Page 1

DARNAISE

LOGEMENT SOCIAL

En novembre 2017, le cabinet médical qui jouxte la pharmacie de La Darnaise a baissé le rideau. Mais alors que la médecine de ville peine à satisfaire les besoins des patients, les locaux sont loués depuis janvier 2018 par un médecin gériatre… qui n’y exerce aucune activité. Une pétition dénonçant cette situation a déjà recueilli quelque 500 signatures dans le quartier.

Deux appels ont été lancés simultanément en faveur d’une autre politique du logement social. Le premier concluait le festival international qui s’est tenu à Lyon sur le sujet. Il demande à l’Europe de s’engager sur la voie d’un logement social abordable. Le second, émanant d’associations de locataires et signé par plusieurs élus vénissians, interpelle directement la Métropole de Lyon.

Il y a urgence

PAGE 8

PHOTO RAPHAËL BERT

À la recherche du médecin fantôme

PAGE 5

N° 672 du 26 juin au 9 juillet 2019

www.expressions-venissieux.fr

Une saison renversante Vingt-sept spectacles dont neuf créations, pour tous les goûts, tous les âges. Et une volonté affirmée de conduire le public sur des terres inconnues. La saison 2019-2020 du Théâtre de Vénissieux s’annonce aussi plaisante que surprenante. DOSSIER PAGES 9 À 11

FINANCES COMMUNALES

L’épargne au plus haut, la dette au plus bas P. 2

ÉDUCATION

De Vénissieux à Tokyo, ils s’écrivent en latin P. 7

HISTOIRE

Les Chaponay, seigneurs de Vénissieux

PHOTO COLLECTION PRIVÉE

P. 15

PHOTO CHRIS HERZFELD

Leur blason avait une allure on ne peut plus champêtre : trois coqs jaunes un tantinet grassouillets, avançant une patte en l’air, sur un fond de ciel bleu ! Plutôt que de mettre en avant leurs exploits militaires, les Chaponay avaient préféré jouer avec leur nom : le chapon serait leur emblème, pendant plus de 500 ans.


ACTUS

FINANCES COMMUNALES

L’APPEL DU 18 JUIN 1940

“Une flamme fragile dans la nuit noire”

L’épargne au plus haut, la dette au plus bas omme de coutume avant

C

pour s’établir à 14,6 millions d’euros.

ses dépenses.

17 juin dernier comprenait

inverse: en baisse constante depuis

contractées afin d’anticiper les

que du budget supplémentaire 2019.

et demi. La dette par habitant est

l’été, le conseil municipal du

un gros “paquet” financier avec

l’examen des comptes administratif

et de gestion de l’année 2018, ainsi Des délibérations techniques, parfois difficiles à déchiffrer, mais qui don-

nent une photographie précise de la situation financière de la commune. Premier enseignement: avec des

recettes de fonctionnement en hausse de 1,8 % et des dépenses en

baisse de 0,5 %, l’épargne brute, autrement dit la capacité d’autofi-

nancement, s’améliore pour la qua-

trième année consécutive et atteint son plus haut niveau depuis 2008

Le stock de la dette suit une courbe

2015, il tombe à 50,8 millions d’euros. La capacité de désendettement de la Ville passe en dessous des trois ans

désormais inférieure à 800 euros, contre une moyenne de 1390 euros pour les communes de taille équivalente.

“Les efforts de gestion portent leurs

fruits”, s'est félicité Bayrem BraïKi, adjoint au maire en charge des finances. De fait, en 2018, sur la lan-

cée du plan d’économies engagé en

2016, Vénissieux a largement rempli le contrat imposé par l’État de ne pas dépasser 1,46 % de progression de

“Nous les avons volontairement

charges nouvelles à intégrer avec le

retour à la semaine des quatre jours qui nous a fait perdre le fonds de soutien de l’État de 800000 euros”, a sou-

ligné le maire, Michèle Picard. Avant

PHOTO RAPHAËL BERT

2

Mercredi 26 juin 2019 - n° 672 / EXPRESSIONS

de préciser que “ces finances saines ne doivent pas nous conduire à relâ-

cher nos efforts car l’horizon reste incertain locales”.

pour

les

collectivités

L’appel du général de Gaulle, dont

Michèle Picard, entourée de plu-

approuvé ces différentes délibéra-

versaire, a été commémoré ce

municipaux. “L’appel du 18 juin

contre, tandis que l'UDI et les divers

Libération du parc Louis-Dupic.

Tous les groupes de la majorité ont tions. Dans l'opposition, le PS a voté droite s'abstenaient. g

G.L.

on célébrera en 2020 le 80e anni-

18 juin face au monument de la

Un appel qui, au moment où il était lancé depuis Londres sur les ondes de la BBC, a touché en réa-

lité très peu de Français. C’était d’abord une réponse à un autre

GRAND PARILLY

discours prononcé la veille, celui du maréchal Pétain, demandant

Un peu plus de logements, un an plus tôt

l’armistice et invitant ses compatriotes à cesser le combat.

“Pétain a tué la république, de

Gaulle veut la rétablir”, a rappelé

L’opération Grand Parilly, qui connaîtra un début de concrétisa-

sieurs adjoints et conseillers

1940 est une flamme fragile dans la nuit noire que le nazisme et le

fascisme font tomber sur le Vieux Continent. […] Pour toutes les générations, il y a beaucoup de choses à retenir de cette date: l’au-

dace, l’insoumission et la capacité

à ne pas se résigner, la volonté de résister aux idées d’extrême droite et réactionnaires. Oui, il y a beau-

coup de leçons du passé à faire fructifier dans le monde d’aujourd’hui.” g

RENAULT TRUCKS À l’Est, un camion poubelle 100 % électrique

tion à la rentrée avec l’ouverture

d’Ikea, a fait l’objet d’un premier avenant lors du conseil municipal

du 17 juin. Il s’agissait d’intégrer deux évolutions dans le Programme

urbain partenarial (PUP) signé en juillet 2016: une légère augmenta-

tion de la surface de plancher dédiée de 43000 à 44967 m2), ainsi qu’un avancement du planning de livrai-

son de juin 2022 à juin 2021. “Ces 32 logements en accession s’ajoutent

à ceux prévus dès l’origine. Ils seront

ter et d’anticiper ces besoins, la par-

deux classes en bâtiments modu-

du côté de l’avenue Joliot-Curie”,

est portée de 2900000 euros à

tension de Jules-Guesde.

construits à proximité du futur hôtel,

indique Thierry Darmangeat, qui supervise l’opération pour la société Lionheart, en charge de l’aménagement du site.

Il faut savoir que dans le cadre d’un

PUP, l’aménageur doit prendre en

charge le coût des équipements publics à réaliser pour répondre aux

besoins des habitants. L’avenant ayant pour conséquence d’augmen-

ticipation financière de Lionheart 3054786 euros.

La Ville, qui avait initialement prévu

de livrer les travaux d’extension du groupe scolaire Jules-Guesde en

juin 2022, s’adapte au nouveau calendrier par la mise en place dès 2020 d’un périmètre scolaire com-

mun visant à rééquilibrer les effec-

tifs des écoles Jules-Guesde et Parilly,

puis en installant l’année suivante

laires à Parilly, avant de réaliser l’ex-

À noter que les élus écologistes, pourtant membres de la majorité municipale, n’ont pas approuvé cette délibération. Par la voix de

Georges Bottex, ils ont dénoncé “l’augmentation du nombre de

logements de ce programme déjà

lourd qui va dénaturer la vie du quartier”. g

G.L.

PHOTO THIERRY FOURNIER

PHOTO RAPHAËL BERT

aux logements familiaux (elle passe

Pendant deux ans, le Grand Lyon va tester sur la commune de Meyzieu un véhicule électrique destiné à la collecte des ordures ménagères. Fourni par Renault Trucks qui pourrait le commercialiser en fin d’année, il doit permettre une réduction sensible de l’émission de particules fines liées à l’abrasion des freins. Selon ses concepteurs, le véhicule utiliserait en effet principalement le moteur pour ralentir et s’arrêter.


ACTUS

EXPRESSIONS / Mercredi 26 juin 2019 - n° 672

3

souhaite voir étudier la création de nouvelles dessertes Saint-Étienne/Vénissieux et Vénis-

sieux/Saint-Exupéry. Ces nouvelles liaisons, en complément d’arrêts TGV, conféreraient au Pôle Gare une véritable dimension multi-

modale bénéfique pour les habitants et les entreprises du sud-est lyonnais.”

DES OBJECTIFS PARTAGÉS

“Au risque d’en étonner beaucoup, nous nous trouvons en phase avec votre proposition

d’avis, et bien évidemment nous voterons favorablement ce rapport, a lancé Christophe

Girard, au nom du groupe Pour la victoire

du bon sens (divers droite). Le renforcement des services ferroviaires, que ce soit en trans-

port de voyageurs ou de fret, est un atout

stratégique indéniable et plus que souhaitable pour Vénissieux. La mise en place de nou-

velles dessertes est capitale.” Même son de

PHOTO RAPHAËL BERT

cloche du côté de l’UDI, par la voix de Mau-

rice Iacovella, qui a estimé que “mobilité et

respect de l’environnement sont les deux défis à relever dans la prochaine décennie” et annoncé le vote favorable de son groupe.

Du côté de la majorité municipale, le groupe

Europe Écologie-Les Verts a également

CONSEIL MUNICIPAL

Un débat sur la bonne voie Lors du conseil municipal du 17 juin, les élus ont adopté la contribution de Vénissieux au débat sur l’aménagement du réseau ferré lyonnais. Le développement des transports et de la gare, dans le respect des riverains, a fait quasiment l’unanimité.

D

epuis le 11 avril, la SNCF présente

les aménagements qu’elle juge

indispensables pour permettre au

“nœud ferroviaire lyonnais” d’absorber l’ac-

croissement du trafic prévu d’ici 2040. Des travaux qui se chiffrent en milliards d’euros et qui auront des conséquences sur la qua-

lité des transports et sur le cadre de vie des

L’association vénissiane “Halte au bruit et à

du 29 mai). La Commission nationale du

n’utilise le tronçon Grenay-Saint-Fons élargi

riverains (voir le dossier de notre édition débat public a été chargée de recueillir les avis des usagers, des associations, des col-

lectivités et des acteurs économiques, lors

d’une quinzaine de réunions à thème. Celle de Vénissieux s’est tenue le 11 juin, salle

Joliot-Curie, sur l’impact des aménagements prévus.

UNE VOIE DE PLUS, POUR QUOI FAIRE ?

Une centaine de personnes étaient présentes

ce soir-là, surtout des membres du collectif

Fracture mais aussi des élus tels que le

maire de Vénissieux, Michèle Picard, celui

de Saint-Priest, Gilles Gascon, et le conseiller municipal et métropolitain (divers droite) Christophe Girard. Le passage de trois à qua-

tre voies de la ligne Lyon-Grenoble dans la

traversée de Vénissieux était très commenté.

la vitesse” pointait le risque que la SNCF pour éviter de réaliser la branche sud du contournement ferroviaire de l’aggloméra-

tion lyonnaise (CFAL). Lors de cette réunion, Michèle Picard avait annoncé que la com-

mune apporterait une contribution écrite

au débat, ce qui a été fait lors du conseil municipal du 17 juin.

“La mise à quatre voies induira forcément

plus de nuisances (sonores, vibratoires, visuelles) pour les riverains, explique la délibération du conseil. La Ville défend la néces-

saire protection réelle et efficace des riverains des lignes ferroviaires. C’est pourquoi il est également impératif que le CFAL soit réalisé

dans son ensemble, tronçons nord et sud, afin d’éviter la circulation des trains de fret de transit sur la ligne historique.”

La délibération souhaite aussi que la SNCF développe la gare de Vénissieux : “La Ville

apporté son soutien à cette délibération, d’ailleurs présentée par l’une de ses élues, l’adjointe Sandrine Perrier. Se disant vigi-

lant sur la réalisation d’équipements pour

limiter les nuisances, le groupe a souhaité “que les résultats de cette concertation ne

restent pas un vœu pieux pour nos transports

du futur”. Le groupe communiste aussi a apporté son soutien à cette contribution, tout en insistant sur la réalisation pleine et entière du CFAL dédié au fret. “Les inquié-

tudes sur ce projet doivent conduire, non pas à le craindre, mais à s’en saisir, et doivent

aussi être l’occasion de rediscuter du projet métropolitain de mobilité”, a estimé PierreAlain Millet.

Finalement, seuls les élus du groupe Ensem-

ble pour Vénissieux (2 PS et 1 LREM) ne se

sont pas associés à cette contribution. Dans son intervention, Lotfi Ben Khelifa a estimé

que les propositions contenues dans la

contribution n’avaient “rien à voir avec le sujet” du débat public. Étant absent à la réu-

nion publique du 11 juin, le conseiller muni-

cipal ignorait manifestement que les

préoccupations et les propositions locales sont partie intégrante du débat lancé par SNCF Réseau. Son groupe s’est donc pro-

noncé pour la construction de deux voies

supplémentaires en aérien à la gare de la Part-Dieu plutôt qu’en souterrain “parce que nous ne sommes pas des taupes”, et s’est abs-

tenu d’apporter son appui à la contribution vénissiane. g

FRANÇOIS TOULAT-BRISSON


ACTUS

4

Mercredi 26 juin 2019 - n° 672 / EXPRESSIONS

INSERTION

La mission locale entre inquiétude et changement La mission locale fait face en 2019 à une modification de ses modes de financements. Parallèlement, elle redéploie une offre de formation plus adaptée, et s’apprête à emménager dans de nouveaux locaux.

COURSE À LA SUBVENTION

indique que la mission

Présentes sur l’ensemble du terri-

vaille dans la continuité. Sa fré-

locales ont pour objectif d’accom-

locale de Vénissieux tra-

quentation en 2018 aura été sensiblement identique à celle de 2017 avec 2 700 inscrits. Un sur

deux était une femme, 53 % rési-

daient dans des quartiers politique de la ville (QPV) et 57 % n’avaient aucun diplôme.

Les indices de précarité varient peu également : 77 % des nouveaux inscrits (784) sont sans res-

source, 75 % ne possèdent pas le

permis de conduire, et 27 % vivent en hébergement précaire. Tout comme les résultats : 600  jeunes ont été mis en situation d’emploi.

