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OBAMA L’EMPORTE, LA PRESSE FRANÇAISE TEMPÈRE. PAGE 2

10 NOVEMBRE 2012

La Feuille

Congrès UMP : la parole aux militants

FRANCE

PHOTO N. R.

Martine Aubry au tribunal

PHOTOS : N. R.

Mise en examen dans le cadre d’une enquête sur une contamination à l’amiante, Martine Aubry voit sa crédibilité politique compromise. page 2.

EMPLOI

Se réorienter après son diplôme

Le 18 novembre prochain, l’UMP élira son nouveau président. Le choix entre François Fillon et Jean-François Copé est décisif pour les militants tourangeaux, qui voient dans ce congrès

À la fin de leur cursus scolaire, de nombreux étudiants sont face à un triste constat : impossible pour eux de décrocher un emploi dans leur filière. page 3.

l’occasion de faire entendre leur voix. En Indre-et-Loire, difficile de connaître la tendance. Si des barons de la droite ont affiché leur soutien aux candidats, comme les députés Claude Greff

LÉGENDE

Réouverture de la tour Charlemagne

et Philippe Briand pour l’ancien Premier ministre, dans l’esprit des militants, le choix n’est pas encore fait. Le congrès sera aussi l’occasion pour les adhérents de voter et de se prononcer sur des motions. En effet, six courants idéologiques de la droite sont en lice. Les motions obtenant plus de 10 % des votes accèderont à l’exécutif du parti et pourront ainsi bénéficier d’un soutien financier. Dans un contexte de refonte de la droite, ce congrès marque un tournant. Le futur président devra mettre le parti en ordre de bataille pour les échéances électorales à venir tout en envisageant le possible retour d’un Nicolas Sarkozy toujours présent dans l’esprit des militants. Notre dossier pages 4 et 5.

TVA à 10 %, les restos s’alarment

L’INVITÉ

Frédéric Potet

SUR L’AGENDA P. 8

SPORT

Footballeur à l’américaine

Depuis quatre saisons, Guillaume Goubard pratique le football américain, chez les Pionniers de Tours. Dans cette discipline, encore très peu pratiquée en France, il donne chaque jour de sa personne. Joueur, entraîneur, arbitre et membre du conseil d’administration, il est omniprésent. page 6.

CULTURE

SONIA BARGE

Jean Aussanaire, l’histoire du Petit Faucheux ADRIEN BOSSARD

Le journaliste du Monde a rédigé des reportages sur le quotidien des habitants de Saint-Pierre-desCorps. Une expérience qu’il souhaite voir se banaliser dans les rédactions. page 8.

Après les travaux de réhabilitation, le monument est, depuis hier, de nouveau ouvert au public. Nouveauté : l’accessibilité aux personnes en fauteuil. page 7.

ADRIEN BOSSARD

JOURNAL-ATELIER DES ÉTUDIANTS EN JOURNALISME DE L’IUT DE TOURS NOUVELLE SÉRIE

LA NOTE S’ÉLÈVE. L’annonce du gouvernement Ayrault d’une augmentation de la TVA en 2014 inquiète les professionnels de la restauration tourangelle. Ils craignent d’être contraints de revoir les prix de leurs cartes à la hausse. Hausse qui aurait, selon eux, des conséquences négatives sur la consommation des clients et sur l’emploi. Page 3.

Le temple du jazz tourangeau fête cette année son 25e anniversaire. Le saxophoniste, Jean Aussanaire, était présent aux toutes premières représentations dans cette salle. Entre rencontres, concerts et souvenirs, il décrit l’esprit du Petit Faucheux. page 7.


2 Les Infos

Au Pays-Bas, le nouveau gouvernement vient de suspendre la loi de mars 2012 interdisant aux étrangers de venir consommer de la marijuana dans les coffee shops. Sept millions d’étrangers fréquentaient auparavant ces commerces. Le pays était donc privé d’une manne touristique de premier ordre.

Faire table rase du passé

Frants Klintsevitch, député du parti de Poutine, Russie unie, souhaite acheter l’immeuble où le 20 avril 1889, Adolf Hitler a vu le jour, dans la ville de Braunau, près de Salzbourg. Après l’acquisition de la bâtisse, le député est bien décidé à la détruire et ainsi à faire « disparaître de la surface de la Terre la mémoire du fascisme ».

Le Rock de Gaza

Cela faisait dix-huit mois qu’on était sans nouvelle lui. Il y a près de deux ans, Rock, le crocodile du zoo de Gaza, avait prit la poudre d’escampette. Retrouvé dans les égoûts publics, le reptile a été capturé à l’aide de filets de pêche. Il mesure plus de 2 mètres et les paysans s’inquiétaient de sa présence à proximité des troupeaux. Rock a retrouvé cette semaine ses trois congénères du zoo gazaoui.

La grande évasion  Un jeune Indonésien de 29 ans a réussi à fausser compagnie aux gardiens de la prison de Jarkarta. Condamné pour ses liens avec une organisation terroriste, il a profité de l’arrivée d’un groupe de femmes qui rendaient visite aux détenus. Enfilant une burqa, il s’est mêlé aux visiteuses puis est parvenu à sortir par la porte principale sans être inquiété.

MONDE

La Feuille

Le démocrate a été réélu pour un second mandat. Les médias français analysent l’échec de Mitt Romney mais prédisent quatre années de gouvernance difficiles.

B

reaking news ! Les chaînes de télévision américaines viennent de s’accorder pour déclarer Barack Obama réélu. » Il est 23 h 19 mardi 6 novembre sur la côte Est des États-Unis et 5 h 19 du matin mercredi chez nous. Patrick Boyer de France Inter annonce déjà Barack Obama vainqueur de la présidentielle. Les bulletins de vote n’ont pas encore été dépouillés dans les États de Floride et de Virginie mais, d’après les journalistes en ­direct, les grandes chaînes telles que CNN ou Fox News annoncent le président sortant majoritaire dans l’Ohio, ce qui ne laisse plus aucune chance à son adversaire républicain, Mitt Romney. Pierre-Yves Dugua, toujours sur France Inter, commente la victoire : « Le redressement du secteur immobilier, la baisse du chômage et l’omniprésence du président dans le soutien aux victimes de l’ouragan Sandy ont contribué à faire remonter sa popularité. »  Sur les 270 votes requis pour être élu, il en a remporté 303 –  contre 206 pour Mitt ­Romney. Une belle majorité que Bernard Guetta, chroniqueur politique, sur la même radio, explique ainsi : « Barack Obama n’aurait pas gagné cette élection si la droitisation des républicains n’avait pas autant effrayé les Américains. »

Une cohabitation compliquée

Malgré tout, les républicains ont toujours le contrôle de la Chambre des représentants, à défaut d’avoir celui du Sénat. Libération se

pas fondamentalement. Ceux qui ont été élus à la Chambre l’ont été pour ce qu’ils ont fait ces derniers temps. » En bref, pour Libération, qui titrait jeudi par cette phrase, « Obama repart au combat ».

