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◊ École Supérieure d’Art de Lorraine

Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique 2016


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Alicia Gardes

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Déborah Lavot

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Lucie Morel

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Ophélie Seigneuret

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Alexandre Talfumier

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Camille Bertagna

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Cassandra Bizzini

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Altay Dagistan

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Joana Henni

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Timothée Ostermann

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Maxime Piette

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Mathilde Poncet

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Sarah Szumilas

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Salomé Thiriet

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Marie Thomas-Steimetz

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DNSEP ART

Thomas Clémente

MENTION DISPOSITIFS MULTIPLES

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MENTION SYSTÈMES GRAPHIQUES ET NARRATIFS

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Laura Battistella


Coup franc — Juin 2016 : les diplômés de l’École Supérieure d’Art de Lorraine préparent leur exposition de fin d’année. Ils conçoivent ensemble l’accrochage d’une sélection de leur projet de DNSEP, ils se concertent à propos du titre de l’évènement et choisissent l’image de sa communication. Ils s’affairent joyeusement à l’écart des bilans des autres promotions de l’école, et s’amusent à entretenir un certain suspens avant de prendre possession de la galerie et de dévoiler leur entreprise. Jusqu’à ce moment, toutes les équipes de l’ÉSAL ont accompagné les artistes en devenir avec bienveillance, confiance et exigence. Elles seront bientôt invitées à partager avec plaisir et satisfaction un moment d’émancipation de ceux qui ne sont désormais plus étudiants. L’exposition des diplômés s’appelle Coup franc. Je ne suis pas en mesure de faire le lien avec le monde du football, mais j’apprécie à ma façon ce titre court qui claque à l’oral et ponctue d’une sonorité affirmée les parcours sensibles et singuliers de chacun. Après cinq années d’expérimentations, de prises de risques et de choix, les étudiants sont allés droit au but : l’affirmation artistique de leur rapport au monde. Et l’affiche de l’exposition Coup franc est un dessin de Timothée représentant des personnages sortant de l’ÉSAL à plusieurs endroits du bâtiment, les bras en l’air, comme le feraient les membres d’une équipe victorieuse. La balle est dans leur camp.

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Nathalie Filser Directrice de l’EPCC ÉSAL – Cefedem et de l’ÉSAL, site de Metz


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ART MENTION DISPOSITIFS MULTIPLES

Laura Battistella Je développe une pratique et une réflexion prenant corps au travers de représentations subjectives d’états, d’impressions, d’espaces et d’instants perçus ou vécus. En mettant en jeu mes propres incertitudes et le caractère ambivalent des choses, mon travail questionne nos existences, avec poésie et incongruité. Le corps y occupe une place centrale, c’est un référent, une interface entre soi et le monde. Le rapport complexe au monde se dessine, traversé par le doute comme sentiment inconfortable mais aussi moteur, en mouvement. Cette idée du doute se manifeste pourtant comme des évidences, traversées par la conscience même de cette incertitude, à travers des formes familières et déconcertantes à la fois. Cela nous renvoie à nous-même, comme une contradiction intuitive, cherchant une place authentique et singulière au monde. T. + 0032 477 48 55 71 — lau.battistella@gmail.com rue des Capucins 55, 1000 Bruxelles Belgique


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NÅ“uds, 2014


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— Sculpture vivante, 2016


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— Sans Titre, 2015 — page suivante : Les amants, 2015


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— Entre deux chaises exactement, 2015


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ART MENTION DISPOSITIFS MULTIPLES

Thomas Clémente Dans un travail protéiforme (peinture, dessin, sculpture, ambiance sonore, photographie, vidéographie), qui décline des environnements à la temporalité trouble et qui amène le spectateur à s’interroger sur la vérité même de ce qu’il perçoit. Les œuvres nous renverrons à la fois au familier, au connu en même temps qu’elle amène le regard à un point de fracture du réel. Poussée au seuil du virtuel et du merveilleux ces œuvres vont questionner notre sens de la réalité dans sa relation à l’histoire. Entre fascination et inquiétude, les œuvres semblent vouloir restaurer la mémoire de choses disparues. Les croyances et les représentations qui ont modelés l’histoire de l’homme, pour mieux interroger notre degré de présence au monde actuel. T. 06 71 66 62 69 — thomas.clemente57@orange.fr 43, rue Principale 57 530 Ars-Laquenexy


