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BABEL DE MAI journal à parution quasi trimestrielle sur la vie à la Belle de Mai et ailleurs

NUMÉRO 12 JUIN 2008

L’ODYSSÉE DES COLLÉGIENS Les élèves du collège Belle de Mai sont, pour l’essentiel, les auteurs de ce numéro 12. Ce dernier est en effet le fruit d’un atelier artistique mené auprès de différentes classes à partir de l’Odyssée. Lire ce long récit fondateur des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, c’est suivre Ulysse, premier héros des séries modernes, dans ses homériques aventures : plus rusé que Tintin, plus fier qu’Astérix, plus téméraire que Martine, notre aventurier s’est rendu le premier au pays de l’or noir, chez les fous, et très souvent à la plage - avant de rentrer heureux et de vivre entre ses parents le reste de son âge. Ainsi, l’Odyssée n’est pas avare dans la description des îles où Ulysse accosta, des terres qu’il foula, des peuples qu’il rencontra. Dès lors, il est presque surprenant de n’y trouver aucune référence à Marseille. Notre parti a été de revenir, avec les collégiens, sur cette omission, en considérant que la narration d’Homère était inachevée, et en imaginant que l’histoire d’Ulysse pouvait être rattachée à celle de la Belle de Mai. Imagination à peu près raisonnable, au demeurant, si l’on s’en tient à l’ignorance épaisse dans laquelle nous sommes à propos de l’identité de l’auteur. Est-il unique ? Était-il vraiment aveugle ? Était-ce un homme, ou une femme sicilienne du VIIème siècle ? Quand on en sait si peu sur un auteur, ne peut-on loyalement douter de la précision de ses écrits et s’aventurer à les compléter ?

Plus précisément, deux angles d’attaque ont été proposés. Aux plus jeunes de ceux avec qui nous avons travaillé, c’est-à-dire aux élèves de Sixième et aux Élèves Nouvellement Arrivés en France (ENAF), nous avons certifié non seulement qu’Ulysse existe (exista), mais encore qu’il est effectivement passé par la Belle de Mai. Ce détour du côté du chez nous, ces heureux candidats à la crédulité l’ont tenu pour un fait indubitable. Les enfants qu’ils sont encore, avec le plus grand sérieux du monde, se sont dès lors attachés à élaborer une reconstitution objective. Rien n’étant trop gros, un support visuel à la fois complexifia et servit notre cause : la photographie d’un chat nommé Ulysse, extraite de Google, et présentée aux deux classes. Internet, qui dit toute la vérité et rien que la vérité, d’abord leur administra la preuve qu’Ulysse avait existé, ensuite les informa de sa transformation en chat. Restait à articuler, autour de cette photographie, une histoire. En fait, deux versions sont ici proposées. Parcourant ces petits récits, accouchés dans l’effort de maniement d’une langue française souvent étrangère, le lecteur attentif saura lire entre les lignes, là où s’emmêlent réalité supposée et réalité vécue. Dans l’un des textes publiés ici, on apprend incidemment qu’Ulysse, au départ de Marseille, doit passer la douane pour se rendre à Ithaque. Détail sensible, concret, vraisemblablement autobiographique...

Aux élèves de Troisième, une autre perche a alors été tendue : nous leur avons demandé de rattacher certains épisodes de l’Odyssée à leur environnement géographique et culturel immédiat. Aussi leur avons-nous posé des questions, après avoir mis l’accent sur certains traits saillants du texte original. Qu’est-ce serait un héros aujourd’hui ? Comment se comporterait-il ? Que ferait-il ? Qu’est-ce qu’une tentation ? Une attente ? Un danger ? Une monstruosité ? Une épreuve ? … Et comment illustrer tout cela en maniant des images familières, piochées dans le quotidien du quartier ou des média ? Et que dire de ce rapprochement inattendu ? C’est ainsi qu’Ulysse devient Johnnny, que la grotte du Cyclope est transposée à l’entrée du supermarché Champion, que l’insoutenable tentation du chant des sirènes devient celle d’un distributeur de billets de la place Bernard Cadenat ou d’une vitrine de boulangerie… Iconographie d’un quotidien adolescent, à la fois anecdotique et signifiant, expressions des petites épopées quotidiennes d’une génération presque adulte. Expressions éminemment morales, contrairement à ce que beaucoup à tort redoutent, où s’expriment sans ambiguïté justice, solidarité et règles. Mais expressions inquiétantes aussi, où la pauvre imagerie médiatique constitue le lieu de déploiement difficilement contournable de l’imaginaire. Au final, par petites touches, c’est à mieux approcher ces collégiens et à s’interroger sur leur rapport au monde que cette modeste livraison de Babel invite. Une porte entrebâillée sur l’Odyssée intime de ces jeunes humains aux milles ruses. Guillaume Quiquerez

