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19 AVRIL AU 2 MAI 2017

Numéro 623

www.expressions-venissieux.fr

Plus belle la ville !

PHOTO RAPHAËL BERT

DU

LA MAMAN DE MARIN REVIENT SUR LA TERRIBLE ÉPREUVE SUBIE PAR SON FILS. P. 3

ÉLECTIONS Les bureaux de vote ouverts de 8 heures à 19 heures. p. 2

ÎLOT ROMAIN-ROLLAND Un square “Général-PierreRobert-de-Saint-Vincent”. p. 4

SERVICES PUBLICS Une “Journée debout” entre salariés et usagers. p. 5

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INSERTION

Les Vénissians ont répondu présent aux animations proposées dans le cadre de la Semaine de la propreté. Avec la réduction du gaspillage alimentaire pour plat de résistance. Pages 8-9

p. 5

PORTES OUVERTES Grosse affluence à la mosquée Eyüp Sultan. p. 6

Mobilisation pour une élève sans-papiers Lycée Hélène-Boucher - La jeune Glodia Mubiala prépare un Bac pro “hygiène, propreté et stérilisation”. Avec sa sœur aînée Médie, elles sont sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français qui les renverrait en République démocratique du Congo. Un pays qu’elles ont justement fui pour échapper à l’asservissement et aux mauvais traitements. Placées en centre de rétention administrative puis assignées à résidence, elles sont expulsables à tout moment. La

La Mission locale s’attaque à la fracture numérique.

ACCÈS AU DROIT

communauté éducative et administrative du lycée vénissian, où Glodia est scolarisée, se mobilise pour éviter ce drame. Pétitions, courrier au rectorat, alerte aux parents d’élèves, à RESF... “Glodia fait partie intégrante de notre communauté scolaire, c’est une élève exemplaire et son comportement est irréprochable, explique une enseignante. Elle doit pourvoir poursuivre sa scolarité en France.” Page 7

Avec Amely, on a le droit. p. 7

FOOT FAUTEUIL Avant tout compétiteurs. p. 13

“C’ÉTAIT MAINTENANT”, PREMIER LONG-MÉTRAGE DU VÉNISSIAN JEAN-CHRISTOPHE SANDT. Page 11

HISTOIRE Aux racines de la migration algérienne. p. 14


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Les meetings lyonnais des deux candidats d’extrême gauche à l’élection présidentielle se sont tenus à Vénissieux, à 24 heures d’intervalle : le 11 avril pour Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste), puis le 12 pour Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière). Avec plus de 500 participants, chacune des deux personnalités a fait le plein de la salle Joliot-Curie.

CONCOURS DES BALCONS ET MAISONS FLEURIS

Les bureaux de vote seront ouverts de 8 heures à 19 heures Élections - L’élection présidentielle aura lieu les 23 avril et 7 mai prochains. Les élections législatives se tiendront quant à elles les 11 et 18 juin. Pour ces deux scrutins, les bureaux de vote de Vénissieux seront ouverts de 8 heures à 19 heures. 2017 étant une année de refonte nationale des listes électorales, une nouvelle carte avec un nouveau numéro a dû vous être adressée. Les jeunes ayant atteint leur majorité après le 1er mars 2017 recevront leur carte électorale ces jours-ci, juste avant le 1er tour de la présidentielle. S’ils ne l’ont pas reçue, ils pourront quand même voter avec leur carte nationale d’identité, après vérification évidemment de leur inscription sur les listes. Notez par ailleurs que Vénissieux ne compte plus 28 mais 29 bureaux de vote, après la scission en deux du bureau de vote n° 1 de l’hôtel de ville. En conséquence, les bureaux de vote ont fait l’objet d’une renumérotation. Pour vérifier en ligne votre inscription et votre bureau de rattachement, un moteur de recherche est disponible sur le site de la Ville (rubrique “Actualités”, puis “Élec-

Carnet de campagne - Le député socialiste sortant, Yves Blein, a annoncé le 14 avril qu’il votera pour Emmanuel Macron aux élections présidentielles. Proche de Manuel Valls, le maire de Feyzin refusait de soutenir Benoît Hamon, candidat officiel de son propre parti, jugeant que ses “concessions infondées et reniements de tous les acquis du quinquennat, ne pouvaient pas fonder un programme ni une candidature crédible”, parlant aussi de “propositions stupides”. Le 8 avril, lors d’un débat organisé à Vénissieux par l’association

LE PARKING MÉDIATHÈQUE PASSE EN ZONE BLEUE

Législatives - Soutiens de Benoît Hamon pour la Présidentielle après l’accord EELV-PS, Zafer Girisit et Véronique Giromagny partent sous la seule étiquette écologiste aux législatives dans la 14e circonscription. M. Girisit (36 ans) est arrivé de Turquie en 1993 avec sa famille, pour rejoindre un père ouvrier en bâtiment. Scolarisé à Saint-Priest, il a passé un DUT de génie mécanique à Villeurbanne puis fait une école de commerce à Vaise. Il est aujourd’hui cadre supérieur dans une entreprise de la vallée de la chimie. “J’ai été poussé par mes parents et par l’école de la République. Je m’appuie sur ce parcours pour dire aux jeunes “d’y aller”, de secouer le poids de la fatalité, de ne laisser place ni à la stigmatisation ni à la victimisation.” Sa colistière (53 ans), a passé son enfance dans le bassin industriel de Besançon et Vesoul, alors en pleine crise. Mère couturière, père menuisier, elle aussi passe un DUT, à Grenoble. Alors mère de famille, elle a repris ses études pour devenir ingénieur. Elle est adjointe au maire de Corbas, en charge de la jeunesse. Leurs projets pour la circonscription s’appuient sur le principe du “Penser global et agir local” : “Proposer des lois pour favoriser la

VISITE DES SERRES MUNICIPALES LE 3 MAI La journée portes ouvertes des serres municipales est fixée cette année au mercredi 3 mai, entre 14 heures et 20 heures. Outre la visite des installations, il vous sera possible de participer à divers ateliers : réalisation de massifs, plantations, jardinières… Les professionnels répondront à toutes vos questions. Visite gratuite et sans inscription préalable. Serres municipales : 6, avenue Jean-Moulin (en face du collège Michelet).

LÉGISLATIVES ALGÉRIENNES : OÙ VOTER À VÉNISSIEUX ?

Vénissieux ne compte plus 28 mais 29 bureaux de vote, après la scission en deux du bureau de vote n° 1 de l’hôtel de ville

tions présidentielles et législatives”). Les démarches pour le vote par procuration restent possibles en théorie jusqu’à la veille des scrutins, mais il est prudent de faire sa demande au plus tôt auprès des

autorités compétentes : commissariat, gendarmerie ou tribunal d’instance.  Pour tout renseignement, contacter le service élections au 04 72 21 44 86.

Yves Blein soutient officiellement Macron

Les bulletins d’inscription au concours des balcons et maisons fleuris pour l’année 2017 sont disponibles à l’hôtel de ville. Ils sont à retourner au plus tard le 30 juin. Il est possible de concourir dans une des cinq catégories suivantes : “Maison avec jardin visible de la rue”, “Balcons, terrasses ou fenêtres visibles de la rue”, “Immeuble collectif ”, “Hôtels, restaurants, cafés, magasins ou autre établissement avec ou sans jardin”, et enfin “Jardin potager fleuri”, nouvelle catégorie créée l’an dernier. Plus de renseignements auprès du secrétariat du service des espaces verts. Tél. : 04 72 21 44 33.

Depuis le 3 avril, la durée de stationnement sur le parking de la médiathèque LucieAubrac est limitée. La Ville entend ainsi favoriser la rotation des véhicules pour améliorer l’accès des usagers à l’équipement culturel. Pour stationner plus longtemps que les 90 minutes autorisées par la zone bleue, des places non soumises à réglementation existent à moins de cinq minutes à pied (parking hôtel de ville, avenue MarcelHouël…).

DU 29 AVRIL AU 4 MAI

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POUTOU ET ARTHAUD COUP SUR COUP !

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France des banlieues, M. Blein a également plaidé “pour des candidatures communes En Marche / PS” aux Législatives. Le 30 mars, le député socialiste était déjà intervenu lors d’une réunion publique du mouvement En Marche à Saint-Fons. Michèle Picard et Kamal Ahamada. Tout en poursuivant leurs “rencontres d’appartements”, les candidats présentés par le PCF aux Législatives ont tenu une réunion publique le 14 avril à Saint-Priest, en compagnie des candidats communistes de la 13e circonscription.

Prochains rendez-vous le 11 mai à Feyzin puis le 12 mai à Vénissieux, salle Joliot-Curie. Maurice Iacovella. Lors du débat de France des banlieues, le 8 avril, le candidat officiel UDI-LR aux Législatives a redit son soutien à François Fillon. “Il faut libérer le travail, supprimer les 35 heures, négocier dans chaque entreprise, alléger la pression fiscale sur les sociétés.” Le conseiller municipal centriste préconise également “d’implanter des incubateurs d’entreprises dans la circonscription”. 

Les Algériens sont appelés aux urnes du 29 avril au 4  mai inclus pour élire leurs députés. Soucieux d’éviter les files d’attente, le consulat général de Lyon a mis en place pour la première fois une décentralisation des bureaux de vote. “Outre le siège du consulat pour les résidents de Lyon 6e et de Villeurbanne, sept autres bureaux de vote seront ouverts”, explique Aïssa Ammi Saïd, consul général adjoint. Le bureau de vote de Vénissieux sera installé salle Ambroize-Croizat (au 47). Outre Vénissieux, toutes les communes du Sud-Est lyonnais (de Saint-Priest à Simandres en passant par Mions, Toussieu, SaintBonnet-de-Mure…) y sont rattachées. Attention, l’adresse prise en compte est celle figurant sur la carte consulaire. Ces élections législatives algériennes ont pour but d’élire les 462 députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) pour un mandat de cinq ans. Le dernier scrutin de mai 2012 avait débouché sur la victoire du Front de libération nationale (FLN), qui avait obtenu plus de 200 sièges. Le RND (Rassemblement national démocratique), allié du FLN dans la majorité parlementaire, était arrivé en deuxième position. L’autre enjeu de ces législatives sera le taux de participation. En 2012, il avait été de 42,36 %. Renseignements : Consulat d’Algérie 102, rue Masséna (Lyon 6e) Tél. : 04 72 83 85 50 www.consulat-lyon-algerie.fr

Conseils de quartier ● Léo-Lagrange/Louis-Pergaud Permanence mercredi 19 avril, à 18 heures, au foyer ClaudeDebussy (1, rue Claude-Debussy). Président : Aurélien Scandolara ● Pasteur/Monery Permanence mercredi 19 avril, à 18 h 30, salle d'activités du groupe scolaire Pasteur (6, route de Corbas). Présidente : Sophia Brikh

Zafer Girisit et Véronique Giromagny, candidats EELV

● Charréard/Max-Barel Permanence mardi 25 avril, à 18 heures, au foyer Max-Barel (1, rue Max-Barel). Président : Serge Truscello ● Charles-Perrault Permanence mercredi 26 avril, à 18 h 30, au local du conseil (4, rue Gaston-Monmousseau). Présidente : Souad Ouasmi ● Joliot-Curie Permanence vendredi 28 avril, à 18 heures, salle des Acacias (7, allée des Acacias). Présidente : Sandrine Picot

PHOTO ALAIN SEVEYRAT

ACTUALITÉS

Mercredi 19 avril 2017 - n° 623 - www.expressions-venissieux.fr

Les projets des deux candidats pour la circonscription s’appuient sur le principe du “Penser global et agir local”

création d’emplois, des mesures pour la santé, l’agriculture, l’économie circulaire, dans le cadre de la transition énergétique. À Vénissieux, par exemple, il faut réhabiliter les bâtiments construits dans les années 1970 et construire un nouvel habitat, pas seulement économe en énergies mais auto-producteur d’énergie ! Ce sont de grands chantiers, qui donneront du travail et procureront une meilleure qualité de vie. On pourrait

également valoriser en bio les Grandes Terres, espace agricole en plein milieu de la circonscription !” Attachés à rappeler leurs origines ouvrières, les deux candidats assurent que “l’écologie, ce n’est pas un truc de bobo, c’est l’avenir. C’est le moyen transversal de répondre aux défis économiques, sociaux, sanitaires, géopolitiques de notre temps”.  F.T-B.

● Anatole-France/Paul-Langevin Permanence mardi 2 mai, à 18 heures, Maison des fêtes et des familles, salle n° 3 (20, avenue de la Division-Leclerc). Présidente : Marie-Christine Burricand ● Centre Permanence mardi 2 mai, à 18 heures, au local du conseil (13 A, avenue Marcel-Paul). Présidente : Amina Ahamada Madi ● Jules-Guesde Permanence jeudi 4 mai, à 18 h 30, au local du conseil (50, rue JoannèsVallet). Président : Pierre Matéo


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LA MAMAN DE MARIN TÉMOIGNE

L’événement

“On essaiera de sortir grandis de cette épreuve” Avant son agression, qui était Marin ? Marin était un jeune sans histoire, courageux, fiable et drôle à la fois. C’était aussi un fêtard, un amoureux… Bref, un garçon de vingt ans ! Il a toujours un sens de l’humour incroyable aujourd’hui malgré ses difficultés. Côté études, c’est un travailleur qui sait mettre le paquet lorsque c’est nécessaire. Il a eu son bac avec mention très bien, avant de rentrer en double licence droit et sciences politiques à Lyon III. L’injustice l’insupporte, il n’accepte pas de voir quelqu’un en situation d’infériorité. Son objectif, c’était de devenir commissaire de police. Quelles sont ses séquelles ? Il n’a toujours pas retrouvé toutes ses capacités physiques et intellectuelles. Il se fatigue très vite. Il a un problème de mémoire immédiate, et des difficultés pour se décider à faire les choses. Il faut tout lui dire : de lui-même, il n’y pense pas. Il a aussi du mal à faire des choix. Il peut par exemple rester vingt minutes à regarder sa douche et sa brosse à dents, avant de décider par quoi il commence. Sinon, il a encore du mal à gérer son côté gauche. Son visage n’a pas été très touché, même s’il a été légèrement modifié. RAPPEL DES FAITS

Un agresseur au lourd passé Nous sommes le 11 novembre 2016. Marin est entré dans sa vingtième année depuis quatre jours. À la sortie du centre commercial de la Part-Dieu, il tente de venir en aide à un couple de quadragénaires. Un groupe d’individus les a pris à partie, leur reprochant de s’embrasser en public. Marin devient alors la cible des agresseurs. Des coups sont échangés. Avec sa petite amie, il se réfugie dans le bus qui vient d’arriver. Mais il est rattrapé par l’un des individus, qui le frappe sur le crâne avec une béquille. Il tombe, perd connaissance et se met à convulser. Du sang s’échappe de ses oreilles. Les coups continuent à pleuvoir, avant que les passagers ne mettent l’agresseur en fuite. L’agresseur – âgé de 17 ans au moment des faits – sera identifié grâce aux images de vidéosurveillance, et interpellé le lendemain. Son casier judiciaire fait déjà état de 18 faits délictueux, dont certains avec violence. Il risque entre cinq et dix ans de prison.

