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Supplément Semaine verte 2010

L’Environnement pour les Européens Magazine de la direction générale de l’environnement

La biodiversité: notre ligne de vie


éditorial 2

BIODIVERSITY

Cette année, la Semaine verte, qui s’est tenue du 1 au 4 juin 2010, a insisté sur l’importance de la biodiversité dans nos vies et sur les graves conséquences auxquelles nous serons confrontés si nous ne parvenons pas à éviter sa perte. Pendant quatre jours, des séances publiques et d’autres événements ont examiné la question sous différents angles, en analysant les échecs et en partageant les réussites. Certains messages clairs en sont ressortis. Une fois la biodiversité perdue, elle ne pourra pas être remplacée. Ainsi, comme l’a dit le président de la Commission européenne José Manuel Barroso: «C’est notre monde que nous risquons de perdre. Nous avons donc tout intérêt à faire attention car si nous coupons cette ligne de vie, nous n’en aurons pas d'autre.» En parallèle de l’excellent travail fourni par l’étude L’économie des écosystèmes et de la biodiversité, certains en ont vivement appelé à des recherches accrues sur le thème de la valeur des services offerts par la nature. Des efforts plus importants sont nécessaires pour impliquer le secteur privé dans la préservation de la biodiversité, étant donné que ce secteur dispose de l’énergie, des idées et des financements et que tout ne peut pas reposer entièrement sur les deniers publics, particulièrement en cette période difficile sur le plan économique.

L’Environnement pour les Européens ec.europa.eu/environment/news/efe/index.htm

INFORMATIONS ÉDITORIALES L’Environnement pour les Européens est un magazine trimestriel publié par la direction générale de l’environ­ nement de la Commission européenne. Il est disponible en bulgare, espagnol, tchèque, allemand, estonien, grec, anglais, français, italien, lituanien, polonais, portugais et roumain. Abonnement gratuit. Vous pouvez vous abonner à l’aide du formulaire inséré dans le magazine ou en ligne à l’adresse ec.europa.eu/ environment/mailingregistration/main/mailing_reg.cfm Rédacteur en chef: Róbert Konrád Coordinateur: Jonathan Murphy Pour plus d’informations, veuillez contacter l’unité «Communication»: ec.europa.eu/environment/env-informa/ Information et documentation: ec.europa.eu/environment/env-informa/ Site internet de L’Environnement pour les Européens: ec.europa.eu/environment/news/efe/index.htm

Il est essentiel d’attirer l’attention du public car la bio­diversité est peut-être un concept plus difficile à saisir que les consé­ quences visibles du changement climatique. Toutefois, les progrès sont palpables: il y a trois ans, la biodiversité ne signifiait rien pour deux-tiers des Européens. Aujourd’hui, deux-tiers comprennent de quoi il s’agit.

Sommaire

Il y a encore du chemin à parcourir avant que la biodiversité ne bénéficie d’autant d’attention que le changement climatique de la part des responsables politiques et du public mais les liens entre ces deux domaines sont de mieux en mieux cernés. C’est un message que nous devons continuer à transmettre tout en plaçant la perte de biodiversité de plus en plus haut sur l’agenda politique avant les négociations internationales de Nagoya en octobre concernant un nouveau plan mondial pour la préservation de la biodiversité.

04 Où en est le monde aujourd’hui?

Présentations et biographies des intervenants, vidéos des sessions et des centaines de photos sont disponibles à l’adresse http://ec.europa.eu/greenweek

09 Une nouvelle législation pour protéger les océans européens

03 Défis et futures directions

05 Qu’aurions-nous pu faire différemment? 06 Explorer l’économie de la biodiversité et sa valeur 08 Protéger la biodiversité des eaux douces en Europe

10 Attention où vous mettez les pieds 11 La biodiversité: Le lien entre l’homme et la santé L’ENVIRONNEMENT EN LIGNE Vous voulez connaître les actions entreprises par l’Union européenne dans le domaine de la protection de l’environnement, apprendre ce qu’est une politique intégrée de produits ou savoir comment remplir les conditions requises pour obtenir un «écolabel»? Découvrez toutes ces informations et bien plus encore sur le site internet de la DG Environnement: ec.europa.eu/environment/index_fr.htm NOTE Ni la Commission européenne, ni aucune personne agissant en son nom, ne pourra être tenue responsable de l’utilisation éventuelle des informations contenues dans la présente publication ni des erreurs qui, malgré le soin apporté à la préparation et au contrôle de cette publication, pourraient s’y glisser. Imprimé sur papier recyclé ayant reçu l’écolabel européen pour le papier graphique (ec.europa.eu/environment/ecolabel) Luxembourg: Office des publications de l’Union européenne, 2010 ISSN 1563-4159 © Union européenne, 2010 © Illustrations: Laurent Durieux Reproduction du texte autorisée moyennant mention de la source. Reproduction des images interdite. Printed in Belgium

12 Les agriculteurs, gardiens de nos campagnes? 13 Habitudes alimentaires et perte d'habitat 14 Changement climatique et biodiversité 15 Développement d’une infrastructure verte 16 Exposition et autres événements


BIODIVERSITé

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T Défis et futures directions L’UE n’est pas parvenue à atteindre son objectif consistant à mettre un terme à la perte de biodiversité d’ici 2010. Une partie de cette bataille pour l’avenir réside dans des informations efficaces: communiquer aux responsables politiques et au grand public les dangers de la perte de biodiversité et la véritable valeur économique d'écosystèmes sains.

«Nous devons examiner avec honnêteté les avantages de la biodiversité, les pressions actuelles et les solutions possibles aux pertes actuelles, ceci incluant la nécessité d'une base solide pouvant être utilisée pour répertorier les progrès à venir.» Le commissaire a expliqué que les politiques de l’UE en matière d’eau, d’air, de sol, de produits chimiques et d’émissions ont toutes un impact direct sur la biodiversité. «Et lorsque nous concevons des stratégies et des politiques visant à stimuler nos économies et à créer des emplois et de l’innovation, nous le faisons en sachant qu’elles doivent intégrer le respect de la biodiversité dès le départ.» «Nous devrions toujours insister sur une base scientifique saine dans nos propositions,» a-t-il souligné. «C’est une clé de notre crédibilité et cela devrait devenir une clé de notre réussite.» Pavan Sukhdev, responsable de l’étude EEB (L’économie des écosystèmes et de la bio­ diversité) et conseiller spécial pour l’initiative «Economie verte» du Programme des Nations Unies pour l’environnement, a répété la nécessité de disposer de faits solides pour remporter l’argument politique. «Aujourd’hui, l’économie est le moteur de la politique. Nous en sommes arrivés à un point où nous devrons fournir des justifications

M a g a z i n e de la d i r ec t i o n

économiques. Nous devrons faire de nombreux compromis. Nous ne pouvons pas nous affranchir de l'économie.» Des projets comme l’étude EEB (une série de rapports sur l’économie des écosystèmes et de la biodiversité) souligne le coût croissant de la perte de biodiversité et de la dégradation de l’écosystème. M. Sukhdev a insisté sur le fait que la valeur de ce que la nature apporte à l’humanité n’est pas nulle. L’objectif du projet EEB est d’attirer l’attention sur les avantages économiques globaux de la biodiversité, il souligne les coûts de la diminution de la biodiversité et rassemble l’expertise des sciences, de l'économie et de la politique pour permettre des actions pratiques qui nous feront avancer.

persistons «à neSi nous pas atteindre nos objectifs en matière de biodiversité, nous courons à la catastrophe.

