COQP

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C.O.Q.P


Dans le cadre de l’exposition «Encre» au 3993, j’ai choisi de m’interroger sur le «TRAVAIL». Par le biais d’un questionnaire, que j’ai envoyé à des proches, j’ai tenté d’éclaircir ma définition de ce mot. Et de mieux comprendre comment chacun définit sa situation professionnelle. Les personnes qui ont répondu exercent diverses activités pouvant être qualifiées de «travail», ou de «loisir»... Ces différents emplois sont-ils résonances d’épanouissement, ou de déprime ? De sortie ou d’enfermement ? S’agit-il d’actes d’auto-détermination? Ces occupations sont-elles alimentaires? le fruit d’une «passion»? d’une «vocation»? Comment les pensons-nous utiles ? sociales? Nécessitent-t’elles des qualifications ? Quelle distance avons-nous avec notre travail ? Je me suis aussi interrogée sur la frontière entre amateurisme et professionnalisme, sur la considération et la reconnaissance de différents types d’activités qu’elles soient déclarées ou non, ou encore bénévoles, et sur la manière dont elles sont acheminées, ou administrées. Le questionnaire a été établi grâce à la combinaison : CQQCOQP, combinaison enseignée aux étudiants en communication, et en journalisme. (Comment, Qui, Quoi, Combien, Où, Quand, Pourquoi?) Leurs réponses m’ont apporté quelques éclaircissement, et je vous laisse les découvrir. Lorsqu’on me demande quel est mon «travail», il m’est parfois difficile de répondre... Je suis «assistante d’éducation» dans un collège, «surveillante», c’est une activité à mi-temps qui me permet de gagner de l’argent, Ce travail est ponctuel. Et je suis artiste. Après des études aux arts-décoratifs, j’ai obtenu un Diplome National d’expression Plastique en Communication visuelle/Illustration. Je travaille donc en tant que telle pour des livres, des films, expositions, etc. Les déclinaisons apparaissant suite à ce questionnaire, autour du mot travail sont nombreuses: métier», profession, spécialisation, recherche, obligation, nécessité, besoin études, envie, partage ... Ce pannel de réponses a été fait par des personnes qui ont entre 25 et 50 ans, Leurs réponses évoquent des curiosités, des galères, des choix, des satisfactions ou des douleurs ... J’ai illustré leurs réponses par un portrait en linogravure et encre.


1 ) Comment as-tu trouvé, obtenu ton emploi actuel et rémunéré ? 2) Avec qui travailles-tu ? dans une équipe ? (qui sont tes collègue, quels sont vos rapports de hiérarchie) 3) Quel est cet emploi ? 4) Combien d’années d’études as-tu fait auparavant ? Quelles études astu fait ? Ton travail est-il en relation avec ces études ? 5) Où travailles-tu ? dans quel espace? dans quel type d'architecture ? dans quel quartier ? 6) Depuis combien de temps occupes-tu domadaires effectues-tu ?

ce poste ? Combien d’heures heb-

7) Pourquoi avoir choisi ce travail ? L'as-tu choisi ? 8) Y éprouves-tu des satisfactions ? Des injustices ? Des plaisirs ? Des souffrances ? 9) En dehors de ce travail que fais-tu de ton « temps libre » ? (loisir, pause, autre forme de travail…) 10) Enfin, peux-tu me dire un objet qui symbolise ce travail pour toi ? Une émotion, un sentiment ? Un geste ?



JULIA 1 ) Le chef du service photo du Parisien Magazine m’a contactée suite à une candidature que j’avais envoyée un an auparavant. 2) Avec le responsable du service photo et les autres rédacteurs photo, en open-space avec le reste de la rédaction. Hiérarchiquement, je suis au même niveau que ceux-ci mais le responsable photo est au-dessus de moi. Et le rédacteur en chef est au-dessus de lui. 3) Rédactrice photo au Parisien Magazine (en remplacement) 4) 8 ans : - Hypokhâgne-Khâgne - Licence de Lettres - Master I de Lettres - bac pro photo - ENSP Arles (3 ans) C’est donc en relation avec mes études. 5) À Stalingrad, dans un open space qui occupe tout un étage . Immeuble en métal et verre, architecture contemporaine 6) J’ai occupé ce poste 2 semaines. Je travaille plus de 40 heures hebdomadaires car le soir, on reste tant qu’il y a du travail. 7) Je l’ai choisi car j’aime l’univers de la presse écrite. 8) Y éprouves-tu des satisfactions ? Oui, je suis traitée exactement comme les autres rédacteurs en chef même si je ne suis pas très expérimentée. Des injustices ? Non. Des plaisirs ? Oui : chercher l’image qui s’accordera le plus possible au contenu de l’article. Des souffrances ? Non, à part peut-être un mal de dos dû à la position assise devant l’ordinateur. 9) Je suis photographe auteur. 10) Un ordinateur.



