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BABEL DE MAI journal à parution quasi trimestrielle sur la vie à la Belle de Mai et ailleurs

NUMÉRO 8 m a r s 2007

NE PAS LAISSER BÉTON PUISQUE LE PAYSAGE TE DÉTERMINE [de ta fenêtre, décris ce que tu vois, et tu sauras

: ce que tu vis, ce que tu veux et ce que tu votes, ce que tu valorises et ce que tu vomis, ce que tu verbalises et ce que tu vises, qui te visite, si tu as de la vigne, si tu vadrouilles dans un village ou vrombis dans une ville, si tu connais des voyous, des vrais voyous, des vauriens, si tu es voleur, voyeur, si tu as des amis vulgaires et des voisins vulnérables, si tu aimes les vases roses, les vaudevilles, les veillées avec ceux qui te vexent, si tu préfères le vidéoclub, ou la végétation, le vent, la verdure et la verveine, si ta préférence va aux hommes virils et velus en viager ou aux veuves vénales, si tu vas bientôt envoyer valdinguer des objets de valeur en faisant ta valise ou si tu vas vidanger ton véhicule sur une voie non viabilisée, si tu as le virus du voyage en V.T.T., si tu as un visa, si tu as un visagiste, si tu es un violoniste virtuose ou un vendeur de violettes, ou encore une vitaminothérapeute, ou un buveur de vodka, si tes volets sont verts ou violets, si tu es un videur vétéran, une vice-président en vacances, un vizir visionnaire, un vicieux en veste, si tes vêtements sont à Véronique (ou alors à Victor), si tu versifies en vespa sur un viaduc, si le son vigoureux de ton vieux vinyle affole ton vumètre, si tu te laves, si tu ravales ton énervement, si tu es verbicruciste ou cruciverbiste, si tu vises tes viocs avec ta vipère, si tes ongles sont vernis en vert-de-gris, si Vishnou vibre en toi, si tu as pris une volée au volley, si tu fais volte-face avec la vox populi en puant la vinasse -in vino veritas-, si tu vis au Vatican, à Venise, à Verdun, à Versailles, à Vichy, à Vitrolles - ou à la Belle de Mai],

ÉDITORIAL DÉTERMINE TON PAYSAGE [aménage avec entrain un lopin de terre à l’angle de la rue Bernard et de la rue Clovis Hugues, refuse avec entrain le béton sur les jardins de la Maternité, demande avec entrain la requalification de la place Caffo, affirme avec entrain l’identité culturelle du Comptoir Sainte-Victorine, peint avec entrain la façade de ton immeuble en rouge vif en haut du boulevard de la Révolution, éclaire avec entrain ton église sur la place Caffo, demande avec entrain aux pelleteuses d’arrêter de casser les façades industrielles de la rue Guibal, milite avec entrain pour la journée sans voiture, relooke avec entrain ton mobilier d’appartement, graffite avec entrain la devanture de ton magasin de soutien-gorges pour l’égayer, exige avec entrain la constitutionnalisation d’un droit à la vue de la mer opposable, proteste avec entrain contre les couleurs pastels mièvres des nouveaux bâtiments, célèbre avec entrain dans ton drôle d’environnement urbain les journées du patrimoine, imagine avec entrain le retour du tramway à la Belle de Mai, jette avec entrain les papiers froissés à la poubelle et n’oublie pas de déposer ton bulletin dans les urnes avec entrain*]. * Plus d’infos avec entrain sur http://www.lausannejardins.ch/gallery/jardin_entrain

Guillaume Quiquerez

SOMMAIRE Espaces verts Enquête et tentatives p.2 / Espaces gris En construction p.3 / Micropaysages Recherche archéologique libre, Pratique créative p.4 / Histoires Le relationnel avant tout, Pratique créative (suite) p.5 / Attention chantier p.6 et p.7 / Paroles du quartier p.8 / Avant & after p.9 / Le Jeu Où est-ce ? p.10 / Les renseignements très pratiques p.11.


V

ESPACES VERTS

ous avez d i t “ve r t - g r i s” ? So u ve n i r s e t re c e n s e m e n t d e s e s p a c e s “ve r t s” du quartier et des alentours.

E

Enquête menée par Benoît Paqueteau

ssai de transf o r m a t i o n d’ u n t e r r a i n vague en jardin à p a r t a g e r

Le plus aménagé

P Boulevard Ricard

Jardin de la maternité

u Bus 49A et249B

(derrière le pôle d’entreprises de la Belle de Mai)

Friche : n.f. terre non cultivée ; adj. en friche, inculte Fig. en friche: se dit de ce qu'on laisse sans emploi, inemployé.

Surface : 5 186 m Ouvert de 8h à 17h30 de septembre à février et de 8h à 19h de mars à avril et de 8h à 20h de mai à août.

_ L’avis de la rédaction : Eau potable, grande aire de jeux (toboggan, toile d’arai-

Terrain : n.m. espace de forme et de dimensions déterminées ; terrain vague : vide de cultures et constructions dans une ville.

gnée, ressorts), terrains de foot et de basket (sans paniers), bancs pour d’hypothétiques spectateurs, table de ping-pong pour d’éventuels tournois, terrain de boules - difficulté 6/10 sur l’échelle du bouliste (un peu pentu et légérement accidenté) -, à l’abri du bruit, ombragé et odorant grâce à ses conifères.