Mais derrière les apparences, 2019

s’annonce

comme

une

année charnière. D’abord parce

que la structure d’insertion devra faire face à une modification de ses modes de financement. “La

Région et l’État, tout en reconnaissant le travail des missions locales, et malgré une volonté

déclarée de faire de la jeunesse

une priorité, ont réduit nos finan-

toire national, les 450 missions pagner les jeunes de 16 à 25 ans dans leurs parcours d’insertion

professionnelle et sociale. Elles ont pour vocation d’être “un lieu

d’écoute, de dialogue et de travail”. Mais si leur financement doit repo-

ser sur des critères de performance, ne seront-elles pas tentées de favo-

riser des jeunes dont la réussite

semble acquise, au détriment des plus fragiles? Et comment quanti-

fier ces fameuses performances ? “Toutes les missions locales ne sont pas comparables, avertit le direc-

teur de la structure vénissiane, Martial Guiguet. Certaines se trou-

vent dans des bassins économiques plus ou moins privilégiés. Elles n’ont pas toutes la même taille. Leurs

publics ne rencontrent pas les

mêmes difficultés.” Et de pointer les

risques d’une concurrence pour les

subventions: “Nous n’avons pas à rentrer dans une logique financière.”

ACCÈS À LA FORMATION

cements socles de 5 %, a regretté

Se pose par ailleurs le problème de

vénissiane, Saïd Alleg, lors de l’as-

ment de la Région constaté en 2017

le président de la mission locale

semblée générale du 13 juin dernier. Il nous faut désormais

intégrer dans notre gestion quotidienne des financements liés aux indicateurs

de

résultats,

des

la formation. Après le désengage-

— en 2016, 63 jeunes avaient

accédé à une formation qualifiante contre 130 en 2014 —, l’offre de for-

mation à la disposition des missions locales est désormais gérée par Pôle

notions de performance, et des

emploi. “Cette offre devra à nouveau

pour assurer nos missions de

de remise à niveau, éventuellement

réponses à des appels à projets

base.” L’élu s’inquiète de ce chan-

gement de règles, qui risque de

nuire aux publics les plus fra-

giles. “C’est notre stabilité financière mais aussi humaine qui est fragilisée. Notre organisation et

nos stratégies aussi.”

permettre d’amorcer des parcours

en amont de la qualification”, assure

Martial Guiguet. Qui précise qu’en 2018, seulement 217 jeunes ont

suivi un parcours de formation,

contre 303 en 2017, 403 en 2016 et 484 en 2018. Soit une baisse de 55 % en quatre ans.

Toutes les missions locales ne sont pas comparables. Leurs publics ne rencontrent pas les mêmes difficultés.

ARCHIVES RAPHAËL BERT

A

u vu des statistiques, tout

Martial Guiguet, directeur de la mission locale vénissiane

DÉMÉNAGEMENT EN NOVEMBRE

L’avenir n’est pas pour autant som-

bre sur tous les tableaux. À la minovembre,

la

mission

locale

emménagera dans de nouveaux locaux situés dans la Maison des ser-

vices publics de Vénissy, propriété de

la Ville. Ils seront un peu moins

grands mais bien plus fonctionnels. “Nous disposerons d’une véritable

salle informatique. L’ensemble sera plus moderne, plus adapté à l’accueil des jeunes et donnera plus d’impor-

tance au centre de ressources interne. En un mot tout sera optimisé, grâce à une étude de plusieurs mois menée

avec les services de la Ville, détaille Martial Guiguet. La proximité des ser-

vices de la mairie et des travailleurs sociaux de la Métropole nous permettra aussi d’être plus efficaces.” g

ALAIN SEVEYRAT

Chômage : les jeunes toujours à la peine À Vénissieux, au 1er trimestre 2019, le nombre de chômeurs en catégorie A (sans emploi) a progressé de 0,6 % pour atteindre 5 715 personnes. Ce sont les jeunes (+ 2 %), les chômeurs de longue durée (+ 2 %) et les seniors (+ 4 %) qui paient le plus lourd tribut. Au 31 mars, 8 705 personnes étaient donc inscrites en catégories A, B et C confondues. La directrice de Pôle emploi Vénissieux, Corinne Nicolas, considère que la crise des Gilets jaunes pourrait avoir contribué à cette situation : “Notre public est principalement situé dans les premiers niveaux de qualification, qui sont les plus fragiles. Or, nous savons

que des contrats précaires n’ont pas été renouvelés, notamment dans la logistique ou dans la vente, et que des licenciements économiques ont eu lieu car certains chefs d’entreprise ont perdu des marchés.” Et pour la suite ? “Nous avons actuellement des offres d’emploi, avec une activité soutenue au niveau de l’industrie et des services à la personne, répond Corinne Nicolas. Mais la grande distribution et la restauration restent en retrait, sachant qu’elles proposent souvent des contrats courts, qui servent de marchepied à la population de Vénissieux.” Pour la reprise, il faudra donc s’armer de patience.


ACTUS

EXPRESSIONS / Mercredi 26 juin 2019 - n° 672

5

LOGEMENT SOCIAL

À Lyon, deux appels lancés pour répondre à l’urgence Les organisateurs du festival international du logement social, qui se tenait début juin à Lyon, ont demandé aux responsables européens de construire “une société du logement abordable”. Au même moment, les fédérations de locataires CNL et CSF lançaient un “appel pour une autre politique du logement”.

E

n France, 15 millions de personnes

lancé le 4 juin lors du festival international

ment. Parmi elles, un million sont

veaux députés européens. Ils souhaitent

sont touchées par la crise du loge-

privées de logement personnel et 143 000

sont sans-abri. Dont 31 000 enfants. Dans

l’agglomération lyonnaise, on compte

chaque année 65 000 demandes de loge-

Consultable

qu’ils adoptent un “plan d’action 2019-2024

ser la mise à disposition d’une offre de loge-

pour le logement social et abordable”. Leur texte propose notamment de créer un “fonds européen d’investissement dédié”

ments pour 11 000 attributions. Cette situa-

pour accompagner les investissements des

des premiers droits humains, celui d’avoir

contraintes du Pacte de stabilité européen

tion dramatique qui remet en cause l’un un toit, a fait l’objet de deux appels lancés à Lyon début juin.

Ainsi, les signataires de “l’Appel de Lyon”,

“UN ENJEU DE SOCIÉTÉ”

du logement social, interpellent les nou-

villes et des états, et d’exclure des (le fameux plafond de 3 % de déficit public)

les investissements dans le logement social.

en

ligne

sur

le

site

ishf2019.com, la déclaration invite à “repenments sociaux et abordables dans toutes ses dimensions : foncière, qualité, prix, finance-

ment de long terme, services, performance énergétique…” Pour les signataires, il faut

d’abord “réaffirmer l’engagement de tous les gouvernements à mettre en œuvre le droit

au logement”, et défendre la notion de “bien commun” en matière de logement social. “Son utilisation doit être protégée, à l’abri

de toute tentative de financiarisation”, esti-

ment-ils. Parmi les premiers signataires, se

trouvent le président de la métropole lyon-

naise, David Kimelfeld, les villes de Lille, Barcelone, Lisbonne, Porto Novo, des bailleurs sociaux, des personnalités comme le

linguiste et activiste américain Noam

Chomsky. “Véritable enjeu de société, l’accès à un logement digne et abordable doit être

une des préoccupations principales du nou-

veau Parlement et de la nouvelle Commission

européenne, explique David Kimelfeld. C’est

VÉNISSIEUX ÉNERGIES

LE RÉSEAU DE CHALEUR DE LA VILLE DE VÉNISSIEUX ÉVOLUE

D’une longueur de 32 km, le réseau de chaleur Vénissieux Énergies fournit chauffage et eau chaude sanitaire à plus de 10 000 logements et 51 autres sites vénissians (enseignement, santé, bureaux, industrie, bâtiments publics...).

pourquoi nous portons l’idée d’un sommet européen sur le logement en 2020.”

“DES DÉCISIONS FORTES”

le soutien de la gauche métropolitaine (*).

“Face au mal logement dans l’agglomération lyonnaise, beaucoup de bailleurs ou d’asso-

ciations agissent. Pourtant, malgré tous ces

efforts, la situation s’aggrave, l’écart entre

demande et offre se creuse, les délais d’at-

tente deviennent insupportables, la ségrégation territoriale s’aggrave, l’hébergement dit "d’urgence" est débordé et les situations de

vie indigne, parfois "invisibles" se multiplient”, selon les signataires. Notons que les

logements “abordables” ne représentent que 15 % des logements neufs de l’agglo-

mération… Ce second appel demande à la Métropole de s’engager sur un recul signi-

ficatif, en dix ans, du mal-logement. Avec

notamment l’objectif de réduire de moitié la file d’attente (trois à quatre ans en

moyenne aujourd’hui). “Pour cela, il faut une décision forte : doubler le rythme de construction/mise à disposition, avec un rééquilibrage territorial. Il ne s’agit pas de

construire du logement pour pauvres mais de faire du logement conventionné un loge-

ment public, de qualité et diversifié dans ses

architectures, s’appuyant sur une maîtrise

d’œuvre publique assurant une réduction des coûts de construction”, précise l’appel. g

En adressant à la Métropole un “Appel pour une autre politique du logement”, les initia-

teurs d’un autre texte semblent prendre son président au mot. Lancé par les asso-

ciations de locataires CNL et CSF, il a reçu

FRANÇOIS TOULAT-BRISSON (*) PREMIERS SIGNATAIRES : MICHÈLE PICARD (PCF), NATHALIE PERRINGILBERT (MAIRE DU 1ER ARRONDISSEMENT DE LYON, GRAM), NICOLE GAY (ADJOINTE AU MAIRE DE LYON, LGS), IDIR BOUMERTIT (CONSEILLER MÉTROPOLITAIN, LFI)…

Grâce à une interconnexion avec le réseau de chaleur Grand Lyon Centre Métropole, de la chaleur excédentaire, produite lors de l’incinération des déchets ménagers par l’Usine de Traitement et de Valorisation Énergétique de Lyon Sud, est récupérée en été et à l’intersaison.

Du nouveau pour faciliter les démarches

Le réseau de Vénissieux est ainsi alimenté en énergies renouvelables et de récupération à hauteur de 62 %, garantissant un faible tarif et une réduction signi cative des émissions de CO2.

Deux dispositifs viennent d’être lancés pour aider les demandeurs de logement social. L’un a été créé par la Métropole de Lyon, l’autre par l’Union sociale pour l’habitat, qui regroupe l’ensemble des bailleurs sociaux en France. - Le “Service d’accueil et d’information des demandeurs” : son objectif est d’harmoniser et de professionnaliser l’accueil des demandeurs sur l’ensemble du territoire métropolitain. Pour les usagers, sa traduction concrète est le site

Pour en savoir plus, rendez-vous sur : www.venissieux-energies.fr

logementsocial69.fr - Bienveo.fr : destinée aux demandes de mutation au sein du parc de logements sociaux (40 % des demandes), la plateforme recense les offres de logements vacants, à la location et à l’achat, mais aussi de parkings, de locaux commerciaux... Pour hiérarchiser les demandes, le dispositif utilise un système de cotation individuel, conjuguant critères de priorité et ancienneté de la demande.


ACTUS

6

EXPRESSIONS / Mercredi 26 juin 2019 - n° 672

Elle va leur manquer !

PHOTO RAPHAËL BERT

“Chantal c’est un pilier du lycée et surtout une amie, confie Delphine, professeur d’anglais à Brel depuis 19 ans. Si un élève n’était pas bien, on l’envoyait voir Chantal. On savait qu’il y serait écouté. C’est une éducatrice, une confidente qui s’en va. Elle est avant tout une infirmière de cœur. Son départ va créer un vide.” Audrey, prof d’EPS depuis neuf ans, se souvient : “Très rapidement, Chantal est venue vers moi. Elle est hypersociale et passionnée de théâtre comme moi, toujours le sourire. Elle m’a beaucoup aidé pour faire les dossiers de nos élèves qui sont dispensés de sport ! Sûr qu’elle va nous manquer ! En même temps, elle a bien mérité sa retraite.” Et puis Chantal était une fidèle supportrice de l’équipe féminine de sport études rugby. Sur les murs de l’infirmerie, entre les cartes postales et les divers souvenirs, les filles sont en photo. Norbert, prof d’EPS responsable de la section, se félicite d’avoir pu compter sur son aide : “Elle accueillait les filles qui étaient parfois fatiguées. Elle a toujours été très disponible pour elles.”

L

Chantal, les élèves la tutoient, l’appellent par son prénom. “J’ai adoré les rassurer, les écouter, je leur ai beaucoup donné, mais ils me l’ont bien rendu.” e 11 juillet prochain, quand elle fermera la porte de son infirmerie, Chantal aura certainement un

énorme pincement au cœur. À 65 ans, elle

part à la retraite après 30 ans passés à Jacques-Brel. Son état d’esprit se résume à cette phrase : “Je suis arrivée à Vénissieux en pleurant, j’en repars en pleurant.”

Après avoir travaillé à l’hôpital puis dans

un laboratoire médical, Jacques-Brel a été

son premier et seul poste en tant qu’infirmière scolaire. “Au début, je bossais sur

deux lycées, Sembat et Brel, et très rapidement, j’ai obtenu ma titularisation. J’ai exercé d’abord sur l’ancien site puis ici. Ce fut un boulot intense, et merveilleux.”

Ce que Chantal a préféré : la diversité du

LYCÉE POLYVALENT JACQUES-BREL

Chantal Fonterme, infirmière de cœur Après avoir exercé trente ans comme infirmière à Jacques-Brel, Chantal Fonterme prend sa retraite. Le lycée perd un de ses piliers.

travail et surtout les liens tissés avec les adolescents. “Presque tous me tutoient,

m’appellent par mon prénom, certains me

ger émotionnellement par les difficultés.

pour prendre des nouvelles. “Deux anciens

un communautarisme grandissant, l’intolé-

ter, je leur ai beaucoup donné, mais ils me

affectif. “Si on me demandait de faire un

un plateau avec leur photo. C’était touchant,

quiète à la fois.”

font la bise. J’ai adoré les rassurer, les écoul’ont bien rendu. J’ai reçu des cartes postales

par dizaines, j’ai été invitée dans les

familles. Au début, j’acceptais toutes les invi-

Et n’est jamais entrée dans le chantage papier pour ne pas aller en cours de sport, j’ai toujours dit non !”

