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MA COMMUNE DEMAIN

CUISINE CENTRALE

Clairs, nets et précis. Les résultats de la consultation en ligne des Vénissians, réalisée sur le site de la Ville du 10 janvier au 17 février, ont été présentés lors d’une réunion publique à l’hôtel de ville, le 21 mars. Ils ne souffrent d’aucune ambiguïté. Pour 67,5 % des 870 participants, la sécurité doit être le sujet prioritaire du débat public. PAGE 3

Le service public dans l’assiette

PHOTO RAPHAËL BERT

La sécurité en tête

La nouvelle cuisine centrale a été inaugurée le 23 mars. Il s’agit du projet phare du mandat municipal en cours. “Nous voulons garder une maîtrise publique d’enjeux aussi cruciaux que la santé, la restauration collective et l’équilibre nutritionnel”, a souligné Michèle Picard. PAGE 4

N° 666 du 3 au 16 avril 2019

www.expressions-venissieux.fr

Grandes Terres de labeur Les Grandes Terres, zone de loisirs... Certes, mais terre de travail aussi. Ils sont une quinzaine à labourer ce plateau de 500 hectares situé aux portes de la ville. Une vie économiquement fragile. Rencontre avec les paysans de Vénissieux, Feyzin et Corbas. DOSSIER PAGES 11 À 13

IKEA

Recrutement à la suédoise P. 7

CADRE DE VIE

Pourquoi la grève des éboueurs ? P. 10

PÈRE ET FILS

Ils inventent l’antivol pour smartphones

PHOTO RAPHAËL BERT

PHOTO RAPHAËL BERT

P. 23

Deux ingénieurs vénissians, un père et son fils, ont conçu un antivol original pour smartphones. Rakwin se présente comme un porteclefs qui est connecté en permanence au téléphone de son propriétaire. Lorsque le porte-clefs se trouve trop loin du téléphone (10 ou 15 mètres en terrain dégagé), le système déclenche une alarme stridente.


ACTUS DÉMOCRATIE LOCALE

LOGEMENT

Le nouveau conseil citoyen a été désigné

Contre les expulsions locatives, Vénissieux persiste et signe Réaffirmant le droit au logement, le Réseau alerte et solidarité interpelle Laurent Wauquiez et Emmanuel Macron. Tandis que le maire de Vénissieux interdit les expulsions locatives et les coupures d’énergie, pour la 10e année consécutive.

C

taient pas dans un quartier

sions locatives, les coupures d’eau,

prioritaire.

d’électricité ou de gaz, “ces pseudo-

En début d'année, la Ville, les

solutions qui ne font qu’aggraver

bailleurs, les syndicats de copro-

les difficultés des plus fragiles” (*). Parti des Minguettes, le cortège

PHOTO RAPHAËL BERT

d’une centaine de personnes a rejoint le centre-ville, scandant “le logement, c’est un droit, tout le monde devrait avoir un toit”.

collectif, a dénoncé la hausse des

saisies mobilières et les coupures

faire évoluer la jurisprudence.

tion de logements sociaux en

année, ces arrêtés sont systémati-

(interdisant les coupures d’eau)

de

moins

entre 2017 et  2018. Le Réseau demande au président de la Région un moratoire sur les coupures d’énergies et annonce l’en-

voi d’une résolution au préfet. “Ce

sera notre contribution au Grand débat.”

DIX ANS D’ARRÊTÉS

Présente à l’initiative, le maire de Vénissieux a confirmé qu’elle

prendrait le 29 mars, pour la

10e année consécutive, des arrêtés

interdisant les expulsions locatives sans solution de relogement, les

d’énergie et d’eau. Même si chaque quement attaqués devant le tribu-

nal administratif par la préfecture. Michèle Picard persiste pourtant à prendre ces décisions. “Ma

démarche, réalisée par d’autres maires communistes, est un acte de résistance face à une loi injuste. Dans notre pays, 150 000 per-

sonnes, dont 30 000 enfants, sont

sans domicile. Sans logement, pas de travail, pas de soins, pas d’école, pas de loisirs, c’est la spirale infer-

nale vers la misère. Je rappelle que 570 personnes sont mortes dans la rue en 2018.” Pour le maire, ces

arrêtés sont également destinés à

RENOUVELLEMENT URBAIN

ZAC Marché/Monmousseau/Balmes: la concertation est ouverte Comme la ZAC de Vénissy fut l’opération phare du premier programme de rénovation urbaine (PNRU), celle du “Marché/Monmousseau/Balmes” sera au centre du PNRU 2. Comme son nom l’indique, le périmètre englobe la place du marché des Minguettes (qui doit être requalifiée), le quartier Monmousseau, et les balmes, autrement dit les pentes menant jusqu’au centre-ville. Car l’ambition majeure de ce projet est de

un opposant notoire à la majo-

bres du collège habitants n’habi-

(photo ci-contre) contre les expul-

20 000

procédure judiciaire engagée par

au motif que six des vingt mem-

sait, le 27 mars, une manifestation

sort. En juillet dernier, après une

tribunal administratif de Lyon,

alerte et solidarité organi-

France

ment renouvelé par tirage au

avait en effet été invalidée par le

trêve hivernale, le Réseau

loyers et la baisse de la construc-

du Conseil citoyen a été entière-

rité municipale, sa composition

inq jours avant la fin de la

André Mazuir, porte-parole du

Le 29 mars, le collège habitants

PHOTO RAPHAËL BERT

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EXPRESSIONS / Mercredi 3 avril 2019 - n° 666

réussir l’accroche du Plateau des Minguettes au vieux bourg de Vénissieux. La concertation préalable est officiellement ouverte depuis le 26 mars. Un dossier explicatif et un cahier d’observations sont mis à disposition du public pour une durée de plusieurs mois, à l’hôtel de la Métropole (20, rue du Lac - Lyon 3 e), à la mairie de Vénissieux (5, avenue MarcelHouël), et à la Maison du projet (20, avenue Jean-Cagne).

L’un des arrêtés pris l’an dernier

n’a d’ailleurs pas été déféré devant la Justice : “Une petite vic-

toire qui prouve qu’on a raison de se battre.”

Lors du rassemblement, un hom-

mage a été rendu à Gérard Nesme, président de la CNL à Vénissieux, infatigable défenseur des droits des locataires, décédé le 24 janvier dernier. g

priétaires, les centres sociaux des Minguettes, la Maison de

La liste finale comporte 20 noms, autant de femmes que d’hommes.

Sauvegarde 69 et les volontaires

Catherine Goutard, par ailleurs

ont battu le rappel des habitants.

taires boulevard Lénine, fait par-

quartier Darnaise, l’association en service civique d'Unis-Cité, 40 d'entre eux — 24 hommes et 16 femmes — ont proposé leur candidature.

C'est Gilbert Deleuil, sous-préfet

présidente d'un comité de locatie des personnes désignées. Son objectif : “En savoir plus sur les projets de rénovation urbaine et porter la parole des habitants”.

chargé de la politique de la Ville,

“Il y aura forcément un temps

des 20 nominés dans les locaux

des procédures par les nouveaux

qui a effectué le tirage au sort du Grand projet de ville. La liste finale

comporte

autant

de

femmes que d'hommes. Pour remédier à tout désistement, une

seconde a été constituée avec les candidats restants.

d'appropriation des dossiers et

membres, mais on peut dire que

le conseil est à bloc”, s'est félicité

pour sa part Idir Boumertit, adjoint au Grand projet de ville, à l'insertion et à la formation. g

A.S.

FRANÇOIS TOULAT-BRISSON (*) LA MOBILISATION ÉTAIT SOUTENUE PAR LE RESF, LA CNL, LE SECOURS POPULAIRE, LE SECOURS CATHOLIQUE, LE MOUVEMENT DE LA PAIX, LSR, L’UL-CGT, LE COMITÉ CGT-PRIVÉS D’EMPLOI ET PRÉCAIRES, LE PCF, LA JC, FI, LO.

EXPRESS La Région crée le prix Marin Chaque année, la Région récompensera l’auteur d’un geste courageux et altruiste en remettant le prix Marin, du nom de ce jeune Vénissian violemment battu pour avoir pris la défense d’un couple agressé. La création de cette distinction a été officialisée le 25 mars par Laurent Wauqiez, président de Région, et Audrey Sauvajon, mère de Marin. Le prix Marin est doté d’une somme de 3 000 euros pour son bénéficiaire et d’une somme identique pour une association choisie par le lauréat.

CONSEILS DE QUARTIER ● Jules-Guesde

Permanence jeudi 4 avril à 18 h 30, local du conseil (50, rue JoannèsVallet). Président : Pierre Matéo ● Saint-Exupéry

● Jean-Moulin/Henri-Wallon

Permanence mercredi 10 avril à 17 h 30 au local du conseil (43, rue des Martyrs-de-la-Résistance). Président : Nacer Khamla

Permanence vendredi 5 avril à 17 h 30, Maison de quartier Darnaise, salle festive (45, boulevard Lénine). Président : Abdelhak Fadly

● Parilly

● Gabriel-Péri

Permanence jeudi 11 avril à 18 h 15 foyer Marcel-Sembat (11, bd Marcel-Sembat). Président : Jean-Louis Piedecausa

Léo-Lagrange/Louis-Pergaud

Permanence mardi 9 avril à 18 heures, restaurant scolaire Gabriel-Péri (1, rue Prosper-Alfaric). Président : Gilles Roustan

Permanence mercredi 17 avril à 18 heures au foyer ClaudeDebussy (1, rue Claude-Debussy). Président : Aurélien Scandolara

● Georges-Lévy/Ernest-

Renan/Moulin-à-Vent

Permanence mardi 9 avril à 18 heures, salle du 44, rue ErnestRenan. Président : Hamdiatou Ndiaye

Pasteur/Monery

Permanence mercredi 17 avril à 17 h 30, salle d'activités du groupe scolaire Pasteur (6, route de Corbas). Présidente : Sophia Brikh


ACTUS

EXPRESSIONS / Mercredi 3 avril 2019 - n° 666

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CONSULTATION SUR INTERNET

La sécurité, priorité des habitants. Et maintenant ? Les résultats de la consultation en ligne “Ma commune demain, je donne mon avis”, réalisée de mi-janvier à mi-février, ont été présentés le 21 mars. Pour 67,5 % des participants, la sécurité est la priorité, devant le cadre de vie et l’emploi. Que faire de ce résultat qui n’est pas vraiment une surprise ?

C

avant la propreté (44 %) et le com-

des Vénissians, réalisée sur le

de faire plus explicite et cohérent.

ville, le 21 mars. Ils ne souffrent d’au-

la tranquillité anime chaque assem-

tats de la consultation en ligne

site de la Ville du 10 janvier au 17  février, ont été présentés lors d’une réunion publique à l’hôtel de

cune ambiguïté. Pour 67,5 % des

870 participants, la sécurité doit être le sujet prioritaire du débat public

sur la ville, devant le cadre de vie (38 %) et l’emploi (35 %). Sur les prio-

rités budgétaires qui doivent être faites par la commune, 56,5 % ont

d’abord répondu “la sécurité”, avant l’école (46,6 %). Enfin, à la question des mesures à prendre pour amélio-

rer le cadre de vie, 69 % répondent “en développant la sécurité”, bien

BON À SAVOIR Le profil des participants Ils ont à 70 % entre 26 et 65 ans et viennent de tous les quartiers de Vénissieux, mais plutôt du centre-ville et du Moulin-à-Vent, un peu moins d’Anatole-France, Paul-Langevin, Jean-Moulin et Henri-Wallon. Un tiers d’entre eux n’avaient jamais participé à une consultation de la Ville.

merce de proximité (41 %). Difficile Pour autant, cette réponse franche et massive est-elle vraiment une sur-

prise? Le thème de la sécurité et de blée générale de quartier et surgit lors de la plupart des réunions

publiques, depuis des années. La consultation sur Internet confirme

le sondage Ipsos d’octobre 2018, où 64 % des Vénissians interrogés esti-

maient que la sécurité devait être le

Pierre-Alain Millet, adjoint au maire

chantier numéro un de la municipa-

plusieurs intervenants et élus. La

débat qui a suivi la présentation de

Michèle Picard: “En matière de sécu-

La commune compte une trentaine de policiers municipaux, une dizaine de médiateurs de terrain et un système dense de vidéo-protection.

ble de ses partenaires, et s’inscrit dans

Comment renforcer une priorité sans

Internet, qui a touché des citoyens

le maire, évoquant l’obtention

une ville? Cette consultation ouvre de

traditionnelles, devrait avoir des

lité. Parmi les 150 participants au la consultation, le 21 mars, plusieurs

ont parlé de leur sentiment de devoir vivre avec “des zones de non-droit”,

des “points chauds” et “des voyous paradant en toute impunité”. “C’est

une réalité, on ne va pas se raconter d’histoire”, confirmait Marie-Chris-

tine Burricand, conseillère municipale et métropolitaine (PCF).

BUDGET SÉCURITÉ : JUSQU’OÙ ALLER ?

“Comment prioriser la tranquillité

publique dans les choix municipaux, alors que la sécurité n’est pas du ressort de communes coincées financiè-

rement?” demandaient tour à tour

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Nous avons besoin que les Vénissians prennent la parole sur les priorités et l’avenir de notre commune, dans le contexte de la réduction des dotations de l’état et de la métropolisation.

ARCHIVES RAPHAËL BERT

lairs, nets et précis. Les résul-

flowersnadiabraiki

première d’entre eux d’abord, rité, notre ville travaille avec l’ensem-

tous les dispositifs en place”, rappelait récente d’une unité de Police de sécu-

rité du quotidien (PSQ). Dans une commune qui compte une trentaine de policiers municipaux, une dizaine de médiateurs de terrain et un sys-

tème dense de vidéo-protection, jusqu’où faut-il aller? “Si nous devons augmenter notre budget sécurité, et

puisque nos finances sont fortement contraintes par l’État, ce sera au détri-

ment de quel autre budget? Du cadre de vie? De l’entretien des écoles, qui

est une obligation des communes?

Nadia Braiki

* Voir conditions en Magasin

04 26 59 65 74 11 Rue Paul Bert 69200 Vénissieux

affaiblir l’ensemble de l’édifice qu’est vrais débats de société, dont la com-

mune est l’un des acteurs principaux.”

La majorité municipale souhaite ainsi prolonger le débat par d’autres moments de rencontres. Pour discu-

ter de sécurité et du cadre de vie, mais aussi de la répartition (mal

connue) des compétences entre la commune et la Métropole, par exem-

ple. Les conseils de quartiers seront

sollicités pour prendre des initiatives en ce sens, explique-t-on à la mairie, et la méthode de consultation par

qui ne se déplacent pas aux réunions

suites. Pour Pierre-Alain Millet, 2e adjoint au maire, “les élus et le service

public doivent prendre à bras-le-corps les sujets qui émergent de ces consul-

tations. Mais les citoyens aussi doivent s’en emparer. En intervenant lors d’in-

civilités qui gâchent la vie au quotidien

mais qui ne relèvent pas de la police, par exemple. Et en étant forces de pro-

position lors de débats où se décide notre vie en commun”. g

FRANÇOIS TOULAT-BRISSON


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ACTUS

Mercredi 3 avril 2019 - n° 666 / EXPRESSIONS

NOUVELLE CUISINE CENTRALE

Le choix du service public et de l’intérêt général Le maire de Vénissieux et le préfet à l’Égalité des chances ont procédé, le 23 mars, à l’inauguration de la nouvelle unité centrale de production des repas scolaires et sociaux. Un investissement de 8,8 millions d’euros, le plus important du mandat municipal en cours. cours. Il prolonge une longue his-

maire

avec l’Œuvre des cantines des

que

Michèle de

Picard,

Vénissieux,

entourée d’un grand nombre d’élus et du préfet à l’Égalité des chances, Emmanuel Aubry, a coupé le ruban

de la nouvelle cuisine centrale. La cérémonie d’inauguration s’est

tenue en présence de plus d’une centaine de personnes, dont les architectes du cabinet villeurban-

nais Aamco Architectures et la trentaine de salariés.

L’équipement fonctionne depuis quelques semaines déjà puisque les premiers repas ont été livrés le

4 mars. Guidés par la directrice de

l’équipement, Sophie Ripert, élus

et partenaires ont pu apprécier la technicité de ce nouveau bâtiment, fonctionnel, ergonomique, permet-

tant d’augmenter la production de

repas (jusqu’à 7000 par jour) tout

toire, commencée après-guerre

écoles publiques. Avant la création,

quelques décennies plus tard, en juillet  2000, de la Régie auto-

nome de restauration scolaire et

sociale de Vénissieux, qui a obtenu en 2008 la certification à la norme ISO 9001, gage d’un programme nutritionnel ambitieux.

Entre 2008 et 2017, le nombre de repas scolaires commandés a pro-

gressé de 49 %. Régulièrement, ce

sont plus de 5 000 repas qui sont livrés chaque jour. En 2018, la pro-

duction globale s’est établie à

PHOTO RAPHAËL BERT

C’

est sous un soleil radieux

585000 unités. Et l’ancienne cuisine

centrale, qui datait de 1976, n’était plus adaptée à de tels volumes.

