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BULLETIN MENSUEL DE L'UNITÉ LOCALE EUROCIRCLE Marseille, 11-2011 nº1

« In Other Words » est un projet de l'Union européenne, soutenu et financé par la Commission des Affaires juridiques

In Other Words NEWS

Sommaire Le projet ‘In Other

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Eurocircle contre la discrimination !

Editorial

Words’

Mantoue, la Conference internationale

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Vie de l’Observatoire

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Notre équipe !

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Point presse

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Recadrage

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Agenda

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I

l n‟existe pas d‟objectivité dans le journalisme. Certains mythes se doivent en effet d‟être brisés. Le choix du sujet, l‟angle retenu, les personnes interrogées, la place laissée à la mise en scène, le vocabulaire utilisé, le titre, le support visuel : tout relève du choix de l‟auteur, qui peut être qualifié de « professionnel du choix ». En théorie et en dehors de l‟article dit d‟opinion, l‟éthique du journaliste lui impose la recherche d‟une certaine impartialité. Pourtant, même dans cette quête, celui-ci reste influencé par toutes les composantes de la société dans laquelle il évolue. Il n‟est donc pas à l‟abri des stéréotypes, clichés et autres biais de jugement, surtout quand il traite de sujets liés à des personnes dont la situation particulière les place souvent dans des situations de discrimination personnes d‟origine étrangère ou dont la famille est d‟origine étrangère, personnes handicapées, âgées, minorités religieuses, sexuelles, etc. L‟Observatoire « Autrement Dit » se donne pour mission de relever les passages discriminatoires produits dans la presse écrite locale et nationale, mais aussi les inexactitudes ou approximations lexicales, ainsi que les stéréotypes et clichés, certes moins flagrants, mais qui conduisent souvent à un renforcement des biais de jugement auprès du grand public. L‟Observatoire entend aussi inviter le public – journalistes et lecteurs – à réfléchir à la question de la couverture médiatique en rapport à des groupes déjà marginalisés sur notre territoire national. Sans chercher à diaboliser le travail des professionnels de l‟information, l‟Observatoire se veut un outil de réflexion et de prise de recul, utile et disponible pour tous, sur un monde de l‟information soumis aux dictats de la pression du temps et de la rentabilité. Coordinatrice

Elif Kayi

C

réée en 1993 à Berlin, EUROCIRCLE est depuis 2006 une ONG européenne, qui développe et réalise des projets européens et transnationaux. Ces projets ont pour but de favoriser l‟émergence d‟une citoyenneté européenne interculturelle, basée sur des valeurs communes de tolérance, d‟égalité, de paix, d‟écologie, et de solidarité. L‟idée d‟Eurocircle est née en 1992, à Berlin, avec comme objectif de regrouper un grand nombre d‟acteurs dans les secteurs du social, de l‟éducation et de l‟emploi afin de mutualiser leurs moyens pour initier et mettre en œuvre des projets européens. L‟objectif de ce réseau informel était de faciliter l‟échange, de fournir un service d‟information complet sur les programmes européens de financement, d‟initier des partenariats nationaux et transnationaux, et de venir en appuie à ces projets en agissant comme intermédiaire entre les porteurs de projets. C‟est finalement en janvier 1996 qu‟Eurocircle prend sa forme juridique actuelle en fondant l‟association Eurocircle à Marseille. Suite à la page 2...


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In Other Words NEWS Edité mensuellement à Jaén y Almeria (Espagne), Mantova (Italie), Mortagua (Portugal), Marseille (France), Timisoara (Roumanie) et Tallin (Estonie) avec l'approbation et le soutien de la Commission des Affaires Juridiques de l'Union Européenne. L'édition française est assurée par Eurocircle

