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L’UMP et Jean-François Copé remettent en question le droit du sol. Page 2

Nouvelle série

26 octobre 2013 Monde

David Porchlife

Les Américains nous écoutent

La Feuille

Les agriculteurs français en danger Julian Photographe

Des documents publiés dans Le Monde ont révélé la surveillance de la France par les états-Unis. La presse internationale a analysé les réactions de la diplomatie française. page 2.

Légende

D’après une étude publiée par l’Institut de veille sanitaire (INVS) début octobre, près de 500 agriculteurs se sont suicidés entre 2007 et 2009 en France. Soit près d’un agriculteur tous les

Les Arts en exaltation

Situé à deux pas de la cathédrale, le musée des Beaux-Arts de Tours est un trésor d’architecture, d’art et d’histoire. page 7.

deux jours. Un phénomène qui touche nos campagnes depuis plusieurs années. Le suicide constituerait la troisième cause de mortalité chez les agriculteurs, après les cancers et les maladies

Région

Une rentrée en musique

La filière musicologie de la faculté de Tours rencontre un franc succès. Deux nouveaux parcours sont proposés cette année aux étudiants. Quarante places ont été créées pour les accueillir. Page 3.

cardio-vasculaires. Certaines classes d’âge, comme les 45-64 ans, ainsi que les secteurs de l’élevage bovin et de lait sont les plus touchés. Les associations comme Apli ou SOS Paysans, le Samu social, les syndicats Confédération paysanne et la FNSEA œuvrent pour venir en aide à ces paysans en ­situation de fragilité. Alors ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, inquiet de la situation, lançait en mars 2011 un plan de prévention du suicide dans le secteur agricole. Les chercheurs de l’INVS ont tenté pour la première fois d’étudier la population agricole dans son ensemble. Au vu des résultats, ils ont décidé de poursuivre leurs études dans la durée. Notre dossier pages 4 et 5

Sport

Yann Raymond, l’inoxydable

Mathilde choin

journal-atelier des étudiants de l’école publique de journalisme de tours (IUT).

Triathlète de l’extrême, Yann Raymond est membre du club de SaintAvertin. Il a déjà participé trois fois au championnat du monde, l’Iron Man d’Hawaii. Une épreuve pour les costauds : 3,8 km de natation, 180 km de cyclisme et 42 km de course à pied. Page 6.

L’angoisse grandit chez Michelin

L’invité

BARBARA ARSENAULT

Franck Mouget

SUR L’AGENDA p. 8

Landier, tout un programme

Lucie Martinez

Président de l’association Ohé du bateau, Franck Mouget revient sur la lutte menée pour redonner vie au Bateau Ivre. La célèbre salle de spectacles avait fermé ses portes fin 2010. Page 8.

Culture

LUTTE CONTRE LE PLAN SOCIAL. Le travail avait repris lundi, après douze jours de blocage. Mais les difficultés de négociations entre le directeur et les délégués syndicaux ont poussé les 400 salariés de l’usine Michelin de Joué-lèsTours à manifester, jeudi, dans le centre ville de Tours. Plus de 700 postes devraient être supprimés d’ici fin 2014. Page 3.

Frédérick Landier, alias Rubin Steiner, est le programmateur du Temps Machine. La salle de musique de Joué-lès-Tours a accueilli 56 concerts et 11 060 spectateurs en 2012 soit, en moyenne, 200 per­ sonnes par spectacle. Un chiffre en deçà de la capacité d’accueil de 600 places de la grande salle. La faute à une programmation plutôt élitiste. Page 7.


2 Les Infos

« Voilà ce qui arrive quand je parle trop longtemps. » Avec humour, Barack Obama est venu en aide à une jeune femme enceinte victime d’un malaise, alors qu’il tenait un discours sur la réforme du système de santé. Le président l’a rattrapée au moment où elle allait tomber.

Un sou est un sou  

Un centime. Voilà ce qu’Emilio Casali, 84 ans, aurait perçu en trop, au titre de ses retraites, entre le 1er janvier 1996 et le 31 décembre 2000. La sécurité sociale italienne lui a demandé, par lettre recommandée, de restituer cette somme, « en plusieurs versements » si besoin. Envoyer une lettre recommandée coûte  au minimum 3 euros   en Italie. 

Rivalité culinaire

Les Anglais mangeaient des cuisses de grenouilles bien avant les Français, selon des archéologues de l’université de Buckingham. Des fouilles effectuées près de Stonehenge ont récemment révélé que nos amis britanniques possèderaient huit mille ans d’avance sur nous, malgré notre surnom de « Froggies » (mangeurs de grenouilles).

La pastille est mal passée

La chaîne Canal+ a reçu jeudi 24 774 pastilles de bonbons Vichy. Christophe Pommeray, conseiller municipal vichyssois, n’a pas apprécié l’amalgame fait entre sa ville et le régime de Pétain, dans l’émission « Le Petit Journal ». Le présentateur Yann Barthès avait indiqué lundi dernier, à propos d’une manifestation catholique intégriste à Paris, qu’elle « [sentait] bon la pastille Vichy ».

monde

La Feuille

Alors que le scandale des écoutes des services secrets américains resurgit, la presse internationale s’étonne que la France ferme les yeux sur la question de l’espionnage.

C

hut, les Américains nous écoutent », titre La Marseillaise. L’espionnage de la France par l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA) a été confirmé par une enquête du Monde. Le quotidien français a publié dans son édition du mardi 22 octobre un dossier basé sur des documents d’Edward Snowden, ancien consultant de la NSA aujourd’hui réfugié en Russie. Il a eu accès à une partie de ces données confidentielles par le biais de son ancien collaborateur Glenn Greenwald (avocat devenu journaliste). Pour le journal, cet espionnage « met à bas tout principe de contrepoids en démocratie ». Quelque 70 millions de conversations auraient été interceptées entre décembre 2012 et janvier 2013, soit près de 3 millions par jour.

« Nous ne sommes pas les seuls »

Après ces révélations, la France a réclamé des réponses claires à Barack Obama et à son secrétaire d’état, John Kerry. Le président américain s’est expliqué par téléphone avec François Hollande. Cet entretien a eu peu d’échos dans la presse internationale. Quelques quotidiens comme The International New York Times soulignent simplement que « Les Français ne sont pas contents ». Pour se défendre, les Américains se sont empressés de rappeler leur amitié indestructible. Le gratuit 20 Minutes ironise et parle de « friture sur la ligne » franco-américaine. James Clapper, directeur du renseignement américain, a assuré que les informations du

Mathilde choin

Discours renversant

26 octobre 2013

La France sous surveillance

La presse française s’est particulièrement indignée des écoutes américaines.