“PAS UN COÛT,

UN INVESTISSEMENT”

Le nouvel équipement pourra produire jusqu’à 7 000 repas par jour, contre 5 000 dans l’ancienne cuisine centrale qui datait de 1976.

en générant une baisse de coûts et

“Nous voulons garder une maîtrise

partie de ce débat-là, car notre inves-

Avec un investissement de 8,8 mil-

que la santé, la restauration collec-

et non pas l’intérêt particulier.”

de maintenance.

lions d’euros, il s’agit du projet

phare du mandat municipal en

EN CHIFFRES ● 8,8 millions d’euros : c’est le montant de l’investissement. L’État a participé à hauteur de 1,2 million au titre de la dotation Politique de la ville. ● 16 000 : les km parcourus chaque année par les véhicules réfrigérés pour livrer les repas dans les restaurants scolaires (90 % de l’activité), crèches et résidences de personnes âgées. ● 37,22 % : la part de composantes bio dans les menus en 2018 ● 304 : le nombre annuel de tonnes de produits alimentaires commandés, réceptionnés et cuisinés.

publique d’enjeux aussi cruciaux tive et l’équilibre nutritionnel, a sou-

ligné le maire. Le mot crucial n’est pas disproportionné quand, en période de crise comme ces der-

nières années, le repas à l’école constitue pour bon nombre d’en-

fants le plus équilibré et le plus

copieux de la journée. C’est un choix

politique que j’assume. Et que l’on

ne me parle pas de coût quand il s’agit d’un investissement.”

Dans son discours, Michèle Picard a contesté le choix d’un nombre

croissant de communes de recourir au secteur privé: “Si l’on externalise

toutes les missions, que restera-t-il

des politiques de proximité pour garantir la cohésion sociale, territo-

riale et la cohésion sociale dans tous les quartiers? […] La construction de la nouvelle cuisine centrale fait

tissement incarne l’intérêt général

Des repas végétariens au menu

En fonction du quotient familial,

Les repas proposés par la cuisine centrale étaient déjà adossés au Programme national nutrition santé. Mais dès la rentrée prochaine, de nouvelles évolutions sont attendues. “Les recommandations des médecins et diététiciens pour une alimentation saine, durable et accessible à tous, intégrées à la loi Egalim, seront suivies par la restauration collective”, a annoncé Michèle Picard. Concrètement, cela se traduira par l’instauration d’un menu végétarien par semaine, pour tous, en plus d’une alternative végétarienne à l’élément carné. Cette annonce d’un menu sans viande, sujet qui agite la classe politique locale depuis plusieurs années, n'a pas manqué de susciter des réactions. La section PCF de Vénissieux s'en félicite car cela “va permettre de répondre à la demande des familles qui ne souhaitent pas que leur enfant mange de la viande à la cantine”. Les communistes ajoutent que “ce débat a été longuement instrumentalisé autant par les intégristes religieux que par des oppositions politiciennes incapa-

les tarifs pour un repas dans les cantines de Vénissieux varient

entre 1 euro et 3,70  euros, parmi les plus accessibles de toute l’agglomération lyonnaise.

Le préfet à l’Égalité des chances, Emmanuel Aubry, n’a pas manqué de saluer l’effort réalisé par la com-

mune: “Inaugurer un tel établisse-

ment est important. C’est une réalisation essentielle pour permet-

tre aux plus jeunes d’avoir au moins un repas équilibré par jour. L’État a accompagné cette réalisation grâce

à la dotation Politique de la ville (à

hauteur de 1,2 million d’euros, ndlr). Le travail en partenariat est nécessaire.” g

MICHÈLE FEUILLET

bles de porter un projet pour tous les Vénissians, utilisant chaque occasion de diviser”. La composante France insoumise de la majorité municipale salue aussi cette évolution. “L’investissement dans la cuisine centrale a été accompagné d’une vraie réflexion à laquelle nous avons contribué pour mettre en place le système du repas alternatif, soulignent les élus FI. Nous sommes ainsi au diapason des évolutions des besoins de nos habitants.” Dans l’opposition, le groupe des élus socialistes et républicains, qui avait fait de cette question un de ses chevaux de bataille, a également réagi, indiquant qu’il ne pouvait “que se réjouir de ce revirement et de l’abandon dans le discours de thèses laïcistes”. Quant à Christophe Girard, leader de l’opposition de droite, il est le seul, en définitive, à ne pas approuver cette décision : “Ma position est que l’on ne doit pas changer les menus pour entrer dans une logique communautariste. Si le choix ne satisfait pas ou si le plat est unique, on donne plus de légume ou de féculent. Point barre.”


ACTUS

EXPRESSIONS / Mercredi 3 avril 2019 - n° 666

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ÉDUCATION NATIONALE

COLLÈGE ARAGON

Quel regard portent les collégiens sur la prison?

Profs et parents ne désarment pas Collèges mobilisés le 20 mars, “nuit des établissements” dans les lycées le lendemain, grève et manifestations le 30 mars à l’appel de l’ensemble des syndicats et de la FCPE : parents et enseignants exigent une autre politique éducative.

L

es enseignants vénissians — de la maternelle au lycée

— ainsi que les parents

d’élèves réclament une autre poli-

Ce mardi-là, les élèves de 4e du collège

avec d’autres détenus”, observe un

de l’OIP (Observatoire international

voir consulter rapidement un médecin

Aragon accueillent Coraly et Farida des prisons), ainsi que Valentine et Coline, du Genepi, association d’étu-

diants qui intervient dans les centres

pénitentiaires. “Nous avons souhaité

travailler sur la prison pour alimenter le parcours citoyen, centré cette année

sur le thème de la justice”, précise Mme Leflaive, enseignante d’histoire-

géographie.

S’adaptant au public des collégiens, les bénévoles s’appuient sur plu-

élève. “Pas une vie non plus de ne pou-

ou un dentiste, ou d’être obligé d’ache-

ter son papier toilette”, ajoute un autre. Puis les questions fusent: “Peut-on aller en prison pendant une

garde à vue?” (non, mais on peut être

placé en détention provisoire dans l’attente d’un procès) ; “Combien de douches prennent les prisonniers?”

(au moins trois douches par semaine, mais parfois moins dans certaines

prisons) ; “Est-ce possible d’étudier ou

sieurs outils pédagogiques (vidéos,

de travailler?” (oui, mais les places

attention. Les jeunes sont d’abord

basses et les droits quasi inexistants) ;

quiz, jeu interactif) pour capter leur

invités à noter des mots évoquant la

prison — “parloir”, “barreaux”, “menottes”, “danger”, “violence” — avant de visionner une vidéo pré-

sentant une ville imaginaire, concen-

trationnaire, où les habitants vivent

comme des prisonniers, entassés,

dans l’insalubrité, sans droits ou presque.

Les ados sont unanimes pour se dire “choqués” par ces conditions d’exis-

tence. “Ce n’est pas une vie de rester 22 heures par jour dans une cellule

sont rares, les rémunérations très “Peut-on voter quand on est détenu?”

(cela dépend si l’on a été condamné

ou pas à l’interdiction des droits civiques)…

tique éducative. Ils contestent notamment la loi Blanquer dite

“pour l’école de la confiance” votée

en février dernier. Le 30 mars, plus de 2500 personnes ont manifesté

à Lyon contre le projet de loi du ministre de l’Éducation qui va,

selon ses détracteurs, “creuser les inégalités plutôt que les réduire”.

Les enseignants sont notamment

Ils étaient plus de 2 500 samedi 30 mars dans les rues de Lyon.

mentionne leur “devoir d’exempla-

chain rendez-vous : une grève

opposés à l’article 1 du texte qui rité”. Ils n’y voient qu’un moyen de

les rappeler à l’ordre ou de les

sanctionner en cas de critique de l’institution. Autres sources de

Le coup d’envoi de la mobilisation

ser aux communes le financement

20 mars par les professeurs des col-

qui prévoient, d’une part, d’impo-

des écoles maternelles privées sous contrat et, d’autre part, le projet de création

des

“établissements

publics des savoirs fondamen-

des prisons en France et de décons-

primaires au collège. Pour les

truire les idées reçues, précisent les intervenantes de l’OIP. Il s’agit aussi d’amorcer une réflexion sur le milieu

carcéral, tout en ouvrant le débat sur les alternatives à la détention.” g

M.F.

taux”, qui rattacheraient les écoles parents d’élèves, nombreux égale-

ment dans le cortège, “il est clair que les professeurs ne sont toujours

pas entendus par leur ministre, notre présence aidera peut-être à une meilleure prise en compte”. Pro-

COLLÈGE ELSA-TRIOLET

Stagiaires à la Banque de France “Déontologie”, “synallagmatique”, “inflation”, “défla-

et de la finance. Ça nous a donné envie de travailler

cinq collégiennes de Triolet qui ont participé au stage

Confluence est magnifique.”

tion”… Tous ces mots n’ont plus aucun secret pour les

de découverte professionnelle, du 26 au 28 mars, à la Banque de France. À leurs côtés, 21 adolescents venant

de quatre autres établissements classés en REP ou REP +: Schœlcher (Lyon 9 ), Mermoz (Lyon 8 ), Lamare

e

tine (Villeurbanne) et Valdo (Vaulx-en-Velin).

Pendant trois jours, les élèves ont découvert les diffé-

rentes fonctions de l’institution. Zehra et ses amies

sont très satisfaites. “Nous étions volontaires car nous

sommes toutes intéressés par les métiers de la banque

DEUX SEMAINES DE MOBILISATION À VÉNISSIEUX

mécontentement: les deux articles

“L’objectif de ces interventions est de sensibiliser le jeune public à la réalité

nationale le 4 avril.

dans ce secteur. C’était passionnant et le cadre à La

Stéphane Gourdet, ancien directeur de la succursale de Lyon, a tenu à être présent pour l’occasion: “La Banque de France est très attachée à cette action. C’est

une rencontre de deux mondes que nous n’aurions pu imaginer il y a vingt ans. Certains d’entre vous auront peut-être l’envie de se lancer dans un métier lié à la finance. Vous avez de l’énergie, de la vitalité, gardez toujours cela en vous.” g

M.F.

à Vénissieux a été donné dès le lèges, regroupés au sein d’un col-

lectif sud-est. Parents d’élèves, collégiens et élus municipaux de la majorité, ils étaient une soixantaine à se rassembler devant la pis-

cine Auguste-Delaune. Outre les

conditions de travail qui sont “extrêmement difficiles, avec un

manque de moyens humains criant

et des classes surchargées”, les enseignants dénonçaient les pro-

blèmes liés aux locaux, vétustes et

sous-dimensionnés.

Le lendemain, la cité scolaire Sem-

bat-Seguin et le lycée Jacques-Brel accueillaient profs, agents et parents d’élèves jusqu’à 22 heures

pour une “nuit des établissements”. “Nous voulons obtenir une hausse de la DHG (dotation horaire glo-

bale, ndlr), il n’est pas possible de

travailler avec trente élèves par classe en seconde, d’autant qu’ils cumulent les difficultés.” La contes-

tation s’est poursuivie le 26 mars dans le primaire avec une “nuit des écoles” à Ernest-Renan, au cours

de laquelle les professeurs ont fait part de leurs inquiétudes aux parents. g

MICHÈLE FEUILLET


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ACTUS

EXPRESSIONS / Mercredi 3 avril 2019 - n° 666

ÉDUCATION

Le témoignage de Lydia, de retour d’Auschwitz Élève de 3e au collège Paul-Éluard, Lydia Zerroug a récemment participé au voyage mémoriel organisé chaque année à Auschwitz par la Métropole de Lyon. Pour Expressions, où elle a effectué un stage en février, Lydia a fait le récit de cette visite qu’elle n’oubliera jamais. ercredi 13 mars, l’avion

M

pour que ceux-ci soient astreints au

bres de la Résistance, les intellec-

Après ce voyage, Lydia (à droite) s’engage à devenir “témoin de l’atrocité”.

deuxième année consé-

pour jour avant notre venue, le

l’entrée de ce camp, nous pouvons

nuits, dans les trains de marchan-

lorsqu’ils étaient en train de périr.

habitants déportés vers les centres

frei” qui veut dire: “Le travail rend

déportés apercevaient la lumière du

dans les fours crématoires.

sélection s’est faite sous forme de

Le lendemain, nous nous sommes

férents blocs tous plus effroyables

tration et d’extermination à Aus-

vu des images que nous n’oublierons

nous attendait. Pour la

cutive, notre collège participait au voyage mémoire à Auschwitz, orga-

nisé par la Métropole de Lyon. La deux lettres de motivation: l’une

venant du professeur et l’autre de

tous les élèves. Notre préparation nous avait permis d’écouter les témoignages de Claude Bloch et Ben-

jamin Orenstein et de visiter le

mémorial de la prison Montluc et le

Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation.

Notre visite a commencé à Cracovie.

Les nazis y ont fait construire un ghetto pour les Juifs le 3 mars 1941. Des usines ont également été bâties

travail forcé. Soixante-seize ans jour

ghetto a été totalement vidé et ses de mise à mort.

rendus dans les camps de concen-

chwitz. Là a été construit après

l’invasion de la Pologne le plus grand complexe concentrationnaire de

tout le régime nazi. Ce camp a fait plus d’un million de morts.

Nous avons d’abord visité Auschwitz

I qui était un camp de concentration.

Les premières personnes qui ont été emmenées dans ce camp ont été les

prisonniers politiques polonais en 1940. Ensuite, sont venus les mem-

tuels, les homosexuels et les juifs. À lire une inscription: “Arbeit macht libre”. Nous avons pu aller dans dif-

les uns que les autres. Nous avons jamais. Par exemple, des enfants

nus, maigres et affamés. Beaucoup d’objets leur ayant appartenu aussi, jusqu’à leurs cheveux conservés par

les nazis. Des êtres innocents, qui ne

demandaient qu’à vivre, sont morts dans des conditions abominables.

Auschwitz II, lui, a été construit en 1941. C’était à la fois un camp de concentration et un centre de mise

à mort. Après trois jours et trois

dises, sans boire ni manger, les jour. Certains étaient déjà morts dans le train. Au départ, ils ne se dou-

taient pas de ce qui allait leur arriver. Les déportés devaient avant tout

passer par la sélection. Ceux qui étaient aptes à travailler étaient envoyés dans le camp de concentra-

tion et les plus faibles directement voués à la mort dans les crématoires. Ceux de Birkenau ont été détruits par les nazis, mais le matin à Aus-

chwitz I, nous avions pu visiter une chambre à gaz. Ce qui a été d’autant plus marquant, ce sont les griffures

Une fois morts, ils étaient envoyés Ce voyage nous a permis de com-

prendre le rôle important que nous aurons à jouer: nous nous engageons à devenir les témoins de l’atro-

cité qu’ont vécue tous ces déportés, afin

de

faire

perdurer

cette

mémoire, pour qu’elle ne s’oublie

pas. Les déportés se font de moins

en moins nombreux. Cependant, leur histoire ne doit cesser d’être racontée. Nous nous devons d’inter-

venir pour rappeler tous ces actes commis contre l’humanité. g

que les déportés ont laissées

LYDIA ZEROUG

CONSEIL MUNICIPAL D’ENFANTS

GROUPE SCOLAIRE GABRIEL-PÉRI

CME et théâtre, main dans la main

Ils se mobilisent pour la planète

Quand je serai petit je voterai.

scène. Pour beaucoup d’élèves,

cette soirée, précise Françoise Pou-

À l’issue de ce spectacle plein d’hu-

municipal d’enfants (CME) et le

“Un travail a été mené en amont de

ensemble. Une vraie réussite.

zache, directrice du Théâtre de

Théâtre de Vénissieux travaillent Comme ont pu le constater les parents des jeunes élus, récem-

ment invités à une pièce intitulée

Vénissieux. Plusieurs rencontres ont eu lieu pour évoquer la pièce

avec les acteurs et le metteur en

c’était une première.”

mour qui explore les notions de citoyenneté, de laïcité et de parité, un “bord de scène” était pro-

grammé. L’occasion pour les

PHOTO RAPHAËL BERT

Pour la première année, le conseil

enfants (et leurs parents) de réagir

à chaud auprès des comédiens. Dans la continuité, des ateliers

théâtre se sont tenus le 23 mars au groupe scolaire Flora-Tristan. Les

Le 15 mars dernier, au moment où des collégiens et lycéens, dans le

Muriel Coadou, comédienne à la

liers du groupe scolaire Gabriel-Péri manifestaient eux aussi, mais dans

jeunes élus ont pu travailler avec compagnie Collectif 7 (photo), sur

la manière de se présenter devant un public, de parler, sourire, poser PHOTO RAPHAËL BERT

sa voix, respirer… Une véritable initiation à l’art et aux techniques

de l’éloquence. Ce partenariat se terminera en mai par la visite des coulisses du théâtre.

g

M.F.

monde entier, observaient la grève internationale pour le climat, les éco-

leur école. Dans le cadre d’un travail pédagogique, ils avaient travaillé en amont sur les insectes. C’est donc avec des coccinelles, araignées et autres petites bêtes accrochées dans leur dos, qu’ils ont dénoncé l’inaction face

à l’urgence climatique. Sans crier, tête baissée, les écoliers ont traversé la cour. Au signal de Marc Laurent, le chef d’établissement, ils se sont immo-

bilisés pour observer une minute de silence. Une façon de signifier sym-

boliquement ce que serait la disparition des insectes et des espèces

menacées par les pesticides. Les petits de maternelle s’étaient rassemblés plus tôt dans la matinée avec des masques de papillon sur le visage. g


ACTUS

EXPRESSIONS / Mercredi 3 avril 2019 - n° 666

7

EMPLOI

Recrutement pour Ikea : “Je me suis senti grandi” En partenariat avec Ikea qui doit s’implanter à Vénissieux vers la fin de l’été, la Ville a organisé une opération de recrutement et d’accompagnement vers l’emploi qui a concerné 111 personnes. Si toutes ne seront pas embauchées, toutes saluent la méthode. débuter… dans le sérieux et la

La compétition promet d’être rude:

montage de tables, enfilage

en place des ateliers ludiques pour

jour en moyenne, et organise paral-

corbeilles, concours de

de housses… En ce matin du

27 mars, l’ambiance est franchement ludique dans la salle Joliot-

Curie. 111 candidats se préparent aux entretiens d’embauche pour

une place chez le géant suédois.

