Page 1

MELISSA EPAMINONDI


PEUT ON MODIFIER UNE ICÔNE URBAINE? 2003 Diplôme, Vieux-Port de Marseille

Pontons Racks à bateaux 1 (double) Alvéoles en attentes Racks à bateaux 2 (simple)

Racks à bateaux 3 (double)

Racks à bateaux 4 (double) Racks à bateaux 5 (double) Racks à bateaux 6 (double) Racks à bateaux 7 (simple) Géstion flux piétons/grues par barrières mobiles qui entrent et sortent du sol. Chaque déplacement de bateau devient spéctaculaire

Racks à bateaux en plan masse de différentes tailles/gabarits bateaux

Zone manutention

Parking route enterrées


Dent creuse dans laquelle s’inscrit le projet de port à sec pouvant contenir la totalité des bateaux de plaisance comptabilisés dans le Vieux-Port

Vieux-Port Marseille aujourd’hui: Parking à bateaux, image statique, sans mouvement d’entrée ou de sortie du port en comparaison d’une époque où les bateaux avaient la taillle des bâtiments qui bordent le port.

1

Propostion: Racks à bateaux (port à sec) positionné dans une dent creuse, espace libre dans le front bâti du Vieux-Port.

Vue arrière du système des racks à bateaux activé par bras articulés («dare» vert) et piston hydrolique qui poussent le bateau dans son alvéole hors de la structure à l’aide de fourches métalliques.

2

Une fois l’alvéole poussées par les fourches mécaniques une grue sur rail la récupére pour l’acheminner dans l’eau contre un ponton.

3

La grue dépose l’alvéole en composite dans l’eau, le bateau maintenu par des boudins sur verrins hydroliques est prêt à sortir.

1 Grue Bras articulés sur pistons hydroliques

Strucure alvéolaire métallique

2

3

Alvéole composite

Fourches mécaniques


Le point de départ de la réflexion est la question de l’icône en s’attachant à ce qu’elle produit, à son caractère immuable. L’icône urbaine serait constitutive de l’identité d’une ville. Il s’agit de sites ou édifices à symbolique forte, véhiculant l’image d’une ville audelà de ses limites physiques. Ces icônes urbaines s’effacent derrière leur représentation, deviennent intouchables, et entravent l’évolution pragmatique de leur territoire.

LE VIEUX-PORT DE MARSEILLE COMME ICÔNE URBAINE Aujourd’hui la plaisance s’est étendue sur la totalité du plan d’eau, devenant l’activité principale du Vieux-Port. C’est un espace isolé, fonctionnant de façon autarcique, sans connexion avec la ville qui l’entoure, ni perméabilité. Il est le siège d’une microsociété clientéliste dictant ses propres règles. Il y a 23 sociétés nautiques qui gèrent 3200 bateaux, ceci induit une privatisation et une fragmentation de ce territoire : édification de barrières ceinturant le plan d’eau, et implantation de cabanons parasitant les quais. D’autre part nous constatons un immobilisme mettant en lumière un paradoxe entre l’usage et la vocation du site : la fréquence moyenne de sortie d’un bateau du port est de 1 jour par an ; ce phénomène est qualifié par les plaisanciers eux-mêmes de « bateaux-ventouses ». Jamais le port ne se vide, même en période estivale il semble que les bateaux restent à quai. La rupture d’échelle entre la multitude de petits bateaux et les bâtiments qui entourent le bassin frappe également. Alors que dans le port du 18ème siècle nous nous trouvions dans une configuration de grand bassin, de grands bateaux, et de grands bâtiments, avec la disparition de la marine à voiles et l’émergence de la plaisance nous sommes aujourd’hui dans une nouvelle configuration où nous retrouvons le grand bassin et les grands bâtiments mais les majestueux voiliers ont été remplacés par de petites coques. Dans une ville comme Marseille aux prétentions de métropole méditerranéenne, la rupture d’échelle constatée sur le Vieux-Port souligne l’inadéquation entre l’activité plaisancière et le lieu qu’elle investit. L’histoire nous montre que le port a évolué au fil des époques ayant un rôle de centre névralgique de la ville, centre économique, lieu de parade sociale, véritable agora de sa cité ; cela nous conduit à la question de l’icône et la puissance de l’image car aujourd’hui l’image du port semble figée. Cette image est la carte postale, reproduite en série et mettant en scène l’anecdotique. Interrogeons nous alors sur la légitimité de l’activité plaisance. Posons une hypothèse et effaçons métaphoriquement les occupants du territoire Vieux-Port, les bateaux. Se pose concrètement la question des bateaux qu’il faut prendre en compte en tant qu’élément incontournable du projet : la logique de plein permettant le vide. Pour mettre en place ce scénario de libération du bassin, nous nous appuyons sur une logique de stockage des bateaux, les racks, se développant aux Etats Unis et en Europe, basée sur la concentration verticale. Nous partons de ce principe de stockage pour concentrer un maximum de bateaux dans un minimum d’espace.

