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Trimestriel gratuit

Numéro 1

Novembre 2002

L’ESCOU BO La vie des gens au cœur de notre terroir : Gard rhodanien, Haut-Vaucluse, Drôme provençale, Ardèche méridionale

La genèse du journal e vis en Provence depuis trente années et je peux vous dire que cette région, qui m’a adopté tout de suite, est devenue ma région. Après pas mal de chemin parcouru, je me suis arrêté à Caderousse. Je me suis installé dans une très vieille maison qui se situe au cœur du village. Intéressé par son histoire, je n’ai pas mis longtemps à apprendre que Caderousse avait été le fief de la fabrication du balai pendant des décennies. Et que plus de quarante artisans balettiers avaient permis à plusieurs générations de vivre de cet artisanat. Rencontrer les gens du terroir, écouter leur langue, connaître leur histoire, a toujours été pour moi source de plaisir. C’est pour cela que j’ai choisi comme nom à ce journal: L’escoubo. Il relate le travail manuel, la petite entreprise, la langue des anciens, leurs souvenirs. L’escoubo est aussi, et ceci depuis fort longtemps, l’ustensile le plus utilisé malgré l’arrivée au XXe siècle des aspirateurs et de toute la kyrielle de robots qui, paraît-il, remplaceront un jour l’huile de coude. L’escoubo est donc l’exemple même de pérennité, et c’est tout ce que je souhaite au journal ! Yves Furic

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REPORTAGE Jacques Granier: amour, pain et poésie Entre Jacques Granier et le métier d’artisan boulanger, il est incontestable qu’il y a autre chose. Souhaitant en savoir un peu plus, je joue de malice en prétextant un reportage «très technique» et me fais inviter dans son fournil un matin de production. Maître Jacques me renseigne sur la route à prendre, car, me dit-il, «la ferme est un peu isolée dans la campagne! »

Beaumes-de-Venise: la vendange des bouchons i l’escoubo parle des artisans, des collectionneurs, des passionnés et des artistes, il se veut aussi le porte-parole des gens de cœur. Patrick Psaïla et son équipe en font partie et à la veille du Téléthon, l’escoubo se doit de donner un coup de chapeau à ces hommes et ces femmes

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qui se battent depuis 1991. L’association Espoir-Générosité, qu’ils créent en 2000, organise depuis deux ans ce grand mouvement de solidarité faisant de Beaumes-deVenise la ville n°1 du département en collecte de fonds avec 15 092 € (99 000 F) l’année dernière. (Suite page 2)

Geste ancestral, le défournement offre le spectacle du travail bien fait.

Ça commence bien, moi qui croyais trouver un boulanger au centre d’un village, me voilà dans la brume, à cinq heures du matin longeant les lônes du Rhône de Pierre-

Sigrun Reineking: la nature au cœur de ses créations Au 10, rue Marcel-Fabrigoule, à Villeneuve-lez-Avignon, se trouve une boutique magique. Elle brille de toute sa vitrine même quand le soleil n’est pas là. C’est l’atelier de Sigrun Reineking, l’orfèvre des fleurs. Née en Allemagne, à Hildesheim (Basse-Saxe), elle allait toute petite admirer, devant le grand mur de l’église Saint-Mickael, le rosier millénaire, emblème de la ville.

Elle est sûre que c’est ce rosier qui lui a insufflé l’amour des fleurs. Après des études de secrétariat et après

avoir travaillé pendant quelques années dans des bureaux hermétiques, elle décide d’apprendre la sculpture et le dessin. Pendant six ans, elle sculpte le bois et l’ardoise. Mais, comme on dit en Allemagne: « Leben wie Gott in Frankreich! » (Vivre comme Dieu en France!). Il y a 25 ans déjà, elle commence son voyage initiatique apprenant, d’artisan en artisan, divers métiers artistiques. (Suite p. 7)

latte. Sur l’autre Rive, se dessine le village de Bourg-SaintAndéol. Je croise bien de temps en temps une ferme, mais pas de boulangerie en vue. (Suite page 4.)

En + dans ce numéro La rédaction vous parle, page 3. Mais qu’est-ce que c’est?, page 3. Les remèdes de bonnes femmes, page 5. Festins et ripailles au palais des papes, page 6. Les contes du maset, p. 8. Les mots croisés, page 11.

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ESPOIR-GÉNÉROSITÉ « Une société s’apprécie à l’énergie qu’elle met à combattre le malheur.»

AVIS AUX LECTEURS Novembre  premier numéro de l’Escoubo

Patrick et son équipe sont déjà prêts et souhaitent que le message passe : « Il faut inciter les grandes villes à faire beaucoup mieux que notre modeste petit village de Beaumes-de-Venise.» « Espoir-Générosité », présidée par Patrick Psaïla, a pour but de venir en aide aux associations et ainsi de les inclure dans la grande famille du Téléthon, comme dernièrement l’association des chiens d’aveugle. « Espoir-Générosité », c’est aussi l’envie de sensibiliser les enfants aux problèmes que rencontrent les malades et les familles qui les entourent. En parfaite harmonie avec l’association « Un bouchon, un sourire », parrainée par Jean-Marie Bigard, Beaumes-

de-Venise sera un pôle très important du Téléthon 2002 puisque le fil rouge exceptionnel de cette année donnera rendez-vous tout au long des deux journées aux communes environnantes, afin d’amener dans un grand mouvement de solidarité le plus de bouchons alimentaires plastiques possible et ainsi de pouvoir remplir un grand nombre de barriques chargées d’espoir. Ce grand défi, basé sur la solidarité, la générosité et l’espoir, permettra d’offrir un fauteuil à un handicapé.