MARION 1 ) Candidature spontanée adressé à un lieu dont j’avais déjà entendu parlé. 2) Je suis dans une équipe de 4 nanas dont ma responsable. Elles sont embauché à l’année et une autre saisonnière viendra uniquement pour le mois d’Août. Ca se passe très bien pour une équipe de nana, ce n’est pas toujours le cas mais à c’est super ! 3) Je suis guide et vendeuse à la Ruche des Puys, un musée vivant autour de l’abeille. Je fais les visites guidées et vends aussi les produits de la boutiques, c’est à dire miel et ses dérivés. Miel de l’apiculteur qui a créé le lieu, miel local et «éco-responsable» bien-sûr ! 4) Bac + 5 + 1. Bac S, licence Arts plastiques, Master ingénierie culturelle et médiation, licence professionnelle de guide conférencier, c’est en relation avec mon master. 5) Je travaille à 20 kilomètres de Clermont Ferrand en pleine campagne au pied des Volcans ! Le musée a été créé dans l’ancien corps de ferme de la famille de l’apiculteur. 6) 20h hebdo, pour un CDD de 5 mois. 7) J’ai choisi ce travail. Il me plait, car j’exerce mon métier de guide en apprenant de nouvelles choses à chaque fois ... 8) Des satisfactions ? Oui, car le public repart des visites guidées proposé très enjoué :) Des injustices ? Euh ... non Des plaisirs ? Oui Des souffrances ? Répétition des mêmes mots, même blagues (mais ça c’est un secret de guide). Parfois, public non réactif, ça c’est très déstabilisant; classe trop bruyante, difficile pour la voix ... 9) Cueillette sauvage et transformation en confiture, pesto, etc. Ballades urbaines, mécanique, puis apéro (vins naturels souvent) et grandes bouffes ! 10) Enfin, peux-tu me dire un objet qui symbolise ce travail pour toi ? Dans ce cas précis une abeille mais sinon un livre, une personne, en résumé : un livre avec un dessin d’abeille et du texte ! Une émotion, un sentiment: Curiosité



MAXIME 1) J’ai été coopté. 2) Nous sommes une équipe de huit collègues qui font le même travail que moi, la CPE qui est notre responsable, et une secrétaire. Puis il y a deux supérieurs hiérarchiques qui sont la principale du collège, et le principal adjoint. 3) Je suis assistant d’éducation dans un collège. 4) J’ai fait deux années de prépa littéraire « Hypokhâgnes » et « Khâgne » à Orléans. Puis j’ai commencé une licence d’histoire, à la Sorbonne. Et enfin j’ai repris une licence de Cinéma à la fac de Paris 8, à Saint Denis, Le cinéma me permettait de concrétiser pour moi la nécessité de créer, et ces études étaient nourries par mon cursus précédent. L’enseignement était inégal (prof de niveaux différents)… C’est là que j’ai commencé le job d’AED. Il m’apportait de l’indépendance. Le lien avec mes études résident dans l’éducatif (culture général, aides aux devoirs),j’essaie de leur ouvrir pédagogiquement et socialement l’esprit, mais cela reste limité…Il y a une grande part de tâches administratives, et d’autorité. J’ai mis en place un atelier, mais les crénaux horaires sont restreints et non rémunérés, c’est du volontariat peu valorisé. Nous n’avons pas le temps pour que ces ateliers soient reconnus et valorisés. L’administration et l’institution ne les prennent pas en compte… 5) A Saint-Lazare,… les élèves viennent de différentes catégories sociales, 65 pour cent de milieu favorisé, 15 pour cent de milieu défavorisé, et les autres de classe moyenne… Il y a 700 élèves. C’est un ancien couvent, l’espace est exigu, il y a des petits espaces, des couloirs. Le bâtiment n’a pas été construit pour sa fonction actuelle. On devient des agents de circulation… Le quartier est bourgeois, les rues alentours sont plutôt « mortes », on ne s ‘attarde pas quand on sort. C’est aussi un quartier à forte concentration d’établissement scolaire. 6) Je travaille dans ce collège depuis 4 ans et demi. J’effectue 20h hebdomadaire, réparties sur les lundis (am), mercredis (matin), et vendredi (am). On peut aménager parfois nos emplois du temps, car nous avons la chance d’avoir une CPE compréhensive. 7) Mon profil était adapté, un ami m’a coopté…comme la majorité des AED. 8) J’y éprouve des satisfactions dans le travail humain, avec les personnes, plus qu’avec les machines. Un plaisir a bien le faire.Je ne me sens pas trop surveillé, et c’est une fonction où je me sens quand même privilégié. Je me sens investis d’une mission qui me plaît. Mais je me sens aussi freiné par des tâches qui ne devraient pas être les miennes. Il y a trop d’administratif, trop de punitif… Et je ressens aussi un manque de moyen matériel. Il y a une impossibilité de gérer certains individus, un manque de personnel et d’infrastructure. Mes revenus ne sont pas suffisants pour couvrir un loyer, des sorties, et pour se nourrir. Les salaires sont insuffisants pour Paris. Ils sont inadaptés à une réalité locale. 9) A côté, l’essentiel de mon activité est aussi du travail, mon travail de création, mais dans le terme travail, il y a une idée de souffrance, qui n’existe pas dans mes activités créatives, ou alors c’est une « souffrance autodéterminée ». C’est là que je fais mes choix, mes recherches. 10 ) Des clefs !