Comment va-t-il ? Marin a dû être réhospitalisé en urgence il y a un peu plus de trois semaines. Il faut savoir que, lors de sa première opération, on lui avait enlevé une partie de l’os du crâne, en recousant la peau par-dessus. L’objectif était d’éviter que le cerveau – qui s’était mis à gonfler – ne soit pris en étau. Courant mars, cet os lui a été remis, mais deux œdèmes se sont déclarés. Il s’en est fallu de peu qu’il soit opéré de nouveau, avec toutes les douleurs que cela engendre. Dans ce moment très difficile, j’ai senti à la fois chez lui de la tristesse et de la colère. J’ai donc refusé qu’il soit opéré sans l’avis du neurochirurgien qui le suit. Finalement, il a décidé d’attendre et les œdèmes se sont résorbés. La perspective de l’opération s’éloigne, le moral est revenu. Sur quoi repose son traitement ? Dans son centre de rééducation, il a un kinésithérapeute, un ergothérapeute et un orthophoniste. Cela représente 25 à 30 heures de travail par semaine. Mais je fais intervenir aussi des gens de l’extérieur : deux kinésithérapeutes, un ostéopathe, un psychologue et quelqu’un qui fait de la médecine chinoise. Sans oublier un nutritionniste et un médecin généraliste. C’est une sacrée équipe ! Mais comme l’histoire de Marin a touché des gens, une partie d’entre eux interviennent à titre gracieux. Et leur travail porte ses fruits. Par exemple, grâce au travail de l’ostéopathe, Marin peut se passer d’un médicament qui ralentissait la rééducation de son cerveau. Il peut commencer à se déplacer, même s’il s’avère qu’il a un problème d’équilibre. Comment se passe votre vie au quotidien ? C’est une grosse organisation. Le matin, je me lève et je prépare mes deux autres enfants. Comme on a une seule voiture, je les amène à l’école, et je dépose mon mari à son travail. Je rentre et je fais les courses, toujours des produits frais. Puis je prépare les repas pour Marin. Pour moi, ces repas font partie d’un retour à la vie, ils doivent donner envie ! Or ceux qu’on lui donne, en plus d’être mauvais au goût, ne sont pas adaptés à des traumatisés crâniens… Les huiles et les protéines utilisées ne sont pas les bonnes, il lui faut des oméga 3, des poissons gras et des protéines. C’est donc moi qui fais ses repas et les porte dans son centre de rééducation. Je passe ensuite beaucoup de temps avec lui. Nous faisons des jeux pour entraîner sa mémoire et sa concentration, des balades, je lui masse le corps…

Après sa terrible agression, Marin continue à déjouer les pronostics, grâce à sa volonté, à ses proches et à l’immense communauté qui le soutient.

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Audrey, la maman du jeune Vénissian sauvagement agressé le 11 novembre dernier à la Part-Dieu, revient sur la terrible épreuve qu’a subie son fils et sur sa difficile rémission après un coma de deux semaines.

“Tant qu’on n’a pas été confronté à cela, on ne sait pas à quoi cela ressemble”, confie Audrey

Êtes-vous satisfaite de sa prise en charge ? Dans son centre de rééducation, les équipes sont dévouées. Mais je suis stupéfaite de devoir chercher moimême des études scientifiques pour leur proposer des protocoles médicamenteux ! Pour y parvenir, je vais voir des conférences, je me documente avec des livres sur le cerveau, je prépare des argumentaires. En fait, on passe notre temps à tout surveiller et à chercher des solutions. […] On a un système de santé génial, mais il tombe en décrépitude. Je ne veux pas m’en prendre au service public, mais il n’y a pas de moyens, tout ne fonctionne que sur la bonne volonté des soignants. Heureusement qu’ils sont là, c’est un sacerdoce ! Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ? Je n’aurais jamais imaginé que l’on puisse souffrir autant et vivre encore. J’ai l’impression d’être tombée d’un immeuble le 11 novembre. Toute la famille a eu un moment d’abattement incroyable… Tant qu’on n’a pas été confronté à cela, on ne sait pas à quoi cela ressemble. Nous allons donc continuer à collecter de l’argent. L’objectif premier, c’est Marin. Il faut continuer à stimuler son cerveau, pour augmenter les connexions entre les neurones. Il doit aussi suivre une véritable rééducation, et nous allons tout faire pour qu’il intègre un centre de rééducation que nous avons repéré, mais qui est à l’étranger. Nous voulons bénéficier d’une prise en charge qui nous remette à notre place de parents. Et on essaiera tous de sortir grandis de cette épreuve.  PROPOS RECUEILLIS PAR ALAIN SEVEYRAT

180 000 EUROS

LA TÊTE HAUTE

Un immense élan de solidarité rouver des fonds pour les traitements et la rééducation de Marin, aider les victimes d’agression dans les transports en commun et financer des programmes de recherche médicale sur le cerveau. Tels sont les objectifs de l’association “La tête haute, je soutiens Marin”, que les proches du jeune homme ont créé en février. “On a réfléchi longtemps au nom de l’association. On voulait qu’il fasse référence au traumatisme crânien et à la démarche citoyenne. Le 11 novembre, Marin n’avait pas baissé les yeux”, souligne Audrey, sa maman. L’acte d’héroïsme du jeune homme et sa détermination à se remettre de ses blessures ont enflammé les réseaux sociaux. La

T

page Facebook “Je soutiens Marin” recueille chaque jour plusieurs centaines de témoignages, dont seule une petite partie est publiée. À l’heure où nous écrivons ces lignes, elle a été “likée” 164 089 fois. La pétition que sa maman a lancée en février pour qu’il obtienne la Légion d’honneur a rassemblé 58 479 soutiens. Sur le site “La tête haute”, la famille annonce avoir reçu 4 275 dons, soit près de 185 000 euros. La somme nécessaire pour trois mois de soins dans le centre de rééducation souhaité par la famille.  Pour faire un don : www.latetehaute.fr ou par courrier à Association La tête haute, BP 90002, 69 631 Vénissieux

L’acte d’héroïsme du jeune homme et sa détermination à se remettre de ses blessures ont enflammé les réseaux sociaux

C’est la somme nécessaire pour trois mois de rééducation dans le centre souhaité par la famille.

“On a un système de santé génial mais il tombe en décrépitude. Il n’y a pas de moyens, tout ne fonctionne que sur la bonne volonté des soignants.” Audrey, la maman de Marin


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GALA SOLIDAIRE L’association ASP (Aider son prochain) organise le dimanche 30 avril, à 19 heures, un gala solidaire à la Maison des fêtes et des familles (20, avenue de la Division-Leclerc). Une soirée animée par des danseurs, artistes et humoristes. Salle réservée aux enfants à partir de quatre ans avec un spectacle de magie et de nombreuses animations. Possibilité de restauration sur place. L’ensemble des fonds est collecté au profit d’enfants malades. Prix d’entrée: 10 euros pour les adultes, 6 euros pour les enfants de moins de 10 ans. Tél.: 0762934566.

JEAN DELATOUR LIQUIDÉ Le groupe Jean Delatour a été liquidé le 11 avril par le tribunal de commerce de Lyon, sur demande de la direction de l’entreprise. La décision concerne 25 magasins de l’enseigne et entraînera le licenciement de 125 salariés. Les 46 salariés de la holding et de la centrale d’achat feront l’objet d’une liquidation “amiable” avant l’été. Pour la direction, la situation s’explique par le refus des marques de proposer leurs produits dans les boutiques Jean Delatour, à l’image de discounter. Pour la CGT de l’entreprise, “il n’y a pas eu de réels efforts de redressement, mais une fermeture programmée épargnant certains actifs de la famille”.

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Le Montelier 2 va achever sa mue Copropriétés - À la fin des années quatre-vingt-dix, l’avenir de la résidence Montelier 2, dans le quartier Max-Barel, semblait bien compromis. Sans l’intervention de la puissance publique, cet ensemble de cinq bâtiments et 160 logements aurait très certainement connu la lente descente aux enfers qui touche nombre de copropriétés de banlieue : dévalorisation des appartements, départ des propriétaires occupants, hausse des impayés, incapacité à financer les travaux, et au final, arrivée des marchands de sommeil. Engrenage bien connu. Le plan de sauvegarde signé en 2006 a tout changé. L’État et les collectivités locales ont financé à hauteur de 80 % un chantier de rénovation du bâti de 2,5 millions d’euros, mené en 2010-2011. Restait à traiter les espaces extérieurs. Les travaux, d’un montant de 1,16 million d’euros, commenceront à l’automne. Et là encore, grâce à l’intervention des pouvoirs publics, dans le cadre de la Politique de la Ville — Max-Barel étant intégré au périmètre des quartiers bénéficiaires. La convention de participation financière associant la Métropole de Lyon et la Ville de Vénissieux a récemment été approuvée. Les copropriétaires n’auront pas à débourser un centime.

INDUSTRIE

UN SURSIS POUR SILLIA… À LANNION

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ACTUALITÉS

Mercredi 19 avril 2017 - n° 623 - www.expressions-venissieux.fr

Le réaménagement des extérieurs prévoit notamment la réorganisation des voies de desserte et l’amélioration de l’offre de stationnement

hausse de la valeur des appartements.” Le réaménagement des espaces extérieurs prévoit notamment la réorganisation des voies de desserte et l’amélioration de l’offre de stationnement. Mais les copropriétaires sont aujourd’hui décidés à aller plus loin. “On envisage ensuite de fermer la résidence, ajoute Hamid Boukhir. Et cette fois, nous financerons l’intégralité des travaux.” 

“C’est un effort exceptionnel s’agissant d’une copropriété”, souligne Idir Boumertit, adjoint au maire de Vénissieux en charge du Grand projet de Ville (GPV). “Pour nous, c’est l’aboutissement de la renaissance de notre résidence, se félicite Hamid Boukhir, président du comité syndical. Les travaux menés sur le bâti avaient déjà amené beaucoup d’améliorations : des consommations de chauffage en baisse de 30 %, moins d’impayés et une

G.L.

Liquidation ou poursuite d’activité ? L’entreprise d’assemblage de panneaux solaires Sillia, placée en redressement judiciaire depuis le 1er mars, devait connaître son sort le 12 avril. Finalement, le tribunal de commerce de Lyon a reporté sa décision au 24 mai. Une prolongation de la période d’observation demandée par l’administrateur judiciaire, pour laisser le temps à un repreneur de finaliser son projet. Cependant cette reprise ne concernerait que le site de Lannion (46 salariés) et non celui de Vénissieux (130 salariés). De toute façon, dans l’usine du boulevard Joliot-Curie, la majorité des ouvriers ne croient plus à la pérennité de l’activité, trop peu compétitive par rapport aux concurrents asiatiques, en l’absence d’une filière française du photovoltaïque. Nombreux sont ceux qui placent désormais leurs espoirs dans la mise en œuvre des engagements de leur ancien employeur, le groupe Bosch. En 2014, lorsqu’elle avait cédé son activité photovoltaïque à Sillia, la multinationale allemande s’était engagée à financer les licenciements de ses anciens collaborateurs en cas de plan social survenant dans les trois ans suivant la reprise. Une période qui prendra fin le 17 juin.

UN FORUM POUR ENTREPRENDRE

L’ÉTÉ À PORTIRAGNES Le camping familial “Les Mûriers”, propriété de la Ville de Vénissieux, vous accueille du 17 juin au 27 août, à Portiragnes-Plage, au sud de Béziers. Doté de 177 emplacements de 90 m2 en moyenne (dont huit mobile-homes), il est situé à 200 m de la plage et à proximité des commerces. L’Apasev (Association pour la promotion des activités socio-éducatives de Vénissieux) propose en priorité aux Vénissians la location d’emplacements ou de mobile-homes à tarifs préférentiels. Les prix sont majorés pour les familles extérieures à la commune. Rens.: 0472214428. www.lesmuriers.apasev.fr

Un square “Général-Pierre-Robertde-Saint-Vincent” Îlot Romain-Rolland - D’ici à la fin de l’année 2018, l’îlot RomainRolland devrait être achevé. Dans ce secteur de centre-ville qui s’étend sur 2,5 ha derrière l’avenue MarcelPaul, quelque 340 logements sont prévus à terme, dont un grand nombre déjà occupés. Soixante-dix logements en accession sociale réalisés par Rhône Saône Habitat (RSH) seront livrés cet été. Deux autres résidences en accession libre restent à construire. Le programme compte par ailleurs 22 % de logements sociaux.

PERMANENCES DE LA CNL La Confédération nationale du logement (CNL), association de défense des locataires et de consommation, propose des permanences à Vénissieux: logement, charges, consommation (eau, EDF, gaz), surendettement… Trois lieux de permanence: - 27, av. Division-Leclerc, le mardi de 9 heures à midi et le jeudi de 14 heures à 17 heures, - 61, boulevard Lénine, le lundi et le mercredi de 14 heures à 17h30, - 40, rue Léo-Lagrange, le mardi de 14 heures à 17h30 et le jeudi de 9 heures à midi. Pour en savoir plus: 0478706175.

Ce choix honore un homme qui refusa de collaborer avec Vichy

La particularité de l’opération, outre sa mixité dans l’offre de logements, tient à sa qualité environnementale. Sur cet espace qui accueillait autrefois les serres municipales, un grand talus boisé a été conservé, enrichi de nouvelles plantations. Un square a également été aménagé, officiellement dénommé, par décision du conseil municipal, “GénéralPierre-Roger-de-Saint-Vincent (1882-1954)”. Il sera inauguré au début de l’été en présence des membres de la famille de cet ancien gouverneur militaire de Lyon. Quand il était en poste, en août 1942, Pierre Robert de SaintVincent opposa un refus catégorique à l’ordre du gouvernement de Vichy de fournir des unités de gendarmerie pour acheminer du camp de Vénissieux vers la gare de Perrache un convoi de 545 juifs étrangers, destinés à être transférés à Drancy en vue de leur déportation vers Auschwitz. Cet acte de désobéissance perturba le départ du convoi et permit à plusieurs personnes de s’enfuir. Dix jours plus tard, le général était relevé de ses fonctions et mis à la retraite d’office par le gouvernement collaborationniste. Il poursuivra son action au sein de la Résistance et devra se cacher pendant deux ans. Il reprendra son activité en août 1944 à la Libération de Lyon, à la demande du général de Gaulle. 

24h. /24 Organisation complète d’obsèques toutes communes Contrat prévoyance 49, chemin de Feyzin 69200 VÉNISSIEUX Tél. : 04 72 50 15 66 www.durin-pruvost.fr

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Dans le cadre du programme Lyon ville de l’entrepreneuriat (LVE), la pépinière d’entreprises municipale La Coursive de Saint-Fons organise le forum "Entreprendre". Il aura lieu le 4 mai au hall des fêtes de SaintFons, place Georges-Girardet. Entièrement dédié à l’entrepreneuriat, il abordera les problématiques de la création et du développement de l’entreprise. Au programme: stands, conférence, ateliers thématiques, tables rondes et “speed business meeting”. Programme sur facebook.com/coursivedentreprises/

Le groupe réalise 400 millions de chiffre d’affaires dans 22 pays et emploie 3 819 collaborateurs

ADF, au service des industriels C’est un poids lourd du secteur. L’entreprise ADF, dont la filiale régionale est implantée dans la zone industrielle de Vénissieux-Corbas, se définit comme “un acteur majeur au service des industriels”. Sa raison d’être ? “Offrir des solutions destinées à maintenir et améliorer leurs performances.” Et ce, au travers de ses activités de maintenance (50 %), de fabrication (30 %), de conception (15 %) et de services liés à l’environnement (5 %). Le groupe réalise 400 millions de chiffre d’affaires dans 22 pays et emploie 3 819 collaborateurs représentant 30 nationalités. À l’échelle de la région Rhône-Alpes, l’entreprise regroupe environ 220 salariés en CDI, et une cinquantaine de travailleurs intérimaires. L’agence de Vénissieux compte une quarantaine de personnes. Ici, on est spécialisé dans les solutions pour l’industrie, la logistique et le nucléaire. L’entreprise intervient aussi dans la gestion des arrêts d’activité, la tuyauterie industrielle et le transport gazier. ADF fait partie des signataires de la charte de coopération Ville-entreprises initiée en juin 2015, dont le premier objectif est de “favoriser la formation, la découverte des métiers et

PAROLES D’ENTREPRISES l’apprentissage”. Pour l’entreprise, il s’agit à la fois d’assumer une responsabilité sociale et de faire preuve d’esprit citoyen. “ADF est une société ancrée dans les territoires. Nous avons donc pour ambition de la faire vivre au sein de sa région”, assure Olivier Robert, directeur régional Auvergne Rhône-Alpes. Qui indique par ailleurs faire face à une “pénurie de gens compétents” dans des métiers très spécialisés et mal connus, qui réclament souvent une importante expérience. Puis de conclure : “Nous avons pris le relais de l’Éducation nationale en formant nous-même nos salariés. Mais j’ai 56 personnes à recruter cette année, et je ne parviens pas à le faire.”  À découvrir sur www.groupeadf.com


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ACTUALITÉS

Les services publics passent une “Journée debout” es croissants ? C’est pas souvent qu’on est reçu comme ça, ici”, s’étonne une jeune femme devant l’agence de Pôle emploi, avenue de la République. Elle ne s’attarde pas, elle doit éclaircir “un trop perçu indu, que je ne sais pas d’où il sort”. “Typique, commente Pierre Garnodier, animateur du comité des précaires et des privés d’emploi. Pôle emploi a perdu la main sur la saisie des fiches de paie, confiée à une société privée à Bordeaux. Cette soustraitance engendre des retards d’indemnisation, des erreurs de calcul, d’où une explosion des trop-perçus, par exemple.” Devant l’agence, les syndicalistes dénoncent aussi la fermeture de l’accueil sans rendez-vous l’après-midi. La troupe s’installe ensuite devant l’immeuble Rencontre, où se trouvent La Poste, les Impôts, la

CAF… “Chaque jour, dans tous les services publics, les usagers tombent sur des accueils fermés ou uniquement sur rendez-vous mais des semaines plus tard, ou bien sont accueillis par des personnes qui ne peuvent pas les aider”, dénonce Murielle Pereyron, de l’Union des syndicats CGT des organismes sociaux de Rhône-Alpes. “On a dépensé 250 000 euros pour transformer le centre des finances publiques en service des impôts des particuliers, mais il n’y a qu’un seul caissier pour gérer les encaissements, une opération lourde qui représente pourtant un tiers de l’activité, déplore Frédéric Couchoud, responsable départemental du syndicat CGT des finances publiques. Et on ne peut plus payer la cantine scolaire en liquide ici, il faut aller à SaintPriest. Aux impôts, on a perdu 30 000 emplois en dix ans, ça se ressent sur le service rendu.”