La future retraitée a gardé des liens étroits

tations, puis j’ai levé un peu le pied sinon

avec d’anciens élèves comme Mabrouk,

jamais eu envie de partir d’ici.”

qui l’appelle affectueusement “maman”.

j’aurais été prise tous les week-ends ! Je n’ai

DES LIENS ÉTROITS AVEC LES ÉLÈVES

À l’infirmerie, les lycéens pouvaient parler

de tout dans la plus grande confidentialité :

contraception, grossesse, harcèlement, problématiques amoureuses et sexuelles…

Mais Chantal ne s’est pas laissée submer-

44 ans aujourd’hui, papa de deux enfants,

“Chantal, c’est une star, s’exclame-t-il. Je la

connais depuis 1993, j’étais en classe de

seconde. C’est une belle oreille, elle m’a

donné de bons conseils et transmis la vocation puisque je suis infirmier à Lyon Sud.

Quand on évoque Jacques-Brel, le premier nom qui revient c’est le sien.”

D’autres lui téléphonent ou passent la voir

se sont mariés récemment, ils m’ont apporté émouvant !”

Mais quand l’infirmière se retourne sur

son passé, elle porte également un regard

critique. En particulier sur un certain nombre d’évolutions. “Quand nous étions sur

l’ancien site, le lycée était en perdition, avec

peu d’élèves. Grâce à la reconstruction et

au travail de tous pendant des années, l’effectif a plus que doublé pour atteindre plus de 1 000 élèves. Ça, c’est très positif. En

revanche, nous avons indéniablement perdu

en mixité sociale. On a observé cette évolution dès que le lycée Condorcet de SaintPriest a ouvert. Et puis on doit faire face à

rance progresse. Cela m’attriste et m’inCet été, Chantal va commencer par se reposer. À la rentrée, elle pourra se consacrer

pleinement au théâtre qu’elle pratique

depuis des décennies. Elle a également

prévu de s’engager auprès d’une association qui accompagne les ados en difficultés, sans doute Le Refuge, qui aide les jeunes homosexuels rejetés par leurs parents.

Surtout, elle est décidée à profiter pleinement de sa famille, ses deux filles Aurélie

et Audrey, et son petit-fils Noah, 7 mois, “un amour de bébé”. g

MICHÈLE FEUILLET


ACTUS

EXPRESSIONS / Mercredi 26 juin 2019 - n° 672

7

COLLÈGE ELSA-TRIOLET

L’été commence avec la Journée des talents Une centaine de jeunes du collège

nions, ils doivent être volontaires. La

des mains de la principale et de

nent de bons résultats et grâce à ce

l’équipe enseignante, le 21 juin der-

nier, lors de la Journée des talents. Cet événement valorise des élèves

qui se sont distingués au cours de l’année, que ce soit dans les matières

scolaires, les activités proposées ou leur comportement. Ainsi, Sondes

(en 3e) et Suziana (en 4e) ont été

récompensées pour leur action de médiatrices. “Nous avons reçu une formation pendant les vacances sco-

laires. Concrètement, quand des élèves sont en conflit, ils en parlent

aux CPE qui leur proposent une médiation. Pour que nous interve-

plupart du temps, ces rencontres don-

que nous faisons, il y a un peu moins de conflits.” Une responsabilité qui

les a fait évoluer: “On est devenues beaucoup plus diplomates, même avec nos proches! On a appris à pren-

dre du recul, à gérer nos émotions, et on est contentes d’être utiles.”

Quant à Ruth, en 6e, elle a reçu un prix d’excellence pour ses lectures.

“Lire est une vraie passion, pour moi.

Tout a commencé en CE2. Je dévore

les romans policiers et d’autres

PHOTO RAPHAËL BERT

Elsa-Triolet ont reçu des diplômes

genres de littérature, mais je n’aime pas trop les BD.” g

M.F.

COLLÈGE ARAGON

De Vénissieux à Tokyo, on s’écrit en latin PHOTO RAPHAËL BERT

Le latin, une langue morte ? Pas pour les élèves latinistes de 4e du collège Louis-Aragon de Vénissieux. Ils ont choisi la langue de Cicéron pour correspondre avec des élèves du lycée français de Tokyo.

P

Sondes et Suziana ont été récompensées pour leur action de médiatrices.

GROUPE SCOLAIRE PASTEUR

our la seconde année

de latin avec une ouverture d’es-

réalisent que son utilité va plus

élèves latinistes de 4e du

nettement plus loin que le cari-

çais, en orthographe. On est allé

consécutive, les treize

collège Aragon participent à l’ac-

tion “Epistulae”, lancée par l’as-

Des parents exigent le maintien du directeur

sociation de promotion des langues et cultures de l’Antiquité

Une pétition comptant à ce jour une centaine de signatures, un rassemblement devant les portes de l’établissement le 21 juin, des banderoles

sur les murs, un courrier à l’Inspection académique : les parents d’élèves du groupe scolaire Pasteur sont mobilisés.

Amel Zagrani, présidente de la FCPE, précise les causes de ce mécon-

tentement : “Nous voulons garder notre directeur, Xavier Seguin, nommé

à titre provisoire en novembre dernier. Le titulaire arrivé en septembre

est parti ailleurs. Mais il est toujours titulaire du poste. Or nous ne voulons pas qu’il revienne car les relations ont été très difficiles avec lui.

Alors qu’avec Xavier Seguin, des liens de confiance se sont tissés et tout se passe vraiment bien avec l’équipe enseignante et les enfants.”

Les parents d’élèves demandent également l’ouverture en septembre

“Arrête ton char”.

M.F.

CAPSAE ET PARCHEMIN

senter et ont reçu une réponse.

conviés à s’écrire des cartes postales en latin. Des missives qui sont partagées à travers le monde entier : l’an dernier, plus

de 16 000 cartes ont été échangées, dans 15 pays différents !

Les jeunes Vénissians ont été mis

en relation avec des collégiens de 4e inscrits au lycée français

Louis, Adam avec Marlène, etc.

titre, en tant que parents d’élèves et élus du conseil municipal. g

de la chanson de Jacques Brel.

des établissements publics sont

tous les élèves du second degré

construction. Dès l’année prochaine, des familles devraient arriver dans Parmi les manifestants, Bayrem Braïki et Sophia Brikh, venus à double

rosae, rosa, rosarum, rosis, rosis”

Au premier semestre, ils ont écrit

de Tokyo : Orane avec Juliette,

le quartier et donc des enfants à l’école.”

catural “Rosa, rosa, rosam, rosae,

Encadrés par leurs professeurs,

prochain d’une huitième classe de maternelle. “194 enfants sont inscrits : 204 sont nécessaires pour l’ouverture. De nombreux logements sont en

prit et une culture latine qui va

Lyna avec Thomas, Delya avec

Les élèves de Salomé Lagarde, professeure de lettres classiques

au collège Aragon, sont passionnés. Ils ressortent de leurs cours

une première carte pour se préLe second courrier a été finalisé le 17 juin dernier. “Nous avons

fabriqué une capsae (boîte), précisent les ados, et nous écrivons

notre lettre sur un parchemin.

Dans ce courrier, nous évoquons

notre environnement, les musées

loin : “Le latin nous aide en franà l’Opéra, on a visité des musées,

on a créé des tables de cire, des mosaïques, des maquettes. Il faut

arrêter de dire que le latin est une

langue morte ! Cette langue nous

apprend plein de choses sur l’éty-

mologie ! D’ailleurs, l’an prochain en 3e, nous démarrons le

grec avec deux heures par semaine !”

L’enseignante est très heureuse

de la motivation de ses élèves. “Ils commencent le latin en 5e et

s’engagent jusqu’à la fin de la classe de 3e. Quant au grec, les

et tout ce qui a trait à l’Antiquité à

ados volontaires le débutent en

Tous sont venus au latin en classe

breux à étudier les deux langues.”

Lyon.”

de 5 pour différentes raisons. e

Adam lisait des BD et voulait

comprendre ce qui était écrit en

3e. Et sont de plus en plus nom“Audaces fortuna juvat” (*), comme disait Virgile ! g

latin ! Orane et Lyna se sont ins-

MICHÈLE FEUILLET

crites pour gagner des points au brevet, mais aujourd’hui elles

(*) “LA

FORTUNE SOURIT AUX AUDACIEUX.”


8

ACTUS

Mercredi 26 juin 2019 - n° 672/ EXPRESSIONS

DARNAISE

PHOTO A.S.

À la recherche du médecin perdu En novembre 2017, le cabinet médical qui jouxte la pharmacie de La Darnaise a baissé le rideau. Mais alors que la médecine de ville peine à satisfaire les besoins des patients, les locaux sont loués depuis janvier 2018 par un médecin gériatre qui n’y exerce aucune activité. e n’ai trouvé aucun médecin qui

“J

comme nous avons pu le constater en pas-

liberté totale d’installation et d’exercice”,

cin et demi, voire par deux, car les nouveaux

Ils disent tous qu’ils sont surchar-

témoignages sont légion dans le quartier.

Vénissieux n’est pas classée dans les déserts

semaine. Ils veulent se limiter à 35 ou 45,

a été rattrapé il y a deux ans par la maladie

à La Darnaise.

accepte de se déplacer à domicile.

gés et qu’ils ne prennent pas de nouveaux patients”, se désole Maurice*. À 70 ans lar-

gement passés, cet habitant de La Darnaise

de Charcot, une pathologie musculaire neu-

rodégénérative irréversible. Il se déplace

sant un peu de temps dans l’officine, de tels “Avant, on avait tout sur place ; maintenant,

il faut aller à Tataouine”, déplore Abdallah,

âgé de 82 ans dont une quarantaine passée

UNE PÉTITION DE 500 SIGNATURES

désormais — péniblement — avec un déam-

Nous avons pu joindre le docteur T. au télé-

voyages en voiture en raison de ses pro-

nos questions. “Si je n’ouvre pas, c’est qu’il

bulateur, et supporte difficilement les

blèmes pulmonaires. C’est sa femme qui se rend à la plupart des consultations médicales nécessaires à la poursuite de son trai-

tement. “Avant, il nous suffisait d’aller au

cabinet médical situé à quelques mètres. Mais le généraliste a déménagé, et le cabinet

a été repris début 2018 par un médecin qui

n’y exerce aucune activité, soupire-t-elle. Ce médecin nous prend en otage, c’est incompréhensible.”

Ce médecin, c’est le docteur T., gériatre de

profession, qui loue les locaux au bailleur

Grand Lyon Habitat depuis mi-janvier 2018.

Dans la pharmacie qui jouxte le cabinet, on ne décolère pas. “Lorsque le bail a été signé

il y a un an et demi, le cabinet était fermé depuis deux mois et tout le monde dans le

quartier s’en est réjoui, se souvient Victor Tchibozo, le gérant. Le précédent médecin avait une grosse patientèle avec notamment

phone, mais il n’a pas souhaité répondre à y a une raison”, nous a-t-il simplement indiqué, avant de lâcher pour couper court à la

conversation : “Je suis médecin, je travaille.” Dommage. Il aurait pu nous expliquer notamment pourquoi il s’est “installé” à la

place d’un généraliste… qu’il ne peut en fait pas remplacer. Car le diplôme de gériatre

du docteur T. — d’après un courrier adressé à Victor Tchibozo par le conseil de l’ordre

des médecins — ne lui permet pas d’exercer

en tant que généraliste. Ce qui fait bondir Hatim Basma, représentant des locataires

de Grand Lyon Habitat (GLH) à La Darnaise : “Le quartier n’a pas besoin de géria-

tres, mais de médecins généralistes. Et ceux qui sont en poste ne prennent plus de nou-

veaux patients, s’agace-t-il. Or ce local était

fait pour cela, et d’autres médecins attendent que la place se libère. Si le docteur T. ne peut

pas exercer, qu’il laisse sa place !” Et de met-

des personnes âgées, des mamans avec plu-

tre en avant une pétition exigeant l’arrivée

de trouver un nouveau généraliste, ils sont

par près de 500 personnes. Contacté, GLH

sieurs enfants… Et comme il est très difficile souvent obligés de passer d’un praticien à

d’un nouveau médecin généraliste, signée

n’a pas répondu à nos sollicitations, évo-

l’autre ou d’aller aux urgences.” Safa, l’une

quant “un souci de confidentialité et d’enga-

médecins du quartier sont parfois difficile-

renvoyant vers le principal intéressé.

des deux préparatrices, confirme : “Les

ment joignables, même pour une simple ques-

tion sur un dosage. Un de mes clients est arrivé un matin à 6 heures chez l’un d’eux, il

y a passé toute la matinée. Pour les personnes âgées, c’est très compliqué.” Et

gement vis-à-vis de [ses] locataires” et nous Nous avons donc exposé la situation à

l’Agence régionale de santé, responsable de

l’application de la politique de santé de l’État. “Un médecin libéral est en droit de ne

pas exercer s’il en a envie. Il bénéficie de la

nous a-t-on répondu. Avant de préciser que médicaux : “On estime que la ville comporte

suffisamment de médecins pour répondre à

la demande des habitants.” Puis d’évoquer

la difficulté des successions entre prati-

n’acceptent plus de travailler 65 heures par pas plus.”

La situation semble donc bloquée, suspendue en tout cas au bon vouloir du docteur T. g

ciens : “Lorsqu’un médecin part à la retraite, il faudrait pouvoir le remplacer par un méde-

ALAIN SEVEYRAT (*) LE

PRÉNOM A ÉTÉ CHANGÉ.


DOSSIER

EXPRESSIONS / Mercredi 26 juin 2019 - n° 672

9

PHOTO DR

Le Jeune Noir à l’épée - Abd Al Malik.

NOUVELLE SAISON THÉÂTRALE

En terres inconnues Avec vingt-sept spectacles dont trois à Bizarre !, le Théâtre de Vénissieux a mijoté une nouvelle saison prête à être dégustée. Forte de neuf créations et de deux compagnies en résidence. DOSSIER RÉALISÉ PAR : JEAN-CHARLES LEMEUNIER.

