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En « dix mots » comme en cent Action culturelle et langue française La lettre d’information des « dix mots » en Rhône-Alpes Nouvelle série n° 2 Janvier 2014

« En un mot comme en cent... Expr. Se dit pour reprendre et résumer une affirmation ». (Dictionnaire de l’Académie) LES « DIX MOTS » 2014

AMBIANCER - À TIRE-LARIGOT - CHARIVARI - FARIBOLE - HURLUBERLU - OUF - TIMBRÉ - TOHU-BOHU - ZIGZAG - S'ENLIVRER

À LA UNE !

Journée de restitution régionale « LES DIX MOTS FONT LA FÊTE ! »

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RE B I L ÉE NTR

Programmée chaque année à l’occasion de la Semaine de la langue française et de la francophonie du 15 au 23 mars 2014 en Rhône-Alpes, cette manifestation est une invitation à venir célébrer la langue française en famille ou entre amis, et à découvrir les créations réalisées autour des « dix mots ». Amateurs et artistes de toute la région Rhône-Alpes sont invités à présenter leurs réalisations autour des « dix mots » en montant sur scène, en exposant une œuvre ou en lisant leurs textes, dans un élan festif et conviv i a l . Théâtre, poésie, chanson, slam, musique et bien d’autres surprises vous attendent !

Rendez-vous le samedi 22 mars 2014 de 10h à 18h ! À LA FERME DU VINATIER 95, boulevard Pinel

69500 BRON Renseignements auprès de l’Espace Pandora au 04 72 50 14 78.

Le programme complet est à retrouver sur www.espacepandora.org

© J.M Refflé

Sommaire À la une ..... 1 Des projets pleins la tête - Association Interstices... 2

Les « dix mots » vus par Fernanda Leite (CCO de Villeurbanne) ... 3 Rencontre avec Michael Edwards... 4 et 5

Du côté des territoires - Médiathèque de Montpezat-sous-Bauzon... 6 Bonnes feuilles... 6 Sur l’agenda... 7 À retenir... 8 1

Vous avez des questions autour des « dix mots »... Vous souhaitez monter un projet autour des « dix mots »... Adressez-vous à l’Espace Pandora ! espacepandora@free.fr

En « dix mots » comme en cent... Nouvelle série n°2, janvier 2014 Espace Pandora - Opérateur délégué de l’opération des « dix mots » en Rhône-Alpes


Des projets plein la tête ! ASSOCIATION interSTICES D’après les propos de Séverine Legrand recueillis par Carole Bijou

En Rhône-Alpes, la démarche Culture & Santé est portée par l’Agence régionale de santé, la DRAC et la Région. Elle se fonde sur le principe d’un partenariat privilégié entre un établissement de santé, une structure culturelle et une équipe artistique qui construisent ensemble des projets relevant de l’ensemble des domaines artistiques, mais aussi du patrimoine et des sciences sociales. Le programme rhônalpin a pour ambition de soutenir et développer les projets culturels susceptibles de : - contribuer à la définition d’une nouvelle place de l’usager au sein du système de santé ; - participer d’une prise en charge globale de la personne ; - contribuer au décloisonnement du système de santé ; - travailler les représentations des espaces de santé dans la société... Le dispositif régional, basé sur un appel à projets incitatif et la contractualisation pluriannuelle d’établissements, s’organise autour de plusieurs axes de réflexion et de concertation sur le territoire : - les porteurs de projets au sein des établissements sanitaires et des structures culturelles partenaires ; - des comités locaux, collectifs d’échanges, de réflexion et de production, rassemblant l’ensemble des acteurs impliqués dans la démarche à l’échelle des bassins hospitaliers ; - une commission régionale, instance de réflexion, de pilotage et de sélection des projets, permettant le lien entre l’échelon régional et départemental ; - une structure mandatée pour coordonner et animer l’ensemble du dispositif, l’association interSTICES, nouvelle structure de coopération régionale Culture et Santé ; - un volet Observatoire-Évaluation permanent dont l’objectif est d’étudier le dispositif et les expériences mises en place pour mieux réfléchir aux perspectives de développement. Le rapprochement avec l’opération des « dix mots » fait sens pour le dispositif Culture & Santé dans la mesure où elle s’inscrit dans une dynamique citoyenne d’accès à la culture pour tous et au maillage territorial (via l’animation de réseau régional) que le dispositif partage également. Elle peut permettre aussi de contribuer à la mixité des publics dans un souci d’intégration sociale et d’évolution du regard sur les établissements de santé en associant les publics de l’hôpital et les autres publics dans une même dynamique de création. Les « dix mots » proposent enfin des scènes intéressantes de diffusion pour la valorisation des projets Culture & Santé. En janvier 2012, une partie du réseau des professionnels Culture et Santé a souhaité se regrouper au sein de l’association loi 1901 interSTICES. Structure de coopération régionale sur la thématique Culture et Santé, constituée aujourd’hui d’une cinquantaine d’adhérents (établissements sanitaires, médicosociaux, structures culturelles et personnes physiques), l’association a pour objet de favoriser le développement d’actions culturelles dans le champ de la santé, de contribuer à la réflexion et aux échanges sur cette démarche, et d’encourager la reconnaissance des pratiques et des acteurs. Plateforme de concertation et de mutualisation, elle développe au service de ses adhérents des missions d’ingénierie culturelle, de conseil et de formation dans le cadre d’accompagnements individualisés, de groupes de travail réflexifs et prospectifs, de séminaires internes d’analyse de pratique et de temps de formation ou d’auto-formation. Lieu ressources régional, elle met par ailleurs ses compétences au service de l’Agence régionale de santé, de la Direction régionale des affaires culturelles et de la Région Rhône-Alpes pour coordonner et animer le programme Culture et Santé Rhône-Alpes.