»

Ashok Khosla, président de l’Union inter­ nationale pour la conservation de la nature (UICN) a soutenu cette analyse et a déclaré que la biodiversité subventionne tous nos agissements. Pour illustrer cette position, il a estimé la valeur de la pollinisation à environ 1,3 milliards de dollars. En effet, 35 pourcent de notre nourriture proviennent de produits fécondés, a-t-il dit.

Janez Potočnik, commissaire européen en charge de l’environnement

Le professeur Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l’Agence européenne pour l’environnement, a insisté sur l’importance d’un point de référence ou d’une base solide pour clamer que nous avons remporté la victoire. Le système d’information européen sur la biodiversité (Biodiversity Information System for Europe ou BISE) lancé lors de la Semaine verte (voir encadré) rassemblera des données, des informations et des connaissances

g é n é r ale de l ’ e n v i r o n n eme n t

© EC/CE – Patrick Mascart

«Si nous persistons à ne pas atteindre nos objectifs en matière de biodiversité, nous courons à la catastrophe. Nous ne pouvons pas continuer de penser naïvement que nous en faisons assez,» a déclaré Janez Potočnik, commissaire européen en charge de l’environnement, en ouverture de la Semaine verte à Bruxelles.

sur la biodiversité avec pour objectif de contribuer à la production d’indices et d’évaluations et à une bien meilleure image des écosystèmes et des services des éco­ systèmes, a-t-elle expliqué. Et de conclure qu’un autre défi consiste à traduire toutes les connaissances et les informations disponibles concernant la biodiversité en langage courant, pour mobiliser les communautés et les individus afin qu'ils entreprennent des actions.

S u p p l é ment


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BIODIVERSITé

T Où en est le monde aujourd’hui? Le monde n’est pas parvenu à stabiliser ou à réduire considérablement le niveau de perte de biodiversité. Dans certaines régions, la poursuite de ce déclin pourrait s’avérer irréversible. Des victoires ont été remportées grâce à des programmes comme Natura 2000. Cependant, les pressions concernant la biodiversité sont de plus en plus fortes et les moteurs de réflexion doivent être mieux abordés en intégrant la biodiversité à d’autres domaines politiques, notamment l’agriculture.

Le professeur Jacqueline McGlade, de l’Agence européenne pour l’environnement, a confirmé que la biodiversité continuait de se détériorer en Europe.

© EC/CE – Patrick Mascart

Malgré des efforts pour inverser la perte de biodiversité, toutes les pressions identifiées précédemment sont soit constantes, soit croissantes selon le Dr Matt Walpole, du Centre mondial de surveillance continue de la conservation de la nature, partie intégrante du PNUE. «Si nous poursuivons dans ce sens, des niveaux élevés et continus d’extinctions et de perte d’habitat sont projetés tout au long de ce siècle,» a-t-il averti. «Les récifs coralliens sont un exemple de risque de perte dramatique et irréversible de biodiversité si les écosystèmes sont poussés au-delà de leurs points de non-retour.» Les statistiques actuelles ne sont guère encourageantes: de nombreuses espèces menacées se rapprochent de l’extinction. Les habitats naturels continuent de décliner dans la majeure partie du monde. Les populations d’espèces vertébrées ont diminué de près d’un tiers en moyenne entre 1970 et 2006.

Bien que l’extinction des espèces ne soit pas aussi rapide dans l’UE que dans d’autres régions, le pourcentage des espèces menacées est un sujet de préoccupation sérieux. Elle a averti: 25 % des mammifères marins, 22 % des amphibiens et 21 % des reptiles sont menacés d'extinction. Une part tout aussi alarmante d’autres espèces, incluant des mammifères terrestres et des oiseaux, est également en danger. Si nous observons les espèces et les habitats couverts par la directive Habitats, nous constatons que le tableau est étrangement similaire, selon le professeur McGlade. Quelque 65 % des habitats et 52 % des espèces ont un statut de conservation «défavorable» tandis que 17 % seulement des habitats et des espèces ayant une importance au niveau européen bénéficient d’un statut «favorable». Les données de détection à distance révèlent qu’entre 1990 et 2006, les zones humides en Europe ont diminué de près de 3 %, tandis que les surfaces artificielles comme les zones urbaines et les infrastructures de transport ont augmenté de près de 8 %. En outre, 30 % des terres couvertes par les 27 pays membres de l’UE sont très ou extrêmement fragmentées en raison de l’extension urbaine. En conséquence de ces changements, 70 % des espèces risquent de perdre leur habitat, un pourcentage extraordinairement élevé, a déclaré le professeur McGlade.

L’environnement marin fait face à des problèmes particuliers: 88 % des stocks sont pêchés au-delà des productions durables maximales et 46 % se situent en dehors des limites biologiques de sécurité, ce qui signifie que les stocks pourraient ne pas se reconstituer. La pollution est une autre question clé. Des améliorations ont été constatées dans certains domaines: la concentration de nitrate dans les rivières était inférieure de 10 % en 2006 par rapport à 1998. Néanmoins, 26 % des espèces restent menacées par les pesticides et les fertilisants comme les nitrates et les phosphates, explique le professeur McGlade. Heureusement, la réussite de la désignation de sites Natura 2000 ne fait aucun doute. Ils représentent aujourd’hui près de 750 000 km² au total, soit plus de 17 % de la surface totale de l'Union européenne (voir encadré p.15). «L’Europe consomme actuellement deux fois ce que ses terres et ses mers peuvent produire,» conclut le professeur McGale. «L’empreinte écologique de l’Europe a augmenté de 33 % au cours des 40 dernières années. Si nous ajoutons à cela l’énorme augmentation de la demande en matière de ressources dans les pays à faibles et moyens revenus ces dernières années, cette situation est de toute évidence intenable. Le message est simple: pour faire durer et améliorer nos revenus et notre bien-être, nous devons devenir nettement plus efficaces dans notre utilisation des ressources.»


BIODIVERSITé

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T Qu’aurions-nous pu faire différemment? Nous avons tiré d’importantes leçons de notre incapacité à atteindre les objectifs européens et mondiaux en termes de biodiversité pour l’année 2010. Ces leçons seront précieuses pour établir la future politique de l’UE en matière de biodiversité et pour garantir la réussite d’efforts renouvelés en vue de mettre un terme à la perte de biodiversité.