Édito


(S)OMMAIRE Carte et éditorial Sommaire et mathématiques Ulysse à la Belle de Mai (la version des 6ème) Qu’est-ce qu’un héros aujourd’hui ? L’Odyssée revisitée par les élèves de 3ème Ulysse à la Belle de Mai (la version des élèves nouvellement arrivés en France) 10 ans au Collège et 10 consignes à faire respecter Problème de vue

page 1 page 2 pages 3, 4 et 5 page 6 pages 7, 8 et 9 page 10 page 11 page 12

Ce qui peut se compter dans l’Odyssée : Les compagnons d’Ulysse, les yeux, les pieds, les pattes, les dents du trident de Poséidon, les flèches. Ce qui ne peut pas se compter : Tous les poissons de la mer, toutes les crevettes, tous les crabes, tous les calamars, l’eau de la mer, la force d’Hermès. Ce qui peut se mesurer : Le poids de la poudre magique qu’Hermès verse dans le bol d’eau qui sera bu par Ulysse transformé en chat place Cadenat, la quantité de vin qu’Ulysse fait boire au cyclope, la taille du cyclope.

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IL Y A PLUS DE DEUX MILLE SEPT CENTS ANNÉES, ULYSSE TRAVERSA LA PLACE BERNARD CADENAT. Malgré 12109 hexamètres dactyliques répartis en 24 chants, Homère ne trouve pas une seule occasion pour relater le pourtant authentique passage d’Ulysse à Massalia en général, et à la Belle de Mai en particulier. Cet oubli fâcheux, cette faute lourde, il revient à Babel de Mai de l’avoir enfin réparée, en chargeant deux classes du collège

Belle de Mai de mener une enquête historique, précise et référencée, illustrée par une iconographie originale. Hélas, les deux reconstructions historiques en notre possession tendent parfois à diverger. Nous laissons à notre lectorat le soin de trancher.

Ulysse à la Belle de Mai (1) La version des élèves de Sixième

Ulysse naviguait tranquillement sur son bateau et patatras, il rencontre une baleine qui le fait chavirer. Ulysse n’est pas très attentif, il a donc un terrible accident. La baleine dévore tous les hommes sauf Ulysse qui, s’aidant des débris du bateau, parvient à rejoindre le rivage. Ulysse arrive donc trempé sur le Vieux Port, à Marseille. Là, il cherche un endroit pour se sécher et se mettre à l’abri.

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Il marche un peu. Et il rencontre une jeune fille, d’environ trente ans, qui lui tient ce propos : « viens chez moi, je te donnerai quelque chose à manger ». Il la suit dans une petite maison de la Belle de Mai. Elle le laisse un instant pour aller lui réchauffer une soupe dans la cuisine. En réalité, cette femme est Circé qui prépare un méchant breuvage. Ulysse va le boire et être transformé en chat. Circé aime Ulysse et, pour l’avoir pour elle seule, l’a transformé en animal domestique. Mais Ulysse-chat s’échappe par la fenêtre. De nombreux dangers le menacent. Un chien lui court derrière. Une voiture manque de peu de le renverser. Sur la place Bernard Cadenat, Ulysse-chat est affamé. Soudain, se promenant à proximité d’une poubelle, il sent une odeur de poisson. C’est le poissonnier qui a jeté ses poissons invendus. Le chat s’élance et saute dans la poubelle. Malheureusement pour lui, peu de temps après, des éboueurs passent et vident la poubelle dans le camion. Ulysse-chat est dans le noir, au milieu des détritus. Il se retrouve quelque temps après dans une décharge, non loin d’un gros chien de garde. Mais le gar-

dien est bienveillant. Ce gardien n’est autre qu’Hermès, qu’Ulysse-chat reconnaît. Il lui saute alors dans les bras, en miaulant, c’est-à-dire en le suppliant de mettre fin à son sortilège. Le gardien lui donne une boisson et lui explique qu’il est nécessaire que Circé la sorcière lui caresse la tête pour qu’il reprenne ses apparences normales. Ulysse retourne donc à la Belle de Mai et revient, par la fenêtre, dans la maison de Circé. « Ah mon minou ! » s’écrie


