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CONSEIL MUNICIPAL

AU PUISOZ

Deux sujets ont longuement occupé les discussions lors du dernier conseil municipal : l’offre périscolaire qui sera proposée à la rentrée pour s’adapter au retour de la semaine de quatre jours, et l’introduction de menus sans viande dans les cantines après l’ouverture de la nouvelle cuisine centrale.

Le bâtiment d’Ikea, l’une des deux enseignes moteurs du futur Grand Parilly, a récemment déployé sa façade et son logo. Le quartier prend forme à vitesse accélérée. Le géant suédois ouvrira comme prévu en septembre 2019. L’aménageur annonce par ailleurs l’arrivée de la chaîne d’hôtels Eklo.

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Le Grand Parilly prend des couleurs

PHOTO RAPHAËL BERT

Périscolaire et cantines pimentent les débats

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N° 667 du 17 au 30 avril 2019

www.expressions-venissieux.fr

Dix ans de T4 Qu’est-ce que l’arrivée du tramway, en avril 2009, a changé pour Vénissieux ? Usagers, élus, spécialistes des transports en commun et de l’immobilier se retournent sur une décennie qui a transformé la ville en profondeur. DOSSIER PAGES 9 À 11

AVADEL, UN CAS D’ÉCOLE

45 “blouses blanches” sur le carreau P. 5

“RÉVOLUTION DU SOURIRE”

L’Algérie vue d’ici P. 8

PARTENARIAT VFC-COLLÈGES

Des sections sportives d’excellence à la rentrée

ARCHIVES RAPHAËL BERT

PHOTO RAPHAËL BERT

P. 16

Le Vénissieux football club (VFC) s’associe à trois collèges vénissians pour créer dès la rentrée 2019 des sections sportives d’excellence en foot et futsal, qui mêleront filles et garçons, de la 6e à la 3e. Un concept inédit en France. Interview croisée des responsables du VFC et des référents scolaires.


ACTUS

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Mercredi 17 avril 2019 - n° 667 / EXPRESSIONS

GRÈVE DES ÉBOUEURS

AMÉLY

Public-privé : mêmes causes, mêmes effets

Aide aux démarches sur Internet

Après les agents de collecte du Grand Lyon, ceux de Pizzorno se sont mis en grève le 2 avril pour une augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail.

familiales, mais je ne sais pas comment faire, vous pouvez me mon-

n est les oubliés de la

trer ?” Ces demandes, Joséphine

Lemieux les entend à chacune de

se rendent compte

ses

chance folle, je suis vraiment utile

tenue jaune floquée du logo de

et je ne m’ennuie jamais !”

les

Depuis 33 ans, l’association Amély

éboueurs de la Métropole met-

tient des permanences de média-

taient fin à dix-sept jours de

conflit, ceux de cette entreprise

PHOTO RAPHAËL BERT

privée ont entamé une grève du ramassage le 2 avril. Comme

leurs collègues de la fonction dent de meilleures conditions de

travail et une revalorisation

C’est rue Pierre-Semard à Vénissieux qu’est situé le piquet de grève, délogé chaque matin par la police pour permettre le départ de quelques camions.

L’entreprise

sous-

Chaque jour, des syndicalistes

Métropole exige que la direction

lecte des déchets dans les 3e, 6e

jaunes viennent sur place sou-

rapide au conflit, illustrant ainsi

salariale.

Pizzorno

traite pour la Métropole la colet 8 arrondissements de Lyon, e

ainsi qu’à Villeurbanne, Vaulxen-Velin et Bron. Son principal dépôt est situé à Vénissieux, rue

Pierre-Semard. C’est là qu’est situé le piquet de grève, délogé chaque matin par la police pour permettre le départ de quelques

camions, conduits par des intérimaires. Le syndicat Solidaires

dénonce une “entrave caractérisée à l’exercice du droit de grève”. Malgré le recours à ces

supplétifs, le service n’est assuré

qu’à 50 % et les ordures s’entassent.

“d’écrivain

pas la jeune juriste : “J’ai une

se désole un jeune homme en

publique, les salariés deman-

permanences

public et numérique”. Ça ne lasse

que quand on arrête de travailler”, que

personnes ne maîtrisant ni l’outil

dez-vous avec les allocations

société : les gens ne

Alors

erreur dans mon dossier, vous pouvez m’aider ?” “Je dois prendre ren-

de notre existence et de notre utilité

Pizzorno.

que la mairie de Vénissieux, ont jugé

j’ai reçu, j’ai peur de faire une

d’autres entreprises et des Gilets

tenir les salariés mobilisés. Le 11 avril, c’était aussi le cas d’élus

de Vénissieux. “Leurs revendications sont légitimes, estiment les

élus métropolitains du groupe

Communiste, Parti de gauche et

républicain. Puisque la Métro-

pole a choisi de répartir la gestion de la collecte entre le public

et le privé, elle doit faire respecter des règles communes sur les

conditions de travail, les moyens techniques de sécurité du travail,

la charge et les horaires des tournées.”

D’un côté, le président de la

de Pizzorno trouve une issue

le proverbe bien connu sur l’hôpital et la charité… De l’autre, l’entreprise explique qu’elle a

tion et d’accès au droit, gratuites

indispensable d’accompagner les informatique ni les arcanes administratifs.”

Plus de 400 personnes ont été

reçues en moins d’un an. Et le nombre de permanences devrait

augmenter, signe d’un succès… qui révèle un échec : “On com-

pense des services qui disparaissent”, regrette M. Lelarge. Dans

plus de 70 % des cas, l’intervenant

rédige et saisit, sur place, un courrier avec l’usager. “Les relations avec l’administration peuvent être

obscures pour tout le monde,

et confidentielles, dans ses locaux

observe Joséphine Lemieux. Mais

Leclerc,

de vous faire perdre des revenus, il

du 21, avenue de la Divisionaux

Minguettes.

En

mai 2018, elle a aussi lancé un accompagnement administratif et numérique. “Pôle emploi, la Sécu,

la préfecture, la CAF, la retraite, les demandes de logement… presque toutes les démarches administratives sont dématérialisées sur Inter-

net, constate Baudoin Lelarge, d’Amély. Des pouvoirs publics, telle

lorsqu’une réponse en retard risque y a de quoi stresser ! Nous sommes comme une petite boussole dans la

jungle d’Internet, n’hésitez pas à nous consulter.” g

F.T-B. ÉCRIVAIN PUBLIC ET NUMÉRIQUE AMÉLY : 04 78 37 29 07. PERMANENCES : HÔTEL DE VILLE (MERCREDI 9-12 HEURES), MAISON DE QUARTIER DARNAISE (MARDI 14-17 HEURES), CENTRE SOCIAL ROGER-VAILLAND (VENDREDI 9- 12 HEURES).

fait des propositions non retenues lors de plusieurs rounds de

négociation. Après un premier

rassemblement le 11 avril devant le siège de la Métropole de Lyon,

pour “rappeler le donneur d’ordre à sa responsabilité”, un cortège s’est rendu à l’hôtel de ville de

Lyon lundi 15 avril, mais chacun s’accorde à dire que le déblocage

viendra de la direction de Pizzorno. g

F.T-B.

PHOTO RAPHAËL BERT

“O

“Je ne comprends pas le SMS que

CONSEILS DE QUARTIER ● Charréard/Max-Barel

● Saint-Exupéry

Permanence mardi 23 avril à 18 heures, foyer MaxBarel (1, rue Max-Barel). Président : Serge Truscello

Visite de quartier le mardi 30 avril. Rendez-vous à 10 heures devant l’entrée de la Résidence des fleurs, allée des Jonquilles.

● Joliot-Curie

● Et

Permanence mardi 23 avril à 18 heures, salle des Acacias (7, allée des Acacias). Présidente : Sandrine Picot

- Le samedi 27 avril, les conseils de quartier JoliotCurie et Georges-Lévy/Ernest-Renan/Moulin-à-Vent s’associent pour une fête de quartier commune. Rendez-vous à 14 heures au parc de Pressensé. - Le 27 avril également, le conseil de quartier JulesGuesde et ses partenaires donnent rendez-vous à 14 heures, au stade Pierre-Seguette, rue du GénéralPetit.

● Charles-Perrault

Permanence lundi 29 avril à 18 heures au local du conseil (4, rue Gaston-Monmousseau). Présidente : Souad Ouasmi

deux fêtes

La jeune juriste Joséphine Lemieux se présente “comme une petite boussole dans la jungle d’Internet”.

EXPRESS 70 km/h sur le périph' à partir du 29 avril Plusieurs fois décalée, la date d’entrée en vigueur de la limitation de vitesse à 70 km/h sur le périphérique lyonnais a finalement été fixée au lundi 29 avril à 6 heures du matin. Par la mise en œuvre de cette mesure, la Métropole entend réduire les nuisances sonores et les émissions polluantes. Cet abaissement de la vitesse limite concernera la totalité du boulevard périphérique, depuis la jonction avec l’A7 au Sud jusqu’à la Porte de Valvert.


ACTUS

EXPRESSIONS / Mercredi 17 avril 2019 - n° 667

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GRAND PARILLY

Le nouveau quartier prend forme Au fil du temps, le futur quartier du Grand Parilly se matérialise. Il ouvrira au public en septembre, presque en même temps que les enseignes Ikea et Leroy Merlin. L’aménageur du site annonce aussi l’arrivée de la CPAM, d’un pôle santé et d’un hôtel économique nouvelle génération. es travaux du grand

“L

Le site étant fermé au public, dif-

malement.” C’est en

cise de l’avancée des travaux,

verts et les accès au métro seront

géant suédois. “Il sera sans doute

geur du site, l’Immobilière Leroy Merlin. “Les voiries, les espaces

achevés avant l’été, et le site sera ouvert au public à la rentrée”, explique Thierry Darmangeat, res-

ponsable développement régional chez Leroy Merlin.

Les usagers du boulevard périphé-

rique Laurent-Bonnevay l’auront d’ailleurs constaté : ces derniers

temps, les bâtiments des deux enseignes phares du site, Ikea et

Leroy Merlin, sont véritablement

notamment de ceux du bâtiment de Leroy Merlin, visiblement plus

loin de l’achèvement que celui du terminé après celui d’Ikea, indique Thierry Darmangeat. Mais d’ici l’automne, il sera plus qu’avancé.”

Avant de rappeler que sa surface

au sol — moins importante que celle d’Ikea avec 15 000 m2 contre

40 000 m2 — nécessite un temps de réalisation moins important.

UN HÔTEL ET UN PÔLE SANTÉ ANNONCÉS

sorties de terre. Au début du mois,

Aucune précision n’est apportée

et son logo sur la façade du futur

vée annoncée de Darty Vénissieux.

Ikea a même déployé ses couleurs magasin. Parallèlement, le bâti-

ment de bureaux Fontanel — livraison

prévue

pour

l’automne,

commercialisation en cours — a émergé entre les deux futurs maga-

sins. Au rez-de-chaussée, il accueil-

lera deux enseignes de restauration (dont “Les 3 brasseurs”), qui doivent ouvrir au même moment.

par l’aménageur au sujet de l’arri-

À l’horizon 2020-2021, le magasin d’électroménager doit pourtant quitter l’allée des Savoies, située le

À peine sorti de terre, le quartier a déjà pris ses marques dans la ville.

Laurent-Bonnevay, pour l’entrée

ciens, gérée par la Ville, est en

le permis de construire n’a pas été

boulangerie et un tabac ouvriront

long du boulevard périphérique sud-ouest du Grand Parilly. “Mais

déposé”, note Thierry Darmangeat. On connaît en revanche le nom de la chaîne d’hôtels retenue pour

s’installer à l’entrée ouest, côté boulevard Joliot-Curie (lire enca-

dré ci-contre). “Nous avons retenu Eklo, dont le concept particulière-

ment innovant offrira des services adaptés au site.”

Les travaux de l’immeuble qui accueillera au rez-de-chaussée la Caisse primaire d’assurance mala-

die (CPAM) commenceront dans deux mois. “Un pôle santé de

PHOTO RAPHAËL BERT

600 m ouvrira juste au-dessus. Il 2

pourra accueillir des généralistes et des professions paramédicales

comme des kinésithérapeutes”,

L’enseigne du géant suédois vient d’être mise en place.

PHOTO RAPHAËL BERT

substance le message de l’aména-

ficile de se faire une idée plus pré-

détaille Thierry Darmangeat. Qui ajoute que la recherche des prati-

cours. À terme, une supérette, une au nord-est du site, à proximité de

la place Grandclément et du métro. Quant aux travaux concernant les

programmes immobiliers, dont

certains ont déjà débuté, ils seront tous achevés… à l’horizon 2025.

D’ici là, on aura aussi une meil-

leure idée de l’impact du nouveau quartier sur les conditions de circulation à ses abords, dans Vénissieux

intra-muros

et

sur

le

périphérique. L’aménageur assure que, au vu des études réalisées par le Grand Lyon, “il n’y a pas de rai-

son de s’inquiéter, les accès ont été prévus pour et la limitation à 70 km/h permettra de fluidifier l’ensemble”. g

ALAIN SEVEYRAT

Eklo, hôtel nouvelle génération C’est finalement au groupe Eklo hôtels qu’a été attribué un espace de près de 3 000 m2 à l’entrée ouest du site, côté avenue Joliot-Curie. Il ouvrira en septembre 2021 avec 110 chambres et emploiera dix à quinze personnes. “Nous développons un concept hybride entre l’hôtellerie économique et l’auberge de jeunesse, explique son président, Emmanuel Petit. Nous ciblons une clientèle intergénérationnelle qui va du jeune étudiant au retraité, du cadre à l’ouvrier en déplacement, sans oublier la clientèle des "Millenials", toujours avides de lieux différents et de nouvelles expériences.” C’est que le groupe se veut à la pointe des nouvelles technologies et des évolutions de la société. “Nos hôtels sont conviviaux, économiques et écologiques, assure le dirigeant. Ils proposent notamment cuisine partagée, espaces de coworking, services de restauration et jeux. Ce sont des lieux de vie ouverts sur l’extérieur, plus proches d’un bar-restaurant que d’un hôtel classique. 20 % de nos chambres sont d’ailleurs atypiques : soit conçues pour des

PHOTO PATRIARCHE

Parilly avancent nor-

familles, soit agencées en dortoirs de six personnes.” Le groupe, qui exploite à ce jour trois hôtels en France, prévoit l’ouverture de six établissements d’ici 2021 pour atteindre le chiffre de 40 à l’horizon 2029. Pourquoi Vénissieux ? “Le Grand Parilly est très bien desservi par les transports en commun et le périphérique. Ce sera un vrai quartier, vivant, avec de nombreuses entreprises autour”, répond Emmanuel Petit.