SARAH 1 ) J'ai répondu à une annonce vue sur un site Internet. 2) Nous sommes une équipe de 18 permanents, 5 personnes dont la directrice à travailler dans les bureaux, et les autres sont des enseignants ou des techniciens. La directrice est ma supérieure hiérarchique, avec l'administrateur et le directeur pédagogique. Chacun est assez autonome sur son poste du coup la collaboration entre les uns et les autres se passent bien. 3) L'intitulé de mon poste est « attachée aux relations avec le public », mais je m'occupe également de la communication, des sorties aux spectacles des étudiants et du centre de ressources de l'école. 4) J'ai fait 5 ans d'études + 1 année de contrat de professionnalisation. J'ai un Master 1 d'Etudes Théâtrales et un Master 2 professionnel de Développement culturel et direction de projet. J'ai fait le contrat de professionnalisation avec l'ENSATT. Mon travail est complètement en relation avec mes études. 5) Je travaille sur le plateau d'Avron à Rosny-sous-Bois, dans un quartier avec des maisons et des cités autour, dans un bâtiment préfabriqué posé au pied du chapiteau qui abrite l'école. Je navigue beaucoup entre mon bureau et le chapiteau, et je vais régulièrement dans des établissements scolaires ou des structures culturelles partenaires de l'école. 6) Je travaille à l'ENACR depuis 1 an, mon contrat est de 35h hebdomadaires mais je fais souvent plus. 7) Oui j'ai choisi ce travail car j'en avais marre de l'ancien et que l'univers du cirque contemporain me plaît et m'intéresse depuis très longtemps. 8) Y éprouves-tu des satisfactions ? J'y éprouve une satisfaction quotidienne dans mon travail, dans le rapport avec les étudiants et dans les projets que je mets en place. Des injustices ? Je trouve que je pourrai être mieux payée, et que le temps que je consacre aux spectacles pourrait être considéré de temps en temps comme du temps de travail. Des plaisirs ? Encore une fois, les relations humaines dans ce travail sont une réelle source de plaisirs, ainsi que le fait d'être plongé dans l'univers du spectacle et de la création. Des souffrances ? Non pas de souffrances. 9) Je vais voir des spectacles quasiment tous les soirs de la semaine, avec ou sans les étudiants. Et le week-end, je vais m'aérer la tête à la campagne en montant à cheval. 10) Enfin, peux-tu me dire un objet qui symbolise ce travail pour toi ? Un trapèze Une émotion, un sentiment ? La générosité des rapports humains Un geste ? Regarder