Son but principal est la promotion du dialogue interculturel, en particulier des jeunes ayant moins d‟opportunités, en permettant à un grand nombre de jeunes de vivre une première expérience concrète, professionnalisante et interculturelle à l‟étranger grâce aux Programme Européen « Jeunesse en Action » et aux Programme « Long-life Learning ». Grâce à un travail incessant de mise en réseau des porteurs de projets novateurs sur plusieurs domaines, nous avons pu établir des coopérations avec des partenaires de plus de 30 pays, en Europe, dans les pays des Balkans, dans les pays du Maghreb, en Égypte, au Cambodge, au Vietnam, au Brésil, aux USA et au Bénin. Ainsi en 2010, nous avons pu permettre à plus de 150 jeunes français de vivre une expérience valorisante à l‟étranger, tout en accueillant plus de 100 jeunes européens dans tout le Sud de la France. Eurocircle est aussi un partenaire transnational de choix dans différents projets de recherche et de développement, notamment dans le cadre des

programmes européens « DAPHNE » (prévention de la violence) ou «Fundamental rights and citizenship » (fight against discrimination). Eurocircle est aussi porteur de projets novateurs, comme « HELIX ». Cet échange trilatéral débouchera sur trois festivals de théâtre de rue créé par des compagnies de jeunes artistes, dans les villes partenaires de Hambourg, de Shanghai et de Marseille. Dans toutes ses actions, Eurocircle s‟attache à promouvoir les valeurs de la solidarité internationale, du développement durable, de l‟égalité des chances et de la lutte contre la discrimination en se fixant comme objectif de donner un sens concret à la construction de l‟Europe en contribuant activement à favoriser la tolérance et le dialogue interculturel. Dans ces même principes, Eurocircle est partenaire du projet « In Other Words, Web observatory and review, for Discrimination alerts and Stereotypes decontruction » financé par la Commission Européenne, DG Justice - Droits fondamentaux.

Le projet ‘In Other Words’ L'entreprise éditrice ne peut être tenue responsable pour les commentaires de ses collaborateurs

"Les médias reflètent ce que disent les gens, les gens reflètent ce que disent les médias"

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n Other words » est un projet européen qui vise à mener une action contre la discrimination, l‟intolérance, le racisme et la xénophobie. Ce projet, financé par la Commission Européenne et sous la direction du FRAC (Europan Union Agency for Fundamental righs), est développé par le partenaire italien « Provincia di Mantova » en collaboration avec Eurocircle, ainsi que des partenaires en Espagne, Portugal, Estonie et Roumanie. « In other Words » crée un observatoire sur le langage utilisé dans les média pour déceler les stéréotypes discriminatoires et les messages discriminatoires cachés et tacites véhiculés par les média. Ce projet développe également un réseau semi-professionnel dans le domaine de la communication afin de favoriser une nouvelle forme de communication sans discrimination, dont cette lettre d‟information est un des moyens de diffusion. Pour plus de renseignements www.inotherwords-project.eu


Marseille, 11-2011 nº1

L’Observatoire

Objectifs principaux:

te - s‟engager dans la lut n tio na mi cri dis contre la nner - créer, former et coordo erint sse pre de ités des un culturelles;

dolo- développer une méthodia gie d‟analyse des mé

e encou- réagir à l‟intolérancun ication mm co e ragée par un non neutre;

européen visant à offrir siti une communication pohen sion interculturelle. favorisant la compré

- créer un réseau au niveau ve et impartiale tout en

Mantoue, la Conference internationale

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urocircle a participé le 6 octobre dernier à la rencontre transnationale de „In Other Words‟ à l‟occasion de la conférence internationale qui porte le même nom du projet, organisé par Provincia di Mantova sur le thème de la discrimination en Europe. Plusieurs intervenants ont pris la parole tout au long de cette journée pour animer un débat intense autour de différentes formes de discrimination, notamment sur le, cadre législatif italien et européen, le rôle du langage journalistique dans la représentation de groupes minoritaires, les communautés Rom, LGBT et juive en Italie. Le jour suivant, les partenaires transnationaux du projet ont travaillé plus en détail sur la méthodologie d‟observation, sur l‟échange des bonnes pratiques dans le domaine de la lutte contra la discrimination et sur la mise en place des unités de presse locales. Nous avons visité les locaux de l‟observatoire mené par l‟Association Articolo 3 (http://www.articolo3.org) depuis 2008. Cela nous a permis de voir est d’échanger de méthode de mise en place et gestion du travail des unités de presse locales.

