longue� passe de 56 à 70 euros. À part celle concernant les enfants exposÊs à un risque

d’obÊsitÊ, ces consultations sont prises en charge à 100 % par la SÊcu.

ples souhaitant s’unir sous le rÊgime du Pacs

Demandeurs d’emploi

tance mais directement en mairie, au service

mettant de toucher des allocations pendant

n’auront plus à se rendre au tribunal d’ins-

de l’Êtat civil. Il est toutefois nÊcessaire de

prendre RDV au prÊalable pour obtenir la liste des pièces justificatives à fournir (TÊl.: 0472214444).

L’âge d’entrĂŠe dans la “filière seniorsâ€? per-

36 mois maximum, jusqu’ici fixÊ à 50 ans, passe à 55 ans. Concernant les conditions d’at-

tribution de l’assurance chômage, il faudra

dĂŠsormais travailler 610Â heures ou 88 jours, contre 122 jours auparavant sur les 28 der-

Les tarifs changent chez le mĂŠdecin

Campagne d’hiver des Restos du Cœur Lesinscriptionspourlacampagned’hiverdesRestosont dÊbutÊ.Ellesontlieulesmardis, mercredisetjeudisde8 h 30à 11heuresetde13 h 30à15 h 30. Lesdistributionscommenceront le20novembre :leslundisde 13 h 30à16heures,lesmardiset jeudisde8 h 30à11heuresetde 13 h 30à16heures.Unefoispar mois,lespersonnespeuventbÊnÊficierduvestiaire(dondevêtements).Àleurdisposition Êgalementunebibliothèque pouremprunterdesromans, desBD,etc. Restaurantsducœur :11/13,avenuedelaRÊpublique. TÊl. :04 78 67 56 00.

niers mois.

Collecte nationale du Secours catholique

chez un gÊnÊraliste à 25 euros le 1er mai der-

DĂŠbut de la trĂŞve hivernale

consultation “complexe� (46 euros) concerne

prend acte Ă partir du 1er novembre. Les pro-

Touslesans,ennovembre,leSecourscatholiquelanceunecampagnenationalepourrecueillir lamajoritÊdesdonsquel’associationdestineauxpersonnes dÊmunies.ElledÊbuterale19 novembre,aveclapossibilitÊde faireundonenlignesurlesite www.secours-catholique.org. AVÊnissieux,l’Êquipelocaleproposeauxhabitantsunaccompagnementpourexaminerune situationfamiliale,uneaide auxdÊmarchesadministratives‌ Permanencelemardide9 à 11 heuresetde14à16 heures, 14,avenueJean-Cagne. TÊl. :04 78 67 77 93.

Après le passage de la consultation de base nier, deux nouveaux tarifs sont crÊÊs. La

Comme chaque annĂŠe, la trĂŞve hivernale

les enfants exposÊs à un risque d’obÊsitÊ, les

priĂŠtaires ayant obtenu une dĂŠcision de jus-

ou encore les jeunes filles de 15 Ă 18 ans sou-

de leurs locataires devront attendre le 1 avril

nourrissons nĂŠcessitant un suivi spĂŠcifique

tice concernant une procÊdure d’expulsion

haitant obtenir une contraception ou une

2018 pour la faire exĂŠcuter. g

La consultation “très complexeâ€? (60 euros)

BESOIN D’EN SAVOIR PLUS ? PRENEZ RENDEZ-VOUS AVEC LA MAISON DE JUSTICE ET DU DROIT DE VÉNISSIEUX AU 0472901820.

consultation de prĂŠvention contre les MST.

er

Bourse aux livres et jouets LeSecourspopulairefrançaisorganiseunebourseauxjouetset livrespourenfantssamedi18 novembreentre8 h 30et11 h 30dans seslocaux,99,boulevardJoliotCurie.