À

tout seigneur, tout honneur. C’est

d’abord au public que Michèle Picard

s’est adressée lors de la présentation de

la nouvelle programmation du Théâtre de Vénis-

Poursuivant ses remerciements à Françoise Pou-

zache, directrice depuis trois ans de La Machinerie qui réunit le théâtre et Bizarre !, et à son équipe, elle ajoutait : “La Ville de Vénissieux reste

sieux, le 13 juin. “Vous avez occupé cette salle,

le premier financeur de La Machinerie, qui reçoit

de remplissage de 87 % et 11 664 entrées […] Vous

tion des publics et l’accueil d’artistes en résidence.

tout au long de la saison précédente, avec un taux êtes, par votre présence indéfectible, par votre

participation, vos réactions, vos encouragements, vos émotions, des acteurs à part entière de ce qui

se joue ici. Vous êtes les maillons indispensables

de cette éducation populaire que nous faisons ensemble.” Le maire annonçait également que

4 690 élèves de la ville avaient suivi les spectacles

en 2018-19.

aussi le soutien de l’État, pour son travail en direc-

La Région et la Métropole sont également impliquées au titre du label de scène régionale.”

Adjoint à la culture et aux finances, Bayrem

Braïki insistait pour sa part sur les établisse-

ments culturels vénissians “qui sont les piliers d’un service public de la culture” et annonçait le

nom des deux compagnies qui allaient être en

résidence sur les deux équipements, Bizarre ! et >>>


10

le Théâtre De Vénissieux, tout au long de la saison 2019-2020 :

De la guerre et des tremblements de terre.

A Simple Space.

Boom Bap.

La Petite Fille qui disait non.

L’Exalté - Cie Baptiste Guiton et la Cie Tie Break.

NOMBREUX STAGES ET ATELIERS

Car une saison théâtrale ne se décline pas qu’en spectacles. Non

seulement on peut s’inscrire pour

découvrir et visiter les coulisses

du théâtre et de Bizarre ! mais il avec les nombreux stages et ate-

liers menés par les compagnies en résidence,

les

répétitions

publiques, le travail avec les scolaires dans le cadre de La Fourmi-

danse Krump, du RnB et du soul à

avant un spectacle, éclairent la

Et une soirée “quiches & chan-

thématique, les rencontres en bord de scène après la représentation, etc.

Citons ainsi un atelier d’initiation à la danse hip-hop dès octobre. Mais aussi un atelier masques dès 8 ans et un stage théâtral pour les

7-10 ans en février. Une confé-

rence sur la danse hip-hop, en écho à un spectacle, proposée par

le chorégraphe Fred Bendongué — un ancien de Traction Avant et

de la grande époque vénissiane de

cet art. Ajoutons un atelier cirque-

jonglerie pour les 8-12 ans en

mars, et d’autres autour du DJing, des pratiques électroniques, de la

Bizarre ! tout au long de l’année.

sons” au théâtre, en écho à un spectacle.

La partie émergée de ce gigan-

tesque iceberg reste bien évidem-

ment ce que le public peut voir sur

scène. Là, l’éclectisme est toujours

de rigueur, qui permet à tout un chacun de retrouver les spectacles qui lui conviennent au sein d’une riche

programmation.

Bâtie,

comme l’annonçait Françoise Pou-

zache, sur “ces terres inconnues que les artistes vont nous proposer”.

Préparez bien vos valises, assurez-

PHOTO DAVID GALLARD

lière, les petites histoires qui, juste

PHOTO DR

faut aussi compter à Vénissieux

GUERILLAGRAFIL

>>>

DOSSIER

Mercredi 26 juin 2019 - n° 672 / EXPRESSIONS

vous de n’avoir rien oublié, la navigation au long cours va pouvoir démarrer. g

LE PROGRAMME

Des places à gagner À l’occasion de la présentation de la saison théâtrale 2019-20, le Théâtre de Vénissieux offre aux lecteurs d’Expressions cinq fois deux places pour le spectacle interactif For Teen’z qui se tiendra le 11 octobre à 20 heures. Dans ce concert, c’est le public qui est l’auteur. Sur scène, Arthur Ribo, comédien, poète, slameur et rappeur, et sa compagnie Art & Co demandent aux spectateurs d’inscrire des mots sur de petits cartons. Une fois la récolte faite, Arthur va improviser à partir de ces suggestions, avant de lancer un nouveau défi et de chercher encore plus de complications. Ce n’est pas un hasard si, déjà en 2009, la ligue française d’improvisation sacrait l’artiste “champion du monde d’improvisations toutes catégories

confondues”. “Arthur Ribo, précise Françoise Pouzache, compose en direct avec ce que vous lui fournissez comme matériau. C’est vraiment jubilatoire et accessible dès 14 ans.” Pour gagner deux places pour For Teen’z, il suffira de répondre par mail, à l’adresse redaction@ expressions-venissieux.fr, à la question suivante : Combien de créations comporte la nouvelle saison du théâtre ? L’envoi devra se faire le lundi 1er juillet à partir de 8 heures, en précisant bien vos noms, prénoms, adresse, adresse mail et téléphone. Les cinq premières bonnes réponses seront retenues.

Octobre

Vendredi 4, 20 heures : Lobby, danse. Vendredi 11, 20 heures : For Teen’z, interactif et musical. Mardi 15, 20 heures : Zaï Zaï Zaï Zaï, théâtre. Vendredi 18, 20 heures : Unwanted, théâtre, danse. ●

Novembre

Vendredi 8, 20 heures : La Petite Fille qui disait non, théâtre. Jeudi 14 et vendredi 15, 20 heures : Ça grogne chez les vieilles trognes, théâtre, création. Dimanche 17, 15 h 30 : Le Grenier à pépé, cirque musical. Vendredi 22, 20 heures : Une opérette à Ravensbrück, théâtre, musique, création. Mercredi 27, 14 h 30 : Le Singe d’orchestre, musique (à Bizarre !). Vendredi 29, 20 heures : Le Jeune Noir à l’épée, musique, danse, vidéo, création. ●

Décembre

Vendredi 6, 20 heures : De la guerre et des tremblements de terre, théâtre, création. Dimanche 8, 15 h 30 : Dans mon beau jardin il y a un arbre, spectacle musical, création. Vendredi 20, 20 heures : A Simple Space, cirque. ●

Janvier

Vendredi 17, 20 heures : Dunsinane, théâtre, création. Vendredi 24, 20 heures : Les Naufragés, théâtre.

Vendredi 31, 20 heures : Les Géométries du dialogue, théâtre. ●

Février

Vendredi 7, 20 heures : BOXON(s), théâtre. Mercredi 12, 15 heures : Hip Hop, est-ce bien sérieux ?, danse. Mercredi 19, 14 h 30 : Le Petit Prince slam ! (à Bizarre !), création. ●

Mars

Vendredi 13, 20 heures : Sabordage, théâtre. Vendredi 20, 20 heures : Les (pas tant) Petits Caraoquets, spectacle chanté participatif, création. Vendredi 27, 20 heures : inTarsi, cirque. ●

Avril

Vendredi 3, 20 heures : Désobéir, théâtre. Mercredi 8, 14 h 30 : Boom Bap, concert (à Bizarre !). Vendredi 10, 20 heures : Quoi/Maintenant, théâtre. ●

Mai

Dimanche 17, 15 h 30 : Polar, théâtre d’objets, création. Samedi 23, 18 heures : Shake It !, soirée La Machinerie. ●

Renseignements / réservations :

Théâtre de Vénissieux 8, boulevard Laurent-Gérin - BP 209 69631 Vénissieux cedex Tél. : 04 72 90 86 68. Site internet : www.theatre-venissieux.fr


DOSSIER

EXPRESSIONS / Mercredi 26 juin 2019 - n° 672

11

FLORILĂˆGE

Comment va le monde ?

P

Petit choix de spectacles sur l’Êtat du monde, son absurditÊ et sa cruautÊ. our qui connaÎt Françoise Pouzache, la directrice de La Machi-

Unwanted.

nerie, ce petit sourire qu’elle

disent long. “Nous avons choisi, commence-t-elle avant de dĂŠcliner le programme, devousfaireaimernonpasce quevousaimezdĂŠjĂ maiscequevousne connaissezpas.â€?

On ne saurait rĂŞver meilleur prĂŠambule

PHOTO CHRISTOPHE RAYNAUD DE LAGE

PHOTO ANDY PHILLIPSON

garde en coin et cet Ĺ“il qui pĂŠtille en

pour mieux capter encore l’attention de

la salle qui, programme et crayon en mains afin de cocher les diffĂŠrentes soi-

rÊes, s’est prêtÊe au jeu avec plaisir. Pour

dÊcouvrir les vingt-quatre spectacles qui allaient être prÊsentÊs au thÊâtre et les trois à Bizarre !.

Ă€ la question “Comment va le monde, MĂ´ssieu ?â€?, le dramaturge François Bil-

d’autres paroles.

ceux qui ont ĂŠtĂŠ cassĂŠs par la vie.

Cinquante-cinq après, on peut regretter

du monde à travers l’art populaire, le

n’enpluspouvoir, “unspectaclechorĂŠgra-

letdoux rĂŠpondait : “Iltourne,MĂ´ssieu.â€?

qu’il va mal, le monde, et se consoler avec PHOTO THIERRY LAPORTE

tous ces arts que sont le thÊâtre, la littÊ-

Une sÊlection tout en lÊgèretÊ La lÊgèretÊ sera Êgalement au rendez-vous de la saison. Rien qu’à Bizarre !, trois spectacles sont adressÊs au jeune public : LeSinge d’orchestre, LePetitPrinceslam! et BoomBap. Au thÊâtre, on aura le choix entre la danse avec Lobby, HipHop, est-cebiensÊrieux?, le cirque (LeGrenieràpÊpÊ, ASimpleSpace, inTarsi), les spectacles pour tout-petits — citons LaPetiteFille quidisaitnon,Çagrognechezlesvieillestrognes ou Polar —, le thÊâtre adaptÊ d’une bande dessinÊe avec ZaïZaïZaïZaï ou le chant participatif avec Les(pastant)PetitsCaraoquets de la compagnie des Gentils. Qui dÊmontra ses talents le soir de la prÊsentation de saison, en faisant reprendre au public Étoiledesneiges, les paroles Êtant tenues à bout de bras par les membres de la troupe. Bien mieux que ce qu’on peut entendre en fin de soirÊe devant n’importe quel karaokÊ.

rature, la musique ou le cinÊma. Oui, le monde va mal et la scène elle-même en

rend parfois compte. C’est le cas d’Unwanted, spectacle de la compagnie mar-

seillaise Kadidi prĂŠsentĂŠ dans le cadre du festival Sens interdits, initiĂŠ Ă Lyon il

y a dix ans par les CÊlestins et qui rayonne aujourd’hui dans toute la mÊtropole.

“Cefestival, prĂŠcise Françoise Pouzache, invitelethÊâtredumondeentiersurdes

Si la RĂŠsistante questionne la souffrance

rappeur et Êcrivain Abd al Malik va, avec LeJeuneNoirà l’ÊpÊe, partir d’une expo-

sition du musÊe d’Orsay (LeModèlenoir) et du titre d’un tableau du Lyonnais Puvis de Chavanne pour interroger l’art,

partir de sa singularitĂŠ pour parvenir Ă

l’universel. ChorÊgraphiÊ par Salia Sanou, le rÊsultat convoque tout autant

la pauvretĂŠ et le bĂŠton que la poĂŠsie de

Baudelaire et la philosophie d’Édouard Glissant.

UNE PRÉSENCE INCROYABLE SUR SCĂˆNE

thĂŠmatiques engagĂŠes. On dĂŠcouvre de

Avec Delaguerreetdestremblementsde

Lascèneestunlieuquiracontelavieet

gagement et la citoyennetĂŠ sont au centre

paysenpayscequitraverselesartistes.

une danseuse rwandaise, DorothĂŠe

Munyaneza,acrĂŠĂŠcespectacle,Unwanted,quiparleduvioldesfemmesentemps deguerre.CecrimeestunebombeĂ fragmentationĂŠnorme,quipeutdonnernais-

sance Ă  des enfants. Comment se reconstruire ?Commenttransformercette

violencepourvivreavec ?DansUnwan-

ted semĂŞlentlabeautĂŠ,ladignitĂŠ,laforce

terre de la compagnie Fenil Hirsute, l’en-

des dĂŠbats. “Du thÊâtre documentaire joyeuxâ€?, s’exclame Françoise Pouzache Ă

propos du travail de VĂŠronique Bettencourt, un bazar bricolĂŠ au sein duquel

interfèrent super 8, chant, poÊsie, papier crÊpon et musique en direct.

Changement de dĂŠcor total avec Dunsi-

nane, que Baptiste Guiton adapte de

David Greig. Cette suite de Macbeth nous

aussi.�

replonge dans la tragĂŠdie shakespea-

retteà Ravensbrßck, d’après un texte de

denotreÊpoque�.

L’horreur est encore au cœur d’UneopÊ-

Germaine Tillion. “J’ai ĂŠcrit, disait-elle,

une opĂŠrette, une chose comique, parce

que je pense que le rire, mĂŞme dans les situations les plus tragiques, est un ĂŠlĂŠ-

mentrevivifiant.� Alors qu’elle est emprisonnÊe dans le camp de concentration de Ravensbrßck, elle trouve la force

d’Êcrire sur la vie des dÊportÊes une opÊrette, utilisant les chansonnettes popu-

laires pour y greffer la dĂŠrision sur

rienne en y ajoutant “lesdoutespolitiques Bouleversant et magnifique sont les deux

qualificatifs que la directrice appose aux NaufragÊs d’Emmanuel Meirieu, dont on

avait pu apprÊcier prÊcÊdemment au thÊâtre les gÊniaux Ressusciterlesmorts et MontraÎtre. Se basant sur un texte de

Patrick Declerck, immergÊ dans le milieu des SDF parisiens pendant une quinzaine d’annÊes, Meirieu impose, dans un dÊcor

magnifique, la fragilitĂŠ et la grandeur de

Françoise annonce BOxON(S), Jusqu’à phiÊ dont on ne sort pas indemne, une suitedesaynètesautourdumondeblessantdutravail,sedÊroulantsurunring, quimontrecommentonrelèvelatêteet onsebat�.

Relever la tête, c’est bien aussi ce que

font les quatre comĂŠdiennes de DĂŠsobĂŠir. “Issuesdelabanlieueparisienne,cesqua-

tre jeunes femmes vont s’inventer ellesmêmes, s’Êmanciper. Elles ont une prÊsenceincroyablesurscène.�

Notre monde est encore ĂŠtudiĂŠ au microscope par la compagnie flamande tg STAN

avec Quoi/Maintenant. “La pièce dĂŠcrit notresociĂŠtĂŠetnosfaiblessesd’OccidentauxaisĂŠsĂ fleuretsmouchetĂŠs.â€?