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In Other Words NEWS Vie de l’Observatoire

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Présentation de l’Observatoire

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ans le cadre de ce projet européen, les partenaires ont établi une collaboration qui permet tout d‟abord

un échange de bonnes pratiques dans le d o m a i n e d e l a c o m m un i c a t io n interculturelle et journalistique au niveau européen. Afin de s‟investir dans la lutte contre la discrimination, nous avons créé une méthodologie d'observation du langage des médias, qui a été élaborée et est mise en place dans le cadre des activités du projet. Ce réseau européen d'observateurs des médias vise à diffuser une communication interculturelle critique et impartiale principalement par le biais du portail web (www.inotherwords-project.eu) et par la publication mensuelle de ce billet d‟information. Le réseau „In Other Words‟ est composé d‟unités d‟observation semiprofessionnelles, coordonnées par Provincia di Mantova, sous la supervision du FRA. Ce réseau produit des bulletins d'information, du matériel multimédia et des outils

interactifs qui seront publiés au fur et à mesure sur le site Web du projet. L‟unité de presse française a été mise en place par Eurocircle à Marseille et s‟occupera de l‟observation des média français pendant toute l‟année 2012. Elle est coordonnée par un superviseur ayant une expérience professionnelle en communication, la journaliste Elif Kayi. Cette observation n‟est pas exhaustive, mais continue et organisée autour de critères et de grilles d‟analyse qui garantissent l‟uniformité et la cohérence de l‟analyse dans son ensemble. Une unité de presse transnationale produit un bulletin d‟information en anglais, contenant une sélection des articles reçus par les unités locales, et qui est publié sur le portail "In Other Words".

Journée de formation

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a formation „Autrement dit‟ a été organisée le lundi 21 novembre par l'association Eurocircle, rassemblant tous les participants au projet d‟observation des médias ainsi que d‟autres jeunes volontaires, intéressés par la thématique de la discrimination. Suite à une présentation du projet „In Other Words » par Eurocircle, deux organisations sont intervenues dans la matinée. Tout d‟abord le MRAP 13 (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), représenté par la juriste Maïssara Mdrabi, qui a présenté le cadre législatif français contre les discriminations. Cette présentation a fourni la base pour l‟intervention de Caroline Godard et Jean Paul Kopp, de l'association «Rencontres Tsiganes » de Marseille, qui ont clarifié la terminologie concernant les Roms/Tziganes et ont parlé des événements récents, comme les expulsions de Roms. Nous avons ensuite discuté de la situation des Roms/Tsiganes en France et à Marseille.

L‟après-midi, une analyse sur le langage journalistique et sur la déconstruction des stéréotypes dans les médias a été mise en avant. La journaliste et coordinatrice de l‟équipe d‟observation, Elif Kayi, a fait un panorama des termes les plus employés et du style journalistique actuel. Ensuite, un premier exemple d‟analyse d'articles de presse a permis une discussion fructueuse

entre les participants, sur les formes de discrimination, les amalgames ou stéréotypes présents dans les médias. Le thème des Roms et Tziganes ayant été désigné comme prioritaire pour le premier trimestre d'observation sur les discriminations dans le cadre du projet „In Other Words‟, des articles sur ce sujet ont été analysés et discutés.


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Notre équipe !

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a convergence de nos centres d‟intêrêt nous a conduit à

nous rencontrer autour du projet de l‟Observatoire. Nous tenons à vous présenter une parte de i‟équipe dans cette première newsletter. Notre force réside dans notre diversité (Italiens, Français, Suédois, Allemands, Espagnols…) et notre vision sur la pluralité et la liberté des peuples. Nous aimons jouer avec les mots, mais pas avec ceux qui font pas mal aux voisins et nous sommes prêts à « combattre » le racisme de certains concepts et essayer de les changer. Voici nos idées sur le projet :

Elif Kayi- journaliste,

Clara Martinez

coordinatrice

Rodriguez

« En tant que journaliste, je pense qu'il est très important de réfléchir à la manière d'aborder le sujet de la discrimination dans les médias. Pour cette raison, la mise en place d'un observatoire, d'abord au niveau local, est très importante car elle permet d'identifier les problèmes, tant au niveau du langage utilisé par les journalistes, qu'au niveau des sujets choisis, et peut permettre de proposer des méthodes pour améliorer le travail journalistique. »