Choississez un terrain, ni trop grand ni trop petit, inoccupé depuis longtemps. Contactez le propriétaire, utilisez des arguments qui lui donneront envie de céder cet espace pour un temps donné. Réunissez-vous, appelez les voisins, les copains, tous ceux qui en ont envie. Défrichez, nettoyez, ramassez papiers, sacs, tout ce qui traîne et qui vous semble inesthétique. Négociez l'occupation avec les chats, qui ne vous ont pas attendu pour s'installer dans ce lieu. Discutez, proposez, débattez pour décider de la suite. Béchez, jardinez, construisez, enfin tout ce que vous voulez pour créer un espace agréable à vivre, à regarder, à partager. Pensez à faire repas de quartiers, apéros, moments conviviaux...

Le plus circulaire

P Rue Jean Cristofol u M° Désiré2Clary ou Bus 49B Jardin des Hévéas

Surface 2 188 m Mêmes horaires que le Jardin de la Maternité.

_ L’avis de la rédaction : Interdit aux chiens mais présence de véritablesdéjections cannines, jeux pour enfants, sièges disposés en cirque : idéal pour toutes propositions publiques (slam, vente de 33 tours d’occaz, thé dansant - attention les graviers -, méchoui, débats citoyens, combats d’otaries costumées…), assez calme.

Cette proposition (?!?) concerne un terrain existant, au coin de la rue Bernard et de la rue Clovis Hughes. Pour le moment, l'étape 2 (celle avec le propriétaire) est en cours. Affaire à suivre... A bientôt pour des aventures jardinesques !!!

Le plus boulistique

P Angle de la rue Junot et de la rue Hoche u M° National ou Bus 42 2

Juliette Cheix, La Kuizin

Jardin Junot

Surface 560 m Ouvert jour et nuit.

_ L’avis de la rédaction : Assises de banc manquantes, vue dégagée sur la passerelle d’autoroute, assez bruyant donc, idéal pour boulistes (difficulté 0/10 sur l’échelle du bouliste = terrain plat), idéal comme canisette (nombreuses expérimentations en dépit du règlement), peu d’espaces verts horizontaux. Deuxième espace de l’autre côté de la rue (mêmes commentaires, plus petit, des assises).

Le plus bétonné (le plus grand aussi)

P Boulevard de Plombiéres u M° National2ou Bus 72

T

Jardin Lionel Rathery

entative d’épuisement d’un lieu à la manière de Georges Perec

Surface : 7 100 m Apparemment ouvert jour et nuit.

_ L’avis de la rédaction : Encerclé par l’A55 d’un côté et par l’une de ses bretelles

Date : 17 octobre 2005 Heure : 14h45 Lieu : place Cadenat, assisse sur un banc Temps : il y a du vent qui fait promener les ordures et le ciel est un peu nuageux. Il y a du soleil. Devant moi il y a plein de voitures garées, y’en a d’autres qui redémarrent. Derrière moi il y a des magasins et une pharmacie générale. À l’angle : un distributeur. Il y a plein de motos. Il y a des oiseaux qui ramassent des miettes par terre parce que c’est la place du marché. Puis passent les éboueurs qui nettoient le reste, les ordures du marché, et les oiseaux s’envolent. Un de ces messieurs crie très fort. Il dit à son collègue qu’il ne peut pas nettoyer parceque je le dérange. Atika

de l’autre, entrée par un tunnel peu avenant, grandes étendues de verdure impraticables (contrefort de la bretelle d’autoroute) et de bitume constellé de morceaux de verres étincelants, bancs avinés.

Le plus réhabilité

P Face au 250 boulevard National u M° National ou Bus 31, 32, 33, 34 Jardin National

(arrêt en face de l’entrée) Surface totale inconnue mais rectangulaire. Mêmes horaires que le jardin de la maternité.

_ L’avis de la rédaction : Très animé et ensoleillé à la sortie des écoles, pratique pour patienter si l’on doit prendre un bus, peu d’espaces verts verticaux, espace de jeux normalisé (tourniquet et tape-culs) mais « pour la sécurité de vos enfants, veuillez refermer le portail » précise ledit portail.

