Page 1

ĂŠtre Magazine

1


CHAQUE PERSONNE EST UNIQUE.

Le projet le plus complet à Québec!

Consultez votre médecin.

condos, lofts & villas

Secteur Lebourgneuf

Sortie Louis XIV de l’autoroute Laurentienne 7615, rue des Métis, Québec 418.780.5666

condovertmezzanine.com 2 Être Magazine


Sommaire

© T.T.

10

Éléctions

18

Chypre

Mode

32

Stud Line

© César Ochoa

Édito

6

Société / Politique Élections et associations

8

Ce que les partis proposent

10

Fierté de Calgary

14

International Ukraine

16

Chypre

18

22

Théâtre Bash

20

Loui Mauffette

21

© César Ochoa

Document remis

Mode VirginX

22

Stud Line

32

Tozzi

40

Événement Week-end fétiche

50

Musique Mika

52

Nighlife En rafale

56

Réponse du K-Mé-Léon

60

Menus plaisirs La Tanière

62

Chronique vins et alcools Blancs désaltérants

4 Être Magazine

64

40 Tozzi et New Look

52

Mika Être Magazine

5


Édito

Équipe de travail

Le choix du 4 septembre

Éditeur André Gagnon

andregagnon@etremag.com

Rédaction Journalistes Antoine Aubert

antoine@etremag.com

François Bernier

Lorsque Jean Charest a pris le pouvoir en 2003, le Québec venait d’aller aussi loin qu’il le pouvait en matière de droits LGB avec l’ancien gouvernement Landry et la loi instituant l’union civile et de nouvelles règles de filiation. Pour les trans, tout restait et reste encore à faire en matière d’égalité. La Cour allait accéder la même année à la requête du couple Hendricks-Leboeuf et invalider la définition hétérosexiste du mariage.

francois@etremag.com

François Dallaire

francois.d@etremag.com

Jacinthe Dupuis jacinthe@etre.net

Serge Ebacher serge@etre.net

Matthieu Lévesque

matthieu@etremag.com

Thibaut Temmerman thibaut@etre.net

Shawn Thompson

André Gagnon andregagnon@etremag.com Nos droits ne faisaient l’objet d’aucun engagement dans les programmes des partis politiques du Québec et c’est sans surprise que la « réingénierie de l’État » promise par les libéraux nous a laissés en plan. Les quelques programmes qui permettaient à nos organismes d’obtenir du financement ont été coupés et le désengagement annoncé de l’État au profit des partenariats publics-privés (soit, dans l’action communautaire, un transfert des responsabilités de l’État aux organismes… invités à compter aussi et surtout sur l’auto-financement) fermait la porte à une prise en compte sérieuse par celui-ci de la lutte contre l’homophobie et la transphobie. On connait la suite. Les réductions d’impôts promises dans la foulée de la « réingénierie » ont surtout profité aux plus riches et aux grandes entreprises, pendant que les frais aux utilisateurs ont rapidement augmenté, annulant pour la plupart des contribuables les effets des baisses d’impôt. Le désengagement de l’État a ouvert la porte au privé dans plusieurs secteurs, de la réfection des infrastructures aux garderies, multipliant les occasions de patronage et de corruption, pendant que nos organismes communautaires reçoivent toujours des miettes pour faire le travail qui devrait être celui de l’État : combattre la discrimination et s’assurer de notre égalité de facto. La même situation se reproduit dans plusieurs champs d’intervention de l’État avec des conséquences de plus en plus alarmantes, par exemple en matière d’itinérance.

tion en milieu scolaire (déjà considérées comme nettement insuffisantes). C’est dire l’importance accordée par le gouvernement sortant à la question ! Si le PLQ compte à son actif l’adoption de cette politique recommandée par la Commission des droits de la personne, la lenteur et la timidité des mesures mises en place ne compensent même pas pour les pertes subies par nos communautés sous sa gouverne.

rende compte que le centre-droit sera toujours le terreau des « nationalistes mous » qui n’ont aucune difficulté (bien au contraire) à s’accommoder du Canada de Stephen Harper et qui ne voient aucun problème à avoir des homophobes au pouvoir à Ottawa, tout en se disant contre le «conservatisme social ».

Bien qu’au cœur du Printemps érable, la remise en question des orientations néolibérales, qui ont façonné les politiques québécoise et canadienne depuis près de 30 ans, a occupé assez peu de place dans la campagne électorale. Et ce malgré la grave crise économique de 2008 (échec éclatant des politiques économiques néolibérales), le mouvement des Indignés et notre printemps chaud.

Il ne se fait toutefois pas sans contradiction quand on sait que le premier engagement de Pauline Marois en 2007 dans la course à la chefferie était… de hausser les frais de scolarité pour financer les universités!

Le PQ inspiré par QS Le Parti libéral nous invite ouvertement à choisir le modèle néolibéral comme projet social alors que la mal nommée Coalition avenir Québec, nouvelle Union Nationale, regarde vers le passé en nous invitant à une réingénierie de l’État « prise deux », en identifiant comme problème numéro un la population et les syndiqués du Québec (qui ne travaillent pas assez et en demandent trop). Sous la pression des partis et mouvements sociaux émergeant à sa gauche, le Parti québécois promet une certaine rupture avec les crédos néolibéraux, disant vouloir taxer davantage les minières et les hauts salariés pour abolir les mesures néolibérales les plus odieuses comme la taxe santé et la hausse des frais de scolarité. Dans la même perspective, il promet d’améliorer le Plan d’action contre l’homophobie. La lutte à l’homophobie a pour la première fois fait son apparition dans son nouveau programme politique. Il promet aussi une charte de la laïcité qui ne pourra que nous être utile pour limiter les attaques motivées par l’homophobie religieuse contre nos droits auxquels la Charte canadienne laisse la porte grande ouverte.

Comme dans le portrait global, les orientations néolibérales mises en place ont pour conséquence d’accroitre les inégalités. Pendant que les minières sont généreusement subventionnées dans le cadre du Plan Nord (et des milliards investis pour ouvrir le territoire à leur exploitation), après neuf ans de tergiversations, nos organismes viennent à peine de toucher les premières maigres subventions accordées dans le cadre du trop longtemps attendu Plan d’action contre l’homophobie. La base conservatrice du PLQ ne s’en sera même pas aperçue si, comme le prévoient les sondages, Jean Ce recentrage vers le centre-gauche du PQ n’est certes Charest perd le pouvoir. pas étranger à l’émergence de Québec solidaire (et plus récemment d’Option nationale), qui gruge depuis 2006 sa En tout, 7 millions de dollars sur cinq ans (dont quatre base souverainiste. Après deux décennies où le PQ a porté relevant du prochain gouvernement), trois fois moins par surtout sur le centre-droit (ce qui l’a presque mené au nauannée que les sommes investies dans la lutte à l’intimida- frage sous André Boisclair), il est temps que ce parti se

Le printemps érable et la campagne électorale auront permis de donner de l’espace sur la glace à ces deux nouveaux partis que sont Québec solidaire et Option nationale. QS a été le premier parti à inscrire la lutte à l’homophobie dans sa plateforme politique en 2006. Voter pour nos allié(e)s Certes, sa position est ambigüe et contradictoire en matière de laïcité : on se demande comment des profs qui arboreront en classe une croix catholique ou un voile islamique, des religions virulemment homophobes, pourront de façon crédible enseigner le respect de la diversité sexuelle par exemple. Mais le parti abordera la question de la diversité sexuelle lors de son prochain congrès. Quant à Option nationale, si le nouveau parti n’a pris à ce jour aucune position claire sur nos droits, il rappelle qu’un Québec indépendant doté d’une constitution moderne sera le meilleur rempart pour les protéger. Enfin, le Parti vert est le seul à s’engager à abolir la discrimination dans les dons de sang.

En l’absence de système de représentation proportionnelle, seul garant d’une représentation adéquate de la population et des à l’Assemblée nationale (surtout quand nous sommes assurés que le prochain gouvernement ne recueillera guère plus d’un tiers des suffrages exprimés), il est souhaitable, qu’au minimum, les porte-parole de ces nouveaux partis porteurs de changement soient élus à l’Assemblée Nationale. La présence de Françoise David aux « débat des chefs », celle d’Amir Khadir à l’Assemblée nationale, ont démontré que ces nouveaux partis amenaient un changement de discours très pertinent. Comme aucun de ces deux partis ne peut accéder à court terme au gouvernement, le Parti québécois demeure, l’histoire l’a prouvé, notre meilleur allié dans la lutte pour l’égalité parmi les partis pouvant former le prochain gouvernement. Il faudra s’assurer toutefois qu’il livre la marchandise.

shawn@etre.net

Chroniqueurs Sophie Delorme Gaëtan Vaudry

production Directeur artistique César Ochoa

publicite@communicationsetre.com

Graphistes Étienne Desforges

Etienne@communicationsetre.com

Photographe César Ochoa

Webmestre Maël Cormier mael@communicationsetre.com

ventes Québec, Centre et Est du Québec Maude Desjardins (581) 983.1083

La présence importante de nos communautés dans les quartiers centraux des grandes villes peut nous permettre de faire la différence entre la présence ou non de députés et députées qui soient des alliées à l’Assemble nationale. Pensons aux circonscriptions de Sainte-Marie-Saint-Jacques, de Taschereau, Mercier ou Gouin, mais aussi Trois-Rivières où se présente Djemila Benhabib. Notre intérêt est qu’un maximum de députés progressistes soient élus à l’Assemblée nationale pour que le prochain gouvernement réalise pleinement que la responsabilité de la lutte contre l’homophobie revient aussi et largement à l’État qui doit être garant de notre égalité à tous et à toutes.

maude@communicationsetre.com

Montréal, Montérégie et Estrie Luc Barrette (514) 439.4737

luc@communicationsetre.com

Pierre Druelle (514) 903.9463

pierre@communicationsetre.com

Nathan Fortin (514) 903.1782

nathan@communicationsetre.com

Simon Soulières (514) 439.4447

simon@communicationsetre.com

Administration et distribution Luc Thellen

Luc@communicationsetre.com

Magazine Être Une division du Groupe HMX Toute reproduction en tout ou en partie de cette publication est strictement interdite sans l´autorisation de l´auteur de l´article ou du photographe. Les articles ne reflètent que l´opinion de leur auteur et n´engagent en rien le magazine ÊTRE. Tous droits réservés. ISSN 1205-8793

Montréal adresse postale C.P. 222, Succursale C, Montréal (Québec) H2L 4K1 Tél 514 521 3873