Monde étaient fausses : « Les états-Unis ­collectent des informations pour protéger leur nation ». La France est-elle réellement tombée des nues ? Pour L’Humanité, « elle ne peut tout simplement pas faire semblant de ne pas ­savoir ». D’après Bernard Guetta, journaliste spécialiste des questions géopolitiques sur France Inter, les Américains ont utilisé la stratégie du « Nous ne sommes pas les seuls ». Le Washington Post accuse les Français d’hypocrisie et reprend l’excuse du « tout le monde le fait » : « Dans les années quatre-vingt-dix, la France plaçait des

micros dans les cabines de première classe des principales compagnies aériennes ; probablement pour écouter les grands patrons et les ministres ». Le New York Times, quant à lui, évoque le « ton sévère » des autorités françaises. Selon le quotidien américain, cette réaction relève « en partie du théâtre, plutôt que de la réelle indignation, puisque la France entretient son propre programme d’espionnage visant les Américains ». Enfin, le Los Angeles Times y consacre un article intitulé « Mieux vaut être espionnés qu’ignorés ». Pour lui, « cette affaire prouve qu’ils [les Français] sont encore importants ». Enfin, la chaîne de télévision Fox News, à tendance républicaine, constate que le président est « à nouveau forcé de se défendre et de promettre de réformer les programmes [de surveillance]. »

La presse européenne choquée

La France trouve un peu de soutien en Europe. Pour Le Figaro, « tout front européen risque de se briser sur un ultime obstacle : le Royaume-Uni ». En effet, les services britanniques travaillent de concert avec la NSA. Dans l’ensemble, la presse continentale est consternée par les questions de surveillance. Le journal irlandais The Irish Times fait état de la colère française et dit la comprendre. En Italie, La Republicca et La Stampa se déclarent également choquées par cette affaire, qualifiée de « Datagate » (en référence au scandale d’espionnage du Watergate dans les années soicante-dix).  Mathilde CHOIN

à cinq mois des élections municipales, l’opposition relance le débat sur l’identité nationale

Copé souhaiterait réformer le droit du sol france

A

Le président de l’UMP lance un « plan pour une nouvelle politique de l’immigration ». Il s’est d’ores et déjà prononcé pour une réforme du code de la nationalité.

lors que la polémique Léonarda commence à peine à retomber, le président de l’UMP a voulu orienter le débat public sur l’identité nationale. Mardi, il a annoncé vouloir durcir les conditions d’acquisition de la nationalité française pour les enfants nés en France de parents étrangers. « Il ne s’agit pas de remettre en cause le droit du sol », a-t-il précisé. Pourtant, il est bien question de réviser cette disposition instituée au XIXe siècle. « Quand on est né en France de parents étrangers en situation irrégulière, on n’a pas vocation à y rester et il n’est pas possible d’obtenir la nationalité française. Les enfants nés de parents étrangers en situation régulière ne devraient pas pouvoir obtenir la nationalité française de manière automatique. Ils devrait en faire la demande », a ­affirmé Copé.

Actuellement, en vertu du droit du sol, tout enfant né en France de parents étrangers acquiert la nationalité à sa majorité en respectant une condition toutefois. Il doit avoir vécu en France pendant au moins cinq ans, depuis l’âge de 11 ans. Il peut en faire la demande dès 16 ans. Le droit du sol, dont bénéficient chaque année 30 000 jeunes nés de parents étrangers, se distingue du droit du sang qui limite la ­nationalité à la seule filiation.

Medef

HORS CHAMP

samedi

Jean-François Copé va déposer une proposition de loi.

« Dans ce contexte de crise économique et de crise de l’intégration, nous n’avons pas d’autres choix que de réduire l’immigration », a déclaré le promoteur d’une droite « décomplexée ». En militant pour faire primer le droit du sang, Jean-François Copé reprend également à son compte l’une des mesures phares du programme du Front national.

Régulièrement contesté par la droite

Ce principe a souvent été remis en cause à droite depuis les années quatre-vingt. La proposition du chef de file de l’opposition s’inspire de la loi Pasqua de 1993 sur l’attribution de la nationalité qui imposait « une manifestation de volonté ». Un mineur né de parents étrangers en situation régulière devait, à sa majorité, déclarer de manière formelle son envie de devenir

français. Cette disposition a été supprimée par la gauche lorsqu’elle est revenue au pouvoir en 1998. Aujourd’hui, cette tendance à la surenchère en matière d’immigration semble être devenue la stratégie politique du patron de l’UMP, notamment à l’approche des échéances électorales. Au sein même de l’opposition, cette proposition ne semble pourtant pas faire l’unanimité. Patrick Devedjian, député des Hauts-deSeine, a tenu à rappeler qu’en 2000, l’Allemagne avait en 2000 introduit le droit du sol. Il a été rapidement suivi par Henri Guaino, ancien conseiller de ­Nicolas Sarkozy. Reste à savoir si, entre les deux tours des élections municipales de mars 2014, les partisans de la droite forte résisteront à la tentation de s’allier à l’extrême droite. Khadija BEN HAYYAN


La Feuille

région

samedi

Les Infos

26 octobre 2013

3

Incertitudes chez Michelin

A

ucun d’eux ne sait vraiment où il va. À l’image du tracé de leur manifestation, l’avenir de leur site est incertain. Le bras de fer engagé il y a quatre mois entre la direction et les syndicats, après l’annonce d’un vaste plan de restructuration, se poursuit et plonge les salariés dans la confusion. « On ne sait toujours pas à quelle sauce on va être mangés .» Comme les 400 autres manifestants, Philippe Huguet, agent de maintenance, s’inquiète. Il y aura des licenciements, mais les conditions de départ des salariés restent indéterminées. La rumeur court parmi les « Bib’s » qu’une indemnité de 25 000 euros par personne a été proposée lors des négociations. Mais rien n’est moins sûr. La direction refuse de s’exprimer et ne confirme aucune information.

Des illusions

On n’entend que la colère des salariés. « Michelin, assassin ! » Ils portent la couleur du deuil et, dans leurs dos, l’image de Bibendum dans les habits de la grande faucheuse. Des enfants, des étudiants et des retraités solidaires viennent grossir le cortège. Avoir plus de poids pour atteindre l’objectif : faire pression sur la direction pour les prochaines négociations et demander l’intervention du préfet d’Indre-et-Loire. Le visage de Julien Masson est masqué. Le regard de cet ouvrier est sombre. Bien sûr la peur est là, mais il ne perd pas espoir. « Je vais me battre pour garder mon travail. J’ai acheté une maison il y a tout juste un an

et maintenant on veut me mettre à la porte ? Non, on ne se laissera pas faire. » Les syndicats soutiennent les salariés depuis le premier blocage de l’usine, il y a deux semaines. Ils sont pourtant plus pessimistes. « La direction ne reviendra pas en arrière. Nous ne nous battons que pour que les salariés puissent partir dignement », soupire Eric Aller, de la CFTC.

Qui restera ?