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Peu de temps après, Circé explique à Ulysse pourquoi elle l’a transformé : « Je t’aime, je veux que tu restes avec moi parce que tu es le plus fort. » Mais Ulysse lui répond « J’ai déjà une femme et un enfant qui m’attendent » (il pense très fort à Pénélope et Télémaque). Ulysse est décidé à s’en aller. Il demande de l’argent à Circé, qui lui en donne. Il quitte alors la Belle de Mai, il se rend alors sur le Vieux Port et achète un bateau. Puis il demande à Poséidon des vents favorables pour l’aider lors de son celle-ci en voyant son chat préféré. Ulysse-chat, qui est bien rusé, s’approche d’elle. Comme il le prévoyait, elle lui caresse le haut du crâne. Ulysse reprend alors ses apparences humaines.

retour.


E D S E V È L É S E D : E É T I S I V S E E R U E Q L É E S U S Q E D L’ODY T N E R A P M E ’ T S N E R E G M È È T I N I S E TROIS L T E S E U Q I R É M O H S E D O . S N O ÉPI I S I V E D P M A H C R U E L S N DA Qu’est-ce ? qu’un héros

, nt en sécurité ie so ts n fa n e moins les ts, pour qu’au n fa n e st e eux. Il rt, de courag fo e pas racketés. d n ’u ’est u C lq e u s. q e tr st u e a c’ ur des Un héros, Charifata r venir le au malhe u b le ers, de si n r u se o p t, s, n e e autr lein de cocoti s p le intellig c r e u v o a p e n g ie U v la p l. risque sa it faire une , en généra ujours beau. ce lé ra to sc fe it u y m ra n n fe s quelqu’un qui h è Il o tr J s. t e exotiqu ut le uver des très rusé e d’autre ne pe rs et de fruits sse sa vie à sa ie e a n n p a n en aide. Il est i n o a u b rs q e n p ’u n e u e u ussi quelq ller seuls, les lqu’un de lég ploit parce q a e x e u y q n t u n st ie ’e it a C héros, c’est a ra rr . u se e o n jeunes p s. C’est nser à la sien pas. arce que les xtraordinaire p e , e s gens sans pe ir it inquièteraient lo fa s’ p x e e n u s le s il p e , d s n té e se cô g ali nt à part des daire qui ré parents seraie a héros et la plu u n q e es, s rt se u r e a p m i e u tingu sin de marqu a is g d a se m i quelqu’un q u n q u n , ls ’u ge face ferait des hôte C’est quelqu par son coura e de foot. Il y installerait d s, n a e n ll rent sa mort. st h e o n n J n u o ti it p ra ce es ctions ex traffic et fe construirait d Il . ce n lités ou des a ra F arrêterait le la à plus pe du Monde ne trouverait n o s au danger. rè p gagner la Cou a t e s froid. Il les sans-abri t mourant de Hassani e e maisons pour rr te r a p avail. allongés apiers et du tr de sans-abris p s e d s in st e d clan donnerait aux

l e u q , i u h ’ d r u Aujo ? m o n n o s t i sera

. . . Y N N H O J it Il s’appellera

? l i t i a r d n e i v Et d’où ? l i t i a r e f e u Et q

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Et moi ?