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ACTUS

Mercredi 17 avril 2019 - n° 667 / EXPRESSIONS

CONSEIL MUNICIPAL

Périscolaire: pour la majorité, l'opposition joue la “surenchère” Avec le retour à la semaine de quatre jours, qui induit une grosse perte de moyens financiers, la Ville propose une nouvelle organisation du périscolaire pour la rentrée. Que l’opposition juge insuffisante. “Comme dans l’ancienne organisa-

en

en soirée et 1 000 places le mercredi

orbite,

quasi

lunaire, si éloignée des réalités qu’elle en deviendrait presque jupi-

térienne. Il serait temps qu’elle

redescende sur terre et cesse de

prendre les Vénissians pour des imbéciles.”

Lors des échanges sur le nouveau Projet éducatif de territoire (PEDT),

au conseil municipal du 8 avril, Michèle Picard n’a pas mâché ses

mots. Il faut dire que l’opposition — du PS à la droite — ne l’avait pas

épargnée auparavant. Au cœur du débat : l’organisation du temps périscolaire, revue et corrigée pour

s’adapter au retour de la semaine de quatre jours, que les parents

d’élèves ont massivement choisi (à 76 %) l’automne dernier. Au pas-

sage, la Ville a perdu le bénéfice du fonds de soutien accordé par l’État, soit la bagatelle de 800 000 euros.

En conséquence, pour la rentrée 2019, les tarifs des activités sont

multipliés par trois. Ils restent néanmoins inférieurs à ceux pra-

tiqués dans la plupart des villes de

l’agglomération: Lyon, Saint-Priest, Villeurbanne, Décines… L’accueil

périscolaire du soir — la journée

de classe étant plus longue — est

réduit à une durée de 1 h 15, de 16 h 45 à 18 heures, les lundi, mardi, jeudi et vendredi. Le mer-

credi après-midi offre également

un temps d'accueil. La matinée du mercredi en revanche sort du périscolaire proprement dit : des activités éducatives, sportives et

culturelles sont proposées par les

services de la Ville, mais elles ne relèvent pas du dispositif ACM (accueil collectif de mineurs).

tion, nous maintenons 2 800 places après-midi”, a souligné l’adjointe aux affaires scolaires, Véronique Callut.

Mais l’opposition a jugé ces propo-

sitions insuffisantes. De Maurice Iacovella (UDI) qui pointe l’absence

d’un “accueil du matin avant 8 h 30

ARCHIVES RAPHAËL BERT

“C’

est l’opposition "y’a

qu’à" ou "faut qu’on",

et d’une option de restauration le mercredi”, à Lotfi Ben Khelifa (PS) regrettant que le périscolaire ne

soit pas proposé “tout le mercredi comme le demandent justement de nombreux parents”, en passant par

Le retour à la semaine de quatre jours pour la rentrée 2019 a été plébiscité par 76 % des parents vénissians.

Christophe Girard (divers droite)

qui voit dans l’augmentation des tarifs une décision punitive à l’en-

contre des parents d’élèves “pour n’avoir pas fait le choix de la muni-

cipalité” sur l’organisation des temps scolaires.

“Tout le monde savait que le pas-

sage à la semaine de quatre jours

allait impacter les finances de la ville”, a rétorqué le maire. Avant

d’épingler ses opposants qui “pratiquent la surenchère et imaginent

des solutions surréalistes, sans se

soucier à aucun moment des contraintes budgétaires”.

Michèle Picard a reçu le soutien du groupe des élus communistes et républicains. “Il faut tout de même souligner l’hypocrisie de ce gouver-

nement, déclarait Marie-Christine Burricand. Un gouvernement qui, tout en favorisant le retour aux qua-

tre jours, a supprimé le fonds de financement du périscolaire, tout en

sachant très bien l’attachement des parents comme des communes à ce dispositif.” g

GILLES LULLA

Restauration scolaire : les repas sans viande font débat Le maire l’avait annoncé le 23 mars lors de l’inauguration de la nouvelle cuisine centrale, la décision a été officialisée par le conseil municipal : à la rentrée prochaine, les enfants auront trois repas communs dont un végétarien, et pour le quatrième, une alternative végétarienne à la viande (qui ne sera donc au menu qu’une fois par semaine). Plus précisément, ce jour-là, les familles auront à effectuer un choix entre un menu standard, un menu avec alternative végétarienne à la viande de porc, et un menu avec alternative végétarienne à la viande. “Ce choix répond à la loi Egalim, aux discussions et réflexions menées dans la commission laïcité et aux possibilités techniques que nous offre désormais la nouvelle cuisine centrale”, a expliqué Michèle Picard. Pour Serge Truscello, du groupe des élus communistes et républicains (majorité),

“cette proposition satisfait à la fois les demandes exprimées en matière de composition de repas et notre poursuite de la recherche de tout ce qui peut favoriser et faciliter le vivre ensemble”. Djil Ben Mabrouk (sans étiquette majorité) soulignait le pragmatisme de la démarche : “Difficile de faire un travail pédagogique sur l’alimentation, l’agriculture, la lutte contre le gaspillage, si un tiers des scolaires n’utilise pas ce service public.” Référence aux chiffres de fréquentation beaucoup plus bas observés les jours où la viande est au menu. Pour les élus écologistes (majorité), Georges Bottex se réjouissait “de la mise en service de repas végétariens”, mais préconisait l’usage de vaisselle en inox pour remplacer “les barquettes en plastique qui génèrent des déchets et posent un risque sanitaire”. Côté opposition, l’UDI choisissait de s’abstenir, Houria Taguine

considérant qu’il est “révoltant de voir s’envenimer des conflits liés à des raisons religieuses, communautaristes ou idéologiques, alors qu’il est si simple d’avoir des repas alternatifs, équilibrés et de substitution”. Le PS également s’est abstenu. Lotfi Ben Khelifa a remis en cause les raisons avancées par Michèle Picard, suggérant qu’il faut plutôt voir dans ce “revirement” un calcul électoral pour les municipales de 2020. Seuls le RN (ex-FN) et le groupe divers droite ont voté contre. Accusant le maire de “céder à la pression communautariste”, Christophe Girard, sur un ton pour le moins alarmiste, estimait que “le sujet est grave [...], que cela renforce dangereusement les logiques malsaines de la stigmatisation et de la partition [... ], que l’enjeu n’est rien moins que la paix”.

G.L.


ACTUS

EXPRESSIONS / Mercredi 17 avril 2019 - n° 667

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SOCIAL

Sabotage d’Avadel Research, acte II P

La direction américaine du groupe pharmaceutique achève la liquidation de son service de recherche et développement, situé à Vénissieux, laissant les 45 dernières “blouses blanches” sur le carreau. endu à un arbre, un man-

Le maire écrit au préfet

nequin en blouse blanche

flotte au vent. Derrière lui,

la photo d’un businessman qui empoche une liasse de dollars. Le

4 avril, devant les locaux d’Avadel Research, dans le parc d’activités Eiffel à Vénissieux, des salariés

manifestaient leur colère avant une réunion avec la direction de ce labo pharmaceutique. Techni-

ciens de laboratoire, cadres de recherche, ingénieurs, docteurs en chimie : dans quelques mois, les

45 rescapés d’une première vague

de licenciements seront tous mis à

PHOTO RAPHAËL BERT

la porte.

En 2017, alors que l’entreprise réa-

lisait des bénéfices historiques, un premier plan social avait supprimé

Le 4 avril, Michèle Picard, le maire de Vénissieux, était présente aux côtés des salariés d’Avadel, “pour les soutenir”. Dans un courrier adressé la veille au préfet du Rhône, elle a demandé au représentant du gouvernement de veiller à ce que “des solutions soient trouvées pour assurer aux salariés des conditions de départ décentes”. L’élue lui rappelle qu’Avadel a bénéficié d’aides de l’État via le Crédit impôt recherche (plus de 42 millions d’euros en dix ans, selon la CGT) et le CICE. “C’est pourquoi les pouvoirs publics devraient avoir un droit de regard sur la fermeture du site et les licenciements”, estime Michèle Picard.

47 postes. Les salariés accusaient

Le 4 avril, les salariés ont manifesté leur colère devant les locaux de l’entreprise, avant une réunion avec la direction.

préparer la mort du site, en lui

manière assez tordue de reconnaître

siège social du groupe était à Vénis-

daq est désormais aux mains d’un

pas à sauver leur entreprise, mais

rectement. “Leur méthode est

Noëlle Villard, déléguée unique du

France. Le lendemain, tout était

exige de rapides retours sur inves-

rectes. “En 2017, la mobilisation a

alors les dirigeants du groupe de ôtant les moyens de travailler cor-

claire, analysaient-ils à l’époque, ils

nous rendent non fonctionnels pour justifier sa fermeture pure et simple dans quelques mois.” La suite leur a donné raison: le 28 février der-

nier, la direction a annoncé que le site fermerait définitivement fin

2019. “Une exécution bien planifiée:

35 postes supprimés en juin, 10 autres au second semestre, le temps de boucler un traitement

contre la narcolepsie sur lequel

la société compte beaucoup. Une

l’utilité de notre activité”, décrit

personnel CGT, technicienne de laboratoire depuis 1996.

Les chercheurs et les techniciens d’Avadel Research conçoivent des médicaments à libération prolon-

gée des principes actifs dans l’or-

ganisme. Une méthode qui permet, par exemple, de prendre un com-

primé au lieu de trois, avec la même efficacité, en limitant les

effets indésirables et les risques d’oubli.

Jusqu’au 31 décembre 2016, le

sieux, et les brevets déposés en transféré à Dublin, seuls les labos restant à Vénissieux. “Lors de l’an-

nonce du déménagement à Dublin,

la direction jurait ses grands dieux que la restructuration n’aurait

aucun impact social sur le site de Vénissieux, se remémore Noëlle Vil-

lard. Trois mois plus tard, elle virait

47 personnes pour "sauvegarder la compétitivité". Un an plus tard, elle achève le sale boulot.”

Créée en 1990 par un chercheur français, l’entreprise cotée au Nas-

fonds spéculatif américain qui tissements. Christian Albanese, de la Fédération nationale de l’indus-

trie chimique CGT, reconnaît une logique à l’œuvre dans toute l’in-

dustrie pharmaceutique : “Tous les groupes suppriment leur service interne de recherche et développe-

ment. Ils préfèrent surveiller les

start-up du secteur et acheter à prix d’or l’une de leurs rares trouvailles, plutôt que de payer une équipe de chercheurs à plein temps.”

à partir dans des conditions cor-

permis aux licenciés de bénéficier d’un accompagnement satisfaisant. Au moins, qu’on nous fasse bénéfi-

cier des mêmes mesures”, espère

Noëlle Villard. Or, le nombre de salariés étant désormais inférieur

à 50, la direction d’Avadel estime qu’elle n’est pas contrainte par les

obligations légales d’appliquer les mesures sociales prévues en cas de PSE. g

Écœurés, les salariés ne cherchent

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ACTUS

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Mercredi 17 avril 2019 - n° 667 / EXPRESSIONS

LOI BLANQUER

GROUPE SCOLAIRE ANATOLE-FRANCE

La fronde continue

Mobilisation autour de l’autisme

PHOTOS RAPHAËL BERT

À

Adam.

PHOTO RAPHAËL BERT

À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, les parents d’élèves ont demandé un dépistage précoce et une information pour tous sur ce trouble du comportement.

Anine.

Anatole-France, l’ensemble

du personnel enseignant et administratif, ainsi que les

parents d’élèves, sont particulière-

ment ouverts à ce handicap puisque depuis trois ans, sept petits garçons autistes fréquentent l’unité d’ensei-

gnement en maternelle (UEM) autour d’Ophélie, l’institutrice, les éducateurs spécialisés, l’orthopho-

Une soixantaine de personnes se sont rassemblées, le 4 avril en fin d’après-midi, devant le centre académique Michel-Delay, à l’occasion de la grève nationale des enseignants contre le projet de loi Blanquer. Bernard Bagagia (Snuipp) dénonçait les “menaces de sanctions et de pressions exercées à l’encontre du personnel. Avec la nouvelle loi, on ne pourra plus vous expliquer ce qui ne va pas. Nous défendons notre liberté d’expression. Par ailleurs, l’école obligatoire à trois ans va engendrer des dépenses nouvelles pour les communes puisqu’elles devront financer les maternelles privées sous contrat au même titre que les maternelles publiques”. Enseignants et parents ont estimé “que cette nouvelle loi ne permettrait en rien d’améliorer la réussite des élèves”. Deux mamans, l’une de l’école Ernest-Renan, la seconde de Gabriel-Péri, annonçaient que les parents d’élèves sont déterminés. “On est mécontent de tout ce qui est dit et fait par le ministre sans aucune concertation avec les enseignants que nous soutenons. Nous ne devons rien lâcher.” Véronique Callut, adjointe au maire en charge des affaires scolaires, et Marie-Christine Burricand, conseillère métropolitaine, étaient présentes. “On ne peut pas brader les écoles de la République. Vous avez le soutien des élus de la majorité municipale”, ont fait savoir les deux élues. Parmi les manifestants, on comptait également quelques profs des collèges Paul-Éluard et Louis-Aragon, engagés eux aussi dans une lutte qu’ils promettent “durable”. Le 10 avril, une manifestation était organisée à l’initiative des parents d’élèves devant l’élémentaire GabrielPéri pour poursuivre la mobilisation.

M.F.

niste, la neuro-psychologue et la psy-

chomotricienne. Un dispositif porté par l’Éducation nationale, mais égapar

l’association

AFG

Autisme et un service médico-social

“Lorsque nous allons au parc par

nostiqués entre 3 et 5 ans. Ce qui est

Lylia, la maman d’Adam, scolarisé

du fait de leur attitude, sont parfois

rité de santé (HAS). “Plus le diagnos-

de Yanis, qui fréquente l’unité

par certains parents. C’est compliqué

(le Sessad Émile-Zola).

depuis trois ans, et Mariam, celle depuis septembre dernier, deman-

dent davantage de structures pour accueillir les petits. “Depuis son

arrivée il y a trois ans, Adam ne fait plus aucune crise, acquiert le lan-

gage, il joue beaucoup, mange bien. Il est en inclusion tous les jours en

moyenne section de maternelle. La

naissance de sa petite sœur Nessa, il y a tout juste trois semaines, ne l’a

pas perturbé. Je redoutais mon séjour

à la maternité car nous sommes très proches… Mais il a bien compris qu’il

restait avec son papa et ses grandsparents.”

“Le grand public n’est pas suffisamment informé des troubles autis-

tiques”, soulignent les deux mamans.

exemple, raconte Lylia, nos enfants,

rejetés par les autres petits, mais aussi et difficile à vivre.”

Mariam ajoute: “Des parents sont

bienveillants, d’autres beaucoup

moins. Lorsque Yanis n’était pas

encore diagnostiqué, il avait des crises… Ma voisine est venue me demander ce qui se passait. Si les trou-

bles étaient davantage connus, on expliquerait et les gens comprendraient.”