« Le projet m‟intéresse pour deux raisons principales. D‟abord, en tant que future journaliste, je n‟aimerais pas commettre les mêmes erreurs qu‟on voit aujourd‟hui dans la presse, alors cette expérience, je pense, peut m‟ouvrir les yeux. Et la deuxième raison est le fait d‟être espagnole, car un jour je peux aussi être dans une situation de discrimination. »

Rebecca Blad

Leslie Gattat

« Je viens de Suède, mais vis en France depuis 10 mois. J'ai une licence d‟ingénieur en communication, médias et sciences du genre et j‟ai passé beaucoup de mon temps à travailler sur les questions liées à l'égalité et au droit de l‟Homme. Je pense que ce projet est important, surtout pour comprendre l‟effet des

« Voyageuse de naissance je reviens d‟un S.V.E. d‟un an au Vietnam et j‟ai décidé de poser mes valises à Marseille le temps d‟un Service Civique. Souvent interpellée par des situations de discrimination, le moment était venu pour

médias dans notre vie quotidienne et à sensibiliser à ce sujet. »

moi de m‟y pencher plus sérieusement. C‟est donc dans la continuité de mon développement personnel que je participe au projet . »

… et font partie de notre équipe aussi : Umberto Bucci Pelagia Baxevani Yasmine Chiaruzzi Nicoletta Gomiero Katarina Gregner Amaury Mougel


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Point presse Quand la presse en parle !

D

epuis plusieurs mois, le sujet des « Roms » est devenu omniprésent dans la presse française, tant au niveau national que local. Le thème a pris le pas sur la question des « sans-papiers » en France et est généralement abordé sous un angle plutôt négatif. Les journalistes rapportent en effet principalement l‟actualité gouvernementale et préfectorale, et se focalisent trop souvent sur les thèmes de l‟insécurité, la pauvreté, les expulsions et les mesures dites de « retour volontaire ». La région de Marseille n‟est pas en manque sur le sujet, avec une large couverture dédiée aux différentes mesures d‟expulsion, comme celle de la Porte d‟Aix l‟été dernier. Le 20 novembre 2011, le quotidien régional La Provence titrait : « Un préfet à l’apéro pour fêter le départ des Roms ». L‟article traitait d‟un apéritif organisé dans le quartier marseillais de la Belle-de-Mai par des habitants suite à l‟expulsion, organisée par les forces de l‟ordre, de Roms logeant dans des abris de fortune le long du boulevard Plombières. Le titre dénote une absence totale de recul et de neutralité par rapport au sujet traité. Si les habitants se réjouissent de l‟expulsion, il n‟est en aucun cas anodin de parler de « fête ». Le mot « départ » maquille la réalité de la situation et laisse presque sousentendre une volonté des sujets expulsés de quitter l‟endroit. La parole est donnée aux habitants, ainsi qu‟au préfet, qui soulignent tous le caractère positif de l‟expulsion. Aucune prise de position différente pouvant faire effet de « balancier » - point pourtant impératif pour une couverture journalistique impartiale – n‟est exploitée. Enfin, le dernier paragraphe se concentre sur l‟affaire dite du « parking d‟Aix », qui n‟a en réalité aucun lien avec la dite expulsion mais introduit dans la compréhension générale de l‟article le thème de l‟insécurité. En termes d‟analyse de la couverture de presse, il est important de se concentrer sur le titre, le vocabulaire utilisé pour désigner les sujets de l‟article, ainsi que l‟importance accordée aux prises de parole des différents acteurs retenus et les supports visuels accolés aux articles. Dans de nombreux articles traitant

de la question des Roms, on peut relever un ou plusieurs des problèmes suivants : Absence de traitement objectif et impartial Absence de prises de parole et de confrontation avec les « intéressés » (ici en l‟occurrence des Roms concernés par l‟expulsion) Vocabulaire inadéquat et emploi de termes minimisant ou masquant la réalité des situations vécues

Introduction d‟autres thèmes négatifs non liés au thème initial, comme la délinquance et l‟insécurité Au-delà du développement de méthodes d‟observation de la couverture journalistique en termes qualitatifs et quantitatifs, l‟Observatoire « Autrement dit » souhaite développer et proposer des méthodes pour améliorer le traitement médiatique, afin de palier à un renforcement des stéréotypes relayés par les médias. Il s‟agit d‟aider à une prise de

conscience du vocabulaire utilisé pour désigner des sujets déjà victimes de discriminations dans la vie quotidienne, ainsi que de la manière dont les articles sont construits (thème choisi, personnes interrogées, support visuel). Au cours des mois à venir, l‟Observatoire s‟engage à fournir une revue de presse détaillée autour de sujets précis, mettant en œuvre ces objectifs.