ce qu’il ire écraser, à fa se s a p e n à our s s à la B rait une loi p iderait les gen e a u y q n li n p h p étais un héro o a j’ J i Il S s. , e n g it a la ra ff il fe te te idents mbou Isaac, S s rues. Il n’y ait pas d’e ait moins d’acc chiens dans le mas, Ahmed, y o e h d , T s ia e l, lv tt y ie o S n , cr a .J o D e m rc, magasins. e sur les murs l n’y ait plus d s rnadette, Mo iv ’i e u le cr François, Ma B q s ’é i, n n a ta d a , e R le ïs o l, a v e l’écol , Samu adou, R onne ne Ruben, Edson sentent bien à ériem, Mam que plus pers M se , le u ro rc e sp H n a elix, es et tr Redouane, F it des personn Tony, Issac... ra e s, v e u u sa cq a , J ir n , e n v u’il n a to veillerai à ce q Francisco, Dil Johnny lirait l’ e J s. e d s mala e les rue terait des gen par terre, qu st e y n n h o ns. ottes de chie e Teldrassil. J d cr t e n d ie v i n u q so ï t Dreina flits e n sauvan Johnny est un ues, ni de con reçu ce titre e s, g a re o Il s . m le le o p C é u u e s q p e a son s ont att Latine, d un héros pour Inchati e, du es Shinigamie d’Amérique d L n a s. it ll ie o ra d m H a n dre leurs e ig ie n d v in re l, h p a S g r s u u e o rt d p o Johnny P t le u peup e, terre e du Sénégal, d anie, d’Ukrain avoir plus de m r u u o o R p e ïs d d’Allemagne, a , in ie re is D érie, de Tun Maroc, d’Alg âmes. . ngleterre d’Italie ou d’A Medhi , s Mulgare, est y a p le s n a d fers leur cité des Farge ns faille. Meil sa r ie rr Johnny, de la e u g ge resnneur, un , grand stratè c force et ho e rs v ie a rr e u g é, s e les conflits t pour la libert l’Académie d a r b e te d ê se e rr il v a , lè le é it il sa m qui une et sa fa rune personne cemment fait par son peuple ersonnes à po ré p é a s ct e le i p u u q o le ts Un héros est p n re son peu e les qui aide les pa s elfes. ur préserver puisque ça aid o p ça st e quand il faut, les nains et le c’ s, i, in o a y m n m r n u u h h o o s J P le e rses. aient qu alliance avec ter leurs cou curité s’ils sav sé in a n e m s i, lu o p m r r ti ros, pou gens à se sen ut cela. Un hé to it comr e it v é r u o surtout qui sa t e serait là p e id a i u q perquelqu’un ai. C’est une M e d e ll tenant, c’est e B sion à ir l’ordre à la t gérer la ten e e lm ment mainten ca n so s rait garder r, surveiller le e id a r, e lm sonne qui sau ca rait i. Johnny sau la Belle de Ma


qu’il veillerais à ce je i, a M e d e Bell ersonne es, que plus p ru s le s n a d ves s ue tous les élè q e rt so n e i Je fera d’y aller. ient contents so ls ’i u q t e le ui colle ewing-gum q ch e d s lu p it s n’y a u’il n’y ait plu q t e s re p ro p roes soient de trafic de d s lu p it ra u a . Il n’y . ins de violence et encore mo

E P O L C Y C E L E R T N CO

erillerais la c p r a p é i lu e « J ntre lyphème : nt la tête co o a P p p e a d fr e i c lu a ux en L a men lagement a mon antre, u s o n s a d n t u u it to a r r uve velle pa œur en tro c n o ersonne. » P m e t d e n l, ie o r s u a le v ’apporte ce m e u q x u a m qu’un oeil / i reste plus

ne lu est triste / Il Il / e / Dans la e m è h p e du Cyclop à Poly tr , n il a e L’ o / n e u p e o la cl Il lui rest ains donc de it être le Cy a m u rr h u o s p e d Il e / g ème ouphème man C’est Polyph droit / Les b isions / Poly n v e ro n p u s à le it , a e clop rès, / Il les gard grotte du Cy e ses repas e a bu et ap d m s è e h p st ly re o s P le e sont ohnny, qu renviande / Ce ertes, par J ope pour le ff cl o y C s, e u é a y rt n o n p , ap / La sé par Joh teilles de vin vage, propo il a tout bu u : re re b iv le , st e in v e / Le veue le Cyclop il était saoul tilise pour a u montrent qu y s n le n il h te o u J o e b es Le pieu qu dre saoul / C olyphème / P e d il e o l’ é crev flèche qui a u Cyclope clater l’oeil d é , e p o cl y C gler le