3 PROGRAMME DES DEUX JOURS DU TÉLÉTHON de Beaumes-de-Venise Vendredi 6 décembre • Début du fil rouge la Vendange des Bouchons pendant les deux jours. • 20h: défilé de mode à la salle des fêtes.

Pendant les deux jours, vente d’une cuvée spéciale vinifiée par la cave de Beaumes-de-Venise.

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Samedi 7 décembre À partir de 10 h et toute la journée : • Animations au cœur du village. • Activité sportive et démonstration VTT devant la salle des fêtes. • 14 h : lâcher de ballons. • 17 h 30 : loto à la salle des fêtes. • 20 h : repas à la salle des fêtes suivi d’un spectacle avec André Chiron.

Les cris des marchands ambulants dans les rues sont la première forme orale de la publicité. En un temps où la culture est réservée à une classe de privilégiés et où la proportion des illettrés demeure considérable, le criage de leurs marchandises est le seul moyen dont disposent les commerçants pour informer leur clientèle. Toutefois, ces «industries nomades» ne tardent pas à créer une sorte de marché parallèle au commerce établi et les boutiquiers regardent d’un mauvais œil ces itinérants qui transforment la rue en un véritable bazar ambulant et permanent. Tous ces marchands criaient naturellement à tue-tête, chacun d’eux s’efforçant de couvrir la voix de son voisin. À toutes les époques, les mêmes mots reviennent sous la plume des auteurs, qui parlent de cacophonie, de concert monstre, d’infernal charivari, tels les vendeurs de journaux du début du XXIe siècle qui crieront dorénavant: « LISEZ L’ESCOUBO, ALLEZ BRAVES GENS, LISEZ L’ESCOUBO! »


ÉDITORIAL Yves Furic hère lectrice, cher lecteur, je vais vous donner une recette assez simple : Vous prenez l’expérience d’un bon demi-siècle que vous mélangez aux joies passées et futures, vous saupoudrez d’un soupçon de peines et vous obtenez le cocktail de la vie qui offre alors son goût de plaisir. Une seule chose manque pourtant pour que tout soit parfait : en parler ! C’est justement dans ce sens que l’escoubo veut agir. Après plusieurs années à servir nombre de supports de la presse écrite, j’ai eu envie de parler de ceux qui nous entourent : de vous peut-être ou de votre voisin, d’un ami ou d’un parent ; en tout cas de gens qui souvent n’ont pas la possibilité, par trop d’humilité sans doute, ou de timidité peut-être, de parler de leur passion, de leur art, de leur courage ou tout simplement de leurs souvenirs. L’escoubo

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devient leur ami, votre ami et vous pouvez compter sur lui. L’escoubo vous donnera des informations brèves hors des sentiers battus, il vous racontera des histoires : des vraies, des moins vraies, l’escoubo vous donnera la main, vous aurez la possibilité de faire connaître vos textes, vos poèmes. Parfois, l’escoubo donnera un petit « coup de balai » au gré de l’actualité, quand la « poussière » sera trop présente. L’escoubo c’est le petit journal qui ne demande qu’à grandir !

« Le parler que j’aime, c’est un parler simple et naïf, tel sur le papier qu’à la bouche. […]. Je parle au papier comme je parle au premier que je rencontre.» Montaigne Roger Miales, ancien artisan balettier à Caderousse.

Mais qu’est-ce que c’est ?

Cette gravure du début du XXe siècle montre un appareil qui utilise le même procédé.

Voici l’objet qu’il s’agit de nommer. Il s’agit d’un instrument de mesure, mais de mesure de quoi ? Deux indices pour vous mettre sur la voie : – eau – farine

La langue au chat Avant de regarder trop vite la réponse figurant en page 11, sachez que cet objet se trouve à Orange. 3


REPORTAGE Jacques Granier: amour, pain et poésie Suite de la page 1. a brume s’épaissit et ma vision se limite alors à une vingtaine de mètres. Moi qui voulais le surprendre en

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nage, demande une certaine dextérité. Les boules de pâte se transforment comme par magie en une sculpture allongée qui n’attend plus que la chaleur du four.

l’Ardèche lui fournit, un premier four avec une sole de 1 m2 puis un deuxième encore plus grand. De 1986 à 1989, Jacques fabrique son pain et Catherine le vend dans sa petite boulangerie au cœur du village de La-GardeAdhémar. Mais en homme de la nature, Jacques ne veut produire que du pain biologique au pur levain. Il part alors

Le four est à température et dans un geste précis muni de la grande pelle, il enfourne les futurs pains en les griffant avec une lame. C’est sur la sole chauffée à 220°C que le pur levain, la farine provenant exclusivement de l’agriculture biologique, le sel de Guérande et l’eau vont produire leur alchimie. Il utilise de la poudre de noyaux d’olives pour fleurer la pelle à enfourner. Cette technique de fleurage lui vient d’un boulanger du Diois. Vingt minutes et déjà les pains sor-