EMILIE 1) Une amie m'a introduite auprès de mes responsables. J'ai donc été conseillée (je n'arrive pas à trouver une meilleure formulation à ce moment précis). 2) Je travaille avec des animateurs. Je suis embauchée par une compagnie de théâtre, nous avons fait une réunion au début de l'année et nous nous tenons au courant et discutons par mail et par téléphone. Je donnais un de mes ateliers avec l'amie qui m'a introduite lors la cession qui vient de prendre fin, nous préparons notre cours ensemble. Les rapports de hiérarchie au sein de notre équipe ne sont pas prégnants. Les deux responsables qui sont nos aînés et ont une expérience riche en ce domaine sont très sympathiques et généreux. 3) Intervenante dans des ateliers de théâtre auprès d'enfants de l'école primaire dans le cadre de l'aménagement des rythmes éducatifs. 4) Je suis en train de finir mon doctorat, pour l'instant j'ai un Bac+5 en études théâtrales. Mon travail est en relation avec mes études, au sens large. 5) A Gonesse, dans un centre culturel et social ou dans la BDIC d'une école. L'architecture en est moderne, fonctionnelle. Le quartier est résidentiel. 6) Depuis le mois de septembre 2014. J'effectue 2x1h15 par semaine, un aprèsmidi. 7) Parce que j'aime enseigner et que je souhaite donner des cours de théâtre à tous les publics. J'ai choisi ce travail. 8) Y éprouves-tu des satisfactions ? Oui lorsqu'un exercice fonctionne bien et que je suis étonnée par ce que proposent les enfants ou quand j'ai l'impression que des choses ont été comprises ou qu'ils prennent du plaisir et aimeraient continuer à faire du théâtre. Des injustices ? Oui lorsque mon binôme est soit disant malade et me laisse seule avec un grand groupe d'enfants. Des plaisirs ? Oui, j'aime bien faire rire les enfants ou arriver à créer une symbiose dans le groupe. Des souffrances ? Je suis une angoissée de nature, alors donner des cours m'angoisse parfois. 9) Je donnerai aussi des cours à la fac au second semestre, j'avance dans l'écriture de ma thèse, je m'occupe de l'administration d'une compagnie de théâtre, je suis aussi comédienne sur un spectacle de poésie. 10) Enfin, peux-tu me dire un objet qui symbolise ce travail pour toi ? Une balle comme symbole du jeu et des rebondissements. Une émotion, un sentiment ? La jubilation et le découragement (je n'ai pas pu m'empêcher d'en mettre un deuxième, parce que les conditions ne sont pas toujours réunies pour que ça se passe bien...) Un geste ? Offrir sa main.



LEA 1) J'ai été contacté par le directeur d'une école d'art qui apprécie mon travail artistique, il m'a invité à envoyer ma candidature pour un poste d'assistante dont ils avaient besoin en urgence. 2) Je suis assistante d'un professeur de cours pluridisciplinaire. Nous sommes deux assistantes et un prof, donc l'équipe pédagogique de notre cours est de trois personnes. Nos rapports sont très amicaux et le professeur que nous assistons ne nous donne que très peu de travail administratif ingrat, en général il préfère le faire lui-même que de le déléguer. 3)Assistante pour le cours pluridisciplinaire en école d'art en Belgique 4) J'ai fait 7 ans d'études d'art (2 ans préparatoires et un master en dessin école d'art) Mon travail est donc en relation avec ce que j'ai étudié 5) Je travaille à Mons (Belgique) dans une école d'art qui se trouve dans une ancienne caserne militaire hollandaise. Le bâtiment a une forme carrée avec une grande cour au centre. Nous partageons ce bâtiment avec le cours d'art dramatique. 6) j'occupe ce poste depuis septembre 2013, 6h/semaines 7) Parce que j'aime beaucoup enseigner, en particulier en école supérieur car le niveau est très intéressant. Le salaire et les conditions de travail sont très avantageuses quand on est artiste. Il est par exemple possible de s'arranger avec l'administration lorsqu'on doit effectuer un montage d'expo ou une résidence. 8) J'éprouve le plus souvent de la satisfaction car je vois le travail des étudiants évoluer et c'est très chouette au niveau social également. Il est juste un peu difficile de donner un cours qui n'a pas été crée par soit même car ça oblige à servir une pédagogie avec laquelle on n’est pas toujours d'accord. 9) En dehors de ce travail que fais-tu de ton « temps libre » ? (loisir, pause, autre forme de travail…) La plupart du temps, je travaille sur mes recherches artistiques dans mon atelier. J'ai un autre travail avec un atelier de sculpture pour enfants que je gère à l'année et j'étudie l'agrégation en parallèle. 10) C'est difficile de répondre à cette question, peut-être un train car je prends le train pour me rendre à Mons et pour rentrer à Bruxelles (ou j'habite) tous les jours ou je travaille.