LA SOCIETE DES ABEILLES COMME MODELE Le processus de libération s’est révélé l’enjeu essentiel de notre travail ouvrant ainsi le champ des possibles. Ce processus est rendu possible par la création d’un port à sec, par un principe de vases communicants. Dans un premier temps on repense la circulation automobile en enfouissant toutes les voies routières ce qui génère un nouveau sol, où prennent place les racks et les piétons. Face à la segmentation et au clanisme des associations nautiques dispersées, nous tentons ici d’opposer une société plaisancière organisée, prenant pour modèle de fonctionnement la société hautement hiérarchisée des abeilles. La structure des racks adopte le principe de la ruche : la forme alvéolaire permet l’optimisation du stockage des bateaux et présente des particularités constructives optimum. Trois éléments : une structure casier + alvéoles mobiles type containers + bateaux. Onze barres de racks correspondant aux différentes tailles de bateaux occupent le territoire tandis qu’au dessous se développe en partie l’espace de maintenance visible du quai. L’ossature métallique, de forme alvéolaire, sert de réceptacle à des alvéoles mobiles contenant elles mêmes les bateaux ; ce sont les alvéoles qui vont être déplacées telles des containers par des grues pour la mise à l’eau des bateaux. L’alvéole déplacée va être en partie immergée et le bateau peut être ainsi libéré dans l’eau. (Gestion informatique du stock : cryptage du bateau, de l’alvéole et du rack, en fonction de la taille et de la disponibilité des emplacements.) Des fourches télescopiques liées à la structure permettent de pousser à l’aide d’un système de pistons l’alvéole hors du rack, ce qui permet à la grue de l’attraper ; à l’intérieur de chaque alvéole le bateau est posé sur un système d’éléments souples contrôlés par des pistons (adaptation à tous types de coques). L’alvéole est en composite comme les coques des bateaux, ce qui induit légèreté mais aussi rigidité. D’autre part nous pouvons imaginer que les propriétaires des bateaux puissent l’occuper à l’intérieur des alvéoles, et ainsi développer une autre forme d’occupation des racks. Cette machine met en scène le mouvement des bateaux jusque-là très peu perceptible ; la sortie d’un seul bateau est remarquable. Il y a une interférence du parcours piéton avec celui des grues. On prend le parti de valoriser l’interface en créant des séquences piétonnes : le parcours est séquence par des barrières sortant du sol lors du passage des grues. Les piétons deviennent alors spectateurs; si deux machines sont en activité en même temps, ils deviennent « prisonniers » à l’intérieur « d’interstices publics », comme dans un jeu de plateformes ; ils font partie du mécanisme de la machine. Marseille, 2003


SOUS LES JUPES lieu de vice 2006 Bar 35 m2, Paris, 16 rue Durantin 75018 Le bar est divisé en deux, la moitier basse est en inox miroir. Cette surface part du sol, se développe en tables et remonte sur les murs (hauteur définie par la hauteur des hanches). Le plan incliné de la circulation centrale offre depuis les tables une vue choisie sous les jupes.


INOX MIROIR BOIS STRUCTURE METAL LAQUE

ECLAIRAGE PAR LE SOL

photo Benoit Grimbert


Dust distiller

-web-

maison d’Êdition magasine web+papier


BANDE MOBILIER LUMINAIRE En cours Pose de néons roses en sous-face. Mobilier récupéré dans le bar Sous les jupes. Elément récupéré dans le bar Sous les jupes, et transformé en vue d’en faire un mobilier autonome.