Michel Laubin n’attend pas non plus de miracle. « Si je suis ici, c’est pour être avec les autres, mais je n’y crois plus. J’ai déjà commencé à chercher du travail ailleurs. En tant qu’agent de maintenance, j’aurai plus de chance de trouver un emploi que les ouvriers, qui eux ne sont formés qu’à des tâches très spécifiques. » Le malaise est d’autant plus grand que la liste de ceux qui partiront n’est pas arrêtée. Si tous savent que l’intégralité du secteur poids lourds – le plus important à

lucie martinez

Les salariés du site de Joué-lès-Tours ont manifesté jeudi à Tours. Le plan social annoncé en juin dernier prévoit la suppression de 726 postes sur 926. Après leur mobilisation, les « Bib’s » restent dans le doute.

La liste des 200 salariés qui conserveront leur emploi ne sera connue qu’en janvier 2014.

Joué – va disparaître, personne ne sait en revanche qui restera dans les deux ateliers annexes (nappes métalliques et membranes). Seul leur nombre est connu : 200 personnes, dont 50 ouvriers, alors que le site compte actuellement 926 salariés. La menace pèsera donc au-dessus de chacun jusqu’en janvier prochain, date à laquelle seront annoncés définitivement les noms des licenciés.

Lucie martinez et Marie privé

Repères n 10 juin 2013 : annonce du plan social qui prévoit la suppressions de 726 postes. n 8 octobre : premières négociations sur les mesures de départ. Les salariés mettent en place le

blocus du site et interrompent le trafic sur le périphérique. n 15 octobre : la direction fait passer de 250 à 360 le nombre de personnes qui peuvent bénéficier du dispositif de fin de carrière.

n 22 octobre : le blocus est levé. De nouvelles négociations avec les syndicats sont engagées. n 23 octobre : Pour faire pression sur la direction, l’intersyndicale appelle à manifester.

Tram et bus font le buzz sur le Web

Une filière d’excellence de l’université tourangelle se développe

La musicologie à son point d’orgue

L

Dans le département des étudiants musiciens, deux nouveaux cursus ont été créés et quarante nouveaux étudiants accueillis, à la rentrée 2013.

a rentrée universitaire a pris un air musical à Tours. ­Désormais, en plus du cursus habituel musique et musicologie, deux autres parcours ont été mis en place : musicien interprète ainsi que jazz et musiques actuelles amplifiées. Olivier Cullin, directeur du département à l’université François-Rabelais, explique que « ces parcours ont été créés à la demande des étudiants qui souhaitaient concilier leurs études de musicologie à la faculté et leurs pratiques personnelles de la musique. Le but est que la surcharge de travail pour eux ne soit pas excessive ». Il reste un tronc commun ­solide, mais les étudiants reçoivent deux diplômes : celui du nouveau cursus choisi et celui de musicologie. Un partenariat s’est par ailleurs noué avec le

conservatoire Francis-Poulenc et l’école de musique Jazz à Tours. Avec cette ouverture, les enseignants espèrent que les étudiants s’inséreront plus facilement dans le milieu professionnel.

Une vingtaine d’étudiants

Faute de budget et parce que cette nouveauté se met tranquillement en place, les deux parcours n’accueillent qu’une

Barbara arsenault

éducation

Vincent Cotro est à l’initiative des deux nouvelles filières.

vingtaine d’élèves cette année. Mais selon Vincent Cotro, qui enseigne l’histoire, l’analyse et l’esthétique du jazz, « l’objectif est de doubler ces effectifs à court terme, car les deux cursus séduisent particulièrement les étudiants ». L’université tourangelle, qui s’était déjà associée avec l’école primaire, le collège et le lycée du quartier Mirabeau, multiplie les partenariats. Elle collabore ­d ésormais également avec le ­lycée Madame-de-Staël, à Montluçon (Allier), qui dispose d’une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) littéraire. L’établissement auvergnat propose notamment aux élèves une ­option théâtre. Le personnel a voulu développer ce côté artistique en ouvrant une option ­musique qui leur permet ensuite

d’être prioritaire lors des incriptions au département musicologie de la faculté de Tours. Seules trois options similaires existent en France.

100 % d’admis au Capes l’année dernière

L’effectif des jeunes musiciens était en hausse à la rentrée. Plus de 130 étudiants se sont inscrits en première année, contre environ 90 en 2012. Le parcours classique ouvre des débouchés dans l’enseignement. La faculté peut d’ailleurs se féliciter d’un taux de réussite de 100 % au certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (Capes) chez les étudiants sortis du master de ­musicologie l’an passé. Peu de cursus peuvent ­revendiquer une telle réussite.

Barbara Arsenault

Bus en retard, grèves…, depuis la mise en circulation du tram et la refonte du réseau tourangeau, l’usager de Fil Bleu doit garder son sang-froid. Ses déboires de voyageur, Ludovic, ingénieur tourangeau de 27 ans, a décidé de les tourner en dérision dans une vidéo. Elle parodie la série Bref, diffusée sur Canal+ l’an dernier. Le tram est décrit comme le « croisement entre un rouleau de papier alu et un zèbre » tandis que l’emploi du temps des chauffeurs de bus est ainsi résumé : « Lundi, c’est grève. Mardi, c’est grève. Mercredi, pareil. Jeudi, idem. » Publiée lundi 21 octobre sur Youtube, la vidéo a déjà été visionnée près de 265 000 fois.


4 Le dossier

samedi

26 octobre 2013

La Feuille

Agriculture : le

Il y a plus de mort chez les agriculteurs que dans les autres catégories de la population. C’est ce qu’a constaté l’INVS. Cause de cette surmortalité, un taux de suicide anormalement élevé. Au-delà des facteurs sociaux – en tête desquels se trouvent l’isolement – le contexte de l’agriculture a une certaine influence.

L

e chiffre est alarmant. En trois ans, ils sont 485 à s’être suicidés si on en croit le rapport de l’Institut national de veille sanitaire (INVS), paru le 10 octobre dernier. L’étude, menée dans le cadre du programme national d’actions contre le suicide, a compilé les données disponibles sur les années 2007, 2008 et 2009. Ils sont 417 hommes et 68 femmes à avoir mis fin à leur jour au cours de la période, soit, pour l’année 2008, une surmortalité masculine de 28 % comparée à la population générale. Les hommes âgés entre 45 et 64 ans sont particulièrement touchés, ainsi que les éleveurs bovins. Aucune hypothèse n’est avancée pour expliquer ces gestes extrêmes. Il est vrai que les difficultés du monde agricole sont multiples. Divers éléments sont de nature à fragiliser les agriculteurs, avec pour dénominateur commun un lien social souvent compliqué. L’isolement géographique et l’éloignement des services concourent à un taux de célibat élevé. Quant aux couples, des difficultés économiques et les longues journées de travail (en moyenne 54,3 heures hebdomadaires en 2007, contre 37,9 pour la population totale) conduisent souvent à leur déchirement. Pour Gérard Fiquet, président national de Solidarité paysans, association de soutien aux agriculteurs, « le monde agricole s’est marginalisé, les agriculteurs ne se sentent plus reconnus ». Le métier s’est aussi transformé, explique Frédéric Conre, responsable du service famille à la Mutuelle sociale agricole (MSA) de Berry-Touraine : « Les paysans d’autrefois n’existent plus. Les agriculteurs doivent désormais être de vrais gestionnaires ». En outre, l’entraîde entre exploitants n’est pas toujours au rendez-vous. Les difficultés économiques font partie des principaux problèmes de fond auxquels sont confrontés les exploitants agricoles. La précarité touche une partie de la profession : beaucoup vivent sous le seuil de pauvreté. Elle touchait 20,8 % des agriculteurs en 2006 contre 7,9 % pour la population totale. Les grandes

laurent Gauthier CC

Un terrain social défavorable

« Les machines coûtent très cher. Il faut des années et des années pour amortir l’investissement. Sans parler de l’achat des terres agricoles… », constate Frédéric Conre, responsable du service famille à la MSA.