Outre une meilleure information, les

parents demandent davantage de

bien trop tardif selon la Haute Auto-

tic est posé tôt, plus les interventions pourront être mises en place préco-

cement et aideront l’enfant dans son développement, indiquait cette ins-

tance en février 2018. Il est possible de repérer, avant même l’âge de 18 mois, les premiers signes évoca-

teurs d’un risque autistique. Par exemple chez des enfants qui ne babil-

lent pas, qui n’arrivent pas à pointer à distance avec le doigt ou sont dans l’incapacité de réaliser certains gestes sociaux, comme faire coucou ou au revoir.” Alors que 35000 petits nais-

structures spécialisées en maternelle

sent chaque année autistes ou avec

taire. Mais aussi des AVS formés, et

taux, il est urgent d’intervenir dès

et la création d’autres en élémenun diagnostic le plus précoce possi-

ble. Dans la grande majorité des cas, les enfants autistes sont en effet diag-

TEMPS D’ÉCHANGES Festival Planète : la réussite au cœur du réseau REP +

des troubles neuro-développemenles premiers signes. g

MICHÈLE FEUILLET

PHOTO RAPHAËL BERT

lement

Yanis.

Les chorales des écoles Paul-Langevin et Anatole-France donnaient de la voix le 8 avril dernier à l’occasion de l’ouverture du traditionnel festival Planète, qui associe également le collège Elsa-Triolet. Cette manifestation autour du réseau REP + (Réseau d’éducation prioritaire renforcé) mêle des rencontres culturelles et pédagogiques et des échanges entre élèves du primaire et du secondaire. Expositions, chant choral, visite de potager, spectacle, il y en avait pour tous les goûts !


ACTUS

EXPRESSIONS / Mercredi 17 avril 2019 - n° 667

7

VIE SCOLAIRE

Une semaine de la culture à Éluard

P

L’inauguration d’une fresque au collège Paul-Éluard, le lundi 8 avril, a lancé la semaine de la culture organisée dans l’établissement. our la première fois, une

fait les contours. Les élèves se sont

organisée au collège Paul-

4e, a fait partie de l’aventure :

chargés du reste. Fatima, élève de

Éluard, du 8 au 12 avril, à l’initia-

“Avec une amie, nous avons réalisé

Mathilde Brottet. À cette occasion,

avec en fond le poème intitulé

tive de sa nouvelle principale, plusieurs projets ont été présentés

par les élèves et leurs professeurs. À commencer par une fresque, située vers la cantine, qui habille la rampe d’accès handicapés. Elle

a été réalisée à l’initiative du CVC, le conseil de vie collégienne. Sa

un dessin pour représenter la paix

Liberté écrit par Paul Éluard.”

Pour Mathilde Brottet, “cette

fresque résume les valeurs que

PHOTO RAPHAËL BERT

semaine de la culture a été

défend le collège : la culture, la paix, la solidarité, la joie d’obtenir un diplôme…”

Autre initiative de cette semaine

C’est le collectif La Coulure qui a accompagné les élèves dans leur réalisation artistique.

trée de septembre. Après un tra-

tant d’un travail mené en arts plas-

À l’inverse, la classe UPE2A de

d’Hiroshima, est l’héroïne des

L’histoire vraie de cette fillette décé-

collégiens ont dû choisir le parte-

un ingénieur pour réaliser un pro-

étrangers en cours d’apprentis-

Judith Loske. Malade, Sadako

mémorial a été dressé à Hiroshima,

conception a démarré dès la ren-

vail collectif de création, les naire qui les accompagnerait. Ils se sont tournés vers l’association

Coulure, un collectif d’artistes peintres, spécialisés dans la peinture murale et le graffiti. Un graf-

feur professionnel a esquissé et

de la culture : les classes de 3e, par-

tiques, ont été accompagnées par jet de ville en 3D. Les élèves, au gré de leurs envies, ont ainsi pu créer

leurs propres bâtiments sur un plan conçu en amont. Ils ont ima-

giné Vénissieux en 2100, pleine de couleurs et de formes futuristes.

Mme Wong, qui accueille de jeunes

sage du français, a proposé un bond dans le passé, en présentant

aux élèves et parents un conte ins-

piré de l’histoire de Sadako Sasaki. Cette jeune Japonaise, qui décédera dix ans après la catastrophe

Oiseaux de l’espoir, un roman de

entend parler d’une légende qui raconte que pour voir ses vœux exaucés, il faut plier 1 000 grues en papier. Elle commence donc à plier ces oiseaux de papier dans

dée à 12 ans, pour laquelle un parle de la mort, de la tristesse mais aussi de l’espoir. Cette histoire don-

nera lieu à une pièce de théâtre que

les élèves présenteront le 14 juin. g

l’espoir de retrouver la santé.

CASSANDRE JEANNIN

DÉFI SANS ÉCRAN À ANATOLE-FRANCE

Ils l’ont fait ! PHOTO RAPHAËL BERT

Du 1er au 7 avril, enfants et parents du groupe scolaire ont tenté de se passer d’écrans. Une expérience salutaire pour ceux qui l’ont suivie. Azra, 9 ans et demi. “Habituelle-

Une expérience positive donc et

sommeil ou au développement de

et soir. Pendant cette semaine, nous

directrice de la maternelle, qui

la concentration, aux troubles du

l va faire beau demain

“I

ser d’écrans pendant une semaine.

bliez pas que le défi sans

console de jeux!

devant le groupe scolaire Anatole-

autour des écrans et surtout d’ap-

l’agressivité.

La clé : trouver des activités simples pour pouvoir s’occuper à la maison sans s’ennuyer et surtout ne pas craquer. alors vous sortez ! N’ou-

écran se termine à la fin du weekend.” En ce vendredi 5 avril, au

cours du goûter partagé qui se tient France,

gare à l’addiction, à une baisse de

Dominique

Nestola,

conseillère aux centres sociaux des

Ni télé, ni téléphone, ni tablette, ni “Cette

initiative

émane

d’une

demande des familles qui ont

exprimé le besoin de travailler prendre à en réduire leurs usages”, avance Mme Sellami, directrice de

Minguettes, continue de motiver les

l’école élémentaire A qui recon-

900 élèves du groupe scolaire se

“lorsqu’ils sont utilisés de manière

troupes. Car depuis cinq jours, les sont lancé un défi de taille: se pas-

naît des bienfaits aux écrans

raisonnée”. En cas d’usage intensif,

La semaine a été ponctuée par des animations tous les jours après

16 heures devant l’école ainsi qu’un

après-midi jeux le mercredi à la maison de quartier. “Jeux de société, corde à sauter et tir à la corde, coloriage et dessin, le principe des acti-

vités était qu’elles soient facilement reproductibles à la maison pour par-

ment, elle regarde la télé matin, midi

avons dessiné, lu, fabriqué des objets. Je l’ai trouvé plus dynamique, moins énervée, plus concentrée.”

Pour la petite fille qui admet “regarder un peu trop la télé”, l’ex-

périence a été “un peu difficile mais cela m’a aidée à mieux réussir mes évaluations !” Chez cette autre

maman de trois enfants de 6, 10 et

11 ans, depuis l’an dernier, “les

indispensable selon Mme Lamarche, s’alarme devant le nombre crois-

sant “de familles démunies face à l’addiction de leurs enfants et au

développement des comportements agressifs”. Les parents des mater-

nelles ont par ailleurs plébiscité le temps d’accueil proposé chaque

matin “pour partager des jeux de

société, leur donner des outils et leur apprendre à s’occuper différemment

tager des moments en famille”,

enfants ne regardent plus la télé le

Du côté des familles justement,

d’heure de plus par nuit”. Et après

rendu compte qu’ils pouvaient pro-

dorment mieux, sont plus concen-

première étape.” g

explique Dominique Nestola.

celles rencontrées lors du goûter partagé sont ravies de cette expé-

rience. Nermin reconnaît avoir

passé plus de temps avec sa fille,

matin et dorment trois quarts cette semaine sans écran, “ils s’en-

trés à l’école et font plus facilement leurs devoirs”.

avec M

me

leurs

enfants,

poursuit

Lamarche. Certains se sont

fiter du parc en famille, c’est une

PERRINE PLATEAU


8

ACTUS

Mercredi 17 avril 2019 - n° 667 / EXPRESSIONS

DES MILLIONS DE PERSONNES DANS LES RUES

L'Algérie vue d’ici TAHAR, 40 ANS

“La rue doit rester vigilante” “L’officialisation de la candidature d’Abdelaziz Boute-

la fameuse autoroute, démarrée en 2006, qui doit tra-

der le vase, estime Tahar, responsable depuis sept-

tres. La facture a bondi pour atteindre 15 milliards de

flika, le 11 février, a été la goutte d’eau qui a fait débor-

huit ans du salon Perfect Coiff, au centre de Vénissieux. Il était temps que les jeunes réagissent, et ils l’ont fait

rapidement, cinq jours après l’annonce. Sans violence. En 2011, il y a eu des émeutes pour protester contre la

hausse des prix alimentaires, mais ça n’a pas débouché

sur des manifs. Grâce à des subventions accordées aux importateurs de sucre et d’huile, les prix ont baissé.”

Pour Tahar, c’est l’accumulation d’événements inqua-

lifiables qui a fait monter la pression. Un exemple

parmi tant d’autres : “La note de plus en plus salée de

verser l’Algérie d’est en ouest sur plus de 1 200 kilomèdollars. La presse algérienne dit que ce chantier du siè-

Depuis le 16 février dernier, de nombreuses manifestations pacifiques ont contesté en Algérie la candidature à un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Soutenu par l'armée, le pouvoir de la rue a obtenu la démission du chef de l'État et c'est un des membres de son entourage, Abdelkader Bensalah, qui vient d'être nommé président par intérim. Il aura 90 jours pour organiser des élections dans le pays. Que pensent les Vénissians d'origine algérienne de la situation ? Quatre d'entre eux nous livrent leurs espoirs et inquiétudes.

TÉMOIGNAGES RECUEILLIS PAR : CASSANDRE JEANNIN, JEAN-CHARLES LEMEUNIER ET DJAMEL YOUNSI

cle est en passe de devenir le chantier d’un siècle !”

Des exemples, Tahar en a des centaines qu’il préfère

schématiser par… “il y a ceux qui se sont enrichis et

ceux qui ne font que survivre. Il faut que la rue poursuive ces manifestations car le pouvoir peut essayer

ZINE BAKHOUCHE, 65 ANS

de placer des gens de son système. Déjà, la nomina-

“On a ébloui le monde entier”

n’est pas bien vue par la rue. Il va falloir qu’elle reste

Docteur en géographie urbaine et romancier — son dernier livre,

tion comme président intérim d’Abdelkader Bensalah vigilante”. g

Double jeu, est sorti le 29 octobre —, Zine Bakhouche suit les événe-

ments sur les chaînes algériennes : “Cela faisait sept ans que Bouteflika ne nous avait plus adressé la parole. Son entourage, des gens agressifs et impliqués dans le monde de l’argent, a décidé de le présenter à un

nouveau mandat. C’est une provocation ! Leur slogan, "Continuer le

progrès", c’est surtout continuer à détourner de l’argent et l’espoir du peuple.”

Depuis, des millions d’Algériens sont dans les rues tous les vendredis

— en France, c’est souvent le dimanche qu’ils manifestent. “Ils disent basta à ce régime. Mille milliards ont été gaspillés. On a misé sur le fait que le peuple algérien n’allait jamais sortir de son coma, comme

PHOTO CREATIVE COMMONS - FETHI HAMLATI

s’il était hypnotisé. La décennie noire nous a coûté cher. Je suis fier de mon peuple, qui est resté pacifique. On a ébloui le monde entier et

montré qu’on pouvait revendiquer sans détruire un pays. À la fin des

manifestations, les gens nettoient la rue. C’est très beau et symbolique. Nous nous réconcilions avec notre terre, notre peuple, notre pays. Et à mon âge, alors que je suis déjà retraité, je suis habité par l’enthou-

siasme et la joie, par l’espoir de voir un jour l’Algérie debout, un repère pour les autres peuples. J’ai passé 20 ans en France, malade de ce déracinement. Aujourd’hui, je vois le bout du tunnel.” g

ALYSSIA, 20 ANS

“Fière, soulagée mais apeurée”

FARIDA, 41 ANS

Issue d’une famille très engagée politiquement, Alyssia, étudiante à Lyon 2,

Le spectre de la stabilité ou du chaos

“On devient comme une sorte d’exemple.” De soulagement aussi de voir

Elle qui fut journaliste, c’est par

le chantage au chaos. On ne sait

Bouteflika était l’un d’eux. Le FLN,

conscience politique et d’exiger un changement radical: “On n’en veut

quelques articles de la presse

l’instabilité peut nous amener.”

autres sacs, sont toujours là. Ma

suit de près les actualités sur Internet. Elle exprime un sentiment de fierté:

l’Algérie, si longtemps muette, s’exprimer enfin, de manifester une

plus de ce système.” Mais elle dit également avoir peur: “Qui va accéder

au pouvoir? L’après paraît incertain, personne ne sait qui va prendre la place et porter l’Algérie vers un renouveau.”

Dans son entourage, notamment à la fac, tous les jeunes d’origine algé-

rienne ne partagent pas son intérêt pour la “révolution du sourire” comme

les médias l’ont surnommée. “En fait, cela dépend beaucoup du bagage

culturel et familial, observe-t-elle. Les nouvelles générations ont tendance à idéaliser l’Algérie. Elles ne voient souvent que les côtés qui leur sont montrés. Certains ne sont jamais allés en Algérie, une distance se crée.”

Alyssia parle aussi des femmes, qui ont pris massivement possession de la rue. Cela ne l’étonne pas: “Les femmes algériennes sont fortes.” g

la presse écrite française et les algérienne qu’on lui fait parvenir

que Farida se tient au courant de la situation. Sur les printemps

arabes qui ont secoué la Tunisie, l’Égypte et la Syrie, elle explique : “Dans mes souvenirs, il y eut de

timides velléités de bouger en Algérie mais cela a été un feu de

paille. La décennie noire des années quatre-vingt-dix a traumatisé la population. Depuis, régnait

pas, disait le gouvernement, où Pourquoi ce changement aujourd’hui, alors ? “Parce que, répond-elle, le peuple était mûr

pour dire non à ce qui ressemblait à du mépris. C’est une volonté de prendre en main le destin de son pays.”

Pour formuler ce qui se passe, elle utilise l’image de la montgol-

fière : “Tu sens que tu perds de l’altitude, alors tu lâches des sacs.

les oligarques, les affairistes, les crainte est que le serpent en train

de muer n’ait pas enlevé totalement sa peau car tous ceux qui ont contribué au maintien du pouvoir accompagnent cette transition.”