Le volet du four est relevé afin de vérifier la vigueur de la flamme. arrivant le premier, c’est fichu! Enfin j’arrive au croisement tant attendu ; une pancarte indique : « Ferme de Malaubert ». Comme par enchantement, en approchant de la grande bâtisse, la brume se dissipe. C’est alors que j’aperçois sur le pas de la porte, un énorme sourire accroché aux lèvres, Maître Jacques Granier, artisan boulanger de son état, qui m’invite à prendre en sa compagnie un bol de café revigorant. Je suis arrivé trop tard et le pétrissage lent par respect pour le gluten de la farine est déjà terminé. La pâte est en train de se reposer avant le façonnage. Le chaud breuvage est avalé rapidement et Jacques entre dans le fournil. Ah! C’est sûr, il n’a pas la stature d’un danseur, mais c’est pourtant un ballet qui a lieu devant moi. Tous les pas sont calculés, la gestuelle est précise. La Roberval est prête. Cette balance à deux plateaux est là pour s’assurer du bon poids, mais je peux vous dire que chaque morceau de pâte, que Jacques présente sur la balance, ne demande ni un petit morceau en plus ni un petit morceau en moins, les mains qui déchirent la pâte ont pris la bonne quantité du premier coup. La tourne, plus connue sous le nom de façon4

Jacques précise que trois heures seront nécessaires pour que le pur levain finisse son travail minutieux de l’intérieur. Sa passion a débuté en 1983, juste après une crue du Rhône. Catherine son épouse et lui-même se retrouvent

Résultat d’une matinée de travail, l’œuvre est une réussite. en croisade et trouve une clientèle attirée par la qualité de ses produits. C’est en 1992 que la ferme de Malaubert, la

tent du four, des gestes précis et rapides lient le jeu de la pelle et de la bouche du four qui s’ouvre et se referme don-

Dans un alignement parfait, les futurs pains sont méticuleusement pesés. cernés par les eaux et le four de la vieille cuisinière se transforme pour l’occasion en four de boulanger. Ce déclic l’emmène loin puisque Jacques construit de ses propres mains, sur les plans qu’un vieux boulanger de

maison de ses ancêtres dont la clé de voûte du fournil indique 1860, le rappelle et il entame la construction de son troisième four celui dont il se sert aujourd’hui avec, excusez du peu, une sole de 11 m2.

nant ainsi à cette tâche un rythme avec, en fond, le crépitement des graines de sésame qui éclatent sous la chaleur du four. Chaque geste est un poème. Pain, amour et poésie. Yves Furic


Les remèdes de bonne femme ans les années 1930, voilà ce que l’on préconisait pour traiter les piqûres de frelons, taons, araignées et mouches charbonneuses… Bzzzzz!

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« Faire jaillir le dard ou l’aiguillon de la plaie comme un noyau de cerise pressé entre les doigts en tordant la peau que l’on saisit de toute son épaisseur. Puis, pratiquer une forte succion si possible. Couper une tête de poireau en deux, frotter vivement sur la partie piquée pendant une minute. L’acide du poireau décompose le venin qui ainsi est absorbé et ne peut pas se mélanger au sang. Ainsi il ne se produit pas d’enflure et la douleur cesse au bout de

des feuilles de bardane, soit des feuilles de grand plantain. Avec ces feuilles vertes, ils frottaient vivement sur la piqûre et en cinq minutes, la guérison était complète. Malheureusement, on a oublié la légende qui raconte que les feuilles de plantain et de bardane sortent de la terre au même moment que les vipères et les insectes dangereux. Le crapaud et la vipère se battant en duel, recommencent leur combat après s’être frottés sur les feuilles de bardane ou de plantain. »

Le pain, naguère aguère, la vie des paysans était dure à gagner et l’on n’avait pas toujours un bon morceau à se mettre sous la dent. En témoignent les nombreuses locutions qui se rapportent à ce sujet et qu’on utilisait à propos des pauvres gens: A souvent soun ventre à l’espagnolo! (Il a souvent son ventre à l’espagnole!) Mette pas erand caouvo dins soun fanau! (Il ne met pas grandchose dans son fanal !) Mangeo de bauquo! (Il mange de la paille de litière!) Fa leis dents longuos! (Il fait les dents longues !) Rascloun leis naveous ! (Ils raclent les navets !) Il fallait travailler sans relâche pour gagner son pain. Si, aujourd’hui, le pain est resté le symbole du travail, c’est bien que jadis, il correspondait à une réalité

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matérielle. Il constituait la base de l’alimentation paysanne et se préparait dans chaque foyer. Au milieu du XIXe siècle encore, on pétrissait dans les familles et l’on se rendait au four banal pour la cuisson du pain. Le four était chauffé avec des fascines de ramée de pin ou de chêne à kermès, avec des sarments ou du marc d’olive. Les ménagères ajoutaient souvent des graines de fenouil dans le pain, pour l’empêcher de moisir.

LES PETITS TRUCS DE CES ANNÉES-LÀ:

Illustration pour la fable de la Fontaine Les frelons et les mouches à miel.

deux minutes. D’autres se contentent de prendre un gros morceau de sel de cuisine, de le mouiller avec de la salive et de l’appliquer sur la piqûre. Si la piqûre est dans la bouche, on se gargarise avec de l’eau fortement salée. En peu de temps, le gonflement diminue et tout danger cesse. La guérison est radicale en quelques heures. Dans certaines régions, on se sert uniquement d’une tête d’ail ou d’oignon pour frotter sur la piqûre et la guérir.» Ceci est peut-être efficace mais pour ma part, je préfère ce qui suit : « Nos ancêtres employaient avec beaucoup de succès soit

« Le jus de tomates mûres enlève l’encre et les taches de rouille du linge et des mains.» Mais il n’est pas précisé ce qui enlève le jus de tomates mûres !