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Moins de papier, plus d’énervés

Un collectif interprofessionnel

“On encourage les gens à tout faire sur internet ou par téléphone, constate Sandrine Gammoudi-Sauzeat, secrétaire du syndicat CGT de la CAF 69. Mais c’est difficile pour les personnes âgées, ou peu francophones, ou les gens en précarité dont la situation change souvent… Et puis, certaines situations nécessitent de rencontrer quelqu’un en chair et en os. Sauf que les suppressions de postes successives imposent de limiter l’accueil du public pour prioriser le traitement des dossiers.” La dématérialisation des démarches engendre une déshumanisation. Sandrine Gammoudi-Sauzeat

“Journée debout” a été créé par les syndicats CGT de la CAF, de la Carsat, de Pôle emploi, de la CPAM et du Comité des précaires et des privés d’emploi, rejoint par d’autres sections syndicales d’autres services publics (Urssaf, Grand Lyon, La Poste, Santé et Action Sociale, Finances publiques…). Son objectif : “construire la solidarité entre usagers et salariés des services publics”. La journée du 6 avril était la seconde initiative du collectif, après celle menée à Lyon en novembre.

PHOTO RAPHAËL BERT

SYNDICALISME - Le 6 avril, le collectif “Journée debout” a sillonné Vénissieux du matin au soir. À chacune des étapes du périple, une table avec jus de fruits, thé, café, tracts et pétitions. Objectif : dénoncer la casse du service public, exemples à l’appui.

“Aux impôts, on a perdu 30 000 emplois en dix ans, ça se ressent sur le service rendu”, déplore Frédéric Couchoud, responsable départemental du syndicat CGT des finances publiques

donne un exemple : “On encourage les gens à créer un compte et à recevoir des messages électroniques, pour faire moins de paperasse. Mais beaucoup de gens changent d’opérateur, et donc d’adresse mail, sans actualiser leur situation sur leur compte. Du coup, ils ne reçoivent plus d’infos. On a donc créé des “boîtes aux lettres” sur les espaces personnalisés. Mais qui va relever quotidiennement ses messages sur le site de la CAF, de la Sécu, des impôts, de la retraite ? On envoie moins de courrier papier, mais on

reçoit beaucoup plus de gens perdus et énervés !” À 11 heures, la caravane militante s’installe au marché des Minguettes. “L’administration, j’en ai marre, rouspète un retraité. Il faut aller de plus en plus loin, c’est fermé sans prévenir, ou alors il faut faire sur l’informatique et il te manque toujours un truc. Quand tu repars, tu ne sais pas si tu as fait ce que tu étais venu faire !” Pour Pierre Garnodier, “tout est fait pour dégoûter les gens du service public. Au lieu de leur sortir la

tête de l’eau, on leur remet dedans. Pendant ce temps-là, les salariés sont enfermés dans des procédures à n’en plus finir, coupés du terrain. C’est un sabotage organisé”. La Journée debout a fait ensuite escale à la Maison de la Métropole puis à la clinique des Portes du Sud, avant de terminer son périple devant l’hôtel de ville, en fin de journée, pour une entrevue avec le maire.  FRANÇOIS TOULAT-BRISSON

Insertion - Fin janvier, au centre culturel de la vie associative de Villeurbanne, la fondation Orange et les 12 Missions locales du Rhône avaient lancé officiellement leur projet “Le numérique, un atout pour une insertion professionnelle durable”. La fondation Orange avait accompagné son engagement d’un chèque de 50 000 euros. Le projet devant bénéficier à un millier de jeunes en 2017. Dans une ville comme Vénissieux, ce partenariat tombe à pic. “Nous constatons que les jeunes sont immergés dans le numérique. Mais ceux que nous suivons n’en maîtrisent pas toujours toutes les utilisations, souligne Martial Guiguet, le directeur de la Mission locale. J’estime que la moitié ne sait pas utiliser les pièces jointes dans les mails. Et un tiers au moins ne possède pas d’adresse électronique. Il y a aussi des difficultés avec les outils bureautiques.” Au sein de la structure vénissiane, on constate en effet que si la plupart des jeunes sont à l’aise avec les outils numériques, ils sont loin d’en exploiter toutes les possibilités.

PHOTO ARCHIVES RAPHAËL BERT

La Mission locale s’attaque à la fracture numérique

À la Mission locale, on constate que si les jeunes sont à l’aise avec les outils numériques, ils sont loin d’en exploiter toutes les possibilités

“Comme les démarches se font de plus en plus souvent en ligne, les jeunes rencontrent souvent des problèmes pour effectuer des demandes sociales, déposer des CV sur des sites d’emploi

ou pour accéder à des informations juridiques, constate Sabine Aubert, la documentaliste. Par exemple, ils ne savent pas toujours vérifier s’ils se trouvent sur un site web sécurisé, et/ou

si les informations qu’ils lisent sont les bonnes. Ils ont aussi parfois tendance à lire un peu trop vite certaines pages, et à cliquer un peu trop vite. Dans un autre registre, ils laissent souvent sur les réseaux sociaux des informations personnelles qui les desserviront dans leurs recherches d’emploi.” Quinze futurs conseillers spécialisés sont en cours de formation. Pour Vénissieux, c’est logiquement Sabine Aubert qui a été désignée. Déjà rompue aux usages multimédias, elle sera chargée de former à son tour l’équipe en place. “J’ai été désignée comme ambassadrice. Je serai donc chargée de faire le lien entre l’équipe de la Mission locale et Orange, qui prendra en charge une partie de la formation du public. Mais nous sommes aussi en partenariat avec Adecco, qui s’occupera plus spécifiquement de celle de l’équipe de la Mission locale”, détaille-t-elle. Suivra ensuite la mise en place d’ateliers spécifiques pour les jeunes avec des salariés d’Orange. Puis des modules collectifs accueilleront chaque mois une quinzaine de bénéficiaires de la Garantie jeunes (*). Au programme : iden-

tité numérique, accès aux sites de recherche d’emploi, accès à la formation, démarches administratives, accès au droit et gestion de la vie privée. Durant le second semestre, des moments de découverte des métiers seront organisés en lien avec des entreprises du secteur numérique. “C’est un secteur qui offre des emplois hautement qualifiés, mais pas seulement. Il existe aussi des postes pour des gens qui n’ont pas le baccalauréat. On recherche par exemple des techniciens pour installer la fibre optique, reprend Sabine Aubert. Il faut donc que les conseillers soient formés pour parler de ces opportunités aux jeunes de la Mission locale.” Un site extranet sera aussi créé, afin de diffuser des offres d’emploi et recueillir les candidatures. “On est bien sur notre cœur de métier, qui est d’informer, d’accueillir, d’accompagner et de construire les parcours des jeunes”, conclut Martial Guiguet.  A.S.

(*) Contrat d’accompagnement signé entre la Mission locale et le jeune.


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ACTUALITÉS VEILLE CANICULE

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La fête de quartier en chantant

L'été approche et la campagne d'inscription sur le registre de Veille Canicule de la Ville débute. Les personnes âgées de 65 ans et plus ou adultes handicapés souhaitant s'inscrire sur ce registre doivent contacter le CCAS au 04 72 50 42 53.

GABRIEL-PÉRI

ILS ONT COURU POUR ELA Trois cent cinquante élèves, de la maternelle aux CM2, ont couru récemment pour l’association de lutte contre la leucodystrophie, maladie dégénérative qui détruit le système immunitaire et les neurones. Dans la cour, de la musique et plein d’ateliers d’initiation : du foot, du rugby, du tennis, de la gym, du karaté, du basket, du step et de la danse ! “Toutes les classes ont participé, de la petite section au CM2, indique Marc Laurent, le directeur de l’établissement. Les parents également ont été bien investis.” Alicia, Adam, Thomas et leurs copains sont ravis : “On a couru plusieurs fois autour de l’école. La leucodystrophie, c’est une maladie très grave. En mettant nos baskets ce matin, on s’est battus pour ceux qui sont malades. C’est important de se bouger. Nous, on n’a pas de problème de santé. Il faut vraiment penser aux autres.” En amont de cette journée, une collecte avait été organisée. Les enfants remettront près de 700 euros à l’association ELA.

L’association Partage, joie et bonheur organise un vide-greniers le dimanche 23 avril de 6 heures à 19 heures sur l’avenue Marius-Berliet (à côté d’Emmaüs). 5 mètres linéaires avec véhicule : 20 euros. Renseignements et réservations : 06 19 11 70 05.

OPÉRATION RÉVISIONS La médiathèque organise du 2 mai au 30 juin des révisions pour les élèves de 3e et terminale préparant le brevet et le baccalauréat. Elle propose des ressources documentaires (annales par matière), des revues d’actualité et des DVD, ainsi que des outils en ligne en accès illimité et gratuit. Un café philo est prévu le vendredi 12 mai de 16 à 18 heures sur le thème “Un peu de philosophie avant l’épreuve du bac”. Révisions express en vidéo les mercredis 24 mai et 7 juin de 14 heures à 16 h 45.

PHOTO YVES RICARD

VIDE-GRENIERS

Jules-Guesde - Le stade PierreSeguette, rue Général-Petit, a vécu de sacrés temps forts samedi dernier. Cette rencontre intergénérationnelle placée sous le signe de la convivialité était une initiative des permanents du conseil de quartier présidé par Pierre Matéo, en partenariat avec l’équipement polyvalent jeune (EPJ) de Parilly/Jules-Guesde.

Outre le traditionnel petit tour en calèche, la non moins traditionnelle structure gonflable envahie par les 4-8 ans, et le stand de maquillage pris d’assaut, des initiations sportives étaient proposés par JeanLouis Perrin, du club d’athlétisme de l’AFA Feyzin/Vénissieux, et Aurélien Tivilier, président de Vénissieux escrime.

La partie musicale a été largement suivie par un public jeune et connaisseur, notamment lors des morceaux interprétés par le groupe “Les Chants de coton”, habitué des petites scènes lyonnaises et vénissianes, que l’on pourra de nouveau applaudir le 20 mai prochain, lors de la fête de quartier du Charréard. 

Le lycée Jacques-Brel à l’heure du tea time

Une mosquée grande ouverte Eyüp Sultan - Une mosquée

REPAS CAJUN

ouverte sur l’extérieur… dans tous les sens du terme. Manquant de place pour installer les jeux et structures gonflables destinés aux enfants, c’est sur le parking attenant du centre de contrôle technique que les responsables vénissians du centre islamique Milli Gorüs (CIMG) ont trouvé l’espace nécessaire. “On s’entend bien avec nos voisins, ça n’a pas posé de problème, souligne Mustafa Guvercin, vice-président de l’association. Cela illustre bien la qualité des rapports que nous entretenons avec notre environnement.” Pour sa kermesse annuelle, lors du week-end pascal, la mosquée Eyüp Sultan de Parilly a attiré quelque 5 000 personnes ! Pas seulement des membres de la communauté turque, ni même seulement des musulmans. “C’est le principe de ces portes ouvertes, poursuit Mustafa Guvercin, s’ouvrir sur l’extérieur, faire connaissance, casser les préjugés et favoriser le vivreensemble.” Nombre de voisins sont ainsi venus partager un thé et les

L’association Alven - Cheminot propose une dégustation de jambalaya de Louisiane, préparée sur place, le dimanche 14 mai à la Maison des fêtes et des familles, 20, avenue Division-Leclerc. Tarif : 18 euros. Inscriptions jusqu’au 4 mai au 06 85 35 48 03 ou par mail alvencheminot@gmail.com

LSR : SÉJOUR À MARTIGUES… L’association Loisirs Solidarité Retraités de Vénissieux et Saint-Fons organise du 15 au 19 mai un séjour à Martigues dans les Bouches-du-Rhône. Au programme, visite de Marseille et des calanques, d’Aubagne, de la Camargue, etc. Tarif : 538 euros par personne. Renseignements et réservations : 04 72 21 82 37 ou 06 84 00 44 29.

Erasmus - Des scones, de la jely, des cookies et bien sûr du thé ont été servis récemment à la cantine du lycée Jacques-Brel. Cette réception “à l’anglaise” était donnée en l’honneur de sept élèves de terminale bac pro gestion et administration. Ces lycéens ont effectué leur dernier stage professionnel d’un mois à Plymouth. Une possibilité offerte grâce au programme européen Erasmus +. Ils ont reçu le “Certificate of work experience”, prouvant leur excellent travail outre-Manche. Kevin a travaillé dans un magasin de luminaire, Alison dans un charity shop, des magasins caritatifs qui ont pignon sur rue. Tous sont d’accord : “L’expérience a été très intéressante. Au départ, on appréhendait un peu, puis progressivement, nous nous sommes habitués. Nous vivions en famille d’accueil. Régulièrement nous avions des cours de conversation anglaise.” Mme Durand, cheville ouvrière de ce projet, et Mme Lacroix, professeur d’anglais, souhaitent faire davantage l’année prochaine : envoyer pendant un mois dix élèves de terminale ASSP (accompagnement, soins et services à la personne) effectuer un stage professionnel en Irlande. Le but de ce tea time était aussi de convaincre les jeunes d’ASSP du bienfait de ce mois passé à l’étranger. M. Cosentino, le proviseur, a fait œuvre de persuasion : “Les jeunes qui sont partis ont changé, ils ont gagné en maturité. Partir est une expérience qui ne peut que vous donner de l’assurance.” 

La mosquée Eyüp Sultan de Parilly a attiré pas moins de 5 000 personnes

délices sucrés préparés par les mamans. Le père Régis Charre, curé de Vénissieux, a fait le déplacement. De même que le maire, Michèle Picard, fidèle au rendez-vous chaque année. Le consul général de Turquie à Lyon, Özgür Çakar, était également présent. “Ces rendez-vous festifs sont

très importants, précisait-il. La mosquée de Vénissieux, avec celle de Villefranche, est l’une des plus grandes de la région. Elle joue un rôle important pour la communauté turque qui compte environ 140 000 membres, dont une bonne moitié de binationaux.”  G.L.

... ET VISITE DU MUSÉE DE L’ANTIQUAILLE L’association Loisirs Solidarité Retraités de Vénissieux et Saint-Fons organise le vendredi 19 mai à 14 heures une visite guidée du musée de l’Antiquaille, somptueuse demeure lyonnaise devenue couvent de Visitandines puis hospice et enfin hôpital spécialisé. Tarif : 9 euros. Renseignements et inscriptions : 04 72 21 82 37 ou 06 84 00 44 29.