Québec Tél 418 523 3873 Ottawa Tél 613 238 3873

Ailleurs au Canada 1-866-521-3873

6 Être Magazine


Société

Élections générales du 4 septembre

Les militants attendent des réponses Développement économique, santé, identité, corruption… Pour le moment, la présente campagne a mis de côté les enjeux qui concernent spécifiquement la communauté GLBT, comme la lutte contre l’homophobie, la fin des barrières légales discriminatoires à l’égard des transsexuels ou le soutien aux organismes communautaires. Plusieurs d’entre ces derniers nous ont fait part de leurs attentes pour la prochaine législature. Thibaut Temmerman Lors de la présentation du Plan de lutte contre l’homophobie en mai 2011, le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, nous affirmait en entrevue qu’il ne répondait ainsi qu’à 20 % des demandes des organismes communautaires. « Et peut-être moins, lâche Éric Pineault, président de Fierté Montréal. Il faudra adresser cette question-là au nouveau ministre. C’est sûr que les besoins sont criants et qu’on a besoin de plus pour sensibiliser les gens, surtout dans le milieu scolaire et sportif où il y a de gros efforts à faire. » Les organismes sont nombreux à déplorer l’absence de débats, hors des médias spécialisés, sur les questions qui touchent les GLBT durant cette campagne, même s’ils relèvent le fait que certains candidats sont sensibles à leurs revendications. La Fondation Émergence et le Conseil québécois des gais et lesbiennes ont choisi de remettre un questionnaire aux responsables politiques, tandis que le Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal a publié un dossier regroupant les engagements des six principaux partis en matière de santé et de services sociaux, de financement des organismes et de lutte contre la pauvreté, ainsi que des frais de scolarité. 8 Être Magazine

Des financements plus réguliers Pour l’organisme GLBT Baie des Chaleurs, la première des préoccupations est également d’ordre financier. «  Dans les discours, on perçoit les organismes communautaires comme une dépense et non comme un investissement », regrette Hélène Morin, responsable des communications. L’organisme manque de moyens réguliers pour offrir ses activités et embaucher un intervenant. Certes, il a reçu une enveloppe de 18.000 dollars, mais elle était destinée à réaliser une étude sur les besoins des GLBT gaspésiens dans le cadre du Plan de lutte contre l’homophobie. Malgré de fréquentes demandes au ministère de la Santé et des Services sociaux, l’organisme Gai Écoute déclare être à court d’argent pour offrir ses services jour et nuit24h/24. Si la Maison Plein Cœur a obtenu une hausse de 60  % du financement de son programme Entraide positive, Gary Lacasse rappelle que le déclenchement des élections a interrompu le processus d’attribution des subventions, mettant en difficulté d’autres organismes demandeurs. « Nous attendons la reconduction des programmes mis en place et le rehaussement du financement, s’il y a lieu », martèle-t-il. Il juge en outre « inacceptable » que le ministère de la Santé ait évoqué des raisons financières pour ne pas donner d’argent pour la campagne de pré-

© César Ochoa

vention lors de la Journée de lutte contre le sida. Au-delà du Plan Selon lui, la contribution de Québec était d’auLe manque de financement se voit égatant plus « indispensable » pour compenser les lement dans les écoles, si l’on en croit le baisses décidées par le gouvernement fédéral. comédien et animateur Jasmin Roy, qui a donné son nom à une fondation pour lutter Mesures gratuites, conséquences favorables contre toutes les formes de harcèlement chez Cependant, tTout n’est pas seulement qu’une les jeunes. S’il qualifie de « grand pas en question de dollars.Ainsi, Sandrine Marquis, avant » la Loi 56 visant à prévenir et à comprésidente de l’Association des transsexuelles battre l’intimidation et la violence à l’école, et transsexuels du Québec, rappelle que plu- sa mise en œuvre risque de se faire dans « la sieurs lois « ne coûteraient rien », mais appor- panique », faute de moyens financiers. « Ce teraient beaucoup aux GLBT, en particulier aux n’est pas de la mauvaise intention, car il y a T. « À l’heure actuelle, expose-t-elle, l’identité un problème organisationnel, s’inquiète-t-il. et l’expression du genre ne sont que sous-en- Si l’on veut contrer l’intimidation en milieu tendues » dans la Charte des droits de la per- scolaire, il va falloir nommer une personne sonne du Québec ». Elle souhaite leur inclusion par école, comme la loi le demande, et libéexplicite, tout comme Éric Pineault, pour qui rer cette personne au moins une journée par c’est présentement « le plus grand enjeu au semaine. » Québec ». Même avec une politique de lutte contre l’hoAutre revendication : la possibilité de chan- mophobie, il reste des choses à revendiquer, ger légalement de sexe sans être obligé de pas- relève Laurent McCutcheon dans un communiser par une chirurgie de réassignation. Cette qué adressé aux partis politiques : de véritables avancée est notamment en débat en Ontario, où pouvoirs au Bureau de lutte contre l’homophoun tribunal a jugé cet impératif discriminatoire. bie, des programmes en lien avec l’orientation Sandrine Marquis espère que le prochain gou- dans les ministères et les municipalités... Et le vernement relancera le projet de loi 70 visant à président de Gai Écoute de conclure que « les faciliter les actions civiles des victimes d’actes bonnes intentions doivent maintenant se transcriminels, dont l’étude a été interrompue par le former en actions ». On est tenté d’ajouter : déclenchement des élections. ainsi qu’en bulletins de vote. Être Magazine

9


Politique

Élections générales & droits GLBT

Parti Québécois

Bonifier le plan libéral

Que proposent les partis ?

Depuis la présentation du Plan de lutte contre l’homophobie du gouvernement Charest, au printemps 2011, une question se pose : comment le Parti québécois peut-il aller plus loin, alors que les mesures des libéraux sont saluées elles-mêmes par de nombreux militants ? Chargée par son parti de traiter des questions de justice, notamment de celles portant sur les discriminations envers les minorités sexuelles, Véronique Hivon estime que le PQ apportera surtout une mise en application optimale des mesures prévues par le plan. Si elle jette « un regard assez positif » sur ce plan de lutte, elle considère toutefois qu’il faut désormais « s’assurer que ce qui est théorique deviendra visible pour les organismes sur le terrain », notamment « dans l’éducation, dans certains milieux professionnels, chez les aînés et dans les sports ».

C’est un euphémisme : la plupart des partis politiques évoquent très peu les questions GLBT depuis le début de la campagne électorale. Certains militants s’en sont d’ailleurs émus. Toutefois, notre équipe a réussi à discuter avec des représentants des six principaux partis, question d’en savoir un peu plus sur leurs intentions. La rédaction Québec Solidaire

En finir avec les « pinottes » Manon Massé, féministe, lesbienne et cofondatrice de Québec Solidaire ainsi que candidate dans Sainte-Marie-Saint-Jacques (circonscription qui comprend le Village) se dit « contente » de l’existence d’une politique de lutte contre l’homophobie, mais qualifie de « pinottes » les sept millions de dollars consacrés aux programmes en vigueur. Le cadre budgétaire de Québec Solidaire prévoit, dès la première année d’une prise de pouvoir, une enveloppe supplémentaire de 350 millions de dollars pour soutenir l’ensemble des organismes communautaires, pas seulement ceux qui œuvrent pour les communautés GLBTQ. Ce montant correspond, dit-elle, à ce qui a été calculé par le Réseau québécois de l’action communautaire autonome afin de compenser le sous-financement des organismes. Selon Manon Massé, il est aussi « urgent » de mettre l’accent sur la lesbophobie (terme absent du plan actuel) et surtout la transphobie, le « parent pauvre » des programmes. Regrettant que la lutte contre l’homophobie repose sur « le bon vouloir » des établissements scolaires, elle propose que chaque élève reçoive au moins une fois durant sa scolarité la visite d’un GRIS.

10 Être Magazine

Option nationale

Mêler souveraineté et homosexualité Jean-Martin Aussant n’a pas créé son parti en 2011 pour des raisons strictement sociales, mais plutôt pour accélérer le processus d’accession à l’indépendance du Québec, estimant que le Parti québécois de Pauline Marois n’en faisait pas une réelle urgence. A priori donc, les causes qui tiennent à cœur aux militants GLBT pourraient ne pas apparaître comme une priorité pour Option nationale. Pourtant, Yanek Lauzière-Fillion en l’entend pas ainsi. Ce responsable des droits des communautés pour son parti estime qu’« Option nationale » accorde les questions de souveraineté aux problèmes sociaux : « En faisant du Québec un pays, on donnera aux GLBT d’ici une législation qui leur est propre et qui ne risque pas d’être menacée par les conservateurs de Stephen Harper », affirme-t-il. Dans le même ordre d’idée, le candidat de la circonscription de Crémazie veut faire adopter une nouvelle Constitution, rédigée par des analystes et où les droits des minorités (notamment sexuelles) seraient « explicitement défendus ».

La plateforme électorale de Québec Solidaire comprend également l’abolition de l’ensemble des barrières légales « pernicieuses et douloureuses » pour le changement de sexe, explique Manon Massé : « Faire ça à des gens pour qui l’identité de genre est claire, c’est de les vouer à une torture inacceptable. Le fait de modifier les règles ne coûte pourtant rien ».

Autre promesse d’Option nationale : une plus grande concertation entre les élus pour combattre efficacement l’homophobie auprès des aînés, que ce soit sur les plans institutionnel ou scolaire. N’est-ce pas le but du Plan contre l’homophobie lancé par le gouvernement de Jean Charest ? « C’est très bien de faire des plans, mais encore faut-il les mettre en application, répond-il. Prenez les soins aux aînés : il manque beaucoup d’actions sur le terrain, notamment pour que les conditions de vie s’améliorent chez les aînés GLBT, alors qu’ils sont encore victimes d’homophobie ».

Par ailleurs, en matière de lutte contre le VIH/sida, Manon Massé insiste sur les campagnes de prévention et pointe l’incohérence qu’il y aurait à les supprimer pour raison financière alors qu’« on a dépensé 850 000 dollars pour promouvoir dans les médias la hausse des frais de scolarité ».

Pour trouver les ressources nécessaires et donner davantage de moyens, Yanek Lauzière-Fillion parle de l’argent récolté grâce à la nationalisation des ressources naturelles, au fait de ne faire qu’une seule déclaration de revenus, ou encore à une meilleure maîtrise des dépenses, par exemple dans le domaine de la santé. (A.A.)

