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MAI 2018

LE MAGAZINE DE L'ENTRAIDE PROTESTANTE SUISSE

PÉTITION

DES VOIES SÛRES POUR LES RÉFUGIÉS

RÉFUGIÉS SYRIENS Fuir le cauchemar des bombes DÉVELOPPEMENT Aider, oui, mais pour quel impact ?


ÉDITORIAL

ANNONCEZ LA COULEUR !

DOSSIER SPÉCIAL

© EPER/ Patrick Gilliéron Lopreno

Annoncer la couleur Les statistiques de demandes d’asile en Suisse sont à la baisse en 2017. Les images bouleversantes de femmes, d’hommes et d’enfants arrivés en Europe centrale à la recherche d’un lieu sûr et d’un avenir meilleur ont disparu du paysage médiatique. Alors pourquoi s’engager pour une Suisse humaine aujourd’hui ? Parce que les personnes fuyant la guerre et les persécutions, elles, n’ont pas disparu. La Magaly Hanselmann triste réalité est que le nombre de réfugiés Secrétaire romande est plus élevé que jamais. Et la précarité de la situation a elle aussi atteint des sommets. La plupart des réfugiés vivent sans passé, ni avenir, entassés dans des camps à proximité des régions en crise. Les personnes qui, par désespoir, tentent de trouver refuge en Europe s’exposent à de graves dangers. Sur les deux dernières années, plus de 8000 décès sont survenus lors de la traversée de la Méditerranée. C’est un devoir humanitaire que de leur offrir une protection.

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Pétition Chaque signature compte

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Introduction Il y a urgence à accomplir notre devoir humanitaire

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Programme de réinstallation Du Liban à la Suisse pour trouver la sécurité

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Chiffres Une solution pour les réfugiés de guerre : le programme de réinstallation

12 Corridors humanitaires Pont aérien, un exemple pour la Suisse ? 14 Société civile Nous avons tous un rôle à jouer

Notre pétition vise justement à créer des voies sûres et légales pour les plus vulnérables, notamment dans le cadre des programmes de réinstallation. Avec votre soutien, celui de nombreuses organisations et personnalités nous avons déjà récolté plus de 15 000 signatures. Il est essentiel que l’élan de solidarité et l'engagement de la société civile se poursuivent pour une Suisse humaine.

ACTUALITÉ 16 Promotion des droits humains Zimbabwe : l’information favorise la démocratie 18 Transparence Aider oui, mais pour quel impact ? 20 Le mot de la fin Rapport annuel 2017

AGIR N° 30 MAI 2018 ISSN 2235-0772 Paraît 4 fois par an COUVERTURE PHOTO

EPER/András D Ajdú: Afghane et son fils sur la route de l'exil à la frontière serbe, oct. 2016

ÉDITEUR Entraide Protestante Suisse (EPER)

PHOTOS Anne Geiger

RESPONSABLE Olivier Graz

GRAPHISME ET ILLUSTRATIONS superhuit.ch

RÉDACTION Joëlle Herren Laufer

IMPRESSION Jordi Belp

TRADUCTION Nassima Rahmani et Gabrielle Rivier TIRAGE 14 300 exemplaires ABONNEMENT CHF 10 déduits une fois par an de vos dons

ADRESSE Chemin de Bérée 4A Case postale 536 1001 Lausanne Téléphone 021 613 40 70 Fax 021 617 26 26 www.eper.ch info@eper.ch

CP POUR LES DONS 10-1390-5


ANNONCER LA COULEUR - PÉTITION

CHAQUE SIGNATURE COMPTE !

66 MILLIONS

de personnes forcées à l’exil dans le monde

1,2 MILLIONS

de personnes recensées par le HCR vivent dans des conditions si précaires qu'elles devraient être réinstallées d'urgence dans un autre pays

10 000 PAR AN

La Suisse peut faire mieux. Nous demandons d'augmenter le contingent d'accueil de réfugiés à 10 000 personnes par année

Nous demandons des voies sûres pour les réfugiés, maintenant ! Signez la pétition et faites-la circuler !

www.protegeons-les-refugies.ch

MERCI DE VOTRE SOUTIEN ! Vous trouverez d'autres pétitions sur : www.protegeons-les-refugies.ch

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Texte : Corina Bosshard Photo : EPER/ Dragan Culo