En ligne de mire : 80 postes représentant 60 équivalents temps plein.

À 9 h 30, les entretiens peuvent

bonne humeur. “Nous avons mis

renforcer la cohésion d’équipe. L’idée consiste à briser la glace, à

combattre le stress et les tabous

des entretiens classiques. Nous voulons donner à chacun toutes

ses chances de réussir son entretien”, explique David Lecareux,

responsable chez LeaderForm, l’agence retenue par la Ville pour animer l’opération.

Ikea reçoit une dizaine de CV par lèlement ses propres opérations de recrutement. “C’est une opération

Ikea, mais pas seulement, nous

avait précisé en février Djil Ben

Mabrouk, adjoint à l’emploi et au développement économique et

commercial. L’idée, c’est que même

les gens qui ne vont pas jusqu’au

Lancer de peluches ou concours de montage de tables, les candidats ont participé à des ateliers ludiques pour “renforcer la cohésion d’équipe”.

repartir avec quelque chose. Un

ration à l’entretien du 27 mars.

entre les candidats”. Tandis que

conseils…” À l’époque, l’élu espérait

les recruteurs présents à la jour-

aînée, met en avant “une expé-

bout du parcours proposé puissent

retour, des pistes pour rebondir, des attirer 200 personnes. Ils furent

Affluence record à la journée des métiers et de l’emploi

finalement 500 aux réunions.

C’est un record. Le 28 mars, avec un peu plus de 1 200 visiteurs, la 12 journée des métiers et de l’emploi a largement fait le plein. Son objectif : permettre aux demandeurs d’emploi de rencontrer des professionnels, de découvrir des métiers, des entreprises — 48 étaient présentes — et des formations. Plus de 350 offres (encore un record) étaient par ailleurs proposées par différents recruteurs. La manifestation est le fruit d’un partenariat entre la Ville et l’agence Pôle Emploi de Vénissieux, la CCI de Lyon, la mission locale et l’association d’entreprises Alysée. “L’emploi n’est pas une compétence directe des communes, mais est-ce une raison pour ne pas agir et rester spectateur face à des taux de chômage injustifiables et insupportables ? Ici à Vénissieux, nous pensons le contraire, a souligné lors de l’inauguration le maire, Michèle Picard. Nous voulons agir avec nos forces, à savoir nos politiques de proximité, la connaissance des bassins d’emploi et la dynamique de notre ville.” e

PHOTO A.S.

L

ancer de peluches dans des

15 JOURS DE COACHING

L’opération avait débuté le 5 mars

par quatre réunions publiques.

Toutes bâties sur le même format : présentation d’Ikea, entretiens individuels, puis ateliers

portant notamment sur le CV et le savoir être. Une fois le cycle

achevé, les heureux sélectionnés ont été pris en charge dans des

ateliers de coaching avec des animations collectives et une prépa-

Le 28, ils étaient reçus en VIP par

née des métiers et de l’emploi (lire

encadré). Enfin, au mois de mai, tous sont invités pour un ultime bilan.

Tous les candidats que nous

avons rencontrés et côtoyés pendant cette matinée semblent

ravis. “Les ateliers étaient vraiment sympas, parfaits pour évacuer le stress !”, lâche le gagnant du

concours

de

lancer

de

peluches, Keivan Said, 22 ans.

Pour Christèle Brisson, jeune quadragénaire, “l’opération a permis

Kenza Aitelko, de dix ans son

rience formidable qui a énormément renforcé ma confiance en moi”. Une fois l’entretien terminé

— passage sans encombre pour

l’immense majorité des candidats

— leurs sentiments n’avaient pas changé. “Que je sois recruté ou

non, c’est une opération qui m’a permis de reprendre ma place

dans le challenge de la recherche

d’emploi, résume Redha Kheniche, 50 ans. Je me suis senti grandi.” g

de créer du lien et de l’entraide

ALAIN SEVEYRAT

INFO COMMERCE

Park Events, le divertissement en grand À 500 mètres du périphérique, nichée entre

douze pistes qui sentent le neuf. Il y a encore

long couloir qui mène au laser game, où l’on

pépite de divertissement. Une grosse pépite. Sans

plaçait le doux son du strike! Derrière les bil-

700 m².

Babou et les entreprises Serpollet, se cache une les drapeaux qui couvrent les murs d’enceinte,

lards, une porte vitrée ouvre sur le karting. Les

200 places de stationnement s’étalent au pied

dement des moteurs et à la légère odeur des

on croirait se garer sur le parking d’une usine.

d’un immense bâtiment industriel. Vu du ciel,

ce sont 10000 m² de toit ondulé, mais une fois

Douze pistes sont accessibles dans la salle de bowling.

quelques semaines, le bruit des ponceuses rem-

les portes de Park Events franchies, le gris laisse place à la couleur.

Tout d’abord, l’immense salle de bowling et ses

parquets lustrés font place au goudron, au gron-

pneus usés. 600 mètres de piste en intérieur, la

plus grande de la région, surplombée par un snack-bar avec vue imprenable sur les courses effrénées.

Enfin, nouveau changement d’univers après un

peut s’affronter au cœur d’un labyrinthe de Réunions, séminaires, team building… Park

Events a autant à offrir aux particuliers qu’aux professionnels. Avec des espaces dédiés et modu-

lables pouvant accueillir jusqu’à 400 personnes, l’établissement propose également des formules sur mesure alliant travail et divertissement. g

PLUS D’INFORMATIONS SUR : WWW.PARK-EVENTS.COM 15, CHEMIN DU GÉNIE - 04 72 78 05 05.


PUBLI-REPORTAGE

VÉNISSIEUX ÉNERGIES

Vénissieux se connecte au réseau de chaleur de la Métropole

2019 marque l'année de la connexion pour Vénissieux Énergies, filiale du groupe Dalkia. Le développement de la zone du Puisoz “Grand Parilly” a permis de faire le lien entre le réseau de la ville de Vénissieux et celui du centre lyonnais.

Déjà long de 32 km, le réseau de chaleur de Vénissieux, jusqu'ici alimenté par la seule chaufferie des Minguettes, officialisera en avril 2019 son raccordement au chauffage urbain du Grand Lyon, à terme long de 162 km.

Pour Dalkia, gestionnaire de ces deux réseaux, cette interconnexion assure un approvisionnement plus stable et une augmentation des énergies renouvelables dans leur alimentation. Le chantier qui a duré une bonne année permet au réseau de Vénissieux, deuxième plus important du Grand Lyon, de ne plus dépendre exclusivement de la chaufferie des Minguettes. Une bonne nouvelle pour la dizaine de milliers d'abonnés qui, en cas de panne, pourront compter sur la stabilité d'un approvisionnement en chaleur assuré par plusieurs points de production. Mais démultiplier les sources de chaleur, c'est aussi diversifier et rationaliser les types de combustibles pour une consommation plus économique et plus respectueuse de l'environnement. Le réseau de Vénissieux est un très bon exemple puisqu'il bénéficiera désormais de l’excédent de chaleur produit par l'incinérateur des ordures ménagères de Gerland, qui lui sera injecté tout au long de l'été. Cette connexion, qui a nécessité la réalisation de quatre kilomètres de tranchées à travers le quartier de Parilly, a égale-

ment permis le raccordement de nombreuses résidences et infrastructures publiques du secteur. Pour celles-ci, le chauffage par réseau collectif offre un service de qualité pour un coût nettement réduit (voir plan et encadré cicontre).

Cet important projet tourné vers l'avenir est le fruit d'un travail concerté entre de nombreux acteurs et partenaires du territoire, dont la Métropole et la commune de Vénissieux. Face aux défis climatiques actuels, le choix de la mutualisation et de la rationalisation des consommations énergétiques est un objectif réclamé par de très nombreux responsables politiques et économiques. Vénissieux Énergies se reconnaît dans ces défis et travaille depuis de nombreuses années pour offrir un service de qualité, écologiquement responsable et économiquement viable. Une approche d'ailleurs reconnue par le label “écoréseau de chaleur”, dont le réseau vénissian a de nouveau été honoré cette année. Cette distinction garantit une production de chaleur par plus de 50 % d'énergies renouvelables, une offre de prix compétitive pour l'usager, et l'animation d'un espace d'information et de concertation de ses abonnés. L'ensemble de l'actualité du réseau est disponible sur : www.venissieux-energies.fr

RÉSIDENCE JOLIOT-CURIE raccordée au réseau Vénissieux Énergies en octobre 2018

CHAUFFERIE DES MINGUETTES Réunissant une chaufferie biomasse et une centrale de cogénération au gaz, elle alimente l'équivalent de 13 500 logements.

Une énergie renouvelable à moindre coût : le choix du bois !

Fruit d'importants investissements, Vénissieux Énergies annonce aujourd'hui fièrement un réseau alimenté à 62 % en énergies renouvelables et de récupération. Avec 48 % issu du bois (biomasse) et 14 % des déchets, seulement 38 % de l'alimentation du réseau repose sur le gaz, dont 13 % en cogénération (processus d'optimisation énergétique permettant de produire avec la même source d'énergie fossile de l’électricité et de l'énergie thermique). Une voie écoresponsable qui a de l'avenir tant les bénéfices du bois sont considérables. Écologiquement parlant, la valorisation du bois vise un bilan carbone neutre en compensant le CO2 émis lors de sa combustion par celui absorbé lors de sa croissance. Quant à l'aspect économique et social, sa production contrô-

lée permet le développement d'une filière forestière créatrice d'emplois et respectueuse de l'environnement. Contrairement au pétrole, le bois a l'avantage d'être une énergie disponible à portée de main, par exemple celui qui alimente la chaufferie de Vénissieux provient d'un rayon maximal de 150 km. C'est également une matière première affranchie des cours mondiaux des énergies fossiles et des tensions géopolitiques, ce qui lui garantit un prix stable dans le temps. En faisant le choix du bois, Vénissieux Énergies valorise chaque année 26 000 tonnes de biomasse, évitant ainsi l'émission de 17 000 tonnes de CO2 par an, soit l'équivalent de 13 000 véhicules en moins sur les routes.


PUBLI-REPORTAGE

La chaufferie des Minguettes ouvre ses portes Cela fait bien longtemps que l'on ne ravive plus le feu dans l'âtre de la cheminée. Nous avons bien plus l'habitude de régler le thermostat, allumer le chauffage ou tourner le robinet d'eau chaude. Mais finalement d'où vient la chaleur ? Pour répondre a cette question, la chaufferie de Vénissieux a décidé d'ouvrir ses portes pour présenter et expliquer la production de chaleur qui alimente tous les jours nos foyers, écoles et entreprises. Et rien de mieux que de se pencher sur l'énorme chaudière biomasse et ses tonnes de co-

peaux de bois pour se rendre compte de tout se qui se cache derrière de simples gestes, comme allumer le chauffage.

Cette visite guidée, illustrée de panneaux explicatifs et commentée par les équipes de Vénissieux Énergies, a déjà concerné plusieurs établissements scolaires. À terme, il sera également ouvert aux professionnels et citoyens curieux.

Rendez-vous sur www.venissieuxenergies.fr pour toute demande de visite.

LES PREMIERS VISITEURS Une classe de BTS électrotechnique du lycée Marcel-Sembat.


10

ACTUS

Mercredi 3 avril 2019 - n° 666 / EXPRESSIONS

SOCIAL

Pourquoi la grève des éboueurs ? L

Le 19 mars, les éboueurs de la Métropole de Lyon ont entamé une grève du ramassage des ordures et bloquent les usines d’incinération. Pour quelles raisons ? e 19 mars, les agents de

n’ont vraiment rien dans la cer-

supprimées (dont l’une compen-

Métropole ont déclenché

tants de sa copropriété des

vêtements inadaptés, refus des

un mouvement de grève qui se poursuivait à l’heure où nous

mettons sous presse. Le 2 avril, ils ont été rejoints par les

éboueurs des sociétés privées qui opèrent à Lyon et Villeurbanne.

Minguettes,

la

“C’est dingue la vitesse à laquelle

on accumule des poubelles”, réalise une commerçante du centreville, au trottoir bloqué par une barricade de détritus de plusieurs

mètres de haut. “Avec le vent, les ordures qui ne sont pas mises en

sac s’éparpillent dans tout le quar-

tier, constate Martine. Je ne comprends pas les gens qui jettent

leurs saletés en vrac sur le tas, ils

Pour l’un des responsables CGT

autour de leur résidence.

de l’instance métropolitaine, “la Métropole impose aux agents des

“GILETS ORANGE”

lecte, y compris les cadres. “Ce qui

semaine.

ritaire des congés…”

trottoirs, les taillis et les parkings

rues du Grand Lyon, notamment d’habitude assurée six jours par

reuses et épuisantes, gestion auto-

ramasse tout ce qui jonche les

Le mouvement est parti de la base

à Vénissieux, où la collecte est

collectes en mono-ripeur dange-

septuagénaire

Ces semaines de non-ramassage ont un impact très visible dans les

sait les jours fériés travaillés),

velle.” Avec plusieurs autres habi-

feuilles de route impossibles à

et touche tout le personnel de col-

PHOTO RAPHAËL BERT

collecte des déchets de la

est en train de se passer est très

proche du mouvement des gilets

jaunes à ses débuts. C’est la première fois qu’on voit ça”, explique un membre du “Collectif des

Plusieurs habitants d’une résidence des Minguettes ont pris l’initiative de ramasser les ordures jonchant trottoirs, taillis et parkings.

s’étaient bien engagés dans des

considère comme de simples cour-

conflit dur à la collecte en mars, à

démarche “classique” ne convient

syndicaliste. Aujourd’hui, l’exécu-

hivernale, explique l’intersyndi-

gilets orange”. Les syndicats négociations salariales, mais cette

pas à ceux qui veulent aboutir plus vite sur leurs revendications

et se passer d’intermédiaires.

“Depuis des années, l’administration méprise les syndicats et les

roies de transmissions, analyse un

tif se retrouve sans interlocuteurs représentatifs.”

“Ça fait des mois que nous aler-

tons la direction sur l’exaspération des agents et le risque d’un

l’issue des astreintes de viabilité

cale Unsa-CGT-Unicat-Sud du

Grand Lyon. Les griefs portent sur

le pouvoir d’achat et sur les conditions de travail : augmentation de

200 euros, maintien de primes

tenir, ça engendre une tension et

beaucoup de souffrance, et pas seulement

à

la

collecte

des

déchets. Le mouvement pourrait

bien s’étendre à d’autres secteurs…”

Le 1er avril, le président de la

Métropole a saisi le tribunal administratif et le tribunal de

grande instance “afin de permettre le déblocage de l’accès aux usines d’incinération” et a menacé

de “recourir à des mesures de réquisition”.

g

FRANÇOIS TOULAT-BRISSON

DU 6 AU 13 AVRIL

La Semaine de la propreté s’attaque aux incivilités Cette année, la Ville a choisi de

L’élue rappelle que les jardiniers

lisation n’intervient qu’en dernier

vilités pour la Semaine de la pro-

leurs temps de travail au net-

Parmi les 24 animations propo-

mettre en avant le thème des inci-

preté, qui se déroule du 6 au 13 avril. “Il est toujours étonnant,

dans un monde ultra-motorisé, de

voir des gens se faire livrer un

de la Ville consacrent un tiers de

toyage. Et ce, alors que le dépôt d’encombrants ou de déchets sur

la voie publique, les déjections canines non ramassées, les pou-

canapé neuf sans emmener l’ancien

belles non rentrées sont punis

300 mètres”, s’enflamme Sandrine

agents du service environnement

à la déchèterie, située pourtant à

Perrier, adjointe à la voirie et à la propreté.

d’amendes de 68 euros. “Les cherchent avant tout à expliquer,

tempère-t-elle toutefois. La verba-

recours.”

sées en 7 jours, on notera :

- collecte solidaire d’appareils en

fin de vie samedi 6 avril de

le mercredi 10 avril à 13 h 20

de secteur” proposés par Grand

Sublet

- animations “lutte contre les inci-

du 8 au 12 avril de 13 heures à

9 heures à 13 heures place Léon- course contre les déchets mardi

9 avril de midi à 13 h 15 au stade Auguste-Delaune

- visite du centre de tri des déchets

(départ à l’hôtel de ville)

vilités” en sortie d’école de 16 heures à 17 h 30 dans plusieurs groupes scolaires

- Ateliers “Vis mon job de gardien

Lyon Habitat, tous les après-midi 16 heures sur les secteurs Darnaise et Léo Lagrange. g

PROGRAMME COMPLET SUR WWW.VILLE-VENISSIEUX.FR. INSCRIPTIONS AU 07 72 21 45 06.