Heures d’ouverture: Tous les jours: de 8h à 12h et de 14h à 18h Juillet et août: jusqu’à 19h Dimanche et jours fériés: de 9h à 12h et de 15h à 18h

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Au XIVe siècle, festins et ripailles au palais des papes uand on pense que le chien était utilisé comme premier goûteur au palais des papes en Avignon au XIVe siècle, on imagine que la S.P.A. de l’époque devait être excédée! C’est le pape Benoît XII qui décide de construire le palais vieux et d’y installer une grande cuisine. Au couronnement de Clément VI, des écrits nous expliquent que 600 personnes font partie du festin. Au Moyen-Âge, les banquets sont gratinés, mais pas seulement pour le goût car rien que la présentation vaut le déplacement. On assiste alors à un vrai spectacle. Bien sûr, il n’y a festin que lors de visites de grands personnages comme le roi de France ou encore Jean-le-Bon, mais aussi pendant les grandes fêtes religieuses comme Pâques ou l’Ascension. Tout se passe à la grande tinel. Les tables y sont dressées et disposées en U, avec des listels de nappes brodées ou des longères afin de s’essuyer les doigts. Un point noir pourtant dans l’organisation de ces festins : la loi actuelle sur la parité entre les hommes et les femmes n’était pas respectée puisque, seuls les hommes y sont conviés et ont donc le droit de se repaître. Même les reines ou les impératrices n’ont pas l’autorisation de se mêler au festin.

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PLUS QU’UN FESTIN, UN BANQUET Tout ceci est gargantuesque car un banquet est divisé en services et dans un service, il y a plusieurs plats. On mange des paons comme aujourd’hui du caviar ! Le paon est, à cette époque, un met qui apporte l’immortalité et cette croyance durera dix siècles. Par contre, on mange très proprement : il est interdit de cracher, de se sucer les doigts et de se moucher dans la nappe ! On ne doit pas boire sans y être convié et, avant de porter son verre à la bouche, on se doit de l’essuyer, car, à table il n’y a qu’un verre pour deux. Grosse déception en outre pour nos vignerons, on ne boit pas de Châteauneufdu-Pape mais du bourgogne et pour comble de honte, on coupe le vin avec de l’eau. Les fruits, les légumes, les œufs et la volaille viennent de la région. On chasse le cerf dans la forêt de Domazan, de Tavel et de Monfrin. On mange énormément de poisson d’eau douce que l’on va chercher dans des viviers. Le repas dure quatre heures en commençant par les horsd’œuvre, suivis des lapins et des chaperons pour finir sur les oublis sucrés. Eh oui! À cette époque, les desserts n’existent pas, car le mot « dessert » signifie alors très logiquement « desservir». Bon appétit !

Recette de l’époque par Viandier de Taillevent:

Brouet de daintiers de cerf et cervoisons ou plus dans notre vocabulaire d’aujourd’hui: Ragoût de testicules de cerfs et de daguets

remièrement, fault très bien eschauder et laver en eau boullante les daintiers de cerf et bien cuits puis reffroidis et après taillez par morceaux quarrez ni trop gros ni trop menuz et les frire en sain de lard et mettre en la poelle mêsme du bouillon de bœuf et y mettre du persil effeuillé et de la poudre fine competement qu’il ne soit pas trop fort d’espices. Et pour leur donner liqueur, fault avoir ung petit de cameline ou prendre ung foie ou deux de poulaille et ung petit pain blanc et les couller et mettre en son pot, en lieu de cameline et y gecter ung pou de vinaigre et deffaire ses espices de vin de vertjus les deux partz vertjus et le tiers vin ou en lieu de verjus groiselles et le saller competement.

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Recette écrite en lettres gothiques comme on écrivait à l’époque! Après tout ça, je vous souhaite de bien la réussir et, le moins évident, de trouver les ingrédients sur votre marché! En tout cas, ceci vaut bien trois tiares papales à l’escoubo. Gravure sur bois extraite du livre de cuisine de C. di Messisburgo, Ferrare, 1549.


Sigrun Reineking: la nature au cœur de ses créations (Suite de la première page.) a rencontre avec Pierre fut pour elle le commencement d’une autre vie. Il travaillait le cuir et fabriquait des bijoux en fil tourné. L’idée lui vint alors de s’installer aux Angles, près du vieux village, et pendant dix ans ils bâtirent une petite industrie de bijouterie avec cinquante employés. Ils exposaient dans des salons professionnels dans toute l’Europe et même au Japon. Malheureusement, la conjoncture s’en est mêlée