Le nombre de demandes d’asile déposées en Suisse a diminué de plus d’un tiers en 2017. Faut-il s’en réjouir ? Certainement pas. Les personnes en exil sont aujourd’hui plus nombreuses que jamais, c’est une triste réalité. La plupart d’entre elles n’ont pas de perspectives d’avenir. Elles attendent des années dans des camps de réfugiés insalubres installés dans les pays voisins des régions en crise, sans espoir de retour dans leur pays d’origine ou de réinstallation dans un pays tiers plus sûr. Cette situation est inacceptable. Tendre la main aux personnes réfugiées n’est pas un beau geste, mais un devoir humanitaire. La Suisse devrait montrer l’exemple. Nous pouvons faire plus. Les réfugiés particulièrement vulnérables doivent pouvoir arriver chez nous légalement et en toute sécurité, sachant qu’ils seront protégés. Ils méritent d’être traités avec humanité : allons à leur rencontre et montrons-leur qu’ils sont les bienvenus. Les réfugiés font partie de la Suisse, au même titre que ses habitants, que notre tradition humanitaire, que nos coutumes. Nous sommes tous le visage humain de la Suisse. Chacun de nous peut faire quelque chose, chacun de nous doit faire quelque chose, que ce soit sur le plan politique ou social. Redonnons leur dignité aux victimes de la guerre et des persécutions. Annonçons la couleur pour une Suisse humaine. Il y a urgence.

www.annoncer-la-couleur.ch


ANNONCER LA COULEUR - PROGRAMME DE RÉINSTALLATION

DU LIBAN À LA SUISSE POUR TROUVER LA SÉCURITÉ Originaire d’Alep, la famille Mohamed a fui la guerre en S­ yrie. Grâce au programme de réinstallation du Haut comissariat pour les réfugiés (HCR), elle a pu c­ ommencer une nouvelle vie à Schaffhouse. Texte : Corina Bosshard Photos : EPER/Sabine Buri

Midia sert le café. Arabe, naturellement, noir, corsé, de ceux qui laissent un résidu au fond de la tasse. Elle a posé sur la table du salon une coupelle remplie de chocolats suisses. Mustafa, Jasmine et Rudin, ses trois enfants, se servent et disparaissent dans leur chambre après un timide salut. Sobrement aménagé, l’appartement clair du quartier de Birch à Schaffhouse est le domicile de la famille Mohamed depuis l’été 2015.

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Fuir, toujours et encore La famille est kurde. Il y a six ans, elle a fui Alep. Les conditions de vie y avaient toujours été bonnes auparavant, on ne manquait de rien. Fouzi travaillait comme peintre ; Midia, qui venait d’accoucher de son troisième enfant, recevait des soins de qualité. Et puis la guerre est arrivée. « Tout a commencé par des manifestations régulières après la prière du vendredi. Nous étions inquiets », se souvient-elle.

La famille Mohamed vit aujourd’hui à Schaffhouse. Les parents, Fouzi et Midia Mohamed et leurs enfants Mustafa (11), Jasmine (9) et Rudin (7).


En 2012, ils ont quitté Alep pour leur village d’origine près d’Afrin, à la campagne, où le grand-père de Fouzi possédait une oliveraie. « Nous avons emporté le nécessaire, nous pensions revenir assez vite. » Malheureusement, les combats se sont intensifiés à Alep pendant l’été 2012. Une grande partie de la ville a été détruite, l’appartement de la famille pillé. « A Afrin, nous avions à peine de quoi vivre. Les avions de combat et les lancemissiles faisaient un bruit d’enfer. Un jour, un jeune homme s’est fait exploser pas loin de nous, dans une colonne de voitures », raconte Fouzi. « Nous ne voulions pas que nos enfants voient des choses pareilles, nous devions partir. » En 2013, Fouzi a pris le bus pour le Liban. Il y a travaillé comme peintre, au noir et pour peu d’argent, le pays du Cèdre ne délivrant pratiquement aucun permis aux réfugiés. Après quelques mois, il a fait venir sa famille. Ils ont loué un studio ; l’eau et l’électricité n’étaient pas comprises dans le loyer. Le HCR leur donnait chaque mois des bons alimentaires, mais la vie est chère à Beyrouth et leurs économies ont été vite dépensées, même l’argent tiré de la vente de leurs alliances de mariage. « Les enfants ont beaucoup souffert », ajoute Fouzi. « Ils n’allaient pas régulièrement à l’école, quel avenir auraient-ils pu avoir ? Impossible de rester. Nous n’avions pas les moyens de payer un passeur. Nous serions probablement retournés en Syrie. » Laissez-passer pour la Suisse Devant la détresse de la famille, le HCR a décidé de l’admettre dans son programme de réinstallation. Les entretiens et les vérifications se sont succédé et la décision a été prise après seize mois de vie au Liban : la famille pourrait venir vivre en Suisse. « Quand nous avons été conduits à l’aéroport de Beyrouth, nous n’avions plus que