Enfin, toujours sur l’absurditÊ qui nous entoure mais abordÊe d’une façon beau-

coup plus marrante, les Belges du Collectif Mensuel reviennent au thÊâtre après

les rÊjouissants L’Homme qui valait

35Â milliards et Blockbuster. Comme dans ce dernier, les LiĂŠgeois utilisent pour

Sabordage des images dĂŠtournĂŠes qu’ils dialoguent et bruitent en direct pour se moquer “desmiragesdelacroissanceet dela(sur)consommationâ€?. g

“

Le rire, mĂŞme dans les situations les plus tragiques, est un ĂŠlĂŠment revivifiant. Germaine Tillion


12

CULTURE

Mercredi 26 juin 2019 - n° 672 / EXPRESSIONS

FESTIVAL VÉNISSIEUX EN RIRE

Un projet à deux jambes A

Ce 8 juin au Théâtre de Vénissieux, la première édition de ce pari lancé par l’association La Perche a rassemblé plus de 300 spectateurs. Une réussite qui appelle des suites. u départ de l’association

belle. Et les deux techniciens du

le festival Vénissieux en rire, dans

sieux il y a deux ans, on

vraiment assuré.”

duire en première partie. “Pour

La Perche, créée à Vénis-

trouve Hamid Ferkioui. “J’ai

grandi à Vénissieux, mes enfants y

ont grandi aussi et j’y travaille.

L’objectif de l’association, développé avec Patrice Pommié, était de créer un festival d’humour sur la ville, en intégrant les jeunes de la commune.”

Programmée le 8 juin dernier au Théâtre de Vénissieux, avec un plateau réunissant Rman, Amy,

Julie Bigot, Yanisse Kebbab et Yassine Belattar, la première soirée a

attiré plus de 300 spectateurs. “Nous voulions une vraie rencontre

entre les amateurs et les professionnels. Et nous sommes contents

de la soirée. On nous a parfois reproché le prix, 24 euros. Mais nous ne voulions pas faire de béné-

fices, seulement que tous les artistes soient payés. Ce qui a été le

cas. Et dès que nous aurons d’au-

tres partenaires, nous pourrons

baisser le prix. Nous remercions Françoise Pouzache, la directrice du lieu, le maire, Mme Picard, et son

adjoint à la culture et aux finances, Bayrem Braiki, de nous avoir fait

confiance et procuré une salle aussi

lequel les élèves pourront se pro-

théâtre, Cédric et Fabrice, qui ont

ce festival, à Vénissieux, il y a un

Enfant de Vénissieux, déjà passé

public et des talents qui ne deman-

au Jamel Comedy Club, Rman était

dent qu’à être révélés. Et puis,

ému de monter pour la première

enseigner le théâtre et le stand-up,

fois sur la scène du théâtre de sa

c’est aussi donner des bases aux

ville. Il joua pourtant la décontrac-

jeunes pour avoir une posture, de

tion et réussit à meubler un petit

l’élocution. Même s’ils ne conti-

problème technique. Quant à

nuent pas dans le milieu, cela leur

Yanisse Kebbab, venu en voisin —

servira toujours. L’humour désa-

il est de Saint-Fons et a de la

morce tout. Notre projet a deux

famille aux Minguettes —, il fut la

jambes : on ne veut pas être que sur

révélation de la soirée. Amy et

le terrain sans le festival et que sur

Julie, les seules filles du set — les

le festival sans le terrain.”

organisateurs tenaient à la parité

— parvinrent elles aussi à imposer

L’association est d’ores et déjà

des univers à l’opposé de ceux de

Rman, Amy, Julie Bigot, Yanisse Kebbab et Yassine Belattar étaient réunis pour cette première soirée animée par Hamid Ferkioui (à droite).

sine Belattar, il fut égal à lui-

dans l’association. Nous y croyons

et les Ehpad. Qu’ils soient ouverts

blague et toujours dans la provo-

ans que nous l’avons mûri.”

une charte que nos adhérents

leurs prédécesseurs. Quant à Yas-

même. Borderline, doué pour la cation.

Soutenue par une subvention de la Ville, La Perche recherche à pré-

à ce projet. Cela fait plus de deux

DES ATELIERS DE THÉÂTRE ET DE STAND-UP OUVERTS À TOUS

sent des partenaires privés avec,

Mais, dans la tête de Hamid et

lyonnaise Sport dans la ville “qui

ne veut pas s’attacher à un seul

en tête, l’exemple de l’association

fonctionne, assure Hamid, avec

80 % de financements privés”. Il poursuit : “Nous avons préparé un

dossier partenaires pour donner envie de nous suivre et d’investir

Patrice, existe une ambition qui festival. “Nous voudrions mettre en place, dès la rentrée, des ateliers

de théâtre et de stand-up, entre

autres avec les EPJ mais pourquoi

pas aussi les maisons de retraite

prête à renouveler l’expérience.

à tous. Nous avons d’ailleurs écrit

devront respecter et qui met en avant la conduite, le sérieux et le

respect. Ces ateliers seront assurés par le collectif Le Raid, de Cécile Marocco, qui accomplit un beau travail dans l’éducation populaire

et qui est basée au TNP de Villeurbanne. À terme, on aimerait amener ceux qui vont les suivre dans de gros festivals, style Montreux.”

La finalité de ces cours sera aussi

“Nous voulions d’abord étaler le

festival sur trois jours, reprend

Hamid. On s’est dit qu’il fallait y aller doucement en organisant déjà une soirée. L’an prochain, on espère avoir deux jours avec une

première soirée gratuite, où l’on montrera essentiellement ce que

nous avons fait dans nos ateliers avec les EPJ, les collèges et autres, sorte de partie off. Le lendemain,

ce sera la partie in avec une tête d’affiche.” g

JEAN-CHARLES LEMEUNIER

FÊTE DE LA MUSIQUE

Orages et musiques en mode majeur Le 21 juin est devenu une habitude

sous la houlette du prof de guitare

Diallo donna, quant à elle, une repré-

ner : un podium se monte qui

caine avec l’emballant Afrotronic,

musiques amplifiées avec des com-

devant l’école de musique Jean-Wie-

accueille les différentes formations, composées de profs et d’élèves. Mais

PHOTO YVES RICARD

il a fallu, vendredi dernier, compter

L’ensemble guitares et percussions était accompagné par les profs Ludovic Le Grand (guitare classique) et Jérémy Pavaday (batterie-percussions).

avec une météo capricieuse. Qui obligea tout le monde à se rapatrier à l’intérieur du bâtiment.

Une fois de plus, l’éclectisme était de rigueur. Du rock avec Watt, accompagné par le prof de piano Chris-

tophe Waldner, et le groupe adulte,

Maël Salètes. De la musique afri-

avec le soutien de Maël Salètes et Anatole Buttin, lui aussi enseignant de guitare électrique. Musique plus classique avec l’ensemble guitares et percussions, accompagné par les profs Ludovic Le Grand (guitare clas-

sique) et Jérémy Pavaday (batteriepercussions) et avec Juliette Barioz pour une représentation de fin de 2

e

cycle à la flûte traversière. Mariama

sentation de fin de 3e cycle de positions originales.

Avec la fanfare Boumtchak, dirigée

par Aymeric Sache, les airs hésitaient

entre le hip-hop et le jazz New Orleans. La compagnie Traction Avant livra un aperçu de ses ateliers

danse et chant tandis que le groupe féminin Wicked Ones concluait la soi-

rée à grands coups de pop et de soul music. Que demander de plus ? g


CULTURE

EXPRESSIONS / Mercredi 26 juin 2019 - n° 672

13

ATELIERS HENRI-MATISSE

L’espace d’un instant

P

Tous les ans, l’exposition de fin d’année des ateliers Henri-Matisse mêle originalité, talent et malice. eintures, sculptures, dessins, gra-

Je leur ai montré des photos et des vidéos.

costumes colorés et casquettes

côté animalier des bâtiments et l’habita-

peintes : tous les ans, l’exposition de fin d’année des ateliers municipaux d’arts

plastiques Henri-Matisse apporte son lot de surprises. Des plus petits aux plus

grands, chacun a joué le jeu, apportant

originalité, talent, malice aux nombreuses œuvres présentées.

Du 19 au 23 juin, la salle Irène-Joliot-Curie

fut l’écrin de tous ces petits trésors concoctés au cours d’ateliers conduits par des artistes.

Le soir du vernissage, le 19 juin, l’un

d’eux, Azzouz Seffari, montrait les sculptures en carton réalisées par ses élèves du Charréard, âgés de 8 à 10 ans. “On est

partis de la Sagrada Familia, à Barcelone.

Je voulais que les enfants travaillent le

cle, les tours, les balcons, les petites

pièces. Et, surtout, que ce ne soit pas achevé. Ainsi, ils pourront reprendre ce projet l’an prochain. Ils ont travaillé sept

mois, à raison de deux heures tous les

PHOTO YVES RICARD

vures, céramiques, photographies,

mercredis. Quand je leur demandais s’ils ne voulaient pas dessiner ou faire autre

chose, ils répondaient qu’ils préféraient continuer.”

À côté, Corinne, qui suit les cours de gra-

Les sculptures en carton des élèves du Charréard sont inspirées de la Sagrada Familia de Barcelone.

vure pour adultes de Laurence Clair, désignait des exemples de linogravures et

à la culture et aux finances, et de Jean-

de l’exposition en particulier, évoquait

parlait des nouvelles techniques testées

Maurice Gautin, adjoint aux ressources

humaines, le maire Michèle Picard se

même, une découverte de ce qu’on ne

sur de petites plaques.

En présence de Yolande Peytavin, la première adjointe, de Bayrem Braiki, adjoint

réjouissait de cet esprit de convivialité

qui est la marque des ateliers HenriMatisse et, parlant de l’art en général et

“une porte ouverte à la rencontre de soi-

connaît pas, un outil d’ouverture sur le

monde, un moyen d’évasion l’espace d’un instant”.

g

PARC DE PARILLY

DISPARITION

Les chevaux d’orgueil

René Llored, un militant et un fidèle lecteur

Dans le cadre des Nuits de Four-

vière, le chapiteau du théâtre

Nous apprenons le décès de René

dans le parc de Parilly jusqu’au

tant communiste, supporter de

équestre Zingaro s’est installé

Llored à l’âge de 90 ans. Ce mili-

24 juillet. Son maître d’œuvre Bar-

l’AS Minguettes, était un fidèle

tabas nous le disait lors d’un

lecteur de notre journal.

déjeuner de presse en janvier, à

Avec son épouse Carmen, il pou-

propos de ce spectacle Ex Anima

vait être fier de ses enfants, tous

qu’il présente comme son dernier :

passés par le collège Elsa-Triolet

“Je voulais que les tableaux exécu-

et le lycée Jacques-Brel : René est PHOTO MARION TUBIANA

tés par les chevaux ne soient pas le résultat d’un dressage mais celui de l’instinct animal.” Les chevaux

deviennent des acteurs et se mettent à exprimer des situations, des sentiments que l’on rapproche des

Un spectacle autour de l’instinct animal.

est-ce ainsi que nous, humains,

qu’ils dégagent, les tenues des

loups qui viennent renifler les

les chevaux ? — l’exclusion, le cou-

musique qui nous semble tibé-

les mémoires. g

nôtres. Sont ainsi évoqués — ou

ressentons ce que nous montrent

ple, le travail, le jeu, la guerre, en

une succession de tableaux rythmés par l’envoûtante musique de

François Marillier. Ajoutons la sexualité,

dans

un

passage

étrange et assez glauque, le seul

de ce beau spectacle. Tout, dans

Ex Anima, accentue la fascination

du spectateur : les chevaux eux-

mêmes, leur beauté et la force

hommes qui les accompagnent, la

taine, issue d’un autre âge, d’une autre dimension.

L’humour n’est pas non plus absent, avec cette oie qui tire un coq ou ce petit âne tout mignon

soudain confronté à un grand

mulet aux oreilles immenses. Bartabas sait alterner les sentiments

que suscitent ses animaux. Quant

à la scène de la guerre, avec des

cadavres, elle restera gravée dans

JEAN-CHARLES LEMEUNIER

À NOTER Ex Anima : dans le parc de Parilly, tous les soirs à 21 heures jusqu’au 24 juillet. Relâche les 27 juin, 1er, 4, 8, 11, 14, 18 et 22 juillet. www.nuitsdefourviere.com

aujourd’hui

professeur

de

sciences sociales en classes pré-

paratoires aux grandes écoles, Patrick est professeur de philo-

sophie et a publié plusieurs

siècle aux Minguettes, il n’a

Jean Bollack, Stéphane est biblio-

a apprécié à la fois le caractère

ouvrages sur Jacques Derrida et

thécaire à la BNF à Paris et Yannick enseigne la littérature.

Ceux-là nous racontent : “René

Llored est né en 1929 et s’est installé à Vénisieux, sur le plateau des Minguettes, en 1969. Il a été

ouvrier, menuisier, tout au long

de sa vie professionnelle. Ses

convictions politiques ont toujours été communistes, il tenait

cela de son père militant communiste de longue date depuis sa

jeunesse. René a vécu un demi-

jamais souhaité vivre ailleurs et

populaire de la ville et la diversité de sa population. Ses enfants

ont joué au football à l’AS Minguettes pendant leur jeunesse et

lui-même est resté un fidèle supporter de ce club puis du club de

la ville. En somme, une partie essentielle de la vie de cet homme

est inséparable de la ville de Vénissieux.”

À sa famille et à ses amis, Expressions tient à présenter ses sincères condoléances. g


CULTURE FESTIVAL LUMIÈRE

À VENIR Semaine de la musique Pour bien achever sa Semaine de la musique, l’école de musique Jean-Wiener propose encore trois rendez-vous, à commencer par, ce 26 juin à 19 heures au Théâtre de Vénissieux, la fête des orchestres avec 80 enfants issus des classes débutants. Puis, le 28 juin à 20 heures, les chœurs junior et Fusion seront eux aussi au théâtre. Et, le 29 juin à 15h30, l’école ouvrira ses portes aux musiques anciennes. Le collectif Fusion ne prendra pas pour autant ses vacances. Après un premier spectacle montré aux Choralies de Vaison-la-Romaine en 2016, un nouveau projet a été lancé pour la saison 2018-2019 avec, en finalité, les Choralies 2019. Upgrade II sera joué le 7 août au théâtre antique de Vaison-la-Romaine. Il réunit les chanteurs de Fusion, du lycée lyonnais Saint-Exupéry, de la chorale universitaire de Nancy, du conservatoire de Saint-Priest, de Tinwë et du Chœur de jeunes, sous la direction de Panda van Proosdij, Tom Johnson et Mick Wagner.