Selon la candidate péquiste de la circonscription de Joliette, « parfois, les moyens ne suivent pas ». Ainsi, elle n’exclut pas des « coups de pouce » financiers à des organismes GLBT qui souhaiteraient lancer de nouvelles actions pour lutter contre les discriminations. Elle regrette également que le gouvernement libéral ait pris tant de temps avant de proposer un plan qui avait pourtant été annoncé dès la fin de l’année 2009. Prônant une approche globale dans la lutte contre l’homophobie, Véronique Hivon précise qu’il reste à coordonner les ministères et les organismes publics « pour appliquer les mesures présentées dans le Plan, tant au sein des équipes qu’auprès des clientèles auxquelles elles s’adressent ». « C’est une question d’attitude, il faut que les femmes et les hommes politiques incarnent l’idée qu’aucune discrimination n’est possible. On a une responsabilité à cet égard », résume-telle. (A.A.)

Être Magazine

11


Politique Parti vert

Don du sang et tolérance zéro

Peu visible médiatiquement, le Parti vert du Québec souhaite néanmoins faire entendre sa voix en s’intéressant à des dossiers délaissés volontairement ou non par les autres partis. C’est le cas pour les questions GLBT, puisqu’il est le seul à dire vouloir s’attaquer à l’interdiction qui frappe les gais concernant le don du sang.

de personnes qui voudraient aider les Québécois et qui ne le peuvent pas ».

Autre sujet évoqué par Jozyam Ilsa Fontaine : l’intimidation en milieu scolaire. Selon la représentante des Verts, on voit peu d’améliorations, malgré les annonces du gouvernement, ces derniers mois. « Ce sont des mesures floues, rien Pour Jozyam Ilsa Fontaine, candidate dans la circonscrip- de concret. Je comprends la gêne de ces jeunes qui, malheution de Hull, il s’agit même de la première chose pour la- reusement, développent une logique antisociale et se margiquelle son parti doit lutter. « C’est une vraie discrimination, nalisent », dit-elle. s’exclame-t-elle, renforcée par le fait que Héma-Québec affirme que les homosexuels sont des gens plus à risque. Ça Les mesures que préconise le Parti vert québécois : plus les stigmatise, et ce n’est même pas vrai ». de personnel spécialisé (notamment des psychologues) et aucune tolérance envers les agresseurs. « Il faut les expulser Le Parti vert veut donc donner ce droit aux gais, ce qui si on constate qu’ils ont commis des actes déplacés, indique permettra aussi d’améliorer « un système de santé qui va la candidate. Nous avons aussi besoin d’une éducation cimal. […] On se prive d’un sang sain, d’un sang universel, toyenne, peut-être sous forme de cours ». (A.A.)

Parti libéral

Coalition Avenir Québec

Quand il s’agit de parler de son action future en faveur des droits GLBT, le PLQ met de l’avant son Plan de lutte contre l’homophobie. « Si j’avais une nouvelle promesse à faire aujourd’hui, on me demanderait pourquoi je ne l’ai pas mise dans mon plan d’action ou pourquoi je ne l’ai pas faite [plus tôt] », indique Jean-Marc Fournier, ministre de la Justice, responsable de ces questions au sein du gouvernement Charest, interrogé quelques jours avant la Fierté de Montréal.

« La Coalition Avenir Québec regroupe des gens qui sont tannés des débats des vieux partis », répète Cédrick Beauregard, ancien attaché politique de… Michelle Courchesne, ex-ministre de l’Éducation et responsable des thématiques GLBT pour le parti de Jean Charest. Quoi de nouveau, dès lors, pour les GLBT ? Cédrick Beauregard critique surtout l’action libérale, se désolant de la récente élimination du financement pour la Journée mondiale du sida « parce que ce n’était pas politiquement vendeur pour le gouvernement Charest ». « On a délaissé la communauté gaie », dit encore celui qui est par ailleurs directeur général de la Fondation Jasmin Roy depuis 2011.

D’autres plans en vue ?

Lors du dévoilement du Plan, au printemps 2011, le candidat libéral dans la circonscription de Saint-Laurent avait concédé que les subventions prévues ne concernaient qu’une minorité des associations GLBT (environ 20 %). Le PLQ estime-t-il que l’effort est suffisant ? « Le défi de la lutte à l’homophobie est tellement grand que je ne sais pas quand ça va être suffisant », répond le ministre. « Je crois que le plan quinquennal va faire ses cinq ans. » Pourtant, il imagine d’autres plans, à moyen terme et à long terme : « Ce que je veux pour la suite des choses, c’est qu’on pose les meilleurs gestes. Je ne veux pas que ce soit le plan quinquennal, mais le premier plan quinquennal. » Ce fidèle du premier ministre se plaît à rappeler sa bonne entente avec les militants. « J’ai eu la chance d’avoir des partenaires qui ont été très ouverts quand je les ai sollicités pour avoir leur avis », explique-t-il. « Parce qu’en réalité, qui sont les acteurs au quotidien ? Les groupes communautaires engagés dans la lutte. C’était automatique qu’on fasse affaire ensemble. » (J.D.) 12 Être Magaizine

L’action libérale critiquée

Concernant le Bureau de lutte et le Plan d’action contre l’homophobie, créés par les libéraux, le candidat de Sainte-Marie-Saint-Jacques évoque la nécessité de les maintenir « et même de les bonifier », souhaitant que le Bureau « continue de vivre, mais avec un peu plus de moyens ». Pour les autres questions brûlantes qui touchent directement le Village, Cédric Beauregard se montre prudent. Il affirme ne pas être contre l’idée d’installer un site d’injection supervisé dans le secteur et soutient que « ce sont les projets du milieu communautaire qui vont créer plus de sécurité ». Il critique la politique interministérielle contre l’itinérance des libéraux, « privée de moyens », et promet de créer une nouvelle politique de consultation avec les organismes sur le terrain. Pourtant, il ne croit pas que l’investissement dans le logement social soit la solution, visant plutôt un suivi psychosocial et le développement des emplois comme stratégie contre l’itinérance. (J.A.) Être Magazine

13


Société Jordan Arseneault (Traduction : J.D.)

© Omega Man

À son arrivée à Calgary, Dallas Barnes, présidente bénévole de Pride Calgary depuis 2011, s’est dit choquée d’apprendre comment s’était déroulée la première fierté en 1990. Les participants avaient alors marché, masqués de sacs de papier, de peur d’être reconnus, mais aussi afin de symboliser le stigmate qui garde tant de GLBT dans le placard. « Voir une si belle communauté dans une ville aussi arriérée, représente l’une des raisons pour lesquelles je m’implique et c’est ce qui me motive à continuer », admet-elle. « Au Canada, Calgary peine encore à composer avec sa diversité. Beaucoup de personnes GLBT ne sortiront jamais du placard », explique Dallas Barnes. Cette situation rend la présence de la première ministre conservatrice (conférencière principale lors de l’événement) encore plus significative. Récemment réélue, Alison Redford avait déjà participé au défilé comme candidate, mais aucun chef politique provincial n’a jamais pris part aux festivités. Cette année, le gouvernement a été acclamé par la communauté en réapprouvant le financement pour les chirurgies de réassignation sexuelle, une décision célébrée pendant le défilé du 2 septembre.

Fierté de l’Ouest La partie n’est pas encore gagnée pour que Calgary et l’Alberta deviennent des endroits sécuritaires et accueillants pour la communauté GLBT, explique Dallas Barnes, présidente de l’organisme gérant l’événement. Mais le vent est en train de tourner : en plus d’avoir vu le nombre de participants décupler dans les cinq dernières années, Pride Calgary accueillera en grande première, pour sa 23e édition, la première ministre Alison Redford.

14 Être Magazine

Afin d’injecter un peu de vitalité à la fête sans vider son compte en banque, les organisateurs de Pride Calgary se sont associés avec Pure Pride, un promoteur d’événement GLBT d’Edmonton qui produira la soirée de fermeture au très approprié complexe Flames Central. Présentant leur party officiel comme la « fierté la plus grosse et la plus sexy de l’histoire de Calgary », l’événement du samedi 1er septembre mettra en vedette l’ancienne star de RuPaul’s Drag Race Chad Michaels et un duo de DJs gais de Los Angeles, les Perry Twins (qui ont également joué au New York Pride’s Pier Dance, plus tôt cette année).

Mathieu Laca

Mathieu Laca, Alter Ego (Trois autoportraits), huile sur lin, 153cmX122cm, 2008

pride calgary

La force du nombre Côté mauvaises nouvelles, « presque tous les bars gais ont fermé cette année. Seulement deux subsistent, c’est une catastrophe », regrette Dallas Barnes. « Mais à cause de ses fermetures, nous avons réalisé que lorsque nous nous rassemblons, nous avons une plus grande force », ajoute l’éducatrice et rédactrice pour le Gay Calgary Magazine. Nous tentons d’organiser le plus d’événements possible sans alcool et pour les jeunes. Nous avons une troupe de drag kings qui fait des spectacles, dont les profits vont directement à Miscellaneous Youth », un organisme qui a mis sur pied un bal de la fierté pour les jeunes.

Avec un comité près de ses racines et soucieux de garder le sens de l’événement à l’avant-plan, Pride Calgary a peut-être trouvé l’équilibre parfait entre la politisation et les flamboyantes attentes de sa communauté. Pride Calgary Du 25 août au 3 septembre 2012 pridecalgary.ca

Galerie Modulum

3081 rue Ontario est | bureau 301 | Métro Préfontaine info@modulum.ca | 514.596.0500 Heures d’ouverture: vendredi 12h - 19h, samedi et dimanche 12h - 17h.

19 octobre - 18 novembre vernissage: vendredi 19 octobre, 17h - 20h commissaire: Normand Babin www.mortouvif.weebly.com Être Magazine

15


international

Ukraine

© mignews.com.ua

Homophobie

© mignews.com.ua

d’état

Si l’Ukraine, ancien membre de l’URSS, n’a jamais constitué un exemple de tolérance, sa proposition d’un projet de loi contre toute manifestation pro-GLBT montre un durcissement de Kiev contre les minorités sexuelles. Pour Galina Yarmanova et Leslya Pagulich, deux militantes féministes et chercheuses sur les questions de genre, c’est notamment l’influence de plus en plus grande des groupes religieux homophobes qui se trouve à l’origine de cette évolution.