«Par exemple, les zones protégées n’ont pas suffisamment couvert les sites cruciaux en termes de biodiversité et dans de nombreux cas, elles ne sont pas non plus gérées efficacement. En outre, nous ne parvenons pas très bien à expliquer ce qu’est la biodiversité et à justifier son importance,» a-t-il poursuivi. «Nous n’avons toujours pas persuadé le public ou les responsables politiques de l'importance de la biodiversité et de la nécessité d'agir de toute urgence.» Il a averti que l'agriculture sera certainement la plus grande menace à l'égard de la diversité mondiale au cours des 30 prochaines années. La biodiversité n’a pas été suffisamment intégrée dans les politiques agricoles et dans d’autres moteurs clés du changement d’utilisation des terres. «Notre incapacité à atteindre les objectifs en matière de biodiversité est un signe d’échec mondial systématique car nous n’évaluons pas la biodiversité et les écosystèmes en comptabilité nationale conventionnelle (le PIB) ou en prix du marché,» déclare Andreas Baumüller du Forum européen des habitats. «Nous devons investir et travailler avec la nature, pour des raisons sociales, éco­no­ miques et environnementales. Par conséquent, nous avons besoin d’un meilleur système de comptabilité qui tienne compte de la valeur de la nature et de la biodiversité,» a-t-il dit. M a g a z i n e de la d i r ec t i o n

Andreas Baumüller a critiqué les précédents programmes, comme dans le Plan d’action 2006 de l’UE pour la biodiversité en raison de son manque de force législative. «Nous avons besoin d’un soutien législatif bien plus solide pour notre future stratégie en matière de biodiversité. Bien souvent, nos succès passés ont été le fruit d’une législation européenne existante comme la directive Oiseaux, la directive Habitats et la directivecadre sur l’eau,» a-t-il déclaré. Il a également souligné la nécessité d’un financement adéquat. Seulement 0,2 % du budget total de l’UE est directement consacré à la biodiversité. Bien que des dépenses indirectes soient effectuées sur la base de sources de financement nonenvironnementales, le montant global consacré à la nature et à la biodiversité dans l'UE et dans les budgets nationaux passe quasiment inaperçu, a-t-il constaté. «La nature est un investissement payant,» a-t-il pourtant ajouté.

monde «queC’estnousnotre risquons de

L’une des plus belles réussites de la récente politique a été le réseau de zones protégées de l’UE Natura 2000, selon le Dr Alexander Schink, Secrétaire d’Etat au ministère de l’environnement et de la conservation, de l’agriculture et de la protection des consommateurs de l’Etat allemand de Rhénanie-Du-Nord-Westphalie. Résolument tourné vers l'avenir, il a souligné l'importance de régler le conflit potentiel avec l'agriculture et les agriculteurs et il considère la prochaine réforme de la politique agricole commune (PAC) comme une opportunité pour renforcer les intérêts de l'agriculture et de la biodiversité. Peter Kendall, vice-président de CopaCogeca, l’Union des agriculteurs européens,

g é n é r ale de l ’ e n v i r o n n eme n t

© European Union 2010

«Nous n’avons pas été suffisamment stra­té­ giques dans la conception, le financement et la mise en place de politiques visant à résoudre le problème de la perte de biodiversité et nous n’avons pas contrôlé de manière adéquate nos victoires et nos échecs,» a expliqué Jon Hutton du Centre mondial de surveillance continue de la conservation de la nature du PNUE aux participants à la Semaine verte.

perdre. Nous avons donc tout intérêt à faire attention car si nous coupons cette ligne de vie, nous n’en aurons pas d'autre.

»

José Manuel Barroso président de la Commission européenne

a également plaidé en faveur d’une coo­ pération accrue entre les défenseurs de l’environnement et les exploitants agricoles. «Les agriculteurs ont tout à gagner à adapter leurs méthodes et à intégrer la biodiversité. A l’avenir, nous devons apprendre à travailler en partenariat,» a-t-il conclu.

S u p p l é ment


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éCONOMIE

T Explorer l’économie

de la biodiversité et sa valeur

Les responsables politiques ont réussi à chiffrer le coût des impacts du changement climatique. Il est bien plus difficile d’en faire autant pour la perte de biodiversité qui, pourtant, n’a pas de prix pour l’humanité; différents projets sont mis en place pour démontrer les avantages économiques que peuvent apporter la biodiversité et les écosystèmes.

L’un des messages les plus forts transmis lors de la Semaine verte était le suivant: le système économique actuel, qui met l'accent sur une croissance continue, n’est plus viable et une alternative adéquate devrait être mise en place. © EC/CE – Patrick Mascart

«

Nous avons été encouragés à dépenser de l’argent que nous n’avons pas pour des choses dont nous n’avons pas besoin afin de créer des impressions qui ne dureront pas sur des personnes dont nous ne nous préoccupons pas.

»

Professeur Tim Jackson

Ce point a été clairement mis en évidence lors d’une précédente session lorsque Pavan Sukhdev, responsable de l'étude sur l'économie des écosystèmes et de la bio­ diversité (EEB), a mis en garde contre le danger d'une confusion entre prix et valeur. «La nature offre des services qui ont de la valeur. Nous devons examiner différentes mesures de performance et pas uniquement le PIB. Nous devons corriger l’angle de vue et adapter le vocabulaire,» a-t-il déclaré. Auteur de Prosperity without Growth?, le professeur Tim Jackson a argumenté lors de la séance de clôture qu’il y avait une alternative et que la «décroissance» devrait guider nos décisions futures. Son appel pour que la société mette un terme à son addiction aux nouveaux produits a été vivement applaudi («Nous avons été encouragés à dépenser de l’argent que nous n'avons pas à des choses dont nous n'avons pas besoin pour créer des impressions qui ne dureront pas vis-à-vis de personnes dont nous ne nous préoccupons pas»). Dans une tentative pour stimuler l’intérêt à l’égard de la biodiversité parmi les responsables politiques et les chefs d’entreprises, Simon Upton, directeur de l’environnement pour l’OCDE, a fait référence à l’adage de la profession de comptable, à savoir «ce qui peut être mesuré peut être géré». Il a souligné la nécessité d’accroître les re­cherches en matière d'information

de qualité sur la valeur de la biodiversité afin de présenter en termes tangibles aux décideurs les dangers d'une poursuite des pertes.

Paiements pour les écosystèmes Les paiements des services rendus par les écosystèmes (payments for ecosystems services ou PES) sont un instrument financier courant utilisé aujourd’hui pour protéger la biodiversité. Ce sont des accords conditionnels volontaires entre un vendeur et un acheteur, pour un service environnemental bien défini. Quelque 300 programmes PES différents existent aujourd’hui dans le monde. Certains sont nationaux, comme au Canada, en Chine, au Costa Rica, en Estonie, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni mais la plupart sont conçus et appliqués au niveau local. En tout, ils concentrent environ 8,2 milliards de dollars par an dans les services des éco­ systèmes (un chiffre qui augmente entre 10 et 20 % par an selon Katia Karousakis qui travaille à la direction de l’environnement de l'OCDE). Pour que le concept soit efficace, elle a souligné qu’il était nécessaire d’identifier clairement des buts et des objectifs, d’éliminer toute incitation à effet pervers, de garantir un financement à long terme suffisant et de différencier les paiements, qui devraient être basés sur les performances plutôt que sur l'effort. Un contrôle soigneux est également requis. Le financement peut être fourni par l’utili­ sateur direct des services ou par des tierces parties comme des gouvernements ou des institutions.


éCONOMIE

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«Le prix à payer

© EC/CE – Patrick Mascart

© EC/CE – Ezequiel Scagnetti

A titre d’exemple, elle a cité l’entreprise d’eau minérale française Vittel, qui paie les agriculteurs locaux pour qu’ils utilisent moins de fertilisants, réduisant ainsi la contamination de l’eau et ses propres coûts de traitement. Carlos Muñoz Piña, de l’institut national mexicain d’écologie, a décrit les paiements du Mexique pour les services environnementaux hydrologiques dérivés des forêts. Ils incluent la réalimentation des nappes phréatiques, ce qui améliore la qualité des eaux de surface et réduit les dommages liés aux inondations. Le pays fait déjà payer une taxe aux utilisateurs d’eau et il a été décidé d’intégrer un élément de protection des régions boisées contre l’augmentation de la déforestation. Le programme est un succès et il a connu une croissance considérable depuis son lancement en 2003. Aujourd’hui, il couvre 2,4 millions d’hectares. Son objectif était de consacrer des fonds aux régions boisées les plus en danger en évaluant leur importance économique et sociale mais également leur exposition au risque de déforestation. Ce ciblage a bien fonctionné mais il est devenu moins efficace lorsque des critères supplémentaires ont été introduits. Comme l’a conclu Carlos Muñoz Piña: «Les responsables politiques devraient éviter de surcharger les programmes avec des objectifs différents de ceux d'origine.»