Association INTERSTICES

CH Le Vinatier - Bât 238

95 boulevard Pinel

69500 BRON 04 72 91 29

severine.legrand@interstices.rhonealpes.fr www.interstices-rhonealpes.fr

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En « dix mots » comme en cent... Nouvelle série n°2, janvier 2014 Espace Pandora - Opérateur délégué de l’opération des « dix mots » en Rhône-Alpes


Les « dix mots » vus par... Fernanda Leite, CCO Jean-Pierre-Lachaize

Propos recueillis par Carole Bijou

1. Pouvez-vous nous raconter comment vous êtes entrée dans l’aventure des « dix mots » ? C’est en 2005 que le CCO a rejoint l’aventure des « dix mots » avec son festival Théât’réalités. 2. Les « dix mots » en quelques mots, pour vous c’est ? C’est l’idée de la fête qui est géniale. Sortir la langue des cahiers d’école pour qu’elle devienne source de jeu, de création, de plaisir partagé. Que les disciplines artistiques s’en mêlent pour tordre les mots et repeindre en chacun le goût de la langue. Que la langue française soit « en fête » de partout dans le monde francophone, avec des personnes venant de tous horizons qui habitent avec leur corps et leur créativité cette belle langue commune, le français. 3. Parmi les « dix mots » 2013, lequel a votre préférence ? La sélection des mots de l’édition 2013-2014 montre les emprunts de la langue française à d’autres langues et des compositions de mots parfois improbables. Ces mots nous rappellent la force de la diversité dans la langue française et la capacité des langues à accueillir l’autre. J’aime le mot tohu -bohu, qui nous parle du bouillonnement, d’un certain vacarme et du chaos qui précède la création d’un renouveau. Il nous donne de l’espoir dans le monde d’aujourd’hui…

ZOOM SUR.... LE FESTIVAL THÉÂT’RÉALITÉS L’aventure pluridisciplinaire du festival Théât’réalités poursuit son investigation de la place de l’homme dans le vivant et les connexions entre l’urbain et la nature. Embarquement pour un voyage à la recherche de paysages et trésors à partager ! Navigation urbaine pluridisciplinaire entre l’intime et l’universel, invitant les publics à traverser les chemins à pied, à vélo,

AU PROGRAMME NOTAMMENT...

à bord d’une péniche en compagnie d’artistes, associations, habitants

15 mars 2014

et chercheurs.. Créations artistiques participatives, résidences, performances numériques, arts de rue, collisions musicales, cirque, courtsmétrages... Un programme artistique pluridisciplinaire pour redessiner les chemins d’un paysage urbain élargi. Retrouvez très bientôt toute la programmation de l’édition 2014 en ligne !