Le festival PLANET(e) pour la réussite scolaire Trois cent trente enfants des classes maternelles du groupe scolaire Anatole-France donnaient le 10 avril dernier le coup d’envoi, au collège

NET(e) ouverte”. Ce festival qui s’est déroulé sur une semaine autour du collège et des groupes scolaires Paul-Langevin et

Pour aider le dispensaire de la SPA, situé 62, rue Saint-Maximin dans le 3e arrondissement de Lyon, il est possible de faire don des produits suivants : antibiotiques pour humains (non périmés), corticoïdes pour humains (non périmés), médicaments vétérinaires, compresses, alèses, fournitures de bureau (ramettes de papier, fiches plastiques, etc.). Contact : 04 78 52 61 17.

PHOTO RAPHAËL BERT

DONS POUR LA SPA

Les 330 élèves des maternelles d’Anatole-France ont donné le coup d’envoi du festival

turelles et pédagogiques en favorisant les échanges entre élèves du primaire et du secondaire. “La vocation du réseau, indique Blandine Vincent, inspectrice de l’Éducation nationale, est de permettre la continuité des parcours d’apprentissage de la maternelle à la troisième. On évoque des parcours de réussite scolaire, mais aussi de citoyenneté, d’éducation artistique ou culturelle. Des liens se sont tissés avec nos partenaires locaux : le théâtre, le cinéma, la Ville de Vénissieux…” En plus du concert des maternelles et des nombreuses expositions présentées tant au collège que dans les deux écoles primaires, PLANET(e) a proposé des pièces de théâtre, des ateliers de poésie et d’écriture, sans oublier l’atelier “Énigme et défis” au cours duquel les élèves de CM2 et de 6es se sont “affrontés” autour des mathématiques, du français et de l’anglais. 

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Réseau d’éducation prioritaire - Elsa-Triolet, du festival “PLA- Anatole-France mêle rencontres cul-


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ACTUALITÉS

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Mobilisation pour deux soeurs sans-papiers LYCÉE HÉLÈNE-BOUCHER - À quelques semaines des épreuves du BEP et du bac, Glodia et Médie devraient être en train de réviser. Au lieu de ça, ces deux sœurs se cachent. Elles sont sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et la menace d’un renvoi vers la République démocratique du Congo, où ne les attendent que la misère et la violence. rois ans déjà qu’elles ont fui l’asservissement et les mauvais traitements de l’oncle qui les avait recueillies après le décès de leur père et l’abandon de leur mère, partie en Angola. Prises en charge à leur arrivée à Lyon par l’association Forum Réfugiés, elles se conduisent depuis comme des écolières exemplaires, avides de réussir et de travailler dans un pays qu’elles aiment. Il y a quelques semaines, les jeunes filles se sont donc présentées confiantes à un rendez-vous administratif. Une étape de plus dans leurs démarches pour obtenir un titre de séjour, pensent-elles. En fait, à peine arrivées, elles sont arrêtées par la Police aux frontières et conduites au centre de rétention administrative de Saint-Exupéry. Là, elles sont interrogées sur leur parcours, leur histoire, subissent des tests osseux. S’appuyant sur Visabio (fichier biométrique des étrangers sollicitant un visa), la police les soupçonne d’avoir menti sur leur âge à leur arrivée en France. La préfecture délivre une OQTF (obligation de quitter le territoire) à chacune, “avec prise d’effet immédiate” et interdiction de retour. Libérées par le juge des libertés, elles sont toutefois assignées à résidence. Et convoquées en urgence devant le tribunal administratif de Lyon. L’administration s’appuie sur des documents qui les présentent comme étant majeures. Elles n’auraient donc pas dû bénéficier des

également irréprochable. Glodia et sa sœur doivent pourvoir poursuivre leur scolarité en France.”

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Garantir l’égalité d’accès à l’instruction

Glaudia doit passer dans un mois sa certification intermédiaire BEP en vue de valider l’an prochain un bac pro “hygiène, propreté et stérilisation”

protections et prises en charge réservées aux mineurs isolés. Ces documents sont des faux, admettent Glodia et Médie, ils ont été établis par des passeurs pour leur donner une identité d’adulte leur permettant de quitter la République démocratique du Congo. Insensible à cet argument et à la vie sans histoires des deux sœurs, la préfecture ajoute

adressé à la rectrice, alerte aux parents d’élèves, à RESF (Réseau Éducation Sans Frontières). “Glodia fait partie intégrante de notre communauté scolaire, répond une enseignante (qui préfère conserver l’anonymat). Elle donne entière satisfaction, tant par sa mise au travail que par sa pugnacité pour être une élève à part entière. Son comportement est

même au dossier un risque de troubles à l’ordre public ! La juge unique valide l’OQTF mais ne fait pas interpeller immédiatement les deux sœurs, qui ont le temps de se cacher. À l’annonce du jugement, la communauté éducative et administrative du lycée Hélène-Boucher, où Glodia est scolarisée, se mobilise aussitôt : pétition en ligne, courrier

Glodia doit passer dans un mois sa certification intermédiaire BEP, qui lui permettra de poursuivre sa formation et de valider un bac pro “hygiène, propreté et stérilisation” l’an prochain. Médie, sa grande sœur, en terminale à la Maison familiale et rurale de Belleville, n’est qu’à quelques semaines des épreuves du bac. “Nous n’avons pas à nous préoccuper de prétendus problèmes d’identité, mais à garantir l’égalité d’accès à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture inscrite dans notre Constitution”, écrivent les enseignants et les personnels d’Hélène-Boucher à la rectrice d’académie, arguant également de la Convention internationale des droits de l’enfant. “Nous ne nous immiscerons pas dans la procédure judiciaire en cours, en tant qu’enseignants et personnels de l’Éducation nationale. Mais c’est bien en tant que tels et fiers d’accomplir notre mission éducative dans le cadre de l’idéal républicain que nous sollicitons votre bienveillante intervention afin de laisser l’opportunité à Glodia et Médie de continuer leur scolarité, d’obtenir leur baccalauréat et de poursuivre leurs démarches citoyennes”, concluent-ils.  FRANÇOIS TOULAT-BRISSON

Avec Amely, on a le droit vous tombe dessus, connaître la loi et ses obligations et être bien orienté dans ses démarches, c’est crucial. Depuis 1986, l’association Amely permet cet accès au droit, gratuitement, en toute confidentialité et près de chez vous. L’un de ses quinze points d’accueil sur la Métropole est situé sur le plateau, à Vénissieux. Ce jour-là, la permanence est assurée par la juriste Sophie Clavert, assistée par une personne bénévole qui fait office de secrétaire et de greffière. Bardée d’un bac + 5 en droit, Sophie Clavert est également dotée d’une capacité d’écoute rassurante. Chaque année, la permanence de l’avenue de la DivisionLeclerc “traite” près de mille dossiers dans des domaines très variés : surtout du droit social (Sécurité sociale, allocations familiales, handicap…), du droit du travail et du droit de la famille. Viennent ensuite le droit des étrangers, de la consommation, le code de la route… “Attention, nous donnons une information juridique, nous ne faisons pas du conseil, qui est le domaine réservé des avocats, insiste Sophie Clavert. Par exemple, si une personne

connaître ses droits, c’est du ressort d’Amely. En revanche, si la personne a déjà été licenciée et veut connaître l’opportunité de poursuites, là, c’est de la compétence de l’avocat.” Les personnes reçues sont majoritairement des femmes. “Elles viennent plus en amont, tandis que les messieurs viennent un peu au dernier moment, quand le dossier est déjà bien avancé, explique la “greffière”. C’est un peu comme dans le domaine médical, les femmes sont plus dans la prévention, les hommes attendent le gros pépin pour consulter…”

Toute la collection Dalloz en une journée! On le vérifie avec Monsieur B., la soixantaine, tiré à quatre épingles. Un opérateur téléphonique lui réclame à répétition une somme qu’il a déjà réglée. Le premier courrier date de 2015. “Oula, ça commence à dater !” s’exclame la juriste. Heureusement, le dossier est complet et bien classé. Les lettres avec accusé de réception envoyées sont revenues non ouvertes, et il y a une preuve du paiement. La juriste rassure le sexagénaire un peu effrayé par les lettres de relances mena-

pas valables. C’est un faux huissier, incompétent pour agir dans le Rhône. Ne répondez pas, n’envoyez surtout pas d’argent.” Dans la foulée, Sophie Clavert reçoit une dame d’une quarantaine d’années, qui va droit au but : “Voilà, je me sépare.” Les rendez-vous suivants aborderont le déroulement d’un entretien préalable au licenciement et la rupture conventionnelle de CDI, une convocation au commissariat après un accident de circulation… Toute la collection Dalloz en une journée ! Près de 80 % des personnes reçues viennent de Vénissieux et Saint-Fons, un peu de Feyzin et de Saint-Priest. La spécialité des Vénissians ? “Le lapin !” répondent en souriant la juriste et son assistante. “Beaucoup prennent rendez-vous puis oublient, racontent-elles. On ne leur en veut pas, c’est souvent parce qu’ils sont débordés par leurs soucis. Pour bien faire, il faudrait les rappeler un peu avant, comme le font certains dentistes, mais on manque de temps…” Heureusement, l’autre particularité des Vénissians, c’est que “ce sont des gens adorables, calmes

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Accès au droit - Quand une tuile sait qu’elle va être licenciée et veut çantes qu’il reçoit. “Ces avis ne sont

Lors des permanences, les particuliers reçoivent des informations juridiques dans le domaine du droit social, du droit du travail, de la famille

et polis, confie Sophie Clavert. Parfois, on nous amène même des pâtisseries maison ! J’aimerais en dire autant des personnes qui viennent nous voir à notre permanence dans l’Ouest lyonnais, essentiellement pour des litiges de patrimoine…”  F.T.-B.

Permanences d’accès au droit Amely, sur rendez-vous : le lundi de 13 h 30 à 17 h 30, le mardi de 14 heures à 17 heures, le jeudi de 9 heures à 12 heures et de 13 heures à 16 heures. 21, avenue de la Division-Leclerc, Vénissieux. Tél. : 04 78 37 29 07 et mail : droit.venissieux@amely.org


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DOSSIER

SEMAINE DE LA PROPRETÉ

Pour une ville plus et moins gaspilleuse Du 8 au 13 avril, les Vénissians ont répondu présent aux animations proposées dans le cadre de la Semaine de la propreté. Avec la réduction du gaspillage alimentaire pour plat de résistance. es ateliers, des découvertes, des informations, des expositions… Pour cette 8e édition de la Semaine de la propreté, la Ville avait fait les choses en grand. Centrée sur le thème de la réduction du gaspillage alimentaire, cette opération de sensibilisation grand format était organisée en partenariat avec les centres sociaux, les bailleurs HLM, la Métropole de Lyon et plusieurs associations. “Ce fut une belle semaine”, s’est félicitée Sandrine Perrier, adjointe aux déplacements urbains, à la voirie, à la propreté et au mobilier urbain. C’est que les animations auront été nombreuses : café d’auto-réparation, collecte solidaire de déchets électriques et électroniques, bourse aux vélos, ateliers pratiques, ferme pédagogique… Sans oublier les deux expositions sur “La vie des déchets” et “Le gaspillage alimentaire”, ainsi que les nettoyages de printemps et les visites de déchèteries ou de stations d’épuration.

Le gaspillage, un symptôme En clôture, jeudi soir à l’hôtel de ville, un débat citoyen était proposé dans le cadre du Conseil citoyen du développement humain durable. L’occasion pour Sandrine Perrier de dresser un premier bilan, face à une trentaine de personnes : “L’enjeu de cette Semaine de la propreté, c’était de rappeler une règle d’or du respect du cadre de vie : la rue n’est pas une poubelle. Tous les Vénissians ont droit à

PHOTO ALAIN SEVEYRAT

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Le stand anti-gaspi dressé sur le marché du Centre, le 12 avril, par les associations Aremacs et Récup & Gamelles, a attiré les chalands. L’occasion de déguster quelques spécialités de récupération, de tester ses connaissances sur le gaspillage alimentaire, et de prendre des engagements… photos à l’appui

un cadre de vie propre et beau. Et pour y parvenir, il faut absolument que chaque déchet soit jeté au bon endroit, que ce soit dans une poubelle ou à la déchèterie.” “Le gaspillage est le symptôme d’une société qui ne fonctionne pas pour répondre aux besoins des habi-

tants mais pour générer des profits, a affirmé pour sa part Pierre-Alain Millet, adjoint au logement, au développement durable et aux énergies. Une société qui a l’habitude des crises, depuis les crises de surproduction jusqu’aux famines. C’est le modèle d’une société de consomma-

tion, qui, comme le chante Alain Souchon, nous fait croire que le bonheur, c’est d’avoir de l’avoir plein nos armoires.” Place ensuite aux intervenants. Dans un premier temps, la conseillère métropolitaine à la prévention des déchets, Émelyne Baume, a détaillé les actions menées sur le sujet à l’échelle de l’agglomération : promotion des circuits courts dans

la commande publique, accompagnement des citoyens vers de meilleures pratiques, défi “Familles zéro gaspi”… Éric Vargat, directeur de Carrefour Vénissieux, a ensuite enchaîné sur la démarche de son groupe pour limiter le gaspillage des produits alimentaires, notamment en allongeant les dates limites de consommation (les fameuses “DLC”). Avant de rappeler que la marque fait don d’une grande partie de ses produits impropres à la consommation à la Banque alimentaire, comme le lui impose la loi. Sandy Schult, animatrice au sein de l’association Récup & Gamelles — très impliquée lors de cette semaine — a pour sa part plaidé pour des actions “concrètes et participatives” visant à sauver et réutiliser les aliments. Ne restait plus à la Ville qu’à procéder à la remise des prix du concours d’affiches “Réduire le gaspillage alimentaire”, qui a mobilisé les maisons de l’enfance, les établissements scolaires et les EPJ. “Il est important de prendre soin de sa ville, a conclu le maire, Michèle Picard. On compte beaucoup sur les générations futures pour développer les bons gestes. En tout cas, les enfants sont très attentifs à ces questions […] J’en veux notamment pour preuve les affiches qu’ils ont réalisées cette semaine, les gestes qu’ils font au quotidien, les questions qu’ils se posent et les réponses qu’ils apportent. Nous avons raison de croire en eux, car ce sont les citoyens de demain.”  ALAIN SEVEYRAT

Concours d’affiches

PHOTO RAPHAËL BERT

Les prix d’honneur du concours d’affiches ont été remis le 13 avril à Youssef Temani (Maison de l’enfance Joliot-Curie), à Géna Oumeur (Maison de l’enfance Saint-Exupéry) et à Kaïs Belalem, Mawan Maily et Elias Mecheri (Maison de l’enfance Charréard, dessin ci-dessous).

Gastronomie de récup' “Cake au pain sec”, “croquettes légères au thon et reste de coquillettes au four”, ou comment cuisiner bon, économe et malin. Le 11 avril, à Parilly, six habitantes du quartier ont suivi les conseils du “chef” Perrine, référente famille au sein du centre social.


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DOSSIER

PRATIQUE

propre e

● Les

chiffres du gaspillage alimentaire - À la maison, le gaspillage alimentaire est évalué à 29 kg par an et par personne, soit une perte de 159 euros - Globalement, si l’on ajoute les secteurs de la production, de la transformation, de la distribution et de la restauration, ce sont environ 10 millions de tonnes qui sont jetées chaque année. ● Dates

de consommation : y’a de la marge ! Une règle simple en la matière : ne pas confondre DLC (date limite de consommation, “À consommer jusqu’au”) et DDM (date de durabilité minimale, “À consommer de préférence avant le”). Pour les denrées périssables (œufs, laitages, viande et autres produits frais), on parle de DLC. Cette limite est impérative. Pour les autres produits (pâtes, riz, légumes secs, conserves, paquets de gâteaux…), on parle de DDM. Au-delà du délai indiqué, l’aliment reste consommable sans risque pour la santé. Le chocolat par exemple peut être consommé jusqu’à deux ans après la date de durabilité minimale.

PHOTO RAPHAËL BERT

● Comment

Bourse aux vélos et café d’auto-réparation

PHOTO RAPHAËL BERT

Organisée le 8 avril par Janus France, l’activité rassemble sur la place Ennemond-Romand une cinquantaine de vélos, dont une majorité amenés par les habitants du quartier : du vieux clou au BMX en passant par les VTT et VTC. “Le petit dernier a grandi, on vend le bicloune”, explique Gérard, qui a vite trouvé preneur en la personne de Mustapha. Dans le même temps, au centre social du Moulin-à-Vent, Laurent et Agron auscultent, diagnostiquent et rafistolent les petites reines mal en point.