Elle relève parmi les manifestants la présence de nombreuses femmes, “une diversité d’âges et de genres”. “Cette démonstration

de la force du peuple par le nombre a été dissuasive.” g


DOSSIER

9

ARCHIVES RAPHAËL BERT

EXPRESSIONS / Mercredi 17 avril 2019 - n° 667

TRAMWAY T4

Dix ans qui ont changé la ville Dix ans déjà que le T4 irrigue la ville en la reliant à l’agglomération. Au-delà de l’amélioration de l’offre de transport, plébiscitée par les usagers, le tram a littéralement transformé Vénissieux, renforçant son attractivité. Il a aussi été un élément déterminant dans la réussite du lourd programme de renouvellement urbain engagé sur le plateau des Minguettes.

A

ndré Gerin est un témoin privilégié pour

dire ce que le tram a apporté à Vénissieux.

L’inauguration de la ligne T4, en avril 2009,

a conclu en beauté son quart de siècle passé à la

barre de la Ville. Pourtant, il n’était pas un chaud partisan de ce moyen de transport, lui préférant de

qui favorise la vie des habitants. Je n’aurais jamais

dit cela il y a 20 ans. Et avec l’arrivée du T6 en fin

d’année, cela va donner encore plus de cohérence au

réseau de lignes fortes qui dessert la commune.”

SUCCÈS POPULAIRE

loin le métro.

Avec 100 000 voyages par jour — une fréquentation

pour que le tram soit réalisé d’un seul tenant et des-

gine —, la ligne T4 est un indéniable succès popu-

“Même si on s’est battu au début des années 2000

serve bien les Minguettes, c’est vrai qu’on n’était pas

fans du projet au départ, reconnaît l’ancien députémaire. Or aujourd’hui, force est de constater que le

T4 a changé la psychologie de la ville. C’est un outil

de désenclavement, d’aménagement et d’animation

plus de deux fois supérieure aux prévisions d’ori-

laire. Elle a rattrapé les lignes T1 et T2, mises en

service huit ans plus tôt. Et elle est la grande bénéficiaire du projet “capacité tramway”, doté par le

Sytral d’un budget de 60 millions d’euros, qui va

généraliser l’usage des rames de 43 mètres, d’une >>>


DOSSIER

10

capacité de 300 voyageurs, entre Feyzin

la ville et visible depuis la ville. Ce qui

Mais l’effet le plus spectaculaire du T4

de l’espace public, d’amélioration envi-

et La Doua.

pour Vénissieux est d’ordre urbain. Il a

relié la ville à l’agglomération, et permis

le désenclavement des Minguettes, enjeu essentiel des lourds programmes

de Politique de la ville lancés au mitan des années quatre-vingt-dix.

Car le tramway, à l’inverse du métro, ne transporte pas des foules énormes

dans des tunnels noirs. Il est ouvert sur

● 16 km de voies ● 32 stations ● 1 300 arbres plantés le long de son tracé, ce qui en fait la première ligne verte du réseau ● 100 000 voyages jour, un peu

plus du quart des voyages en tramway effectués dans l'agglomération. 21,2 millions de voyages enregistrés en 2014 et 23,4 millions en 2018, soit une augmentation de 10,2 % en quatre ans. ● 43 mètres : la longueur des sept nouvelles rames introduites à l’été 2018, qui peuvent accueillir jusqu’à 300 voyageurs. Onze autres seront livrées fin 2019. La capacité de la ligne T4 aura alors augmenté de 30 %.

ronnementale, permettant de recons-

truire la rue, de façade à façade. L’exemple de l’avenue d’Oschatz, que

met en avant la première adjointe au maire de Vénissieux, Yolande Peytavin (lire ci-dessous son interview), est à ce

titre éloquent. Cette avenue qui rendait

RECONQUÊTE URBAINE

LE T4 EN CHIFFRES

en fait un excellent outil de reconquête

autrefois quasi palpable la coupure entre le vieux Vénissieux et le plateau est

peut-être

ce

qui

symbolise

aujourd’hui le mieux la réunification de la commune.

L’arrivée du tram a également été un

fort levier de développement, tant

immobilier qu’économique. Tout au long du tracé, les promoteurs ont investi. En 2014, la commune comptait

1 870 logements de plus qu’en 2009, soit

une hausse de 8 %, comparable à la moyenne observée dans la métropole

lyonnaise. Le tram n’explique pas tout ; le coût excessivement élevé du foncier

à Lyon a également joué en poussant

les acheteurs en périphérie. Mais les professionnels du secteur ne s’y trom-

pent pas. Pour Gilles Pommateau, directeur des agences ORPI de Vénissieux et

Lyon 8e, “l’intérêt premier du T4 c’est

d’avoir désenclavé Vénissieux et plus largement le sud-est lyonnais. Il a attiré de nouveaux profils d’acheteurs”. g

GILLES LULLA

L’avenue Ochatz (ici en 2008), qui rendait autrefois quasi palpable la coupure entre le vieux Vénissieux et les Minguettes,

QUESTIONS À YOLANDE PEYTAVIN, PREMIÈRE ADJOINTE

“Le T4 a intégré les Minguettes à la ville” En charge du développement de la ville, première adjointe sous André Gerin puis Michèle Picard, Yolande Peytavin suit le dossier tram depuis une vingtaine d’années. Quand vous vous retournez sur

les prévisions au moment des

de renouvellement urbain. À mes

sieux. Après le métro et le T4, elle

vient spontanément à l’esprit ?

40 000 voyages/jour, on en est

nue d’Oschatz en est le plus beau

habitants du nord de la commune.

l’histoire du T4, qu’est-ce qui vous

D’abord l’aboutissement d’une

bagarre. On l’a oublié aujourd’hui,

mais la ligne a failli être remise en

cause au début des années 2000.

Puis le Sytral avait proposé qu’il ne monte pas tout de suite aux Min-

guettes. On nous avait déjà fait le

coup pour le métro, il était hors de

question de permettre une telle

études portaient sur un plus de

aujourd’hui à 100 000, et la capacité du T4 va être encore augmen-

tée avec la livraison de nouvelles

rames de 43 mètres. Mais c’est également, surtout je dirai, une réus-

site en matière d’aménagement urbain, de désenclavement pour le plateau des Minguettes.

erreur de se reproduire. La réussite

Sans le T4, le renouvellement

clusion des Minguettes dans le tracé

pas pu se faire dans d’aussi

du T4 aujourd’hui montre que l’inétait essentielle.

Réussite en termes de fréquentation ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

urbain des Minguettes n’aurait

yeux, la transformation de l’ave-

symbole. Avant, quand vous étiez

au pied de cette avenue, la coupure était manifeste. Aujourd’hui,

fluence, de l’autre vers le 8e et la

lité, elle fait véritablement la

Dans quelle mesure cette amé-

tant que nous y avons implanté la

Vénissieux a-t-elle boosté le

couture avec la ville haute. D’au-

médiathèque, en bas, comme un élément fédérateur, à la jonction du centre-ville.

plateau à la ville et à l’aggloméra-

Cette ligne va venir donner encore

nant de la réussite du programme

directement à Gerland et Conzone des hôpitaux.

dée de façades urbaines de qua-

Un mot sur le T6 qui sera livré

tion. Il a été un élément détermi-

D’un côté on pourra se rendre

c’est une avenue magnifique bor-

bonnes conditions ?

C’est évident. Le tram a intégré le

va constituer un vrai plus pour les

en fin d’année…

plus de cohérence au réseau de

lignes fortes qui dessert Vénis-

lioration de la desserte de

développement de l’immobi-

ARCHIVES RAPHAËL BERT

>>>

Mercredi 17 avril 2019 - n° 667 / EXPRESSIONS

lier ?

dimension, est de garder une maî-

tram a redonné de l’attractivité à

d’urbanisme et de l’habitat), qui

Il est indéniable que l’arrivée du Vénissieux. Mais ce n’est pas la

seule raison. Nous disposons aussi d’un important foncier, libre ou en

mutation. Tout l’enjeu maintenant, même si nous avons changé de

trise. À ce titre, le PLU-H (plan local sera opposable en juin, nous a permis de pacifier les choses, de ne pas libérer les vannes à tout va. g

PROPOS RECUEILLIS PAR GILLES LULLA


DOSSIER

EXPRESSIONS / Mercredi 17 avril 2019 - n° 667

11

L’EXPERT

“Le tram n’est pas seulement un moyen de transport” Chercheur et professeur en science politique, Sébastien Gardon est spécialiste des politiques de mobilité urbaine. Il a dirigé l’ouvrage collectif “Quarante ans de tramways en France” (Éditions Libel - 2018). Pourquoi le tram a-t-il disparu

quartier populaire avait droit à ce

dans les années 1980-2000 ?

termes de transport.

qui se faisait de plus moderne en

en France avant de renaître La France est l’un des seuls pays en Europe à avoir quasiment aban-

Le tramway a-t-il encore de l’ave-

remettre au goût du jour. Alors que

Je dirais qu’il a mangé son pain

nir ?

donné le tramway avant de le

blanc. Les extensions se raréfient,

Lyon comptait 36 lignes de tram-

beaucoup de villes abandonnent

way dans les années 1930, elles

faute de moyens. Le tram nécessite

avaient toutes disparu lors des

des infrastructures lourdes, un

Trente Glorieuses. Jugé trop lent,

trop encombrant, ses rails gênant l’espace public, il a été supprimé

exporté. Il circule sur une voie qui

trolleybus.

parfois végétalisée, il est plutôt

ARCHIVES RAPHAËL BERT

pour faire place à la voiture et au

est peut-être ce qui symbolise aujourd’hui le mieux la réunification de la commune.

De quand date le retour en grâce ?

Dans les années 1990-2000, élus et urbanistes engagent une recon-

quête de l’espace public et la dimi-

Pour Ltifi, le tramway est très important. Elle peut se déplacer facilement avec. “C’est plus pratique que le bus, avec la poussette.” Plus gênant à ses yeux, le niveau de fréquentation parfois très élevé. “Les gens sont un peu égoïstes, surtout le matin, ça bouscule. Il faudrait que les chauffeurs interviennent ou qu’on mette des affiches pour rappeler les bonnes conduites.”

Pour Salah, le tramway est bien plus pratique que le bus car les arrêts sont moins fréquents. “Avec toutes les lignes, on peut aller partout. Ce sera encore mieux avec le T6 qui sera bientôt livré.” Seul bémol : “Les pannes sont quand même nombreuses, c’est parfois pénible.”

Yves, coordinateur entre élus, 55 ans

N’étant pas véhiculée, Fatima le prend pour se rendre au travail tous les jours.

Yves prend le tramway pour le travail, mais pas régulièrement. “C’est pratique, accessible et facile. En plus, la fréquence de passage est élevée et quand on est dedans, ça va vite.”

Wisal, étudiante, 18 ans Wisal juge le T4 très pratique “surtout pour les étudiants. Il facilite les déplacements pour aller à l’école mais aussi pour les loisirs. Le problème, c’est les heures de pointe. Il y a beaucoup de monde, cela peut être gênant”.

Fatima, architecte, 32 ans “C’est rapide, on n’a pas besoin de changer pour arriver où on veut.”

Raïssa, animatrice pour enfants, 24 ans Pour Raïssa, le tramway n’est pas forcément plus rapide que les autres transports. “Mais il permet d’éviter les embouteillages de deux heures.” Venant d’une ville où il n’y a pas de tramway, elle trouve cela pratique pour se déplacer.

PAR

PROPOS RECUEILLIS CASSANDRE JEANNIN

“métro de surface” pour ce nouvel objet.

À Lyon, le test, c’est l’avenue Ber-

C’est surtout un outil de requalifica-

notamment à cause de la pollution.

le met en sens unique pour faire de

Salah, préparateur de commandes, 43 ans

grandes baies vitrées. On a parlé de

À part transporter des gens, à

bre de voies de cet axe rapide et on

Ltifi, auxiliaire de vie scolaire, 40 ans

large, avec un plancher plat, de

nution de la circulation automobile, thelot. On divise par deux le nom-

PAROLES D’USAGERS

lui est exclusivement consacrée,

la place au tram. Résultat ? Moins de bouchons qu’avant.

Pourquoi parle-t-on de “tram à la française” ?

En Allemagne ou dans les pays de l’Est européen, le tramway partage la rue avec d’autres modes de trans-

ports, il est étroit, souvent surélevé,

pas très confortable… En France, les constructeurs ont lancé un nou-

veau type de véhicule, qui s’est bien

quoi sert le tram ?

tion urbaine. On s’en sert pour trans-

former les espaces publics ou les

entretien onéreux… Une ligne de

bus à haut niveau de service, en site propre, dotée de fréquences et de

capacités élevées, coûte moins cher,

pour des performances, un confort et un design comparables. Mais l’al-

longement des rames de tram, initié sur la ligne T4, associée à une meil-

leure fréquence, assure la pérennité de ce moyen de transport. g

PROPOS RECUEILLIS PAR FRANÇOIS TOULAT-BRISSON

quartiers qu’il traverse. On arrive à faire avec le tram ce qu’on n’arrivait

pas à faire avant lui. À Vénissieux, la desserte des Minguettes a accom-

pagné la politique de rénovation urbaine portée par les élus, et concouru à la transformation de ce

quartier, y compris dans son image. Aujourd’hui, les gens y sont habi-

tués, mais à son arrivée, le tram a été perçu autant comme un moyen pratique de désenclavement que

comme une source de fierté : un

Et bientôt le T6 Sur 6,7 km, entre Debourg (Gerland) et Hôpitaux Est, la ligne T6 viendra compléter au mois de décembre les quelque 70 km de voies de tramway qui desservent l’agglomération. Ligne transversale de l’Est lyonnais, le tram T6 intéresse directement la zone nord de Vénissieux puisque trois stations sont situées à proximité immédiate de la commune : “Moulin-à-Vent”, “Petite Guille” et “Beauvisage-Pressensé”. Son tracé croise par ailleurs le T4 au niveau du boulevard des États-Unis, ce qui avait donné lieu à d’importants travaux et à une interruption partielle du trafic du T4 l’été dernier, au grand dam des Vénissians. Le chantier tire désormais à sa fin. Tous les travaux d’aménagement doivent être achevés à l’été 2019. La période de septembre à fin décembre, précédant la mise en service, sera consacrée aux essais, à la formation des conducteurs et à la marche à blanc.