M a g a z i n e de la d i r ec t i o n

Implication des entreprises Etant donné que les ambitions de financement pour la biodiversité sont nettement supérieures aux ressources existantes, Joshua Bishop, économiste en chef de l’IUCN, a plaidé en faveur d’efforts plus importants dans la mobilisation des finan­cements du secteur privé (un thème clé du rapport «EEB pour les entreprises» publié mi-juillet).

Aujourd’hui, très peu d'entreprises produisent des rapports de durabilité et quand elles le font, ceux-ci mentionnent rarement la biodiversité. «Ce constat contraste avec les émissions liées au changement climatique pour lesquels les entreprises ont des objectifs. Il n’y a rien de comparable pour la biodiversité. Nous devons aider les entreprises à faire plus,» a-t-il dit.

de produits de qualité certifiée, mais garantissant également les moyens de production et enfin, répondant aux responsabilités environnementales exigées par les régulateurs.

M. Bishop a clairement exposé les oppor­ tunités professionnelles engendrées par une plus grande attention portée à la biodiversité, y compris l’émergence de nouvelles activités comme l’écotourisme et les établissements piscicoles durables, satisfaisant ainsi les préférences du consommateur en matière

»

Mrs Bee, haute représentante de la communauté pour la biodiversité et les écosystèmes

Il a souligné la nécessité d’exprimer les pré­ occupations en matière d’environnement de manière à interpeller les entreprises en illustrant comment un comportement spécifique pourrait réduire les pertes financières et éviter qu'il soit porté atteinte à certaines réputations.

g é n é r ale de l ’ e n v i r o n n eme n t

pour la pollution, c’est nous. Nous ne demandons pas un retour à l’âge d’or mais un nouvel âge vert nous conviendrait. Il n’est pas trop tard pour changer. Nous sommes tous solidaires dans ce combat.

Pour atteindre tous ces objectifs, les entreprises doivent évaluer leurs risques et leurs opportunités, développer une stratégie et former leurs employés et leurs clients. Elles doivent également fixer des objectifs quantitatifs et contrôler leurs performances en matière de biodiversité afin de déterminer les progrès effectués année après année.

S u p p l é ment


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EAU

T Protéger la biodiversité

des eaux douces en Europe

La biodiversité des eaux douces est menacée par des dangers tels que les espèces exotiques ou la pollution. Cependant, nous observons des signes encourageants montrant que la situation s’améliore tandis que la directivecadre sur l’eau aide à orienter les tendances dans la bonne direction.

«De nombreuses espèces d’eau douce sont endémiques. Elles apparaissent exclusivement dans certains endroits. Le problème, c’est que les espèces perdues ne peuvent pas être remplacées,» a-t-il observé.

© EC/CE – Patrick Mascart

«La disponibilité

et la pureté de l’eau sont les principaux défis environne­mentaux au monde.

»

Professeur Peter Bridgewater, Global Garden Consulting

La biodiversité des eaux douces traverse une crise selon Joachim Maes, responsable du Centre commun de recherche de la Commission européenne. C’est ce qu’il a déclaré lors d’une session consacrée à l’eau et à la biodiversité, avant d’avertir que les conséquences pourraient être dramatiques.

Les espèces exotiques constituent l’une des influences les plus destructrices. Si 90 % des 11 000 espèces exotiques en Europe sont terrestres, 28 % des espèces les plus nocives apparaissent en eau douce. La fragmentation de l’habitat représente une autre menace car les rivières sont divisées en petites parcelles et le continuum dont dépend la biodiversité est interrompu. Les produits chimiques en provenance des terres nuisent également à la vie des fleuves et des rivières d’Europe. Toutefois, certaines évolutions sont encourageantes. Des espèces migratoires comme le saumon réapparaissent dans les rivières européennes. Nous observons le même phénomène à New York où la population d’esturgeons du fleuve Hudson est en aug­mentation. M. Maes a averti que la patience était essentielle. «Nous ne pouvons pas reconquérir les rivières en quatre ans (la durée normale d’un projet). Il faut compter dix ans. C’est pourquoi la stratégie 2020 de l’UE est tellement importante,» a-t-il souligné. La législation européenne produit déjà un effet bénéfique. La plus importante est la directive-cadre sur l’eau. Heide Jekel, du département de l’eau du ministère fédéral allemand de l’environnement a expliqué aux participants qu’elle faisait partie de la stratégie en matière de bio­ diversité nationale de son pays. La mise en place de cette di­rec­tive est étroitement liée à la protection de la nature et aux aspects de la biodiversité.

«L’amélioration du statut des organismes aquatiques implique de meilleurs habitats pour ces derniers et pour les autres espèces qui dépendent de l'eau,» a-t-elle expliqué. D’autres directives européennes couvrant la gestion du risque d’inondation et la stratégie pour le milieu marin apportent également leur contribution à la protection de la bio­ diversité aquatique.

Changement climatique, eau et biodiversité Le professeur Peter Bridgewater, directeur de Global Garden Consulting, s’est intéressé à l’image plus générale du lien entre changement climatique, eau et biodiversité. De son point de vue, le défi le plus sérieux en matière d’environnement est la disponibilité et la pureté de l’eau. Il a souligné l’importance des zones humides, dont beaucoup absorbent plus de dioxyde de carbone que les forêts et le rôle clé des zones humides côtières dans la gestion des inondations, des raz-de-marée et des sécheresses (autant de phénomènes que le changement climatique est susceptible de rendre plus fréquents). Il a insisté sur la nécessité de rétablir la résistance des éco­systèmes en nous concentrant sur les processus de gestion de ceux-ci et en laissant de la place à l’évolution au lieu d’essayer de recréer le passé. Il a conclu que la biodiversité joue un rôle clé dans la régulation de l'approvisionnement planétaire en eau. «Le cycle hydrologique peut aider à modifier les changements climatiques et un climat moins irrégulier permettra à la résilience écologique et sociale de soutenir la biodiversité,» a-t-il déclaré.


OCéANS

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T Une nouvelle législation

pour protéger les océans européens Les océans européens sont largement exclus de la législation environnementale de l’UE. La directive-cadre stratégie pour le milieu marin devrait y remédier en offrant une protection complète, pour la première fois, à tous les territoires marins relevant de la juridiction de l’UE. Elle est en cours de mise en œuvre et devrait permettre de résoudre de nombreux problèmes rencontrés dans les mers européennes.

La directive-cadre stratégie pour le milieu marin, adoptée en juillet 2008, vise à garantir que l’environnement marin de l’Union soit en bonne santé d’ici 2020 au plus tard.