© mignews.com.ua © mignews.com.ua

Jordan Arsenault (traduction : A.A.) Plus d’une centaine de milliers de personnes ont vu sur Internet la vidéo montrant Sviatoslav Sheremet, organisateur de la Fierté de Kiev, se faire battre, rouer de coups de pied et piétiner par des brutes masquées, après la conférence de presse où on annonçait que la police annulait la manifestation du 20 mai. Pendant ce temps, une intolérance enragée s’est affirmée sur le plan politique. Si on a reporté l’adoption du projet de loi voulant interdire toute « propagande homosexuelle », suite aux pressions du Parlement européen, la bataille sera encore longue pour les militants comme Galina Yarmanova et Leslya Pagulich. Être. La montée de l’homophobie dans des pays comme les États-Unis, la Hongrie, le Nigéria ou la Russie est souvent liée aux religions. Après tant d’années de sécularisation, est-ce que les Églises orthodoxes sont devenues plus puissantes dans votre pays ? Galina Yarmanova et Leslya Pagulich. Oui. On connaît les églises chrétiennes sous différents noms en Ukraine. Elles entretiennent des relations compliquées avec les croyants, les ressources financières et les propriétés, elles influencent aussi l’opinion publique et les décisions politiques. Néanmoins, elles sont unies dans leur condamnation des homosexuels et des droits des femmes, comme le montre leur appui au récent avant-projet pour interdire l’avortement. Ces dernières années, l’Église orthodoxe russe a mis en œuvre des constructions illégales de nouvelles églises dans l’espace public (dans des aires de jeux pour enfants, dans des parcs, etc.). Il y a eu notamment le cas de la laure des Grottes de Kiev, cette Église qui a essayé de prendre possession de la seule clinique nationale destinée aux personnes atteintes du VIH/sida.

© mignews.com.ua

16 Être Magazine

© mignews.com.ua

Être. Est-ce que les militants sont visés par la police ou par l’État ? G.Y. et L.P. Au temps de l’Union soviétique, il y avait une base de données pour les hommes gais. On a des raisons de penser que de tels

© mignews.com.ua

© mignews.com.ua

documents existent toujours et sont régulièrement mis à jour. On compte quelques raids policiers dans des clubs gais. Ils ont vérifié et enregistré les pièces d’identité, placé en détention ceux qui n’avaient pas leurs papiers sur eux, tout en enregistrant tous les numéros de téléphone qui se trouvaient dans leur répertoire et en prenant leurs empreintes digitales. Un tel raid est survenu en 2009 dans un bar gai de Kiev, Androgyne. Malheureusement, personne n’a souhaité déposer une plainte pour protester contre les détentions illégales qu’on a connues dans d’autres cas.

nées, alors que l’Église orthodoxe russe était bien plus faible. Ces groupes anti-gais bien établis, comme le très connu Amour contre Homosexualité (qui existe toujours), ont des liens avec les Églises protestantes et semblent également en contact avec la droite religieuse américaine. Par ailleurs, le parti d’extrême droite Svoboda (Liberté), qui appuie fortement les églises chrétiennes ukrainiennes, est un autre acteur visible du mouvement qui s’en prend aux droits des gais.

Être. Y a-t-il des leaders politiques qui ont pris position pour les droits humains ? Être. Qu’est-ce qui se cache derrière la proposition de loi homoG.Y. et L.P. On ne trouve pas beaucoup de discussions criphobe ? tiques sur le mouvement anti-gais, même chez les militants G.Y. et L.P. En tenant compte de l’influence toujours GLBT, dans les groupes défendant les droits de l’Homme ou croissante des Églises sur les décisions de l’État, de leurs à l’université. considérables ressources financières, informationnelles et médiatiques, ainsi que de l’engagement des organisations Être. Pouvez-vous espérer obtenir l’aide de l’Union européenne ? religieuses lorsqu’il s’agit d’activités publiques concernant G.Y. et L.P. Nous avons déjà reçu beaucoup de soutien les questions GLBT, ce projet de loi homophobe serait un individuel et d’aide de la part d’organisations internationales. instrument pratique pour que ces Églises censurent et per- Toutefois, on remarque des attitudes controversées dans la turbent toute activité GLBT visible. Un autre point impor- classe politique ukrainienne concernant l’intégration eurotant et dérangeant reste le soutien des quelques parlemen- péenne. Ici, il n’existe aucune législation contre les discours taires membres de la droite religieuse dans de minuscules haineux. La loi punissant les discriminations, débattue en ce ONG religieuses ou profamilles (qui attaquent les organisa- moment, a été imaginée en réaction aux recommandations tions GLBT), sous couvert d’exprimer les inquiétudes de la de l’Europe, mais elle n’inclut pas l’orientation sexuelle ni société civile. Ces hommes politiques aimeraient récupérer l’identité de genre comme motifs possibles de discrimination, les remous provoqués par des cas médiatisés de « propa- malgré les demandes des organismes GLBT et de défense des gande anti-gais » pour gagner les voix conservatrices. droits humains. Dans ce contexte, malheureusement, la violation des droits des GLBT ne semble pas représenter une prioÊtre. Le mouvement anti-gai en Ukraine peut-il être perçu comme rité dans les relations entre l’Europe et l’Ukraine. le résultat d’une influence russe qui s’est accrue ? G.Y. et L.P. Nous pensons que oui. Néanmoins, il y a déjà Pour prendre position en faveur des GLBT ukrainiens, eu des initiatives homophobes en Ukraine, ces dernières an- rendez-vous sur allout.org/ukraine. Être Magazine

17


international

Chypre Nord

D

Cette Europe arriérée

© T.T.

ivisée depuis 1974 et son invasion par l’armée turque, Chypre a beau être un havre touristique, elle est loin d’être un paradis pour les gais. L’actualité des derniers mois a mis en lumière un triste fait : sa partie nord demeure le dernier endroit en Europe où les relations homosexuelles sont illégales et passibles de peines de prison. Thibaut Temmerman

Dégustations et vente de nos produits gagnants de plusieurs prix.

encore comme des malades ». Elle réclame la décriminalisation effective de l’homosexualité, le nivellement de l’âge du consentement à un rapport sexuel quel que soit le genre et une clarification de la définition du viol, parfois utilisé pour poursuivre des personnes gaies ou soupçonnées comme telles. Malgré la législation, un processus d’enregistrement trois fois plus long pour finaliser sa création en 2007 et une descente de police arbitraire, Queer Cyprus a pu s’installer dans la partie nord de la capitale elle aussi divisée, Nicosie.

Majoritairement turcophone et musulmane, la « République turque de Chypre Nord », située dans le tiers nord de l’île, a unilatéralement déclaré son indépendance en 1983. Seule la Turquie, son autorité de tutelle, la reconnaît. Curieusement, les relations homosexuelles sont légales au sud, dans l’hellénophone et orthodoxe République de Chypre (depuis 1998) comme en Turquie (depuis 1858). En revanche, vestiges de la colonisation britannique à Chypre, les sections 171 et 173 du Code criminel encore en vigueur au nord proMembre de l’intergroupe GLBT au sein du Parlement euhibent l’homosexualité, passible de cinq ans de prison. ropéen, la députée chypriote Eleni Theocharous estime que « les poursuites judiciaires basées sur l’orientation sexuelle En octobre 2011, Michael Sarris, ancien ministre des Fi- constituent une vulgaire violation des droits humains élénances de la République de Chypre et négociateur officiel mentaires ». Le président du même intergroupe, Michael pour une solution diplomatique à la question chypriote, a été Cashman, s’est rendu en personne au nord de Chypre en arrêté au nord pour « actes sexuels contre nature ». En plus avril 2012 pour obtenir de la part du dirigeant chypriote turc, des propos homophobes, la presse chypriote turque s’est Derviş Eroğlu, le renouvellement de son engagement, pris à déchaînée en discours nationalistes et scabreux. « La ques- la suite de l’arrestation de Michael Sarris, à changer la légistion «actif ou passif ?» était devenue une arme de domina- lation. Le projet de loi est toujours au point mort. tion [culturelle] », explique Reşat Şaban, président de Queer Cyprus, originaire de Morphou, dans la partie turque. Auparavant, l’ONG londonienne Human Dignity Trust, qui lutte pour la décriminalisation de l’homosexualité dans Pressions européennes le monde, avait déposé en février dernier une plainte auprès Son organisme apporte un soutien psychologique aux de la Cour européenne des droits de l’homme contre la Turpersonnes GLBT, « que proches et médecins considèrent quie, en raison de la législation homophobe de Chypre Nord. 18 Être Magazine

Nouvelle boutique ! Site enchanteur où cohabitent vignoble et pommeraie Réceptions «clé en main» sur un site aménagé tout en haut de la montagne, spécialement conçu pour vous faire profiter du paysage exceptionnel du vignoble et de la vallée de Rougemont. Dégustations de vins et cidres accompagnés de produits du terroir rougemontois. Salle de réception adjacente à la boutique. Activités de cueillette de pommes en montagne.

RÉSERVATIONS : info@coteaurougemont.ca

GRATUIT !

Téléphone : 450.469. 3090

1105, Petite Caroline, Rougemont

Présentez cette annonce et obtenez UNE DÉGUSTATION pour deux lors de votre visite .

Dossier: 12-973 Client: Coteau Rougemont Produit: Publicité magazine ETRE Langue: Français Format: 7,8 x 4,7 Date: 22/08/2012 Couleurs: CMYK

Être Magazine

19


Théâtre

Théâtre

Bash

Violence mormone Après un passage remarqué à Montréal au printemps dernier, la production déambulatoire Bash, du jeune metteur en scène Frédéric Moreau, se tiendra en septembre au théâtre Premier Acte de Québec. Dans un texte dur sur la violence, évoquée dans trois histoires de meurtre (dont un crime homophobe), l’auteur Neil LaBute dresse un parallèle entre la vie contemporaine et la tragédie grecque.

Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent © Yves Renaud

Pour sa septième édition, le spectacle Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, revient avec une mouture rafraîchie. Présentée en septembre à Montréal dans le cadre du Festival international de littérature, puis en octobre à Ottawa, l’initiative de Loui Mauffette se voulait à l’origine comme un hommage discret à son père, le regretté poète Guy Mauffette. François Bernier

François Bernier Être. Comment décririez-vous l’histoire de Bash ? Frédéric Moreau. Comme une histoire sur l’origine de la violence, sur ce qui pousse un être humain à devenir un monstre pendant un moment. Sommes-nous toujours entièrement responsables de nos actes ? L’œuvre se construit en trois histoires se déroulant dans trois lieux différents. Il y a deux monologues et un dialogue (une histoire racontée à deux voix). Chaque pièce s’inspire d’une tragédie grecque, on y trouve donc Agamemnon, Médée et Les Bacchantes, dans des récits complètement contemporains ayant comme lien la religion mormone. Être. Pourquoi Neil LaBute semble-t-il obsédé par cet univers ? F.M. Il a été mormon de 15 à 40 ans environ. Il a quitté cette religion en 1999, soit un an avant l’écriture de Bash. Plusieurs indices laissent croire que les trois histoires présentées dans la pièce s’inspireraient de récits et de faits divers entendus au sein même de l’Église. L’intérêt supplémentaire pour leur confession, c’est que l’alcool leur est formellement interdit. Leurs actions sont donc entièrement lucides. De plus, l’importance capitale qu’ils accordent à Dieu s’intègre bien à la tragédie grecque où le divin était omniprésent. Bash Du 11 au 15 septembre Théâtre Premier Acte premieracte.ca 20 Être Magazine

Être. Dans la dernière histoire présentée, celle s’inspirant des Bacchantes, il est question d’homophobie. Quelle place occupe l’homosexualité dans ce dialogue ? F.M. Il s’agit de la seule histoire où la victime est un homme adulte. Il se distingue aussi dans sa forme, parce

Pater artistiquer

© Courtoisie Théâtre Premier Acte

qu’il traite avec humour un crime crapuleux, incroyablement violent. Ça permet au spectateur d’entrer dans les préjugés et l’intolérance d’un individu. On est forcément confronté à sa propre intolérance. Moi-même homosexuel, il m’arrive d’éprouver une sorte de répulsion pour certains comportements ou individus ayant la même orientation sexuelle que moi. C’est donc dire qu’il y a quelque chose qui vient personnellement nous déranger quand nous sommes devant ce genre d’émotions. Si le personnage central, John, agit de la sorte, c’est sans doute parce qu’il se retrouve devant une personne qui représente complètement l’interdit de ses valeurs. Être. Quel rôle joue l’homosexualité dans l’œuvre de Neil LaBute ? F.M. On trouve très souvent chez lui le thème d’une sexualité trouble. Les personnages de toutes ses pièces sont des adultes, adolescents dans l’âme, qui ont été forcés de vieillir trop vite à cause de la religion mormone. Naturellement, puisqu’ils sont déjà confinés à une vie rangée et extrêmement stricte, ils vivent des glissements vers une confusion sexuelle et le goût de l’excès, qui a été réprimé. Par ailleurs, il arrive souvent que l’auteur suggère simplement ces sentiments, qu’il les évoque discrètement, sans s’y attarder.

tous sans être ni élitiste, ni populiste. J’ai remarqué que chacun y trouve son compte. Les Être. Quelle a été la genèse de ce projet lancé en plus vieux comme les plus jeunes, les hété2006? rosexuels comme les gais. Une bonne place Loui Mauffette. Quand mon père, le poète faite à l’homosexualité ou plutôt à l’ouverture Guy Mauffette, est décédé en 2005, j’ai eu une sexuelle. sorte d’éveil spirituel. Je suis loin d’être une personne ésotérique, mais à l’église, quand j’ai Être. Sous quelle forme ? fait la lecture d’un de ses textes, il est apparu L.M. Il y a par exemple une scène où les 20 clair que je devais faire un spectacle pour lui acteurs sont réunis sur la table et tout le monde rendre hommage. Pas tellement pour rendre s’embrasse, les hommes avec les hommes, les hommage à ses écrits, même s’il y en a dans le femmes avec les femmes, les hommes avec les spectacle, mais plutôt pour faire un retour sur femmes... Comme un véritable « trip » d’acide mon enfance. poétique! Mais c’est le sentiment de pure liberté qui plaît aux jeunes homosexuels et, de façon Être. À quel genre d’expérience peut s’attendre le plus générale, à tous. spectateur ? L.M. C’est un spectacle impressionniste, un Être. Vous avez aussi intégré le chant et la danse à peu inclassable. Ce n’est pas du théâtre, certai- votre spectacle avec des collaborations spéciales de nement pas un récital poétique, c’est une perfor- Betty Bonifassi, Yann Perreau ou Dave St-Pierre. mance qui fait beaucoup appel aux sens. J’aime L.M. Oui, chaque année, des artistes bien dire que c’est une espèce de « stonerie » s’ajoutent. Certains quittent, d’autres arrivent qui porte le spectateur dans un état de contem- ou reviennent. Cette année, j’ai le grand honplation qui pourrait faire penser à une fumerie neur d’offrir un extrait de La pornographie des d’opium. Je suis un adolescent des années 70, âmes de Dave St-Pierre, interprété par Éric Romon spectacle est fortement teinté de l’esprit de bidoux et Clara Furey. La présence de musique cette période. C’est d’ailleurs Jim Morrison qui était indispensable dans ma démarche homsert de fil conducteur au spectacle. mage à mon père. Il a animé de 1960 à 1974 une émission culte, sorte de road trip musical, sur Être. Avez-vous l’impression de vous adresser au les ondes de Radio-Canada, intitulée Le cabaret public qui a connu cette période ? des soirs qui penchent. Le titre est resté, comme L.M. Pas du tout. C’est vraiment ouvert à la musique.

Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent Du 22 au 24 septembre À la Cinquième salle (Montréal) Du 3 au 6 octobre Au Centre national des arts (Ottawa) Mise en scène : Loui Mauffette Être Magazine

21


mode

Les blonds gentlemen Photographe : César Ochoa (www.cesarochoa.com) Stylisme : JennyX Modèles : Julien et Hubert T-shirt Religion Veste en cuir Scotch & Soda Jeans gas

Blouson Belstaff Chemise Scotch & Soda Jeans ag

VirginX Industries

5264, boulevard Saint-Laurent (Montréal) vxind.com

Paraître BCBG et « mâle » était la consigne du photographe César Ochoa pour cette séance photo parue, fin août, dans le dernier numéro de nos confrères de 2B et que nous reproduisons ici. Laine légère, lin et jean sont ici mis en valeur par deux beaux et blonds modèles. 22 Être Magazine

Être Magazine

23


mode

Jeans AG Chemise Scotch & Soda Ceinture Virgin-X Bottes frye 24 ĂŠtre Magazine

Chandail J. Lindeberg Jeans John Varvatos Foulard Psyco Bunny ĂŠtre Magazine

25


mode

T-shirt Scotch & Soda Veste Virgin-X 26 ĂŠtre Magazine

ĂŠtre Magazine

27


mode Des montures

de marques

qui se

démarquent !

Plus de 200 montures de grandes marques dans chaque succursale

T-shirt Religion Veste en cuir Scotch & Soda Jeans gas Bottes frye

Blouson Belstaff Chemise Scotch & Soda Jeans ag Bottes frye

62 SUCCURSALES AU QUÉBEC

28 Être Magazine

newlook.ca

Examens de la vue sur place par des optométristes 29 Prescriptions de l’extérieur acceptées Être Magaizine

Michel Laurendeau, opticien.


mode

Chemise et pantalon J. Lindeberg T-shirt virgin-x Ceinture scotch & soda ĂŠtre Magazine

31


mode

faits avec

fierté ! Ouvertement gais et fiers de l’être, les stylistes malaisiens Voon Lai et Jonathan Cheng ont osé défier les conservatismes de leur pays avec une ligne de sous-vêtements que certains imaginaient trop torride pour être lancée. Voici donc STUD de chez LA Jock ; « une déclaration pour être à l’aise avec qui l’on est et d’en être fier », explique Voon Lai. Parmi cette collection, dévoilée ici, on trouve le boxeur court X, des slips « Wear it Proud » et « Carlson », tous disponibles à la commande, avec frais de livraison gratuits partout dans le monde, sur le site www.studmeupshop.com 32 Être Magazine

Être Magazine

33


mode

34 ĂŠtre Magazine

ĂŠtre Magazine

35


mode Ă partir de

96 995$

36 ĂŠtre Magazine

ĂŠtre Magazine

37


mode Guy Forest

Membre de la société québécoise des psychothérapeutes professionnels(les)

BBV est recommandé par TripAdisor | BBV is recommended on TripAdvisor

info@bbv.qc.ca | www.bbv.qc.ca | +1-888-228-8455

Psychothérapie individuelle, couple

Difficultés relationnelles, anxiété, dépression, manque d'estime et de confiance en soi, solitude, isolement, dépendances, codépendance, mal de vivre, besoin de se connaitre, difficultés reliées à l'orientation sexuelle.

Au service de la communauté gaie depuis plus de 20 ans. Consultez le site ESTIMEETREALISATIONDESOI.COM

390 boul. St-Joseph E. Montréal QC H2T 1J6 (métro Laurier) 514 272 6648

jazz moderne, jazz ladystyling, jazz lyrique, pilates flow, pilates extérieur, cardio pilates, pilates avec accessoires.

Cours offerts au : espaces locatifs pour esprits créatifs www.lacharpente.ca / info@lacharpente.ca / 514-817-2077 / 514-209-5890

38 Être Magazine

Être Magazine

39


s

mode

Polo J.lindeberg 99$ Shorts Oliver Spencer 145$ Chaussures J 155$

oleil

Place au

Oyez, oyez, braves gens, l’été est encore là ! Pour célébrer les beaux et chauds jours, Être vous convie à redécouvrir une séance photo sexy et colorée avec notre mannequin au visage angélique, Jérémy Balsalobre. Nous présentons ici les dernières créations de Lunetterie New Look et de la boutique de vêtements montréalaise Tozzi. Photographe : César Ochoa Mannequin : Jérémy Balsalobre ASSISTANT : Fabrizzio Luis Reis

Vêtements

Lunettes

2115 rue Crescent, Montreal (514) 285.2444 boutiquetozzi.com

www.newlook.ca

Boutique tozzi

Boutique NewLook

Lunettes : Collection Prada 245 $ Numéro de produit 1200300680 40 Être Magazine

Être Magazine

41


Lunettes Collection Versace 279 $ Numéro de produit 4150400300 alain tremblay, agent officiel de Québec solidaire / photo : charlie nguyen

mode

serge roy dans taschereau Pour en finir avec l’isolement et le mépris vécus par les minorités sexuelles, Québec solidaire compte passer à l’action en créant une véritable politique nationale contre l’homophobie, l’hétérosexisme et la transphobie.

Chemise Fred Perry 189 $ Noeud papillon Naked & Famous 45 $ V-Neck Box Fresh 129 $ 42 Être Magazine

Être Magazine

43


mode

Lunettes Collection Hugo Boss 199 $ Numéro de produit 8070400020

MANON MASSÉ Candidate dans Sainte-Marie-Saint-Jacques

DEBOUT POUR

NOTRE COMMUNAUTÉ ALAIN TREMBLAY, AGENT OFFICIEL DE QUÉBEC SOLIDAIRE

Soutien financier réel et adéquat au plan national de lutte à l’homophobie tel qu’identifié par les organismes concernés Plan de relance de la prévention des ITSS et du VIH/Sida et soutien financier aux organismes prenant en charge les personnes atteintes Abolition de la hausse des frais de scolarité et abrogation de la loi 12 (projet de loi 78) Plus d’aide pour contrer l’itinérance, faciliter la réinsertion sociale et économique des plus précarisés de nos citoyens et développer plus de logements sociaux et communautaires Un plan de transport actif et collectif digne du 21e siècle Un Québec écologique, plus innovateur et énergétiquement indépendant via le projet Maîtres chez nous - phase 2 Faire du Québec un pays!