Grands nettoyages de printemps À Jules-Guesde, au Charréard, au Monery, à Joliot-Curie, nettoyages grand format dans les espaces verts. Les enfants adorent, surtout quand l’exercice se transforme en jeu d’adresse pour jeter les déchets dans la bonne poubelle.

stocker ? - Dans un endroit frais, sec et sombre : les pommes de terre et autres tubercules, l’ail, l’oignon et les cucurbitacées comme le potiron se conservent de façon optimale. - Séparer les fruits des légumes. Certains fruits comme la poire ou la pomme contiennent en effet une substance (l’éthylène) qui fait mûrir les légumes plus rapidement. Elle leur donne également un goût d’amertume. - Couper les fânes des légumes racines comme les betteraves,

radis et carottes, avant de les stocker au frigo pour les conserver plus longtemps. On peut aussi les stocker à part dans un bocal avec un fond d’eau. - Au frigo, utilisez les zones les plus froides (en haut sous le congélateur) pour conserver les aliments les plus sensibles (viande, poisson, restes). ● Que

faire avec ? - Des légumes abîmés : soupes et veloutés, gratins, purées, tartes/cakes, sauces, conserves… - Des fruits abîmés : confitures, compotes, jus, smoothies, lassi, gâteaux… - Des fanes : soupes et veloutés, tartes, cakes, pesto, assaisonnement, salades, poêlées… - Du pain rassis : croûtons, biscottes, gaufres, cakes, pudding, pain perdu… ● Quelques

gestes anti-gaspi - Organiser son frigo et sa réserve. - Faire une liste de courses et planifier ses repas. - Adapter sa fréquence d’achat. - Ne pas toujours se fier aux dates limites de consommation - Acheter des fruits et légumes bio pour manger tout (épluchures, fanes, troncs…). - Cuisiner les restes. - Conserver les surplus ou fruits et légumes défraîchis. ● Une

recette : le pesto aux fanes Prendre une petite botte de fanes de radis ou de carottes, bien laver, mettre dans un mixer avec 50 g de pignons de pins ou d’amandes, une gousse d’ail et 20 cl d’huile d’olive, mixer une bonne minute, saler, poivrer, c’est prêt. Excellent avec un cake… de pain rassis évidemment ! Sources : Récup & Gamelles


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CULTURE AU CINÉMA GÉRARD-PHILIPE

Des fleurs qui s’ouvrent

BIZARRE !

LE RAP ENTRE GEORGE CLOONEY ET FERNANDEL

DU 19 AU 25 AVRIL ● “Boule et Bill 2” de Pascal Bourdiaux, audiodescription (AD) ● “Sous le même toit” de Dominique Farruggia, sortie nationale, AD ● “Les Schtroumpfs : Le village perdu” de Kelly Asbury, vf, AD ● “Telle mère, telle fille” de Noémie Saglio, AD ● “La Belle et la Bête” de Bill Condon, vf, AD ● “Gangsterdam” de Romain Levy, AD ● “Paris la blanche” de Lidia Terki ● “Baby Boss” de Tom McGrath, vf, AD ● “L’école des lapins” d’Ute von Münchow-Pohl, vf

DU 26 AVRIL AU 2 MAI

AVANT-PREMIÈRE “C’était maintenant”, long-métrage du Vénissian Jean-Christophe Sandt, le mardi 2 mai à 20 h 30, en présence du réalisateur (voir p. 11).

SÉANCES POUR SOURDS ET MALENTENDANTS “Sous le même toit” le 20 avril à 18 h 30 ; “Cessez-le-feu” le 27 avril à 18 h 30. Horaires sur le site www.ville-venissieux.fr/cinema

Après le réveil du corps, puis de la voix, commencent les jeux avec les mots menés par les conteuses

Des conteurs dans les écoles Début avril, à l’école du Moulin-àVent, la classe de Carole Declavière recevait deux conteuses. Cette intervention avait lieu dans le cadre de la Fourmillière, une opération menée par le Théâtre de Vénissieux avec des artistes et des élèves vénissians. La finalité étant une prestation sur scène au mois de mai. Les enfants — cette classe de CE2, la classe de CM1 de Julie Caclin et une autre classe de l’école Charles-Perrault — ont vu en début d’année “Le carnaval des animaux” puis ont rencontré, au cours de plusieurs séances de travail, trois conteurs : Guy Prunier, Carole Joffrin et Annie Gallay. “À chaque fois, explique Annie Gallay, nous leur faisons inventer des histoires. Ils en ont tous envie. Ils sont joyeux, ils sont forts ! Ces exercices font appel à leur imagination et les ramènent aussi à la réalité. Enfin,

À VENIR MÉDIATHÈQUE LUCIE-AUBRAC Les prochains Bébé bouquine, instant câlin pour les 0-3 ans, auront lieu les 22 avril et 3 mai, à 10 h 30. Pour les beaucoup plus grands (à partir de 16 ans), les Abeilles noétiques animeront un café philo juste avant les épreuves du bac, le 12 mai à 16 heures. Entrée libre. Renseignements : 04 72 21 45 54.

INTERNATIONAL JAZZ DAY Le 30 avril prochain sera dédié au jazz. Coordonné par la Métropole et Jazz à Vienne, l’événement va se décliner en concerts, jam sessions, projections et expos sur une cinquantaine de lieux. Dont le parc de Parilly, au théâtre de verdure (36, bd Émile-Bollaert à Bron), de 12 à

19 heures. On y entendra Free’sons, La Glaneuse, Guy Candeloro, le conservatoire à rayonnement communal de Vaulx-en-Velin et le conservatoire à rayonnement régional de Lyon.

COUR DES ARTS Cela s’est passé le 2 avril dernier mais l’on peut continuer à s’en réjouir. À l’occasion de la 18e édition de l’exposition artistique organisée par Marie Evangelista et l’association des anciens élèves de l’école Pasteur, le prix du public a été décernée pour la deuxième année consécutive à Corinne Cavet et ses séduisants cousins lointains (ci-dessous). Toutes nos félicitations !

pour eux, la prise de parole est possible. Ils sont tous très motivés pour exprimer ce qu’ils ont à l’intérieur d’eux-mêmes. Ils sont comme des fleurs qui s’ouvrent.” Pour l’instant, les enfants s’installent en cercle tandis que Carole Joffrin leur fait “réveiller le corps, puis la voix”. Commencent alors les jeux. Des mots qu’ils se passent des uns aux autres. “Comme on lance une balle, on le lance, ce mot. Maintenant, on va l’habiller, lui mettre des chaussettes. Ce sera nos mains. Puis une culotte avec nos yeux, notre regard. Un débardeur, notre écoute. Un pantalon, nos bras.” “C’est comme un téléphone arabe mais en français ?” questionne une petite fille. “Presque”, répond Annie. Carole et Annie demandent ensuite aux enfants de leur donner des syllabes. “La… Do… Ah… Co...” “Qu’est-ce qu’un ladoahco”, demandent-elles alors. Sans se

démonter, une fillette lève la main. “C’est la danse des Têtes à claques !” Autres syllabes : Eu-Li-To-Mé. “Et un eulitomé ?” “Un animal domestique d’Afrique du Sud, avec une partie tigre et une partie singe.” Les enfants vont ainsi laisser courir leur imaginaire sans perdre de temps, comme si les idées leur venaient au fur et à mesure. On en arrive vite à des dialogues surréalistes. “Y a-t-il un fatomi à Cafora ?” Traduction : l’île en bois de Cafora, avec ses eaux vertes et son herbe bleu arc-en-ciel, possède-t-elle une forêt ? Et le prochain voyage scolaire, veulent-ils le faire à Cafora ? Ouuuuui ! “Parce, explique une petite fille, ça coûte tout gratis !” À la fin de la séance, les deux conteuses sont ravies. “Ils ont inventé une histoire avec une population, les Têtes à claques, et une chanson aussi. Ils vont la jouer au théâtre le 15 mai au matin.” 

Avec trois concerts et une sortie de résidence, les prochaines semaines vont être intensives, à Bizarre !. Le 22 avril, on retrouvera Seth Gueko, qui emprunte son nom de scène au personnage joué par George Clooney dans “Une nuit en enfer”, et Lcysta, ce dernier étant un jeune rappeur lyonnais dont le nouvel album, “Training Tape 2”, est sorti au mois de mars. Changement radical de ton le 26 avril avec “Faut pas louper l’Kosh”, un concert qui s’adresse au jeune public, à partir de 6 ans. Maître du beatbox, Kosh animera un atelier après le concert. Le 4 mai, la compagnie Lignes urbaines, créée il y a deux ans par la danseuse et chorégraphe Marion Blanchot, marie danse contemporaine et hip-hop. La création “Hunimal” sera interprétée par Marion Blanchot et six autres danseurs. Enfin, le 5 mai, la rappeuse Pumpkin et le beatmaker Vin’s Da Cuero seront précédés par Madame Bert, rappeur qui manie l’humour et qui a convoqué Fernandel pour son clip “Artiste local”. Très marrant ! Le lendemain, un atelier de rap et de beatmaking sera animé par Pumpkin & Vin’s Da Cuero. ●

22 avril, 20 h 30 : Seth Gueko et Lcysta. Prévente : 14 euros. Sur place : 16 euros - 14 euros (réduit). Pass Bizarre ! : 12 euros. ● 26 avril, 15 heures : Kosh. Tarif unique : 5 euros + atelier beatbox de 17 heures à 18 h 30. Sur réservation. Réservé aux spectateurs du concert. ● 4 mai, 20 h 30 : “Hunimal” par la Cie Lignes urbaines. Gratuit sur réservation. ● 5 mai, 20 h 30 : Pumpkin & Vin’s Da Cuero et Madame Bert. Gratuit. ● 6 mai, de 14 à 19 heures : atelier rap et beatmaking, avec Pumpkin & Vin’s Da Cuero. De débutants à initiés. 20 euros. Réservations: 0472507319 (de 14 heures à 18h30, du mardi au vendredi).

La petite casserole d’Anatole... France ! Illustratrice - Le vendredi 7 avril au matin, à la bibliothèque AnatoleFrance, en collaboration avec la médiathèque Lucie-Aubrac, des enfants de CP attendent avec impatience Isabelle Carrier, auteure et illustratrice. Cette Iséroise a suivi les cours des Arts-Déco de Strasbourg avant de se lancer dans l'édition de livres pour enfants. Avec leurs copains de Jean-Moulin, les écoliers la connaissent bien Isabelle, du moins ses livres, en particulier “La petite casserole d’Anatole”. Cet album a été adapté par la compagnie Marizibill au Théâtre de Vénissieux et présenté aux enfants avant la rencontre. Cela fait plusieurs mois que ces derniers travaillent avec les bibliothécaires de quartier et celles de la médiathèque. Grâce à Anatole, enfant pas tout à fait comme les autres qui traîne constamment derrière lui une casserole, ils ont abordé la différence, notamment le handicap. L’auteure est donc venue en personne à la bibliothèque AnatoleFrance et à l’école Jean-Moulin rencontrer ses petits lecteurs. Qui, après toute une série de questions sur son travail de créatrice, lui ont offert en retour un livre entièrement réalisé par leurs petites mains, judicieusement intitulé “La petite casserole d’Anatole-France”. 

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● “Les gardiens de la galaxie 2” de James Gunn, vf, sortie nationale, AD ● “C’était maintenant” de Jean-Christophe Sandt, avant-première ● “Sous le même toit” de Dominique Farruggia, AD ● “Baby Boss” de Tom McGrath, vf, AD ● “Gangsterdam” de Romain Levy, AD ● “Boule et Bill 2” de Pascal Bourdiaux, AD ● “Les Schtroumpfs : Le village perdu” de Kelly Asbury, vf, AD ● “Cessez-le-feu” d’Emmanuel Courcol, AD

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Les questions n’ont pas manqué face à Isabelle Carrier, auteure et illustratrice venue à la rencontre de ses jeunes lecteurs


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CULTURE

Un rêve devenu réalité JEAN-CHRISTOPHE SANDT - Ce Vénissian vient d’écrire, mettre en scène et autoproduire le long-métrage “C’était maintenant”, présenté en avant-première le mardi 2 mai au cinéma Gérard-Philipe. Récit d’une belle aventure. uand on se lance dans un projet, on n’est jamais sûr de le voir aboutir. On comprend mieux le plaisir que ressent Jean-Christophe Sandt, parti dans une aventure cinématographique en novembre 2014. Une aventure qui arrive à un premier terme ce 2 mai, puisque le film qu’il a écrit, dirigé et autoproduit, “C’était maintenant”, va être projeté en avant-première au cinéma Gérard-Philipe. Retour sur la genèse. Lorrain d’origine, Jean-Christophe Sandt vient suivre des études d’ingénieur à l’ECAM Lyon, y rencontre sa femme, part en coopération au Burkina Faso, trouve un boulot sur Grenoble pendant cinq ans, est muté à Vénissieux pendant deux ans puis entre au Sytral où il travaille en tant qu’ingénieur depuis sept ans. Vivant dans le quartier du Centre depuis neuf ans, il parle de son attachement à Vénissieux (“On y est bien ! L’accès à la culture y est fabuleux !”) et de son plaisir de se rendre régulièrement à la médiathèque Lucie-Aubrac. C’est d’ailleurs là qu’il découvre la bande dessinée “La page blanche” de Boulet et Pénélope Bagieu, l’histoire d’une femme qui se retrouve sur un banc sans rien savoir de son identité ni de son passé. “Le récit était assez simple, c’était jouable d’en faire une adaptation. En neuf mois, j’ai travaillé le scénario, puis j’ai fait appel à la famille et aux amis pour le tournage et j’ai montré le film en projection privée à 80 personnes. Ça a été un déclencheur, qui m’a permis d’appréhender la logistique avec une quarantaine d’acteurs, des lieux de tournage différents, etc.” Le virus est bien là et Jean-Chris-

Q

Jean-Christophe (à droite) a tourné son film entre avril et juin 2016, à Lyon, Oullins, dans la Drôme, en Bourgogne et en Haute-Savoie, travaillant les week-ends et pendant les vacances

tophe n’a qu’une envie : recommencer. Pour s’affranchir des problèmes de droits d’auteur, il décide d’écrire sa propre histoire, puis de professionnaliser la technique et le jeu d’acteur. “Je me suis lancé dans l’écriture de “C’était maintenant”, une fiction pure, pendant un an. Pendant neuf mois, j’ai été en huis clos total. Même ma femme ne lisait pas ce que je fai-

sais. Puis j’ai voulu confronter mon scénario au regard des autres.”

Les beaux jours du système D Jean-Christophe contacte L’Accroche Scénaristes, une association lyonnaise, et lui donne son projet à relire. “Je l’ai passé deux fois à la moulinette. La première fois, j’ai eu quatre relectures avec beaucoup de

critiques. J’ai modifié, réécrit et j’ai soumis à nouveau le texte à L’Accroche. J’ai encore ajusté et, en décembre 2015, j’ai décidé de figer mon scénario.” Plutôt que rechercher des financements, “une étape longue et fastidieuse” qu’il remplace par de l’autofinancement, Jean-Christophe entre directement en contact avec l’Arfis, école de cinéma installée à Villeur-

banne. “Son directeur, Jérôme Gay, a accepté de me prêter du matériel d’éclairage parce que je prenais comme stagiaires, dans tous les métiers, une demi-douzaine d’étudiants.” Il recrute ensuite ses acteurs par petites annonces. “J’ai eu plus d’une centaine de candidatures, alors que c’était du bénévolat. L’opportunité de tourner un long-métrage sur Lyon est rare.” Jean-Christophe embauche plusieurs acteurs rhônalpins (Anne Mino, David Meslet…), une Parisienne (Nathalie Couturier) et propose un rôle à une des bibliothécaires de la médiathèque de Vénissieux, Amandine, qui l’accepte. Il démarre son tournage à la mi-avril 2016 et le poursuit jusqu’en juin à Lyon, Oullins, dans la Drôme, en Bourgogne et au Praz-de-Lys, en Haute-Savoie, travaillant pendant les vacances et les week-ends. “Une grosse période de post-production m’a mené jusqu’à fin janvier de cette année. Nous avons monté le film à trois, puis la musique a été composée par Daisy Herbaut, qui fait partie de l’association des scénaristes. Il a aussi fallu le traduire en anglais et le sous-titrer, pour les festivals, et j’ai eu la chance de tomber sur une Lyonnaise dont c’est le métier. Puis j’ai démarché pour l’immatriculation du film et son visa d’exploitation. Et j’ai contacté le GRAC, groupement de cinémas de la région dont fait partie Gérard-Philipe.” Le résultat est cette avant-première. Rendez-vous donc ce 2 mai pour savourer ce rêve devenu réalité.  JEAN-CHARLES LEMEUNIER

“C’était maintenant” de Jean-Christophe Sandt, présenté en avant-première au cinéma Gérard-Philipe le 2 mai à 20 h 30, en présence du réalisateur.