nos vêtements et un billet de dix dollars, que je conserve encore dans mon portemonnaie. » Les Mohamed prenaient la direction d’un pays dont ils ignoraient tout, hormis ce qu’ils avaient appris lors d’un cours préparatoire de deux jours organisé par le HCR. « On nous a bien fait comprendre qu’en Suisse, les gens sont ponctuels, plutôt tranquilles et que les machines à laver sont installées dans les sous-sols des immeubles », s’amuse Midia. En Suisse, tout est réglé comme du papier à musique Les choses ont été difficiles au début, il a fallu s’adapter. En Suisse, tout est parfaitement réglé, presque chronométré. « Nous ne connaissions pas la langue, nous ignorions les règles », explique Fouzi. « Que faire des déchets encombrants, par exemple ? Comment régler les factures ? Que disent tous les courriers que nous recevons de l’école des enfants ? » Fouzi travaille cinq jours par semaine ; il effectue une nouvelle formation de peintre qu’il a entreprise l’été dernier malgré ses 20 ans d’expérience. Sa femme est employée de temps à autre comme cuisinière dans un projet à caractère social. Ils tiennent tous deux à être rapidement indépendants d’un point de vue financier, sans compter qu’une activité professionnelle leur permet d’apprendre la langue.

Le mal du pays Comme la plupart des parents, Fouzi et Midia désirent que leurs enfants puissent mener une vie normale. Cela n’aurait guère été possible sans le programme de réinstallation. Ils regrettent néanmoins de ne pas avoir davantage de contact avec les Helvètes. « Si nous pouvions nous faire des amis, nous penserions peut-être moins à la Syrie », soupire Fouzi. « Je passe deux à trois heures par jour sur Facebook pour savoir comment vont les miens, ce qui se passe au village, qui a fui et pour aller où. Je suis obsédé, c’est comme une dépendance au tabac. » Les parents de Fouzi et de Midia sont âgés et vivent encore à Afrin, tout comme leurs frères et sœurs. Les contacts sont interrompus depuis quelques semaines, ils ne savent même pas s’ils se reverront un jour, regrette Fouzi. « Notre famille est la branche cassée mais toujours en vie d’un arbre enraciné en Syrie. »

Ce billet de dix dollars était la seule chose que la famille possédait quand elle a pris l’avion à Beyrouth. Fouzi le conserve précieusement dans son porte-monnaie en souvenir.

Quand ils ont une lettre ou un courriel un peu compliqué à envoyer, ils sollicitent leurs enfants, qui parlent couramment le suisse allemand. Les jeunes aiment aller en classe. Les garçons jouent dans le FC Schaffhouse, tandis que Jasmine apprend le piano. Ils ne parlent jamais de la Syrie, fait remarquer Fouzi. « Cela veut dire qu’ils se sentent ici chez eux. J’espère seulement qu’ils n’oublieront pas d’où ils viennent. »

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ANNONCER LA COULEUR - CHIFFRES

LE PROGRAMME DE RÉINSTALLATION UNE SOLUTION POUR LES RÉFUGIÉS DE GUERRE LES PLUS VULNÉRABLES Dans le monde, 65,6 millions de personnes sont en situation d’exil forcé, dont 22,5 millions hors de leur pays. La grande majorité d’entre elles a trouvé refuge dans les pays limitrophes des zones en conflit. Par désespoir, certaines se risquent à prendre la mer. Ces pays, où arrivent la majorité des réfugiés, sont totalement dépassés par la situation. Ils ne sont pas en mesure d’accueillir un aussi grand nombre de personnes dans des conditions de vie correctes. De nombreuses personnes réfugiées survivent péniblement, des années durant, dans des camps surpeuplés, sans l’ombre d’une chance d’être intégrés sur place, et sans perspective de retour dans leur pays d’origine. La situation est intenable pour les femmes avec des enfants en bas âge, les personnes malades ou âgées.

Le programme de réinstallation du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) permet à un nombre restreint de personnes vulnérables d’être directement transportées en avion depuis le pays de première arrivée jusque dans un pays sûr, en Suisse par exemple. Le HCR examine sur place le besoin de protection des personnes réfugiées. Une fois dans le pays d’accueil, ces personnes reçoivent immédiatement le statut de réfugié. En tant que pays participant au programme de réinstallation, la Suisse peut définir librement le nombre et les catégories de personnes qu’elle souhaite accueillir chaque année. Depuis 2013, la Suisse a accueilli 1500 réfugiés par l’intermédiaire de ce programme. Il s’agissait principalement de Syriens qui se trouvaient précédemment au Liban ou en Jordanie. Elle a annoncé qu’elle en accueillerait 2000 de

PÉTITION : DES VOIES SÛRES POUR SAUVER DES VIES Les personnes qui se risquent à rallier l'Europe pour y déposer une demande d'asile s’exposent à de grands dangers. En outre, dans des pays comme la Libye ou la Turquie, elles se heurtent à une muraille infranchissable érigée par l’Europe. La plupart des réfugiés sont ainsi pris au piège : ils ne peuvent ni avancer, ni reculer ; bloqués dans des camps aux conditions de vie indignes, ils sont privés de services de santé, de possibilités de formation, de travail et de toute perspective d’avenir. Le programme de réinstallation du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés est destiné aux personnes les plus

vulnérables. Il permet d’ouvrir un passage direct hors des régions en guerre et d’offrir protection et sécurité à ces personnes. L’EPER et l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés ont lancé une pétition commune afin de demander au Conseil fédéral de permettre chaque année à 10 000 personnes vulnérables d’arriver légalement en Suisse dans ce cadre. Nous ne voulons plus rester sans rien faire face aux drames qui se jouent en Méditerranée et dans les camps de réfugiés. La pétition est une possibilité d’agir et de donner un signe clair pour une Suisse humaine et solidaire.