Un nouveau mandat prometteur

La presse française hésite entre optimisme et pessimisme pour ce second mandat.

demande d’ailleurs ce que pourra faire le 44e président des États-Unis avec un Congrès majoritairement républicain. « Je vais travailler avec les dirigeants des deux partis », a promis mercredi Barack Obama. Le quotidien vient contredire ces propos, en rappelant que, depuis l’avènement de la majorité républicaine à la Chambre des représentants en 2010, tous les compromis proposés par Barack Obama sont systématiquement rejetés. Eric Ostermeier, professeur de sciences politiques à l’université du Minesota et bloggeur politique, appuie ce même argument : « Les républicains ne changeront

PIERRE DECHARTE

Pétard mouillé

10 novembre 2012

Obama : victoire à nuancer Le Monde ne fait pas le même constat et parle d’un président en position de force pour ce second mandat. Il rappelle la récente majorité des démocrates au Sénat ainsi que la défaite de grandes personnalités conservatrices du Tea Party. Le journal revient aussi dans un autre article sur la défaite de Mitt Romney. Les causes proviendraient de « l’extrémisme de ses partisans ». Une analyse qui souligne une faible considération des républicains pour les préoccupations des femmes, qui constituent pourtant 53 % de l’électorat aux États-Unis. Selon Le Monde, ils ont également trop ­insisté sur les questions religieuses, alors même que 20 % des Américains se déclarent « sans religion ». Médiapart souligne que Barack Obama a lui toujours eu conscience que la société américaine est une société clivée où coexistent différentes valeurs et religions. Il ne s’est donc pas risqué à vouloir appliquer des réformes trop progressistes que les Américains n’auraient pas laissé passer. C’est également une question de convictions : « Obama reste au fond de lui-même un centriste peu désireux de renverser la table. » Pierre DECHARTE

LA MISE EN EXAMEN DE L’EX-SECRÉTAIRE GÉNÉRALE DU PS EMBARRASSE LA GAUCHE

Un coup dur pour Martine Aubry FRANCE

La maire de Lille voit sa carrière politique compromise alors même qu’elle figurait parmi les ministrable du PS. Elle est mise en cause dans l’enquête sur l’usine Fereo-Valeo.

L

’aile gauche du paysage politique français prend une volée de plomb. Mardi 7 novembre, Martine Aubry a été mise en examen en tant qu’exdirectrice des relations travail (DRT) au sein du ministère du Travail pour « homicides et blessures involontaires ». Cette décision intervient après l’audition de l’ancienne première secrétaire du parti socialiste dans le cadre d’une enquête sur l’exposition à l’amiante d’employés de l’usine Fereo-Valeo (Calvados).

contaminé dans les années quatre-vingt-dix, peut en témoigner. « J’espère qu’elle n’aura pas à subir le même sort », a-t-il déclaré. Certes, il était resté actif en politique durant toute l’affaire mais il avait dû renoncer à ses ambitions pour la présidentielle de 1995. Selon la politologue Mariette Sineau, spécialiste des femmes en politique, « Martine Aubry reste soutenue pour l’instant par la classe politique de droite

Un décision inattendue

Si Me Yves Beaudelot, l’avocat de la maire de Lille, a déposé dès le lendemain une demande d’annulation de la mise en examen de sa cliente, les démêlés avec la justice font rarement bon ménage avec une carrière politique. Laurent Fabius, impliqué dans l’affaire du sang

D.R.

HORS CHAMP

samedi

Mme Aubry a été directrice des relations travail de 1984 à 1987.

comme de gauche, qui se serre les coudes face à des risques plus fréquents ». Mais à l’approche des municipales de 2014, la tentation pourrait être trop grande pour l’opposition : « Actuellement, la droite fait feu de tout bois contre les socialistes », rappelle la chercheuse du Cevipof, le centre d’études politiques de Sciences po Paris. Sébastien Huyghe, député UMP dans le Nord et candidat malheureux aux dernières municipales face à Martine Aubry, reste prudent : « Elle n’est pour l’instant que mise en examen, et il n’est pas question de l’attaquer sur ce point tant qu’il n’y a pas condamnation », rapporte l’attaché parlementaire du député. Il ne laisse pas passer pour autant l’occasion de tacler l’élue socialiste : « M. Huyghe rappelle qu’elle ne s’est pas gênée, quand elle a été à la tête du parti

socialiste, pour s’en prendre à des membres de l’UMP qui ont eu à répondre à la justice. Cela l’invitera peut-être à plus d’humilité. »

Mettre à mal la majorité

Une mise en examen de Martine Aubry peut-elle réellement nuire au PS ? « Le poids de l’affaire pour le PS reste à relativiser, analyse Mariette Sineau. Martine Aubry n’a plus de responsabilités au sein du parti socialiste depuis sa démission du poste de première secrétaire. » A priori, il n’y a pas de répercussion immédiate pour le PS. Mais à plus long terme, celui-ci pourrait être privé d’une potentielle (première) ministre. « C’est surtout un sale coup porté à sa carrière politique, d’autant plus qu’on a une juge d’instruction déterminée. »

Pierre PAUMA


La Feuille

région

samedi

Les Infos

10 novembre 2012

3

TVA : qui va trinquer ?

T

ours est une ville-dortoir. » Jeannine Trochet est assez critique envers sa ville. « Le manque d’entreprises n’amène pas beaucoup de monde. Ici, on ne se repose que sur les étudiants et ce ne sont pas eux qui viennent manger au restaurant, donc on a peu de clients », déplore la gérante de la brasserie Le Saint Germain. Une situation qui ne devrait pas s’arranger avec l’annonce par le gouvernement d’une probable hausse de la TVA début 2014. Le secteur de la restauration sera un deu ceux qui seront touchés. « Les professionnels du secteur verseraient 10 % de leurs ­recettes à l’état », constate Jean-Marie Gervais, le président de l’Union des métiers et de l’industrie de l’hôtellerie (Umih) de l’Indre-et-Loire. Pour eux, ce n’est pas la TVA en elle-même qui pose problème. « Ce qui nous embête, c’est qu’on achète les produits avec une taxe de 5,5 % à laquelle s’ajoutent les 7 % de TVA après transformation. »

Un manque de visibilité sur le futur

Il y a trois ans, la TVA dans la restauration baissait de 19,6 à 5,5 %, avant de passer à 7 % début 2012. La réduction avait pour buts l’embauche de nouveaux ­salariés, la baisse des prix à la carte et la favorisation de nouveaux investissements. Un engagement tenu par la plupart des restaurants tourangeaux ­selon ­Sébastien Rodon, responsable du Bistro Rossini. « Beaucoup disent que l’état nous a donné 3 milliards d’euros sans rien en retour. En réalité, nous avons joué

le jeu. » Il fustige en revanche les troquets parisiens, « ceux que les politiques fréquentent et qui n’ont pas tous respecté les règles ». Dans beaucoup d’établissements, la hausse de la TVA est vécue comme un véritable coup de poignard dans le dos. « On signe un contrat et six mois après, il est remis en question par le gouvernement », s’agace Jean-Marie Gervais. Pour lui, difficile de s’organiser avec un tel manque de visibilité. « La première victime, c’est toujours l’emploi. » Le restaurateur ne peut donner suite aux nombreux CV qu’il reçoit. Certains de ses confrères tourangeaux, dont les marges s’amenuisent, sont obligés de réduire leurs effectifs. Mais déjà, on était très loin des 40 000 créations d’emploi exigées par l’état en 2009. Se basant sur un rapport de l’UFC-Que choisir daté de 2009, Myriam Le Souëf, présidente départementale de l’association tirait la sonnette d’alarme : « Il y a eu trop peu d’embauches dans le département. »

Camille cruz

à Tours, les restaurateurs accueillent avec appréhension l’annonce de la hausse de la TVA, prévue pour 2014 par le gouvernement Ayrault. L’emploi et les consommateurs devraient, selon eux, pâtir de cette augmentation.