UN PEU D’HISTOIRE ● 1997 : le Plan des déplacements urbains (PDU) désigne la ligne A4 comme l’une des futures lignes fortes de transport en commun de l’agglomération lyonnaise. ● 2000 : études préliminaires pour arrêter les grandes options du programme de réalisation. ● Décembre 2004 : le Sytral s’engage officiellement par un vote de crédits sur la réalisation d’une ligne de tramway. L’A4 devient T4. ● Avril 2006 : enquête publique. ● Juin 2006 : début des travaux de déviation des réseaux sous-terrains. Les travaux de plateforme commencent à l’hiver 2007. ● Avril 2009 : mise en service du 1er tronçon de la ligne entre Feyzin-Les Minguettes et station Jet d’Eau. ● Septembre 2013 : mise en service du second tronçon entre Jet d’Eau et le campus de La Doua (via Part-Dieu).


CULTURE

Mercredi 17 avril 2019 - n° 667 / EXPRESSIONS

12

À L’ŒIL NU

Elles et nous S

Carla Neff, Laure Blanchard et Anne Guicherd, de l’association À l’œil nu, ont posé leurs caméras à Vénissieux. Pour filmer des sujets aussi différents que le végétal, la musique et la frontière. i Me We (c’est à dire “Moi,

nous a bien aidées, ajoute-t-elle. À

créer. J’ai aussi été à la Galerie 6

regroupait des gens d’images,

un petit film de 14 minutes avec

et j’ai suivi la Tribu Hérisson lors

l’association

qui

a changé de nom et est devenue À l’œil nu, son objectif n’a pas changé: recueillir des métrages qui mon-

trent la réalité d’un territoire. Un film ayant déjà été réalisé à l’IME

Jean-Jacques-Rousseau, l’envie de

rester sur la commune et d’approfondir quelques thèmes qui la traversent est restée ancrée. Ainsi, Carla Neff, Laure Blanchard et Anne Guicherd ont toutes trois démarré en 2017 un vaste projet

qui prend ses racines à Vénissieux. Bénéficiant de financements Ville

et CGET (Commissariat général à l’égalité des territoires), elles ont

posé leurs caméras à La Darnaise.

Carla a mis en forme 1 111 avec la

Maison de quartier — où il a d’ailleurs été projeté à l’occasion des

vœux du maire. “Lola Bringuier

pendant l’inauguration du manège

l’occasion du Téléthon, j’ai réalisé

de sa résidence à Bizarre !”

les jeunes qui y participaient.”

Carla a choisi pour thème la

Citons encore des films sur deux

frontière. “Aux Minguettes, elles

tours du boulevard Lénine, sur le

sont connues de tous sans qu’on

groupe Be Foot, organisé par des

sache les expliquer. Elles bougent,

mamans de la Maison de quar-

parfois avec le renouvellement

tier, ou sur YMMNE.

urbain.” C’est ainsi qu’elle a

Trois projets plus longs occupent

aussi les réalisatrices. Anne a

déjà tourné au jardin de la Pas-

PHOTO RAPHAËL BERT

nous”),

sion, au collège Michelet et à

l’IME Jean-Jacques-Rousseau. Et s’apprête à aller au jardin de

l’Envol et au collège Éluard, où

De gauche à droite, Anne Guicherd, Carla Neff, Thibault et Laure Blanchard.

cadre du projet Vénichef Junior.

images. Les jeunes de l’IME tra-

de son projet. Elle s’est rappro-

collectif qui existe autour. J’ai

tural de Vaulx-en-Velin Pourquoi

teur de l’école de musique, et de

un potager est cultivé dans le “Mon sujet est le végétal et l’aspect

aussi filmé la grainothèque du

CABV et passé cinq demi-journées

au jardin de la Passion. J’aimerais restituer les saisons à travers ces

vaillent avec le collectif architecpas ?!, avec lequel ils ont créé un

potager et un verger, où ils ont planté de beaux arbustes.”

Laure a placé la musique au cœur

chée de Florent Vernay, le direc-

Maël Salètes, un de ses ensei-

filmé Claire Georgina Daudin, la

plasticienne en résidence artistique à l’espace Madeleine-Lambert, qui s’intéressait aux seuils. “J’aimerais aussi faire parler les

habitants sur les notions de partir et revenir. Je voudrais ainsi

confronter deux amis : l’un a

beaucoup voyagé et l’autre n’est jamais sorti de chez lui.” g

gnants. “Je vais suivre des élèves

JEAN-CHARLES LEMEUNIER

pendant un temps d’école. Et le groupe Afrotronic, qui vient de se

HTTPS ://ALOEILNU.WIXSITE.COM/MINGUETTES

SEUIL #8

Jeudi 20 décembre 2018 : les marches et le marché des Minguettes La plasticienne Claire Georgina Daudin poursuit son investigation des seuils vénissians. Cette fois, avec François Couturier, responsable national de l’AMI (association nationale de défense des malades, invalides et handicapés). Je retrouve François sur le pla-

Ici, à l’angle de l’église moderne au

exploration tout en se mettant en

mier service d’enlèvement des

avec enthousiasme à ma propo-

pomme de pin et de la place du

site : le marché vient de se termi-

placette de la place du marché

toit de cuivre ciselé comme une

teau des Minguettes. Il a répondu

marché ceinturée de hauts immeu-

sition d’explorer ensemble un

bles impersonnels, rien n’indique

seuil qu’il aurait identifié à Vénis-

de telles collisions temporelles ou

attention sur les seuils invisibles.

À quoi ressemblent donc ces

seuils, s’ils sont invisibles ? Comment les déceler si on ne peut les

voir ? Je m’appuie d’habitude sur le paysage ou sur l’architecture

environnante pour repérer un

seuil. Sous mes pieds, le sol

PHOTO CLAIRE GEORGINA DAUDIN

sieux et souhaite attirer mon

raconte souvent des implantations

chemins dont on grattait la surface

des palimpsestes, ces anciens par-

crit et ainsi en écrire un nouveau.

de bâtiments, des usages, comme

pour faire disparaître le texte ins-

superpositions de passés. François

m’invite à me pencher. Le seuil est une marche : un trottoir dont le

franchissement commence par un bateau et se termine par une dizaine de centimètres de sur-

plomb. Mon guide, lui-même se

déplaçant à l’aide de cannes, pense

aux personnes à mobilité réduite, en fauteuil roulant en particulier. Nous poursuivons notre micro-

quête d’un banc d’où observer le ner, ses derniers reliefs sont ras-

semblés auprès des arbres de la place, qui va bientôt redevenir parking. La placette qui nous accueille est située au bord de l’im-

mense terrain offert au commerce hebdomadaire. Il faut aussi s’y hisser. Des pavés recouvrent la sur-

face encadrée par deux bancs se faisant face ; une statue rend hom-

mage à un homme politique local illustre (*). Des vêtements chiffon-

nés jonchent le sol : ces vestiges-là n’ont pas été ramassés par le pre-

ordures. La marche qui sépare la séparerait-elle deux territoires

dépendants de régies différentes, chargées d’effacer les traces ? Le

marché parallèle, fugace par essence car non autorisé, laisse des

traces plus pérennes que l’officiel.

Si l’on regarde à plus long terme, le

marché,

constructions

fragile car

dans

ses

événement

éphémère, est pourtant durablement inscrit dans le temps. g

(*) ÉDOUARD HERRIOT, MAIRE DE LYON (1905-1940 ET 1945-1957) ET PRÉSIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES, DONT UNE RUE PROCHE PORTE LE NOM.


CULTURE

EXPRESSIONS / Mercredi 17 avril 2019 - n° 667

13

LA MACHINERIE

Un équipement d’intérêt national Pour compenser la non-électivité de Bizarre ! au label SMAC (scène de musiques actuelles), suite à un changement de critères, l’État a décidé de signer avec La Machinerie, entité qui regroupe Bizarre ! et le Théâtre de Vénissieux, une convention d’intérêt national. un projet artistique qui s’appuiera

équipement de cultures

structures, développant un label

février 2016 d’un nouvel

urbaines, Bizarre !, la Ville de Vénissieux a décidé de le regrou-

per avec le théâtre au sein d’une entité, La Machinerie. “Pendant les trois premières années de fonction-

nement, précise un rapport de la direction municipale des affaires culturelles, le ministère de la Cul-

ture et de la Communication s’est

engagé dans la préfiguration de la

labellisation Scène de musiques

actuelles (SMAC) avec trois autres salles de l’agglomération. En 2019,

du fait du changement de critères d’attribution, l’État n’a pas attribué

le label SMAC à Bizarre ! Cependant,

la Direction régionale des affaires culturelles a souhaité maintenir son soutien à Bizarre ! et au théâtre dans le cadre d’une convention d’in-

térêt national avec La Machinerie.”

Établi pour une période de quatre

ans reconductibles, ce document est une preuve de la reconnaissance par l’État de la qualité du tra-

vail accompli. “Seules 17 scènes pluridisciplinaires en Auvergne Rhône-Alpes bénéficient de ce sou-

tien de l’État, poursuit le rapport.

La Machinerie va donc développer

HIP-HOP

sur la programmation des deux

Du beau monde chez Bizarre !

“Art et création”, avec une men-

tion artistique “Écritures urbaines et contemporaines”.

Assortie d’une subvention de 100 000 euros par an sur quatre

ans pour les deux équipements, cette convention d’intérêt natio-

nal a été validée par le conseil

ARCHIVES RAPHAËL BERT

l’ouverture

municipal du 8 avril dernier. La majorité municipale et l’UDI ont voté pour, le reste des groupes d’opposition s’est abstenu.

Michèle Picard se félicitait du

“rôle d’agitateur de culture popu-

laire et de défricheur de jeunes talents” que la ville allait pouvoir

artistes sollicitent Bizarre ! pour pouvoir grandir dans un environnement adéquat, avoir un accès illi-

mité pour les répétitions et être dans

leurs

dé-

marches artistiques […] Il faut poursuivre dans cette voie et conti-

nuer d’œuvrer pour une culture

vivante, populaire, diversifiée, qui vient au contact des Vénissians et dans tous nos quartiers.” g

JEAN-CHARLES LEMEUNIER

TARIFS : SUR PLACE (10 EUROS) ; PRÉVENTES (8 EUROS) ; RÉDUIT (8 EUROS) ; PASS BIZARRE ! (6 EUROS). RÉSERVATIONS : BIZARRE-VENISSIEUX.FR

“Tendances urbaines” : quand le Plan B de Bizarre ! s’installe au théâtre

continuer à jouer. “De nombreux

accompagnés

Le 27 avril à 20 h 30, Bizarre ! reçoit du beau monde. Les neuf rappeurs lyonnais de 6Nueve se partageront la scène avec Asura, Mylo VLN et le rappeur vénissian Yoko, lauréat du Buzz Booster régional en 2013.

Bizarre ! soutient les artistes émergents voire débutants à travers des ateliers.

PHOTO RAPHAËL BERT

A

en

près

Le 3 mai à 20 heures, on retrouvera notamment la compagnie Krèmenciel.

Pépinière d’artistes sélectionnés par Bizarre !, le Plan B existe depuis 2017 au sein de La Machinerie, une entité qui regroupe Bizarre ! et le Théâtre de Vénissieux. Chaque année, une soirée Tendances urbaines est consacrée à ce Plan B sur la scène du théâtre. Qui se tiendra le 3 mai à 20 heures et présentera les six groupes de musique actuelle et la compagnie de danse choisis cette saison : Blu Jaylah, Amalaïta Connexion, KLM, Double A, FLD Gang, Blade et la compagnie Krèmenciel. Tous ont travaillé avec la comédienne Doriane Salvucci (compagnie des Gentils) sur les façons de placer sa voix et son corps sur une scène. Ils ont bénéficié d’un accès illimité à une salle de répétition et ont profité d’ateliers administratifs. Hip-hop, rap, jazz, électro et danse seront donc au rendez-vous.

TENDANCES

URBAINES :

3

MAI,

20

HEURES, THÉÂTRE DE VÉNISSIEUX. ENTRÉE LIBRE.

CHICS TYPES

Le beau projet d’une chic planète Personne n’a oublié Hubert Mou-

album de douze titres inédits et de

Nicolas K, Nico Bravin (un proche

du groupe lyonnais L’Affaire Louis

joués par la fine fleur du rock

Les Chics Types.

nier, alias Cleet Boris, fondateur Trio et disparu en 2016. Personne

et encore moins le groupe Les Chics Types ni son guitariste, le

Vénissian Christian Biral. À tel

point que Les Chics Types, qui ont PHOTO DR

déjà dédié au chanteur décédé

Les Chics Types dont le Vénissian Christian Biral souhaitent rendre un nouvel hommage à Hubert Mounier (à droite).

leur album Magnéto, ont mis sur

pied un vaste projet commémora-

tif. Il s’agit de produire, par une vaste opération de crowdfunding lancée sur KissKissBankBank, un

reprises de chansons d’Hubert lyonnais (et d’ailleurs). Avec aussi

une composition originale des Chics Types. Qu’on en juge : sont convoqués au générique de Place

Hubert Mounier Kent, Carmen

Maria Vega, They Call Me Rico,

Frédéric Bobin, Buridane et Billie (deux chanteuses respectivement remarquées aux Fêtes escales en

2009 et 2015), Le Voyage de Noz,

Joe Bel, Stan Mathis, Denis Rivet,

de Bertignac), Khaban et, bien sûr, Et cerise sur ce gâteau anniversaire, l’autre talent d’Hubert Mounier sera également honoré : celui

de dessinateur. Pour cela, la

conception graphique de l’album est confiée à plusieurs artistes :

Olivier Mounier, L8Zon, Don

Mateo, Philippe Chambon, Marie Capriata et Jérôme Gorgeot. Chic planète ! g

WWW.KISSKISSBANKBANK.COM/FR/PROJECTS/PLACE-HUBERT-MOUNIER


CULTURE

14

Mercredi 17 avril 2019 - n° 667 / EXPRESSIONS

ESPACE PANDORA

Ces vagues que l’amour soulève

U

Deux soirées et quelques livres. Avec ses moments poétiques et son auteur en résidence, l’Espace Pandora n’en finit pas d’agiter nos humeurs, nos plaisirs et nos consciences. tilisons le titre d’un album

Danielle Dufour, Joëlle Guidez,

tographiques à Henri-Matisse —,

les étudiants des deux établisse-

versée, le premier texte débute

que l’amour soulève, pour

Lucatelli, “amateurs et pratiquants

des restitutions des ateliers avec

répondent et s’encouragent sur les

venu en terre sarde chez Marc

de Titi Robin, Des vagues

Jean-Marie Guidez et Giuseppe

évoquer les prochains événe-

de la chose littéraire, préviennent

puisqu’il y sera bien question du

teurs et acteurs des mouvements

ments créés par l’Espace Pandora, célèbre guitariste, invité à Vénis-

sieux par l’auteur en résidence Rémi Checchetto.

Mais ne brûlons pas les étapes et

commençons par le commence-

ment. Qui adviendra le 2 mai, à partir de 19 heures, à l’Espace Pandora. Une soirée qui s’honore d’un beau cri de ralliement : “À vendre ! Prolétaires ! Beaucoup servi !”