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C

ESPACES GRIS

onstruisez, il en restera toujours quelque chose

Les disponibilités foncières rendent la Belle de Mai très attractive pour nos amis promoteurs, investisseurs, pour les fonds d’investissement ou autres placements à haut rendement. Certes, Marseille a besoin de logements, certes le (fameux) marché de l’immobilier a rendu l’accès aux logements très difficile pour beaucoup, certes il faut se montrer accueillant, mais on a l’impression que nos décideurs municipaux remplissent les espaces sans se poser d’autres questions que remplir pour remplir. La moindre friche industrielle est traquée. Le moindre magasin fermé est muré, transformé en toute légalité. Le moindre espace peut être squatté en toute précarité légale. Jusqu’à quand va-t-on laisser le paysage de notre quartier se transformer au risque d’être défiguré ? Que restera-t-il de ce quartier où, chacun vous le dira, il faisait bon vivre ? L’espace partagé entre les logements (typiques, trois fenêtres sur rue), l’activité économique (zone de chalandise, industries, artisanats…), les services publics et l’espace public (trois places, un jardin…) constituaient l’attractivité de la Belle de Mai. La rue aussi se partageait. Le piéton, l’écolier, le jeune et l’ancien, la voiture (même la voiture), les transports en commun et les livreurs livrant avaient leur place. On gardait l’impression d’une urbanité harmonisée. À qui va-t-on faire croire que la solidarité entre quartiers doit permettre à chacun de se loger en toute qualité ? Demain, après que nos chers décideurs auront donné un avis favorable à toutes sortes de projets immobiliers, on va se retrouver esquichés comme des sardines. Comment va-t-on accueillir ces nouveaux habitants ? Pas le moindre projet de crèche, école, stade, centre social, bibliothèque, espace vert (au contraire, on les rétrécit…) etc., à se mettre sous la dent. Tout ça est réservé aux quartiers de la ville à (plus) haute valeur ajoutée. Les besoins sont ici, les ressources sont là bas. Pas de problème. Le grand équilibre est respecté. Bienvenue, gens d’ailleurs. Nos chers décideurs vous invitent à vous creuser la tête pour inscrire vos enfants à l’école ou au centre aéré, garer votre voiture, consommer, éliminer vos déchets, convivialiser*, circuler ou vous déplacer... Tout ce qui peut rendre la vie d’un quartier agréable pourrait devenir compliqué si personne ne se pose les bonnes questions et ni ne réfléchit à un développement intégré. Plan de réhabilitation de l’habitat ancien ? Au contraire, ils attendent que ça se dégrade plus vite pour remplir l’espace. Anticipation sur les besoins ? Quels besoins ?! Aménagements adaptés ? Si on commence à adapter les aménagements, où va-t-on ! Chacun va nous demander le sien. Si l’on n’y prend pas garde, notre paysage urbain va se transformer en horreur urbanistique. Pour vous faire une idée de ce que ça pourrait devenir, allez voir le boulevard Boues. On dirait un tunnel. Vous avez dit ensoleillement ? Faudra repasser. « Nul n’est propriétaire de la lumière, de l’espace ou de la vue sur. » (Pensée libérale souvent exprimée par nos libéraux de service).

Là-haut, où vous voyez ces maisons (ndlr en haut de la rue Clovis Hughes), c ’ était un maquignon qui gardait les vaches dans un pré qui rejoignait le couvent des soeurs cloîtrées où nous allions, e n f a n t s , n o u s a m u s e r. U n h a b i t a n t d u q u a r t i e r.

STOP ! Restons positifs, accueillants et chaleureux. Serge Pizzo

Photo ci-dessus : chantier en cours boulevard Bouès

* Néologisme qui a vu le jour en 2001 lors de la première Belle Fête de Mai.

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MICROPAYSAGES

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U

N E

R E C H E R C H E

L I B R E

L’homme influe sur son paysage en dessinant sur les murs depuis le paléolithique supérieur, vers 35000 avant Jésus-Christ. L’œuvre d’art est de nos jours parfois visible par tous quand elle est installée dans l’espace public, sur une place, dans un parc, dans une rue... D’autres formes artistiques appellées « art de rue, street art ou art de la rue » regroupent des pratiques très variées comme la performance, le théâtre de rue ou le graffiti. Ce qui nous intéresse ici c’est à la fois de repérer les traces que peuvent laisser dans le paysage urbain les interventions artistiques et les traces qu’elles laissent sur un bâtiment. Notamment les traces de l’art vivant, qui a priori sont réalisées pour être vues et ne laissent pas de traces physiques. Le territoire sur lequel nous avons expérimenté cette recherche est la Friche la Belle de Mai, parce que d’une part la densité d’artistes dans ce lieu est importante, d’autre part, il détient une grande quantité de traces de ce type. Une tribu d’artistes génère un afflux de visiteurs et de publics divers, dont nous avons également souhaité étudier la présence. Les empreintes de ces populations se mêlent à celles des créateurs pour nous donner parfois des clés de compréhension, notamment sur les usages et les espaces communs de ces différents groupes. Une première mission a été menée par deux photographes et une archéologue durant 15 jours répartis entre 2005 et 2006. Le Cabaret Aléatoire a été plus particulièrement investi. Cet espace a connu plusieurs fonctions depuis la fermeture de l’usine de la Séita et les traces que portent ses murs en témoignent. Conscients que ce lieu à l’image du quartier est en train de muter, nous nous sommes alors sentis investis d’une mission de sauvegarde, à l’image des fouilles d’urgence dans les chan-

LA

Berthe était déjà venue deux fois à l’atelier pour se rendre compte par elle-même des possibilités du « Tuning » ; la deuxième fois, elle décida de revenir une troisième fois… avec un meuble… mais lequel ? Elle hésitait entre sa table ronde du salon, trop encombrante (dans son salon), et un couple de placards de cuisine, que lui avait donné un bon ami, dont elle ne savait pas quoi faire. De toutes les façons, la camionnette était indispensable, que ce soit pour le transport de l’une ou des autres, donc nous voici chez Berthe en camionnette et en ascenseur. Elle habitait au quatorzième étage d’une tour comme on en fait plus : imposante et majestueuse au milieu d’autres tours imposantes et majestueuses, à l’exception faite que la sienne bénéficiait d’une vue splendidement dégagée sur la montagne de l’Étoile. Lontemps indécise entre ses placards et sa table le choix de Berthe se porta finalement sur le surprenant compromis qui consistait à prendre les placards pour en faire une table… Cette idée nous laissa tous sur place comme cela se passait lorsque Van Imp décidait d’attaquer sur les côtes Pyrénéennes, laissant derrière lui un peloton

