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Isabella Camera D’Afflitto ◆

Cuadernos ETT Nº 2

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duisaient seulement à l'aide des dictionnaires comme le latin ou le grec ancien. Et c'est cette attitude qui a condamné la culture et la production arabe contemporaine à rester dans l'ombre. Un orientaliste hongrois dans un livre des années 40 a écrit que les orientalistes européens en général: "quand ils traduisent n'importe quelle oeuvre littéraire arabe, ils l'analysent du point de vue philologique, mais ils ne la jugent pas selon l'esthétique. Pour eux les oeuvres des écrivains orientaux sont des études scientifiques..." (Germanus, 1946: 229-230) Pour revenir au titre de cette communication, L'Italie découvre la littérature Arabe: est-ce grâce a Mahfuz?, il faut admettre que, en dépit de toutes ces traductions, des prix littéraires, ni Mahfuz, ni les autres auteurs arabes traduits en italien, ont vraiment eu un poids dans le panorama littéraire italien, comme par exemple dans le cas de la littérature sud-américaine. Ainsi, ces traductions n'ont pas pu changer ne serait-ce que le regard stéréotypé des occidentaux vers le monde arabe, ou de façon plus générale vers le monde arabo-musulman. Comme on sait bien la littérature stimulée par les prix littéraires provoque parfois des modes passagères, plutôt qu'un réel intérêt pour la production littéraire d'un monde que nous ne connaissons pas, et surtout que nous ne voulons pas connaître. En même temps, nous comprenons le succès de Tahar Ben Jelloun, parce que, avec ses livres, il a très souvent confirmé le stéréotype si cher aux occidentaux.

Mais, si avec ces constatations j'ai donné un cadre trop pessimiste, je fais alors recours au "Peptimiste" d'Emile Habibi pour dire que, après tout, la situation pouvait être pire, car ces traductions nous permettent aujourd'hui, nous traducteurs de littérature arabe, d'exister et de nous réunir ici.

NOTES

• GABRIELI, Francesco (1941): Narratori egiziani (Testi di Giurgi Zaidan, M. Husain Haikal, Muhammad Taymur, Mahmud Taymur, Tawfiq al-Hakim, Taha Husain), Milano: Garzanti. • GABRIELI, Francesco, Vacca, Virginia (1976), Antologia della letteratura araba, Milano, Edizioni Accademia. • ZIADA, Mayy (1945): Luci ed ombre, a cura di Francesco Gabrieli, Roma: I.T.L.O. • HAYKAL, Muhammad Husayn (1944): Zeinab, traduzione di U. Rizzitano, Roma: IT.L.O. • TAHA, Husein (1965): I giorni, (I e II parte) traduzione di U. Rizzitano, Roma: Istituto per l'Oriente. • Narratori egiziani contemporanei (1977): a cura di F. C. Barresi, Roma: Istituto per l'Oriente. • Hamzawi, Rashad (1979): Quattro novelle, a cura di L. Bettini, Roma: Istituto per l'Oriente. • Tamer, Zakariyya (1979): Racconti, a cura di E. Baldissera, Roma, Istituto per l'Oriente. • HADDAD, Malek (1960): Una gazzella per te, trad. di Andrea Zanzotto, Milano, Mondadori;

Cuaderno 2 eng  

The translation of contemporany Arabic literature in Europe

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