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Cuadernos ETT Nº 2

lle entre l'Egypte et l'Europe", qui a eu lieu en 1995 au Caire (10 et 11 juin 1995), les participants européens ont parlé de la traduction de la langue arabe dans leurs pays respectifs, et ils se sont trouvés d'accord pour dire que, en dépit des énormes efforts faits dans les dernières années par des maisons d'éditions, l'Europe, au-delà du cas de Tahar Ben Jelloun et de Najib Mahfuz, n'a pas réussi à faire sortir la littérature arabe d'un cercle étroit de quelque amateur ou de quelque survivant tiers-mondiste. Il faut donc faire une autocritique et chercher à comprendre si le résultat de cet "échec" doit être imputé aux experts ou aux éditeurs, qui n'ont pas su encourager le lecteur européen à s'intéresser à cette partie du monde, ou plutôt il s'agit d'un échec provoqué par une politique éditoriale générale, qui suit la "Politique" (avec un /P/ majuscule), et dans ce cas, nous nous rendons compte que nous nous sommes engagés dans la bataille de Don Quichotte. Si nous pouvons récriminer, il nous faut admettre que les dégâts doivent être imputés avant tout aux orientalistes, qui n'ont pas su préparer la nouvelle génération à entrer dans l'actualité, qui n'ont pas été prévoyants et n'ont jamais considéré la traduction comme un moyen de connaissance du monde contemporain. Ils ont condamné tout un peuple, qu'ils avaient d'ailleurs euxmêmes choisi d'étudier, à demeurer dans leur âge d'or dans la conviction que le présent n'avait rien de bon à offrir, et ils ont considéré la langue arabe comme une langue "morte" qu'ils tra-

L'Italie découvre la littérature Arabe: est-ce grâce à Mahfuz?

d'arabe (première année) de l'Université de Naples quelles étaient leurs connaissances de la littérature arabe et des auteurs arabes, puisqu'ils avaient choisi d'étudier cette langue, ils m'ont répondu qu'ils connaissaient les "Mille et une nuit", et ils savent qu'il existe un livre saint qui s'appelle "Coran", mais ils n'ont jamais entendu parler de Mahfuz, ni d'autres écrivains arabes. Ce n'est pas l'Université de Naples la pierre du scandale, mais je peux vous assurer, en partant de mon expérience dans plusieurs milieux italiens de l'école, ou de la presse, etc., que ces constatations sont vraiment très fréquentes et pas seulement chez les étudiants de première année de l'université, mais parfois même chez les intellectuels. Malgré le grand nombre de traductions faites dans les dix dernières années, et malgré l'augmentation de l'intérêt politique pour cette partie du monde, il n'y a pas eu une augmentation proportionnelle du désir de bien connaître le monde arabe et par conséquent sa culture. Il paraît, plutôt, que les informations qui filtrent à travers les traductions, aujourd'hui correctes, soient submergées par la marée d'informations fausses et inexactes que les médias insinuent dans l'esprit du lecteur occidental en général. Mais cette situation ne se limite pas à l'Italie. L'expérience européenne du projet "Mémoires de la Méditerranée", nous a bien montré qu'en Europe il y a les mêmes difficultés et qu'il faut combattre les mêmes stéréotypes, en Suède comme en Italie. Dans une conférence internationale sur la "politique culture-

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Cuaderno 2 eng  

The translation of contemporany Arabic literature in Europe

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