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Bilan de mandat, Jean-Marie Goater J’ai écris beaucoup de bilans et de textes synthèses, déjà. En 2003 (?), 2004, 2005 et 2006. Le premier a été publié dans un Espace Vert où je décrivais les coulisses du Conseil Municipal de Rennes, un texte d’ailleurs que j’ai perdu mais qui a fuité très largement. Le deuxième est à votre disposition auprès du groupe des éluEs Verts de Rennes, le troisième est sur le blog interne des Verts pour les municipales et il s’appelle « contribution sur la culture 2005 ». Le quatrième a été publié sous forme de livre, « Question orale » dont vous trouverez ci-après un extrait. Le dernier est celui-ci. « Mes chers collègues, je n’ai pas compris tout de suite. Non. J’arrivai avec toutes mes illusions, mes espoirs, mes lobbies. J’espérais changer le monde en commençant par ma ville, celle qui m’a donnée une conscience. Bien évidemment, je n’y ai pas cru (ou fais semblant d'y croire). Bien évidemment, j’ai reporté la responsabilité sur les rigidités de l’administration, les impôts sans doute trop énorme, l’insécurité généralisée, caporalisée, un gouvernement malhabile, défaillant, destructeur, une opposition fondamentalement désœuvrée, décadente, la défaite de la démocratie, le contexte global, mondial, qui désigne non pas un homme mais une corporation d’hommes et de femmes obnubilée par le profit, à court terme, mais aussi par leur réussite, à court terme, par ma vie, qui mérite mieux. J’ai eu peur. J’ai lutté. Je ne sais pas si après toutes ces années, j’ai gardé un reste de foi. L’utopie ! Mon âme ! Au secours, mon maire… » Question orale, 2006, Les Perséides. En 2001, nous voulions résolument permettre aux Verts d’être représentés dans le secteur de la Culture. Ce fut le cas. Difficile comme mission mais nécessaire à nos yeux. Mon rôle, assumé collectivement, explorer des thèmes, des réseaux et des sujets qu’à l’époque nous ne connaissions guère. Je m’y suis employé tout au long de ces 7 années. Avec une micro délégation certes, mais une bonne dynamique de réseau. Cette micro-délégation est unique en France et dans l’histoire de la municipalité rennaise. Ce n’est qu’une délégation concédée sans presque aucun pouvoir et sans presque aucune responsabilité. Entre l’ancien et la nouvelle adjointe à la Culture, l’espace politique était mince. N’étant par ailleurs, ni vice-président de l’Agglomération, ni adjoint, ni président du groupe des élus, n’ayant en outre aucun autre mandat, j’avais toute latitude pour attiser ma curiosité sur tous les sujets qui me piquaient et je l’ai fait parfois en franc-tireur, parfois en mission commandée pour Les Verts, parfois en mission pour la ville et sa politique. Je ne compterai pas les milliers de réunions, conseils, représentations, discussions, enquêtes sur le terrain, effectuées. J’oublierai aussi les pages et les pages de textes, contributions, interventions, dossiers, rédigées. Je me souviendrai principalement de notre ignorance de 2001 comparativement à celle de 2007. Oui, Les Verts ont beaucoup appris en ces quelques années. Nous avons appris la complexité de la Ville. Nous avons appris des méthodes pour construire une politique. Nous avons observé un fonctionnement en maillage du Parti Socialiste. Nous connaissons mieux désormais le potentiel politique d’une municipalité. Ce savoir, nous devons le transmettre et le restituer aux RennaisEs en proposant un programme complet et détaillé aux prochaines élections municipales.