NATACHA 1) J’ai trouvé mon emploi grâce à ma conseillère du Pôle emploi.Je dois admettre avoir, dans un premier temps, mal vécu sa suggestion du fait de ma méconnaissance de la réalité de ce travail. Lorsque j’ai débuté et saisi combien cet emploi m’était approprié, je lui ai laissé un message afin de la remercier! 2) Je travaille avec une équipe de sept collègues avec lesquels nous partageons les mêmes responsabilités. Ils sont pour la plupart étudiants Nous sommes sous la responsabilité directe d’un premier responsable hiérarchique qui est ellemême répond à l’autorité de deux autres supérieurs. 3) Je suis Assistante vie scolaire dans un collège. 4) J’ai étudié durant 4 ans la psychologie, validé ma licence et quelques UE de M1. Mon travail requiert une certaine forme de finesse, d’intuition qui s’apparente à de la psychologie mais n’est pas en rapport direct avec le contenu du diplôme. Le collège intégrant une Unité Localisée pour L’inclusion Scolaire mes connaissances m’aident certainement à aborder sereinement les élèves qui en sont issus. 5) Je travaille au sein d’un collège dans le 4ème arrondissement, quartier bourgeois aux nombreux vestiges historiques de Paris. Le collège est en briques rouges, haut de trois étages donnant sur deux cours de tailles différentes. 6) J’occupe ce poste depuis quatre mois et travaille 24 heures par semaine. 7) Je n’ai pas choisi cet emploi mais si j’en avais eu la connaissance auparavant je l’aurais choisi. 8) J’y éprouves des satisfactions éphémères mais constantes. Les élèves se montrent prestement reconnaissant de l’attention qu’on leur accorde ou de l’aide qu’on peut lui apporter quelque infime qu’elle soit : débloquer son casier, retrouver sa carte de cantine, l’aider à comprendre un exercice.. Il m’arrive d’éprouver des injustices brèves mais permanentes. Ces mêmes élèvent peuvent se révéler cruellement insensibles, désobéissants, insolents, agités, querelleurs ! Je me sens parfois également incomprise dans la légitimité de ma fonction : lorsqu’un professeur me fait comprendre que le moment choisi pour passer mon message ne lui convient pas. 9) Je lis, jardine, danse, vais théâtre, assiste à des expositions.. 10) Un stylo son absence fatale, rédhibitoire, les maladies qu’il peut transmettre, l’encre qui tache ma peau, mes habits le projectile ou substitut de ballon qu’il représente pour les élèves. Je

pense au dynamisme aussi bien physique qu’intellectuel qu’exige ce travail.

Le geste que m’évoque en premier lieu, mon travail est de poser ma main sur l’épaule ou le bras d’un élève pour le rassurer, le gratifier l’obliger ,à se déplacer, l’arrêter, indiquer ma présence.. .



SYLVIE 1) J'y suis arrivée après avoir écrit un livre, voilà 22 ans, grâce à mon ami Pascal Priestley qui était déjà à TV5MONDE. Nous avions déjà travaillé ensemble à TF1. 2) Avec d'autres journalistes, surtout des femmes, au sein de la rédaction internet de TV5MONDE, nous sommes une dizaine et par ailleurs je collabore avec de nombreux pigistes à travers le monde. Je suis cheffe mais les rapports hiérarchiques ne sont pas très pesants. Sauf dans l'autre sens, au dessus de moi... 3) Rédactrice en cheffe du site et de la petite, voire minuscule, émission Terriennes, tous deux dédiés à la condition des femmes (travail inclus) dans le monde, ainsi que du site info. 4) 5 années d'études, une licence de droit (3 ans) + le CFJ (Centre de formation des journalistes, 2 ans) et puis à nouveau un DEA d'histoire (sur la Russie) dix ans après (2 ans) 5) A TV5MONDE, dans les beaux quartiers de Paris, pas loin de l'arc de triomphe, un bâtiment moderne, années 1980, sans cachet particulier; j'y occupe un bureau personnel 6) Ce poste-ci depuis 2008 (6 ans). En principe 35 heures par semaine, mais dans la réalité très souvent beaucoup plus, quand l'actualité le demande ou quand le travail n'est pas fini... 7) Parce que je voulais connaître et donner à connaître d'autres réalités, "d'autres vies que la mienne". 8) Oui des satisfactions, toujours beaucoup de personnelles mais de moins en moins de collectives, les relations hiérarchiques et le diktat économique sont de plus en plus pesants. Et parfois beaucoup de fatigue... 9) Vélo, lecture, écriture, cheval, cuisine, engagement dans associations culturelles et politiques, théâtre, cinéma... 10) - Téléphone, téléphone portable, ordinateur - Nécessité intellectuelle et économique - Grattage de tête et travail du chapeau...


Esther Megard Septembre 2015


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