Le mardi 4 septembre, je choisis

Daniel Breton

dans Sainte-Marie-Saint-Jacques Capsules vidéos sur danielbreton.org

Chemise Fred Perry 189 $ Jeans Nudie 199 $ Chaussures Filippa K 279 $ 44 Être Magazine

LOCAL ÉLECTORAL : 2000, rue Amherst (angle Ontario) Montréal (Québec) H2L 3L9 Tél. : 514 461-2049

Payé et autorisé par Jean-Pierre Cristel, agent officiel de Daniel Breton

Un milieu de vie plus vert (accès au fleuve) et plus sécuritaire

Être Magazine

45


mode

Polo J.lindeberg 99 $ Jacket Marshall Artist 190 $

MOBILIER & DÉCORATION

MONTRÉAL Lunettes Collection Puma 299 $ Numéro de produit 4150400300 46 Être Magazine

OTTAWA

TORONTO

VAUGHAN

2035, Rue Stanley, Montréal 514.287.9800 8639, Chemin Dalton, Ville Mont-Royal 514.341.8778

stacaro.com 47 Être Magazine


mode À DEUX PAS DU VIEUX-MONTRÉAL À DEUX PAS DE LA RUE SAINTE-CATHERINE À DEUX PAS DU QUARTIER DES SPECTACLES

À deux pas du cinéma

À DEUX PAS DU GYM À DEUX PAS DES 5 À 7 À DEUX PAS De tout

Tour de condos luxueux située sur la rue Union à partir de 199,000$ jusqu’à 2,5 millions

Bureau des ventes Chemise Fred Perry 189 $ Noeud papillon Naked & Famous 45 $ Jacket Fred Perry 389 $ 48 Être Magazine

Être Magazine

49


événement

Week-end fétiche

Un Montréal rétro et londonien

Une programmation plus dense, sur cinq jours (du 30 août au 3 septembre), pour « goûter, sans temps mort, à toutes les saveurs de Montréal », mais toujours le souci d’offrir un événement rassembleur et ouvert à toutes les sexualités. Eric Paradis, le fondateur et promoteur du Week-end fétiche, loue l’esprit montréalais et la vigueur de sa communauté. Thibaut Temmerman

Être. Sous quel signe s’inscrit cette huitième édition ? Eric Paradis. Le but du Week-end fétiche est de fidéliser le client avec des thématiques récurrentes tout en ayant une marge de manœuvre pour de la nouveauté. Cette année, lors de la Nuit des Masques, on va expérimenter une thématique steampunk [ou rétrofuturiste]. Dans le cadre des soirées principales, on a créé des espaces de spectacle interactifs, afin de favoriser les liens sociaux. On se tourne vraiment vers notre clientèle pour en devenir le miroir. Être. Parler d’interactivité et de lien social à l’heure des rencontres numériques n’est pas anodin… E.P. L’événement a été créé à l’époque de la montée des réseaux sociaux, afin de faire sortir les gens du virtuel et de leur faire prendre possession du monde réel. Mais s’il n’y avait pas le virtuel, je ne serais pas capable de promouvoir le Weekend fétiche comme je le fais. C’est un événement rassembleur, ouvert à tous, qui ne voit pas de couleurs, qui ne fait aucune exclusion et on est heureux d’avoir des partenaires dans la communauté gaie. Être. Quelle clientèle fréquente le Week-end fétiche ? E.P. On est choyé par une vaste clientèle, de 18 à 70 ans, venant de tous les milieux, dotée d’une grande ouverture d’esprit, assez fortunée pour pouvoir voyager d’un événement à un autre. Il ne faut pas oublier la clientèle locale, qui se caractérise par sa créativité et son aptitude à créer ellemême ses personnages. 50 Être Magazine

© Emilio A.K.A. El Negro

Être. Qu’est-ce qui rend Montréal si populaire auprès des communautés fétichistes ? E.P. Ce que les autres villes ont en argent, nous l’avons en ingéniosité et en créativité. Les Montréalais ont développé des aptitudes d’hospitalité peutêtre pas uniques au monde, mais rares. Il y a également une industrie de la création, du vêtement, du maquillage, de la photographie, du modelage qui se développe à Montréal. Ça explose ! On est comme Londres au début des années 80. Je ne dirais pas que l’on est meilleur, mais en tenant compte du bassin de population, on fait également des choses extraordinaires. Être. Le Week-end fétiche fait certes partie de la grille calendaire de Tourisme Montréal, mais avezvous le sentiment qu’il est bien connu du grand public ? E.P. Non. Dans un événement qui offre autant de potentiel touristique, on n’aura jamais assez de promotion ou de visibilité pour lui donner sa juste valeur. À San Francisco, le Folsom Street Fair rassemble 300.000 personnes. Si un événement de cirque peut atteindre de ce niveau, il n’est pas impensable que le Week-end fétiche, bien établi dans le Village gai, puisse en faire autant si les autorités municipales ou provinciales tendent l’oreille. Plus d’informations : fetishweekend.com Être Magazine

51


Musique

Mika Retour Entrevue avec

aux sources Bien installés à la mezzanine de l’Hôtel St-James à Montréal, Être s’est assis avec la star de la pop britannique, quelques heures après sa prestation au Festival de montgolfières de St-Jean-sur-le Richelieu, pour parler de ses origines, de ses amours et de The Origin of Love, son troisième album, qui sortira sur les tablettes à la mi-septembre.

Shawn Thompson Être. Vous êtes né au Liban, vous avez grandi à Paris et vous résidez désormais à Londres. Voyezvous des effets particuliers au fait d’être passé par autant de lieux à différents moments de votre vie ? Mika. Oui, celui de venir de tellement d’endroits et par conséquent, de ne venir de nulle part. C’est drôle parce que je suis assis ici, à Montréal, et ma famille est venue me voir : il y a ma mère, ma tante très new-yorkaise, ma grand-mère syrio-libanaise. Vraiment, c’est une famille d’immigrés. On a bougé tellement et, pas nécessairement à cause de ça, mais grâce à ça, nous sommes tous dans les arts. Ma sœur est peintre, je fais de la musique, mon frère est architecte, mon autre sœur fait le design de bijoux. Je crois qu’on doit se trouver sa propre identité quand on n’a pas d’identité géographique, et trouver ce qu’on peut créer nous-mêmes. Ce n’est pas comme ça au Québec, non ? 52 Être Magazine

Être Magazine

53


Musique Être. C’est un phénomène fascinant, en effet… M. On est un peu coincés entre plusieurs cultures, de grandes cultures, de grandes économies, et donc, pour trouver une identité il faut vraiment s’enfoncer dans la créativité et, pour moi, ça, c’est un véritable avantage. Moi, je n’ai pas besoin de cette idée de l’arbre où j’ai embrassé quelqu’un pour la première fois, je n’ai pas cet arbre ni la boulangerie de mon enfance, je n’ai pas tous ces trucs. J’ai ma musique, j’ai mon piano, j’ai ma famille. On est un peu des Gitans. Être. Vous avez dit que The Origin of Love sera plus simple ? M. J’ai dit ça, mais il y a longtemps (rires). Je ne sais pas si c’est simple, mais l’intention de l’album est très pure. Je savais ce que je voulais dire, mais sur le plan du son, c’est une sorte de patchwork où l’on entend mes influences classiques et celles de la musique électronique. C’est vraiment un mélange des deux mondes. Je comprends maintenant qu’il faut vraiment que je fasse de la musique à ma manière, parce que je ne suis pas un artiste qui peut copier avec succès des sons et des genres que j’entends à la radio. Si j’essaie de faire ça, je coule, c’est un désastre. Je dois rester dans mon univers, la musique classique, la mélodie, les histoires un peu macabres, ce sentiment de joie un peu survoltée, c’est de là que je viens et ça s’entend sur que toutes les décisions personnelles viennent l’album. d’un sentiment de confiance, de joie, avec cette liberté de choix. Je suis tombé amoureux, j’ai Être. Quels sont les messages véhiculés par The Ori- perdu l’amour, j’ai retrouvé l’amour, j’ai vécu gin of Love ? ma vie, je sais ce que ça veut dire maintenant, M. C’est très simple, ça parle de joie, ça parle mais le fait de pousser quelqu’un à prendre une de tolérance, ça parle d’amour. Le concept de décision qu’il n’est pas prêt à prendre, c’est un l’album, c’est 14 chansons, dont 13 chansons désir destructeur débile, souvent mené par des d’amour. C’est en principe très ringard, mais journalistes. je prends ce concept un peu abusé et je le réinvente. À un moment, on entend une chanson Être. Et il y a une violence là-dedans… d’amour complètement dingue, avec une intenM. Exactement, il y a une violence et ce sité de folie. Deux chansons plus tard, j’ai envie n’est pas du tout positif. Selon moi, quand de te tuer et trois chansons plus tard, je suis on fait quelque chose comme ça, c’est parce amoureux encore. Il y a des contrastes. qu’il y a des avantages à le faire. Ça peut aider quelqu’un, par exemple un adolescent de 15 Être. L’édition de septembre du magazine américain ans. En même temps, ça montre simplement gai Instinct publiera un article dans lequel, pour la que tu es capable de faire des choses selon tes première fois, vous avez clairement dit que vous étiez propres termes, de ne pas être réactif, de prendre gai. Vous avez mentionné que vous êtes à un point ton temps et je trouve que c’est l’une des choses de votre vie où vous vous sentez confiant. Est-ce pour les plus importantes, peu importe si vous êtes cette raison que vous vous déclarez maintenant ? populaire ou non. M. La sexualité est un thème qui s’est toujours retrouvé dans mes paroles. C’est drôle Être. Vous parliez des journalistes, un peu plus parce que jusqu’à présent, lorsque je vois les tôt. Avez-vous eu de mauvaises expériences avec réactions des gens, je me rends compte qu’ils quelques-uns d’entre eux par rapport à votre choix de ne sont pas du tout surpris, ils sont super ne pas discuter de votre sexualité ? contents, et ça, ça me rassure beaucoup. C’est M. Je n’ai eu ça qu’en France. Tout d’un très positif comme sentiment. Je me suis dit coup, avec mon deuxième album, journalistiqu’une telle annonce ne représentait pas une quement, il y a eu des gens pour dire des choses révélation, mais une confirmation. Dans un comme : « Ah, il est comme un Peter Pan ». Dire certain sens, c’est un message de confiance, de quelque chose comme ça, devant moi, à la télé, confort et de joie. Je pense que même si on est c’était tellement étrange et abusif comme comune personnalité publique, c’est très important mentaire… 54 Être Magazine