Balade à vélo au Grand Parc de Miribel-Jonage 22 mars 2014 Balades urbaines l’après-midi et programmation au CCO en soirée ! CCO Jean-Pierre-Lachaize

39 rue Georges-Courteline - 69100 VILLEURBANNE 04 78 93 41 44

actionculturelle@cco-villeurbanne.org

www.cco-villeurbanne.org

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Rencontre avec... Michael Edwards, poète, critique littéraire, traducteur

Propos recueillis par Carole Bijou

Membre de l’Académie française depuis le 21 février 2013, Michael Edwards est poète, critique littéraire, traducteur et professeur franco-britannique. Après avoir enseigné le français, l’anglais et la littérature comparée à l’Université de Warwick jusqu’en 2002, il est aujourd’hui professeur au Collège de France à la chaire d’Étude de la création littéraire en langue anglaise. Son étude a porté plus spécifiquement sur Shakespeare, Racine et Arthur Rimbaud. Parmi ses ouvrages, on peut notamment citer : La Tragédie racinienne, La Pensée universelle, 1972 Leçons de poésie, PUF, 2001 Racine et Shakespeare, PUF, 2004 Le Rire de Molière, Éd. de Fallois, 2012

1. Lors de l’entretien précédent que j’ai eu avec l’écrivain Olivier Salon, je lui ai d’abord demandé de me

parler du lien qu’il entretenait avec la langue. Cette question va, je crois, devenir le leitmotiv de cette rubrique... Ainsi, je vous pose la question en ces termes : comment décrieriez-vous votre rapport à la langue ?

Une boulimie ! Toutes les langues m’attirent, sans cesse. Je lis tout l’éventail des notices, en français, néerlandais, portugais, suédois et ainsi de suite, sur les boîtes de conserves, les modes d’emploi des appareils électroménagers. Je réfléchis constamment sur le langage, sur sa nature et sa finalité, et en particulier sur les différences entre le français et l’anglais, et sur le pourquoi de cette différence. Des suites de mots me viennent à tous moments, qui semblent vouloir trouver place dans un poème et que je note aussitôt dans une moleskine. Depuis ma petite enfance, je gribouille comme je respire. Je suis né avec un crayon à la main. Très tôt, les mots semblaient avoir pour moi des pouvoirs magiques. Ils révélaient, tout en le cachant à moitié, un monde à découvrir. La langue est en effet une voie d’accès, au monde, à soi-même. Et j’ai appris, en écrivant des poèmes, que la langue modifie ce qu’elle nomme : que le moi change dans l’acte d’écrire et que, si l’on a l’impression d’atteindre, en écrivant, la présence réelle d’un fragment de réalité (un arbre, un événement, un souvenir), ce fragment aussi se renouvelle en se mêlant à la grammaire, à la syntaxe, au rythme d’une langue. J’écoute la langue, avant tout, ses sons, ses cadences. Je lis lentement, afin d’entendre, même en lecture silencieuse, les bruits que font les mots, la musique de leurs alliances. Je suis fasciné, charmé, par les sons de toutes les langues que je connais, comme par la musique même. En lisant un auteur, peut-être en vue d’un essai à son sujet, je l’écoute, j’essaie de me mettre à sa place pour entendre la langue comme il l’entend et pour comprendre ainsi pourquoi il écrit comme il le fait, un peu comme un graphologue cherche à saisir la personnalité dans la manière dont une personne forme ses lettres. Mais ce n’est pas la personnalité de l’auteur qui m’intéresse ; plutôt sa façon d’être et le monde qu’il habite. Écrire représente pour moi (presque) le plus grand des plaisirs, quand je fais exister du nouveau, en prose et surtout en poésie. Je dépends de la langue, qui vient ou ne vient pas ; je la respecte, puisqu’elle est plus importante que moi ; je la bouscule pour son bien, j’invente pour qu’elle continue de vivre. L’ effort pour trouver le poème qui s’annonce, avec les attentes, les hésitations, les multiples erreurs à biffer, les bêtises en moi qui montent à la surface, tout cela me montre à quel point la vie est bancale, le moi étranger et le monde éloigné. C’est la langue qui m’oblige à me demander qui je suis, et où. Mais en même temps, dès que le poème commence à se former, « oh, merveille, splendeur, monde nouveau ! » (Shakespeare, La Tempête). Comme notre cerveau, notre langue est plus rapide et plus intelligente que nous. Entre érudition et jeu.