VOYEUR HOME 2006 Unité de vie d’1, 40 m de large (L 9, 70 x l 1, 40) Projet réglé sur la répétition d’une seule untité de mesure ;1, 40 m x 1,90 m, mesure d’un lit standard deux places. C’est cette unité de mesure qui va servir de référence, de gabarit pour générer tous les types d’espaces necessaires à la vie domestique de deux personnes sans exclure d’autres types d’usages. Les protubérences en façade sont des fenêtres-hublots dans lesquelles on peut s’assoir et voir sans être vu. Les modules créés permettent l’insertion des fonctions domestiques ajoutées aux existantes. L’existant ne subit aucune transformation, seules les bulles noires créent l’étrangeté produite par un corps dans un autre.

1

2

Esquisse 3D Principe d’emboitement 1. Vue en transparance des modules intérieurs 2. Vue des protubérences en façade


1,90 m

1,90 m

1,90 m

1,90 m

1,90 m

Coupe schématique éclatée montrant l’emprise du module dans la structure existante + surélévation et au dessus le détail des fonctions propres au module


1,40 m

1,40 m

1,40 m

1,40 m

1,40 m

1,40 m

1,40 m

1,40 m

Plans par niveaux


RÊV. 2008, Installation réalisée à l’étage de l’unité de vie d’1.40m de large (futur l 140) . Dépose et pose à l’envers des éléments dejà existants dans la pièce; fenêtres, tringle à rideau, plinthe, chauffage, electricité (fils+caches+ampoule+tige métallique), prises, cadre photo. Ballons gonflés à l’hélium.


EXTRUSION PAVILLONAIRE 2007 Le pavillon comme élément extensible « colonisateur » partant de la silhouette de la maison générique à deux pentes pour la développer en tous sens. Projet proposé à un promoteur immobilier pour un ensemble de 25 logements dans la plaine d’Oletta en corse.

3D plans schématiques de la proposition définitive

3D schématiques variations sur le principe


3D schĂŠmatique variation sur le principe

Photo trouvĂŠe sur internet


TOUR PAVILLONNAIRE 2008 Possible contrepoint à l’expansionnisme pavillonnaire.


House Cream 2006 Réponse à l appel à projets d’architectes lancé par les artistes du pavillon du Palais de Tokyo, en 2006 suite à l’expositions Ultra Peau.


UNGROWN HAIR Du pavillon à la tour Sculpture réalisée en collaboration avec le coiffeur Marc Antoine Plumyoen Performance de 2h présentée pour _Hair 140.


Memory 2009 Performance, 2h, présentée pour l’exposition / perfomance _Hair 140 au l 140.

1

Une caméra de surveillance implantée dans le chignon d’une femme filme pendant 2 heures l’intégralité du vernissage Face à elle un poste diffuse en boucle une playlist de Violaine Schütz de 16 titres évoquant le poil ou le cheveu.

2

+ Photogramme extrait du montage vidéo, 15mn, noir et blanc, issue de la performance.


1

2


FURTIVE 2008 Montage vidéo 10mn. Musique Cocoon. VOIR DVD présenté aux journées du patrimoines à Oletta, Corse Contexte: Patrimoine et architecture : utopie et mutations Expérimenter l’invisible Autour des journées du patrimoine, cette exposition propose une réflexion sur un habitat furtif qui se rendrait invisible en disparaissant dans les paysages naturels de l’île. Le dispositif choisi pour présenter ce travail prend la forme d’un laboratoire créatif rassemblant plusieurs disciplines (art, architecture, science…). Ce projet ouvre une réflexion sur une « utopie en devenir » qui questionne la place de l’individu au cœur d’un environnement en pleine mutation. Ce travail consiste à imaginer un habitat invisible en Corse par un retour high tech à la nature où l’habitat serait à la fois le prolongement du corps et l’extension de ses sens. Aujourd’hui de nouvelles technologies ont donné naissance à un textile intelligent (tissage de fibres électriques ou optiques...) et il s’agirait de les appliquer à l’ habitat pour le rendre réactif. Cette «peau» protectrice serait doublée d’un système de traque informatique permettant une «extra» vision. Collaboration avec le bureau d’ingénérie Shaktiware sur un dispositif de traquage (Néos 360°) mis en place dans la forêt d’Aîtone en Corse. Dispositif inédit de captation d’images panoramiques consultables sur ordinateur permettant d’y voir un site en temps réel et d’y naviguer à l’aide de zooms performants.