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— Casque en résine acrylique et pierre noire 2016


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Peinture à l’huile iridescente sur toile sous verre, 2016


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Méta acte 1 TV, trépied, parasol déporté, moustiquaire, Vidéo 2016


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— Dessin rupestre, pastel sur papier, 2016


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— Sculpture en pierre, médium, acier, polycarbonate découpé au laser, 2016


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ART MENTION DISPOSITIFS MULTIPLES

Alicia Gardes Je travaille autour de l’image et des passerelles qui se créent entre photographie, vidéo et cinéma, entre image fixe et image mouvement. Par le biais de dispositifs, prenant la forme d’installations ou de courts-métrages, je crée de nouvelles manières d’aborder la narration, sollicitant toutes sortes de langages possibles hors des mots. Ce qui est au-delà de la parole m’intéresse, car c’est le lieu de l’indicible, du pulsionnel, de l’affect. Je considère que l’image peut être hypnotique et mystérieuse. C’est un moyen pour moi d’amener le spectateur à s’immerger dans ce qu’il regarde. Deux notions importantes traversent mon travail : la figure de la jeune femme et du désir et la quête d’intensité. Dans l’ensemble de mes projets, mes personnages sont de manière symbolique ou allégorique, dans une quête d’intensité existentielle. Par une série de rites initiatiques, ils éprouvent le monde, dans une perspective poétique ou immersive. La figure de la jeune fille m’intéresse car je la considère comme un territoire ouvert aux possibilités : c’est une métaphore de l’altérité. Je pars de cette figure lisse et préfabriquée pour la transformer. Elle est proie, elle deviendra chasseur. T. 06 28 71 06 94 — g.alicia@gmx.fr 8, place du général de Gaulle 57 000 Metz


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— Vue du diplôme (dialogue et inventaire de gestes) — page suivante : Détail de l’installation Inventaire de gestes, série de 6 tirages photographiques sur rhodoïd, dimensions variables, 2016


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— Épiphanies, installation, projection de vidéos en mapping sur des plaques de plexiglas, 2016 — El dia de l’os, Court métrage docufiction 8 minutes, 2016


— Dialogue, diptyque de photographies argentiques dans des caissons lumineux, 100 x 70 cm, 2015

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— Sur le dos du Taureau, Court métrage / clip expérimental, 9 min 20, 2015


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ART MENTION DISPOSITIFS MULTIPLES

Déborah Lavot Partir, voyager, découvrir. Prendre son sac à dos et aller, se perdre parfois, mais continuer à marcher. Interroger la notion de rencontre, avec le territoire, avec son prochain, avec soi-même. Explorer l’ailleurs, dépasser des frontières, prendre des risques. Puis revenir et poursuivre. Toujours en lien avec l’autre, créer des installations mobiles et autonomes qui surprennent et invitent à la rencontre. Espaces de convivialité et d’échanges, espaces des possibles. À la frontière de la performance, mais toujours dans l’action. À l’image des ponchos réalisés, « l’art c’est le risque » ! dborala@gmail.com


— La charrette à brochettes. Déambulations dans les rues bruxelloises et réalisation de brochettes avec les habitants, 2015


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— Sur la route…, conférence performée, réalisée lors de Vision au Palais de Tokyo, avril 2016


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— Comptoirs d’ailleurs, installation sonore performée, qui mêle souvenirs et voyages, 10 minutes, 2016


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— Comptoir de philosophie, installation performative mobile, janvier 2016

— Le crabe, construction mobile et autonome, à la fois espace d’exposition et de discussion, avril 2016


— L’art c’est le risque, ponchos de pluie en plastique blanc réalisés à l’occasion du diplôme, 2016