DOSSIER

EXPRESSIONS / Mercredi 3 avril 2019 - n° 666

11

AGRICULTURE

Les Grandes Terres : la parole aux paysans Ils ne sont plus qu’une quinzaine à cultiver les Grandes Terres contre une cinquantaine il y a 40 ans. Sur ce plateau de 540 ha où la cohabitation entre labeur et loisirs s’avère parfois compliquée, les derniers paysans luttent — difficilement — contre la concurrence des céréaliers étrangers. Pour reprendre leur destin en main, les agriculteurs de Vénissieux, Feyzin et Corbas misent aujourd’hui sur une production plus diversifiée, écologique, et tournée vers les débouchés locaux. DOSSIER RÉALISÉ PAR : FRANÇOIS TOULAT-BRISSON PHOTOS : RAPHAËL BERT

C

e matin-là, Dominique Sublet n’en croit

pas ses yeux. Sur son champ, au cœur des Grandes Terres, une dizaine d’ados

partagés entre Vénissieux, Feyzin et Corbas :

plus de 20 000 visiteurs s’y baladent chaque

année, à pied ou à vélo, surtout le week-end.

jouent au foot, piétinant son blé en herbe… La

“La plupart du temps, les promeneurs et les jog-

l’une de ses parcelles de colza, écrabouillant les

se passe bien, admet Dominique Sublet. Mais

bien en tracteur, moi… Ces personnes ne se ren-

trouvent.”

qu’ils prennent pour du gazon.”

Grandes Terres en 1998 et d’une zone de pro-

centaines de mètres des Minguettes ou de la

bains en 2005 a permis de sanctuariser ces

veille, un quad avait tranquillement traversé

jeunes pousses. “Le gars m’a dit que j’y passais dent pas compte de la fragilité de nos cultures,

Les Grandes Terres commencent à quelques

médiathèque, juste de l’autre côté du boulevard urbain sud. Les habitants de l’agglomération

ont pris leurs habitudes sur ces 540 hectares,

geurs restent sur les chemins et la cohabitation

certains n’ont pas l’air de comprendre où ils se

La création du projet nature du plateau des

tection des espaces naturels et agricoles périur-

terrains face à la pression immobilière, les

ouvrant au grand public. Aujourd’hui, les

acteurs principaux de cet espace, les agricul- >>>


12 >>>

DOSSIER

teurs, ressentent le besoin de mettre les choses au point. “Les Grandes

Terres sont un espace de travail que

Mercredi 3 avril 2019 - n° 666 / EXPRESSIONS

est l’une des meilleures du Rhône.

QUI TRAVAILLE ICI ?

nous avons ouvert aux promeneurs,

Sur les presque 10 000 hectares de

Sublet. Les gens semblent penser que

6 211 hectares sont consacrés aux

pas l’inverse, tonne Dominique c’est un espace de loisirs qui accueille

aussi des agriculteurs. On n’est pas à Parilly, ici, mais dans une zone éco-

nomique de production, qui fait vivre des familles !”

UNE RÉALISATION EXEMPLAIRE

Lors de la construction du boule-

vard urbain sud dans les années

1990, les agriculteurs ont procédé à

un remembrement (1) exemplaire. Plutôt que de tout raser pour faire

de grandes parcelles géométriques

faciles à exploiter mécaniquement, l’espace a été aménagé pour qu’il

soit aussi convivial et respectueux de l’environnement que fonction-

nel. Avec l’appui de l’ONF (Office

national des forêts), sept kilomètres de haies champêtres ont été ajoutés

aux six existants, une centaine de

grands arbres ont été plantés. Plus de 3 % de la superficie des terrains

ont été consacrés à de nouveaux chemins, entretenus par les agriculteurs.

Gilles Barioz, céréalier et président du syndicat agricole des Grandes Terres, donne quelques exemples

de la double fonction recherchée, ludique et pratique. “Les haies cas-

sent la monotonie du paysage mais elles ont surtout une fonction de coupe-vent pour protéger les cul-

tures. Les petites digues et les fossés

sont jolis et évitent l’érosion des sols

en cas de fortes précipitations. Les plates-bandes enherbées sont des bons coins à pique-nique, qui absor-

bent et filtrent l’eau de pluie.” La terre du plateau, profonde et fertile,

terres

agricoles

cultivées

ici,

céréales. Mais on y trouve aussi des maraîchers, des arboriculteurs (ver-

gers), un rosiériste et un éleveur

avec 60 têtes de bétail. Au total, une quinzaine d’exploitants agricoles,

contre une cinquantaine il y a 40 ans, sur des parcelles allant de

deux hectares pour la plus petite, à 13 pour la plus grande d’un seul tenant (2).

Comme partout en France, les exploitations ont diminué en nom-

bre mais augmenté en surface, au fur et à mesure que les parcelles

sans héritiers repreneurs étaient rachetées par leurs voisins. Cette expansion correspond à la nécessité

d’obtenir une “taille critique”. “Dans les années 1970, avec 70 hectares en

céréales, on vivait bien. Aujourd’hui,

il faut au moins 160 hectares pour s’en sortir”, explique Thierry Butin,

céréalier et maraîcher retraité, adjoint au maire de Corbas et conseiller métropolitain.

Ainsi, de ses 330 hectares au total, Gilles Barioz tire un revenu équiva-

lent à 1 000 euros par mois, qu’il

parvient à doubler en faisant aussi de l’entretien d’espaces verts chez des particuliers et des travaux chez des collègues, au prix de plus de

60 heures de travail par semaine,

sans compter le mandat syndical… Ouvrier chez Renault Trucks, pay-

paysans des Grandes Terres. Celles

valorise sur de petits créneaux. Et

presque tous les paysans des

trie aussi. “Les nappes phréatiques

duction, on approvisionne les voi-

sagiste, gérant de jardinerie…, Grandes Terres doivent exercer une

double activité professionnelle, faute de revenus agricoles suffisants.

CHANGER DE PRATIQUES

EN SAVOIR PLUS Dans les épis, la guerre biologique Sur les Grandes Terres, pour lutter contre la pyrale du maïs (un papillon ravageur), on ne balance plus d’insecticide mais des insectes ! Avec un drone, l’exploitant lâche des milliers de trichogrammes, de minuscules abeilles de moins d’un millimètre, qui pondent leurs œufs dans ceux du papillon. La méthode Alien, en quelque sorte, aussi efficace qu’un pesticide chimique mais pas nocif. Sauf pour la pyrale !

“Ces dernières années, mon revenu

net à l’hectare est négatif sur le soja, le colza, l’orge et le sorgho, constate

Gilles Barioz. Il n’est positif que sur le blé et le maïs. Mais pour combien

de temps ? La concurrence des blés ukrainiens et roumains tire les prix agricoles vers le bas.” Les primes de

des températures et de la pluviomé-

ne sont pas reconstituées depuis cinq

ans, observe Thierry Butin. Sachant qu’il faut 600 litres d’eau pour obte-

nir un kilo de maïs et 400 litres pour un kilo de blé, on ne peut pas conti-

nuer à faire comme avant. Même dans les Grandes Terres, qui retien-

nent bien l’eau, il nous faut cultiver des variétés de céréales arrivant à

maturité plus rapidement, et prélever dans le Rhône plutôt que dans le sous-sol.”

DIVERSIFIER

la Politique agricole commune

Entre les aléas climatiques et finan-

manque à gagner. Et la création

Terres semblent peu maîtres de leur

européenne compensent un peu le d’une coopérative a permis de mutualiser l’achat et l’entretien d’un parc de machines agricoles perfor-

mantes (tracteurs, moissonneusesbatteuses, herses…).

La courbe des cours de la Bourse n’est pas la seule que scrutent les

ciers, les paysans des Grandes destin. “C’est difficile, convient

Dominique Sublet, mais nous

sommes optimistes. Pour s’en sortir dans l’avenir, on revient à ce qu’on faisait il y a 60 ans : une production diversifiée. Et au lieu de faire la

course sans fin au gigantisme, on la

plutôt qu’exporter 98 % de notre pro-

sins.” C’est le pari des Robins des

Champs, qui transforment leur blé

en farine de qualité vendue à Lyon (lire encadré page suivante). Autre

piste en plein essor : la culture de lentilles et de pois chiches, légumi-

neuses riches en protéines, très demandées par les cantines sco-

laires ou professionnelles. L’autre

piste de diversification sur les

Grandes Terres est de diminuer la part de céréales au profit des fruits

Les lentilles, riches en protéines, sont très demandées par les cantines.

voisinage du marché de gros de Cor-

À condition de trouver la main-

tation que sont les agriculteurs, il

chage. Car aujourd’hui plus qu’hier,

et légumes, en profitant enfin du bas. Pour ces spécialistes de l’adap-

sera possible de faire le poids face aux importations bon marché d’Espagne ou du Maroc grâce à une nou-

velle demande, celle de consomma-

teurs “prêts à payer la qualité et la traçabilité de ce qu’ils mangent. On a bon espoir de vivre enfin de notre travail”.

d’œuvre indispensable au maraî-

l’agriculture manque de bras. Avis aux courageux amateurs, pour trouver du travail, il n’y a qu’à traverser… le boulevard ! g

(1) REGROUPEMENT DE PARCELLES AGRICOLES AFIN DE FACILITER L’EXPLOITATION DES TERRES. (2) UN HECTARE = 10 000 M2, SOIT UN CARRÉ DE 100 M DE CÔTÉS.


DOSSIER

EXPRESSIONS / Mercredi 3 avril 2019 - n° 666

13

DOMINIQUE SUBLET

La lentille, il en fait tout un plat Ce Feyzinois de 55 ans exploite 120 hectares de parcelles

(surtout en céréales), dont certaines situées au sud de Vienne. Il est l’un des créateurs des Robins des Champs (lire encadré). Misant sur la diversification et constatant

la demande croissante de substituts végétaux à la viande de la part des particuliers et des collectivités, il parie sur un boom de la lentille verte. “C’est une vraie mine d’or

nutritionnelle : très faible index glycémique, riche en protéine végétale, en fibres, en minéraux, en vitamine B et en

antioxydants. Et surtout, c’est bon !” Avec son minuscule rendement de 270 kilos en 2018, il est encore loin de faire

de l’ombre aux producteurs du Puy, qui bénéficient d’AOC et d’AOP protectrices. “Je viens de réensemencer en dou-

blant la surface de culture mais la demande est si forte que nous n’arrivons pas encore à fournir !”

Les Robins des Champs fournissent déjà Villeurbanne en pois chiches et lentilles, et c’est en bonne voie avec la nouvelle cuisine centrale de Vénissieux. À bientôt à la cantine, les voisines ? g

GILLES BARIOZ

Homme de terre en robe des champs De la ferme historique des Barioz, vieille famille vénissiane, il reste encore un bâtiment pour stocker le foin, près de l’école Pasteur. Gilles sera sans doute

le dernier agriculteur d’une longue lignée, mais il

exploite aujourd’hui des parcelles sur treize communes différentes, essentiellement en céréales et

Les Robins des Champs Née en 2012, l’association regroupe six agriculteurs céréaliers, un meunier et une quarantaine de boulangers de la région lyonnaise. Dominique Sublet : “On a constaté que 75 % de notre blé, pourtant de qualité boulangère, servait à l’alimentation animale, et que 98 % de notre production était exportée, alors que les boulangers de Lyon s’approvisionnaient en farine de la Beauce ou à l’étranger. Absurde !” L’objectif est donc de produire et de vendre localement un blé et une farine de qualité, avec l’assurance d’un prix juste pour le consommateur et d’une rémunération équitable pour chaque acteur de la filière. Les Robins des Champs produisent une farine de tradition qui ne nécessite pas d’ajout d’additifs par le boulanger. Résultat, un pain coloré, parfumé, à la mie aérée, servi à la Brasserie Georges ou sur votre table. Depuis cette année, Les Robins des Champs produisent aussi des lentilles vertes et des pois chiches, de l’huile de colza et de tournesol. Boulangeries partenaires les plus proches : Boulangerie Jourdier : 34, rue Anatole-France, Vénissieux. Le fournil san-priot : 2, place des NationsUnies, Saint-Priest. Le grain et la meule : 238, route de Vienne, Lyon 8e.

Espace de travail et de loisirs, le plateau des Grandes Terres accueille 20 000 visiteurs par an.

luzerne. La moitié de ses 330 hectares est passée en bio en 2016. “À terme, je vais basculer 100  % de ma

production. C’est plus de travail mais c’est mieux valorisé et moins risqué.” Ce taiseux au sourire timide est

un gros bosseur. Comme si le travail de la terre ne suffisait pas, il est assesseur aux tribunaux paritaires

(l’équivalent des Prud’hommes) et président du Syn-

les organismes nuisibles en Rhône-Alpes… Le pire,

FNSEA) depuis 2005, après avoir été responsable de

sème, le prix de vente de la récolte.” Le meilleur ? “Le

dicat agricole Corbas-Vénissieux-Feyzin (affilié à la la Fédération régionale de lutte et de défense contre

dans ce métier ? “Ne jamais savoir, au moment où l’on

rapport à la terre, à la nature. Pour moi, c’est vital.” g

PIERRE ET JEAN-CHARLES ORARD

Gones n’Roses Les roseraies Orard ont été fondées à Feyzin en 1930 par leur grand-

père Pierre-Joseph, venu de Villeurbanne, séduit par les bonnes conditions agro-climatiques des Grandes Terres. “Ce sont des sols parfaits, qui restituent bien l’été la pluviométrie automnale et hivernale, pas besoin d’arroser”, explique Pierre Orard. Leurs serres sont nichées dans un lotissement feyzinois, mais leurs 60 000 rosiers poussent cette

année en terres vénissiannes. Pour garantir une bonne santé à leurs

plants, les rosiéristes pratiquent une rotation des cultures, changeant

de parcelles chaque année, en alternance avec les terres à blé de Dominique Sublet. Dignes héritiers de l’école lyonnaise de la rose, les Orard ont créé plus d’une vingtaine de nouvelles variétés de roses. Leurs

rosiers sont vendus essentiellement aux professionnels et aux jardineries, mais également aux particuliers grâce à leur site Internet (www.roses-orard.com). g


14

C

CULTURE

ertaines sont sorties en colère de J’ai pris mon père sur mes épaules, très beau

spectacle d’Arnaud Meunier sur un texte fort de Fabrice Melquiot. La représentation se déroulait au

théâtre des Célestins à Lyon, où cette pièce, jouée entre autres par

Rachida Brakni et Philippe Torreton, était programmée jusqu’au 23 mars. Elles étaient une vingtaine de femmes en provenance des Minguettes et réunies, via le centre social Roger-Vailland et la

Maison de quartier Darnaise, par

la photographe Malika Mihoubi (du collectif Blick), avec qui elles

avaient partagé le projet des Chro-

Mercredi 3 avril 2019 - n° 666 / EXPRESSIONS

“J’AI PRIS MON PÈRE SUR MES ÉPAULES”

Torreton, sur tous les tons Suite à ses Chroniques vénissianes, la photographe Malika Mihoubi a amené des femmes des Minguettes aux Célestins avant d'organiser une rencontre avec le comédien Philippe Torreton à l'Espace Pandora.

niques vénissianes. En colère donc

parce que plusieurs passages les avaient heurtées, entre autres un

sur le Bataclan. Elles en ont dis-

cuté entre elles, avec les animatrices des deux structures et Malika, avant de pouvoir rencontrer Philippe Torreton ce 19 mars à l’Espace Pandora, à Vénissieux.

“On ne voulait pas rater”, ont-elles

immédiatement déclaré à l’acteur. Qui leur répond : “Moi non plus !”

“Quand on m’a annoncé qu’on allait avoir 2 h 50 de pièce, j’ai flippé, démarre l’une d’entre elles. Finalement, c’est la fin qui m’a fait

sentir le temps mais, jusqu’à cette

dernière demi-heure, c’était bien. Je me suis crue dans un film.”

“LE THÉÂTRE, UNE SORTE DE DIALOGUE BIZARRE”

Une autre précise qu’elle a appré-

cié la mise en scène et le décor tournant, le tremblement de terre

avec les fissures dans le mur : “On

PHOTO MALIKA MIHOUBI

était emportées par tout ça et par la question de la mort. On la côtoie

mais on n’en parle pas. Moi, j’en parle avec mes enfants. J’ai beaucoup aimé cette histoire de la mort

mais je n’ai pas bien compris pour-

quoi, tout à coup, ils parlent du Bataclan. Bon, sinon, c’était magnifique et vous étiez magnifique.”