Cafetiers et restaurateurs craignent à nouveau de devoir payer l’addition des hausses d’impôts indirects.

Les clients devront aux aussi mettre la main à la poche à cause des augmentations successives de la TVA. Ainsi, Martine Molisson, gérante du bar Le Racine, s’est résolue à augmenter les prix sur sa carte. Depuis le passage de la taxe de 5,5 % à 7 % en janvier 2012, elle déplore un surcoût de l’ordre de 500 euros par an et une diminution de l’affluence de la clientèle. De quoi redouter une nouvelle hausse en 2014. Adrien BOSSARD et Camille CRUZ

En Touraine, ils anticipent la hausse n L’Umih de l’Indre-et-Loire s’est réunie jeudi. Son président Jean-Marie Gervais prévient : « Que le gouvernement s’attende à ce qu’il y ait du monde dans la rue s’il maintient sa position. »

n L’UFC-Que choisir va mener une enquête pour évaluer les retombées de la nouvelle TVA sur les consommateurs. Publication du rapport dans l’Indre-et-Loire prévue en 2013.

Lise Lecornu, gérante du restaurant franchisé Hippopotamus, affirme devoir licencier deux de ses employés d’ici la fin novembre en prévision de la hausse prochaine de ses charges.

n

le nombre de chômeurs de moins de 25 ans a augmenté cette année dans le département

Face à la crise, faire le choix de se réorienter

R

De plus en plus d’étudiants fraîchement diplômés, qui se lancent sur le marché de l’emploi, se heurtent à des secteurs sans réels débouchés.

edéfinir son projet professionnel. C’est souvent la solution proposée par Pôle emploi aux jeunes diplômés qui ont du mal à se faire embaucher après leurs études. Une catégorie de plus en plus importante. En effet, le nombre de jeunes de moins de 25 ans inscrits a augmenté de 15% sur un an contre 8,3 % au niveau national. Ils sont 4 807 en Indre-et-Loire. En moyenne, ils parviennent à décrocher un emploi au bout de quatre mois et demi après l’obtention de leur diplôme, mais tous ne finissent pas dans le domaine souhaité initialement. Une confrontation aux réalités du marché de l’emploi que certains vivent difficilement. Medhi, 21 ans, titulaire d’un CAP ébéniste et d’un BEP métiers du bois, ne parvient pas à

trouver de poste. « Le manque d’expérience bloque tout.  » ­Démoralisé, il s’est tourné vers un bac STI génie civil. «  Aujourd’hui, avec du recul, je ne me serais pas réorienté, regrettet-il. On espère toujours trouver le travail qu’on rêvait de faire mais, au début, l’important c’est de travailler. Après, le danger, c’est de s’enfermer dans quelque chose qui nous déçoit. »

PAUL BURGAUD

emploi

L’Afig aide les jeunes dans leur quête d’emploi chaque jeudi.

Selon Véronique Martin, directrice territoriale déléguée à Pôle emploi Touraine, les jeunes qui accèdent le plus facilement au monde du travail sont ceux « qui ont des formations en adéquation avec les qualifications demandées sur le marché de l’emploi. » Or, la population en général aurait une méconnaissance de ce marché.

S’adapter au marché

à l’Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés (Afij), quand il le faut, « on réoriente les jeunes en fonction de leur parcours mais aussi en fonction du marché », précise Christine Fresneau, déléguée régionale de l’association. Selon la responsable de Pôle emploi, les Français ne tiennent pas assez compte des débouchés

par secteur. « Ils doivent adapter leurs qualifications au marché de l’emploi, apprendre à ne pas se limiter au métier auquel ils se destinaient. » à la Maison de l’orientation et de l’insertion professionnelle de l’université François-Rabelais, le dispositif Passeport vie pro réussit à motiver les jeunes. Si certains doivent élargir leurs champs de recherche, Florence Gordon, la responsable du projet, assure que les jeunes « sont motivés et veulent découvrir vers quels autres métiers ils peuvent se tourner ». Du 16 au 22 novembre, l’université organise la Semaine de l’insertion professionnelle. L’occasion pour ces jeunes en recherche d’emploi de découvrir de nouveaux débouchés. Paul BURGAUD

Sous le feu des projecteurs

La préfecture d’Indreet-Loire prolonge jusqu’au lundi 12 novembre l’interdiction de vente de carburants dans des récipients transportables, à Tours et dans six autres communes voisines. Cette décision fait suite aux incendies de véhicules, déclenchés dans plusieurs quartiers tourangeaux depuis le début des vacances de la Toussaint. Pour mettre un terme à ces dégradations, la police avait déployé un hélicoptère au-dessus des quartiers des Fontaines et des Sanitas. Les projecteurs de l’appareil devaient permettre de repérer plus rapidement les incendies et de faciliter les interpellations par les policiers au sol.


4 Le dossier

samedi

10 novembre 2012

La Feuille

Militants UMP,

François Fillon ou Jean-François Copé ? Les adhérents de l’Union pour un mouvement populaire éliront, le 18 novembre prochain, le nouveau président de leur parti. Deux hommes, deux sensibilités, mais un seul but : la reconquête du terrain politique. Un choix décisif pour les militants d’Indre-et-Loire qui préparent activement le congrès.