Photogrammes extraits du montage


CORSICAN DREAM 2009 Publication à paraître, revue corse FORA, numero USA / Corse. Devenu un projet personnel, de films et photographies en Corse et l’occasion d’une première collaboration avec l’écrivain corse Jérôme Ferrari en vu de l’élaboration d’un scénario. « Corsican Dream, “road movie” réalisé en 9 jours. La Corse en longs plan séquence faits de travellings sur bateau, voiture et moto, à l’image du tour du Cap Corse filmé à moto d’Est en Ouest suivant la course du soleil en 2 heures. Cette captation part de la nature et va vers l’urbanisation “à l’américaine”. En parallèle de ces images, s’arrime un passage de Balto Atlantico de Jérôme Ferrari où deux jeunes magrhébins frère et soeur arrivent en corse en bateau et en voiture via l’Espagne à la poursuite d un rêve qui ne se réalisera pas. »

NotreNotre oncleoncle secoue la tête air résigné.Que Dieu Dieu te protège, mon mon fils. C’est Dieu Dieu qui décide, pourpour finir. finir. Moi, Moi, je nejepeux te te secoue la d’un tête d’un air résigné.Que te protège, fils. C’est qui décide, ne peux

donner que ce que donner que ce j’ai. que j’ai.

THE END THE END

Une semaine plus plus tard,tard, nousnous quittons notrenotre oncle. Khaled a trouvé du travail. Il estIlplongeur dansdans un restaurant qui lequi loge. Une semaine quittons oncle. Khaled a trouvé du travail. est plongeur un restaurant le loge.

Et moi, j’ai rencontré Marie-Angèle Susini. Et moi, j’ai rencontré Marie-Angèle Susini.

Lascia Corre

Nous allons si loin en si peu de distance. Nous donnons le reste de l’argent au passeur. Nous sommes sur une grande plage grise. .

J’ai l’impression que nous sommes seuls au monde. Nous rejoignons une route et faisons du stop pour Algesiras.

Corsican Dream est un movie réalisé en neuf jours. La Corse en longs plans-séquences Corsican Dream estroad un road movie réalisé en neuf jours. La Corse en longs plans-séquences faitsfaits de travellings sur sur bateau, voiture et moto, à l’image de ce du Cap filméfilmé d’estd’est en en de travellings bateau, voiture et moto, à l’image detour ce tour du Cap la jeune fille ?. Ne t’inquiète pas, mon oncle, dit Khaled. Je veillerai sur elle. ouest en deux heures, suivant la course du soleil. Cette captation partpart de ladenature et vaetvers ouest en deux heures, suivant la course du soleil. Cette captation la nature va vers l’urbanisation «à l’américaine». En parallèle de ces en dyptique, s’arrime un passage l’urbanisation «à l’américaine». En parallèle de images, ces images, en dyptique, s’arrime un passage Atlantico de Jérôme Ferrari où deux jeunes maghrébins, frèrefrère et soeur, arrivent en en de Balco Atlantico de Jérôme Ferrari où deux jeunes maghrébins, et soeur, arrivent de Balco Corse en bateau et enetvoiture via l’Espagne, en quête d'und'un rêverêve qui ne pas.pas. Corse en bateau en voiture via l’Espagne, en quête quise neréalisera se réalisera

Quand notre oncle nous voit arriver tous les deux, il ne dit rien. Un peu plus tard, dans la voiture, il demande simplement : que fera

Images : Melissa Epaminondi, Corse, 20092009 Images : Melissa Epaminondi, Corse, Texte : Jérôme Ferrari in Balco Atlantico (© Actes Sud,Sud, 2008) Texte : Jérôme Ferrari in Balco Atlantico (© Actes 2008)

CORSICAN DREAM

Un soir, nous attendons qu’ils soient couchés et nous partons. Nous rejoignons le passeur qui nous attend sur la Playa Peligrosa. Ne sois pas triste.

Mais je suis triste. Khaled donne la moitié de l’argent au passeur. Il lui dit qu’il aura l’autre quand nous serons en Espagne. Il ne veut pas se faire avoir et que

Tu pourras leur écrire, tu verras, et quand ils verront comme tu es heureuse, ils te pardonneront et seront aussi heureux pour toi.

nous nous retrouvions à l’aube, seuls et sans un sou, sur une autre plage d’Afrique. Le passeur finit par accepter.