L’acteur sourit. “Au théâtre, on

“Heureusement qu’on a des temps comme cela pour débattre !”, s’est exclamée une participante lors de la rencontre avec le comédien. de tous les jours. On ne nous prête

attentats du Bataclan, un des per-

mon mari et mes enfants dor-

par tel sujet, il ne faut pas qu’il se

cela était réservé aux rois et aux

cafétéria d’autoroute) s’exclame :

besoin d’en parler.”

Et lorsqu’on lui demande s’il pré-

ni poésie ni noblesse, comme si tout

peut tout montrer, même quelque

reines. Je dis nous parce que je suis

clan. Après, on se pose la question :

que j’ai raconté ma mémé dans un

chose d’aussi terrible que le Bata-

comment le dire, le montrer ? Quand Arnaud Meunier a commandé le texte à Fabrice Melquiot,

c’était peu de temps après. Il voulait

une pièce qui raconte la France d’aujourd’hui, avec des gens qu’on

ne voit jamais au théâtre. Les classes populaires ne sont toujours

montrées qu’à travers des faits divers. On ne montre pas la poésie

issu de ce milieu. C’est pour cela livre. Elle avait une grandeur d’âme incroyable.”

Il poursuit : “Le théâtre propose une sorte de dialogue bizarre. Les

mots dits par d’autres restent en nous.”

Une femme, qui s’affirme “voilée,

sonnages (une serveuse dans une

“C’est les Arabes !” “Parce que la fille est bête, répond Torreton. La phrase de cette jeune fille est stu-

pide mais c’est pour dire que ça existe.”

Une exclamation ne se fait pas atten-

dre: “Heureusement qu’on a des temps comme cela pour débattre!”

“VOUS M’AVEZ EMPORTÉE”

musulmane mais ouverte en tout”

Une autre spectatrice prend la

la pièce, quand il est question des

Quand je suis rentrée chez moi,

ne comprend pas pourquoi, dans

parole : “Vous m’avez emportée.

maient et c’était dommage, j’avais

“Cette discussion, rebondit le comédien, prouve que le théâtre a

raison de montrer les choses même

crûment. Ce qui compte, c’est la finalité. Le chemin pour y arriver

prend parfois des impasses. […] Chacun peut se sentir gêné par un aspect de la pièce. On n’en est pas

tous au même point dans notre réflexion. Je fuis l’homogénéité des

gens. Vive nous, tous très diffé-

rents ! Et il ne faut surtout pas conclure que, puisque je suis gêné

retrouve sur une scène.”

fère le cinéma ou le théâtre, il répond : “Jouer c’est jouer.”

Nous, aux Minguettes, lance alors

une dame, “pas besoin de payer des places de théâtre, c’est tout en direct !”

Et c’est sur des rires, autour d’un

excellent thé et de quelques pâtis-

series préparées par les visiteuses, que cette belle rencontre s’est achevée. g

JEAN-CHARLES LEMEUNIER


CULTURE

EXPRESSIONS / Mercredi 3 avril 2019 - n° 666

15

ESPACE MADELEINE-LAMBERT

SEUIL #7

Desipere est juris gentium Jeudi 6 décembre 2018 : chemin du Cluzel / la ZUP Inaugurée lors du festival Essenti'[elles],

l’exposition

“Road-movie péplum : deux

La plasticienne Claire Georgina Daudin poursuit son investigation des seuils vénissians. Cette fois, avec Carla Neff, documentariste au sein du collectif À l’Œil Nu qui enquête sur le sentiment d’appartenance à son quartier sur le plateau des Minguettes.

Les deux artistes aux côtés de Bayrem Braïki, adjoint à la culture.

des fictions complètes, ramifiées. Nous accueillons ici le deuxième volet d’un road movie, dont

zel, bordée de pavillons

le premier prenait place entre la Camargue et le béton des cités du littoral. Baptisé “Road-

aux jardins arborés, pour

movie péplum”, ce second volet prend en compte un genre jamais encore exploré dans l’art

nous élever sur le plateau.

contemporain. Emmanuelle et Stéphanie sont tout à la fois actrices, fausses jumelles et utilisent

Son entrée est marquée

le principe du détournement. Elles assimilent les codes du cinéma, de la musique pop, de la

par un changement radical

publicité, du marketing pour mieux les désamorcer par des observations critiques.”

du paysage : l’espace feutré

Fausses jumelles effectivement que ces Romula et Rema que jouent ironiquement les deux

des maisons individuelles

plasticiennes au cours d’une performance réjouissante. “Elles transgressent avec malice les codes de l’exposition”, ajoute encore Xavier Jullien. Se moquant de tous les détails antiques

PHOTO CLAIRE GEORGINA DAUDIN

où nos pieds touchaient le

phanie Sagot, qui évoquent

contemporain de Vénissieux, crée

remontons la rue du Clu-

interminable pelouse. Là

Emmanuelle Becquemin et Sté-

lien, directeur de l’espace d’art

centre de la ville. Nous

de nous. Le sol devient une

cachent deux plasticiennes,

“La cellule, explique Xavier Jul-

nous y rendre, depuis le

Les tours s’élèvent autour

nom étrange de La cellule se

l’Antiquité.

guettes nous entraîne à

cales et ses horizontales.

jusqu’au 20 avril. Derrière le

pellier) à travers le thème de

qu’est le plateau des Min-

sité signifiée par ses verti-

Lambert (Maison du peuple)

métropole méridionale (Mont-

pour ce vaste territoire

laisse place à une immen-

est visible à l’espace Madeleine-

avec beaucoup d’humour une

Notre curiosité commune

aux décors personnalisés

sirènes chez les Argonautes”

bitume craquelé, usé, où

de la région Languedoc-Roussillon, rebaptisée Septimanie par Georges Frêche, l’Imperator montpelliérain, elles filment le quartier Antigone, l’Arena, le Bistro romain, s’amusent avec

un fer à repasser Dark Vapor ou des chars électriques que n’aurait pas reniés Ben-Hur.

Desipere est juris gentium, aurait soupiré le vieux pirate d’Astérix, craignant les sortilèges. Et c’est vrai qu’être extravagant est un droit. g

“ROAD-MOVIE PÉPLUM : DEUX SIRÈNES CHEZ LES ARGONAUTES” : JUSQU’AU 20 DU MERCREDI AU SAMEDI DE 14 À 18 HEURES. ENTRÉE LIBRE.

AVRIL À L’ESPACE

MADELEINE-LAMBERT (12, RUE EUGÈNE-PELOUX).

parfois — juste à la jonction des deux

cours ne peut y prendre. Le sol ici est refait.

— affleurent les gros galets qui structu-

glisse. L’espace y est sans recoins, ouvert,

THÉÂTRE DE VÉNISSIEUX

paysage modelé par les terre-pleins des

De l’Arctique à l’art poétique

mondes, suivant une tectonique complexe

raient le chemin antérieur, se trouve à présent un goudron neuf, lisse, revêtement s’étirant sur toute la dalle de cet espace surplombant non seulement la ville mais

la métropole entière. Le plateau et ses

fameuses tours se voient de loin ; lorsqu’on s’y trouve, on capte l’espace à une plus

grande échelle, prenant la mesure de la

volonté de modernité qui a présidé à l’implantation de ce quartier dans les années

1960. Le gigantesque entraîne le renouveau : l’inscription fine des détails du

temps, des craquelures de la vieillesse en

Les murs lissés. Le cours des choses y infini. Nous allons tout droit à travers ce

espaces de jeux et bordé des barres d’immeubles orthogonales. Le regard porte si haut et loin qu’une sensation aérienne,

entre griserie et vertige, survient. Les fenêtres des immeubles en surplomb sont autant d’yeux braqués. L’îlot du jardin de

la Passion émerge de cette nappe : arbustes

et sillons terreux renouent avec l’attention

au détail minuscule, auxquels les yeux et

les mains s’attachent comme à des repères définis. g

Et si c’était tout simplement la poésie qui

scène par Juliette, François Morel chante

Théâtre de Vénissieux ? Une poésie nour-

l’autre, les manifs, le Petit Jésus, le fils

était programmée deux fois de suite au rie de danse, de musique et de vidéo le

7 avril, avec Mirages — Les âmes boréales des frères Christian et François Ben Aïm. Une poésie en chansons le 12 avril avec La Vie (titre provisoire).

Commençons par cette création chorégra-

phique de 2018, dansée par Mylène Lamugnière et Félix Héaulme et visible à partir

tendrement, ironiquement, parfois l’un et

indigne et pourtant préféré ou les savoureux Trucs inutiles — dans lesquels il cite Edgar Faure : “L’immobilisme est en

marche et rien ne peut l’arrêter !” Rien n’arrêtera non plus François Morel, pas

du tout immobile puisque jamais là où on l’attend. g

J.-C.L.

de 5 ans. Mirages — Les âmes boréales est

avant tout un igloo construit quelque part dans la pâleur polaire de l’Arctique, dont

les habitants doivent vivre au diapason

À NOTER

Avec La Vie (titre provisoire), celui que

● Mirages — les âmes boréales le 7 avril à 15 h 30. Séances scolaires le 8 avril à 9 h 30 et 14 h 30 ; le 9 avril à 9 h 30. Tarifs : de 5 à 8 euros. ● La vie (titre provisoire) le 12 avril à 20 heures. Tarifs : de 5 à 19 euros.

chroniqueur radio se révèle chanteur et,

AU THÉÂTRE DE VÉNISSIEUX. RÉSERVATIONS : 04 72 90 86 68. WWW.THEATRE-VENISSIEUX.FR

de la nature, guettés par les dangers, émerveillés par les aurores boréales. Pour

rendre cette beauté, danse et vidéo sont au rendez-vous.

l’on connaît comme acteur, Deschien ou allons-y, philosophe gouailleur. Mis en


16

CULTURE

Mercredi 3 avril 2019 - n° 666 / EXPRESSIONS

NUITS DE FOURVIÈRE 2019

Deux mois d’émois cialiste des musiques tradition-

Pockemon Crew, 14 juillet à 20 h 30.

Vénissieux encore avec le parc de

auteur de comic’s, créateur de

puisque le parc s’étend sur les deux

Crumb.” Crumb ? Le fabuleux Fritz le chat, adulé par tous les fans de BD américaine ? Associé

à l’accordéon qui nous faisait

fuir, enfant, quand passaient à la télé André Verchuren, Aimable et Yvette Horner, grands artistes,

certes, mais qui déplaisaient au gamin féru de rock que j’étais ?

C’est gonflé ! Et ce sera, précipitez-vous car il n’y en aura pas

pour tout le monde, le 6 juillet à la salle Molière.

LE FESTIVAL LE PLUS IMPORTANT

région au vu du nombre de dates

qui

monte

L’Orestie

PHOTO YOURI LENQUETTE

nent avec Tout le monde ne peut pas être orphelin (au Radiant de

Caluire). Le festival a également poussé les étudiants de l’Ensatt à

travailler avec les Comp. Marius, ces étonnants Flamands qui se

trouver quelqu’un qui ne

la salle Molière à Lyon, forte de

programmation des Nuits de

Fourvière. Du 1er juin au 30 juil-

let, le festival financé par la

Métropole aligne 53 spectacles

tous genres confondus : théâtre,

danse, musique, opéra, cirque et

même karaoké géant. Avec, parfois, des mariages qui paraissent

improbables. Laissons la parole

à Dominique Delorme, directeur de

la

manifestation :

“Nous

ouvrons cette année une nouvelle

ses 500 places, un écrin qui permet

une écoute en acoustique. La deuxième rencontre a été faite

avec le violoncelliste Vincent

Segal, qui va ouvrir un nouveau cycle de concerts : les Salons de

musique. C’est lui qui a proposé le nom.”

sont attaqués au répertoire de Beaumarchais et de Pagnol. Là, ce

sera pour du Shakespeare, un melting-pot de ses drames royaux.

La danse sera au rendez-vous

avec Natalia Osipova et son parcours sans faute du Bolchoï au Royal Ballet de Londres, via

l’American Ballet Theatre de New

York, et avec Yoann Bourgeois qui

mettra ses chorégraphies acrobatiques au service du Requiem de

Jusque-là, rien d’étonnant. Mais

Mozart. Quant au Pockemon

ainsi un hommage à Émile Vacher,

tre de Vénissieux début février, il

attendez la suite : “Nous rendrons l’inventeur du musette disparu en

1969, avec Philippe Krümm, spé-

mais celui de l’instinct animal. Nous mettons en scène cet instinct.” Les

amateurs de cirque pourront aussi se rendre au domaine de LacroixLaval, à Marcy-l’Étoile, pour voir

Lexicon, spectacle gallois du NoFit Fourvière pour le cirque Éloize qui, pour la première fois au festival.

française : Zazie, M, Claire Diterzi,

Les Chiens de Navarre qui revien-

trouve pas son compte dans la

soient pas le résultat d’un dressage

habitué des Nuits qui s’intéresse

suit sa traque d’Aristophane ou

L

tableaux exécutés par les chevaux ne

Restent encore les amateurs de

d’Eschyle, Serge Valletti qui pour-

Du 1 juin au 30 juillet, théâtre, danse, musique, opéra, cirque et même karaoké géant se bousculeront au théâtre romain de Fourvière et dans d’autres lieux de la Métropole, dont le parc de Parilly.

quelques mois: “Je voulais que les

tique. Côté théâtre, on aura le

posés — est on ne peut plus éclec-

dant

L’idée est née de la rencontre avec

en scène nous expliquait il y a

LA MUSIQUE,

Rosie, mais aussi Georges Lavau-

vous. Il sera difficile de

Bartabas pour ExAnima. Le metteur

et de la qualité des spectacles pro-

musique par les deux sœurs Coco-

er

au 24 juillet, le théâtre équestre de

à l’occasion de ses 25 ans, viendra

au Livre de la jungle mis en

piste de présentation d’artistes.

de trente représentations, du 14 juin

habitude pour ce festival qui est

choix entre Robert Wilson, un

es grincheux, comptez-

communes, où s’installera le temps

State Circus, et au grand théâtre de

sans doute le plus important de la

Cirque Éloize, du 17 auu 22 juin à 21 h 30

Parilly, enfin Vénissieux et Bron

DE LA RÉGION

La programmation — c’est une

Youssou N’Dour, 20 juillet à 20 heures

PETIT DÉTOUR PAR VÉNISSIEUX

nelles, et le dessinateur Robert

Crew, après être passé par le Théâviendra célébrer son vingtième anniversaire à Fourvière.

DES JEUNES AUX SURVIVANTS

musique. Iront-ils voir la chanson

Vanessa Paradis, Arthur H, Eddy De Pretto, Clara Luciani ? Du jazz

avec Biréli Lagrène ou Ibrahim Maalouf ? Un hommage à Leonard

Cohen ? De la soul avec Don Bryant et Mavis Staples, de la

musique africaine avec Youssou N’Dour, du son cubain avec

Omara Portuondo ? Du rock-pop avec New Order, Interpol, Damon

Albarn (The Good, the Bad and the Queen), Bon Iver, Sting, Tears for

Fears, Jeanne Added, The Blaze ? Ou quelques groupes mythiques

— du moins ce qu’il en reste : Magma, King Crimson, Midnight Oil, Pink Floyd (représenté par Nick

Mason)

et

Supertramp

(représenté par Roger Hodgson) ? Et comme toutes ces soirées vont

vous donner envie de chanter, rien de tel que l’Éclat final, le 30 juillet, où avec les Franglaises et Arte, on pourra se livrer à un karaoké géant. g

JEAN-CHARLES LEMEUNIER LES NUITS DE FOURVIÈRE, DU 1ER JUIN AU 30 JUILLET. TARIFS, SUIVANT LES SOIRÉES, ENTRE 5 ET 65 EUROS. PROGRAMME COMPLET SUR WWW.NUITSDEFOURVIERE.COM


CULTURE

EXPRESSIONS / Mercredi 3 avril 2019 - n° 666

TRIBU HÉRISSON

À VENIR Workshop et concert à Bizarre! Ce 10 avril à 18h30, un workshop sur les droits d’auteur est proposé aux artistes en voie de professionnalisation, animé par Claire Le Goff (de La Machinerie, qui regroupe le Théâtre de Vénissieux et Bizarre!), Maxime Jacquard et Fanny Chiche (éditeurs au sein d’Écho Orange). Inscription obligatoire, dans la limite des places disponibles, en précisant vos noms, structures ou groupes (deux personnes par structure) : progbizarre@lamachinerie-venissieux.fr. Puis, le 13 avril à 20h30, dans le cadre du Disquaire Day, on appréciera Infinit', Kobo et Marty de Lutèce. Sur place: 12 euros. Préventes + frais de loc.: 10 euros. Tarif réduit: 10 euros. Gratuit avec le Pass' Bizarre!

Isayama Le 12 avril à 20 heures, à la salle ÉrikSatie, l’école de musique Jean-Wiener présente Isayama, un conte de Pierre Bottero adapté en jazz par Christophe Waldner au piano et Matthieu Garreau à la batterie et aux percussions. L’his-

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toire sera racontée par le comédien Quentin Ripoll. Les enfants participeront sous forme de jeux vocaux et de percussions corporelles. Séance scolaire à 14h30. Renseignements: 0437250277.

sportifs et le 13 avril à 9h30 à la bibliothèque Robert-Desnos, un café philo le 6 avril à 15 heures et une conférence musicale le 13 avril à 15h30, tous deux à la médiathèque. Quant aux prix pour les Films de poche, ils seront remis à la médiathèque le 13 avril à 14 heures. Renseignements: 0472214554.