A

u 11, boulevard Heurteloup, la permanence tourangelle de l’UMP met en place les derniers préparatifs pour le congrès. Dans l’entrée, un tableau blanc récapitule les tâches à effectuer pour organiser le vote du 18 novembre. Accueil des adhérents, carte en main, le jour J, préparation de la salle, organisation de la journée : on attend les votants en grand nombre pour choisir qui de François Fillon ou de Jean-François Copé prendra la tête de l’UMP. Au mur, pas de préférence affichée : c’est encore le visage de Nicolas Sarkozy qui trône sur les affiches, au côté des traditionnelles bannières bleues du parti, de celle des Jeunes Pop’ et du drapeau tricolore. Mathieu Cluzel, militant depuis 2007, a déjà choisi son camp : il est le coordinateur de la team François Fillon en Indre-et-Loire. Il est le relais, au niveau du département, de l’équipe parisienne de l’ancien chef du gouvernement. Pour lui, l’ex-Premier ministre est le mieux placé pour rassembler les adhérents et le plus compétent pour occuper cette place de leader. « L’UMP doit être unie derrière un seul chef et François Fillon se pose avant tout comme un homme d’État. Son expérience politique a forgé son caractère. » Le meeting de François Fillon à La-Ville-auxDames, le 23 octobre, a été un véritable succès selon Mathieu Cluzel. « Huit cents personnes étaient présentes alors que c’était un lundi midi. Seulement quatre cent cinquante personnes se sont déplacées pour écouter Jean-François Copé, pourtant venu à Saint-Cyr-sur-Loire un vendredi soir. » Tous n’ont évidemment pas fait le même choix. Édouard Gaurier, responsable départemental des Jeunes Pop’, estime qu’une grande partie des cadres UMP en Indre-et-Loire serait en faveur de Jean-­ François Copé. « Il y a trois circonscriptions pro-­ Copé : Tours, Joué-lès-Tours-Chinon et BourgueilSaint-Cyr-sur-Loire. » En face, l’ancien Premier ministre dispose notamment du soutien de Claude Greff, députée de la deuxième circonscription

PIET

Pour quelle droite leur cœur balance-t-il ?

d’Indre-et-Loire, et de Philippe Briand, député de la cinquième circonscription et maire de Saint-Cyr-surLoire. Mais ces tendances sont moins évidentes du côté des militants. Certains ne communiquent pas leur positionnement, d’autres les affichent ouvertement sur les ­réseaux sociaux. Cette jeune fille vient de mettre à jour son statut facebook : « Longtemps indécise, je décide de voter pour Jean-François Copé. Nous avons besoin d’un chef pour reconquérir l’ensemble de nos territoires. » Dans le département, les responsables du parti

« Ce congrès va redéfinir la ligne de conduite du parti »

Devenir acteur du parti

Copé-Fillon : deux styles, un siège n À 58 ans, François Fillon peut

se targuer d’une expérience politique solide. Tour à tour ministre du Travail et de l’Éducation nationale, il fut aussi pendant cinq années le pensionnaire de Matignon sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Fort de ces rôles gouvernementaux, il apparaît comme le favori des sondages et des barons de l’UMP. Jugé parfois trop au centre, pas assez ­incisif, le gaulliste a su se mon-

trer pugnace lors de cette campagne et n’a pas manqué d’afficher ses ambitions pour 2017. n De dix ans son cadet, JeanFrançois Copé est candidat à sa propre réélection à la tête du parti. Le maire de Meaux et député de Seine-et-Marne n’a pas hésité à jouer la carte de la droite décomplexée durant cette campagne. Il a orienté le débat sur des thématiques proches de celle du FN en évoquant notamment la

tiennent à laisser la liberté aux adhérents de choisir leur favori. « Aucune consigne de vote n’a été donnée. Il n’y a pas de rassemblement autour d’une personnalité ou d’une motion », assure Édouard Gaurier. Pro-Fillon ou pro-Copé, les ­m ilitants ont conscience de l’enjeu du congrès. Loin de l’organisation parisienne de l’UMP, l’échéance est aussi importante à l’échelle locale. « C’est ce qui va permettre de définir la ligne de conduite du parti jusqu’aux primaires, de reconstruire un projet d’opposition cohérent pour gagner des élections », assure Mathieu Cluzel.

question du racisme antiblanc. Un peu en retard dans les sondages, Jean-François Copé bénéficie pourtant d’une influence certaine au sein du parti. Le « candidat du terrain et pas des notables » est parvenu à rassembler autour de lui des personnalités de divers horizons : de la droite humaniste de Jean-Pierre Raffarin à la jeune garde de l’UMP en la personne de Guillaume Peltier.

Le vote est également l’occasion pour les adhérents de se sentir concernés, de jouer le premier rôle en choisissant eux-mêmes leur président. Un point essentiel pour Mathieu Cluzel. Lors des dernières législatives, il avait soutenu Thibault Coulon, candidat dissident en Indre-et-Loire face à Guillaume Peltier, soutenu, lui, par les instances parisiennes du parti. En punition, l’UMP lui avait refusé l’accès au meeting de Nicolas Sarkozy à Villepinte. Le jeune homme insiste donc sur la nécessité de prendre en compte l’opinion de tous le 18 novembre. « L’enjeu de ce vote, au niveau local, c’est de donner la parole aux adhérents. On se range plus facilement derrière un candidat qu’on a choisi. » Hugo Corazza est le référent campus des Jeunes Pop’ en Indre-et-Loire. En première année de licence de


La Feuille

samedi

Le dossier 5

10 novembre 2012­

, l’heure de choisir LE VOTE DES MOTIONS LE 18 NOVEMBRE POURRAIT MODIFIER FORTEMENT LA STRUCTURE DE LA DROITE

Différentes politiques pour un même parti

D

éposées au siège de l’UMP mi-septembre, six motions au total ont reçu les dix parrainages de parlementaires requis et sont présentées au congrès du 18 novembre. Les initiateurs de celles qui passeront la barre des 10 % de votants seront placés à des postes exécutifs au sein de l’UMP et bénéficieront de moyens financiers proportionnels au score. Cette partition en différents courants pourrait totalement changer la structure du parti.

qui se veut de l’héritage de l’ancien président. Un courant qui limitera les avancées de Marine Le Pen, ­selon ses initiateurs. Ils assument d’ailleurs le risque de s’afficher comme une droite tellement décomplexée qu’elle n’hésite pas à préconiser des mesures telles l’interdiction de la grève pour les professeurs, le fait d’imposer 40 journalistes de droite sur France Télévisions ou encore la création d’une charte

républicaine des musulmans de France. La Droite forte s’attire évidemment les foudres d’autres membres du parti.Pourtant, elle reste la motion préférée des sympathisants UMP, selon un sondage Ifop pour Le Figaro réalisé sur 2 000 personnes fin septembre. Ils seraient 42 % à être en faveur de La Droite forte, quand La France moderne et humaniste, de JeanPierre Raffarin, ne remporte

« La droite forte », lancée par Guillaume Peltier, avec d’autres jeunes membres du parti se revendiquant de la « génération Sarkozy », semble aujourd’hui être une des motions les plus en vue. Perdant aux législatives dans la 1 ère   circonscription d’Indre-et-Loire, Guillaume Peltier ne lâche rien et tente une nouvelle entrée sur la scène politique en créant ce mouvement

Camille CRUZ

Mathieu Cluzel, un militant du camp de François Fillon.

Le risque de la division

Si les grandes figures du parti accordent beaucoup d’importance à ces nouveaux courants qui font prendre à la droite populaire différents tournants, certains militants ne sont pas de cet avis comme Mathieu Cluzel : « Cela risque de ­diviser le parti. L’UMP devrait ­s’exprimer d’une seule voix. » Une droite qui en sortirait ­affaiblie, c’est d’ailleurs l’avis de François Fillon qui craint une « balkanisation » du grand parti de l’opposition. Selon lui, toutes ces motions pourraient le réduire à une « confédération de petits partis autonomes ». D’autres y croient. Dont Hugo Corazza, qui qualifie son parti de « grande famille politique qui tire son succès d’un large panel d’idées ».