Signez la pétition en page 3 ou sur internet à l’adresse : www.protegeons-les-refugies.ch

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plus d’ici à 2019. Les critères pour une admission en Suisse sont le degré élevé de vulnérabilité ainsi que la volonté et la capacité de s’intégrer dans la société. En outre, la Suisse souhaite accueillir entre 40 et 60% de personnes de sexe féminin et 7% de personnes âgées, malades ou avec un handicap.


EN CHIFFRES

PROGRAMME DE RÉINSTALLATION

L’EXIL DANS LE MONDE 65,6 millions

1,2 million

de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer

de personnes recensées par le HCR, dont 40% de Syriens, vivent dans des conditions si précaires qu'elles devraient être réinstallées d'urgence dans un autre pays.

dont 22,5 millions de personnes hors de leur pays.

125 000 places Le programme de réinstallation du HCR auquel 35 pays participent couvre à peine 10% des besoins avec 125 000 places par an.

NAUFRAGES EN MÉDITERRANNÉE

ACCUEIL DES RÉFUGIÉS* EN SUISSE

8000 morts

1,4 %

La traversée de la Méditerranée expose les réfugiés à de graves dangers : 8000 personnes ont perdu la vie entre 2016 et 2017 en tentant cette traversée.

C'est le pourcentage de personnes ayant un statut de réfugié ou au bénéfice d'une admission provisoire dans la population suisse.

+ 0,6 % C'est l'augmentation de personnes relevant de l'asile si la Suisse accueillait 10 000 réfugiés chaque année pendant cinq ans, soit 2% de la population suisse.

PAYS ACCUEILLANTS LE PLUS DE RÉFUGIÉS 1 1

TURQUIE 2,9 millions de réfugiés

5

Surtout de Syrie et d’Irak

OUGANDA 940 800 réfugiés Surtout du Soudan du Sud

3 4

2

7 2

PAKISTAN 1,4 million de réfugiés

6

Surtout d’Afghanistan

3

LIBAN 1 million de réfugiés Surtout de Syrie

ETHIOPIE 791 600 réfugiés Surtout du Soudan du Sud, de Somalie et d’Erythrée

7

JORDANIE 685 200 réfugiés Surtout de Syrie

6 5

4

IRAN 979 400 réfugiés Surtout d’Afghanistan

SUISSE 121 400 réfugiés* Surtout d’Erythrée, d’Afghanistan et de Syrie

* Personnes avec le statut de réfugié ou avec une admission provisoire

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Des migrants subsahariens dorment sur le pont du Golfo Azzuro après avoir été sauvés en mer par des membres de l’ONG pro-active Open Arms en Méditerranée, à environ 24 milles nautiques au nord de Sabratha, en Libye, le vendredi 27 janvier 2017. Photo : Keystone/Emilio Morenatti

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ANNONCER LA COULEUR – CORRIDORS HUMANITAIRES

PONT AÉRIEN, UN EXEMPLE POUR LA SUISSE ?

Plus de mille réfugiés syriens particulièrement vulnérables se sont vu accorder un visa humanitaire par l’Etat italien depuis 2015. La périlleuse traversée de la Méditerranée leur a été épargnée grâce au voyage par avion : un projet de corridor humanitaire dont la Suisse pourrait s’inspirer…

Texte : Dieter Wüthrich Photos : Corina Flühmann

Ce matin-là de février, à Venise, il fait sombre, l’air est glacial et une fine pluie se mélange à la neige qui a recouvert durant la nuit les toits et les rues d’une fine pellicule blanche. Nous sommes dans le tram qui relie Venise à la terre ferme. Direction Mestre, le quartier des barres d’immeubles anonymes, loin de la horde de touristes qui, même en cette saison, envahit la ville aux mille beautés. Grâce à l’intervention des Eglises Nous avons rendez-vous avec Giorgia Corò, coordinatrice de l’Eglise vaudoise du Piémont, dans un petit café. La jeune femme est responsable de l’accueil de plusieurs familles de réfugiés qui sont arrivées en Italie à la faveur du projet de corridors humanitaires, auquel l’EPER apporte son soutien financier. Le projet a vu le jour grâce à l’initiative conjointe de la Fédération des Eglises protestantes d’Italie et de la communauté catholique Sant’Egidio, qui ont obtenu des autorités italiennes le droit de faire venir légalement et en toute sécurité mille réfugiés en Italie. Giorgia nous emmène jusqu’à l’immeuble où est hébergée une famille syrienne depuis son arrivée en Italie en juillet 2017 : Osama Alhendi, 31 ans, Suhaila Al Assaf, 30