Concert de Yunior Navarrete à l’Alma Arrivé à Lyon en septembre, l’auteurcompositeur-interprète cubain Yunior Navarrete se produit en concert le 13 avril à 20 heures à l’Alma (5 bis, rue de l’Ancienne-Gare). Tarif plein: 10 euros; pour les Vénissians: 8 euros. Réservations: 0980360364.

Monstres et autres curiosités Orchestrée par la médiathèque LucieAubrac, la manifestation se poursuit avec le ciné-concert de L’Homme qui rit (1928) ce 4 avril à 19 heures à la bibliothèque Robert-Desnos, une rencontre-dédicace avec Arthur de Pins, le créateur de Zombillenium, le 5 avril à 17h30 à la médiathèque, des ateliers DIY le 6 avril à 9h30 à la maison des

Langues parlées, écrites et chantées

Mené par Chems Amrouche, Xavier Saïki et Serge Sana, les

musiciens de la Tribu Hérisson, le projet Concert sous la

langue explore la diversité linguistique. Ces langues entendues ici et là dans les quartiers et les campagnes qui sont,

assurent-ils, “autant de manières de voir, de vivre et de conter

Ateliers d'écriture Auteur en résidence auprès de l'Espace Pandora, Rémi Checchetto anime plusieurs ateliers d'écriture à la médiathèque Lucie-Aubrac (12 et 19 avril, entre 17 et 19 heures), au jardin de l'Envol (les 9 et 19 avril, de 14 à 16h30, et le 16 avril au matin) et sur le marché des Minguettes (13 avril, dans la matinée). Renseignements: 0472501478.

Le Porte-Pôt L’épicerie-comptoir du 329, route de Vienne accueille ce vendredi 5 avril à 19h30 Berthe et le Barbu. Qui chanteront, entre autres, l’art de rien faire “qui prend du temps, l’air de rien”. Entrée gratuite. Rens.: 0472628618.

le monde”. On se souvient du concert donné à Monmousseau comportant des paroles d'habitants ou de leurs arbres à casques.

La Tribu poursuit son travail avec une série d’émissions

de radio sur la thématique des langues, enregistrées en partenariat avec les associations vénissianes Oyenga Simy-

Flo et AELSF (Accessibilité-égalité langue des signes française) et diffusées sur Radio Pluriel le 6 avril de 9 à 10 heures et le 10 avril de 10 à 11 heures. Signalons encore

que le CD Le Concert sous la langue sortira en mai prochain et qu’il est encore possible de participer à son financement

sur le site www.helloasso.com/associations/la-tribu-herisson/collectes/participer-a-la-creation-du-cd-concert-sous-lalangue.

Sur des musiques de la Tribu, il comportera des textes en français mais aussi dans diverses langues africaines, en kabyle, arabe, khmer, créole, italien, anglais, etc. g

Cinéma Gérard Philipe

12, avenue Jean Cagne 04 78 70 40 47 cinemagerard.philipe@ville-venissieux.fr

Classé Art et Essai

Les 18 Fugitives

COUP DE PROJECTEUR

Sous le charme de deux classiques DANS

LE CADRE DE CINÉ COLLECTION

L’occasion est tellement rare de voir

sur grand écran Les Chasses du

comte Zaroff qu’elle mérite d’être soulignée. Le film est tourné en 1932 Dans le cadre du festival Palestine en vue, le film de Paul Cowan et Amer Shomali sera diffusé le 4 avril à 20 heures et suivi d’un débat avec Échanges Rhône-AlpesAuvergne Palestine. À travers l’acquisition clandestine par une ville palestinienne de 18 vaches en provenance d’un kibboutz israélien en 1988, ce mélange de témoignages et de séquences d’animation aborde d’une manière originale la première Intifada.

Qui m’aime me suive Catherine Frot et Daniel Auteuil au cœur d’une comédie de José Alcala. À l’issue de la séance du 9 avril à 14 h 30, un café sera offert par l’association LSR.

Tarif plein : 6,70 €, tarif réduit : 5,80 €, tarif Est-Écrans : 5 € / - de 14 ans : 4 €. Carte Est-Écrans valable un an à partir de la date d’achat. Supplément : 1 € pour séances en 3D. www.ville-vénissieux.fr/cinema/grac.asso.fr/salles/64-cinema-gerard-philipe

Séances à l’attention des sourds et malentendants Dumbo (4 avril à 18 heures) ; Tanguy, le retour (11 avril à 18 h 30).

par Irving Pichel et Ernest B. Schoed-

sack qui, l’année suivante, rejoindra Merian C. Cooper sur le plateau de King Kong. Le sujet est simple, qui

sera par la suite plusieurs fois repris.

Le seul survivant d’un naufrage, un chasseur de fauves (Joel McCrea), est

recueilli sur une île par le comte Zaroff (Leslie Banks). Parmi les sur-

vivants d’une précédente mésaven-

ture, citons encore Fay Wray qui,

quizz sur ce grand cinéaste améri-

dans les bras velus du roi Kong. Ce

Comment oublier l’expédition de

l’année suivante, s’époumonera n’est un secret pour personne : ce méchant diable de Zaroff lâche dans

la nature les fringants McCrea et Wray pour les traquer tels des bêtes.

Autant dire une merveille, qui sera projetée le 4 avril à 14 h 30.

Puis, le 11 avril à 18 h 30, toujours dans le cadre de Ciné Collection, on

se régalera avec le New York 1997 de John Carpenter, agrémenté d’un

cain.

Snake Plissken (Kurt Russell), un dur

à cuire lâché dans un Manhattan futuriste devenu une gigantesque prison à l’air libre ? Il est missionné

pour retrouver le président des États-Unis himself, dont l’Air Force

One s’est crashé dans un lieu où l’on

n’oserait laisser seul le pire des mal-

frats. La subversion ricanante est au rendez-vous. g


18

SPORTS

Mercredi 3 avril 2019 - n° 666 / EXPRESSIONS

Comment un sport devient-il olympique ? Il existe 33 critères de sélection. Voici les principaux : - Le sport doit dans un premier temps être reconnu à l’échelle internationale, c’est-à-dire qu’il doit dépendre d’une fédération internationale devant respecter la Charte olympique qui fixe les principes fondamentaux et les valeurs essentielles de l’Olympisme. - Il doit ensuite être largement pratiqué dans le monde (universalité), dans au moins 50 pays et trois continents pour les hommes, 35 pays et trois continents pour les femmes. - L’image du sport entre également en jeu. Par exemple, un sport qui demande la construction de grandes infrastructures ayant un impact possible sur l’environnement a très peu de chances d’être sélectionné. - Les coûts sont également pris en compte : construction des équipements, mesures de sécurité, production télévisuelle, etc. - Enfin le sport doit démontrer une réelle popularité : vente de billets, couverture télévisée, sites Internet, sponsors , etc.

SOURCE : WWW.DEMAIN-JOPARIS2024.FR

KARATÉ

Définitivement mis hors Jeux ? Le karaté sera présent aux Jeux olympiques de 2020 à Tokyo en tant que sport additionnel. Mais pour l’instant, il n’a pas été retenu comme sport olympique aux JO 2024 de Paris. Grosse désillusion pour le mouvement karatéka, notamment pour le Vénissian Djamel Bezriche, enseignant diplômé d’État au Sen No Sen, qui garde encore espoir. Le karaté sera sport addition-

également sports additionnels,

pas retenu à ceux de 2024. Com-

de tout cela, la discipline reste

nel aux JO de 2020, mais n’est ment expliquer cette décision ? C’est

une

incompréhension.

Comme beaucoup, je ne m’y attendais pas, je suis surpris de

la décision du Comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO).

On peut d’autant plus s’interroger sur cette décision que le

karaté a beaucoup d’atouts : il

allie spectacle en kumité (combat) et spectacle esthétique en kata

(enchaînements

tech-

niques), et affiche un nombre conséquent de licenciés.

Donc le karaté sera bel et bien

la France termine à chaque com-

et évincé des JO de Paris ?

le skateboard et le breakdance,

sion finale revient au Comité

médaillés. Globalement, un sport

international olympique. Celui-ci

ne sera pas sélectionné si celui-ci

devra approuver ou non les cinq

bénéficie d’une faible couverture

sports proposés par le COJO

médiatique, s’il offre une visibilité

(karaté, surf, escalade, skate et

médiocre aux sponsors et par

baseball/softball) quelques mois

conséquent engendre peu de

revenus pour le pouvoir organisateur. Hélas, le karaté est encore dans ce cas de figure.

des erreurs de fonctionnement,

vrai qu’avec les réseaux sociaux,

Aucune certitude puisque la déci-

pétition dans le top 3 des pays

sion. Le Comité olympique veut

jeune, plus dans le vent. Et il est

discipline additionnelle à Tokyo

quement lors des Mondiaux, car

N’y a-t-il pas d’autres raisons ?

toucher un nouveau public, plus

spectateur d’y voir plus clair.

figée, attire peu les médias ou uni-

Il faut aller chercher plus loin

pour tenter d’expliquer cette déci-

escrime —, ce qui permet au

font le buzz. Avec le karaté, rien

Il y a quelques années, il y a eu d’évidentes mésententes internes et imputables aux dirigeants eux-

mêmes. Mais le problème, pour moi, est plus d’ordre fonctionnel.

après les Jeux de Tokyo. Le karaté

“Le karaté doit montrer qu’il mérite sa place en tant que sport olympique.” Les compétitions de karaté, telles

bien en kata qu’en combat,

fiées, sont éloignées du karaté

pour que cette discipline soit

qu’elles sont organisées et codioriginel. Pénaliser un contact

même contrôlé ne rend pas service aux compétiteurs. Pas mal d’entre eux se dirigent vers le

full, le light, la boxe thaïe… Aussi

quelles règles faudrait-il adopter

enfin lisible pour un public non averti ? Le taekwondo y avait répondu en partie en incorporant

le port des plastrons électroniques — un peu comme en

doit donc continuer à se battre et

montrer lors des JO 2020 qu’il

mérite sa place en tant que sport olympique.

De plus, la pétition lancée par le média Actu-Karaté a recueilli près

de 40 000 signatures. Peut-être que cela va peser ?

g

DJAMEL YOUNSI


SPORTS

EXPRESSIONS / Mercredi 3 avril 2019 - n° 666

Recruteur officiel national de la compétition, Proman, entreprise de travail temporaire, lance le programme de recrutements pour la Coupe du monde féminine qui se déroulera en France du 7 juin au 7 juillet pro-

chain. Plus de 2500 personnes recherchées dans les neuf villes hôtes dont évidemment Lyon.

Sabrina Sadgui, de l’agence de communication Ulysse, a pointé les postes susceptibles d’intéresser les candi-

dats: des agents logistiques, des serveurs et des pro-

fessionnels de la restauration, des conducteurs de car, des animateurs et des hôtes et hôtesses d’accueil… “C’est la motivation des personnes intéressées qui sera prise en compte.”

Concrètement, il suffit d’envoyer une lettre de motiva-

tion à l’une des agences (il y en a 347 en France), qui

mettront en relation les candidats et les entreprises qui vont intervenir dans le cadre de la Coupe du monde.

Autres possibilités offertes aux candidats: profiter du “Bus pour l’emploi”, habillé pour l’occasion aux couleurs de la compétition, qui sillonnera la France pen-

dant près de trois semaines, en s’arrêtant dans toutes les villes de la compétition. Les personnes qui le sou-

haitent pourront venir proposer leur candidature

spontanément aux conseillers professionnels Proman chargés de faire passer les entretiens (le 8 avril à Lyon,

de 9 heures à 18 heures, place Antonin-Jutard, Lyon 3e). Les missions proposées sont à temps plein et débu-

teront, pour la plupart, quelques jours avant le début

de la compétition et se termineront en général avec la

Samedi 6 avril ● 6e tournoi inter-entreprises

de Vénissieux Handball aux gymnases Anquetil et Guimier, de 9 heures à 18h30. ● Les pongistes du Charréard accueillent l’ASPTT Lyon au gymnase du Charréard, à partir de 16 heures. ● Les footballeurs du Vénissieux FC reçoivent MisérieuxTrévoux au stade Gérin, à 18 heures.

Dimanche 7 avril ● Les basketteuses de l’ALVP

reçoivent Horbourg-Wihr au gymnase Anquetil, à 15h30.

Samedi 13 avril ● Tournoi de foot de Vénis-

sieux FC pour les U12 au stade Gérin, de 8h30 à 18h30. Le lendemain, idem pour les U13. ● Foot fauteuil de Division 4 (Handisport Lyonnais) au gymnase Triolet, de 11 à 18 heures. ● Meeting de natation organisé par le CMO-V au CNI, de 13 à 19 heures. Le lendemain suite et fin de 8 à 18 heures.

Dimanche 14 avril ● Les basketteuses de l’ALVP

accueillent Bron BB au gymnase Anquetil, à 15h30.

fin de l’événement un mois plus tard. g

PROMAN LYON INDUSTRIE : AU 77, COURS GAMBETTA (04 78 24 56 04). PROMAN LYON JAURÈS : AU 119, AVENUE JEAN-JAURÈS (04 78 24 56 04). MAIS MEYZIEU, BEYNOST, L’ARBRESLE…

Place au padel

Qu’est-ce qui est remplie de gomme, ne possède pas de cordage, pèse quelque 370 g? La raquette utilisée

Rolando & Poisson Spécialiste du bâtiment depuis 1858

chrono. C’est mieux qu’en 2016 (334) et 2011 (320), les deux plus fortes affluences enregistrées l’épreuve.

depuis

la

création

de

“Je ne regarde pas trop les chiffres, assure

le responsable de club. Pour l’anecdote, on a inscrit à la toute dernière seconde une

quinzaine de retardataires pris au piège du

changement d’heure, et qui ont presque pris

le tram… en marche. Sincèrement, mon premier objectif est de voir des gens heureux

de prendre part à notre Nordique. Et je pense que cela a été le cas.”

cée sur le fil par Christine Lalice, mais

croyable sprint final entre le Clermontois

nou (Athléform 42). Petit cocorico pour

On notera sur le 12 km chronométré l’in-

Cyril Grangeon et le Drômois Christophe

Rey, le premier s’imposant pour trois

petites secondes, alors que Roland Juillard, de l’AFA, s’offrait la 3e place sur le podium,

à trois minutes du duo. Chez les féminines, également une 3e place sur le podium pour

l’AFA, avec Anne-Sophie Lefebvre devan-

assez loin de la lauréate Yamina Talaoua-

Jean-Louis Perrin après les victoires d’Anne Prange et d’Aude Castello, respectivement en vétéran et senior.

Par équipe, c’est l’équipe de l’Athléform 42 qui s’impose devant MN.Talaudière et l’AFA Feyzin-Vénissieux, encore une fois 3e. g

En attendant le vélo, lumières sur la gym Les Vénissiades de Prin-

temps 2019 chères à la Ville ont connu un cer-

badminton et surtout

24 mars dernier — une première — affrontant des

gym (six demi-journées

équipes expérimentées telles que Saint-Étienne-de-

durant la manifesta-

Saint-Geoirs (Isère) et Chassieu. Certes, les Vénissians

tion). En raison de l’ab-

ont été dominés, mais ils ont pu sauver l’honneur à

sence d’un enseignant

l’issue des neuf matches concernant les cinq joueurs du MVT (Sophie, Samrach, Tristan, Valérie et Christian)

malade, la session d’escalade a été annulée

de la police municipale. On envisage même

primaires s’en seront donc donné à cœur

APER. La direction municipale des sports a

le 28 mars. Quelque 800 élèves de classes

en double messieurs, double dames, double mixte.