Pierre DECHARTE

Bruno Cautrès, chercheur à l’Institut d’études politiques de Paris, est spécialiste de l’analyse des comportements et attitudes politiques.

“ 2017 est dans l’esprit de tout le monde ”

D. R.

droit, il coordonne 100 à 150 étudiants militants. Pour lui aussi, les adhérents sont au cœur de cette échéance électorale. « Les Jeunes Pop’ restent constamment actifs, incités notamment pas Fabrice Boigard, le ­secrétaire départemental. » Un engagement qui peut parfois poser des problèmes : « La campagne présidentielle m’a pris tellement de temps que j’ai dû ­redoubler ma première année. » À Tours, ces jeunes militants se rassemblent régulièrement pour préparer le congrès du 18 novembre et discuter de la politique du parti. Dans leurs bureaux ou autour d’un café, ils sont souvent amenés à rencontrer les élus du département, comme Claude Greff et Philippe Briand. « Le noyau dur du parti en Indre-et-Loire est mobilisé pour l’occasion, explique Hugo Corazza. Ces élections en interne sont vraiment importantes. » Si le nombre d’encartés en France varie régulièrement, ils sont environ 400 000 à être attendus pour voter le 18 novembre. À la permanence de l’UMP, élus et adhérents souhaitent que les votes soient nombreux. Mathieu Cluzel espère même une forte avance pour le vainqueur du congrès, « un moyen de se ranger derrière lui sans tergiverser ». Fort de cette légitimité, l’heureux élu du congrès pourrait d’ailleurs bénéficier d’une longueur d’avance sur ses concurrents pour la candidature à l’élection présidentielle. Comme beaucoup d’autres membres du parti, Hugo Corazza a déjà le regard tourné vers 2017 : « Diriger l’UMP n’inclut pas automatiquement une candidature à la présidence de la République. Mais ce poste reste un sérieux avantage pour la primaire dans cinq ans. »

CAMILLE CRUZ

Encore plus à droite ?

que 22 % et que La Droite sociale de Laurent Wauquiez atteint à peine les 10 %.

Pour Bruno Cautrès, les militants ont leur rôle.

Le congrès de l’UMP donne-t-il une place plus importante aux militants au sein du parti ? Depuis une dizaine d’années, le parti tend vers plus de démocratie interne. Il faut que les militants de base aient davantage leur mot à dire dans la désignation des leaders. Ils sont aujourd’hui moins captifs et plus exigeants : l’idée des militants qui avalent tout ce qu’on leur dit

n’existe plus. C’est pourquoi les partis comme l’UMP doivent les capter et s’adapter. Que va-t-il se jouer lors de ce congrès ? Dans l’esprit de tout le monde, il y a la présidentielle de 2017. Le parti voit que l’exécutif peine au pouvoir et les militants vont vouloir montrer que s i N icolas Sarkozy a perdu en 2012, l’UMP n’est pas morte. Mais ce congrès ne répond pas à l’une des interrogations principales des militants et des élus : la droitisation de Nicolas Sarkozy pendant l’entre-deux tours

a-t-elle précipité ou évité la débâcle du candidat UMP ? Tant qu’il ne mènera pas de réflexion sur ce problème, il ne parviendra pas à se positionner clairement vis-à-vis du Front national et les militants resteront dans le flou. Et la place de Nicolas Sarkozy dans ce congrès ? La flamme du sarkozysme existe toujours pour les militants, compte tenu de sa grande popularité au sein du parti. Si Nicolas Sarkozy est un animal tactique, il doit pour l’instant faire profil bas,

donner le sentiment qu’il prend de l’épaisseur et qu’il reviendra transformé et ressuscité. Pour les primaires de 2016, il pourra compter sur certains mouvements idéologiques internes. Mais l’ancien président a besoin d’alliés et devra gagner sa place. L’UMP a retenu que la primaire socialiste fut un tremplin pour François Hollande en 2012. Dès lors, le parti, lui-même constitué de différents courants, saura faire taire les divergences et se mettre en ordre de bataille. Recueilli par Quentin RAVERDY


6 Temps libre

Ferrer et Juan Martin Del Potro.

Volley-ball Montpellier – Tours

Tennis de table Joué-les-Tours – Quimper

Malgré une deuxième place au classement de Ligue A et cinq victoires en cinq rencontres, le moral des Tourangeaux n’est pas au beau fixe. Jeu brouillon et manque de cohésion sont venud gâcher le début de la saison. En phase de poules de la Ligue des champions, le club d’Indre-et-Loire ne décolle pas, avec deux défaites en deux matchs. Ce soir, les joueurs auront l’occasion de montrer qu’ils ont tiré les leçons des matchs précédents.

C’est un gros morceau qui attend les joueuses du TT Joué pour la cinquième journée du championnat de pro B. Elles reçoivent ce mardi 13 novembre les pongistes de Quimper, premières et invaincues en quatre rencontres. Le TT Joué pour sa part court toujours après sa première victoire.

photo : N. R.

Nos choix TV

Le Tours Volley Ball veut conserver son titre.

Les autres rendez-vous Hockey ToursStrasbourg II

Les Remparts de Tours auront à cœur de se reprendre après leur défaite à domicile face au leader nantais (1-2). Contre Strasbourg II, avant-dernier du championnat, les Tourangeaux ont bon espoir de consolider leur troisième place au classement général.

Tennis Finale du Masters

Roger Federer s’imposera-t-il une troisième fois au Masters de Londres ? L’événement rassemble depuis le 5 novembre la crème des joueurs de tennis. Le champion suisse bénéficiait d’une poule facile en l’absence de Rafael

Rugby France Australie

Le XV de France ouvre les test-matchs d’automne en accueillant les Wallabies. Après les Australiens, l’équipe de France affrontera les Pumas argentins et l’équipe des Samoas. L’objectif affiché par le sélectionneur est clair : trois matchs, trois victoires, l’accès aux quatre ­premières places du classement IRB, et donc la possibilité d’être tête de série pour le prochain mondial. Aujourd’hui, 21 h sur France 2.

Football Italie-France

Après un nul convaincant face aux Espagnols, les Bleus affrontent l’Italie en match amical. Le Lillois Dimitri Payet remplacera Karim Benzema, blessé aux adducteurs. Une occasion pour Didier Deschamps de tester une nouvelle combinaison offensive en vue des éliminatoires de la Coupe du monde 2014 au printemps prochain. Mercredi 14 novembre, 20h40 sur TF1.

10 novembre 2012

La Feuille

Athlète dans l’ombre Sportif touche-à-tout, le discret Guillaume Goubard est passionné de football américain. Il est devenu l’homme à tout faire du club des Pionniers de Tours.