Les Chics Types, dix ans d’âge et un cinquième album Rock - Dix ans déjà… C’est fou ! Comme dans une pub pour une eau pétillante, Christian Biral n’en revient pas. Ce Vénissian est le guitariste-chanteur des Chics Types, des rockers qui renouent avec la grande époque lyonnaise de cette musique. Le groupe profite donc de ses dix ans d’âge pour livrer un cinquième album, “Magnéto”. Avec le fidèle Cédric Vernet à la basse, JeanYves Demure à la batterie, Éric “Dexter” Corbet au saxo et un tout nouveau pianiste, Pierre Nony. “Nous étions partis au départ sur un EP 4 titres, explique Christian,

Concerts Les Chics Types seront en concert le 2 mai à 20 h 30 au Ninkasi Gerland, le 11 mai à 22 heures au Hard Rock Café de Lyon pour la soirée de lancement de “Magnéto”, le 20 mai à 17 heures au Cultura de Bourgoin, le 17 juin à 15 heures à la librairie Gibert Joseph au Carré de Soie, le 21 juin à 20 heures à Tassin-la-Demi-Lune avec They Call Me Rico, à l’occasion de la fête de la musique, et le 24 juin à 21 heures à Châtillon-sur-Chalaronne.

parce que nous n’avions pas beaucoup de sous. Coup de bol, Rico ouvrait son studio à Lyon, baptisé Magnéto.” Petite explication de texte : Rico — alias Frédéric Pellerin, alias “They Call Me Rico” — est un musicien québécois installé à Lyon, amoureux de folk, de rock et de blues qui joue dans le monde entier et a été programmé à Jazz à Vienne. “On s’est dit qu’on pourrait faire un 6 titres, Rico s’investissant de plus en plus sur le projet et amenant ses copains.” Le projet s’étale dans le temps — “Deux ans entre la première session et maintenant” — et le résultat est un album de dix compositions originales portant le nom de “Magnéto”, dédié à Hubert Mounier. Le chanteur de L’Affaire Louis Trio est mort pendant l’enregistrement et, poursuit Christian, “Les Chics Types ont toujours fait référence à L’Affaire Louis Trio, chantant même sur scène une de leurs chansons”. Preuve de plus que “Magnéto” est un hommage au rock lyonnais et, plus largement, international : non seulement on y entend le titre “Rock in Burdeau Street” mais quelques riffs de guitare sont signés par le Lyonnais Jack Bon (ex-Ganafoul), le Québécois They Call Me Rico, le Messin Fred Chapellier (qui a tourné avec

Dutronc et les Vieilles Canailles) ou l’Américain Neal Black (“J’étais fan de lui quand j’avais 17 ans. On l’a rencontré au James Café, à Toussieu.”). On y croise aussi Ahmed Mouici, un des chanteurs de Pow Wow et le titulaire du rôle de Ramsès dans la comédie musicale “Les 10 commandements”. Christian n’en revient pas d’avoir eu “ces pointures” sur des chansons composées par lui et Cédric Vernet mais aussi Christèle Venet et l’écrivain Jack Chaboud. Si Lyon et sa région sont présents (“Rock in Burdeau Street”, “Au James Café”), l’Amérique reste un rêve, que l’on retrouve dans “Des Américains à Paris”, jolie évocation de Fitzgerald et Hemingway, “Sud profond” et ses accents d’”Autant en emporte le vent” ou “Free at Last” sur Martin Luther King. D’autres parlent encore du temps qui passe, comme cet étonnant “Le bel âge”, sujet d’un clip financé grâce au site participatif KissKissBankBank (*). Diffusé par InOuïe Distribution, le CD “Magnéto” est en précommande sur les sites Internet (Fnac, etc.) et sera prochainement dans les bacs. Les Chics Types veulent profiter du financement du clip par KissKissBankBank pour

Avec “Magnéto, dédié à Hubert Mounier, le groupe rend hommage au rock lyonnais et, plus largement, international

continuer à récolter de l’argent — puisque l’objectif a été atteint avant la clôture du financement — afin de sortir également un vinyle, lui aussi en précommande. “Nous sommes toujours très motivés et nous avons gagné en identité, résume Christian. Faire vivre un

groupe sur tant d’années n’est pas évident.” Certes, mais pour l’instant, ça fonctionne bien !  J.-C.L.

(*) www.kisskissbankbank.com/leschics-types-apres-le-clip-le-vinyl


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SPORTS RÉSULTATS TWIRLING-BÂTON Même sans titre européen, Stéphane Moreira a fait fort aux championnats d’Europe NBTA disputés à Porec. Il est revenu de Croatie avec trois médailles : une en argent en 2 bâtons, et deux autres en bronze en 1 bâton, et danse solo.

BASKET Fin du championnat de France de Nationale 3. Battues 69-61 par l’équipe de La Tronche/Meylan renforcée par trois joueuses de Nationale 1, les Vénissianes finissent 3es… et ratent les playoff. Les absences de trois titulaires, blessées à Voiron, ont été préjudiciables. L’équipe masculine de Prénationale a réalisé un match étonnant. Menés de 20 points, les Vénissians ont réussi un dernier quart-temps de rêve, l’emportant 53-50, succès qui leur permettra peut-être d’être repêchés.

FUTSAL Léger coup d’arrêt pour l’équipe de l’AS Vénissieux Minguettes Futsal tenue en échec à Chavanoz (4-4), nul qui ne l’empêche pas de rester leader en Honneur.

GYM L’équipe masculine du CMO-V Gym a obtenu ce week-end à Bellegarde-surValserine, une médaille d’argent aux championnats de Zone Sud-Est FFG. En catégorie trophée fédéral “12 ans et plus”, les lauréats sont Benjamin Coquard, Rémi Christophle, Florian Da Silva, Virgil Bertet et Logan Bars. Chez les “10-13 ans”, Alexis Guillaud, Romain Houël, Alexis Quintelas, Axel Jonas et Kamil Karaoui se classent 4e. Ces deux équipes devraient être qualifiées pour les finales nationales de juin, à la Halle Stéphane-Diagana de La Duchère.

Tournoi de foot U12 - U13, un rendez-vous réussi AS Minguettes - Même si elle s’est déroulée en plein week-end de Pâques, la compétition organisée par l’AS Vénissieux Minguettes n’avait pas la prétention de renouer avec l’ancien “Tournoi des champions” qui attirait, jusqu’en 2011, le gratin national des footballeurs débutants. “Notre ambition est de permettre à des jeunes de moins de 12 et 13 ans de se faire plaisir le temps d’un week-end, et pour certains de participer à un premier événement d’envergure”, expliquent Samir Daouadji et Karim Leghrib, deux des GO de l’épreuve. Beaucoup d’attentes de la part de l’état-major du club venu observer le (bon) déroulement de ce grand rendez-vous, de l’entraîneur Patrick Paillot au directeur sportif Nordine Kari, en passant par le responsable administratif Nadi Derran. Tous ont visiblement l’intention de pérenniser cette épreuve qui, pour l’heure, ne concerne que les clubs du département. “On veut franchir un nouveau cap dès l’an prochain, confie Samir Daouadji. En recevant cette année 250 footballeurs pour un tournoi réservé aux U12 et U13, on voit qu’il y a une forte demande dans ces catégories.” Deux équipes féminines en U13 ont participé à la compétition, l’une

Durant le week-end de Pâques, 24 équipes du département ont participé à un tournoi réservé aux moins de 13 ans soit 250 participants

mêlant des jeunes filles de 11 à 13 ans de l’AS Vénissieux Minguettes, l’autre venue de Vaulx-enVelin. “On a perdu tous nos matches”, se lamente Mélissa, à peine 11 ans, surclassée mais réconfortée par un éducateur qui lui rappelle qu’elle a deux ans de moins que la plupart de ses adversaires ! Fort logiquement, les équipes les plus habituées à participer aux tournois départementaux et régionaux ont été les plus en vue, et ont atteint le carré final : le

KARATÉ Un oubli : Romane Zerroug (pupille - 30 kg) a obtenu le bronze lors des derniers Nationaux de karaté contact de Deauville.

Cascol Oullins, Meyzieu, Bron, Vaulx, l’AS Minguettes… Les Majollans s’imposent en U12 devant les Vénissians, et les Oullinois en U13. Même la tombola a eu du succès. Pour un ticket à deux euros, on pouvait gagner un maillot de l’OL dédicacé par l’ensemble des joueurs, un maillot du PSG, des équipements, des bons d’achat chez Dallery, partenaire de l’opération… Et en plus le beau temps était au rendez-vous ! 

Le meeting vénissian prend de la hauteur Natation - Le CMO-Vénissieux est passé à la vitesse supérieure. Ce week-end, dans un centre nautique intercommunal (CNI) qui a séduit nageurs, entraîneurs, officiels et accompagnateurs, 220 compétiteurs sont venus de la région, mais également d’Alsace (le Pôle espoir du Mulhouse Olympic Natation) et de Genève, pour participer à la trentaine de courses proposées presque non-stop. “L’an dernier, pour nos retrouvailles

avec le CNI, nous avions invité 140 nageurs, a détaillé Nathalie Flèche, présidente du CMO-V. Pour ce week-end de Pâques, on a eu la chance de pouvoir compter sur des sportifs de haut niveau.” Ainsi la Mulhousienne Julie Berthier qui a montré la voie en survolant le 400 m en 4’ 23”. Dans son sillage, la Lyonnaise et internationale algérienne Amel Melih, intouchable sur les cinq courses qu’elle a dominées. On attendait avec curiosité le com-

TAEKWONDO Sept podiums dont deux succès ont été ramenés de SaintMartin-d’Hères, théâtre de la coupe des jeunes, ce weekend : victoires des minimes Farès Hammiche (+ 57 kg) et de Chamseddine Maaloum (- 37 kg), secondes places pour le minime Mohamed Djamil Bafounta (- 53 kg) et le benjamin Mamadou Moussa Djallo (- 37 kg), et 3es places pour le benjamin Yassine Thari (- 45 kg) et les minimes Yanis Thali (- 57 kg) et Raphaël Huynh Bourret (- 30 kg). Après les titres de champions d’Auvergne Rhône-Alpes du cadet Houari Benamara (- 53 kg) et du senior Mohamed Hamid Babouche (+ 87 kg), le clan Maaloum a de quoi être optimiste.

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Mercredi 19 avril 2017 - n° 623 - www.expressions-venissieux.fr

Le meeting vénissian s’est légèrement internationalisé, quelques nageurs de Genève y ont pris part le samedi

portement des 48 Vénissians qui nageaient à domicile. Et là encore, deux ou trois leaders attendus ont été au rendez-vous. Du côté des filles, d’abord. Zelmira Kulova (18 ans) impériale sur le 400 m 4 nages en 5’ 40”, a réalisé deux perfs sur 50 m et 100 m dos (deux fois seconde), avant de finir sur deux autres médailles de bronze sur 200 m brasse et 200 m dos. Amandine Thomas a ajouté de l’argent pour le CMO-V en 200 m nage libre. Le dernier trophée sera obtenu par Laurine Comte (20 ans), du bronze sur 100 m dos (1’ 18”). Du côté des garçons, Olivier Verbrugghe et Guillaume Walch ont obtenu chacun une médaille d’argent, respectivement sur 100 m dos (1’ 03”) et 100 m nage libre (54” 51). Nouveauté technique du meeting : les résultats quasiment en direct. Une initiative de Fabrice Verbrugghe, responsable sportif du CMO-V, avec des détails permettant de connaître les records du bassin, les meilleures performances de chaque nageur et de chaque club, les records personnels des Vénissians (81 battus !)… “L’an prochain, cap sur les 300 participants”, ont annoncé Nathalie Flèche et Fabrice. 

FOOTBALL

L’ÉQUIPE SENIOR DE L’USV MISE HORS CHAMPIONNAT ! Lors du match d’Excellence de District entre l’USV et l’Olympique Belleroche, disputé le 18 mars dernier, un joueur vénissian avait porté des coups à l’arbitre. Le score était alors de 5 à 0 en faveur des Caladois. On attendait la décision de la commission de discipline du District de Lyon et du Rhône. Ses dirigeants ont appliqué des sanctions exemplaires : “Pour coups portés à l’arbitre du match par un joueur de l’US Vénissieux, menée à cet instant 5 à 0, l’équipe vénissiane est mise hors compétition à compter de la phase retour. Elle est reléguée et devra évoluer en promotion d’Excellence la saison prochaine. Le joueur est suspendu 30 ans, et son frère également impliqué sur les incidents du match écope d’une suspension d’un an. La commission de discipline avertit le club vénissian pour mauvais comportement des joueurs et le club devra verser une amende de 328 euros.” Joint par téléphone, Jean-Pierre Chaix, président de l’USV, a pris acte de la décision : “On va se réunir au siège du club et on fera part d’un communiqué à l’ensemble de la presse.”

AGENDA MERCREDI 19 AVRIL L’équipe de futsal de l’AS Vénissieux Minguettes reçoit Caluire AS au gymnase Micheline-Ostermeyer, à 21 heures.



DIMANCHE 23 AVRIL Les footballeurs de l’AS Vénissieux Minguettes de PHR accueillent Villars US au stade Auguste-Delaune à 15 heures.



SAMEDI 29 AVRIL Meeting d’athlétisme de Vénissieux organisé par l’AFA FeyzinVénissieux au stade LaurentGérin, de 14 heures à 19 heures.  Les handballeurs du VHB accueillent Avignon au gymnase Tola-Vologe, à 20 heures.  Les footballeurs de l’AS Vénissieux Minguettes accueillent Limonest (2) au stade Laurent-Gérin, à 18 heures. 

LUNDI 1ER MAI Grands prix cyclistes Dalkia/Marcel-Houël organisés par le Vélo club Max-Barel sur le circuit de la ZI VénissieuxCorbas, départs à partir de 13 heures. Renseignements sur le site www.vcmb-venissieux.com 

Intouchable CLAM-V, champion en Départementale 2 Basket-ball - Difficile de faire mieux, non ? Même s’ils évoluent encore en division modeste, la Départementale 2, les Vénissians ont fait fort cette saison. Ils ont remporté 20 de leurs 22 matches, occupant dès la première journée la tête du championnat pour ne plus la quitter. Ils ont aligné une série victorieuse de onze matches, pour ne s’incliner qu’à la mi-janvier à Chasse (81-76), puis une dernière fois à Montluel (64-56), à la mimars. Presque sans surprise, ils ont fini

la saison en trombe, et accéderont ainsi au championnat Prérégional à la rentrée prochaine. Si le président d’honneur, Jacques Julien, a loué les qualités d’un collectif bien huilé, heureux de se retrouver aux entraînements et en matches, le président en titre, François Martin, a tenu à féliciter un homme, Mourad Chérif, l’entraîneur-joueur qui a su créer une ambiance saine autour des seniors. “Désormais, place à une fin de saison bien chargée, annonce le président. Nos seniors vont disputer les demi-finales des championnats le

21 mai, et auront encore une demifinale à jouer en coupe du Rhône, probablement à Sathonay-Camp, le 28 avril. Et pour couronner le tout, on a encore trois équipes de jeunes qui vont disputer, les 13 ou 14 mai, les phases finales de leurs championnats départementaux en U13 (filles) et en U15 (filles et garçons).” Le CLAM-V a un autre rendezvous important d’ici à la fin de saison : il organise son traditionnel vide-greniers, le dimanche 21 mai, sur la place Ennemond-Romand. Renseignements au 06 70 71 68 97. 