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ART MENTION DISPOSITIFS MULTIPLES

Lucie Morel Je m’interroge sur notre rapport aux conventions sociales dans nos comportements au quotidien, nos considérations entre norme et marginalité, entre l’être et le paraître, entre l’être et le « censé être ». C’est en puisant la matière dans mon quotidien, à travers les notions d’image (de soi/ des autres), de mise en scène et de personnage et par un regard humoristique et léger d’un côté, et plus grave et inquiétant de l’autre, que je constitue un ensemble créant ma mythologie personnelle. lucie.morel11@orange.fr


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— Mythologie personnelle, série de photos-collages, intégrée dans un album photo traditionnel, format 10/15 cm, 2016


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— Happy Hour, série de 3 dessins, impressions numériques d’après originaux, crayon de papier et craie grasse, 75/110 cm, 2016


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— Photo de profil, série de 12 dessins, papier carbone et tampon, 45/60 cm, 2015


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— FOU-rire, installation de 19 dessins originaux sur pendoir à vêtement circulaire en métal 40/55 cm, 2016


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— Salle d’attente, installation performance, papier peint selfies, masques et édition Dent noires, 2016


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ART MENTION DISPOSITIFS MULTIPLES

Ophélie Seigneuret Depuis toute petite, je dessine sur des post-its ou des petits carnets Maximo que mon papy me donnait en cadeau. Il travaillait là-bas et en avait plein, c’était son petit plaisir de me les offrir. Je préférais les stylos bic, plutôt que les stylos qui bavent, je n’ai jamais été très soignée quand je dessine. J’avais aussi des cahiers de coloriages Disney, dans lesquels parfois, je coloriais des princesses avec des feutres ; mais j’ai finalement arrêté lorsque je me suis rendu compte que mon père coloriait aussi mes princesses en faisant des lignes parfaitement parallèles qui formaient un ratissage déconcertant de couleur. Depuis toute petite je disais que je voulais être peintre ou dessinatrice. Une fois la maîtresse m’a demandé : « Mais, peintre en quoi ? Peintre en bâtiment ou artiste peintre ? » Dans ma tête ça avait sonné comme : «Mais peintre en quoi ? Tu veux colorier des princesses comme le faisait ton père ou tu veux dessiner sur des post-its au stylo bic ? » Mon choix était fait. T. 06 22 84 38 47 — ophelie.seigneuret@gmail.com 21, place du Quarteau 57000 Metz


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— Watch me if you can, installation, 2014 — pages suivantes : Dom’ court métrage, 11 minutes, 2015


— Reliques, série de dessins 160 x 100 cm, graphite sur papier dessin 200 g, 2014

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— American dream, court métrage, 8 minutes, 2016


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ART MENTION DISPOSITIFS MULTIPLES

Alexandre Talfumier À travers un terrain de tennis, un tronc d’arbre, un voyage, une montagne, un œuf sur le plat, une table, une lettre, un mot, un objet, une forme, je crée des assemblages qui deviennent des architectures. Ces architectures, ce sont mes espaces de jeux. Dans ces espaces de jeux, j’invente mes règles, mon vocabulaire, mon langage et je m’amuse, je doute, je réussis, j’échoue, je réfléchis, je ne pense à rien, j’essaie, je ne fais rien. N.B. : ne pas sous-estimer le pouvoir distrayant du toboggan. T. 06 27 94 46 98 — alexandretalf@gmail.com 301 c avenue Colmar 67100 Strasbourg


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J’savais pas cuisiner alors j’ai dessiné, série de trois dessins, rotring 0,1 mm 50 x 70 cm, 2015 — Roland Garros ; 0-15. Silence dans le cour, gazon synthétique, tasseaux en bois, balle de tennis, dimensions variables, 2016


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— TOTO, édition multiple, support papier, impression laser, 21 x 29,7 cm, 2015 — page suivante : Enfin libre ! médium, tasseaux en bois, plexiglas et papier, 50 x 70 cm, 2016