Pour atteindre cet objectif, le travail a d’ores et déjà commencé. Cet été, la Commission finalise les critères spécifiques, tels que la biodiversité au niveau des espèces, de l’habitat et des écosystèmes, qui seront utilisés pour déterminer si l’objectif de 2020 a été atteint. Les Etats membres ont également des obligations claires. D’ici mi-juillet 2012, ils doivent présenter une évaluation du statut environnemental de leurs territoires marins, déterminer à quel niveau des améliorations doivent être apportées et établir des objectifs environnementaux et des indicateurs pour répondre �� leurs engagements. Deux ans plus tard, ils devront tous posséder des programmes de contrôle et les données fournies par ces derniers seront utilisées pour concevoir des programmes nationaux détaillés en vue d’atteindre l’objectif du «bon statut environnemental». La directive-cadre stratégie pour le milieu marin est liée à de plus vastes développements, dont la réforme de la politique

M a g a z i n e de la d i r ec t i o n

Les défis rencontrés par les mers européennes © EC/CE – Patrick Mascart

La législation établit 11 facteurs compré­ hensifs, allant de l’eutrophication et de l’intégrité des fonds marins aux déchets marins. Ces facteurs doivent être pris en compte dans l’évolution vers un «bon statut environnemental».

commune de la pêche, afin de garantir la santé future des océans européens. Elle forme également le pilier environnemental de la politique maritime intégrée de l’UE.

Comme l’ont appris les participants à la session sur la biodiversité dans les océans, les mers européennes subissent de nombreuses menaces. Mark Tasker, du comité commun de conservation de la nature du Royaume-Uni, a cité «la pollution, les niveaux de CO2, les espèces non-indigènes, l’extraction et l’exploitation» comme n'étant que quelques-uns des phénomènes qui nuisent à la durabilité et à la biodiversité des océans européens. Monica Verbeek, directrice exécutive de Seas at Risk, a souligné que l’UE a de nombreux engagements en matière de bio­ diversité «mais oublie souvent qu'il faudrait y inclure la biodiversité marine». Ce sentiment avait été exprimé précédemment par le professeur Jacqueline McGlade, directrice exécutive de l’Agence européenne pour l’environnement, lorsqu'elle a laissé entendre que l’environnement marin était «l’orphelin» de la plupart des débats actuels visant à protéger les habitats naturels.

Mark Tasker, responsable du Conseil maritime, Comité commun de conservation de la nature du Royaume-Uni, et vice-président du comité consultatif du Conseil International pour l’Exploration de la Mer

L’application de la directive-cadre stratégie pour le milieu marin devrait reléguer ce type de critiques au passé.

g é n é r ale de l ’ e n v i r o n n eme n t

S u p p l é ment


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SOL

T Attention où vous mettez les pieds Au cours des dernières décennies, la biodiversité des sols et l’activité biologique ont progressivement et lentement décliné. L’agriculture intensive en est une cause majeure, bien qu’il y en ait d’autres. Cependant, nous prenons de plus en plus conscience des nombreuses contributions importantes du sol pour une planète saine.

malades. Finalement, il a dû consacrer la ferme à la production d’herbe.

Protéger les terres agricoles

© Shutterstock

M. Bourguignon a suggéré des moyens pratiques pour éviter que les terres agricoles ne s'appauvrissent davantage. Il a recommandé l’utilisation de techniques d’agri­ culture alternative qui protègent le sol ainsi que sa faune et sa flore et il préconise une rotation plus importante des cultures, avec une augmentation des variétés.

Claude Bourguignon du Laboratoire d’Analyses Microbiologiques des Sols a livré un message clair aux participants. «Nous devons changer d’état d’esprit vis-à-vis des sols. Il ne s’agit pas de saleté. Ils ne sont pas sales. Ils sont vivants et représentent des milliards d'organismes qui affectent la vie quotidienne des êtres humains,» a-t-il expliqué. M. Bourguignon, qui conseille aux agri­ culteurs les cultures les mieux adaptées à leur sol, a insisté sur le fait qu'il n'y a pas de mauvais sol mais seulement une mauvaise agriculture. Il a donné des exemples des dommages que l’agriculture intensive a infligés aux sols. Au cours du siècle dernier, elle a détruit un milliard d’hectares de terres arables. A eux deux, l’érosion du sol et l’irrigation ont été responsables de la désertification de 12 millions d’hectares chaque année. Rien qu’en France, l’érosion annuelle du sol est passée depuis 1980 de 10 tonnes par

hectare à 40 tonnes et l'activité biologique du sol du pays a diminué de 90 % au cours des 30 dernières années. Il a argumenté qu’un tel modèle agricole n’était pas viable. Pour compenser la perte de terres arables, 10 à 12 millions d’hectares de forêt sont abattus tous les ans. L’agri­ culture intensive, de par son utilisation excessive de fertilisants, a détruit la matière organique, ce qui, à son tour, a conduit à la disparition de la faune qui se nourrit de cette matière organique. Charlotte Hollins de Fordhall Organic Farm au Royaume-Uni a expliqué aux participants que son père avait fait la dure expérience de ce phénomène. Lorsqu’il a mis une plus grande quantité de fertilisant chimique sur la terre (un sol très léger et sablonneux), les plantes ont pris ce qu’elles pouvaient et le reste a été éliminé. Par conséquent, la fertilité naturelle du sol a continué de décliner, laissant dans son sillage des ré­coltes plus faibles et plus

Il a également bousculé la sagesse conventionnelle de la communauté agricole selon laquelle le labourage devrait être profond. «Lorsque vous protégez le sol du soleil, sa température baisse. Si elle augmente à cause du labourage, par exemple, vous détruisez l’activité biologique,» a-t-il mis en garde. En plus de l’agriculture intensive, le profes­ seur Wim Van de Putten, de l'Institut d'Eco­ logie aux Pays-Bas, a indiqué d'autres menaces auxquelles le sol européen fait face. Elles incluent l’expansion des villes européennes et des zones bitumées ainsi que l'élimination de couches arables pour le minage à ciel ouvert. Les nombreuses fonctions du sol ne sont pas nécessairement visibles immédiatement mais elles affectent le monde qui nous en­toure. «Toutes les interactions que vous voyez en surface sont déterminées dans une certaine mesure par ce qui se passe en sous-sol. C’est pourquoi la biodiversité du sol joue un rôle tellement essentiel pour la vie sur terre,» a expliqué M. Van de Putten.


SANTé

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T La biodiversité: Le lien entre

l’homme et la santé

De nombreux facteurs influencent notre santé: l’environnement, les gènes, les styles de vie, les progrès scientifiques. Mais l’un des plus importants, et le moins reconnu, est la biodiversité.

Tamiflu, l’antiviral utilisé pour le traitement de la grippe, a été conçu en laboratoire mais il ne peut pas être fabriqué sans l’acide shikimique de la badiane chinoise. Malgré notre foi en la science, les plantes, les animaux, les champignons et les microbes restent une source irremplaçable de remèdes. Sur les 1 100 nouveaux médicaments approuvés par la US Food and Drug Administration entre 1981 et 2006, les deux tiers trouvent leur origine dans la nature. La nature ne fonctionne pas de manière logique mais de manière aléatoire et sur des millions d'années. Par conséquent, elle offre des composés actifs contre des maladies qui ne pourraient jamais être découverts en laboratoire. En présentant ces faits à son auditoire, le Dr Aaron Bernstein, membre du corps enseignant de la Harvard Medical School,

a souligné que la valeur des produits naturels pour la santé humaine allait bien au-delà de la découverte ou de la production d'un nouveau médicament. Il a fait référence aux avantages pour la santé offerts par les arbres qui purifient l’air dans les zones urbaines. «Plus nous pourrons réduire les particules dans l'air, moins les gens mourront de crises cardiaques,» a-t-il déclaré. Il a également attiré l’attention sur les nombreuses dépendances de notre santé au bon fonctionnement d’écosystèmes naturels, rappelant à son public les origines du VIH chez les humains. Traditionnellement mangeurs de poisson, les peuples d'Afrique de l'Ouest ont été forcés de passer à la viande de brousse lorsque les stocks de poisson se sont épuisés. Ce faisant, ils ont été exposés à un virus qui s’est alors propagé

«La biodiversité va au-delà de la protection d’espèces, de questions éthiques ou économiques. C’est avant tout une question de santé publique,» a-t-il déclaré à son auditoire.