cultures céréalières et oléo-protéagineuses (colza, tournesol…) rencontrent toutefois moins de difficultés que d’autres filières, grâce leur bon rendement. Les agricultueurs doivent aussi supporter les caprices du climat. Ainsi, en région Centre, la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf) indique qu’« une conjonction d’aléas défavorables a marqué la récolte de raisin » en 2012. Agriculteur retraité et militant à la Confédération paysanne (syndicat minoritaire), Jacques Thibault souligne

20,8 % des exploitants vivent sous le seuil de pauvreté

Mobilisation contre l’écotaxe n Inscrite dans la loi Grenelle de l’Environement, de 2009, « la taxe nationale sur les véhicules de transport de marchandises » devrait entrer en vigueur en janvier 2014. Cette écotaxe doit s’appliquer aux ­camions de plus de 3,5 tonnes qui circulent sur le réseau principal, hors autoroute à péage. Objectif écologique : favoriser les circuits courts en taxant les déplacements longs et ainsi réduire la pollution produite

par le transport routier. Cette taxe decrait rapporter à l’état 1,1 milliard d’euros par an. Les camions-citernes transportant du lait seront exonérés. n Les agriculteurs ont manifesté cette semaine contre l’écotaxe. Dépendant des réseaux routiers, ils sont en effet parmi les premiers concerné. Les ­exploitants redoutent qu’elle ne pèse sur le budget de leurs entreprises. Elle pourrait entraîner une hausse de

que « les agriculteurs, dans notre système productiviste, utilisent des pesticides pour minimiser les risques de perdre leur production ». Les produits chimiques, l’énergie utilisée ou l’alimentation du bétail (dont les prix sont en hausse de 22 % entre 2011 et 2012, dans la région Centre) sont autant de dépenses sur lesquelles les exploitants n’ont aucun contrôle. Et quand la récolte est bonne, encore faut-il l’écouler à un prix rémunérateur… JeanYves Chauveau, animateur au sein de l’antenne locale de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA, le syndicat majoritaire) constate « l’alliance entre les pouvoirs publics et la grande distribution pour nourrir les populations qui maintient des prix bas ». Des prix qui dépendent des cours du marchés, mais aussi des contraintes climatiques et de la spéculation.

5 à 10 % du coût du transport. Augmentation qui sera difficile à répercuter sur les prix de vente au consommateur. La FNSEA dénonce « cette nouvelle atteinte à la ­compétitivité du secteur agricole et agro-alimentaire ». n L’autre problème dénoncé par les agriculteurs est que la taxe ne s’adressent qu’aux conducteurs français et pas aux étrangers ­c irculant sur les routes françaises.

Le surendettement, mal des campagne

Depuis la réforme de la politique agricole commune (PAC) de 1992, il n’y a plus de prix minimal garanti par l’Union européenne, bien qu’elle verse en compensation des subventions directes aux exploitants agricoles. C’est une vraie source d’incertitude pour les agriculteurs sur leurs revenus futurs et donc sur l’opportunité d’emprunter et d’investir. Il suffit donc parfois de peu pour basculer dans la spirale du surendettement : une mauvaise récolte, un investissement surdimensionné… En 2010, ­s elon


La Feuille

samedi

Le dossier 5

26 octobre 2013

es damnés de la terre Jean-Marie Perrin consacre sa retraite à épauler la communauté agricole.

Une écoute pour réagir aux problèmes

Des appels alarmants

Plus de 10 % de ceux recensés en Indre-et-Loire ont fait ­appel à ses services en 2012, soit une hausse de 50 % en dix ans. L’activité du bénévole ne cesse donc de s’intensifier. Il est également médiateur au tribunal de grande instance de Tours. « Bonjour les dégâts ! » JeanMarie raccroche le téléphone. Il vient de s’entretenir avec une productrice de fromage de chèvre dans le pays lochois. Face à la conjoncture, son distributeur a baissé de 15 centimes le prix de ses fromages.

l’Agreste (service statistique du ministère de l’Agriculture), l’endettement moyen par exploitation s’élève à 159 700 euros, contre 121 800 euros en 2005. Mais sur les racines de ce mal, les avis divergent. Pour JeanYves Chauveau, « les échecs, malgré tout et heureusement assez rares, ont des causes ­essentiellement individuelles, bien que liées à la santé de la filière ». Marie-Pierre Auvray, animatrice à la Confédération paysanne de Touraine, y voit des raisons plus profondes : puisque les aides directes de la PAC dépendent du nombre d’hectares, « il faut s’agrandir pour avoir plus de subventions : les grosses exploitations sont favorisées ». La surface moyenne des terres exploitée va en augmentant : 42 hectares en 2000, 55 en 2010. Frédéric Conre, responsable du pôle famille à la MSA, explique aussi cet agrandissement des exploitations par le fait qu’elles deviennent ainsi plus rentables pour l’exploitant. » Mais leur nombre diminue, puisqu’une sur quatre a disparu en dix ans. « Il est inadmissible que les financements publics aident à l’agrandissement, au détriment de l’emploi », tempête Jacques Thibault. « L’agriculture productiviste demande beaucoup de capitaux, les investissements d’agrandissement sont parfois surdimensionnés », note Gérard Fiquet. Autre source d’endettement, la mise aux normes européennes, sanitaires et environnementales. Qualité des récoltes, prix de vente, rentabilité des investissements… nombreux sont les écueils pour que les agriculteurs dégagent un revenu décent. Pourtant, l’utilité sociale du monde agricole, qui nourrit l’humanité, ne fait aucun doute.

Khadija BEN HAYYAN et Jules XENARD

« C’est dramatique, cette femme est désespérée », s’inquiète-t-il. Des appels comme celui-ci, il en reçoit plusieurs par jour. L’étape suivante consiste pour lui à aller à la rencontre de ces agriculteurs et de faire le diagnostic de leur situation financière. à cause du désarroi de certains, ces rencontres tournent de plus en plus à l’affrontement. «Il m’arrive parfois d’être accompagné par un gend a r m e  » . F i n j u i l l e t , u n

viticulteur l’attendait, une corde à la main. « Vous voyez, elle est prête. » A-t-il lancé. Grâce au soutien de l’association qui l’a bien aidé, il va bien mieux. Mais pour d’autres, il est déjà trop tard. En juin dernier, un jeune éleveur de vaches laitières s’est donné la mort à Vouvray. « Le suicide dans le monde agricole est une triste réalité », confie Joël Lorillou, animateur de l’association.