L’art contemporain à Rennes En ce qui concerne la délégation Arts Plastiques, nous (moi, l’adjointe et la conseillère de la DAC) avons eu de nombreux succès. Dans la continuité de la politique menée depuis le début des années 80, nous avons accompagné la montée en puissance et en notoriété de l’art contemporain à Rennes. Cela va se transcrire par la signature lundi 29 octobre 2007 d’une convention bipartite Etat - Ville de Rennes. Cette « convention de développement Arts plastiques et visuels 20072010 » est unique en France. Cette convention intègre la Criée, le futur espace d’exposition Brasserie Rue Saint-Hélier qui est prévu pour 2010, l’association 40m3 qui n’existait pas en 2001, le SEPA-Bon accueil, notre politique d’art public, l’installation du Frac à Rennes, l’éducation artistique, la médiation, le relogement des Archives de la Critique d’Art, l’écriture sur l’art, des programmes de recherche et de mise en réseau de l’enseignement supérieur de l’art. Au cours de l’année 2008, une biennale de l’art contemporain se déroulera à Rennes. C’est le fruit d’un partenariat avec un mécène privé. Parmi les œuvres d’art dans l’espace public marquantes, nous pouvons citer l’Alignement du XXIème siècle d’Aurélie Nemours à Beauregard, plus grand projet de commande publique pérenne de ces dix dernières années en France hors Paris mais aussi par exemple, les rares Xylocus (arbres sculptés) de Laurent Duthion à proximité du Parc des Tanneurs, un jeune artiste passionnant. Plusieurs associations qui n’existaient pas en 2001 ont vu leur existence confortée et des budgets en constante augmentation : 40m3, l’Endroit, Sepa-Bon accueil, Accroche-toi au pinceau, ART-Art Thabor, Les Ateliers du Vent. Nous avons maintenu et augmenté toutes les lignes budgétaires et permis la création de plus d’une dizaine d’emploi dans la filière Arts Plastiques sur Rennes. L’accompagnement des artistes par la mise à disposition d’ateliers, de bourses et par l’acquisition d’œuvres est une politique de référence en France. Cette volonté forte a été accompagnée par des réflexions sur la situation sociale des artistes, le soutien et la consolidation d’une filière économique de la culture, la diversité culturelle et la place des citoyens dans la politique culturelle. Le Couvent des Jacobins va s’ouvrir temporairement pour la biennale et c’est un bon début. Je regrette quelques œuvres imaginés et cette artothèque qui a bien du mal à surgir. Je viens d’ailleurs de relancer ce projet sous la forme d’une association d’insertion artothèque. Les autres activités Bien évidemment, je n’ai pas limité mon action à cette délégation. Que ce soit dans ma vie citoyenne, ma vie professionnelle, ma vie familiale et ma vie politique, j’essaye de concilier et d’activer toutes ces vies dans le même sens. Il faut bien avouer qu’un mandat marque une vie, parfois la chahute, la bouscule. Au cours de ce mandat, j’ai fait des études, j’ai été stagiaire, chômeur de longue durée, sans ressources hors indemnités et enfin salarié dans l’édition. Au cours du mandat, j’ai eu un enfant de plus et une séparation à digérer. Au cours de ce mandat, j’ai créé deux associations, une société, j’ai défilé des jours et des jours cumulés, j’ai lu, j’ai pétitionné, j’ai beaucoup causé. Je suis intervenu pour de nombreuses associations comme Ar Vuhez ou Agrock, Rock and Solex ou Diwan, Div Yezh ou la fédération des Petits lieux de spectacle. J’ai transpiré pour l’intérêt général :


Dans mon quartier avec l’association Entr’Ille et Ville. Dans le commerce équitable avec l’association Ingalañ et la Scop Kan Ar Bed. Dans le domaine plus large de l’économie solidaire avec la Scop Jardin de Poche ou Terra Libra ou encore cette célèbre Cour des miracles qui nous enchante. Dans le domaine des musiques actuelles avec une attention constante aux dossiers de ce secteur et l’aide à l’édition discographique. Dans l’attribution des noms de rue avec Georges Palante, Jeanne Malivel, les femmes. Sur la politique jeunesse avec les interventions sur les jeudi soir, les grafs, les drogues, l’alcool, le Coca-cola sponsor des manifestations sportives, les squats. Sur la sécurité et la vidéosurveillance, la liberté de la presse et la liberté syndicale. Sur les transports, la voirie, le stationnement, notamment sur la place de la Mairie, sur la libération de la Vilaine, sur la journée sans voiture, sur l’aménagement de la rue de SaintMalo, la rue d’Echange, la rue de Dinan, la rue d’Antrain, la rue de la Visitation, le passage des Carmélites. Sur la culture et les langues de Bretagne, sur la réunification administrative de la Bretagne. Sur les rythmes scolaires, les fermetures de classe. Le groupe des élus Notre groupe n’a jamais bien fonctionné. Ni pendant la première période, ni pendant la seconde. Son fonctionnement, ses missions, n’ont jamais été établis. Le rôle de chacun en son sein non plus. Entre les élus, il y avait de grandes différences, en terme de responsabilité et en terme d’indemnités. Moi, le fait de n’avoir aucune responsabilité ni dans le groupe ni en terme de mandat, ne m’a pas empêché de tenter d’améliorer le fonctionnement de notre groupe. J’ai régulièrement joué au pompier de service, tentant de remettre de l’huile à tous les niveaux. Combien de fois, j’ai entendu quelqu’un dire, je vais démissionner. J’ai voulu lancer une forme de rencontres régulières entre les Elus Verts de Nantes et ceux de Rennes. J’ai tenté de créer un réseau des élus Verts de Rennes Métropole. J’ai souhaité une mise en réseau des groupes d’élus Verts dans les villes. Ces projets ont échoué faute de suivi et de volonté politique. Je regrette aussi l’absence de travail politique en commun au niveau de Rennes Métropole. Nous avons très mal géré la question des indemnités des élus, nous nous sommes calqués sur la norme du système socialiste sans ses ajustements. Une nouvelle grille, intégrant les SEM, les responsabilités internes, la disponibilité, me semble indispensable. De mon point de vue, la charge de présidente ou président de groupe nécessite une disponibilité spécifique et donc une rémunération spécifique. D’autre part, il me semble que cette charge ne doit pas échoir à une seule personne mais être partagée. Enfin, les caractères des uns et des autres et la concurrence politique ne permettaient pas de mener avec sérénité certaines actions. C’est d’autant plus dommage que dans d’autres villes, c’est beaucoup moins conflictuel. Le rapport au bureau des Verts a été faible. Les uns et les autres fonctionnant indépendamment. Nous n’avons pas su faire travailler les collaborateurs ensemble vraiment. Pas ou peu de travail de longue distance, hormis l’eau.