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SPORTS

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Avant tout compétiteurs FOOT FAUTEUIL - Les compétiteurs de l’association Handisport Lyonnais évoluent à différents niveaux, mais tous démontrent que rien n’altère leur passion pour ce sport, pas même une maladie sévère. our ceux qui ne connaissent pas trop le foot fauteuil, discipline réservée aux grands handicapés, le gymnase Elsa-Triolet accueille régulièrement des rencontres. Ainsi samedi 8 avril, lors d’une manche du championnat de France de division nationale poule sud-est (équivalent de la division 4). Le jeu se pratique avec deux équipes de quatre joueurs dont un gardien de but, avec un ballon spécifique de 33 cm de diamètre. La partie se déroule sur deux périodes de quinze minutes en France et vingt minutes lors des matches internationaux. Depuis des années, l’association Handisport Lyonnais dispose des installations de Vénissieux : deux entraînements et des manches de championnat sont planifiés au gymnase Elsa-Triolet, où des aménagements ont même été prévus, comme un espace pour recharger les batteries des fauteuils. En ce samedi ensoleillé, l’équipe lyonnaise n’a rien pu faire face à Grenoble et Saint-Étienne, s’inclinant respectivement 5-0 et 4-0. Avec un groupe remanié composé de Patrick, Mous, Marvin, Julien et Baret, les Vénisso-Lyonnais n’ont pas réussi à trouver la bonne formule pour prendre à défaut leurs adversaires. “Un moindre mal, relativise François Jutier, joueur, ancien président de la section et infographiste. On était sûr de nous maintenir, quel que soit le résultat.” En ce jour, c’est donc l’équipe de Grenoble qui s’est montrée la plus en vue, visiblement venue pour se qualifier pour la Division 3, avec celle de Saint-Étienne, tout aussi performante. Mais il faudra attendre la dernière journée, programmée le 6 mai à Chalon-sur-Saône, pour savoir qui sera l’heureux élu. “Cette année, nos espoirs d’accession reposent sur nos deux autres équipes évoluant en 2e et 3e Divisions, précise Norbert Dubien, responsable de la section. Notamment notre équipe fanion qui, lors de la récente journée disputée à

P

PHOTOS RAPHAËL BERT

Le haut niveau a un prix

Pour cette dernière étape du championnat de France de division nationale, Handisport Lyonnais a pris la 3e place derrière Grenoble et Saint-Etienne, mais devant Marseille

Dinan, s’est inclinée deux fois face à Lorient, mais a dominé Charleroi. Le maintien assuré, elle peut espérer intégrer l’élite. Mais pour cela, il lui faudra remporter cinq de ses sept derniers matches.” Malgré les défaites du jour, l’ambiance est au beau fixe. On se focalise sur certains faits de match, sur la qualité de jeu des adversaires… “Marseille, équipe de débutants, n’a pu éviter la déroute”, analyse François, qui se prépare à un autre grand rendez-vous. En juillet, il participera au Mondial de foot fauteuil qui se déroule à Kissimmee, en Floride, aux États-Unis. “Mais attention, j’y vais comme simple supporteur de l’équipe de France, numéro 1 en Europe, qui ira défier les Américains, champions du monde en titre.”  DJAMEL YOUNSI

Le “Strike Force”, seul fauteuil exclusivement dédié à la discipline, est un lourd investissement qui peut monter jusqu’à 13 000 euros

Jouer en foot fauteuil à un haut niveau n’est pas donné à tous. “Utilisé au quotidien, le bon fauteuil classique devient obsolète quand il faut évoluer en salle, explique Gérard Roth, président de la section foot fauteuil de Handisport Lyonnais. Trop lourd, peu maniable, il est dépassé quand on doit rencontrer des équipes bien équipées comme Grenoble.” La majorité des joueurs grenoblois évoluent avec des “Strike Force”, un modèle américain vendu à quelque 13 000 euros, seul fauteuil conçu exclusivement pour cette pratique, avec un châssis novateur, une puissance de frappe et des possibilités de rotation exceptionnelles. Une seule société le distribue en France, elle l’importe des États-Unis, les prix s’envolent, on peut parler de monopole. Et la location n’est pas moins onéreuse : 350 euros le week-end, hors frais de livraison et de retour. “Aucun financement n’est possible puisque le fauteuil est considéré comme du matériel à vocation sportive, donc de loisirs, s’agace Gérard Roth. Comme si les handicapés n’avaient pas le droit de faire du sport !” Les dirigeants et les joueurs se débrouillent donc comme ils peuvent, font appel aux dons, aux partenaires comme la Caisse d’Épargne qui vient de financer un fauteuil. Pour l’heure, Handisport Lyonnais n’a pu se doter que de quatre “Strike”. Quatre autres achats sont espérés à terme. Mais le coût des fauteuils n’est pas le seul écueil. “À chaque déplacement d’une équipe de Handisport Lyonnais, il y a les fauteuils uniquement destinés au foot et ceux utilisés pour se déplacer. C’est un véritable déménagement qui demande de gros moyens logistiques !”

Escrime - Avec sa fine équipe, Aurélien Tivillier, le président du club d’escrime vénissian, pense à tout. Pour permettre aux jeunes adhérents du club qui ne peuvent participer chaque année au Circuit national réservé à l’élite, il a orga-

... Mais

nisé un tournoi destiné aux moins de 20 ans. “On l’a proposé tout un week-end, les 8 et 9 avril, au gymnase Jacques-Brel, fief du club. Quelque 200 fleurettistes et épéistes ont répondu à l’invitation. Pas seulement des Vénissians. Nous avons notam-

reste fier des fers de lance !

Si le vent de fraîcheur qui souffle sur les parquets du gymnase Jacques-Brel est réjouissant pour le président Aurélien Tiviler, il ne faudrait pas pour autant “enterrer” la vieille garde qui ne meurt pas et qui ne se rend toujours pas. À commencer par l’indéracinable Hervé Lapierre. Même si le Vénissian a du mal à suivre entraînements et compétitions, contraintes professionnelles obligent, il assume son statut. À Montélimar, lors d’un championnat de zone sud-est de bon niveau, Hervé Lapierre s’est adjugé le titre, en se débarrassant de Sacha Pianfetti, le voisin corbasien. Mais surtout, il a pris le

meilleur sur Delhomme, en demifinale, un ancien vainqueur du circuit national de Vénissieux. Par équipes, entouré de Para, Guy et Vachet, il a dû se contenter d’une 10e place. Alors que l’équipe réserve composée de Tassin, Chapuis, Pierrot et de Tivilier, s’emparait d’une 6e place. Il y en a d’autres qui affichent de bonnes sensations, notamment Stéphane Vienne, toujours dans le lot des épéistes sur qui compter. À Caluire, il y a un mois à peine, il s’est adjugé le tournoi senior devant deux partenaires de club, Fabien Battut, qu’il a dominé en finale, et Hubert Guy. Qui a dit que les anciens étaient muets ?

ment accueilli deux membres de l’équipe de France qui sont venus à notre tournoi pour prendre des points.” Bien leur en a pris puisque Théo Collin, de Mâcon, et Kendrick Jean-Joseph, de Bron, les deux fines lames évoluant en catégorie M20, n’ont pas manqué l’occasion de s’illustrer et se sont retrouvés en finale. Théo a eu le dernier mot. Non content de s’imposer à l’arraché (15-14) face au Brondillant, il a récidivé au fleuret, le lendemain. Et les Vénissians ? Thomas Bost se classe 9e à l’épée M20, Emmanuel Cazal 8e au fleuret M11 et Clémence Roger termine 10e, dans la même catégorie. “Incontestablement, ce fut une première réussie”, savourait à juste titre Julien Guichardan, maître d’armes de Vénissieux Escrime. Avant ce rendez-vous vénissian au gymnase Jacques-Brel, la prestation d'Élodie, le 20 mars dernier, lors d'une manche de coupe du monde des moins de 20 ans, à Colmar, était très attendue. Après avoir remporté tous ses matches de poule lors de la première journée,

PHOTO C.S.

Vénissieux Escrime prend un coup de jeune…

Pour son premier tournoi réservé aux moins de 20 ans, Vénissieux Escrime a réuni près de 200 escrimeurs, le temps d’un week-end

Élodie a connu une baisse de tension le lendemain. Battue quatre fois, elle a terminé 48e, dernière qualifiée pour le tableau d'élimination directe. Mais elle a ensuite

abandonné contre Anne Bultynck (Grande-Synthe, dans le Nord) en raison d'une fracture du poignet. Sa saison est d'ores et déjà terminée. 


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HISTOIRE

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Aux racines de la migration algérienne La communauté d’origine algérienne de Vénissieux a aujourd’hui cent ans. Elle puise ses racines dans des villages de Kabylie, et passa par des débuts bien éprouvants. ALAIN BELMONT

rintemps 1926. Mouloud niaux”, que l’on avait attirés en Ben Saïd Chalmi se pré- France en leur promettant des sente au bureau du recen- salaires mirifiques, et peut-être aussi sement militaire. Il vient en leur forçant un peu la main… d’atteindre 20 ans et est Une fois la guerre terminée, presque donc mobilisable pour partir à la tous sont rentrés en Algérie, mais guerre, s’il le faut. Un sous-officier un petit groupe est resté à Vénisl’interroge sur son parcours et ses sieux, préférant garder leur emploi aptitudes. Il est né au village de dans leur ville d’adoption plutôt Bouzouar, situé sur la commune de que de retourner au pays, où parfois Draâ-El-Mizan, près de Tizi- la faim les attendait. Ce sont ces Ouzou, à 100 kilomètres au sud-est hommes, arrachés au bled par la d’Alger et en pleine montagne de guerre, qui ouvrirent la voie de la Kabylie. Il a franchi depuis peu la migration algérienne. Méditerranée et a trouvé un emploi de La pauvreté serait-elle une fatalité manœuvre aux usines Berliet. Il habite près pour ces migrants d’hier ? Pas forcément. de l’usine, rue PaulCertains, un peu mieux lotis Bert, dans un ensemgrâce à un métier qualifié, se marient ble de baraques que et fondent une famille. l’on appelle alors “le cantonnement BerAnnée après année, le petit liet”. Les questions du sous-officier fusent comme des balles de mitrail- groupe des débuts s’étoffe. En 1927, leuse. Sait-il monter à cheval ? ils sont trois à passer par le recensemilitaire, Mohammed Conduire une charrette ? Faire de la ment bicyclette ? Nager ? Lire ? Écrire ? Akouche, Lounès Chemoun et Jouer d’un instrument de musique ? Mohammed Dahmani, et trois Piloter un avion ? La dernière a dû encore en 1928. Avec une caractéfaire sourire le jeune Mouloud, tout ristique commune : tous sont nés à droit descendu de son bled si loin- Draâ-El-Mizan, cette commune de tain. À toutes les questions, il Kabylie d’où était venu Mouloud répond non, mais précise que son Chalmi. Peut-être ont-ils suivi les frère aîné est mort pour la France conseils de leurs aînés déjà installés durant la Première Guerre mon- à Vénissieux depuis plusieurs années. Ou bien ils ont été recrutés diale. Mouloud Chalmi n’est pas le par un représentant des usines de premier Algérien à vivre à Vénis- notre ville, chargé de jouer les rabatsieux. De 1916 à 1918, plusieurs teurs de main-d’œuvre, alors que la milliers d’hommes nés sur l’autre France, saignée par la Grande rive de la Méditerranée sont venus Guerre, manque cruellement de comme lui travailler dans les usines bras, et fait venir par flots entiers Berliet, à l’Arsenal, dans la société des migrants d’Espagne, d’Italie et des Électrodes ou dans la fabrique donc pour partie aussi d’Algérie. En de poudres Planche. La moitié était 1936, à l’époque du Front Popudes militaires mobilisés pour les laire, la petite communauté algébesoins de la guerre, tandis que l’au- rienne atteint ainsi 106 personnes à tre moitié était composée de civils Vénissieux, hommes, femmes et employés comme “travailleurs colo- enfants confondus. C’est encore

P

Dans les années trente, les Algériens venus s’installer à Vénissieux arrivent pour une quarantaine d’entre eux de Draâ-El-Mizan, commune située en pleine montagne de Kabylie, à 100 km au sud-est d’Alger

bien peu pour une ville de 16 222 habitants : seulement 0,7 % de la population. Bien peu aussi au regard des Espagnols et des Italiens, qui sont près de 5000, soit le tiers de la ville. Ces Algériens de 1936 viennent pour une quarantaine d’entre eux de Draâ-El-Mizan, qui s’impose ainsi comme le berceau de la communauté. Mais les provenances s’étendent désormais à tout le nord de l’Algérie, avec des personnes originaires des environs de Constantine, d’Alger, de Tipaza, de Biskra même, aux portes du Sahara, ou encore de “Colbert”, Aïn Oulmène aujourd’hui, une commune située à 30 kilomètres de Sétif. Sétif d’où partiront au cours des années 19601970 l’essentiel des migrants vénissians. Venus pour la quasi-totalité sans aucune formation, ils exercent presque tous la profession de manœuvre, autrement dit d’hommes à tout faire, portant de lourdes charges, servant les machines du matin jusqu’au soir, dans la chaleur, la crasse et le bruit, chez Berliet essentiellement ou encore chez Maréchal, à l’Arsenal ou aux chemins de fer, le tout pour un salaire de misère. Mais déjà beau quand ils échappent au chômage, qui frappe 10 % d’entre eux, victimes de la crise économique commencée aux États-Unis en 1929. La pauvreté serait-elle une fatalité pour ces migrants d’hier ? Pas forcément. Certains, un peu mieux lotis grâce à un métier qualifié, se

marient et fondent une famille. Ainsi Amar Kettal, miroitier chez Berliet, qui vit boulevard LaurentGerin avec son épouse Oria, immigrée espagnole. Quant à Ahmed Kettal, polisseur chez Berliet, il habite chemin des Balmes avec sa femme Julie. Le couple a quatre enfants, qui à une exception près portent des prénoms français : Gisèle, Hélène et Maurice. Signe d’une rapide intégration ? Peut-être. À moins que l’officier d’état civil ait refusé d’inscrire des prénoms à consonance algérienne, et les ait forcés à choisir parmi les noms de saints portés sur le calendrier ! Les mariages entre migrants et Vénissianes prouvent donc que la route des hommes venus du bled n’est pas toute tracée à l’avance. Leur appartenance à des associations également : en 1928, le jeune Ahmed Abed se distingue par une intense pratique sportive - il sait nager, monter à cheval, fait du vélo et surtout du foot, tandis que son conscrit Amar Kettal s’adonne à la gymnastique. Reste que le sort du plus grand nombre n’a rien de reluisant. Faute d’argent, ils restent célibataires toute leur vie et s’entassent dans des “garnis”, des pièces aux couleurs de taudis où ils couchent à plusieurs sur des paillasses, avec un robinet dans la cour en guise de salle de bains. Ainsi en 1936, 28 Algériens, tous manœuvres chez Berliet, vivent en garni au 138, rue Victor-Hugo, et 6 encore au numéro 18 de la rue ; au

14, rue Parmentier, on en compte 8 dans “un garni possédé par Lafay”. Et la liste ne s’arrête pas là. Le maire de Vénissieux a beau intervenir sans cesse contre ces “locaux insalubres où sont logés en trop grand nombre des ouvriers nord-africains”, rien n’y fait. En 1925, il effectue même une inspection en règle au 19, avenue JeanJaurès, près de la place Léon-Sublet, révolté par les immondices entassées dans la cour et les conditions de vie de la douzaine de migrants occupant les lieux ; il ordonne au propriétaire de “faire cesser un état de choses scandaleux et dangereux pour la salubrité et l’hygiène publique”. En pure perte : les locataires prennent la défense de leur marchand de sommeil, et écrivent au préfet pour se plaindre de l’attitude du maire ! Le mal ne fait que s’accroître au cours du temps, les bidonvilles s’ajoutant bientôt aux garnis. En 1953, ce sont désormais 524 Algériens qui vivent en garnis ou “dans des locaux impropres à l’habitation (caves, greniers, baraques en bois ou vieux wagons)”, nous dit l’historien Maurice Corbel. Il faut attendre les années 1960 pour que leur logement s’améliore enfin, avec l’ouverture d’un foyer Sonacotra destiné aux ouvriers célibataires et, surtout, avec la construction de la ZUP des Minguettes.  Sources : Archives municipales de Vénissieux, 1 H 72/2, 7 F 56/1 et 1 F 35. Archives du Rhône, 5 M 119 et 248 W 366.