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ans, et leurs cinq enfants : Hanin, 10 ans, Fatima, 9 ans, Mays, 7 ans, Mohamad, 5 ans, et Ahmar, 3 ans. Pendant que Suhaila nous prépare du thé à la cuisine, Osama nous fait passer dans un salon chichement meublé. « Nous avions la belle vie » La famille d’Osama est originaire d’Alep. Là-bas, il était mécanicien auto et elle était mère au foyer. La famille possédait plusieurs magasins qu’elle louait à des marchands locaux. « Oui, vraiment, nous avions la belle vie », commente Osama avec nostalgie. Seul hic à l’époque : la santé de Fatima, Mays et Ahmar, source d’inquiétude permanente, car depuis leur naissance, ils sont tous les trois atteints de thalassémie, une maladie génétique caractérisée par un excès ou une carence d’hémoglobine dans le sang. Le rituel de la transfusion à l’hôpital trois ou quatre fois par mois pesait alors très lourd sur la jeune famille. En dernière minute Et puis la guerre est arrivée. Alep s’est transformée en théâtre d’affrontements et de destructions. Osama sort son téléphone et nous montre la photo d’un

bâtiment effondré. « Ça, c’était notre maison », lâche-t-il la voix tremblante. Pour la population civile, la situation devient si insupportable qu’un jour Osama finit par se décider : il va mettre sa famille en sécurité. Mais en rentrant du travail, il tombe sur un barrage routier mis en place par les forcenés de l’Etat Islamique. Ces derniers l’arrêtent, fouillent sa voiture, trouvent deux cartouches de cigarettes et le font prisonnier. Dans son malheur, il a quand même de la chance : la prison de l’EI est bombardée par l’armée syrienne, et, en dernière minute, il arrive à profiter du chaos général pour prendre la fuite, direction Alep par le chemin le plus court. La nuit même, il fuit avec toute la famille. Sur le chemin du Liban, ils font une première halte chez le frère d’Osama, dans la petite ville d’Aaramoun. Autre culture, nouveau mode de vie Etant donné les besoins médicaux urgents des enfants, Osama et Suhaila s’adressent à Médecins Sans Frontières, qui les renvoie directement au programme « corridors humanitaires ». Au début, l’idée d’émigrer en Italie est très dure à accepter. « On ne savait rien sur l’Europe, juste que cette culture et ce mode de vie nous


Osama Alhendi, sa femme Suhaila Al Assaf et leurs cinq enfants ont trouvé de nouvelles perspectives en Italie. Ils sont accompagnés et aidés par Giorgia Corò (ci-contre), coordinatrice du projet de corridors humanitaires de l’Eglise vaudoise du Piémont.

étaient complètement étrangers. » Mais comme l’état de santé des trois petits s’aggrave à toute vitesse, il finit par se décider. En juillet 2017, la famille obtient un visa humanitaire et est placée sur un vol ­Beyrouth-Rome. « On a été très bien accueillis en Italie, pour la première fois depuis longtemps, on se sentait de nouveau en sécurité », se rappelle Suhaila. Espoir de guérison Depuis leur arrivée, huit mois ont passé. Osama a trouvé une place de stage dans un garage auto avec un contrat à durée déterminée. Mais d’après les sources de Giorgia Corò, le patron est très content et aimerait bien l’engager avec un contrat

fixe. Les enfants sont scolarisés à Mestre et ont l’air d’être très bien intégrés. « Fatima est même la première de sa classe et va sauter une année », raconte la maman, visiblement très fière. Et le père ajoute que les enfants vont mieux depuis qu’ils sont extrêmement bien suivis par une pédiatre italienne. Ils sont dans l’attente d’une greffe de moelle osseuse, potentiellement synonyme de guérison définitive. Une immense source d’espoir pour cette famille… Pour l’avenir de leurs enfants Tout est bien qui finit bien... Est-ce vraiment si simple ? Derrière les mots de reconnaissance et l’espoir d’un avenir meilleur, le doute et les peurs sont à fleur de peau, surtout chez Osama. « La guerre nous a tout enlevé, rien ni personne ne pourra jamais nous rendre ce que nous avons perdu. Et tant que je n’ai pas un travail fixe et que je n’ai que mes 400 euros par mois de salaire de stagiaire,

je dépends de l’aide de l’Eglise vaudoise. » Ce n’est pas évident : « Je ne suis pas habitué à dépendre des autres. Du coup, par moments, je me sens comme pris au piège », admet Osama. Alors pourquoi avoir décidé de recommencer à zéro en Europe ? Surtout à cause des enfants, explique Suhaila : « On veut qu’ils grandissent en sécurité et après qu’ils aient une bonne vie ; moi, ça me suffit pour être heureuse ». Elle sourit en nous versant encore une tasse de son excellent thé aux épices. Plus d’informations sur le projet : www.eper.ch/italie

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ANNONCER LA COULEUR – SOCIÉTÉ CIVILE

NOUS AVONS TOUS UN RÔLE À JOUER !