& CIRCÉ

uvage et e r b le é n n do sa lle leur eut e d frappa de n a s u le Q e « ll e , u t tout b s de ses e n ll e r ta u s e x ls u ’i a u q ma t les enfer porcs, ils avaient la e e tt e u g a b porcs. Des le corps. , s ie o s s le , tête, la voix prit était resté le es Mais leur Ainsi, ils t. n a v a r a p u même qu’a rmés, et Circé leur nfe pleuraient e er farines, glands, ng jetait à ma ordinaire e r tu â p la cornouilles, s. » des cochon

etcé pour perm ir C e d e u iq g aux ma La baguette ains en anim m u h s le r e orm rmation / tre de transf Une transfo / y n n h o J e Elric, / Un ami d aïd, Kodia, S , n to il D c, ons Ovidiu, Isaa les compagn : n e b u R u oo ormés en Rémy, Mom elés, transf rc so n e y n éviter à de John ti-sort pour n a n o ti o p a uvage cochons / L er / Ce bre rm o sf n a tr e se / Une statu Johnny de rt o -s ti n A e ll ppe e vielle magique s’a rcière / Cett so la te n se tous qui repré ayant perdu cé ir C it ra lais, dame se aison, le pa m a L / s ir o ses pouv de Circé

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S E N È R I S s e l b i t s i s é r r i x u

Résiste a

que. r de la musi te u co é s n sa travailler u chocolat. mpêcher de de manger d ’e r m e s a ch ê p p x u m e ’e garçons. as m Je ne p er les beaux ir Je ne peux p m d ’a d r e oème. as m’empêch lis un beau p je d n a u q s. Je ne peux p nte nt des bêtise d’être conte fo r s e re è ch ê fr p s m e ’e as m de moi. r quand m Je ne peux p de m’énerve plus profond r u e a ch re ê è p m m a ’e m r les dire. as m choses sans êcher d’aime p Je ne peux p s e m d ’e à m r s se a n p tres. pe Je ne peux crets des au mpêcher de se ’e s m le s ir a o p v x sa u Je ne pe e vouloir c les autres. ’empêcher d tre amie ave m ê s a ir p lo x u u o e v p e Charifata Je ne ’empêcher d m s a p x u e p Je ne er. êcher de parl p m ’e m s a p e penser. Je ne peux ’empêcher d m s a p x u e p manger. Je ne mpêcher de ’e m s a p x u tball. Je ne pe jouer au foo e d r e ch ê p nt. as m’em ster à l’arge Je ne peux p Je peux rési es livres. ster à lire d Je peux rési ocation. er à la prov st si ré x u e ir. p Je sister à dorm ré s a p x u e p Je ne rdinateur. à faire de l’o r e st si ré s a x vidéo. Je ne peux p ster aux jeu si ré s a p x u e Raymond Je ne p musique. couter de la ’é d r e ch ê p aison. as m’em rester à la m e d r e Je ne peux p ch ê p n. as m’em ns la télévisio sa r le il Je ne peux p a v a tr er de rands. as m’empêch cher de répondre aux g r. ê Je ne peux p p m as m’e ires d’amou Je ne peux p cher d’écouter des histo e èm s. e lire des po d as m’empê r p e x u ch e ê p p e m g. n Je as m’e e du shoppin ir fa r Je ne peux p e ll ’a d r e . as m’empêch formations sur les stars Je ne peux p in s i. e d m a r e t de regard c mon peti m’empêcher d je suis ave s n a a p u q x r u Soufiane e e p rd e a Je n e bav d r e ch ê p m as m’e Je ne peux p lévision. sister à la té ré s a p x u e p video. Je ne er aux jeux st si ré s a p x ur. Je ne peu mon ordinate à r e st si ré as mon lit. Je ne peux p as résister à Je ne peux p angas. sister aux m ré s a p x u e in. p Je ne sister au dess ré s a p x u e p Je ne ts cuisinés. ster aux pla si ré s a p x u e e sieste. Je ne p résister à un s a p x u e p e Mehdi Je n

Entre

A L L Y C S & E D B Y R A CH

de engloutit b y r a h C e s meu mer s’agite, l’autre, la fa e la d te t u e , to a , ll it y m se trouve Sc nd elle la vo d feu (…) Puis quand « D’un côté rrible l’eau salée. Qua e r un gran u s te n it o u r r d r tout entièr b u e a n n h u n c lo n il u ’u avec o d b u it comme l’ea lée, on la vo a s u a e l’ bouillonne, u a utit à nouve elle en englo ur… » de ne longueur ’u d , s u o c en sa profon ix et s e dents, sers difformes, d u s e to é , g s n d a ie r p is lle a douze yable, à tro « Scylla : e r chacun une tête effro la mort. » t su singulière, e pleines des ténèbres de s, rs. ns les escalie rées, multiple e tomber da