D E S

T R A C E S

tiers urbains ou lors des grands travaux. La nostalgie et une politique de conservation in situ est absente de ce travail, le projet étant de dresser un état des lieux. L’art vivant laisse peu de vestiges sur les murs, le décor est démonté à l’issue du spectacle, et entreposé à distance du lieu où la pièce a été jouée. Cependant, un regard attentif peut reconnaî-

tre par ci par là, notamment quand le lieu dans lequel le spectacle est donné n’est pas conçu pour lui, quelques traces de couleur qui dénotent avec le gris du ciment ambiant. Ce sont souvent des poteaux noirs qui nous permettent de reconnaître l’espace de jeu, la fameuse « boite noire » caractéristique des salles de spectacles… Un gros trou rond, qui a pu recevoir une soufflerie (un gros chauffage) nous rappelle également qu’on a dû jouer en hiver un spectacle dans des espaces incongrus, par exemple une passerelle. Sur un parking des trous de poteaux dans le bitume rappellent le passage d’un cirque… Il n’est pas rare qu’un comédien soit aussi peintre : plusieurs fresques témoignent de la présence d’une certaine compagnie italienne qui a décoré l’espace d’accueil de son spectacle. D’autres contextes font qu’on peint parfois sur les murs une reproduction de la grotte de Lascaux dans le cadre d’un spectacle qui parle des mammouths et de leur mémoire… Un technicien laisse sur un morceau de scotch, une antisèche incompréhensible à qui ne connaît pas le métier. Ailleurs une line up (ndt. déroulé) de soirée est écrit à la craie. La même salle dont l’usage évolue reçoit l’ensemble de ces témoignages, décalés dans le temps et superposés sur les murs. Outre les traces techniques, le public manifeste aussi sa présence. Des petits mots, des autocollants promotionnels ou artistiques pullulent… La Friche la Belle de Mai est à plu-

TABLE - PLACARD DU BALCON DE

David avait prêté sa camionnette japonaise à Guy pour qu’accompagné de Jérôme et Nicolas, ils aillent chercher, chez Berthe, son meuble.

S U R

B ERTHE MENDI

ET

hébété… Berthe précisa toutefois que cette table sera destinée à être sur son balcon afin de pouvoir profiter de la vue autour d’un bon repas et en bonne compagnie. Reprenant petit à petit nos esprit nous réagîmes en prenant les mesures qui s’imposaient : il fallait que cette future table n’encombrât pas démesurément le balcon qui n’avait une profondeur que d’environ1 mètre 60 et une largeur d’à peu près trois mètres ; il fallait aussi mesurer une petite margelle, à la base du garde-fou pour que le meuble à venir s’ajuste parfaitement. De plus, Il y avait une sorte de contrefort au milieu de ce garde-fou qu’il fallait prendre en compte car il empiétait sur la surface du balcon. Nous avions bien calculé tout ce qui pouvait avoir une incidence sur la réalisation de ce meuble et noté cela sur un petit bout de papier. Nous prîmes alors les placards puis le chemin du retour, toujours en compagnie de notre nouvelle et très sympathique tuneuse. Arrivés à l’atelier, avec appétit, nous posâmes les meubles et rapidement ébauchâmes les premiers plans de la “table à manger dehors” puis, nous avons mangé aussi car il était midi… Le corps de la table serait en fait, fait d’un des placards même ; il serait posé par terre, sur des pieds de lit assez hauts pour que ceux des éventuels convives puissent ne pas rencontrer d’obstacle, et aussi permettre au plateau de la table de n’être pas trop bas… Le plateau de la

C O N T E M P O R A I N E S

sieurs titres un espace propice aux graffitis. Rappellons que friches et terrains vagues sont l’un des terrains de prédilections des graffeurs. Par ailleurs la programmation du site, les espaces dans lesquels on pratique des disciplines autour des cultures urbaines ramènent un public qui fait du graffiti. Il s’agit sans aucun doute d’une question de génération et de publics : sur 65 faits répertoriés dans le Cabaret Aléatoire près de 28 d’entre eux sont des tags. Les tags, signatures cousines du graffiti peuvent être, comme les graffitis, des œuvres d’arts ou des gribouillis sans intérêt. Le tagueur est souvent compulsif, comme en témoignent la rue Guibal ces jours-ci. Notre environnement urbain est saturé d’images, d’affiches publicitaires et ... de graffitis ! Il est parfois difficile de distinguer ce qui mérite d’être regardé. Il est des traces apparentes et des traces plus discrètes, presque imperceptibles, à regarder longtemps, à apprendre à voir. Dans notre quartier, souvenons nous de la contestation contre les crottes de chien, une performance où toutes les crottes de chien d’un itinéraire choisi ont été entourées à la bombe de peinture verte ou orange fluo. Aujourd’hui

ne restent plus de cette aventure de trottoir que les négatifs des crottes et un chien bombé presque effacé. Les interventions artistiques, officielles, spontanées, de l’art urbain mettent la ville en couleur au-delà d’un simple désir de détériorer. Nos parcours dans la ville peuvent être ludiques et moins solitaires quand nous sommes familiers des créatures, des jeux visuels, de l’humour et des signatures qui peuplent les murs que l’on longe…si tant est que l’on s’attarde à les observer ! Céline Porro (à partir d’un projet de création sonore d’Aline Soler)