Être. Qu’entendaient-ils par « Peter Pan » ? M. Quelqu’un d’enfantin, de naïf et de pas du tout sexualisé. Ça a été très destructeur de voir les médias français m’étiqueter aussi bizarrement, avec ce syndrome. Si vous voulez me connaître en tant que personne, oui, connaître ma sexualité c’est important, mais je pense que ma musique est plus universelle que ça. Par ailleurs, personne ne veut être une salope avec sa vie privée. C’est dégoûtant et ça rime à quoi ? Au bout du compte, tu vas seulement la détruire en l’exposant publiquement. Être. Vous aurez quatre titres en français sur votre troisième album, ce qui est une première. Que ressentez-vous en chantant dans la langue de votre enfance ? M. C’est cool, parce qu’il s’agit d’une tout autre mentalité. La manière de chanter le français est très différente de celle de l’anglais. On peut être beaucoup plus poétique dans la chanson française. Il faut s’adapter. C’est sympa de pouvoir chanter en deux langues, d’avoir un double personnage, et c’est bien d’avoir plusieurs facettes parce que plus tu en as comme artiste, plus tu te développes et plus tu évolues. Je dis toujours : Lollipop est une très bonne chanson [un titre de son premier album, une chanson simple et très légère, ndlr]. C’est super d’avoir une chanson comme celle-là, mais tu n’en veux pas dix, sinon tu te retrouves sur un putain de bateau de croisière dans les Caraïbes, misérable, accro aux drogues de classe A, avec l’envie de te tuer pendant la nuit ! (Rires) Être Magazine

55


En rafale

Gaëtan « TUBBIES » Vaudry © Myspace

© Maxime Bélanger

Mark Quantum Fidèle du Club 1234 et de toute son équipe, le jeune Mark Quantum ne laisse personne indifférent. Sourire accrocheur, yeux perçants, il est plus que jamais déterminé à faire sa place dans le firmament des vedettes des platines. Ce Vaudreuillois-Dorionnais de 21 ans espère plus que tout faire bouger les planchers de danse de tout le Québec, avec un style mariant parfaitement les musiques house, électro et dubstep. Avec des performances remarquées au Club 1234, au Riviera de VaudreuilDorion, de même qu’au populaire Arena Nightlcub, la carrière de Mark Quantum ne fait que commencer.

fetish week-end Présenté du 31 août au 3 septembre, le Week-end fétiche de Montréal est devenu au fil des années, notamment grâce à son cofondateur Éric Paradis, l’un des plus grands événements alternatifs de ce genre dans le monde. Durant sept jours et nuits, le Weekend fétiche rassemblera des communautés festives et colorées dans des célébrations de mode avant-gardistes et fétichistes. Pour cette huitième édition, l’accent sera mis sur l’interactivité, avec un salon d’accueil ainsi qu’un studio de photo à l’hôtel. Les soirées principales offriront moins de spectacles sur scène et moins de présentations mode pour satisfaire la demande d’espaces de jeu, d’espaces photo et de plusieurs spectacles interactifs. Pour plus de détails sur les activités : fetishweekend.com

© Emilio A.K.A. El Negro

56 Être Magazine

Steve Candela

Le 31 août, la firme Unik Productions propose une méga fête privée ayant pour titre Surrender. Le nom de l’endroit ne sera dévoilé que 24 heures à l’avance, mais nous savons déjà que Danny Torrence, Mike McCarthy, Omar Cito Perez et Andew Gattuso seront de la partie, et que Steve Candela reprendra son fameux Tag Team avec Tomy Villacorta, un tandem qui avait connu beaucoup de succès en juin dernier, au Beach Club de Pointe-Calumet. Rappelons que Unik Productions est une entreprise dont le but premier est de produire des événements corporatifs, personnels et événementiels de qualité supérieure et… Unik ! Billets : contacter Dave au (514) 772.0514.

apollon Le succès que connaît l’Apollon Boîte de nuit depuis son ouverture, en novembre dernier, ne semble vraiment pas vouloir s’essouffler. Les soirées du jeudi au samedi (City Beats, Top Vidéo et Olympe) attirent leur monde. La soirée du dimanche (avec Ian Key) est beaucoup plus feutrée, plus intime. Pour le long week-end de la fête du Travail, l’Apollon proposera la musique de Stéfane Lippé (samedi 1er septembre), et le dimanche 2 septembre, nous assisterons au retour de la populaire soirée Black Knight.

Être Magazine

57


En rafale

Markus Schulz

La saison n’est pas encore terminée au Beach Club de Pointe-Calumet, même si les plus gros week-ends sont probablement derrière nous. Je pense aux visites des Sander van Doorn, Serge Devant, Nicky Romero, Alex Kenji, Hardwell, Richard Durand, Ummet Ozcan ou The Cube Guys. Cependant, l’établissement nous offrira tout un dimanche le 2 septembre prochain, en plein coeur du long week-end de la fête du Travail. Pour l’occasion, le seul et unique Markus Schulz (All) sera la tête d’affiche de cette journée, secondé par les Omar El Gamal et DJ Malek. Le Beach Club annonce également son Boxing Day Party pour le dimanche 16 septembre.

© Gracieuseté

La firme Produkt aura bientôt huit ans. Cette entreprise — qui a fait son nom en offrant de magnifiques soirées au Métropolis, au Club Opera, au Centre Bell, à Lamouche, au Buonanotte, au Théâtre Telus et, plus récemment, au New City Gas de Griffintown — prépare un méga week-end de célébrations, qui portera le nom de ProduktWorld et qui se tiendra du 31 août au 2 septembre au New City Gas. Alex K et son équipe souhaitent nous offrir un véritable festival de musique et d’art, en annonçant des noms aussi imposants que Axwell (Suède), Alesso (Suède), de même que l’Australien Dirty South. Est-ce que Produkt voudrait nous proposer une nouvelle tradition pour le long week-end de la fête du Travail ?

© Damián Siqueiros

CarlMüren

58 Être Magazine

-romance

axwell

Dans moins de deux mois, nous serons en plein cœur de la 22e édition du festival Black & Blue, avec le thème d’Évolution 2012. En plus de l’événement principal, présenté au Palais des congrès, le dimanche 7 octobre, le Bad Boy Club prévoit rassembler de nombreuses personnes au Bal Jock (4 octobre), au Bal en cuir (le 5), au nouveau Hard Ball (le 6), de même qu’au très populaire Recovery (le 8). Plusieurs DJs ont déjà confirmé leur présence : Tom Stephan (GB), Ian Key, Mark Anthony, DJ Paulo, Jack Chang, Hector Fonseca (NYC), Charles Poulin et Scotty Thomson (É.-U.). Billets en vente sur le réseau waticket.com.

Mark Anthony

Le sexe est un déLice qu’on ne peut oubLier.

723, AVE. MONT-ROYAL E. MONTRÉAL (QUÉBEC) 514 522-6969 (Métro Mont-Royal)

1821, RUE STE-CATHERINE O. MONTRÉAL (QUÉBEC) 514 876-3656 (Métro Guy-Concordia)

14, RUE DU PONT VIAU LAVAL (QUÉBEC) 450 669-6169 (Métro Cartier)

Achats en ligne : www.boutiqueromance.ca

© Gracieuseté

C’est un premier méga événement que nous proposent, le dimanche 2 septembre, MAG1KDAVE et V-Sion Spect. En plein coeur du long week-end de la fête du Travail, les deux firmes rassembleront une ribambelle de DJs au Colisée de Laval. La salle House de l’événement Colisée (présentée de 22 h à 10 h) offrira la musique d’une douzaine d’artistes, dont les David Dulude, Illmaster, Mr. Norkturn, Carl Müren & Paul Random, Miss Shelton, Mike Larouche et plusieurs autres. De son côté, la salle hiphop/dancehall ne sera pas en reste avec les DJs Smoke, Elbïnops, Inferno et Arabika, pour n’en nommer que quelques-uns.

© Gracieuseté

Être Magazine

59


Nightlife

La réponse du

courtoisie K-Mé-Léon

K-Mé-Léon

Dans le dernier mensuel du magazine, il avait été question de certains changements qui semblaient vouloir s’opérer au K-Mé-Léon de Jonquière, à Saguenay. Suite à notre article de la dernière édition du Magazine Être, Richard Poirier avait ses propres commentaires à fournir… Il y a quelques semaines à peine, plusieurs personnes dont nous tairons les noms afin de ne pas porter préjudice à leur vie personnelle, nous contactaient afin de nous faire part de situations jugées désagréables qui se seraient déroulées au Komplexe K-Mé-Léon situé sur le Boulevard du Royaume.

tenant, on parle du mercredi et du samedi seulement. Par contre, on se bat pour enlever l’image et la ghettoïsation des gais. Ici à Saguenay, c’est vrai qu’il y a encore des préjugés et de l’homophobie. Mais pas dans notre établissement. En contrepartie, on ne permettra pas non plus l’hétérophobie. »

« J’ai été choqué d’apprendre le tout via Facebook par un inconnu de Montréal, raconte-t-il. Quand j’ai lu qu’une personne avait peut-être été sortie parce qu’elle embrassait quelqu’un du même sexe sur la piste de danse, je suis tombé sur le cul ! ». Évoquant que son bar employait de nombreux membres de la communauté, qu’il offrait une clinique de dépistage à chaque mois, que des artistes homosexuels se produisaient en spectacle régulièrement dans son nouveau K-baret, qu’il commanditait la chronique radiophonique de Carl Gaudreault (LGBT Boréale), il a tenu à répondre à ses détracteurs.