En Suisse, des particuliers, des associations, des paroisses ou des ONG s'engagent pour les réfugiés. Le développement de relations entre les personnes réfugiées et la population locale est essentiel à leur intégration et contribue à la cohésion sociale.

Texte : Joëlle Herren Laufer Photo : EPER/Laurent Kobi

Quand on sait que le nombre de personnes contraintes de fuir leur foyer à cause des guerres et des persécutions n’a jamais été aussi élevé et que certains tentent même la traversée de la Méditerranée au péril de leur vie – 8000 y ont péri entre 2016 et 2017 –, difficile de ne pas être assailli par un sentiment d’impuissance. La société civile a pourtant son rôle à jouer. C’est notamment la reconnaissance de ce potentiel que demandent l’EPER et l’OSAR dans leur pétition.

du Secrétariat romand de l’EPER. C’est ce que nous demandons dans notre pétition à côté de l’accueil de 10 000 personnes réfugiées par an. » Plateforme de bénévolat Nombreux sont celles et ceux qui ont signalé leur envie de s’impliquer bénévolement pour venir en aide aux réfugiés arrivés en Suisse. Afin d’éviter que les

En tissant des liens, on permet une approche complémentaire à l’offre étatique

« Il est essentiel que la question de la migration revienne à la société civile si l’on ne veut pas que le ton monte par rapport aux migrants. En tissant des liens, on permet une approche complémentaire à l’offre étatique », explique Laurent Zumstein, conseiller synodal à l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud. « Mais ce qui manque encore, c’est que ces initiatives de la société civile et des Eglises en matière d’hébergement, d’accompagnement et de formation des réfugiés en Suisse soient reconnues légalement et soutenues par la Confédération, complète Magaly Hanselmann, directrice

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bonnes volontés ne s’évaporent, faute de savoir à qui s’adresser, l’EPER et Action Parrainage ont créé une plate-forme destinée à coordonner tous les besoins en bénévolat dans le domaine de l’asile afin de profiter au mieux de cet élan de solidarité. Ces engagements bénévoles sont primordiaux pour améliorer les conditions de vie des personnes qui se sont réfugiées chez nous et leur permettre de s’intégrer dans leur nouveau pays d’accueil. www.engagez-vous.ch


QUE PUIS-JE FAIRE CONCRÈTEMENT ? A

Je signe la pétition pour des voies sûres et légales, la pétition se trouve en page 3 ou sur www.protegeons-les-refugies.ch

B

C

Je m’engage comme bénévole auprès des réfugiés : www.engagez-vous.ch

D

E

Je deviens ambassadeur de la pétition en récoltant des signatures et en la diffusant autour de moi. www.protegeons-les-refugies.ch

J’annonce la couleur avec la bannière et le bracelet. Passez commande : www.annoncer-la-couleur.ch

Je fais un don pour aider les réfugiés en Suisse et dans le monde : CP 10-1390-5, mention « réfugiés »


PROMOTION DES DROITS HUMAINS AU ZIMBABWE

L’INFORMATION FAVORISE LA DÉMOCRATIE Sous le règne de Robert Mugabe, les droits humains fondamentaux ont été systématiquement bafoués pendant des dizaines d’années au Zimbabwe. L’EPER a lancé, avec ses organisations partenaires sur place, un projet visant à encourager la population à défendre ses droits fondamentaux face aux autorités.

Texte : Una Harnbrecher Photo : Keystone/Ben Curtis

En novembre 2017, le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, est renversé par un coup d’Etat militaire. Il a régné sur le pays d’une main de fer pendant 37 ans. Emmerson Mnangagwa, le vice-président qu’il avait limogé, prend sa place et forme un gouvernement de transition avec d’anciens dignitaires. Les revendications de la société civile, qui souhaite que le gouvernement de transition soit composé de représentants des différents partis, sont ignorées. Si bien que les espoirs de la population d’assister à un changement politique rapide s’évanouissent peu à peu. Le peuple zimbabwéen doit s’accommoder des réalités, aussi tristes soient-elles. Il sait combien toute forme de critique est dangereuse. Dans ce climat de répression, on comprend que les gens, dont les droits sont régulièrement enfreints par le gouvernement et par ses sympathisants, craignent de se soulever. La confiance entre la société civile et le gouvernement est rompue, tout travail de concertation exclu. Naguère encore, le ZANU-PF, le parti au pouvoir, et le MDC, le parti d’opposition, s’étaient entendus au sein de l’exécutif pour donner naissance à une nouvelle Constitution fondée sur les droits humains. Bien que le ZANU-PF ait repris seul le pouvoir en 2013, la Constitution reste valable. C’est donc un socle sur lequel appuyer les droits humains.

