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1967. Les grands tracés routiers sont perçus comme un calque fondamental de la ville moderne. Cet objet infrastructurel a considérablement changé le rapport au voyage et au territoire. Dans un premier temps, on est passé du statut de ville à celui de métropole, ce qui accroît son rayonnement, les limites des villes sont appréhendables uniquement de manière administrative dans un tissu urbain homogène et continu. Paradoxalement, le périphérique marque et séquence une nouvelle forme d’arrivée dans la capitale. On gravite autour de la ville pour mieux la desservir, il n’est plus question de la traverser, l’approche du coeur est pré-

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cise quasi chirurgicale. Le temps où l’entrée de la ville prenait, l’apparence d’un monument à la gloire d’un homme ou d’un fait historique est révolu. La porte d’entrée prend désormais l’apparence d’une surface, l’échangeur fait la transition entre le lointain et le proche par la décélération qu’il impose. Le pont le marque tout autant par le sentiment d’écrasement qu’il procure. Les vingt-huit portes qui s’articulent autour du périphérique conditionnent les différentes pratiques de la ville par la voiture. De la porte, il ne reste réellement que le nom et la symbolique qui en découle, le parcours est continu, fluide, efficace.

Projet fin d'etude