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— Aires de jeux, tasseaux en bois et cadres, mine de plomb, dimensions variables, 2016


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— Pic-à-seaux, pic et seau métallique, 200 cm de hauteur, 2014


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ART MENTION SYSTÈMES GRAPHIQUES ET NARRATIFS

Camille Bertagna Inventer des histoires. Refiltrer le réel. Manipuler des personnages. Des personnages, Grotesques, Marginaux (malgré la volonté d’être Monsieur tout le monde). Ils vivent des échecs. Ils ont des problèmes pour communiquer et vivre ensemble. Un quotidien, Une mémoire, Parfois, absurde, Sac-ca-dée, Drôle, Lamentable, Décousue. Un besoin de contrôler pour rendre les choses moins vastes et inconnues, Se persuader qu’on avance. S’enfuir dans la vie des autres, Aller-retour régulier entre le lointain et soi-même, Comprendre. S’écrire à la troisième personne, pour prendre de la distance. Mettre en scène sa propre vie sous forme d’auto-fiction. Utiliser le dessin, Utiliser le texte. Deux choses qui s’alimentent mutuellement, Deux nécessités. T. 06 82 26 70 64 — cam.bertagna@gmail.com 20, rue des Tanneurs 57000 Metz


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— ci-contre : Mon chat taigne animation, 2015

— page précédente : Les petites voix animation, 2016


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ART MENTION SYSTÈMES GRAPHIQUES ET NARRATIFS

Cassandra Bizzini Culte du souvenir – Peur de l’oubli Tout d’abord, je dois dire que j’ai toujours eu un problème avec l’oubli. Assimilable à la perte et à l’absence, c’est autant de termes qui résonnent avec la peur. Et à l’heure où tout est fabriqué autour de nous pour conserver cette vision angoissante de l’oubli, pouvons-nous en tirer d’autres dénouements ? Matière impalpable et spirituelle, le souvenir est une bribe immatérielle qui parfois s’extirpe de notre mémoire pour venir jusqu’à notre conscience. Il constitue une part inhérente du patrimoine personnel de chaque individu et c’est pour cela qu’il nous est cher. Sans souvenir, pas d’identité, il forge le noyau le plus intime de notre être et édifie le lien entre tous les moments de notre existence permettant de leur donner un sens. il pénètre et altère nos émotions pour en finalité bâtir notre personnalité. Son omniprésence rythme de façon inconsciente nos choix et nos actes. Son aspect fantomatique, qui nous échappe parfois et que nous avons du mal à dompter, nous a conduit, au fur et à mesure du temps, à créer des supports visant à servir notre mémoire. La photographie, la vidéo, les stockages numériques, mais aussi l’écriture et le dessin sont autant de prothèses nous permettant – croit-on – de repousser l’oubli. cassy.b@hotmail.fr


— Mme Blanrue

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— Mme Mazette

Mme Tarchini


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— Au fil du souvenir, pull tricoté par 12 grands-mères, 600 x 500 mm, laine, vidéo 7’46, 2016


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— Smell Snapshot, captation d’odeurs, fioles de verre, boîtes kraft, 70 x 100 mm, 2016


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ART MENTION SYSTÈMES GRAPHIQUES ET NARRATIFS

Altay Dagistan Pourquoi existe-t-il l’existence ? Que se passe-t-il après la mort ? Qu’y a-t-il autour de la Terre ? Que faire avec les souvenirs du passé ? La mémoire est l’humanité du temps. Le passé est parti, il n’existe plus. Le présent n’existe pas et le futur n’arrive jamais. Grâce à notre mémoire, nous comprenons que le temps passe, en comparant l’avant et l’après. Nous créons des souvenirs dont nous pouvons nous rappeler quand on veut. Grâce à nos esprits, nous pouvons voyager dans le temps. Le passé existe seulement dans notre mémoire et par les traces que l’on laisse sur Terre. Ces traces de notre existence restent sur les objets (photos, cartes postales, architectures…). Mon envie de faire revivre le passé m’amène à chercher ces traces. Je suis un graphiste auteur-éditeur. Dans mes éditions, je raconte des histoires à l’influence d’existentialisme, avec des photos de famille. Les histoires sont parfois vraies, parfois inventées. Je m’intéresse au côté social du temps, à la manière dont les gens ont appris à vivre avec. Mon projet soulève des questions sur l’existence et fait aussi une critique du système. Il nous permet également de s’interroger sur la structure sociale d’aujourd’hui. altaydagistan@gmail.com