Au programme, des lectures, bien

sûr, données par Sylviane Crouzet,

les agitateurs vénissians, observa-

sociaux”. Quant au thème, la litté-

rature sociale du monde des

ouvriers et des employés, il est alléchant.

Autre vague d’amour que le 9 mai, à 18 heures au cinéma Gérard-Philipe, avec la clôture de la résidence

littéraire de Rémi Checchetto.

Pour dire au revoir à tous ceux qui l’ont accompagné au cours d’ate-

liers d’écriture et de photo — Rémi s’est aussi invité aux ateliers pho-

l’auteur propose une exposition, leurs participants, puis une lec-

ture de Laissez-moi seul, accompagné à la guitare par l’excellent Titi Robin. Entrée libre.

Enfin, n’oublions pas que l’Espace Pandora dirige les collections de

la maison d’édition La Passe du vent. Parmi les dernières paru-

tions, citons Quand la beauté se fait

couleur, réalisé avec l’université Lyon III Jean-Moulin et l’école

Émile-Cohl, dans le cadre du Magnifique Printemps organisé sur la Métropole lyonnaise par les

Vénissians de Pandora. Créées par

ments, illustrations et poésies se

thèmes de la laideur, du sublime, de la modernité ou de la beauté —

moteur du Magnifique Printemps

et sujet de l’anthologie parue chez Bruno Doucey.

Signalons encore à La Passe du vent un livre en édition bilingue,

L’Amer du Sud, dialogue entre

Thierry Renard et Dimitri Porcu en français et italien. Tout part

d’un voyage en Sardaigne, patrie

du poète Marc Porcu, le père de

Dimitri. Marc, disparu récemment et qui avait longtemps vécu à

Vénissieux. Après le récit de la tra-

ainsi : “J’ai rêvé que j’étais déjà

Porcu le poète à Sant’Antioco…”

Dimitri et Thierry partagent ainsi cette expérience d’un voyage

émotionnel, dans une région aussi

rêvée que réelle, sur laquelle flottent les ombres de Marc Porcu et

Sergio Atzeni, écrivain sarde souvent traduit en français par Marc

pour La Fosse aux Ours, mais

aussi celles de Pier Paolo Pasolini,

Antonio Gramsci ou Enzo Autolitano. g

J.-C.L. ESPACE PANDORA - 8, PLACE DE LA PAIX. TÉL. : 04 72 50 14 78 - ESPACEPANDORA.ORG

Cinéma Gérard-Philipe

12, avenue Jean-Cagne 04 78 70 40 47 cinemagerard.philipe@ville-venissieux.fr

Classé Art et Essai

COUP DE PROJECTEUR

Démons et merveilles CONCOURS

DES FILMS DE POCHE

Pour la deuxième année consécutive, la médiathèque LucieAubrac, en partenariat avec le

cinéma Gérard-Philipe, organisait le concours des films de

poche : ils devaient être tournés au téléphone portable ou avec

une tablette, sans excéder deux

minutes. Cette année, contrainte

supplémentaire qui, apparemment, a plu aux candidats : il fallait coller au thème du monstre,

sujet d'une manifestation d'envergure à la médiathèque. La cérémonie de remise des prix

s'est tenue ce 13 avril à la média-

Sur les cinq films, hormis Œil

idées de mise en scène, origina-

“Nous avons reçu cinq films”,

domicilié à Communay, tous pro-

Le prix du scénario a été décerné

thèque.

expliquait en préambule Christophe Garcia, qui gère les secteurs cinéma et musique à Lucie-Aubrac, avant de présenter Tarif plein : 6,70 €, tarif réduit : 5,80 €, tarif Est-Écrans : 5 € / - de 14 ans : 4 €. Carte Est-Écrans valable un an à partir de la date d’achat. Supplément : 1 € pour séances en 3D. www.ville-vénissieux.fr/cinema/grac.asso.fr/salles/64-cinema-gerard-philipe

le jury, composé d'employés de

l'établissement : Adeline, Delphine, Ludo et Christian.

pour œil de Mathieu Roudet,

viennent de Vénissieux : Monsters de Paul Sandt, Monstre 2.0

lité, animation, humour.

à Sans titre, celui de la réalisation à Monsters, celui du jury à Good

de l'EPJ Parilly, Good after-moon

after-moon et celui du public à

l'EPJ du Moulin-à-Vent. Et tous

seront

d'Oriel Wagner et Sans titre de présentent

des

qualités

évi-

dentes : sens du rythme, message,

Monsters. Ces courts-métrages diffusés

au

cinéma

Gérard-Philipe, chacun avant un film différent. g


HISTOIRE

EXPRESSIONS / Mercredi 17 avril 2019 - n° 667

15

l a arqué toute la journée. En

I

vendre à un maréchal-ferrant du

1640, Claude Monod s’est

biens : une vigne, deux tonneaux

les épis ployés par les grains mûrs.

estre pour soy achepter des habicts

village le peu qu’il lui reste de

ce matin de juillet, vers l’an

et surtout sa maison, le tout pour

rendu sur le champ de blé de son

190 livres dont 10 payées le jour

employeur dès les premières

même, “que ledit vendeur a déclaré

lueurs de l’aube, pour moissonner

don il a extremement besoing”… À

Il faut agir sans tarder, car la

lire les vieux registres notariés de

moindre pluie pourrait jeter les

Vénissieux, son cas est loin d’être

récoltes à terre. Et sans elles, point

isolé. Déjà en 1593, Antoinette

de pain, point de vie, la famine

Bouchard, veuve de l’affaneur

pointera son museau hideux dans

Jean Rosset, avait aussi été forcée

les maisons de Vénissieux. Une troupe

de

moissonneurs

de vendre sa maison pour une

se

bouchée de pain.

déploie à travers champs, tous

Au moindre accident de la vie,

armés d’une grande faucille, avec

une guerre, une famine, une

laquelle ils scient les poignées de

longue maladie, trop d’enfants à

blé prises à pleine main, le corps

cassé en deux, tandis qu’en arrière, les femmes ramassent les tiges coupées, forment les gerbes

et les rassemblent en tas réguliers. Tous se dépêchent, conscients de

l’enjeu vital du travail. À ce rythme, la fatigue vient vite. Mais bientôt l’on fêtera les greniers de

nouveau pleins, voilà qui met du cœur à l’ouvrage. Puis vient le

début de la nuit. Claude Monod retourne chez lui, après avoir

trimé pendant 15 à 17 heures d’affilée. Sur le chemin, il rejoint des

files de travailleurs agricoles sem-

blables à lui, qui portent sur leurs épaules les céréales versées par leurs patrons en guise de salaire :

une gerbe pour vingt moissonnées,

nourrir, ces prolétaires d’Ancien Régime se trouvent réduits à la

La Paye des moissonneurs, 1882, Léon Lhermitte.

mendicité, à l’errance, à l’enfer.

Les affaneurs Dans le parler lyonnais, on les appelait les affaneurs, des ouvriers mais en version champêtre. Ils formaient avant la Révolution la moitié de la population active. Situés en bas de l’échelle sociale, ils n’en étaient pas moins indispensables à leurs contemporains.

par rapport à l’océan d’écus que

la main tendue vers la charité des

de fantômes, d’un pas rendu lent

jours à l’avance, avec en guise de

somme, il faut défalquer les

neurs l’envisagent comme une

par la besogne effectuée.

Au moindre accident de la vie, une guerre, une famine, une longue maladie, trop d’enfants à nourrir, ces prolétaires d’Ancien Régime se trouvent réduits à la mendicité, à l’errance, à l’enfer. Le nom de ces forçats ? Des “affa-

neurs”. Un mot franco-provençal,

la langue parlée autrefois dans la

région lyonnaise, qui désigne les

ouvriers des champs embauchés à la journée.

Ces journaliers sont légion dans le

Vénissieux d’Ancien Régime, au point de constituer plus de la moi-

contrat une simple parole donnée, ou bien un coup à boire à l’auberge pour sceller l’accord entre

patron et salarié. Tous les travaux

pénibles de la campagne leur sont confiés. Faucher les foins, moissonner, vendanger, battre les épis pour en tirer le grain, creuser les

fossés, tailler les haies bordant les

champs, couper le bois pour la cheminée, labourer les terres à la

houe lorsque le patron n’a pas les

moyens de s’offrir une charrue. Le tout pour un salaire de misère. En

220 jours de travail, calcule le mar-

quis de Vauban, Claude Monod et ses compères ne gagnent que

110 livres par an. Une misère, deux à trois fois moins qu’un artisan de village, et une goutte d’eau

voit réduite à quitter son mari

journalier, “attendu son peu de fortune”, et erre pendant deux ou trois ans sur les routes du BasDauphiné.

Son

vagabondage

l’amène en 1775 à Vénissieux, où les mauvaises langues se liguent

contre elle : “on débitoit dans le

public faussement et surtout dans celuy de Vénissieu, quelle est enceinte des faits de Jean Blajot fils

Les pierres pleuvent sur la misé-

tié des chefs de famille. On fait appel à leurs services deux-trois

naire de La Tour-du-Pin, elle se

de Pierre, maréchal de Vénissieu”.

PAR : ALAIN BELMONT

c’est le tarif. Ils avancent dans la nuit tombante comme un cortège

Comme Marie Chenavier. Origi-

ramènent les bourgeois. Sur cette

impôts à payer et la nourriture à

acheter. Au bout du compte, il ne reste à l’affaneur qu’une quinzaine de livres par an, “sur quoi il

faut que ce manœuvrier paye le

louage ou les réparations de sa maison, l’achat de quelques meu-

bles, quelques écuelles de terre, des habits et du linge, et qu’il fournisse

à tous les besoins de sa famille pen-

mieux dotés. Emprunter ? Les affa-

dernière extrémité, car les prêteurs ne leur feront aucun cadeau, et prendront en guise de garantie,

une hypothèque sur la petite maison, les deux-trois moutons et les

quelques arpents de terre que pos-

sèdent la plupart des ouvriers vénissians.

LE PIÈGE DE L’ENDETTEMENT

dant une année”. Une vie entière à

Sans doute appauvri par plusieurs

heureux. L’hiver, pour eux, s’avère

bourse, notre Claude Monod se

fleur de pauvreté attend ces mal-

particulièrement difficile à traverser. Au village, le travail des

champs s’arrête et, avec lui, les possibilités

d’embauche.

Au

rythme infernal de l’été succède

le fléau du chômage, la bourse

vide, le pain chichement compté,

années de blé trop cher pour sa décide à emprunter les sommes nécessaires pour joindre les deux

bouts de l’an. Mal lui en prend. Le

piège de l’endettement se referme

sur lui, et aggrave sa situation en un rien de temps. À tel point que le 5 mars 1646, il est contraint de

reuse, contrainte de déclarer que

“c’est faux, qu’elle n’est pas

enceinte et n’a eu aucun commerce” avec le fils du forgeron.

Marie Chenavier touche le fond du fond. On comprend qu’à ce régime, les affaneurs soient les

premiers à se révolter lorsque le

peuple gronde. Mais malheur à eux s’ils sont pris. Pour un bout

de pain volé en période de disette, leur corps se balancera au bout de la potence… Pourtant, tout n’est pas noir pour les ouvriers de

la terre. Ceux qui ajoutent à leurs salaires les revenus d’un artisanat

ou d’un petit commerce, trouvent une planche de salut capable de

les sortir de l’ornière. La preuve ? Ils ont aujourd’hui en France, des

dizaines de millions de descendants. g

SOURCES : ARCHIVES DU RHÔNE, 3 E 11442 À 11495. VAUBAN, PROJET D’UNE DIXME ROYALE, 1707 .


16

SPORTS

Mercredi 17 avril 2019 - n° 667 / EXPRESSIONS

PARTENARIAT VFC-COLLÈGES

Des sections sportives d’excellence à la rentrée Le Vénissieux football club (VFC) s’associe aux collèges vénissians pour créer des sections sportives d’excellence en foot et futsal, qui mêleront filles et garçons, de la 6e à la 3e. Un concept inédit en France. Interview croisée des responsables du VFC et des référents scolaires. PROPOS RECUEILLIS PAR DJAMEL YOUNSI C’est un projet ambitieux que vous

Nordine Kari, manager général:

Jean-Pierre Chaix, président du

éducateurs confirmés, diplômés

VFC: Oui, déjà par le nombre d’éta-

blissements concernés. Le dispositif

concerne les collèges Elsa-Triolet, Paul-Éluard et Jules-Michelet. Louis-

Aragon aurait pu compléter cet

Nous allons nous appuyer sur des d’État. Les élèves qui seront scolari-

sés dans ces sections finiront leurs cours plus tôt pour s’entraîner dans la foulée.

ensemble, mais il y a une nouvelle

Quels sont vos partenaires, et

delà de la dimension du projet, le

comme annoncé?

direction qui se met en place. Aucontenu aussi est ambitieux. Il

repose sur une double mixité: fillesgarçons et foot-futsal, ce qui est unique en France à notre connaissance.

Mehdi Gana, vice-président: Avant

tout chose, il faut rappeler que Nadi Derran, membre actif du club, parti vers Bordeaux pour raisons profes-

sionnelles, a largement contribué à ce projet. Ajoutons qu’on s’est large-

ment inspiré de la section sportive existante à Elsa-Triolet, créée par le

conseiller principal d’éducation

serez-vous prêts à la rentrée

Jean-Pierre Chaix: Le District du Rhône nous accompagne, ainsi que la Ligue AuRa de football, la Métro-

pole, la Ville de Vénissieux, et bien

sûr les trois collèges, cela fait du monde!

Alain Bozon, professeur référent au collège Michelet: On en est à

notre troisième réunion pour la mise

en place du dispositif, une autre est programmée courant mai. Il ne reste

Les prochaines sessions de recrutement pour la rentrée 2019 se tiendront les 15 et 22 mai.

plus que la validation de l’Éducation nationale qui ne devrait pas tarder.

pas déterminant. Le dossier scolaire

entre également en ligne de compte.

insiste beaucoup sur les valeurs de

ces sections sportives doivent deve-

Il peut arriver que des élèves décro-

éducatif.

Mehdi Gana: On en attend égale-

Jean-Louis Aracil, aujourd’hui à la

Comment s’opère la sélection pour

départ de l’OL comme partenaire

Mehdi Gana: Depuis le 3 avril (pour

retraite. Cette section a souffert du principal et des nouvelles exigences de la carte scolaire. Notre projet vise à relancer le dispositif en l’amplifiant.

À NOTER Sélections jusqu’au 22 mai Pour l’entrée en 6e et en 5e (foot et futsal) : mercredi 15 mai. ● Pour l’entrée en 4e et en 3e (foot et futsal) : mercredi 22 mai. ●

Renseignements auprès de Nordine Kari, manager général (06 29 90 12 41). Dossiers de sélection à retirer au siège du Vénissieux football club : 10, rue des Martyrs-de-la-Résistance.