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isis d brûler, je cho ntorse au poignet, se et rs lie ca ire une e dans les es Entre tomber uer au football et me fa et. r. s jo Entre ne pa ir une entorse au poign choisis de ne pas parle o je . v ir r, ’a e d g rm n is o a d je chois ou ne pas m er, je choisis de ne pas r e rl a p s a p d Entre ne pas regar dormir ou ne as p e n e tr n E boue. tre pleine de ’ê d d is n is o o m y ch a R oisson, je e pleine de p e riche. tr ê t e e u o b leine de isis d’êtr Entre être p e et être pauvre, je cho ch Entre être ri es. Alyssia mathématiqu mourir. s le is is o ch oisis de atiques je un lion, je ch e et mathém Entre histoir t me faire mordre par ches re les gens mo te n Entre mouri se ré p re Il i fait peur / Kadia La coupe qu / le ib rr o h coiffure te aussi une Ça représen qui tue s / La coupe fé if co l a m t e

J


Y N N H JO

, as un ange ... tu n'es p ue ça sq ne crois pa . m'dérange (Edith Piaf)

O S P Y L A C c ) t e i v a t a é e i e l l u e n ’ n u e q S’ e c s u l p t s e ’ n (la tentation

e trer cela parc

voulu mon uient / On a

Ils s’enn nny attend / h o J e u q is u se lasse p qu’il veut / Il trer l’attente n o ce t m u lu to u o ir v o On a rce d’av s’ennuie à fo que Johnny

Y P P A H D EN te ê p m e t a l , e m l a c e e l l l s e è B r a l Ap à y n n h o J e d r u (le reto e r c a s s a m de Mai et leants) d n e t é r p n. s e d à Mike Tyso ersaire. r e s n e p it fa v e ad m e Johnny, ça à mordu l’oreille de son d e c n a e g n e r, La v our se venge p , n o s y T e Mik

n u r u o p s e Cinq épreuvaujourd’hui : prétendant gagne meilleur plat le : e in is cu s rapide 1) Faire la énage le plu m le : e g a n é 2) Faire le m ux icace gagne s ccupe le mie o s’ et le plu eff i u q i lu de parent: ce 3) Épreuve gagne d’un enfant sportive 4) Épreuve d’intelligence 5) Épreuve e retour à Jérémy e Johnny / D

age d dants / Il après le pass ts n a d n us les préten te to ré e cr a Les p ss a m ohnny ai, Johnny passage de J le s rè p a s la Belle de M e tait iett morts / C’é s que des m ts lu n p a d e n st te re ré e p n s morts ents pour le ants étaient d n te / Un monum ré p s le r que tous pour montre

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Ulysse à la Belle de Mai (2) La version des élèves du Dispositif d’Accueil et d’Intégration

Ulysse est arrivé à Marseille en bateau, sur le Vieux Port. Il s’est coupé les cheveux pour qu’on ne le reconnaisse pas. Mais Circé l’a reconnu et elle l’a transformé en chat. Ulysse transformé en chat arrive dans le quartier de la Belle de Mai. Un petit garçon (qui est aujourd’hui un vieux monsieur, le prend en photo, en chat. Un habitant du quartier le recueille et le nourrit. Ce monsieur s’appelle Saïd. Saïd va se promener sur la place Cadenat avec son nouveau chat, en laisse. Saïd est très grand. Sur un banc, place Cadenat, deux personnes discutent, un homme : Julien et une femme : Laura. Ils parlent justement de Saïd qu’ils ont vu à Champion acheter du poisson et du lait. Saïd arrive, Julien caresse le chat. Or derrière le banc il y avait aussi le dieu Hermès, caché ou invisible, qui entendait tout. Hermès dépose un bol d’eau dans lequel il a versé une poudre, sous le banc. Le chat tire sur sa laisse et va boire l’eau de ce bol. Aussitôt il redevient un homme : Ulysse. Hermès disparaît. Julien dit : « C’est pas vrai ! ». Laura crie et elle part en courant. Ulysse est reconnaissant envers Saïd. Il va lui faire un cadeau. Quel cadeau ? Des fraises, des chocolats, des habits, des lunettes, des chaussures, une voiture, un vélo…

Ulysse va devoir passer la douane pour rentrer chez lui. Le bateau d’Ulysse a été cassé. Il a besoin de bois pour le réparer. Il a aussi besoin, sur son bateau, d’eau, de nourriture (du pain, du riz) et d’animaux vivants : moutons, poulets, cochons (Ulysse peut manger du cochon, ce n’est pas interdit par sa religion), canards et chèvres pour avoir du lait. Ulysse, ainsi, va rentrer à Ithaque.