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2. Vous êtes bilingue, anglais et français, je sais que votre œuvre est baignée des deux langues, et que

certains textes mêmes, les mêlent toutes deux... L’une d’elle est votre langue maternelle, l’anglais, tandis

que l’autre non. Comment définiriez-vous le bilinguisme, votre bilinguisme ? Parleriez-vous d'une forme de

complémentarité, d’imbrication... ?

Je ne suis pas bilingue dans le sens d’avoir entendu et parlé deux langues dès le début. Le français est pour moi une langue apprise, mais tellement appréciée et tellement souveraine sur moi qu’il me semble l’habiter maintenant comme j’habite l’anglais. Mes deux langues ne s’imbriquent pas : je passe constamment de l’une à l’autre, et à chaque fois le monde change et je change moi-même. Et non seulement le monde, mais la manière de me mettre en rapport avec le monde : en anglais, j’ai l’impression d’entrer de plain-pied dans une réalité concrète continûment ouverte à l’abstrait, à l’invisible, alors qu’en français je me trouve dans une réalité qui hésite entre le monde du corps et celui de l’esprit. Je m’émerveille toujours des différences – mots, syntaxes, sons, rythmes –, sans aucun désir d’estimer une langue supérieure à l’autre. J’écoute deux très belles musiques, le français me rappelant Mozart, l’anglais, Beethoven. Je parle du français de maintenant ; il suffit de connaître un peu l’histoire de la langue française pour comprendre qu’elle ne cesse d’évoluer, conformément aux choix, pour la plupart inconscients, des Français. Une langue ressemble à la réalité. Quand je me promène en anglais ou en français, je découvre partout du nouveau, je sens constamment des appels, des devoirs à accomplir. Le français représente pour moi un immense enrichissement, auquel les autres langues que je connais apportent, ponctuellement, leur contribution, non pas simplement de mots, mais de réalités. Et quel plaisir d’écrire des poèmes en français ! Dans les deux langues, je ressens ce que Du Bellay appelle « cette ardeur et cette allégresse d’esprit » qui stimulent les poètes, mais en français, je les reçois comme un don venu d’ailleurs, un cadeau que m’ont fait les circonstances de la vie. Et quel plaisir de revenir à l’anglais, de retrouver une autre sorte de poésie, éclairée, pourtant, par la poésie française ! Il est toujours grisant, et inquiétant, d’inventer une nouvelle poésie, avec tout ce que cela implique quant à la nature du réel et du vécu ; il l’est d’autant plus quand on passe d’une langue à l’autre, parfois au sein d’un même poème. Je dois dire aussi que, plus je crois comprendre les distinctions entre le français et l’anglais et entre les mondes qu’ils véhiculent, plus j’ai de doutes, plus je me dis qu’il est possible que je me trompe. Il en est de même pour les différences entre les poésies française et anglaise, où les exceptions s’accumulent. Je reviens alors au tout début de mon bilinguisme, à l’émerveillement que je ressentais devant l’existence d’une autre langue, qui donnait – comme elle donne encore maintenant – sur une autre dimension du réel, sur l’étrangeté d’un monde qui se cache à chaque langue en particulier, sur le profond mystère de la réalité.