PHOTO RAPHAËL BERT

lancez là…

intégrer ces sections sportives?

l’entrée en 6 et 5 ) et jusqu’au 22 mai e

e

(entrée en 4e et 3e), des sélections sont

organisées à Delaune pour la pra-

tique football, et à “We are sport”

pour la pratique du futsal. On a la capacité d’intégrer 200 élèves sur

quatre niveaux, de la 6e à la 3e, et pour les trois collèges, ce qui repré-

sente donc 12 classes au total. Mais

cela ne veut pas dire qu’il y aura 200 candidats retenus.

Nordine Kari: Les professeurs d’EPS des trois collèges sont référents pour

ces sections sportives. Ils font le lien

avec les parents, le club et les élèves.

Ces derniers devront prendre une licence au Vénissieux FC.

Est-ce que le niveau sportif est

déterminant pour intégrer ces sections?

Mehdi Gana: Important oui, mais

chent, on doit les raccrocher à une

citoyenneté et de l’accompagnement

bonne scolarité. On ne veut surtout

Ces sections sportives sont pour-

nale, mais une sorte d’aide aux

peut surprendre…

pas se substituer à l’Éducation natio-

devoirs est à l’étude. Pourquoi pas

par le biais d’une association? Notre

projet n’est pas encore totalement arrêté sur ce point.

Alain Bozon: Le scolaire aura évi-

demment une place centrale. J’ai

d’ailleurs constaté que le discours du représentant de la Ligue de football

tant dites “d’excellence”. Le terme Mehdi Gana: N’ayons pas peur de ce terme. Cela signifie simplement

que l’on attend de l’élève qu’il donne le meilleur de lui-même, dans sa scolarité et sur le terrain.

Que faut-il attendre de ce projet?

Nordine Kari: Avec l’école de foot,

nir notre force à terme.

ment des avancées sur divers points, par exemple la transformation de trois terrains en ghorr (Albalate, Guimier et Delaune) en pelouse synthé-

tique. Même si nous sommes bien

conscients que les communes ont beaucoup moins de moyens que dans le passé. On peut imaginer

aussi que ce système de sections

sportives se généralise au basket, au hand et au rugby, cela permettrait de mutualiser des moyens. g


SPORTS

EXPRESSIONS / Mercredi 17 avril 2019 - n° 667

MARCHE ATHLÉTIQUE

Campion, bon pour les Mondiaux du Qatar

Kevin Campion aime décidément la Tché-

quie, et elle le lui rend bien. En prenant une convain-

cante 4e place du

20 km marche, le

de football réservé aux U10 au stade Gérin organisé par Vénissieux FC, de 8 h 30 à 18 heures. ● L’équipe de futsal de Vénissieux FC reçoit l’USJ Furiani au gymnase JacquesAnquetil, à 16 heures.

Un avant-goût de meeting national

● Tournoi

de football réservé aux U11 au stade LaurentGérin organisé par Vénissieux FC, de 9 à 18 heures.

le Vénissian, toujours licencié à l’AFA

Feyzin/Vénissieux, s’est qualifié pour les

du

Samedi 27 avril

à Doha, au Qatar, à l'automne prochain. En parcourant sa distance de prédilection en 1 h 20 min 49 s lors de cette rencontre internationale (réunissant

la Hongrie, la Slovénie, l’Italie, l’Irlande, la Répu-

blique tchèque, la Lituanie et la France), le longiligne

athlète a approché son record personnel de quelque 20 secondes, établi il y a deux ans… sur ce même circuit.

“Cela s’est bien passé pour moi. Mais lors des trois

derniers kilomètres, j’étais mort et je ne me suis pas assez battu”, confie-t-il sur sa page Facebook.

Grâce à sa perf’ et celles des deux autres Français

engagés (Aurélien Quinion et Gabriel Bordier, le

champion de France 2019 de la distance), l’équipe de France se classe seconde de cette épreuve, juste

de Vénissieux FC (Régionale 2) reçoit Bron GL au stade Laurent-Gérin, à 20 heures. ● Les handballeurs du VHB accueillent Dijon Métropole HB au gymnase Tola-Vologe, à 20 h 45. ● Meeting d’athlétisme de Vénissieux organisé par l’AFA Feyzin/Vénissieux au stade Gérin, de 9 à 17 heures.

Mercredi 1er mai ● Grands prix cyclistes Dalkia

et Marcel-Houël du Vélo club Max-Barel sur la ZI Vénissieux-Corbas à partir de 13 h 30.

PHOTO RAPHAËL BERT

● L’équipe

Monde 2019 prévus

derrière l’Italie. g

Samedi 20 avril ● Tournoi

NATATION

Dimanche 21 avril

6 avril à Poděbrady,

championnats

AGENDA

Nathalie Flèche et Fabrice Verbrugghe, pré-

géré sans fausse note le meeting de Vénis-

bien partis pour tenter l’aventure: faire de

sur le week-end des 13 et 14 avril, avec près

sidente et directeur sportif du CMO-V, sont l’épreuve régionale de Vénissieux, un grand rendez-vous d’avril de la natation, un meeting national.

“Le cahier des charges est supportable, déve-

loppe le responsable sportif vénissian. On a déjà le bassin de 50 mètres, une équipe d’or-

ganisateurs suffisante et une certaine expé-

rience à notre niveau. Ne manquent que le fameux tableau lumineux et l’affichage électronique. Petite contrainte que l’on peut évacuer assez facilement.”

L’avantage d’une telle promotion? “La pos-

SECTION RUGBY

Les filles de Brel à Londres

sibilité d’attirer des nageurs de toute la France et, pour les meilleurs, capables d’ali-

gner des chronos, de pouvoir se qualifier

pour les championnats de France. Avec des retombées médiatiques sur notre club, qui

conforteraient le travail effectué depuis des années.”

Avant d’en arriver là, les G.O. du CMO-V ont

sieux et les dizaines de courses réparties de 300 nageurs venus de 25 clubs, de Vil-

leurbanne à Saint-Marcellin et Fécamp. Avec des performances de choix, notam-

ment celles de l’impressionnante Émilie

Brochet, une Villeurbannaise qui a tourné à plein régime: après s’être “échauffée” sur

courtes distances (trois places de 3e sur

50 m, 100 m nage libre et 50 m brasse), elle

est arrivée première en 100 m brasse, 200 m

et 400 m nage libre, 200 m papillon et 400 m quatre nages ! Ses camarades du Villeur-

banne Natation ont également brillé, avec

les succès d’Attavay, Serrano (par trois fois), Verweirde et Pedraza-Alarcon.

Le CMO-V a-t-il tiré son épingle lors de son meeting ? Oui, si l’on s’en tient aux seuls

résultats et aux podiums conquis de haute lutte par Claire Tocco, Maeva Giunchi-

Damaz et Sylvain Ferraris et au nombre de records personnels qui sont tombés.

HANDBALL

La journée des partenaires

Les 25 filles de la section rugby du lycée poly-

un moment fort! Le sport n’était pas oublié

leur tournée à Londres. Au programme, du

més chaque jour. À peine rentrées, les rugby-

valent Jacques-Brel ne sont pas près d’oublier rugby bien sûr, mais également de nom-

breuses visites touristiques avec des musées comme le Museum of London, la National

Gallery, le Natural History Museum ainsi que des excursions dans la ville. Et pour ces

athlètes, la visite du stade de Twickenham

(notre photo), l’antre du rugby anglais, reste

17

puisque des entraînements étaient program-

women préparent le championnat de France UNSS prévu à La Rochelle du 14 au 16 mai.

Cette section a de plus en plus de succès: le 10 avril dernier, jour de détection de futures

joueuses, quarante filles venant de toute la France se sont présentées pour seulement douze places. g

Le loisir à l’état pur. C’est ainsi qu’il faut apprécier le tournoi inter-entreprises proposé par le Vénissieux Handball (VHB) à ses partenaires, donateurs et sponsors. Depuis 2014, le club les invite à s’affronter, balle à la main, aux gymnases Jean-Guimier et Jacques-Anquetil. La démonstration qu’un partenariat ne se résume pas à un chèque, une poignée de mains et un logo sur le maillot ! Mixtes, les matchs sont toujours joués dans la convivialité, même si certaines équipes affichent franchement leur désir de s’imposer. Le 6 avril, en finale de l’édition 2019, l’équipe de Rexroth Bosch a pris le meilleur sur celle des agents municipaux de Vénissieux. Viennent ensuite les joueurs du groupe Total, de Cap Gemini, de Cyber Cité Silvernet et enfin de NC2 Visiativ.

g


18

SPORTS

Mercredi 17 avril 2019 - n° 667 / EXPRESSIONS

QI GONG

L’arme anti-stress Le qi gong (prononcer tchi kong) est enseigné depuis plusieurs années par Dani Angiono à Vénissieux et Feyzin. Cette discipline issue de la médecine traditionnelle chinoise est une gymnastique lente, douce, déstressante et accessible. our faire court, on peut

“P

En première ligne, Dani effectue

lopper la condition

salle, lâchant des onomatopées.

que l’enseignante qui réside à

cherche l’inspiration d’une énergie

physique, de favoriser la détente, de soulager le stress et d’améliorer les capacités respiratoires, expli-

deux foulées du gymnase JeanGuimier. Le qi gong ne repose pas

seulement sur un travail musculaire, c’est avant tout une discipline

énergétique qui agit en profon-

de petits allers et retours dans la “Xi xi… hu…” (prononcez tchi tchi

hou). “Xi c’est l’inspiration, hu c’est l’expiration,

précise-t-elle.

On

renouvelée, et l’élimination de l’énergie usée pour renforcer notre immunité.”

PLUS SIMPLE QUE LE TAÏ-CHI

deur.”

Tout semble simple. Les “élèves”

currence, la salle principale du

chinoise. Quand on lui fait remar-

Vérification sur le terrain. En l’oc-

gymnase Jean-Guimier. Sur le pra-

ticable, Dani invite d’abord à une marche thérapeutique — rien à voir avec la marche digestive. Une quinzaine d’adhérents, essentiel-

lement des retraités, semblent concentrés, tous en tenue décon-

tractée, pour une séance qui démarre à 14 h 30 en ce deuxième lundi d’avril. La marche proposée se caractérise par une attaque du sol par le talon et fait appel à une

respiration lente, avec mouvements latéraux des bras et des mains.

PHOTO RAPHAËL BERT

dire qu’il s’agit de déve-

“Le qi gong est avant tout une discipline énergétique qui agit en profondeur”, explique Dani Angiono.

suivent le rythme d’une musique

faut faire preuve de patience pour

nuyer un peu. Mais le seul travail

quer que le qi gong ne semble fina-

Cela fait dix-huit ans que Danielle,

quelques pépins physiques, m’aide

lement pas si éloigné du taï-chi, que pour les deux disciplines les pratiquants adoptent une gestuelle

axée sur la lenteur et la fluidité et des gestes, la prof corrige : “Le qi gong est plus simple et plus acces-

sible. Quelques cours suffisent à

acquérir des mouvements de base, on peut même le pratiquer chez soi

sans difficulté. Les enchaînements

sont courts et faciles à suivre. Ils demandent moins d’effort de coor-

dination. Alors que la maîtrise du taï-chi peut paraître plus ardue, il

apprivoiser la technique.”

de la compagnie Traction Avant, pratique le qi gong. “Si vous saviez le bien que cela me procure. Ne serait-ce qu’au niveau de la circu-

lation énergétique. Les bienfaits des respirations rythmées associées à la marche sont évidents.” À ses

côtés, Bernard, néo-retraité de

l’Éducation nationale, un des deux hommes de cette séance du lundi, est plus prudent. Quoique. “J’ai connu Danielle au théâtre, je me suis inscrit il y a quelques mois. Sin-

sur la respiration, moi qui ai connu à être mieux. Pendant une séance, je suis hors du temps.”

Alors, convaincus ? Fidèle de cette

discipline depuis cinq ans, Évelyne est emballée. “Je suis restée plus de

40 ans derrière un ordinateur. J’ai

fait de la marche, bof ! Et même du

yoga, que je trouve trop axé sur les étirements musculaires, trop phy-

sique. Avec le qi gong, je me libère

naturellement, je ne réfléchis pas, je suis dans mon élément.” g

cèrement, j’avais peur de m’en-

DJAMEL YOUNSI

Qi comme énergie, gong comme maîtrise C’est une gymnastique basée sur le contrôle de la respiration, cousine du taï-chi-chuan, qui est un art martial. Qi signifie souffle ou énergie interne, et gong la maîtrise. Il existe un millier de formes ou méthodes de qi gong, mais toutes sont fondées sur les principes de la médecine chinoise. La discipline tient compte du trajet des méridiens et points d’acupuncture, de la physiologie énergétique du corps et des organes. Elle a été introduite en France dans les années 1970.

ACCORD ET CORPS QI GONG VÉNISSIEUX. TÉL. : 06 83 43 07 33.

LES RÉSULTATS DE LA QUINZAINE Football

son en disposant de Bron 60 à 48. Son

championnats régionaux. L’équipe fémi-

naux par équipe Nationale A, qui se sont

Pas de sursaut des Vénissians en déplace-

maintien en Nationale 3 était assuré

nine minime a atteint la finale de ce

tenus, le 13 avril, à Montbrison. Pour la

ment à Veauche, dauphin de Valence.

depuis longtemps.

même championnat du Rhône.

qualification pour les championnats de

L’équipe conduite par Bailly Ouraga n’a pas

L’équipe masculine a facilement assuré

Une semaine avant ces championnats,

France, Lombardo, Pividal, Lemercier, De

pesé lourd, s’inclinant 4-1.

son maintien en Régionale 2 en dominant

Maïssa Akil et Tariq Coignet avaient fait fort

Sousa et Nazarov, entraînés par Christophe

En futsal, Vénissieux FC a sombré à Caluire,

la Côte Roannaise (76-64).

en s’imposant lors du Départemental,

Rosier devront attendre le décompte,

finissant ensuite 5 et 7 aux Interdéparte-

région par région, de la fédération.

face à l’AS Martel, se faisant désagréger 18 à 2. À ce tarif, il aurait mieux valu déclarer forfait ! Exit la Division 2.

e

Judo Le 13 avril, à la Maison du judo, Martine

e

mentaux, et qualifiés pour les Régionales du 12 mai, à Veauche.