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L’antre du cyclope.


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ANS AU COLLÈGE BELLE DE MAI

Je suis arrivée à la Belle de Mai à la rentrée 1998. Le jour de la rentrée, il pleuvait des cordes et bien sûr il y avait des embouteillages, et je suis arrivée en retard, je ne connaissais pas le Collège, un surveillant m’a accompagnée jusqu’à la salle où je devais enseigner le latin à une classe totalement surexcitée, par la pluie, par mon retard... Je me souviens que j’ai surmonté mon angoisse en les invectivant d’entrée : “C’est quoi ce temps ? Je viens du nord, on m’avait dit qu’il faisait beau ici ”, etc. C’était étrange d’enseigner le latin, ici. J’ai fait ça pendant deux ans quand même, et tout de suite ce qui m’a fait envie c’est de sortir du Collège, avec les élèves. C’est toujours une évasion, je ne sais pas pourquoi à ce point là mais c’est un fait. Alors en dix ans je suis beaucoup sortie : à Nîmes, à Arles, au Frioul, au J4, au café la Samaritaine sur le Vieux Port, au marché place Cadenat, à Florence... Mes meilleurs souvenirs sont hors les murs : écrire sur le sable à la plage du Prophète “ La poésie s’écrit sur du sable ”, décrire ce qu’on voit, assis à La Samaritaine, à la manière de Georges Perec, dans une “ tentative d’épuisement d’un lieu marseillais ”, aller demander toutes sortes de choses aux commerçants du quartier, se baigner au Frioul tout habillés. Je me souviens d’un élève, qui s’appelait Djilali, qui était arrivé le matin en tongues au collège, il s’était fait disputer par le CPE, il avait remis ses baskets, en fait nous devions justement sortir au Frioul, et rue Léon Perrin, il a ressorti ses tongues de son sac à dos et il a changé de chaussures là, sur le trottoir, et il a enlevé son pantalon, il avait un short en dessous. Je me souviens de son sourire insolent, à la Cohn Bendit. Comme on ne peut pas sortir tout le temps, il faut faire entrer : des acteurs, des metteurs en scène, des photographes, une danseuse... Au bout de deux ans, j’ai renoncé au latin et je me suis mise à la bière, place Caffo. En voilà un endroit stratégique ! Il y passe des élèves, des gens des Bancs Publics, des gens du quartier. Un élève ici, c’est un “ minot ” qui peut te dire bonjour et venir te parler gentiment, te faire la gueule ou t’insulter, c’est selon. Voire te jeter des pierres, et ça, malheureusement, ça s’est aussi produit, cette année. Nous avons refait le monde en 2003 place Caffo, il faisait chaud, il y avait des cigales dans les marronniers.

À l’automne, le monde refait était tout défait, c’était un peu difficile. Depuis nous continuons, pas vraiment découragés, ou pas tous en même temps heureusement, en dix ans, j’ai fait pas mal de grèves. Au bout de quatre ans, je n’avais pas renoncé à la bière et j’ai commencé à faire du FLE, ce qui veut dire du français, en fait, mais pour les étrangers, et ça m’a appris énormément de choses. Je ne peux plus entendre cette phrase par exemple, dans la cour, quand un élève n’obéit pas à ce qu’on lui dit : “ Je parle français ou quoi ? ” Je vois aussi comme ça fait peur aux adultes quelqu’un qui ne comprend pas leur langue, ça leur fait peur de sourire, de parler avec leurs yeux, leurs gestes, et pourtant c’est complètement libérateur comme expérience. Et entendre la langue de l’autre, se montrer dans son manque, dans ce qu’on ne sait pas alors qu’on fait tout le temps mine de tout savoir dans ce métier, quel plaisir ! Au bout de dix ans, j’ai envie de rentrer chez moi, à Paris. Enseigner le français, le FLE, le latin, le grec, on verra bien, je ne pourrai pas choisir, je prendrai ce qu’on me donnera en fait. Il pleuvra plus souvent des cordes, et on boira la bière à l’intérieur. Nous sortirons. Sylvie Schmit

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CONSIGNES À FAIRE RESPECTER PAR LES ÉLÈVES POUR RÉUSSIR SON INTERVENTION ARTISTIQUE Tirant profit de notre déjà longue expérience auprès d’un public adolescent, nous avons extrait de notre pratique quelques règles à partager avec les élèves. L’observance de ces règles par les élèves est une condition nécessaire de la réussite de tout projet. Nécessaire mais pas suffisante.