3. Enfin, parmi vos multiples talents, celui de traduire est l’un d’entre eux. Qu’est-ce que traduire pour vous ? Je traduis sans cesse. En écrivant en français sur des auteurs anglais (ou sur Homère, Ovide, Dante…), ou en anglais sur des auteurs français, je cite les textes originaux afin de montrer ce que l’auteur a effectivement écrit, et je traduis toujours en essayant de faire sentir comment il écrit. J’ai appris, à un niveau très simple mais le plus souvent négligé, qu’il faut surtout préserver l’étrangeté de l’original : quand il s’agit de la Bible, par exemple, d’oser écrire « lance ton pain sur l’eau » ou « rachetez le temps » plutôt que de chercher des formules explicatives. C’est le passage de la poésie qui m’intéresse. Traduire un poème est l’occasion d’écrire un poème – l’occasion, et l’obligation. La question majeure à se poser n’est pas : comment traduire untel ? mais, comment le faire vivre dans une autre langue ? Il ne s’agit pas de chercher des équivalences – il n’y en a pas –, mais d’être, ou devenir, aussi inventif en langage que le poète que l’on traduit, aussi intelligent, aussi savant en émotions, en sensations. Alors que tant de traducteurs semblent penser que le poète a déjà accompli le travail nécessaire au poème et qu’il suffit de transposer le résultat de son travail dans sa propre langue. Si, malgré ses insuffisances, on parvient à se hausser tant soit peu au niveau de l’original, on saisit également que l’on peut ajouter à l’original par le simple fait d’écrire dans une autre langue : que l’on permet au poète de changer, de parler autrement, de faire ce qu’il ne pouvait pas faire. La traduction est à la fois un pis-aller et un moyen d’innover. J’en suis surtout conscient quand je me traduis moi-même. Je récris le poème tel que je l’aurais écrit dans l’autre langue, en m’écartant sensiblement de l’original. En passant de l’anglais au français ou du français à l’anglais, je me dis que la liberté que je me permets, et qui ne conviendrait pas, par son étendue, si je traduisais un autre poète, est peut-être la clef d’une pratique de la traduction respectueuse à la fois de la quiddité étrangère de ce que l’on transpose et de la nécessité absolue qu’il ne meure pas en franchissant le seuil d’une autre langue. J’ajoute que cet enthousiasme, ce sens de l’aventure et du nouveau à créer, ne me dispensent pas de procéder avec crainte et tremblement, devant le génie de l’autre. Traduire permet également de changer quelque peu la langue, d’ouvrir l’anglais, par exemple, à certaines ressources du français. Plus je traduis, du reste, plus je me persuade de l’importance de la traduction, qui constitue un genre littéraire authentique. Elle aussi est mystérieuse : elle donne accès à une troisième réalité, qui n’est ni le poème et la langue du poète ni le poème et 5

la langue du traducteur.

En « dix mots » comme en cent... Nouvelle série n°2, janvier 2014 Espace Pandora - Opérateur délégué de l’opération des « dix mots » en Rhône-Alpes


Du côté des territoires MÉDIATHÈQUE DE MONTPEZAT-SOUS-BAUZON (Ardèche, 07) D’après les propos de Christine Paumier recueillis par Carole Bijou

Depuis cinq ans, au cœur du département de l’Ardèche, à Montpezat-sous-Bauzon, la médiathèque municipale participe à l’opération des « dix mots ». Ces dernières années, l’école maternelle et primaire de la commune, le collège ainsi que l’association locale Expressions se sont associés au projet. C’est au mois de novembre que les choses s’organisent, professeurs des écoles et enseignants de français préparent les enfants aux « dix mots » à l’aide des outils pédagogiques mis à disposition par la DGLFLF (ministère de la Culture et de la Communication). Dans un second temps, pendant tout le mois de février, le personnel de la médiathèque reçoit les classes et anime à leur attention des ateliers d’écriture individuels et collectifs. Les créations sont mises en ligne sur le site national et exposées à la médiathèque tout au long du mois de mars. Les classes de 3e s’essaient à l’écriture de la nouvelle en y glissant les « dix mots ». Ces nouvelles sont illustrées par les classes de dessin du collège de 5e et de 3e. Un événement ouvert au public est programmé à la médiathèque au cours duquel les jeunes auteurs offrent la lecture de leurs textes. Un livret est réalisé par la médiathèque qui le propose dans son fonds à l’emprunt ou à la consultation. Un spectacle de contes ou de poésie est offert aux publics de la médiathèque (école et tout public). En 2014, cette opération se construit en réseau, pilotée par la médiathèque de Montpezat-sous-Bauzon, elle rassemble neuf bibliothèques du territoire (Montpezat- sous-Bauzon, Chirols, Burzet, Jaujac, La Souche, Saint-Cirgues-en-Montagne, Thueyts, Meyras, Prades). Le public des bibliothèques, mais aussi les écoles, maisons de retraite, associations des huit communes concernées sont invités à participer et à créer autour des « dix mots ». Une exposition de l’ensemble des créations littéraires et plastiques sera mise en forme par la médiathèque de Montpezatsous-Bauzon, et circulera dans les neuf bibliothèques. La Bibliothèque départementale de prêt de l'Ardèche enrichit spécialement pour cet événement le fonds de chacun de ses relais-bibliothèques (livres, DVD, CD etc.) autour de la thématique de la langue française. Elle est très attachée à ce projet qui encourage les bibliothèques du territoire à fonctionner en réseau. Médiathèque municipale