L E S AT E L I E R S PA S P E R D U S table serait pliant (en deux parties)… La table aurait en gros, deux positions : une première en position « table » ou le plateau déplié à l’aide d’une charnière piano se reposerait sur les deux portes du placard préalablement entre ouvertes, de telles façons que le plateau fût bien supporté et que les jambes des hôtes assis autour, ne fussent pas incommodées… Et puis une deuxième position “table repliée” ou le plateau serait replié sur le dessus du placard, les portes étant refermées, prêt à accueillir un pot de fleur, ou autre chose. Le placard, dans les deux positions pourrait servir de placard. Berthe et Guy, quant à eux discutaient beaucoup sur les matériaux et couleurs qui allaient revêtir le meuble. David et Jérôme s’attelèrent à la réalisation de la partie de la table qui devait se plier : ils dessinèrent à l’aide d’un compas et de règles de géométrie précises une forme de table qui, tout en restant harmonieuse, offrait la possibilité à pas moins de quatre adultes de venir se réunir autour de ce plateau sans s’esquicher de trop. Nicolas après avoir nettoyé le placard choisi, s’occupa à le tailler aux mesures décidées. Il fallut fixer la charnière piano et s’apercevoir qu’il fallait adjoindre au système une baguette de même épaisseur entre les deux battants de la table pliante pour que la charnière piano ne travaille pas trop : il fallut donc deux charnières piano. Les revêtements et leurs couleurs furent choisis à l’unanimité ou presque. Il est à noter que nous avions égaré le bout


HISTOIRES ON

LAISSE

ÉCHAPPER

UN

“ WAO U H H ”

S T U P É FA I T

Historiquement lié au quartier Bellede-Mai/Saint-Mauront, le Comptoir étend sa généalogie jusqu’au milieu du 19ème siècle. D’abord il y eut

Bourguet, le propriétaire actuel. Après une période de friche d’une dizaine d’années, les locaux ont été progressivement loués à des PME,

l’usine d’allumettes dès 1860, avec la construction d’un premier site par la Manufacture Caussemille Jeunes & Cie . L’activité étant en pleine croissance à cette époque, nombreux furent les ouvriers locaux qui y ont travaillé. Devenus manufacture d’état, les bâtiments sont rachetés en 1910 par la Maison Planchon & Cie pour devenir un comptoir à épices. Après de nouveaux travaux, le bâtiment a désormais une configuration proche de celle d’aujourd’hui. Là encore, l’activité a été florissante jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale avec le conditionnement d’épices à destination des quatre coins de la planète. C’est dans les années cinquante que l’activité se ralentit puis cesse définitivement en 1968. L’ensemble des locaux est converti en SCI et détenu par Planchon &

principalement au rez-de-chaussée. Ce n’est qu’au début des années 1990 que s’installent de façon précaire quelques artistes. J’en faisais partie ! Jeune comédien, fraîchement sorti du conservatoire, je travaillais pour une compagnie de spectacle jeune public dans un local désaffecté qui servit de champignonnière pendant la guerre. Cela ne m’a pas empêché de tomber amoureux du site et du quartier. Le Comptoir Toussaint Victorine fait partie de ces belles surprises que vous réserve Marseille au détour d’une rue peu fréquentée. On laisse volontiers échapper un « Wouahhh » stupéfait en pénétrant dans la cour pavée face à la « bicoque » de la propriétaire, vestige de l’architecture paternaliste des sites industriels du siècle dernier. C’est avec le boom de l’immobilier début 2000

L ’ E S PAC E

EST

DE

VIE

de papier sur lequel nous avions pris les précieuses mesures : nous travaillions donc « au souvenir », ce qui, nous le reconnaissons tous, n’est pas très professionnel mais beaucoup plus beau car, c’est bien connu : le souvenir embellit les choses. Nicolas se chargea de coller les différents revêtements sur le meuble : un lino à damier noir et gris pour les cotés et une nappe « aux oranges » pour le revers de la table (il s’y prit à deux fois pour la nappe, car la colle néoprène avait tendance à faire fondre le plastique de la nappe : donc, on agrafa). Le reste des surfaces sera peint d’un beau vert. Le meuble était quasiment fini. On décida de peindre les pieds en gris pour finir, car ça faisait plus joli et Jérôme fignola l’aspect final en fabriquant rapidement un dessous-de-plat « aux oranges » qui servait aussi de cale pour que le revers de la table soit horizontal quand elle était repliée. Il suffisait, maintenant de ramener la table chez Berthe : Nicolas et Jérôme s’y employèrent ; ils durent revenir une fois à l’atelier avec le meuble car un souvenir de mesure, même beau,

L’ E X P R E S S I O N

n’est pas nécessairement juste la deuxième fois, il s’avéra qu’il fallait encore ajuster la chose mais l’ajustement se fit sur place avec l’aide d’une micro scie d’origine américaine. La félicité fut bientôt à son apogée quand, la table fixée au balcon, nos trois prota-

EN

PÉNÉTRANT

que les choses vont s’accélérer. Côté propriétaire, la fiscalité foncière est forte, le bâtiment vétuste et les moyens réduits. Côté locataires, de nombreuses structures culturelles cherchent de grands espaces à bas prix, quitte à mettre la main à la pâte (ou à la poche, c’est selon). Tout le monde y trouve son compte, le propriétaire augmente ses rentrées locatives sans travaux et les artistes trouvent un toit pouvant héberger leur créativité. Le site revit, de nouvelles relations se tissent dans le quartier à l’ombre de la grande friche de la Belle-de-Mai. Ici, pas de grands projets politiques et économiques, pas de « grand pôle d’excellence culturelle ». Tout ici est impromptu, éclectique. Les rencontres entre voisins, les projets avec le quartier. Les coups de gueule ou les cafés partagés se succèdent dans la plus douce anarchie. La vrai vie de la Belle-de-mai, quoi!