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Les représentants du gouvernement doivent faire preuve de responsabilité L’EPER en a profité pour lancer un programme qui reprend les principes de la Constitution tout en adaptant l’approche internationale fondée sur les droits humains aux valeurs du pays. « Nous avons toujours pensé qu’un gouvernement ne peut pas s’embarrasser des droits humains. Mais c’est faux. L’approche fondée sur les droits humains est un bon moyen de rétablir la justice à différents échelons », admettent les responsables gouvernementaux après avoir suivi une formation sur le sujet, dispensée par l’EPER. On ignore combien de responsables locaux ont réellement mis en œuvre ce qu’ils ont appris, mais les raisons d’espérer sont nombreuses. Les autorités locales de Plumtree, par exemple, ont appelé les communes à donner leur avis sur l’utilisation des deniers publics. Elles sont ainsi en mesure de répondre aux attentes de la population, du jamais vu auparavant, puisque la société civile ignorait pratiquement tout de leurs intentions. De son côté, le conseil de la province rurale de Matobo a réfléchi à la mise en place d’un dispositif de signalement des cas de corruption, afin d’inciter les habitants à combattre ce phénomène. Belinda Ncube, coordinatrice du projet de


développement de l’EPER sur les droits humains au Zimbabwe, explique : « Former les conseillers municipaux, les chefs coutumiers et les conseillers régionaux est au centre de nos préoccupations. Les précédents programmes des organisations d’entraide se concentraient sur les besoins des particuliers, pas sur ceux des représentants gouvernementaux. Il en a émergé des conflits dans certaines communes, par exemple lorsque des citoyens au fait de leurs droits légaux se heurtaient à des fonctionnaires qui connaissaient mal leurs devoirs et le droit. Le projet tente de

rétablir un certain équilibre. On peut dire que la coopération entre les communes et les autorités a porté ses fruits sur quelques thématiques importantes. » Le courage de faire valoir ses droits Des efforts soutenus sont nécessaires pour amener une société souvent empêchée de revendiquer ses droits, d’autant que la peur n’a pas disparu. Le programme enregistre néanmoins ses premiers succès : une commune rurale de Dewe a réagi aux tentatives d’intimidation d’un ancien combattant qui voulait garder les terres cultivables

pour lui seul. Dans une autre communes du district de Matopo, des terres devaient être relocalisées pour laisser la voie libre à une grande entreprise agroalimentaire. « Christian Legal Society », organisation partenaire de l’EPER, a défendu les 29 paysans concernés devant le tribunal et l’expansion a pu être stoppée. Les cas des communes de Maphisa et de Kezi, dans lesquelles 68 familles qui habitaient là depuis 1946 risquaient d’être chassées, ont aussi pu être défendus. La population a manifesté contre l’entreprise locale « TREK » et contre l’autorité chargée de l’agriculture et du développement rural (ARDA). Les manifestants ont été arrêtés, avant d’être relâchés grâce à l’assistance juridique des partenaires de l’EPER, « Masakhaneni », « Christian Legal Society » et « Habakkuk Trust ». Cette arrestation a été jugée illégale et contraire au droit de manifester. Lutte contre la démotivation et l’intimidation A l’approche des élections, les partenaires ont mis au point un projet d’encouragement de la démocratie. Ce dernier doit amener les citoyens à participer à la vie politique et à voter, malgré le découragement bien perceptible. Des émissions de radio et des stands d’information lors de manifestations sportives ou culturelles doivent aider la population à se familiariser avec la loi sur l’inscription des électeurs, réputée complexe. Le vote n’est pas le seul but en soi : les gens doivent pouvoir décider en connaissance de cause et ne pas se laisser démotiver ou intimider. Les partenaires travaillent main dans la main avec les autorités locales, pour qu’on ne puisse pas dire qu’ils soutiennent l’opposition. Dans de telles circonstances, les responsables se soucient de la surveillance du scrutin et documentent les faits comme il se doit.

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TRANSPARENCE

AIDER OUI, MAIS POUR QUEL IMPACT ?