Dialogues en humanité Du 5 au 7 juillet, le festival citoyen sous les arbres, gratuit et ouvert à tous, investit à

nouveau le parc de la Tête-d’or à Lyon. Le chorégraphe vénissian Azdine Benyoucef de la compagnie Second souffle et trente jeunes danseurs de Schiltigheim, Vénissieux, Givors, Saint-Étienne et Lyon proposent, le 6 juillet à 19h15, un spectacle de danse urbaine Héritage, sur les traces de Martin Luther King et de la marche non-violente de 1983, issue des Minguettes. Azdine et ses danseurs auront, auparavant, participé à des débats sur les marches citoyennes et la break dance. Renseignements: dialoguesenhumanite.org

De chair & d’azur C’est le titre de la nouvelle exposition (peintures et sculptures céramiques) de Fabien Martinand, qui se déroule du 29 juin au 15 août à La Fabrique des Colombes, à SainteColombe-sur-Gand (Loire). Longtemps habitant du Moulin-à-Vent — son atelier fut, un temps, place de la Paix, dans le centre — et aujourd’hui retraité lyonnais, Fabien a enseigné les arts plastiques au lycée professionnel Marc-Seguin pendant 19 ans, avant d’être muté au lycée de l’Automobile à Bron et de s’occuper des ateliers d’arts plastiques du Polaris de Corbas. Le vernissage de “De chair & d’azur” aura lieu le samedi 29 juin à 11h30.

Coppola, prochain prix Lumière Créé en 2009 par l’Institut Lumière et la

Métropole, le festival Lumière célèbrera son dixième anniversaire du 12 au 20 octo-

bre, en compagnie du cinéaste américain Francis Ford Coppola. Parmi les hom-

mages annoncés par Thierry Frémaux ce

11 juin, citons les acteurs Daniel Auteuil et Sterling Hayden (à qui Philippe Garnier

vient de consacrer un livre), les actrices Marina Vlady et Dominique Laffin (en pré-

PHOTO SOFIA COPPOLA

14

Mercredi 26 juin 2019 - n° 672 / EXPRESSIONS

sence de sa fille Clémentine Autain), les

cinéastes Ken Loach et André Cayatte, les

films Pré-Code de la Warner — c’est-à-dire avant l’instauration en 1934 du code de censure —, auxquels s’ajoute la venue de

on pourra apprécier une copie restaurée

Palme d’or cannoise. À noter encore la tri-

chestre national de Lyon sous la direction

Bong Joon-ho, auteur de Parasite, dernière logie zombie de George Romero, une nuit cinéma avec les trois épisodes du Parrain,

l’avant-première mondiale de la copie res-

taurée de Dans la nuit de Charles Vanel

(1929), dernier film muet français, et la

première mondiale de La Roue d’Abel Gance, invisible depuis longtemps et dont

de sept heures, mise en musique par l’orde Frank Strobel.

“L’idée première du festival, rappelait Thierry Frémaux, était qu’il occupe la ville

et la banlieue.” Pari réussi puisque toutes les salles de l’agglomération participent à cette grande fête. g WWW.FESTIVAL-LUMIERE.ORG

Cinéma Gérard-Philipe Classé Art et Essai

La Cacophonie du Donbass D’Alexeï Stakhanov, ouvrier du Donbass dont le nom est lié à la propagande soviétique, à la guerre née dans ce bassin houiller disputé par l’Ukraine et les séparatistes prorusses depuis 2014, le cinéaste ukrainien Igor Minaiev construit un film mêlant images d’hier (documentaires, fictions) et interviews d’aujourd’hui. Le titre vient d’un documentaire réalisé en 1930 par le célèbre Dziga Vertov, La Symphonie du Donbass, qui montrait combien les travailleurs du Donbass avaient œuvré pour la grandeur de l’URSS. Pour Minaiev, cette symphonie s’est transformée en cacophonie. En partenariat avec l’association FranceUkraine, la projection du vendredi 28 juin à 20 h 30 sera suivie d’un débat en présence du réalisateur.

Lionnes Coupe du monde féminine de foot oblige, le film de Marc Sauvourel sur quatre adolescentes de 12-15 ans qui jouent dans leur club des Minguettes et rêvent de devenir Amel Majri sera projeté le 4 juillet à 18 h 30. Entrée libre.

Fête du cinéma Elle aura lieu du 30 juin au 4 juillet. Pendant ces quatre jours, un tarif unique de 4 euros sera appliqué à toutes les séances.

Tarif plein : 6,70 €, tarif réduit : 5,80 €, tarif Est-Écrans : 5 € / - de 14 ans : 4 €. Carte Est-Écrans valable un an à partir de la date d’achat. Supplément : 1 € pour séances en 3D. www.ville-vénissieux.fr/cinema/grac.asso.fr/salles/64-cinema-gerard-philipe

Séances à l’attention des sourds et malentendants Beaux-parents (27 juin à 18 h 30) ; Ibiza (4 juillet, 18 h 30).

12, avenue Jean Cagne 04 78 70 40 47 cinemagerard.philipe@ville-venissieux.fr

COLLÈGE MICHELET

Les clichés renversés

Et si les clichés qui encombraient les esprits sur les garçons et les filles étaient bousculés ? C’est ce postulat que la classe de 6e C du collège Michelet a mis en images avec trois courts-métrages, présentés au cinéma Gérard-Philipe ce 13 juin. “Dans le cadre du projet "La mécanique du regard", explique Yza Mouhib, enseignante d’arts plastiques et de cinéma et prof principale de la classe, les élèves ont participé toute l’année à plusieurs dispositifs (Kino, Collège au cinéma). Ils ont visité l’école de cinéma La Fabrique, ont été à l’Institut Lumière et sont venus voir trois films au cinéma GérardPhilipe.” Outre l’apprentissage de certains métiers du cinéma, elle met en avant d’autres avantages tels que “la cohésion du groupe” et des améliorations dans la concentration et le travail. Les collégiens ont donc réalisé un film d’animation, Le Monde à l’envers, avec Nicolas Bougère, un documentaire, La Vie quotidienne des filles et des garçons, avec Alexis Jacquand, et une fiction, Une fille qui fait du rap, avec Akim Daouch. “J’ai voulu filmer la parole”, commente Alexis Jacquand. Tandis que des élèves s’occupaient du son et de l’image, d’autres, assis en rond dans la classe, parlaient des rapports filles-garçons. “Je voulais casser le dispositif de la classe. Quelques questions ont été préparées et j’ai laissé tourner la caméra. C’est du cinéma direct avec des plans séquences. J’ai ensuite fait le montage. Il y a eu une restitution de ce que nous avions tourné et on a continué à filmer les réactions.” g


HISTOIRE

EXPRESSIONS / Mercredi 26 juin 2019 - n° 672

15

Les Chaponay, seigneurs de Vénissieux situé à proximité de Crémieu.

Les seigneurs de Vénissieux ? Des inconnus, ou presque. Sauf lorsque l’on fouine dans les archives du passé. Ressort alors une histoire qui a défié le temps.

Avec cet Octavien, les Chaponay de Vénissieux

connaissent une progression de leur statut social. Octavien commence en effet son exis-

tence bien modestement: son grade d’officier

et le train de vie qu’il doit afficher lui coûtent

I

tellement cher qu’en 1704, alors que tout jeune homme il s’apprête à partir combattre

lors de la guerre de Succession d’Espagne, il

PAR : ALAIN BELMONT

s’excuse de ne pouvoir léguer que 400 livres

à sa sœur Elisabeth, “le peu de biens qu’il a ne

ls étaient officiers dans les armées du roi,

luy permettant pas de suyvre dans cette occa-

et héritiers d’une longue lignée de l’aris-

sion les mouvements de son cœur” ! Pourtant,

tocratie. Pourtant, leur blason avait une

il sera plus tard en mesure de combler ses

allure on ne peut plus champêtre: trois coqs

enfants de faveurs: comme en 1749, lorsque

jaunes un tantinet grassouillets, avançant

sa fille Marie-Anne de Chaponay reçoit

une patte en l’air, sur un fond de ciel bleu!

26500 livres de dot à l’occasion de ses noces

Plutôt que de mettre en avant leurs exploits

avec un capitaine du régiment de Normandie.

militaires, les Chaponay avaient préféré jouer

En ce milieu du XVIIIe siècle, le lien des Cha-

avec leur nom : le chapon serait leur

emblème, pendant plus de 500 ans. Déjà

ponay avec Vénissieux se réduit. Même si

attestée au XIII siècle, cette famille compte

Octavien choisit de se faire enterrer dans

e

l’église du village, son mariage avec la dame

parmi les plus illustres de la ville de Lyon,

de Leyrieu l’a rapproché de Crémieu, où vit

puisque son origine chevaleresque remon-

désormais la famille. Elle a élu résidence dans

terait à Pierre de Chaponay, en 1297. Partagée

un bel hôtel particulier de la place de la halle,

ensuite entre le métier des armes et le service

toujours présent de nos jours, avec sa façade

de l’administration et des finances royales

à trois étages arborant au-dessus de la porte

(la “noblesse de robe”), la famille de Chapo-

une tête de chien, symbole de la fidélité.

nay se divise après 1520 en deux branches

C’est dans ce bâtiment crémolan que naît

principales: l’une basée à Feyzin, dont elle

en 1746 Catherine-Claudine de Chaponay, le

devient seigneur, et l’autre ancrée en région

dernier seigneur de Vénissieux. Avec elle, le

grenobloise, où elle fait construire au

destin des Chaponay change du tout au tout

XVIIe siècle un magnifique château dans la vallée de l’Isère, à Eybens.

Paradoxalement, c’est la branche grenobloise

Portrait de Catherine-Claudine de Chaponay (1746-1826), dernier seigneur de Vénissieux. Collection privée.

planter à Vénissieux. Dès le début du

lequel quitte le château d’Eybens pour s’éta-

registres, comme dans ce “terrier de la com-

d’Eybens, lorgne sur notre commune: ainsi

dans la place, ils y resteront jusqu’au XIXe siè-

le défunt [Laurent] seigneur de Chaponay”. Sur-

et non la branche feyzinoise qui vient s’im-

XVII siècle, Bertrand de Chaponay, seigneur e

en 1624, possède-t-il avec sa femme Virginie

de Saint-Julien, plusieurs parcelles qu’il loue

à des paysans vénissians. Devenue veuve,

Virginie de Saint-Julien se remarie en 1632

blir chez nous. Les Chaponay sont à présent cle.

UN CHÂTEAU EN RUINES MAIS DE VASTES DOMAINES AGRICOLES

avec un certain Gaspard Dugué. Elle fait là le

Quatre générations se succèdent alors à la tête

nage puissant, intendant en lyonnais — en

vers 1693), Octavien (1677-1737), Antoine-

choix d’un bon parti: Dugué est un person-

quelque sorte, l’ancêtre de notre préfet de

région — et il achète en 1640 au roi Louis XIII

la seigneurie de Vénissieux. Après son décès,

tous les biens vénissians de Gaspard Dugué arrivent entre les mains de sa femme, sei-

gneurie comprise. Puis en 1669, au moment

de son testament, Virginie de Saint-Julien fait

don de Vénissieux à son fils cadet issu de son

premier mariage, Laurent de Chaponay,

munauté de Vénissieux, du 26 mars 1680, pour tout, ils détiennent de vastes domaines agri-

coles aux Minguettes, aux Grandes-Terres, dans les brotteaux du Rhône aussi, étendus sur 100 à 150 hectares à la fin du XVIIIe siècle

et au début du XIXe. Par contre, leur château

de Vénissieux: Laurent (né vers 1619-mort

vénissian n’est plus qu’un souvenir, colonisé

Joseph (né en 1716, marié en 1745), et Cathe-

ruines au début du XVIIIe siècle. Aussi les Cha-

rine-Claudine (1746-1826). Mais, souvent retenus loin de leur foyer par leurs obligations

militaires, les Chaponay considèrent d’abord

Vénissieux comme un élément de prestige et

marquis de Quinsonas, président au parlement de Grenoble — soit l’un des plus puis-

sants aristocrates de toute la province du Dauphiné. La marquise de Quinsonas ne

perdit jamais Vénissieux de vue. Même si elle vécut et mourut à Paris, elle n’en donna pas moins gratuitement en 1819 le terrain nécessaire à l’établissement du cimetière

communal. De même, en notre début du XXIe siècle, le marquis et la marquise de

Quinsonas, propriétaires du château du Tou-

ponay préfèrent-ils vivre à Lyon, dans un spa-

lien familial qui les unit à Vénissieux.

cieux logement proche de la place Bellecour. C’est ainsi dans l’église d’Ainay, que “illustre seigneur messire Octavien de Chaponay, che-

valier, seigneur de Vénissieu, cy devant officier

seigneuriales qui leur sont dues, en prenant

vier 1715 “dame Catherine Boesse”, fille d’un

soin de les consigner dans de volumineux

Joseph-Gabriel de Pourroy de Lauberivière,

par les maisons du village et qui tombe en

un investissement immobilier. Ainsi lèventils sur tous les habitants du village les taxes

puisqu’en 1765, Catherine épouse un certain

dans la marine du Roy”, épouse le 28 jan-

chevalier et seigneur de Leyrieu, un village

vet, près de Grenoble, n’ont rien oublié du Noblesse oblige. g

SOURCES : ARCHIVES DU RHÔNE, B 363 (1624) ; BP 2020 (30/1/1693) ; 3 E 8186 (2/12/1704) ; 3 E 5157 (14/4/1749) ; 4 E 5376 (23/9/1737), 44 J 44. ARCHIVES DE L’ISÈRE, REGISTRES PAROISSIAUX DE CRÉMIEU (8/5/1745 ET 30/4/1746). ARCHIVES DE LYON, 1 GG 343 (28/1/1715). ARCHIVES DE VÉNISSIEUX, MATRICES CADASTRALES 1834, F° 580-581. MICHEL OLLION, SOUS-SÉRIE 44 J, FONDS DE LA FAMILLE CHAPONAY.