En 2006, les appétits immobiliers ont vraiment failli avoir raison de cette belle aventure. C’était sans compter sur une mobilisation aussi rapide qu’importante. Déjà abandonné par la puissance publique, il était hors de question que le quartier laisse disparaître les quelques espaces de vie ou d’activités culturelles et commerciales. Devant cette levée de boucliers

DU

LANGAGE

Le Tuning d’Appartement est un processus de rencontre et de réalisation entre artistes et habitants du quartier

LA

COUR

inattendue (et un calendrier favorable), le Comptoir Toussaint Victorine ouvre une nouvelle page de son histoire après l’annonce du rachat du site par la ville. Bien sûr, ce rachat ne résout pas tous les problèmes. Comment pérenniser l’activité des structures existantes? Réaliser des travaux nombreux et coûteux ? Faut-il réorganiser le site ? Accueillir de nouveaux résidents ? Lesquels ? Sur quels critères ? Quelles relations nouer avec le quartier ?

Toutes ces questions, il va falloir se les poser ensemble et défendre ensemble un projet qui garantisse à la fois l’existant et le devenir, un projet qui se nourrisse d’ailleurs tout en se préoccupant d’ici. Mais je me disperse, j’en oubliais presque le thème du journal, le paysage local. J’aurais peut-être dû commencer par là : pour moi, le patrimoine de la Belle-de-Mai est avant tout relationnel, la pierre n’en est que la mémoire. Sam KHEBIZI Directeur des Têtes de l’Art et Président de l’union des résidents du Comptoir Toussaint Victorine

SENSIBLE

gonistes du jour trinquèrent à la santé des absents et profitèrent de la vue, ravis et désaltérés.

DANS

DE

CHACUN

Saint Mauront/ Belle de Mai dans le 3ème arrondissement de Marseille, autour d’une pratique créative de l’aménagement de l’espace de vie en tant qu’espace poétique. Ce projet participe à sa manière à la rénovation de l’habitat et du cadre de vie, par la remise en question des habitudes, la prise en main de l’environnement. Il induit une valorisation de la personne parce que visant l’expression et le développement de la créativité dans une relation étroite au domaine du fonctionnel. Il donne l’opportunité à des habitants parfois démunis ou marginalisés de participer eux aussi à « l’organisation de la forme » qui ne doit pas revenir qu’aux artistes professionnels. Les Pas Perdus Voir aussi : Les Visites Guidées / Les renseignements très pratiques, page 11.

Photo : la vue sans vis-à-vis de chez Berthe Mendi

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Q

PAROLES DU QUARTIER

ua n d i l y a b e a u c o u p d e s o l e i l , l a B e l l e d e Ma i e s t b e l l e (Léo)

En cette belle journée, j’ouvre grand mes fenêtres. Comme à chaque fois, je me penche pour embrasser la totalité de la vue qui s’offre à moi. La rue Bernard me sourit de toutes ses façades colorées qui rivalisent avec les toitures recouvertes de tuiles rondes qui chatoient sous la caresse du soleil pâle. Sur le pas de sa boutique, le boulanger interpelle la fleuriste qui installe ses lourds pots de métal remplis de fleurs multicolores. Plus loin, la Cantine Associative s’est agrandie. On peut maintenant déjeuner sous la nouvelle tonnelle de vigne vierge si rafraîchissante. Ils organisent souvent des dîners -spectacles avec le théâtre d’en face. J’aperçois les feuillages vert tendre du square à l’angle de la rue Bernard et de la rue Clovis Hugues. Cela me fait penser que la semaine prochaine, il y aura une guinguette. Une fois par mois, l’union des commerçants et des habitants de la rue Bernard en organise une. Le tout avec guirlandes d’ampoules, tables et chaises en plastique et canisse devant le bar, comme au temps jadis. Les cris des enfants dans l’école primaire d’à côté attirent mon regard. Ils courent à perdre haleine derrière les grilles de l’ancien transfo EDF de la rue Jobin. Sans voir la cour du groupe scolaire Cadenat, qui réunit aujourd’hui la maternelle et la crèche, j’imagine les mêmes courses effrénées. Tiens, le tramway s’en va. J’entends le signal significatif qui rythme les journées, en concurrence avec la cloche du monastère de la rue Levat. Il fait son demitour à la place de l’ancienne station-service de la rue

Jobin., face à l’annexe de la bibliothèque qui a été inaugurée dernièrement à l’angle de la rue François Simon. Les collégiens en tenue de sport qui traversent me rappellent que mes filles iront au stade de la Friche demain comme eux. J’irai cet après-midi leur acheter des nouvelles tennis à la rue Belle de Mai. Quel plaisir de se balader dans cette rue piétonne avec tous les commerces qui sont revenus s’y installer. L’air est tiède aujourd’hui. Bientôt l’été reviendra et avec lui les jeux d’eau du jardin de la Maternité installés depuis l’extension du jardin. Il faudrait que je passe à la piscine de la caserne pour connaître les horaires d’ouverture au public, quelques brasses par semaine me feraient un bien fou. Mes filles adorent y aller. Mais ce qu’elles préfèrent, c’est aller pendant les vacances au centre aéré « La Bicoque » de la rue Toussaint pour participer aux ateliers de danse, d’arts plastiques, de vidéo et de théâtre. Il est même question qu’une compagnie de cirque s’y installe prochainement. Régulièrement j’en profite pour faire quelques courses à la Coopérative Bio et en attendant la sortie du centre aéré, je m’installe au salon de thé littéraire pour feuilleter quelques bouquins en sirotant un verre. Je referme mes fenêtres et je me dis dans un soupir satisfait qu’ils doivent bien s’ennuyer à Mazargues finalement. RAO