place de la République

07560 MONTPEZAT-SOUS-BAUZON bm-montp@inforoutes-ardeche.fr

BONNES FEUILLES Stéphane Mahieu, Le Phalanstère des langages excentriques. Paris, Gingko éditeur, 2005.

Élucubrations linguistiques... à la folie « Erna aran anthara zarazan »... étrange idiome, n’est-ce pas ? C’est du wardwesân, une langue imaginaire inventée par le romancier Frédéric West, dont le Seuil vient de publier Ward. IIIe siècle. Si, chez cet auteur, l’invention d’une langue participe de la création romanesque, l’histoire est riche d’initiatives analogues. À l’origine, souvent une seule personne, généralement hantée par le mythe de Babel, qui rêve de créer une langue universelle. Puisque les « dix mots » 2014 nous y invitent, signalons donc le livre très sérieux et néanmoins désopilant que le pataphysicien Stéphane Mahieu a consacré à ces « langages excentriques ». À côté de tentatives très rationnelles, tels le volapük (Schleyer, 1879) ou l’espéranto (Zamenhof, 1887), l’auteur a collectionné les fariboles d’hurluberlus tous plus timbrés les uns que les autres. Mais le plus ouf de tous, le plus loufoque (« fou », en verlan), est assurément Jean-Pierre Brisset (1837-1919) qui, plus d’un siècle après Rousseau, a élaboré sa propre thèse sur l’origine des langues : « Un jour que nous observions [des grenouilles], en répétant nous-même ce cri : coac, l’une d’elles nous répondit [...] coac. Il nous était clair qu’elle disait coac, quoi que tu dis ? »1. Tout est à l’avenant, ce qui fait de ce livre un passionnant inventaire des folies langagières. Au fait, savez-vous ce que signifie la citation en wardwesân ? « J’ai aimé l’impossible... ». Michel Kneubühler

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Sur l’agenda LA SEMAINE DE LA LANGUE FRANÇAISE ET DE LA FRANCOPHONIE La XIXe Semaine de la langue française et de la francophonie aura lieu du 15 au 23 mars 2014 dans toute la région Rhône-Alpes ! L’occasion de (re)découvrir les « dix mots », de vous mobiliser à l’échelle de votre territoire, d’organiser des événements, des rencontres autour de la langue... L’ensemble des festivités rhônalpines programmées pendant la Semaine et au-delà sont à retrouver sur le site de l’Espace Pandora à partir du début du mois de mars ! Le programme complet sur www.espacepandora.org

URBAN EXPO

LA NUIT DU SLAM © Les nuits du slam

En partenariat avec le Clac’son d'Oullins, La Tribut du Verbe, compagnie de Slam/poésie de Lyon, organise la « Nuit du slam », le festival de slam national itinérant qui aura lieu le 22 mars 2014 !

Du 10 au 23 avril 2014 Dans les espaces urbains de l'agglomération de Grenoble,

Au menu notamment une scène ouverte, un tournoi et beaucoup

le collectif grenoblois Urban Expo organise du 10 au 23 avril 2014

d’autres surprises slamées !

une exposition collective autour des «dix mots» urbaine, gratuite, ouverte à tous les citoyens et artistes, amateurs ou professionnels

Rendez-vous de 18h à 00h ! CLAC’SON

10 rue Orsel

69900 OULLINS Renseignements au 06 17 10 40 35 Toutes les infos sur : www.nuitsduslam.fr

de l’agglomération grenobloise : photographes, peintres, dessinateurs, plasticiens, sculpteurs etc. Renseignements : urbanexpo@orange.fr Toutes les infos sur : www.urbanexpo.fr

EXPOSITION « DIX MOTS VUS PAR... » Cette année, l’exposition régionale « Dix mots vus par... » qui réunit et présente un ensemble de créations plastiques, sonores et visuelles élaborées autour et à partir des « dix mots » sera installée du 15 au 30 mars 2013 dans les murs de l’Alliance française de Lyon !