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ART MENTION SYSTÈMES GRAPHIQUES ET NARRATIFS

Joana Henni Avec l’arrivée d’Internet et l’évolution des mœurs, il est plus simple de se mettre à la place du bourreau ou de sa victime. D’être inconsciemment présent à une scène violente et de ressentir les derniers effroyables instants de celle-ci. Je questionne la représentation de la violence dans les médias au sein même de notre société. Vous êtes-vous déjà posé la question de la manière dont les images nous absorbent et nous attirent ? Dont l’insoutenable et l’obscène nous repoussent ? Vous qui regardez la télévision, vous qui surfez sur Internet et dont la pupille capte environ trente images par seconde, que faisiez-vous précisément le 11 septembre 2001 ? Les actes de barbarie, les prises d’otages, les génocides, le terrorisme, autant d’étapes de violence qui chaque jour envahissent notre quotidien et marquent nos esprits. J’ai pour habitude de travailler sur la réinterprétation de ce qui me choque, aussi bien par l’image que par le texte, afin de pouvoir constater s’il se produit un rapprochement ou à l’inverse une mise à distance. Je travaille avec la société (source première de création), sur la société (sujet principal) et dans la société (compréhension et analyse). Ce sont par les images violentes qui me marquent et m’influencent ainsi que par mes expériences en tant que spectateur que je produis une œuvre. T. 06 98 33 09 56 — joana_henni@hotmail.fr 17 rue Fabert 54000 Nancy


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— Post hard, série de 10 cartes postales, 150 x 100 mm — À copier ! tableau avec inscription à la craie : « Ce n’est pas vous qui les avez tués, mais c’est Allah qui les a tués », 120 x 200 cm


— Zone d’ombre, sélection d’une série de huit photographies, associées à des cartels, 70 x 90 cm


— Les anonymes, seize têtes noires en velours avec tissu cousu, 265 x 280 cm, 2016


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— Post mortem, installation vidéo, 3’58 — Les abeilles, billes rondes aimantées au mur sur peinture aimantée, 720 x 380 cm


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ART MENTION SYSTÈMES GRAPHIQUES ET NARRATIFS

Timothée Ostermann Voyage en tête de gondole Le 3 juillet de l’an de grâce 2010, j’embarquai à bord de la flotte Leclerc en direction d’un nouveau monde toujours moins cher. Je me rappelle, comme si c’était hier, moi, jeune matelot en quête de richesse, poussant les portes de la cabine du timonier. C’est lui qui m’enrôla sur le vaisseau mère, entre les tonneaux et les caisses, où je fus préposé au bon ordonnancement de la cale. Dans ces bas-fonds, je fis la connaissance de vieux loups de mer en fin de périple qui me contèrent maints de leurs faits d’armes à travers les océans de la grande distribution. Ma soif d’aventure s’aiguisa et, à ma demande, je fus affecté à nombre de postes, sur le pont cette fois, d’où je pus contempler pour mon plus grand bonheur le spectacle magnifique de l’archipel des épices, de la route du café, en passant par le rayon liquide, petit bricolage, chiens & chats… Yo-ho-ho ! Puis, fourbu, ma part du butin en poche, je revins sur la terre ferme conter mon récit de matelot que je vous livre à présent. T. 06 06 48 14 20 — timothee.ostermann@gmail.com