MARIE PRivé

A

ncien ingénieur agricole, Jean-Marie Perrin est un « papy bougeotte », comme le surnomme son petitsfils. à 74 ans, il sillonne les routes tourangelles pour aller à la rencontre des paysans. ­Depuis treize ans, il est conciliateur à Aide 37, une association qui propose un accompagnement personnalisé aux agriculteurs en difficulté.

La tâche principale de Jean-Marie Perrin, rassurer et conseiller.

Jean-Marie Perrin relativise : « Ils ont la volonté de continuer car ils aiment leur métier. »

Faire de la psychologie

Le plus difficile pour eux est d’accepter l’aide et le conseil car la honte prend souvent le dessus. « Les agriculteurs ne se confient pas facilement. Je fais un petit travail de droit et un gros travail de psychologie », explique le bénévole. Les rassurer permet de leur redonner confiance, c’est aussi la tâche du conciliateur. Les résultats de l’association sont probants : 98 % des dossiers sont résolus. « C’est gratifiant de se sentir utile à la sauvegarde du monde paysan », estime Jean-Marie Perrin. « M. Perrin, vous êtes le Bon Dieu ! » lui a un jour lancé une agricultrice. Mais lui-même le dit, il ne fait pas de miracles : « Ils ont la volonté et je connais les procédures pour qu’ils s’en sortent. »

Marie PRIVé

François Purseigle est maître de conférences en sociologie des mondes agricoles à l’école nationale supérieure agronomique de Toulouse.

“Maintenir un lien avec eux pour éviter la solitude”

François Purseigle étudie le monde paysan.

D’après l’INVS, tous les deux jours en France, un agriculteur se suicide. Comment expliquer un tel ­désastre ?­ Les raisons sont sociales et économiques à cause des prix sans cesse en baisse. Les agriculteurs représentent aujourd’hui environ 1 % de la population active. Et c’est une profession qui vit continuellement dans une incertitude sociale et professionnelle.

La peur de l’avenir ­serait donc à l’origine de cette situation ? Les agriculteurs ne savent pas de quoi sera fait leur lendemain. Ils sont de plus en plus précaires. Contrairement à leurs ­parents, ils ne sont pas sûrs de pouvoir transmettre leur exploitation ni même de la garder toute leur vie. Si on se réfère à la crise de l’agroalimentaire en Bretagne, peut-on avancer que certains secteurs sont davantage concernés ? L’ouest de la France est plus touché car ce sont des régions d’élevage. Il

y a des écarts de revenus importants dans l’agriculture, qui vont du simple au quintuple. La situation est donc très disparate, par exemple entre de gros céréaliers soutenus par l’état, et de petits éleveurs ou viticulteurs. De plus, même si les agriculteurs ont conscience que sans l’état ils ne pourraient pas survivre, ils préféreraient vivre de leurs revenus, sans assistanat. Les pouvoirs publics et la profession prennentils suffisamment en compte le problème ? Des dispositifs d’accompagnement ont été mis en place par l’état

et la Mutualité sociale agricole. Un numéro vert et des cellules d’écoute ont été crées. Les associations locales font aussi beaucoup pour aider leurs agriculteurs. Même dans les espaces ruraux, les agriculteurs sont peu nombreux, il est donc important de maintenir un lien avec eux pour leur éviter la solitude. La plupart de ces acteurs sont bien conscients du problème et ils tentent d’y remédier, mais on manque bien souvent de moyens.

Recueilli par étienne ESCUER


6 Temps libre Le match de la semaine

Hervé réalisent un début de saison parfait : trois matchs, trois victoires. Attention toutefois à ne pas tomber dans l’euphorie, face à la deuxième plus mauvaise défense de Pro A, en quête de rachat après une défaite à domicile contre Nancy le week-end dernier. Samedi 26 octobre, 20 h au Palais des sports d’Orléans.

VOLLEY-BALL Tours-Ajaccio

Quatre matchs et déjà deux défaites pour les joueurs du Tours Volley-Ball : un début de saison poussif pour les champions en titre. L’équipe de Mauricio Paes aura à cœur de se rattraper devant son public, une semaine après la déroute à Beauvais (3-2). En face, les Corses, tombeurs du leader parisien samedi dernier, restent sur trois victoires de suite. Dimanche 27 octobre, 17 h au Palais des sports de Tours.

Nos choix TV

PHOTO NR

FORMULE 1 Grand prix d’Inde

Paes et le TVB favoris.

Les autres rendez-vous HOCKEY-SURGLACE Tours-Amnéville

En forme depuis le début du championnat avec trois victoires en autant de matchs, les Remparts de Tours reçoivent les Galaxians d’Amnéville. Après une défaite encourageante (4-3) face à Bordeaux mardi en Coupe de France, les Tourangeaux espèrent poursuivre cette belle série, face à des Mosellans défaits (9-0) par Asnières lors de la journée précédente. Samedi 26 octobre, 20 h à la Patinoire municipale de Tours.

BASKET-BALL Orléans-Pau

Après Chalon, Le Havre et Lyon-Villeurbanne, Pau sera-t-il la nouvelle victime d’Orléans cette saison ? Promis à la lutte pour le maintien, les joueurs de Philippe

En remportant un troisième titre de champion du monde l’an dernier, Sebastian Vettel avait rejoint les grands noms de la F1 : Ayrton Senna, Niki Lauda, Jackie Stewart ou encore Nelson Piquet. Ce dimanche, en Inde, l’Allemand a l’occasion d’entrer un peu plus dans l’Histoire de la Formule 1 en égalant Alain Prost, avec un quatrième titre. Une cinquième place suffirait en effet à consacrer un Vettel en pleine forme, puisqu’il reste sur cinq succès consécutifs. L’Allemand est aussi le seul pilote à s’être imposé sur le circuit de Buddh, inauguré il y a deux ans. Dimanche 27 octobre, 10 h 30 sur Canal+.

FOOTBALL FC BarceloneReal Madrid

Les deux « meilleurs ennemis » du championnat espagnol se retrouvent pour la première fois de la saison. Un match-clé pour le Real Madrid qui a l’occasion de revenir à hauteur de son rival en cas de succès. Les Catalans restent quant à eux sur deux matchs nuls consécutifs en Liga, à Osasuna (0-0), et en Ligue des Champions, face à l’AC Milan (1-1). Samedi 26 octobre, 18 h sur BeInSport1.

26 octobre 2013

La Feuille

Yann, l’homme de fer

Natation, cyclisme et course à pied. Yann Raymond, membre du club de triathlon de Saint-Avertin, excelle dans l’Iron Man, l’épreuve mythique de la discipline.