C

haque semaine, c’est le même rituel pour Guillaume Goubard : deux entraînements en tant que joueur et deux autres avec la casquette d’entraîneur des cadets. Sans compter les matchs le week-end, les réunions avec les autres membres du ­bureau d’administration et l’arbitrage. Un emploi du temps bien chargé pour la figure indispensable des Pionniers, l’équipe tourangelle de football américain, qui évolue au troisième échelon national. « Même si ça me prend plus de dix heures par semaine, je ne me vois pas arrêter », avoue le jeune homme de 24 ans. Mais à peine prend-il le temps de répondre à quelques questions qu’il semble déja impatient d’aller retrouver ses coéquipiers pour l’entraînement. « Si seulement tout le monde était autant investi que lui, sans faire de bruit et sans rien demander en retour », soupire son président, Guy Tranche. « Quand on est un passionné, c’est plus facile », répond l’intéressé avec un sourire presque gêné.

Volleyeur manqué

La passion pour le football américain lui est venue assez tard. Cela ne fait que quatre ans que le jeune ingénieur de la société SKF à Saint-Cyr-sur-Loire pratique ce sport. En 2008, il se lance avec son meilleur ami dans le football « made in USA », peu répandu dans l’Hexagone où il reste un sport amateur (la Fédération française de football américain revendique 191 clubs et 22 000 licenciés). « Sans s’en rendre compte, on baigne tous dedans. A cause des

Adrien bossard

à vos marques Nadal, blessé au genou. Le match Il a déjà assuré dans le carré de la semaine safinalplace en battant David

samedi

Pour Guillaume Goubard, son sport peine encore à attirer l’attention.

séries américaines entre autres et grâce aux jeux ­vidéo. C’était mon cas, même si je ne comprenais pas toutes les règles », se souvient-t-il. Comme beaucoup, Guillaume a débuté le sport par le football, puis il a pratiqué le tennis pendant dix ans. Pendant ses années lycéennes, il s’est adonné au volley. Un sport qu’il a dû arrêter avec regret, trahi par son 1,70 mètre. « On m’a fait comprendre que j’étais trop petit pour jouer au niveau régional. On ne peut pas monter sur des échasses, c’est comme ça. » Sa taille n’est pas un handicap dans le football américain, car les Pionniers ont besoin de tous les gabarits pour faire une équipe : « Tous les sports sont utiles chez nous et rien n’est pénalisant. Le mec qui a fait du judo, il est bon pour la première ligne. Et les joueurs petits mais rapides, on leur attribue le rôle de receveur par exemple, comme dans mon cas. » Et il se trouve que c’est en attaque que Guillaume est le plus à l’aise. « En défense, il faut détruire le jeu de l’adversaire, être plus foufou.

bien joué La femme du Vendée Globe

Samantha Davies, 38 ans, sera la seule femme à prendre le large aujourd’hui, pour la 7e édition du Vendée Globe. Forte de l’indéfectible soutien de son fan club resté sur la terre ferme, elle entend bien ne pas se laisser faire face à ses 19 concurrents masculins. Classée 4e lors de l’édition 2008-2009, la Britannique espère rééditer voire améliorer cet exploit.

Moi, je suis un méticuleux, un constructeur. Mais tout est un travail d’équipe », explique-t-il.

« Goûter à la promotion »

Dans ce sport où « chacun est obligé de compter sur les autres », le collectif fait la force des Pionniers, abonnés réguliers aux barrages d’accession pour la deuxième division. Alors cette année, comme les précédentes, « l’objectif est de goûter à l’échelon supérieur » , dont les Pionniers sont absents depuis 2002. La deuxième division les pousserait à aller jouer encore plus loin, déjà qu’ils se déplacent jusqu’en Champagne-Ardennes. « Mais nous nous ferions connaître un peu plus », comment Guillaume. Le jeune homme n’est pas du genre à se lamenter sur le manque d’exposition médiatique et le faible financement de la ville. « Rugby, football ou volley passeront toujours avant. C’est normal, ils sont professionnels. On travaille bien dans l’ombre, sans rien demander à personne. » Tel est son credo. Adrien BOSSARD

carton rouge Contrôle de la dette

C’est l’heure de passer à la caisse pour les clubs de la Liga ! Le trésor public espagnol a annoncé avoir récupéré près de 130 millions d’euros en 2012 auprès des clubs. Austérité oblige, le gouvernement a déclaré la guerre à l’endettement massif du football professionnel. La tâche sera rude, puisque le passif des clubs ibères s’élève à 700 millions d’euros.

M’Vila pour l’exemple

Privé d’équipe de France comme on priverait un gosse de dessert, et de Coupe du monde comme une forte tête à qui on donnerait une leçon. Le Rennais Yann M’Vila ne jouera plus en équipe de France jusqu’au 30 juin 2014, ce qui exclut sa participation au Mondial. Tout cela à cause d’une escapade en boîte de nuit avec quatre collègues. Ceux-ci sont suspendus jusque fin 2013.

Lille n’avait pas le niveau

Le Losc détient désormais le triste record de la plus grosse défaite en Ligue des champions pour un club français. Humiliés 6-1 par le Bayern de Munich, les Lillois sont écartés de la Ligue des champions et de l’Europa League. Avec l’élimina­tion de Montpellier, seul le P-SG reste en course parmi les clubs français, décidément un cran en dessous par rapport à l’élite européenne.


Tous à la tour

Pierre pauma

LÉGENDE Charlemagne

n millénaire, U 48  mètres de hauteur, une restau-

ration… et, depuis le 9 novembre 2012, un parterre que peut redécouvrir le public. Les fêtes de la saint Martin ont été l’occasion de rouvrir au public la partie basse de la tour Charlemagne, vestige de la basilique SaintMartin. Datant du xie siècle, elle avait vu en 1928 sa façade sud s’effondrer. Restaurée entre 1961 et 1963, le rez-de-chaussé de la

tour avait été fermé par une grille après des recherches archéologiques, avant que le temps ne laisse la végétation s’y installer. En travaux depuis 2010, elle a bénéficié d’une politique de mise en valeur du patrimoine historique tourangeau. Le passage entre la rue Châteauneuf et la rue des Halles a été rouvert et le parterre a été repavé. Les travaux entrepris durant ces derniers mois ont consisté à faciliter l’accès des personnes à mobilité réduite grâce à l’installation d’un élévateur. Pas de restauration donc, mais une entreprise de mise en valeur « effectuée par les agents municipaux », comme l e p r é c i s e Vi n c e n t Maillard, agent du service voirie de la mairie. Coût estimé de l’opération : 33 000 euros. Pierre PAUMA

MANUEL BONNET L’amateur devenu

Laëtitia nourry

PASSION professionnel

Manuel Bonnet a présidé le Festhéa.