Filiptchenko et Chloé Ducancel se sont

Basket

Escrime En championnat régional, Grégory Jeunet-

illustrées à l’occasion des championnats

Gymnastique

Mancy, Stéphane Vienne, Hervé Lapierre et

Le 14 avril, l’équipe féminine de l’ALVP a

du Rhône seniors (1re division). Les deux

L’équipe masculine des 10/11 ans du CMO-V

Fabien Battut ont pris la 5e place de ce qua-

joué et gagné son dernier match de la sai-

judokates de l’ALVP se qualifient pour les

s’est classée 6 des championnats régio-

lificatif pour les championnats de France.

e


AU QUOTIDIEN

EXPRESSIONS / Mercredi 17 avril 2019 - n° 667

GASTRONOMIE

À NOTER

Un prix gourmand et mérité pour la “mère Ferrari”

Semaine européenne de la vaccination

L’Union des écrivains de Rhône-Alpes vient de décerner son Grand prix du livre gourmand 2019 à la cheffe vénissiane, qui tient bouchon à Lyon. Vous connaissez forcément les “mères lyon-

naises”, ces cuisinières qui ont fait la renom-

mée de la gastronomie de Lyon, à base d’une

cuisine simple, goûteuse et conviviale, où la patronne excelle autant par son talent aux fourneaux que par son franc-parler en

salle… Dans le registre, la dernière “mère”

pur jus est sans conteste la Vénisiane Muriel Ferrari.

Célébrissime au Japon (les tourtereaux nip-

(Bocuse en tête), la “mère Ferrari” vient de recevoir le Grand prix Brillat-Savarin 2019 du livre gourmand, décerné par l’Union des

écrivains de Rhône-Alpes, pour son livre de

chien”, à Vénissieux.

Le prix lui a été remis par la journaliste Flo-

être ré-imprimé, “dès que j’aurais cinq

recettes Le bouchon d’une mère lyonnaise. rence Aubenas, l’écrivain Jacques Bruyas et Jacquotte Brazier, petite-fille de “la reine des bouchons”.

Comme “tout le monde peuvent pas être de Lyon, il en faut ben d’un peu partout”, dixit

la plaisante sagesse lyonnaise, Muriel Ferrari est née à Hyères et a longtemps bour-

lingué à Paname. Enfance cabossée,

Auto-édité et épuisé, l’ouvrage primé doit minutes pour trouver un éditeur”. En atten-

dant, on peut trouver plus d’une centaine de ses plats préférés sur la page Facebook (“Les recettes du bouchon à Mumu”) et même dans Expressions, puisqu’elle nous a confié l’une

des recettes phares de la cuisine lyonnaise, le tablier de sapeur (lire ci-contre) !

jeunesse déglinguée, souvent embastillée, elle est passée de la taule au zinc en ouvrant

son bouchon en 2003. Comme son Café des

artisans lui prend tout son temps, qu’elle ne compte pas, elle dit “J’habite chez mon

Le tablier de sapeur sauce gribiche Par Muriel Ferrari, du Café des artisans. Ingrédients pour 6 personnes :

6 tabliers de sapeur (gras double de bovin) taillés dans le bonnet ; 1 bouteille de vin blanc sec ; 1 pot de moutarde ; 100 g de beurre ; 4 jaunes d’oeufs ; panure ; 1 kg de pommes de terre.

Pour la sauce gribiche : 2 jaunes d’œufs ; moutarde ;

huile de tournesol ; 1 oignon ; 6 cornichons ; 2 cuillères à soupe de câpres ; persil haché ; sel, poivre.

g

FRANÇOIS TOULAT-BRISSON MURIEL

RACONTE SA VIE MOUVEMENTÉE DANS UNE AUTOBIOGRAPHIE ÉMOUVANTE, DISPONIBLE SUR COMMANDE EN LIBRAIRIE ET DIRECTEMENT À L’ESPACE PANDORA, PLACE DE LA PAIX À VÉNISSIEUX. JE VOULAIS VOUS DIRE, MURIEL FERRARI, ÉDITIONS LA PASSE DU VENT, 2016. 160 PAGES, 15 EUROS.

Rédaction: 9 rue Aristide-Bruant 69200 Vénissieux. Téléphone: 0472511812. Mail : redaction@expressions-venissieux.fr Site du journal : www.expressions-venissieux.fr Paraît un mercredi sur deux sur papier recyclé.

Directrice de publication : Christiane Brundu. Rédacteur en chef : Gilles Lulla ✆ 04 72 51 18 12. Rédacteur en chef adjoint : François Toulat-Brisson ✆ 04 72 51 76 65. Secrétaire de rédaction : Perrine Plateau. Journalistes : Michèle Feuillet ✆ 04 72 51 76 63. Jean-Charles Lemeunier ✆ 04 72 51 18 12. Alain Seveyrat ✆ 04 72 51 76 84. Djamel Younsi ✆ 04 72 51 76 62. Stagiaire : Cassandre Jeannin. Photographe : Raphaël Bert. Assistante de direction : Ghislaine Déléaz. Chargé de publicité : Boris Miachon ✆ 04 72 90 95 98 Éditeur : Régie autonome personnalisée du journal Expressions. Fabrication : IPS - 01 600 Reyrieux ✆ 04 74 08 96 96. Distribution : Codice - 69 200 Vénissieux ✆ 04 72 33 04 30. Abonnement : 42 euros par an. Prix au numéro : 1 euro. Tirage 32 500 exemplaires. issn : 1151-0935

Pour la 3e année consécutive, la Ville lance l’appel à projets “Jeunes et aussi citoyens”. Ouvert à tous les Vénissians âgés de 15 à 25 ans, cette opération vise à accompagner financièrement et techniquement les jeunes dans la réalisation d’initiatives à forte valeur citoyenne (solidarité, lutte contre les violences et les discriminations ), dans des champs aussi variés que le sport, la culture, les sciences, la mobilité... Toutes les informations utiles auprès du BIJ (0472500120). Date limite de dépôt des dossiers: 30 avril.

EXPRESS Prochaines activités à Ifetila Café Dans le cadre de l’activité “Connaître l’histoire à travers les rues de ma ville”, organisée par l’association Oyenga Simy-Flo, rendez-vous vendredi 26 avril de 14 à 16 heures à Ifetila Café, 16, rue Jules-Ferry, pour tout savoir sur les frères Amadéo. La conférence sera animée par un descendant de la famille, Charles Amadéo. Puis samedi 27 avril, brocante de 8 heures à 18 h 30. Et enfin, lundi 29 avril, atelier de cuisine avec la diététicienne de la banque alimentaire du Rhône de 9 h 30 à 14 heures.

PHOTO RAPHAËL BERT

2004 et adoubée par les plus grandes toques

PHOTO RAPHAËL BERT

par la confrérie des Francs-Mâchons dès

C’EST MA RECETTE !

“Jeunes et aussi citoyens”, candidatures jusqu'au 30 avril

pons intègrent même son bouchon dans leur voyage de noces européen !), consacrée

Le service communal d’hygiène et de santé (SCHS), en partenariat avec le comité départemental d’hygiène sociale (CDHS), organise une séance exceptionnelle d’information sur la vaccination, mercredi 24 avril, de 14 heures à 16 heures au centre de santé et de prévention du CDHS situé 5, rue de la Paix. Des infirmières seront présentes pour répondre à vos questions. La vaccination publique habituelle se déroulera ensuite de 16 heures à 18 heures (ouverte à tous, à partir de 6 ans). Les vaccins sont gratuits (diphtérie-tétanos-polio-coqueluche / rougeole-oreillons-rubéole). Se munir de son carnet de vaccinations.

19

Faites macérer les tabliers deux jours dans le vin blanc et la moutarde.

Égouttez-les, passez dans le jaune d’œuf et la panure et faites revenir au beurre chaud dans une poêle.

Lorsqu’ils sont dorés d’un côté, retournez et faites-les

revenir à petit feu de l’autre côté. Retournez plusieurs fois. Cuisson : 15 minutes maximum.

Pour la sauce gribiche : préparez une mayonnaise, ajoutez-y l’oignon, les cornichons, le persil haché et

les câpres, mélangez et assaisonnez à votre convenance.

Servez bien chaud avec les pommes de terre et la sauce.

Bougonne et joviale à la fois, Muriel Ferrari est la “mère lyonnaise” par excellence. Cette Vénissiane à

la vie mouvementée propose une “cuisine de ménage”

à menu unique, d’un excellent rapport qualité-prix, dans une ambiance bon enfant.

CAFÉ DES ARTISANS, LE BOUCHON TÉL. : 04 78 53 20 12.

DE

MURIEL : 116 BIS, RUE

DU DAUPHINÉ, LYON

3E.


20

S

PORTRAIT

Mercredi 17 avril 2019 - n° 667 / EXPRESSIONS

On assimile parfois la vente en vrac à une mode bobo mais ce n’est pas le cas. J’aimerais simplement que les gens se rendent compte qu’on est tous acteurs du changement.

ix jours par semaine, elle

valeurs de la République. Moi, je

samedi inclus, Alexia Que-

jamais oublier que dans certains

leur parlais aussi d’écologie, sans

est sur le pont. Du mardi au

pays, on pense à manger avant de

guiner installe son camion épice-

se soucier de l’environnement.”

rie “La main dans l’sac” sur les

La jeune femme disposait néan-

marchés de la région lyonnaise :

moins d’une “petite” expérience.

Croix-Rousse, Pont-de-Chéruy, Bri-

Au Kenya, de 2010 à 2012, elle

gnais ou encore Vénissieux Cen-

avait enseigné le français aux

tre… Soit treize points de vente en

militaires du pays, sous la direc-

tout. Au détail, elle commercialise

tion des soldats français. Une

pâtes, riz, céréales, café, thé ou

expérience forte, qui la marquera

chocolat. On trouve aussi chez elle

des produits d’hygiène comme du savon, des shampoings ou des

brosses à dents écologiques. “Finis

les emballages superflus, s’enthou-

siasme la Vénissiane. Les gens peuvent venir avec leurs contenants (bocaux, boîtes ou sachets). Ils achètent uniquement la quantité dont ils ont besoin et paient le juste prix. Deux euros d’amandes c’est possible !”

La commerçante met en avant

une démarche résolument militante. “On assimile parfois la vente

en vrac à une mode bobo mais ce

n’est pas le cas, relativise-t-elle.

J’aimerais simplement que les gens se rendent compte qu’on est tous acteurs du changement. On ne peut

pas attendre que les pailles en plas-

La parole et les actes Alexia Queguiner. À la tête de son épicerie mobile, Alexia Queguiner sillonne les marchés de la région. Écologiste, végétarienne, partisane du zéro déchets, cette ancienne formatrice en français langue étrangère a réussi à transformer un mode de vie en gagne-pain. PAR : ALAIN SEVEYRAT. PHOTO : RAPHAËL BERT

consommation. Je pouvais me le

culinaire français. Je pensais ne

que je venais de passer m’avait

qui j’ai passé beaucoup de temps à

un niveau de vie confortable. Sinon

volonté ?

rique, mais très peu de pratique.

me balader dans la nature. Ils m’ont donné une éducation où l’on

permettre parce que j’avais alors je n’aurais peut-être pas pu acheter

facilement du bio.” Deux ans plus

jamais y arriver.” Vous avez dit

INFATIGABLE MILITANTE

vous apprend à ramasser les

tard, elle franchit néanmoins un

Cette volonté, Alexia Queguiner a

de vous. Ne rien jeter, ne laisser

rienne. “L’idée consiste à réduire

ver. Par exemple, lorsqu’elle a tra-

déchets que vous trouvez autour aucune trace. J’ai grandi avec le tri

sélectif, la fabrication du compost, dans l’idée que nous devons faire

attention à notre environnement.”

À force de réflexions, Alexia Que-

guiner est même devenue végétarienne. L’exemple lui est venu de

son frère, qui s’est lancé dans

cette pratique il y a six ans. “Sa

conversion m’a poussée à me poser des questions sur ma propre

chauffer une boîte de conserve dans un fossé, vous vous dites qu’il

y a un vrai problème d’équilibrage

des ressources. J’ai vécu entre deux mondes qui ne se côtoient pas : d’un côté celui de la saleté et de la

misère, de l’autre celui des expatriés qui vivent dans le luxe le plus total.” Le séjour — deux fois neuf mois — n’est pas de tout repos. “Vous avez votre couleur de peau,

alors quand les gens crient

"Mzungu" (littéralement : homme blanc) après vous avoir croisé dans la rue, vous vous sentez mal

à l’aise ! Heureusement que je

connaissais la langue officielle,

cours de swahili et que j’ai tou-

cette démarche ne date pas d’hier.

“Elle me vient de mes parents, avec

petite fille de quatre ans se faire

l’anglais, que j’avais pris des

tiques soient interdites à la vente, il faut arrêter d’en acheter.” Et

à jamais. “Quand vous voyez une

premier pas en devenant flexitala quantité de viande mais à augmenter sa qualité, explique-t-elle. Plutôt que de manger tous les jours

des steaks achetés en grande surface, j’en achetais un bon chez le boucher une fois par semaine.” Et en 2017, la voici végétarienne. “Je

ne mange rien qui a des yeux, à

part les mollusques. Mais c’est

quand même très difficile de faire

une croix sur tout le patrimoine

eu souvent l’occasion de la cultivaillé en 2012 comme formatrice en français langue étrangère

(FLE) pour le compte de l’Office français de l’immigration et de

l’intégration. “C’était super-compliqué. J’avais des classes de primo-

arrivants de quinze adultes de 18 à 72 ans. Ils devaient valider le

diplôme initial de langue française

en 200 heures sur deux mois et demi, relate-t-elle. Le master FLE

apporté beaucoup de savoir théoOr les élèves pouvaient être Thaïlandais, Libanais, Chinois, Albanais ou Russes, et ne se com-

prenaient donc pas entre eux. Il fallait déployer des trésors d’imagination et passer par le jeu pour que

tout le monde se sente à l’aise, participe et surtout comprenne.”

La recette fonctionne. “L’objectif du DILF (diplôme initial de langue

française, ndlr), c’est que les gens

soient finalement capables d’exprimer des besoins de base. Mais ils

doivent aussi acquérir des notions

de culture française, autour des

rapports hommes-femmes et des

jours eu une grosse capacité d’adaptation.”

Aujourd’hui, Alexia Queguiner a réussi à faire sa place dans le

monde très masculin des marchés. “D’abord je m’impose et je

montre les dents, ensuite je suis

plus gentille. Parfois, certains collègues disent de moi "Celle-là, il

faut pas l’embêter", sourit-elle. Même si la logistique, l’entretien et

la gestion du véhicule ne sont pas simples, je n’aime pas que l’on me

fasse sentir que je suis inférieure

parce que je suis une femme. Mon

père, militaire de carrière, m’a toujours dit de jamais être dépendante d’un homme.” g HTTPS ://LAMAINDANSLSAC.FR/

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Expressions 667  

Au sommaire de ce numéro 667 : les 10 ans du tram T4, l'avancée du chantier du Grand Parilly, périscolaire et cantines au coeur des débats,...

Expressions 667  

Au sommaire de ce numéro 667 : les 10 ans du tram T4, l'avancée du chantier du Grand Parilly, périscolaire et cantines au coeur des débats,...

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