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ART MENTION SYSTÈMES GRAPHIQUES ET NARRATIFS

Maxime Piette Vert, jaune, rouge, rien ne bouge, héros et titans tout fout le camp. Au son des trompettes et au rythme martial des tambours, les héros et guerriers surgissent ! Au-devant des clichés du dub et de la culture sound system, je propose une approche narrative de cette musique, puisant dans les mythes antiques. Je développe un univers iconographique à travers posters, pochettes de vinyles, animation vidéo, pour donner vie à la musique. En étroite collaboration avec des musiciens, j’ai créé la maison de disque « archetype records » qui me permet de produire des vinyles et de proposer ma vision guerrière de la musique jamaïcaine. Branchez votre platine, sortez vos enceintes et préparezvous à l’expérience physique du Dub épique ! maximepiette@yahoo.fr


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ART MENTION SYSTÈMES GRAPHIQUES ET NARRATIFS

Mathilde Poncet L’orsalher Quitter le foyer, franchir des seuils, subir des épreuves, revenir aux origines. Retrouver la parole des contes et le langage des archétypes. Dessiner ces histoires, les faire vivre dans une bande dessinée. Penser l’histoire en image et ouvrir un monde de possibilités infinies. Jean est un montreur d’ours. Ulysse est un ours. Deux corps qui s’attirent et se repoussent pour finir par ne plus se distinguer. C’est l’histoire des jumeaux maudits poussés à s’affronter dans un combat à mort pour satisfaire la foule affamée. C’est l’histoire d’un deuil que l’on refuse de faire. Des rôles qui se brouillent à cause d’un crime que l’on tait. Jusqu’où iront-ils pour la beauté du spectacle ? T. 07 70 26 95 99 — mathilde.poncet@outlook.fr 3, rue de la Fruitière 39 370 La Pesse


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ART MENTION SYSTÈMES GRAPHIQUES ET NARRATIFS

Sarah Szumilas Ces sons que l’on entend, que l’on voit, qui nous dérangent ou nous interpellent. Tout commence par une autre manière de voir le monde. Ne plus se fier seulement à sa vue, mais prendre en compte ce que l’on entend. Ma pratique artistique se base sur une (re)découverte de nos sens. Un jeu d’écoute face au visuel, tantôt avec un auditeur/spectateur, tantôt avec l’espace de diffusion. J’expérimente le souvenir, la mémoire visuelle et sonore dans mes projets. Je souhaite donner à l’auditeur un rôle participatif et non celui de simple spectateur. Je veux créer du lien tant dans la compréhension que dans l’aboutissement de mes projets. Je cherche à offrir aux auditeurs/spectateurs la possibilité de ressentir le son. J’offre différents modes de diffusions afin de rendre mes projets audibles et compréhensibles autrement que par l’écoute. Commençons par écouter les sons « inaudibles » propres à notre corps. Puis écoutons ces sons de notre environnement quotidien. T. 06 58 83 42 28 — sarahszumilas@rocketmail.com 3 rue du cimetière 57 100 Manom


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— Cloches sonores

Chaque cloche nous raconte un moment de la journée d’un homme. Ce qui relie chaque paysage sonore, ce sont les pas de l’individu. Les sons sont enfermés dans les cloches comme les mots dans un livre. Le son se retrouve enfermé et se propage seulement dans la cloche. Il s’agit aussi de créer un rapport avec la fragilité de l’écoute. Nous avons besoin d’écouter ces paysages plusieurs fois afin d’entendre tout ce qui s’y passe, de chercher les pas du personnage mais aussi de comprendre et d’imaginer ce qu’il fait. C’est aussi la fragilité de notre imagination. Avons-nous tous entendu et vu la même chose ?


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— Visions sonores

J’ai souhaité me focaliser sur les sons de ma respiration mais aussi à la manière dont je pourrais la représenter visuellement. J’ai souhaité partager mon expérience avec d’autres personnes en leur offrant la possibilité de se mettre en condition d’écoute et de partager leur ressenti. C’est à la fois un projet collectif et individuel, il regroupe les ressentis de chacun mais à un seul endroit, ces dessins peuvent cohabiter, comme se compléter, ils nous parlent et traduisent nos émotions.