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et la petite industrie s’est arrêtée. Mais Sigrun Reineking ne baissa pas les bras. Ayant acquis depuis quelques années un petit maset dans la plaine de l’Abbaye, elle lui donne le nom de Pampaligousto, l’habite et se remet au travail. Très vite, elle fit pousser toutes sortes de fleurs : des alysses, de minuscules pensées, des myrtes, des fleurs des champs et tout un mélange de couleurs. Elle voulait les utiliser dans la fabrication de ses bijoux. Toutes les conditions étaient réunies: la Provence, les fleurs, le savoir-faire sans oublier la poésie que Sigrun a dans son cœur. Très rapidement la machine s’est remise en route. En septembre 1992, elle s’installe dans un atelier à la résidence de l’Oratoire. L’amour de la sculpture ne l’avait pas quittée et elle crée

des modèles de bijoux empruntés au monde animal. Ceci lui permit d’étoffer sa collection. D’où vient son inspiration ? « À vrai dire, au début était le chat. Je l’avais suivi pour m’installer dans l’ombre du saule pleureur. C’est un endroit parfait pour travailler. Là, je suis au milieu des couleurs du lis jaune, de l’iris bleu, du géranium rouge et le fenouil noir n’est pas loin. Toutes ces couleurs se diluent dans l’eau du bassin des grenouilles et des

bous. Et pourquoi ne trouverais-je pas un jour un éléphant dans mon jardin?» En juillet 1999, Sigrun ouvrait son atelier boutique du centre ville. Elle rappela sa première main, Michèle, et une très jeune artiste, Vanessa. Les objets sont réalisés en fonte de laiton ou d’étain dorés ou argentés sans nickel. Les décors colorés sont obtenus grâce à une couche d’émail appliquée au pinceau et complétés à l’aide de fines pinces par des fleurs, des pétales, des feuilles et des brins d’herbe préparés préalablement. Une résine claire et très résistante recouvre le tout. Actuellement, une commande pour John Galliano est en cours de finition. Le nom de la société de Sigrun Reineking, Milion Solis, vient du nom d’une minuscule fleur des champs et veut dire en provençal «mille soleils».

Collections «fleurons». De belles fleurs sont enrobées de résine, certaines sont posées sur un filet de mailles de laiton, l’éclat d’or vient des pâtes de verre de Venise.

Un pilulier. De fait, Sigrun n’enferme pas la nature dans la résine, elle la fait découvrir et la montre à la lumière de mille soleils. YF

libellules au milieu de l’écran vert des herbes et des feuilles bruissantes. Les oiseaux que j’ai vus l’hiver, ne quittent plus le jardin. Les arbres, les herbes, les fleurs sont ponctués par le vol silencieux des papillons dont la couleur à l’intérieur de leurs ailes me surprend toujours. C’est le temps des cigales. J’en prends plein les yeux de ces agissements autour de moi pour saisir le moment précis dans un mouvement, dans une attitude. Vers le soir, quand l’air devient plus humide, je devrais surveiller les escargots dans les alysses au milieu d’un fouillis d’herbes : Et une fois le soleil couché, viendra l’heure des belles de nuit qui ouvriront leurs pétales jaunes, tachés de rouge, afin de mieux envoûter les insectes de la nuit. Parfois, le chat ne semble plus dormir et à l’instant même, je découvre une panthère entre les bam7


Les contes du maset par Paul-Alice Clément C’est une rubrique qui raconte des histoires presque vraies des gens d’ici. ’orage vient de cesser. Sur la petite route goudronnée, quelques flaques se sont formées laissant apparaître à la surface de l’eau les ronds grandissants des dernières gouttes de l’averse. Je ferme mon parapluie et marche en direction de la petite maison qui, quelques jours auparavant, m’a émerveillé par sa beauté. Cette fin de mois d’août, pluvieuse et caniculaire à la fois, a permis à la végétation, comme dans les forêts tropicales, de grandir, de s’étoffer et de verdir à une rapidité telle que je ne reconnais pas tout de suite l’endroit. Je sors mon appareil photo de son étui et mitraille la maisonnette sous tous les angles.

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L’orage vient de cesser. Sur la petite route goudronnée, quelques flaques se sont formées laissant apparaître à la surface de l’eau les ronds grandissants des dernières gouttes de l’averse. Je ferme mon parapluie et marche en direction de la petite maison qui, quelques jours auparavant, m’a émerveillé par sa beauté. Cette fin de mois d’août, pluvieuse et caniculaire à la fois, a permis à la végétation, comme dans les forêts tropicales, de grandir, de s’étoffer et de verdir à une rapidité telle que je ne reconnais pas tout de suite l’endroit. Je sors mon appareil photographique de son étui et mitraille la maisonnette sous tous les angles. 8

Elle se trouve dans la plaine de l’abbaye de Villeneuvelez-Avignon, entre le Rhône et le fort Saint-André. Derrière elle, au nord, une pommeraie dont les arbres croulent sous le poids des fruits. Plus loin, une haie de cyprès la protège des colères du mistral. Devant, une prairie comme on en voit en Normandie : une herbe grasse et des fleurs de luzerne mélangées à des fleurs de pissenlits lui font un tapis vert, bleu et jaune. Sur les pentes du toit, des tuiles rondes descendent pour ne s’arrêter qu’à seulement un mètre du sol. Un tuyau de poêle rouillé en sort et défie les lois de la verticalité. Les murs en pierres grises abritent des familles de lézards et d’escargots. Au-dessus de la porte en planches, rongées par le temps, prennent appui des cornières qui se prolongent et débordent des limites du mur pour former une tonnelle où s’étend et s’agrippe une vigne dont les grappes noires offrent aux oiseaux des grains craquants et juteux ; jamais je n’en ai goûté d’aussi bons. Le mur de l’est est caché par un vieux figuier dont les branches tortueuses forment une main gigantesque qui protège les pierres des rayons du soleil. Bon sang! Qu’elle est belle cette maisonnette! Si je connaissais le propriétaire et bien sûr, si elle ne lui servait plus à