Les donateurs et les politiques sont plus critiques que jamais : la coopération au développement améliore-t-elle véritablement les conditions de vie des bénéficiaires ? Ou d’autres facteurs entrentils en ligne de compte ? Pour les œuvres d’entraide, il devient crucial de pouvoir démontrer l’impact de leurs projets par des méthodes scientifiquement fondées. Texte : Kimon Schneider et Olivier Schmid Photos : Christian Bobst

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Pour savoir quel est l’impact d’un projet sur le bien-être des bénéficiaires, la division internationale de l’EPER a commencé, il y a deux années, à recourir aux études d’impact. A la différence de l’évaluation sur l’efficacité, le caractère durable ou la pertinence des projets, les études d’impact s’intéressent spécifiquement aux liens de causalité : elles servent à calculer précisément si une mesure concrète de l’EPER a entraîné un changement dans la vie des bénéficiaires. Toute une série de facteurs d’influence doivent être examinés si l’ont veut évaluer précisément les liens de cause à effet ; il faut notamment intégrer les activités d’autres organisations. Les études d’impact doivent donc suivre des critères méthodologiques rigoureux. C’est pourquoi l’EPER les confie à des centres de recherche spécialisés. Evaluer, apprendre et progresser Cinq études d’impact ont été conduites depuis que le département Monitoring & évaluation a revu ses critères d’évaluation en 2015 : elles concernent le Bangladesh, la Géorgie, la région Israël / Palestine, le Liban et le Sénégal. En début d’année 2017, les chargés de projet, les directeurs pays et les organisations partenaires ont comparé leurs expériences respectives et regroupé leurs conclusions. Ces études d’impact montrent que les projets de l’EPER influent directement et positivement sur la vie des bénéficiaires. Au Bangladesh, par exemple, les femmes ont vu leur statut social s’améliorer par le fait qu’elles génèrent leurs propres revenus et qu’elles accroissent le budget du ménage grâce à l’EPER. De même, un lien direct a été établi entre l’accroissement de 84% des revenus des bénéficiaires et le soutien de l’EPER. Pour comparaison, les personnes du groupe témoin, à savoir celles qui n’ont pas bénéficié du soutien de l’EPER, ont vu leurs revenus progresser de 19% seulement. Pour ce qui est du projet d’aide d’urgence au Liban, par contre, l’aide financière que l’EPER fournit aux familles les plus dému-

nies n’a pas eu les conséquences espérées sur l’intégration sociale de ces familles. Au contraire, cette aide a engendré des tensions entre les familles de réfugiés et la population d’accueil. Instructif, car l’objectif de ces études d’impact permet d’utiliser les conclusions pour optimiser l’action des projets. Au Liban, le projet concerné a été complété par une composante « cash for work » également ouverte aux familles d’accueil : les nouveaux arrivants et les personnes établies de longue date participent ensemble à des travaux d’utilité publique pour gagner de l’argent, ce qui devrait permettre d’apaiser les tensions sociales. Des investissements payants Les expériences enregistrées en p ­ rocédant aux études d’impact sont également ­recueillies afin d’affiner encore les règles régissant l’accomplissement de ces études. Contrairement à ce que l’on pourrait croire au vu de leur méthodologie exigeante, les études d’impact sont relativement bon marché eu égard à leur utilité. Leur coût peut varier de CHF 20 000 à 200 000 selon leur importance (y compris les frais du siège central). Mais elle permettent de révéler si les activités des projets atteignent l’impact escompté, si elles restent sans effet ou si au contraire elles ont un impact négatif. Elles permettent ainsi d’ajuster les projets pour réaliser les objectifs visés au départ et d’économiser des coûts qui peuvent se chiffrer en millions de francs. Là encore, tout n’est pas parfait. Il reste encore difficile à toutes les parties prenantes (organisations partenaires, bureaux de coordination, chargés de projet, consultants et donateurs) d’avoir la même compréhension de ce que signifie l’impact

d’un projet ou de savoir quelles exigences méthodologiques il faut appliquer pour garantir le bon déroulement de l’étude d’impact. Cela fait quelques années à peine qu’un consensus s’est établi dans le domaine de la coopération au développement au sujet de l’impact d’un projet : à savoir qu’il existe un lien de causalité entre une activité concrète et l’évolution des conditions de vie des bénéficiaires. Dès lors, l’EPER doit absolument disposer de lignes directrices pour obtenir des études d’impact scientifiquement fondées (et donc avec une valeur probante). C’est la seule manière de convaincre les donateurs et les interlocuteurs critiques de la pertinence des activités de l’EPER à l’international. Pour en savoir plus : kimon.schneider@heks.ch linda.sansico@heks.ch

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LE MOT DE LA FIN

La présente édition en dit long sur l‘engagement de l‘EPER pour les réfugiés, la campagne « Annoncer la couleur » et la pétition « Des voies sûres et légales pour les réfugiés ». L‘EPER vient en aide aux personnes en détresse, en Suisse et dans 33 autres pays. Ses activités sont conçues dans un souci constant de répondre aux besoins des personnes défavorisées et ses projets sont continuellement adaptés aux défis qui se présentent. En 2017, un million de personnes ont bénéficié du soutien de l‘EPER. Découvrez en détail le travail qui a pu être réalisé grâce à votre soutien dans notre rapport annuel, maintenant disponible en ligne :

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Agir no 30 - 5/2018  

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