Je pense qu’il manque beaucoup de choses comme un parc de distraction et de nature. Lidia


B

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La Belle de Mai est comme un village qui change à travers les âges. Léo

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Il va passer le tramway ? Mais, le tramway, il y était à l’époque. Il passait rue Dr Léon Perrin et rue Belle de Mai. Je l’ai connu quand j’étais minot. Je cavalais derrière et je chalais dessus. Un habitant du quartier

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RÉPONSES : A. Angle des rues Fortuné Jourdan et Bonnaldel / B1 et B2. Reverbères place Cadenat / C. école (?) / D. Poubelles devant le supermarché Champion / E. Maison rose à l’angle du bd Boyer et de la rue d’Orange / F. Carrefour des rues Loubon et Barbini (si vous regardez bien, la publicité peinte est encore visible) / G. Entrée du parc Lionel Rathéry sur le bd de Plombières (cf page 2) / H. EDF rue Jobin / I. Détail de monument (?) sur la place Cadenat / J Église Saint Charles place Caffo / K. Mammouths pochés Friche la Belle de Mai / L. Poussettes garées à l’ancienne station service Shell rue Jobin / M. Jardins en terrasse à côté du pont ferroviaire rue Loubon.

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PHIES DANS LE CES PHOTOGRAONT ÉTÉ PRISES RETROUVER OÙ BOUCHÉES

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a page de jeux à partir des photos de RAO et d’autres parce que nous avons trouvé le principe sympa


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enseignements et informations très pratiques EXTRA-TERRESTRE Mars attaque !

Iluona Mamarema, la grande diva martienne, est de passage à la Belle de Mai le mercredi 14 mars 2007 à l’occasion du Carnaval. Entourée par ses milliers de petits fans verts, elle déambulera dans les rues du haut de ses 4m50 en chantant à tue-tête des airs endiablés d’opéra. Sa présence, imprévue, est due à une panne de navigateur. Son voyage initial était prévu à Pékin alors profitons de cet évènement pour lutter contre l’exclusion des petits verts et partager avec le peuple martien la fraternité et l’amitié. Il suffit juste de vous vêtir pour l’occasion d’un costume traditionnel de martien. Venez écouter “ le son de Mars ” et goûter à de fameux cocktails. Rendez-vous le 14 mars 2007 à 14h pour partager cet inoubliable et interplanétaire moment avec tout le quartier ! Départ et arrivée place Cadenat via les rues Schiaffini et Belle de Mai, le bd Boyer et la rue d’Orange.

vous présenteront. Ces meubles, initialement voués à disparaître, sont re-fabriqués à partir d’objets, matériaux et mobilier mis au rebut et recyclés. Ils acquièrent un autre sens esthétique et de nouvelles fonctionnalités, totalement repensées, trouvant un usage assumé et pertinent dans la vie quotidienne de leur propriétaire. Deux week-ends exceptionnels en mars : - le 16 à 16h, les 17 et 18 à 10h et 16h - le 23 à 16h, les 24 et 25 à 10h et à 16h Visite/conférence de presse : - vendredi 16 mars à 11h Contact presse/renseignements/photos : Dorine Julien au 06 14 204 103 Les Pas Perdus, Le Comptoir de la Victorine - 10 rue Sainte Victorine 13003 Marseille Tel & Fax: 04 91 50 07 38

WANTED

Les chorégraphes et danseurs Heni Varga et Dénes Debrei poursuivent un parcours d’interprètes, danseurs et comédiens, notamment auprès de Josef Nadj depuis 1989.

BABEL WEB L’édition numérique

Nous avions oublié de le dire dans les anciennes parutions : Babel de Mai est librement téléchargeable sur le site internet des Bancs Publics au format pdf. Vous trouverez aussi dans la rubrique Babel de Mai, l’appel à participation pour le prochain numéro et les derniers numéros en ligne http://lesbancspublics.com.

Imagerie de la Belle de Mai Compagnie La Rumeur - 69 rue Jean Cristofol 13003 Marseille Tel: 04 91 84 31 68 Cel: 06 68 51 44 55

APPEL À IDÉE Grand jeu-concours Lancée par le Comité d’Intérêt du Quartier la Belle de Mai en partenariat avec Babel de Mai, la question est la suivante : comment s’appellent les habitants de la Belle de Mai ? Faites votre proposition au 04 91 64 6000 en laissant un message sur le répondeur des Bancs Publics, adressez-nous un courriel à bancspublics@free.fr ou écrivez-nous aux Bancs Publics, lieu d’expérimentations culturelles, 3 rue Bonhomme 13003 Marseille. Le gagnant aura droit à avoir eu la bonne idée.

VISITES GUIDÉES Viens chez moi, j'ai un nouveau meuble Visites au cœur du quartier Saint Mauront/Belle de Mai. Cette fois-ci, nous vous proposons des « circuits meublés » dans la ville, à pied ou motorisés, pour aller d’un logement à l’autre. Vous serez accueillis à l’occasion de ces visites dans les appartements chaque fois de manière singulière afin de découvrir les meubles dans leur milieu naturel. Quinze habitants, principalement des femmes, ont pris le temps, ont partagé, avec les artistes GuyAndré Lagesse, Nicolas Barthélemy, Jérôme Rigaut et Les Ateliers Pas Perdus, la transformation de meubles aujourd'hui « certifiés en forme » et qu'ils

Marie-France Vollaro archive les anciennes photographies du quartier et recherche les clichés oubliés du tramway, de la maternité, des rues, des écoles. A vos tiroirs ! Pour plus d’information, vous pouvez appeller Marie-France au 06 99 56 13 60

INVITATION Modifications à effectuer Le site Wikipedia propose du développement de la Belle de Mai une représentation objectivement fausse sur plusieurs points. Qui s’y colle pour corriger (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marseille) ?