Rendez-vous du 15 au 30 mars 2014 ! À L’ALLIANCE FRANÇAISE

11 rue Pierre-Bourdan

69003 LYON

Renseignements auprès de l’Alliance française au 04 78 95 24 72

Et chez vous ? Vous souhaitez nous faire partager une information autour des « dix mots » et de la langue française ? Contactez l’Espace Pandora. L’information sera relayée via la lettre d’information des « dix mots » et/ou la page Facebook « Les dix mots en Rhône-Alpes ».

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À retenir ! L’APPEL À

CONTRIBUTIONS

LAISSEZ COURIR VOTRE IMAGINATION !

LES VILLES PARTENAIRES DE RHÔNE-ALPES

Vous avez jusqu’au lundi 3 février 2014 pour envoyer vos contributions à l’Espace Pandora !

Devenez ville ou village partenaire de la Semaine de la langue française et de la francophonie 2014 !

En Rhône-Alpes, neuf communes ou intercommunalités ont d'ores et déjà reçu le label « Ville partenaire » des « dix mots »

Un jury régional aura le plaisir de sélectionner les textes et images reçus. Les contributions feront ensuite l’objet d’une publication dans En dix mots comme en cent. Le journal des

et de la Semaine 2014 !

« dix mots » en Rhône-Alpes en mars 2014. CHAMBÉRY (73) DIVONNE-LES-BAINS (01) MEYTHET (74) MONTPEZAT-SOUS-BAUZON (07) POISAT (38) RUMILLY (74) VENISSIEUX (69) VIENNAGGLO : Communauté d’Agglomération du Pays Viennois (38) VIVIERS (07)

LES « DIX MOTS » EN RHÔNE-ALPES Le jeu des « dix mots » est une initiative du ministère de la Culture et de la Communication et du ministère des Affaires étrangères. En Rhône-Alpes, l’opération est coordonnée par un comité de pilotage réunissant : la DRAC Rhône-Alpes, la Préfecture du Rhône, la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale, la Direction départementale de la cohésion sociale du Rhône, la Région Rhône-Alpes, l’ARALD, les associations Filigrane et Espace Pandora. L’Espace Pandora est le coordinateur délégué de l’opération des « dix mots » en Rhône-Alpes. À ce titre, l’association apporte son soutien à la communication de l’opération en Rhône-Alpes, en plus d’être un relais d’information pour les structures et particuliers participants, coordonne l’appel à contributions autour des « dix mots », organise une journée de rencontre régionale à l’automne, et met en place la journée « Les dix mots font la fête! » en mars. L’association Filigrane propose des ateliers artistiques autour des « dix mots » dans toute la région. (04 72 12 04 32 – contact@filigrane-rhonealpes.fr – http://www.filigrane-rhonealpes.fr)

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RÉDACTION / COORDINATION ESPACE PANDORA : CAROLE BIJOU

MICHEL KNEUBÜHLER

POUR

EN SAVOIR PLUS

:

CAROLE BIJOU ESPACE PANDORA 7, PLACE DE LA PAIX 69200 VÉNISSIEUX TÉL : 04 72 50 14 78 espacepandora@free.fr HTTP://WWW.ESPACEPANDORA .ORG TWITTER.COM/@DIXMOTSRA

FACEBOOK.COM

/LESDIXMOTSENRHONEALPES

CRÉDITS : DOROTHÉE CARADEC & CLÉMENT PASSOT. JEAN-MARIE REFFLÉ. COPYRIGHT © 2014 - ESPACE PANDORA, TOUS DROITS RÉSERVÉS.

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Lettre d'info dixmotsra janv 2014