SoirÊe In Vino Veritas L’associationAlven-Cheminot organiselesamedi18 novembre à partirde17 heuresunesoirÊ InVinoVeritas.Rendez-vous àlasalleAlbert-RivatdelaMaison dupeuple(8,boulevardLaurentGerin)pourfêterlesvins primeursetdÊgusteruneassiette decharcuteries.9 eurosl’assiette,àconsommersurplaceou àemporter.Rens. :06 85 35 48 03. RÊdaction : 1, rue Gambetta 69200 VÊnissieux. TÊlÊphone : 04 72 51 18 12. Mail : redaction@expressions-venissieux.fr Site du journal : www.expressions-venissieux.fr ParaÎt un mercredi sur deux sur papier recyclÊ.

Directrice de publication : Christiane Brundu. RĂŠdacteur en chef : Gilles Lulla ✆ 04 72 51 18 12. RĂŠdacteur en chef adjoint : François Toulat-Brisson ✆ 04 72 51 76 65. SecrĂŠtaire de rĂŠdaction : Perrine Plateau. Journalistes : Michèle Feuillet ✆ 04 72 51 76 63. Jean-Charles Lemeunier ✆ 04 72 51 18 12. Alain Seveyrat ✆ 04 72 51 76 84. Djamel Younsi ✆ 04 72 51 76 62. Photographe : RaphaĂŤl Bert. Assistante de direction : Ghislaine DĂŠlĂŠaz. ChargĂŠe de publicitĂŠ : Caroline Goursolle ✆ 04 72 90 95 98 Éditeur : RĂŠgie autonome personnalisĂŠe du journal Expressions. Fabrication : IPS - 01 600 Reyrieux ✆ 04 74 08 96 96. Distribution : Codice - 69 200 VĂŠnissieux ✆ 04 72 33 04 30. Abonnement : 42 euros par an. Prix au numĂŠro : 1 euro. Tirage 32 500 exemplaires. issn : 1151-0935

Choucroute royale L’associationLoisirsetsolidaritÊ desretraitÊs(LSR)deVÊnissieux etSaint-Fonsproposeunrepas choucrouteroyalelelundi20novembreà 12heuresàlaMaison desfêtesetdesfamilles(salle n°1).Tarif :18euros. TÊl. :04 72 21 82 37/06 84 00 44 29. Email :lsr69@orange.fr

MENUS DES RESTAURANTS SCOLAIRES MENUS DU 9 AU 21 NOVEMBRE Jeudi 9 : saladed’endiveset croÝtons,vinaigrettemaison, rôtideveauauxchampignons, pommesnoisette,fromage blancnature*,fruitdesaison*, pain*. Vendredi 10 : saladedepÊpinettesaupesto,filetde poissonmarquÊaugrill,brocolisaucemornay,flan vanillenappÊcaramel*,pain*. Lundi 13 (menu bio) : pizzaaufromage*,boulettes depoischiches*saucetomate*,carottespersillÊes*, camembert*,fruitdesaison*,pain*. Mardi 14 :mâchevinaigrettemaison,filetdepoissonmeunière,torsades*etfromagerâpÊ,crème dessertvanille,pain*. Jeudi 16 : saladedelentillesvinaigrettemaison, sautÊdebœufà lamoutarde,chou-fleurauxchâtaignes,Babybel,fruitdesaison*,pain*. Vendredi 17 : cÊlerirÊmoulade,brandadedepoissonmaison(platunique),yaourtnature*,crèmecaramelauxœufs,pain*. Lundi 20 : saladevertevinaigrettemaison,sautÊde porcauxolivesoupouletsauceforestière,torsades* etfromagerâpÊ,pavÊd’affinois,compotede pommesvanilleetmadeleine,pain*. Mardi 21 : pizzatomatemozzarella,dÊsdepoisson sauceprovençale,haricotsvertspersillÊs*,liÊgeois auchocolat,pain*.