L

orsqu’on prend du plaisir à voir un spectacle, on oublie que les comédiens sont des a m a t e u r s .  » Q u a n d l’équipe du festival national de théâtre amateur Festhéa a sollicité Manuel Bonnet pour être le président du jury de cette 28e édition, il a immédiatement répondu présent. Du 27 octobre au 3 nov e m b r e d e r n i e r, l e ­comédien professionnel

jugeait 15 troupes amateurs qui concouraient sur la scène de l’Escale, à Saint-Cyr-sur-Loire. Lui aussi a débuté par le théâtre amateur. Après cinq étés de tournées, il était catégorique : « Je veux faire du théâtre une véritable carrière. » Après ses études au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, on lui propose un rôle dans L’ â g e e n f l e u r , u n feuilleton télévisé. Il partage depuis sa vie entre théâtre, cinéma et télévision. Porter un regard professionnel sur le théatre amateur est pour lui une lourde responsabilité : « L’enjeu est important pour ces troupes régionales. Un prix du jury peut propulser une troupe très loin dans le monde du théâtre. » Laëtitia NOURRY

7

Souvenirs de jazz Le Petit Faucheux fête cette année ses 25 ans. Jean Aussanaire, saxophoniste tourangeau, n’a rien oublié des débuts de cette salle de concert.

S

i Jean Aussanaire ne se rappelle plus vraiment la première fois qu’il a joué au Petit Faucheux, ni le premier concert auquel il a assisté dans cette petite salle de jazz, il n’a pas oublié l’atmosphère qui y régnait dans les années quatre-vingt-dix. « C’était un lieu petit où des ­artistes de renommée internationale se produisaient. C’était énorme, ce n’était pas pour rien que les gens venaient. »

Intimiste et chaleureux

« C’est en continuant des études de musique aux états-Unis que j’ai découvert les bœufs, ces soirées d’improvisation entre jazzmen. Ça m’a vraiment plu et en revenant à Tours, j’ai voulu continuer. » Un désir qui l’emmène alors rue des Cerisiers, au Petit Faucheux, un café-théâtre qui vient d’ouvrir. Le jeune homme tombe alors sous le charme de l’endroit. Plafond bas, 80 chaises en plastique, la salle est minuscule mais cela crée une atmosphère intimiste et chaleureuse. Il passe la majeure partie de son temps dans ce qui deviendra sa seconde maison. Il y traîne jusqu’à trois soirs par semaine, en aidant à la caisse ou au bar. C’est aussi pour lui l’occasion de rencontrer des musiciens de notoriété internationale. « J’ai pu croiser des gens comme Mal Waldron, le grand pianiste américain, et c’était un gars super sympa », se souvient le quinquagénaire. Mais l’envie de monter lui-même sur

scène avec son saxophone le démange. En 1990, il propose à ­Michel Audureau, directeur du Petit Faucheux, de laisser un piano à la disposition des musiciens un soir par semaine. Le directeur accepte. Jean Aussanaire fonde au même moment l’association Jazz région Centre pour organiser ces bœufs et quelques concerts.

De notoriété internationale

À partir de là, le Petit Faucheux a vraiment fait partie intégrante de sa vie. Jean Aussanaire monte plusieurs formations, comme le quintette Cinq têtes et le duo Cache-Cache. Un duo avec lequel il a remporté, il y a vingt ans, la finale d’un concours organisé par plusieurs radios locales. Et c’est sous le label du Petit Faucheux, créé au même moment, qu’il enregistre alors un disque produit à 500 exemplaires. « La salle du Petit Faucheux est connue dans toute la France, et

national de Russie. Les danseurs sont dirigés par Viatcheslav Michailovitch Gordeev, ancien danseur étoile du Bolchoï. Dimanche 25 novembre au Vinci. Tarifs : de 34 à 56 euros.

SORTIES Pas de deux au Vinci C’est la première fois que la troupe du Moscou Ballet se produit à Tours. Elle interprétera le ballet du Lac des cygnes de Tchaïkovski, accompagné par l’Orchestre

Le ballet de Tchaïkovski sera donné le 25 novembre.

Jean Aussanaire est le musicien qui a le plus joué au Petit Faucheux.

Nouvelle édition d’émergence

Jazz à Tours et le Petit Faucheux préparent une programmation toute particulière pour cette 9e édition du festival de jazz émergences. Deux semaines de concerts, bœufs et sessions solos joués par de jeunes musiciens tourangeaux et des grands noms du jazz comme Kenny Barron ou le Trio Couturier. Du 9 au 25 novembre. Tarifs : de gratuit à 15 euros.

même en Europe et aux étatsUnis », affirme le jazzman. Le bâtiment rue des Cerisiers a commencé à se faire trop petit. En 2005, le Petit Faucheux a déménagé pour un théâtre de 200 places, rue Léonard-de-Vinci. Grande salle, beau plateau et meilleurs moyens techniques ont pris place au détriment de l’intimité que le musicien aimait tant. Dans les souvenirs de Jean Aussanaire, les regrets du « bon vieux temps » se font sentir. « C’était l’époque où on fumait dans la salle et où les artistes mangeaient et discutaient avec l’équipe technique après les concerts. » Une partie de la vie de Jean Aussanaire est finalement liée à l’histoire de cette salle de concert. Désormais la rue des Cerisiers ne garde plus que les souvenirs du Petit Faucheux d’avant, les souvenirs d’une partie de la vie d’un saxophoniste. Paul BURGAUD

bons plans Votez pour votre film préféré

Quel film sera projeté le 8 mars à l’occasion des 50 ans du Studio ? à vous de choisir. Coppola, Truffaut, Kusturica, vous avez le choix parmi 50 long-métrages. Chacun date d’une année différente entre 1963 et 2012. Le vote est ouvert jusqu’au 31 décembre, sur le site Internet www.studiocine.com ou sur place.

Bourse aux disques aux Halles

Radio Béton organise de nouveau sa bourse aux disques et aux BD, dimanche 11 novembre, à la salle

d. r.

PATRIMOINE

L’accessibilité à la tour est maintenant facilité.

Temps libre

10 novembre 2012

Paul burgaud

samedi

d. r.

La Feuille

Des bandes dessinées seront aussi en vente

polyvalente des Halles. Une journée pour dégoter des disques de tout style et de toute époque, neufs ou d’occasion. Des bandes dessinées, livres et tee-shirts seront également à vendre toute la journée, de 10 à 19 heures. Infos pratiques : www.radiobeton.com


8 L’invité

samedi

10 novembre 2012

La Feuille

Immersion à Saint-Pierre

Frédéric Potet a passé près d’un an auprès des habitants de Saint-Pierre-des-Corps pour un blog du Monde. La promotion du livre qui en a découlé lui donne l’occasion de revoir les Corpop��trussiens et de revenir sur cette expérience.