rien, je lui demanderais l’autorisation de m’y installer et ainsi je pourrais goûter à la quiétude du lieu qui m’inspire déjà. Je décide de rechercher le précieux propriétaire. C’est étrange ce que je ressens à ce moment, j’ai l’impression d’y habiter depuis toujours et la soif de connaître toutes les histoires qui tournent autour de ce petit paradis, me rend euphorique. Le parapluie sur l’avant-bras, la sangle de l’appareil photographique sur l’épaule, je continue ma route dans l’espoir de rencontrer une âme qui voudrait bien me renseigner. Tête basse, faisant attention à ne pas marcher dans une de ces flaques d’eau qui aurait vite fait de me mouiller les chaussures jusqu’aux chaussettes, je m’arrête un instant devant une procession de fourmis qui, profitant d’une accalmie, transportent des graines glanées sur le champ de blé déjà moissonné à cette époque de l’année. Au croisement de la route et d’un chemin de terre, j’entends des voix et décide d’avancer dans leur direction. Passée une haie de cannisses, j’aperçois, à une bonne vingtaine de mètres, deux hommes accoudés au capot d’un tracteur que l’on utilise pour passer dans les rangées de vignes. Ils détournent leur regard et s’arrêtent instantanément de parler en s’écartant de l’engin comme si leur patron venait d’arriver et les prenait en flagrant délit de ne rien faire: – Bonjour messieurs! – Adieu! –Connaissez-vous le propriétaire de la petite maison qui se trouve devant le champ de pommiers ? Là-bas après le croisement. Les deux hommes s’interrogent. Au bout de quelques secondes le départ est donné et plus rien ne les

arrête. La discussion démarre d’abord sur le fait que ce n’est pas une petite maison mais un maset. C’est là où les agriculteurs rangent leurs outils et où au temps des chevaux et des mules, ils prenaient un peu de repos, pour eux et pour la bête. Ceci dit, ils me disent qu’à leur connaissance, personne n’y a habité; sauf peutêtre, il y a de cela deux ou trois ans, un clochard y aurait séjourné sans même l’accord du propriétaire. Ah ! nous y voilà; je vais enfin apprendre le nom de celui-ci. Mais c’est mal connaître les deux hommes. Deux agriculteurs nés dans le village dont les familles y vivent depuis moultes générations. L’un s’appelle Pilou et l’autre Gagnac, je pense que pour le premier, c’est un sobriquet et pour le second tout simplement son nom de famille. Pilou, né dans la ferme de son père qui lui aussi est né dans la ferme de son père qui lui… et ainsi de suite jusque bien avant les papes d’Avignon, me cite le nom de tous les propriétaires terriens de la région comme s’il lisait le cadastre. Gagnac, qui ne travaille la terre que depuis qu’il est à la retraite de l’administration des douanes, est né aussi dans la région et montre son désaccord aux dires de Pilou quant à l’appartenance des terres et de celui qui les travaille. Finalement, au bout d’une bonne heure de discussion et de palabres, ils arrivent à me citer un nom. Un nom que j’inscris rapidement sur une feuille de papier: «le père Boutin». – Merci beaucoup, messieurs! Je vous dois quelques explications concernant ma question. – Oh ! vous savez, me dit Pilou, ce sont vos affaires ! Mais, voyant bien dans leurs yeux la petite flamme de la curiosité qui brille, je me présente: – J’habite à Villeneuve depuis peu…


Et je continue ainsi leur expliquant que, lors d’une ballade, ce maset m’avait émerveillé et que, moyennant un peu d’entretien, j’en ferais bien mon petit havre de tranquillité et de réflexion, afin d’y écrire quelques histoires : – Vous écrivez l’histoire de Villeneuve? demande Gagnac. – Non, surtout pas ! Et d’ailleurs, c’est peut-être déjà fait ! Non, non, je collecte parci par-là des souvenirs, des anecdotes qui appartiennent à tout le monde. – Eh bé, vé! dit Gagnac, vous en voulez une d’histoire? – Avec joie ! À condition que je ne prenne pas trop de votre temps et que je ne vous empêche pas de travailler. – Oh ! le travail vous savez, quand on sera tous là-haut, les arbres pousseront quand même, alors, on a bien le temps de discuter un peu!

Ci-dessus : au Moyen Âge, comme à la chartreuse de Villeneuve, les moines exerçaient une importante production de livres manuscrits. Ici, cette belle sculpture sur ivoire (vers 960) représente saint Grégoire écrivant sous la dictée du Saint-Esprit qui, sous la forme d’une colombe, lui murmure à l’oreille la parole divine. En-dessous, trois scribes du monastère écrivent avec des plumes d’oie, celui du centre tenant une corne contenant l’encre.

Et ainsi, à l’ombre d’une rangée de cyprès, nous nous asseyons sur la murette du petit pont qui enjambe le ruisseau d’irrigation. Gagnac regarde vers la chartreuse et commence son histoire.