1 - Préférer chlorophylle à fraise comme parfum de chewing-gum : fraise, à la longue, c’est désagréable. 2 - En classe, ne pas prononcer trop souvent de grossièretés exagérées à l’endroit de ses camarades et de l’intervenant. Pour ce dernier, éviter notamment les insultes à connotation sexuelles ou raciales. 3 - Régler le volume de la sonnerie du téléphone portable à 2 maximum, sinon on ne s’entend plus parler. Dans le même ordre d’idée, négocier un contingent d’un seul SMS par élève et par heure, afin d’éviter une trop grosse pollution électromagnétique. 4 - Lorsque l’intervenant fait l’appel, ne répondre qu’une fois par personne. 5 - Quand on se lève de sa chaise sans que l’intervenant l’ait demandé, ça ne peut être en aucun cas pour aller frapper un camarade. 6 - Pour dormir sur la table, préférer le fond de la classe. 7 - Lorsque l’on ouvre une fenêtre pendant l’heure pour vociférer et interpeller des camarades qui font sport dans la cour, par exemple, user de préférence la langue française. Comme ça, pour s’habituer. 8 - Ne pas se présenter en classe plus d’un quart d’heure après le début théorique. Ne pas dire que ça sonné plus d’un quart d’heure avant la sonnerie effective. 9 - Lorsque qu’on écoute de la musique sur son ipod sur une table du fond, veiller à ce que le volume sonore n’interrompe pas le sommeil de son voisin. Les réveils de ce type sont souvent désagréables. 10 - Sauf avis médical, ne pas demander d’aller aux toilettes plus de trois fois par heure.

BABEL DE MAI N°12 Rédacteur en chef Guillaume Quiquerez Maquette Blandine Cordellier Ont contribué de près ou de loin à ce numéro Sylvie Schmit, Rémy Dacher et Aurélie Rabec (Professeurs au Collège Belle de Mai), Archidine Ahmed Soule, Hasane Dzema et Nacéra Azzi (collégiens de 6ème 5), Hakim Sahoui, Bilel Aksil et Adam Rahbi (collégiens de 6ème 7), Faouzia Mhadjou, Zalhata Oumouri, Fakri Dihi, Florin Gheorghita, Hisen Dzema et Gurbet Buyukayya (collégiens en classe d’accueil DAI), Inchati Ali, Charifata Bacar, Sofian Bouahous, Julien Dobre, Maïmouna Fofana, Alyssia Goncalves, Chahinze Guers, Saïd Hasni, Alexia Lapegue, Hassani Madi, Tanzilou Moussa Madi, Jeremy Persico, Donia Sari, Rayanti Souffiane, Raymond Torres, Kevin Zittoun, Medhi Zouaï, Sabrina Touhiri, Simone Spencer, Kadia Smaïne et Jessica Carvalho (collégiens de 3ème 6), Joanne Journée, Benoît Paqueteau et Julie Kretzschmar (Les Bancs Publics) et les habitants du quartier qui ont joué le jeu de se laisser photographier.

Pour nous faire parvenir vos informations, contactez Les Bancs Publics Lieu d’expérimentations culturelles 3, rue Bonhomme 13003 Marseille 04 91 64 60 00 ou écrivez-nous à bancspublics@free.fr http://lesbancspublics.com

Crédits photographiques Couverture Blandine Cordellier / p.2 Google Images / p.3 Dessins des élèves de 6ème et estampes on Google Images / p.4 et p.5 Dessins des élèves de 6ème et Fleurs on Google Images / p.6 et p.7 Photographies Blandine Cordellier, Googles Images (Vieille femme : Ron Mueck) / p.8 et p.9 Photographies Blandine Cordellier, Googles Images / p.10 Desssins de Florin, Photographies Blandine Cordellier, Googles Images / 4ème de couverture Google Images.

Babel de Mai reçoit le soutien de la Politique de la Ville (Saint-Mauront/Belle de Mai). Impression : Panorama Offset

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DIX-NEUF HOMMES ET VINGT-CINQ CYCLOPES SONT DANS UNE GROTTE. COMBIEN Y A-T-IL D’YEUX ?


Babel de Mai 12