Effet de dilution de la biodiversité Oliviero Spinelli, directeur de Comunità Ambiente en Italie, qui mène une étude sur l’impact du changement de la biodiversité sur les maladies infectieuses, a parlé des dangers de «l’effet de dilution». Ses recherches montrent que la grande diversité d’espèces chez les hôtes potentiels de pathogènes d’une maladie engendre un risque moins élevé de propagation de la maladie car un plus grand nombre d’hôtes ne supporteront pas la prolifération pathogène, ce qui réduira la probabilité d’infection chez l'homme. Il a pris pour exemple la fièvre du Nil occidental, une maladie réapparue en Europe et aux Etats-Unis ces dix dernières années et qui se propage rapidement. Des recher­ches ont montré que les comtés américains abritant une grande diversité d’oiseaux présentent également une faible incidence humaine de la fièvre tandis que les comtés ayant peu d’espèces d’oiseaux ont une incidence plus élevée. «Nous avons besoin d’une approche plus interdisciplinaire qui réunisse la santé, la biodiversité et l’économie pour mieux comprendre le rôle de la biodiversité dans l’émergence, la propagation et la transmission de maladies infectieuses,» a-t-il conclu.

© iStockphoto M a g a z i n e de la d i r ec t i o n

dans le monde entier. «Qui penserait que la surpêche dans l’Atlantique pourrait conduire à l’émergence de nouvelles maladies infectieuses?» a demandé le Dr Bernstein.

g é n é r ale de l ’ e n v i r o n n eme n t

S u p p l é ment


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A G R I C U LT U R E

T Les agriculteurs, gardiens

de nos campagnes?

Les politiques agricoles actuelles ont tendance à favoriser l’agriculture intensive par rapport aux pratiques qui offrent des bénéfices publics plus écologiques, comme la biodiversité. Les systèmes d’aide devraient être modifiés pour récompenser les agriculteurs qui protègent la campagne, ont argumenté les participants à la Semaine verte.

© EC/CE – Patrick Mascart

Professeur Allan Buckwell, responsable politique, Association britannique des campagnes et des affaires rurales (Country Land and Business Association Ltd)

Hey du Conseil consultatif allemand sur l’environnement. Il a souligné la nécessité d’une réforme de la politique agricole commune étant donné que de nombreux problèmes sont liés aux systèmes de compensation pour les agriculteurs.

généralement autour d’une agriculture à petite échelle et de subsistance. Cette approche reconnaît la valeur de ces domaines dans la préservation de la biodiversité et les soutient par le biais de paiements agro-environnementaux.»

Il a ajouté que la biodiversité est un bien public et que des paiements de base devraient exister pour que les agriculteurs fournissent des zones de compensation écologique, comme des haies ou des zones de fleurs sauvages.

25 % environ (soit 27 millions d’hectares) des terres agricoles de l’UE sont potentiellement adaptées aux HNV, a-t-il expliqué, ce chiffre incluant de vastes zones dans les nouveaux Etats membres de l’UE comme la Slovaquie et la Bulgarie, qui comptent un pourcentage élevé de petites fermes.

«Le principe du pollueur-payeur s’applique également à l’agriculture,» a-t-il déclaré. «Le coût du respect des réglementations environnementales doit être supporté par ce secteur. Et le financement public doit être aligné sur la mise à disposition de biens publics.»

La «révolution tranquille» dans la gestion agricole La biodiversité est notre police d’assurance vie collective. Les politiques agricoles l’ont oublié, selon Corrado Pirzio-Biroli qui a travaillé en tant que responsable du personnel pour l'ancien commissaire européen à l'agriculture, Franz Fischler. «L’agriculture dans l’UE a souffert de l’échec du marché. Elle récompense la production de nourriture, qui rapporte, au lieu de soutenir l’environnement, qui ne rapporte pas. Les politiques agricoles ne sont pas parvenues à permettre aux agriculteurs de produire des bénéfices publics en plus de la nourriture et des fibres,» a déclaré l’ancien officiel européen. L’agriculture est à la fois une partie du problème et de la solution, selon le Dr Christian

Le rôle de l’agriculture intensive dans la perte de biodiversité a également été souligné par le Dr Mark Redman, consultant en développement rural, qui a pris l'exemple des bénéfices potentiels des systèmes agricoles à haute valeur naturelle (High Nature Value farming ou HNV) dans le soutien à la biodiversité et aux communautés rurales. «Je suis venu ici pour mettre l'accent sur la révolution tranquille qui s’opère dans notre compréhension de l'agriculture et de la biodiversité,» a expliqué le Dr Mark Redman au public de la Semaine verte. «Les HNV se concentrent sur une agriculture à faible intensité qui est moins concurrentielle que les systèmes traditionnels et qui tourne

Sans action, il y a un risque que ces exploitations agricoles à petite échelle soient abandonnées, ce qui sera préjudiciable à la biodiversité, a cautionné M. Redman. Le professeur Allan Buckwell, de l’Association britannique des campagnes et des affaires rurales (Country Land and Business Asso­ ciation), a souligné la nécessité d’aider les protecteurs de la terre (les agriculteurs et les propriétaires terriens) à gérer leurs exploitations d’une manière plus bénéfique à l'environnement. «70 % des terres européennes font l'objet d'une exploitation agricole ou sylvicole. La manière dont nous effectuons nos activités agricoles et sylvicoles a donc un impact considérable sur l’environnement. Ce sont les propriétaires terriens qui peuvent mettre cela en place,» a insisté M. Buckwell. «Nous devons totalement changer d’état d’esprit. Les agriculteurs doivent être rémunérés pour des contrats volontaires afin de pouvoir fournir des services publics comme la protection de l’environnement,» a-t-il déclaré.


A G R I C U LT U R E

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T Habitudes alimentaires et perte d'habitat L’accroissement des populations et l’augmentation de la demande en viande et en d’autres produits animaliers comme le lait et les œufs représentent le moteur de l’expansion de l’agriculture d’élevage, qui est aujourd’hui une source majeure de perte de biodiversité au niveau mondial. Une plus grande efficacité de production, une plus grande diversité génétique parmi les races d’élevage et une consommation moins importante de viande sont des moyens potentiels de résoudre ce problème.

L’agriculture d’élevage est responsable de 30 % de la perte de biodiversité au niveau mondial, selon Henk Westhoek de l’Agence d’évaluation environnementale des Pays-Bas. «Les répercussions de la production d’élevage sur l’environnement sont généralement sous-estimés: Ceux-ci engendrent une perte de biodiversité tant à l'intérieur qu’à l’extérieur de l’Europe,» a-t-il cautionné.