CAVE LES COTEAUX DE VISAN

LE DERNIER VOYAGE DES CHARTREUX endant très longtemps, la chartreuse de Villeneuve abrita des moines qui vivaient le plus simplement du monde en suivant les règles de saint Bruno. Dans le monastère, au centre du cloître, il y avait un cimetière. C’était une grande pelouse telle qu’on la voit encore aujourd’hui. Seulement, ce cimetière n’avait qu’une croix. Eh oui! mes amis, une seule croix, car à cette époque, lorsqu’un moine mourrait, on l’ensevelissait enveloppé dans un simple drap, et après avoir enlevé la croix de l’emplacement où avait eu lieu la dernière inhumation, on la replaçait sur le dernier défunt. De ce fait, une seule croix suffisait dans le cimetière de ces braves moines. Mais bien sûr, il y a fort longtemps de cela. Depuis cette époque, au fil du temps, la croix reçut des milliers d’averses, des milliers de coups de vent et peut-être même des milliers de coups d’incisives de quelques taupes qui l’auraient trouvée sur leur chemin. En tout cas, la croix disparut, avalée par la nature. Or, il y a de cela deux ans, les monuments historiques vinrent pour redonner un semblant de vie à ce grand monastère. Vous pensez bien que pour les maçons, les terrassiers, enfin tous les corps de métiers qui travaillaient à la restauration de la chartreuse et surtout du cloître, il était très difficile d’imaginer que là, en dessous, dormait toute une compagnie de moines. Seuls

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Un lieu unique où l’on cultive l’exception BP 22, 84820 VISAN - TÉL. 04 90 28 50 79 isan teaux » de V cave « Les Co la de s on er Les vign à déguster vous invitent ne primeur, hô -R leur Côtes-du stagnade, tour d’une ca au , au ve ca au heures. vembre à 18 samedi 23 no

les historiens, les conservateurs, les chercheurs et je ne sais qui encore, savaient qu’il y avait un cimetière. Mais, et vous le savez aussi bien que moi, ici dans notre région, quand le mistral nous taquine avec la poussière, quand le soleil tape fort, ce n’est pas très agréable. Eh bien ! Ne souhaitant pas supporter les petits caprices de notre Provence, tous ces cerveaux qui venaient de la ville, habitués à leur bureau climatisé, s’en sont allés. Ils laissèrent donc les braves ouvriers sans recommandation précise et surtout sans surveiller l’avancement des travaux. Le va et vient incessant des camions qui allaient vider les gravats

dans la décharge dura des semaines à tel point que les vieux du village se demandaient si, plutôt que de la restaurer, on n’enlevait pas la chartreuse. Un jour, alors que le chantier arrivait à sa fin, le vieux Simon : – Tu le connais, Pilou, ce petit terrain, au bord du canal ? Eh bien ! Le vieux Simon arrêta les camions et demanda aux chauffeurs s’il était possible de venir vider la belle terre sans caillou dans un gros trou qui se trouve dans ce fameux petit terrain. – Et ils ont accepté? – Tu parles qu’ils ont accepté! Ils étaient trop contents de raccourcir les trajets et c’est une dizaine de camions qui vinrent vider leur benne. 9


– Oh ! vous savez, aujourd’hui, avec de la bonne terre et un engrais approprié… ça pousse vite! – Ah! ça pousse vite. Et il faut creuser profond pour avoir la bonne terre… pour que ça pousse… très vite? – Oh ! vous savez, aujourd’hui, avec le tracto-pelle ça va vite. On a enlevé cinquante centimètres de gravats ensuite on a retiré un bon mètre de terre caillouteuse et à la fin cinquante centimètres de bonne terre, mais… (le jardinier se gratte la tête) bizarrement grise. – Tu parles ! Bizarrement grise… Je sais moi pourquoi la terre était… bizarrement grise! – Non! dit Pilou, ne me dis pas que… – Eh si! mon vieux Pilou, je te le dis. Ce sont bien les pauvres moines qui ont voyagé dans les derniers camions… Vous vous rendez compte?

– Mais dites-moi ! dis-je à Gagnac, comment ce fait-il que les camions avaient de la bonne terre alors qu’auparavant ils transportaient des gravats ? – Ah ! je l’attendais celle-là. Moi aussi je me suis posé la question et me suis renseigné. Une après-midi, alors que la chaleur avait inondé les rues et que les Villeneuvois se reposaient bien au frais dans leur maison, je pris le chemin de la chartreuse. L’air de rien, je pénétrai sur le chantier où travaillaient encore des jardiniers qui finissaient de planter quelques fleurs et arbustes pour peaufiner le travail de restauration qui, ma foi, était fort bien réussi. L’un d’eux ratissait autour de la nouvelle pelouse du cloître. – Quelle belle pelouse ! lui dis-je, mais comment, en 10

cette saison sèche, arrivezvous à faire pousser le gazon aussi vite et aussi vert? Appuyé sur le râteau, le jardinier, apparemment fatigué par une longue digestion, me donna la réponse:

Gagnac indique alors le petit bois du vieux Simon et prend un ton mélancolique: Ils sont là! Oh, je ne sais pas s’ils y sont tous! Mais en tout cas, je sais que c’est là, car à cet endroit… (Gagnac se met alors à chuchoter) j’ai déjà entendu des choses. Pilou sourit ironiquement: – T’as entendu des choses, t’as entendu des choses. Mais quelles choses?