(*) PRODUITS BIO. LA RÉGIE DE RESTAURATION

PEUT ÊTRE AMENÉE À MODIFIER LES MENUS. CES MENUS SONT CONSULTABLES SUR LE SITE WWW.VENISSIEUX.FR

PRATIQUE NumÊros rapides d’urgence Samu :15 Policesecours :17 Pompiers :18 Violencesconjugales,victimeoutÊmoin :3919

Urgences mÊdicales MAISON MÉDICALE DE GARDE 17,placedelaPaix 04 72 50 04 05-appelprÊalableau04 72 33 00 33 Ouvertetouslessoirsde20 heuresà minuit ; lessamedisdemidiàminuit ; lesdimanchesetjoursfÊriÊsde10 heuresàminuit. CENTRE HOSPITALIER MUTUALISTE LES PORTES DU SUD 2,av.du11-novembre-1918 04 72 89 80 00 SOS MÉDECINS 04 78 83 51 51 CENTRE ANTIPOISON 04 72 11 69 11 PHARMACIES DE GARDE 3237RÊsogardes(0,34 ₏/minute) PHARMACIE OUVERTE LA NUIT PharmaciedesPortesduSud :49,boulevardLÊnine 04 72 89 40 62

SĂŠcuritĂŠ COMMISSARIAT DE POLICE 9,avenueMarcel-HouĂŤl. 04 72500476 POLICE MUNICIPALE 1,rueJean-MacĂŠ 04 72500272 TOP MUNICIPAL MĂŠdiation - prĂŠvention.  standard ouvert 24 h./24 365 j./an.04 72515253


HiStoirE

Mercredi 8 novembre 2017 - n° 634

23

tiques en été, comme le révèle le

Lyon-Républicain du 13 juillet

1917 : “Un certain nombre de Chinois sont entrés très nettement en

rébellion, refusant de retourner à

l’atelier et se livrant à des déprédations”. À chaque fois, la répression s’abat, impitoyable, comme

le 14 novembre, lorsque François

Guittard est écroué “pour avoir

tenu des propos alarmistes et défaitistes en présence de plusieurs ouvriers qui travaillaient avec lui”.

Le moral des Français, à l’arrière

comme au front, ne doit lâcher à

aucun prix. Aussi pour le soutenir,

PHOTO DR

Le charbon mais aussi le café, le sucre, la viande, et bien d’autres produits de première nécessité manquent à l’’appel. Les tickets de rationnement sont donc à l’ordre du jour.

1917 : chronique d’une année noire D

Par de brefs communiqués, le journal Lyon-Républicain raconte le quotidien des Vénissians durant la Première Guerre mondiale. Zoom sur leur vécu d’il y a cent ans. PAR : ALAIN BELMONT eux ans et demi qu’elle

d’attente se forment. Les plus

brillent par leur médiocrité ! Pour

lorsqu’un groupe de femmes pille

l’endure. Même si, chaque

des copeaux de bois distribués gra-

la guerre, l’on rationne donc le

Vénissieux. Les coupables sont

dure. Trente mois qu’on

matin, le journal déverse en pre-

mière page les nouvelles rassurantes d’incessantes victoires sur

les champs de bataille, taisant sys-

démunis, eux, doivent se contenter

tuitement par le Bureau de Bienfaisance (le CCAS de l’époque)…

RATIONNEMENT

tématiquement les reculades, les

Le combustible n’est pas le seul à

à l’arrière, les Vénissians n’en peu-

tidien des Vénissians. Le café, le

défaites cuisantes, les mutineries,

vent plus de cette guerre. Pour eux, l’année 1917 commence par un hiver particulièrement rigoureux.

L’on grelotte dès janvier, tandis qu’en février le thermomètre des-

cend à - 18°. Les troupes du général hiver livrent là l’une de leurs pires batailles du XXe siècle. Pourtant,

dans les maisons, l’on ne se chauffe

pratiquement pas. Depuis que l’en-

nemi a envahi les mines du nord de la France, les habitants manquent de charbon et les autorités

ne leur en délivrent qu’au compte-

gouttes. Le 24 février, enfin, une

livraison arrive en mairie : chaque famille pourra en acheter 50 kg —

autant dire trois fois rien. Les files

manquer. La pénurie mine le quosucre, la viande, et bien d’autres

produits de première nécessité

manquent à l’appel. Aussi les tickets de rationnement sont-ils à

l’ordre du jour, la Seconde Guerre

mondiale n’en ayant pas le triste

privilège. Régulièrement, la mairie

informe les habitants de venir s’inscrire avec leurs enfants pour

recevoir leurs cartes de distribution, puis les tient au courant des arrivages de telle ou telle denrée.