Tendances de consommation La consommation de viande a plus que triplé en Europe depuis les années 1980 tandis que la consommation de lait a doublé. Les ci­toyens de l’UE mangent en moyenne 73 kg de viande par personne chaque année, contre une moyenne annuelle de 124 kg par personne aux Etats-Unis et de 15 kg par personne en Afrique. Une modification de nos habitudes alimentaires pourrait diminuer l’énorme impact du secteur de l'élevage sur la biodiversité, a expliqué Henk Westhoek. Les modèles de consommation ont également changé dans les pays en voie de développement et la viande, notamment la volaille, est une source de protéines de plus en plus populaire. Avec une population qui devrait atteindre neuf milliards d'individus en 2050, il est à prévoir que notre consommation mondiale actuelle de viande d'environ 280 millions de tonnes par an double d'ici 2050. M a g a z i n e de la d i r ec t i o n

Répercussions de l’agriculture d’élevage Dans l’Union européenne, la consommation de concentrés alimentaires importés comme la farine de soja augmente de 14 % par an. Cette augmentation a des implications sur les modèles agricoles en dehors de l’UE, où le changement d’habitat et la perte de biodiversité sont évidents. La proportion de terres consacrées à la production de soja destiné à l’alimentation animale dans le monde en voie de développement a doublé entre 1994 et 2004.

Carolyn Opio, Division de la production et de la santé animale, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

Carolyn Imede Opio de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) explique que bien qu’il soit difficile d’isoler l’impact de l’élevage, qui est complexe et largement indirect, ses effets sont évidents. L’expansion du secteur de l’élevage provoque un changement d’habitat et c’est également un moteur du changement climatique en raison des émissions de gaz à effet de serre (la production d’élevage est considérée comme responsable de quelque 7,1 milliards de tonnes d’émissions de CO2).

Action prévue Toutefois, des pratiques durables peuvent inverser certains de ces effets, selon Carolyn Imede Opio. Il faut améliorer l’efficacité de la production, d’abord en utilisant moins d’énergie, l’élevage biologique et des techniques de pâture adéquates et ensuite en préservant les races traditionnelles, qui sont mieux adaptées aux conditions locales. Cela peut également réduire considérablement les effets négatifs sur les habitats naturels et les autres ressources.

g é n é r ale de l ’ e n v i r o n n eme n t

© EC/CE – Patrick Mascart

Notre appétit insatiable pour la viande est le moteur de l’expansion de l’agriculture d’élevage, qui représente actuellement 80 % de l'utilisation mondiale des terres. Un tiers des terres arables est utilisé pour la production d’aliments pour animaux.

Cependant, elle a souligné que certaines causes sous-jacentes comme le manque de tarification correcte et l’internalisation des coûts environnementaux doivent être résolues pour contrer les inefficacités en termes d’utilisation des ressources. Un plus grand nombre d’incitants est nécessaire pour que les producteurs préservent la biodiversité, par exemple par le biais de subventions, d’avantages fiscaux, d’un label vert et de la certification de produits, a-t-elle ajouté. Nous pouvons également changer nos habitudes alimentaires. Les participants à la Semaine verte ont également appris que des campagnes populaires comme la ‘Journée sans viande’ peuvent contribuer à réduire la consommation de viande, à améliorer la santé publique et à diminuer la production d’élevage, réduisant ainsi sa participation à la perte de biodiversité.

S u p p l é ment


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C H A N G E M E N T C L I M AT I Q U E

T Changement climatique et biodiversité Le quatrième rapport d’évaluation du GIEC*, publié en 2007, a révélé une augmentation considérable des risques auxquels fait face la biodiversité et les services de l‘éco­ système. La biodiversité des océans évolue également, ce qui pourrait avoir un impact sur les approvisionnements en nourriture, bien que le volume des espèces puisse en fait augmenter.

climatique: réduire les émissions, maintenir et rétablir les puits de carbone naturels. Il existe une preuve évidente que les éco­ systèmes changent et ce changement touche le bien-être humain en raison de la détérioration des services de l’écosystème. Cela a un coût. La désertification détruit les moyens d’existence de millions de per­ sonnes. Le déclin de la pêche en eau douce réduit l’approvisionnement peu coûteux en protéines pour les pays en voie de développement. La détérioration de la qualité de l’eau et de l’hygiène publique affecte négativement la moitié de la popu­ lation urbaine en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes. © Shutterstock

S’il n’existe pas de preuve irréfutable de la détérioration de la biodiversité imputable au changement climatique, Wolfgang Cramer, de l’Institut de Postdam pour la recherche sur les conséquences climatiques, a noté que les effets d’un réchauffement climatique peuvent être perçus partout, de bouleversements dans les populations de papillons à la teneur en alcool des vins d’Alsace. Malgré de nombreuses incertitudes sur le plan scientifique, le bilan des preuves est tellement écrasant au vu des milliers de ‘petites anecdotes’ que les responsables politiques doivent reconnaître l’urgence, a déclaré M. Cramer. Et il n’existe qu’un moyen de résoudre le problème du changement

Risques d’extinction Chris Thomas, de l’Université d’York, n’avait aucun doute quant au fait que le changement climatique s’opère en ce moment. «Il a tué de nombreux Français en 2003 pendant la vague de chaleur,» a-t-il explique au public de la Semaine verte. Il existe des preuves tangibles qui montrent que plus de 10 % des espèces courent un risque d’extinction, a-t-il déclaré, et ce chiffre pourrait bien se rapprocher de 25 %. Pour de nombreuses espèces, l’adaptation au changement climatique ne va pas être chose facile. Certaines espèces sont capables de changer de lieu d’habitat mais d’autres ne peuvent pas survivre à des hausses de température. Les lézards, par exemple, ont déjà vu l’extinction de 4 % de leurs populations et ce chiffre devrait grimper à 20 % des  espèces d’ici 2080. Au Royaume-Uni,

des recherches ont prouvé que de nombreuses espèces se réimplantaient plus au nord. Certaines se sont même déplacées de 120 kilomètres au cours des 25 dernières années. L’émergence d’espèces envahissantes est un autre problème. Les grenouilles et les crapauds de certaines parties du Nouveau Monde sont touchés par des pathogènes de la peau d’origine fongique et quelque 70 espèces en sont mortes. Le professeur Carlo Heip, de l’Institut royal néerlandais pour la recherche marine, a également confirmé que l’environnement marin change à la fois en raison du réchauffement climatique et de la surexploitation. «Dans l’environnement marin, nous voyons clairement que la biodiversité est en train de changer, bien que très peu d’espèces marines soient à proprement parler en voie d’extinction,» a-t-il déclaré. «Les hausses de température n’affectent que les couches supérieures des océans et de nombreuses espèces marines peuvent facilement changer d'habitat.» Il a souligné la pénétration croissante d’espèces de planctons provenant du sud vers les eaux du nord. Le nombre d’espèces dans la mer du Nord a augmenté au cours des 20 dernières années, bien que sa composition soit désormais différente. Cela modifie la composition de la chaîne alimentaire dans nos océans et pourrait avoir un impact sur la productivité piscicole. * Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.


INFRASTRUCTURE VERTE

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T Développement

d’une infrastructure verte L’infrastructure verte a pour objectif de protéger et de rétablir le riche héritage naturel de l’Europe en reconnectant des habitats séparés par une utilisation intensive des terres, par des voies de transport et par l’expansion urbaine. Le développement d’une infrastructure verte est l’une des principales contri­butions de l’Europe à l'inversion du phénomène de perte de biodiversité.