À VOIR Re-création Five for Two, pièce chorégraphique de Heni Varga et Dénes Debrei, est présentée le mardi 20 et le mercredi 21 mars à 20h30 aux Bancs Publics. Elle s’appuie sur un instant, le point d’orgue d’une rencontre, celle entre l’écrivain Janos Pilinsky et la comédienne Sheryl Sutton. Cet instantané, celui où Sheryl Sutton se lève de sa chaise - scène culte du spectacle Einstein on the Beach de Robert Wilson -, constitue le point de départ. Magiques, Heni Varga et Dénes Debrei développent un moment chorégraphique qui se délie à travers le temps, l’espace et questionne la force incongrue de l’art dans notre rapport au réel ou à l’illusion. Se jouent alors des tensions et des respirations qui lient les danseurs aux spectateurs, sur un leitmotiv musical composé par de Akosh et Laurent Rochelle.

BELLE FÊTE DE MAI Un quartier dans ses rues La 7ème édition de la fête du quartier a lieu cette année les 10, 11 et 12 mai. Plus d’une trentaine d’associations sociales et cultrelles se mobilisent autour des Solidarités, accent de ces journées. Tout un programme d’activités s’élaborent à l’attention des habitants autour des lieux phares de la Belle de Mai. Les anciens pourront se retrouver autour d’un thé dansant le jeudi après-midi. Les festivités continueront le vendredi soir place Caffo à l’occasion du repas de quartier suivies d’un concert avec le TK. Quartet et la Compagnie des Musiques à Ouïr. La Belle fête de Mai sera clôturée par Dgiz et la formation Marseile Cosmopolite. Gens d’ici et d’ailleurs, on vous attend. Programmation en cours, restez aux aguets.

BON PLAN J'ai un bel immeuble Gd promoteur immo. ch terrain Belle Mai à partir 1 m2 pr constr. rés. gd standing, clim, garage sécu, dplx, terrasse, jard., piscine, golf, billard, resto, disco, prox. comod. & gare. Hab. Belle Mai ch emplacemt calme, dégagé, verdure, piéton, pour promenade quartier dimanche & soirée avec autres hab.

BABEL DE MAI N°8 Rédacteur en chef Guillaume Quiquerez Maquette Guillaume Quiquerez et Blandine Cordellier Ont contribué de près ou de loin à ce numéro Juliette Cheix (La KuiZin), Blandine Cordellier (Les Bancs Publics), Renée-Andrée Orabona (habitante RAO de la Belle de Mai), Benoît Paqueteau (Les Bancs Publics), Paola Kretzschmar (Stagiaire aux Bancs Publics), Céline Porro (Système Friche Théâtre), Julie Deperraz (Professeur de l’École Primaire Bernard Cadenat), Tara Napolitano (Élève en CM1B à l’École Primaire Bernard Cadenat), Sara Hug (MPT), Léo, Atika et Lidia (participants à l’atelier d’écriture de la MPT), Serge Pizzo (CIQ Belle de Mai), Sam Khebizi (Les Têtes de l’Art/Union des résidents du Comptoir Toussaint Victorine), Dorine Julien (Les Pas Perdus), Guy-André Lagessse (Les Pas Perdus), Julie Kretzschmar (Les Bancs Publics), Guillaume Quiquerez (Les Bancs Publics), Marie France Vollaro et la dizaine d’habitants du quartier qui ont été interrogé lors de notre micro-trottoir. Crédits photographiques Couverture Blandine Cordellier / p.2 Parcs et jardins Benoît Paqueteau, Terrain vague Blandine Cordellier / p.3 Blandine Cordellier / p.4 Traces Christophe Nivaggioli et Sarah Claudon / p.5 Photo d’archives du Comptoir Toussaint Victorine, De chez Berthe Les Pas Perdus / p.6 et p.7 Photomontage www.zonedombre.org et Blandine Cordellier / p.8 Dessin Tara Napolitano / p.9 Photo d’archive Marie-France Vollaro / p. 10 Renée Orabona, Christophe Nivaggiol, Marie-France Vollaro et Benoît Paqueteau / 4ème de couverture Blandine Cordellier.

Le prochain numéro de Babel de Mai aura pour thème : UN QUARTIER DERRIÈRE SES ÉCRANS. Il sera question de télévision, de cinéma, d’informatique et d’écran total. Toutes les personnes intéressées (pour y apporter témoignages, idées, propositions d’articles, photographies, frustrations, initiatives...) peuvent contacter les Bancs Publics au 04 91 64 6000 ou en écrivant à bancspublics@free.fr Babel de mai reçoit le soutien de la Politique de la Ville (Saint-Mauront/Belle de Mai). Impression : Panorama Offset

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moi, je croyais que les paysages, c’Êtaient les forêts, les montagnes, les dunes, les rochers, la verdure, les lacs, l e s s o u rc e s, l e s fontaines... Atika

Babel de Mai 8  
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