En 1917, tout le pays s’inquiète

pour les récoltes de blé. Vu la rigueur de l’hiver, seront-elles suf-

fisantes ? Le 31 juillet, les paysans

de la commune font part des moissons espérées. Catastrophe, elles

la première fois depuis le début de pain. La population reçoit ses cartes en octobre, puis, à partir du 5 décem-

bre, voit sa consommation réduite au strict minimum: 600 grammes de pain par jour pour les travailleurs de force, 400 grammes pour les “travailleurs de petits métiers”, et seule-

le charbon entreposé en gare de

débusquées des mois plus tard, en octobre, la police découvrant chez

elles “d’importantes quantités de charbon”. L’affaire est aussitôt confiée à la justice.

TENSIONS SOCIALES

ment 200 grammes pour le reste des

Les tensions sociales de cette

famine va-t-elle s’abattre sur la

des grèves. Très dures, à revendi-

habitants et pour les enfants. La population ? Comme en toute période de crise aiguë, l’on assiste

à une flambée de violence. Le 12 mars, un entrepreneur de

Parilly constate que son stock de bois s’est volatilisé et dépose plainte. Le 20 mars, “vers 9 heures

du soir, quatre Espagnols ivres sont entrés au café Paillet et, sans motif,

ont mis l’établissement à sac. Verres, glaces, devanture, rien n’a été épargné”. Le 12 avril, c’est au

tour du café Chirat de faire les frais

de visiteurs nocturnes. Le summum est atteint le 6 juillet,

année 1917 se traduisent aussi par cations à la fois pacifistes et sala-

riales, elles éclatent en juin et paralysent les transports en com-

mun et plusieurs secteurs indus-

triels. Mais leur écho se fait à peine entendre à Vénissieux. Résultat d’une censure oublieuse des mauvaises nouvelles ? Car de

fait, le malaise est bien là, qui se manifeste par l’arrestation dès le

7 mars de l’Espagnol Miguel

Alphonso “qui essayait de débaucher ses compatriotes travaillant pour la défense nationale”, puis

par une révolte d’ouvriers asia-

le journal informe-t-il régulière-

ment des citations et des décorations reçues par les Poilus vénissians. Dans les Vosges, en Champagne, sur le Chemin des

Dames ou dans le Nord-Pas-deCalais, les mobilisés subissent le

feu, l’horreur, l’absurdité d’un conflit sans fin, et versent leur

sang pour en venir à bout. Comme Victor

Malartre,

“courageux

mitrailleur. S’est fait remarquer par son allant au cours de l’attaque

du 16 avril 1917. Est tombé mortellement frappé en attaquant les

lignes ennemies. Sur le front depuis le début”. Ou comme Claude

Girerd, “mitrailleur affecté à l’attaque du 5 mai 1917, en dépit d’un violent bombardement, a fait

preuve d’un sang-froid et d’un courage remarquable, en exécutant

des tirs de harcèlement sur des groupes ennemis qui gênaient la progression du bataillon”.

L’année s’achève enfin. Le 31 décem-

bre 1917, en guise de vœux, la der-

nière page du journal informe les

Vénissians d’une prochaine vente de

bois à brûler, et de la distribution en cours des carnets de rationnement du sucre. On n’en sortira donc jamais, de cette maudite guerre! g

SOURCES : ARCHIVES DU RHÔNE, 2 MI 107/R 21, LYONRÉPUBLICAIN, 1/1 AU 3/12/1917.

Courageux mitrailleur. S’est fait remarquer par son allant au cours de l’attaque du 16 avril 1917. Est tombé mortellement frappé en attaquant les lignes ennemies. Sur le front depuis le début.

Victor Malartre, Poilu vénissian cité par le Lyon-Républicain


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Expresssions 634