La Commission européenne promeut des échanges de meilleures pratiques en tant que base d’une stratégie européenne concernant l’infrastructure verte, qui doit être développée l’année prochaine. Les participants à la Semaine verte ont appris comment des projets nationaux, régionaux et locaux peuvent apporter leur contribution distinctive. La Hongrie utilise des fonds européens et nationaux pour financer la préservation de la nature. Avec l’aide des fonds régionaux, agricoles et du programme européen LIFE+, elle réhabilite des zones protégées ou sites Natura 2000 en rétablissant et en reconnectant des zones humides et des forêts. Le programme implique également la con­ struction de chemins piscicoles, le dévelop­ pement de corridors écologiques, la modi­fication de lignes électriques pour minimiser la menace à l’égard des oiseaux et la création de passages sous les routes pour permettre aux espèces protégées de se déplacer et de gagner d’autres habitats. Eszter Kovács, maître de conférences à l’Université Szent István, a expliqué que le programme va au-delà des projets classiques de préservation de la nature. Il combine des approches verticales entre les différents niveaux et exige de s’adapter en permanence aux spécifications des appels d’offre selon les besoins des bénéficiaires potentiels. Le fait qu’un niveau élevé de cofinancement soit généralement disponible rend le programme extrêmement attractif pour les candidats intéressés. En France, la région Rhône-Alpes ouvre la voie grâce à la création de corridors naturels en vue d’établir un réseau régional de zones interconnectées (trame verte et bleue). Le choix innovant de la région a consisté à utiliser un aménagement du territoire intégré pour M a g a z i n e de la d i r ec t i o n

préparer la mise en place de l’infrastructure verte, un outil qui garantit une meilleure utilisation de terres limitées, en coopération avec toutes les parties prenantes pertinentes.

Natura 2000

Alain Chabrolle, vice-président de la région pour la santé et l’environnement, a expliqué que la principale priorité consistait à passer en revue les nombreuses fonctions environnementales de cette vaste région et à garantir une approche cohérente dans l’ensemble de son paysage particulièrement diversifié. «La question générale de la gouvernance était essentielle dans la mise en place de trames vertes et bleues et près de 100 associations locales ont été impliquées dans le projet. Nous avons essayé de garantir que personne ne soit oublié,» a-t-il expliqué. Des efforts particuliers ont été consentis pour s’assurer que les planificateurs urbains et ruraux soient pleinement conscients du projet et de ses implications sur leur travail.

Financement de l’infrastructure verte Peter Carter, directeur associé de la Banque européenne d’investissement, a déclaré que les deniers publics ne pourraient pas financer à eux seuls tous les projets d’infra­ structure verte. Le secteur privé devait être convaincu de la nécessité de s’impliquer car les idées dans ce secteur sont bonnes et il dispose des moyens de financement. Pour que cela soit réalisable, une meilleure communication entre les banquiers et les écologistes est essentielle, selon lui. Il a souligné que la BEI a demandé des recherches pour tenter d'attribuer une valeur à la nature. La BEI travaille avec des intermédiaires financiers pour apporter

g é n é r ale de l ’ e n v i r o n n eme n t

Une réussite européenne Le réseau Natura 2000 a été créé en 1992 dans le cadre de la directive Habitat et, avec la directive Oiseaux, il constitue la pierre angulaire de la politique en matière de nature et de biodiversité en Europe. L’objectif du réseau Natura 2000 est de protéger et de gérer les espèces et les habitats vulnérables au sein de l’Europe, indépendamment des frontières nationales ou politiques. Il ne s’agit pas d’un système de réserves naturelles strictes où toute activité humaine serait exclue. Si le réseau inclura certainement des réserves naturelles, la plupart des terres devraient continuer d’être des pro­ priétés privées et l’accent est mis sur la garantie que leur future gestion sera durable, à la fois d'un point de vue écologique et économique. Avec plus de 25 000 sites couvrant près de 750 000 km², Natura 2000 est un allié puissant dans la lutte pour la survie à long terme des espèces les plus précieuses et les plus menacées d’Europe.

un financement aux PME qui entretiennent des liens étroits avec les services de l’éco­ système et elle envisage d’investir dans un fonds de services de l’écosystème pour l’Amérique latine, a-t-il déclaré. S u p p l é ment


KH-AD-09-040-FR-C

La Commission et l’AEE dévoilent de nouveaux outils pour combattre la perte de biodiversité Deux nouveaux outils pour intensifier les efforts dans la lutte contre la perte de biodiversité ont été dévoilés lors de la Semaine verte

Exposition et autres événements Parallèlement aux sessions et aux ateliers, la Semaine verte a également présenté une zone d'exposition animée et colorée comptant plus de 50 stands. La conférence a attiré un large éventail d’exposants et présenté des solutions professionnelles vertes, des projets LIFE, des ONG, des autorités locales et régionales ainsi que des organismes européens et internationaux.

L’Agence européenne pour l'environnement a également développé une «base de référence européenne sur la biodiversité» 2010 à destination des responsables politiques. Cette base de référence offre un aperçu complet de l’état actuel de la bio­ diversité. Elle sera utilisée pour contrôler les progrès qui visent à inverser la perte de biodiversité. Elle permettra également de définir et de mesurer clairement les tendances au-delà de 2010. Les informations sur les espèces et les habitats seront organisées en principaux types d'écosystèmes (côtiers, zones humides, prairies, forêts, etc.) et, si cela s'avère approprié, les données seront mises à jour régulièrement pour fournir un historique clair des progrès et pour contrôler les tendances de façon dynamique. http://www.eea.europa.eu/themes/ biodiversity/bise-2013-thebiodiversity-information

La présentation «Merveilles sauvages de l’Europe» a été l’une des principales attractions. Elle a offert un avant-goût d’une exposition de photographies qui fera le tour du continent et qui a pour thème l’héritage européen en matière de biodiversité.

© EC/CE – Patrick Mascart

BISE, le système d’information européen sur la biodiversité, est un nouveau portail web qui permet d’accéder à des informations pertinentes sur la politique en matière de biodiversité européenne et ce, par le biais d’un site unique. En plus d’informations sur la politique et la législation européenne en matière d’environnement, cet outil offre un trésor d’informations sur l’état de l’environnement et des écosystèmes dans l’UE ainsi que sur les menaces auxquelles ils font face. BISE rassemble également des informations sur la recherche dans le domaine de la biodiversité et donne accès à des informations sur l’avancée des rapports concernant la bio­ diversité dans les Etats membres. http://www.biodiversity.europa.eu

© 2008 Grzegorz Lesniewski / Wild Wonders of Europe

Promouvoir la préservation de la nature grâce à la photo­graphie

Elle représente les plus belles œuvres de 69 des meilleurs photographes européens spécialisés dans la nature, sur 125 séances photo ayant pour thème la nature et la biodiversité dans 48 pays européens. Le fondateur des Merveilles sauvages de l'Europe, le photographe Staffan Widstrand, qui a déjà été primé, veut utiliser la puissance de la photographie pour éveiller l’intérêt du monde à la nature et la biodiversité.

Il a pour objectif de promouvoir la prise de conscience de la biodiversité et d’encourager l’implication de la population.

Ce projet a pour ambition de révéler l’héritage naturel du continent européen à ses 700 millions d’habitants et au reste du monde.

Selon Staffan Widstrand, il s’agit là de la plus grande initiative photographique de préservation de la nature qui ait jamais été organisée.


EFE Green week