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— Jungle urbaine

L’auditeur crée l’installation à travers ses gestes et les sons que son corps produit. C’est une sensation étrange que de se faire surprendre par soi-même, par des sons qui émanent de nous mais à travers un casque audio. Ces choses auxquelles nous ne faisons quasiment jamais attention deviennent le centre d’intérêt d’une installation qui les met en valeur avec une écoute en décalée de quelques secondes.


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ART MENTION SYSTÈMES GRAPHIQUES ET NARRATIFS

Salomé Thiriet Mes créations exploitent l’imaginaire des rêves d’adultes et des peurs d’enfants. J’extériorise ces traces d’émotions qui subsistent au fond de l’être en jouant avec les oppositions entre le mignon et le macabre. Dans un univers basé sur les codes du conte de fées, mon humour noir se déploie à travers des métaphores qui donnent naissance à un trouble : entre rêve et cauchemar, les conflits de l’enfance survivent chez l’adulte. Les problèmes quotidiens, la construction permanente de soi, les peurs primitives irrationnelles sont assumés et ainsi exorcisés. Dans un monde cynique, à la fois sombre et enfantin, il faut accepter sa part d’ombre. C’est l’expression d’une violence douce-amère qui a besoin d’être pour se conjurer. T. 06 32 03 62 46 — salome.thiriet@hotmail.fr 26 avenue Sainte Anne 54520 Laxou


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— page précédente : Samedi, Sagittaire et Saturne, tableau issu d’une installation interactive comportant sept portraits parlants, Le cauchemar d’Emi — Lost children - Les enfants perdus, tryptique composée de Elle’n roses, Gus’n Bones et Liz’n Brier, gravure, édition limitée 10 exemplaires


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— Parfaite Katy, dessin rotatif


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— Mélodies au clair de lune, recueil de nouvelles fantastiques/ horreurs illustrées


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ART MENTION SYSTÈMES GRAPHIQUES ET NARRATIFS

Marie Thomas-Steimetz Des lettres, des images, des couleurs. Des signes alors. Tiens, une forme aussi. Et puis un ensemble. Un tout qui s’attache, se découpe, s’entremêle et se disperse autour de nous. Partout des mots. Des criards, des mélodieux, des énigmatiques. Ils nous dissipent, nous intriguent ou nous indiffèrent.  Ils se promènent aux bras des figures, véritable cacophonie visuelle. À travers ma pratique du design graphique, je cherche à me détacher de la communication mercantile, afin de réintroduire des parcelles d’émotions dans la ville. Je souhaite faire redécouvrir aux habitants de Metz ce qui les entoure, en les invitant à s’égarer, à se questionner et même à rêver. Comment transformer son environnement quotidien en source d’inspiration ? T. 0 609 495 485 — marie.steimetz@gmail.com 1 010 route de Plagne 33 240 Saint André de Cubzac


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— Bribes de rues, série de 15 cartes ensemencées, 2016


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— Où les mots s’éveillent, affiche lumineuse, 2016


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— Fragments de poÊsie urbaine, disque papier, 2016


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— Histoires urbaines, carte, 2016


DNSEP 2016 Jury mention dispositifs multiples — Camille Paulhan Éric Fournel Leïla Brett Marie Cantos Aurélie Amiot

École Supérieure d’Art de Lorraine 1, rue de la Citadelle F-57000 METZ +33 (0)3 87 39 61 30 metz@esalorraine.fr esalorraine.fr

Jury mention systèmes graphiques et narratifs — Jérôme Knebusch Malte Martin Chloé Marquaire Jochen Gerner Lambert Dousson Direction éditoriale Nathalie Filser Conception Elamine Maecha Réalisation Princia Chinèse Itoua Dickelet Impression Imprimerie Moderne Caractères typographiques Messine / ÉSAL FoundrySterling

DNSEP ÉSAL Metz - 2016  
DNSEP ÉSAL Metz - 2016  
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