Marseille, 11-2011 nº1

Recadrage

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« Gens du voyage ou Roms ? »

O

n note une confusion récurrente entre les termes désignant diverses catégories de personnes, que celles-ci soient sédentaires, semi sédentaires ou nomades : Tsiganes, Gitans, Manouches, Roms, Sinti, Kalés, gens du voyage, etc. Les institutions européennes ont retenu le vocable générique de « Roms » - y accolant le terme « Gens du voyage » - pour désigner l‟ensemble de ces populations en Europe, la France ayant opté pour la seule appellation administrative « Gens du voyage ». Les différences de modes de vie, de statut et de droit applicable entre « Gens du voyage », citoyens français, et « Roms », migrants de nationalité étrangère, impliquent pourtant de séparer ces deux groupes de manière distincte. La notion de « Gens du voyage » découle de la loi de 1969, qui remplaçait celle de « nomades » utilisée dans la loi du 16 juillet 1912 relative à l‟exercice des professions ambulantes et la réglementation de la circulation des nomades. La notion de « Gens du voyage » n‟est pas une catégorie administrative aux contours bien définis, et les populations hétérogènes qui relèvent de cette catégorie se distinguent par leur histoire, leur mobilité ou leur situation économique. Loi n°69-3 du 3 Janvier 1969, relative à l’exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe. Trois notions émergent en particulier de ce cadre législatif :

 La création du statut administratif « gens du voyage », confirmé par la suite dans la circulaire du 20 octobre 1972.

Ce terme administratif, dérogatoire au droit commun, soumet les « gens du voyage »

Où en est-on 20 ans après ? La loi en vigueur est souvent jugée incomplète. Des ambiguïtés apparaissent déjà dans son intitulé : « Gens du voyage » est un concept administratif pour le moins imprécis, engendrant de l‟exclusion (en parlant de « Gens du voyage » on ne parle aucunement des Roms migrants ou des sédentaires). On remarque de plus une évolution législative sécuritaire qui met en cause les principes de la loi : - Article 53 de la loi dite « sécurité et liberté » du 18 mars 2003 qui fait un délit du stationnement des caravanes hors des terrains d‟accueil. - Article 27 de la loi dite « prévention de la délinquance » du 5 mars 2007 qui autorise le Maire et le Préfet à expulser des voyageurs sans recourir au juge. (de plus de 16 ans) ayant une résidence mobile à la détention d‟un livret de circulation devant être régulièrement visé par la police. Cette loi entraine une obligation de sédentarisation pour cette population car une nouvelle notion est introduite : celle de « commune de rattachement ». La loi du 3 janvier 1969 ne punit pas formellement l‟absence de rattachement, mais le fait, pour toute personne « désireuse d’exercer une activité ambulante ou de circuler » de ne pas détenir un titre de circulation est quant à lui punissable. Or, la demande de tire de circulation doit être déposé « en préfecture ou sous préfecture de l’arrondissement de la commune à laquelle [cette personne] désir être rattachée ». Le non-respect de cette obligation, passée 6 mois, est passible d‟un an d‟emprisonnement. Loi n°2000-614 du 5 juillet 2000, relative à l’accueil et à l’habitat des « gens du voyage ». Cette loi fait suite à l‟échec d‟un premier texte sur le droit au logement, présenté par le ministre du logement Louis Besson et voté par le parlement dix ans auparavant. Elle abroge les dispositions de la première loi Besson et renforce les obligations des communes à l‟égard de la communauté des « gens du voyage ». La loi prévoit qu‟un schéma départemental détermine les secteurs géographiques des aires permanentes d‟accueil, ainsi que les communes où celles-ci doivent être réalisées (toute commune de plus de 5000 habitants). Il peut s‟agir de terrains destinés à des séjours longs - voire permanents -, au simple passage, ou à une utilisation temporaire liée à des rassemblements occasionnels.