L

’Iron Man est le triathlon de l’extrême : 3,8 kilomètres de natation, 180 kilomètres à vélo et 42,195 kilomètres de course à pied. D’une seule traite pendant un peu plus de huit heures pour les premiers. Jusqu’à 17 heures pour les derniers. à 35 ans, Yann Raymond, ingénieur EDF, possède un palmarès éloquent. En 2001, il participe à son premier triathlon, le Half Iron Man, soit la moitié d’une épreuve classique. En 2003, ses résultats à l’épreuve de l’Iron Man de Francfort lui permettent de se qualifier pour le championnat du monde de la discipline, à Hawaii, la Mecque des triathlons longue distance. Il y retourne deux fois. Il participe également à ceux de Zürich, de Lanzarote (Canaries), de Nice… Sa neuvième place au mythique Iron Man d’Embrun en 2007 est son meilleur résultat. Yann Raymond débute le triathlon au club de Belfort à 23 ans : « Un peu tard quand on veut espérer des résultats. Mais je cherchais surtout un sport que je puisse pratiquer la nuit et sous la pluie », explique ce cadre aux horaires de travail contraignants.

« Une philosophie »

Le triathlon reste un sport élitiste, il faut pouvoir financer la participation aux courses. Grâce à ses résultats, Yann a su gagner l’intérêt des partenaires. Pendant les « années fastes », il était sponsorisé à hauteur de 3 000 euros par an, « une somme qui ne suffit pas à rembourser tous les voyages », précise-t-il. La seule inscription à la course hawaïenne par exemple s’élève à 350 euros. « Je n’ai pas la “triathlète attitude”. Un véritable business s’est formé autour de

MATHILDE CHOIN

à vos marques

samedi

Pas de chrono, le triathlète préfère s’entraîner sans pression.

la discipline. L’équipement et les inscriptions aux courses coûtent très cher et ce n’est pas toujours justifié. » Yann Raymond n’a rien à envier au superhéros des studios américains. L’Iron Man demande une véritable préparation physique, pas moins de trois séances hebdomadaires dans chaque sport, soit environ quinze heures par semaine. « J’en ai eu marre parfois mais je n’ai jamais voulu arrêter. » Il a par ailleurs décidé de s’octroyer une année blanche, sans grande compétition. « Après deux Iron Man la même année, j’ai besoin de me reposer et de manger à mon envie. Mon corps me le demande. Mais dès que je commence à être de mauvaise humeur, c’est le signe qu’il faut que je reprenne l’entraînement », s’amuse-t-il. Et le plaisir, dans tout ça ? Yann évoque un moment très particulier de l’Iron Man : « Lors des 500 derniers mètres, je suis dans un état de transe. C’est à ce moment-là que je me rends compte de l’effort physique que je viens de produire ainsi que de tout l’entraînement

bien joué Roger-Vasselin s’offre Wawrinka

Le Français édouard Roger-Vasselin, 65e mondial, a réalisé une grande performance mardi à Bâle en sortant en deux sets le Suisse Stanislas Wawrinka, 8e mondial (6-4, 6-3), dès le premier tour du tournoi. Ce succès intervient trente ans après l’exploit de son père, Christophe, en quart de finale de Roland-Garros face au numéro 1 mondial, Jimmy Connors (6-4, 6-4, 7-6).

que je laisse derrière moi. Cette sensation est indescriptible. » Pour faire face à sa « bête noire », la course à pied, il a participé début septembre au marathon du Médoc. Le 24 novembre prochain, il prendra le départ du marathon de La Rochelle, avec un but en tête : battre son record de deux heures quarante, une performance « insuffisante » selon lui.

Question de mental

Yann Raymond, en humble champion, est profondément admiratif des skieurs de fond et des sportifs de l’extrême. « Tout le monde peut faire du triathlon. Il faut un minimum de capacités physiques mais lorsqu’on a la chance d’être en bonne santé, on a tous un don à travailler et à réussir. » Pourtant, ce sportif aguerri envisage parfaitement sa vie sans triathlon. Ancien bassiste dans un groupe, Yann Raymond se passionne pour la musique : « Je n’aime pas le mot addiction. L’envie correspond mieux à mon état d’esprit ». Mathilde CHOIN

carton rouge Zlatan puissance 4

Le gardien d’Anderlecht, Thomas Kaminski, qui fêtait ses 21 ans mercredi, avait demandé à l’attaquant parisien Zlatan Ibrahimovic de l’épargner d’un but de classe mondiale. Une requête visiblement ignorée par le Suédois, grand artisan de la victoire du P-SG (5-0). Auteur d’un quadruplé, dont une superbe frappe de 30 mètres et une « Madjer », Zlatan ne fait pas de cadeaux.

Bridgestone se dégonfle

Le Grand Prix d’Australie de MotoGP a tourné au fiasco dimanche dernier. Bridgestone, le fournisseur de pneus, a annoncé que ses gommes ne tiendraient pas l’ensemble de la course. Il a été décidé que les pilotes devaient donc changer de moto avant le dixième tour. Ne passant par les stands qu’au onzième tour, le leader du championnat, Marc Marquez, a été disqualifié.

Les cris de la honte

Le succès de Manchester City sur la pelouse du CSKA Moscou (2-1) en Ligue des champions mercredi a été malheureusement entaché d’incidents déplorables. L’Ivoirien Yaya Touré a été la cible de chants racistes et ses actions ont été « saluées » par des cris de singe, descendus des tribunes russes. Le joueur de Manchester City, soutenu par son entraîneur, Manuel Pellegrini, réclame des sanctions auprès de l’UEFA.


d. r.

Le temps passe, LÉGENDE l’art se magnifie

D

onnez-moi un musée et je le remplirai », s’amusait Picasso. Le célèbre artiste peintre aurait sûrement été séduit par le cadre verdoyant du musée des Beaux-Arts de Tours ainsi que par ses remarquables collections. Riche d’un passé historique et atypique, l’ancien palais des Archevêques est successivement devenu théâtre, école centrale, bibliothèque et dépôt des œuvres d’art confisquées.

Le musée tourangeau s’ouvre sur un jardin à la français. Le visiteur est accueilli par un gigantesque cèdre libanais planté en 1804 et classé Arbre remarquable de France. Les salons de l’ancien palais archiépiscopal, décorés d’un riche mobilier du XVIII e siècle, offrent une belle harmonie entre lieux et collections. Les curieux peuvent y observer une des plus importantes collections de primitifs italiens après celle du musée du Louvre. Y sont également rassemblés des chefs d’œuvres de peintres aussi divers que Rembrandt, Rubens, Delacroix… Quand l’architecture, l’art et l’histoire ne font qu’un. Hugo BRISSET

Exposition FrançoisAndré Vincent, jusqu’au 19 janvier 2014.

TALENT L’hédonisme par

Des nus masculins qui racontent l’amour.

P

atrick Pottier, artiste sculpteur, investit le 21 de la rue d’Amboise, à Tours, avec plus de 30  sculptures de nus masculins, sur le thème : «  L’ a m o u r e t s e s conséquences ». Une exploration du paradoxe de l’homme, cet être oscillant entre virilité et fragilité, force et douceur. L’artiste tourangeau façonne des formes pour combler un vide existentiel.