L’absence de leader incontestable n’a pas été compensée par notre intelligence collective. L’engrenage des conflits, la rancœur, la concurrence politique, nous ont fait aboutir à certaines dérives qui éclatent publiquement aujourd’hui. L’installation d’une bonne entente et d’une bonne convivialité est indispensable à l’avenir. Une charte des élus verts de Rennes me semble aussi une bonne chose mais sur la base du consensus. Notre place dans la municipalité J’étais lucide dès le départ sur notre rapport de force au sein de la municipalité. C’est pourquoi, je n’espérais de ce mandat pour Les Verts pas plus que ce qui a été fait. Cependant, je comptais sur l’expérience et l’acquis. Aujourd’hui nous les avons mais il me semble que la transmission n’est pas établie. Dores et déjà, il nous faut penser au fonctionnement de la future majorité. Le règlement intérieur de la municipalité et le fonctionnement de Rennes Métropole doivent être modifié, il doit inclure les droits et devoirs des élus. Leurs moyens pour travailler, leurs outils. Il doit aussi s’interroger sur la démocratie participative, sur le droit des oppositions, sur les Conseils de quartier. Nous ne maîtrisions quasiment aucune administration. Notre pratique volontairement amateur de la politique était bafouée régulièrement. Il faudra veiller à disposer de mandats avec moyens et services. A demander des présidences et des vice-présidences de SEM, à demander la constitution d’un groupe politique au niveau de l’agglomération avec moyens mutualisés, à disposer d’un ou plusieurs postes d’éluEs de quartier… En conclusion Discipline, convivialité, démocratie, respect de l’autre et estime de soi, un mandat est éprouvant et exaltant. Le temps est compté en permanence. Il faut aller vite, toujours plus vite, alors que les contraintes techniques, les délais de réalisation des projets s’allongent, s’allongent. Les uns vous demandent d’être plus expert, les autres plus politique. Les uns critiquent les états d’âme des élus, les autres ceux des militants. Nous vivons au cœur de nombreux paradoxes. Pourtant, seule une volonté collective, un esprit à la fois rebelle et réformiste, nous permettraient de surnager des ces eaux nauséabondes de la gestion terre à terre des socialistes rennais. Nous n’avons pas à avoir honte de notre bilan. Nous avons fait de notre mieux. Notre expérience acquise et la maturité des Verts nous permettent d’être ambitieux pour la prochaine mandature. Des discussions franches et des propositions positives sont nécessaires à la sortie de la crise dans laquelle nous nous enfonçons. Les hommes et les femmes passent mais les problèmes et les solutions demeurent. Le prochain G8 : à Saint-Jacques de la Landes ou à Saint-Jacques de Compostelle ? Fait à Rennes, le 25 octobre 2007


Annexe : Liste des titres Conseiller municipal délégué aux arts plastiques Conseiller communautaire Membre du Groupe de suivi Culture (interne ville) et du Groupe de Travail Culture éducation sport et jeunesse Membre du Conseil de surveillance de la SEM TNB Membre du conseil d’administration de l’Ecole des Beaux Arts, du CCNRB, du collège Echange, membre du comité de suivi de La Criée, membre du conseil d’école Contour SaintAubin Membre de la Commission administrative paritaire, catégorie C Membre du Conseil consultatif Identités bretonnes Délégations échues au cours du mandat : 3 ans à la commission et au jury d’Appel d’offre de la ville de Rennes Administrateur d’Air Breizh Participation ponctuelle à des visites de sécurité Participation à la mission d’information et d’évaluation sur l’avenir des groupes scolaires


Bilan de mandat