16

SPORTS

Mercredi 26 juin 2019 - n° 672 / EXPRESSIONS

BIEN DANS SON CORPS, BIEN DANS SA TÊTE

Le bien-être à portée de mains I

La semaine “Sport et bien-être” qui s’est achevée le 21 juin a comblé les organisateurs, en particulier les membres actifs du centre associatif Boris-Vian (CABV) qui avaient proposé des séances de massages, modelage et soins énergétiques. ncorporés dans la semaine

surer une séance, on prenait du

moments de détente assu-

sonne, et si on la sentait un peu

public ravi. Ces ateliers ont

même éclipsé les activités sportives classiques proposées par les clubs de twirling, de course

de caisses à savon, de boxe française, de foot féminin… Même si

le bien-être est un terme fédérateur, un peu fourre-tout, se

définissant comme un état lié

aussi bien à la santé qu’à la

réussite sociale ou à la réalisation de soi, il a davantage interpellé des personnes désireuses de souffler un peu, “de se faire

dorloter”, comme l’a joliment évoqué une jeune mère de

famille vénissiane qui s’était

inscrite à quatre ateliers différents, le 18 juin.

“Soyons sincères, il est bon de

penser un peu à nous, et cette

semaine spéciale est l’occasion idéale de le faire. J’ai d’abord eu

droit à un massage tui na, pratiqué habillé, et en fin de séance

(35 minutes), j’étais déjà étonnamment

calme,

je

flottais

presque, je serais bien restée plus longtemps.”

TUI NA, QI GONG, REÏKI USUI

Pour Thérèse, non-résidente à

Vénissieux, et plutôt habituée aux

bassins

nautiques,

ces

séances de détente ont été incroyablement apaisantes. “Ce

lâcher prise m’a fait un bien fou, je suis encore dans un état de

sérénité incroyable. Ce qui ne m’empêchera pas de m’inscrire à une séance d’aquafitness, s’il reste de la place.”

Pour Corine Romeu, directrice du CABV, l’objectif de cette semaine détente était avant tout

d’ordre relationnel. “Avant d’as-

stressée, un peu tendue, préoccupée même, on espérait pouvoir lui apporter un peu de mieux-

être, pour qu’elle soit d’abord en

harmonie avec elle-même. Sans

entrer dans les détails, le massage tui na fait partie d’une des branches de la médecine chinoise

au même titre que la pharmacopée, la diététique, l’acupuncture

et le qi gong. On utilise des techniques de manipulation plus ou

moins appuyée, variant selon les zones à traiter.”

Allongée sur une table de masseur au premier étage du centre

PHOTO RAPHAËL BERT

rés au CABV ont rencontré un

temps, on discutait avec la per-

associatif, la jeune Cathy a servi de “cobaye” et a bénéficié d’une

démonstration des techniques utilisées par Corine, exécutées durant une petite demi-heure

Le but du reiki qui s’effectue par imposition des mains : apporter un bien-être, un calme mental, une paix intérieure.

avec ses membres supérieurs

(doigts, paume, main, poignet, avant-bras ou coude). Relaxée et détendue, Cathy est sortie de sa séance avec un sourire

encore plus grand que celui qu’elle arborait en entrant.

Un peu plus tard, elle est passée

à un atelier de reiki usui, dispensé cette fois par Céline, de

l’association Aim’être. “Il faut

bien une heure, une heure quinze

pour animer une séance, a expli-

qué l’enseignante. Habituellement, j’exerce dans une pièce peu

éclairée avec un léger fond musical rappelant la nature. Le reiki

s’effectue par imposition des mains. Le but est d’apporter un

calme mental, une paix inté-

3 QUESTIONS À Corine Romeu directrice du CABV

“On pense à pérenniser ces ateliers” Comment a été mise en place

(Corinne Romeu est enseignante

En fait, ce n’est pas vraiment une

péen de qi gong au sein de l’as-

cette semaine du bien-être ?

nouveauté. Les deux années pré-

cédentes, on avait déjà proposé ces moments de détente en partenariat avec la Maison de quar-

tier. Cette fois-ci, on l’a poursuivie en appui avec la Direction muni-

cipale des sports et de la jeunesse.

En touchant bien évidemment un

en formation à l’Institut eurosociation Ombre et Lumière,

ndlr), une manière de promouvoir des techniques énergétiques. Comme on l’avait fait

avoir une réflexion sur la possi-

tion qui soutient des femmes vic-

de détente à la rentrée.

pour SOS Féeminité, une associatimes d’un cancer.

public plus élargi.

Visiblement, l’engouement a

en se fondant sur le concept du

Vous-même étiez bien impli-

En effet, on a eu du monde, un

Cathy a validé.

détente…

rieure et un bien-être en général, taoïsme chinois.” Là encore, g

quée dans ces ateliers de J’ai assuré des séances de qi gong

DJAMEL YOUNSI

ARCHIVES RAPHAËL BERT

“Sport et bien-être”, les

été réel…

public diversifié, même si à majorité

féminine,

et

des

remarques si positives qu’on va

bilité de pérenniser ces espaces

Vous avez pu le constater, pas mal de personnes se sont même ins-

crites sur les cinq différents ate-

liers. Bien évidemment, on a conscience que les prix attractifs

proposés (8 euros les 20 minutes, 12 euros la demi-heure et 20 euros l’heure) y sont pour beaucoup.


SPORTS

EXPRESSIONS / Mercredi 26 juin 2019 - n° 672

TENNIS

Le MVT, l’affaire de tous!

Plus de 1500 clubs dont celui du Moulin-à-Vent ont

participé à la Fête du tennis organisée les 8 et 9 juin par la FFT. “On profite de cette journée nationale, 3e du

nom, pour ouvrir davantage nos portes à tous les publics, explique Sophie Grégoire, la présidente du club vénis-

sian. Le tennis pour tous, c’est vraiment notre marque de fabrique.”

Le 8 juin, des matches étaient organisés entre parents

et enfants, puis entre les plus grands. Une opération

reconduite le 23 juin dans le cadre du “tennis sport santé” proposé par Thibaut Przybyla, éducateur sportif spécialisé.

Le reste de l’année, le club organise des opérations de découverte du tennis en direction de la Maison de l’en-

fance et du centre social du Moulin-à-Vent, du collège La Xavière… Sans oublier les participations aux tour-

nois de l’association Fête le Mur et à “l’Open Galaxie”.

“Il ne faudrait pas pour autant occulter les performances de nos compétiteurs”, glisse la présidente, mettant en

avant le travail de qualité réalisé par ses moniteurs

encadrés par Samrath Sok, diplômé d’État . Et là encore,

même si Badr Grine, Tristan Vernay, Emmanuel Mathias, Reda et Wassila Rafed, Maëva Pianina, etc. sont à créditer d’une saison réussie, les priorités se

situent autour des sept équipes du club, dont deux chez les féminines ont répondu aux attentes de la direc-

tion: assurer le maintien à des niveaux départemen-

taux et régionaux. “Au MVT, il y en a pour tous les goûts, toutes les envies, et tous les niveaux.” g

AGENDA Vendredi 28 juin Gala de fin d’année de judo organisé par l’ALVP au gymnase JacquesAnquetil, à partir de 18 h 30. ●

Samedi 29 juin Tournoi de foot fauteuil catégorie jeunes, organisé par Handisport Lyonnais au gymnase Elsa-Triolet, de 9 heures à 19 heures. ●

Mercredi 3 juillet Match amical U15/U16, au stade Auguste-Delaune à 15 heures, entre une équipe américaine et une équipe vénissiane, dans le cadre du dispositif “Coupe du Monde féminine” mis en place par la fédération française de football et les fédérations qualifiées pour le Mondial. ●

DU 8 juillet au 23 août Dispositif “Vivre un été sport” proposé par la Ville sur les courts de tennis du complexe Auguste-Delaune. ●

DU 8 juillet au 9 août Sorties à la journée dans le cadre du dispositif “Vivre un été sport”. ●

GYMNASTIQUE ARTISTIQUE ET RYTHMIQUE

En famille ! Gala ou compétition, la gymnastique repose avant tout sur ses bénévoles. Illustration avec les clubs de gyms rythmique et artistique du CMO-V qui organisaient, les 21 et 22 juin, leur dernier rendez-vous d’été. Vendredi 21 juin, impossible de se garer

sur le parking du gymnase Alain-Colas, ni même sur les trottoirs. Plus de 200 gym-

nastes, familles, amis, bénévoles du club avaient pris possession de l’équipement

sportif. “C’est l’occasion de revisiter les temps forts de la saison en proposant une revue d’effectif complète de nos équipes et

de nos individualités”, annonce Samia Mujezinovic, la présidente. Sur le praticable, la succession des démonstrations assu-

rées par les compétitrices a eu son effet. Libérées de toute contrainte, elles ont été chaleureusement applaudies. Qu’il s’agisse

de l’équipe arrivée 24e en championnat national et 1re en Région, ou du groupe de

Fédéral B (18e au niveau national). “On a

réussi à qualifier trois de nos cinq équipes au niveau national, on a respecté notre

tableau de marche pour la saison”, savoure Mariana Turcitu, la responsable sportive.

En dépit d’une chaleur étouffante, le gala de gym du CMO-V a attiré près de 140 enfants.

liale”, s’amusent les parents de Mélissa et

Nous avons des résultats toutes les

en septembre et octobre prochain, mais

droit à une grosse perf’ de nos gyms évo-

“Ce club est avant tout une affaire fami-

Louna, deux cousines qui auront 10 ans

VÉNISSIADES D’ÉTÉ 2019

Le vélo s’affiche

qui n’ont pas évolué dans les mêmes équipes.

Rolando & Poisson PHOTO RAPHAËL BERT

Spécialiste du bâtiment depuis 1858

Samedi 22 juin, les “cousins” de la gym artistique clôturent leur année sportive en organisant la compétition interne de leur

école. Pas loin de 140 enfants — un peu moins qu’à l’accoutumée en raison des ker-

messes scolaires — s’emparent des agrès,

sous le regard bienveillant du président Fabrice Cantaluppi. “Bonne saison, assure Nicolas Houël, le chargé de com’ du club.

semaines. Tenez, il y a dix jours, on a eu luant en Fédérale A de 10 ans. Faris Ben-

guesmia, Alexis Guillaud, Alexis Quintelas, Logan Bars, Louis Cros, et Romain, mon

fils, sont devenus vice-champions nationaux à Angers. Leur coach, Christophe Rosier, a

de quoi être fier. Et en Ufolep, Anna Ollivier, Linda Hasse, Lila Grandjean, Kilda Altay,

Nelli Kayadjanian et Jenna Garroudi ont décroché une médaille de bronze en National 5 chez les 11-18 ans. Cela montre la qualité du travail de nos entraîneurs.” g

La nouvelle édition des Vénissiades d’été 2019 s’est déroulée sans fausse note, et heureusement une

semaine avant la hausse des températures à un

niveau caniculaire. La petite curiosité était à chercher

du côté du vélo qui a eu les honneurs de la semaine. “Outre la possibilité pour les enfants de se (re)familia-

riser avec la pratique de la bicyclette, on s’est appuyé

sur la police municipale pour faire passer le permis APER aux enfants”, détaillent Éric Sagbo et Frédéric Salles, coordinateur de la manifestation.

Les autres disciplines programmées du 17 au 21 juin ont fait la part belle au rugby, à l’athlé, au tennis, à l’es-

crime et la course d’orientation. Un peu plus de 750 enfants de primaires (14 écoles) ont pris part à ce ren-

dez-vous vénissian piloté par la direction municipale des sports et l’USEP de Vénissieux, encore dirigé pour un temps par Cédric Berruex, avant sa nouvelle affectation dans une autre commune de l’Est lyonnais. g

Travaux de plâtrerie Cloisons sèches Peinture Revêtement de sols Ravalement de façades Isolation intérieure et extérieure

17

La fête du club de GR a été l’occasion de passer en revue la majorité des licenciées.


18

SPORTS

Mercredi 26 juin 2019 - n° 672 / EXPRESSIONS

USV RUGBY

Les Vénissians en maillot jeune I

Si l’équipe fanion vénissiane n’a pu assurer son maintien en 1re série, les U19 sont devenus champions de ligue bis. De bon augure. ntégrés dans un championnat de

motion puisqu’ils vont intégrer l’équipe

en manque d’effectif d’évoluer avec dix

est rétrogradée en 2e série après une saison

2e niveau créé pour permettre aux clubs

fanion du XV de l’USV… Une formation qui

joueurs, les U19 vénissians ont été au bout de

noire, résumée par les deux seuls succès

imposés en finale de ligue Auvergne Rhône-

ture et clôture de championnat. “Ce n’est pas

leur parcours… et de leurs envies : ils se sont

Alpes face à l’Entente Meximieux Dagneux

(Plaine de l’Ain). “Tout s’est déroulé comme prévu, a commenté après coup, Hakim Hajoth-

man, un des deux entraîneurs du groupe. On a su imposer notre collectif, et le score final (41-22) se passe de tout commentaire.”

UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE JOUEURS

Pour obtenir ce titre, les Vénissians ont pu compter sur le renfort de quelques joueurs san-priots. Explication de Nordine Babah, l’au-

tre entraîneur : “Dans les catégories de jeunes, la plupart de nos équipes évoluent sous forme

qu’elle est parvenue à décrocher, en ouver-

catastrophique, assure Nordine. Les trois coaches (Guillaume Mie, Faiçal Hafidi et Mat-

thieu De Chemylli) restent en poste et vont bénéficier du renfort de quelques jeunes désireux de revenir au club après une année consa-

crée à leurs parcours scolaires. Une manière

de renouveler notre effectif, et de le rajeunir. On assiste probablement à l’installation d’une nouvelle génération de joueurs.”

“On a bien évidemment conscience qu’on s’est lancé sur un travail de long cycle et qu’il faudra

compter sur l’assiduité de nos jeunes licenciés pour espérer obtenir des résultats, plus tard, chez les seniors, ajoute Hakim. À nous de gar-

d’ententes. Ainsi, nos U14 peuvent compter sur

der nos rugbymen des équipes jeunes assez

alors qu’en U16, U18 et U19, la coalition se fait

limités nous obligent à trouver des ententes

la présence de quelques joueurs de Sathonay,

exclusivement avec le club de Saint-Priest, mais pas de manière figée. Les deux San-Priots évo-

luant en U18 n’ont par exemple pas participé à la finale.”

longtemps. Jusqu’à présent, nos effectifs un peu

ou à jouer dans des championnats à effectif

réduit. On aime trop le rugby pour baisser les bras.” g

L’an prochain, ces mêmes ententes seront reconduites. À noter que Mehdi et Anice, victorieux en U19, auront droit à une sacrée pro-

Vénissieux a goûté à la Fédérale 3

DJAMEL YOUNSi LE

GROUPE DES U19 : AYMEN, KAMAR, AMINE, ASSAD, SEKOU, MEHDI, CORENTIN, TAY, SOFIANE, ANICE, MICKAËL, ANTONIN, ISMAËL, ANDJIB, IDRISS.