Pascale collert

PASSION la sculpture

« D’ordinaire, je suis plutôt réservé. La sculpture me permet de matérialiser mes pulsions. » À travers l’art du toucher, Patrick Pottier tente d’illustrer la réalité et d’échapper au fantasme. Il se concentre essentiellement sur le travail de l’argile pour exprimer ses désirs : « Le travail de la terre est sensuel, presque orgasmique. » La beauté masculine prend tout son sens dans cette exposition qui attire aussi bien les femmes que les hommes.

Touche pas à ma prog

Frédérick Landier, alias Rubin Steiner, est le programmateur du Temps Machine, la salle de concert de Joué-Lès-Tours. Musicien, DJ et un peu mégalo aussi.

A

ssis sur une chaise haute, les jambes croisées, Frédérick Landier souffle vers le plafond la fumée de sa cigarette. Appuyé contre le comptoir du bar, d’une main, il remonte soigneusement ses chaussettes vertes. à côté, ses amis boivent du champagne. Dehors les spectateurs ont froid. Ils attendent l’ouverture du Temps Machine.

Un vrai Tourangeau

Cette salle, c’était son projet. Il l’a pensée avec son ami de lycée, Vincent Launay, maintenant directeur artistique. Après dix ans de travaux, elle est sortie de terre en 2011 sur le site de l’ancienne maison des jeunes et de la culture (MJC) de Joué-les-Tours. Il en est aujourd’hui le programmateur. « J’ai voulu développer une vraie scène tourangelle. Ici, il se passe tellement peu de chose au niveau musical que le champ des possibles est très large. » à 38 ans, il habite toujours à Tours, comme ses parents et ses grands-parents avant lui. « Si vous cherchez un vrai spécimen de Tourangeau, me voilà. » Ses études, son premier travail, son premier groupe, il a tout fait dans cette ville. à 18 ans, il entame des études de lettres modernes à l’université François-Rabelais, études qu’il abandonne vite. Ses intérêts sont ailleurs. Il devient animateur de l’émission de free-jazz « Nuisances sonores » sur Radio Béton puis guitariste du groupe MERZ. Il lance également le fanzine Stéréophile. Et, surtout, il travaille au

Muse au cinéma

Le 17 novembre, le CGR de Tours diffusera Live at Rome Olympic Stadium, un concert de Muse enregistré au stade olympique de Rome. Celui-ci a rassemblé quelque 60 000 fans le 7 juillet dernier. Une

Matthew Bellamy, leader du groupe Muse.

Les choix musicaux de Frédérick Landier s’adresse à un public restreint.

Café Bar où se retrouvent « tous les homos-intellos de la ville ». Il organise alors ses premiers concerts. Cette époque marque le début de son implication dans la vie culturelle locale. Mais il a toujours refusé d’aller plus loin. La capitale, il ne veut pas en entendre parler. Ses amis le décrivent d’ailleurs comme antiparisien.

Une programmation élitiste

Pourtant son attitude n’est pas sans rappeler un certain parisianisme. Ses choix musicaux aussi. Ils sont intéressants, ils plaisent, sont légitimes – d’autant que Frédérick Landier est lui même ­artiste et mélomane avisé. Mais « sa programmation reflète bien sa personnalité, remarque Antoine Serreau, claviériste du groupe post-rock The Finkielkrauts, avec qui il a beaucoup travaillé. Elle est très pointue et manque parfois de remise en question. » Car si le concert des Biarrot de La Femme

centaine de salles françaises diffusent ce concert réalisé lors de la tournée mondiale du groupe, « The 2nd Law Tour ». Cinémas Mega CGR, 20 heures, réservation conseillée.

SORTIES

Hugo BRISSET

Exposition jusqu’au 4 janvier 2014. Ouvert ous les samedis de 14 heures à 19 heures et le matin sur rendezvous. Rens. : www. pottierpatrick.com

7

PASCALE COLLERT

Beaux-Arts

Un monument classé depuis 1883.

Temps libre

26 octobre2013

Tours Bio’cité

Pour sensibiliser les Tourangeaux à la richesse de la nature y compris en milieux urbain, le Jardin botanique de Tours accueille jusqu’au 17 novembre une exposition sur la biodiversité de la ville et sur les méthodes utilisées par les jardiniers de la ville. Du lundi au vendredi, de 14 heures à 17 heures. Certains jours, rencontres thématiques avec des jardiniers municipaux. Rens. au 02.47.76.40.65.

affichait complet il y a deux ­s emaines, la grande salle du Temps Machine est souvent vide. D’ailleurs ce soir, le concert des Tourangeaux de Binidu aura lieu dans le Club, la plus petite des deux scènes. Musicien et chroniqueur dans un webzine culturel, Rémy Saulay a un avis bien tranché sur les choix musicaux de Frédérick Landier. «  C’est bien que la salle accueille des artistes locaux et j’apprécie la programmation pour son culot, mais elle est égoïste. Les programmateurs cherchent souvent à se faire plaisir. Ils pourraient faire comme les autres Smac (scènes de musiques actuelles, NDLR) et inviter quelques artistes fédérateurs. » Mais non. Malgré les critiques, « Fred » défend âprement ses choix. Pour lui, son travail doit rester de la prospection et les concerts, des découvertes. Tant pis pour les spectateurs. Lucie MARTINEZ

bons plans Attendre le train en musique

Le piano installé à la gare de Tours n’a finalement pas été déplacé fin septembre comme prévu initialement. Grâce à une pétition, il est toujours à la disposition des musiciens ou des esprits curieux qui voudraient s’y essayer. Acheté dans le cadre d’une opération menée par la SNCF, l’instrument attire de nombreux voyageurs ou passants.

Du tennis pendant les vacances

L’Association tennis grand Tours (ATGT) propose des stages de tennis du lundi 28

D. R.

samedi

Johanna bocher

La Feuille

Une bonne occasion de garder la forme !

octobre au vendredi 1er novembre. Plusieurs formules sont proposées à destination des enfants comme des adultes. Les tarifs démarrent à 80 euros pour deux heures d’entraînement par jour. Renseignements et inscriptions au 02.47.44.50.45.


8 L’invité

samedi

26 octobre 2013

La Feuille

Sauvetage du Bateau ivre

Franck Mouget, comédien et président de l’association Ohé du Bateau, est à l’origine de la réouverture du Bateau ivre. Il revient sur la renaissance de la salle de spectacle tourangelle et évoque son avenir.