Pour « survivre », il a donc ouvert un K-baret populaire auprès d’une autre clientèle qui allait compléter son offre. « Bien au contraire, depuis notre ouverture, il y a de cela plus de 5 ans, on remarque beaucoup plus d’ouverture chez la clientèle hétérosexuelle qui n’hésite plus à fréquenter notre établissement, ce que l’on ne pouvait constater à l’ouverture. »

« Nous sommes bien découragés de voir qu’après cinq ans de travail acharné pour la lutte contre l’homophobie, on en soit rendu là. On vient de mettre près de 200 000 $ pour rénover l’édifice, on a déjà organisé (et on continue de le faire) des soirées de tous genres, du fétichisme aux shows de drag queen, on fait payer deux à quatre dollars l’entrée (comprenant le vestiaire) selon la soirée, ce qui est plus que raisonnable, on fait des spéciaux hyper intéressants sur les alcools. » S’il avoue que la clientèle change, et que de plus en plus d’hétéros prennent la place, il n’en est pas mécontent. « On doit survivre, confie-t-il. La communauté émigre vers Montréal et Québec. Avant, on ouvrait nos portes cinq soirs/semaine. Main60 Être Magazine

Concernant les propos de ses opposants, il tenait à rectifier le tir : «  Peut-être que quelqu’un a été sorti, mais sûrement pas pour les motifs invoqués dans l’article, puisqu’une vérification a été faite auprès des portiers de l’établissement et ceux-ci ont nié cette allégation. « J’invite même la ou les personnes qui se di(sen)t lésée(s) à venir me rencontrer personnellement afin que je puisse remédier à ce genre de situation, s’il en est. » Cette personne aurait-elle dépassé les limites ? Nous, la chose seule qu’on ne tolère pas dans notre établissement, ce sont les gens qui dansent sans gilet. C’est évident que je ne mettrai pas la clientèle qui me fait vivre depuis cinq ans dehors. » Enfin, M. Poirier tenait à souligner que les premiers signes de résistance qu’il a constatés à propos d’une éventuelle semaine dédiée à la communauté en région venaient de cette dernière. Nous devons alors lui souhaiter bonne chance dans ses entreprises et nombreux projets personnels et consacrés aux GLBT. Être Magazine

61


Menus plaisirs

La Tanière

Pour faire le plein de plaisir

Tout porte à croire que le concept élaboré par le restaurant la Tanière assoit sa réussite sur la prémisse suivante : personne ne crée en vase clos. Le chef copropriétaire Frédéric Laplante et son associée Karen Therrien semblent l’avoir très bien compris. De concert avec leur brigade et autres collaborateurs expérimentés, ils mettent en scène une cuisine d’avant-garde qui pousse sans cesse à la réflexion.

La rédaction À son tour, cette réflexion permet de comprendre la démarche qui sous-tend la prise en charge du client. Celui-ci doit s’attendre à demeurer attablé pendant près de quatre heures, puisque le menu se décline en 10, 15 ou même 20 services ! On se prête entièrement au jeu en choisissant simplement un accord « mets et vins », préétabli par un sommelier fort adroit. En effet, Jean-Sébastien Delisle partage généreusement son amour du vin tout en prenant soin de sélectionner des produits rares, qu’il se procure exclusivement en importation privée. Il accomplit avec délicatesse cette tâche essentielle à la réussite de l’expérience gastronomique, en assurant ainsi le client de trouver l’équilibre lors de la dégustation. Cette expérience est riche, complète et harmonieuse. Inspiration catalane, mais… En cuisine, l’emploi d’un distillateur permet d’extraire des fèves de cacao un parfum unique qui s’agence astucieusement aux mets. On utilise aussi des techniques nouvelles pour mettre des aliments sous forme de sphères, ce qu’on appelle la «  sphérification  ». Ainsi en est-il du gingembre, qui éclate dans la bouche après avoir tiédi en petites billes dans un thé à la fleur. On peut également déguster une gonade d’oursin entière partageant sa coquille avec un bourgot et une purée froide de topinambour. Un bouquet blanc d’hydrangée disparaît lentement dans un nuage de fumée glacée au moment où l’on savoure, stupéfait, un onctueux granité de basilic et de pétales d’hémérocalles fraîchement cueillis. Le goût pourtant subtil des rognons contraste délicatement avec celui du lapin et des morilles. À chacun des services, on reste pantois devant l’esthétique des plats. On déguste ainsi ce qui, du début à la

62 Être Magazine

fin, constitue une véritable œuvre d’art, fine et réfléchie, et surtout sensuelle. Entre autres inspiré par le travail du Catalan Ferran Adrià, passé maître dans la reconfiguration des aliments, Frédéric Laplante souhaite nuancer la nature de l’offre gastronomique de la Tanière. En fait, sa cuisine ne prétend pas être « moléculaire », terme souvent galvaudé et mal interprété, selon Karen Therrien. « La cuisine de la Tanière cherche plutôt à mettre de l’avant la nature boréale de notre terroir québécois », précise-t-elle. Place au contemporain Le terroir québécois a toujours occupé le haut du pavé à la Tanière, et ce, dès les premiers balbutiements en 1977. Toutefois, en reprenant les rênes de l’établissement en 2002, les jeunes propriétaires ont entrepris de grands changements. En plus de renouveler radicalement les techniques culinaires, la salle à manger anciennement rustique a été complètement reconfigurée pour adopter un style contemporain. La Tanière se distingue totalement de l’offre québécoise en matière de cuisine « boréale » et elle en construit avec aplomb les assises. Rien d’étonnant au fait que la clientèle des débuts ait suivi. Encore moins surprenant que l’établissement attire une clientèle nouvelle, plus jeune cette fois, et curieuse de découvrir une cuisine innovatrice, tout

en demeurant fidèle à ses traditions. Mais attention : à chaque époque, son style. La Tanière table toujours sur son créneau d’origine en apprêtant le gibier dans ce qu’il a de plus authentique. Seulement, des techniques culinaires modernes et des instruments à la fine pointe permettent au chef de renouveler son processus de création. Et le menu change ainsi, au fil des saisons, ce qui amène des visiteurs des quatre coins du Québec à s’offrir une expérience unique en son genre. La Tanière 2115, rang Saint-Ange (Québec) (418) 872.4386 restaurantlataniere.com Être Magazine

63


Vins & Alcools Également de la Loire, le délicieux Château de Chasseloir Ceps centenaires 2009 – Muscadet Sèvre et Maine sur lie (00854489 – 16,90 $), un vin aux reflets verts, une bouche vive et rafraîchissante à souhait. Une touche minérale légèrement citronnée, des arômes de pivoines. Un vin élaboré avec le melon de Bourgogne, cépage roi du Muscadet.

© RuffLife

Des vins de la Vénétie Quatre bons vins à base de garganega, cépage blanc qui donne des vins aux arômes d’amande, de fleur printanière, de pomme et d’agrume. D’abord, d’Anselmi, le San Vincenzo Anselmi Veneto I.G.T. 2011 (00585422 – 15,95 $) et le Capitel Croce Anselmi Veneto I.G.T. 2009 (00928200 – 22,90 $). Ce dernier a une bouche magnifique, du corps et une longue finale sur la pomme cuite. Aucune lourdeur. Ensuite, de Pieropan, le Soave Classico 2011 (11027743 – 17,55 $) et le Soave Classico – Calvarino 2010 (00741058 – 23,95 $), deux vins élégants aux arômes de miel, de fleur et de noisette. Petite amertume tout à fait rafraîchissante en fin de bouche. Parfaits pour l’apéro et pour la table. Un classique de Bordeaux Château Bonnet – Entre-Deux-Mers 2011 (00083709 – 16,95 $) : un bordeaux à base de sauvignon blanc, de sémillon et de muscadelle. Des arômes de pamplemousse blanc (caractéristiques du sauvignon) et de poire. Une bouche assez ample et une belle finale minérale. Essayez-le avec des croûtons de chèvre chaud en salade.

C’est encore l’été ! Des blancs désaltérants Quand il fait très chaud, les vins lourds et concentrés sont à proscrire. La canicule, les soirées en terrasse, l’apéro au bord de l’eau, tout cela requiert des vins frais et vifs. Dans cette chronique estivale, je vous propose quelques blancs qui se boivent sans façon, mais qui sauront étancher votre soif ! Sophie Delorme Deux vins pour l’apéro De la région de la Loire, le St-Florent Domaine Langlois-Château – Saumur 2010 (00962316 – 15,75 $), un vin à base de chenin blanc. Le chenin blanc produit des vins fins et francs à l’acidité vive. Ce Saumur n’a rien de bien complexe, mais il est digeste, frais et se boit à grande lampée. Des arômes de pomme verte, de limette et une touche de céréale grillée. 64 Être Magazine

Deux Costières-de-Nîmes Pendant que l’on en trouve encore sur les tablettes, mettez la main sur quelques flacons de ces deux Costières-de-Nîmes blancs : Château Mourgues du Grès – Les galets dorés 2011 – Costières de Nîmes (11095877 – 15,85 $) et Mas des Bressades – cuvée tradition 2011 – Costières de Nîmes (10461281 – 15,85 $). Deux vins subtilement parfumés, aériens, avec des notes florales, une touche d’abricot et de pêche blanche. Très bons vins élaborés avec les cépages blancs du Rhône, entre autres, marsanne, grenache blanc et roussanne.

LE LUXE... AU NATUREL

@ cotenordtremblant.com

Venez découvrir le tout nouveau Club de la Pointe! • • • • •

Magnifique piscine avec vue sur le lac Centre nautique avec canot, kayak et superbe quai pour la détente au soleil Centre de yoga pour vous ressourcer Le Bistro Caribou pour tous vos repas, en chalet ou au resto Aire réservée aux feux de camps pour les histoires de fins de soirée!

En suite ou en chalet, Côté Nord Tremblant est le le site idéal pour une escapade entre amis, un week-end en amoureux ou une vacance en famille! Contactez-nous pour planifier votre prochaine visite.

La route des vins

ances au Québec? Vous planifiez des vac virée dans les viune e Pourquoi ne pas fair quebec.com présente gnobles! Le site vinsdu icoles du Québec et les différentes régions vin us pourrez même trales vignobles à visiter. Vo éraire. itin cer et imprimer votre

info@cotenordtremblant.com | 1 888 268.3667

-Orford Fête des vendanges Magog nte Merry du lac L’événement a lieu à la Poi au 3 septembre et le 8 Memphrémagog du 1er ndanges.com et 9 septembre. fetedesve

Être Magazine

65


Ateliers Phoenix

BOUTIQUE DE CONDOS 3167, Ste Catherine Est Montréal, H1W 2C4

Vivez la Renaissance… à partir de 192 000$ +taxes

toujours aussi iNsPiraNtE

FiÈrE DE soN FEstiVaL DEs FiLMs Du MoNDE

27 ESPACES DE CONDOMINIUM UNIQUE EN DEUX PHASES: * MAISONS DE VILLE * 1 & 2 CHAMBRES * LOFTS AVEC MEZZANINE * STATIONNEMENT * ESPACE VERT PRIVÉ ENTOURÉ PAR LES DEUX PHASES

66 Être Magazine

514.225.2414

Être Magazine

www.phoenixhoma.com

67


68 ĂŠtre Magazine

ĂŠtre Magazine

69

Magazine Être - Septembre 2012 - Vol 17 n°8  

Le premier magazine gay québécois : toute l'actualité gaie, lesbienne, trans, bi...