– Si je te dis que j’ai entendu, c’est que j’ai entendu, maintenant si tu ne me crois pas… Viens à la tombée de la nuit sur le chemin! Sur ce, Gagnac s’en va un peu fâché en marmonnant lui aussi des choses bizarres. Je n’aurai jamais dû lui parler ainsi, dit Pilou. Finalement il a peut-être raison. En tout cas, ce n’est pas moi qui viendrais la nuit pour vérifier. Alors se tournant vers moi : – Pourquoi ne venez-vous pas ? Ça vous ferait une histoire de plus à raconter. Allez! Je vous taquine, à bientôt quand vous viendrez dans votre maset! Pilou monte sur son tracteur, tire plusieurs fois sur le démarreur et s’éloigne sur la petite route. La chaleur a repris de la vigueur. Dans le pré, en face de moi, les grillons s’en donnent à cœur joie. Les abeilles, les guêpes bourdonnent à mes oreilles. Une compagnie de fourmis tire un coléoptère qu’elles viennent de trouver. Je me sens bien, seul avec la nature, seul ? … Hum ! … Sauf si j’entends des choses. Mais ça, une nuit peut-être si j’ai un peu plus de courage. (Dans le prochain numéro, un autre conte du Maset.)

Une seule croix suffisait dans le cimetière de ces braves moines.


L’ESCOU BO

Les mots croisés de Jeannine Poirier

La vie des gens au cœur de notre terroir

Trimestriel Numéro 1, novembre 2002

Directeur de la publication, rédacteur en chef, publicités: Yves Furic e-mail: yvesfuric@aol.com Téléphone : 04 90 51 98 66 Fax : 04 90 11 98 84

Conception graphique, typographie, mise en pages et suivi de fabrication: Atelier Perrousseaux La Tuilière 04110 Reillanne Téléphone : 04 92 76 49 41 Fax : 04 92 76 42 50 e-mail : yves.perrousseaux @wanadoo.fr Site: www.perrousseaux.com

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Horizontalement 1 Règle la mesure. 2 Jolie teinte d’été. Pronom. 3 Dans l’œil ou dans un vase. Enfile. 4 Refusa. Note à améliorer. Patrie d’Abraham. 5 Corps simple solide. Ennui. 6 Cèdes. 7 Clair. À éliminer. 8 Troussées. 9 Petites ruses. Appris. 10 Dépravée. Verticalement A Grand nombre. Initiales sacrées. B Soûlographie. Sous fa. C Sport motorisé. L’artiste le craint. D Met recherché. Phase de lune toute retournée. À l’envers les pieds dans l’eau. E Langue du midi. Prénom féminin. F Unité. Monnaie. G Retire. Il y fait chaud. H Deuxième personne. Longtemps. I Einsteinium. Gouttelettes. J Féminin ou masculin. Dieu guerrier.

Réponse : Mais qu’est-ce que c’est ? La photographie représente un compte-tours de moulin à eau.

Remerciements particuliers à Yvan Schwartz et Jacques Granier pour leur encouragement.

Le caractère typographique utilisé pour le corps de texte et les titres de ce journal est Le Monde Courrier, créé en 1999 par Jean-François Porchez.

Le parler que j’aime, c’est un parler simple et naïf, tel sur le papier qu’à la bouche. Je parle au papier comme je parle au premier que je rencontre. Michel de Montaigne (1533 - 1592)

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Deuxième ou second ? On emploie « deuxième » quand l’énumération peut aller au-delà de deux : la deuxième République, le deuxième quart d’heure. On emploie « second » quand l’énumération s’arrête à deux: La seconde mi-temps, le Second Empire. On ose espérer que la seconde guerre mondiale restera bien la seconde !

La poulie supérieure était entraînée par une courroie en liaison directe avec l’arbre principal de la roue à aubes. L’axe en tournant créait une force centrifuge qui entraînait les masselottes. Celles-ci en s’écartant déplaçaient une bague le long d’un axe vertical qui montait avec la vitesse. Par un jeu d’engrenages, l’aiguille tour-

nait sur un cadran et indiquait ainsi la vitesse de la roue. Certains compte-tours étaient équipés d’une cloche réglable fixée sur l’axe des masselottes afin prévenir le meunier dès que la vitesse était trop importante. Cet objet se trouve au Moulin de l’Espérance, Ets Giral, à Orange.

Charade Mon premier retient le chien. Mon deuxième maintient la tête. Mon troisième n’est pas laid. Et mon tout est entre vos mains. Réponse : Laisse – Cou – Beau. L’Escoubo

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Toutes vos suggestions sont les bienvenues. Écrivez-nous : L’ESCOUBO 9, rue Saint-Louis 84860 Caderousse

Yves Perrousseaux

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L’Atelier Perrousseaux c’est d’abord la réalisation de brochures, de livres, d’annonces-presse, etc. En adéquation avec les sujets à traiter, la mise en pages se caractérise par sa lisibilité et la maîtrise de la typographie. Par exemple, L’ESCOUBO est mis en page par nos soins. Quelques références Lafarge, Prégypan, Poclain, IBM France, Générale Sucrière, le groupe PPB, Pinet Industrie, L’Occitane, Pépinières Jacques Briant, le CDTL 04, le Crédit Agricole 04, les Éditions de l’Équinoxe.

L’Atelier Perrousseaux c’est également un éditeur d’ouvrages de culture typographique et graphique, dont certains sont devenus des références dans le monde francophone.

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L'escoubo n°1 - novembre 2002  

La vie des gens au coeur de notre terroir : Gard rhodanien, Haut-Vaucluse, Drôme provençale, Ardèche méridionale