Et les Roms ? Par Roms migrants, on entend en France les personnes vivant sur le territoire national, venant essentiellement de pays d‟Europe Centrale et Orientale et se reconnaissant comme Roms. Leur nombre est estimé par les associations spécialisées à une dizaine de milliers de personnes. Dans un contexte d‟élargissement de l‟Union européenne, il faut distinguer la situation des Roms issus d‟un pays membre de l‟UE ou d‟un pays hors UE. Il faut aussi distinguer la situation des Roms ayant migré de Roumanie et de Bulgarie avant ou après le 1er janvier 2007, date à laquelle ces pays ont intégré l‟Union. Leur adhésion a en effet entraîné des conséquences en matière de liberté de circulation de leurs ressortissants, d‟installation et d‟exercice d‟une activité professionnelle en France. Pour les Roms originaires d‟un pays hors Union, la création de la force maintien de la d‟interposition et de paix internationale au Kosovo, en 1998, a par exemple contribué à ce que des Roms venant du Kosovo acquièrent le statut de réfugié. Plusieurs milliers de personnes ont été accueillies en France dans ce cadre.


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A venir...

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ans la lettre d‟information de décembre nous allons aborder la question des Roms à Marseille. Nous allons concentrer entièrement notre recherche sur la presse autour de ce sujet dans les prochains deux mois et nous allons dédier les lettres d‟information de décembre 2011 et de janvier 2012 au sujet des Roms, Tsiganes, Manouches, Gens de Voyage et Sinti. EUROCIRCLE

Agenda

Eurocircle, 47 rue du Coq 13001 Marseille Tel: +33-(0)491429475 Fax: +33-(0)491480585 E-Mail : autrement.dit.13@gmail.com autrement.dit.13@inotherworproject.eu

P

rochainement à Marseille et alentours

Pour la deuxième édition du festival « La Main dans le Chapeau » biennale No-Mad des arts métis handicapés/valides porte à Marseille toutes les formes d‟art : une pièce, une danse, un mime, une projection, une fanfare. Du 28 novembre au 3 décembre, la compagnie aubagnaise Tétines et Biberons propose une programmation inédite à la Distillerie. Le fil rouge du festival est l‟expression et le partage des sensibilités d‟acteurs handicapés et « valides ». Plusieurs spectacles et activités se dérouleront à l‟occasion de cet événement qui se clora le samedi 3 décembre, déclaré Journée internationale du handicap par les Nations Unies. Vendredi 9 décembre 2011, Latcho Divano convie au “Noël du Latcho Divano” à La Machine à Coudre, à partir de 21h. Au programme : Rencontre-débat avec l‟association “Rencontres tsiganes” Concert de la fanfare Vagabontu, fanfare de Moldavie, qui vous emportera dans son sourbillon venu de l‟Est Exposition des photos de l‟atelier sur le plateau de l‟Arbois, fruit d‟une rencontre entre les enfants du bidonville de l‟Arbois, à proximité de la gare TGV d‟Aix en Provence et deux membres du Latcho Divano Pour toute information complèmentaire, n‟hésitez pas à nous contacter par mail à contact@latcho-divano.com Pour plus d‟informations, consultez le site : www.latcho-divano.com La Bibliothèque Alcazar de Marseille est partenaire du PriMed 2011 - Prix International du documentaire et du Reportage Méditerranéen. Dans le cadre ce cet événement international la bibliothèque accueillera une sélection officielle de films et courtmétrages PrixMed 2011 qui seront projetés à partir du 12 décembre au 28 février 2011. Les thématiques abordes sont nombreuses et les questions de la migration, de l‟exclusion sociale, de la discrimination et des pratiques religieuses sont présenté par plusieurs réalisateurs ayant différents regards. Pour plus de renseignements : http://www.bmvr.marseille.fr/Typo3/fileadmin/user_upload/pdf/agenda_dec_.pdf


Newsletter "In Other Words" n.1/Novembre 2011  

Lettre d'information rédigée par l'équipe d'observation d'Eurocircle dans le cadre du projet européen 'In Other Words'

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