Je suis si triste pendant que nous roulons. Le long des routes, il y a de grands taureaux d’acier qui projettent leur ombre immense sur Atlantico, surtout, et l’océan.

les collines. Je sens le poids de ce que je laisse derrière moi. Les bruits familiers de la médina. Ma mère. Les promenades sur Balco

Je n’ai jamais réussi à y voir un mur. Mes yeux ne voient pas ce que voit ceux de Khaled. Nous y sommes allés pour la dernière fois il y a dernière fois, le soleil disparaître dans l’Atlantique.

deux jours. Il y avait des garçons qui jouaient du flamenco. Des amoureux se disputaient. J’ai regardé, de toutes mes forces, pour la

131 131

30

Je suis si triste pendant que le bateau glisse dans la nuit. Le ciel est rempli d’étoiles. Nous longeons la côte en voguant vers le nord. Khaled une seule nuit.

me désigne une lueur fugace que l’aube naissante fait danser sur la mer. Regarde, Hayet, c’est l’empreinte d’un sabot. La nuit s’achève,

Ne sois pas triste. Mon oncle le regarde sans rien dire parce que c’est inutile. Je suis encore si triste à Marseille, en prenant le bateau.

Je ne comprends pas pourquoi, mais je sais déjà à ce moment-là que c’est cette image qui, à jamais, me fera mourir de nostalgie. Je ne

peux pas m’empêcher de pleurer. Khaled me prend la main.

126

124

127

125

Notre oncle secoue la tête d’un air résigné.Que Dieu te protège, mon fils. C’est Dieu qui décide, pour finir. Moi, je ne peux te

Le lendemain, dans l’aube pluvieuse, nous voyons, depuis le pont, la grande masse sombre de l’île percer la brume.

donner que ce que j’ai.

THE END

Je me sens emplie de crainte, pas même de curiosité, en découvrant de loin la terre sur laquelle je devrai vivre. Notre oncle nous a dit

qu’elle était très belle. Mais, sous les nuages bas, elle ne fait que rendre ma tristesse plus poignante.

Nous roulons encore. La route est étroite et sinueuse. Nous arrivons chez mon oncle. Il y a un lit et un matelas par terre. Nous trouverons

un autre matelas pour elle, dit-il.

Une semaine plus tard, nous quittons notre oncle. Khaled a trouvé du travail. Il est plongeur dans un restaurant qui le loge.

Demain matin, tu m’accompagneras à l’exploitation.

Images : Melissa Epaminondi, Corse, 2009 Texte : Jérôme Ferrari in Balco Atlantico (© Actes Sud, 2008)

Non, dit Khaled. Non, pardonne-moi, mon oncle, mais je n’ai pas quitté le Maroc pour travailler dans des vignes. Je trouverai quelque

128nous trouverons vite.

chose d’autre. Quelque chose qui me permette d’être plus disponible pour Hayet. Merci de nous héberger en attendant. Mais je sais que

129

130

Et moi, j’ai rencontré Marie-Angèle Susini.

Corsican Dream est un road movie réalisé en neuf jours. La Corse en longs plans-séquences faits de travellings sur bateau, voiture et moto, à l’image de ce tour du Cap filmé d’est en ouest en deux heures, suivant la course du soleil. Cette captation part de la nature et va vers l’urbanisation «à l’américaine». En parallèle de ces images, en dyptique, s’arrime un passage de Balco Atlantico de Jérôme Ferrari où deux jeunes maghrébins, frère et soeur, arrivent en Corse en bateau et en voiture via l’Espagne, en quête d'un rêve qui ne se réalisera pas.

131


LAMP GIRLS N°20 2009 performance VOIR VIDEO Collaboration avec Marianne Maric

Femme lampe fantasmagorie : abat-jour rotatif à moteur et roulement à billes + éclairage acitivés simultanément par une tirette placée entre les jambes de la fille. Deux possibilités: - Projection aux murs directement si environnement sombre. - Projection sur quatres écrans portés directement par la fille, faisant parti du vêtement.

Mélissa EPAMINONDI  

Works Dossier de travaux personnels

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you