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Numéros rapides d’urgence Samu : ✆15 Police secours : ✆17 Pompiers : ✆18 Violences conjugales, victime ou témoin : ✆3919

Maisons du Rhône MAISON DU RHÔNE VÉNISSIEUX NORD  3 bis, place Grandclément ✆ 04 72 90 02 00  Antenne Ernest-Renan : Les lundis et jeudis permanences PMI et bilan de santé 44, rue Ernest-Renan ✆ 04 78 75 67 05 MAISON DU RHÔNE VÉNISSIEUX SUD  Vénissy : 19, avenue Jean-Cagne ✆ 04 72 89 34 81  Le Corallin : 2 bis, avenue Marcel-Cachin ✆ 04 72 89 03 20

Emploi PÔLE EMPLOI 27, avenue de la République ✆ 3949 CARSAT AGENCE RETRAITE “Espace Dupic”, 21-23, rue Jules-Ferry ✆ 3960

Marchés forains CHARRÉARD JACQUES-DUCLOS Vendredi matin MOULIN-À-VENT ENNEMONDROMAND Mardi de 16 à 20 heures Jeudi matin PARILLY GRANDCLÉMENT Samedi matin CENTRE-VILLE LÉON-SUBLET Mercredi et dimanche matins

Urgences médicales

Services publics

Sécurité - justice

MAISON MÉDICALE DE GARDE 17, place de la Paix ✆ 04 72 50 04 05 - appel préalable au 04 72 33 00 33 Ouverte tous les soirs de 20 heures à minuit ; les samedis de midi à minuit ; les dimanches et jours fériés de 10 heures à minuit. CENTRE HOSPITALIER MUTUALISTE LES PORTES DU SUD 2, av. du 11-novembre-1918 ✆ 04 72 89 80 00 SOS MÉDECINS ✆ 04 78 83 51 51 CENTRE ANTIPOISON ✆ 04 72 11 69 11 PHARMACIES DE GARDE ✆ 3237 Résogardes (0,34 €/minute) PHARMACIES OUVERTES LA NUIT  Pharmacie des Portes du Sud : 49, boulevard Lénine, Vénissieux ✆ 04 72 89 40 62  Pharmacie de l’Horloge : 14, place Vauboin, Tassin-la-Demi-Lune ✆ 04 78 34 26 38  Pharmacie des Gratte-Ciel : 28, avenue Henri-Barbusse, Villeurbanne ✆ 04 78 84 71 63  Grande Pharmacie Lyonnaise : 22, rue de la République, Lyon-2e ✆ 04 72 56 44 00

HÔTEL DE VILLE 5, avenue Marcel-Houël ✆ 04 72 21 44 44 Du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 heures

COMMISSARIAT DE POLICE 9, avenue Marcel-Houël ✆ 04 72 50 04 76

La direction des Formalités administratives est ouverte aux usagers le jeudi jusqu’à 19 heures exclusivement pour passeports, cartes d’identité et certificats d’hébergement

POLICE MUNICIPALE 1, rue Jean-Macé ✆ 04 72 50 02 72

www.ville-venissieux.fr MAIRIE DE QUARTIER DU MOULIN-À-VENT 44, rue Ernest-Renan ✆ 04 72 78 80 30 MAISON DES SERVICES PUBLICS 19, avenue Jean-Cagne : ✆ 04 72 89 71 59  Mairie de quartier Vénissy ✆ 04 72 89 32 70  Maison du département ✆ 04 72 89 34 81 CAISSE PRIMAIRE D’ASSURANCE-MALADIE 21, rue Jules-Ferry Vénissieux ✆ 3646 courrier : CPAM DU RHÔNE 69907 Lyon Cedex 20 DRFIP RHÔNE-ALPES - CENTRE DES FINANCES PUBLIQUES DE VÉNISSIEUX 17, place de la Paix ✆ 04 72 90 04 90 CAISSE D’ALLOCATIONS FAMILIALES 17, place de la Paix ✆ 04 78 70 75 51- www.caf.fr VÉNISSIEUX ÉNERGIES dépannage ✆ 0810 804 805 LA POSTE ✆ 3631  17, place de la Paix  19, avenue Jean-Cagne

Culture

BOUTIQUE SNCF Gare de Vénissieux ✆ 04 72 40 31 03

MÉDIATHÈQUE LUCIE-AUBRAC 2-4, avenue Marcel-Houël ✆ 04 72 21 45 54 BIBLIOTHÈQUES DE QUARTIER  Robert-Desnos : 24, rue du Professeur-Roux ✆ 04 78 76 64 15  La Pyramide (enfants) : 59 bis, avenue des Martyrs-de-la-Résistance ✆ 04 72 51 49 54  Anatole-France : 14, avenue de La-Division-Leclerc ✆ 04 72 89 40 46 THÉÂTRE 8, boulevard Laurent-Gérin ✆ 04 72 90 86 60. Billetterie : 04 72 90 86 68 CINÉMA GÉRARD-PHILIPE 12, avenue Jean-Cagne ✆ 08 92 68 81 05 (0,34 €/minute) cinemagerard.philipe@ville-venissieux.fr ESPACE ARTS PLASTIQUES MADELEINE-LAMBERT Maison du peuple - 8, boulevard Laurent-Gérin ✆ 04 72 50 89 10 ÉCOLE DE MUSIQUE JEAN-WIÉNER 4, rue Aristide-Bruant ✆ 04 37 25 02 77 ou 04 72 21 44 19 MAISON DES ASSOCIATIONS BORIS-VIAN 13, avenue Marcel-Paul ✆ 04 72 50 09 16 www.cabv.com

ALLO TCL ✆ 04 26 10 12 12

Solidarité - Action sociale DIRECTION SOLIDARITÉ ACTION SOCIALE ✆ 04 72 21 44 44 RÉSEAU D’ALERTE CONTRE LES EXPULSIONS ✆ 04 72 50 12 81 SECOURS POPULAIRE 99, boulevard Irène-Joliot-Curie ✆ 04 78 76 23 31 RESTAURANT DU CŒUR 11/13, avenue de la République ✆ 09 60 07 49 40 SECOURS CATHOLIQUE 14, avenue Jean-Cagne ✆ 04 78 67 77 93 ATD QUART-MONDE ✆ 04 78 39 34 30 COMMUNAUTÉ D’EMMAÜS 8, avenue Marius-Berliet ✆ 04 78 91 69 97 FEMMES INFORMATIONS LIAISONS 8, avenue Henri-Barbusse, Saint-Fons ✆ 04 72 89 07 07 CENTRE D’INFORMATION FÉMININ DU RHÔNE (CIF) 13, avenue Maurice-Thorez ✆ 04 78 39 32 25 OFFICE MUNICIPAL DES RETRAITÉS 2, rue Antoine-Billon ✆ 04 72 51 08 33

Environnement

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PORTRAIT

Mercredi 19 avril 2017 - n° 623 - www.expressions-venissieux.fr

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TRINIX

Tout est possible ! Tous deux enfants au Moulin-à-Vent, Josh et Loïs ont commencé à discuter musique avant d’en faire. Ils baptisent leur duo Trinix et deviennent en peu de temps, via un projet avec Sony, l’un des jeunes groupes attendus de l’électro. JEAN-CHARLES LEMEUNIER

n se fixe des objectifs. arrête, alors qu’il a 15 ans. Quand on en atteint “Comme pour s’inscrire à l’UCPA à un, on s’en fixe un Lyon, à l’école de DJ, il fallait le autre. Les gens rigo- bac, je l’ai passé à 19 ans, à Marcellaient, au début. Sembat, et j’ai suivi une formation Quand on a atteint notre premier de deux ans.” Josh se perfectionne ainsi dans objectif assez rapidement, ils sont restés bouche bée. Notre devise : tout l’art du DJing mais aussi dans la vidéo, les lumières et la musique est possible !” À tout juste 25 ans, Josh Cher- assistée par ordinateur. C’est à ce gui et Loïs Serre sont bien partis. moment-là qu’il rencontre Loïs… On les présente sur les sites spécia- et que tous deux discutent lisés comme les représentants de la musique. Puis, c’est l’époque des French Touch et on les rapproche premières ébauches musicales. d’artistes comme Petit Biscuit. Ils “On en a honte aujourd’hui, rigon’ont pas la prétention de dire, lent-ils. Mais on apprenait des comme Scarface, que le monde choses ! Et on postait notre musique leur appartient, mais se contentent sur Internet. On ne s’est jamais dit de penser que tout est possible et qu’on en ferait notre métier. Comme ils ont raison d’y croire. “C’est vrai il nous fallait un nom, pour rigoler qu’aujourd’hui, précisentils sans prétention, on peut “On voulait un nom qui n’existait pas annoncer 25 millions et surtoutqu’il comporte un x, d’écoutes et même plus, comme dans Vénissieux” toutes plateformes confondues.” Une signature avec Sony et la sortie de “Hide”, le on a choisi Trinix. Pourquoi ? Il n’y 17 février dernier, et c’est l’embal- a pas d’histoire sur ce nom-là. On cherchait un mot qui n’existait pas. lement sur les réseaux sociaux ! Tout a commencé pour Josh et Et on voulait qu’il comporte un x, Loïs dans le quartier du Moulin-à- comme dans Vénissieux !” Josh et Loïs se mettent à comVent et c’est même à l’école primaire que le grand frère de Loïs est poser plusieurs morceaux, “des fois devenu le meilleur ami de Josh. Ce bien, des fois nuls”, et les mettent dernier commence à faire de la sur le net. “On sortait de nulle part, boxe française, “un sport complet” on écoutait ce qu’on nous disait dans et une passion familiale puisque les commentaires et on rectifiait le son père n’est autre que Rafik tir. On a formé ainsi une petite comChergui, entraîneur au VBF munauté.” L’association profite aux deux (Vénissieux boxe française), et employé au service jeunesse de la compères : Loïs apprend de Josh Ville de Vénissieux. Très soucieux que l’on peut faire de la musique de l’avenir de ses enfants, Rafik avec un ordinateur. Et comme pousse Josh vers une autre de ses Loïs connaît le piano, il enseigne à passions : “J’ai moi-même mixé à Josh les recettes du clavier. “Un Portiragnes et j’ai ensuite monté un DJ joue des musiques déjà exisatelier de DJing dans le sous-sol de tantes, commente ce dernier, et j’ai l’Espace jeunes. J’avais trois-quatre vite été lassé par cela. Diffuser jeunes et j’y ai traîné mon fils. Il s’y quelque chose qui ne m’appartient est intéressé et je lui ai acheté du pas me gênait.” Leur premier concert, c’est aux matériel pour qu’il travaille à la États Génér’Eux de la jeunesse, maison.” De son côté, Loïs, élève de dans leur ville, qu’ils le font. TriMick Wagner à la chorale de nix se retrouve “avec une vingtaine l’école de musique Jean-Wiéner, de sons” et décide de sortir son est sélectionné par la Maîtrise de premier album en 2013. “Plutôt l’Opéra de Lyon. Pendant trois une compil, disent-ils aujourd’hui. ans, il étudie le solfège, puis le On l’avait mise sur toutes les platepiano et le chant. “Même si, recon- formes, iTunes, Deezer, Spotify… À naît-il, le style musical n’était pas l’époque, c’était inconnu et ça raccord avec ce que j’aimais”, cet démarrait à peine. On peut faire enseignement de qualité le fait 400 000 écoutes par mois uniquetransiter, à la fois pour le collège et ment sur Spotify, ce qui peut représenter en tout un million d’écoutes le lycée, par Ampère Bourse. “J’écoutais beaucoup de sons par mois.” Trinix n’a pour l’instant jamais quand j’étais petit, reprend Josh, puis je me suis intéressé au hip-hop sorti d’albums “physiques” : et au graff, que j’ai fait avec l’EPJ “Nous-mêmes, on n’achète plus de du Moulin-à-Vent. En parallèle de disques ! Et les personnes qui nous cet atelier de graff, à 11 ans, je pre- écoutent ont notre âge, ils n’achètent nais des cours de scratch avec mon pas non plus.” Et pour gagner de l’argent ? Le père à l’Espace jeunes. Il m’a poussé streaming ! “Sur un seul titre et par dans le milieu des platines.” C’est aussi Rafik qui incite son pays, 1 500 écoutes sont équivafils à passer son Bafa et à travailler lentes à une vente.” Josh et Loïs commencent à se dans les colos de la ville (Noyer, Champagneux) et dans les centres faire repérer. Ainsi, parce qu’on l’a de loisirs. Tout en étant au collège vu mixer à Lyon, on propose à Balzac, Josh continue son appren- Josh de le faire au Brésil, pendant tissage de DJing, jusqu’à ce que ça la Coupe du monde du foot, en

PHOTO RAPHAËL BERT

O

Josh et Loïs ont sorti un EP de six titres chez Sony et commencent à tourner en Europe et dans les festivals

2014. Puis tout s’enchaîne rapidement. Tarik, un ami organisateur de concerts, travaille à Médiatone à l’époque : “Comme j’organisais des cartes blanches, j’ai programmé Trinix. Je leur ai proposé un projet sur un an pour les Reperkusounds 2016. Ils y sont passés, puis il y a eu le tremplin L’Original et les 24 heures de l’Insa.” “Tarik nous a sortis de notre chambre”, reconnaissent les deux musiciens. Qui tentent l’an dernier les Inouïs du Printemps de Bourges mais ne sont pas retenus. Les tentent à nouveau cette année, passent les auditions et ne sont toujours pas retenus… “Parce que notre projet est trop évolué. L’an dernier, il ne l’était pas assez !” Les deux jeunes gens avancent à leur vitesse, sans se prendre la tête. “On a toujours sorti nos musiques en indépendants, reconnaît Loïs. On avait toujours en tête une idée de major, mais on n’y connaissait rien. Quand nous avons été contactés par différentes majors (Sony, Universal, Polydor), on s’est posé la question : est-ce que ça nous intéresse ? Au début, on était réticents.”

27 juillet, Concarneau le 29 juillet, Frossay le 27 août… “On voit ces gens qui nous écoutent, qui accrochent ou pas en live, ce qui nous permet de retravailler les sons. C’est l’équipe de Bizarre !, à Vénissieux, qui a fait qu’on ait un live carré. On va d’ailleurs rebosser avec eux et refaire une résidence pour travailler notre tournée. À Bizarre !, on travaille dans de bonnes conditions. Ils mettent à disposition des locaux de répétition qu’on a utilisés plusieurs fois.” Même enthousiasme chez leur copain Tarik, “Les concerts, pourtant Lyonnais. “Je le meilleur moyen vais à Vénissieux pour de faire des câlins à nos fans” Bizarre ! C’est une bonne chose que la structure ait évolué en SMAC L’aventure chez Sony se (NDLR : scène de musiques concrétise avec “Hide”, un EP de actuelles). En matière de programsix titres. Et la meilleure occasion mation, c’est un outil indispensade le tester reste les concerts, “le ble !” moyen de faire des câlins à nos Quant à Rafik Chergui, quand fans”. Trinix commence à tourner on lui parle du parcours de son en Europe et dans les festivals : fils, il répond simplement : “Je lui citons Grenoble le 18 mai, Com- ai toujours dit que c’était dur de piègne le 24 mai, le Hard Rock briller dans les milieux sportif ou Café de Lyon le 11 juin, le festival artistique. Si tu veux sortir du lot, Démon d’Or, à Poleymieux-au- faut pas s’endormir. Je lui ai juste Mont-d’Or, le 30 juin, Mar- ouvert une porte et c’est lui qui a mande le 1er juillet, Cognac le fait son chemin.”  Ils se décident finalement pour Sony, contactent un avocat parisien qui négocie pour eux un contrat. Ils ont aujourd’hui un clip sur MTV et passent en radio. “On n’aurait pas pu le faire sans cet engagement. On est même partis aux États-Unis pour jouer une date à New York. Nous étions dans une boîte pour un défilé d’une marque new-yorkaise. On a fait l’after. C’était marrant ! La créatrice du défilé aime vraiment ce qu’on fait.”

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