BARBARA ARSENAULT

L

’association Ohé du Bateau a rouvert les portes du Bateau ivre lors d’un week-end de festivités. Mais après trois ans de lutte pour faire revivre ce lieu culturel, rien n’est encore gagné. Le président de l’association a été l’un des premiers à s’indigner du fait que Le Bateau soir à vendre. Aujourd’hui, il lance un appel : « Partageons nos euros. Devenons propriétaires du Bateau ivre. Promoteurs immobiliers s’abstenir. » Après presque trente ans d’activité, le Bateau ivre a fermé ses portes en 2010. Comment s’est organisé le sauvetage de cette salle de spectacle emblématique de la ville de Tours ? Un groupe d’amis, de « matelots », s’est constitué et s’est mis à l’œuvre pour constituer un projet artistique et citoyen. Il fallait travailler sur deux structures différentes: l’achat immobilier et le projet artistique. L’association Ohé du Bateau est une société coopérative d’intérêt collectif (Scic). C’est la forme juridique la plus adaptée aux valeurs défendues par les initiateurs du projet : pas de chef, on se gère et chacun est libre de participer, d’apporter ses idées. Le week-end dernier, vous avez organisé deux jours de fête. Comment cela s’est-il déroulé ? C’était le premier rendez-vous montrant notre capacité de programmation. Nous y travaillons depuis mars. Tout le monde s’est mis à la tâche et ça a été une belle réussite. Le collectif a voulu une programmation diversifiée, reflet de ce que pourrait proposer le nouveau Bateau ivre. Sous le chapiteau, il y avait près de 22 spectacles. Juste à côté, l’agora offrait un espace de débat et une yourte servait de point de restauration. À l’intérieur du Bateau ivre, l’association proposait des projections, de la danse, de la musique et de nombreuses surprises. La façade était notre projet le plus ambitieux, selon moi. Nous avons réunit 18 plasticiens pour qu’ils créent ensemble une fresque à

« Nous avons voulu prouver que nous sommes à la hauteur du discours que nous tenons depuis trois ans  » 13 mètres du sol. Près de 4 000 personnes sont venues : des gens venus d’horizons différents et qui ont envie d’échanger, de faire vivre ce lieu. ­Durant ces deux jours, 233 nouveaux adhérents ont rejoint l’association Ohé du Bateau. Les 5 euros de cotisation par personne représentent une somme déjà très importante pour nous. Au-delà de l’adhésion suscitée par l’événement, quel était l’objectif de ce projet ? Montrer notre capacité à être et à exister, prouver que nous sommes bien ­actifs aux yeux du public, mais aussi à ceux des politiques. Ce fut un défi au

niveau financier également. Nous avons tout fait sur la base du bénévolat pour les artistes et les techniciens et du prêt pour le matériel. Nous voulions aussi que les visiteurs se sentent investis. Nous avons donc placardé 1 000 photos de leurs visages avec un casque de chantier comme symbole. L’un des enjeux majeurs reste aussi, pour nous, de donner envie au public populaire d’aller vers la culture. Pour cela il faut développer des actions citoyennes. Nous avons voulu prouver que nous sommes à la hauteur du discours que nous tenons depuis trois ans, que nous sommes à l’écoute du public et du lieu.

Quelle sera la programmation du nouveau Bateau ? On aimerait partir sur un modèle annuel de soixante jours de rendezvous plutôt intimistes et soixante jours de gros spectacles, allant de 200 à 400 places. Le nouveau Bateau pourra être aussi un lieu de résidence, de formation, où se dérouleront des ateliers de pratiques artistiques. Surtout, nous voulons qu’il soit un lieu populaire où de multiples publics se rencontrent et viennent s’enrichir. Les salles culturelles se multiplient dans l’agglomération tourangelle. Après la création du Temps Machine en 2011, une nouvelle salle de concert est annoncée dans le quartier du Sanitas pour 2015. Comment pensez-vous inscrire votre projet dans la durée? L’avenir nous inquiète et le collectif doit se réunir cette semaine pour aborder les projets à mettre en place. Cela concerne principalement les travaux qu’il faut vite lancer pour que la machine se mette en route. Pour le moment, les locaux appartiennent à un investisseur, la Semivit, avec laquelle nous n’avons pas réussi à trouver un accord sur le bail. Elle demande 5 000 euros de loyer par mois, or le lieu ne serait viable pour nous qu’à 1 000 euros. Difficile à tenir, d’autant plus qu’on ne veut pas que le prix des entrées de spectacles excède 12 euros La mairie, pourtant partie prenante du projet, ne semble pas vraiment vouloir nous aider. Il va falloir faire connaître notre cause au plus grand nombre, obtenir des adhésions. On aimerait que les élus locaux prennent davantage leurs responsabilités dans le domaine culturel. Il est certes diversifié, mais les artistes ­finissent par partir car ils manquent de lieux pour s’exprimer. Recueilli par Barbara ARSENAULT

SUR L’AGENDA SUR L’AGENDA SUR L’AGENDA SUR L’AGENDA SUR L’AGENDA SUR L’AGENDA

D. R.

La magie s’empare de Tours

Un show qui marie humour et magie.

Le prestidigitateur Éric Antoine, accompagné de son fidèle assistant Bernard – invisible –, se produira sur le scène du centre des congrès Vinci. Dans son spectacle Mysteric, il

interroge de façon humoristique le public sur la question : « Qu’estce que la magie? » Jeudi 21 novembre à 20 h 30. Renseignements : 02.47.70.70.70.

Une semaine de représentations

Du 26 octobre au 2 novembre, le Festhea (pour festival national de théâtre amateur) se tiendra à Saint-Cyr-sur-Loire. Vingt pièces de théâtre, signées par des autreurs aussi différents que Molière, Ionesco ou Laurent Baffie,

seront jouées par autant de troupes. L’Escale, allée René-Coulomb. Rens. : festhea.free.fr ou 02.47.75.04.22.

Poulets et lapins aux Atlantes

La galerie des Atlantes de Saint-Pierre-des-Corps accueille jusqu’au 2 novembre poneys, lapins et poules. Le centre commercial fournit ainsi à ses clients un avant-goût du salon agricole Ferme Expo, qui se déroulera du 8 au 11 novembre. Les enfants pourront

notamment participer à des ateliers avec les veaux le mercredi 30 octobre, puis avec poules et lapins le vendredi 1er novembre.

De 18 h 30 à 21 h 30 à la Cantine Numérique Bêta, 30 rue AndréTheuriet, à Tours.

Des contributeurs de Wikipédia proposent un atelier de découverte et d’apprentissage à la contribution de l’encyclopédie collaborative en ligne, avec l’association tourangelle Clicc (Culture libre & créations collectives), le mardi 29 octobre 2013.

l’économie sociale et solidaire et du festival AlimenTERRE, la salle des mariages de l’hôtel de ville accueille la projection de Cultures en transition mardi 5 novembre à 20 heures. Ce documentaire présente des alternatives pour palier l’insécurité alimentaire et les désastres

Cultures Atelier découverte en transition de Wikipédia Dans le cadre du mois de

écologiques. Jacques Caplat, auteur de L’agriculure biologique pour nourrir l’humanité sera présent le débat. Entrée gratuite.

La Feuille

Journal-atelier des étudiants de l’école publique de journalisme de Tours (IUT). 29, rue du Pont-Volant, 37000 Tours. Distribué gratuitement. Directeur de publication : Nicolas Sourisce.


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