C’est assez rare pour être signalé : Vénissieux a accueilli le 1er juin dernier un match de Fédérale 3, soit le 5e échelon dans la hiérarchie des compétitions nationales après le Top 14, la Pro D2 et les Fédérales 1 et 2. Le stade Laurent-Gérin a ainsi vu s’affronter le RC Metz et la Jeunesse Sportive Illiberienne-Latour-Theza pour un quart de finale du championnat de France des équipes réserves. Une belle opportunité de proposer du rugby de bon niveau aux spectateurs vénissians que le président de l’USV, Michel Giuliani, n’a pas manqué de saisir. Mais pourquoi Vénissieux ? Il fallait que les deux équipes en provenance de la Moselle et des Pyrénées-Orientales se rencontrent sur terrain neutre. Et qu’elles effectuent grosso modo les mêmes distances (460 km) pour se rendre dans un stade homologué pour des rencontres de ce niveau. Sur le terrain, il n’y a pas eu vraiment de suspense. Les Messins ont opposé une résistance jusqu’à l’heure de jeu (7-6, 14-6 puis 14-12), avant de céder face à la cohésion des Thezannais (24-12).

LES RÉSULTATS DE LA QUINZAINE Twirling-bâton

Athlétisme

des U15 a décroché le titre en Excellence

8 juin à Boulogne, le minime Jawad Had-

Aux championnats de France de twirling

Trois coureurs de l’AFA Feyzin-Vénissieux

régionale, en début de mois à Brindas.

jaz a pris la 2e place dans la catégorie des

FFSTB (1 400 compétiteurs sur trois jours),

ont été couronnés aux championnats ré-

Le BVVLM a battu Échirolles 20 à 18.

moins de 39 kg. La cadette Nawell Diaby

les Vénissians ont été à l’honneur, comme

gionaux individuels (de cadets à seniors)

d’habitude.

qui ont eu lieu à Saint-Étienne, le 22 juin.

Karaté

Outre les cinq places de finalistes obte-

Hachlaine Petit s’impose en espoir sur le

En Coupe de France sud, dernière compé-

nues par la Grande équipe, la présidente

400 m en 56"98, le junior Luca Buenzod

tition de la saison, chez les karatékas du

Valérie Girodon s’est enorgueillie des mé-

est titré au poids de 6 kg (13,08 m) et Awa

Sen No Sen, le junior Ilies Elguir a apporté

dailles d’argent et de bronze décrochées

Saley en espoir gagne la médaille d’or

une médaille de bronze à son club, dans

Grâce à son large succès obtenu face à

respectivement par les minimes Irina,

au poids de 4 kg (11,59 m).

la catégorie des moins de 61 kg.

Lyon ouest sporting club (6-0), le 15 juin,

s’est emparée du bronze chez les moins

Lyna, Selya, Séphana, Laura et Amaia, en Petite équipe twirling, et par les seniors

de 65 kg. Assurément, la relève est en marche.

Football

l’équipe de District (D1) de Vénissieux FC

Handball

Boxe Française

accède au premier niveau régional (R3).

Alexandra, Laura, Laurie, Séverine, Élise,

En entente avec Bron et Villeurbanne,

À l’occasion des championnats de France

Enfin une accession pour une équipe

Lyna, Emma, en Équipe twirling.

l’équipe féminine de Vénissieux handball

de savate boxe française disputés le

senior vénissiane.


AU QUOTIDIEN

EXPRESSIONS / Mercredi 26 juin 2019 - n° 672

EXPRESS

ZÉRO DÉCHET Consommer autrement En participant avec son mari au défi Familles zéro déchet lancé en novembre dernier dans les centres sociaux du Moulin-à-Vent et des Minguettes, la manière de vivre de Lucie, maman de trois jeunes enfants, a changé du tout au tout. “Je fais ma propre lessive à partir des feuilles de lierre de mon jardin (voir la recette ci-dessous). Je n’utilise plus de coton. Je vais dans les magasins qui vendent en vrac, je n’achète plus de gel douche mais uniquement des savons solides. Toute la famille essaye de consommer autrement.” Une dizaine de familles vénissianes ont participé cette année à ce défi piloté dans l’agglomération par la Métropole de Lyon. Elles indiquent toutes avoir fait évoluer leurs pratiques quotidiennes : de la fabrication maison de shampoing solide à la chasse aux produits nocifs dans les cosmétiques, en passant par une fréquentation assidue des marchés, une priorité donnée aux produits sans emballage, le recours au compost. Pour les aider dans cette démarche éco-responsable, plusieurs ateliers ont été organisés tout au long de l’année. Le défi consistait à réduire d’au moins 50 % le poids des déchets produits. Les personnes participantes

Lire et faire lire recherche des bénévoles

étaient récemment réunies pour une soirée de clôture autour de diverses expositions et de la projection du film Ma vie zéro déchet, qui relate l’expérience d’une famille ayant renoncé au gaspillage.

La recette de la lessive aux lierres Cueillez et nettoyez une cinquantaine de feuilles de lierres. Plongez-les dans l’eau d’une casserole après les avoir froissées à la main. Portez à ébullition et laissez bouillir 15 minutes environ, avec couvercle. Laissez refroidir et macérer toute une nuit, sans ôter le couvercle. Filtrez à l’aide d’une étamine (un voile à confiture) en prenant soin de bien presser les feuilles. Embouteillez votre lessive végétale qui se conservera un mois.

AIDER SON PROCHAIN Un barbecue solidaire pour le petit Mohamed L’association Aider son prochain (ASP) se mobilise pour collecter des fonds pour Mohamed Chahine, âgé de sept ans, qui vit à Djerba en Tunisie. Atteint de la maladie de Crouzon, entraînant notamment une malformation crânienne, il doit subir une intervention à Lyon dont le coût s’élève à plus de 20 000 euros. Une importante somme d’argent a d’ores et déjà été collectée, grâce aux actions menées par les bénévoles d’ASP : ventes de gâteaux, de plats, opération coup de coeur avec DHL Lyon ou Toys"R"Us. Mais après cette intervention très délicate, le petit garçon aura peut-être besoin de réanimation dont le coût est très élevé. C’est pourquoi ASP organise en partenariat avec le FC Vénissieux un barbecue solidaire, le 30 juin prochain de 11 heures à 17 heures, au stade Auguste-Delaune. Au programme : tournoi de foot solidaire, kermesse avec buvette, tombola (de nombreux lots sont à gagner) ainsi que jeux pour enfants.

ENTRÉE

LIBRE ET GRATUITE. INSCRIPTION NÉCESSAIRE POUR LE TOURNOI DE FOOT SOLIDAIRE AU

04 77 34 20 17.

Rédaction: 9 rue Aristide-Bruant 69200 Vénissieux. Téléphone: 0472511812. Mail : redaction@expressions-venissieux.fr Site du journal : www.expressions-venissieux.fr Paraît un mercredi sur deux sur papier recyclé.

Directrice de publication : Christiane Brundu. Rédacteur en chef : Gilles Lulla ✆ 04 72 51 18 12. Rédacteur en chef adjoint : François Toulat-Brisson ✆ 04 72 51 76 65. Secrétaire de rédaction : Perrine Plateau. Journalistes : Michèle Feuillet ✆ 04 72 51 76 63. Jean-Charles Lemeunier ✆ 04 72 51 18 12. Alain Seveyrat ✆ 04 72 51 76 84. Djamel Younsi ✆ 04 72 51 76 62. Photographe : Raphaël Bert. Assistante de direction : Ghislaine Déléaz. Chargé de publicité : Boris Miachon ✆ 04 72 90 95 98 Éditeur : Régie autonome personnalisée du journal Expressions. Fabrication : IPS - 01 600 Reyrieux ✆ 04 74 08 96 96. Distribution : Codice - 69 200 Vénissieux ✆ 04 72 33 04 30. Abonnement : 42 euros par an. Prix au numéro : 1 euro. Tirage 32 500 exemplaires. issn : 1151-0935

FLEURS COUPÉES

PLANTES

idées CADEAUX

Spécial Mariage

Nadia Braiki

04 26 59 65 74 Flowers Fleurs et Mariages flowersnadiabraiki

04 26 59 65 74

11 Rue Paul Bert 69200 Vénissieux

L’association Lire et faire lire Rhône et Métropole de Lyon recherche des bénévoles sur le secteur Feyzin, Saint-Fons et Vénissieux. Actuellement, le collectif de secteur compte 31 bénévoles qui lisent une fois par semaine dans les crèches, centres sociaux ou écoles proches de leur domicile. Retraités ou proches de l’être, si vous souhaitez rejoindre l’équipe pour donner envie de lire aux enfants, contactez Magali Vigne au 0647 596121 ou magali.vigne0405@orange.fr. Vous pourrez bénéficier de formations gratuites à la lecture à haute voix, à la lecture en crèche, au choix des livres et d'un accompagnement personnalisé.

Vide-greniers des anciens élèves de l’école Pasteur Les inscriptions pour le vide-greniers des anciens élèves de l’école Pasteur sont ouvertes. Il se tiendra dimanche 15 septembre de 8h30 à 17 heures, avenue Jacques-Duclos, quartier Charréard. Tarifs: 2 euros le mètre pour les adhérents, 4 euros pour les non-adhérents, 5 mètres minimum (caution de 30 euros obligatoire). Véhicule léger autorisé à l’arrière du stand. Si plusieurs véhicules, nécessité de payer autant de multiples de 5 mètres que le nombre de véhicules. Règlement complet envoyé à l’inscription. Renseignements et réservations: 0664878211 ou aaeepv@ hotmail.fr

À venir à Ifetila Café Vendredi 28 juin, de 14 à 16 heures, tout savoir sur Ambroise Croizat. Samedi 29 juin, brocante. Vendredi 5 juillet, de 14 à 16 heures, dans le cadre des “clés de la citoyenneté”: le principe de laïcité. Lundi 8 juillet, conférence de presse de 10 à 12 heures, suivie d’une petite restauration de 12 à 14 heures. Ifetila Café, 16, rue Jules-Ferry. Renseignements: 0617944876.

19

CONSEILS DE QUARTIER ● Charles-Perrault : fête de quartier samedi 29 juin,

de 14 heures à 18 heures. Rendez-vous rue GastonMonmousseau, sur l’espace vert situé à proximité de la statue. Présidente : Souad Ouasmi ● Anatole-France/Paul-Langevin : permanence mardi 2 juillet à 18 h 30, Maison des fêtes et des familles, salle n° 3 (20, avenue de la Division-Leclerc). Présidente : Marie-Christine Burricand ● Centre : permanence mardi 2 juillet à 18 heures, foyer Paul-Langevin (13 A, avenue Marcel-Paul). Présidente : Amina Ahamada Madi ● Jules-Guesde : permanence jeudi 4 juillet à 18 h 30, local du conseil (50, rue Joannès-Vallet). Président : Pierre Matéo ● Joliot-Curie : fête de quartier samedi 6 juillet, de 14 heures à 18 heures. Rendez-vous parc de Pressensé (au n° 70 de l'avenue). Présidente : Sandrine Picot

MENUS DES RESTAURANTS SCOLAIRES MENUS DU 27 JUIN AU 5 JUILLET Jeudi 27 : salade de tomates, mozzarella, huile d'olive, basilic ; chipolatas (porc) ou rôti de dinde au jus, pommes de terre sautées; *fromage blanc nature ; fruit de saison ; *pain. Vendredi 28 : taboulé à la menthe, vinaigrette maison ; filet de merlu aneth, citron, courgettes persillées ; crème dessert chocolat ; *pain. Lundi 1er juillet : radis, beurre demi-sel ; *boulettes de boeuf sauce tomate, *spaghetti (+ *fromage râpé) ; fromage Croc'lait ; fruit de saison ; *pain. Mardi 2 : salade de lentilles, vinaigrette maison ; filet de poisson vapeur, mayonnaise, citron, carottes persillées ; *flan vanille nappé caramel ; *pain. Jeudi 4 : *salade verte, vinaigrette maison ; gigot d'agneau froid, mayonnaise, cornichons, flageolets ; Saint-Albray ; *fruit de saison ; *pain. Vendredi 5 Vive les vacances : tarte au thon ; tomates cerises ; chips ; yaourt à boire à la fraise ; muffin aux pépites de chocolat.

(*) PRODUITS BIO. LA RÉGIE DE RESTAURATION PEUT ÊTRE AMENÉE À MODIFIER LES MENUS. CES MENUS SONT CONSULTABLES SUR LE SITE WWW.VENISSIEUX.FR

PRATIQUE Urgences médicales MAISON MÉDICALE DE GARDE 17, place de la Paix 04 72 50 04 05 - appel préalable au 04 72 33 00 33 Ouverte tous les soirs de 20 heures à minuit ; les samedis de midi à minuit ; les dimanches et jours fériés de 10 heures à minuit. PHARMACIES DE GARDE 3237 Résogardes (0,34 €/minute)


B ÂT I M E NT I N D U S T R I E L À LO U E R 41-47 Avenue Marcel Sembat 69200 Vénissieux Local d’activité de 11 461 m² avec : hall d’activité (8 341 m²) & bureaux (1657 m²) Disponibilité immédiate - Places de stationnements sur site Très bon état - Lumineux - Excellente desserte (Tram T4 - Métro D)

CONTACT

Marc VOUILLON Groupe SERL Tél. 04 72 61 50 00 www.serl.fr

périphériq

ue

Profile for Expressions

Expressions 672  

Au sommaire de ce numéro : la saison 2019-2020 du Théâtre de Vénissieux ; un médecin fantôme à La Darnaise ; logement social : il y a urgenc...

Expressions 672  

Au sommaire de ce numéro : la saison 2019-2020 du Théâtre de Vénissieux ; un médecin fantôme à La Darnaise ; logement social : il y a urgenc...

Advertisement