Bien évidemment, le tennis n’est pas abandonné sur

joie, du 25 au 29  mars, afin de ponctuer

les courts du club. Lors des finales départementales

à la 1re division départementale. g

chrono qui se sont mesurés sur le 12 km

nées. Au menu: escrime,

sont essayés. Ils ont participé aux Interclubs du

petite histoire, l’équipe masculine des + 35 ans accède

6 km découverte et enfin 69 fanas du

taine de classes concer-

Grégoire et Sok Samrach, directeur sportif du club, s’y

Pena se sont inclinés à Tola-Vologe, en finale. Pour la

avec 193 adeptes du 10 km loisir, 83 sur le

pour une bonne tren-

Quelques joueurs du MVT, dont la présidente Sophie

équipe masculine, Younes Doura et Assim Sanchez

jours : 345 participants, nouveau record,

classe y ont participé

ment inférieurs.

en s’imposant 3-0 à Cercié (Beaujolais), alors qu’en

Jean-Louis Perrin a le sourire des grands

moyenne, 25 élèves par

balles spécifiques, à la pression et au diamètre légère-

sanatou Diallo sont devenues championnes du Rhône

Beau temps annoncé, réussite assurée.

tain engouement. En

au padel, sport dérivé du tennis, se jouant avec des

par équipes, chez les 13-14 ans, Houssainatou et Has-

Le record d’affluence est tombé

VÉNISSIADES DE PRINTEMPS

ÉGALEMENT À

MOULIN-A-VENT TENNIS

9E MARCHE NORDIQUE

PHOTO YVES RICARD

Des postes à pourvoir du 7 juin au 7 juillet

AGENDA

PHOTO RAPHAËL BERT

COUPE DU MONDE DE FOOT FÉMININ

19

Travaux de plâtrerie Cloisons sèches Peinture Revêtement de sols Ravalement de façades Isolation intérieure et extérieure

leur cycle sportif. “On a atteint notre vitesse de croisière, explique Éric Sagbo, éducateur territorial des activités physiques et spor-

tives. À chaque nouveau cycle, on essaie d’apporter de la nouveauté. Un de nos pro-

jets en cours est de proposer un cycle vélo avec le concours de l’Éducation nationale et

d’y apporter une finalité, le permis vélo en stock plusieurs dizaines de VTT, les éta-

blissements du Centre et du Moulin-à-Vent

pourraient être les premiers bénéficiaires

de cette nouveauté. On ambitionne toujours de faire sortir les élèves de leur environne-

ment habituel. Et ce cycle vélo serait un bon

moyen de leur faire voir la ville d’un autre œil.” g


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SPORTS

Mercredi 3 avril 2019 - n° 666 / EXPRESSIONS

BON À SAVOIR

LA LYONNAISE

Recherche boulistes désespérément Les championnats du Rhône de boules lyonnaises FSGT, le 23 mars, n’ont pas attiré la grande foule. Signe d’une baisse des effectifs qui devient préoccupante. Mais pas désespérée.

À

ma gauche, Gérard Richard, prési-

Rhône FSGT de boules lyonnaises, en dou-

ma droite… Gérard Richard, prési-

sens pour regretter la baisse des effectifs,

dent du club bouliste du CORPS. À

dent de l’association sportive bouliste de Vénissieux (ASBV). Le premier pour tenter

de se qualifier avec son équipe ; le second venu en simple spectateur puisque son club, résident du boulodrome Legodec, est

affilié à la fédération française de sport-

boules (FFSB) installée Villeurbanne. Coup

Et si, à l’image de Bibi, un peu d’avenir de la boule FSGT passait par le public féminin ?

blettes. Et tous deux tiraient dans le même en FSGT surtout, que ce soit au niveau local ou national : “On ne compte plus que

Elles font partie de deux fédérations distinctes : la fédération française de sport-boules lyonnaise pour l’une, et la fédération française de pétanque et jeu provençal pour l’autre. Pour la boule lyonnaise, les terrains de jeux sont deux fois plus grands que ceux de pétanque, puisqu’ils doivent mesurer 27,50 m de longueur, alors que la pétanque exige des terrains de 15 mètres de long. À la lyonnaise, les boules sont plus lourdes. La taille du cochonnet diffère également : 32 à 37 mm de diamètre pour le jeu à la lyonnaise contre 25 à 35 mm pour la pétanque. La différence entre les deux sports se remarque également par la gestuelle des joueurs. À la lyonnaise, les joueurs courent avant de lancer la boule. À la pétanque, ils doivent rester fixes, dans un périmètre limité.

quelques dizaines de licenciés… et vous avez

nées, avec une équipe cadette devenue

Jean Texier, président du comité du Rhône

qu’un temps. Les jeunes ont du mal à cumu-

vu la moyenne d’âge des joueurs !”

de boules lyonnaises, y allait également de son analyse, implacable et lucide : “Au

du sort, les deux homonymes se sont

niveau de la Métropole, nous ne sommes

23 mars, à l’occasion des championnats du

à la FSGT pour trois clubs : Mont d’Or

retrouvés au stade Maurice-Métrat, le

Lyonnaise versus pétanque

plus qu’une centaine de boulistes adhérents (45 licenciés), le CORPS (une trentaine) et

Tassin (moins de trente). Et nos compéti-

teurs sont quasiment tous retraités. Regardez le club de Givors, obligé de fermer ses portes faute de responsables, de dirigeants

et de bénévoles. Trouver des jeunes pour faire de la lyonnaise est devenu mission

impossible. On vit dans une zone géographique où il y a une multitude de disciplines. Et ne nous le cachons pas, une discipline "cousine" comme la pétanque a plus de

chances d’attirer le tout public que nous. Elle est conviviale, elle se joue partout.”

ET À VÉNISSIEUX ?

Gérard Richard, président de l’association sportive bouliste de Vénissieux (ASBV) se

montre moins inquiet. “On évolue en fédération française de sport-boules, et les chiffres sont moins inquiétants. Mais on a

également du mal à recruter, à faire venir les jeunes. On avait une école de boules qui

fonctionnait bien, il y a une dizaine d’an-

championne de France… Mais ça n’a duré ler entraînements et concours le samedi ou

dimanche. Un concours dure toute une journée, alors qu’un match de foot ou de basket

se joue en une heure et demie, deux heures.”

Le règlement assez strict en boule lyonnaise (lire ci-dessous) incite-t-il les éventuels pratiquants à préférer la pétanque ?

“C’est une réalité, consent l’ancien responsable du club des Cheminots. Il suffit de voir le nombre de licenciés.”

Gérard Richard ambitionne toutefois de

regonfler les effectifs au Boulodrome Legodec. “Nous ne sommes qu’une quinzaine de

licenciés pour une cinquantaine de sociétaires. Mais en rappelant qu’on peut s’inscrire sur l’année moyennant 15 euros pour

bénéficier de l’équipement sportif, on com-

mence à voir des gens qui viennent se changer les idées entre eux, boules à la main. Ça peut faire boule de neige. Outre la Coupe de la Ville que nous organisons le 15 avril, on

va proposer, en mai, un tournoi interne à

Legodec regroupant les trois clubs vénissians, l’ASBV, les Cheminots et le CORPS,

même si ce dernier est classé FSGT. Histoire de rester actifs.” g

DJAMEL YOUNSI

Quatre équipes du CORPS aux championnats de France Pour ces championnats du Rhône qualificatifs pour les “France” prévus en juin à Dardilly, quarante-huit boulistes se sont affrontés le 23 mars sur le terrain de foot en ghorr du stade Métrat. En 3e division, l’équipe du CORPS Vénissieux emmenée par Vachon a pris le meilleur sur une autre formation du CORPS (Charretton). Elles représenteront le comité du Rhône aux championnats de France. En 4e division, deux autres équipes du CORPS

(Roche et Berrard) seront présentes lors de la finale nationale. Assez rare pour être signalé, une femme était engagée avec une des formations des Monts d’Or: Brigitte Neyrins, très appliquée et redoutable, même si elle n’a pu se qualifier. “Ce n’est pas grave, ici, en FSGT, c’est la convivialité avant tout qui prime. Pour l’anecdote, personne ou presque ne connaît mes nom et prénom. Tout le monde m’appelle Bibi.” Et si un peu d’avenir de la boule FSGT passait par le public féminin?


SPORTS

EXPRESSIONS / Mercredi 3 avril 2019 - n° 666

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GYMNASTIQUES ET DANSE

Le CMO-V sur tous les fronts C

Après la rythmique (GR) et l’artistique (GA), le CMO-V s’est doté d’une section danse (FFDJ/IDO) qui prouve la vitalité de la gymnastique vénissiane. réé en 1966 avec la gym

dissociées depuis que le club

formation”, se plaisent à souli-

CMO-V joue la diversité

ses propres ailes, se scinder en

dent du club de GA, et Samia

pour seule section, le

tous azimuts. Les disciplines que sont la gym rythmique (GR) et la gym artistique (GA) sont certes

omnisports a vu la GR voler de

deux, et opter pour un changement statutaire : CMO-V Gymnastique Danse Trampoline d’un côté, CMO-V GR de l’autre. Mais

l’ensemble des licenciés concou-

Quelques grandes dates du CMO-V 1974 : agrément ministériel du CMO-V comprenant les sections gymnastique, natation, voile, lutte, foot, tennis, escalade, ski, dont le siège est au foyer MaxBarel. 1986 : la GRS veut voler de ses propres ailes, et les sections du CMOV deviennent donc autonomes. 1989 : création de la section trampoline sous la responsabilité de Norbert Colombat. 1998 : dissolution du club municipal omnisports de Vénissieux. Le CMO-V Gymnastique Danse Trampoline conserve son nom.

rent toujours sous les couleurs

du CMO-V. Et la création récente

de la section danse sportive accolée à la gym artistique démontre la vitalité de la gym vénissiane.

Même si les résultats ne sont

plus ce qu’ils ont été. Le CMO-V — les plus jeunes l’ignorent sans

doute — a en effet “sorti” de

grandes gymnastes comme Sylvie Rechatin, première championne de France FSGT en

artistique, et des stars de la GR nationale voire internationale, telles que Diane Breuil, Cécile

Chapuis, Nadia Nedjari, Lysiane

Petit, Leïla Chamard, Jessica Pantieri…

Changement

d’époque,

de

moyens, d’ambitions : “Désor-

gner Fabrice Cantaluppi, prési-

Mujezinovic, nouvelle présidente de la GR. Cette dernière

ajoute une nouvelle donnée, le

rajeunissement des licenciées. “Pas question de s’attendre à des

miracles lors des compétitions majeures. Prônons la patience.”

Quant à la dernière née au CMO-V, la danse affiliée à la fédération française de danse jazz (FFDJ/IDO), elle regroupe danse, modern jazz

et hip-hop, disciplines proposées au club en complémentarité à la

Le rajeunissement des gymnastes licenciées incite les dirigeants de la GR, Samia Mujezinovic, la nouvelle présidente en tête, à privilégier la formation.

gym artistique. “On a une centaine de licenciées, pas toutes engagées

en compétition puisqu’à ce jour seulement une douzaine de dan-

Derniers résultats

détaille Nicolas Houël, le chargé

- En GA : arrivées 2es au championnat interdépartemental à Sain-Bel, les deux équipes en Nationale A (10-11 ans) et Fédéral A (10 ans et plus) montent sur la 2e marche du podium et se qualifient pour les demi-finales du championnat de France qui aura lieu en mai à la halle Stéphane-Diagana de Lyon-Duchère. - En GR : succès de l’équipe de Nationale A (Ensemble 13 ans) et de Fédérale A (10-11 ans) aux championnats interdépartementaux disputés à Lyon. Et deux médailles d’argent pour les formations de Nationale A (Ensemble 15 ans) et de Fédérale B (10/11 ans). - En danse FFDJ /IDO : six médailles dont deux en or (en disco solo et disco duo junior) pour les danseuses du CMO-V Danse au Trophée de Rillieux.

seuses matchent les week-ends”, de communication.

C’est indéniable, entre les sections

artistique, rythmique et danse, il y en a vraiment pour tous les goûts au CMO-V. g

mais, on fait davantage dans la

DJAMEL YOUNSI

LES RÉSULTATS DE LA QUINZAINE Basket

Vénissieux FC. Battue à Dijon Clenay

obtenu, le 30 mars, deux troisièmes places

(Régionale 1), les 30 et 31 mars à Saint-

Ayant déjà assuré leur maintien en Natio-

(7-3), le 30 mars, elle est même devenue

pour les challenges Jean-Desseignet et

Étienne, Tiffany Pierrejean (CMO-V) a fini

nale 3, les basketteuses de l’ALVP se sont

lanterne rouge.

Gérard-Morfin.

9e du 1 500 m.

Handball

inclinées le 31 mars à Unieux, le dauphin de la poule (58 à 44). En Régionale 2, l’équipe

Judo

Aux Interclubs Avenir et Jeunes disputés

Match compliqué pour les handballeurs

à la piscine du Clairon à Saint-Priest,

masculine qui évoluait la veille au gymnase

Les judokas de l’ALVP sont de retour sur le

vénissians qui recevaient Chalon-sur-

le 30 mars, Ceylan Guenouni et Ilyes Ayari

Anquetil n’a pas fait un pli face à la réserve

devant de la scène. Le 24 mars, aux cham-

Saône, le 30 mars, à Tola-Vologe. La hargne

(14 ans) ont respectivement pris les

vaudaise (80-50). Enfin, l’équipe masculine

pionnats du Rhône et Métropole de Lyon,

de Félix et de Pech et la vision de jeu

seconde et quatrième places sur 100 m

du CLAM-V a dominé l’ES Jean-Touslas (84-

les benjamins Maïssa Akil (- 57 kg) et Tariq

d’Alves (7 buts) leur ont permis d’accrocher

dos et 100 m brasse.

71), se retrouvant seconde de Pré-régionale.

Coignet (- 42 kg) ont obtenu des places de

un match nul en fin de partie (29-29) et

dauphin, se qualifiant pour le championnat

de consolider leur 6e place en Nationale 2.

Futsal

interdépartemental prévu le 7 avril, à la Mai-

C’en est fini des minces espoirs de main-

son du judo de Lyon.

tien en Division 2 pour l’équipe de futsal du

Aux Interclubs de Saint-Priest, l’ALVP a

Rugby Le samedi 24 mars, au stade Laurent-Gérin,

Natation Aux championnats de Ligue Printemps

l’équipe fanion de l’US Vénissieux a battu Pont-de-Veyle (26 à 0).


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AU QUOTIDIEN

Mercredi 3 avril 2019 - n° 666 / EXPRESSIONS

EXPRESS

VIOLENCES CONJUGALES

Un dispositif pour une mise en sécurité immédiate

Ventes spéciales à Emmaüs

En moyenne, une femme meurt tous les

unique dédié à la mise à l’abri. Ils nous

ou ex-conjoint. À l’heure où nous écrivons

d’urgence pour la femme qu’ils accueillent.

trois jours sous les coups de son conjoint ces lignes, depuis le 1er janvier 2019, 39 ont été assassinées. Face à cette réalité dramatique, les pouvoirs publics ont mis

en place des protocoles départementaux

dont l’objectif est de mettre à l’abri en urgence les femmes victimes de violences

conjugales pour lesquelles un danger

imminent est évalué. L’association Viffil SOS Femmes, située à Villeurbanne mais

qui rayonne sur tout le département, expérimente depuis neuf mois une

astreinte 24 heures sur 24, 365 jours par an, en lien avec les commissariats et les brigades de gendarmerie. Un dispositif

unique en France. “Concrètement, précise la directrice, Mme Lyotard, les services de

police ou de gendarmerie prennent contact

avec l’astreinte par le biais d’un numéro

interrogent sur les critères de danger et

En cas de nécessité, la mise à l’abri est décidée immédiatement avec l’ouverture d’une

chambre d’hébergement, à l’hôtel ou en centre.”

Entre juillet et décembre 2018, 83 femmes ont été signalées en danger : “28 ont été

mises aussitôt à l’abri avec leurs enfants.

Parmi elles, trois sont retournées à leur

domicile et 25 ont été hébergées.” La victime est suivie du moment de sa prise en charge par la police jusqu’à sa mise en

sécurité. Ce dispositif financé par l’État est reconduit en 2019. L’objectif de Viffil

est “de voir ce dispositif se développer dans d’autres départements”. g

M.F. VIFFIL : 156, COURS TOLSTOÏ, VILLEURBANNE. TÉL. : 04 78 85 76 47. VIFFIL.ASSOCIATION@VIFFIL.COM ET WWW.VIFFIL.COM

SOLIDARITÉ

La Fnath est l’une des plus anciennes asso-

et administratives.” La Fnath agit aussi

1921, reconnue d’utilité publique en 2005,

blématiques, telles que les affections psy-

forte de 150 000 adhérents, elle accompagne et conseille les personnes accidentées, malades ou handicapées. “À l’origine,

la Fnath représentait les victimes d’acci-

dents du travail, puis son action s’est étendue à tous les accidentés de la vie”, explique

Gilles Barret. Ce cheminot à la retraite, luimême atteint d’une maladie causée par l’amiante,

préside

l’Union

régionale

Auvergne Rhône-Alpes de la Fnath, mais

aussi la section du sud-est lyonnais, qui compte Vénissieux, Saint-Priest, Feyzin,

Corbas, Saint-Fons et Bron. “La raison d’être de notre association est de conseiller, soutenir et accompagner les accidentés de

la vie, de faciliter leurs démarches juridiques

pour la reconnaissance de nouvelles prochiques (burn out), et pour représenter les

accidentés de la route… En plus d’un sou-

tien juridique et social, la Fnath peut orienter également vers un soutien psy-

chologique. “Nos juristes bénévoles et salariés accompagnent nos adhérents dans les

démarches de reconnaissance et d’indemnisation, et peuvent même les assister devant certains tribunaux, sans qu’il n’y ait

besoin de recourir à un avocat”, précise Gilles Barret. g

F.T.-B. PERMANENCES DE LA FNATH À VÉNISSIEUX : CHAQUE 2E LUNDI DU MOIS DE 17 HEURES À 19 HEURES, SALLE DU CHÂTEAU (PRÈS DE LA PLACE SUBLET). CONTACT : 07 81 24 74 21 ET GIBA11@WANADOO.FR. PROCHAINE PERMANENCE LE 8 AVRIL.

Rédaction: 9 rue Aristide-Bruant 69200 Vénissieux. Téléphone: 0472511812. Mail : redaction@expressions-venissieux.fr Site du journal : www.expressions-venissieux.fr Paraît un mercredi sur deux sur papier recyclé.