sonia barge

E

ntre juin 2011 et juin 2012, le journal Le Monde envoie huit de ses reporters dans huit villes de province et de la banlieue parisienne. Chacun publie des portraits et des reportages sur des blogs du journal, appelés Une année en France. Frédéric Potet est l’un d’entre eux. Il alimentait le blog Les épines fortes, centré sur Saint-Pierredes-Corps. Certains articles ont fait l’objet d’un livre – Une année (formidable !) en France1 – tandis que d’autres sont ­repris dans un web-documentaire2 visible sur le site du Monde. Pourquoi avez-vous choisi de travailler à Saint-Pierre-des-Corps ? Nous nous sommes réparti les huit villes de manière à obtenir un ensemble représentatif de la France : celle des plus ­d émunis près de Dunkerque comme celle des plus aisés à Sceaux, celle des plus urbains à La Courneuve comme celle des ruraux à Mézères. Après, j’ai tout simplement choisi Saint-Pierredes-Corps parce que j’habite en Touraine. Je passais tous les jours par la gare de Saint-Pierre sans jamais m’être arrêté dans le centre-ville. On entend beaucoup d’idées reçues négatives sur cette ville qui contraste avec la « douceur tourangelle ». Concrètement, comment se déroulaient vos reportages ? En parallèle des blogs, nous avons continué à travailler au siège du journal, à Paris. Mais nous nous sommes aussi rendu régulièrement dans nos villes respectives, notamment à l’approche de l’élection présidentielle. Le premier jour, je suis allé faire un tour de la ville avec la maire, Marie-France Beaufils. Par la suite, je n’avais pas de journée-type de reportage : au fil des rencontres, avec des institutionnels ou au bistrot, les sujets venaient tout seuls. À la fin, je connaissais toutes les rues et pratiquement tous les Corpopétrussiens. Comment la population a-t-elle réagi ?

« La proximité, c’est la base du journalisme. C’est plus utile d’être au stade ou au bistrot que dans un bureau. » Au départ, les gens ont été très surpris d’être interrogés sur leur quotidien. Mais ils ont tout de suite compris en apprenant qu’il s’agissait de blogs. Certains nous ont reproché d’avoir une approche de Parisiens qui viennent voir les provinciaux comme de drôles de petites bêtes, mais le fait d’habiter en Touraine a facilité mon acceptation. Quel était l’objectif de ce projet ? Faire ce que les journaux nationaux ne font plus : raconter la banalité du quotidien des habitants, leurs doutes, leurs attentes, pour prendre le pouls de la ­société et faire remonter les problèmes auxquels elle est confrontée. Dans une

rédaction, d’habitude, on choisit d’abord son sujet, puis ses témoins. Là, on a fait l’inverse : en fonction de nos rencontres on dégageait des sujets d’article intéressants. Nous avions la possibilité de prendre notre temps, c’est un luxe incroyable actuellement. Vous parlez d’un luxe, mais est-ce un exercice facile pour un journaliste ? Le fait de revenir régulièrement sur place oblige à être très rigoureux, même sur des petits détails, même si ça ne parlera qu’aux habitants locaux. Ça bouscule nos habitudes de journalistes « parisiano-parisiens », mais ce n’est pas plus mal. L’autre difficulté, c’était

de trouver des histoires qui parlent aux Français. Ce ne sont pas les mêmes sujets ni le même style d’écriture que des articles de presse locale. C’est très particulier. D’autant que je ne connaissais pas du tout l’écriture web avant cette expérience. On m’a proposé de participer au projet deux mois seulement avant son lancement, et j’ai débarqué là-dedans en m’interrogeant sur l’impact que ce travail pouvait avoir. Au final, cela m’a beaucoup plu, tant l’expérience en grande autonomie et la liberté de ton que peut avoir un blog. C’était un projet vraiment enthousiasmant, qui m’a ressourcé professionnellement. Et que va-t-il advenir des blogs, maintenant que les élections sont passées ? À notre grand regret, Le Monde ne reconduit pas les huit blogs, pour des raisons financières. Les articles d’Une année en France étaient gratuits sur LeMonde.fr et il y avait peu de pub, donc le projet a coûté cher. La rédaction le savait dès le départ, c’était juste une manière de montrer que Le Monde continuait à être un un journal de qualité. La parution du livre et du webdocumentaire ont permis de rendre le projet un peu plus rentable et de le faire découvrir à un plus large public. Aujourd’hui il ne reste plus qu’un blog unique, ouvert à tous les journalistes du Monde, sur des thématiques de la crise. Mais j’espère qu’un nouveau projet sera mis en œuvre pour prendre le pouls de la société avant les élections municipales de 2014. Recueilli par Sonia BARGE

(1) Une année ( formidable ! ) en France, paru le 13 septembre aux éd. Les Arènes, 600 pages, 29,80 e. (2) http://www.lemonde.fr/societe/ visuel/2012/09/13/une-annee-enfrance-lewebdocumentaire_1759165_3224.html

SUR L’AGENDA SUR L’AGENDA SUR L’AGENDA SUR L’AGENDA SUR L’AGENDA SUR L’AGENDA On l‘appelle l’idole des jeunes

les bacs le 12 novembre. Réservations à la Fnac, Carrefour et autres points de vente habituels.

Festival des langues

D.R.

Les 24 et 25 novembre prochains, le Centre culturel des langues des Halles Johnny remontera sur accueillera le Festival des scène pour ses fans. langues. C’est l’occasion de Johnny Hallyday se produira s’initier à plus de 80 idiomes. le jeudi 22 novembre à 20 h Conférences, lectures de au parc des expositions de poésies et de contes, Tours. Des places, allant de musique, danse ainsi que 55 à 130 euros, sont encore des cours de langues bien évidemment.Informations disponibles. Son nouvel album, L’Attente, sort dans sur le site linguafest37.com.

Salons historiques Les 29 et 30 novembre, le lycée Choiseul de Tours organise, des rencontres historiques gratuites, en partenariat avec le département d’histoire et d’archéologie de l’université François-Rabelais. Les « Salons de Choiseul », ce sont des conférences, des expositions et des présentations de films sur le thème de la guerre. Étudiants et amateurs d’histoire seront les bienvenus pour échanger et débattre. Pour s’inscrire,

rendez-vous sur le site lessalonsdechoiseul. wordpress.com

Documentation en ligne

Le service commun de documentation de l’université François-Rabelais propose désormais aux étudiants de consulter dirctement en ligne un bouquet d’ebooks spécialisés dans l’histoire européenne ( jusqu’au 4 janvier ) et le Maitron ( jusqu’au 4 décembre ), dictionnaire biographique du mouvement ouvrier

français réunissant les biographies de personnalités célèbres de 1789 à Mai 68. Ils sont consultables à partir de l’environnement numérique de travail de chaque étudiant.

S’essayer à l’impro

Le 17 et 18 novembre, un stage d’initiation à l’improvisation théâtrale pour adultes est organisé au Foyer de jeunes travailleurs de Tours. Encadrés par un comédien professionnel, des exercices seront proposés

aux personnes désireuses de développer leur sens du jeu théâtral. Plus d’informations auprès de la compagnie La Clef.

La Feuille

Journal-atelier des étudiants en journalisme de l’IUT de Tours. 29, rue du Pont-Volant, 37000 Tours. Distribué gratuitement. Directeur de publication : Nicolas Sourisce. Imprimerie Alinéa 36 ISSN - 0299-3406


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