Emmaüs organise des ventes d’objets neufs. Elles auront lieu dans les locaux de l’association à Parilly, avenue Marius-Berliet, les vendredis de 14 heures à 17h45, les samedis de 10 heures à 11h45 et de 14 heures à 17h45. Les 5 et 6 avril: vélos et accessoires. Les 3 et 4 mai: vêtements d’été (femmes, hommes, enfants). Les 10 et 11 mai: vaisselle. Les 7 et 8 juin: chaussures.

Vide-greniers L’association Partage, joie et bonheur organise son vide-greniers dimanche 7 avril de 6 à 19 heures, avenue Marius-Berliet (à côté d’Emmaüs). 5 mètres linéaires: 20 euros avec véhicule. Buvette assurée, gratuit pour les visiteurs. Réservations: 0646581355.

Thé dansant L’office municipal des retraités de Vénissieux organise un thé dansant jeudi 11 avril de 14 à 18 heures avec DJ Patrick à la Halle à grains (85, bd Coblod). Tarif unique à régler sur place: 9 euros (réservé aux retraités) avec une boisson offerte.

Brocante

“Il ne faut pas hésiter à se faire aider” ciations françaises en activité. Créée en

BON À SAVOIR

Directrice de publication : Christiane Brundu. Rédacteur en chef : Gilles Lulla ✆ 04 72 51 18 12. Rédacteur en chef adjoint : François Toulat-Brisson ✆ 04 72 51 76 65. Secrétaire de rédaction : Perrine Plateau. Journalistes : Michèle Feuillet ✆ 04 72 51 76 63. Jean-Charles Lemeunier ✆ 04 72 51 18 12. Alain Seveyrat ✆ 04 72 51 76 84. Djamel Younsi ✆ 04 72 51 76 62. Photographe : Raphaël Bert. Assistante de direction : Ghislaine Déléaz. Chargé de publicité : Boris Miachon ✆ 04 72 90 95 98 Éditeur : Régie autonome personnalisée du journal Expressions. Fabrication : IPS - 01 600 Reyrieux ✆ 04 74 08 96 96. Distribution : Codice - 69 200 Vénissieux ✆ 04 72 33 04 30. Abonnement : 42 euros par an. Prix au numéro : 1 euro. Tirage 32 500 exemplaires. issn : 1151-0935

Le comité de Vénissieux Corbas du Secours populaire organise une brocante de la solidarité le samedi 13 avril de 9 heures à 17h30, dans ses locaux, 99, boulevard IrèneJoliot-Curie. Tél.: 0478762331.

La mosquée Eyup Sultan en fête L’an dernier, quelque 5000 personnes avaient participé à la kermesse de la mosquée Eyup Sultan de Parilly. L’édition 2019 de cette manifestation désormais bien installée dans le paysage vénissian aura lieu les 13 et 14 avril prochains. Au programme: visites guidées du bâtiment, marché artisanal, dégustation de spécialités, jeux pour enfants encadrés par des animateurs... L'occasion de goûter aux plaisirs de l’hospitalité turque, tout en visitant un édifice religieux à l’architecture et à la décoration remarquables.

Célébration du repas du Christ Les chrétiens Témoins de Jéhovah de Vénissieux fêteront le 19 avril, en soirée, l’événement religieux le plus important à leurs yeux: la célébration du repas du Christ. Elle se tiendra simultanément dans trois lieux de la commune: à la Maison des fêtes et des familles (20, avenue Division-Leclerc), et dans deux salles appartenant à l’association cultuelle situées 25, rue PaulLangevin et 47, rue de l’Industrie.

Des places disponibles au centre “Les P’tits Loups” Le centre de loisirs maternel du centre social du Moulin-à-Vent, “Les P’tits Loups”, accueille les enfants de 2 ans et demi à 5 ans scolarisés en maternelle. Des places sont encore disponibles pour les vacances de printemps du 15 au 26 avril. Au programme : du 15 au 19 avril, les animaux de la savane avec spectacle de marionnettes et sortie au musée des Confluences ; puis du 23 au 26 avril, les animaux de la ferme avec visite d’une ferme pédagogique et de nombreuses activités. Inscriptions à la semaine, en journée complète avec repas et goûter fourni. Tarifs de 6 à 27,50 euros la journée selon le quotient familial.

RENSEIGNEMENTS ET INSCRIPTIONS : 04 78 74 42 91, WWW.CENTRE-SOCIAL-MAV.FR, OU

CLSHMATERNEL@CENTRE-SOCIAL-MAV.FR

MENUS DES RESTAURANTS SCOLAIRES MENUS DU 4 AU 12 AVRIL Jeudi 4 : macédoine mayonnaise ; sauté de veau marengo, *riz basmati ; yaourt nature ; fruit de saison ; *pain. Vendredi 5 : salade verte, dés d'emmental, vinaigrette maison ; filet de merlu sauce beurre blanc, gratin de poireaux et carottes ; éclair au chocolat ; *pain. Lundi 8 - menu bio : *pizza au fromage ; *omelette au fromage, *épinards hachés béchamel ; *carré frais ; *fruit de saison ; *pain. Mardi 9 : radis, beurre demi-sel ; filet de lieu (colin) sauce safranée, pommes de terre vapeur persillées ; yaourt aux fruits ; *pain. Jeudi 11 : taboulé à la menthe, vinaigrette maison ; nuggets de blé, brocolis sauce mornay ; fromage blanc nature ; fruit de saison ; *pain. Vendredi 12 : salade verte, œuf dur, vinaigrette maison ; cappelletti au saumon sauce crustacés ; croc'lait ; nid de Pâques et oeufs en chocolat ; *pain.

(*) PRODUITS BIO. LA RÉGIE DE RESTAURATION PEUT ÊTRE AMENÉE À MODIFIER LES MENUS. CES MENUS SONT CONSULTABLES SUR LE SITE WWW.VENISSIEUX.FR

PRATIQUE Numéros rapides d’urgence Samu : 15 Police secours : 17 Pompiers : 18 Violences conjugales, victime ou témoin : 3919

Urgences médicales MAISON MÉDICALE DE GARDE 17, place de la Paix 04 72 50 04 05 - appel préalable au 04 72 33 00 33 Ouverte tous les soirs de 20 heures à minuit ; les samedis de midi à minuit ; les dimanches et jours fériés de 10 heures à minuit. CENTRE HOSPITALIER MUTUALISTE LES PORTES DU SUD 2, av. du 11-novembre-1918 04 72 89 80 00 SOS MÉDECINS 04 78 83 51 51 CENTRE ANTIPOISON 04 72 11 69 11 PHARMACIES DE GARDE 3237 Résogardes (0,34 €/minute)


AU

EXPRESSIONS / Mercredi 3 avril 2019 - n° 666

QUOTIDIEN

23

SÉCURITÉ

“E

PHOTO RAPHAËL BERT

Rakwin, l’antivol connecté qui protège les portables Deux ingénieurs vénissians, un père et son fils, ont conçu un antivol original pour smartphones. n France, on vole un

au téléphone de son propriétaire.

gences élevées, notamment en termes

45 secondes”, rappelle

loin du téléphone (10 ou 15 mètres

ment d’objets connectés qui se font

portable toutes les

Mehdi Hannaizi, l’ingénieur vénis-

sian qui, avec son père Brahim, lui aussi diplômé en ingénierie, a conçu un antivol pour smartphones acces-

sible au plus grand nombre. “Par chance, nous n’avons jamais été vic-

times de vols de téléphone. Mais moi

qui suis friand de faits divers, je

constate que cela arrive énormément.

Donc il y a six mois, nous nous sommes posés autour d’une table et nous avons abouti à l’idée de Rakwin.”

Rakwin se présente comme un porteclefs qui est connecté en permanence

Lorsque le porte-clefs se trouve trop en terrain dégagé), le système

déclenche une alarme stridente et verrouille le téléphone. Impossible alors de stopper l’alarme, de baisser le volume, d’éteindre ou même d’uti-

liser l’appareil. L’indélicat pourra toujours tenter d’enlever la batterie. Mais au redémarrage, la sonnerie

de sécurité. On sait qu’il y a énormé-

de logiciels et de sites web, HB

explique Mehdi. Nous avons eu de

pirater, des caméras de surveillance

sont diplômés de l’Institut national

Huawei et Samsung. Nous avons pu

par exemple. On ne voulait pas qu’un voleur puisse cloner le porte-clefs et

s’emparer ainsi du téléphone. Le porte-clefs possède donc un identifiant unique crypté.”

UNE ALARME À GLACER LE SANG

sera de retour.

Il faut dire qu’en matière de nou-

à la force de nos bras, sans demander

naizi et son fils en connaissent un

“Rakwin, c’est un projet qu’on a monté

d’aide à qui que ce soit, reprend Mehdi. La conception s’est avérée complexe, car nous avions des exi-

velles technologies, Brahim Han-

rayon. Depuis plus de dix ans, ils font vivre une entreprise spécialisée dans

la sécurité informatique, la création

EMTEC. Les deux informaticiens

des sciences appliquées de Lyon

(INSA), Brahim ayant même suivi un cursus dans l’électronique.

Pour l’heure, le porte-clefs n’est dis-

ponible que pour les smartphones

Androïd, avec quelques restrictions en fonction des modèles. Sur cer-

tains modèles (d’entrée de gamme principalement), moins

réactive.

l’alarme

“Lorsque

sera l’on

fabrique une appli, on n’est jamais certain à 100 % qu’elle fonctionne cor-

rectement sur tous les téléphones,

petits soucis avec certains téléphones discuter avec des ingénieurs chez les

premiers — ils sont en train d’étudier le problème — mais Samsung ne nous a jamais répondu.”

Quoi qu’il en soit, l’alarme s’avère terriblement efficace. Elle se com-

pose d’une succession de cris d’effroi dignes d’un film d’horreur, accom-

pagnés d’une musique aux accents diaboliques. Nous avons testé pour vous: effet garanti! g

A.S. PLUS D’INFORMATIONS SUR HTTPS ://RAKWIN.COM/

APPARTEMENTS

PRIX À PARTIR DE (1)

2 PIÈCES

145 000 €

3 PIÈCES

150 000 €


PORTRAIT

24

EXPRESSIONS / Mercredi 3 avril 2019 - n° 666

tifs. Ce qui m’intéresse, c’est le sensible, l’émotion. Il y a deux ans, ce

rêve de petite fille d’écrire, je me suis demandé ce que j’en faisais. Il

J’ai envoyé le manuscrit à cinq éditeurs. Les cinq m’ont dit oui, ce qui m’a super encouragée. C’était le bon moment.

fallait que j’arrête de me dire plus

tard. À 50 ans, j’ai passé une espèce

de cap. J’ai rassemblé des choses que j’avais autour du thème du désir amoureux et je les ai organisées.”

Le résultat, Encore, et pourtant…,

fille. Je ne pensais pas devenir

mant Éditeur. Histoire, comme

“Être publiée était un rêve de petite comédienne ou mettre en scène. Je

ne savais même pas qu’il existait

des métiers artistiques dont on pouvait vivre.”

Au théâtre, donc, elle fait ses pre-

miers pas avec Laurent Fréchuret

à Saint-Étienne puis, arrivant à Lyon, avec Bernard Bauguil. Assez vite, elle rencontre Marcel Notar-

giacomo et la compagnie vénissiane Traction Avant. “C’était

quelqu’un de marquant par son engagement, sa grande culture et

son côté humain. À Traction, j’ai été marrainée par Mireille Antoine et j’ai animé des ateliers.”

Le bon moment

Depuis une vingtaine d’années, elle travaille donc avec Traction Avant en tant que comédienne et

autrice. Elle tient à ce mot qui, précise-t-elle, existe depuis le XVIe siè-

cle.

Elle

écrit

avec

Vincent

Villemagne plusieurs spectacles qu’ils jouent ensemble, Plouf dans le ciel, Le Vilain Petit Canard… Ils

collectent aussi des textes sur des

sujets particuliers pour des lectures-spectacles : Malgré la peur,

La Paix en ambassade, Un jour,

Élisabeth Granjon. Cette comédienne, qui partage son temps entre les compagnies Traction Avant et Carnages, vient de présenter à la salle Érik-Satie, ce 8 mars, la lecture-spectacle Toutes moches ? Elle publie également un recueil de poésies, Encore, et pourtant.

toi ou pas, qu’ils joueront le 9 avril

PAR : JEAN-CHARLES LEMEUNIER. PHOTO : RAPHAËL BERT

thèque de Pierre-Bénite. Toute

omment, lorsqu’on souffre

C

j’écrivais, depuis l’âge de six ou sept

Avec un bac scientifique, je ne trou-

on se retrouver face à un

cette fameuse vie intérieure.”

métiers pas longtemps, une envie

l’on a souvent vue à Vénissieux

ture et l’histoire. “Nous vivions à

de timidité maladive, peut-

public à déclamer des textes ? La réponse nous est donnée par Éli-

sabeth Granjon, comédienne que

dans les créations des compagnies

Traction Avant et, tout récemment, Carnages — ce 8 mars, avec la lecture-spectacle Toutes moches ?

“Quand je suis dans un texte, la timi-

dité n’existe plus. Jusqu’à 15 ans, je ne parlais pas, tant j’étais timide. Mais, quand tu ne parles pas, ta vie

intérieure se développe. En revanche,

ans. Une manière de rendre vivante

Dans cette “vie familiale simplissime où l’art n’avait pas sa place”,

Élisabeth se cherche dans la lec-

plus forte me faisait à chaque fois changer.”

COMÉDIENNE ET AUTRICE

Saint-Étienne. J’avais un frère, des

Une fois de plus, c’est la timidité

grands-parents immigrés de Sar-

Comme Saint-Étienne est la pre-

parents eux-mêmes timides, des daigne. Dans ces cas-là, on ne se

montre pas.” Elle énumère rapidement sa formation : “J’ai commencé médecine, j’ai lâché l’affaire. J’ai obtenu des diplômes de direc-

trice de MJC, d’assistante sociale.

Changer tout, Picsou, Crésus, Ker-

viel et les autres ou Prends soin de

prochain, à 18 h 30, à la médiaseule, elle est à l’origine de La Clef,

vais pas ma place. J’ai exercé ces

qui la force à relever des défis.

mière ville où le théâtre s’est décentralisé, elle va voir de nombreux spectacles alors qu’elle est encore en classe. “C’était quelque

chose de fort, un monde fascinant

et loin de moi.” Mais l’écriture la

DES POÉSIES À PICORER

passionne encore plus sûrement :

qu’elle interprète avec Marc Ber-

nard, Slimane Bounia et Ludovic Micoud-Terraud.

En tant qu’intermittente du spectacle, Élisabeth se sait “dépendante du désir des metteurs en scène”.

Elle a ainsi joué, avec Armand Chagot au sein de la compagnie

des Insomniaques, dans Mandibules de Louis Calaferte. A fait quelques apparitions au cinéma ou dans des séries TV (Louis la Brocante, Chérif). Et passe également

beaucoup de temps sous son autre

casquette d’autrice. “J’écris pas

mal de nouvelles que je publie dans des revues ou des ouvrages collec-

est publié chez Christophe Choelle le dit joliment dans ce recueil,

de “chercher ma grotte en plein

ciel, me noyer et reprendre mon

souffle”. Elle explique : “Ces poésies, on peut les picorer ou les lire

dans l’ordre. Il y a alors un côté dramaturgique puisque ça raconte

des parcours de femmes avec les rencontres, les ruptures… J’ai

envoyé le manuscrit à cinq éditeurs. Les cinq m’ont dit oui, ce qui m’a

super encouragée. C’était le bon moment.”

Le livre est sorti en août dernier

et, depuis, Élisabeth a multiplié les

rencontres dans des salons du livre et des marchés de la poésie. Les rencontres, elle les recherche

par-dessus tout. S’investir dans un rôle avec sa propre sensibilité touche les autres, explique-t-elle.

Elle-même aime à son tour s’im-

prégner des autres, de ceux qui ont forcément quelque chose à lui apporter. “Comme je rassemblais

des textes pour un recueil, j’ai voulu

rencontrer à Vénissieux des personnes analphabètes. J’ai été émue

par ces gens qui ne maîtrisent pas

le français et ont tellement à raconter. Je me souvenais combien, à l’étranger, je pouvais être démunie

de mots. C’est une façon de mieux

se mettre dans la peau de ceux auprès de qui j’étais. Et de comprendre que le fait de ne pas avoir le vocabulaire peut réduire la personnalité.” g

À NOTER Encore, et pourtant... (Christophe Chomant Éditeur), 15,50 euros. Pour se procurer le livre, on peut écrire à : egranjon@gmail.com ou le demander à Traction Avant pour un exemplaire dédicacé : 04 72 90 11 84 traction.avant@wanadoo.fr

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Expressions 666  

Au sommaire de ce numéro 666 : Grandes Terres de labeur, la nouvelle cuisine centrale inaugurée, les résultats de Ma commune demain, recrute...

Expressions 666  

Au sommaire de ce numéro 666 : Grandes Terres de labeur, la nouvelle cuisine centrale inaugurée, les résultats de Ma commune demain, recrute...

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